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 [Libre] De la folie de l'Art

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Artiön Laergûl
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MessageSujet: [Libre] De la folie de l'Art   Sam 20 Oct 2018 - 0:20


Soirée d’Arcamenel de l’ennéade suivant celle de ce rp
Onzième année du Onzième Cycle





Leurs rires couverts par le son de leurs instruments, les chanteurs du Grand Barde tirent leurs comparses musiciens vers l’excellence dans leur jeu. La viole, la flûte et le luth se mêlent au brouhaha de discussion et au fracas des marteaux et des burins rythmant l’avenue aux mille ateliers. Comme pris de liesse, emportés par la musique, les sourcils dansent, haussés de surprise, froncés, dubitatifs ou pincés par la curiosité.
Quelle folie a donc pu bien prendre les artisans en cette milieu de mois de Fävrius ? N’étais-ce pas le soleil d’été qui faisait perdre la tête, et le vent d’automne qui revigorait l’esprit ? Que pouvaient donc être toutes ces… choses, ces étranges créations, qui parsemaient les présentoirs habituellement décorés d’objets aux allures bien moins exotiques ? Là-bas, sculptée dans le marbre, ce qui semblait être une lampe de chevet se noyait dans la virtuosité avec laquelle se dessinaient ses propres volutes. Ici, rayonnaient les couleurs de serviette dont le moins respectueux des elfes n’aurait jamais osé se servir pour se tamponner les joues tant les dessins qui y figuraient étaient exquis. Plus loin, trônaient fièrement des caisses de bois vernis dont l’amalgame de cordes étrangement disposées ne laisserait pas à penser qu’il s’agissait d’un seul et unique immense instrument si le luthier son créateur n’en tirait pas six octaves de sons délicieusement pincés.


Et il y avait elle. À la fois modèle de discrétion et centre de ce microcosme. La Danseuse guidait les badauds d’un atelier vers l’autre d’un pas léger comme la dentelle qu’elle portait. Des volutes qui lui suivaient les bras elle conduisait les regards, des falbalas qui caressaient ses interminables jambes elle marquait le chemin, et tous sans sourciller la suivaient, fascinés qu’ils étaient, par les presque hypnotiques ondulations de ses hanches. Sa longue chevelure d’or pâle et un fin voile de nuages pour seule couverture, l’embrassant amoureusement du bas de son arrogante poitrine à la mort de son discret fessier, en passant par une taille de guêpe, marquée même chez une femme au physique si délicat, elle se jouait de la pudeur comme une enfant. Jouissant de ce jour de ceux où l’art permettait tout.

Elle sourit, taquine, autorise une fois de plus ses yeux à rouler le long de la silhouette de son collègue. Elle s’amuse de la manière dont ces boucles d’or de prune se posent sur un manteau aussi vaporeux que le sien, parce que c’est là la seule ressemblance qu’elle partage avec lui. Quand elle, la dentelle suffit à la dissimuler dans son nuage, la manière dont elle le mantèle lui ne fait que souligner le franc découpage de sa musculature. Ourlée autour de bras forts, et posée sur une poitrine saillante, la toile quasi transparente offre un peu de sa douceur à celui dont la posture architecturale s’opposait à son pas guilleret. Sa voix cristalline tintant comme un carillon, elle jubile de lui confier sa prochaine mission, toute enjaillée qu’elle est à l’idée de le voir s’y retourner, le dos roulant au rythme de son pas chaloupé, et son rondelet postérieur marquant chaque étape de sa marche au travers des fins cotons qui lui enserraient les jambes… quand bien même la virilité de son profil restait son image favorite.

Le sceptre à la main, la pulsation de tous te résonnant à l’esprit, tu avances, second spectre de dentelle et hôte de l’événement. Jouant à te laisser guider par la lumière sans ombres imbuant ton focaliseur, tu vogues d’un atelier à l’autre, d’un artiste à l’autre et d’un passant à l’autre, ton visage incapable de se défaire de l’enfantin sourire qui le tranchait.

Drapés dans toute l’élégance qui était celle d’Alëandir, artistes et artisans s’offraient à leur Cité en d’excentriques tenues de nuit.

Les fous-rire, le sentiment de liberté, le désir de vivre… C’était pour tout ça que tu risquais ta vie au combat.

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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 24 Oct 2018 - 17:57


- Alors, comment ça se passe chez toi ?

Question rhétorique. Le simple fait que tu aies eu autant de mal à l’attraper durant un instant de calme y répondait. Seulement, suspecter le bonheur de quelqu’un et l’entendre en parler étaient deux choses bien différentes.

- À vrai dire, je ne pensais pas que ce serait un tel succès. le regard pétillant d’Edraelä court à gauche et à droite d’un atelier à l’autre Je ne compte même plus le nombre de personnes à s’être tenté au clavycimbale d’Istil, et quand à Ethir, elle n’a pas lâché ses pinceaux depuis des heures !

- Mais et toi dans tout ça ? Je te signale que c’est toi ma marraine pour ce festival, j’aimerais autant que tu y trouves aussi ton compte.

Tu offres un sourire complice à la tailleuse, tachant de la mettre à l’aise, alors que dans un mouvement des plus paradoxal, elle recule d’un pas, croise les bras par-dessus sa poitrine, et plisse des paupières par-dessus des yeux brillants de fierté. Le coin droit de ses lèvres se soulève, et tu devines son esprit fourmiller d’autant d’idées que d’images. Edraelä terminerait certainement cette soirée avec plus de travail qu’elle ne l’imaginait.

- Et bien, tu sais, ma réputation à Alëandir n’est plus à refaire. elle se renferme un peu plus Donc j’y ai probablement moins gagné que les autres et s’ouvre finalement complètement Mais exposer une idée totalement nouvelle aura quand même rendu les choses terriblement excitantes.

- Alors, l’idée plaît ?

- Il semblerait oui ! D’ailleurs, contrairement à ce que j’imaginais, les adaptations qu’on en a fait pour les femmes m’a l’air de rencontrer plus de succès que leurs homologues masculins. Qui l’eût cru ?

Elle pose les mains sur les hanches et te regarde, un sourcil levé à en rejoindre la racine de ses cheveux. En réponse, tu te contentes d’offrir la mine la plus innocente qu’il te soit capable de former sur des traits aussi tranchants. L’air de rien, tu t’étires méthodiquement, feignant d’être resté trop longtemps immobile. Tu savoures le roulement de chaque muscle, resserre tes épaules vers l’avant puis les tire en arrière pour mettre en exergue les quelques-uns qui s’étaient trouvés abandonnés, et tu finis par te laisser aller à la boutade.

- Et bien, c’est probablement que tu as choisi une égérie digne de la qualité de ton travail.

- C’est que j’ai surtout de la chance que mes chères commanditaires n’aient pas été déçues au point de se rétracter en apprenant que tu es un elfe fiancé.


Une œillade faussement désabusée te tire un éclat de rire, qu’en ton fort intérieur, la pensée de Kaëlistravaë aura quelque peu ombragé. Mais pas une trace de cette pointe d’anxiété sur ton visage. Pour l’instant, tu vis. Tu vis parce que tu te dois d’en être capable si tu veux espérer construire convenablement avec elle quand en viendra enfin l’heure. Tu en rêves en cachette de cette heure, la pensée ailleurs, mais l’œil paraissant vif… au point qu’elle aura été surprise de ta stupéfaction celle qui venait de t’accrocher le bras.
Elle. La Danseuse. Elle t’invitait à partager avec elle quelque pas. Quelques pas que tu ne refuserais pas. Et tu t’appliquerais à ce que tes pas se rapprochent autant que possible de sa grâce à elle. Au nom du Dieu des Arts… et en l’honneur de celle qui t’as inculqué cette délicatesse.

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Uriel
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Dim 28 Oct 2018 - 3:41


Derrière son masque métallique d'un étrange alliage bleu presque noir, Uriel leva un sourcil. Ses longs cheveux blancs, serrés en un complexe chignon digne d'une diplomate Léandrine, sa silhouette longiligne et son apparente jeunesse auraient pu désigner la prêtresse comme une visiteuse venue profiter de la débauche artistique organisée en ce jour... mais la réalité était toute autre.

Arrêtée à quelques mètres à peine de l'entrée de la place Tyral, elle était restée plantée là à observer avec minutie une étrange sculpture de verre abstraite, particulièrement bariolée, dont les arcs formaient des formes tout à fait improbables... et outrageusement moches. Les couleurs juraient les uns avec les autres, les vrilles n'avaient aucune harmonie et des boules de verre colorées avaient été ajoutée sur l'ensemble de l’œuvre, comme autant de bubons sur une peau déjà peu ragoutante. Cela, elle aurait encore put le pardonner aux prêtres d'Arcamenel. Ces gens étaient souvent pris d'idées fantasques mais après tout, la musique qui flottait ici était agréable. Uriel n'avait jamais entendu certains des instruments utilisés mais ils étaient doux à l'oreille.

Par contre, elle avait eu plus de mal lorsqu'un homme ne portant qu'un court collant particulièrement moulant et une sorte de veste en mousseline était passé près d'elle au bras d'une femme nue. Enfin presque nue. Elle portait une courte robe translucide qui mettait en valeur son corps. Était-ce la nouvelle mode ? La prêtresse était pourtant sûre de n'avoir jamais vu quelqu'un se balader ainsi dans la ville. Ça ne l'aurait pas vraiment gêné - chacun mettait bien en valeur comme il le souhaitait le corps que lui avait offert la Mère - mais l'automne s'annonçait frisquet...

Son ample robe bleue nuit cintrée à la taille avait un col haut couvert d'un voile de mousseline accroché au dessus de son chignon par quelques épingles. Elle avait fait un effort en renonçant à son armure et au Voile traditionnelle, mais elle commençait vraiment à se poser des questions sur le contenu du crâne de son compagnon...

C'est avec toute la dignité qui sied à une prêtresse de Tari qu'elle se tourna vers Eowald pour lui demander sur le ton le plus sérieux du monde :

- Puis-je savoir où tu m'as amené ?

Au bras de ce grand échalas aux épaules larges, elle était obligé de levé la tête bien haut pour capter son regard, mais cela ne l'empêchait pas de garder bonne contenance. Elle avait déjà une bonne idée de ce qu'elle allait trouver. Avec les ennéades, cela commençait à être une habitude. C'était un souvenir qui avait repris sa place dans le quotidien de la chasseuse de mage bien plus rapidement qu'elle ne l'aurait cru. Cette fois encore, ça n'avait pas raté.

Eowald la regardait avec un demi-sourire satisfait. Ses yeux amusés l'épiaient avec cette petite étincelle qu'elle avait toujours du mal à interpréter. Pour l'heure, elle la mettrait sur le compte d'une cruauté prédatrice satisfaite de son méfait. Elle soutint son regard un moment, voyant son sourire s'étirer de plus en plus.

- Exactement ce que je t'ai dit. Mon ancien commandant a lancé une petite réception.

le bout de son nez frémis. Un commandant de Daranovar à l'origine d'un tel... chambardement ? ça n'avait aucun sens... Et connaissant l'humour d'Eowald, il y avait plutôt fort à parié qu'il se payait sa tête.

- Aurais-je le droit à une véritable réponse avant la fin de la journée ? Ou dois-je m'abaisser à spéculer sur la raison de notre venue ici ?

- Mais c'est la vérité, ma soeur. Il est même là-bas. Artiön Laergûl, l'Enda'Otha en personne. "

Et à la plus grande surprise de la prêtresse, le Daranovan pointa du menton l'homme à demi nu qui venait de passer au bras de la belle jeune femme. Le bout de son nez frémi a nouveau, Eowald profitant du fait qu'elle lui a confié son bras pour la guider droit au devant d'un monde qui lui était par trop étranger.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Dim 28 Oct 2018 - 14:39


Elle nourrissait l’imagination des musiciens autant qu’ils nourrissaient la sienne. Drapée dans la mousseline virevoltant au gré de ses pas, Elle, avait bien vite fait de captiver presque toute l’assemblée, toi y compris. Surtout toi. La musique changeait au gré de ses mouvements, elle en contrôlait les élans de la même manière qu’elle guidait tes pas, la facilité avec laquelle elle le faisait la rendant presque aussi effrayante que fascinante. Ses yeux étaient accrochés aux tiens, mais il ne te semblait pas être plus vu que jaugé. Chaque seconde elle soupesait ton regard, conduisant ton attention là où elle se devait d’être. Elle s’infiltrait corps et âme à travers tes iris sans la moindre magie, et en cela rendait l’instant bien plus intense qu’il ne se devait de l’être.

La longue valse s’allégeait, les pointes de la danseuse s’enchaînent dans un rythme de plus en plus effréné, ses hanches se brisent en des ondulations de plus en plus lascives, et ses bras terminent de sceller la nouvelle sensualité de votre échange. Pour la suivre, tu es forcé de ne plus penser à rien d’autre qu’à elle et à la musique. Pour faire honneur à la démonstration de la Prêtresse d’Arcamenel, tu es forcé de laisser ton existence se fondre dans la sienne.
Elle laisse échapper un gloussement comme un carillon. Maintenant Elle t’a en son pouvoir.
Les musiciens se laissent aller à de fiévreuses cadences, et à moitié perdu, tu as du mal à réellement réaliser comment ton corps aura pu si vite réagir lorsqu’elle se sera jetée en arrière, confiante dans l’idée que tu préviendrais sa chute au moment opportun, comment ton esprit aura pu deviner à quel moment elle couperait court à ses enchaînements de pirouettes pour que sa main retrouve la tienne, ou même pourquoi tu te seras laissé aller à ton tour à vriller. Les portés s’enchaînent avec un naturel terrifiant, et ton corps entier brûle à soutenir ce qui est devenu un véritable ballet acrobatique.

Le front de la danseuse s’écrase contre ta clavicule droite, l’une de ses mains t’agrippe la nuque, tandis que l’autre se pose avec une incroyable délicatesse sur ton pectoral gauche. Ses doigts glissent, laissent derrière eux des traînées incendiaires, alors que traînant sur des secondes comme des heures, elle sépare vos deux corps pour peindre un sensationnel tableau final. Ses phalanges finissent enfin par te libérer, et sans un mot, juste dans un gloussement satisfait et en deux pirouettes, elle s’en va, sautillant comme la plus innocente des enfants.

La musique s’arrête un instant à la faveur des applaudissements. Ta respiration par contre, est lourde au point de te paraître aisément les couvrir. Certainement jamais tu n’as dansé de pareille façon, et certainement jamais n’en seras-tu capable par toi-même. Et malgré l’adrénaline, l’excitation du moment, et la franche joie d’avoir pu donner telle prestation… tu n’en es pas moins terrorisé à l’idée d’avoir été si facilement fait victime d’un tel ensorcellement.

Arcamenel est un plus puissant maître que bien des Souffles ne le réalisent.

Soupirant à grandes lampées, c’est toujours moitié ivre de l’expérience que tu cherches une échappatoire. Il te faut te reconnecter à la réalité, retrouver un semblant de pied-à-terre, rétablir malgré le contexte ta posture de militaire… alors quoi de mieux qu’un autre militaire, et surtout, un qui ne partage pas un accoutrement aussi exubérant que le tien…

- Et bien Eowald, j’avais presque oublié que c’est ici que tu avais posé bagage.

Le ton est à la fois taquin et sévère. Et pour cause. Il y avait dans le grand elfe qui te faisait face – car le fait qu’on soit capable de te regarder droit dans les yeux n’est pour toi pas anodin – autant à apprécier, et même à admirer, qu’à absolument détester. Il était rare après tout, que Daranovar accepte aisément d’être séparée de ses talents, et Eowald était l’un de ces talents. Seulement lui, et tu te rappelles avoir été des voix à avoir abondé en ce sens, il était de ces talents que l’on préfère voir œuvrer chez les autres.

- J’espère que tu passes un agréable moment, et en disant cela, tu pensais plus à son actuel retrait de la milice qu’à cette soirée en particulier. Tu sais comme le repos d’un soldat peut être difficile, même en période de relative paix et qu’il en est de même pour ton amie.

Tu t’inclines respectueusement devant une demoiselle au caractère d’apparence définitivement moins léger que celui du forgeron.

- Artiön Laergûl, votre hôte pour la soirée. Bienvenue à ce premier festival des arts expérimentaux du Onzième Cycle.

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Uriel
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Dim 28 Oct 2018 - 17:06


- Oui, bien sûr que le chemin depuis Malereg est long. Mais si Altandë est là, tu... ?

Il s'arrêta net, des doigts venaient de se crisper dans son bras à lui faire mal.

- Elle est comme Linandil... " murmura une voix grave et fascinée. Le prénom employé le fit frémir intérieurement, mais il n'en laissa rien paraitre.

Le diplomate Ardamiri, jusque là absorbé par des papiers à lettre colorés, se retourna pour découvrir Kireth changé en statue de pierre, les yeux rivés sur la danse qui avait lieu un peu plus loin. Une surprise passagère envahit les traits de la Plume d'Ardamir en reconnaissant le danseur qui faisait de son mieux pour suivre les pas d'une splendide jeune femme à demie nue dans une dense sensuelle qui mettait en exergue les courbes de leurs corps déjà révélées par leur accoutrement léger. Ils étaient passés un peu plus tôt près de la collection de sous-collants et de linge personnel d'Edraelä mais il fallait avoué que ce spectacle les mettait nettement plus en valeur... et montrait parfaitement les côtés pratiques que pouvaient avoir de telles coupes... tout en flattant l’œil des spectateurs dont Medherith se retrouva rapidement être un exemple tout à fait attentif.

Mais contrairement à ce qu'il pensait, ce n'était pas tant l'hypnotique danse qui happait la concentration totale du jeune prêtre d'Arcamenel qui lui plantait ses griffes dans le bras. Au bout de quelques secondes, il se tourna vers son comparse avec une mine débordant de la plus sincère déception.

- Pourquoi c'est toujours ce gros ours qui a les plus belles femmes ? "
Loin d'une déception amoureuse ou d'un relent libidineux, la réaction du jeune homme n'avait -comme toujours- attrait à son art. La passion de Kireth pour le visage et les manières de Kaëlis n'était un secret pour personne à Ardamir étant donné toutes les fois où il l'avait représentée dans ses œuvres. D'ailleurs, sa déception se changea en agacement, le même que le jour ou Artion avait fait de sa muse autre chose qu'une intouchable Étoile du Matin. " En plus il est fiancé maintenant. "

Medherith resta silencieux. Habituellement, il défendait cet homme que Kireth avait pris en grippe dès leur première rencontre, mais là... La représentation qu'il venait de voir était tout de même bien suggestive et il n'imaginait pas que la pure et douce Kaëlistravaë qu'il connaissait puisse être au courant. Il avait comme un doute... Enfin ce n'était pas ses affaires et il ne comptait certainement pas le crier sur tous les toits.

- Viens ! " souffla soudain le jeune prêtre en tirant son ami par le bras.
- Mais...
- Il y a un peintre là-bas. Il me prêtera une palette et quelques pinceaux.
- Kireth... Du calme. Qu'est-ce que tu compte faire ?
- Montrer qui est la plus belle !

La mine resplendissante de Kireth accrocha un sourire tendre sur le visage de Medherith qui le suivit sans autre objection. Moins d'une heure plus tard, la devanture d'un bâtiment en bordure de la place se verrait paré du plus habile trompe l’œil représentant Kaëlis assise pensivement à un balcon, portant une robe blanche d'une finesse digne de la lune elle-même, couvant la foule de son regard cristallin.


...


Pendant ce temps, Eowald conduisait d'un pas régalien sa rigide compagne au travers de l'allée principale, se rapprochant des deux danseur, son éternel demi-sourire amusé sur les lèvres. Tout en suivant le numéro de plus en plus acrobatique et de plus en plus lascif dont il appréciait tout particulièrement les courbes - reste malchanceux de son long séjour en péninsule - il jetait quelques coups d’œil à Uriel pour s'assurer qu'elle ne tombait pas en cendre à côté de lui. Mais non. Derrière son masque, droite et paisible comme à son habitude, elle semblait seulement hermétique à la virtuosité de ce qu'elle avait sous les yeux. Elle reconnaissait la beauté des souffles ou la beauté d'un cantique qui rebondissait dans une nef jusqu'à créé de minuscules ondulations sur un parterre d'eau calme. Mais ça...

Elle aimait la vie. A quoi bon se mettre aux services de ses pairs pour préserver leur société paisible et leur permettre de profiter de toutes les joies de la vie si elle ne l'aimait pas ? L'amour, la bienveillance, la joie, l'espoir et la sérénité étaient autant de sentiments centraux pour une prêtresse qui avait durant longtemps redonner goût à la vie à des êtres épuisés par ses mauvais aspects. Mais elle ne se sentait pas à sa place au milieux de cette débauche passionnée de créations étranges et d'apologie à peine floutée d'un amour charnel qu'elle ne connaissait qu'en idée. Si elle buvait, chantait ou dansait, c'était avec bien plus de retenue que d'autres. Et cela lui suffisait car la futilité de tels amusements la rattrapaient bien vite au profit des livres et des méditations.

Cette danse, elle en appréciait la maîtrise, mais rien en elle n'en était réellement ému... A la plus grande déception d'Eowald qui se consolait en se disant qu'au moins il passait un bon moment. Ils discutaient à voix basse, Uriel toujours aussi sérieuse et Eowald utilisant les sous-entendus comme un second langage, lorsque le danseur vint gigoter son caleçon long droit sur eux, la mine affable.

- Commandant. " salua l'ancien soldat avec une rythmique parfaite, lâchant au passage le bras de sa compagne. " Oh, je ne me pose pas vraiment. Juste un petit contre temps qui nous retient ici. " ajouta-t-il en tournant les yeux vers Uriel, indiquant clairement de qui venait le contre-temps et qui faisait parti du 'nous' en question.  " Mais j'en profite pour collectionner les moments agréable, comme aujourd'hui... Et honnêtement je ne m'attendait à te voir ici plutôt qu'à Daranovar. " Bizarrement, il ne fit aucun commentaire sur l’accoutrement d'Artion. Sa réputation le précédait parmi ses hommes.

Uriel s'inclina à son tour avec respect et esquissa un sourire serein qui contrebalançait difficilement l'austérité dans laquelle son masque plongeait son visage.

- Enchantée. J'ai quelque peu entendue parlé de vous lorsque j'officiais à Daranovar, mais je ne m'attendais pas à vous trouver ici, si chaudement habillé qui plus est. C'est donc vous qui avez eu l'idée de cette exposition ?

Elle restait tellement placide malgré l'incompréhension chronique qu'elle avait de cette fête que l'ancien forgeron du se tourner légèrement pour ravaler un sourire de plus en plus moqueur.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Dim 28 Oct 2018 - 23:37


D’un côté il y avait Eowald, s’exprimant avec la même imperturbable aisance qu’à son habitude, de l’autre il y avait son accompagnatrice, dont l’expression placide contredisait la surprise… ou serait-ce plutôt là une légère exaspération ? Quoi qu’il en soit, là était la grande différence entre ceux qui te connaissaient véritablement, et ceux qui ne connaissaient de toi que les facettes dévoilées par ta réputation, et celle de ta Cité.

- J’accompagne heru Thorandàrion au Haut-Conseil qui se déroulera dans les prochaines ennéades voilà qui expliquerait tant à l’un qu’à l’autre les raisons de ta présence et tant qu’à devoir attendre de voir arriver le grand moment, j’essaie de rendre productives mes journées.

Et si elle ne te connaissait pas, elle ne comprendrait certainement pas en quoi pouvait-on appeler, en tant que Commandant de l’armée se voulant la plus stricte de l’Anaëh, appeler l’organisation de ce genre d’événements productif.

- J’ai toujours aimé le dessin textile, et depuis que le front s’est calmé et que Daranovar retrouve ses marques, je profite d’avoir le temps de m’y consacrer. le coin gauche de tes lèvres se soulève Et puis ça me sert un peu d’exutoire entre l’entraînement et la gestion des retours de nos prospecteurs en Annon. mais d’un exutoire personnel à de telles festivités, il y avait un fossé… Sinon j’ai la chance de bien connaître heri Kielendar, et l’honneur que mes idées l’aient assez intéressé pour qu’elle ait bien voulu en présenter quelques-unes aujourd’hui. Alors tant qu’à présenter quelque chose d’aussi osé, je me suis dit que c’était l’occasion de proposer aux autres créateurs du quartier d’en profiter.

Tu balaies rapidement le paysage des yeux et des oreilles, retrouve un peu de réconfort dans l’ire renouvelée des musiciens, repartis de plus belle en d’effrénées mélodies sur lesquelles Arcamenites et passants improvisent des chorégraphies plus ou moins recherchées.

- Et pour le coup, tu tends le bras vers la rue qui s’enjaille je pense qu’ils sont beaucoup qui n'attendaient que ça.

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Uriel
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Lun 29 Oct 2018 - 17:01


- Je vois ça. C'est en effet... inattendu. " accorda Uriel en hochant respectueusement la tête.

Un Commandant-Tailleur... Voilà quelque chose qu'elle n'aurait pas pensé voir de si tôt, surtout à Daranovan... Et surtout après ce qu'on lui avait dit de ce fin stratège, cartographe, mage de guerre et pilier de bataille. Elle se fit aussi une remarque sur le fait que les hommes qu'elle rencontrait ces derniers temps étaient tous démesurément grand mais ce n'était pas des plus à propos.

Ce qui ne le fut pas plus, ce fut Eowald, comme toujours.

- Alors c'est avec Heri Kielendar que tu as créé tout ça ! " s'exclama-t-il avec un lâche geste de bras. " Y'a moyen d'essayer quelque chose ou faut des mois de travail et des mesures à n'en plus finir, comme pour ses autres créations ? " Et il ajouta à la plus grande surprise de sa compagne " Si ça a une chance d'être plus pratique que des braies, tu devrais aussi y penser. Une fois en voyage, il n'y a pas de prix pour un peu de confort. "
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Lun 29 Oct 2018 - 20:02


À la réaction d’Eowald, ta main libre se referme en un poing et trouve le chemin de ta hanche. Tu n’en attendais pas moins de lui. Ton rictus se resserre en une expression entre le sourire et l’exaspération. Comment réagir d’autre quand les commentaires de l’Aigle en congé n’étaient toujours tous que des demi-compliments ? Tu soupires et roules des yeux un grand coup avant de laisser les tensions quitter ton visage. Ce qui était sûr, et qui jouait à ton avantage pour une fois, c’est que son goût pour la nouveauté était loin d’être éteint.

- Tout juste. Edraelä a mis les bouchées doubles pour que tout soit prêt à temps, mais heureusement, tant que les matériaux ne manquent pas, ce sont des pièces assez simples pour qu’elle les réalise en peu de temps.

Sauf que la pièce que tu portes était loin d’être rudimentaire. Faire le jeu d’épaisseur et de composition de tissu qui autorisait les décorations de la mousseline t’embrassant les jambes… garder maintenues et dissimulées – dans la mesure du possible – les parties qui devaient l’être, et le tout sans briser l’unité esthétique du vêtement, n’importe quel œil un minimum éduqué reconnaîtrait que c’était un tour de force. Et Edraelä n’avait eu pour cela droit qu’à un peu plus d’une ennéade de travail, et c’était sans compter les modèles d’essai, même plus simples, qu’elle avait préparé. Heureusement d’ailleurs, qu’elle n’était pas la seule artisane habile de son atelier. Sans ça, ni La Danseuse, ni les demoiselles qui avaient été les premières conquises par le concept, n’auraient eu leur part.

- Et puis crois-en un habitué, c’est beaucoup plus agréable à porter que des braies… et plus discret, pour peu que le côté esthétique t’intéresse. tu réfléchis une seconde, sourcils froncés Par contre, effectivement Edraelä avait préparé quelques modèles d’essai, mais au vu de ton gabarit, tu risques d’avoir du mal à en trouver un qui te correspondes vraiment. le coin gauche de tes lèvres s’arque, alors que le sourcil du même côté se soulève Les patrons réalisés pour des elfes de notre taille ont été pensés avec mon et tu ne peux t’empêcher de laisser – presque innocemment – glisser ton pouce sous la ceinture du sous-vêtement gabarit. Tu risquerais de flotter dedans… à moins que tu n’arrives à te glisser dans les grandes tailles « conventionnelles ».

Attitude provocatrice toute de chez toi. Tes soldats y étaient certainement plus habitués qu’Eowald. Eowald y était définitivement plus habitué que son accompagnatrice, à moins qu’il ne se soit pas donné la peine de lui épargner les débordements de virilité dignes de l’éducation des mâles Daranovans.
Ton attention se porte à nouveau vers la demoiselle, et ton rictus disparaît bien rapidement à la faveur d’un sourire légèrement mélancolique.

- J’admets que d’entre tous les passe-temps, c’est plutôt rare de voir un Mainyth, ou même n’importe quel soldat gradé, s’intéresser aux mêmes que moi… mais, et excusez-moi si la chose peut ressembler à un reproche, le but n’est pas là du tout, ton regard, pourtant toujours ancré dans sa direction semble pétiller à la vue d’autre chose, d’une chose plus… lointaine à voir chaque fois les autres aussi surpris me rappelle qu’en à peine dix ans auront presque suffi à effacer les excentricités de la mentalité Lanthalorane des mémoires.

Ton regard oscille entre le couple et l’étal où s’affaire Edraelä.

- Au final, je ne peux en vouloir qu’à mes compatriotes d’être toujours restés aussi secrets. tu sursautes presque D’ailleurs, en parlant de secret, tu t’inclines légèrement, marque de respect, en sa direction Est-ce indiscret que de vous demander votre nom, heri ?

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Macabre
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Lun 29 Oct 2018 - 20:24

Et on disait qu'elle était étrange... mais, décidément, Macabre ne comprenait rien de ces êtres à la fois sages, libérés et farfelus. D'habitude, ils ressemblaient à un peuple calme et joyeux qui s'entraidaient sans réelles contreparties autre que le troc ou le rendant service. Ils étaient bienveillants et peu enclin à la violence. Sous leurs carrures plus fines que la normale, ils cachaient bien leurs capacités. Certains étaient des forces tranquilles qui semblait inoffensives tout en étant d'une redoutable efficacité. De manière générale, tous souriaient, riaient, dansaient, heureux de vivre.
Mais ce soir-là...

Non, ce soir-là, ils étaient comme déments à ses yeux. En tant qu'espionne et assassin, elle avait assisté à bien pire comme orgie mais tout ceci ne leur ressemblait tellement pas... Certains étaient vêtus si légèrement que l'on avait aucun mal à distinguer les formes exactes de leurs corps sous le tissu si bien qu'ils auraient pu ne rien porter, cela serait revenu au même. D'autres dévoilaient même une partie de leur nudité. Des œuvres saugrenues trônaient çà et là. N'ayant aucun goût particulier, elle n'aurait su dire si elles étaient belles ou non mais, comparées à d'autres, elles étaient vraiment bizarres... Biscornues... Colorées... Elle n'avait déjà pas beaucoup de vocabulaire mais elle avait l'impression qu'il lui en manquait beaucoup pour parvenir à décrire ce qu'elle voyait, en plus d'un esprit critique.

Ciryië marchait, à la lumière du jour. Pour une fois.
D'ordinaire, elle serait restée dans l'ombre, au sens propre comme au figuré. Elle aurait regardé tout ceci depuis un arbre ou le côté sombre d'une colonne. Mais, finalement et après moult hésitations, elle avait fait un pas dans la rue au milieu des autres passants. Puis un autre. Et elle avait continué ainsi, se mêlant à ceux dont elle étudiait le comportement depuis des années. C'était la conversation avec cet homme... ce commandant... Aegden, qui avait influencé sa décision. Et la discussion avec Olorin qui en avait découlé. Il en était ressorti qu'en dehors de toute attitude étrange, elle ne pourrait comprendre vraiment ce monde en en restant simple spectatrice.
Se mêler aux autres aussi ouvertement étaient sans doute l'exercice le plus difficile auquel elle avait accepté de se soumettre depuis que Fineldor l'avait prise sous son aile. Mais elle s'y pliait courageusement et avec une assurance toute relative... Les épaules relevées et crispées, le regard toujours à l'affût du moindre danger, la respiration saccadée, le pas presque bancal. Les cheveux propres mais juste lâchés sans aucune forme d'esthétisme et sa robe blanche un peu trop ample juraient avec le décor beaucoup plus travaillé et soigné.

Ce que cette situation était inconfortable... Cependant, elle n'était pas au bout de ses peines.
Alors qu'un bruit avait attiré son attention, elle tourna la tête sans plus regarder où elle allait... et percuta quelque chose. Elle recula aussitôt d'un pas et fit face à ce qu'elle avait heurté. Malheureusement, ce n'était pas une chose... mais une personne. Elle la regarda durant deux secondes, les yeux écarquillés de surprise et de peur mêlées si bien qu'elle aurait pu lui parler que la petite elfe aurait été bien incapable de répondre. Après un instant, elle fit demi-tour, bien décidée à retourner dans son monde à elle. Elle avait fait quoi ? Même pas cent pas dans cette foule ? Ce serait bien assez pour aujourd'hui...

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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mar 30 Oct 2018 - 0:27


Le sourire d'Eowald se fit plus carnassier. Il aurait été incapable de dire si cela lui venait de la couche de mortalité qui lui collait au corps ou de son éducation sous l'ancienne dictature Daranovan, mais le grand forgeron était piqué au vif. Si pour les autres, cela pouvait encore passé pour de viriles retrouvailles avec quelques réminiscences de blague de casernes douteuses, son rival goguenard ne pouvait passé à côté de la crispation prédatrice du sourire de l'Aigle.

Ses mains vinrent saisir le ceinturon d'arme auquel pendait lâchement son impressionnant marteau et il carra les épaules sous sa chemise malheureusement moins moulante que les vêtements d'Artiön. Double malchance, sa musculature sèche était toute elfique comparé à son opposant qui en plus d'être plus large disposait également d'un fessier avec lequel il ne pouvait rivaliser, même en portant des braies. Quant au reste du gabarit il n'était jamais trop inquiet à ce sujet. Certes, il avait une allure bien plus proche des cannons de beauté elfe, et il ne trouvait rien à changé en temps normal. Mais aujourd'hui, en ce moment précis, il aurait aimé pouvoir porter la culotte.

Au sens propre.

- Aucune chance. Va pour la commande sur mesure alors. Je lui en demanderai un comme le tien mais pour un fessier d'homme. "

Uriel s'avança d'un pas pour se maintenir à la même hauteur qu'Eowald et posa une main apaisante sur son bras. Sa dignité froide paraissait incongrue au milieu de la scène tandis qu'elle jugeais silencieusement les deux hommes. Habituer à se taire, seul moyen de cacher sa franchise, elle ne mâcha pourtant pas ses mots envers l'Aigle.

- Je n'ai pas accepté de venir pour assister à ce genre de scène, qui de plus ne rendent justice à personne. "
Ce qui était vrai puisqu'elle ne savait absolument pas où elle mettait les pieds et qu'elle avait bêtement fait confiance à son compagnon qui arguait depuis des ennéades qu'il fallait qu'elle apprenne à respecter son avis pour qu'ils puisse se battre efficacement côte à côte. " Arrêtons-nous là, voulez vous ? "

C'était dit sans la moindre trace d'agacement, d'une voix dont la neutralité paraissait glaçante pour la plupart des gens... Et qu'Eowald s'amusait bien trop souvent à pousser dans ses retranchements. Pendant leur échange, elle était passé sans un bruit de l'étonnement dubitatif à la franche surprise, puis à une légère offuscation puis... Il ne parlaient pas de... Ses yeux s'étaient aventurés le long de la silhouette d'Artiön depuis l'intérieur de son masque, rencontrant au passage la main qui reposait nonchalamment sur la ceinture de son unique vêtement... Par Tari... Avaient-ils cent-ans ?

Lorsqu'Eowald avait quitté son bras pour rouler des mécaniques, elle avait rêvé un instant de pouvoir s'interposer entre ces deux cerfs en rute et tirer son frère d'arme par l'oreille loin de cet étrange commandant. Mais à vrai dire, elle n'aurait su comment s'y prendre et n'était pas de nature à accomplir ce genre d'éclats.

De toute façon ce n'était pas la nudité en elle-même qui la gênait ici, non. C'était plus insidieux. Une sorte de tristesse agacée de voir des corps réduit à l'état de chair anonyme par l'inconséquence des Arcamenelites. Pour la Voilé qu'elle était, cela s'étendait jusqu'à la découverte du visage, des mains, de la moindre parcelle de peau ou de la moindre courbe, mais elle estimait que la découverte d'un corps était, au même titre que la découverte du Souffle qui l'habitait, quelque chose de profondément beau et intime. Ici, en l'absence de proximité, elle ne se sentait ni gênée, ni émue d'une quelconque façon par ces corps en eux-mêmes. Ce n'était que de la chair joliment empaquetée... Et le comportement des deux hommes l'offusquait bien plus que cette débauche de légèreté.

Une fois l'Aigle à demi-calmé, elle continua d'ailleurs la conversation avec ce flegme qui assassinait toujours Eowald d'incompréhension.

- Je n'ai que de très vagues souvenirs des pratiques Lanthalorane. J'ai été rappelée avant d'avoir pu m'y établir durablement. " constata-t-elle, avant d'ajouter doucement. " mais le peu dont je me souvient colle assez bien à l'image que j'ai de la rencontre que vous avez organisé ce jour, Heru.
- Pour sûr. Les Lanthalorans étaient pas les derniers pour ce genre de chose. " Et pour les vrais fêtes également... Il en gardait quelques souvenirs émus bien qu'il ne s'y soit plus sentit à sa place depuis son retour des terres mortelles. " Mais compte sur moi pour ne pas les oublier. "

C'était hors de question. Une flamme de colère passa dans sa voix vibrante. La seule chose qui l'empêchait d'en vouloir autant aux Noss qu'aux Drow était la difficulté qu'il avait encore à démêlé ses impression sur le Voile. Sa vision n'était pas assez obscurcie cependant pour mettre la chute des cités Daranovans sur le dos des clans.

Mais cela pouvait attendre. Il se mordit l'intérieur de la joue en se rendant compte qu'il n'avait même pas présenter Uriel... qui entre temps le ft très bien toute seule.

- Pardonnez-moi. J'aurai du me présenter. Vous pouvez m'appeler Voilée Uriel ou Soeur Uriel, comme vous le souhaitez. " elle inclina sobrement la tête tout en portant le poing à son cœur en un salut étrangement militaire pour une prêtresse de Tari qui ne pouvait - par ses vœux - ôter une vie. " Mais, puisque nous sommes ici, et puisque mon cher camarade m'a judicieusement fait remarqué qu'il serait bête de se priver d'une telle occasion, peut-être pourriez vous nous présenter à Heri Kielendar. J'aurai quelques questions à lui poser sur ces nouveaux sous-vêtements. "

Une fois de plus, Eowald ouvrit la bouche... mais la referma aussitôt. Non. Décidément, il ne comprenait pas comment cette femme fonctionnait... Et s'il prononçait le moindre mot, ses réflexes mortels trahiraient de bien trop bas instincts.


...


Plus loin, Une jeune fille aux cheveux noirs venaient de bousculer une prêtresse en nuisette, qui avait bousculé un spectateur halluciné qui avait bousculé Medherith, qui avait manqué de faire tomber Kireth de son escabeau en s'y retenant comme il pouvait. Des excuses fusèrent de toutes parts, Kireth grogna quelque chose que personne ne compris avant de se remettre au travail sur la symétrie de la balustrade de pierre croulant de lierre. Il n'en était qu'à l'ébauche et pourtant il y avait déjà quelques observateurs.

Tout en se frottant le front, l'éternel sourire bienveillant de Medherith tentait de rassurer les deux intermédiaires à l'origine de sa future bosse... Hélas la marque bien visible de la marche de l'escabeau n'encourageait pas à le croire.

- Vous êtes sur que ça ne saigne p..." Soudain, une palette pleine de couleur tomba au sol, coupant la jeune femme avant qu'elle n'ait pu finir sa phrase. En une seconde, Kireth fut près de lui, tirant sur sa main pour constaté les dégâts avec une inquiétude infinie dans les yeux. La première surprise passé, le visage du diplomate se fit plus doux encore... Mais il n'eut pas le temps d'affirmer une fois de plus qu'il allait bien, Kireth se retournait déjà, les yeux amplis d'une colère égale à la peur qu'il venait d'éprouver.

- Du balais ! " Il avança d'un pas en faisant de grands moulinets avec les bras. " Laisser de la place, c'est pas compliqué pourtant ! Il aurait pu être vraiment blessé ! Où est-elle ?! Je vous préviens, je...!
- Kireth !" Une poigne solide se referma sur l'épaule du jeune homme " Pardonnez-le. J'ai une santé fragile, il a tendance à s'inquiéter. " menti-t-il pour clore l'attraction autant que possible avant de ramener le jeune homme entre l'escabeau et le mur, le prenant autant à part que leur situation le permettait. " Je vais bien, tu entends ? J'aurai peut-être une bosse. C'est rien. "

Kireth soupira et se passa une main peinturlurée sur le visage, laissant de longs dégradés de bleu sur son nez et sa pommette. Ils savaient tous les deux que le jeune prêtre s'emportait facilement, mais lorsqu'il s'agissait de ses proches c'était pire. Il acquiesça et put enfin regarder son compagnon dans les yeux.

- Excuse moi d'avoir crié.

Une seconde secousse dans la foule attira son attention. Une étrange petite forme noire s'esquiva entre les passant, marchant d'un pas raide, la tête rentrée dans les épaules, vers la rue la plus proche. Du haut de son escabeau, il était presque sûr que c'était la jeune fille qu'il avait vu provoqué le carambolage. Medherith sourit, comprenant simplement au regard du jeune homme qu'il avait trouvé quelque chose pour piquer son intérêt. ça ne rata pas. Serrant un bref instant le diplomate dans ses bras, il s'excusa et partit à grand pas, glissant souplement entre les visiteurs pour rattrapé son apparition.

- Hey ! " Il tendit le bras, la ratta, fit le tour d'un petit groupe et arriva finalement devant la fille, plus petite qu'il ne l'aurait cru, même s'il n'était pas bien grand lui-même du haut de son mètre quatre-vingt-quinze. Avec ses cheveux courts cheveux bouclés d'un noir aussi profond que ceux de l'inconnue, l'entre noir qui lui soulignait un oeil et la peinture à l'huile qui formait tout une fresque bleue en travers de son nez et sur sa joue, il devait avoir un drôle d'air. Enfin c'était son air habituel d'une certaine façon. Il eut un immense sourire, patiné de regrets sincères. " Je voulais m'excuser d'avoir crié tout à l'heure. C'était disproportionné. " Puis il s'illumina d'une bienveillance radieuse et tendit la main à la jeune femme dans un geste ressemblant beaucoup à celui des humains " Je t'ai vu t'éloigner... Je voulais pas que tu partes à cause de ça. Appelle-moi Kireth ! " Bien que parlant un elfique impeccable, il avait une diction des plus rapide et l'accent chantant des ardamiris en goguette.
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mar 30 Oct 2018 - 21:17

Macabre avançait aussi rapidement qu'il lui était possible mais elle avait l'impression que sa trajectoire rencontrait celles de toutes les autres personnes présentes, l'obligeant à s'arrêter, faire un pas en arrière ou de côté avant de pouvoir avancer de nouveau.
Si quelqu'un l'appela, elle n'entendit rien, trop préoccupée qu'elle était à essayer d'échapper à tout ceci. Ce n'était pas qu'on lui ai crié dessus ou pas. Elle n'y accordait pas d'importance tant que ce n'était pas son maître... ou quelqu'un auquel elle tenait vraiment.
Non, c'était... tout ça. Elle avait fait l'effort de se mélanger à la foule mais elle n'aimait pas ça. Rentrer dans quelqu'un, c'était la pichenette qui avait suffi à la faire retourner aussitôt dans ses pénates.

Tous ces virages et ces arrêts intempestifs finirent par avoir raison de sa maigre patience. Elle décida finalement de traverser un petit groupe de gens au lieu de le contourner, espérant atteindre plus vite sa destination.
Car elle était là... A seulement quelques pas. Une ombre dans laquelle elle pourrait s'évader sans que personne ne la remarque. Elle passait derrière une colonne, disparaissant à la vue de tous sans ressortir de l'autre côté.
Parfait.
Mais une silhouette passa devant elle et, contre toute attente, ne s'arrêta pas. Macabre leva vers lui le même regard que précédemment. Les yeux écarquillés, les muscles pétrifiés, les bras repliés contre elle.
Elle le reconnaissait, bien évidemment. Il n'y avait pas meilleure mémoire photographique que la sienne.
Il lui parla mais elle ne comprit pas un mot. Elle aurait pu essayer de lire le sens de ses paroles dans son regard mais elle ne savait reconnaître que la colère et la peur, que ce soit chez elle ou chez les autres. Alors non, elle ne vit ni la bienveillance ni les excuses dans ses yeux.
Elle posa sur la main tendue un rapide regard avant de revenir sur le visage de l'homme. Elle agita la tête d'un côté et de l'autre.

Elle ne comprenait rien...
Elle avait peur, voulait retourner dans le confort de son monde sans couleur et cet individu lui barrait la route. C'était tout ce qu'elle comprenait.

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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mar 30 Oct 2018 - 23:10


Gonflé pour appuyer d’amicales provocations. Affaissé alors que te reprend un léger souffle de mélancolie. S’ouvrant à nouveau lorsqu’auront été reçus de bienvenus mots de réconforts. Se gonflant de plus belle quand la Voilée aura donné – chose exceptionnelle à tes yeux – le moindre signe d’intérêt pour des choses présentées sous les hospices du Maître-Chanteur ; ton poitrail, pour ceux ne sachant que trop peu différencier une mimique d’une autre sur le tranchant de tes traits, était au moins aussi expressif que ton visage. Et dans toute la déférence dont tu pouvais faire preuve face à celle que tu découvrais l’un des Souffles sur qui reposent l’honneur d’elfes comme ta mère, les soubresauts qui l’animaient trahissaient le rire qui ne traversa pas tes lèvres.

- Il n’y a pas de mal. On a vite fait d’oublier les plus simples choses dans un chaos pareil. tu t’autorises le quart d’un éclat de voix Sœur Uriel, enchanté, permettez-moi de vous conduire jusqu’à Edraelä.

Et sur ces mots, n’attendant pas qu’Eowald trouve l’énergie de prononcer les mots que la présence d’Uriel lui avait ôté de la bouche, tu prends les devants en direction de l’atelier de la tailleuse. Certains diraient qu’il y a là une volonté d’avoir le dernier mot, d’autres attribueraient cela à ta bonne humeur, et aucun n’aurait fondamentalement tort. Les fioritures de bâton jouées à ta main gauche peinaient à voler la vedette à ton fessier de femme marquant la battue de la musique faisant votre atmosphère de concert avec tes épaules.

- Edraelä ! tu interpelles la couturière perdue dans l’observation d’un des « sommaires » patrons exposés Je t’emmène des intéressés. Et des gens d’arme qui plus est. La démarche et la pulsation de cette Voilée ne mentaient pas, elle n’était pas de ceux passant leur temps dans les cloîtres Voici Eowald, un camarade de Daranovar, et sa compagne Voilée Uriel. Je te les confie. et sans plus attendre, tu fais demi-tour Si vous avez besoin de moi, mon poste à l’entrée Sud du quartier m’attend.

Ton amie te rendit un au-revoir du bout des doigts, avant de s’en retourner aux deux nouveaux patients de sa clinique. Le pas claudiquant, mais le regard vif, geste professionnel devenu une habitude, elle ne perdit pas une seconde avant de se mettre à jauger la silhouette des deux nouveaux venus. Expérience et professionnalisme obligent, naturel aidant, le regard de la dame Kielendar n’en parut pour autant pas le moins du monde étrange. Elle souriait des yeux comme n’importe qui passant du bon temps, elle engageait le regard comme n’importe quel elfe s’apprêtant à échanger des politesses, mais en aucun cas l’on ne pourrait deviner que face à elle, tous étaient comme nus.

- Edraelä Kielendar, ravie de vous accueillir. elle s’incline prudemment, trahissant son actuelle fagilité J’imagine qu’Artiön vous a assez rabâché les oreilles avec ses histoires de dessous que vous avez fini par vous décider à essayer ? elle sourit un sourire radieux C’est qu’il est aussi incorrigible que les Ornedhels lorsqu’il s’y met… son expression s’adoucit quelque peu alors qu’elle s’autorise à se dévoiler plus inquisitrice Pardonnez-moi mon indiscrétion heri, mais votre silhouette est véritablement magnifique.

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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 31 Oct 2018 - 3:35


- Nooon. Nous sommes là pour ça depuis le début. " roucoula l'Aigle avec son demi-sourire. " C'est ce que je soutiendrais toujours. "

Malgré son ton affable et son humour, les pognes du guerriers s'étaient refermées sur sa ceinture avec une rare détermination. Le détail qui n'avait pas pu échapper à une telle artiste était totalement étranger à Uriel qui déjà se trouvait aux prises avec une nouvelle forme d'emportement d'Arcamenite.

En quelques mots gentils, la modiste venait de la faire se retrancher derrière deux couches de glace épaisses comme des murailles... Et son visage était déjà si neutre en temps normal qu'il ne s'en trouva pas déranger. Seules ses mains vinrent se croiser devant son ventre en un relent de gêne qui ne pouvait se repérer qu'avec les années.

Elle sentit instantanément le regard d'Eowald tomber sur elle pour la détailler lentement, de la parcelle de cou qui apparaissait entre son voile bleu et ses cheveux blancs jusqu'à la ceinture qui n'était là à l'origine que pour lui éviter de se prendre les bras dans les replis d'un vêtement trop ample. Elle effaça cette pensée aussi sec, refusant tout simplement de s'y pencher dans ces conditions. Elle méditerait là dessus lorsque le moment s'y prêtait. Telle qu'elle se connaissait, il était même probable que cette journée fasse seule l'objet de ses méditations pour les mois à venir.

- Cela me gêne un peu, mais je vous remercie de l'intention, Heri. " Répondit-elle plutôt d'une voix monocorde, les épaules raides, et plus aussi certaine de vouloir se prêter au jeu. " Je ne sais trop que dire de plus... Je vous prie de pardonner mon manque de culture au sujet de votre travail. Cela fait longtemps que je ne porte plus de vêtements civiles. " La bure bleue qu'elle portait ce jour était la chose chose qu'elle possédait s'approchant le plus d'une robe.


...


Kireth suivit les mouvements de tête de la jeune fille de droite et de gauche, l'imitant par instinct comme un reflet dans un miroir. Elle semblait paniquée, recroquevillée sur elle même. Toutes ces têtes qui la surplombait... même une enfant perdue n'aurait pas eu un tel mouvement de recul face à un visage amical. Et la foule coulait toujours autour d'eux.

il adressa un clin d’œil à la petite, se retourna pour pousser subitement un badaud sur l'un de ses congénère, attrapa la petite inconnue par le bras et l'entraina à toutes jambes vers le premier espaces dégagé, un renfoncement de façade sur une devanture à quelques pas de la place. Personne ne leur prêta la moindre attention tant le carambolage avait saisit tous les regards au vol.

Une fois le volume légèrement redescendu et la foule nettement moindre, il lâcha la jeune fille et lui offrit un franc sourire. " ça va mieux ? "
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 31 Oct 2018 - 12:31


Sans pour autant se départir de son sourire, Edraelä se vit frappée d’une confuse gêne. Elle savait. Du moins, elle imaginait ce que pouvait être la philosophie des Voilés. Pour des elfes s’étant retirés de la société au sens large, et ayant fait de leur mission de vie la sauvegarde des Souffles des vivants comme des mourants, quelle importance pouvait bien avoir l’apparence ? Au contraire même, et le Voile en était l’une des expressions premières, l’apparence était une chose d’Arcamenel, et tous savaient les relations – particulières – entretenues par le Barde et la Dame-Ecume. Quel dommage…

- Non ! Ce serait plutôt à moi de vous demander pardon encore une fois pour mon manque de retenue. Vous ne devriez pas vous en vouloir de ne pas être faite aux choses d’Arcam quand vous avez fait don de votre vie au bon Œuvre de la Dame-Ecume.

Les yeux d’Edraelä cherchèrent un instant ceux d’Eowald, dont elle espérait le comportement plus emporté, et l’affection visible qu’il portait à sa compagne d’un certain secours. Si elle avait vu en tant que tailleuse l’élégance de cette elfe, il est fort à parier que l’homme qui l’accompagne l’ait réalisée le premier.

- Mais il est de mon avis qu’en toutes circonstances, que l’on y porte beaucoup ou peu d’importance, il fait bon se sentir beau. les doigts d’Edraelä viennent étreindre son menton Et je suis certaine de pouvoir vous proposer un habit qui vous soit agréable au port comme à la vue, sans retirer à votre humilité.

L’artisane se saisit de la première mine et du premier bout de papier venu, et commença à griffonner à la va-vite. D’abord une esquisse grossière de ce qu’elle percevait être la silhouette de la Voilée, puis une fine épaisseur de combinaison pour dessous, qu’elle s’empressa d’annoter tant que les mélanges de tissus lui venaient en tête. L’épaisseur suivante, elle ne pourrait pas la réaliser seule, parce que le souvenir de la mention de la demoiselle en tant que femme d’arme la poussa à renforcer quelques parties de cuir, notamment au niveau de la poitrine et des avant-bras. La tunique et le pantalon se voulaient à la fois simples, flatteurs pour la silhouette élancée de la demoiselle, et assez souples pour lui offrir la plus grande portée de mouvements possible.
Ce serait la dernière épaisseur la plus complexe à gérer, parce qu’il s’agirait d’offrir à une prêtresse non pas un vêtement de tous les jours, mais son vêtement de fonction en tant que dévouée servante de la Gardienne. C’était là un véritable challenge pour Edraelä. Un qu’elle était à la fois désireuse de relever, et qu’elle se mortifiait déjà à l’idée d’échouer.
Des attaches de tissu autour du col qu’elle pourrait facilement arracher. Un ceinturon comme celui qu’elle portait, à la différence près que ce serait lui qui porterait les longs pans de tissu bleu mimant le Voile, et masquant les pantalons au-dessous. Des manches dont la largeur devrait être mesurée pour trouver l’équilibre parfait entre l’esthétique du culte de Tari et leur practicité durant une activité plus… dangereuse.

- Que diriez-vous de quelque chose dans ce genre ?

Et le résultat final, bien qu’une esquisse aux traits grossiers laissait pleinement à peine percevoir la volonté de concilier guerrière et prêtresse… pour peu que l’on oublie la manière dont se sépareraient irrémédiablement les pans de tissus faisant la fausse-robe dès que leur porteuse accélérerait le pas… ou que l’on ignore la facilité avec laquelle elle pourrait arracher ceux en temps normal limiteraient la portée de mouvement de ses épaules.

Le défi avait accaparé son attention, mais la tailleuse n’en perdait pas non plus le Nord. Ils étaient deux à être venus, et il serait malavisé de sa part d’ainsi ignorer celui pour qui le travail serait le plus aisé. Elle aurait tout le temps d’échanger plus longuement avec Uriel en même temps qu’elle s’occupait d’Eowald. Surtout qu’avec un peu de chance, avoir Eowald engagé empêcherait la Voilée de simplement mettre un terme à l’entrevue.

- Et ne pense pas que je t’ai oublié toi ! véritable caméléon, elle change drastiquement jusqu’à son intonation au moment de changer de « client » Si tu veux bien me suivre, nous pourrons continuer de discuter de vos attentes en même temps que je prends ses mesures.

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Aegden
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 31 Oct 2018 - 14:00

Cette soirée n’était pas des plus banales.
Aegden observait autour de lui, un air légèrement surpris et amusé ne quittant pas son visage. La place était en ébullition. Çà et là des objets de toutes les formes et toutes les couleurs attiraient le regard. Et en même temps l’air était empli du son d’instruments de musique variés.
Les gens riaient, criaient et dansaient dans une joyeuse cacophonie. Aegden préféra une façon de participer à tout cela plus passive. Lui se contenta de regarder la foule autour de lui.  Et décidément des choses à voir, il n’en manquait pas. 
Parfois il reconnaissait les elfes qui passaient dans son champs de visions, parfois non. Cette fête avait du succès visiblement.  Quant à son origine, il n’en savait pas grand-chose si ce n’est qu’il avait vaguement entendu le nom d’une tailleuse réputée ainsi que celui du commandant de Daranovar, au détours d'une conversation entre deux elfes qui parlaient fort.
Cela aussi avait eu le mérite de le surprendre.
Tient d’ailleurs, n’était-ce pas lui là-bas ?  Le danseur jouant de sans sceptre autant que de sa propre apparence parmi la foule se trouvait à quelques mètre et semblait  très heureux de sa fête.
-Artiön ! Le salua-t-il après s’être approché. J’ai entendu dire que tu étais à l’origine de tout cela ?
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 31 Oct 2018 - 22:04


Ton doigt passe sur tes lèvres, et ta langue vient furtivement le débarrasser des restes de confiture délogés. Entre les sollicitations d’Arcamenites semblant à la limite de l’infatigable, celles d’un public de plus en plus nombreux se demandant à quoi rimait tout cela, et celles du public averti ayant du mal à se repérer dans un quartier qui au fil des heures devenait de plus en plus proche du capharnaüm organisé, et le ballet imposé par tes propres envies, la dose de sucre s’était prouvée véritablement salvatrice.

C’est l’attitude revivifiée que tu retrouvais ta place, ton focaliseur dansant de plus belle entre des doigts ayant retrouvé leur agilité première. Et paradoxalement, c’est alors que tu avais le sentiment d’être de retour au mieux de ta forme que la charge de travail avait décidé de drastiquement diminuer. Les artisans devaient avoir trouvé leur rythme, et l’expérience des premiers spectateurs… en tant que spectateurs, justement, en faisait pour les derniers arrivés des guides bien plus attrayants que tu ne l’étais. Il semblerait alors que tu ne sois maintenant plus relégué qu’au rang de décor. À moins de te trouver une nouvelle utilité, et de préférence une qui te tiendrait éloigné d’Elle.

- Aegden ? la voix te tire de tes réflexions Je ne m’attendais pas à te voir si loin de la caserne. tu poses une main amicale sur l’épaule du soldat Disons que j’ai amené l’idée. Le reste, c’est tout le talent des artistes.

Ton visage se renfrogne au lieu de s’éclairer quand tu mentionnes les artistes. Tu as déjà prouvé être incroyablement fier d’avoir pu participer à l’organisation de ce festival, et tu as déjà montré à quel point tu étais satisfait de la manière dont il se déroulait.

Et pourtant.

Le fait d’y voir Aegden semblait te perturber plus que de raison. Non pas que tu fusses agacé par sa présence, mais parce que sa présence te renvoyait à autre chose. Tu n’étais pas agacé non, tu réfléchissais, voilà tout. Tu réfléchissais à une chose : Le moment était-il bien choisi ?


Ne dit-on pas que le plus tôt est le mieux ?


Tu clignes longuement des yeux, et le sourire te revient. Tes doigts se resserrent sur l’épaule du jeune Commandant, et sans réellement lui donner l’occasion de trouver à y redire, tu le conduis vers l’atelier des joailliers.

- Vu que tu es là, suis-moi, j’ai quelque chose à te montrer.

Tu fais signe à un artisan âgé qui pouffe grassement à la vue des deux Mainyth mis côte à côte. Le monolithe Daranovan presque nu et la flèche vivante Lëandrine aussi modestement vêtu qu’à son habitude. C’est que c’est d’ailleurs plus le fait de ne pas avoir été surpris le moins du monde qui lui aura tiré cet éclat de rire au bon bougre.

- C’est pour lui que tu la voulais la babiole si je n’mabuse ?

- C’est bien ça.

Tu récupères un bracelet d’entre les mains du joaillier pour le présenter à ton frère d’armes. Alliage minutieux d’or et d’or blanc par endroits, métaux plus bruts et plus sombres à son extrémité supérieure, c’est le pendant accroché à ce qui n’était finalement qu’une chainette d’argent quelconque qui tenait en lui toute la finesse de l’ouvrage.

- J’espère que ça va marcher ton truc heru Laergûl.

Tu souris à l’artisan pour toute réponse, énonçant un « je l’espère » du regard. De la même manière que tu l’avais amené ici, tu te saisis de l’épaule d’Aegden pour l’écarter autant que faire se pouvait du gros des festivités.

- Tu te rappelles de notre discussion à propos d’unité ?malgré la légèreté de ton attitude, l’importance que portait ce symbole à tes yeux était palpable J’aurais voulu proposer à tous les corps armés d’Anaëh d’adopter une bannière commune. tu soulèves les boucles de ta chevelure, révélant le même pendant accroché à ton oreille gauche Ce n’est pas encore un entraînement ou quoi que ce soit de concret, mais avoir un symbole visible sous lequel se rallier est quelque chose de puissant. tu baisses les yeux un instant, pour les relever fendus comme ceux de loups en chasse Du moins ça l’est pour nous à Daranovar. Alors, qu’est-ce que tu en dis ?


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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Jeu 1 Nov 2018 - 14:37

Vu que tu es là, suis-moi, j’ai quelque chose à te montrer.
Sans même lui laisser le temps de protester, Artiön l’entrainait déjà un peu plus loin. En regardant autour de soi, on pouvait deviner là qu’il s’agissait d’une partie dédiée aux joailliers.  S’il ne prononça pas un mot, Aegden se posa fortement la question de savoir ce qu’avait l’autre elfe en tête.

Il eut bien vite une réponse à sa question muette lorsque l’un des artisans interpella le Daranovan.

Aegden baissa les yeux vers le bracelet que lui tendit Artiön. Il était remarquable, et ça ne faisait aucun doute quand au fait que l’artisan à l’origine du bracelet était un artiste à part entière. Le pendentif lié par une petite chaîne  retint son attention.

Une seconde fois, Artiön posa sa main sur son épaule et ils s’éloignèrent du reste de la foule. Le grand elfe lui expliqua enfin la raison de tout ceci.
C’était là la continuité de la discussion qu’ils avaient eut l’autre jour à propos d’unité entre les uns et les autres. Il portait lui-même le même symbole, cette fois monté sur une boucle d’oreille, et désirait que ce devienne une sorte de bannière commune aux corps d’armées d’habitude si différents les uns des autres.
Certes ce n’était là qu’un objet. Mais il était évident de voir tout le poids symbolique que ce genre de chose pouvait avoir.

Relevant à nouveau ses prunelles grises vers celles de son interlocuteur, il hocha la tête.

-C’est une très bonne idée. Comme pour appuyer son accord, il passa le bracelet à son poignet. Parfois il suffit d’un simple symbole pour faire avancer les choses.

Et si les choses ne marchaient définitivement pas, au moins quelque chose aura été tenté.


-J’espère sincèrement que ce que tu entreprends fonctionnera Artiön. 
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Macabre
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Dim 4 Nov 2018 - 20:57

L'homme lâcha le bras de la petite elfe et celle-ci s'écarta d'un pas puis le regarda, ne comprenant toujours pas. Il venait de bousculer quelqu'un sans raisons avant de l'entraîner dans sa fuite. Personne ne semblait s'intéresser à eux pourtant le regard de Ciryië ne quittait pas l'inconnu qu'elle trouvait plus étrange encore que tous ceux qui les entouraient. Son attitude avait légèrement changé. Elle ne semblait plus terrorisée, bien qu'encore manifestement inquiète.
Elle était surtout intriguée.

Il lui parla à nouveau. Cette phrase, elle l'avait déjà entendue plus d'une fois, tout du moins en partie, mais ne parvenait pas à se rappeler ce qu'elle voulait dire. On n'avait déjà dû le lui dire mais tous les mots se confondaient pour elle tant cette langue lui était étrangère. C'était la sienne pourtant mais oubliée depuis si longtemps... Impossible pour elle de s'en imprégner pour en retenir un seul mot.
Même les prénoms elle peinait à les prononcer correctement.

-Je ne comprends pas. Finit-elle par répondre dans cette langue que l'on entendait bien peu au sein même d'Anaëh.

On trouvait souvent curieux qu'elle ne sache pas parler elfique mais si c'était la seule chose curieuse que l'on percevait chez elle...

Cette simple phrase résumait tout. Elle ne comprenait pas ce qu'il disait. Elle ne comprenait pas ce qu'il faisait. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait autour d'eux.
Elle ne comprenait pas. Point final.

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Ne parle pas l'elfique !
(Langues parlées : Oliyan et Drow)



Citation :
Anorn : - Et tu sais, elle est assez particulière comme petite, mais je crois que je l’aime bien.
Arwain : - Pardon ? Ai-je bien entendu ?


Couleurs:
 
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Telenwë Neraën
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Lun 5 Nov 2018 - 11:59

L'elfe s'arrêta dans sa marche silencieuse. Etonné, il regarda devant lui en se demandant sincèrement quelle était cette fête qui occupait ainsi les rues d'Alëandir, au point qu'une foule inattendue passait d'étale en étale ou bien dansait comme si elle célébrait Arcamenel en personne. Et dire qu'il devait emprunter cette grande rue pour retourner dans l'appartement qui lui avait été alloué... misère de misère. L'etenirili jeta un oeil derrière lui, regrettant amèrement le simple fait d'être revenu de la douce forêt, puis revint aux elfes qui l'embêtaient sans le savoir. Bon. Il avait déjà traversé cette rue des dizaines de fois voire même plus, il savait qu'il n'avait rien à craindre du côté des pavés. Il lui faudrait juste faire très attention où il marcherait ainsi qu'aux nombreux passants, éviter de bêtement tomber parce qu'une personne l'aura juste bousculé. Et puis ce serait la première fois qu'il serait parmi autant de gens depuis le rituel... cela lui donnera une idée de s'il est devenu agoraphobe ou non.

Le protecteur avança ainsi avec beaucoup de mal, essayant de ne pas être déséquilibré tout en jetant un oeil aux étales. Si Arcamenel n'était pas fêté en ce jour, il ne comprenait pas... certaines choses le faisaient d'ailleurs sourire ou du moins arrivaient à éveiller son attention. Ilse retrouvait donc obligé de s'arrêter pour prendre le temps de regarder, ce qui le déprimait. Mais bon... il arriverait bien à retrouver une vie normale un de ces jours, après tout ce temps, non ? Ou peut-être serait-il à nouveau sensible à la magie. Ce ne serait que temporaire, avait dit l'Eäla. Temporaire... Il n'était même plus sûr de vouloir redevenir mage, si cela signifiait de devoir s'habituer à l'absence de magie pour plus tard refaire avec sa présence.

C'est plongé dans ces pensées qu'il ne fit pas attention aux paroles d'une couturière qui invitait son client à se déplacer avec elle pour qu'elle puisse prendre ses mesures alors qu'il passait juste à ce moment-là. Accaparée par son client et ce qu'elle pourrait créer pour lui, elle ne s'aperçut pas que leurs routes allaient se croiser. Aussi les deux elfes se percutèrent, étonnant les deux et les réveillant de leurs pensées. Telenwë voulut se rattraper aux niveau des appuis, ce que tout elfe aurait fait et ce qu'il avait toujours fait en huit siècles de vie mais, se yeux ne se portant pas simultanément sur ses deux pieds à ce moment précis, il ressentit mal la pierre à travers sa chaussure et cala mal son pied... ce qui suffit à ce que l'acien aigle tombe sur le sol et manque de se cogner la tête contre les pavés.

Bon... il y avait encore du progrès à faire...


~~~~~~~~


Allez ! Eno, je sais que tu es mal à l'aise avec ce qui sort du traditionnel, surtout niveau vestimentaire... mais là... Une fête organisé par Artiön, tu pouvais bien y aller, non ? Comme toujours tu passeras inaperçue, tu lui diras bonjour, le féliciteras pour ce qu'il avait organisé, regarderas les étales et partiras ni vu ni connu de cet endroit ! Un espace calme et un livre seront la clef pour retrouver bon sens et sérénité ! Bon... alors... j'y vais ou j'y vais pas, dans cette foule ? Allez, j'y vais !

Je commençais à peine à oser faire un pas vers ce qui serait certainement une magnifique peinture murale que quelques personnes furent bousculées, dont le peintre excentrique. Je restais pétrifiée sur place, n'osant bouger, faisant juste attention à tout ce qui m'entourait pour ne pas être bousculée à mon tour. C'est que ça ne me donnait pas envie de continuer... Allez, je fais un petit détour puis j'essaie de continuer. Ce que je fis... jusqu'à remarquer le peintre avec une petite tête aux cheveux ébène que je connaissais bien. Du moins que je reconnaissais suffisamment pour oser m'approcher. Par les Cinq, la petite avait l'air tellement effrayée ! Mais que faisait-elle là alors qu'elle avait du mal avec la majorité des elfes, dans une foule ? Avait-elle seulement appris à parler l'elfique, depuis le temps, au moins ?

"Macabre, tout va bien ?"

Je m'étais approchée, les bras refermés sur mon sac, un fin sourire aux lèvres et m'étant appliquée à parler dans la langue des Hommes. Plus qu'à espérer que la protégée de Tethien me reconnaisse.
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Uriel
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mar 6 Nov 2018 - 4:50


Il s'arrêta, bouche bée, et cligna plusieurs fois des yeux avant qu'un sourire encore plus grand ne fleurisse sur son visage, ravit d'une constatation dont la jeune fille ne comprendrait évidement rien.

- Je n'ai absolument rien comprit. C'est de la langue humaine, n'est-ce pas ? C'est fantastique ! Tu es déjà sorties d'Anaëh ? "
Il s'était baissé pour être à son niveau et avait fini par s'asseoir, oubliant en chemin qu'il était sensé peindre pour en remontrer à Artion. Les yeux luisant d'une curiosité enfantine et d'un intérêt aussi soudain qu'immense, il dévisageait Macabre avec cette intensité attentive qui avait fait rougir bien des Ardamiris.

Menue comme une enfant, il aurait juré qu'elle n'en était pas une. Une jeune femme venue d'un autre monde qui flottait là, gracieuse et silencieuse, tel l'ombre d'un passé inaccessible. Rien de plus qu'un souvenir de ce qui aurait du être. Ses immenses yeux bleus, oscillaient vaguement entre l'inquiétude et la curiosité, renvoyant une minuscule image du jeune peintre, mais ils y persistait quelque chose de lointain. Distant. Encore une fois, inaccessible.

Elle était mystérieuse et magnifique.

Les yeux de Kireth suivaient chaque détail. Il notait la courbe de ses lèvres fines, si roses sur sa peau d'un blanc laiteux. écrus ? Non crème. Et un soupçon de craie. Il sourit à ce détail. L'arrête de son nez, la distance de ses yeux, la courbe de ses cils et l'implantation de ses sourcils, jusqu'à l'espacement de ce dernier poil au bout de la neutralité qu'ils imposaient à son visage. Il notait avec le même attachement le raffinement de ses discrètes courbes et la légèreté de sa crinière noire. Il voulait la regarder plus encore pour se plonger dans chaque détail, chaque teinte, chaque mouvement.

Elle était exceptionnelle.

Tien, c'était drôle. Elle était aussi pâle que lui, même un peu plus, et avait les cheveux d'un noir aussi profond, si ce n'est qu'ils étaient raides, et non bouclés comme ceux du jeune homme. Il gloussa. La peau de la jeune femme était parfaite pour porté de la couleur. Pâle avec une ombre rosé qu'apportait la vie. Elle rehausserait n'importe quelle soupçon de pigment.

Et c'est tout à ses réflexion qu'il avança doucement sa main teinté de bleue en un mouvement naturel et serein. Son index effleura le nez de la jeune femme, y traçant un court très ou se mêlait plusieurs ton de bleu pastelle. Il rabaissait à peine la main lorsqu'une voix utilisant la même langue étrange que la petite ombre lui siffla à l'oreille.

Il leva les yeux pour découvrir une seconde jeune femme exhalant une timidité innocente jusque dans sa façon d'agripper son sac. Il battit deux fois des paupières et se rendit compte qu'il était assit en tailleur sur le sol... Il se releva souplement.

- Vous la connaissez ? Non parce que je parle pas un mot de cette langue que vous parlez. Je voulais seulement savoir si celle belle ombre allait bien. Je l'ai vu fuir et je voulais m'assurer que c'était pas à cause de moi. J'ai eu peur que Medherith soit blessé alors je me suis un peu emporté tout à l'heure. " Il se tut brusquement. Ses paroles rapides et accentuées à l'ardamirie donnaient l'impression d'une averse tombant drue, arrivant et repartant de façon imprévisible.

Il se tourna de nouveau vers Macabre et eu l'air tout étonné en découvrant la tâche bleue sur son nez.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 7 Nov 2018 - 12:13


- Sœur Uriel, seriez-vous dérangée de…

Les pièces exposées dans son atelier devaient être véritablement captivantes, parce que c’est à peine avec le temps nécessaire à ses réflexes pour se mettre en branle qu’Edraelä posa l’œil sur l’elfe fasciné qui lui rappellerait à quel point les maux ont emporté de sa mobilité. Si seulement elle avait été en meilleur état, alors elle aurait certainement pu s’écarter à temps, mais la faiblesse de sa jambe la prit en traître, et déséquilibrée, la tailleuse ne dut le salut de son établi… et de son postérieur ! qu’à la réactivité de son client. Eowald retint son hôte en retenant un pouffement, tandis que la demoiselle Kielendar, elle se trouvait bien confuse face à celui qui n’avait pas eu la même chance qu’elle.

- Oh, excusez-moi heru. J’espère que vous ne vous êtes pas fait mal.

L’artiste tendit un bras, ou du moins tenta de tendre un bras vers le pauvre hère, avant d’être forcée à l’inaction par un Aigle s’étant décidé mieux taillé pour ce travail.
Le Protecteur d’Eteniril à nouveau sur pieds, l’artiste retrouva sans attendre sa digne place en tête de convoi, et en tant qu’interlocutrice privilégiée de tous ceux ayant choisi de s’inviter au petit festival.

- C’est vrai que c’est difficile de faire attention là où on met les pieds quand on est entouré d’autant de choses aussi… l’excitation que l’on lisait sur le visage de la tisserande alors qu’elle réfléchissait un mot approprié laissait aisément comprendre que quoi qu’elle dirait, elle l’entendait comme le plus grand des compliments intrigantes ! J’espère que… du moins, dites-moi, son regard se posa sur le couple dont elle était censée s’occuper pour l’heure, implorant un court instant quelque chose en particulier qui a attiré votre attention ?

Curiosité d’artiste, pêchant en même temps qu’elle faisait son travail d’hôtesse, les idées qui la guideraient pour son prochain œuvre.


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


- Je ferai en sorte que ce soit le cas.

Tu déroules tes épaules pour retrouver le statuesque port qui est le tien, et d’une main dans son dos, et d’un regard aussi complice que déterminé, tu scelles cette promesse. Voilé d’une silencieuse assurance que beaucoup aurait pu prendre pour de l’effacement, Aegden te promit sans mots son aide en retour. Et ainsi s’en fut d’une discussion nécessaire, mais d’une discussion qui n’avait pas lieu d’être en cette heure et en ce lieu. D’endiablés arpèges joués à une vitesse folle, témoignage d’un duel lancé entre deux musiciens virtuoses, eurent tôt fait de vous le rappeler.

- Maintenant tu mets une claque paternelle sur l’omoplate du Mainyth va t’amuser un peu. C’est un ordre !

Tu te séparais à nouveau d’un camarade, mais cette fois, c’est avec un but autre que celui de jouer les simples accompagnateurs que tu traversais le quartier. Les peintres. Tu t’étais tenu loin des peintres pendant tout ce temps, et à cause de cela, tu avais manqué ce qui promettait d’être une sacrée part de ta fête. Tu n’avais pu l’observer que d’un œil tant que tu étais occupé à ton poste, et maintenant, il avait disparu, mais malgré le peu de temps passé à ses côtés, il te serait difficile de ne pas reconnaître sa patte.

C’est qu’il avait un don pour rendre la beauté de Kaëlistravaë. Et à repenser aux portraits que tu auras déjà pu faire d’elle, tu en serais presque jaloux. Rectification, tu en es jaloux, mais après tout, qui s’en soucierait tant que tu faisais comme si de rien n’était ?

- Vous sauriez où est passé le peintre ?

- Il a filé comme un meharas vers ce coin-là il y a quelques instants à peine, avec un peu de chance, il ne devrait pas être bien loin.

Ta chance, c’était surtout que la course du Prêtre d’Arcamenel avait été très remarquée. Remonter les témoignages pour suivre sa trace fut certainement la chose la plus simple que tu aies eu à faire de la soirée. Comprendre exactement ce qui se passait au bout de cette trace par contre… ce serait une autre paire de manches.

- Enoriel ? ta nuque se tend et ton visage se penche légèrement Kireth ? tu souris de soulagement à l’idée de ne pas avoir affaire à celui-ci dans un contexte diplomatique Vous… ton regard se pose sur la jeune fille qui complétait le trio Il y a un souci ?

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Uriel
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Mer 7 Nov 2018 - 16:42


Uriel ne saurait pas tout de suite ce qu'elle serait dérangée de faire, mais elle n'eut que le temps de suivre le mouvement d'Eowald dans le carambolage. Sans un mot, elle s'était porté au côté du malheureux tombé tête la première et l'avait soutenu une fois qu'Eowald l'eut relevé d'une main bourrue jusqu'à être certaine qu'il parvienne à tenir debout.

....

Kireth se tourna vers le nouvelle arrivant et son visage se chiffonna immédiatement. Il chercha à saisir la capuche de la pèlerine qu'il avait l'habitude de porter à Ardamir pour la rabattre d'un coup sur sa tête, mais ne rencontra que le vide. Zut. C'est vrai qu'il ne portait qu'une tunique largement tâchée dont le col tombant révélait une peau blanche à l'extrême qui avait aussi écopé de son quota de peinture.
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Telenwë Neraën
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Ven 9 Nov 2018 - 13:55

Se ressaisissant, Telenwë vit un elfe ayant toute la carrure d'un militaire lui tendre un bras pour l'aider à se relever. Il hésita un bref instant puis prit l'avant-bras tendu. Il referma sa main dessus, essayant de ressentir si elle était assez serrée sans trop l'être et dut vite fait regarder si sa seconde main ainsi que ses pieds étaient bien positionnés avant que l'autre ne le relève. Bonne Mère, que cela pouvait être usant d'être incomplet ! Il eut un sourire gêné envers l'homme puis vers l'artisane qui, visiblement, avait été rattrapée de justesse. Si seulement il avait toute sa forme ainsi que tous sens sens d'il y a encore quelques années... Bon. Du calme, ça ne servait à rien de déprimer. Déjà s'excuser, ce serait déjà la moindre des choses.

"Excuse-moi... je ne faisais pas attention où j'allais.
- C’est vrai que c’est difficile de faire attention là où on met les pieds quand on est entouré d’autant de choses aussi… intrigantes ! J’espère que… du moins, dites-moi, quelque chose en particulier qui a attiré votre attention ?"


Une note dissonante au milieu d'une Symphonie atténuée, comme si une personne pinçait pour la première fois la corde d'un luth. Ce fut la première pensée qu'il eut mais pour autant il n'en dit rien. Pour cette fois, il avait réussi à faire en sorte que sa bouche reste fermée. Parce que ce n'était pas toujours le cas, malheureusement... Il posa un regard sur les échantillons de tissus placés ensemble sur l'étale, aux couleurs vives associées d'une manière qu'il n'avait jamais vue jusque là.

"Une note de couleurs... Tu sembles avoir le goût de mélanger des couleurs inhabituellement mises ensemble tout en gardant une certaine harmonie."

Il montra d'un signe de tête cet élément du décor qui sautait à ses yeux et qui, en un sens, pouvait être intriguant. Il posa ses yeux sur les deux... clients de la couturière et ne put s'empêcher de remarquer les habits comme le masque de la jeune femme. Elle portait la couleur de Tari et avait tout l'accoutrement d'une suivante de la déesse. Pour autant il ne reconnaissait pas cet habit en particulier, d'autant plus qu'elle ne portait pas le voile habituel, comme si elle faisait partie d'une branche du culte qu'il n'avait jusque là jamais rencontrée. Peut-être en avait-il entendu parler mais sa mémoire lui faisait défaut... Peut-être se trompait-il et que cette elfe ne faisait aucunement partie du culte. Dans le doute, il préféra ne rien dire à ce sujet. Pour autant, avant que la tailleuse ne s'évertue à parler avec passion de ses tissus et des couleurs, il leur posa une question.

"Peut-être que je vous dérange, par contre... ?"


~~~~~~~~


"Euh... oui je la connais. Elle ne parle pas notre langue pour l'instant donc ce n'est pas étonnant que vous ne vous compreniez pas."

J'eus un rire bien gêné en la direction du peintre au doigt bleu. Macabre semblait être en peine de me répondre, peut-être du fait de la présence de l'individu. Je m'attelais donc à un sourire sincère envers elle et me permis de la rassurer, dans la langue que nous parlions toutes deux.

"Ce monsieur voulait juste s'assurer que tu allais bien. Il s'est emporté tout à l'heure et a peur que ailles mal à cause de lui."

Ainsi, je risquais de jouer les intermédiaires. A seulement trois, cela ne me dérangeait pas spécialement. C'est alors que j'entendis une voix familière m'appeler ainsi qu'un certain Kireth. Etonnée je jetais d'abord un regard vers l'inconnu, restant bête devant sa réaction tout à fait insolite : il essaya de mettre une capuche sur sa tête comme pour se cacher, sans grande réussite du fait qu'il... qu'il n'avait pas de capuche, tout simplement. Je finis par me retourner pour voir ce cher Artiön derrière moi. Un sourire s'inscrivit l'espace d'une fraction de seconde sur mes lèvres avant que mes yeux ne s'aperçoivent de la tenue très... moulante à souhait du mage de guerre. Fichtre que ses vêtements lui collaient à la peau, au point qu'on pouvait voir TOUTES ses formes ! Complètement bloquée du fait que je ne m'y attendais pas, je pivotais rapidement sur moi-même sans même m'en rendre compte tout en serrant encore plus fort mon sac, de sorte à ce qu'Artiön n'aperçoive pas mon visage. Parce qu'il avait viré rouge cramoisi, là.
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Macabre
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Sam 10 Nov 2018 - 14:12

Alors qu'elle ne voulait que passer inaperçue au milieu de la foule, les choses lui avaient totalement échappées. D'abord ce petit incident de circulation qui lui avait valu de se faire rattraper par un homme bien étrange qui s'était mis à pousser un passant pour une raison qui lui était totalement inconnue. Plus bizarre encore, alors qu'il venait de comprendre qu'ils ne parlaient pas la même langue, il s'était mis à la fixer, s'abaissant à sa hauteur, la dévisageant dans les moindres détails. Il approcha une main de son visage et la petite elfe, méfiante, se recula légèrement. Un doigt humide effleura sa peau, la marquant d'une légère tâche bleutée sans même qu'elle ne le sache.
Une voix interrompit la scène. L'homme se releva et échangea rapidement avec la nouvelle venue tandis que Macabre tournait ses yeux clairs vers elle. Cela faisait des mois et elles ne s'étaient rencontrées qu'une seule fois mais la jeune mage n'oubliait jamais un visage. Ni un nom, même si elle était incapable de le prononcer correctement.

-Je ne sais pas ce qu'il veut. Dit-elle d'une voix neutre.

Enoriel joua les intermédiaires, traduisant les paroles du peintre. Il cherchait donc à s'assurer qu'elle allait bien après sa réaction un peu vive. Drôle de manière de montrer son inquiétude... Elle se mit à son tour à le détailler du regard. Il était moins grand que la plupart des elfes mais il restait bien plus grand qu'elle. Ils avaient un peu les mêmes couleurs mais ses cheveux à elle étaient bien différents. Sa tenue était très travaillée et lui allait comme un gant. Il n'était pas comme tout le monde mais ce n'était certainement pas cela qui allait la déranger...

-Il est étrange. Finit-elle par répondre sans le moindre reproche.

Sans même s'en rendre compte, ses épaules s'étaient légèrement détendues et elle serrait ses bras bien moins fort contre elle. Était-ce dû à la présence d'une personne qu'elle connaissait ou tout simplement au fait de pouvoir communiquer avec cet homme et comprendre ses intentions ? Plutôt difficile à dire.
Mais sans plus avoir le temps d'échanger sur le sujet, quelqu'un d'autre débarqua. Il appela Enoriel par son nom puis se tourna vers le peintre en utilisant un mot qu'elle ne connaissait pas. Ciryië s'imagina qu'il s'agissait de son prénom. En revanche, elle était incapable de dire ce que signifiait le dernier qui fut utilisé pour elle. Le nouvel arrivant ajouta quelque chose mais personne ne répondit. La dame lui tourna le dos subitement tandis que l'artiste changea d'expression et eut un geste que la petite elfe ne comprit pas.

Sans plus se soucier de ses deux premiers interlocuteurs, Macabre étudia celui que personne n'avait encore nommé. Il était plus grand, plus épais et nettement moins habillé que le peintre. Pourtant, aucun de ces points ne fit vaciller la petite elfe qui le dévisageait avec un regard désormais dépourvu de toute émotion.

Un homme à moitié nu, une huître, un peintre renfrogné et... Macabre... Voilà qui donnait un tableau pour le moins... intéressant.

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Citation :
Anorn : - Et tu sais, elle est assez particulière comme petite, mais je crois que je l’aime bien.
Arwain : - Pardon ? Ai-je bien entendu ?


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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: [Libre] De la folie de l'Art   Sam 10 Nov 2018 - 19:08


Edraelä sourit au compliment, les mains ramenées contre son cœur et la mine attendrie, et puis elle reprit place, boitant avec légèreté jusqu’à se placer à l’intersection entre ses trois accompagnateurs et son atelier. Malgré tout ce n’est pas à ce-dernier le premier que son attention se porta. Ses sourcils se froncèrent et ses pupilles rétrécirent, se focalisant sur les traits et la silhouette du nouvel arrivant, et l’observant avec toute la minutie que l’artiste avait pris l’habitude de dissimuler. Si quelques regards furtifs ne lui avaient pas suffi à savoir à qui, et à quoi elle avait affaire, c’est que l’apparence de l’homme la rendait très confuse, elle qui en portait encore un souvenir bien différent.

- Le tout est de ne pas hésiter à utiliser de forts contrastes. Un choix audacieux mais assumé donne généralement une œuvre finale plus agréable au regard que s’il on avait essayé de jouer de dissimulation.

Un coup d’œil à quelques-unes des toilettes présentées à l’entrée de l’atelier, et son attention retournait à son nouvel interlocuteur, puis à ses anciens accompagnateurs. Et peut-être n’aurait-elle pas dû autant s’attarder sur eux, pas après qu’il n’ait déjà demandé une fois s’il était de trop.

- Sinon, ne vous inquiétez pas, ce serait bête de ma part que d’être dérangée par une rencontre de plus durant une soirée aussi animée. elle leva les yeux au ciel un instant Mais c’est vrai que je suis déjà engagée auprès de nos deux camarades. elle marque une courte pause Par contre, si quelque chose vous interpelle, n’hésitez pas à entrer dans l’atelier. Je suis loin d’y être seule artisane vous savez !

De quelques lents et méthodiques gestes des bras, elle invite Uriel et Eowald à terminer le chemin vers les espaces d’essayage, s’apprêtant à leur emboîter le pas juste après avoir eu la réponse à :

- Heru Yeldorei c’est bien ça ?


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Tu roules des yeux. C’est que tu aurais presque déjà oublié l’attrait d’Enoriel pour l’étalage de virilité… d’où ta surprise de la retrouver ici. Surprise à laquelle tu n’aurais pas le temps de donner beaucoup d’importance d’ailleurs, dès lors que les pulsations irrégulières auraient retentit en ton fort intérieur. Le cœur d’Enoriel s’emportait facilement, nulle doute que le tempérament emporté de Kireth soit aussi imprimé dans le fonctionnement de son corps, et la jeune brune, quant à elle, reprenait à peine contenance… et pourtant rien ni dans son langage corporel ni dans ses mimiques faciales n’en donnait le moindre indice… au point que c’en devienne presque dérangeant.

Tes doigts guident ton sceptre dans une lente rotation tandis que ta main libre s’ouvre le temps de se saisir d’une poignée de seconde. Les arcanes éclosent en de chaudes fleurs de lys entre tes doigts. Un frisson court dans la colonne de tes trois compères, et électrisés par les flux, leurs nerfs se dénouent, pour les laisser, pour peu qu’ils ne la rejettent pas instantanément, avec la douce sensation de l’apaisement.

Tu t’approches, te mêlant à la petite compagnie, le visage muté en cette rigide douceur, culturellement l’apanage des mentors, des maîtres et des pères d’où tu viens. Tu t’approches d’elle et pose un genou au sol, mettant ton visage à auteur du sien. Comme tu le fais avec les nouvelles recrues, comme tu l’as fait avec ceux à qui tu as pu offrir ton aide face au danger, tu te présentes en tant que force tranquille, le rocher sur lequel on peut s’appuyer.

- As-tu besoin de quelque chose ?

D’instinct, tu lui parles lentement, articules les mots avec exagération. Conséquence du regard qu’elle te porte. Elle lit plus qu’elle n’écoute. Elle observe et déchiffre plus de ses yeux que de ses oreilles. Si c’était bien le cas, elle ne serait pas la première jeune elfe s’étant soudainement sentie engloutie par l’agitation d’une première soirée à la faveur du Barde.

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