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 [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna

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Liliana Kastelord
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MessageSujet: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeDim 19 Mai 2019 - 15:53



7 de Karfïas 17:XI

Dairiun galopait, trottait, avançait au pas. Il passait d’une allure à une autre, faisant des pauses le temps de dormir, de manger, de se reposer tout simplement. Ils avançaient sans un regard pour derrière car regarder vers l’arrière était regarder vers le passé et le but était justement de sortir de ce passé pour créer un futur qui n’était pas déjà écrit dans l’un des livres du destin. Elle voulait surprendre, elle voulait provoquer le rire des dieux qui trouvaient ses désirs ridicules et, une fois que tout serait terminé, qu’ils soufflent d’admiration et de félicitations lorsqu’elle rendrait son dernier souffle. Elle voulait surprendre plus que réussir dans le fond car sa plus belle récompense serait de voir une lueur d’admiration dans le regard de son père. Elle avait versé des larmes au début mais cela faisait déjà une énéade qu’elle était partie et des larmes, elle commençait à ne plus en avoir alors elle ne pleurait presque plus, elle pensait juste, elle pensait seulement.

En une énéade, il n’y avait que peu de choses qui s’étaient passées mais elle savait maintenant où aller. Après son temps dans la demeure de la baronne, elle était partie annonçant qu’elle se dirigeait vers un point de rencontre où elle devait retrouver sa mère et où ses frères allaient l’y attendre avec le nain protecteur et la nourrice énervante. Elle s’en voulait d’avoir menti à une femme qu’elle aimait mais elle n’avait eu d’autres choix enfin si, elle aurait pu dire la vérité mais elle avait choisi ce qui, d’un certain point de vu, était le mauvais choix et, dorénavant, elle allait assumer car le retour en arrière n’allait être possible. La roue était lancée.

Il lui fallut un certain temps, un certain nombre d’escale et de nombreuses pauses afin de garder suffisamment de vitalité pour aller toujours plus loin. Elle avait dans sa bourse assez d’or pour survivre un certain temps et qu’une infime partie de ce que lui avait offert son père en échange de sa santé. Or maudit. Elle le dépensait pour vivre, une pièce d’or contre un repas chaud et une pièce d’argent contre un soin pour son fidèle étalon. L’argent pourri lui servait à vivre ou, tout au moins, à manger. Elle allait d’auberge en auberge, se laissant porter par les vents sans pour autant aller bien loin. Il lui arrivait de rester deux nuits de suite au même endroit mais elle préférait éviter, elle voulait disparaître, mourir et renaître.

Un soir, alors qu’elle mangeait assise seule à une table de bois pourri, elle entendit des hommes parler d’une personne qui, si elle en croyait les mots des êtres, pourrait peut-être l’aider. Culte d’Othar. Elle espionna la discussion qui dura un certain temps avant de partir quand elle sut tout ce dont elle avait besoin de savoir. Qui et où. C’était tout ce qu’il lui fallait. Elle n’avait plus qu’à sauter sur son étalon et s’enfuir pour Oesgard où elle devait trouver une dénommée Héléna.

Elle chevaucha durant trois jours complets, faisant des pauses à heures régulières pour manger, pour dormir, pour laisser Dairiun se reposer, se désaltérer et manger. Des vivres qu’elle avait emportés, il ne lui restait plus rien. Elle avait fait attention mais elle avait besoin de manger et Dairiun aussi alors elle s’arrêtait parfois dans des villages afin d’y acheter du pain frais, quelques fruits et de remplir sa gourde d’eau ou d’enfiler une tenue propre afin de passer la sale à l’eau claire et de la laisser sécher en l’accrochant sur la sacoche que portait l’étalon. Elle pensait stratégie. Elle pensait vitesse et elle filait comme l’air, fendant le jour sur le dos de son fidèle compagnon et dormant la nuit dans des lieux improbables. Elle avait dormi dans un bordel. Une drôle de chambre avec tout un tas d’ustensiles étranges mais une chambre à très bas prix alors elle n’avait pas tordu le nez face à l’offre. Elle avait peu dormi cette nuit-là, elle entendait des hommes et des femmes se perdre dans le plaisir de la chaire, plaisir qu’elle n’avait jamais goûté et qui ne l’intéressait pas. Elle était partie le matin, dès que le soleil avait commencé à caresser la terre de ses rayons.

Ce fut sous la pluie qu’elle arriva à Oesgard. Une pluie fine et pénétrante qui durait depuis le milieu de la journée environ. Elle était trempée, ses vêtements n’étaient plus qu’eau et froid mais elle continuait à avancer. Elle allait attraper la mort, c’était une chose certaine mais elle s’en moquait bien. Elle arrivait dans la cité et c’était tout ce qu’il lui fallait pour la rendre heureuse. Elle allait pouvoir s’établir dans une auberge de ville, laisser Dairiun se reposer durant plusieurs jours et se mettre en quête d’Héléna. Elle avait le nom. Elle avait la religion. Ne lui manquait plus que le visage mis elle savait qu’elle allait trouver la femme. C’était une certitude.

Liliana s’établit dans une petite auberge peu couteuse. Elle avait un lit pour dormir et Dairiun avait une place à l’écurie. Elle donna au propriétaire une petite somme d’argent qui lui valut un sourire édenté de la part de l’homme. Il lui restait assez d’or pour vivre plus confortablement mais elle ne cherchait pas le confort, elle cherchait une femme.

***
Deux jours. Cela faisait deux jours qu’elle cherchait. La seule méthode qu’elle avait trouvée, c’était de s’installée dans les tavernes et de questionner les gens, de leur poser des questions et d’essayer de trouver des réponses. Elle s’était fait sortir de deux établissements, elle avait échappé à une bagarre de justesse mais avait reçu un coup qui lui avait laissé une grande marque bleue sur l’épaule. Elle était perdue mais elle ne lâchait rien, elle continuait ses recherches et elle entrait dans ce qui lui semblait être la centième taverne de la cité. Elle avait l’impression de sentir mauvais alors qu’elle était habillée d’une tenue propre. C’était, une nouvelle fois, une tenue d’homme, une tenue prise à Dastan. Liliana s’approcha du bar et s’y installa avant d’appeler le tavernier pour qu’il lui serve un serve un verre. Prétexte pour lancer la discussion et poser sa question.

Dites, vous ne sauriez pas où je serais en mesure de trouver une dénommée Héléna, prêtresse d’Othar ?

Elle attendait la répose alors que le tavernier se grattait la barbe, l’air songeur. Il cherchait dans son esprit si une femme pouvait correspondre au peu de description qu’elle avait sur l’Inconnue. Il allait lui répondre mais il ferma la bouche et partit servir une table entourée de 4 hommes ivres. Le soleil n’était levé que depuis quelques heures et l’ivresse marquait déjà le début de la journée. Elle allait être longue si elle ne trouvait pas… très longue.
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Héléna Skorsheim
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MessageSujet: Re: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeMer 5 Juin 2019 - 11:51

Spoiler:
 

Hrp: Héléna porte une simple robe en lin rouge qui couvre bien son corps mais dévoilant néanmoins une silhouette musclée.

La journée est longue, ennuyante et les fidèles demandent toujours de l’aide pour un moindre soucis…J’ai oublié que la majorité des gens se complaint dans leur souffrance, ne cherchant nullement à se dépasser. Leur souci est facilement réglable. Le peuple a une vision courte, ne voyant pas plus loin que leur nez. Il m’ennuie. Il me lasse.

Je regarde passablement la cruche hydromel tournoyant le liquide de couleur miel.

« Ils me fatiguent avec leurs petits soucis. » marmonne-je « Ils ont toujours besoins d’aide, incapable de se débrouiller par eux même. C’est pathétique. »

Eric fixe ma cruche, avant de porter son attention sur mon regard. Puis, il se met à boire sa cruche de bière avec avidité. Il le vide d’un trait. Eric tapote un peu sur la table, il hausse les épaules avant de répondre

« Ce sont juste des paysans, Tu ne peux pas leur demander de réagir comme toi. » répond-il.
« Je ne fais pas d’amalgame, cher ami. Je sais faire la part des choses. Quant à toi, fais gaffe, l’alcool ne te réussis pas. Ne compte pas sur moi de te relever de nouveau. Je t’ai remonté une fois, pas deux. »

Il grommèle un peu. Je le fixe droit dans les yeux avec un regard dure avant de porter mon attention sur un groupe d’homme complètement ivre. A l’écart de la cohue, tout au fond de la pièce, je les regarde. Je vois l’un qui commence à s’esclaffer, le second commence à divaguer et faire des gestes maladroits. Le tavernier tente de calmer le groupe.  Un ivrogne reste un ivrogne. Il change rarement. Une fois que l’alcool envahie l’esprit, on est envouté par celui-ci…Et on sombre dans le misérable. Je pointe du doigt sur l’individu, faisant signe à Eric. Ce dernier tourne sa tête.

« Vois-tu ça, cher ami. C’est toi. Tu es comme eux. Si, je n'étais pas là, tu sombrerais et tu terminerais ta vie par terre comme un clochard. Rappels toi de ça. »


On se fixe du regard, il comprend très bien que je ne déroge pas à la règle. Il a surement compris. Je le vois se retenir de prendre une bière. J’hoche la tête d’un air satisfait, buvant ma cruche. Puis, je vois la p’tite boucle d’or rentrer dans la taverne, il me cherche.

« Max, on est ici. »
il cherche où est la voix avant de me retrouver. Il se met à sourire légèrement, restant silencieux en s’installant sur le banc.

Je caresse sa chevelure, profitant de lui donner sa cruche au lait de miel. C’est sa boisson préféré et il me gratifie d’un sourire timide.

« Tu t’es bien occupé du cheval ? Tu as lu le texte que je t’ai demandé ? »

« Oui, Dame Héléna. »
« C’est bien. »

Puis mon attention se porte de nouveau sur le groupe d’ivrogne qui ne cesse à faire le vacarne. Le tavernier commence à avoir du mal à les contenir. L’un d’entre eux commence à devenir violent, menaçant le tavernier de le frapper. Au loin, j’aperçois une jeune femme qui semble totalement perdue.  Je pose mon attention sur Eric qui est aussi observateur de la scène. Il doit surement se demander ce que je compte faire.

Je mets ma main sur ma figure, ne supportant plus pour aujourd’hui la race humaine. La tranquillité, je peux l’attendre avant longtemps. Je décide d’intervenir, je me lève, me dirige vers le groupe. Le tavernier me regarde un moment, surpris.
Je pose mon attention sur le plus violent des ivrognes. Je leur demande de partir tranquillement.

« Quoi t y ti mèles toi ! vouais !Re…Retournessss à ta table ! »
« Je vous pris de repartir de nouveau. Il serait regrettable de continuer à me provoquer. »
« Moi, pas d’ordre à r’cevoir d’une femmmmeee. sale brulé ! »

Il pose sa main sur moi. Je le regarde calmement, le fixant droit dans les yeux. Je retire doucement sa main avant de porter mon attention sur l’homme violent. Bien entendue, les autres ivrognes rigolent.

« Deuxième fois. Je vous prie de partir et de rentrer chez vous. »

Tout de suite, Eric rapplique pour me soutenir. Il tente de calmer la situation en tempérant l’ivrogne, prévenant de ne pas aller plus loin. Comme je le redis une nouvelle fois, un misérable reste un misérable. Ce dernier dit une  phrase de trop.

"Hey, mon amiii ! Surveille ta gueuse-la... Ta donzelle cramée... Elle fait TROP d'bruit ! Qu'elle... Retourne... Des bonnes manières ! Alleeez ! Reste... Reste dans ton coin !"

Je le vois poser sa main sur moi. Puis, un crochet du droit percute sa machoire, faisant tourner le visage de l’ivrogne. Le coup précis et violent le fait reculer jusqu’à tomber par terre. Les trois ivrognes me fixent voulant réparer l’humiliation de l’homme. Lorsque le premier ivrogne s’approche, je saisis la lame du fourreau d’Eric, dégainant l’épée jusqu’à s’arrêter devant la gorge du dernier. Je le fixe droit dans les yeux, avançant vers lui, forçant à le reculer.

« Je jure par Othar que je vais pas retenir mes coup. Alors, tu vas prendre ton ami qui est à coté de moi et vous allez partir. Sinon, soyez en sur, je vous tranche en deux. On est clair? » dis-je en levant la tête avec arrogance.

J’abaisse l’épée, le fixant du regard. Il ne faut pas plus de temps pour voir le groupe en train d’étaler comme des lapins.  C’est mieux ainsi. Je redonne l’épée à Eric. Le tavernier semble soulager que le calme revienne de nouveau, il me gratifie d’un sourire reconnaissant.

« Merci, madame. Je ne sais pas comment vous remercier. J’aimerais vous offrir un verre. »
« Non, je vous remercie. Cependant, je voudrais un bon repas pour nous trois. »

Il hoche la tête, retournant vite à la cuisine.

« tu as l’art et la manière de t’y prendre, Héléna. »
sourit-il «  tu as été patiente. »
« Je ne récolterais aucun honneur à les tuer. Eric »




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Liliana Kastelord
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MessageSujet: Re: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeLun 10 Juin 2019 - 10:37




Les voix s’élevèrent rapidement. Les hommes, déjà bien trop ivres, se mirent en tête qu’ils étaient, en cet instant, les rois alors ils agirent en conséquence. Ils faisaient comme si le monde n’appartenait qu’à eux, demandant à être servi plus vite que le barman ne le pouvait, chantant et parlant d’une voix tonitruante et sourde, buvant encore et encore. L’alcool coulait à flot pour eux, Liliana pouvait voir le liquide fort couler sur leur menton et chuter sur la protubérance qu’ils appelaient ventre.
Liliana eut un haut-le-cœur en les observant. Il la dégoûtait et elle était perdue, plus qu’à sn arrivée. Elle en avait vu des hommes ivres mais ceux-ci atteignaient des niveaux qu’elle n’avait encore jamais vu. Dans les auberges où elle était passée, elle avait vu des hommes ivres chanter à tue-tête, des hommes ivres offrir des fleurs, des femmes ivres fondre en larmes mais ce n’était pas vraiment la même chose. Ils finissaient toujours par se stopper, par sortir d’eux-mêmes en sentant que la chaleur ne venait pas de l’habitacle mais de la boisson qui coulait dans leur gosier anesthésié. Ils n’étaient pas forcément alcooliques, ils faisaient juste la fête mais eux…. Eux l’étaient et ce n’était pas peu dire qu’ils semblaient à des puits sans fond.

Et puis il y avait cette femme, ce morceau de charisme aussi pur qu’un fragment de lune directement tombé du ciel. Elle choisit de lutter contre eux, de s’élever, de montrer sa grandeur et de les faire taire après un échange assez puissant. Le tavernier aussi observait cette scène sans agir, hébété par l’étrange situation puis soulagé de les voir partir aussi vite que l’éclair traversant le ciel les soirs d’orage. Il avait un sourire sur le visage, une courbe solaire qui découvrait des dents un peu pourries par endroit mais qui réchauffait le cœur tout de même. Il envoya mille remerciements à la femme avant de lui proposer un verre. Liliana écoutait d’une oreille sans bouger de sa place. Lentement, elle laissa glisser son regard sur l’étrange groupe, sur le trio de cette femme et des deux hommes pour les observer un peu plus en détail.
Une robe rouge. Une tignasse soignée aussi blanche que la neige. Un sourire plus enfantin.
Chacun semblait avoir sa marque mais elle se sentait attirée par cette aura, par cette force invisible qui entourait la femme au corps semblant voir été sculpté dans la pierre puis enrobé d’un marbre fin pour y dessiner quelques traits délicats et adoucis. Elle offrit un sourire un peu timide au blanc qui la dévisagea lorsqu’il sentit son regard clair lui brûler la peau puis, d’une timidité surhumaine, elle détourna le regard alors que le tavernier servait un verre et se plaçait devant elle.

Gamine, je crois que la femme que tu cherches est cet’sauveuse. T’peux aller la voir j’pense, elle devrait pas t’tuer comme ça, t’pas trop d’la vermine toi pi t’a pas la tête de quelqu’un qui lui f’rait beaucoup d’mal va. T’peux ben lui apporter son plat Gamine, t’a qu’à lui dire qu’c’est moi qui t’envoie pour la servir et profites’en pour lui poser ta fameuse question.
Euh je… mais…
Aller hop, file sinon j’t’y envoie avec un coup d’pied au derrière Gamine.

Liliana se redressa, le visage pâle et, le pas un peu tremblant, serrant entre ses doigts le plateau de bois et les gamelles pleines de nourriture colorée. Elle avançait d’un pas un peu peureux, sentant la rapière de son père frotter contre le tissu du pantalon qu’elle avait pris à Dastan. Il lui était un peu grand, maquant ses formes féminines et cachant des jambes si fines qu’on aurait dit celles d’une danseuse. La table à servir n’était qu’à cinq ou six mètres mais le chemin lui sembla long. Très long. D’ordinaire, elle n’avait pas peur, elle n’était pas du genre craintive mais face à la force de ce trio, elle ressentait une sorte de respect instinctif, une émotion qui faisait trembler ses bras et lui fit même renverser un peu d’eau sr le plateau lorsqu’elle le déposa sur la table de bois massif.

Euh Je… Voici votre repas. C’est… c’est le tavernier qui m’envoie car il a du travail à faire en cuisine et que… euh…

Ses joues se paraient d’un rose tendre, elle respirait la timidité sous les regards des trois. Elle ne savait pas vraiment que dire ni même comment poser la question qui lui brûlait les lèvres. Elle ne trouvait pas forcément des plus corrects de commencer de but en blanc mais il était aussi incorrect de mentir. En cet instant précis, elle se demanda non ce que ferait sa mère mais ce que ferait son père. Comment agirait-il dans cette situation ou comment lui avait-il agit car peut-être cette situation lui était-elle déjà arrivée par le passé. Liliana prit une goulée d’air avant de poser les mots d’ne voix plus sûre et posée. De sa voix douce comme le miel.

Bon, voilà. Je me prénomme Liliana Kastelord, fille d’Hanegard Kastelord, ancien baron d’Alonna et de Jena, prêtresse de Nééra. Je suis à la recherche d’une dénommée Héléna, prêtresse d’Othar afin de lui demander de l’aide. Pourriez-vous m’indiquer où je serais en mesure de la trouver ? Vous avez juré par Othar alors je me disais que peut-être…

Elle coupa là sa phrase tout en observant, pour la première fois, les trois personne dans les yeux. Elle laissa ses perles bleues les observer sans se cacher, détaillant leur visage sans pour autant les défigurer. Elle avait toujours une tâche de rose aux joues qui s’estompait délicatement, révélant doucement les tâches de sons courant sur sa figure encore juvénile. Elle n’était pas bien vieille de corps, certes, mais en son sein elle était plus mature que ce qu’elle laissait paraître. Fière Kastelord, digne fille de son père, elle avait une pensée presque militaire et n’était-ce pas là un signe de maturité que de savoir calculer selon ses pertes, calculer ses probabilités de chance en plus d’avoir la capacité de manipuler les mots comme elle le désirait ?

J’espère réellement que vous aller pouvoir m’aider car, il faut bien avouer, que cela fait plusieurs jours que je cherche en vain et je ne vais pouvoir rester éternellement. D’ici une ou deux énéades, lorsque mille personnes auront vu mon visage, je me devrais de fuir afin de ne pas me faire rattraper par mon passé car s’il me fait face maintenant, mon futur tombera en miette sans que je ne puisse le réparer.

Elle avait, dans son regard, dans ses mots et dans sa voix, cette force qui ne demandait qu’à être forgée, qu’à être frappée par le marteau lourd pour se forger comme la pointe d’une fine épée aiguisée ou d’un poignard aussi beau que meurtrier.

Brûle tes ailes blanches mon ange
Laisse-les noircir aux flammes
Devient l’archange somptueux
Beau d’apparence
Mortelle de goût.

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Héléna Skorsheim
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MessageSujet: Re: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeMar 18 Juin 2019 - 12:10


La fière Oesgardienne aperçut la jeune fille. Elle lui répondit avec un sourire poli. Cependant, elle fut surprise le l’élocution de la jeune fille. Eric et Max restèrent silencieux, n’intervenant pas dans la discussion. Ils laissèrent Héléna chargeait de cette discussion. Elle laissa la jeune adolescente en train de parler. Héléna saisissait son repas, commençant à le manger. Elle l’écoutait d’une oreille…Ce qu’elle désirait réellement était la tranquillité. La jeune fille lui enlevait la tranquillité. Son Dieu mettait sa patience à tout épreuve !

Et, elle parlait beaucoup cette jeune femme. Héléna se retenait de la faire taire un moment. Vraiment, elle avait envie de manger son repas, de ne pas entendre une allocution et le supplice de la jeune fille. Elle dégusta son poulet, arrachant une partie de la chair de la bête avec ses mains, avalant d’un gout la chair de ce repas simple et appréciable. Max regardait timidement la jeune fille. Eric la regardait d’un coin de l’œil, se retenant de boire une nouvelle fois de l’alcool. Il hésita, mais préféra de ne pas trop contrarier la prêtresse. Surtout, elle n’était pas d’humeur, ni la patience de refaire la morale à son acolyte. Héléna n’était pas tendre et rester clair dans ses pensées.

La fille avait enfin fini de parler. Héléna ne la regardait pas. Elle se concentrait sur sa viande. Elle était agacée qu’on la dérange temps. Le peuple pour aujourd’hui l’avait bien fatiguée. Par contre, elle était curieuse de savoir pourquoi la jeune femme la cherchait ? Et, pourquoi une Kastelord, la fille d’un Baron et d’un fier guerrier d’Oesgard viennent lui demander de l’aide.  
Héléna resta calme, assez froide avant de porter son regard inquisiteur sur la fille. Elle lui semblait déterminée… Peut-être. Intéressant. Mais était-ce par pure caprice ou une réelle volonté. Elle prit un mouchoir, nettoyant affectueusement ses doigts.

« Je ne pensais pas d’être aussi connue…Je suis assez surprise. »

Puis, dans un ton plus sérieux.

« Pourquoi, une Kasterlord vient me voir ? J’ai peu de patience à entendre les jacasseries d’une fille qui voit son monde s’écrouler. Rien, ne s’écroules, jeune fille. Le seul écroulement est quand Tyra a réussie à te prendre. Hormis ça, ce que j’entends, c’est juste de la superficialité. »

Le futur se construit petit à petit. Bien entendue, il fallait chuter, se casser la figure, voir le futur s’écrouler. Mais, c’est un apprentissage de la vie. Combien de fois, héléna avait dû chuter pour devenir ce qu’elle était devenue. Elle n’arriverait même pas à compter. Une nouvelle fois, la question de la raison de la demande de la jeune fille l’intrigua. Pourquoi elle ?

« Tu as ton père qui est un fier guerrier. Tu as une vie décente, surement un maitre qui a servit ton père. Pourquoi tu veux que ça soit moi ? Ce que je vois, jeune fille. C’est un caprice d’une gamine qui veut jouer la grande. »


Elle mit à boire de nouveau son alcool. Elle termina sa cruche de bière, guettant la réaction de la jeune fille. Franchement, à l’écouter, elle avait un mal de tête. Oui, elle parlait avec un ton pompeux qui l’agace. Elle se souvint qu’elle n’était pas comme ça avec ses parents pendant son enfance. En même temps, elle était la fille de deux prêtres d’Othar. Elle n’avait pas la superficialité de cette fille à son âge. Puis, en tant que fier Oesgardienne, la parole pompeuse n’était pas du tout son style. Si, la jeune kastelord continuait ainsi. Il était certain qu’Helena sera tranchante dans ses mots.  

Alors, elle prit l’initiative de connaitre vraiment sa réelle motivation.

« Arrêtons les paroles pompeuses. Je n’ai ni la patience, ni le temps de décortiquer. Alors, soit clair. Et je ne veux surtout pas entendre que l'avenir est fichu. Si, c'est ça, c’est clair que tu peux partir. Alors, que veux-tu réellement, Liliana Kastelord ? »


Elle le regarda droit dans les yeux, attendant attentivement sa réponse, prête à le dévorer pour avoir sa tranquillité.
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Liliana Kastelord
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MessageSujet: Re: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeMer 26 Juin 2019 - 15:36




Les mots tombèrent d’un coup. Ils chutèrent comme une hache sur un nœud de bois tendre, le brisant en deux d’un coup net, d’une coupure propre laissant voir la moindre fibre boisée tranchée proprement. Liliana encaissa les mots sans broncher, ne tiquant pas et n’abaissant pas le regard sous celui presque apeurant de la femme.
Femme forte. Femme de fer maniant ses mots avec une dextérité certaine. Liliana y voyait là une forme test, de premier combat pour juger sa force et, surtout, la force, l’authenticité, la pureté de ce désir qu’elle nourrissait depuis un temps certain. Malgré l’acceptation des paroles de la femme, Liliana sentait la brûle de la gifle alors que son regard ne tremblait pas. Il y avait, derrière le comptoir, le barman qui observait le quatuor d’un œil étrange, souriant et sceptique à la fois, comme s’l s’attendait presque à voir revenir la jeune avec les larmes aux yeux.

Mon désir ? Ce que je veux vraiment ?

Liliana laissa là une pause, 2 minutes tout au plus pour trouver les mots juste, pour trouver la façon la plus claire possible de faire passer ses sentiments. Le plus simple aurait été qu’Héléna puisse lire directement dans son âme, puisse ouvrir le livre de la vie de Liliana et s’imprégner des sentiments qu’elle ressent que ce soit pour elle-même ou ces sentiments si forts qui tissaient la relation si forte qu’elle avait avec ses deux frères, avec sa mère ou son père. Un amour pur et vrai.

Je veux devenir quelqu’un. Je veux venger les blessures de mon père. Je ne sais comment le formuler, comment vous le montrer mais c’est véridique, c’est un désir qui n’est pas né hier, qui ne rendra pas l’âme demain. C’est un désir qui n’est pas monté sur une base en château de cartes. Vous êtes une femme alors vous devriez comprendre. La femme a longtemps été la chose fragile qu’il faut protéger, qu’il faut couver, qu’il faut combler comme si elle ne pouvait pas se battre, comme si elle n’était pas l’égale des hommes et j’ai l’impression d’être ce cliché.

Liliana avait cette flamme qui brillait au fond des yeux, cette flamme sincère, cette fougue de la jeunesse et du fer chaud qui ne demandait qu’un maître pour être forgée. Il était délicat de trouver les mots qui toucheraient la femme avec le piquant suffisant pour lui faire comprendre que la décision prise n’était pas celle d’une enfant.

Oui j’ai eu une enfance confortable avec de l’or et de l’argent, j’ai eu une robe à chaque fois que j’en voulais une mais j’ai toujours été Liliana fille d’Hanegard, grand guerrier et homme politique, Liliana fille de Jena, prêtresse de Nééra mais ce n’est pas ce que je veux être, je veux être une personne à part entière méritant son titre.

Un nouveau silence. Un temps mort sous les yeux exorbités du tavernier qui ne semblait pas certain de ce qu’il avait vu mais il fallait dire que voire Liliana se placer ainsi à la place d’une femme et non dans la tenue d’une enfant pouvait se montrer relativement désarmant. On sentait cette aura charismatique l’entourant, cette force qui était imprégnée sur elle comme l’était l’odeur de la nourriture sur un cuisinier.

Alors ? Cela vous suffit où faut-il que je parte en quête d’une autre personne qui accepterait de me former à l’art du combat dans le but que je devienne celle que je suis destinée à venir ?



Tu me crois
La marée
Et je suis
Le
Déluge.


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Héléna Skorsheim
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MessageSujet: Re: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeVen 5 Juil 2019 - 10:05


Héléna la regarda droit dans les yeux, sa main retient sa tête. Pendant un long moment, elle était en train scruter la jeune femme. La prêtresse avait quelque peu cerné la jeune adolescente mais ses paroles pompeuses la fatiguaient. Tu pouvais juste me dire « je veux créer bâtir mon avenir, être différente de mon père et de me distinguer des autres femmes. Cela m’aurait suffi…Pourquoi se compliquer la vie. La guerrière ne disait pas un mot. Elle préférait laisser un petit moment la jeune femme dans un long silence pour jauger sa détermination. D’un geste de la main, la guerrière la fixait

« Chez toi, on t’apprend à être une bonne fille. Chez moi, j’étais élevés par deux prêtres d’Othar. Mais, oui, je sais ce que sais. Avec moi, je ne veux pas de paroles enjolivées. J’avais juste besoin d’entendre « j’ai envie d’être une guerrière, faire mes propres marques » Tu vois, c’est simple. Tu réfléchis trop, petite oiseau. »


Puis, elle dégustait une nouvelle fois son repas. Puis, elle ponctua une phrase bien acerbe.

« Ton père, Hanergard Kasterlord, n’a pas besoin de toi. Il a assez prouvé sa capacité de se débrouiller seul. Là, tu marches en suivant l’ombre de ton père. Terrible erreur. Tu es Liliana…juste Liliana, petite oiseau. »

Puis, son attention se porta sur le vieil Eric. Elle l’avait sauvé de son alcoolisme par un moyen peu rudimentaire. Il lui avait raconté toute sa vie de soldat et de bon père de famille jusqu’à que la vie avait volé toute sa famille. Il était bourré jusqu’à devenir insupportable et se faire éjecter de la taverne. Elle se souvenait d’avoir pris sa cruche, uriner dedans à l’abris des regards. Lorsqu’elle retrouva l’homme en train de gésir sur le sol, elle avait déversé sa pisse. Elle lui révélait qui était pitoyable et sa seule chance de survivre était de la suivre. Ce qu’il avait fait… Aujourd’hui, sa nouvelle drogue était la religion. C’était mieux ainsi.

Son attention se porta sur le jeune Max. elle se souvint de l’avoir retrouvé à moitié mort dans les champs d’Oesgard. Comme là, elle lui avait posé un choix : boire l’outre qu’elle avait donné ou de se laisser mourir acceptant une nouvelle fois la dureté de la vie. L’enfant avait choisi de vivre. Il ne fallut pas longtemps de prendre soin de l’orphelin et être la main vengeresse des brigands de fortune.

Elle termina de manger une bonne fois pour toute avant de prendre sa décision. La jeune fille avait fait tout le chemin pour la rencontrer. Elle avait une détermination. Puis, les cernes sur son visage témoignaient un voyage harassant.

« Tu as quel âge, petite oiseau ? Pourquoi, tu m’as choisi pour que je sois ta tutrice ? Une Corneille ne sont pas réputée pour être douce. Elles sont réputées pour être des guerrières redoutables. Mais, elles sont extrêmes et mal vue par le patriarcat de la Péninsule. »


Les Corneilles…Elles étaient à la fois appréciés et détester…Elles étaient capable de voler la vedette à la gente masculine. Pire, elles étaient parfois beaucoup plus dangereuses et fourbe pour arriver à leur fin. Les chevaliers ne les apprécient pas trop.

Une fois que la réponse parvenait à son oreille. La guerrière se leva. D’un geste, elle donna l’ordre au garçon de rester dans la taverne. Quant à la fille, elle lui invita de la suivre. Une fois dehors de la taverne, dans la nuit noire. Elle arrangea légèrement sa robe. Puis d’un regard dur, elle fixa la femme droite dans les yeux. Ses yeux bleus transpercer le regard de l’adolescente.  Elle exprimait aucune émotion juste un petit sourire en coin. Elle était debout, adoptant une maitrise martiale. Si elle était simplement debout, secrètement, elle était déjà en garde.

« Tu veux m’avoir comme maitresse. Bien. Mais, tu dois le mériter pour m’avoir. Sors ton arme et tente de me blesser. De là, je jaugerais ta valeur.»
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Liliana Kastelord
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MessageSujet: Re: [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna   [Oësgard] - Attrape ma main et aide-moi - pv Héléna I_icon_minitimeMar 17 Sep 2019 - 19:34




Liliana ne bougea pas lorsque la femme prit la parole. Elle se mura dans le silence tandis que les mots résonnait en elle comme un écho puissant se réverbérait contre les parois d’une montagne. C’était puissant et envoutant. Gênant mais aussi glorifiant d’entendre la voix d’Héléna s’insinuer en elle comme cela. Chaque mot sonnait juste. Chaque parole était mesurée et précise. Un filet de justesse et de vérité.

Héléna ne mentait pas, chez elle on lui avait appris des choses comme la danse, la lecture et la couture mais jamais on ne lui avait appris la violence. A chaque instant on lui avait dit que la violence n’était pas une solution ni même un trait de vie mais un péché. Un côté sombre qui résidait dans chaque être et qu’il ne fallait pas nourrir sans quoi on finissait par sombrer dans ces abysses avec une sortie s’amoindrissant à chaque seconde. Liliana eut un sourire lorsque la femme lui appris qu’elle avait trop parlé, qu’elle avait utilisé trop de salive alors qu’en dix mots à peine sa réponse aurait pesé dans la balance. Déjà à l’époque des cours de littérature on lui disait qu’elle blablatait trop, qu’il fallait qu’elle aille au but sans prendre mille et un détours mais c’était une habitude chez elle, ajoute de la poésie et des fioritures à ses mots pour les rendre aussi succulent qu’un miel de fleur fraîchement recueilli.

La femme arracha un sourire à Liliana. Elle parlait puis elle prenait une pause dans son discours pour avaler un bout de légume, une portion de viande. Elle donnait l’impression de se moquer de la jeune fille comme on se moquait de sa première dent tombée. Elle avait une prestance et un charisme qui faisait que même si elle coupait son discours pour se passer une lame sous les ongles afin de ses les nettoyer, l’ennui qu’elle ressentait en nous écoutant était la preuve qu’elle était présente et suivait un minimum la conversation quand bien même elle pouvait être d’un ennui plus mortel que l’observation d’un escargot dévorant une laitue.

J’ai 15 ans, 16 bientôt mais pour l’instant je n’en ai que 15. Pourquoi vous ? Je ne sais pas. Peut-être parce que vous êtes une femme et que je me sens plus rassurée d’être avec une femme plutôt qu’avec un homme. Peut-être parce que vous êtes celle dont j’ai entendu parlée plus d’une fois sans que votre histoire ne soit modifiée. Plusieurs possibilités que je ne connaisse, c’est un peu l’innée, comme si Nééra m’avait guidé vers vous.

Liliana reprit son souffle. Elle parlait. Trop. Mais c’était en elle, elle avait besoin de poser ses mots, d’enjoliver ses pensées car c’est ce qu’elle était dans le fond, une belle âme. Une rose. Belle et douce mais couverte d’épine.

Je ne cherche pas la douceur. Je cherche la dureté. Ce n’est pas avec une plume qu’un forgeron forge une épée mais avec une masse.

Tous les mots posés, les cartes abattues sur la table et les dés pipés, Héléna se redressa et somma à la gente masculine de rester assise, de profiter des restes du repas tandis qu’elle sortait, emmenant avec elle Liliana, la petite aristocrate sans savoir ce qui allait se passer à l’extérieur. Liliana avait peur. Une peur rationnelle mais peur tout de même. La nuit était noire et imposante, elle ne voyait devant elle à plus de cinq mètres. Elle était à la merci de la femme car, même si la jeune était armée, elle n’était pas une épéiste de renom ni même douée et elle ne pourrait échapper à Héléna si cette dernière décidait de la tuer pour s’amuser ou pour envoyer sa tête à Hanegard afin de lui montrer qu’il y aurait toujours plus puissant que lui, qu’il avait des faiblesses.

Tu veux m’avoir comme maitresse. Bien. Mais, tu dois le mériter pour m’avoir. Sors ton arme et tente de me blesser. De là, je jaugerais ta valeur.

Bouche bée.
Regard trouble vers la femme qui se rhabillait sans même prendre le temps de dégainer son épée. C’était là une chose assez peu commune que d’ordonner le combat mais il y avait un début à tout et Liliana savait qu’il ne s’agissait ici que d’un début. Que son sang allait toucher le sol certainement bien plus vite que prévu.

Liliana, le dos droit, dégaina son arme, la rapière légèrement émoussée subtilisée à son père quelques temps auparavant. Le regard sûr, elle attendit qu’Héléna dégaine son arme puis ce fut le début d’une valse à deux temps. L’épée de Liliana fendait l’air mais c’était souvent trop tôt ou trop tard. Trois petits pas et entrechats avant de tomber sur le sol, laissant une marque brune sur son pantalon et certainement un bleu sur son bras mais il n’était pas temps d’avoir mal. Elle retrouva rapidement son équilibre alors que l’arme de la femme lui écorchait la joue.

Une perle rouge.
Goutte de sang.
Coulant le long de sa joue.
Chute inévitable.
Gravité imparable.
La perle s’écrasant sur le sol.
La lame émoussée touchant.
Effleurant la robe et coupant le tissu.




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