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 [An 12] Libre comme l'oiseau

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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: [An 12] Libre comme l'oiseau   [An 12] Libre comme l'oiseau I_icon_minitimeDim 24 Fév 2019 - 13:09

Libre comme l'oiseau
Evènement d'Ellipse.

An 12 du Cycle XI, Verimios, Elenwënas de la sixième ennéade
Quelque part en Oësgard

Une ombre file dans la nuit, c'est un malfaiteur qui s'enfuit. Et, tel un espiègle, il sourit : son crime restera impuni. S'aventurant de toits en toits, profitant de la faible lueur nocturne d'un ciel étoilé, l'aigrefin s'arrête un moment pour profiter de l'instant. Il observe les alentours, vérifiant ne pas avoir été repéré, puis s'intéresse à un bâtiment dont l'une des fenêtres de l'étage n'a pas été fermée. Non sans arborer un sourire malicieux, le filou gagne agilement la bâtisse et s'engouffre par l'ouverture providentielle.

Plus encore que l'extérieur, l'intérieur respire le luxe et l'opulence. Chandeliers d'argent, somptueux tapis et immenses tableaux décorent les pièces et les couloirs, que le personnage de l'ombre traverse avec une discrétion sans pareille. Cambrioleur ou assassin, voilà le genre de métier qui doit être le sien. Pourtant ni l'argenterie ni la nourriture ne semblent l'intéresser, car l'intrus ne prête pas grande attention aux cuisines du rez-de-chaussée. De ce niveau il ne fait que vérifier leur inoccupation avant de prestement se rendre dans les étages. Là le malandrin troue enfin une pièce intéressante : le bureau du maître de maison. Le filou cherche alors, activement mais avec précaution, les recoins méconnus de la pièce. Il trouve alors un coffre dissimulé dans une bibliothèque, qu'il parvient à forcer à mesure de dextérité. A l'intérieur se trouvent des papiers, sans doute importants pour leur propriétaire mais qui au malandrin seraient inutiles. Mais il y a aussi bien mieux : de jolies pièces, sonnantes et trébuchantes, qui ont valeur de fortune pour les gens du bas peuple. Celles-là, le cambrioleur ne les laisse pas à leur place.

Le bureau vidé de ses objets les plus aisés à transporter le furtif reprend alors sa fouille, se dirigeant cette fois vers les chambres. Faut-il être fou ou grandement confiant en sa discrétion pour ainsi oser s'approcher d'une personne que l'on cambriole ? Qu'il soit l'un ou l'autre, le malandrin prend en tout cas le risque. Il visite les chambres, et à la barbe des habitants qui sommeillent leur dérobe leurs bijoux les plus accessibles. Quelle aubaine pour ce voleur, son butin sera bon cette nuit. Plutôt joueur, le filou prend même le risque de s'approcher du lit de ses victimes, observant avec curiosité ces êtres insouciants confortablement endormis. Et le discret de se demander à quoi ces gens-là, qui ont déjà tout, peuvent bien rêver. Car le cambrioleur ignore tout de leur songe. Il ignore qu'en cette nuit, qui pour lui est ordinaire, ces dormeurs ont un rêve peu ordinaire. Il ignore de ce songe mystérieux qui touche tous les rêveurs de cette nuit.


Je grimpe jusqu'au toit le plus haut que je connaisse, celui de temple, là haut où l'on peut voir loin dans les plaines. Une sensation de liberté s'empare de moi et je me mets à courir, heureux, riant tel un enfant qui joue. Je vois alors un être masqué, un saltimbanque aux vêtements bariolés, qui comme moi courre librement. Il me dépasse et je le poursuis, ainsi nous nous amusons. L'acrobate saute sur le toit suivant et sans y penser je le suit, mes jambes se faisant aussi légères que la brise d'été. Nous courrons, nous jouons, nous rions. Le toit se termine bientôt et pourtant nous ne nous arrêtons pas. Le saltimbanque s'élance dans là, devant moi, il déploie ses ailes. De longues et gracieuses ailes aux couleurs vives.

J'ignore comment, mais je le sais : moi aussi, je peux. Alors à mon tour je fonce et je m'élance, serin. Le sol se dérobe sous mes pieds, je déploie mes ailes, et le vent m'emporte. Je vole ! Je suis libre ! Cette sensation, cette harmonie, je suis enivré. Le vent chaud caresse mon visage, se glisse entre mes plumes. Je vire à droite, j e plonge, je remonte, je vrille... Je suis un enfant du ciel. Je plonge dans les nuages, et j'en ressors de l'autre côté. La ciel est si beau, rempli d'étoiles. En face les deux lunes m'attirent, elles m'appellent. Mais elles sont si loin, et mes ailes se font si lourdes.

L'oiseau coloré me fait signe. Une colombe, un guide, un protecteur. Il a toujours été là, il m'a toujours accompagné. Elle me fait signe d'une accrobatie, et je la suit. Il est temps de nous reposer, ensuite nous reprendront notre vol si merveilleux. Nous descendons, et nous nous posons sur le clocher. Un rire enjôleur s'échappe des mes lèvres, la colombe me répond. Son chant m'enivre de bonheur. Qu'il est merveilleux de voler, d'être libre.

Alors une voix me parvient, familière, claire et bienveillante.
"Ce qui est fait pour voler ne doit point être asservi. Honore moi, honore toi. Libères-les."
Un croyant pentien.


An 12 du Cycle XI, Vrimios, Tariho de la sixième ennéade
Château d'Oësgard

La matinée s'est avancée, et dans le grand salon le baron d'Oësgard apprécie le rouge breuvage contenu dans sa coupe tout en admirant le tableau accroché face à lui Ce dernier, offert par l'un de ces nombreux nobles qui tentent de s'attirer les faveurs de leur suzerains, représente selon ses dire la bataille d'Amblère, qui a permis à la coalition du  Nord de repousser les fanatiques drows seulement quatre années plus tôt. Entre alors un homme solide d'un âge cependant bien avancé, qui s'incline respectueusement avant de prendre parole.
"Vôtre honneur, vos chevaliers sont prêts." Annonce le chevalier.
"Ah, sire Hektor !" Constate le baron. "Nous attendons mon épouse, elle s'apprête. Prenez donc place en l'attendant."
"Merci vôtre honneur, mais cela ne sera pas nécessaire."
"Vous toujours si sérieux, sire Hektor. Et si rigide..." Soupire le jeune baron.
L'intéressé ne dit rien, gardant une mine sérieuse.
"Vous semblez soucieux, y a-t-il une raison à cela ?"
"Effectivement, vôtre honneur. Il y a ce mécréant dont nous avons déjà parlé, celui que l'on appelle le Renard de la nuit."
"Celui qui laisse une sculpture à chacun de ses méfaits ?"
"Celui-là même."
"Ne vous ai-je pas dit de le faire capturer ? Les demeures qu'il vise sont celles de nobles et de riches bourgeois. Certains se sont plaints que des biens de grande importance les ont été dérobés, sire Hektor."
"Nous y travaillons, vôtre honneur. Soyez assuré que nous l'auront."

La porte s'ouvre alors sur la baronne toute apprêtée pour une sortie ainsi que deux de ses suivantes.
"Oh, bonjour messire Hektor. Vous êtes déjà là." Constate cette dernière.
Le vieux chevalier s'incline respectueusement devant sa suzeraine.
"Mon cher époux, veuillez nous pardonner ce retard. Sybile ne se sentait pas très bien, nous avons dû la faire accompagner au médecin. Nous pouvons y aller maintenant."
"Ce n'est rien, ma chère." Répond le baron avant de reporter son attention sur son maréchal. "Sire Hektor, je compte sur vous pour que cette affaire soit réglée au plus vite. Mais pour l'heure les prêtres nous attendent, allons donc trouver leurs avis sur le rêve que nous tous avons eu."
Et sur ces mots le couple baronnial sort de la pièce, pour rapidement trouver leur escorte.
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: [An 12] Libre comme l'oiseau   [An 12] Libre comme l'oiseau I_icon_minitimeMar 26 Fév 2019 - 12:22


An 12 du Cycle XI, Verimios, Panahos de la septième ennéade
Oësgard

On l'a nommé Rêve Pentien, et il alimente les rumeurs d'Oësgard depuis déjà plusieurs jours. Il se dit dans les murmures que tous ont eu le même songe, à quelques détails près, aussi bien les nobles et les nantis que les pauvres et les désoeuvrés. Il se raconte aussi que le Rêve Pentien aurait touché Péninsule toute entière, et elle seule, les dieux n'ayant pas offert aux hérétiques étrangers d'en profiter. Un mystère demeure cependant, et c'est celui de son interprétation.

Les temples d'Oësgard se sont empli depuis le Rêve Pentien, les croyant désirant connaître le sens de ce songe insufflé par les dieux. Chaque prêtre y va cependant de sa propre interprétation, qu'il soit otharite, néerite, kyriaste ou même tyraste, mais tous s'accordent sur l'idée qu'il s'agisse d'un message divin. Les plus nombreux affirment que se message est d'est plus simple, que les dieux demandent simplement à ce que les colombes, pigeons et autres oiseaux soient libérés. Pourquoi ? Très peu y répondent réellement, la plupart invoquant un acte de foi, prétendant que la réponse viendra par la suite. Et en marge de cette majorité, quelques sceptiques et quelques originaux s'interrogent.

Le seigneur de Höginheim est de ces derniers. Alors que partout en Péninsule les volières s'ouvrent, celles du fief enclavé sont restés fermées. Peut-être est-ce dû à leur isololement, ou peut-être est-ce une conséquence de leur culture excentrique, toujours est-il que les clercs de ces derniers n'y voient pas dans ce Rêve Pentien un message aussi littéral que leurs confrères et consoeurs d'ailleurs. Le message n'en est pour autant pas plus claire, et la réponse qu'a apporté le souverain de Höginheim n'en est qu'une parmi d'autres. Une réponse différente de celle communément transmise, que le loup herminé compte bien partager avec ses suzerains.

Ainsi le seigneur de Höginheim est arrivé à Oësgard en milieu d'après-midi, n'ayant pas traîné depuis son départ de Dormmel tôt le matin. Naturellement, la libération des colombes deux jours plus tôt n'a pas permis au noble d'annoncer son arrivée, et l'ironie de la situation ne manque pas d'amuser les serviteurs qui l'accueillent au château de la capitale oësgardienne. Quelques heures plus tard le vassal peut enfin s'entretenir avec la baronne en personne, son époux étant apparemment absent pour des raisons restées tues.

"Vous souhaitiez discuter du Rêve Pentien ?" Questionne la jeune femme, après d'anodines mondanités.
"En effet, vôtre honneur. Il s'avère que nous avons une interprétation différente de ce songe, et nous souhaitions vous en faire part."
"Faites donc, messire Brohan."
"Voyez-vous, vôtre honneur, il nous est apparu après réflexions que l'interprétation qui a été faite jusque là serait bien trop... Littérale. Les dieux n'ont pas pour habitude de nous choyer, ne pensez-vous pas ? Ils nous mettent à l'épreuve, ils nous testent. Alors, si ce songe est une autre de ces épreuves divines, le message ne serait-il pas plus profond ?"
"Que voulez-vous dire ?" Demande la suzeraine, perplexe.
"Ces dernières années, le royaume, et Oësgard en particulier, ont connus nombre d'épreuves. Le Voile n'en était qu'un préambule, nous en sommes convaincu. Les dieux eux-mêmes ont foulé nos terres. Le Rêve Pentien est, selon nous, un autres message. Nous sommes vraisemblablement arrivés à un autre tournant de notre Histoire, et les cinq nous l'en ont informé par ce songe. Ne pensez-vous pas que les colombes que nous devont libérer, sont en réalité les souffles des fidèles ?"
Au visage de sa vis à vis, le höginois devine qu'elle ne voit pas où il veut en venir.
"Nous, fidèles, sommes les colombes des cinq. Nos souffles sont libres, et ceux qui ne le seraient pas nous nous devons de les libérer. Toutes ces guerres que nous avons mené, et pour quelles raisons ? Nous devons nous libérer de nos vices, et nous devons libérer les croyants de leurs chaînes invisibles."
Si le discours du chevalier peut paraître incohérent, d'autant plus alors que l'on serait en droit de douter que lui-même ait fait ce fameux rêve, la jeune baronne semble elle avoir été intriguée.
"Comment ?"
"Progressivement. En commençant par le Royaume, mais en n'oubliant pas les menaces qui sommeillent hors de nos frontières. Vous avez vécu un temps en Serramire, mais vous demeurez oësgardienne. Vous avez vu et entendu ce qu'il se raconte ça et là. Le Royaume a trop longtemps été divisé, et ainsi il s'est affaibli. Cependant il est encore temps, et ce songe nous le confirme. Nous en avons la conviction, vôtre honneur, quelque chose se prépare. Et avant que cela n'arrive, nous devons nous préparer."
La baronne réfléchit un moment.

"Comment ?"
"Les cinq nous guideront. Et, pour commencer, il nous serait préférable de ne pas négliger le peuple d'Oësgard. Par exemple, il est des condamnés que nous pourrions réintégrer à la société."
"Pardon ?" S'interroge la suzeraine, surprise face à une idée aussi saugrenue.
"Nous ne parlons pas des tueurs ou des anarchiste, bien entendu. Néanmoins il est des condamnés aux crimes moins graves, qui n'ont simplement pas su faire les bons choix."
"Et vous suggérez de les libérer, aussi simplement que cela ?"
"En aucune façon. Nous suggérons un jugement par les dieux. Que pensez-vous de ceci ? Nous les enverrons dans la fosse du Syrk, sous le regard d'Othar, et nous les feront affronter de terribles bêtes. S'ils parviennent à vaincre les créatures de Kyra, Son Honneur leur accorde la grâce, au nom de la bienveillance de Néera. S'ils meurent, alors ce sera que les cinq l'auront décidé ainsi, et leurs souffles rejoindront Tyra."
D'abord perplexe, la baronne y réfléchit un instant.
"Damoiselle Gweneth disait vrai : vous avez d'étranges idées et il n'est aps aisé de vous comprendre."
"Vôtre honneur nous flatte."
"Cela dit, je dois avouer que le Syrk que vous avez créé s'est avéré être une idée remarquable. Cette année encore nous avons eu de bons retours. Quoi qu'il en soit, nous allons y réfléchir lorsque mon époux rentrera."
"Bien, vôtre honneur. Nous vous remercions d'avoir pris le temps de nous écouter."
"Ce n'est rien. Votre fille me dit grand bien de vous, après tout. A ce propos, je regrette de ne point l'avoir vu en votre compagnie."
"Notre départ a été quelque peu précipité. Voudriez-vous que nous lui passions un message, à notre retour ?"
"Eh bien, je voudrais lui proposer de venir vivre à Oësgard, et qu'elle devienne l'une de mes dames de compagnie. Pourrez-vous lui faire part de ma proposition, si bien sûr vous le lui autorisez ?"
"Ce serait un honneur, Vôtre Honneur."
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MessageSujet: Re: [An 12] Libre comme l'oiseau   [An 12] Libre comme l'oiseau I_icon_minitimeDim 3 Mar 2019 - 22:42


An 12 du Cycle XI, Verimios, Calimehtarus de la huitième ennéade
Faubours d'Oësgard, Syrk provisoire

Bien que le Syrk ne soit pas officiellement ouvert aux jeux en cette période de l'année, la double ennéade des jeux du Syrk n'étant prévue que pour le mois suivant, un évènement exceptionnel s'apprête à s'y dérouler. Une étonnante missive a récemment circulé dans différentes seigneuries, tamponnée du sceau baronnial, en divulguant un message qui en surpris plus d'un. Par cette missive le baron d'Oësgard déclare en effet avoir eu quelque révélations de l'interprétation du Rêve Pentien, et que de l'une d'entre elles découle une nouvelle sanction. Certains criminels pourraient désormais être testés par les dieux eux-mêmes, et ainsi subir leur indiscutable jugement. Divers condamnés repentant ont ainsi étés désignés par le Baron ou des Grand-Prêtres, suivant certaines conditions, et ont été fait amener à Oësgard pour ainsi subir le jugement divin. De nombreux curieux ont de même fait le voyage, car ledit jugement promet aussi de représenter un spectacle d'intérêt.

Nous étions une dizaine, en tout, dans les cellules. Mais ils sont venus nous chercher par petits groupe. On nous avait dit que nous serions jugés par les dieux et que s'ils nous pensaient méritant nous serions libérés, mais aucun de nous ne savait vraiment en quoi consistait cette épreuve. Excepté Oren, lui il l'avait deviné. Il avait reconnu l'endroit où nous étions retenu, et il avait dit l'épreuve était certainement liée aux bêtes.

Le premier groupe était composé de trois personnes. Les gardes les ont emmenés, et nous ne les avons plus revu. Nous ne pouvions rien voire de notre cellule mais les cris, les grognements et les rugissements parvenaient jusqu'à nous. Nous avons attendu un long moment, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de bruit.

Puis le second groupe a été désigné, ils étaient quatre cette fois. Ils sont partis, et à nouveau nous entendions des cris et des hurlements. L'attente se faisait plus pesante alors, et la peur s'emparait peu à peu d'Oren. L'épreuve sembla alors durer plus longtemps, puis les bruits de l'extérieur se turent à nouveau.

Alors ce fut notre tour. Oren, moi, et un gamin aussi frêle qu'une brindille. Nous avons suivi les gardes, et quand la lumière de l'extérieur nous a soudain éblouit la porte s'est refermée derrière nous : avant que nous comprenions, nous étions déjà dans l'arène. Ou plutôt la cage, car c'est bien ce que c'était : une cage d'une taille démesurée. De chaque côté étaient disposés des râteliers avec des armes, et tout autour de nous se trouvaient des gradins. Tous trois nous nous sommes regardés, méfiants ; Devions-nous nous affronter ? Etait-ce l'épreuve ? Et tout à coup un grognement féroce nous parvint de l'autre côté de l'arène. En voyant les bêtes féroces et excitées sortir de leur propre cage nous comprîmes : le "jugement d'Othar" prenait tout son sens. Alors je me suis demandé si j'avais bien fait d'écouter ce mystérieux inconnu.
Le Renard de la nuit



Quelques jours plus tôt
Cachots d'Adelagny

La nuit était pluvieuse, et l'on y voyait difficilement à plus de quelques mètres. La garde d'Adelagny rechignait à mettre le nez à l'extérieur, et c'est par obligation que les moins chanceux daignaient sortir pour les rondes. C'est peut être en profitant de ce privilège qu'une ombre mystérieuse était parvenue jusqu'aux cachots, ou peut-être avait-elle eu d'autres moyens d'y parvenir. La discrète silhouette esquiva les rondes, se glissa sans encombre dans les couloirs, trompa l'attention des hommes présents et n'eut aucun mal à déjouer la vigilance du geôlier endormi. Si son intention était de libérer les prisonniers alors personne n'aurait su l'arrêter, pourtant ses intentions semblèrent toutes autres.

L'énigmatique silhouette se dirigea prestement jusqu'à une cellule bien précise, comme si elle savait où elle devait aller, et un interpella le seul occupant. Ou, actuellement, son occupante. La captive s'approcha avec prudence, se méfiant manifestement de ce visiteur impromptu.
"Es-tu celle qui se fait appeler Renard de la nuit ?" Questionne froidement le visiteur dans un murmure.
Méfiante, la prisonnière ne donna point de réponse.
"Es-tu le Renard de la nuit ?"
"Et si c'était le cas ?"
"J'ai un marché. Si tu l'accepte tu retrouveras ta liberté."
"Et si je refuse ? Je n'aurais que quelques mois de détention à patienter, et je serais à nouveau libre."
"L'une de tes dernières victime est une personne influente, crois-tu qu'elle te laissera sortir après seulement quelques mois ? Après tout, c'est un noble qui a été tué."
"Je n'y suis pour rien, lorsque je suis entrée il était déjà là."
"Le croiront-ils ? Et qu'arriverait-il à tes protégés si tu dois patienter plus que quelques mois."
Une lueur d'inquiétude traversa le regard de la captive.
"Je n'ai rien à faire pour le moment, je peux entendre ce que tu as à dire."
"Ton procès révèlera que c'était un accident, mais tu seras tout de même condamnée. Une proposition te sera faite de remplacer ta sentence par un jugement divin. Accepte, et tu seras libérée."
"On n'obtient jamais rien gratuitement, que devrais-je faire en retour ?"
"Quelqu'un te contactera. Tu l'aidera à rencontrer le véritable Renard de la Nuit."
A nouveau la surprise se lit sur le visage de la prisonnière, et soudain une question lui traversa l'esprit.
"Qui es-tu ?" Demanda-t-elle.

Il était cependant trop tard, car en un instant la silhouette se fut éclipsée. Le couloir était vide, le geôlier continuait de ronfler sur sa chaise, et la garde maugréait après la pluie batante. La silhouette s'était fondue dans les ombres aussi mystérieusement qu'elle en était sortie.


Oren fut le premier à périr, le corps déchiqueté par la bête. Son malheur fit ma chance car immédiatement je plantais ma lance dans le corps de la bête qui s'en était prise au pauvret, ce pendant que notre compagnon d'infortune était aux prises avec la seconde bête. Ah ! Jugés par les dieux, quelle comédie ridicule ! Le sang des groupes précédents n'avait même pas été nettoyé à notre entrée dans l'arène, et cela n'a fait que rendre nos bourreaux plus féroces encore. Je dus abandonner mon arme car la troisième bête fonçait à nouveau sur moi, mon petit stratagème pour le retenir n'ayant pas fonctionné longtemps.

J'empruntai la hache du pauvre Oren, et contrait de justesse les griffes de mon assaillant. Une sensation étrange me parvint, j'eu l'impression que quelque chose perturbait la bête. Mais cela n'avait pas d'importance, j'en profitais pour m'éloigner à nouveau. Je voulu rejoindre l'autre jugé pour lui venir en aide mais je découvrit avec horreur que son corps gisait déjà sans mouvement, mais la bête heureusement elle aussi ne bougeait plus. Il ne restait donc plus qu'une bête, et moi.

Comment pourrais-je faire, juste avec cette hache ridicule ? Je n'avais survécu jusque là que par chance et en profitant des deux autres. Mon corps pourtant refusait de s'abandonner à la mort inéluctable qui se profilait. Pourtant il n'y avait aucune autre issue pour moi que la mort : Nous étions enfermés dans une cage, et il m'étais impossible de terrasser la bête. Et ce qui devait arriver arriva : je trébuchais et la bête se jetait sur moi. Je fus blessée, mais je parvint à éviter le pire en bloquant la mâchoire avec ma hache. Cela restait insuffisant, je crus ma fin arriver. Et puis... La suite est un peu trouble dans mon esprit. Il y eut un nuage de poussière, la bête me sembla moins forte... Ou c'est moi qui fut soudain plus forte ? Je parvint à me dégager... Et sans laisser la bête m'attaquer à nouveau, j'abatis ma hache. Encore, et encore, et encore.

Après cela les gardes m'escortèrent hors de la cage, désarmée. La "grâce de Néera"... On m'a dit que j'étais à nouveau libre, que les dieux l'avaient choisi. Et on me conseilla de ne plus enfreindre la loi, mais cela... Les dieux en ont-ils vraiment choisi de me laisser libre ? Ou peut-être est-ce parce que j'ai accepté l'offre de cet homme... Si je ne l'avais pas fait... Ce pauvre Oren, mes dieux, j'aurai fini comme lui ? Peut-être bien, mais ce n'était pas le cas. J'ai survécu, et j'étais à nouveau libre. Libre de voler.
Le Renard de la Nuit



An 12 du Cycle XI, Verimios, Arkuisa de la huitième ennéade
Une taverne de Nebelheim

L'établissement n'est qu'à moitié plein, et la propreté est celle que l'on peut espérer d'une taverne des bas quartiers : relative. Le coin dans lequel est situé la taverne n'est pas forcément mal famé, pourtant les clients ne sont pas tous de vertueux voyageur. Le patibulaire gaillard qui veille à la port en est d'ailleurs un signe évident, car ce n'est pas pour le plaisir que le modeste propriétaire de l'établissement aurait pris la peine d'engager cet homme. Il reste que la boisson n'est pas trop mauvaise, et le patron a de bonnes conversations.

Une jeune femme attend là depuis bien une bonne heure déjà, consommant seule sa boisson ambrée. Les quelques hommes à avoir tenté leur chance se sont vite fait rabrouer et, et la présence dissuasive du costaud a jusque là suffit à éviter les altercations. Entre alors un étrange personnage qui lui ne semble pas intimidé par le massif portier. La capuche relevée, il est difficile de déceler le traits de son visage dans la pénombre, et même si cela était possible son masque l'en empêcherait. L'inconnu se rend directement près de la femme seule après avoir rapidement examiné la taverne. Il lui murmurer quelques mots puis ressort, rapidement suivi de la dame.

"Tu n'as donc pas pris la fuite, très chère." Constate le mystérieux masqué, après que la tous deux se soient retirés dans une ruelle déserte.
"Le Renard de la Nuit respecte toujours mes accords." Gromelle la femme, bien malgré elle.
"Bien bien bien. Alors sais ce qu'il te reste à faire ?"
"Vous vouliez me rencontrer, alors me v..."
"Pas si vite, très chère. Toi, et les autres aussi. Le Renard de la Nuit au complet."
"Comment ?! Ca ne sera pas facile..."
"Tu trouveras, tu trouveras. Ou alors nous pourrons terminé ce que les bêtes ont commencé."
Un rictus traverse l'expression facial de la femme.
"Alors nous devons nous rendre à Amblère."
"Bien sûr. Nous partirons dès ce soir."
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MessageSujet: Re: [An 12] Libre comme l'oiseau   [An 12] Libre comme l'oiseau I_icon_minitimeSam 9 Mar 2019 - 18:29


An 12 du Cycle XI, Verimios, neuvième ennéade
Oësgard

D'abord il y a la fièvre, brûlante et affaiblissante. Puis il y a les maux de gorge, la toux, et souvent même des douleurs thoraciques. Tout a commencé au début de la dernière ennéade de Verimios, et le mal s'est ensuite propagé au cours des jours qui ont suivi. Au début peu ont été touché, principalement des éleveurs d'oiseaux ou des maîtres colombiers. Puis cela s'est propagé dans les campagnes, sans pour autant toucher la majeure partie de la population. Il fallu un moment avant que le lien ne soit établi entre les volatiles et les malades, si bien que l'affolement a menacé dans bien des villes.

Les prêtres, à nouveau, ont été consultés. Ceux de Néera en particulier, car les malades doivent être soignés. Des soins qui, à en croire les différents temple, ne pourront plus être apportés si la maladie se propage. Les réserves d'herbes médicinales ont en effet été grandement réduites durant les dernières années qui ont passé, notamment des suites des dernières batailles, et malgré le calme revenu l'approvisionnement n'a pas été suivi. Pas suffisamment en tout cas pour faire face à cette étrange et subite épidémie.

Une demande a été faite à Serramire pour palier au manque approchant de médicine, cependant le duché a été lui aussi touché par ce même mal. Et l'on apprit par ailleurs que la Péninsule toute entière l'a été, ce qui ajoute au mystère de son apparition. Certain prétendent d'ailleurs qu'il s'agit là encore d'une autre épreuve présentée par Les Cinq, une théorie qui n'est pourtant pas admise par les garants du culte pentien. La demande à Serramire s'est ainsi soldée par une aide plus symbolique que véritable, le duché ayant privilégié Alonna et la nouvelle Odélian. Oësgard se trouve alors face à une crise imminente, et c'est là que le seigneur de Höginheim propose à nouveau une idée étonnante.

"Estrévant ?" S'étonne le baron, pour qui la seule idée de commercer avec cette nation représente une absurdité.
"Tout à fait, vôtre honneur. Nous avons pu nouer quelques contacts lors de nos récentes chasses des ces contrées, et nous sommes certain de pouvoir trouver les herbes médicinales qui vont bientôt nous manquer."
L'auditoire composé du couple baronnial et de quelques-uns des conseiller de la même cour est pour le moins perplexe, certains même radicalement opposés à l'idée.
"Nos terres ont été grandement éprouvées durant les dernières années, et Oësgard se reconstruit encore. Le peuple sera reconnaissant à ses suzerains qui prennent soin d'eux, plus qu'aux derniers qui l'ont conduit à l'état dans lequel il se trouve. Comme vous le voyez Serramire ne peut nous apporter l'aide dont nous avons besoin, et Diantra ne se préoccupe pas plus de nous. Alors cette aide, nous pouvons la trouver ailleurs. Ce ne sera qu'un acte de commerce."
"Avec ces hérétiques ?" Demande le plus éminent des conseillers.
"Tout hérétique qu'ils sont ils respectent leurs contrats. Du moins certains d'entre eux. Par ailleurs cela pourrait nous être utile dans le futur."
"Que voulez-vous dire ?"
"Malgré les troubles d'alors nous n'aurions pas été aussi surpris par les drows, lorsque ces derniers nous ont attaqué. Si nous parvenions à maintenir un certain contact avec l'estrévant, nus pourrions au moins être prévenus de ces dangers avant même qu'ils ne surviennent."
"Serait-ce là votre réel objectif, messire Brohan ?" Interroge le maréchal.
"Non le seul, cependant le principal. Nous aurions une meilleur vision de ce qu'il se passe à l'Est de nos frontière si nous parvenons à nous y glisser, et cela pourrait être un premier pas."

L'idée est alors débattue de longues heures durant, par la suite, et les arguments du seigneur de l'enclave font peu à peu mouche. Le soutien inattendu du maréchal d'Oësgard s'avère d'une aide pour le simple seigneur, et bientôt d'autres se rangent à son coté. Finalement le baron lui-même est convaincu, et décision est prise d'envoyer Brohan de Hëginheim en Estrévant avec pour double objectif de se procurer quantité d'herbes médicinale dans un premier temps, et dans un autre de nouer des contacts pouvant mener, si possible, à un réseau de renseignement fiable pour Oësgard dans les terres d'Estrévant. Des objectifs qui seront tous deux atteint quelques ennéades plus tard quand le seigneur émissaire reviendra de Thaar avec une cargaison non négligeable d'herbes médicinale. Le baron désignera par la suite Brohan de Höginheim comme émissaire attitré d'Oësgard pour l'Estrévant.
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