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 Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]

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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Mer 10 Oct 2018 - 20:13



Arkuisa, Ve ennéade de Favrius, An XI, Cycle XI
Palais Irohivrah, Thaar



«Je t’accompagne!» Une main arrêta brusquement sur son visage. «Non j’en ai marre! Fous-moi la paix Ulric! Je suis chez moi ici et tu n’as aucune autorité sur moi! Alors, retourne à tes occupations! » Maralina lui avait parlé d’un ton beaucoup plus dur qu’elle aurait voulu. Ulric était un de ses meilleurs gardes du corps avec Nehril et ce dernier avait prouvé maintes fois sa dévotion pour son employeur. Malheureusement sa dévotion devenait rapidement agressante pour la demi-elfe qui voulait simplement quelques instants de tranquillité dans son propre manoir. La Vaanie se retourna et entra dans les jardins en soupirant. Finalement cette tranquillité ô combien désirée!  La demi-elfe avait vraiment besoin d’un moment pour elle. Les derniers jours avaient été forts en émotion. Entre le retour d’Anaëh, son attaque dans la forêt d'Aduram, son retour à Thaar et l’accueil des Oesgardiens, elle n’avait pas eu un seul moment pour souffler. Qui plus est, elle pensait ne pas s’être totalement remise de l’enchantement que ce stupide d’elfe roux lui avait donné. Un mal de cœur constant la tourmentait, mais vu son entêtement, et surtout trop fière pour admettre ce qui s’était réellement passé dans cette forêt,  elle refusait catégoriquement de demander l’aide d’un guérisseur.  Après tout, ce n’était que de légères nausées et l’air frais lui ferait le plus grand bien.  Elle marcha silencieusement dans les jardins pendant de longues minutes, admirant la végétation colorée qui se trouvait devant elle et s’assit doucement sur un banc de pierre près d’un bosquet de rose jaune. Elle ferma les yeux et savoura le vent salin de Thaar qui caressait son visage.


La princesse fut alors sortie de ses pensées par le bruit d’armes qui s’entrechoquaient. Une bataille dans ses jardins? Les casernes n’étaient pas assez bonnes pour les besoins de ses soldats? Elle secoua la tête et se releva du banc ou elle venait de s’assoir pour aller dans l’aire centrale de ses jardins.  Une magnifique fontaine trônait fièrement au milieu d’une magnifique aire dégagée. Les murs de pierre blanche avaient été habilement camouflés par de nombreuses plantes grimpantes et de nombreuses fleurs colorées. Dans cette petite aire, on pouvait facilement oublier qu’on se promenait en plein milieu de Thaar. C’était une parfaite petite oasis de détente en plein milieu des jardins. Maralina tourna finalement pour entrer dans l’espace et s’arrêta net lorsqu’elle aperçut  Brohan qui s’entraînait avec un des chevaliers. La Vaanie avait tenté d’éviter les Oesgardiens ces deux derniers jours. Disons que leur première rencontre avait laissé un souvenir amer dans ses pensées et qu’elle avait plus ou moins envie de jouer avec le visage de marbre qu’était l’Oesgardien. « t'l'a pas vu v'nir hein? » Fridirick fit tournoyer son épée avec ce qui semblait être un air satisfait. N’importe lequel idiot aurait pu voir que ces deux-là s’entraînaient régulièrement au combat. Le chevalier eut un léger sourire lorsqu’il aperçut la princesse marchande se tenir debout non loin d’eux. Ce dernier tournoya légèrement pour que Brohan soit face à elle, ce dernier sembla se raidit lorsqu’il aperçut la Vaanie devant lui. Mais son adversaire profita de la distraction que venait de faire la princesse pour attaquer Brohan. Ce dernier para habilement le coup, et se redressa avant de tourner ses yeux grisâtres vers elle.


« Bonjour Maralina. Cet entrainement semble vous intéresser, souhaitez-vous échanger quelques coups ?» Lui demanda-t-elle d’une voix glaciale.


Son visage était toujours de marbre, comme si son expression glaciale ne quittait plus jamais son visage. La princesse marchande haussa les épaules en ayant un sourire amusé. Elle avança de quelques pas pour se trouver à quelques pas de Brohan avant de planter son regard dans le sien. « Bonjour, Brohan, pardonnez-moi de mon intrusion. Je ne faisais que passer et les bruits m’ont attiré. » Maralina lui sourit avant de diriger son regard vers l’adversaire de Brohan. Elle lui fit un discret signe de tête pour le saluer avant de retourner son regard dans celui de Brohan. Elle leva légèrement la tête, fière, comme pour se mettre au même niveau de Brohan, avant de lui répondre en souriant; «  Non merci, je ne souhaiterais pas heurter votre égo ou vous blesser. » Maralina était énormément confiante en ses habiletés à combattre. Après tout, elle avait eu les meilleurs professeurs que Thaar avait à offrir, et n’avait aucunement froid aux yeux.  La demi-elfe vint pour ouvrir la bouche, mais fut distrait par de bruits de pas étouffé qui arrivaient derrière elle. La Vaanie ne prit pas de chance et se retourna rapidement pour regarder à l’entrée du jardin qui osait venir déranger sa conversation.


Son esclave naine tourna finalement le mur et s’arrêta net en voyant sa maîtresse devant elle, totalement surprise. Comme si elle l’avait attrapé à faire quelques choses de mal. Maralina lui jeta un regard suspicieux avant de lui faire signe d’avancer. La naine baissa aussitôt son regard et s’approcha de sa maîtresse avec un plateau contenant deux verres d’eau en cristal ainsi qu’une cruche finement décorée rempli du même liquide translucide. Cette dernière la déposa sur le banc de pierre avant de se prosterner devant sa maîtresse avant de murmurer d’une voix incertaine, presque en bégayant; « Je..Je sss- suis désolée M-Maîtresse, je vais allez chercher un verre supplémentaire. » « Pas nécessaire. » Lui répondit-elle froidement. Elle la congédia de sa main gauche, pendant que cette dernière se releva pour partir en faisant de grand pas – ou du moins, ce que ses petites jambes potelées lui permettaient d’appeler grand. Elle arriva près du mur de marbre et s’arrêta avant de jeter un regard admiratif au Seigneur Oesgardien et de détaler le plus rapidement possible lorsqu’elle s’aperçut que sa maîtresse avait remarqué son manège. Le regard bleuté de la demi-elfe était toujours dirigé vers le mur d’où venait de disparaître la naine alors qu’elle demanda au Nordiens; « Elle vous dérange? On dirait qu’elle n’a pas été insensible à votre charme d’Oesgardien! » Le visage de marbre, Maralina se retourna et attrapa les deux verres finement décorés avant de les tendre un à Fridirick et à Brohan. Voyant que ce dernier ne réagissait pas elle soupira. La princesse avait remarqué son manège depuis son arrivée. Si elle comprenait le fait que la peur du poison l’habitait, jamais la princesse marchande n’aurait utilisé un moyen si lâche pour abattre ses ennemis et le seigneur Oesgardien n’était pas dans sa liste de personne à éliminer, du moins, pas pour l’instant. Elle porta le verre à ses lèvres et en but une gorgée avant de le redonner à Brohan. La Vaanie planta son regard bleuté dans celui grisâtre de son invité avant de lui dire; « Si j’avais voulu vous tuer Brohan, vous et vos hommes seriez déjà morts et pourtant vous voilà invité dans ma maison et en vie. » Maralina contourna le Nordiens sans un regard,  pour retourner près du couloir, prête à retourner à ses occupations lorsqu’elle se retourna légèrement vers les deux hommes. « Si votre entraînement est terminé, vous êtes le bienvenu si vous désirez profiter des jardins en ma présence. » La princesse avait dit cela par pure politesse, se doutant bien que l’Oesgardien refuserait probablement la compagnie de la demi-elfe qui avait si gentiment menacé il y a quelques jours.


Dernière édition par Maralina Irohivrah le Sam 3 Nov 2018 - 13:07, édité 2 fois
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Ven 12 Oct 2018 - 13:06

Apprivoiser le loup
Avec Maralina Irohivrah.

An 11 du Cycle 11, arkuisa de la cinquième ennéade
Thaar, les soieries, palais Irohivrah

Le soleil se lève sur Thaar, et avec lui les visiteurs venus d'une petite terres d'Oesgard. Cela fait quatre jours qu'ils sont arrivés à Thaar, bientôt deux ennéades qu'ils ont foulé de la botte les terres d'Ithri'Vaan, et il commencent seulement à s'accommoder au climat côtier. Cela fait deux jours qu'il sont accueillis en invités dans le palais thaari de la princesse-marchande d'Uldal'Rhiz, et les miliciens qui toujours gardent un oeil sur eux s'habituent encore à leurs pratique. Ils s'habituent au visage fermé du seigneur oesgardien qui jamais ne daigne leur montrer la moindre expression, pas même à leur maîtresse. Ils s'habituent aux regards pleins de dégoût du grand blond à la mine patibulaire. Ils s'habituent aux tentatives souvent vaines du jeunot pour les initier à un obscure jeu de hasard chaque fois qu'un moment de libre lui en donne l'occasion. Et ils s'habituent à l'accent étrange de leur patois, qu'aucun pourtant ne comprend malgré le fait que plusieurs parmi les miliciens parlent le péninsulaire. Et ils s'habituent au ton hautain, presque froid, sur lequel le noble péninsulaire s'adresse à eux, les rares fois où il leur adresse la parole.

Comme chaque matin les nordiens sortent de leurs appartement dès le levé du soleil. comme chaque matin ils se rende jusqu'à la salle à manger, où les esclaves s'affairent pour leur servir un rapide repas. La naine qui ne cesse de les guider et les servir semble s'être le plus vite familiarisée à leur présence : toujours souriante, toujours prompte à obéir aux ordres du seigneur invité comme s'ils venaient de sa maîtresse elle-même. A la voir ainsi tout faire pour satisfaire à ses désirs l'homme au visage de glace se complait à penser que la Princesse-Marchande ait alloué une esclave aussi dévoué à leur seul disposition, et ce malgré la méfiance qu'elle montre toujours à leur égard.

Le repas se termine et les nordiens retournent dans leurs appartements. Le seigneur s'arrête devant la porte et se tourne vers la naine qui les accompagne toujours, certainement dans l'attente les demandes des invités.
"Préparez-nous des vivres et à boire pour un voyage de plusieurs jours, pour une personne. Les dattes séchées que nous avons eue hier, mettez-en. Et nous voulons savoir s'il y a des bateaux en partance vers Naelis aujourd'hui même, avec de la place pour un passager."
L'esclave, toute sourire, fait un signe de tête pour montrer qu'elle a compris. Le noble se retourne pour rejoindre ses compagnons, et la naine s'enfonce dans les couloirs d'un pas aussi rapide qu'il lui en est possible.

"Sire Brohan..." Dit Fridrick, sur ce ton amusé qu'il n'ose prendre que lorsqu'ils sont seuls entre chevaliers. Et comme toujours, le concerné n'esquisse pas la moindre grimace.
"Aujourd'hui on va rester un peu, on sort pas. Seulement c'pas la permission les gars, j'ai des missions pour vous. Hartmod, Sigvard, z'allez vous balader, j'veux savoir où on peut aller, par où on peut sortir, où s'trouvent les appart'ments d'la princesse." Les deux hommes acquiescent d'un signe synchrone et le seigneur reprend. "Rolf..." Le concerné baisse les yeux, quelque peu gêné, sachant pertinemment qu'il n'échappera pas à une sanction pour son comportement et les incidents qu'il a causé depuis leur arrivée. "Entretien des équipements." Le grand chevalier souffle, soulagé. Il s'en sort plutôt bien. "Bjorn, c'toi qui va jouer l'messagers. Passes la missive à Osmund et dis que j'veux la septieme." Le bouru personnage grommelle dans sa barbe, comprenant qu'il ne participera pas à la chasse, mais accepte tout de même la mission. "Et Fridrick..."
"T'veux t'entraîner ?" Coupe le captaine des chevaliers, anticipant la demande.
"Oui."
"Ok p'tit sire, cette fois l'est temps que j't'en mette une !" Prévient le nordien, un sourire déterminé se dessinant sur son visage.


Plus tard dans la matinée
Jardins du palais Irohivrah

Les lames s'entrechoquent, se croisent, se dévient, et se repoussent. Dans une danse maîtrisée les deux hommes s'affrontent, échangeant des passes d'arme, faisant jeu égal. Une estoc, un contre, une feinte, et soudain un coup de poing. Le capitaine recule de deux pas, se massant la mâchoire.
"Joli coup ! C'est chez les sauvages que t'as appris ça ?" Dit-il en raillerie. Son adversaire se met en garde, mais le capitaine fait signe de patienter un moment. "Attends..."
Retirant son gant de cuir, le chevalier fait jouer les muscles de ses doigts.
"Ta blessure ?" S'enquiert le seigneur oesgardien.
"Ouai... Foutu drow !" Maugréé-t-il avant de remettre son gant.

Laissant souffler son compagnon d'arme, le noble se tourne vers l'esclave qui les observe depuis un moment.
"Vas nous chercher à boire." Lui ordonne-t-il d'un ton parfaitement neutre.
La naine fait une généreuse révérence en signe de respect, tel qu'on le lui a appris la veille. C'est Fridrick qui, un moment où il désirait s'amuser un peu, avait faint l'indignation face au comportement de l'esclave. Profitant de l'absence de son suzerain et prétextant qu'il était outrageant qu'une simple domestique ne montre pas à son seigneur le respect qui lui est dû, il lui avait inventé une référence ridicule en disant qu'elle devait être effectuée chaque fois que le noble nordien lui donnait un ordre. Voulant bien faire, sans doute pour ne pas créer d'incident à sa maîtresse, la crédule courte-jambes consenti sans mal à retenir l'originale courbette : d'abord joindre les mains devant sa poitrine puis s'incliner à angle droit, les jambes tendues, tout en écartant bien les deux bras par-dessus la tête. Pensant à une étrange coutume estréventine, le seigneur de Höginheim n'y prêtait pas attention.

La naine disparaît prestement derrière un mur du jardin et l'invité à la chevelure grisonnante se tourne vers son partenaire d'entraînement. Ce dernier, cachant tant bien que mal un sourire amusé, se remet subitement en garde.
"J'suis prêt. En garde ma biquette !"
Lâchant un imperceptible soupire le seigneur-chevalier se met lui aussi en garde, et le duel reprend. Une attaque déviée, un contre esquivé, une technique défaite, et un coup dans les flancs. Brohan porte une main à son flanc douloureux, le souffle coupé. Mais depuis quand Fridrick arrive-t-il à lever assez sa jambe sans perdre l'équilibre ? Se demande-t-il.
"T'l'a pas vu v'nir hein?" Jubile le capitaine en faisant des moulinets avec son épée.
C'est alors qu'il remarque la princesse-marchande qui les observe dans le dos de son suzerain, et son sourire réjouit devient malicieux. Il ne dit rien et l'affrontement reprend, aussi intense. Dans ses mouvements Frid' se contente cependant de bloquer et parer, reculant d'abord, puis allant de coté pour changer l'angle du combat. L'homme au visage de marbre n'a qu'une seconde d'inattention en remarquant la maîtresse de maison apparaître dans le champ périphérique de sa vision, une seconde suffisante pour permettre à son adversaire de tenter un contre subit. Les pas qu'il a entendu n'étaient donc pas ceux de la naine, songe le noble nordien, tandis qu'il pare le coup de son adversaire avant de le mettre à terre d'une habile prise.

Dos au sol le capitaine se remet de sa surprise, comprenant que cela marque la fin de l'entraînement, ce pendant que le seigneur se redresse et s'époussette. Le visage de marbre de ce dernier se tourne vers la spectatrice et de son ton sans émotion il engage la parole :
"Bonjour Maralina. Cet entraînement semble vous intéresser, souhaitez-vous échanger quelques coups ?"
Si la question n'est pas une blague, la princesse-marchande l'a prise en amusement. Elle hausse les épaules et se rapproche, souriant, pour s'arrêter à quelques pas des combattants. Le regard azuré de la thaari accroche celui grisé de l'oesgardien, et elle répond.
"Bonjour, Brohan, pardonnez-moi de mon intrusion. Je ne faisais que passer et les bruits m’ont attiré."
Ce n'est pas une réponse à sa question mais de courtoises politesses, qualité qui semble cruellement manquer au groupe de visiteurs oesgardiens. A cela s'ajoute une discrète salutation dirigée vers le capitaine qui s'est relevé et lui rend la pareille d'une courte révérence. La maîtresse de maison se redresse alors, fière rattrapant du haut de ses talons la taille de son vis à vis.
"Non merci, je ne souhaiterais pas heurter votre égo ou vous blesser." Ajoute-t-elle en réponse à la question du nordien, comme si elle cherchait à le froisser.
La thaari se pense-t-elle capable de le surpasser en combat, alors qu'elle cache encore un bleu découlant de son inefficacité à avoir voulu prendre le dessus sur lui deux jours plus tôt ? Le nordien ne relève pas l'insinuation, se contentant d'un simple "A votre aise." sans émotion.

C'est à ce moment que revient l'esclave aux courtes jambes, un plateau à la main. Cette dernière s'arrête net en voyant sa maîtresse, alors que celle-ci se retourne subitement. Le mouvement soudain de la jeune femme fait voler sa longue chevelure qui vient fouetter le visage de marbre de son invité. Ce dernier n'a pour réaction qu'un clignement instinctif des yeux, ne montrant pas sa contrariété d'avoir été ainsi attaqué sans vergogne.

Avec l'air d'un enfant que l'on a pris la main dans le sac, la petite esclave apporte les boissons demandées.
"Je..Je sss- suis désolée M-Maîtresse, je vais allez chercher un verre supplémentaire." Balbutie la pauvrette à sa maîtresse.
"Pas nécessaire." Répond sèchement cette dernière avant de la congédier d'un signe de la main.
La domestique s'en va sans demander son reste, se pressant de sa démarche bedonnante, et ne se retournant qu'une fois pour jeter un dernier regard brillant vers l'invité d'un autre monde avant de disparaître.
"Elle vous dérange ?" Demande la princesse-marchande, le regard toujours tourné ver le mur d'où vient de disparaître la naine. "On dirait qu’elle n’a pas été insensible à votre charme d’Oesgardien !" Ajoute-t-elle en commentaire.
"C'est une bonne servante." Répond simple l'oesgardien, ignorant le verre qui lui est tendu. "Nous sommes satisfaits que vous nous l'ayez attitré."
Pensant à ce que vient de dire la thaari Brohan se demande quelle en est la portée. S'il a bel est bien remarqué l'attention particulière que lui porte cette esclave il pensait jusque là que tout cela n'est que le fait de son éducation, ou plutôt de son dressage. Que cherche donc Maralina a obtenir en lui faisant ce commentaire ? Cherche-t-elle à jeter le seigneur oesgardien dans les bras de son esclave pour ensuite mieux se servir de lui ? Quel plan ridicule, s'il est avéré, car il n'a que faire d'une esclave, naine qui plus est.

Il sort finalement de ses pensées et prend en main le verre qui lui est à nouveau tendu. Il remarque une légère trace en portant le récipient à ses lèvres, ce qu'il trouve étrange car la naine a pour habitude de toujours leur apporter de la vaisselle propre. Qu'importe, se dit-il en posant sans le savoir ses lèvres là où se sont posées celles de Maralina quelques secondes plus tôt. Il vide goulûment son verre et pose son regard dans le bleuté des yeux de son hôtesse.
"Si j’avais voulu vous tuer Brohan, vous et vos hommes seriez déjà morts et pourtant vous voilà invité dans ma maison et en vie." Déclare-t-elle, passablement contrariée.
La vaani le contourne et il comprend subitement : ce sont les lèvres de la thaari qui ont fait cette trace sur le bord du délicat cristal. Sans doute a-t-elle pris son étourderie pour de la méfiance, et aura pensé qu'il craint encore d'être empoisonné. Et ce serait faire méprise. Car certes la confiance est loin d'être totale entre eux, mais la crainte de l'empoisonnement a été quelque peu atténuée par leur accord et le fait qu'il ne représente rien sinon un négligeable et provisoire partenaire d'affaires pour la princesse-marchande. Elle sait qu'elle ne gagnerait rien à attenter à sa vie, du moins la pense-t-il assez maligne pour le savoir.

Les deux nordiens regardent impassiblement l'estréventine passer à coté d'eux sans leur porter un regard, tel une princesse se pavanant en feignant ignorer les petites gens autour d'elle. Si les tenues vaporeuses qu'elle leur a montré jusque là ont pour effet d'émoustiller le commun des mâles péninsulaires, c'est avec dédain que ces deux-là l'observent passer. C'est tout juste si le capitaine songe à se procurer une robe de cette coupe pour l'offrir à son épouse, doutant en son fort intérieur que la concernée n'y soit sensible. D'autant qu'il lui serait embarrassant de demander à son beau-frère ici présent de l'aider à trouver un vêtement pour l'aider à égayer les nuits qu'il passe avec sa soeur. Quant au dit beau-frère, dont le visage de marbre ne s'est pas effrité, c'est avec un mélange d'intérêt curieux et de malice dissimulée qu'il observe la dame d'Uldal'Rihz.
"Si votre entraînement est terminé, vous êtes le bienvenu si vous désirez profiter des jardins en ma présence." Déclare-t-elle sur un ton détaché.
Les regards des deux nordiens se croisent.
"J'vais voir où c'est que Rolf en est." Annonce-t-il dans leur patois d'Oesgard.
"Nous acceptons votre proposition avec joie." Répond Brohan à la princesse-marchande, sur un ton insipide qui tranche avec le sens de ses propos.

Laissant son capitaine aller de son coté, le seigneur oesgardien rejoint la thaari de sa démarche altière. Se souvenant de ses vieux cours d'étiquette il s'arrête à son côté et lui présente son bras. Elle lui tend la main et il la pose délicatement sur son propre avant-bras, remarquant le bracelet finement ouvragé qui cache le bleu qu'il lui a fait.
"Je vous ai marqué." Plaisante-t-il, sur un ton si plat qu'il casserait toute boutade. "Oubliez." Se reprend-t-il. "Marchons."

Un silence pesant s'installe entre les deux promeneurs durant les quelques premières minutes de leur marche. L'homme au port altier s'efforce de maintenir le rythme de celle qui l'accompagne, la tête droite et le regard mobile. Les mondanités sont bien loin d'être son affaire et s'il pouvait s'en passer il le ferait volontiers. Il sait cependant qu'à présent, en tant que seigneur de Höginheim et pour mener à bien les objectifs qu'il s'est donné, il lui sera difficile d'y échapper. Il se dit donc que cette promenade est pour lui une occasion idéale à fin de se pratiquer.
"Maralina." Dit-il soudain, brisant le lourd silence installé. "C'est un beau palais. Différent de ce que nous trouvons à Oesgard. Il a dû coûter cher."
Le ton reste neutre et sa voix mesurée. Il ne regarde pas son interlocutrice, portant son regard devant lui tout en continuant de marcher. Les mondanités... Depuis longtemps elles sont sa bête noire, son point faible s'il en est un. Elles font sans doute partie des combats les plus durs qu'il aura à mener.

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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Ven 12 Oct 2018 - 20:15



«Nous acceptons votre proposition avec joie.»

Maralina ne put s’empêcher de cacher sa surprise lorsqu’elle entendit la réponse du seigneur oesgardien. Vraiment? Décidément, ce dernier sembla prendre un malin plaisir à ennuyer la princesse marchande. Le chevalier salua silencieusement son seigneur avant de tourner les talons pour retourner dans le palais tandis que l’homme au regard de glace avança rapidement vers Maralina. Il lui tendit le bras, et Maralina déposa doucement sa main dans la sienne. Il la prit délicatement et la posa sur son avant-bras avant de lâcher une blague des plus déplaisantes. «Je vous ai marqué.» La marque bleuté qu’avait laissé l’empreinte de ses mains sur le poignet délicat de la princesse marchande n’était définitivement pas matière pour les plaisanteries. Surtout que ce satané poignet la faisait toujours souffrir. Maralina espérait secrètement que le bleu disparaîtrait le plus rapidement possible . L’Oesgardien sembla se resaisir – soyons honnête, il  avait déjà peu de réactions – seules ses paroles laissaient deviner qu’il venait de se rendre compte qu’il avait poignardé l’ego de la princesse marchande sans le vouloir; «Oubliez…marchons.» Ils commencèrent à marcher dans les jardins, sans se dire un mot. C’était une rencontre des plus forcée à laquelle la princesse marchande n’eut jamais à endurer.


Au bout de quelques longues minutes, Brohan laissa s’échapper; «Maralina.» La princesse marchande se retourna vers l’Oesgardien alors que ce dernier venait de briser le lourd silence qu’il pesait entre eux. «C'est un beau palais. Différent de ce que nous trouvons à Oesgard. Il a dû coûter cher.» La princesse marchande ne put s’empêcher de secouer la tête en souriant. «Vous êtes tous pareil les péninsulaires, il n’y a que l’argent qui vous importe. Vous ne voyez pas au-delà de cela. » Elle retourna son regard pour regarder les nombreux bosquets de roses qui se dressaient lentement vers les deux êtres qui se promenaient, toujours sans lâcher la délicate étreinte qu’elle avait sur Brohan. Ce dernier resta muet comme une tombe, comme si la remarque ne l’avait pas atteint outre mesure. «Pour répondre à votre question Brohan, je n’en ai aucune idée. » Elle s’arrêta soudainement pour planter son regard dans le sien. «Ce domaine a été construit par mon grand-père il  y a quelques siècles alors que notre empire s’agrandissait.» Elle eut un sourire fier, avant de déposer sa main droite sur l’avant-bras de Brohan pour continuer leur promenade. « Mon Grand-Père était un homme d’affaires hors du commun, il est parti de rien et a bâti un solide réseau qui l’a rendu riche. Malheureusement, son fils… » Elle soupira légèrement «Autrement dit, mon père, n’avait pas le même sens des affaires. Le nom d’Irohivrah était craint et respecté avant que mon père prenne le contrôle des commerces familial lorsque mon grand-père est mort subitement et cela n’a malheureusement pas duré. » Les yeux azures de la princesse marchande sur durcirent alors qu’elle finissait sa phrase. L’aversion qu’elle avait pour son père, Kelas Irohivrah n’était en aucun cas un secret. Ce demi-elfe n’avait rien fait pour aider leurs noms et il était définitivement mieux mort. Leur nom avait trouvé la prestance d’antan grâce au génie commercial qu’était Mara, et elle était bien loin d’avoir atteint son but.


Elle fut sortie de ses pensées par Brohan qui prit finalement la parole : « Il n'a jamais aisé de vivre dans l'ombre d'un homme puissant. Il semble que vous ayez rattrapé les erreurs de votre père.» La Vaanie sourit, en effet, elle les avait rattrapés et avait même été plus loin que les deux hommes combinés. Après tout, son père avait refusé de lui donner les rênes de l’entreprise, et elle avait lancé ses propres commerces à l’aide de ses petites économies. Bon d’accord, lorsque l’on a la fibre commerciale dans le sang il semble plus aisé de prendre le contrôle et de construire un empire. Mais tout de même, elle n’avait hérité que de l’empire familial il y a quelques ennéades. Avec les parts qu’elle avait au départ, les parts qu’elle avait prises à Amshet et l’entreprise familiale dont elle avait hérité après la mort tragique de son père et de sa soeur ainée, elle était maintenant à la tête d’un monstre qui s’étendait du Puy jusqu’en péninsule. Ils continuèrent de marcher en silence alors que Brohan se décida à relancer la conversation; «Vous avez dit plusieurs siècles, mais vous faites si jeune. Du sang elfique coulerait-il dans vos veines ?» Maralina ne put s’empêcher de réprimander un sourire. «Et qu’allez-vous faire Brohan si je vous dis oui? Vouloir prendre ma vie comme votre chevalier à chaque fois qu’il pose son regard sur quiconque n’est pas humain?» Elle s’arrêta en lui lançant un regard amusé. La princesse marchande avait fort bien remarqué le regard que le blond lâchait à ses esclaves d’autre race que la sienne. L’Ithri’Vaan était reconnu pour être une terre plus ou moins accueillante, quiconque pouvait venir – peu importe sa race- et avoir du succès dans la principauté. Il fallait simplement être assez brillant pour y parvenir.  «Rolf a ses raisons, mais c'est un bon chevalier. Il ne causera pas de problème... Pas tant que vous nous traitez avec l'égard dont vous faites preuve jusqu'ici.»  Elle s’arrêta en lui jetant un air agacé. Réalisait-il à quel point ils étaient chanceux d’être encore en vie? Il l’avait menacé d’une dague pour voir sa réaction et  la tester – ou du moins c’était la conclusion à laquelle Mara en était venue. Elle alla répliquer lorsque Brohan continua; «Quant à moi... Eh bien peut-être devrai-je en effet prendre votre vie, avant que vous n'envoyiez vos troupes sur nos terres ?» Maralina s’approcha de lui, si près qu'elle n'était qu’à un souffle de lui. La princesse marchande planta son regard azur dans le sien en ayant un air défiant. « Alors, allez y mon seigneur, je suis là devant vous. Sans armes, une proie facile. Qu’es qui vous arrête?» Si le silence était pesant un peu plus tôt, l’ambiance était carrément étouffante pendant que la Vaanie provoquait l’Oesgardien. Elle n’avait aucunement peur de lui et savait pertinemment qu’il ne lui ferait rien et elle avait raison, il ne fit que soutenir son regard avant de répondre : «Vous êtes bien plus prédateur que proie, Maralina» La demi-elfe sourit et se recula d’un pas en ne lâchant toujours pas le regard de l’Oesgardien.  Le croyait-il vraiment? Ou avait-il simplement dit cela pour l’amadouer? Il ne s’arrêta pas là; «Mais même les prédateurs, parfois, ont besoin de s'entre-aidé»  La demi-elfe haussa un sourcil, légèrement surprise par la réponse de l’Oesgardien. Il venait de lui révéler qu’il avait besoin de quelques choses de plus. Peut-être que la chasse était un test, tout comme leur affrontement il y a quelques jours.


Le silence refit surface alors que la princesse Vaanie et le seigneur oesgardien se faisaient face, comme un affrontement silencieux. Maralina tentait de l’analyser, de comprendre ce seigneur sans expression. Il  lui cachait définitivement quelques choses et elle allait le découvrir qu’il le veuille ou non. Ce fut finalement le péninsulaire qui brisa le silence; «Votre filiation m'importe peu, tant que votre parole est respectée.» La princesse marchande ne put s’empêcher de rire. Un rire délicat, presque cristallin, malheureusement pour le Nordien il ne dura que quelques secondes. «Si vous vous êtes le moindrement renseigné sur moi, comme vous me l’avez si aimablement fait remarquer  il y a quelques jours vous devez savoir que je respecte toujours mes ententes.» Elle eut un moment de silence avant d’ajouter; «À moins que vous me donniez une raison de ne pas le respecter. » Son visage devint de marbre, si ce dernier osait trahir leur marché ou sa confiance, il devrait se cacher toute sa pauvre vie, car elle le retrouverait, et il ne risquerait pas d’apprécier le sort qu’elle réservait aux traîtres. La demi-elfe lui tourna le dos et alla s’asseoir sur un banc en pierre en face d’un bosquet de roses multicolores. Le parfum vibrant des fleurs lui chatouillait doucement les narines et calmant ses ardeurs. Elle leva le regard vers Brohan avant de répondre finalement à sa question  «Mon père était un demi-elfe et ma mère une elfe. Malheureusement, je n'ai pas eu le plaisir de la connaitre. La mort est venue la chercher alors qu'elle me donnait naissance.»  Son regard se voila légèrement alors qu’elle prononçait la dernière partie. Peut-être que si sa mère était en vie tout se serait passé différent? Pas qu’elle regrettait tout ce qu’elle avait fait jusqu’à présent…mais ne sait-on jamais. Brohan sembla remarquer le voile de tristesse et de questionnement qui semblait avoir envahi le regard de la Vaanie : « L'absence de votre mère vous est-elle pesante ?»  La demi-elfe se ressaisit avant de replonger son regard dans le sien. Elle secoua doucement la tête en faisant non. «Cela fait près d’un siècle Brohan.  Je crois au contraire que cela m’a motivée à devenir ce que  suis maintenant.» Elle mit ses mains à plat sur le banc, avant de tapoter doucement sur le banc de sa main droite, l’invitant ainsi à s’asseoir près d’elle. « Assez parlé de moi. Quelle est votre histoire? »
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Lun 15 Oct 2018 - 12:02


Les soieries de Thaar, aile des invités du palais Irohivrah

Le grand blond ronchonne, grommelant dans sa barbe tandis qu'il s'adonne à sa précieuse tâche. Nettoyer et graisser les cuirs, affûter les lames, ce n'est clairement pas la partie qu'il préfère dans son métier. Mais plus encore que la corvée qu'il se doit d'exécuter correctement, c'est ce pays qui l'horripile. Et ce palais dans lequel il est enfermé n'en est qu'une représentation réduite. Des elfes blancs, des elfes noirs, des nains, toutes ces vermines qui grouillent partout. Et ce n'est pas tout :  il a croisé nombre de ces sangs-mêlés, les résultats de la grande dépravation des estrévantins, la preuve s'il en fallait que même les humains de ce pays ne valent pas un pet de Bouzon. Y séjourner est une véritable torture pour lui et si ce n'était pas pour celui qui lui a donné une seconde chance jamais l'amblèrois n'y aurait posé le pied, à moins bien sûr que ce ne soit pour tous les exterminer. Néanmoins il va devoir prendre son mal en patience, ce qui est loin d'être facile pour lui, afin de ne pas contrarier le seigneur de Höginheim. Car s'il le perd lui, il le sait, il perdra son titre de chevalier, ses privilèges, et sa raison de vivre.

La porte des appartements s'ouvre sur le capitaine Fridrick, qui se porte toujours droit malgré l'entraînement qu'il vient de suivre.
"Hoy Rolf ! Pi t'en es où ?" Demande-t-il, jaugeant les piles de matériels.
"Les armes sont prêtes, y m'reste ces cuirs." Maugréé le blond un pointant une pile de gorgerins, canons d'avant-bras et spallières.
Le capitaine prend une des épées posée à coté du grand blond afin de l'examiner. Satisfait du travail de son compagnon d'arme il la repose à sa place.
"Bien ! Réveilles moi quand t'as fini." Conclue-t-il.
Le chevalier de corvée acquiesce d'un signe de tête et son capitaine s'en va s'allonger sur un fauteuil posé face à un grand tableau, fermant les yeux pour une petite sieste.


Les soieries de Thaar, jardins du palais Irohivrah

"Vous êtes tous pareil les péninsulaires, il n’y a que l’argent qui vous importe. Vous ne voyez pas au-delà de cela." Répond l'estrévantine, secouant la tête de droite à gauche.
Bien que le seigneur de Höginheim ne se sente pas concerné par cette remarque, il ne la relève pas. Certes l'aspect financier de la gestion d'un domaine ne lui est pas étranger, néanmoins le militaire ne songe en priorité qu'à la praticité. C'est que les guerres, comme celles menées par Oesgard ces dernières années, coûtent particulièrement cher. Pour autant, penser Brohan en homme vénal serait une erreur qu'il serait préférable de ne pas connaître. Et si la princesse-marchande d'Uldal'Rihz vient à la commettre, l'intéressé ne ferait rien pour l'en éloigner.

"Pour répondre à votre question Brohan, je n’en ai aucune idée." Déclare finalement la maîtresse de maison, s'arrêtant soudainement pour plonger son regard dans celui de l'étranger. "Ce domaine a été construit par mon grand-père il  y a quelques siècles alors que notre empire s’agrandissait." Avoue-t-elle.
Et à ces mots un détail intrigue l'oesgardien, sans que cela ne transparaisse sur son visage. A-t-il bien entendu "quelques siècles" ? Il n'est pas nécessaire d'être un fin érudit pour faire le calcul et deviner que deux générations humaines durent tout juste un siècle, une trentaine d'années de plus tout au plus en prenant en compte l'âge que paraît la thaari.

Sa rapide réflexion n'empêche toutefois pas le nordien de remarquer la fierté visible dans le sourire, le ton et le regard de sa vis à vis alors qu'elle mentionne son grand-père. Aussi insignifiante que cette information puisse paraître, elle peut aussi être une clé pour comprendre la personnalité de la princesse-marchande ; Car l'on cherche toujours à ressembler à ceux que l'on admire. Se renseigner sur la personne de cet aïeul paraît donc au seigneur Oesgardien être une idée intéressante, dans l'éventualité d'une collaboration plus longue.

Leurs regards se séparent et la promenade reprend, tout comme le discours de l'estrévantine.
"Mon Grand-Père était un homme d’affaires hors du commun, il est parti de rien et a bâti un solide réseau qui l’a rendu riche. Malheureusement, son fils… Autrement dit, mon père, n’avait pas le même sens des affaires. Le nom d’Irohivrah était craint et respecté avant que mon père prenne le contrôle des commerces familial lorsque mon grand-père est mort subitement et cela n’a malheureusement pas duré."
De ces informations le nordien en ressort la fierté de la princesse-marchande pour le sens des affaires de son grand-père, mais aussi l'aversion qu'elle ressent à l'égard de son géniteur. Qu'elle soit aussi sensible à l'esprit des affaires ne surprend pas le nordien, après tout elle est aussi marchande en plus de princesse, mais la relation qu'elle avait avec son père et la manière dont elle a redressé le cap réveillent sa curiosité.

"Il n'es jamais aisé de vivre dans l'ombre d'un homme puissant." Déclare l'oesgardien, ne désirant pas laisser le silence s'installer à nouveau.
"Il semble que vous ayez rattrapé les erreurs de votre père." Ajoute-t-il, songeant à sa propre histoire.
Car en matière de père faisant de mauvais choix, Brohan en a quelques notions. Non pas que le défunt était un mauvais seigneur de son vivant, loin de là, car il a su maintenir sa modeste seigneurie à flot malgré les guerres qui se sont succédées. Cela mis à part, le vieil homme avait fait des choix que Brohan trouvait contestable, et qu'il avait contesté.

Laissant le passé à sa juste place, le noble péninsulaire revient à une question qui lui est venu plus tôt dans la conversation :
"Vous avez dit plusieurs siècles, mais vous faites si jeune. Du sang elfique coulerait-il dans vos veines ?"
Des deux solutions qui lui sont venue à cette énigme, le seigneur oesgardien a opté pour la plus ordinaire. Car pour que le grand-père de cette femme à l'air si jeune ait vécu voilà plusieurs siècles plus tôt il faudrait soit que le sang d'une créature grande longévité comme les elfes coule dans ses veines, soit qu'elle ait eu recours à une obscure magie. Bien que les deux cas soient honnis des citoyens d'Oesgard, le nordien n'oublie pas que la pratique n'est pas un tabou en Estrévant.

"Et qu’allez-vous faire Brohan si je vous dis oui ? Vouloir prendre ma vie comme votre chevalier à chaque fois qu’il pose son regard sur quiconque n’est pas humain ?" Rétorque la thaari avec amusement, s'arrêtant pour faire face à son interlocuteur.
Naturellement le seigneur oesgardien n'a pas à réfléchir pour deviner auquel de ses chevalier la princesse fait référence. L'animosité du bougon blond envers les autres races que celle des humains transparaît aussi bien dans son comportement que sur son visage, et si ce n'était pour sa loyauté le châtelain ne l'aurait certainement pas choisi comme escorte.
"Rolf a ses raisons, mais c'est un bon chevalier. Il ne causera pas de problème." Se contente-t-il de répondre avec calme, soutenant de son regard perçant celui de la thaari. "Pas tant que vous nous traitez avec l'égard dont vous faites preuve jusqu'ici." Ajoute-t-il pour nuancer son propos.

"Alors, allez y mon seigneur, je suis là devant vous. Sans armes, une proie facile. Qu’es qui vous arrête ?" Provoque l'estrévantine après s'être avancé si proche que son souffle chatouille la peau de son invité.
Le parfum de la vaani imprègne les narines du nordien tandis que ce dernier reste de marbre. Il sont proche, en effet. Si proche qu'il pourrait planter ses crocs dans sa chair avant qu'elle n'ait pu esquisser le moindre mouvement. Si proche qu'il pourrait l'étouffer d'une étreinte mortelle. Cependant le chevalier n'est pas fou, il sait qu'elle n'est pas aussi vulnérable qu'elle pourrait le faire croire. Sitôt il aurait planté ses crocs que les miliciens surgiraient, alertés par les cris d'agonie de leur maîtresse. Et si ce n'est pas cela, les nordiens ne pourraient quitter Thaar sans que les autorités de la cité ne le poursuivent. Il en est indubitablement conscient, et elle le sait.
"Vous êtes bien plus prédateur que proie, Maralina." Lui répond-t-il sans même sourcilier d'un muscle.
"Mais même les prédateurs, parfois, ont besoin de s'entre aider." Ajoute-t-il alors que la thaari s'est éloignée d'un pas.
Cette dernière déclaration, entre conseil et information basique, semble intriguer la marchande. Peut-être y voit-elle les prémisses d'une prochaine négociation, et en ce sens elle n'aurait que partiellement raison.

Laissant l'interrogation en suspens le nordien ne dit plus un mot pendant un instant, gardant son regard plongé dans l'azur de celui de la thaari.
"Votre filiation m'importe peu, tant que votre parole est respectée." déclare-t-il soudain, répondant à une autre question restée en suspens.
Malgré son sérieux de la déclaration de l'oesgardien cette dernière fait rire le princesse-marchande. Un rire court, cristallin et mélodieux.
"Si vous vous êtes le moindrement renseigné sur moi, comme vous me l’avez si aimablement fait remarquer il y a quelques jours, vous devez savoir que je respecte toujours mes ententes." Fait remarquer la thaari,  avant d'ajouter : "A moins que vous me donniez une raison de ne pas le respecter."
A ces derniers mots le visage de l'estrévantine devient de marbre, un voile sombre traversant son regard. A le remarquer, l'oesgardien songe que la précision n'est pas anodine ; Elle lui prévient que s'il tente de la berner cela ne sera pas sans conséquence.

La thaari se retourne finalement pour lui tourner le dos, probablement pour lui cacher les émotions qui filtrent sur son visage. Elle se dirige de sa démarche chaloupée vers un banc de pierre sur lequel elle s'assoit. Puis, levant ses yeux bleus vers le nordien qui se tient aussi droit qu'un mât de drapeau, la thaari reprend la parole.
"Mon père était un demi-elfe et ma mère une elfe. Malheureusement, je n'ai pas eu le plaisir de la connaître. La mort est venue la chercher alors qu'elle me donnait naissance."
Un voile de tristesse passe dans le regard de Maralina alors que ses dernières paroles rappellent au nordien l'un des plus tristes moments qu'il ait vécu. Lui-même, alors qu'il était encore jeune chevalier, a été confronté à la mort en couche de son épouse. Certes l'histoire n'est pas aussi triste qu'elle pourrait apparaître car d'amour il n'y en avait pas pour ces deux êtres unis par convenances, du moins pour lui. Mais il y avait tout de même eu de l'affection, assez en tout cas pour qu'il regrette se mort comme celle d'une proche amie.

"L'absence de votre mère vous est-elle pesante ?" Demande-t-il, pensant à ses propres enfants qui ont grandi sans leur mère.
La question, plutôt que d'appuyer sur sa tristesse, semble avoir réveillé la princesse-marchande.
"Cela fait près d’un siècle Brohan. Je crois au contraire que cela m’a motivée à devenir ce que  suis maintenant." Assure la demi-elfe, révélant du fait que son âge est plus avancé que ce que suggère son apparence.
Seulement à moitié convaincu, le père qu'est Brohan continue de songer à ses deux premiers enfants et à l'éducation qu'il leur a apporté. Ou, plus exactement, que leurs tantes leur ont apporté à la place de leur mère. Au moins n'ont-ils pas grandi seuls.

"Assez parlé de moi. Quelle est votre histoire ?" Demande la thaari en l'invitant d'un geste à prendre place sur la bon.
"Notre histoire ?" Répète-t-il dans un soupir.
L'homme s'avance à un pas du banc, mais plutôt que d'y prendre place il reste debout et se tourne vers un buisson de roses d'un blanc éclatant. Il commence alors à raconter, d'un ton parfaitement monocorde.
"Une histoire classique, s'il en est. Nous avons grandi dans un château d'Oesgard, où l'on nous a préparé à reprendre le flambeau de notre lignée. Nous avons étudié l'histoire, la politique et l'étiquette, pour devenir un noble des plus respectés. Et lorsque le moment est venu, nous avons hérité des terres et des titres de notre père, que nous lèguerons ensuite à notre aîné lorsque ce dernier sera prêt à les assumer. Telle est la tradition."
Son discours terminé, le noble laisse passer un petit moment de flottement, observant du coin de l'oeil d'éventuelles réactions de son interlocutrice.

"Cela correspond-t-il à l'idée que vous vous faites de nous, Maralina ?" Demande-t-il soudain, la coupant dans son élan alors qu'elle s'apprête à ouvrir la bouche.
Se tournant vers la thaari l'oesgardien lance un simple "Non.", avant de lentement venir s'assoire à son côté.
"Notre histoire n'est pas celle de ces seigneurs qui se complaisent dans l'opulence et la médiocrité, au sud. Ceux que, en tant que princesse-marchande de Thaar, vous avez certainement déjà côtoyé." Il marque pause, se tournant vers Maralina afin de croiser son regard, puis reprend : "Nous avons grandi à Oesgard, c'est la seule réalité de cette histoire. Vous n'êtes pas sans connaître l'histoire d'Oesgard, et toutes les guerres qu'elle a mené ? Qu'elle a initié, pour certaines. Eh bien, nous n'avons pas été épargné par ces guerres. Vous nous appelez seigneur, cependant... Nous avons grandi dans les champs de bataille et les fortins, non dans un palais. Nous sommes chevalier, un homme de guerre, non un homme d'argent ou d'affaires politique."
Bien que le seigneur de Höginheim n'ait énoncé cette dernière information que pour amoindrir la portée de son véritable tire, il s'agit là en tout cas de ce que ses paires pensent de sa personne.

Plongeant son regard dans les yeux azurs de son hôtesse l'oesgardien demande alors : "Alors, Maralina. Etes-vous déçue de n'accueillir en vôtre demeure qu'un chevalier, et non un baron ou un autre noble de haut rang ?"
Pas déconcertée pour un sou, la demi-elfe hausse les épaules d'un air détaché.
"Et vous pensiez que je l’ignorais ? Je savais pertinemment quel était votre statut en vous accueillant. Votre titre m’importe peu, c’est grâce à votre détermination et votre culot que vous êtes ici." Déclare-t-elle.
"Nous sommes ravi de l'entendre." Affirme l'oesgardien, son regard grisé ne quittant pas celui de l'estrévantine.
D'un geste doux il pose une main sur celle de la thaari, la maintenant contre le banc.
"Et vous feriez bien de ne pas l'oubliez, ajout-t-il en rapprochant son visage de celui de sa vis à vis pour ne plus être qu'à quelques centimètres, car nous ne sommes pas les marchands avec lesquels vous avez l'habitude de traiter des affaires."
Ce n'est là pas une menace mais un avertissement, du même acabit que celui de la princesse-marchande un peu plus tôt, et il serait favorable à la sang-mêlée d'en saisir la portée car l'oesgardien en est avare.

Le nordien maintien le contact un moment avec sa vis à vis, autant celui de leur main que celui de leurs regards. Le silence revient l'air s'alourdit. Puis une brise vient caresser les bosquets de roses, et l'oesgardien se redresse.
"Ce jardin est magnifique." Reprend-t-il d'un ton naturel. "Est-il un héritage de votre grand-père ?"
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Mar 16 Oct 2018 - 17:14


Elle l’avait invité à se joindre à elle sur le banc, mais il ne s’approcha pas d’elle tout de suite. Il fit face au bosquet de roses à leur côté et commença à raconter son histoire, d’une façon monocorde, comme si son histoire était monotone et peu importante; «Une histoire classique, s'il en est. Nous avons grandi dans un château d'Oesgard, où l'on nous a préparés à reprendre le flambeau de notre lignée. Nous avons étudié l'histoire, la politique et l'étiquette, pour devenir un noble des plus respectés. Et lorsque le moment est venu, nous avons hérité des terres et des titres de notre père, que nous lèguerons ensuite à notre aîné lorsque ce dernier sera prêt à les assumer. Telle est la tradition.» Cela sonnait faux. Il n’avait pas l’air d’un homme de pouvoir, il agissait tel un chevalier, des gestes calculés certes, mais qui devenaient légèrement roturiers. Il ne s’arrêta pas là : «Cela correspond-il à l'idée que vous vous faites de nous, Maralina ?» La demi-elfe s’apprêta à ouvrir la bouche, mais il l’interrompit brusquement avant de venir s’asseoir près d’elle et de continuer; «Notre histoire n'est pas celle de ces seigneurs qui se complaisent dans l'opulence et la médiocrité, au sud. Ceux que, en tant que princesse-marchande de Thaar, vous avez certainement déjà côtoyés.»


Brohan planta finalement son regard dans celui de  la princesse marchande. Cette dernière avait l’impression qu’une violente tempête s’était déclarée dans son esprit.  Les seigneurs du Sud… un goût amer vint emplir sa bouche, elle ferma les yeux pendant quelques discrètes secondes pour oublier ces douloureux souvenirs.  Et pourtant ce souvenir pas si lointain lui revenait en mémoire. Elle ferma les yeux et détourna le regard de Brohan, tentant d’oublier ces pénibles images  qu’avait laissées le Seigneur Langecin dans son esprit. Elle avait l’impression de se remémorer Griffon murmurer son nom, lui dire à quel point il la désirait et tout semblait enfoui dans le dernier souvenir qu’elle avait de lui. Celui où il partait au loin, sans rien dire, comme si les moments partagés ne valaient rien. Sans nouvelle de ce dernier depuis six ennéades déjà…  La princesse marchande n’avait pas compris le sentiment qui l’habitait alors qu’elle était avec cet homme si arrogant. Était-ce cela l’amour? Si c’était le cas, mieux valait tenter d’oublier ce sentiment merdique qui ne lui avait apporté rien de mieux que des maux de tête et une douloureuse sensation au cœur. Maralina secoua légèrement la tête et releva la tête pour croiser le regard de l’Oesgardien, reprenant un visage de marbre et écoutant ses dires; «Nous avons grandi à Oesgard, c'est la seule réalité de cette histoire. Vous n'êtes pas sans connaître l'histoire d'Oesgard, et toutes les guerres qu'elle a menées ? Qu'elle a initié, pour certaines. Eh bien, nous n'avons pas été épargnés par ces guerres. Vous nous appelez seigneur, cependant... Nous avons grandi dans les champs de bataille et les fortins, non dans un palais. Nous sommes chevalier, un homme de guerre, non un homme d'argent ou d'affaires politique.» Les guerres d’Oesgard, oui elle en avait entendu parler. De leurs supposées indépendances jusqu’à l’invasion des drows. Cette petite patrie courageuse qui avait tenté de tenir tête à la couronne. « Alors, Maralina. Êtes-vous déçue de n'accueillir en votre demeure qu'un chevalier, et non un baron ou un autre noble de haut rang ?» La princesse marchande eut un sourire amusé, être déçue? Non loin de là. Elle avait toujours su qu’il n’était pas qu’un simple seigneur. Il n’avait pas la même attitude que tous ceux qu’elle avait rencontrés auparavant. Brohan, malgré son air froid, semblait avoir une relation toute spéciale avec ses chevaliers. Ces derniers qui se joignaient à ses repas, la façon qu’il se parlait entre eux, il y avait une certaine complicité, discrète, mais pas invisible entre ces derniers. La demi-elfe était sûr que ce dernier  n’avait  pas été élevé à diriger, quoique peut-être que les guerres d’Oesgard furent plus violentes qu’elle l’ait imaginée. Maralina haussa les épaules, l’air légèrement détaché.


«Et vous pensiez que je l’ignorais ? Je savais pertinemment quel était votre statut en vous accueillant. Votre titre m’importe peu, c’est grâce à votre détermination et votre culot que vous êtes ici.» Et c’était vrai. Il l’avait impressionné. Une des rares personnes qui lui avait tenu tête et surtout qui l’avait menacé aussi ouvertement et qui avait la chance de respirer encore. Brohan dégageait une certaine énergie, et ce malgré l’air impassible qui ne quittait jamais son visage et la princesse marchande était curieuse d’en voir plus, au risque de sa propre vie. «Nous sommes ravis de l'entendre.» L’impossible se passa alors; Brohan déposa doucement sa main sur la sienne, la maintenant doucement sur le banc. Maralina ne put s’empêcher de cacher sa surprise, mais elle soutint tout de même le regard grisâtre du Nordien qui s’approchait de plus en plus du sien. «Et vous feriez bien de ne pas l'oublier, car nous ne sommes pas les marchands avec lesquels vous avez l'habitude de traiter des affaires.» Les deux êtres se défièrent à nouveau du regard, le lourd silence vint refaire son apparition et pourtant ils sont là, yeux dans les yeux, main dans la main, situation qui aurait pu paraître discutable.  Maralina reprit son visage de marbre en soutenant les yeux gris de l’Oesgardien. Venait-il juste de la menacer?  La Vaanie plissa légèrement les yeux, méfiante. Il y avait quelque chose qui clochait chez ce seigneur, il y avait des pièces qui ne s’alignaient pas. Maralina savait pertinemment que ce dernier avait une idée en tête, elle devait simplement découvrir qu’était le reste.


«Ce jardin est magnifique. Est-il un héritage de votre grand-père ?» Il avait dit cela d’une façon si naturelle,  comme si la menace qu’il avait formulée quelques minutes auparavant n’avait jamais existé. Emportée par la situation qui était surréaliste, la princesse marchande retourna son regard vers les rosiers en souriant. «Non de ma mère » dit-elle dans un murmure. «Mon père a toujours dit qu’elle adorait le jardin, qu’elle l’avait fait grandir à sa façon. J’ai le même type de jardins à Uldal’Rhiz, en son honneur. » Et c’était vrai. Elle avait fait bâtir les jardins exactement de la même façon que ceux du domaine familial. La demi-elfe n’avait jamais eu d’image féminine autour d’elle, sauf peut-être sa sœur ainée, qui la détestait plus que tout au monde. Leephina, quoi que d’une beauté hors du commun, n’avait pas su hérité du talent que sa cadette avait pour le monde des affaires et la mort de cette dernière par un mystérieux assassin il y a quelques ennéades à peine, ne l’avaient aucunement affecté. La demi-elfe reprit ses esprits et enleva doucement sa main de celle de Brohan. Pas que ce dernier ne l’intéressait pas, il était bel homme certes et si les circonstances avaient été différentes elle aurait probablement tenté de le séduire. Mais elle n’avait aucune envie de jouer à ce jeu avec lui à ce moment précis.  «J’ignore ce que vous avez en tête Brohan, mais je vous conseille de ne point jouer la carte de la séduction » dit-elle en désignant sa main. Si cela était une basse tentative de sa part pour l’amener à faire ce qu’il voulait, le Nordien avait lamentablement échoué. «Serait-ce si terrible qu'un chevalier d'Oesgarde vous courtise ?» lui demanda-t-il avec son visage impassible.


La princesse marchande mit sa main sur la joue de ce dernier pour l’attirer vers elle. Elle se pencha vers son oreille avant de lui murmurer; «Non en aucun cas. Mais soyons honnêtes, vous et moi savons que les Nordiens n’aiment pas les sang-mêlé. Alors pourquoi croirais-je que vous êtes honnête dans votre tentative?» Elle posa son front contre le sien, appréciant légèrement, sans vouloir l’avouer, le contact de l’Oesgardien contre elle. Ce dernier lui prit le menton de son index, et toujours en soutenant son regard lui répondit; «Les estrévantines sont elles toutes si dépravées qu'on nous les décrit ? Je vous l'ai déjà dit, Maralina. Votre filiation m'est égale.» Maralina sourit et s’éloigna de l’Oesgardien avant de se lever pour faire quelques pas dans le sentier, brisant ainsi la légère aura de séduction qui semblait se dégager d’eux. «Vous n’avez point répondu à ma question Brohan, mais pour répondre à la vôtre; qui sait? Peut-être aurez-vous la chance d’être surpris par l’une d’entre nous? Vous verrez alors tout ce que l’Estrévent a vous offrir.» Des pas vinrent interrompre la conversation, et la naine apparue près d’eux, avant de se prosterner au sol. «Pardonnez-moi Maîtresse, mais nous avons reçu les derniers rapports des comptoirs d’Uldal’Rhiz.» La princesse acquiesça avant de porter son regard sur Brohan; «Parfait, je les lirais dans mes appartements. Fais en sorte que du thé me soit apporté.» Cette dernière se releva avant de repartir en courant par où elle était venue. La demi-elfe fit un sourire charmeur à Brohan avant de s’exclamer; «Le devoir m’appelle. Au plaisir de continuer cette conversation et surtout, de vous revoir, mon seigneur. »

La demi-elfe lui tourna le dos pour reprendre sa marche en direction de ses appartements. Elle n’osait pas se l’avouer, mais elle était partagée entre la déception et le soulagement. Soulagement que la conversation n’ait été plus loin – mais tirailler par la curiosité de comment cette dernière aurait pu finir.



Plus tard ce soir-là




La nuit était déjà tombée sur Thaar et la princesse marchande n’avait pas sorti de ses appartements depuis qu’elle y avait mis les pieds un peu plus tôt dans la journée. Son esprit la tourmentait, lui rappelait des mauvais souvenirs et même les nombreux rapports qu’elle avait reçus n’avaient pu lui changer les idées.  Le soleil avait déjà bien entamé sa descente lorsqu’Ulric avait fait irruption dans les appartements de la princesse marchande. Bien que ce dernier avait toujours su se montrer discret et respecter les ordres, le fait que même Nehril ne fasse pas confiance aux Oesgardiens n’aidait définitivement pas son humeur. « Le pire dans tout cela, c’est qu’un de mes hommes m’a reporté que l’un d’entre eux à tenter d’entrer dans l’armurerie et les geôles aujourd’hui! T’imagines ce qui aurait pu arriver si on ne l’avait pas arrêter? Je te le dis Mara, moi et Nehril on ne leur fait pas confiance, ils planifient quelque chose! » La princesse marchande soupira en faisant une légère grimace, en portant la main à son ventre. Il fallait croire qu’elle ne s’était toujours pas remise du sort que l’elfe lui avait donné. Ulric sembla se rendre compte du malaise de son employeuse et eut un air inquiet. « Encore souffrante? Tu veux que j’appelle un médecin? » La demi-elfe secoua la tête et remit sa main sur le canapé en levant le regard fait son capitaine. « Non ça va. Qu’une crampe passagère, qui plus est je ne veux pas que l’on sache ce qu’il s’est passé lors de mon récent voyage. » Ulric soupira et s’assit près de la princesse marchande en lui prenant la main. « Je te l’avais dit que j’aurais dû t’accompagner…j’aurais pu te protéger! Tu n’aurais pas eu à passer par Aduram et surtout je n’aurais jamais laissé ce stupide elfe te lancer ce sort… » Maralina retira sa main de la douce poigne d’Ulric en lui répondant ; « Et tu serais probablement mort. Ulric, bien que j’apprécie tes conseils, je vais te dire la même chose que j’ai dite à Rayvan avant sa mort. Si tu doutes de mes décisions, vaut mieux que tu remettes ta démission sur-le-champ. » Bon remettre sa démission revenait à demander sa mort, car jamais la princesse marchande n’aurait laissé quelqu’un qui avait été aussi prêt d’elle se promener dans Thaar librement. Un plan pour que ce dernier ne vende des informations à ses ennemis. L’elfe secoua vivement la tête en répondant; « Jamais de la vie » Maralina plongea son regard dans le sien, avant de répondre d’un ton sec : « Alors, contente-toi de m’apporter toutes les informations que tu accumules sur eux. Plus nous en connaissons, mieux cela m’arrange. Je sais pertinemment qu’ils planifient quelque chose, mais j’ignore quoi. Alors, fais ton travail et laisse-moi faire le mien.»  Ulric se leva du canapé avant de se mettre à genou devant la demi-elfe, prenant sa main et donnant un doux baiser sur les longs doigts effilés de la Vaanie. « Aucun problème Votre Altesse, j’espère seulement qu’un jour vous oublierez ce Langecin et me donnerai ma chance à nouveau. » Maralina retira sa main et fit signe à ce dernier de partir et il s’activa rapidement en sortant des appartements de la demie-elfe.


Un long soupir vint s’échapper des lèvres de la Vaanie, la dernière chose dont elle avait envie était qu’on lui rappelle sa dernière conquête à Uldal’Rhiz. Elle prit le document qui se trouvait devant elle et tenta tant bien que mal de se concentrer sur les différentes transactions qu’un de ses commerces avait eues il y a quelque temps, mais sa tête n’y était définitivement pas. La demie-elfe déposa les documents sur sa table et prit sa tasse de thé avant d’aller ouvrir la porte qui donnait sur ses balcons. Un peu d’air frais – du moins ce que les Thaari appelaient frais- lui ferait le plus grand bien. La vue de ses balcons était époustouflante. On pouvait voir la ville s’étendre devant soi et le joyau brillait sous la lampe des torches qui éclairaient la ville. Vision que Maralina ne se tannait pas d’admirer. Des petits pas étouffés se firent entendre derrière elle et la princesse se retourna pour découvrir son esclave naine prosternée à ses pieds. « P-P-Pardonnez moi Votre Altesse, Sir Brohan est à votre porte, et il demande à vous voir immédiatement. » Définitivement ce dernier avait un art pour arriver au mauvais moment. Mara haussa les épaules et fit un mouvement de sa main droite, ce qui donna l’ordre silencieux à la naine de faire entrer l’invité. La Vaanie s’accota sur la rambarde en laissant le vent caressé doucement ses longues boucles noires. Elle entendit le pas sur et confiant de son invité derrière elle qui venait la rejoindre sur le balcon. « Bonsoir Brohan », dit-elle en se retournant. Un léger sourire amusé vint éclairer son visage. « Vous êtes venu pour continuer notre conversation et répondre à ma question? »
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Jeu 18 Oct 2018 - 21:32


Soieries de Thaar, les jardins du palais Irohivrah

Aussi naturellement que l'éclosion d'une rose, la conversation a reprit un cours moins tendu. Un doux sourire aux lèvres, la princesse-marchande répond à la question de son invité.
"Non de ma mère." Le murmure est si bas que l'humain doit tendre l'oreille pour le comprendre. "Mon père a toujours dit qu’elle adorait le jardin, qu’elle l’avait fait grandir à sa façon. J’ai le même type de jardins à Uldal’Rhiz, en son honneur."
Ainsi donc, et malgré ce qu'elle a prétendu plus tôt, Maralina garde un profond respect et une triste affection pour cette mère qu'elle n'a pas connu. Sinon pourquoi s'attacher au souvenir que sa défunte mère a laissé dans ce palais, au point de l'honorer en l'imitant à Uldal'Rhiz ?

La demi-elfe retire avec lenteur sa main qu'il maintenait toujours contre le banc. L'oesgardien la laisse librement le faire, n'ayant à cet instant aucune raison ni intention de l'en empêcher.
"J’ignore ce que vous avez en tête Brohan, mais je vous conseille de ne point jouer la carte de la séduction." Dit la thaari tout en désignant sa main, comme si le geste du nordien était calculé.
Et calculé ce geste l'était en effet, bien que la séduction n'en était pas le dessein. Il cela ne pourrait que difficilement l'être car la séduction est bien plus l'arme de la princesse estrévantine que celle du rustre seigneur oesgardien, ce dernier n'étant que trop peu familiarisé avec le concept de galanterie depuis ses années au service du feu seigneur dont il a été un temps chevalier. Toutefois le malin n'y émet point d'objection, y voyant-là une occasion d'en découvrir plus sur la moralité de son hôtesse, et choisit de lui retourner une question.

"Serait-ce si terrible qu'un chevalier d'Oesgard vous courtise ?" Demande alors l'homme au ton neutre, gardant un visage tout aussi dénué de nuance.
Et la princesse de jouer à son tour, posant sa chaude et délicate main sur la joue de son vis à vis pour l'attirer à elle. Lui n'esquisse pas le moindre mouvement, écoutant simplement les murmures de la thaari à son oreille.
"Non en aucun cas. Mais soyons honnêtes, vous et moi savons que les Nordiens n’aiment pas les sangs-mêlés. Alors pourquoi croirai-je que vous êtes honnête dans votre tentative ?" Se méfie-t-elle, posant toutefois son front contre celui de l'humain.
Le nordien y voit là une méfiance toute aussi compréhensible qu'elle est justifiée. Car en effet, en plus d'être une idée reçue de notoriété publique et internationale, l'aversion des nordiens péninsulaire pour les peuples elfiques, et par extension les sangs-mêlés, est une réalité. C'est une réalité lorsque l'on parle du commun des nordiens, plus encore lorsque l'on se réfère à des oesgardiens, mais qui s'avère erronée lorsqu'il s'agit de ce seigneur en particulier. Puisque s'il a su comprendre les wandrais, en tout cas certains d'entre eux, ce n'était pas en se fiant aux préjugés de sa patrie envers les peuples étrangers.

Et de préjugés véhiculés, d'ailleurs, l'Estrévant n'en manque pas. Posant délicatement son indexe sous le menton de la thaari, Borhan lui relève légèrement le visage. Puis, les yeux dans les yeux, il prend la parole :
"Les estrévantines sont elles toutes aussi dépravées qu'on nous les décrit ?" Demande l'oesgardien sans véritablement répondre à la question qui lui a été posée, mettant en parallèle son idée reçue et celle de son interlocutrice. "Je vous l'ai déjà dit, Maralina. Votre filiation m'est égale." Répète-t-il, le visage inerte mais le regard franc.

Bien que souriante la métissée elfe s'éloigne aussitôt de son invité pour mieux pouvoir se lever. Sans doute ne le croit-elle pas, ou peut-être le jeu va-t-il trop loin pour elle. Pourtant, et aussi surprenant que cela puisse être, le nordien n'a pas menti : lui n'entretient pas d'animosité particulière envers les elfes, pas même envers les drows qui pourtant ont été ses ennemis. Pour autant cela ne répond pas à la question de la thaari, et cette dernière ne manque pas de le remarquer.
"Vous n’avez point répondu à ma question Brohan, mais pour répondre à la vôtre ; Qui sait ? Peut-être aurez-vous la chance d’être surpris par l’une d’entre nous ? Vous verrez alors tout ce que l’Estrévant a vous offrir."
Une légère lueur d'amusement et d'intérêt brille dans le regard d'acier du nordien, alors qu'il observe la princesse-marchande sans même se lever. Le seigneur ignore si et sur quoi il a pu la convaincre, mais il décèle dans ces mots un semblant d'intérêt. Que Maralina parle d'elle-même ou d'une autre personne, cela ressemble bien à une invitation à découvrir la culture d'Estrévant.

Des bruits de pas précipités se font soudain entendre, et apparaît l'esclave naine à la mine bien moins réjouie que d'ordinaire. Cette dernière, prosternée aussi bas que le doivent les esclaves selon ce qu'a compris le nordien, informe sa maîtresse de rapports récemment reçus. Devinant qu'il s'agit de documents importants pour les affaires de la princesse-marchande, sans quoi la naine ne les aurait pas dérangé, le seigneur péninsulaire n'a aucun mal à deviner que leur discussion arrive à sa fin.
"Parfait, je les lirais dans mes appartements. Fais en sorte que du thé me soit apporté." Ordonne la maîtresse à son esclave, confirmant la prédiction du nordien.
La courte sur patte se relève et repart prestement d'où elle est venue. Un sourire charmeur aux lèvres, la demi-elfe s'adresse alors à son invité :
"Le devoir m’appelle. Au plaisir de continuer cette conversation et surtout, de vous revoir, mon seigneur."
Le nordien observe alors l'estrévantine s'en aller, s'attardant sur ses cheveux descendant en cascade dans son dos et sur les courbes de sa silhouette mises en valeur par sa robe légère.


La nuit venue
Soieries de Thaar, palais Irohivrah, appartements de la princesse-marchande

Tout en se dirigeant vers les appartements de Maralina, l'oesgardien se remémore ses derniers échanges avec la maîtresse des lieux. A plusieurs reprises le regard azur de la demi-elfe s'était voilé de sombres sentiments, que le nordien s'est bien gardé d'interpréter. Aussi marchande qu'elle puisse l'être, il semblait que la princesse ne sache pas cacher ses émotions aussi bien que l'inexpressif nordien. Cette conversation, quoique qu'en certains points banale, lui a été d'un aide précieuse pour cerner celle qui est présentement leur hôtesse. Le passé de cette dernière, du moins en partie, s'est éclairci. Tout comme sa personnalité, et plus subtilement la manière dont elle gère ses affaires. Ce dernier point cependant reste à préciser, et les rumeurs qu'il a pu glaner à ce sujet ne sont que des pistes auxquelles il ne donne qu'une croyance mesurée. Cette idée qu'elle a mentionné, par exemple, selon laquelle il tenterait de la séduire. Le nordien songe alors que la princesse-marchande doit avoir une haute opinion d'elle-même pour avoir imaginé une chose pareille, peut-être par excès de confiance en ses charmes, ou peut-être que c'est ainsi qu'ont agi les autres dignitaires péninsulaires avec lesquels elle a traité par le passé. C'est là où la demi-elfe s'était trompée, et non sur la prétendue animosité du nordien envers les sangs-mêlés.

L'invité s'arrête devant les portes précédé de l'esclave naine et suivi de deux de ses chevaliers. Ignorant les regards mauvais des miliciens gardant la porte et anticipant aux paroles de l'esclave, le seigneur oesgardien annonce de sa voix monotone :
"Je suis venu voir votre maîtresse, elle m'attend."
Ce qui n'est pas totalement faux car la princesse-marchande l'a belle et bien invité à continuer leur conversation. Toutefois la thaari ne l'attendait sans doute pas à un tel moment de la journée, ou plutôt de la soirée. C'est alors que la porte s'ouvre et en sort Ulric, l'elfe milicien si fidèle à son employeur. Le chef milicien et le seigneur oesgardien se jaugent du regard un moment, jusqu'à ce que la petite elfe ne rompt le silence.
"S-S-Sir Brohan désire voir son altesse de toute urgence."
Bien que grognon, l'elfe laisse passer la naine. Il ne bouge cependant pas de devant la porte jusqu'à ce que la naine revienne, informant les miliciens de l'autorisation de la maîtresse de maison concernant l'invité nordien. Ce dernier passe alors au coté du milicien sans même lui porter un regard, entrant dans les appartements de la princesse-marchande en laissant derrière lui ses chevaliers avec les miliciens.

"Bonsoir Brohan." Dit la demi-elfe, debout sur son balcon. "Vous êtes venu pour continuer notre conversation et répondre à ma question ?"
Aussi directe qu'une flèche tirée à bout portant, la thaari reprend leur conversation là où ils l'ont laissée. Avançant d'un pas mesuré, l'oeil vif repérant les lieux de la même occasion, l'oesgardien rejoint le balcon.
"Je craignais que vous n'ayez oublié où nous en étions. Pouvez-vous nous rafraîchir la mémoire, en nous rappelant la question à laquelle vous souhaitez une réponse ?" Dit le nordien, simplement pour la forme.
"Pourquoi devrais-je croire que vos tentatives de séduction sont honnêtes ?" Répète la thaari, mot pour mot.
Lentement l'oesgardien se rapproche de la demi-elfe, son visage restant parfaitement neutre. prenant délicatement le menton de l'estrévantine entre son pouce et son indexe, il la rapproche de son visage jusqu'à ne plus être qu'à un souffle l'un de l'autre. Plongeant son regard grisé dans celui azur de la demi-elfe le nordien lui demande alors :
"Et qu'est-ce qui vous fait croire que nous tentons de vous séduire ?"
"Je me le demande." Répond la princesse, d'un ton sarcastique, en soutenant le regard de son vis à vis.

Le silence s'installe quelques secondes durant lesquelles tous deux restent silencieux. Puis, soudain, l'oesgardien rompt le contact se sa main sur le menton de la thaari.
"Ne nous confondez pas avec l'un de ces suderons pour qui la séduction est une arme." Lâche-t-il, un léger air de mépris filtrant dans sa voix.
Puis, s'approchant de la rambarde, le nordien reprend avec son calme habituel.
"Honnêtement, Maralina, nous n'avons pas un seul instant tenté  de vous séduire." L'oesgardien marque une pause, abandonnant provisoirement sa voix monocorde pour emprunter un ton sincère. "Non pas que nous soyons insensible à vos charmes, rassurez-vous. Vous et moi savons que vos affaires sont les principaux sujets qui attirent votre attention, une femme comme vous n'a que faire de l'homme que nous sommes. De plus..."

Un bruit soudain interrompt la tirade du seigneur, qui par réflexe tourne la tête vers son origine. Sur la corniche, non loin d'une fenêtre ouverte, le jeune oesgardien à la chevelure blonde est pendu par le bras à une brique. A l'aide d'un grand effort physique et faisant preuve d'une souplesse remarquable, le jeune nordien parvient à regagner une prise plus stable contre le mur. Soufflant son soulagement, le malheureux ne tourne la tête vers le balcon que pour croiser le regard meurtrier de son seigneur, et celui passablement furieux de la princesse-marchande.

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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Ven 19 Oct 2018 - 21:14



Le visage de la princesse marchande sembla s’éclaircir lorsqu’elle aperçut le Nordien qui avança de sa démarche assurée. Il arriva bientôt en avant d’elle, sur le balcon. La Vaanie ne put s’empêcher de penser que ce dernier avait définitivement quelques choses en tête pour revenir la voir aussi vite après leur dernière rencontre. Surtout que la princesse marchande avait tenté de l’éviter ses derniers jours, non seulement parce qu’elle n’avait pas envie de voir ce visage impassible, mais parce qu’elle n’avait pas encore décidé quelle opinion elle avait du Nordien. Son air fermé n’aidait aucunement la demie-elfe. Elle qui jamais n’avait eu de problème à lire les gestes et les regards des gens. Brohan la laissait sans voix. C’était définitivement une personne unique en son genre. Le Nordien s’arrêta devant elle pour finalement prendre la parole;  «Je craignais que vous n'ayez oublié où nous en étions. Pouvez-vous nous rafraîchir la mémoire, en nous rappelant la question à laquelle vous souhaitez une réponse ?» La princesse marchande ne put s’empêcher d’avoir un sourire amusé en lui répondant du tact au tact; «Pourquoi devrais-je croire que vos tentatives de séduction sont honnêtes ?» Et elle observa ce pas langoureux, presque comme un loup qui s’avance doucement vers sa proie alors qu’il se retrouve qu’à un souffle d’elle et qu’il prend son menton entre son pouce et son index pour planter son regard dans le sien. Elle sent son souffle devenir court et ses yeux azures dévorent les prunelles grisâtres de l’homme devant elle. N’ayant aucune idée de ce qui se passait ou de comment rompre le sort, elle reste là à ne rien faire. Généralement c’était elle qui diriger le jeu qu’était la séduction, mais voilà qu’elle avait l’impression que l’Oesgardien avait pris le relais. Pour la première fois, la Vaanie avait l’impression qu’elle pouvait lire des émotions dans son regard, un mélange d’intérêt, de malice, mais aussi du doute. Que pouvait-il bien penser à ce moment précis? Lui qui semblait l'ignorer et pourtant son regard et son attitude criaient une histoire différente. «Et qu'est-ce qui vous fait croire que nous tentons de vous séduire ?» Un sourire vint éclater les lèvres rosées de la princesse marchande. Elle lui répondit en ayant une touche d’amusement dans la voix;  «Je me le demande.» L’étreinte dura quelques longues secondes. De longues secondes où deux êtres soutenaient le regard de l’autre.  On aurait dit que le monde avait arrêté de tourner alors que les deux êtres s’analysaient. Puis, vient le moment fatidique et Brohan relâcha son étreinte avant de se reculer de quelques pas, un air méprisant au visage; «Ne nous confondez pas avec l'un de ces Suderons pour qui la séduction est une arme.» Maralina ne put s’empêcher d’avoir un air légèrement froissé.


Et si Griffon avait utilisé la séduction pour simplement s’assurer qu’elle respecterait la part de son marché? Après tout, il n’avait pas donné de nouvelles depuis un bon moment déjà. « Honnêtement, Maralina, nous n'avons pas un seul instant tenté  de vous séduire.» Ah bon? Vraiment? La Vaanie ne le croyait pas, même avec son air sincère. Ce dernier ne s’empêcha pas de continuer; « Non pas que nous soyons insensibles à vos charmes, rassurez-vous. Vous et moi savons que vos affaires sont les principaux sujets qui attirent votre attention, une femme comme vous n'a que faire de l'homme que nous sommes. De plus...» Un bruit sourd vint interrompre, Maralina se retourna rapidement vers la source du bruit et le vit… Le jeune chevalier de Brohan… Se tenant à l’aide d’une main sur une des briques blanches de son palais. La princesse marchande eut l’impression que tout son corps se vidait instantanément et elle devint livide. Son air surpris se changea rapidement pour un mélange de méfiance et de colère. Comment avait-il osé?! Il l’avait fait espionner? Dans sa propre demeure? Maralina tourna son regard vers Brohan avant de lui jeter un regard noir. Ce dernier sembla comprendre instantanément sa réaction et alors que cette dernière s’engageait d’un pas furieux à l’intérieur de ses appartements pour aller chercher sa milice, le Nordiens tenta désespérément de tempérer la situation : « Attendez Maralina! » Dit-il d’un ton ferme, arrêtant ainsi la princesse dans son élan. « Inutile de les appeler, Hartmod va coopérer. Si vous le permettez, trois jours de détention lui feront comprendre qu’il est inconvenable de se mêler aux affaires de son seigneur. » Maralina se retourna vers lui en le défiant du regard.


Avait-il seulement une seule idée de la trahison qu’il venait de réaliser? La princesse marchande ne lui faisait déjà pas confiance. Alors ce dernier coup de son chevalier venait définitivement d’enterrer la  moindre parcelle d’entente que ces deux-là avaient tenté de construire jusqu’à maintenant;  « Il ne s’est pas que mêler qu’aux affaires de son seigneur. Il a espionné une princesse marchande. Il fera face à la justice de ces derniers. » Autrement dit, le jeune Hartmod n’avait aucune chance de sortir vivant de Thaar. La princesse marchande le garderait dans ses gels jusqu’à la fin de sa misérable existence, le torturerait, lui couperait la langue… Elle avait de nombreuses idées en tête pour ce qui devait être les châtiments de quelqu'un qui en savait un peu trop. Mais Brohan balaya son idée du revers de la main; « Ce jeune imbécile a encore beaucoup à apprendre et a fait une erreur, il en assumera les conséquences. Cependant ce qu’il a pu apprendre, nous le savons déjà. Cela nous concerne vous et nous, ne voudriez-vous pas régler cela entre nous? » Non. Définitivement pas. Ce problème serait réglé à sa façon. Dans la souffrance et le sang de ceux qui l’auront déçu et cela incluaient le seigneur oesgardien. Après tout, peut-être que c’était lui qui avait ordonné que le jeunot l’espionne. La princesse marchande se retourna vers la porte avant de hurler;  « ULRIC ». Mais l’idiot d’elfe ne vint pas. À la place ce fut des sons d’épées qui s’entrechoquaient que l’on pouvait entendre. Un vrai branle-bas de combat. Il semblait qu’elle avait sous-estimé l’Oesgardien. L’humain était venu avec ses sbires et ces derniers semblaient s’occuper de ses miliciens. Du moins, pour le moment, jusqu’à ce que l’alerte soit envoyée dans le palace de la princesse marchande et qu'une armée débarque dans les couloirs de marbre du palais.


Maralina se retourna vers Brohan, toujours en le défiant autant du regard; « Comment osez-vous? Je vous ai accueilli chez moi et c’est comme cela que vous me remerciez? En envoyant vos chevaliers m’espionner? C’est cela l’honneur des Chevaliers Oesgardiens? » L’homme au regard de glace s’approcha d’elle, mais Maralina le contourna pour aller vers le jeune chevalier qui venait d’apparaître dans le cadre de la porte menant au balcon. Brohan, voyant ce qu’elle s’apprêtait à faire, l’attrapa brutalement, encore une fois par le bras. Il planta ses prunelles grisâtres dans les siennes, avant de s’exclamer, d’un ton ferme; « Nous sommes enfermés, surveillés depuis que vous nous avez accueillis. Pensez-vous que nous n’avons pas remarqué votre méfiance ni que vous nous évitez? Ce petit s’est peut-être trompé dans la manière de faire, mais il reste un de mes loyaux sujets. Il a certainement voulu savoir ce que vous maniganciez. Cette hospitalité est-elle votre honneur?» La réponse ne se fit pas attendre; « Enfermé?!? Vous avez été toujours été libre de vos mouvements. Mes servants sont à vos pieds pour combler le moindre de vos désirs… On ne devient pas princesse marchande à boire le thé et faire la conversation. J’ai un empire à gérer. Chose que vous ne comprendrez jamais puisque vous gentiment hérité de votre titre!»


«Vous n’en savez rien, Maralina! Ces titres je les ai payés du sang de ma famille, du sang de mes frères et de mes sœurs. Je n’ai certainement pas vos compétences en matière de commerce, mais à Oesgard c’est par le sang que nous vivons. Maintenant nous pouvons rester sur nos positions dans cette situation et nous le regretterons tous les deux, car je vous garantis qu’‘il le faut nous paierons à nouveau le prix du sang. Ou nous pouvons mettre cartes sur table, régler cela pacifiquement, et reprendre là où nous en étions avant que cette affaire ne dérape. À choisit je préférais ne pas verser inutilement de sang, mais c’est à vous d’en décider. Nous sommes chez vous.»


«Et vous pensez que je n’ai pas payé?!? Avez-vous la seule idée de ce que j’ai dû affronter pour me retrouver où je suis? Vous ne connaissez rien de mon histoire, Brohan. Absolument rien. Combien de personnes veulent me voir morte croyez-vous? Combien de personnes paieraient pour avoir les informations qu’il aurait pu entendre? Je vais vous le dire.»



La princesse marchande s’approcha tout près de Brohan, en le défiant du regard et siffla la réponse entre ses dents;  « Il n’y a pas une seule journée que je n’entends pas parler d’un quelconque complot ou d’une tentative contre mes commerces ou ma personne. Alors, ne faites pas l’erreur de penser que je ne réagirais point à cet affront.» Les deux individus se dévisagèrent intensément. Le silence était pesant. Mara sentit son souffle devenir saccadé pendant que son regard était planté dans celui de l’humain. Et si le jeune chevalier avait entendu la conversation qu’elle avait eue avec Ulric? S’il était au courant qu’elle était malade depuis son séjour en Anaëh? Et s’il avait entendu ce que Ulric avait dit au sujet de Griffon? Est-ce que cela détruirait les chances de ce dernier?  Elle tourna son regard azur vers Hartmod avant de siffler entre ses dents; « Qu’as-tu entendu? » La demie-elfe le vit avaler difficilement sa salive, comme si le regard meurtrier de la princesse marchande faisait effet. Il avait peur, et on pouvait le voir dans sa réaction. Brohan lui ordonna alors de répondre et ce dernier se frotta les mains avant de porter son regard au sol, clairement gêné de s’être fait surprendre. «Je suis arrivé dans cette suite au cours de l'après-midi, je ne savais pas que c'était la votre quand j'y suis entré. J'ai dû me cacher car votre personnel était venu nettoyer. Puis c'est vous qui êtes entrée, et depuis j'attendais une occasion de sortir discrètement » La respiration de la princesse devint de plus en plus rapide. Elle avait compris. Compris que ce dernier avait entendu la conversation qu’elle avait eue avec Ulric. Son torse semblait se resserrer, elle sentait que l’air lui manquait.  La princesse marchande serra les poings en tentant de reprendre contrôle de son souffle court. Mais l’humain continua avant même qu’elle ne puisse lui ordonner de se taire.


«J'ai entendu votre conversation avec ce Ulric, j'ai reconnu sa voix. Il ne nous fais pas confiance, comme ce Nehril, et vous lui avez demandé de récolter des informations nous concernant. J'ai compris que vous êtes malade depuis un voyage qui vous a fait passer en Aduram, à cause de la sorcellerie d'un elfe. Et j'ai entendu que vous entretenez une relation intime avec un Langecin, et que cela contrarie votre milicien plus que cela ne devrait.»


La princesse d’Uldal’Rhiz avait eu l’impression que la terre s’était ouverte sous ses pieds… Il venait d’étaler ses secrets devant elle et Brohan… La Vaanie tremblait de rage. Elle aurait pu le tuer, là, sur-le-champ. Elle serra les poings en lançant un regard tueur au jeune humain.  Elle n’avait définitivement pas dit son dernier mot. Ce fut Brohan qui vint la sortir de ses pensées; «Vous nous avez donc bel et bien fait espionner malgré notre conversation dans votre bureau,et vous parliez d’honneur… Un instant Maralina, nous vous avons cru. Mais nous savons maintenant que vos intérêts et vos préférences vont au Langehack, et cela explique votre aversion pour nous qui sommes du nord.»


«Aversion?!?» La princesse marchande ne put s’empêcher de jeter un regard amusé à l’Oesgardien.  « Je n’ai jamais préféré le sud au Nord, Brohan. Tout ce qui vient de la péninsule m’est égal. Quoique le Nord représente un beaucoup plus grand défi que le Sud. Non, ce sont les regards dégoutés de vos chevaliers et votre visage impassible qui ne me donne pas confiance.» La demie-elfe plissa légèrement les yeux avant de retourner son regard vers le seigneur; « Et de toute façon, j’ai plus de raison d’avoir de l’aversion pour le sud que le Nord.» Une légère lueur de tristesse illumina son regard et le Nordien sembla le remarquer, car il lâcha finalement l’emprise qu’il avait sur son bras. Maralina se recula de quelques pas en le défiant de regard. Mieux valait rester le plus loin possible de cet homme. Elle ne lui faisait toujours pas confiance. Qu'es qu'il lui disait qu'il ne s'en prendrait pas à elle maintenant? Brohan s’adressa à elle dans un ton beaucoup plus doux, avant de détourner ses prunelles vers son jeune chevalier. « Les chevaliers que j’ai choisis sont loyaux, il regarde Hart quoique inexpérimenté pour certains.»  L’humain reporta son regard vers la princesse marchande avant de continuer;  « Vous n’aurez rien à craindre d’eux tant que je suis en mesure de les mener. » Brohan fit quelques pas vers elle, l’air légèrement menaçant, mais pose une question qui laissa béate la princesse marchande; «Comment pourrai-je vous croire alors que vous entretenez une relation avec l’un d’entre eux ?» La princesse secoua la tête en faisant un sourire triste. Elle baissa son regard, incapable de soutenir celui de son adversaire. « Je ne crois pas que l’on peut considérer cela comme une relation. Il avait un choix à faire entre moi et ses ambitions.» La Vaanie leva les yeux vers l’Oesgardien «Et il a choisi ses ambitions.» Est-ce que cela faisait d’elle une moins que rien? Est-ce que cela faisait en sorte qu’elle était faible et que personne ne voudrait d’elle? La demie-elfe ne comprenait rien à l’amour. Pourquoi les autres cherchaient tant à avoir ce sentiment quant à fait, tout ce qu’il vous apportait était de la douleur? Maralina soupira et baissa le regard. Incapable de soutenir celui de l’Oesgardien.


De toute façon ce dernier semblait bien préoccupé. On aurait dit qu’il réfléchissait à toute vitesse en observant la princesse marchande. Comme s’il tentait de sonder les émotions de la demie-elfe. Au bout de quelques longues minutes, il se tourna finalement vers Hartmod pour lui donner un ordre cinglant; «Hartmod, dépose tes armes, toutes tes armes. Et rends-toi, c’est un ordre. Referme la porte derrière toi et dis aux autres de se tenir tranquilles. Je ne suis plus en danger.» Il se retourna vers Maralina pour continuer; « On est d’accord sur ce point?» Maralina hocha la tête sans lever le regard. Elle se sentait faible et détestait le sentiment qui l’habitait. Totalement obnubilé par ses pensées, la Vaanie ne remarqua pas Hartmod qui sortit de la pièce en fermant la porte derrière lui et eut un léger sursaut lorsqu’elle vit Brohan s’asseoir près d’elle en lâchant un; « C’est bien souvent le cas des Sudérons, Plus intéressés  par leurs ambitions, vendant même leurs honneurs ou leur fierté pour y arriver.» Maralina leva les yeux du sol et toujours en évitant le regard de l’Oesgardien lui répondit sèchement; «Je n’ai pas besoin de votre pitié Brohan.» La princesse marchande leva les yeux vers lui; «Vous le savez autant que moi quelle serait la réaction de la péninsule si un noble se retrouvait avec une sang-mêlée. Je l’ai laissé partir. Je ne pouvais pas lui enlever tout ce qu’il travaillait pour. » La princesse marchande baissa de nouveau le regard sur ses mains, incapable de soutenir le regard gris plus longtemps.
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Mar 23 Oct 2018 - 9:42


A nouveau la situation, qui un instant s'était adoucie, s'est à nouveau tendue. On pourrait le voir comme un simple concours de circonstances, une erreur de calcul ou un coup du sort. Le sort de forces mystérieuses qui semblent s'acharner pour que rien ne permettent au seigneur de Höginheim et à la princesse-marchande d'Uldal'Rhiz de s'entendre, et ce depuis leur rencontre animée dans les rues du port de Thaar. Un sort qui, cette fois là, n'est pas totalement dû au hasard.

Le changement radical d'humeur de la thaari alerte le seigneur oesgardien qui n'a aucun mal à ressentir la colère de la demi-elfe, et ce n'est pas le regard noir qu'elle lui lance qui va le contredire. Elle est furieuse, c'est une évidence, et de la pire des façons : la colère sourde. C'est d'un pas furieux sans un mot dire que la maîtresse des lieux se dirige vers les portes des appartements, dans le but évident de faire entrer sa milice.
"Attendez, Maralina !" Hèle l'oesgardien pour gagner un peu de temps. "Inutile de les appeler, Hartmod va coopérer. Si vous le permettez, trois jours de détention lui feront comprendre qu’il est inconvenable de se mêler aux affaires de son seigneur." Ajoute-t-il plus calmement tout en s'approchant d'un pas léger, non sans avoir fait signe à son jeune chevalier de venir sur le balcon.

Naturellement la manoeuvre ne fait que retarder l'inévitable, arrachant à la furibonde quelque regard meurtrier. Mais cela a au moins arrêté la princesse dans sa course, et l'invité a capté son attention.
"Il ne s’est pas que mêlé aux affaires de son seigneur. Il a espionné une princesse marchande. Il fera face à la justice de ces derniers." Fulmine la maîtresse de maison.
Et à ces mots Brohan réfléchit à une vitesse fulgurante. Le nordien n'est pas diplomate, loin de là, et il n'a sans doute pas les armes pour calmer une femme en colère. En revanche le chevalier est un chef d'armées, et en ce titre il sait gérer les conflits. Et pour cette bataille, dont l'objectif est de sauver l'un de ses hommes, il va devoir se montrer subtile.

"Ce jeune imbécile a encore beaucoup à apprendre et a fait une erreur, commence-t-il, il en assumera les conséquences. Cependant ce qu’il a pu apprendre, nous le savons déjà. Cela nous concerne vous et nous, ne voudriez-vous pas régler cela entre nous ?"
L'oesgardien menace-t-il son adversaire ? Aucunement, il fait plutôt appel à l'esprit de négociation de la marchande, ou à la fibre politique de la princesse. Espère-t-il que cela fonctionnera ? Non plus, il ne fait que poser les bases d'un argumentaire plus élaboré, nécessitant de faire réagir la demi-elfe, et méritant de prendre un risque. Car s'il a bien appris une chose c'est qu'une bataille ne se gagne pas sans prendre de risque, pas lorsqu'on affronte des nigromanciens de les Hortles. Et la thaari réagit.

"Ulric !" Appelle-t-elle, sans pour autant bouger de là où elle s'est arrêtée, au milieu de la pièce.
Mais Ulric ne vient pas, sans doute arrêté par les chevaliers du nordien à entendre les bruits sourds venus de derrière la porte. Ce dernier d'ailleurs se réjouit que ses compagnons d'arme aient saisi le ton de l'appel, gênant la réaction des miliciens, tout en regrettant qu'il ait fallu en arriver là. Récupérer Hartmod sans heurt aurait été préférable mais, le mal étant fait, le seigneur péninsulaire doit maintenant s'adapter à la situation. Et vite la débloquer car, aussi compétents que soient les chevaliers oesgardiens, ils ne pourront tenir en respect toute une armée de miliciens si les renforts arrivent.

"Comment osez-vous ? Je vous ai accueilli chez moi et c’est comme cela que vous me remerciez ? En envoyant vos chevaliers m’espionner ? C’est cela l’honneur des Chevaliers Oesgardiens ?" Accuse la demi-elfe, le regard défiant.
Le nordien doit réprimer un rictus de froissement pour maintenir son air neutre et son regard froid. Oser insulter son honneur est un affront qui aurait normalement valu un duel, mais le moment n'est pas aux incartades inutiles. L'oesgardien engage alors un mouvement pour s'approcher de la thaari alors que celle-ci amorce le pas pour le contourner et se diriger vers le balcon, derrière lui, que son chevalier doit certainement avoir atteint. D'un geste aussi vif que puissant le nordien saisit aussitôt le bras de la demi-elfe, son autre main venant approcher la poignée de son poignard par sécurité. Plantant son regard dans l'azur des yeux de sa vis à vis il reprend alors leur échange verbal.

" Nous sommes enfermés, surveillés depuis que vous nous avez accueillis. Pensez-vous que nous n’avons pas remarqué votre méfiance ni que vous nous évitez ? Ce petit s’est peut-être trompé dans la manière de faire, mais il reste un de mes loyaux sujets. Il a certainement voulu savoir ce que vous maniganciez. Cette hospitalité est-elle votre honneur ?" Récite-t-il comme une litanie, de son ton sans fluctuation.
Et ses mots font visiblement mouche car la réponse de la thaari est immédiate.
"Enfermé ?!?" S'insurge la maîtresse de maison. "Vous avez toujours été libre de vos mouvements. Mes servants sont à vos pieds pour combler le moindre de vos désirs… On ne devient pas princesse marchande à boire le thé et faire la conversation. J’ai un empire à gérer. Chose que vous ne comprendrez jamais puisque vous gentiment hérité de votre titre!"
Il a fait mouche, en effet, et la panthère est piquée à vif. Et dans sa colère, sans le savoir, la marchande à donné au militaire les armes pour la contrer.

"Vous n’en savez rien, Maralina !" Rétorque le nordien. "Ces titres je les ai payés du sang de ma famille, du sang de mes frères et de mes sœurs. Je n’ai certainement pas vos compétences en matière de commerce, mais à Oesgard c’est par le sang que nous vivons. Maintenant nous pouvons rester sur nos positions dans cette situation et nous le regretterons tous les deux, car je vous garantis que s'il le faut nous paierons à nouveau le prix du sang. Ou nous pouvons mettre cartes sur table, régler cela pacifiquement, et reprendre là où nous en étions avant que cette affaire ne dérape. À choisir je préférai ne pas verser inutilement de sang, mais c’est à vous d’en décider. Nous sommes chez vous."
Sans surprise la demi-elfe se défend. Mais déjà, et sans qu'elle ne semble le remarquer, sa fureur s'est estompée.
"Et vous pensez que je n’ai pas payé ?!? Avez-vous la seule idée de ce que j’ai dû affronter pour me retrouver où je suis ? Vous ne connaissez rien de mon histoire, Brohan. Absolument rien. Combien de personnes veulent me voir morte croyez-vous ? Combien de personnes paieraient pour avoir les informations qu’il aurait pu entendre ? Je vais vous le dire."
La princesse-marchande s'approche alors du seigneur-chevalier qui la retient toujours de sa poigne solide, et lui siffle entre la réponse entre les dent.
"Il n’y a pas une seule journée que je n’entends pas parler d’un quelconque complot ou d’une tentative contre mes commerces ou ma personne. Alors, ne faites pas l’erreur de penser que je ne réagirais point à cet affront."

La panthère a bondi, grogné, griffé, mais le loup n'a pas bronché. Leurs regards se croisent à nouveau et les deux prédateurs de jaugent à nouveau. La demi-elfe a le souffle saccadée, la mine plus inquiète que furieuse, et à présent qu'elle a craché une bonne partie de sa colère elle semble plus apte à réfléchir. L'humain au regard d'acier, lui, reste silencieux, inerte, contrôlé. Maintenant qu'il est parvenu à calmer la princesse-marchande, au moins en partie, il s'agirait de ne pas réveiller à nouveau cette colère.
"Qu’as-tu entendu ?" Siffle la thaari, après un lourd silence, en se tournant vers l'espion à deux écus.
Le jeune chevalier dégluti, partagé entre la peur et son devoir. Doit-il affronter le courroux de la princesse estrévantine et assumer les conséquences de son échec, pour garder son honneur et emporter avec lui les secrets de son parrain d'arme et suzerain ? La perspective de la torture l'effraie, mais moins que déshonneur qui retomberait sur sa famille s'il échoue dans ses derniers instants de chevalier en plus d'avoir échoué dans sa mission. Heureusement pour lui, cependant, son suzerain vient à nouveau à son secours.

"Parles !" Ordonne le seigneur oesgardien, songeant qu'au points où ils en sont le mieux reste d'en apprendre le plus possible avant qu'il ne soit trop tard.
Et, quoi que honteux de la situation engendrée par son échec, le jeune blondin se sent soulagé de ne pas en plus devoir s'adonner à ce choix cornélien.
"Je suis arrivé dans cette suite au cours de l'après-midi, je ne savais pas que c'était la votre quand j'y suis entré. J'ai dû me cacher car votre personnel était venu nettoyer. Puis c'est vous qui êtes entrée, et depuis j'attendais une occasion de sortir discrètement." Avoue-t-il, avant de chercher à nouveau l'approbation dans le regard dur de son suzerain.
Le seigneur nordien d'ailleurs ne dit rien, et fait signe à son chevalier de continuer. Il sent à la respiration saccadé de la thaari, à son pouls accéléré et à ses muscles tendus qu'elle prend peur, signe que le jeune homme a certainement entendu quelque chose d'important.
"J'ai entendu votre conversation avec ce Ulric, j'ai reconnu sa voix. Il ne nous fais pas confiance, comme ce Nehril, et vous lui avez demandé de récolter des informations nous concernant. J'ai compris que vous êtes malade depuis un voyage qui vous a fait passer en Aduram, à cause de la sorcellerie d'un elfe. Et j'ai entendu que vous entretenez une relation intime avec un Langecin, et que cela contrarie votre milicien plus que cela ne devrait."

En effet, bien que maladroit et décevant dans sa fuite, l'espion improvisé se trouve plutôt efficace. La méfiance du milicien elfique et du mercenaire demu-sang ne sont pas une surprise et l'oesgardien ne s'en préocupe pas outre mesure, pas plus de leur mission d'informateur dont il se doutait déjà. La maladie de la princesse-marchande ne lui concerne pas, pas directement en tout cas, mais cela reste une information utile. Les liens qu'entretient la demi-elfe avec un obscure langecin, probablement de la noblesse ou de la haute bourgeoisie en considérant le statut de la princesse-marchande, sont en revanche une information aussi intrigante qu'inquiétante. Et à ce moment précis, Brohan y voit une clé pour à nouveau confronter celle qui voudrait les jeter aux cachots.
"Vous nous avez donc bel et bien fait espionner malgré notre conversation dans votre bureau, et vous parliez d’honneur…" Commence-t-il, pour bien appuyer sur l'ironie du contexte. "Un instant, Maralina, nous vous avons cru. Mais nous savons maintenant que vos intérêts et vos préférences vont au Langehack, et cela explique votre aversion pour nous qui sommes du nord."
Le ton du nordien n'a pas besoin de tonalité pour que ses mots transparaissent le sarcasme. Elle a insulté leur honneur et s'est mise en colère pour avoir été espionnée alors qu'elle a expressivement demandé la même chose à ses hommes, ce qu'elle ne peut que difficilement défendre à présent. Et ses liens révélés avec le sud la rendent plus suspecte encore que sa seule origine elfique ou sa citoyenneté estrévantine.

"Aversion ?!?" S'amuse la thaari, tout en portant son regard sur le blondin. "Je n’ai jamais préféré le Sud au Nord, Brohan. Tout ce qui vient de la péninsule m’est égal. Quoique le Nord représente un beaucoup plus grand défi que le Sud. Non, ce sont les regards dégoutés de vos chevaliers et votre visage impassible qui ne me donnent pas confiance."
Voilà un argument que le seigneur nordien ne peut réfuter tant il est pertinent, et il en est conscient. Il remarque cependant un changement dans les yeux de la demi-elfe quand à nouveau leurs regards se croisent, quelque chose qu'il n'attendait pas.
"Et de toute façon, j’ai plus de raison d’avoir de l’aversion pour le sud que le Nord." Ajoute la princesse-marchande, une lueur de tristesse dans le regard.

Ne sentant plus autant d'hostilité dans l'aura de Maralina, du moins pas plus qu'à l'ordinaire, l'oesgardien relâche la prise qu'il gardait jusque là sur le bras de l'estrévantine. Il n'en faut pas plus à cette dernière pour s'éloigner de quelques pas et le défier du regard, mais déjà la colère et la fureur on laissé place à des sentiments moins dangereux. Dans l'immédiat, en tout cas. Le ton plus doux, sans doute pour la rassurer, le seigneur nordien reprend la parole.
"Les chevaliers que j’ai choisis sont loyaux," commence-t-il avant de porter son regard vers Hartmod, "quoique inexpérimenté pour certains." Et, reportant son regard grisé dans les pupilles azur de la demi-elfe, il ajoute : "Vous n’aurez rien à craindre d’eux tant que je suis en mesure de les mener."
Ne laissant pas de place à une transition ou aucune autre réaction l'humain avale en quelques pas la distance qui le sépare de la demi-elfe, se trouvant de nouveau à portée pour la saisir à nouveau si elle tente de s'éloigner.
"Comment pourrai-je vous croire alors que vous entretenez une relation avec l’un d’entre eux ?" Demande-t-il alors, suspicieux, doutant que la princesse-marchande puisse réellement détester le Sud de la péninsule tout en entretenant une relation avec l'un de leurs éminents représentants.

Alors la thaari secoue machinalement la tête d'un coté à l'autre, son regard se voile et elle baisse les yeux.
"Je ne crois pas que l’on peut considérer cela comme une relation. Il avait un choix à faire entre moi et ses ambitions." Déclare-t-elle tristement avant de relever les yeux vers l'homme aux cheveux argentés. "Et il a choisi ses ambitions."
La femme baisse à nouveau le regard une infime expression se dessine sur le front l'oesgardien inexpressif. L'espace d'une seconde Brohan est décontenancé, et un tout autant de temps ses pensées fusent. Si l'objectif de sa manoeuvre était bien de déstabiliser assez son adversaire pour reprendre une meilleur position dans la négociation, il ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi efficace. Le nordien observe sa vis à vis, sondant ses moindres gestes, ses mimiques, sa respiration. Il se dit d'abord que tout cela n'est qu'un jeu, que l'estrévantine joue la comédie pour mieux l'amadouer, qu'elle cherche à le tromper pour gagner du temps. Mais alors cela ferait d'elle la plus extraordinaire des comédiennes qu'il n'ait jamais croisé, car rien dans ce qu'il observe ne trahit le mensonge ou la malice. Peut-être alors ne se décide-t-elle à révéler ses faiblesse car ils ont déjà été découverts, et qu'elle compte de toute manière ne pas laisser ses invités sortir de chez elle ? L'homme au visage de glace observe, réfléchit, sans dire un mot.

Dans le couloir, les miliciens sont aux prises avec les chevaliers restés aux portes. Rolf parvient à occuper Ulric en lui portant des attaques qui forcent l'elfe à rester soncentré sur son propre combat tandis que Sigfrid et Fridrik ont pris le contrôle de la porte, se contentant seulement de repousser tous ceux qui tentent de s'en approcher. L'objectif pour l'instant n'est pas de s'en prendre aux miliciens ni de les blesser, même si cela peut arriver, mais seulement d'empêcher quiconque d'entrer dans les appartements de la maîtresse des lieux jusqu'à ce que la situation soit clarifiée. Qu'elle soit prise en otage ou que leur seigneur se rende importe peu car ils suivront ses ordres, quels qu'ils soient. Et jusque là, ils tiendront.

"Hartmod, dépose tes armes, toutes tes armes." Ordonne finalement le seigneur oesgardien en se tournant vers l'intéressé. "Et rends-toi, c’est un ordre. Referme la porte derrière toi et dis aux autres de se tenir tranquilles. Je ne suis plus en danger." Se tournant alors vers la maîtresse de maison, qui entre temps s'est assise, il demande : "Sommes-nous d'accord sur ce point ?"
La demi-elfe confirme d'un hochement de tête, sans dire mot, révélant l'état de détresse refoulée dans lequel elle se trouve. Un peu hébété le blondin chevalier obéit, laissant dans la chambre aussi bien son épée que ses armes cachées. Il sort des appartements, transmet les ordres qui sont immédiatement suivis, et referme la porte dans son dos.

Brohan regarde la porte se refermer puis lâche une imperceptible soupire. Finalement il a décidé de faire confiance à son hôtesse, au moins un peu. Sa raison lui dit de rester méfiant ou de profiter de son éphémère avantage pour prendre le contrôle sur la princesse-marchande, mais son instinct lui dit d'agir autrement. Et son instinct ne l'a jamais trompé, du moins presque jamais. Alors avec lenteur et prudence l'oesgardien s'approche de la princesse-marchande et s'assoit à son coté, mais entre décider d'être compatissant et agir comme tel il y a une différence. Et tout comme il lui est difficile de perdre son aire froid et hautain, le nordien ne sait pas que faire en cet instant.
"C’est bien souvent le cas des Sudérons. Plus intéressés  par leurs ambitions, vendant même leurs honneurs ou leur fierté pour y arriver." Lâche-t-il.
"Je n’ai pas besoin de votre pitié Brohan." Rétorque froidement la princesse-marchande, sans même lui porter un regard. "Vous le savez autant que moi quelle serait la réaction de la péninsule si un noble se retrouvait avec une sang-mêlée. Je l’ai laissé partir. Je ne pouvais pas lui enlever tout ce qu’il travaillait pour."
L'oesgardien ne dit rien pendant un instant, le regard porté sur la nuque courbée de la Thaari qui fixe le sol. L'estrévantine ne sait pas à quel point ce qu'elle dit est empli d'ironie, à quel point la noblesse péninsulaire est gangrenée par l'hypocrisie et les faux semblants. Ils se disent honorables, et ils rompent leurs serments. Ils se disent de sang noble, et ils copulent avec des roturiers. Ils se disent chevaliers, ils se disent gentilshommes ou grandes dames, et ils vivotent dans leur petit monde en brisant allègrement tous les principes qu'ils prétendent protéger.
"La réaction de la péninsule..." Répète-t-il dans un souffle de réflexion. "Des excuses, tout ça."
Combien de nobles, dans le Sud ou dans le Médian, a-t-il trouvé à côtoyer des elfes, des hybrides, ou même des drows ? Combien de bâtards ces nobles pédants ont-ils eu avec des races qu'ils disent mépriser, pour les abandonner ensuite sous prétexte de sauver leur statut ? La réflexion de la thaari sonne comme une blague aux oreilles du nordien, plus encore au sujet des sudérons.
"Nous avons cru comprendre que vous avez fait voyage dans le sud. Leur comportement à votre égard a-t-il été véhément ? Vous ont-ils fait penser qu'ils verraient d'un mauvais oeil votre relation avec un noble ? Vous ont-ils repoussée parce que vous êtes une sang-mêlée ?" Le nordien marque une petite pause, la laissant prendre la mesure de ses questions. "Nous aurions compris s'il s'agissait d'un nordien. Encore qu'il y en ait un qui a épousé une elfe, pour devenir souverain d'un pittoresque royaume..."
L'humain émet un léger soupire à ces pensées. Si son regard sur les autres peuples et les autres races a changé lors de son séjour dans les wandres, celui qu'il porte à présent sur la noblesse de son propre pays en est d'autant plus altéré.
"Nous n'avons pas pitié de vous, Maralina, nous vous respectons. Au moins pour ce que vous avez accompli. La princesse-marchande qui nous a défié, menacée par notre lame, c'est avec elle que nous avons fait affaire." Déclare le nordien.
Visiblement toujours suspicieuse, la thaari relèves les yeux pour les plonger dans ceux de l'humain.
"Je suis toujours cette personne." Assure la princesse.
Le péninsulaire reste silencieux un instant, soutenant le regard bleuté qui le toise, puis reprend.
"Alors vous devez vous reprendre." Déclare le nordien, avant d'ajouter quelques mots un peu plus bas. "Et nous vous aideront."

Une légère brise vient caresser le visage de l'oesgardien tandis qu'il laisse à nouveau s'installer le silence, et l'espace d'un instant son visage inanimé laisse transparaître un air inquiet, le regard dans le vide.
"Cette maladie qu'un elfe vous a donné. Qu'est-elle ? Est-elle sérieuse ?"
L'homme croise le regard bleuté de la demi-elfe et ajoute d'un air franc : "Ne vous inquiétez pas pour ce que nous avons appris. Nous garderons vos secrets, vous avez notre paroles. En échange nous voudrions seulement que vous restiez indulgente envers ce jeune chevalier, et que vous nous laissez décider de son sort."
Le seigneur ignore si ses paroles trouveront foi aux oreilles de la princesse-marchande, mais il essaie tout de même. Il ne peut se résoudre à abandonne un de ses compagnons, pas s'il reste une chance de l'aider.
"Quoi qu'il en soit si vous désirez nous parler davantage de ce que nous savons déjà, vous n'aurez peut-être pas d'autre moment de vous soulager de ce qui pèse sur vos épaules." Conclue l'homme au visage pour un bref instant moins inexpressif, fermant la parenthèse aussi vite qu'il l'a ouverte.

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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Mar 30 Oct 2018 - 21:32



« La réaction de la péninsule...Des excuses, tout ça. »


Maralina releva la tête en l’interrogeant du regard. Mais de quoi ce mêlait-il? Avant même qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, l’humain continua; « Nous avons cru comprendre que vous avez fait voyage dans le sud. Leur comportement à votre égard a-t-il été véhément ? Vous ont-ils fait penser qu'ils verraient d'un mauvais oeil votre relation avec un noble ? Vous ont-ils repoussée parce que vous êtes une sang-mêlée ? » Il marqua une pause de quelques secondes, durant laquelle la princesse marchande ne put que se rendre compte qu’il avait raison… « Nous aurions compris s'il s'agissait d'un nordien. Encore qu'il y en ait un qui a épousé une elfe, pour devenir souverain d'un pittoresque royaume... » Maralina retourna son regard au sol en fronçant les yeux. Il l’avait définitivement abandonné… Il s’était joué d’elle pour être certain qu’elle respecterait le marché qu’il avait négocié à la pointe de l’épée. La demie-elfe serra légèrement le poing. Plus en colère contre elle que contre Griffon. Elle s’était laissée prendre. Prendre dans le jeu qu’elle pensait exceller. «  Nous n'avons pas pitié de vous, Maralina, nous vous respectons. Au moins pour ce que vous avez accompli. La princesse-marchande qui nous a défiés, menacée par notre lame, c'est avec elle que nous avons fait affaire. » La princesse marchande leva les yeux vers le Nordien avant d’assurer; « Je suis toujours cette personne. » Ou du moins, pensait-elle l'être toujours.


« Alors vous devez vous reprendre…Et nous vous aiderons. »


Il avait raison, elle devait se reprendre, la princesse s’était laissée contrôler par ses émotions d’une façon surprenante. Jamais elle n’était devenue aussi colérique et aussi triste en si peu de temps. Peut-être que ça, disons rencontre avec le Langecin l'avait changer d'une façon irréversible? Peu importe ce qu'il se passait, elle devait à tout prix reprendre le dessus. Ces éclats de colère n'étaient pas bons pour les affaires, et lui feraient prendre des décisions irréfléchies et dangereuses. Comme celle d'inviter un groupe d'Oesgardien dans sa demeure. La Vaanie retourna son regard vers le sol, complètement absorbé par ces pensées avant que le Nordiens reprenne la parole; « Cette maladie qu'un elfe vous a donnée. Qu'est-elle ? Est-elle sérieuse ? » Maralina se retourna rapidement vers l’Oesgardien. Elle en avait presque oublié qu’il avait appris qu’on lui avait jeté un sortilège. Mais contrairement à ce qu’elle pensait, ce n’est pas un regard inexpressif qu’elle découvrit, mais un regard qui laissait paraître une petite lueur d’inquiétude. La princesse marchande lui lança un regard suspicieux avant de répondre tranquillement; « Rien qui ne soit pas soignable et surtout rien qui m’abattra. » En faite, elle n’en avait aucune idée. Les hauts de cœur et les crampes semblaient presque constants. Sa peau ne semblait pas laisser de traces de quelconques séquelles. Mais la princesse marchande ignorait sincèrement si l’elfe lui avait jeté quelques choses de plus graves et elle refusait catégoriquement de voir un médecin de peur que la nouvelle s’ébruite.  On la voyait comme une femme forte, intouchable et elle voulait conserver cette image coute que coute. Le fait de faire venir un médecin ébruiterait des rumeurs et donnerait espoir aux pauvres marchands de tenter de prendre le contrôle d’Uldal’Rhiz et cela, elle ne pouvait se le permettre. « Ne vous inquiétez pas pour ce que nous avons appris. Nous garderons vos secrets, vous avez notre parole. En échange nous voudrions seulement que vous restiez indulgente envers ce jeune chevalier, et que vous nous laissiez décider de son sort. » La princesse marchande se retourna silencieusement vers le chevalier en lui jetant un regard amusé. Ah! La voilà la remarque qu’elle attendait. Bien que le seigneur oesgardien se plaisait à faire à croire qu’il n’était pas fin négociateur, il trouvait quand même le moyen de ramener la situation à son avantage. « Votre jeune apprenti sera libre. Mais qu’il se fasse oublier pour les prochaines ennéades. Je ne veux pas le voir ni l’entendre. » Acte généreux, mais elle espérait sincèrement qu’il tienne parole.


« Quoi qu'il en soit si vous désirez nous parler davantage de ce que nous savons déjà, vous n'aurez peut-être pas d'autre moment de vous soulager de ce qui pèse sur vos épaules. » Maralina reporta son regard dans celui du Nordiens. Mais pourquoi soudainement était-il devenu aussi protecteur? Qu’en avait-il vraiment à faire qu’elle ait le cœur brisé? Et dire qu’il lui disait sans cesse qu’il ne tentait pas de la séduire…  La princesse ne remarqua pas ses mouvements pendant qu’elle s’interrogeait sur les véritables intentions du Nordiens, mais les deux êtres semblaient s’être rapprochés l’un de l’autre. Que cela soit un mouvement orchestré par elle ou par Brohan, cela l’importe peu et elle passa doucement sa main derrière la nuque de Brohan avant de le rapprocher un peu plus d’elle. En profitant pour caresser doucement la nuque de l’Oesgardien. La demie-elfe déposa son front contre le sien, sans lâcher sa douce prise. Et elle était si près… Elle pouvait sentir le souffle chaud de l’Oesgardien sur son visage, leurs nez se touchaient… Maralina leva ses prunelles bleues pour fixer le regard grisâtre du Nordiens. La princesse arrêta son mouvement, perdu dans le regard de l’humain, le souffle saccadé. Non c’était impossible. Elle ne pouvait pas le désirer. Lui qui l’avait menacé de nombreuses fois et qui réussissait à la mettre en furie -  comment pouvait-elle-même vouloir cet homme qui l’avait déjà menacé de nombreuses fois?  Elle se recula légèrement alors que Brohan déposa sa main sur sa joue et la caressa doucement avant de déplacer doucement une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Le contact des doigts de l'homme sur sa joue était agréable. Trop agréable. Elle devait absolument rompre ce moment. Elle baissa le regard quelques secondes, comme pour tenter tant bien que mal de reprendre un visage de marbre. « Quelque chose vous inquiète? » Oui, rien de cette situation n’allait. Tout la dérangeait autant cette sensation dans le creux de son estomac que ce désir puissant de poser ses lèvres sur les siennes. Une sensation encore plus forte que tout ce qu'elle avait ressenti et cela la terrifiait.


Maralina ne pouvait le laisser faire. Elle n’avait donné son cœur qu’à une seule personne, et cette dernière l’avait complément détruit, l’abandonnant au passage. Comment pourrait-elle savoir si le moment qu’ils passaient en ce moment était bel et bien vrai? Que ce n’était pas que des actions forcées, que pour tenter de la contrôler ou d’essayer de prendre de la manipuler. On disait que l’amour rendait aveugle, et Maralina s’était promis de ne pas se laisser aveugler une nouvelle fois… Promis qu’aucun homme ne prendrait jamais le dessus sur elle encore une fois. De toute façon, elle ne comprenait pas l’amour, ne comprenait pas pourquoi les gens cherchaient absolument à trouver ce sentiment qui de toute façon vous laisserait le cœur en mille morceaux? Elle releva les yeux pour trouver le regard de Brohan, tentant tant bien que mal de cacher le doute qui l’habitait. Elle allait le tester pour savoir jusqu’où il était prêt à aller. Elle se recula doucement et murmura; « Cessez de faire cela. » Un ordre faible, mais calculé. Oui, elle devait lui donner le blâme, le provoquer, voir quelle serait sa véritable réaction. La demie-elfe ne le croyait pas lorsqu’il disait qu’il ne cherchait pas à la séduire. Il avait tenté trop souvent, la prenant par la main, la détaillant du regard… Soit il était bon acteur – soit il cachait les mêmes émotions qui l’habitaient derrière son visage de marbre. Elle prit une grande inspiration avant de continuer; mais ce dernier l’interrompit soudainement « Cesser de faire quoi? » Maralina se retourna, cessant ainsi de lui faire face avant de se relever doucement et de faire quelques pas vers la grande cheminée à leur droite, qui était bien entendu, éteinte, malgré la fraicheur qui enveloppait Thaar. « Vous savez exactement quoi. Contrôler les commerces de la chair ne fait pas de moi une putain. Vous ne pourriez m’acheter, et ce même avec tout l’or du monde. Si j’étais vous, j’essayerais de ne pas me laisser contrôler par mes préjugés. » Elle espérait que son commentaire est fait mouche. Qu’il se lève et lui fasse comprendre qu’elle se trompait. Mais le visage de marbre de l’Oesgardien ne s’était pas illuminé. Au contraire, ce dernier se leva, et lui fit face, toujours en ne laissant paraître aucune émotion, mais ces yeux semblaient être habités d’une aura qu’elle n’avait jamais vue auparavant. Comme si elle l’avait vexé dans son discours, il ouvrit la bouche avant de s’exclamer; « Vous vous méprenez, si vous pensez que nous tentons de vous acheter. »


Un silence pesant sembla s’installer dans la pièce pendant que les deux êtres s’affrontaient du regard; «  Nous vous l’avons déjà dit; nous ne sommes pas comme ces débauchés de Suderons! » Son ton était dur, comme si elle avait dit la pire insulte qui existait. Brohan reprit son calme en prenant une grande inspiration, avant de continuer; « Vous êtes celle qui se laisse guider par ses préjugés, et vous insultez notre honneur en nous pensant si bas. Si c'est là l'idée que vous vous faites de nous, il est préférable que nous regagnions nos appartements. » À ces mots, ce dernier se retourna avant de se diriger vers la porte. La princesse marchande ne put s’empêcher de cacher sa déception alors qu’il se dirigeait vers la porte. Elle qui pensait que le défier ainsi lui permettrait de savoir ces véritables intentions, il semblait qu’il avait réussi à créer encore plus de doute dans son esprit. Mais elle devait continuer, pousser le défi jusqu’au bout. Elle voulait et devait savoir. « Brohan » Ce dernier s’arrêta net avant de se retourner vers la princesse marchande. Maralina s’avança doucement vers ce dernier, réduisant de plus en plus la distance qui les séparait. Elle se retrouva ne nouvelle fois tout près de lui et leva doucement son regard azure dans celui grisâtre de son invité. « Qu’allez-vous me dire avant que l’on se fasse interrompre par votre chevalier? »


Brohan prit un moment de silence et la fixa droit dans les yeux avant de lâcher un soupir. « Nous ne sommes pas du même monde, Maralina, pas du même Pays, nous n'avons pas les mêmes moeurs. Nous ne savons rien de vous et vous ignorez tout de nous, ce qu'il vient de se passer en est la preuve.» Il la contourna pour aller vers une petite table haute, là ou trônait une carafe emplie de vin et deux coupes en cristal finement ciselé. Il se servit un verre avant de tremper ses lèvres dans le liquide ambré. Si le cœur de la princesse marchande avait pu se fendre en encore plus de morceaux, il se serait transformé en poussière. Son expression se figea, devint de marbre, aucune émotion de transperçait son visage. Mais à l’intérieur, elle avait l’impression de crier, de tout casser. Il avait fait exactement la même chose que Griffon… Elle resta là dos à lui, pendant qu’elle entendait le bruit de la coupe de cristal qu’on déposait sur la table de céramique. Un bruit sourd, distinct et lorsque le silence emplit une nouvelle fois la pièce, l’humain continua; « Nous avons du respect pour ce que vous avez accompli, Maralina, et nous traitons avec vous pour cette raison. N'y voyez pas chez nous de tentative de séduction, car ce n'est pas ainsi que nous faisons. »  Toujours dos à l’humain, Maralina secoua la tête. Mais qu’es qui lui prenait? Elle devait vraiment reprendre le contrôle sur elle-même.  Elle se frotta l’arrête du nez en fermant les yeux tentant tant bien que mal de trouver quelques choses de digne à dire. Il pouvait dire ce qu’il voulait. Ses actions semblaient crier autre chose…« Vous venez de faire exactement ce que vous reprochiez au Suderon. » Son ton n’était en aucun cas agressif, plus déçu de la tournure des événements. Elle avala difficilement, laissant le silence s’installer. Maralina savait pertinemment que sa remarque frustrerait le Nordien et pour être honnête, elle n’en avait que faire à ce moment précis. Si c’était à coup de faux espoirs et de faux semblants qu’il jouait, elle n’allait définitivement pas le laisser faire. Elle se tourna doucement vers lui, le visage de marbre; « Nous ne sommes pas insensibles à vos charmes… mais nous ne venons pas du même monde…» Maralina eut un sourire amer avant de jeter son regard vers le Nordien. « Pendant une seconde j’ai pensé que vous étiez peut-être différent… »


La princesse fit un pas vers lui en le dévisageant; « À croire que je me suis trompé… » Elle s’apprêta à faire un pas pour aller rejoindre le balcon lorsque le Nordien la stoppa net dans son mouvement; « Détrompez-vous, Maralina. Nous ne disons point cela au sens du regard de nos pairs. » Bien entendu, il tentait tant bien que mal de reprendre la situation en main… Mais il venait de décevoir la princesse marchande, il n’avait rien de spécial… Il était comme tout le reste de sa race, ambitieux et prêt à tout pour atteindre ses buts. Le Nordien l’avait menacé du bout de son épée, comme son ennemi l’avait fait avant lui. Il avait tenté de la séduire comme Griffon l’avait fait et dès qu’il aurait l’occasion, qu’il l’admette ou non, il la mettrait dans son lit pour confirmer les marchés qu’ils avaient conclus. Maralina fit un non discret de la tête avant d’ouvrir la bouche. Mais le Nordien ne se gêna pas pour l’interrompre encore une fois; « Voyez votre palais et voyez nos vêtements. Votre monde est fait de richesses et de libertés, le nôtre est la guerre. Honnêtement nous ne pensons pas vous intéresser si ce n'est, peut-être, par curiosité. » Le visage de marbre de la princesse laissa soudainement place à la surprise. Disons qu’elle ne s’attendait pas à une telle réponse. La croyait-il vraiment si supérieure?  La Vaanie se mit à avancer vers l’Oesgardien, d’un pas lent, mais déterminé avant de s’arrêter tout près de lui encore une fois. Elle peut sentir le souffle chaud de l’humain sur son visage alors qu’elle plante une nouvelle fois ses prunelles azures dans les siennes. « Faire partir de l’Élite ne se calcule pas selon les possessions que vous avez. » Elle mit une main à plat sur son torse avant de replonger son regard dans le sien. «Mais par tout ce que vous être prêt a accomplir pour atteindre vos buts.» Et cela était vrai. La princesse se foutait bien qu’une personne soit un serf ou le roi de la péninsule. Tant que ces derniers lui prouvaient qu’ils avaient de l’ambition, aucunement froid aux yeux et surtout ces personnes qui osaient lui tenir tête et en sortir vivantes ne méritaient de faire affaire de quelconque façon avec elle. Maralina bougea doucement sa main vers la joue de Brohan pour rapprocher son visage du sien. Cette fois n’hésitant pas une seconde, et laissa l’envie et le plaisir guider sa main. Leurs lèvres se touchèrent pendant quelques secondes, un baiser chaste, qui ne dura qu’une micro seconde avant que le seigneur oesgardien la repousse doucement.

«Et combien d'élite faudra-t-il pour vous contenter ? Nous savons les pratiques de Thaar, Maralina.» Le regard de la princesse marchande se durcit. Il la prenait définitivement pour une putain du plus bas étage. Si les pratiques libertines dérangeaient autant le seigneur oesgardien, il n’avait qu’à rester chez lui. Maralina recula, un regard furieux éclairait ses prunelles bleues. «Vous connaissez peut-être les pratiques de Thaar, mais pas les miennes. » Maralina se retourna pour aller rejoindre la porte menant à son balcon. S’arrêtant sur le seuil, elle se retourna vers le Nordien avant de lui jeter un regard glacial. «Vous savez où est la porte. Si j’étais vous – je resterais le plus loin possible de ma vue.» Et elle s’engouffra par la porte. La Vaanie s’avança et s’accota sur la rambarde, faisant fit de la présence de l’Oesgardien dans ses appartements. Si c’était l’image qu’il avait d’elle, il pouvait bien retourner dans son trou à rat glacial. Avec un peu de chance, son assistant finirait rapidement de combler les demandes des humains, et ils seraient partis de cette ville pour de bons. La princesse marchande pourrait alors reprendre ses activités, sans se faire déranger ou menacer.

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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]   Sam 3 Nov 2018 - 12:55


La brise fraîche des nuits de Thaar s'engouffre à nouveau par la porte ouverte du balcon, caressant la peau rafraîchissant la peau du seigneur de Höginheim et faisant frissonner la princesse-marchande d'Uldal'Rhiz. A moins que ce ne soit l'émotion qui fasse frémir la demi-elfe, tant elle s'est perdue dans ses pensées. L'oesgardien pour sa part se contente de l'observer avec attention, guettant d'éventuels signes trahissant une quelconque comédie, mais surtout tentant de comprendre l'estrévantine. Cette histoire qu'il vient d'apprendre, de manière bien peu glorieuse il faut l'admettre, semble avoir touché la thaari bien plus qu'elle ne le prétend. Mais comment savoir si tout cela est vrai, ou si la demi-elfe ne se joue pas de lui ? Le doute, bien que faible, perdure. Tout comme cette maladie prétendument soignée qui inquiète pourtant encore le milicien proche de la princesse, si l'on se fie à ce qu'a rapporté le jeune chevalier. Quoi qu'il en soit ces histoires ne concernent pas Brohan, encore qu'il préfèrerait le savoir si une étrange maladie elfique venait à affaiblir sa toute nouvelle partenaire d'affaire. Qu'importe, se dit-il, nous verrons cela en temps voulu.

Le silence de la nuit ayant repris ses droits, les deux nobles se rapprochent quelque peu. D'abord la dame thaari, perdue dans ses pensées, puis l'invité d'outre-royaume, guidé par la caresse de la demi-elfe sur sa nuque. Plus par curiosité et par galanterie que pour séduire, le nordien se laisse caresser et approché par la princesse. Leurs fronts se touchent, délicatement, et leurs souffles se mêlent.
Que tentez-vous de faire ? Demande intérieurement l'humain, restant cependant silencieux.
Maralina essaierait-elle de le séduire pour s'assurer de son silence ? Ou peut-être cherche-t-elle du réconfort auprès d'un homme qui, bien malgré elle, a fini par apprendre son triste secret ? Ou se laisse-t-elle guider par quelqu'autre émotion qui l'habite, et dont l'oesgardien n'a pas idée ?

La demi-elfe plonge son regard de celui de l'humain, si près que Brohan peut voir son reflet dans les pupilles azurées de sa vis à vis, et le temps se fige un instant. Le nordien peut sentir la douceur des doigts de l'estrévantine sur sa nuque, il peut sentir la chaleur de son front contre le sien, et il peut sentir le souffle chaud de la thaari se saccader. Brohan lui-même n'est pas certain de ce qui est en train de se passer : sa mâchoire s'est crispée, il vient tout juste de déglutir, et si son visage n'était pas de marbre peut-être même que son trouble se serait vu. Comédie ou non le seigneur oesgardien doit admettre qu'il a été ébranlé, au moins l'espace d'une seconde, mais il en faut plus pour lui faire perdre le contrôle de ses propres émotions.

Le nordien pose délicatement sa main sur la joue de la princesse-marchande, s'apprêtant avec douceur à la repousser dignement. C'est la demi-elfe, cependant, qui recule d'elle même. L'impassible au regard gris en profite alors pour ramener une mèche des cheveux de la thaari à l'arrière de son oreille, par réflexe machinal plus que par commodité. C'est alors que le seigneur remarque la confusion dans le regard baissé de la princesse, d'une voix emprunte d'une once de douceur il lui demande : "Quelque chose vous inquiète ?"
Du doute, de l'incertitude, et un peu de défi. Voilà ce que décèle le nordien dans le regard bleuté de la thaari qui le toise à nouveau.
"Cessez de faire cela." Murmure la princesse, alors qu'elle recule lentement sa tête.
Et, sous son visage figé de neutralité, le péninsulaire reste incertain. Que veut-elle qu'il cesse ? De l'approcher et la toucher, alors qu'elle-même ne se gêne pas pour le faire ? De lui prêter une oreille, alors que rien ne l'y force ? Ou de la sonder, car peut-être craint-elle qu'il apprenne plus encore de secrets inavouable ? Cette éventualité serait, en effet, une bien mauvaise chose pour la princesse-marchande qui s'en trouverait dans une position défavorable, si tant est que le péninsulaire ait de sombres desseins à son égard. Ce qui n'est néanmoins pas le cas, alors il convient de préciser les choses.
"Cesser de faire quoi ?" Demande le nordien, reprenant par habitude son ton monocorde.

"Vous savez exactement quoi." Assure la thaari. "Contrôler les commerces de la chair ne fait pas de moi une putain. Vous ne pourriez m’acheter, et ce même avec tout l’or du monde. Si j’étais vous, j’essayerais de ne pas me laisser contrôler par mes préjugés."
Il ne faut qu'un souffle à l'oesgardien pour comprendre ce qu'insinue la demi-elfe, et subitement il se lève. C'est donc ainsi que la thaari les voit, lui ainsi que ses compatriotes : des hommes sans honneur, seulement guidés par leur cupidité et incapable de contrôler leurs pulsions.
"Vous vous méprenez, si vous pensez que nous tentons de vous acheter." Lâche le seigneur nordien à la thaari tout en l'affrontant du regard.
Et si le visage de l'oesgardien reste dénué d'expression, son regard quant à lui ne peut que difficilement cacher l'affront d'un honneur bafoué.
"Nous vous l’avons déjà dit : nous ne sommes pas comme ces débauchés de Suderons !" Ajoute le nordien après un court instant de silence durant lequel il s'est évertué à se calmer intérieurement.
Le ton de l'humain se fait pourtant dur, volontairement, pour appuyer son indignation. S'il devait un jour à nouveau traiter avec cette princesse-marchande, cette dernière doit comprendre que son honneur ne doit pas être insulté.
"Vous êtes celle qui se laisse guider par ses préjugés, et vous insultez notre honneur en nous pensant si bas. Si c'est là l'idée que vous vous faites de nous, il est préférable que nous regagnions nos appartements." Conclue l'invité avant de se diriger vers la sortie.
Cela est en effet pour le mieux car, bien qu'encore calme en apparence, le seigneur-chevalier n'est pas certain de pouvoir le rester si la maîtresse des lieux persiste sur ses idées reçues.

"Brohan." Appelle la princesse avant que ce dernier n'ait atteint la porte.
L'intéressé se retourne alors, se demandant quelle insulte la thaari avait encore pour lui. Le nordien observe alors l'estrévantine se rapprocher de sa gracieuse démarche. Sous le regard à nouveau impénétrable de l'oesgardien s'affrontent la méfiance, l'irritation, et la curiosité. Leur regards se croisent à nouveau, et la princesse demande : "Qu’alliez-vous me dire avant que l’on se fasse interrompre par votre chevalier ?"
Ce qu'il allait dire ? Le nordien prend un moment avant de répondre : d'une part pour palier à l'incongruité de la question, et d'autre part pour se remémorer ce qu'il allait dire. A ce moment la situation était autre, et surtout l'atmosphère était différente. L'oesgardien n'avait alors pas idée de la piètre opinion que la princesse thaari se faisait de lui, ou du moins pas à ce point. Alors, à cet instant, Brohan se demande s'il peut encore énoncer ce qu'il s'apprêtait à dire plus tôt. Et après réflexion, le nordien en conclu que non.
"Nous ne sommes pas du même monde, Maralina." Commence le péninsulaire dans un soupire. "Pas du même Pays, nous n'avons pas les mêmes moeurs. Nous ne savons rien de vous et vous ignorez tout de nous, ce qu'il vient de se passer en est la preuve."
Cet incident est la preuve, en effet, qu'oesgardiens et estrévantins ne peuvent pas se comprendre. Le nordien aura pourtant essayé de passer outre les racontars qu'on lui a fait de l'estrévant, de ne pas se fier aux expériences des quelques vieux grincheux y ayant posé le pied. Et malgré cela Maralina Irohivrah, Princesse-Marchande d'Uldal'Rhiz, se comporte exactement comme la Thaari des préjugés.

La gorge sèche, le péninsulaire contourne la princesse pour se servir une coupe de vin qu'il vide d'un trait. La gorge réhydratée l'homme au masque d'impassibilité reprend, ne se préoccupant pas du fait que son interlocutrice lui tourne le dos. S'il garde encore en travers l'affront à son honneur, le seigneur de Höginheim n'en oublie pas qu'il n'est plus un simple chevalier.
"Nous avons du respect pour ce que vous avez accompli, Maralina, et nous traitons avec vous pour cette raison. N'y voyez pas chez nous de tentative de séduction, car ce n'est pas ainsi que nous faisons." Conclue l'oesgardien, laissant une dernière chance à Maralina de se défaire de sa méprise.

"Vous venez de faire exactement ce que vous reprochiez au Suderon." Déclare la thaari.
Et dans le silence qui suit, l'oesgardien maintient cache sa déception. Alors, non contente d'insulter son honneur, la princesse-marchande le compare à un suderon. Le nordien se dit alors que, en fin de compte, il s'est peut-être trompé sur la demi-elfe. Peut-être a-t-il surestimé son sens du discernement.
"Nous ne sommes pas insensible à vos charmes… Mais nous ne venons pas du même monde…" Reprend Maralina après s'être tourné vers le nordien.
Ce dernier reste silencieux, curieux de savoir où la demi-elfe veut en venir, mais aussi le sens de ce sourire amer.
"Pendant une seconde j’ai pensé que vous étiez peut-être différent…" Ajoute la thaari, s'approchant vers l'oesgardien. "À croire que je me suis trompé…"

Commençant un peu à comprendre ce qui semble tourmenter la thaari, Brohan l'arrête dans son mouvement pour le contourner. Comprendre le message que cherche à faire passer princesse estrévantine, c'est du moins ce que pense Brohan.
"Détrompez-vous, Maralina. Nous ne disons point cela au sens du regard de nos pairs." Déclare le nordien.
Car en effet, il apparaît que la demi-elfe ait fait méprise. Le confondre avec un marchand péninsulaire, lui, un nordien forgé par les batailles. Brohan en est convaincu, la princesse-marchande ne réalise pas les différences qu'il y a entre eux-deux, ni entre Oesgard et le Sud de la Péninsule.
"Voyez votre palais et voyez nos vêtements. Votre monde est fait de richesses et de libertés, le nôtre est la guerre. Honnêtement nous ne pensons pas vous intéresser si ce n'est, peut-être, par curiosité." Explique le nordien, persuadé d'avoir compris l'essence du quiproquo.
La thaari s'approche à nouveau, son visage froid ayant encore disparu. Bien que lent son pas est déterminé, ce qui éveille la méfiance du nordien.
"Faire partir de l’Élite ne se calcule pas selon les possessions que vous avez." Déclare la princesse, seulement à un souffle du seigneur.
Ce dernier, le regard plongé dans celui de la demi-elfe, tente de lire ses intentions.
"Mais par tout ce que vous être prêt a accomplir pour atteindre vos buts." Complète Maralina, une main posée à plat sur le torse du péninsulaire.
Puis la thaari glisse sa main sur la joue du nordien, comme elle l'a déjà fait plusieurs fois depuis leur rencontre. Mais alors que Brohan se dit que la princesse-marchande joue à nouveau de ses charmes sur lui, comme pour une sorte de rituel, elle atire son visage et leurs lèvres se touchent.

Le baiser ne dure qu'une seconde, tout juste le temps pour le nordien d'avoir un aperçu du goût des lèvres de la thaari. Il n'en profite pas, cependant, préférant repousser la princesse-marchande avec douceur. Le seigneur au regard d'acier n'a pas oublié le reproche qui lui a été fait plus tôt, et il n'a pas oublié les paroles de la princesse-marchande. Le comportement de cette dernière va pourtant à l'encontre de ce qu'elle prétendait. En effet, si elle a si peu d'estime pour lui, pourquoi alors tenter de l'embrasser, si ce n'est pour se jouer de lui ? Décidément cette thaari se trompe complètement à son sujet, si elle pense pouvoir faire de lui son jouet, si elle croit pouvoir l'ajouter à ses trophées.
"Et combien d'Elites faudra-t-il pour vous contenter ? Nous savons les pratiques de Thaar, Maralina." Dit le nordien, peu enclin à se laisser manipuler.
"Vous connaissez peut-être les pratiques de Thaar, mais pas les miennes." Rétorque la princesse, furieuse.
L'humain reste silencieux, observant la demi-elfe se diriger vers le balcon. Il est vrai que le nordien ne connaît pas les pratiques de la princesse-marchande, pourtant le comportement de cette dernière est équivoque.
"Vous savez où est la porte. Si j’étais vous, je resterai le plus loin possible de ma vue." Lance la maîtresse de maison, jetant un regard froid à son invité, avant de sortir sur le balcon.
C'est là un judicieux conseil que reçoit le nordien, néanmoins peu nécessaire car le péninsulaire n'a pas eu besoin de la thaari pour le deviner. Ce n'est pas pour autant qu'il le suivra durant les prochaines ennéades, se fichant de ce que pense la princesse-marchande à son égard pour mener à bien ses préparatifs.

L'oesgardien s'approche alors du balcon, non pas pour s'y rendre mais pour récupérer les armes de son chevaliers toujours posées là. Il s'agit là en tout cas de son intention, car le nordien n'a pas plus envie de supporte une sang-mêlée qui n'a aucune considération pour lui que cette dernière ne souhaite la présence du péninsulaire. Pourtant quelque choses l'intrigue alors que, se penchant pour récupérer les armes, il l'aperçoit de dos contre la rambarde du balcon. Les lueurs douces de la nuit mettent en valeur la silhouette de la thaari, lui donnant un aspect presque féerique. Tout le comportement de la Princesse-Marchande a été pour le moins étrange depuis qu'ils se sont croisés dans les jardins. Tantôt agréable, l'instant d'après furieuse, puis malicieuse, à croire que la demi-elfe ne sait pas quelle attitude prendre avec l'oesgardien. Et maintenant que ce dernier y pense, peut-être est-ce en effet le cas.

Soupirant intérieurement le nordien repose les armes au sol et rejoint la thaari, venant en silence au coté de la femme.
"Vous n'abandonnez jamais n'est-ce pas ?" Constate Maralina, après un soupir.
Le nordien ne réagit pas, laissant le silence répondre à sa place. S'il était de ceux qui abandonnent aussi facilement, son corps aurait été dévoré dans les Wandres il y a bien logngtemps.
"Vous avez raison, Maralina, nous ne connaissons point vos pratiques." Avoue finalement l'homme au visage insondable, de sa voix monocorde.
Brohan tourne alors son visage vers son interlocutrice, observant subrepticement son visage, avant de reporter son regard vers la ville et le majestueux bâtiment qui s'en détache.
"Et nous vous avons visiblement contrarié." Ajoute l'homme.
"Marchander la chair ne fait pas de moi une catin, Brohan." Déclare la princesse, coupant son interlocuteur alors qu'il allait continuer. "Si cela est vos préjugés ou une idée qui ne peut quitter votre esprit, peut-être auriez-vous mieux fait de ne jamais venir a Thaar."
Le nordien réfléchit, quelque peu pantois. L'homme à la chevelure grisée n'est pas certain de comprendre le rapport qu'il peut y avoir entre la nature des commerces de la princesse-marchande d'Uldal'Rhiz et tout le reste, ni ce qui a pu lui faire penser qu'il la prenne pour une catin. Le péninsulaire devine néanmoins que cela a contrarié la thaari, et se repasse rapidement la scène dans sa tête. Si l'estévantine a mal interprété ses paroles, alors le différent pourrait peut-être être apaisé.
"Ce n'est pas ce que nous pensons, Maralina." Rectifie l'humain. "Nous voulions dire que les moeurs de l'estrévant sont..." L'homme réfléchit à une manière de le dire sans vexer la thaari. "Différentes d'en péninsule."
"Parce que vous croyez que les péninsulaires sont plus sage ?" Demande la thaari en se tournant vers le péninsulaire. "Au moins l'avantage de l'Ithri'Vaan est que nous ne camouflons pas en arrière de viles mensonges."
A ces mots le nordien rit intérieurement, sachant pertinemment que l'estrévantine a raison. En partie du moins, car elle ne semble pas avoir rencontré les plus respectables des péninsulaires.

"Vous avez raison, pour la plupart." Concède Brohan. "Ce n'est pour autant pas notre cas. Nous sommes chevalier, Maralina. Nous suivons un code d'honneur."
De nervosité ou d'objection, cette affirmation provoque le rire de la thaari. Cette dernière retire alors le bracelet cachant les bleus qui n'ont pas encore disparus, séquelles de leur altercation quelques jours plus tôt, afin de les mettre en évidence.
"C'est ça votre code d'honneur ?" Demande la princesse marchande, au seigneur péninsulaire.
"Que voulez-vous dire ?" Questionne le nordien, ne comprenant pas le rapport entre la question et ce qu'il vient de dire.
"Vous m'attaquez dans ma propre demeure alors que je suis sans armes... Vous envoyez vos chevaliers m'espionner... Sans oublier le mobilier que vous avez abîmé... Vous voulez que je continue ? Ou vous avez assez d'exemple ?" Explique la demi-elfe.
L'oesgardien écoute, mais n'y voit toujours pas l'incohérence. L'honneur, pour les oesgardiens, ne va pas à l'encontre de la survie.
"Rien qui n'aille à l'encontre de notre code." Confirme le seigneur-chevalier.
"Code qui me semble plus ou moins noble. A croire que Oesgard a des manières un peu plus brusques que le reste de la péninsule." Rétorque la thaari, confirmant son ignorance envers la baronnie la plus au nord de la Pnéinsule.
"La rigueur du Nord." Déclare l'oesgardien, le regard au loin, comme récitant un proverbe.
"Je ne pourrais vous dire. Mes voyages m'ont amener que dans le Sud et dans le Médian. Je vous le ferais savoir lorsque j'aurais confirmation." Avoue la Princesse-Marchande, avant qu'un léger silence ne s'installe.

"Toujours est-il, reprend le seigneur nordien, vous avez dit que l'on ne puis point vous acheter. Et bien sachez qu'il en est de même pour nous, Maralina."
Bien qu'étrangement formulée cette phrase a pour ambition de remettre les choses au clair, de dissiper un malentendu qui aurait pu s'installer entre la princesse-marchande thaari et le seigneur oesgardien.
"Je le sais." Avoue l'estrévantine. "Et je l'ai toujours su."
L'apprendre n'aide pas l'homme au regard d'acier, qui se tourne à nouveau vers la femme aux yeux azur. Si réellement elle avait qu'il n'est pas de ceux que l'on puis séduire avec de beaux atours, et si les jeux de séductions ne sont pas qu'une manoeuvre pour profiter de lui, alors les intentions de la thaari deviennent bien troubles.
"Alors qu'avez-vous tenté ?" Demande le nordien, désiraeux de coprendre.
"Pardon ?" S'interroge la demi-elfe.
"Ce baiser, plus tôt." Précise le péninsulaire. "Nous ne l'avons pas imaginé. N'avait-il aucune signification à vos yeux ?"
La thaari se tourne vers le paysage, évitant au mieux le regard de l'oesgardien. Il semble même à ce dernier le voir rougir, mais ce peut aussi bien n'être que le reflet des torches.
"A quoi bon revenir sur un événement qui de toute façon ne vous pas plu ?" Demande finalement Maralina, esquivant la question comme elle évite son regard.

Le nordien se tourne à son tour vers le paysage, gardant le silence un court moment. Ce chaste baiser lui a-t-il réellement déplu ? L'homme se souvient encore du goût des lèvres de la thaari alors le vent ramène à son nez les effluves de son parfum. La princesse-marchande fais fausse route, les désirs du seigneur nordien ne sont pas la bonne question à se poser.
"Les conclusions hâtives mènent souvent à des décisions que l'on regrette. Vous ne savez rien de nous, et vous ignorez tant des terres d'où nous venons." Se contente de déclarer l'imperturbable, énigmatique.
Car au fond Brohan ne perd pas de vue son objectif, celui qu'il s'est donné lorsqu'il a quitté les Wandres pour retourner en Péninsule. Il n'oublie pas non plus la nature de Maralina, et le danger de lui révéler quoi que ce soit s'il n'est pas certain de pouvoir lui faire confiance. Il est encore trop tôt pour cela, bien trop tôt.
"Bien chanceux sont certainement ceux qui sont libres de choisir leurs partenaires..." Soupire le péninsulaire avant de se tourner vers la porte pour s'en aller.
"Vous êtes mariés, Brohan ?" Demande alors la thaari.
"Nous l'avons été." Répond simplement le seigneur péninsulaire, omettant d'en préciser les circonstances.
"Je suis désolée." Dit la thaari, probablement plus par politesse que par compassion.
"Cela fait partie du passé." Déclare le nordien de sa voix sans émotion.
"Contente de l'entendre. Mieux vaut garder que les bons souvenirs." Renchérit la princesse estrévantine, ignorante de ce dont elle parle.
Et à cela le seigneur péninsulaire ne répond rien. Certes, de bons souvenirs il en a eu, à cette époque. Cependant c'était il y a longtemps, bien avant le voile, bien avant les Wandres, bien avant la Sgardie. Cela fait partie, de son point de vue, d'une autre vie.
"Si nous en avons fini de cette discussion, reprend finalement le nordien, permettez-nous de nous retirer. Nous ne vous importunerons pas plus longtemps cette nuit."
L'homme aux cheveux d'argent approche alors de la porte du balcon.
"Que la nuit vous soit douce, Maralina." Conclue Brohan avant de passer la porte, récupérer les armes de son subordonné, et s'en aller.

Fin du RP

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Apprivoisez le loup [Brohan][Terminé]
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