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 Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]

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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Mer 2 Jan 2019 - 18:48

Quatrième ennéade de Bàrkios
Onzième année du Onzième Cycle
Alëandir, Siège du Trône Blanc





Si tu portes le masque et l’armure par attachement émotionnel aux pièces d’équipement neuves, pour la prestance qu’elles te donnent, ou simplement pour te protéger, tu n’en sais réellement plus rien. Au point où tu en es, tu te demanderais même si tu sais quoi que ce soit. Si seulement tu avais su… peut-être que tu ne te serais jamais proposé de prendre cette fille d’Elenwë de charge de Roi.
Tu soupires, marches en rond, recherche un peu de quiétude dans l’écho de tes pas au milieu de l’immense salle toute de pierre blanche. Faire confiance au clergé de Kÿria. Faire confiance à leur capacité à jauger de la volonté d’I Ëmel. Voilà tout ce que tu pouvais faire. Quoi d’autre ? Si un mage Eldéen de cet acabit se décidait à semer la mort au sein de l’Œuvre que tu es chargé de protéger, que pourrais-tu y faire, toi et ta seule couronne ? Si le mage qui a pris tant de vies lors de la reprise d’Eraïson se tentant à reproduire la même expérience, comment pourrais-tu en sauver tes frères et tes sœurs, pauvre Vitaliste de guerre que tu es. Tu n’es malheureusement qu’une personne, et les temps avaient bien prouvé que dans ces cas-là, une personne ne suffisait pas.

Le faucon était rentré depuis longtemps. Il avait accepté l’entrevue. Il devrait bientôt arriver, et en réalité, tu ne sais vraiment quoi lui dire. Tu as peur. Peur pour ta vie, et peur pour ton peuple. Mais comment faire autrement après tout ? N’aurait-ce pas été soit péché d’orgueil, soit péché d’apathie que de ne rien craindre ? Tu as peur, mais tu veux rester optimiste. Il n’a jusque là rien fait qui n’ait porté préjudice à l’Anaëh ou à ses habitants. Il a jusque là relativement bien accueilli les enseignements du clergé de Kÿria. Pour ce que l’on a pu te rapporter, en dehors de quelques intempestives disparitions, il n’a jamais fait qu’essayer de s’intégrer. Maladroitement parfois, mais attendre mieux d’un être ayant durant des siècles connu une société tout autre n’était pas raisonnable.

Il ne tenait maintenant plus qu’à lui de te persuader de sa bonne foi.

Tu reprends tes esprits, et te postes debout devant le siège qui est maintenant ton Trône. Et tu attends, contemplant avec anxiété les rayons du soleil baignant placidement la salle habituellement fourmillant de vie. Aujourd’hui elle – et toute l’aile qui s’y rattache - est toute à vous. Du moins elle serait à vous après que le Guide chargé de mener ton invité jusqu’à toi se soit retiré.
D’un signe de tête, tu remercies l’officier du culte de Kÿria, qui te rend discrètement la pareille avant de prendre congé ; puis ta main gauche fermement crampée au sceptre sur lequel tu t’appuies, tu places ton poing droit contre ta poitrine et te penches légèrement en avant.

- Mes salutations, heru Haldren. ta voix entame, avec autant d’assurance qui si tu fus tout à fait à ton aise Excusez-moi d’avance de l’inconfort s’il en est s’il est, il est partagé mais vous comprendrez qu’il est important pour moi que nous discutions de votre situation… pour le moins particulière.

Et le pire est que tu le reconnais cet homme, car tu l’as croisé il y a peu, au jour de l’Arcamenade qu’Edraelä et toi aviez organisé. Seulement en cette heure, qu’il ait été cet elfe parmi tant d’autres que tu avais dû chasser d’un stand de restauration ne te faisait ni chaud ni froid.

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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Jeu 3 Jan 2019 - 10:43

Lorsqu'il avait reçu la convocation... pardon, l'invitation... à se rendre devant le Trône Blanc, Haldren n'avait pas pu s'empêcher de ressentir une légère crainte. Il se savait tout juste toléré en Anaëh, accepté par l'autorité du culte de Kÿria mais cela n'empêchait pas certains elfes qui connaissaient son histoire de le considérer avec mépris voire pire. L'ancien régent ne cachait guère son antipathie et il ignorait totalement comment le nouveau souverain considérait les choses. Le voyait-il comme une menace ? Un objet de curiosité ? Une opportunité ? Ou bien tout simplement voulait-il vérifier que l'ancien Triumvir eldéen ne préparait pas de mauvais coup ? L'exemple de Tebryn deux siècles auparavant pouvait à tout le moins laisser le souverain circonspect face à un nouveau renégat.

Mais le refus à une invitation royale ne faisait pas partie des solutions possibles, aussi Haldren avait-il prit la route de la capitale. Alors qu'un officier du culte de Kÿria le guidait dans la majestueuse bâtisse, il ne put s'empêcher de remarquer que la zone paraissait vide de tout Souffle. Bien que n'étant pas au fait des mœurs de la cour elfique, l'archimage supposait qu'en temps ordinaire le palais devait bruisser de vie et que seule sa venue pouvait justifier ce calme bien surprenant. Il s'agissait certes d'une bonne méthode pour une rencontre en tête-à-tête mais nul doute que des rumeurs allaient bien vite courir en ville sur le "mystérieux" visiteur reçu par le roi.

Resté seul avec le monarque et alors que l'officier du culte refermait les portes de la salle du trône, le vieux-drow-jeune-elfe (à défaut d'une meilleure dénomination) s'inclina respectueusement face à celui qui présidait aux destinées de la forêt.


Aïa, aran Laergûl.

Le gaillard lui disait quelque chose. Où pouvait-il l'avoir déjà vu ? Cela ne remontait pas à loin mais Haldren avait rencontré tant de nouveaux visages depuis son arrivée en Anaëh qu'il avait parfois du mal à retrouver les circonstances exactes des rencontres. Cela ne devait pas remonter à loin, cependant impossible de mettre le doigt dessus au point que c'en était agaçant. Haussant mentalement les épaules en se disant que la mémoire lui reviendrait bien en temps utile, l'archimage eut un petit sourire penaud en entendant le monarque lui expliquer que sa situation s'avérait particulière. Il s'agissait de l'euphémisme du Cycle !

Votre majesté, je suis bien conscient que mon cas ne doit pas être simple à gérer. Ma présence en Anaëh est... diversement... ressentie par ceux qui connaissent mon histoire et je ne peux blâmer la haine que parfois j'inspire au vu de mon passé. A vrai dire je n'étais même pas assuré de survivre plus de quelques jours après mon arrivée en Annon.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Jeu 3 Jan 2019 - 13:48


Te retrouver grand face à un Drow-fait-elfe de physique tout à fait quelconque avait quelque chose de rassurant. Te retrouver armuré face à un Drow-fait-elfe dans ses habits du commun avait quelque chose de rassurant. Seulement cette position t’était atrocement inconfortable. Parce que derrière les deux masques ; celui de paisible assurance et celui – qui te couvrait réellement le visage – de métal, se dissimulait un conflit plus profond que tu n’aurais jamais pu t’imaginer capable d’en vivre.

Comment réagir maintenant, alors que tu avais été le premier à appeler insensé Telrunya quand il prit Tebryn sous son aile ? Comment réagir maintenant, alors que tu avais été celui à refuser – à raison – que vos troupes ne viennent offrir plus de chair elfique que de nécessaire quand les Drows vous firent convoiter un semblant de paix ? Comment réagir maintenant alors que tu faisais partie de ceux qui s’ils étaient tristes à l’idée de la nécessité de la guerre, éprouvaient profonde satisfaction chaque fois que sur les champs de bataille, il leur était donné de voir s’éteindre un Sombre ? La logique voudrait que tu le tues. La logique voudrait que tu ne prennes pas le risque de le laisser vivre auprès des tiens, quoi qu’en dise le Culte. Mais tout n’était pas que logique dans ce monde, et la présence d’un Eldéen physiquement en tous points semblable à l’un des vôtres en était la preuve.

Etais-ce ainsi que s’était fait avoir Telrunya ? Etais-ce le sentiment de culpabilité qui l’avait achevé ? On aime dire que s’abaisser au niveau d’adversaires de peu d’honneur est la pire des humiliations. Mais d’un Roi abject ou d’un peuple blessé tu savais très bien quelle option t’était la plus enviable.
Tu soupires, t’arraches à ta rigide position pour entamer une marche empreinte de lassitude. À la grande table faisant face au Trône, tu lui tiras la première chaise venue.

- Assieds-toi.

Après qu’il se soit exécuté, tu t’installes sur le siège à côté, conjurant par ton attitude une paradoxale combinaison de proximité et de froideur. Tu es le père en colère forcé d’apprendre la réalité de la vie à son fils, une dure leçon à la fois. Tu es ton propre père, te faisant face durant l’une de ces nuits sans sommeil.

- Ecoute. tes mains se portent à ton visage, et te privent de ton masque, au sens propre comme au sens figuré Même s’il on accepte d’oublier tout ce qui ne m’est pas personnel, mon père est mort à la guerre tué par un mage Drow. J’ai vu un Roi mourir parce que contre nos avis à tous, il a voulu donner sa chance à un Drow. Par La Mère ! Il y a quelques mois à peine, une amie proche a perdu son père dans un vain espoir d’une trêve avec les Drows, alors tu imagines bien qu’actuellement, j’ai beaucoup de mal à ne pas te vouloir mort. tu lèves les yeux au ciel un instant Mais il semblerait qu’I Mîngely en ait décidé autrement. Et tu es toujours là. Et en dehors de quelques généralement courtes disparitions tu ne fais pas parler de toi. Alors j’aimerais savoir Haldren. En toute honnêteté. Qu’es-tu venu chercher chez les elfes ?

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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Lun 7 Jan 2019 - 9:32

Le suzerain d'Anaëh se mit à énumérer une longue litanie des divers crimes auxquels les drows avaient soumis son peuple et lui-même, ce qui aurait arraché une grimace ironique à l'archimage n'eut été le respect dû à l'autorité du trône. Combien de fois depuis son arrivée avait-il entendu ces paroles pleines de colère, de haine parfois ? Les elfes voulaient tuer les drows car les drows voulaient tuer les elfes... et vice versa. Cette spirale éternelle de la violence durait depuis huit cycles et Haldren ne cherchait même plus à désigner le coupable originel de cette désastreuse situation tant cela aurait paru puéril comparé aux destructions engendrées. Pour autant il pouvait comprendre qu'Artiön ne voit pas les choses ainsi et savait qu'exprimer cette opinion à voix haute n'aurait pas été très diplomate de sa part. Après tout, il n'était pas interrogé sur son opinion envers la guerre elfico-drow mais sur les raisons de sa présence en Anaëh.

L'espoir.

Petit silence.

L'espoir d'apprendre que je me trompais depuis tous ces siècles.

Le regard de l'ancien eldéen se perdit dans la contemplation d'une mosaïque représentant une scène de chasse, mais en réalité ses yeux d'émeraudes plongeaient profondément dans le passé.

Vous ne connaissez pas la vie au Puy, Aran. L’insouciance dont peuvent faire preuve les enfants en Anaëh est un bonheur refusé aux jeunes drows. Dès ses premières décennies, chaque enfant y apprend que les elfes sont la principale cause de tous les maux, qu'ils ont trahi les exilés du Linoïn et vivent dans la haine des drows, dans l'unique désir de les détruire. La doctrine de supériorité raciale qui y est enseignée par les prêtres d'Uriz ou de Teiweon affirme la force de la colère, la nécessité du combat pour survivre face à l'adversité. Cet endoctrinement à l'âge où se forme le référentiel des valeurs est un carcan dont fort peu en Elda peuvent se défaire.

Même si cela remontait à un millénaire, Haldren se souvenait encore du Clor d’Dormagyn et de la fureur joyeuse qui l'animait alors.

Plus je suis monté dans la hiérarchie politique, plus j'ai commencé à douter. Devenu Ditronw Da're, Obok Senger puis enfin Triumvir j'ai compris que la société drow n'est tout simplement pas conçue pour subsister sans la présence d'un ennemi apte à focaliser les sentiments violents de mon ancien peuple. Que ce soit par fanatisme pour les prêtres ou par opportunisme pour les politiques, les instances dirigeantes en Elda veillent soigneusement à maintenir cet état de guerre permanente apte à dévier contre l'Anaëh les sentiments violents inculqués à leurs enfants.

Petit sourire triste comme si l'ironie de la situation l'amusait.

La réflexion personnelle, le jugement de valeurs, l'analyse des doctrines... de tels sentiments sont dangereux en Elda car le Père des Batailles n'aime pas que ses fidèles doutent de leur endoctrinement. Le mépris avec lequel les doebens sont tenus par les eldéens provient en partie de leur plus grande liberté de pensée. Kÿria m'a laissé entrevoir un espoir, pas seulement pour moi mais pour mon peuple, pour tous ceux nés sous le joug d'Uriz. Pouvons-nous briser nos chaînes ? Y'a-t-il un autre chemin ? Les drows sont-ils condamnés dès leur naissance ou par leur endoctrinement ? La germe noire dans nos âmes est-elle innée ou acquise ? Ces réponses, seule l'Anaëh pourra peut-être me les apporter.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Lun 7 Jan 2019 - 19:46


Il marque un point. Tu ne connais pas la vie au Puy, mais affronter les hordes fanatisées de soldats Noirelfes t’en aura bien assez dit à ton goût. Des hommes et des femmes que l’on avait pas nourri au sang dès le berceau ne se jetteraient pas de cette manière à une mort certaine. Que la descendance des exilés du Linoïn continue d’entretenir la haine qui les a séparé du reste de leur peuple autrefois ne t’étonne guère, et que leurs Cultes s’attèlent à ce que la personne se réduise le plus possible à cette séculaire rage ne te surprend encore moins…

Mais le discours d’Haldren est prévisible, bien trop proche de celui que servait Tebryn avant lui. Faire l’apologie de la liberté de penser et d’action qui vous tient tant à cœur est beaucoup trop facile. Toucher à votre rapport aux enfants, corde sensible chez un peuple ayant autant de mal à donner naissance, est beaucoup trop facile. Parce que c’est quelque chose de viscéral, et tu n’aurais pas pu t’en empêcher même si tu le voulais, tu as mal pour leurs enfants. Drows ou elfes, ils restaient des jeunes du peuple immortel, et tu doutes fort que ce soit leur sang lui-même qui porte tant de violence.
Seulement Haldren lui n’était pas un enfant. C’était un elfe millénaire rompu aux exercices de la magie et de la guerre. Il n’était plus un Souffle modelable, du moins plus comme l’était celui d’un enfant. Alors se pourrait-il qu’il ait véritablement changé,  ou du moins décidé de changé, ou ne s’agissait-il encore une fois que des simples manigances d’un politique Eldéen ?

- S’il n’y a que ça pour te faire plaisir… ton visage se peint d’une affligée noirceur Vous ne naissez avec rien que nous ne possédions aussi. La souffrance de l’Aduram, la colère qu’ont cultivé les descendants d’exilés du Linoïn… tout vient de nous. Nous nous efforçons simplement de ne pas y succomber. ton sourcil gauche se relève Et je crois sincèrement que ça, tu le sais déjà. tes bras quittent la table pour se croiser devant ta poitrine Si le Trône Blanc a été mis au courant de ton passé, alors je suis persuadé que tu as dû déjà goûter au pire que nous ayons à offrir. Je ne sais pas à quel point les Drows sont sévères, mais je reste persuadé qu’à notre manière, nous le sommes tout autant. le cœur que tu peines à garder sous contrôle en est la preuve D’ailleurs, le simple fait qu’I Ëmel elle-même ait pu te donner une nouvelle chance si c’était vraiment le cas enlève un peu de son sens à la question.

Tu restes sur ta faim, et parce que tu restes sur ta faim, tu restes sur tes gardes. À l’entendre – et pour peu qu’il dise vrai – tu es capable d’imaginer les raisons de sa présence. Mais là est le souci.

Tu es capable de l’imaginer.

Tu es capable de l’imaginer, mais il faut que tu en fasses l’effort ; quand tu aurais espéré un discours assez viscéral pour qu’il te prenne aux tripes.

- Je vais être honnête et jouer carte sur table. tu frappes de ton gant droit sur la grande table Je n’aime pas l’admettre, mais j’ai peur. J’ai autant peur pour moi que pour mon peuple de te savoir ici, parce que que tu le veuilles ou non, à mes yeux tu représentes un risque. Un risque auquel je ne peux pas faire face seul. Mais j’ai envie d’y croire.

Tu te laisses légèrement aller, acceptes de te présenter face à lui comme l’être vulnérable que tu as la sensation d’être en ce moment même. Le poing que tu venais de frapper sur la table se desserre, et ta main tremble. En totale opposition avec ton visage rompu de fermeté, le métal de ton gant joue des castagnettes contre le marbre.

- J’ai envie d’y croire, alors j’aimerais bien que tu me donnes des raisons d’y croire.

Moins de réflexions philosophiques. Plus de lui.

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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Mar 8 Jan 2019 - 16:49

Le sourcil de l'archimage s'arqua légèrement, formant pendant quelques secondes un dôme au-dessus de son œil. Une attitude assez rare qui n'a cependant strictement aucun intérêt si ce n'est d'occuper le regard le temps de remettre les idées en place, car le roi venait rien de moins qu'admettre au sein des elfes l'existence de cette même haine qui dévorait leurs cousins eldéens. Cela ne manquait pas de courage de se reconnaître la même faiblesse, qu'il fallait combattre jour après jour pour ne pas y succomber. Depuis son arrivée en Anaëh il s'agissait de l'une des premières fois où Haldren rencontrait un elfe qui voyait au-delà du manichéisme bon/mal entre les deux races autrefois unies. Cette lucidité expliquait peut-être pourquoi Artiön pouvait désormais poser sur le trône son noble postérieur, son auguste fessier, son délicat joufflu, son rondouillard popotin, son digne séant.

L'envie de croire à son histoire ? Cette envie ils la partageaient tous les deux, espérant sincèrement que la venue de l'ancien Triuvmir préfigurait un changement bénéfique et ne serait pas l'aube d'une nouvelle trahison comme celle de Tebryn. Mais où trouver des raisons d'y croire ? Cela était à la fois fort simple et fort compliqué à donner au souverain, car il fallait alors imposer un léger manque de respect or Haldren ignorait si l'étiquette à la cour d'Alëandir pouvait l'autoriser. De par le fait, il existait une raison de croire à la sincérité du repenti, une raison toute simple mais qui brillait comme le soleil au zénith au point peut-être de devenir invisible. Consciemment ou non, l'elfe le plus important d'Anaëh venait de rester seul avec un archimage eldéen connu pour ses invocations destructrices et sa capacité à ficher ensuite le camp via des portails d'Ombres. Tebryn lui-même n'aurait pas pu rêver d'une meilleure occasion pour accomplir les sinistres desseins qui ferait d'un simple le drow le héros de tout l'Elda.


Aran, nous sommes seuls dans cette aile du palais où aucun mage ni garde ne pourra venir à votre secours. Si j'étais encore un ennemi de l'Anaëh, vous seriez déjà mort et moi en chemin pour le Puy où j'irais brandir votre tête sur l'esplanade du temple d'Uriz sous les acclamations extatiques de tout un peuple.

Petit sourire d'excuse.

Sans vouloir vous offenser, bien sur.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Mar 8 Jan 2019 - 18:48


- Il n’y a pas de mal. Mais ne me sous-estime pas pour autant. tu lances avec une assurance presque véritable. Tout archimage n’est jamais qu’être d’os, de chair et de sang Mon règne est jeune. ta main s’aplatit, et les tremblements cessent Ma tête n’a aucune valeur devant Elda. À moins que quelque rescapé des dernières batailles ne s’en souvienne.

Son sourire ne fait qu’assombrir un peu plus ton visage. C’était justement là ton grand souci. Il n’avait aucune raison de s’en prendre à toi, mais il ne s’en était pris à personne d’autre jusque-là.

- Et le peu que j’en sais laisse de toute façon à penser que même avant de t’attacher à l’Anaëh, la grandeur du Puy ne faisait déjà plus parti de tes préoccupations. tu lèves légèrement le menton Tes meurtres d’Eraïson m’ont tout l’air d’avoir eu une visée entièrement personnelle.

Une visée entièrement personnelle impliquant des pratiques de Haute-Magie. Pratiques de Haute-Magie dont l’Anaëh avait fait une science. Certes, l’excellence – et ça te fait de la peine rien que de le penser – de leurs mages de guerre le prouve, l’Elda a hérité de la passion elfique pour les choses des arcanes, mais à moins qu’ils ne possèdent de ressources inimaginables, ce qu’Elda doit mobiliser dans la chose guerrière, c’est autant qu’il retire à l’érudition pure. Et l’érudition est un pouvoir.
Une visée entièrement personnelle impliquant le maniement d’arcanes puissantes. Arcanes pulsant comme nulle part ailleurs au sein de votre forêt, en certains lieux plus qu’en d’autres, en certaines périodes plus qu’en d’autres.
Si tu n’es pas aussi féru de théorie qu’Enoriel ou Fineldor, tu sais qu’il est des phénomènes rares en cette forêt agissant sur la trame. Tu sais comme les vibrations de la toile des flux, aussi fébriles puissent-elles être, peuvent conditionner la réalisation de certains sortilèges. Alors si toi, Vitaliste de guerre tu le savais, qui pourrait donc être cet Archimage Sombre pour l’ignorer ? Et qui pourrait t’en vouloir de craindre une machination plus profonde que le désir de faire tomber une seule tête ?

- Un personnage de ton acabit pourrait tout à fait désirer quelque chose de plus nébuleux qu’un peu de reconnaissance. Quelque chose qui vaille le coup de quitter l’Elda, de se mêler aux elfes, et de garder contact avec Faélia.

Mais alors quoi ?

- Quelque chose qui vaille le coup de prendre son mal en patience.

Là où sans le savoir l’ex-Drow marquait un point cependant, c’était dans ses mimiques. Qu’il soit menteur extrêmement chevronné ou repentant sincère, il ne se dégageait de lui aucune exagérée agressivité. Tout au plus tentait-il de résister à l’agacement alors que tu t’évertuais à remettre en question son prétendu nouvel engagement. Alors s’il refusait de plus s’ouvrir de gré… tu n’avais plus d’autre solution.

- Mais avant que tu répondes Tu te saisis de ton bâton, posé à ta droite, avant de te retourner vers l’ex-Drow à ta gauche. Si tu veux ma confiance, donne-moi d’abord la tienne.

Dans ta main ton focaliseur s’entoure d’aurores, et ton septième sens s’affûte, à la recherche de la pulsation d’Haldren. Sa pulsation est particulière, légèrement chaotique, légèrement irrégulière, mais tu y reconnais la signature de celles du peuple elfe. Son essence vitale, à moins qu’il n’arrive aussi à la faire mentir – et tu en doutes – est bel et bien extrêmement proche de celle de l’un des tiens. Plus que de celle des Sombres.

- J’ai besoin que tu me donnes ta main tu tends ta main gauche paume ouverte vers lui, et quand la sienne s’y pose, un léger électrochoc lui traverse le corps et que tu me raconte ta réalité. Toute ta réalité. Pas juste des mots.

Tu veux savoir son expérience de la vie. Tu veux savoir ce qui l’a conduit devant toi. Tu veux savoir ce qui le pousse à rester parmi vous. Tu veux savoir et l’entendre ne te suffira pas. Tu veux le voir dans ses yeux. Tu veux le voir sur sa peau. Tu veux l’entendre de et dans sa voix. Et tu veux le sentir vriller à travers ses nerfs.
La magie danse autour de ton sceptre, la magie danse autour de vos mains, et tu espères, que ces premières fois sauront se prouver concluantes de concert. Car ce n’est plus seulement ton premier interrogatoire d’un Drow repenti, c’est aussi ton premier sortilège aussi poussé.

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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Mer 9 Jan 2019 - 15:56


Alors qu'Haldren posa sa main dans celle du suzerain, il sentit un flux de magie venir le picorer, se faufiler le long de son bras comme un serpent s'enroulant sur la branche d'un arbre. Le sortilège lui demeurait inconnu mais sans doute s'agissait-il d'une amplification des sensations, des perceptions, afin de plonger dans le cœur même du repentant pour y lire si ses paroles se trouvaient empreintes du sceau de la vérité ou de la marque du mensonge. Assurément regrettable qu'une telle méfiance soit nécessaire mais pas franchement étonnant au vu du lourd passif des eldéens. Le seigneur d'Anaëh demandait plus que des mots, plus que des paroles lancées en l'air sans que leur poids ne pèse sur les consciences. Il voulait des sensations, des regards, du toucher, la part charnelle de l'histoire que seule pouvait lui narrer Haldren.

Toute ma réalité, Aran ? Pas seulement par des mots ? Si telle est votre volonté, qu'il en soit ainsi.

Tendant sa main libre, Haldren y fit naître une sphère grosse comme une orange et ressemblant à un miroir inversé de la salle où ils se trouvaient. La sphère se troubla comme sous l'effet d'une brume épaisse et y apparut une vision plus sombre d'un lieu qui ne disait rien à Artiön, un lieu de tunnels et de galeries. Soudainement, l'image s'amplifia et ils se retrouvèrent...


...ailleurs.


Haldren et Artiön se retrouvèrent debout à l'entrée d'un tunnel donnant sur une vaste caverne dont ils devinaient à peine le plafond, le suzerain tenant toujours l'archimage par la main. La sphère dans la paume de main de ce dernier semblait désormais contenir la salle du trône d'Alëandir dans une vision inversée de ce qu'ils voyaient quelques secondes auparavant. Mais la sphère magique serait l'élément le moins remarquable de ce qui allait attirer le regard du seigneur d'Anaëh.

Sans doute se trouvaient-ils loin sous terre mais ils y voyaient cependant comme en plein jour car face à eux un immense palais brûlait dans un incendie titanesque qui dégageait tant de fumée que leurs poumons commençaient à les irriter malgré la distance. La chaleur devenait infernale après la douce fraîcheur des frondaisons de l'Anaëh, et non loin d'eux des cris d'agonie se faisaient entendre au milieu du fracas des épées s'entrechoquant. D'un tunnel latéral jaillit une horde de soldats drows brandissant de lourds cimeterres et dont celui qui semblait en être le chef rugit :


Elgg jal nindyn darthiir, jous nau ka'lith !
(tuez ces traîtres, pas de pitié !)

D'un geste brusque, Haldren attira Artiön contre la paroi alors que les drows passaient en hurlant à quelques mètres d'eux apparemment sans se préoccuper de la présence de deux elfes. La soif de sang, le désir de massacre se lisait dans les yeux rougeoyants qui fort heureusement les ignoraient totalement.

Ce n'est qu'un souvenir, Aran. Ils ne vous voient pas mais évitez de les toucher. Un souvenir peut devenir réel si vous y croyez trop fermement.

En faisant attention de rester à l'écart des troupes qui convergeaient vers le palais assiégé, Haldren guida son roi jusqu'à un promontoire dominant la scène. Artiön put alors constater qu'il s'agissait autant d'un palais que d'une forteresse, sise au centre de la vaste caverne et conçut avec autant de grâce architecturale que d'efficacité militaire. Les escarpes et contrescarpes admirablement conçues permettaient aux arbalétriers de faire pleuvoir une grêle de carreaux sur les assaillants, les meurtrières décorées de fines gravures donnaient aux sorciers des angles de tirs idéals pour lancer leurs incantations. Mais la marée assaillante régulièrement renforcée par de nouvelles troupes se trouvait trop nombreuse et peu à peu les défenseurs reculaient, tombant les uns après les autres, déjà une des portes du palais cédait sous les coups d'un massif bélier alors qu'un groupe d'assaut s'apprêtait à pénétrer par la brèche.

Ce palais était celui de mon clan. Il fut détruit voici six siècles suite à une tentative de prise de pouvoir par le patriarche d'alors qui espérait s'arroger le trône du Puy. Hommes, femmes, enfants... tous passés au fil de l'épée... très peu ont survécu. Il n'y eu pas de jugement, pas d'explications, juste la condamnation sans appel de tout le clan en guise d'exemple pour d'autres ambitieux. Sans mes liens avec le C'nros, je serais mort moi aussi en ce jour funeste. Des milliers de drows ont été sacrifiés sur l'autel du pouvoir avec la bénédiction d'Uriz. C'est à ce moment là que pour la première fois j'ai douté du bien-fondé des préceptes enseignés dans mon enfance.

Évoquer ce souvenir n'avait jamais été agréable pour l'ancien Triumvir mais cette fois-ci fut pire. L'émotion le submergea au point de le faire vaciller, de l'obliger à poser un genou à terre comme pour trouver dans le sol la force de supporter cette vision. Un haut-le-corps le saisit et un gout de bile lui remonta dans la gorge comme s'il avait mangé un repas manquant de fraîcheur. Les hurlements de douleur lui paraissaient plus atroces que dans son souvenir, l'odeur de la chair brûlée plus écœurante, la fumée de l'incendie plus âcre... comme si l'horreur déjà forte pour l'ancien drow dépassait le jeune elfe.

D'un geste, l'archimage les éloigna des lieux du combat et les deux elfes se matérialisèrent sur les flancs du volcan, non loin de la haute porte par laquelle passaient les osts drows lorsque l'Olath Blada les envoyait guerroyer en Anaëh pour la gloire du Coléreux. La nuit apportait un voile calme sur la zone, apaisée après la violence des combats. Essuyant de sa manche les gouttes de sueur qui coulait le long de ses tempes, Haldren inspira profondément avant de se tourner vers son roi.


Revoir tout cela après la quiétude de l'Anaëh... c'est plus douloureux que je ne l'aurais cru.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Mer 9 Jan 2019 - 16:42


Ta main l’espace d’un instant se dérobe à la sienne. Claquant comme un fouet ton bras se tend vers ton masque et te l’appose au visage. Puis tes doigts retrouvent leur place autour des siens, et les images vous dévorent. Etrange magie que celle-là, quelque part à mi-chemin entre jeux de lumière et tromperie spirituelle. Tromperie spirituelle contre laquelle ton esprit n’eut pas l’occasion de se battre… ou alors s’y refusa-t-il, puisqu’à travers ce souvenir, le mage t’offrait exactement ce que tu recherchais.

Tout ce à quoi tu t’attendais

Les cris, l’odeur du feu et du sang, le tintement du métal, la guerre dans toute sa violente splendeur. Comment… tu étais tant fasciné par l’histoire que par le médium. Tu voulais tout explorer, tout toucher, tout comprendre, quand tu n’avais à comprendre qu’une chose. L’espace d’un instant tu te laisses happer par les sirènes de ce monde imaginaire, charmé que tu es par la perspective d’une pareille façade sur le monde des Drows, mais l’Eldéen est rapide à te rappeler à la réalité – si ce mot porte encore le moindre sens – de votre situation.

- Je sais.

Non tu ne sais pas. Tout ce qu’Haldren vient de te dire est complètement nouveau pour toi. Tu ne sais rien des rouages intérieurs du Puy, ni leur justice ni l’histoire de ses grandes familles. Tu ne sais rien d’autre du Puy que ce qu’ont pu spéculer ceux de ta race à partir des affrontements avec son peuple, des racontars de Tebryn, et de ce que les plus courageux des honnis rapportent comme savoirs de Thaar. Et pourtant tout te paraissait l’évidence même. Comme si tout avait été ton propre souvenir… ou plutôt un lointain cauchemar.
Celui qui portait une telle horreur au cœur ne pouvait pas ainsi la regarder en face. Pas après s’être défait de sa carapace de suie. La main d’Haldren glisse de la tienne, et le mage succombe à ses propres jeux, tourmentés par ses propres souvenirs. Et tu ne peux que le croire. Seulement quand vous fuyez les cavernes pour les flancs de Vatna, sa souffrance ne te devient que prétexte à serrer les dents. Car tu as vu. Tu as vu les indescriptibles choses auxquelles ils soumettent les leurs. Et loin à l’horizon, guidés par les étoiles, tes yeux devinent la silhouette de l’Anaëh à laquelle ils s’apprêtent à infliger pire encore.

Ton visage se baisse vers un Haldren toujours accroupi, en position difficile, quand il t’adresse la parole. Et en réponse tu te baisses à ses côtés, et glisse ta main dans son dos et autour de ses épaules. Ta large paume s’en saisit avec douceur, et ton pouce lui offre une caresse réconfortante. Parce que tu sais que tu t’apprêtes à lui demander quelque chose de difficile.

- Je le vois. ta voix n’est que douceur, débarrassée de la fausse sévérité dont elle fut déguisée jusque là. Paradoxalement, c’est mis face à son pouvoir que tu en as le moins peur Mais tu l’as dit toi-même, ce n’est que le début. Il faut que tu m’en montre plus.

Ta poigne se resserre sur son épaule, et ton bras le rapproche encore un peu de toi. Ton focaliseur scintille toujours, ta magie lui court toujours à travers les veines, et tu aurais aimé accuser ton sortilège ; mais derrière les yeux embués que dissimule ton masque, il n’y a aucune sorcellerie. Seulement de l’empathie. Mais une empathie loin d'être suffisante à tout expliquer.

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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Jeu 10 Jan 2019 - 12:40


Se redressant, Haldren chassa les miasmes glaireux qui lui encrassaient la bouche en crachant vulgairement au sol après s'être bruyamment raclé la gorge. Pas très élégant comme attitude mais nécessaire pour se débarrasser du goût faisandé et amer qu'il avait ressenti face au souvenir de l'attaque contre le palais familial. Guidant son roi, il reprit la direction des portes de l'Elda et les passa pour s'enfoncer dans les profondeurs... ce qui métaphoriquement faisait d'eux les deux premiers elfes à y entrer librement... même si ce n'était que dans une illusion générée par un souvenir.

Ils marchèrent durant de longues minutes, descendant rapidement dans les tréfonds du volcan en passant à côté de nombreux drows qui vaquaient à leurs tâches quotidiennes. Cela ne déclenchait rien chez l'archimage mais il jetait de temps à autre un regard vers Artiön pour voir si ce dernier demeurait toujours aussi stoïque de se retrouver ainsi au beau milieu de la capitale ennemie. Certes rien n'était réel mais plus d'un à sa place aurait au moins sué à grosses gouttes ou claqué des castagnettes en rythme.

Enfin ils arrivèrent devant une grande bâtisse dans laquelle Haldren s'enfonça sans hésiter, montant des escaliers qu'ils avait parcouru des milliers de fois si ce n'est plus. Ils entrèrent enfin dans des appartements d'un luxe ostentatoire, abusif, exagéré, dans lequel un Haldren un peu plus jeune (et surtout drow) se tenait face à une humaine à qui il tendait une lourde bourse où s'entendaient des cliquetis de pièces métalliques. Non loin d'eux un bébé dormait paisiblement dans un landau.


Plynn nindol plak'la, kl'ae ol whol udossta dalharil. Belbau ilta l'alurl screa'uth, Usstan orn doer lu'kyorl ilta vel'drav usstan shlu'ta.
(prends cet or, utilise le pour notre fille. Donnes lui la meilleure éducation, je passerai la voir lorsque je le pourrai)
Zil dos daewl, jabbuk.
(comme vous le voudrez, maître)

Un sourire amusé apparut sur le visage du drow.

Usstan tlun nau velendev dosst jabbuk. Alu, dos ph'duul'sso.
(je ne suis plus ton maître. Va, tu es libre)

Haldren l'elfe referma la porte, laissant Haldren le drow à sa vie, et reprit sa marche dans le couloir d'un pas cette fois plus lent, plus apaisé. A l'inverse de l'attaque du palais, ce moment d'intimité familiale lui faisait du bien, rappelant que même dans les ténèbres de la vie d'un drow brille parfois une lueur d'espoir. S'accrochant à cette sensation qui s'estompait à mesure que le souvenir refluait dans son esprit, l'ancien Triuvmir entreprit d'expliquer à son royal accompagnateur ce à quoi ils venaient d'assister.

Au Puy, les demi-sangs sont au mieux des esclaves car la pureté raciale n'y tolère pas d'exception. Ma fille... Amshet... méritait une meilleure vie. Elle n'a pas mal réussie d'ailleurs, au point de devenir la Princesse Marchande d’Uldal’Rhilz en Ithri'Vaan.
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Jeu 10 Jan 2019 - 18:19


L’Elda… Tu découvrais l’Elda, et le stratège en toi se demandais à chaque seconde à quel point ce qu’Haldren t’en dévoilait pouvait être proche de la réalité. À quel point le souvenir pouvait être tordu de subjectivité. S’il ne l’était pas, à quel point les cavernes du Vatna avaient pu changer depuis toutes ces années.

Probablement trop peu.

Au fur de la marche tu te trouves forcé de desserrer ton accolade, emporté que tu es dans la contemplation, mais maintenant ta main se refuse à quitter le dos de ton guide. Tout ça n’est pas réel. Pour toi tout cela n’est qu’hypothèses et fiction. Mais pour lui tout est réel. Du moins pour lui tout fut réel. Les battements de son cœur et l’inflammation de ses nerfs t’ancre finalement plus dans cette fausse réalité que les images en elle-mêmes.

Et certainement plus que les mots.

Ton regard voguait rapidement de la scène se jouant devant vous à la personne physique d’Haldren à tes côtés. Déjà parce que l’observer comme il était avant, ne partageant finalement avec sa personne actuelle presque que les traits de son visage était profondément perturbant. Ensuite parce que tu étais loin d’être versé dans l’Eldéen, et que si tu comprenais qu’il y avait là une affaire d’enfant et de paie, il t’était impossible de comprendre si l’humaine était rémunérée pour service rendu, s’il s’agissait d’une rançon ou si tu te retrouvais au contraire face à une forme de générosité.

Heureusement, ton guide était là, à défaut de tout te traduire, pour t’expliquer les tenants et aboutissants du moment… et te rappeler par la même occasion que de l’elfe au drow, il n’y avait qu’un pas. Votre peuple aussi donne beaucoup de valeur à la pureté du sang, car votre sang porte le don de Tari qui vous protège de la mort. Le Règne de Dyarque aura cimenté dans vos esprits la foi en une vérité aussi terrible qu’elle était essentielle à la survie de votre peuple. L’union du sang d’elfe avec celui des mortels est une abomination, une offense envers la Voilée, qui si elle n’est pas passible de mort, finira par emporter celui qui l’a commise tôt ou tard.

Quand l’amour de sa vie mourra.

Quand son enfant mourra.

Quand les enfants de son enfant mourront.

L’immortel ne survivra que pour mieux être dévoré par la dépression.

L’immortel ne survivra que pour trouver une mort plus atroce.

C’est une bien triste réalité. Accepter les sang-mêlé parmi vous, c’est accepter de mourir.

- Il y a une différence entre réussir dans la vie et réussir sa vie..  

Tu reprends ta position d’avant ce nouveau souvenir, offrant un peu de compassion à l’ex-Drow là où tes mots allaient claquer sèchement.

- Pour ce que je sais de l’Ithri’Vaan, devenir Princesse-Marchande lui aura certainement gagné du confort, mais je doute fort qu’elle y ait trouvé sa tranquillité ou son bonheur.

En tant que Drow en tout cas il avait été capable d’éprouver de la miséricorde. En tant que Drow il avait été capable de pousser sa progéniture vers ce qu’en tant que Drow il percevait comme une valable source de bonheur et de satisfaction. Sauf qu’aujourd’hui il n’était plus sensé parler en tant que Drow… alors cette erreur ne le rendait que plus crédible à tes yeux. L’erreur quand aussi candidement faite est la preuve de l’effort du moment – à condition qu’elle soit source d’enseignement.
Tu t’inquiéterais si après tant de temps au sein de la société elfique, la vie décadente telle que l’on décrit celle des Princes Marchands était plus proche de sa notion de bonheur que l’harmonie régnant au sein des forêts d’Anaëh.

- Tu ne la regardes même plus de la même manière qu’avant. de miséricorde à amour, la frontière est aussi mince que la route est longue Ce n’est pas elle qui  t’a poussé de l’autre côté de la frontière, je me trompe ?

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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Lun 14 Jan 2019 - 16:11


Le roi voyait juste dans sa question. En effet Amshet n'avait rien à voir avec la frontière qu'Haldren venait de passer quelques saisons auparavant en rejetant le joug d'Uriz, et de fait cela aurait probablement interloqué la Princesse de voir son géniteur renoncer ainsi au pouvoir qu'il possédait en Elda pour aller vivre une vie certes paisible mais surtout fort simple en Anaëh. Un tel changement, un tel renoncement ne pouvait s'admettre qu'après un choc émotionnel bien plus violent que tout ce qu'ils venaient de voir.

Venez.

Ouvrant un portail, l'archimage guida son roi vers une autre destination.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le fracas des armes s'était tût mais une odeur acre de fumée planait encore sur le champ de bataille, couvrant mal celle des cadavres en décomposition que picoraient quelques corbeaux avides de chair fraîche. Réprimant difficilement un haut-le-cœur, Haldren regarda le camp des osts drows et au loin la forteresse en ruine de Fort Ellyrion au sommet de laquelle se dressaient les bannières de l'Elda. Artiön put aisément deviner qu'ils se trouvait quelques heures ou tout au plus quelques jours après le retrait de l'armée elfe dans les profondeurs d'Anaëh. Non loin d'eux le principal pavillon de commandement semblait bruisser d'une activité aussi joyeuse que concentrée, une atmosphère mêlant la satisfaction de la victoire à la rigueur qu'allait imposer la suite de la campagne. De nouveau un Haldren-drow les dépassa, discutant respectueusement avec un grand gaillard aux traits fins qui irradiait l'autorité tout autour de lui.

Vous êtes-vous déjà demandé, Aran, pourquoi nous n'avions pas poussé notre avantage après la bataille de Fort Ellyrion ? L'armée royale venait d'être vaincue, Dyarque lui-même avait dû battre en retraite, la grande forteresse de la frontière gisait en ruines et l'Annon s'ouvrait à nous comme un trophée. Nos plans de campagne étaient prêts, je le sais car en tant que Ditronw Da're j'assistais fréquemment aux séances de l'Olath Blada, le conseil de guerre drow. Certes nos pertes étaient plus lourdes que prévues mais la foi en Uriz animait nos troupes qui déjà se voyaient entrer à Alëandir et les Obok Senger n'ont jamais pris en considération le prix du sang qu'il faut payer pour vaincre un ennemi. Toutes les forces de l'Elda se trouvaient unies derrière Brylyan Naerth, le Karliik Glenn et souverain incontesté des sombres. Aurions-nous réussi à percer vos lignes de défense devant la capitale avant que Dyarque ne puisse faire venir suffisamment de renforts des protectorats du nord d'Anaëh ? Je le crois, même si cela n'a finalement plus d'importance aujourd'hui.

Les deux elfes commencèrent à déambuler parmi le camp drow, au milieu des soldats qui soignaient leurs blessures ou aiguisaient leurs armes ébréchées par la violence des coups portés. Une armée fatiguée certes, mais une armée prête à en découdre de nouveau avec l'ennemi elfe mille fois honni.

Et pourtant près de dix ans se sont écoulés avant que les osts eldéens ne marchent sur Eraïson, dix années durant lesquels l'Anaëh a pu se préparer, reprendre son souffle, recoudre ses plaies. Dix années qu'aucun stratège compétent ne vous aurait laissé. Et croyez-moi Aran, les drows disposent de stratèges très compétents. Mais il s'est produit quelque chose d'imprévu. D'incroyable. De choquant. Brylyan Naerth fut assassiné quelques ennéades seulement après la victoire de Fort Ellyrion. Sur le coup je n'en ai pas saisi toutes les implications... il m'a fallu des années pour admettre l'affreuse réalité. Car en soit cet assassinat n'apparaissait que comme une énième péripétie dans une histoire troublée qui dure depuis huit cycles avec son lot de violence récurrente. Ce n'est pas la mort de Brylyan qui m'a fait basculé, mais la raison de sa mort.

A nouveau le sortilège de mémoire s'activa, les emmenant... ailleurs.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Ils se trouvaient de nouveau au Puy, tout du moins est-ce qu'Artiön pouvait supposer car la vaste pièce ne possédait pas de fenêtre visible. Mais cela n'avait guère d'intérêt car seul comptait le cadavre décapité gisant dans une marre de sang juste devant eux. Artiön put aisément reconnaître le drow mort : il s'agissait du grand gaillard devant qui tous s'inclinaient à Fort Ellyrion. Brylyan Naerth, son alter-ego d'une certaine façon.

Derrière le cadavre, un drow irradiant une aura n'appartenant pas à ce monde se dressait fièrement, l'épée encore rougie du sang royal. D'une voix puissante il s'adressa aux gardes qui se tenaient stupéfaits devant la porte.


Allez, annoncez à chacun et chacune dans le Puy d’Elda qu’aujourd’hui, par la Volonté d’Uriz, le Karliik Glenn est déchu et mort… Annoncez à chacun que le trône laissé vacant reviendra à qui s’estimera capable de s’y asseoir et d’y demeurer.

Haldren désigna l'inconnu à Artiön.

Vous le reconnaissez ? Il était à Fort Ellyrion lui aussi... Tebirahc Zaurahel, Obok Senger d'Thalack d'l'Trelao Chath... commandant du 1er ost, si vous préférez. Un de nos meilleurs guerriers, un stratège remarquable, un chef adulé par ses soldats, l'incarnation parfaite du drow tel que souhaité par le dogme des prêtres. Devenu après la bataille de Fort Ellyrion le Gardien d'Uriz, le Feu du Coléreux, la Main du Père... et l'assassin du roi. Cet assassinat et l'invitation du Gardien à s'emparer du trône plongea le Puy dans des troubles politiques dont nous mîmes bien des années à nous remettre, lorsque je forgeais un nouveau Triumvirat avec Elvanshalee Hune'Baenre et Malag'eyl. Ces années permirent à l'Anaëh de se préparer, ce fut un don que vos chefs de guerre ont su exploiter intelligemment.

S'agenouillant, l'archimage se saisit de la tête de Brylyan et la posa près de son corps. Puis il détacha la cape du Karliik Glenn et en recouvrit la mase de chair mutilée, comme pour exprimer ses regrets envers celui à qui autrefois il obéissait. Ou peut-être tout simplement par respect envers un Souffle tombé ?

Uriz n'a jamais porté d'intérêt réel à la victoire des drows. Il a lui-même orchestré l'affaiblissement du Puy après Fort Ellyrion pour s'assurer que la guerre continuerait. Le... "Père"... le dégoût se sentait dans la voix de l'archimage... ne rêve que d'une chose : un conflit éternel entre l'Elda et le reste du monde, un conflit apte à assouvir sa soif de sang, son lucre pour la destruction, son désir de mort.

La voix du repentant se perdit dans le lointain.

Huit cycles, Aran. Huit millénaires de souffrance, de guerres, d'atrocités, de cruautés... pour... rien ? L’éradication des Cretoks, l'anéantissement de Nisétis... de grandes victoires drows, oui... et qu'en avons-nous tiré ? Le Puy règne-t-il sur les marécages de Faelia ou les Terres Stériles ? Les carnages lors de la bataille de Nelen puis la bataille des Cendres nous ont permis de gagner... quoi ? Sol'dorn ? Un protectorat réticent à obéir aux directives du Puy, qui n'a jamais permis de dominer le reste d'Ithri'Vaan. La bataille d'Alonna ? Une occasion offerte aux ennemis de l'Elda de s'unifier de nouveau alors que les dissensions les ravageaient.

Force était d'admettre que l'Elda, malgré ses nombreuses campagnes militaires et certaines victoires retentissantes, n'avait jamais  réussi à s'imposer militairement loin de ses frontières. Des guerres trop lointaines, insuffisamment suivies ou visant des objectifs secondaires limitait toujours la race Sombre à son volcan.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Une dernière fois le brouillard les enveloppa et ils rouvrirent les yeux à Alëandir, dans le palais du trône blanc, la main de l'archimage reposant dans celle du roi comme s'ils n'avaient pas bougé d'un pouce depuis de longues minutes.


Les Dieux jouent avec le destin des Souffles, Aran. Mais Uriz joue un jeu où tous les pions sont sacrifiés et cela m'est insupportable.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Lun 14 Jan 2019 - 18:11


Cette scène en particulier t’arrache un haut le cœur, parce que cette scène en particulier tu l’as vécue. Ellyrion. La terrible débâcle d’Ellyrion. Le sang versé à tort et à travers. La magie rendue folle. Les inventions monstrueuses des sorciers Drows, auxquelles répondaient les implacables créations du Peninor Angol. Vous aviez tant perdu à Ellyrion. Vous aviez tant sacrifié là-bas… et pour si peu de choses.
Ta respiration est lente, et ton regard rageur, incapable que tu es d’accepter que ce que tu vois fut jamais vrai. Et plus l’ancien Eldéen parle, plus il te décrit la vision qu’avaient les Puysards des retombées potentielles de ces batailles, plus tes mâchoires se serrent. Oui. En tant que toi-même commandant des forces armées de ton Protectorat, tu t’es demandé pourquoi les Drows n’ont pas pressé leur avantage. Parce que tu voulais qu’ils fassent cette erreur.

Tu continues de l’écouter religieusement, mais tu ne peux empêcher tes pensées de voguer vers tes propres souvenirs. Tes souvenirs d’une milice brisée, et la rage aux dents. Tes souvenirs d’une armée crampée à ses lames et à ses flèches au point d’en avoir les paumes qui saignent. Ils en sont les descendants, alors ils devraient savoir. La fureur des elfes n’est jamais plus destructrice qu’après qu’ils aient contemplés les visages distordus de leurs morts.
S’ils avaient pressé leur avantage, vous auriez répondu avec une férocité qu’ils ne connaissent que trop bien. La forêt excitée vous aurait suivi. Et pour peu qu’ils aient maintenu le même effort qu’à Ellyrion, l’Elda aurait eu à essuyer le plus grand carnage qu’elle n’ait jamais connu. Ah, dans le temps, tu l’attendais, tu l’espérais, qu’ils s’offrent à vous, mais tu le vois maintenant. Sortir victorieux d’une pareille bataille vous aurait coûté l’esprit.

L’indolence née de la décennie de troubles Eldéens aura sauvé autant de leurs vies que de vos Âmes.


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Tu vois leurs jeux de pouvoir. Tu vois se jouer dans leur sein l’exact reflet de ce qu’a infligé Tebryn à votre forêt. Tu vois l’éhonté désir de violence dans leurs yeux, et ton dégoût va crescendo alors qu’explose celui de ton guide. Autant envers ton guide qu’envers tes ancêtres. Autant envers ces Drows qu’envers toi-même.

Parce que les sentiments dont s’abreuve les Drows durant toute leur vie ne leur sont pas exclusifs. Les sentiments dont s’abreuvent les Drows, vous les nourrissez vous aussi. Cette haine inconditionnelle, cette inaptitude à pardonner, c’est la raison même ayant justifié que tu lui demandes de dévoiler ses souvenirs. La juste colère d’Hiril Lôthren n’est jamais que le contrepoint à l’insatiable rage d’Artir.

Et si Elle vous a donné la sagesse nécessaire à ne pas y succomber, Il l’a assez marquée pour que vous en portiez les stigmates.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



- En réalité ton timbre est légèrement étouffé vous le saviez déjà d’avant la chute du Linoïn. ta voix se refuse à trembler, mais derrière ton masque, la première larme a coulé Calimenthar… ou Uriz si c’est ainsi que vous… tu soupires, marques une pause, et reprends qu’ils l’appellent, n’a jamais été un dieu de conquêtes. C’est un dieu de défis et d'épreuves.

Ta main se retire doucement à la sienne, tu déglutis avec difficulté, et tu laisses planer le silence. Sans aucun moyen de prouver la véracité de tout ce qu’il t’avait montré, si ce n’est ce que tu auras pu percevoir des réponses de son corps, tu te retrouves seul face à ton jugement.
En réalité tu ne sais pas plus ni quoi dire ni quoi penser qu’au départ. Son récit te paraît crédible, ses motivations te paraissent logiques, et tu comprends ce qui a pu pousser le Culte à le relaxer… mais tu n’arrives pas pour autant à pleinement le pardonner. Tu n’en as pas assez vu de lui pour te positionner. Il te faut du temps. Au moins aura-t-il gagné de toi que tu lui en accordes.

- Mais je veux bien te croire quand tu dis en être fatigué. la tension dans ta voix s’efface petit à petit Je te mentirais si je te disais que tout ça est suffisant. D’ailleurs, je suis à peu près certain que te laisser espérer que le conte de ta vie finisse par être suffisant serait aussi un mensonge. tu laisses échapper un rire gêné Seulement tu mérites au moins qu’on te laisse l’occasion de prouver ta bonne foi. Alors c’est l’occasion pour toi d’enfin chercher activement ta place en Anaëh. tu te lèves Pour peu que tu aies un souci face auquel le Culte de Kÿria n’arrive pas à te guider… ou pour peu que tu aies besoin de quelqu’un à qui parler, je suis là. tu tends le bras vers la sortie Mais en attendant, tu es libre de vaquer à tes occupations.

Et trop d’yeux étaient posés sur lui pour que tu ne finisses pas par découvrir ce qu’elles sont.

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MessageSujet: Re: Salle du Trône | Le poids d'un jugement [PV Haldren]   Aujourd'hui à 13:41


Une absolution ? Non pas vraiment, plutôt un sursis, un délai pour laisser au repentant le temps de démontrer qu'il ne présentait aucun danger pour l'Anaëh ou pour ses habitants. Haldren ne ressentait aucune amertume face à cela, pleinement conscient qu'Artiön aurait été fou de lui ouvrir les bras et de l'accueillir sans conserver la moindre once de méfiance. Les races éternelles sont patientes et l'avenir seul pourrait démontrer la sincérité (ou non) de l'ancien Triumvir. Le suzerain se sous-estimait en jaugeant que le tuer n'aurait pas constituer un acte fort apprécié aux yeux d'Uriz, mais Haldren savait qu'il aurait d'autres opportunités de lui montrer sa loyauté. Les paroles de cet entretien ne constituaient qu'une fondation sur laquelle il faudrait encore bâtir pour y ériger une relation de confiance.

Je vous remercie et je loue votre sagesse. A votre place je ne sais pas si j'aurais su en faire autant. Suilannad, Aran, puisse la déesse veiller sur vous.

S'inclinant profondément, l'archimage quitta la pièce, laissant le souverain de l'Anaëh perdu dans ses pensées.

[FIN]
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