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 Tanquam ægri somnia.

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Lyorindel Minervia
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MessageSujet: Tanquam ægri somnia.   Mer 9 Jan 2019 - 19:45


3e ennéade de Karfias
12e année du Onzième Cycle
En suite à Un pari audacieux





Voilà, Artiön m'a passé sa manie de tourner en rond. J'ai déjà fait le tour de mon bureau un bon paquet de fois, je n'ai pas compté d'ailleurs. Impossible de fermer l’œil, pas après ce que m'a dit le roi. Mes paumes me démangent, la Symphonie me dit que ça ne va pas du tout. Je n'ai pas besoin de la sagesse de l'Anaëh pour ça, la réponse m'a été donnée par l'Heru Aran lui-même.

Abandonner Daranovar.

C'est impensable. Non il ne pouvait pas être sérieux. Il doit avoir prévu quelque chose pour s'assurer que la ville ne soit pas abandonnée. Non. Il était sincère. Il ne sait pas si notre ville natale se dépeuplera ou non et même s'il savait que ça allait être le cas il ne pouvait rien y faire. Comment pouvait-il faire quoi que ce soit pour protéger sa cité tout en disant à d'autres d'abandonner la leur? Pourtant je ne peux m'empêcher de penser qu'il a forcément prévu quelque chose d'indirect ; mais il m'en aurait parlé non? Après tout ça me touche aussi. J'arrête de tourner et me plante devant la fenêtre de mon bureau puis je regarde les plantes qui ont poussé le long des murs de la maison d'en face. A voir ce spectacle on pourrait croire à une sorte de symbiose, malheureusement Daranovar n'a pas eu cette chance et que dire de Lanthaloran? Pourquoi est-ce qu'Hiril Lothren s'est-elle montrée si dure avec Lanthaloran?

J'attrape mon manteau dont je m'étais débarrassé en le jetant sur mon siège à mon arrivé chez moi et je le ferme en marchant, je m'enfonce ensuite dans les rues d'Alëandir plongées dans les ténèbres par la nuit sans lune. Je resserre mon manteau sur mes épaules, j'aurai bien fait de la lumière mais je préfère me déplacer dans le noir. Les vieilles habitudes ont la vie dure que voulez-vous. Une fois arrivée au palais les gardes de nuit me saluent d'un hochement de tête mais ils sont surpris de me voir, surtout à cette heure. Je m'arrête pour discuter un peu. Y'en a un qui me dit qu'il a choisit le service de nuit malgré l'ennui pour pouvoir passer du temps avec sa fille la journée, Elincia qu'elle s'appelle. Elle a à peine soixante ans mais son tuteur a déjà décelé un bon potentiel magique. Vu que la discussion passe sur la magie j'en profite pour leur demander si le Artiön dort. Ils me répondent que non et malgré mon empressement je reste parler un moment avec eux, je profite d'un relâchement de la discussion pour leur souhaiter une bonne nuit et m'éclipser.

Se promener dans les couloirs du palais la nuit a quelque chose d'irréel, voir ces longs couloirs vides alors que d'ordinaire il y a toujours du monde ressemble bien trop à un présage à mon goût. Ça n'aide pas à apaiser mes craintes. Contrairement à ce que je pensais plus je m'approche de la chambre royale moins je croise de gardes jusqu'à n'en trouver qu'un seul. En lieu et place d'armes il a des couvertures dans les bras qu'il transporte des quartiers royaux jusqu'à une remise. Lorsque le son de mes bottes claquant sur le sol attire son attention je me rends compte que son casque est plus petit que ceux des autres gardes, son armure semble être une taille en dessous de celles réglementaires. Son visage marqué par la fatigue a deux grands yeux bleus innocents qui me demandent ce que je fais là et surtout pourquoi à cette heure. Je lui souris et m'en vais toquer à la porte d'Artiön dans l'espoir qu'il ne se soit pas couché entre temps.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Jeu 10 Jan 2019 - 4:25


Ce soir encore tu serais seul avec toi-même. Glisser du rôle de Main Droite d’Ardamir à celui de Rîn Berith était loin d’être une mince affaire. L’excitation du mariage vous l’aurais presque fait oublier : il lui restait encore un nombre incalculable d’affaires à régler en tant qu’Ardamirie avant de s’adonner à quelque affaire royale. Il te faudrait encore probablement attendre une poignée d’ennéades avant de pouvoir retrouver Kaëlistravaë… et c’est qu’elle te manquait depuis l’apposition des tresses ! En tant qu’épouse autant qu’en tant qu’alliée.
Tu ne les comptes plus les doléances auxquelles tu sais pertinemment qu’elle aurait répondu bien mieux que toi, et bien plus efficacement que toi. Elle était plus douce, plus patiente, plus en touche avec les émotions des autres que toi. Pour que toi tu partages réellement quelque chose il faut que l’instant soit propice. Pour elle tous les instants étaient propices.

Alors comme d’habitude, lorsque la frustration te gagnait, tu allais l’expier les poings fermés sur la fonte. Dès lors que de Daranovar tu avais pu faire venir ton attirail, ta routine quotidienne avait repris bon train. Comme chaque jour passé loin du terrain, les collections de poids forgées par Cìryon se faisaient tes meilleures amies de quelques heures. Comme chaque jour passé loin du terrain, tu te renforçais les cales des mains à soulever de toutes les manières possibles et imaginables les masses de fonte jusqu’à ce que ton corps n’en puisse plus. Et puisqu’aujourd’hui la frustration était particulièrement grande, même après que ton corps ait abandonné la bataille, tu lui trouvas une pincée de forces supplémentaires.

Et même si ainsi t’épuiser ne t’était pas agréable, ce que tu en obtenais en valait la chandelle. Et si le corps puissant que tu te forgeais ainsi ne te suffisait pas, l’immense soulagement des bains d’après l’exercice pesait son poids dans la balance.
Ta peau frisonne de plaisir alors que tu te glisses dans l’eau froide. Tu soupires de satisfaction à gratter, armé de ton gant de toilette et de savon, la crasse accumulée durant la journée. Tu te laisses flotter parmi les arômes fleuris de tes huiles de bain, et tu t’endors à moitié, n’émergeant finalement que lorsque les humeurs commencent à redescendre. Ton rituel ne finis pas là cependant, s’allongeant de quelques minutes au moment où tu quittes le bain pour t’occuper de ta crinière adoucie par l’humidité.

Ensuite venaient les heures que tu réservais à l’étude. Le corps détendu et l’esprit clair, tu pouvais consciencieusement te plonger dans ce que tu avais pu récupérer des études de ta mère et de ses collègues Vitalistes du Peninor Angol. D’une part de longs traités sur l’innervation, sur les énergies du corps, sur l’importance du minéral dans le biologique. De l’autre des sujets plus sombres, de la toxine naturelle à la maladie au sein du peuple elfe. Des deux parts, des recherches aussi terribles que passionnantes, te forçant chaque fois que tu t’en appropriais un peu plus à mieux comprendre ce pourquoi elle avait refusé de se faire ta tutrice.

Aujourd’hui néanmoins ton labeur s’écourte plus abruptement qu’à ton habitude. À une heure trop tardive pour qu’il s’agisse de l’un des Conseillers du Trône, ta porte se plaint d’être passée à tabac. Tu souris, persuadé savoir de qui il s’agit. Et si depuis l’intérieur des appartements royaux tu t’annonces, tu as vite fait d’oublier que celui à qui tu pensais ne connaissait pas son Roi sous cet angle.

Et quel angle !

Tes cheveux d’un platine rosé, la frisure alourdie par l’humidité qui les imbibe toujours reposent mollement sur les épais trapèzes qui t’élargissent le cou. Et les plus longues d’entre tes mèches en se logeant entre tes clavicules guident le regard jusqu’à ton imposante poitrine, encore légèrement dilatée des suites de l’entraînement. Es-tu bien un elfe ? La rondeur de tes biceps – dont tu fis démonstration dans tous leurs stades de contraction au cours d’un long étirement de lassitude – pourrait bien faire croire le contraire ; mais la finesse de ta taille, et la longueur de tes jambes, malgré le musculeux galbe de tes cuisses, étaient sans équivoque.

- Ah Lyorindel ! Qu’est-ce qu’il y a pour toi ?

Un doux sourire venu apaiser un faciès découpé au couteau : pas plus de conventionalité dans tes salutations. Pas plus de conventionalité qu’il n’y en avait dans ta tenue très modeste - bien que ce qu’elle se veuille dissimuler soit tout sauf modeste. L’heure de ces choses était passée.

- Et… tu es toujours là toi ? tu lances à l’adolescent médusé, le rire aux lèvres Tu devrais aller te reposer, tu auras largement le temps de finir tout ça demain. ton attention se porte à nouveau sur ton ami épervier Je t’en prie Lyorindel, entre et une dernière fois sur le jeune blond et toi va te reposer !

Tu invites l’épervier à l’intérieur d’un large geste, et une fois ton ami entré, devant le jeune homme toujours paralysé, tes muscles roulent une dernière fois sous ta peau, lui offrant une vision d’un envers tout aussi impressionnant que ton devant juste avant que ta porte ne se referme.
Et le pauvre commis aux couvertures reprit finalement ses esprits, certainement pour se raisonner quant à si l’elfe qui venait de voir était bel et bien le Roi.

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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Jeu 10 Jan 2019 - 15:09


Je caches un sourire en me couvrant la bouche pendant un toussotement, bon ce n'est pas la faute d'Artiön, il ne peut pas savoir que derrière la porte se trouvait la dernière recrue de la garde ; au final le jeune elfe ferait mieux de s'habituer le plus tôt possible à voir son roi dans ces circonstances, surtout s'il est en poste dans cette aile du palais. Je rends son sourire au roi mais ce n'est pas un sourire doux comme le sien, c'est un sourire contrit, en tout cas un sourire que le jeune elfe ne peut pas voir. De toute façon il est obnubilé par la condition d'Artiön. Mais le pauvre n'arrive pas à détacher ses yeux du corps quasi-nu de son souverain, je ne sais pas si c'est à cause de la surprise, du choc, ou son orientation sexuelle, qui sait?

J’acquiesce lorsqu'Artiön me dit d'entrer et m'exécute. "Je te présente toutes mes excuses, je ne devrai pas venir te déranger à cette heure mais je dois absolument te parler d'un sujet grave, d'un sujet personnel." Je prends une grande inspiration avant de poursuivre. "Mais avant ça, est-ce que tu as quelque chose à boire?" Je regarde mon ami s'en aller vers ce que je pense être une carafe d'eau tandis qu'une petite voix au fond de moi me dit qu'il faut que je commence à parler avant de ne plus en avoir le courage. D'habitude je n'écoutes pas cette petite voix mais pour le coup elle a raison. Alors avant que l'Heru Aran n'ait atteint un petit buffet je commence à déballer ce que j'ai sur le cœur. "C'est à propos de Daranovar, tu n'étais pas sérieux ce matin?" J'ai un regard presque suppliant. Maintenant que nous ne sommes que tous les deux je n'ai plus aucun intérêt à cacher mes émotions comme lorsque nous étions dans la salle du trône.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Jeu 10 Jan 2019 - 21:03


- Pas de souci Lyo, les amis sont là pour ça.

Plutôt que de répondre en mots à la question de l’éclaireur, tu te diriges simplement vers ton espace cuisine. Tu tires deux verres d’un placard, et te saisis d’une carafe d’eau, que tu installes sur un plateau que tu te prépares à ramener à la salle de vie quand la détresse de Lyorindel te prend soudainement à la gorge. On dirait qu’un peu d’eau ne suffirait pas pour cette fois.

Tu laisses la carafe d’eau là où tu étais allé la chercher, et tu fouilles le buffet où tu ranges tes bouteilles à la recherche de quelque chose de plus approprié. C’est sur un cocktail de fruits sentant fort la pêche et la pomme que ton attention finit par s’arrêter, et c’est avec une attitude extrêmement sérieuse que tu installes ta table.

- Allez. Assieds-toi.

Tu tires une chaise au diplomate, et attends qu’il prenne place avant de vous verser à chacun un grand verre de liqueur, et t’installes à ton tour de l’autre côté de l’angle de la table. Tu inaugures la boisson, en coulant une grande gorgée avant de répondre, le regard dramatiquement vrillé dans celui de Lyorindel.

- Malheureusement si. ton visage s’adoucit, compatissant Ce ne serait pas juste de ma part de choisir de sauvegarder ma Cité d’origine alors que toutes les autres risquent leurs murs. J’aime Daranovar au moins autant que toi, et je dois bien t’avouer qu’après avoir autant lutté durant la dernière décennie pour qu’elle revienne sur ses rail, je serais plus que déçu d’avoir à l’abandonner.

Déçu, mais pas forcément aussi dévasté que d’autres pourraient l’être. Tu étais né de Lanthaloran. La Cité de ta jeunesse était déjà tombée. Que Daranovar suive et sa chute te serait certes douloureuse, mais ce ne serait pas la plaie déchirante qu’avait été la première fois.

- Mais si ça peut te rassurer, vu l’importance de la Cité des Armes dans l’histoire d’Anaëh, et surtout vu les dimensions de la Cité, je doute fort qu’elle soit choisie comme l’une de celles à abandonner.

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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Ven 11 Jan 2019 - 1:36


Je suis Artiön jusqu'à la table comme si je m'approchais de l'échafaud, avec des pas lents, la tête basse et un air fataliste. Alors je m'assoie. Je regarde mon verre plein et une fois qu'il s’empare du sien je l'imite et avale une gorgée. Je laisse l'alcool me réchauffer la gorge et le Souffle sans vraiment savourer le liquide qui est pourtant sûrement délicieux ; ce soir j'ai besoin des effets engourdissant de l'alcool et non pas du goût délectable d'une liqueur, il aurait pu me verser un verre d'eau forte que ça m'aurait allé tout pareil.

On repose nos deux verres d'une façon presque synchronisée et lorsque je croise son regard je me demande bien pourquoi je suis venu. Je sais déjà ce qu'il va me dire mais ce qui me détruit c'est qu'il a raison. Il a raison et il n'y a rien que je puisse y faire. La frustration bataille la tristesse sans qu'une des deux ne réussissent à prendre l'avantage et le contrôle de mon cœur. Enfin les mots que j'ai redouté toute cette journée tombent tel un couperet. Malheureusement si. C'est un horrible manque de tact, ça témoigne d'un défaitisme effroyable, d'une d'honnêteté insoutenable mais surtout: c'est vrai. J'aurai préféré mille fois un mensonge mais je sais que j'aurai préféré un mensonge pour quelques jours seulement avant de me sentir trahi. Je reprends une gorgée d'alcool alors qu'il se remet à parler, j'en ai besoin.

"Je sais..." Je termine mon verre d'une traite, ce n'est certes pas très protocolaire mais qu'I Thelan l'emporte ce foutu protocole, les dieux savent que les humains en ont besoin. Je remplis celui de mon ami à peine entamé avant de me resservir. "Encore une fois tu as raison et c'est bien ce qui me chagrine. Pourtant tu pourrai. Tu pourrai, maintenant tu as le choix. A quoi bon se faire appeler Aran Lîn si l'on ne peut pas sauver ce que l'on aime?" Je ponctue ma phrase d'une gorgée et je me lève, mon verre à la main, pour faire les cents pas. Mon regard embrasse l'entièreté de la pièce avant de me retourner vers le roi.

"Ne me fait pas croire que c'est là la seule chose que t'octroies le titre d'Heru Aran." Dis-je en englobant d'un mouvement de bras théâtrale les appartements royaux. Ce soir j'ai envie d'être stupide, d'être égoïste, d'être puéril. Après tout c'est injuste! Tu ne peux pas abandonner Daranovar! Trop sont mort en son nom pour protéger l'Anaëh." Ça sonne comme des reproches, comme une accusation, comme si l'abandon de Daranovar était déjà acté et qu'Artïon venait à peine de lire et d'appliquer la sentence et c'est là qu'est la véritable injustice. Je bois encore, je fermes les yeux et ignore les soubresauts de mon corps qui se révolte contre le débit d'alcool que je le force à ingérer. Je ne termine pas mon verre, pas encore. Je me rends compte de ce que je viens de lui dire et je retourne m’asseoir, en tout cas c'est ce que j'essaye de faire. Mes jambes s’emmêlent et je me rattrape à la chaise mais le verre que je tenais m'échappe des mains et se brise sur le sol. Je m’effondre sur la chaise et regarde mon ami comme lorsque j'avais soixante ans et que je venais de faire une bêtise, je le regarde avec un air pathétique.

"Pardon 'Tiön."
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Ven 11 Jan 2019 - 3:53


Ta gorge aurait pu être drapée du sucre et de la chaleur de tous les alcools de ce monde que tes mots lui auraient paru froids comme les glaciers du Septentrion. Perdre son foyer, tu sais exactement ce que c’est. Sauf que contrairement à lui, ton foyer, tu t’étais retrouvé forcé de l’abandonner par des puissances au-delà de ton contrôle. Alors que Daranovar était à ta portée. À sa portée, et malgré tout, il devait se résoudre à ce qu’elle puisse disparaître demain. Et il porterait une partie du poids de sa disparition sur ses épaules, parce que c’était une décision à laquelle il avait activement participé.

Ton ami est confus, pris entre son devoir et ses sentiments. Perdu face à la relation presque fraternelle qu’il entretient avec celui qui détient maintenant les clefs de l’Anaëh. Et il s’en rend lui-même compte. Tu le connais assez pour le voir. Tu le connais assez pour savoir qu’il comprend la responsabilité que c’est que d’être Heru Aran. Le pouvoir que t’attribue ta charge, tu ne peux pas l’user à satisfaire ni à tes propres désirs ni aux siens. Le pouvoir que t’attribue ta charge est suffisant pour sauver Daranovar, et tu sais que sauver Daranovar serait la bonne chose à faire, pas seulement pour toi, mais pour tout le peuple Taledhel. Seulement, tu dois faire confiance au peuple Taledhel pour s’en rendre compte.

Tu es Seigneur-Protecteur d’Alëandir, et par la même occasion de tout Anaëh.

Tu dois à ton peuple de faire ce qu’il y a de mieux pour lui. Et parfois ce qu’il y a de mieux, c’est le laisser choisir.

Parfois pour protéger un homme il vaut mieux protéger son honneur.

Et en tant qu’ellon de ton peuple, et surtout en tant que ton ami, ta protection, Lyorindel risquait d’en avoir besoin dans l’immédiat. La tristesse et l’alcool ingéré trop vite ne font pas bon ménage, et le mélange est en train de le dévorer vivant. Tu te tiens sur le qui-vive, prêt à sauter de ta chaise, pour peu que l’épervier peine trop à trouver la sienne.
Quand le verre se brise au sol, c’est là que tu finis par craquer. Lyorindel se rattrape de peu à sa chaise, mais trop déséquilibré, il en soulève les pieds au même moment. Le pauvre s’effondre sur la chaise, mais la chaise s’effondre avec lui, et déjà résigné, perdu qu’il est dans ses pensées, il te regarde comme un animal battu en attendant la chute.

Tu le rattrapes de justesse, et sans qu’il n’ait le temps de demander son reste, tu le prends dans tes bras, comme l’enfant qu’il est, et a le droit d’être en ce moment. L’enfant que l’on arrache à son foyer, à ses racines, à l’endroit où il se sent en sécurité. Alors tu l’enveloppes, pour devenir cette sécurité pour un temps.

- Il n’y a pas de mal Lyo. l’oreille aussi proche de ta poitrine que l’était la sienne, s’il n’étendait pas ton cœur battre vite, il l’entendrait battre fort C’est juste un mauvais moment à passer.

Et Lyorindel était un militaire de formation, et d’éducation Daranovane en prime. Un homme entraîné à voir la mort en face. Un homme à qui l’on avait pris soin d’inculquer le sens du devoir. Et il était dévasté. Comment ? Tu n’oses même pas l’imaginer. Comment allais-tu faire, même avec le concours du culte de Kÿria, pour qu’un peuple entier ne se noie pas sous les larmes ?

- Tu verras. Au bout du compte tout ira bien.

D’entre toutes les Cités, Daranovar survivrait, tu en es convaincu. Quoi qu’en dise sa réputation, la Cité des Armes avait largement assez donné à travers les Cycles pour obtenir sa place parmi celles qui resteraient debout. Mais en attendant, tu reculais légèrement, ton ami toujours dans tes bras... le moment était particulièrement mal choisi pour risquer de marcher sur un bris de verre après tout.

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Lyorindel Minervia
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Sam 12 Jan 2019 - 12:41


Le sol qui d'ordinaire est à l’horizontale tombe à la vertical à une vitesse alarmante ; jusqu'à ce que je m'arrête, à une poignée de centimètres du sol, mon œil pas bien loin d'un bout de verre. Puis je m'en éloigne, le monde retrouve son horizontalité, sans que j'ai quoi que ce soit à faire. Une force qui me tire vers le haut sans que je ne le demande mais une force dont j'ai besoin, cruellement besoin. Tout comme l'étreinte qui suit. C'est ce qu'il me faut et pourtant j'ai l'impression de le gêner. Si j'en étais capable j'aurai eu un sourire sardonique. Je suis sensé servir, aider, épauler l'Heru Aran. Pas l'inverse. Les battements de son cœur me bercent, me rappelant ma mère, c'est ce qu'elle faisait pour me calmer il y a près d'un demi millénaire. Ça et me chanter une chanson ou me raconter une histoire. Mes préférées étaient les aventures de Milia le petit Celmoth qui devait protéger sa famille contre Silius le méchant Nieläv. Silius est très méchant parce qu’il veut manger la famille de Milia et c’est pour ça qu’il ne faut jamais s’approcher d’un Nieläv et c’est à cause de Silius qu’il ne faut absolument pas sortir la nuit. J'en retomberai presque en enfance. Mais j'y suis sûrement retombé vu la façon que j'ai de me comporter ce soir.

J'ai bien le droit de faire un caprice après quatre siècles ininterrompu de loyaux services. J'ai conseillé lorsque l'on me l'a demandé, j'ai risqué ma vie lorsque c'était nécessaire, je n'ai jamais questionné mes supérieurs même lorsque j'en ressentais l'envie, j'ai sauvé mes camarades sans y réfléchir, je n'ai jamais pensé qu'au bien de l'Anaëh et du peuple dans son ensemble. Alors je pense pouvoir me permettre une soirée de faiblesse. Pourtant je ne peux m'empêcher de me sentir coupable. Que je pense avoir mérité cette soirée ou non je sais que le moment est extrêmement mal choisi. Nous sommes à l'aube d'un changement colossal et j'ai pris ce soir-là pour faiblir. Enfin je ne l'ai pas choisi mais pour Artiön ça revient au même. Je me sens comme un poids pour lui qui a sûrement tant à penser sans que je ne lui en rajoute.

Tu verras au bout du compte tout ira bien. Comme disais mon père: à la fin tout ira bien, si tout ne va pas bien c'est que ce n’est pas la fin. J'esquisse un sourire maladroit, un sourire stupide parce que je ne suis pas en état de faire mieux. Heureusement qu'il n'y a plus de gardes dans les parages sinon ils auraient sûrement rappliqué en entendant le bruit du verre se briser. C'est amusant comme l'esprit peut passer à des choses triviales, occultant le plus important. Comme le fait que mon ami me traîne. Enfin il ne me traîne pas mais c'est l'impression que ça me donne. Je tentes de me relever en prenant appui sur je ne sais pas trop quoi, je sais que c’est solide et que ça ne bouge pas. Un canapé peut-être. Peu importe. J’ai du mal à me hisser mais je n'y parviens que grâce à l’aide d’Artiön. Je m’assois sur ce qui était effectivement un canapé et je prends ma tête dans mes mains avant de la relever pour regarder mon ami.

« J’aurai dû en parler. J’aurai dû en parler mais je n’ai pas osé. Je me croyais plus fort que ça.» Je prends une grande inspiration, j’aurai bien repris une gorgée d’alcool mais la table est bien trop loin et mon verre est éparpillé sur le sol. « Durant le Voile… » les mots restent coincés dans ma gorge nouée, je déglutis assez bruyamment afin de la dégager dans l’espoir que le problème soit bel et bien physique alors que je sais pertinemment que ce n’est pas le cas. Un peu de cette liqueur m’aurait fait du bien mais j’en ai déjà bu plus que de raison même si ce soir j’ai abandonné depuis un moment d’être raisonnable. Je reprends une grande inspiration pour poursuivre. Je sais que je dois toute dire d'une traite sinon je n'arriverai jamais à tout raconter. « Ma mère a rejoint les Noss. Elle est parti et quelques ennéades plus tôt un collègue m’a annoncé que mon père est mort. Il a essayé de vivre sans celle qui a partagé l’entièreté de sa vie mais il n’a pas pu. Il est allé voir la prêtrise de Tirith pour l’accompagner dans ses derniers jours. » Durant mon récit ma voix n’a fait que baisser pour ne devenir qu’un souffle et finalement s’éteindre sur le dernier mot.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Sam 12 Jan 2019 - 17:22


Le premier canapé venu te paraît une véritable bénédiction. Y conduire Lyorindel pour qu’il y prenne appui et s’asseye convenablement t’aura – tant littéralement que figurativement – retiré un sacré poids des épaules. Accompagner tes hommes à travers des temps difficiles, les épauler dans leurs combats, te tenter à leur offrir des perspectives, chercher des solutions, tu étais doué pour ça. Mais consoler quelqu’un de déjà brisé… ça n’avait jamais été ton fort. À l’heure actuelle tu ne sais pas vraiment quoi faire ni quoi dire sinon simplement rester avec lui et lui offrir ta présence jusqu’à ce qu’il ait terminé d’expier. Et tu aurais aimé pouvoir soupirer de soulagement quand il fut bien assis, et à chaque fois qu’il réussit à s’arracher quelques mots, tu aurais aimé pouvoir lâcher du lest en même temps que lui, mais tu sens bien qu’à l’heure actuelle, le moindre signe de faiblesse t’est interdit.
Il se sent déjà un poids pour toi. Il se sent déjà hors de son devoir, en conflit entre ses responsabilités et des émotions qu’il devrait être en droit de pouvoir exprimer. Que ton langage corporel le conforte dans l’idée que cette situation est difficile pour toi ne ferait que l’accabler de trop. Alors tu gardes ton calme, tu restes cette imperturbable figure paternelle aimante, empathique mais pas emportée. Celui qui comprend les maux mais n’y succombe pas. Cette présence rassurante sur la berge, qui plonge tête la première au secours des noyés, et par quelque miracle quand il les ramène au sol, s’extirpe de l’eau sans même être mouillé.

- Je suis désolé Lyo. tu t’assieds à côté de lui, et passe ton bras autour de ses épaules Le Voile a été une épreuve traumatisante pour beaucoup d’entre nous. tu invites sa tête à reposer contre ton épaule Et je sais que c’est extrêmement dur à entendre lorsque l’on y a perdu des proches, des amis et des parents… mais notre peuple en ressort grandi. Plus fort. Notre foyer en ressort renouvelé, plus vivant que jamais. tu le serres un peu plus fort, frottant son épaule comme pour le réchauffer La mort de ton père a peut-être été tragique, mais il est mort un héros silencieux, et les héros silencieux, ceux que l’on ne célèbre pas, ce sont ceux-là les plus grands. tu le regardes, lui offre un paisible sourire et des yeux avenants, leur bleu pétillant comme le reflet du ciel dans la rosée du matin plutôt que comme la glace qu’ils sont habituellement La Symphonie regagne nos frontières. Les plaies d’Anaëh cicatrisent à une vitesse extraordinaire. Et malgré toutes les questions que se posent les Taledhels depuis cette dernière décennie, ils n’ont jamais été un peuple aussi fier et aussi proactif. L’Anaëh s’épanouit comme un jeune arbre au printemps, et ton père en est le terreau.

Mais pour peu que tu sois perspicace et pas simplement en train de faire d’inutiles bonds de logique vers de fausses conclusions, par-delà le Voile, c’est à sa mère qu’en voulait Lyorindel. En partant rejoindre les Noss elle avait livré son père à la mort après tout. Elle l’avait trahi et brisé leur foyer. Une fois. Elle l’avait forcé à reporter son affection sur ce qu’il lui restait de représentation familiale. Daranovar.

- Quand ta mère est partie, je suis certain qu’elle ne l’a pas fait de gaieté de cœur, je suis sûr que ça a été douloureux pour elle de séparer la famille. Comme je suis sûr que malgré la douleur, ton père a dû se refuser de la retenir. Parce qu’il y a de grandes chances qu’avec l’effet qu’a eu le Voile sur son Souffle, rester entre les murs ait tué ta mère. Et ton père l’aurait suivi en portant le poids de la culpabilité jusque dans la Tourmente.

Et c’est ce genre de poids qui empêchait les Souffles d’atteindre les Forêts d’Emeraude.

- Il en est de même pour Daranovar. Pour peu que l’on ne soit pas prêts à faire le choix difficile, et à risquer notre Cité natale, elle finirait rongée par l’amertume. Et au lieu de choir en héroïne, elle s’effondrerait sur elle-même et mourrait indigne. ton regard se porte dans le vide Que Daranovar tombe, et sa Légende survivra.

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Lyorindel Minervia
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Dim 13 Jan 2019 - 5:15


Notre peuple ne ressort pas plus fort du Voile autrement l'abandon de cités ne serait même pas envisagé. Au final ce qui me touche c'est qu'il a abandonné son honnêteté tranchante pour me remonter le moral. Ce n'est pas un mensonge non plus, en tout cas ça deviendra vrai dans le futur, une fois cette histoire d'abandon acté et derrière nous, les taledhels seront unis et bien plus soudés que c'était déjà le cas. Mais encore fallait-il y arriver à ce point-là. Le point où enfin le Voile ne serait qu'un mauvais souvenir, que les cités se seraient reconstruites et que tous les elfes retourneraient à leurs racines traditionnelles. Il parait bien lointain ce point-là et en attendant d'y arriver je dois soutenir comme je peux le roi car il va en avoir besoin. Car je ne serai pas le seul à me retrouver dans cet état. Car la transition sera aussi difficile que douloureuse.

Je sors de mes pensées pour écouter Artiön, je l'écoute d'une traite, sans rien dire, sans rien faire, sans réagir. En même temps réagir aurait ruiné le discours, j'ai beau être imbibé d'alcool je n'en suis pas complètement stupide pour autant. L'intention du discours est louable certes mais la comparaison au terreau n'est pas vraiment judicieuse. Il est possible de l'interpréter d'une façon horrible: il est nécessaire de purger l'Anaëh pour que la civilisation elfe puisse renaître de ses cendres, que le corps d'elfes serve de terreau à une nouvelle société. Je sais que ce n'est pas ce qu'il veut dire mais je ne peux m'empêcher d'y penser, je ne peux m'empêcher de me demander comment est-ce que ses opposants vont bien pouvoir tordre ses mots pour les retourner contre lui. C'est ce qu'il faut pour le soutenir, c'est un peu de paranoïa qui me permet de le servir comme il se doit.

Je laisse échapper un gloussement une fois qu'il a terminé. Ce n'est pas pour me moquer, c'est juste que comparer mon père à un héro me fait rire, je sais c'est stupide. "Mon père était loin du héro au sens premier et principal du terme. Il était palefrenier pour les détachements de cavalerie de l'armée locale de Daranovar. Si tu l'as connu tu ne t'es sûrement pas souvenu de lui et c'est bien normal, c'était l'homme le plus discret au monde. A mon entrée chez les éclaireurs je lui ai demandé pourquoi est-ce qu'il n'usait pas de son talent pour servir la Cité. Il m'a répondu que même s'il était fier de moi, le métier des armes n'était pas un métier fait pour lui. Il était passionné par les animaux et je ne sais pas pourquoi il ne s'est pas fait druide. Pour ce qui est de ma mère..." La bienveillance dans ma voix s'évapore alors que le sujet change. Evidemment je lui en veux, elle a abandonné l'elfe qui elle a construit sa vie. "tu as raison je ne sais pas pourquoi elle est parti mais en tout cas elle s'en est allée. Je ne m'inquiète pas pour elle, elle était calamier, elle passait le plus claire de son temps dans la forêt à trouver des plumes alors elle sait très bien survivre en dehors des murs. Peut-être que j'aurai pu faire quelque chose pour l'empêcher de s'en aller, si j'avais été plus présent. Mais ça ne sert à rien d'y penser. C'est fait. Je ne serai sûrement pas le seul à me retrouver dans cet état-là mais contrairement à ce soir tu ne pourra pas soutenir tous les elfes individuellement."

Le silence débute puis s'installe alors que je cherche mes mots. Je dois dire quelque chose, je le sais, mais je n'arrive pas à trouver quoi. Puis ça me vient, à quoi bon l'éloquence lorsqu'un mot et un nom suffisent?

"Merci 'Tiön."

Je profites de quelques secondes de silence avant de reprendre en esquissant un sourire. "Tu as de l'eau?"
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Dim 13 Jan 2019 - 19:26


Il parle, il se confie, et par la même occasion il digère l’empilement de nouvelles à sa manière. Et à l’écouter, à première vue, tu ne saurais vraiment dire s’il a besoin que tu réagisses en paroles ou pas. Alors quitte à ne pas savoir quoi dire, tu gardes le silence, te contentes de gestes. Une oreille attentive, la chaleur d’une affection paternelle, à l’image de celle qu’il a perdu – du moins, à l’image de celle qu’il aurait perdu si tu avais été son père – et la patience d’un ami.

Tu te félicites intérieurement lorsque le silence s’installe, et qu’au lieu que la tension monte, elle se désamorce d’elle-même. Entre tes bras Lyorindel se relaxe quelque peu, et sur quelques mots ô combien soulageants termine son allocution. Ta main vient lui frotter le dos autant pour terminer de le réconforter qu’en signe de remerciements.

- De rien. Je suis là pour ça.

Je silence se réinstalle, et très honnêtement, tu en profites peut-être même plus que lui. Tu t’autorises finalement un soupir, et quand tes muscles se relâchent, une partie de ton poids se déplace pour légèrement se reposer sur ton ami. Mais pas pour bien longtemps.

- Je vais te chercher ça. tu lui tapotes l’épaule en te levant et je te reprends un verre au passage tu rajoutes sur le ton de la plaisanterie.

Tu retournes à l’espace cuisine chercher le pichet que tu avais déjà sorti et un nouveau gobelet. Tu verses un large verre d’eau à Lyorindel avant de t’en retourner plus profond dans les appartements royaux. Tant qu’à être debout, tu en profites pour aller chercher un balai, que les restes de son premier verre ne restent pas au sol à menacer la plante de vos pieds. Une fois le sol nettoyé, tu retrouves ta place auprès de ton camarade, et ta main plonge dans sa chevelure pour la décoiffer, espérant que le chahutage fasse mieux passer les prochains mots.

- Je sens qu’il va me falloir préparer de sacré discours d’ici à ce que la nouvelle soit transmise au reste des Cités.

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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Lun 14 Jan 2019 - 18:03


Imaginer Artiön en psychologue me fait sourire, je ne suis pas certain qu'il soit très bon pour cette profession ; bon il serait injuste de dire qu'il serait mauvais mais en même temps ce n'est pas une boulot facile. Il n'aurait pas non plus les appartements royaux et ça c'est bien dommage, en parlant d'appartements je me demande si la reine se trouve dans le palais. La main de mon ami me tapotant l'épaule me sort de mes pensées alors je me réinstalle correctement sur le canapé, histoire d'être un minimum présentable au lieu d'être une grosse larve avachie.

"N'en prends pas un en verre." Je lui lance alors qu'il s'éloigne pour aller me chercher ce que je lui ai demandé. Je l'observe un temps alors qu'il balaie les restes du verre que j'ai détruit. Il y a quelque chose de marrant à se faire servir par le roi. Maintenant que j'y pense Artiön a toujours été mon supérieur et de loin. Il était commandant lorsque j'étais simple un Telarcar et désormais il est roi là où je ne suis qu'un Tel'soril. A croire qu'il s’efforce de garder une certaine distance de rang avec moi. Je sais que ce n'est pas le cas mais je ne peux m'empêcher d'y penser, en tout cas il aura du mal à s'élever davantage. Cela dit je ne suis pas jaloux car il le mérite et puis je me préfère dans le rôle de serviteur, je n'ai pas les épaules pour diriger, que ce soit une escouade ou l'Anaëh ; cette leçon je l'ai apprise à Uraal et ce soir n'est qu'une piqûre de rappel. Il faut croire que ce n'est pas donné à tous d'être un meneur d'elfe.

Je repasse une main dans mes cheveux pour tenter de leur redonner un semblant d'ordre puis j'avale une gorgée d'eau fraîche particulièrement rafraîchissante. Malheureusement il a raison et pour le lui dire je prends le sérieux de circonstance. "En effet tu ferai bien de te préparer, tu vas devoir écrire des discours. Et des bons. Tu vas devoir trouver un équilibre, si ton discours est trop spécifique il ne touchera personne mais s'il est trop vague il sonnera creux. Si tu as besoin je t'aiderai avec plaisir, c'est bien le moins que je puisse faire après... ça." Je montre vaguement l'endroit où quelques secondes plus tôt se trouvait des bouts de verre. "Et puis c'est un peu mon métier. Mais nous verrons ça demain, ce soir nous en avons assez parlé, tu ne crois pas? Racontes-moi plutôt comment s'est passé ton mariage, j'aurai tant aimé y assister. C'était en Annon non?"
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MessageSujet: Re: Tanquam ægri somnia.   Hier à 19:20


De la perspective de grandes migrations aux souvenirs de ton mariage, tu te demandes s’il est possible de faire deux événements qui te soient d’atmosphères aussi diamétralement opposées tout en étant aussi proches dans le temps. Mais l’idée de raconter les festivités te plaît beaucoup trop pour que tu te perdes à jauger d’autres mémoires pour en classer la compétition à ce jeu.
Ton visage s’illumine, et tes yeux pétillent. Ta main glisse de ses épaules et retombe jusqu’à côté de ta cuisse. Tu restes ainsi quelques secondes, les yeux perdus dans le vide, et puis tu te lèves brusquement.

- Viens, je vais te montrer plutôt.

Tu fais signe à Lyorindel de te suivre, et tu le guides plus profond dans les appartements Royaux, jusqu’à ce que vous arriviez dans une salle qui si elle ne te paraissait pas particulièrement grande, aurait occupé une part significative d’une plus petite demeure. Tu soulèves ton sceptre en direction du plafond de la salle plongée dans la pénombre, la magie te traverse, et à ton appel les champignons luminescents sous verre qui font tes lampes inondent la pièce d’une lumière tamisée d’un doux bleu pâle.
De longs rayonnages se dévoilent, portant tous des ensembles, des robes, des pantalons et des manteaux que l’œil même le moins aguerri aurait pu deviner fabriqués par des maîtres artisans comme il y en a bien peu en Anaëh. Des coupes pour la majeure partie cintrées, des ornementations osées, des motifs originaux, et des accessoires inattendus se partagent la place dans ce qui ressemblerait presque à un étalage de modèles expérimentaux d’un couturier-cordonnier-bijoutier… qui pourtant paraissaient si naturels lorsque toi tu les portais.

- Avant d’être marié par surprise à l’amour de ma vie dans le camp d’Annon que j’étais censé visiter en tant que Roi, on m’a offert et forcé à enfiler ça.

Quand on connait le culte que tu fais de ton corps, et ton goût des belles choses, il est facile de comprendre en quoi l’armure de rouge et d’or t’aura élevé l’humeur au moment où elle te fut offerte.

- Et très honnêtement, j’ai mis du temps à comprendre que ce n’était pas juste Cìryon qui célébrait le fruit de son travail. Il faut dire que j’avais autre chose en tête, alors me rendre compte qu’elle était aux couleurs d’Arcamenel…

Tu repenses au moment où tu l’as vue, ta fiancée, qui t’attendait sur le sanctuaire improvisé, le prêtre de Kÿria déjà à ses côtés. Et tu repenses aux sourires de tous ceux que tu avais dépêchés pour enquêter sur l’Annon, et qui au lieu de ça s’étaient fait complices des machinations de ton ami… cette sacré bande de serpents !

- Ils avaient fabriqué des arches de fleurs étranges, et puis ils avaient tellement bien réarrangés les tentes qu’on en oubliait totalement que c’était à l’origine un camp d’exploration. Et puis Kaëlistravaë, par le cœur du Grand Barde, si tu avais vu Kaëlistravaë dans sa robe… tu fais un pas chassé comme pour mimer le mouvement d’une robe que tu ne portes pas J’ai bien cru que je ne m’en remettrais pas.
Certes, entre mon arrivée après ma fiancée et nos costumes pas forcément très traditionnels, c’était assez peu orthodoxe comme cérémonie, mais au moment où la prêtresse d’Arcamenel a posé les tresses sur nos mains… je me suis rendu compte qu’ils avaient bien fait. J’ai vraiment des amis formidables.
un sourire magistral s’empare de ton visage Je pense très sincèrement que Cìryon et Maltlin se sont rendu compte avant moi que je n’en pouvais plus d’attendre.

Sans Cìryon et Maltlin pour t’organiser cette fête surprise, tu aurais certainement continué de te complaire dans le déni. À trop avoir envie de cette union, et à trop l’avoir repoussée, tu avais préféré en occulter la possibilité. Tu en avais fait un rêve impossible dans lequel tu te complaisais. Et comme ça, puisque tu la rêvais, elle pouvait être le parfait incipit d’une vie parfaite. Sauf que cette vie parfaite était loin de valoir la vie imparfaite et pleine de problèmes d’organisation que la nouvelle Rîn Berith et toi vivez actuellement.

- C’était intense… et je pense que ça l’a presque autant été pour les autres que pour nous. Du moins, au moins pour nos amis proches et nos familles. Enfin, tu connais un peu les Laergûl, on n’arrache pas un sourire à mon oncle si facilement, alors si même lui a été touché.

Tu t’étales, tu te perds en contes de ton bonheur, à décrire avec une précision ridiculement pointue les moindre faits et gestes de tes relatifs, des mimiques de ton cousin Uirphen aux soupirs de ton austère beau-père. Bien sûr, les anecdotes aux temps passés et aux souvenirs offrant quelque miroirs à ces instants de joie ne lui auront pas été épargné, mains à tes yeux, le temps ne semble pas passer le moins du monde.

- Et le comble, c’est que vu qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de lire mes dernières missives, ce n’est qu’après avoir entendu une bonne demi-heure les présents s’adresser à moi en tant qu’Aran Lîn qu’elle a compris que j’avais été intronisé. tu ris Autant dire que j’ai eu à faire mes preuves en tant qu’orateur avant que l’on se lance dans la restructuration d’Anaëh.

Malheureusement, tous les elfes ne t’aimaient pas comme ton épouse t’aime. Tous n’avaient pas son inconditionnelle confiance en toi. Le peuple Taledhel serait bien plus difficile à persuader et à rassurer que Kaëlistravaë.


Image non contractuelle de l'armure:
 
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