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 A l'ombre des lauriers

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Na'ri Yisfi
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Na'ri Yisfi

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MessageSujet: A l'ombre des lauriers   A l'ombre des lauriers I_icon_minitimeSam 25 Jan 2020 - 1:20


Favriüs, huitième jour de la première ennéade
An dix-sept du onzième cycle
Camp sud


Après Et dans les ténèbres, les lier



Fini. C'était fini. Le siège avait duré une journée. Et tant mieux.

Après avoir traversé le Grand Temple de Teiweon, la prêtresse n'avait pas eu le choix. Elle fut évacuée en même temps que les quelques dorniens blessés. Ainsi se finissait sa "liberté" : par un grand froid. D'expérience, elle savait que la guerre n'était pas encore finie et qu'au temple de Kiran, et dans les tentes de soins les combats se déroulaient toujours.
Ils avaient attendu, pour cette journées et les ennéades à venir. Alors ils n'allaient pas râler.

Arrivée dans le temple de Kiran du camp sud, Na'ri, pour une fois se laissa guider vers un lit hôtel. La pierre était rassurante. Elle n'était pas chaude, mais elle sentait le produit avec lequel les esclaves nettoyaient. C'était une très légère senteur de sève et d'herbe. Étrangement, l'effluve lui évoquait la chaleur. Elle s'y abandonna tandis que le sommeil l'envahissait.

Quand elle ouvrit les yeux, un court instant, elle s'était sentie désorientée. Une couverture glissa du tas tandis qu'elle se redressait lentement. Le soleil s'était déjà couché. Autour d'elle ses confères s'agitaient toujours de lits en lits. Des râles s'élevaient ici et là. A l'ambiance, elle en déduisit que l'heure du couché n'était pas encore venu. Assise sur le rebord de l'autel, elle se vit remettre un bol de bouillon chaud. Comme c'était agréable. Elle sourit au novice et le remercia silencieusement.

Repue, elle était maintenant debout et déambulait entre les tentes du culte. Sous sa couche de manteaux, elle avait une démarche de somnambule. Debout devant une toile, elle pu voir ses occupants. Sur un des lit, il y avait une silhouette plus grande et une autre plus petite. Ils étaient face à face. Dans l'autre lit, il n'y avait rien, rien qui ne se découpait à la lumière en tout cas. Sous son masque, la prêtresse souriait. La vie continuait. Elle reprenait son cours.

Le pan de la toile s'écarta et révéla alors le père et la fille discutant sur le lit et assis par terre le petit Kelzo qui buvait leurs paroles. Il était en train de raconter comment il avait réussi à mettre en déroute un groupe de bandits. Il était seul contre dix. De ses mains, il faisait revivre la scène pour la plus grande joie d'Yshahin. Aujourd'hui, l'adolescente qu'elle était, avait pu redevenir une enfant. La prêtresse attendit la fin de l'histoire pour se manifester.

Bonsoir Ush'aka Zerak. Les enfants, Yshahin, Kel'zo. Je viens vous dire au revoir. Le siège a pris fin. Vous allez pouvoir rentrez chez vous.

Le visage du père comme de la fille s'illuminaient. A retardement, celui du petit se fendit d'un sourire.

"Pardonnez nous, d'avoir fouillé votre maison, mais c'était en prévision du pire. " Le regard de la prêtresse passe de l'adulte à sa fille. " Yshahin, je voulais te rendre ceci. " De sa taille, la sombre décrocha une épée. Elle plaça une main sous la garde, tandis que l'autre était placée à mi- longueur de la lame. Elle présenta la poignée en avant. " N'oublie jamais Yshahin. N'oublie pas qu'en tenant une épée, tu détiens un pouvoir. Fait en toujours un bon usage. Au service de Meingal, elle sera le symbole de la vengeance et de la justice. Tranche les problèmes et les litiges avec fermeté. Mais n'oublie pas qu'une fois ôter une vie ne peut être rendue. Dégaine la alors, à bon escient. Au service d'Uriz, elle sera la plume par laquelle tu écriras ta légende n'ayant pour but que l'Eda Vengeur. Elle sera ta compagne, chérit la et ne la néglige jamais. Que le sang qui la recouvre ne soit que celui de nos ennemis. Elle t'appartient. Prends en soin. "
La prêtresse lui laissa le temps de s'approprier l'épée et peut être les mots. Tandis que de ses doigts, la petite parcourut l'acier tranchant, Na'ri fouilla dans sa sacoche pour en sortir un châle qu'elle plaça sur les frêles épaules. " Qu'en secret qu'il puisse te réconforter comme pouvaient le faire des bras maternels. "

Yshain ne boudait pas son bonheur. Le sourire qui illuminait son visage réchauffait l'eldéenne encore frigorifiée. Légèrement ému, le père remercia également la prêtresse d'avoir protéger sa fille et qu'en guise de reconnaissance, elle veuille bien accepter le petit garçon. Dorénavant, il était seul avec une enfant. Le garçon n'était pas en âge de travailler, ça ne l'intéressait pas. Une ombre passagère passa sur le visage de la dornienne, mais elle ne souffla mot. Elle nourrissait l'espoir que Sagar lui permettrait de ne de plus être un esclave. Quant à l'intéressé, il était totalement perdu. Il ne comprenait pas, il comprenait que trop.

La prêtresse s'assit par terre et lui tendit les bras. Avec beaucoup d'hésitation, il s'y logea. Le garçonnet pendu à son cou, elle lui murmura, tout en le berçant. " J'avait également des cadeaux pour toi. Elle lui glissa entre les mains une peluche étrange. C'était un tube allongé, légèrement rectangulaire : une Orbb'aphyon. Cependant, elle avait également autre chose : une histoire. Celle de Sagar prenant la ville accompagné de Murrpau. Bien évidement, elle enjoliva bien des détails. Bien évidement elle en oublia d'autres. Mais à eux seuls, félin et Obock Senger avaient pris la ville. Ils avaient combattu les monstres et ils étaient remontés jusqu'à la source.

La légende de son amant fut longue jusqu'à ce que le petit s'endorme enfin dans ses bras. Et elle pu alors repartir avec lui.
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MessageSujet: Re: A l'ombre des lauriers   A l'ombre des lauriers I_icon_minitimeDim 26 Jan 2020 - 19:59


Favriüs,  8ieme nuit de la seconde ennéade
An dix-sept du onzième cycle
Camp Nord du siège de Sol'Dorn

En cette nuit d'orgie, la prêtresse de Kiran était de garde. Avec les pratiques toujours extrêmes de ses congénères, elle en apprenait toujours sur la souplesse des corps, mais surtout sur les limites sans borne de leur imagination. Dans la journée, elle avait permis à ses patients d'attirer les faveurs de La Sulfureuse avec ses cordes. Mais ce soir, elle attendait quelqu'un. 
L’euphorie de la victoire n’avait pas prise sur le général qui en avait été un des chefs d’orchestre, en tout cas il ne se sentait pas aussi euphorique que d’autres, que le reste des osts, des prêtres et autres mages ou civils qui libéraient leurs passions en se mêlant les uns aux autres. Débarrassé de son armure, dans une simple tunique et un pantalon noir, Kerath ne prit pas part au rituel de ses congénères, du moins pas encore, il avait une promesse à tenir avant. Il se dirigea donc vers le temple de Kiran pour aller voir son amante.
Il était là. Sa silhouette se détachait de l'encadrement de la porte. Elle abandonna ses collègues pour le rejoindre. Rapidement, elle le prit par le bras et l'emmena vers une tente en riant. Le colosse se laissa faire, il n'était pas venu pour ça mais tout prétexte était bon pour passer du temps avec Na'ri.

" Il faut que je te dise… Kel'zo… Il est ici. Tu veux le voir ? "  Après un hochement de tête du général la prêtresse montra le pan de la tente. " Le père d'Yshahin a offert le petit en guise de remerciement d'avoir protégé sa fille. Dans les faits, il devrait être  remis au culte de Tesso. Mais je n'ai pas confiance, alors il est ici. Une fois au Puy, confies le au grand temple de Natha. C'est elles qui m'ont éduqué. "

Elle avait ouvert la tente et laissé la lumière extérieure s'y infiltrer pour révéler le petit dormant en travers du lit de camp, bras et jambes écartées, à moitié couvert par la couverture qu'il avait mis sous lui, la vue arracha un sourire à Kerath.
« Tu ne veux pas le récupérer? »
-"J'aimerai bien. "

Tout en tenant la toile, elle se déplaça légèrement pour tenter de poser sa tête contre le torse de son compagnon. Ce dernier mit son bras sur l'épaule de la prêtresse et la tira un peu contre lui. " Si… " Elle laissa sa phrase en suspend. Elle avait peur de ce lendemain. " J'en parlerai avec les prêtresses de Natha, parce que je ne compte pas quitter l'armée. Le champ de bataille, oui. Mais ma place est ici. Dans un ost. Mais avant, je m'en remettrai à mon jugement."

Et voilà. Il était entré dans sa vie et depuis elle avait des projets, pour ce petit bout de drow, pour elle, pour eux.
" Mais toi ? Ne voudrais tu pas l'accueillir aussi ?" Elle releva la tête pour lire le visage du Karliik. Peut à petit, elle se laissa enivrer par son odeur d'acier et de cuir.
« Si mais si on lui rend sa liberté le clergé de Natha va le prendre et s'il reste asservit je ne saurais pas quoi en faire, j'ai déjà bien assez d'esclaves comme ça. »
" Je ne comptais pas l'asservir… mais lui permettre de vivre comme nous. Lui donner la chance que tu as eu. Et je n'ai jamais eu d'esclaves à moi. Je serai bien incapable de l'éduquer correctement. "
« Je sais mais il faut demander au clergé de Natha s’il peut être affranchis, s’il ne peut pas il vaut mieux que l’un de nous s’en occupe plutôt qu’il soit donné au culte de Tesso, non ? »
" Sagar… et si nous ne prenions pas le problème dans le bon sens. C'est le propriétaire qui peut choisir d'affranchir un esclave. Il faut donc que l'acte de propriété de Kel'zo revienne à l'un d'entre nous… Je n'ai pas suivi le partage des butins… Mais pourrions nous… Je n'ai pas l'habitude de réclamer quoi que ce soit, mais pourrais-je le faire pour lui ?
« Je peux le prendre, de toute façon je ne pense pas que beaucoup s’intéressent à lui, et normalement personne n’osera me le contester. »

La sombre enlaça la taille de celui qui faisait battre son cœur et Kerath la serra contre lui.

" Après j'irai voir la Grande Prêtresse du grand temple de Natha. Nous travaillons ensemble sur un projet de recherche pour le compte du Grand Architecte… S'il faut que je lui donne du temps, de l'argent, je le ferais." Elle était décidée et elle arborait un magnifique sourire sous son masque. 
« Si elle te demande quelque chose et que je peux aider, n’hésites pas. »
" D'accord. Ainsi, c'est donc ça être parent ? De tout tenter pour offrir un avenir à un petit être ? De lui offrir des clefs pour qu'il puisse affronter la vie ? Et de ne vouloir qu'une seule chose : le regarder grandir et s'épanouir ? "
« Jusqu’à ce qu’il puisse être assez fort pour prouver sa valeur au monde et aux dieux. » Compléta-t-il avec un sourire.

Elle détacha son masque d'une main.
 " Merci mon amour ! "
Elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
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MessageSujet: Re: A l'ombre des lauriers   A l'ombre des lauriers I_icon_minitimeDim 26 Jan 2020 - 20:00


Favriüs,  3ième de la troisième ennéade
An dix-sept du onzième cycle
Camp Nord du siège de Sol'Dorn


Le siège de Sol'dorn s'était achevé par la victoire de l'Eda vengeur. C'était ainsi que cela devait être, par la volonté des dieux. Mais il restait encore du travail pour les serviteurs du dieu de la justice.
Dans le tribunal en plein air improvisé se tenait un procès étonnant. Il l'était déjà par le nombre de prêtres de Meingal  installés sur des gradins. Ils faisaient face à l'accusée, une drow peut connue de leur registre. Assise au milieu de la pièce, le dos droit, elle portait une tenue minimaliste de la prêtrise de Kiran : une robe de bure et un masque.  Ses cheveux de neige, libres cascadaient dans son dos, faisant un contraste avec le noir de sa tenue. Les main posée sur ses genoux, elle écoutait les débats, la tête baissée.
Les serviteurs du dieu de la justice étaient nombreux. Etonnamment nombreux. Ce n'était en rien à cause de l'importance du cas qu'ils avaient aujourd'hui à traiter, mais parce qu'il était si atypique et porteur de questions théologiques qu'il était devenu le principal sujet de conversation des derniers jours.
Le procès avait commencé depuis quelques heures déjà où elle rappela les faits dont elle s'accusaient, les mesures déjà prises, et les liens qui l'unissaient à sa hiérarchie directe qui faisait que l'affaire était devant eux. Cependant les faits avaient été mis de côté depuis quelque temps déjà et c'était un autre débat qui animait les hommes de loi.
L'un d'entre eux était debout sur une estrade entre ses collègues et l'accusée.

- "Na'ri Ysfi s'est elle-même dénoncée d'un crime méritant la mort alors qu'aucune victime ne s'était présentée!" Le vieux prêtre se tenait debout devant ses confrères qu'il haranguait avec passion. "Quelle faiblesse sacrilège peut-elle cacher en elle pour qu'elle ne puisse supporter de se taire?" Le silence régnait entre les hauts murs d'obsidienne. La question n'attendait pas de réponse. "Uriz attend de ses enfants qu'ils donnent leur vie pour l'Eda vengeur. Qu'ils cultivent leur force. Leur ambition. Pas qu'ils rampent plaintivement. Le crime que nous jugeons n'est pas celui dont elle s'accuse. C'est la faiblesse même de s'être accusée."

Il se tut un instant avant de continuer. Certains de ses collègues roulèrent des yeux, car ils savaient à quel point il aimait les conclusions dramatiques. "Nous réclamons vengeance." Un brouhaha naquit dans les gradins alors que le vieux drow regagnait sa place. Manifestement, tout le monde n'approuvait pas son plaidoyer. En toute honnêteté, il n'était même pas entièrement certain que lui-même l'approuve, mais il la défendrait tout de même bec et ongle, et comptait bien conduire l'accusée sur le pal. Les oreilles de la sombre frémirent. Les mots étaient convaincants.

- "Le mensonge est une arme que nous brandissons contre les ennemis d'Uriz." C'était une prêtresse cette fois-ci. Le premier était resté immobile comme un I majuscule, fier, au milieu de l'estrade. Son regard pénétrant suffisait à attirer l'auditoire comme la chandelle les insectes. Elle, les mouvements fluides, allait et venait en discourant. Ses mains parlaient autant que ses lèvres."Pas une arme que nous brandissons contre ses premiers serviteurs. La prêtresse Ysfi a fait un choix. Elle s'est mise à nue devant nous et les dieux avec courage. Elle a offert son destin et sa flamme divine en toute connaissance des conséquences possibles. La flamme d'Uriz a décidé, Na'ri Ysfi ne cherche pas à cacher ses fautes. Elle est prête à se sacrifier pour que justice soit faite. Est-ce un comportement que nous  souhaitons punir? Est-ce une faiblesse? Ou est-ce de la force? Ne montre-t-elle pas que lorsque le jour viendra, et qu'Uriz lui demandera l'ultime sacrifice, elle l'accomplira sans hésiter?"

Un sourire ornait les lèvres de la prêtresse de Meingal.
"En expiation de son crime, Nous réclamons que chacun des onze dieux acceptent le sacrifice qu'elle leur fera. Ainsi justice sera faite."

C'était les derniers orateurs. Ils avaient écouté les arguments et les contre arguments. Na'ri n'était toujours pas certaine de son sort.
Le vieux prêtre tapotait sur son pupitre, sévère, le regard perçant dans celui de son homologue. Elle ne cillait pas non plus, confiante. Finalement il se redressa lentement pour la regarder d'en haut.
"Ainsi justice sera faite." Confirma-t-il posément. A aucun moment il ne posa les yeux sur l'accusée.

Avant même que l'ennéade soit terminée, la prêtresse de Kiran avait fait ses offrandes aux dieux.
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