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 Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade]

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Ruthger de Lourmel
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MessageSujet: Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade]   Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade] I_icon_minitimeDim 5 Jan 2020 - 10:53


Quatrième ennéade de Barkios,
An 17 du XIème Cycle,
Château de Lourmel


Au sommet d’une tour de son propre château, le seigneur Ruthger scrutait la ville en contrebas à la recherche d’un signe. Les gens étaient petits comme des fourmis, la ville était vaste, mais une silhouette sur un cheval restait bien plus reconnaissable parmi la commune foule des habitants du bourg. Pourtant, il ne vit ni cheval ni cavalier. Un petit soupir s’échappa d’entre ses lèvres. Porté par le vent, le souffle alla rejoindre la grande battue aux feuilles que l’automne entamait pour recouvrir le monde de ses couleurs orangées.

« Il va retrover raison... »

Ruthger avait les mains sur le parapet de pierre, hochant doucement de la tête pour se persuader de ses paroles.

« Il va rentrer... »
_______________________________________________________


Cinquième ennéade de Barkios,
An 17 du XIème Cycle,
Quelque part dans une forêt hautvaloise


Le vent d’automne passa sous les frondaisons en emportant quelques feuilles sur son passage, ainsi qu’un grelottement fébrile du pauvre Gontran, nu comme un ver.

Après être parti de Lourmel, il s’était lancé à l’aveuglette sur les premiers chemins qu’il avait rencontrés. Lui et son cheval avaient arpenté des routes de terre, des sentes proches des bois, mais il avait toujours détesté les forêts et n’avait pas osé s’y risquer jusqu’alors. C’était un orage qui l’avait brusquement amené à changer son cap, lorsque son cheval s’était emballé et l’avait conduit droit vers la canopée. Piètre cavalier, il avait fini à terre au milieu du bosquet, jeté par terre avec toute l’élégance d’un sac de farine.

Retrouver son cheval dans le noir n’avait pas été une mince affaire. Et lorsqu’il se réveilla le lendemain après s’être assoupi de fatigue au dos d’un arbre, il avait eu la très désagréable surprise d’avoir de la compagnie. Six hommes aux mines patibulaires, à l’odeur rance et aux yeux brillant d’une malice que l’on ne trouvait que chez les renards, ou les voleurs. Tombé de Charybde en Scylla, le pauvre Bottier s’était encore fourré dans de sales draps.

Voilà pourquoi, en ce début d’après-midi frisquet, Gontran était saucissonné à un arbre comme un supplicié, nu comme aux premiers jours. La dernière décence des bandits avait été de cacher son intimité avec les cordes. Cependant quand le vent soufflait, cordage ou pas, le froid régnait. L’infortuné tenta d’imaginer quel était la pire fin, entre mourir frigorifié ou dévoré par les loups. Il frissonna à nouveau, autant à l’idée que par les caprices du vent, puis lâcha tout haut en grelottant, comme pour s’adresser à une divinité qui pouvait l’entendre :

« C-c-c-c...c’est p-p-pas comme ç-ç-ç-ça que… j-j-j’ima… j’imaginais ma f-f-fin... »

Avait-il fait une bêtise en quittant le château ? Il ne le saurait peut-être jamais. Car il entendait déjà du bruit, lointain mais perceptible. Si les loups venaient le dévorer, alors il n’aurait pas à subir le froid. Malheureusement, Gontran n’avait pas eu le temps de trancher pour décider laquelle des deux morts serait la plus horrible…
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MessageSujet: Re: Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade]   Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade] I_icon_minitimeDim 5 Jan 2020 - 13:01


La roue droite de la carriole branla sous le coup d’une pierre trop grosse, déstabilisant le conducteur de l’attelage. D’un geste de la main, il indiqua aux autres convois de faire attention sur la route. Le soleil était encore haut dans le ciel, ils auraient probablement le temps d’arriver en ville avant la tombée de la nuit, et peut-être même de mettre en place la scène pour la représentation de demain soir. Bons-Yeux porta sa man en visière, pour observer en peu plus loin sur la route. Un mouvement dans les broussailles attira son attention, il n’aimait pas ça, clairement pas.

—  Patron, je crois qu’on risque d’avoir des ennuis, murmura-t-il en demandant au cortège de ralentir le pas.

Un grognement sorti de l’amas de couvertures de la carriole, et un homme en émergea. La visage encore embrumé d’un sommeil prolongé, il leva un regard intrigué à son camarade.

—  Qu’est-ce que tu me chantes encore, comme sérénade ? Ou tu vois des ennuis, toi ? Je ne vois qu’une belle route de campagne, un chemin tout à fait praticable, et assez doux pour pouvoir profiter sereinement d’une petite sieste printanière.

Mais, le regard de son camarade lui fit comprendre que le temps n’était pas à la plaisanterie, celui-ci avait les yeux écarquillés, baladant son regard affûté sur les arbres alentours. Bien vite, un mouvement se fit sentir à l’arrière, et les hommes se pressèrent en tête de cortège, équipés comme il se devait. Langue-Affûtée fut le premier à rejoindre la tête, en faisant balancer, comme à son habitude, son immense marteau de fer rouillé. Son air renfrogné augmentait le caractère animal de son visage, mangé presque en totalité par une pilosité sauvage : bien que le bonhomme ne fut que le garde du corps de la Troupe, il excellait dans l’art de jouer une brute. Alors que, bien que fort comme un bœuf, notre bonhomme était le benêt candide du cortège. Fleur-de-Lys, quant à lui, se décida enfin à sortir des couvertures pour rejoindre Bons-Yeux.

— Qu’est-ce que tu vois, mon confrère aux yeux félins ?

Bons-yeux émit un rire sardonique, bientôt rejoint par les ricanements humiliants de Face-de-Rat. Le premier descendit avec lourdeur de la carriole, et fit crisser ses chaussures sur quelques pas, l’air soucieux. Un mince courant d’air s’infiltra dans les pans de sa tunique, et lui donna un instant l’air éthérée. Plus loin, à une distance d’une dizaines de mètres environ, se trouvait des traces d’un passage important. Les fleurs, encore bien écrasées, laissaient présager que le chemin avait été emprunté récemment.

— Patron, des bonhommes sont passés par-là, à travers la forêt.
— Et bien, qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ?

Un bruit sortit alors des grands arbres noirs, colporté par le bruissement du vent à travers les feuilles, cachant habilement la lumière du jour. C’était le son d’un geignement, d’une lamentation à peine humaine. Cela non plus, ça ne laissait rien présager de bon.

— Un fantôme, un fantôme, tous aux abris, se moqua Face-de-Rat en parodiant la grosse moue effrayée de Langue-Affûtée. Malgré sa corpulence et sa taille, son esprit était encore plus ou moins celui d’un enfant, et celui-ci, d’enfant, avait toujours eu une peur chronique des esprits et autres éléments surnaturels provenant du royaume des morts. Pour réponse, l’idiot ne prononça qu’un grognement puissant, étant muet, et frappa son camarade plus maigrelet d’une bonne bourrade dans l’épaule.

— Bon, bon, on va pas rester là toute l’après-midi non plus, je vous rappelle qu’on doit atteindre la ville avant le crépuscule. Bons-Yeux, si la chose t’intrigue, va fouiller dans les buissons discrètement, emmène Langue-Affûtée avec toi si tu as peur. Deux nigauds font mieux qu’un seul.

Acquiesçant, les deux hommes s’infiltrèrent doucement à travers les grands arbres, mesurant avec précision l’étendu sonore de chacun de leurs mouvements. On ne savait jamais sur quoi on pouvait t’embêter sur ces vieilles routes, et la surprise fut de taille. Après seulement quelques minutes de marche, les éclaireurs revinrent avec un homme nu, avec sa pudeur couverte par une corde le ligotant.

— Oh, un pervers. Je ne savais pas que les pervers poussaient entre deux bosquets, cherchais-tu une fleur où vomir ta semence, mon ami ? s’exclama Fleur-de-Lys de son rire cristallin. Voilà qui est tout à fait inattendu et surprenant. Je te prie, Cher Dryade dont la vue me donne envie de déforester le monde, de me donner ton nom et la raison de ton malheur. Si l’histoire me plait, j’irai demander à ma Troupe de te fournir un habit, il serait dommage que tes glands tombent.
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MessageSujet: Re: Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade]   Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade] I_icon_minitimeMer 8 Jan 2020 - 9:54

Trois jours avaient suffi à Ruthger pour se sentir misérable. Une honte sans nom l’accablait du coucher au lever de l’astre de lumière, et sa peine pour son ami perdu n’aurait su être calmé ni par ses berçantes illusions, ni par le doux et affectueux toucher de sa femme, qui pourtant savait trouver de si beaux mots pour embaumer ses plaies. Il ne pouvait trouver le repos, car le fantôme de ses paroles blessantes lui meurtrissaient les chairs. Il avait été odieux, et malgré les mensonges qu’il s’était à lui-même proféré, il savait qu’il était le seul fautif.

Il était donc parti, juché sur Pèlerin, son vieux destrier. Parti trop tard à la recherche du fantôme de son ami passé. Il avait fait fouiller la ville par ses gardes, mais ceux-ci n’avaient rien trouvé. En désespoir de cause, il s’était donc lancé au galop à travers la campagne, suivant les indications à demi-compréhensible des paysans, glanant çà et là les informations qu’il pouvait obtenir auprès des aubergistes, des marchands établis aux carrefours, des cultivateurs à la mémoire de moineau.

Son chemin était chaotique. Mais il menait tout droit vers le sud, loin de ses terres et loin de la protection du duché de Serramire. Qu’importe. Il devait retrouver Bottier, et réparer ses torts par n’importe quel moyen…


____________________________________________________


Ce n’était pas les loups qui étaient venus dévorer le brave Gontran. Et à voir quel genre de rustaud l’avait libéré de son platane mortuaire, il se demandait s’il n’aurait pas préféré les bêtes à d’autres brigands. Les animaux n’étaient pas aussi cruels que les hommes, car ils ne portaient pas en eux ce Choix que la Dame avait donné aux êtres humains, et qui pouvait les transformer en doux apôtre aussi bien qu’en suppôt du mal.

Cependant, une fois amené devant le chef de la troupe, il constata par lui-même qu’il ne s’agissait guère d’écorcheurs. Son regard fébrile et engourdi par le froid dériva d’une carriole à l’autre. Les habits du pendard qui l’apostrophait étaient colorés, et il parlait comme un histrion. Le froid glacial dans lequel Bottier devait s’expliquer sur son état rendait ses chances de revoir un jour une couche de vêtement très faible.

« J-je suis… un… j-j-j-j’ai froid… des b-bandits m’ont p-p-p-piqué mon… canasssssssson… et mes habits et ma…. d-d-dignité… »

Pour peu qu’il en ait jamais eu, en vérité. Car même alors qu’on l’adoubait chevalier, tous autour de lui n’avaient cessé de l’appeler le chevalier-paysan, pour lui remettre en mémoire qu’il était jadis sorti de la boue, et qu’il en serait entaché jusqu’à la fin de ses jours. Il rajouta tout de même :

« J-j-j-jeeee… je suis sire… Gontran… Gontran de la B-b-b-botte. »

Avec un nom pareil, impossible d’être pris au sérieux. Mais l’esprit engourdi de Bottier l’était trop pour tenter quoi que ce soit de trop cérébral, tel qu’un mensonge bien ficelé.
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MessageSujet: Re: Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade]   Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade] I_icon_minitimeMer 8 Jan 2020 - 14:14


— Bien, je vois que vous savez captiver vos spectateurs, mon cher ami. En seulement quelques phrases, me voilà intrigué. Evidemment, il m’en faudra plus pour comprendre le fin mot de cette histoire.

Lourdement, La Mascarade se leva de la carriole et descendit les marches de bois, dans un mouvement légèrement pataud, lui qui était encore un peu dans les bras de Morphée. Posant le pied sur le sol, il fit crisser les pierres alors qu’il rejoignit ce drôle d’énergumène, un sourire énigmatique au visage. D’un geste superficiel, le dramaturge arrangea sa coiffure et son chapeau coloré, drapé d’une plume de colombe.

— Bien, bien, enchanté monsieur de la Botte. Quel drôle de nom, est-ce, par ailleurs. De mon côté, je me nomme La Mascarade. Vous avez déjà pu rencontrer certains de mes camarades je crois, voici Face-de-Rat et Langue-Affûtée. Il gratifia l’homme nu d’un sourire franc, et lui tendit la main en gage d’amicalité. Puis, d’un geste brusque, il envoya un de ses suivants.— Que quelqu’un rapporte un vêtement à ce triste sire, le froid lui dévore les os.

Les mains sur les hanches, Fleur-de-Lys observa longuement l’étranger, tout en veillant à ne pas trop regarder son intimité. C’était une rencontre anormale, souvent signe d’une aventure hors-du-commun, c’est du moins comme ça que le trentenaire voyait les choses. Peut-être aurait-il l’occasion d’écrire une pièce sur cette histoire, pour peu que les événements deviennent plus intéressants. Un large drap apporté par Bons-Yeux vient recouvrir les épaules du pauvre homme, pour lui tenir chaud en attendant que des vêtements plus confortables soient trouvés.

— Vous nous venez de quel coin, Cher Ami ? N’ayez crainte, nous ne sommes pas des bandits et nous n’allons pas vous détrousser. De toute manière, nous serions bien mal chanceux de nous attaquer à une proie qui n’a déjà plus rien. Voyez ma troupe, nous sommes en réalité une compagnie de théâtre, tout ce qu’il y a de plus honnête et de travailleur.

Langue-Affûtée, la mine réjouie, s’approcha du groupe en apportant avec lui un costume aux couleurs criardes et aux pièces rapiécées, celles d’un arlequin multicolore, peut-être légèrement trop serré pour le chevalier. D’un geste vif, il lui donna les affaires, en émettant un petit grognement joueur.

— Nous comptions faire halte avant la nuit. Si vous le voulez, vous pouvez nous accompagner un temps, celui nécessaire pour nous raconter votre histoire et vous montrer utile. Pour arriver à l’heure pour notre représentation, nous devons faire vite et nous mettre en route prestement. Si vous voulez nous accompagner, allez vous changer derrière les bosquets. Ensuite, vous me rejoindrez dans ma carriole pour éclaircir cette affaire. Se retournant vers ses camarades dans un glissement circulaire parfait, La Mascarade positionna sa main pour augmenter la portée de sa voix, et il hurla : — Bon, les gueux, on se prépare à répartir dans dix minutes, pas moins, pas plus. Hop ! Hop ! Hop !
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MessageSujet: Re: Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade]   Amitiés anciennes et nouvelles [La Mascarade] I_icon_minitimeDim 12 Jan 2020 - 10:23

La chevauchée de Ruthger l’emmenait toujours plus loin dans les terres de Hautval. Le désespoir de retrouver un jour son ami perdu hantait son cœur lourd et meurtri. Il avait virevolté de bourgade en bourgade à la recherche du même homme. Chaque fausse piste, chaque cul-de-sac lui faisait perdre pied un peu plus. Il avait perdu beaucoup de gens dans sa vie : des hommes d’armes qu’il appréciait, des compagnons chevaliers qu’il estimait, son jeune enfant qu’il avait chéri comme personne. Aujourd’hui, pourtant, c’était son seul véritable ami qui lui manquait.

Différentes pistes le menaient tour à tour dans les villages, dans les campagnes de la vallée. Mais c’est en fouillant une maison abandonnée que Ruthger avait découvert son plus gros indice. A l’entrée du taudis ruiné, il avait été interpellé par la présence d’un cheval qu’il connaissait bien : c’était Rutabaga, le cheval de Bottier ! En pénétrant à l’intérieur de la maison, il trouva bien plus qu’il n’avait espéré : des affaires provenant de partout ailleurs, sans doute volées, mais aussi des affaires qu’il savait appartenir à son ami de toujours !

Il avait attendu, ce jour-là. Attendu le soir, que s’allument au loin des torches et que viennent à lui les propriétaires de cet antre secret, et fort compromettant…


_________________________________________


Gontran avait accueilli avec un soulagement indescriptible les frusques octroyées gracieusement par son sauveur providentiel. Emmitouflé dans des couvertures afin de lui faire retrouver un semblant de couleurs, il s’était embarqué à l’arrière d’une carriole. Curieux, le chevalier-gueux regardait dans toutes les directions pour étudier cet environnement qu’il ne connaissait guère : celui des troupes de saltimbanques. Un jour, lui et ses parents avaient assisté à la représentation d’un baladin, dans leur village. Le bonhomme arrivait à faire des acrobaties inhumaines, et certains villageois en avaient d’ailleurs eu une frousse bleue quand s’était répandue la rumeur, après la représentation, que l’individu était en fait à moitié drow !

Ici pourtant, que de bonnes têtes d’humains. Langue-Affûtée avait cette bouille de bon gros géant qui rappelait à Gontran un très ancien bachelier oësgardien. Face-de-Rat avait la trogne d’un véritable gueux, des traits qui avaient tendance à rassurer Bottier, issu du même milieu. La Mascarade, en revanche, était un être énigmatique et atypique : il avait des manières de bourgeois, mais n’en avait pas l’étoffe, et grand bien lui fasse. C’était un homme qui ne laissait guère indifférent, et sa prestance faisait de l’ombre à tous les autres occupants des chariots.

« Je… voulais vous dire merci, du fond du cœur, messire ! »

Engoncé dans les couvertures chaudes, il avait repris assez de couleurs pour se remettre à parler normalement.

« Vous m’aviez demandé de quel coin je venais… Vous connaissez Estenhausen, à Serramire ? C’est près des Wandres, un peu à la frontière. C’est de là que je viens. »

Il ne précisa pas qu’il avait appartenu au seigneur des lieux depuis sa naissance. Un chevalier avait plus de valeur aux yeux de tous qu’un simple gueux.

« Je me demandais… Comment puis-je me rendre utile, pour vous montrer ma gratitude ? Je ne sais pas jongler, ni faire des pirouettes. Mais je dois bien pouvoir servir à quelque chose ? »

Il était curieux d’assister à cette fameuse représentation dont La Mascarade avait parlé. Ils étaient présentement en route pour aller la donner, et Gontran n’avait pu glaner jusqu’alors que quelques informations sommaires sur l’endroit où ils iraient se produire, et la nature de la pièce.
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