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 Les petits bonheurs conjugaux

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Solange d'Escault
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MessageSujet: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeMer 26 Fév 2020 - 21:01

2ème jour de la 6ème énnéade de Barkios, An 17

Solange de Prademont revint de son expédition en ville de fort bonne humeur. D'avoir tant caracolé dans les rues l'avait enthousiasmé, sans compter qu'elle avait une charmante rencontre, en la personne de la Dame Cassiopée, qui, bien que roturière, semblait pouvoir devenir une amie de confiance.

Après tout, c'était bien là le plaisir des grandes villes : réserver des surprises à ceux qui s'en donnaient la peine.

Il fallait dire que cette journée-là en avait été prolixe, à tel point que la jeune vicomtesse en avait oublié les tâches de boues sur ses vêtements ; il faudrait qu'elle aille remercier la Damedieu dès le lendemain, car elle avait eu beaucoup de chance et de joie, alors même qu'elle ne s'attendait qu'à une simple promenade.

Arrivée à l'hôtel de son époux - le sien également, désormais - elle fut accueillie par le majordome qui fit appeler une nuée de servantes qui la débarrassèrent de sa coiffe et de sa lourde cape appesantie d'eau. Elle supporta en souriant les douces remontrances de la domesticité sur les effets de la pluie sur sa santé, avant de monter dans sa chambre, afin de se préparer pour le diner, que Solange espérait en compagnie de son époux.
Ce dernier, qui n'était point encore revenu, semblait se faire désirer ; mais elle supposa que c'était le lot des épouses Diantraises d'attendre leurs maris partis "au travail", un concept qui n'avait pas vraiment effleuré sa cervelle ignorante jusque là.

Un peu fatiguée, la jeune fille se laissa aller au bons soins de sa camériste, qui rectifia sa coiffure et la vêtit d'une ample robe de soie rose, dont le corsage se paraît de juvéniles rubans blancs, avant de passer au petit salon jaune, une pièce contiguë à la salle à manger dites "ordinaire", qui ne pouvait accueillir que huit personnes à la même table.

- "Vous ferez servir le repas lorsque le vicomte sera rentré du palais. Demain, je passerai les comptes en revue avec l'intendant et je rencontrerai la cuisinière. Ne dites pas à mon mari que je ne suis pas rentrée ce midi pour manger, cela ne sera pas nécessaire. Et pour accompagner le repas, vous pouvez demander à Violaine de venir jouer de la harpe. Cela sera agréable. Mes dames de compagnie mangeront ensemble dans leur chambre ensuite."

Maladroitement, Solange saisit un livre de sa main gauche abimée, le laissa tomber sur ses genoux tandis qu'elle se réinstallait sur un fauteuil, ferma les yeux pour quelques secondes... et s'assoupit, plongeant dans un sommeil superficiel, en écho à la fatigue accumulée dans sa journée.


Dernière édition par Solange d'Escault le Sam 7 Mar 2020 - 19:37, édité 4 fois
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Charles de Prademont
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeJeu 27 Fév 2020 - 9:31

Les petits bonheurs conjugaux Znz4


Les réjouissances qui suivirent son union avec la demoiselle d'Escault touchaient à leur fin. Après un séjour en Odélian couronné d'un mariage et des festivités qui s'en suivirent, le couple regagna la capitale, Diantra. Pour Charles, un retour aux affaires tandis que pour la provinciale noblette, c'était une découverte d'un nouvel environnement qui l'attendait. A son retour, l'Officier du Roy avait pu encore jouir de trois jours en compagnie de sa mie avant de retrouver sa fonction d'Intendant à la Justice. Evidemment, en son absence, toute une flopée de proches conseillers et apprentis avaient pu régler les affaires de droits communs, seulement il s'était accumulé quelques épineux dossiers qui requéraient son expertise. Un fardeau ? Pas le moins du monde, et s'il s'absenta auprès de son épouse tout du long de la journée, ne regretta-t-il point de retrouver son office et ses "petites mains".

En ce jour de reprise au Palais, nul audience, mais force est de constater qu'il devait s'imprégner de deux dossiers dont l'épaisseur pouvait donner le tournis à de non initier. Il passa alors le plus clair de son temps à décortiquer d'innombrable rapports et recevoir plusieurs témoins de ses deux affaires. Il conclua sa longue journée en rédigeant un rapport et préparant le réquisitoire qu'il tiendrait le lendemain dans une séance qui serait certainement publique. Il acheva tard son office, le soleil avait déjà disparut à l'horizon pour laisser les deux Lunes resplendir. Quittant le Palais à la lumière des chandelles, il regagna donc les Beaux-Quartiers où se trouvaient son hôtel particulier non sans l'escort d'un homme de main. Le calme était certes revenu à Diantra, il fallait toutefois assurer sa propre sécurité d'autant lorsqu'on possédait une fonction qui décidait de vie ou de mort sur la populace.

Longeant d'un pas décidé la ruelle où s’amoncelait d'innombrable résidence mitoyenne jusqu'à s'arrêter devant la grille de son propre hôtel pour finalement quitter la fraîcheur de ce nuit étoilée. Lorsque son majordome lui ouvrit demeure, Charles baya volontiers aux corneilles avant de se délaisser de son veston. Si le son d'expression de sa gorge n'avait su réveiller son épouse confortablement installé dans le salon jaune, les bruits de pas sur le parquet, le craquement du bois pouvait sans doute avoir raison de la quiétude de sa dame. En sus, pouvait-elle même entendre son époux deviser avec une servante puis une dame de compagnie de sa bien aimée. D'ailleurs, sur les ordres de Solange, on s'activa à dresser le couvert dans la salle à manger et déjà quelques bonne odeurs chatouillaient les sens du Vicomte lorsqu'il pénétra dans le petit salon.

Il semblait lasse et n'avait de prime abord, nullement constaté que son épouse bravait faiblement une petite sieste de circonstance après une longue journée sans son époux. Le beau blond se décida à s'approcher du fauteuil de le "Perle Nacrée d'Odélian" avant de privé des bras de Morphée en signalant sa présence d'une brève caresse sur sa joue. Alors, sans plus attendre, il alla s'effondrer sur le fauteuil qui faisait face à celui de la jeune femme, 15 ans sa cadette.
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- Ma Dame, avez-vous passé une bonne journée en mon absence. Veuillez m'excuser pour ce retard, seulement... mes obligations, vous comprendrez j'en suis sûre. Il porta un bref instant son attention sur la toilette que portait Solange, ce qui eut pour réaction de le réveiller lui aussi d'une certaine forme de fatigue mentale après 9 heures de labeur à lire, étudier et rédiger. Ce rose sied parfaitement à votre teint, mais j'ai la sensation en vous découvrant ce soir, que votre journée ne fut point de tout repos ? Je prendrais volontiers le paris que vous vous êtes osé à une petite escapade citadine. Il acheva sa réplique en esquissant un léger sourire entendu à la commissure de ses lèvres.


A cet instant, la Gouvernante apparut non sans frapper à la porte du petit salon contiguë à la salle à manger. Elle s'inclina devant les deux nobles qui devisaient, se redressant ensuite, mains jointes devant elle et attendit qu'il lui donne la parole.

Gouvernante



- Veuillez m'excusez, votre dîner est prêt, comme vous me l'avez demander. Je puis, si besoin, à la vue de l'heure tardive, vous proposer un souper... à votre convenance, Madame. Et si vous avez besoin d'un rafraîchissement...


Charles l'interrompit d'un geste de la main, faisant taire la Gouvernante qui baissa respectueusement la tête avant de prendre commande.

Charles de Prademont



- S'il n'est point trop tard pour Madame, je ne serais nullement contre un petit remontant. Il avisa Solange du coin de l’œil avant de reprendre. Qu'en pensez-vous ma mie ? A moins que nous nous réservions ce petit écart à la digestion.
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeJeu 27 Fév 2020 - 10:40

Solange ouvrit doucement les yeux. La tête encore posée contre le bord du fauteuil, ses yeux parcoururent lentement le salon, balayant la bibliothèque de bois massif, s'arrêtant finalement sur l'homme qu'elle avait épousé quelques jours plus tôt.

Tout aussitôt, elle se redressa, toute ensommeillée encore ; mais un sourire vint effleurer ses lèvres, et elle battit des paupières pour mieux se réveiller. Son mari lui faisait face, assit dans un des fauteuils confortables qui jonchaient la pièce - mais avant qu'elle ne puisse répondre aux aimables questions de son interlocuteur, la gouvernante reparut à la porte. Elle annonça que le souper était prêt, puis proposa un rafraichissement, probablement à son époux. Cela ne pouvait être que de l'alcool ; mais une dame pouvait-elle en ingurgiter sans paraitre pour une femme de peu de vertu ? Ou pis encore, une femme du peuple ? Jamais encore elle n'avait ingurgité de l'alcool, car son père l'avait formellement interdit, aussi la jeune fille ne savait pas vraiment comment se comporter, maintenant qu'elle était mariée.
Étais-ce à son époux de savoir cela pour elle ?

La dame inclina sa tête avec politesse.

- "Prenez un remontant si vous le souhaitez, mon cher. Mais je crois que le repas va refroidir si nous patientons trop longtemps. Cela ne serait pas correct que tout le travail de la cuisine soit perdu...Mais j'ai bien peur d'en être la fautive, car c'est moi qui ait demandé à ce que nous soyons servi à votre retour. A vrai dire, je ne sais comment marche cette Maison... aussi, je vous serai reconnaissante de me faire part de vos habitudes. Je vous connais si peu, et j'aimerai tant y remédier ! J'ai d'ailleurs besoin de votre permission pour examiner les comptes de votre demeure et de vos biens, afin que je puisse vous décharger de ce souci. J'aimerai ... agir comme votre alliée, à défaut que nous ne soyons encore des amis. Je suis sûre que le temps fera son œuvre quant à cette heureuse issue, que j'espère de tout mon cœur."

Elle rougit, baissa les yeux avec une certaine humilité, fit signe à la gouvernante, qui fit entrer la servante, qui apporta une petite desserte de bois, lourdement chargée de diverses bouteilles d'alcool, et de verres en cristal.
D'une petite voix, la jeune demoiselle reprit la parole.

- "Pour vous dire la vérité, je n'ai jamais pris d'alcool encore. Père me l'interdisait, et je ne sais pas ce que vous penseriez de moi si je commençais à en boire maintenant. Vous êtes le seul à pouvoir m'en donner la permission."

Elle se sentait un peu gênée de cette demande devant les serviteurs ; mais elle ne pouvait tout de même pas se comporter comme une fille des rues ? Alors, la situation serait bien pire, car sa réputation était pour elle plus précieuse encore que sa position sociale.

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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeJeu 27 Fév 2020 - 12:09


A la lecture du sourire qui s'afficha sur les lèvres de sa Dame, le Vicomte senti une agréable sensation traverser son être. L'un et l'autre étaient liés par les liens sacré du mariage, pourtant les sentiments n'étaient pas encore nés de leur union et comme le rappela ensuite Solange, Charles espérait que le temps ferait son oeuvre. Toujours est-il que le couple était en phase de découverte, d'apprivoisement, et la Dame d'Escault était plus encore à devoir œuvrer face à ce dépaysement totale que lui imposait sa présence à Diantra, la capitale de la Péninsule. D'ailleurs, jusque la chaperonné par son père, la créature à la crinière obsidienne semblait face à des remises en causes de préceptes qu'on lui avait inculqué depuis sa plus tendre enfance. Ainsi, entre aveux et désir de faire sa place au sein de la Maisonnée et de surcroît, au sein même du couple, Solange laissa un instant Charles songeur.

La toisant longuement, conscient que la gouvernante ainsi qu'une domestique les épiaient, il préféra jouer la carte de la convenance face à des arguments sommes toutes fort recevable. Ainsi, il congédia les deux femmes, sans un regard pour ces dernières.

- Laissez la desserte dans le petit salon. J'aviserais plus tard. Ne faisons point attendre nos victuailles.

Sur ces mots, il se redressa avant d'approcher du fauteuil de son épouse pour venir quérir sa main et l'aider à se redresser, non sans, après son accord, la délaisser du livre qui reposait sur ces cuisses. Prenant la direction de la salle à manger, adjacente au petit salon, le couple laissa la domesticité tirer les chaises avant de s'asseoir tour à tour. Posant son regard sur la tablée, Charles y discerna un coquet bol de soupe ainsi qu'une part de tourte et un restant de faisan cuisiné la veille. On apporta alors de l'eau pour madame puis une carafe de vin monsieur. Ce faisant, Charles toisa la Gouvernante avant de reprendre la parole.

- Laissez-nous seul à présent.

Ne demandant pas son reste, la femme disparut, entraînant la servante dans son sillage, pour alors laisser le couple jouir d'un huit-clos total. D'un geste de la main, il invita son épouse à entamer les réjouissances tandis qu'il se servait un fond d'hypocrase, puis seulement après, releva-t-il le menton pour retrouver l'attention de sa femme et débuter la conversation d'usage. Après tout, Solange était source de curiosité, emprunt aux questionnement divers dans un cadre de vie qui lui était jusque là inconnu.

- Vous êtes d'une grande sagesse, Solange, cela vous honore. Votre Père vous a été le meilleur précepteur qu'il soit, j'en suis sûre. Je ne puis que vous conseiller de vous interdire tout alcool dans un cadre extérieur à notre intimité. L'alcool altère le jugement, les sens et l'esprit. Vous devez maintenir cela éveillé en toute circonstance en dehors de ces murs. Je vous donne permission après le repas de tremper vos lèvres dans le nectar qui vous sied au petit salon.

Il commença à picorer, sa rude journée lui avait plus qu'ouvert l'appétit, mais pourtant, resta-t-il mesuré dans ce qu'il pouvait engloutir. Les amabilités et conversations d'usage allait bon train et Charles ne manquait pas de garder toujours un oeil scrutateur sur la femme dont il avait passé la bague au doigt tout récemment. Après tout, avait-il un semblant d'ascendant à présent sur elle, en tant qu'homme et époux légitime et il ne manqua pas d'user de ce pouvoir.

- Vous avez en effet prit des décisions hasardeuses et il serait de bon ton de me consulter avant. Mais je vous excuses ma mie pour cet impair concernant la tenue du dîner.

Il esquissa un léger sourire avant de donner, suite à cette légère remontrance pour affirmer sa place au sein du couple, des espoirs légitime dans les attentes qu'elle avait pu formuler plus tôt.

- Me décharger des soucis administratif lié à la tenue de la demeure, voilà une demande bien audacieuse... mais à la réflexion... altruiste et non dénuée d'intérêt. Vous êtes mon épouse et certaines charges vous incombent. Je vais donc répondre favorablement à votre requête si cela vous fait plaisir. Votre bonheur est le mien, j'en ai fait le serment devant nos aïeux et devant mon cousin, notre suzerain direct. Vous êtes mon alliée, n'en doutez jamais.

Rinçant sa bouche d'une gorgée de nectar carmin, il reposa son attention sur son épouse qui ressemblait à une fragile poupée de soie.

- Mais dites moi. Je crois que vous avez commis un impair tout à l'heure. Vous ai-je demandé comment s'était déroulé votre journée. A l'avenir, prenez garde, en d'autre circonstances, devant d'autres gens notables, ce comportement ou cet oubli plutôt, pourrait nuire à votre et à notre réputation. La Cours de Diantra, les Cercles de la Hautes sont très exigeants, plus qu'en province. Suis-je là pour faire office de précepteur sur ce sujet à votre endroit, n'y voyez aucun affront fait à votre éducation.
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeVen 28 Fév 2020 - 9:28

Congédiant les domestiques, le sieur Charles l'aida à se redressa, la conduisit ensuite dans la salle à manger, où un repas des plus frugaux les attendait.
Bien qu'il l'installât avec galanterie à table, la jeune fille se sentait étonnée de tant de petitesse pour un souper. C'était bien tout ? De la soupe, une tourte et du faisan de la veille ? Elle n'était guère habituée à un style de vie aussi chiche, mais, tout en faisant un peu la grimace, elle prit tout de même une gorgée de soupe, à l'aide de la cuillère d'argent.

La jeune fille se détendit un peu lorsque son mari prit la parole. Il était assez aimable pour reconnaitre sa sagesse, cela lui plaisait assez ; aussi lui offrit-elle un sourire amène.

- "Je vous remercie de votre autorisation, messire."

Sa façon de l'appeler familièrement Solange la contrariait un peu, mais cela devait être courant à Diantra. Sans doute les époux se montraient plus familiers entre eux. A moins que ce ne fut sa conscience moindre de son rang - auquel cas, la jeune fille comptait bien lui rappeler où était la politesse.
La diatribe suivante de son interlocuteur assombrit encore son humeur. Elle n'avait demandé l'autorisation concernant les comptes que par pure forme ; et voilà qu'il la trouvait "bien audacieuse" ! Quel fat, quel goujat arrogant !

Elle se força à rester droite à table, à reprendre une gorgée de soupe. Elle était mangeable, c'était déjà cela. Au moins, il prenait sur lui d'assumer son bonheur - mais n'étais-ce la moindre des choses, venant de sa part ? Tout au fond d'elle, elle savait bien que non, mais la noble d'Odélian préférait le croire.
Elle se força à prendre une grande inspiration pour se calmer. Il valait mieux utiliser la carte de la supériorité de son rang à meilleur escient, que pour une simple question d'ego.

Ainsi, la demoiselle inclina sa tête devant Charles, qui se situait à l'autre bout de la table.

- "...Vous êtes bien bon, mon cher seigneur. Je vous fais toute confiance pour m'inculquer les mœurs qui ont cours à Diantra. Quant à mon oubli, je vous prie de m'excuser. J'avais simplement d'autres choses en tête. J'ai passé une excellente journée ! J'ai visité la ville avec une de mes dames de compagnie. C'était extraordinaire. J'ai même fait une bonne rencontre. Et vous ? Comment s'est passé votre journée ? Je suis curieuse de savoir en quoi votre charge consiste. Qu'est-ce qu'un Intendant à la Justice Royale ?"

Elle fixa sur lui ses deux yeux intéressés, bien que dénués d'humilité.

- "Quand pourrais-je aller à la Cour ? Après tout, vous y allez chaque jour. Vous devez au moins être invité à quelques réceptions ?"
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeVen 28 Fév 2020 - 10:31


S'il faisait fi de quelques écarts de conduite envers son épouse, Charles n'en demeurait pas moins conscient de son acte et mesurait alors l'éventuelle réaction de la Vicomtesse. Une réaction qui n'arriva nullement, la Dame prenant sur elle pour ne pas relever la familiarité que lui avait exprimer son époux. Tout à la prestance et à la bonne éducation qu'on lui connaissait, Solange semblait, à mesure du déroulé du dîner, garder retenue et courtoisie tout autant face à ce repas sommaire qu'à son interlocuteur avec qui elle était à présent lié par le lien sacré du mariage. Charles en concluait, peut-être un peu trop hâtivement, que sa femme avait prit le parti de se montrer fort docile à son endroit, mais en serait-il autant dans la couche conjugale ? Il relégua cette éphémère pensée à plus tard, prenant le temps de souper et deviser selon les règles qu'il semblait imposé à cette soirée.

Il lui était toutefois difficile de sonder l'esprit de la poupée de soie qui malgré les piques lancées par le beau blond n'affichait aucune expression négative. S'excusant pour son impair, elle motiva l'oubli par quelques pensées qui accaparaient son esprit, causé semble-t-il, par une journée riche en découverte. Cela ne surprit par l'Officier Royal outre mesure, car souvent, les provinciaux s'en trouvait émerveiller par les riches atours dont regorgeait la capitale de la Péninsule. Il arqua toutefois un sourcils à l'évocation d'une rencontre fortuite et non moins heureuse. Seulement, la jeune femme ne lui laissa pas l'occasion de l’interpeller à ce sujet qu'elle chercha alors à en apprendre d'avantage sur la fonction qu'il occupait au Palais. Le fixant droit dans les yeux, sans la moindre humilité, Solange offrait un tableau plus fier à présent, gage qu'elle pouvait autant surprendre qu'exprimer un aspect plus "intrigant" donc complexe de sa personne, ce qui provoqua chez Charles une réaction presque naturel. Esquissant donc un large sourire à la commissure de ses lèvres en toisant sa Dame d'un regard entendu, il se prêta finalement volontiers au jeu des aveux.

- Et bien, voyez-vous, le rôle de l'Intendant à la Justice est subordonnée à la fonction qu'occupe le Grand Chancelier. Un fastidieux travail administratif qu'évidemment, je délègue aux bon soins de mes employés au Palais. Mais je ne vais point me lancer dans un récit qui pourrait vous faire bailler aux corneilles. Sachez que je préside la Cours de Justice et mène les procès jusqu'à délibérer et prononcer les sentences. Le Chancelier à bien entendu droit de regard et peut s'il le souhaite interférer sur mes décisions, mais ceci est très rare.

Il prit une courte pause pour à nouveau humidifier sa bouche et sa gorge du précieux nectar.

- Mes journées peuvent être longues, mais la fonction est riche, soyez-en sûre. Je ne parle point uniquement de l'aspect "investigation" que m'octroie ce mandat, nombre d'autres facteurs rentre en ligne de compte : je dois interpréter la Loi, évaluer la preuve dont je suis saisi et naturellement je dois contrôler le bon déroulement des audiences, instructions et procès qui se déroulent devant moi. Retenez, ma Dame, avant tout, que j'incarne un décideur impartial à la recherche de la justice.


Acheva-t-il, relevant le menton. Devait-on y voir une forme d'expression d'arrogance ? Ou simplement d'une forme de fierté burlesque ? Difficile pour Solange de juger de cela alors qu'elle commençait à peine à partager la vie de son époux. Charles n'avait évidemment pas oublier que son épouse avait également bien des histoires à lui raconter avant le couché, sur sa trépidante balade en ville, mais le Vicomte jugeait bon de la question au moment qu'il choisirait opportun.

- Lorsque vous aurez fini. Souhaitez-vous que je vous face mander par la Gouvernante une douceur pour le dessert, un fruit de saison, avant que nous repassions au petit salon?

Jouant à nouveau le décideur dans une clôture de dîner par un dessert des moins frugale, Charles semblait à nouveau tester le caractère de sa femme qui pour l'heure était assez convainquant, alliance subtile entre respect et affirmation de son noble rang. Solange n'en faisait ni trop ni pas assez, et cela forçait discrètement le respect de Charles qui pourtant, tel un juge, n'était pas encore arrivé au délibérer de cet affaire maritale.
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Solange d'Escault
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeVen 28 Fév 2020 - 12:11

Elle finit tranquillement son potage. A dire vrai, Solange avait désormais hâte que le repas se termine, et qu'elle puisse se réfugier dans sa chambre. Elle n'avait pas même une boisson chaude à sa table, et voilà qu'en sus, il fallait se servir, comme la dernière des servantes, à sa propre tablée !

Ce fut d'une oreille distraite que Solange écouta son interlocuteur lui conter le rôle de l'intendant qu'il était. Cela semblait intéressant au final - décider de la justice royale, mener des enquêtes, rassembler des preuves et prononcer des sentences semblait facile, mais intriguant. Il devait voir beaucoup de monde, riches comme pauvres, et cela lui semblait suffisamment important pour qu'il ait l'oreille de plusieurs puissants.
Malgré tout, cela restait un travail - l'apanage de la populace, et peut-être pis encore, des bourgeois... Un sentiment de honte se lova lentement dans son cœur, qu'elle essaya d'oublier à l'instant, pour garder la mine sereine et patiente que se devait d'avoir chaque épouse bien née.

La jeune fille s'apprêta à frapper dans ses mains pour appeler une servante. Elle avait faim, et elle avait grande envie de savoir que contenait la tourte dorée déposée sur la nappe de soie pourpre.
Mais son geste se figea ; ses yeux s'écarquillèrent. Son époux venait de reprendre la parole d'un ton benêt et paisible, et elle eut peur d'avoir mal entendu.

- "Que.. voulez-vous dire ? Un fruit en dessert ?"

Solange n'avait rien contre, mais cela se trouvait généralement après le dessert. Ce repas la surprenait de plus en plus ; et, étonnée, elle leva des yeux emplis de questions à l'homme qui se trouvait devant elle.

- "Je n'ai point encore besoin de me fermer l'estomac, mon ami. Par la Damedieu, je croyais que vous aviez une fonction haut placée à la Cour, pas que vous viviez comme un paysan dans sa masure. Je... Pourtant, ce matin, mon déjeuner était correct. Dois-je en conclure que je dois acheter une ferme avec ma dot ? A vrai dire, je pensais acheter une maison en ville pour les orphelines, mais j'ai bien peur que notre priorité soit de manger. Ce n'est pas grave, j'imagine que cela servira aussi aux pauvres. Savez-vous s'il y a des vergers à vendre dans les environs ?"

Cette fois, l'ironie et l'agacement perçait visiblement dans sa voix juvénile, et elle finit par frapper dans ses mains, assez fort, afin qu'on l'entende. Violaine, aidée de deux servantes qui l'aidèrent à placer la harpe, s'installa dans un coin, et commença à jouer tandis que les domestiques vinrent servir les nobles qui se trouvaient à table.

- "C'était dans mes projets de toute manière. J'avais idée de faire une œuvre de charité. C'est la moindre des choses pour une d'Escault, et cela n'implique pas de chiens, fort heureusement."

Une petite pique à l'intention de Charles, qui n'avait guère son estime pour le moment. Dire qu'elle s'était mariée à ce bourgeois qui se complaisait dans la misère, alors que sa fonction aurait dû lui rapporter de la fortune, à défaut d'être glorieuse !
Il fallait vraiment qu'elle reprenne les comptes en mains - avait-on idée de d'avoir un élevage de chiens pour se contenter de trainer dans la boue le nom des Prademont par une pauvreté insigne ? Un nouveau soupir. Se pouvait-il que cela soit une plaisanterie de mauvais goût ? Qu'il se joue d'elle, pour se gausser ensuite de sa tête devant les domestiques ?

- "Je vous en prie, dites-moi ce que tout cela signifie, mon cher ?"
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeVen 28 Fév 2020 - 13:29



Charles garda tout son sérieux lorsqu'enfin son épouse, n'en pouvant plus d'un tel traitement, exprima tout son méprit à son endroit. Solange avait prouvé une remarquable résistance durant cette épreuve qui dépaysait l'officier royal. Il fallait retenir deux choses en l'état : la première, la Dame d'Escault était doué d'une verbe subtilement acérée, elle ferait sans nul doute sa place dans l'essein de tigresse des Hauts Cercles de Diantra et ce malgré son apparence frêle et innocente. La seconde conclusion possédait une saveur un peu plus amer. Comme se doutait l'Intendant à la Justice, sa cadette de 15 printemps et épouse, méprisait la situation de son mari. Elle venait ouvertement de le critiquer et le dévaloriser, fort heureusement à huit clos, sinon, Charles se serait certainement levé derechef pour la gifler.

Grand bien lui fasse, le noble des terres Royales resta scellé à sa chaise, prenant faussement un air grave et songeur face à ce réquisitoire à charge sortant d'entre les douces lèvres de sa femme. C'est alors que la Poupée de Soie ordonna d'un claquement de paume, la présence de sa dame de compagnie, qui bientôt laissa le doux son des cordes d'une harpe tenter de détendre une atmosphère devenue légèrement électrique. Alors, sans prêter la moindre attention à Violaine qui brisait donc l'intimité du couple, Charles se pencha vers l'avant pour fixer de son plus ardant regard émeraude sa somptueuse femme.

- Vous sortez enfin les griffes ma Dame.
Il lui lança un sourire carnassier avant de reprendre. Soyez sans craintes, je ne suis point un pauvre paysan, nul besoin de puiser dans votre dote pour maintenir votre niveau de vie ma très chère épouse. Appelez donc une domestique qui trouvera au cellier tout ce que vous pourriez désirer! Allez, allez, frapper des mains et allez donc exiger un dîner à la hauteur de votre rang !

Il n'en avait cure de savoir si Violaine se trouverait dans une position inconfortable alors qu'elle tenter de divertir le couple. Charles venait d'obtenir un aveux des plus important, Solange le dénigrait, tout du moins, dénigrait sa position et son sang de petite noblesse. Solange incarnait toute la oisiveté de son rang en cet instant et de surcroît elle se montrait un brin vénale à la lecture de son discours. Ce qui la sauvait peut-être d'un verdict sévère fut l'émergence d'un projet, bien que peu, que dis-je, pas du tout lucratif.

- Vous semblez à présent bien éveillée et toute disposée à croiser la verbe avec votre mari, aux... semble-t-il, modestes fonctions à la Cours. Nous verrons si vous serez enclin à la même vigueur ce soir au coucher car il n'y aura point "chambre à part", vous m'avez bien entendu ! Nous verrons alors si vous avez bien fait d'exiger foule de mets sucrés !!!!

La sentence était ferme et acide mais non moins réelle. Solange lui avait fait affront et pour autant il appréciait ce comportement qu'elle lui offrait, tandis que sans doute désapprouverait-elle la rudesse dont il faisait preuve, à moins qu'elle n'y voit un trait de caractère affirmée sécurisant chez lui. En tout cas, Charles s'était légèrement redressé de sa chaise à sa dernière réplique inquisitrice, mais finalement, il reprit place confortablement sur son assise en reprenant la conversation sur un ton plus amical.

- Votre idée d'oeuvre de charité et la bienvenue par ailleurs. J'imagine que ceci n'est pas une idée fantasque venue sur un quelconque coup de tête ? Mais je dois en savoir d'avantage et connaître sa plus-value pour notre Famille.

Il voulu laissa Solange digérer ses réactions, mais la coupa avant qu'elle n'intervienne, d'un geste d'index dressé en direction de son épouse.

- Oh mais j'y pense, vous serez satisfaite également de savoir que nous sommes invités à un banquet Royal d'ici quelques jours justement. Vous vouliez voir la Cours le Palais, son suzerain et son nouveau régent ? Vous serez emplement rassasié à cette occasion. N'est ce point pour vous une soirée pleine d'heureuses nouvelles ?

Dit-il sur un ton légèrement taquin, bouclant ainsi sa séquence d'une joute bien entamée.
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeMar 3 Mar 2020 - 9:15

Solange soupira. Ils passaient décidément une bien mauvaise soirée, et ce fut en silence qu'elle se découpa un peu de viande en attendant que Violaine ait fini de s'installer, et que les premières notes puissent apporter un peu de gaieté à cette ambiance alourdie.

Les lèvres serrées et le dos très droit, elle reçut la semonce de son mari avec raideur. Bien qu'il soit le maitre chez lui, la jeune fille ne comprenait ni sa colère et son petit manège avec les réserves de nourriture. Elle nota la basse vengeance qu'il comptait exercer à son encontre, lorsqu'il viendrait la visiter pour lui faire un enfant - et essaya de cacher la bouffée de dégoût qui l'imprégna toute entière, à l'idée que cet individu ne veuille la toucher que pour mieux affirmer sa domination sur elle. Il était bien loin de l'idéal romantique à laquelle elle aurait tant voulu croire ; et cette déconvenue lui donnait envie de quitter la tablée, et de se réfugier dans ses appartements pour écrire une longue lettre à sa mère.

Au moins, Charles écoutait ses propos jusqu'au bout, se montrait curieux à l'encontre de son projet caritatif. Néanmoins, très vite, il reprenait sa morgue narquoise, la provoquant à nouveau sur le thème de la nourriture.

A quoi jouait-il, enfin ?

- "Je suis évidemment contente d'aller à un banquet, mon ami, même si j'aimerai en savoir plus. Mais je crois que le plus important n'est pas là. Je ne comprends pas : pourquoi avoir donné l'ordre de nous servir un repas si chiche ? Pourquoi me priver d'entremets, alors que vos réserves recèlent suffisamment de provisions ? Que cherchez-vous, mon ami ? Désirez-vous savoir si je vous serai soumise, ou si j'élèverai la voix ? Je vous trouve bien étrange. Je ne désire que notre bonne entente, cependant vous devez comprendre que si je vous ai épousé, ce n'est point pour votre charme, étant donné que je ne vous avais jamais vu. Je désirais habiter à Diantra auprès de la Cour, avant d'être obligée de rentrer à Escault lorsqu'il en sera l'heure. Cependant, j'ai toujours été habituée à une certaine opulence, et je n'ai jamais connu personne qui pouvait avoir une fonction à la Cour. Je suis bien aise de savoir que votre Charge est plus honorable que je ne le pensais, si elle peut nous assurer un train de vie décent, et en rapport avec notre rang."

A nouveau, la demoiselle soupira. Ce repas prenait des airs de pensum, et ses yeux bleus glissèrent sur la harpe, qui dispensait une musique agréable et courtoise.

- "Quant à mon projet, il s'agirait d'un orphelinat un peu particulier, puisqu'ils aiderait des jeunes filles à trouver une place de servante, ou bien un mari, à travers quelques enseignements de base, comme un peu de calcul pour les aider à gérer leur ménage, ou encore la couture et la cuisine. Un prêtre pourrait venir une fois par semaine leur dispenser le soutien de la religion. Mais il faudrait acheter une maison en ville, et qu'une couturière vienne leur apprendre le nécessaire. Il faudrait aussi qu'une intendante veille sur elles toutes en permanence. J'ai rencontré une marchande en ville, qui serait disposée à nous vendre une teinture bleue extraordinaire, et qui pourrait certainement faire vendre les ouvrages que produiraient nos orphelines. Cela permettrait de financer à moyen ou court terme les dépenses engendrées. Et si nous achetons une ferme, les orphelins pourraient y travailler, tout en leur permettant d'avoir un toit et de quoi manger, tout comme les jeunes filles. Qu'en pensez-vous ? Cela fera de gros frais au début, mais votre réputation en ressortira grandie. Vous gagneriez grandement en respectabilité, bien que votre statut y soit déjà pour quelque chose."

Elle marqua une pause, pour reprendre son souffle. Solange avait peur que son époux ne se moque d'elle, désormais ; aussi tâcha t-elle de se montrer douce et humble.

- "Qu'en pensez-vous, messire ? Votre cousin ne saurait refuser, si nous lui demandons des subsides. Sinon, je pourrais demander aux temples, mais j'aurai préféré que ce projet soit nôtre... Vous en récolteriez tous les lauriers."
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Charles de Prademont
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeMar 3 Mar 2020 - 13:44



Charles avait la sensation d'avoir quelque peu abusé de sa morgue narquoise à l'endroit de son épouse. La faute à une journée de dur labeur ? Il aurait été bien insolent de mettre la faute sur autrui. Solange semblait lasse de cette joute et de l'attitude que lui proposait l'homme qui devait à présent subvenir à ses besoins à la Capitale. Dans un plaidoyer aussi prompte que juste, la poupée de soie affirmait un forme sincère de maturité et d'esprit qui certes ne désabusa nullement son homologue mais l'incita à cesser ces motivations du soir quant à tourmenter son épouse plus encore. De là à s'excuser, pourtant, il n'en fut rien.

- Bien, bien, n'en parlons plus je vous prie.

Dit-il sèchement en guise de défaite, dissimulant ses tords avec une maladresse certaine non sans s’accouder à la tablée pour ensuite venir poser sa tempe gauche contre la paume de sa main. Captant le soupir qui s'échappa d'entre les lèvres de la Dame d'Escault, Charles fut presque soulagé que son épouse détourne le regard avant de deviser au sujet de ses projets caritatifs. Vive d'esprit, Solange semblait déborder de bonnes intentions. Ce qu'elle mettait en avant était fort louable. De lourdes dépenses, à n'en point douter, mais après tout, ne fallait-il pas se donner les moyens pour atteindre ces objectifs ? A quelques reprises, l'Intendant Royal voulu émettre des objections, mais la jeune femme avait le don de rapidement le rassurer. La moitié de son âge, peut-être mais, Solange ne possédait nullement la moitié de son ambition, pour dire vrai, bien plus que cela.

Opinant du chef sans mot dire, elle tira la réplique jusqu'à le convaincre en sollicitant l'aide financière de son cousin ô combien influent. Tout ceci méritait réflexion et pensif, Charles s'en retrouva à lisser sa barbe en fixant longuement les prunelles océans de son épouse.

- Hmmm... vous feriez une parfaite collaboratrice à mon étude. Loué soit votre argumentation, vous savez vous montrer convaincante. Auriez-vous user de ce talent pour sceller notre union auprès de votre Père ? Cela ne me surprendrait point. Vous m'étonnez de minutes en minutes.

Il leva et écarta les bras, lâchant un sourire taquin à l'endroit de Solange, non sans que ce dernier soit sincère.

- Je m'avoue vaincu. Comment pourrais-je démonter votre plaidoyer. Vous apporter les éléments qui ferez tendre un jurée populaire à vous donner carte blanche en ce projet.

Les traits du visage de Charles se détendirent dans cette atmosphère jusque là pensante au son pourtant agréable de la harpe dont excellait d'usage la dame de compagnie de la Dame d'Escault. Douce et humble, Solange savait parfaitement user de l'étiquette et de son caractère en fonction de la situation, un énième point qui semblait rassurer son époux.

- Vos intentions vous honore ma mie. Vous souhaitez ardemment choyer ma réputation et cela va de concert avec le rôle que vous tenez d'épouse intrigante. Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous réalisiez vos desseins, mais laissez moi tout de même avoir regard sur les dépenses provisionnées. De même, je vous laisse toute latitude à négocier avec mon cousin une subvention que j'espère conséquente. Nous servons ses intérêts et je suis persuadé que vous serez le convaincre que vos projets lui seront à lui aussi bénéfique par effet "boule de neige", si je puis me permettre l'expression.

Il se redressa alors, laissant le soin à sa compagne d'achever son repas sur une note sucrée. Il se porta alors à sa rencontre et lui tendit une main.

- Si vous voulez bien me suivre. Nous avons à trinquer pour vos projets et en définir sa feuille de route. Je serais évidemment disposé à mettre à votre service quelqu'uns de mes collaborateurs, en sus.

Il lui adressa un sourire chaleureux et charmeur, cherchant son assentiment, comme pour tirer un trait sur un début de soirée plutôt houleux. Pourtant, rien ne prédisait si la Dame d'Escault, n'exigerait pas de son époux qu'il répond à ces inquiétude premières formulées quelques instant plus tôt avant que se dernier ne se ravise sur son attitude.
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeJeu 5 Mar 2020 - 9:19

Il était manifeste, désormais, que son époux n'était qu'un butor. Non content de ne point s'excuser, il la comparait maintenant à une "employée", une "collaboratrice". Quelle insulte ! Et il osait ensuite en rajouter en arguant qu'il s'agissait probablement de son talent pour convaincre qui avait décidé son cousin à la marier avec lui !

Cette fois, c'en était trop. Lèvres serrées, mains crispées sur les services d'argent, Solange sentait la fureur monter en elle.

- "Messire, vous êtes le cousin du Comte Gaubert. Je gage qu'il vous écoutera mieux que moi, car vous le connaissez mieux. Il a d'ailleurs la réputation d'être fort avare mais je sais qu'il a une faiblesse à votre endroit. Vous n'aurez qu'à souligner la bonne réputation apportée à notre famille auprès du Roy et de son Régent, ainsi que de l'appui que nous en retirerons auprès du clergé. Je suis sûre que cela desserrera les cordons de sa bourse. M'enfin, vous devez avoir raison. Je lui écrirai si vous ne le pouvez. Il est vrai que vos... collaborateurs de basse extraction ne doivent pas savoir comment s'adresser à un comte."

Elle sentait la rage et l'humiliation bouillonner au tréfonds d'elle, et le fixa avec froideur se redresser, pour venir lui proposer galamment sa main. Elle la saisit par pure fierté, se leva de table, très droite dans son élégante robe de soie robe, dans un bruit d'étoffe.

- "Allons donc au petit salon, mon cher."

Se disputer tous les soirs n'était pas une bonne idée. Quel ennui ! Elle s'était marié au mauvais cousin, malgré l'envie qu'elle avait eu de passer ses journées à la Cour, à échapper à l'ennui qu'elle avait ressenti durant de si longues journées au château d'Escault. Heureusement que son si galant précepteur était à demeure ; il saurait lui rendre le sourire que Charles lui avait ravi ce soir.
D'un geste, la jeune fille fit signe à une servante de faire son office, avant de se rasseoir dans son fauteuil.

- "Vous dites donc que vous seriez prêt à me donner quelques-uns de vos commensaux ? Je pensais acheter la maison demain, ainsi que tout le matériel nécessaire. Il faudra aménager un dortoir, une salle d'étude, un salon où recevoir et un espace où l'intendant pourra travailler, ainsi qu'une salle d'eau. Ces pauvres petites doivent être propres. Je pensais également à un uniforme pour les petites, ainsi elles seront habillées avec modestie mais propreté. Et tout le monde en ville pourra les reconnaitre. Je pensais les habiller aux couleurs d'Odélian, car un marchand m'a montré une teinture bleue toute à fait extraordinaire. D'ailleurs, je dois la recevoir demain. Nous n'avons qu'à voir par avance ce que nous pouvons lui proposer comme contrat."

Solange réfléchit quelques secondes, avant de faire signe à la servante.

- "Apportez-nous de quoi écrire. Nous allons envoyer une missive au comte d'Odélian. J'aimerai ouvrir la ferme en même temps que la Maison d'Apprentissage, car les enfants les plus petites auront certainement besoin de lait, et nous de pouvoir faire des dons réguliers aux temples de la ville, si nous voulons qu'Odélian ait la réputation qu'elle mérite à Diantra."

Les joues rosies, la jeune noble avait presque oublié sa contrariété. Et quel mal y avait-il à prouver sa supériorité intellectuelle sur son malotru d'époux, tout en subtilité ?
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Charles de Prademont
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeVen 6 Mar 2020 - 11:20


De toute évidence, la noble dame demeurait contrarié par certains propos tenu par son époux. Il suffisait pour cela d'observer ses mains se crispant sur les couverts ainsi que ses lèvres se pinçant soudainement lorsque Charles la qualifia de "collaboratrice". Pourtant, l'Intendant ne semblait saisir la nature de cette réaction et d'ailleurs devait-il se formaliser sur ce point ? Solange était une très belle jeune femme berçait dans certains fondamentaux provinciaux de la noblesse et sa jeunesse tout comme son rang la rendait peut-être quelques peu sensible à certains termes employé par son époux. De la maladresse ? Charles n'en reconnu aucune forme pourtant, loin de sous estimer sa compagne. Mais les femmes étaient quelques fois des êtres complexe à cerner.

Finalement, ni l'un ni l'autre des protagonistes ne semblaient enclin à voir dégénérer la situation, chacun gardant sans doutes quelques acides réflexions pour soit. Après tout et même si l'exercice semblait périlleux, ils devaient l'un l'autre se supporter et s'apprivoiser, une tâche de longue haleine certainement. Chemin faisant, non sans que l'officier royal ne note la "trop" fière allure qu'offrait Solange lorsqu'elle se redressa, le couple quitta la salle à manger pour regagner le salon, laissant la servante faire son office pour contenter les époux nobliaux. C'est alors que la Dame d'Escault prit la situation à son compte, étayant son projet dans ses moindre détails sous le regard averti et solennel de Sieur Prademont. Croisant les jambes, il posa ses coudes contre les accoudoirs de son fauteuil venant ensuite joindre ses index contre son menton, prenant une pause pensive et intéressée.

- Vous semblez avoir penser ce projet dans ses moindre détails ma mie. Je ne peux qu'approuver l'ensemble sans y faire valoir d'objection. Rappeler les couleurs d'Odélian serait en effet fort judicieux et appréciable, n'hésitez point dans votre correspondance avec mon cousin d'insister sur le moindre élément qui pourrait flatter sa personne et son domaine.

Il lança une légère œillade à l'endroit de son épouse avant que ne réapparaisse la domestique armée du nécessaire pour rédiger les sollicitations et doléances à l'intention de Gaubert de Prademont. Subtilement, en effet, cherchait-elle et réussissait-elle d'ailleurs à montrer une forme de supériorité intellectuelle sur l'instant. Charles n'en prenait nullement ombrage et d'une certaine manière, il enhardissait, encourageait sa compagne à ainsi prendre plus d'assurance.

- De combien de mes gens avez-vous besoin ma chère amie ? Je me satisfais en tout cas de vous voir prendre des initiatives de la sorte, je n'en attendais pas moins de vous. Mais, n'oubliez point, lorsque je vous aurez présenté à la Cours Royale, de vous montrer présente dans les salons. Vous pourrez y rencontrer d'influents personnages et tisser quelques judicieux réseaux avec d'autres Dames de la Haute.

Lui adressant un sourire entendu après lui avoir rappelé que sa condition d'épouse lui rendait obligation de s'afficher dans certains Cercle, Charles l'observa sans plus mot dire, la laissant à ses œuvres de correspondance avec son cousin. Force est de constater que son épouse prenait à bras le corps sa condition mais qu'en parallèle leur entente était fragile, Charles s'essaya à la flatterie, après tout, la gente féminine n'était-elle pas sensible à cela ? Peut-être cela atténuera cette tension devenue palpable entre eux.

- Je dois admettre ne pas avoir suffisamment loué votre beauté ma mie et je m'en excuse platement. Nombre d'hommes doivent m'envier. Mes yeux s'émerveillent à chacun instant où ils s'osent à se poser sur vous.

Sur ces mots, il laissa glisser son regard sur la silhouette de Solange tout en se relevant pour se diriger vers le plateau laissé précédemment avant de se saisir de la carafe en cristal contenant un liquide ambré. Soucieux de ne point paraître pour l'heure jaloux et possessif, il cherchait tout de même à marquer son territoire avec subtilité. Cet aparté achevé, il chercha alors à gagner l'intérêt de son épouse en s'inscrivant dans les démarches qu'elle avait initié.

- Nous pourrions par la suite, recommander vos filles aux meilleurs Maisons ? Lorsqu'elles seront en âge. Il faudra assurément diversifier leurs horizons. J'imagine que leur avenir ne seront point tout tracé et que de leur personnalité, vous pourriez exploiter certains de leur talent au cas par cas ?

Serait-elle sensible aux efforts de sont époux à s'en trouver force de proposition? Charles n'en savait rien, mais il fallait bien tenter certains coups, abattre quelques cartes pour s'attirer un prémisse d'affection d'une femme qui lui était encore bien étrangère.

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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeLun 9 Mar 2020 - 15:08

Solange coula un regard circonspect à son époux. Il reconnaissait que son projet était bon, ajoutant qu'elle avait désormais son approbation ; sans même remarquer la domestique qui revenait avec le nécessaire d'écriture, elle esquissait un sourire, prise dans ses pensées.

Elle ne savait même plus par quel enchevêtrement de pensées elle avait pu en arriver à ce projet, et maintenant qu'il était proche de se concrétiser, la tête lui tournait un peu. cela allait si vite à Diantra - qui disait qu'elle serait capable de le mener jusqu'au bout ? Mais étonnamment, Charles semblait penser le contraire, lui offrant ses gens pour l'épauler, lui conseillant de se mêler aux autres dames de la Cour, louant ensuite sa beauté, avant qu'elle ne surprenne un regard empli de concupiscence.

- "Messire, vous me flattez."

Malgré elle, la jeune fille se sentait fière d'être trouvée jolie. Elle savait que c'était certainement plus important que d'être intelligente - être désirable attirait toujours les regards et les attentions, tandis que les vertus de l'esprit avaient tendance à repousser la gent masculine.

D'un geste presque désinvolte, elle se redressa dans un bruissement de soie, s'installa à un petit secrétaire que l'on avait ouvert pour l'occasion, et, saisissant la plume, la trempa négligemment dans le petit pot d'encre cerclé d'or.

- "Je paraitrais à la Cour, ne vous inquiétez pas. Après tout, nous avons fait une entrée remarquée au Banquet du Régent, et nul ne nous fermera la porte. Je ne connais pas vraiment les habitudes de ces dames, néanmoins, je tiendrais salon. Nous avons d'ailleurs reçu quelques invitations à laquelle je pensais me rendre durant cette ennéade. Peut-être pourrais-je faire salon de musique. Ce serait charmant, et c'est un passe -temps tout à fait honorable."

Solange garda quelques secondes le silence, tandis qu'elle réfléchissait aux premiers mots qui figureraient dans sa missive. La noble n'avait guère réfléchi quant à ce qu'elle ferait des orphelines qui choisiraient de devenir servantes, mais, brusquement, la réflexion de l'homme qui partageait sa couche fit naitre une nouvelle idée.

- "Il serait sûrement facile de placer des jeunes filles au palais comme servantes ou femmes de chambres. Puisqu'elles nous devront tout, je suppose qu'elles serviront aisément d'oreilles et de bons yeux pour nous conter ce qui se passe au palais. J'imagine que si vous désirez améliorer votre position, un peu d'aide ne peut pas être un problème. D'ailleurs, si nous acquérons cette ferme, des garçons pourraient venir y travailler, et potentiellement, rejoindre les écuries des diverses maisons nobles des environs. On doit y entendre des rumeurs, et cela pourra vous servir, j'imagine."

Elle lui offrit un doux sourire. Il était agréable de se trouver au moins un point commun avec ce semi-inconnu - il fallait bien qu'ils finissent par s'apprivoiser, sinon les soirées seraient bien longues.

- "Je suis contente, mon amie, que nous semblions avoir les mêmes vues. Je vous le répète... je suis votre alliée. Nul ne devrait se méfier de son épouse, et il en de même pour le mari, bien sûr. Nous avons un avenir commun, que nous le voulions ou non. Bien, ceci étant... commençons cette lettre... Mais avant..."

La jeune fille fit signe à la domestique.

- "Apportez-moi un lait chaud épicé, et laissez-nous seuls."

D'un geste délié, aisé, la petite main blanche commença à écrire, au rythme vif de sa pensée toujours en action.

- "Ne va t-il pas abhorrer nous lire mendier de l'argent...? N'est-ce pas humiliant ?"

Citation :

"Votre Grandeur, mon très illustre et très noble cousin,

Je prie avec ardeur que la Damedieu veille sur votre santé et votre honneur, à l'heure où je vous écris ces lignes. Bien que je vous sache évidemment très occupé, votre Grandeur, par vos devoirs et votre sage administration du comté d'Odélian, je vous fais parvenir cette lettre afin de prendre de vos nouvelles et de vous donner de celles de mon cher époux, le seigneur Charles de Prademont. Il me parle sans cesse de vous, et se languis de votre présence, qui l'a tant réconforté à notre mariage..."

- "Qu'en pensez-vous ?"
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeMar 10 Mar 2020 - 9:49


Soucieux de lisser ces relations nouvelles avec son épouse, Charles s'évertuait à présentant à user de bon mots à l'endroit de Solange. La réaction de cette dernière ne se fit pas attendre et remercia poliment son époux qui voyait ses efforts porter ses fruits. Sans jamais relâcher son attention sur le joli brin de femme qui lui faisait face, l'Intendant à la Justice semblait apprécier les airs quelques peu désinvolte qu'elle dégageait, preuve d'une prestance qui marquait significativement son rang. Il fallait bien l'avouer, sans biensure le faire remarquer à la donzelle, mais Charles préférait nettement voir la demoiselle d'affirmer que se montrer effacée quitte à se voir légèrement bousculé dans son autorité de mâle.

Alors que la Dame d'Escault prenait place devant le secrétaire, cette dernière semblait toute disposée à suivre les conseils de son mari et n'hésita d'ailleurs nullement à se montrer force de proposition non sans réaffirmer qu'elle avait honorablement joué son rôle durant le banquet tenu part le Régent. Alors qu'elle se murait dans la réflexion, Charles prit l'opportunité de réagir sans quitter son épouse du regard, un regard qui à mesure du temps, devenait bien plus solennel et respectueux.

- Ma mie, je suis ravi d'apprendre que vous ayez reçu quelques invitations. Cela indique que vous ayez fait quelques peu sensation durant le banquet et je m'en réjoui. Et je n'aurais point pu vous donner meilleur conseil que ce que je viens d'entendre par votre délicates bouche. Il s'agit d'un passe-temps des plus honorable en effet. La musique est un art des plus apprécié et je gage que vos salons seront bientôt un lieu prisé par la Haute.

L'atmosphère semblait indéniablement moins lourde et tendait à la naissance d'une certaine complicité, aussi fluette soit-elle. Ainsi, Charles s'efforça de maintenir la conversation et donner toute sa place à son épouse au sein de la maisonnée et des intérêts portés par cette dernière.

- J'apprécie votre vivacité d'esprit. Vous êtes jeune, mais déjà porteuse de bien des qualités. Nous doter d'espions à la Cours nous servira à n'en point douter, mais il nous faudra nous préserver de tout risque. En cela, les garçons et filles qui nous servirons au Palais devrons être capable, même sous la torture, de tenir leur langue. Mais nous aurons le temps de deviser sur ce sujet.

Offrant lui aussi un doux sourire à Solange en retour, il acquiesça d'un hochement de tête face à l'affirmation d'un objectif commun et d'une alliance plus que vitale entre eux. C'est alors qu'il observa le manège qu'elle entreprit avant de rédiger sa lettre à l'encore d'une plume. Le couple se retrouva finalement à jouïr d'un éphémère huit-clos indispensable à l'entretien de leur intimité et à l'élaboration d'intrigues dont ils devaient être les seuls à avoir connaissance. Satisfait de voir sa femme à la fois directive auprès du personnel et consciencieuse dans son oeuvre, Charles s'approcha finalement à sa demande et glissa derrière Solange non sans frôler ses étoffes, prit de soudaine pulsions qui garda bien d'exprimer pour l'heure.

Récoltant les bribes de fragrance qui se dégageait du corps encore bien vêtu de son épouse, mais qui attisait évidemment l'attirance physique, il consulta la missive qu'avait entreprit d'initier la poupée de soie avant de la laver de toute inquiétude.

- Que nénie. Mon cousin sera sensible à notre appel. Nos projets lui seront favorable et son soutien financier lui sera rendu. Il sait mieux que quiconque l'importance de la famille. Il obtiendra un retour sur investissement, en quoi serait-ce de nature humiliante pour nous ? Ne vous faites point de sang d'encre à ce sujet, ma mie.

Leur proximité physique à cette instant n'avait jamais été aussi étroite et si le couple cherchait à s'apprivoiser dans les mots, Charles s'essayé à un autre aspect de la chose, toute subtilité dans la démarche.

- C'est un très bon début. L'amorce est bonne, je gage que mon cousin sera des plus ravi par toute l'attention que votre plume lui porte en introduction.
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeMer 25 Mar 2020 - 8:28

Les flatteries de son époux mettaient du baume sur le souper désastreux dont ce dernier avait été l'instigateur. Bien qu'elle ne soit guère dupe - pourquoi serait-il sincère, après l'avoir humilié devant les domestiques et l'avoir houspillé comme une servante ? - il fallait reconnaitre qu'il était agréable de retrouver une atmosphère courtoise et correcte, et que la tension qui s'accumulait déjà dans leur couple pouvait diminuer un peu.

Assise à sa table d'écriture, elle sentait sa présence derrière elle, son visage près de son cou, et Solange tâcha de se détendre, et de continuer à écrire.

- "Vous êtes fort urbain, mon ami, et je ne sais si je mérite tous ces compliments."

La jeune fille rosissait légèrement malgré tout. Il était évidement agréable d'être encensée, surtout pour son esprit, ce qui ne lui était encore jamais arrivé.
Elle trouvait compliqué d'écrire ainsi à son cousin. Elle ne le connaissait pas bien, mais savait que la relation entre Charles et Gaubert était bonne ; ainsi, il y avait à espérer que sa réponse donne lieu à une réponse favorable. Sans doute aurait-il mieux valu écrire à ses parents, mais après tout, cela avait pour but d'améliorer la réputation d'Odélian à Diantra. Et cela concernait directement le comte.

Même si ce n'était qu'une ferme...

- "Croyez-vous que nous pourrions demander à un de vos commensaux de nous trouver une ferme et une grande maison, avec une cour, en ville ? J'aimerai accueillir au moins dix ou quinze jeunes filles, de.. dix à seize ans, je dirais. Nous aurons tout le temps, je suppose, de trier les orphelines les plus loyales, mais ce ne seront jamais que des servantes. Comme vous dites, il leur sera certainement difficile de ne pas avouer "sous la torture"... Mais je suppose que si nous les payons correctement, et que nous mettons la famille qu'elles se seront constituées en sécurité, elles ne parleront pas. J'essaierai de les bien marier."

La jeune fille soupira.

- "Cependant, ce ne sont pas des pratiques très morales. Je préfère me dire que ces pauvres orphelines seront sauvées de la rue grâce à Odélian. D'ailleurs, je dois recevoir un fournisseur demain, et j'ai besoin de votre avis, mon cher ami. En effet, elle voudrait me vendre une teinture bleue absolument magnifique, et je pensais, en retour, lui demander de vendre les pièces que moi et les orphelines pourront coudre. croyez-vous que ce soit un marché raisonnable ? Et croyez-vous que ce soit rentable ? Je pensais peut-être mettre la Cour au courant, enfin, mes amies, des œuvres des orphelines. Cela pourrait peut-être remporter un certain succès ? De plus, cela ferait connaitre mon petit établissement. D'ailleurs, j'aurai besoin de trouver une femme qui pourrait leur enseigner la couture et la broderie. J'irai au temple demain pour leur demander une prêtresse, qui puisse leur enseigner la religion et la morale."

Se retournant à demi, sa plume élégamment tenue entre ses doigts, la dame de Prademont fixa son époux de ses yeux bleus saphirs, en papillonnant un peu des cils.

- "Avez-vous d'autres idées concernant leurs apprentissages qui pourraient leur être, et nous être utiles tout à la fois ? Je ne peux oublier que l'orphelinat devra être au minimum rentable, afin que je puisse leur fournir des dots modestes, si elles désirent se marier. Vous êtes si sage et si expérimenté, mon très cher... j'ai grand besoin de vos lumières."

Avec naïveté, la jeune fille lui offrit un doux sourire. Elle espérait, elle aussi, que l'intérêt les rapprocherait - et que plus jamais la scène qui avait eu lieu au souper ne se reproduise.
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Charles de Prademont
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeJeu 26 Mar 2020 - 21:40


A mesure de la soirée, Solange montrait certaines qualités de Dame de la Haute. A la fois concentrée, imperturbable et détendue, elle réagissait avec une grande modestie aux flatteries de son époux. En sommes, elle tenait son rang et possédait un certain potentiel à devenir peut-être pas jusqu'à une icône public mais certainement une Dame de Salon appréciée par ses consœurs. En sus, elle montrait également une attirance certaines aux affaires et à un certain équilibre dans le bien des aspects sociaux culturels.

Innovatrice ? Elle le serait de l'avis de l'officier Royal en charge de la Justice. Solange sera indéniablement précurseur d'une nouvelle génération de femmes qui ne se contentait plus de se satisfaire du confort et du luxe que lui offrait son parti. Non, elle prenait à bras le corps les inertes de sa Maison et cela la démarquait du commun des Dames de la Haute. Analysant, proposant non sans également exprimer ses doutes par quelques soupirs. Force de proposition, la jeune femme qui n'avait pas encore vingt printemps semblait bien intéressé par l'avis de son mari, l'interpelant sans ne jamais quitter son pupitre des yeux, toujours concentrer sur sa tâche du soir.

Pensif, Charles posa ses paumes sur les épaules de sa moitié comme pour la rassurer et la soutenir avant de reprendre une distance mesurée avec  elle. Rangeant alors ses bras dans son dos et joignant ses mains dans cet exercice, il entreprit de faire les cents pas dans le salon, en traçant un parfait cercle dont le centre n'était ni plus ni moins que le secrétaire où était toujours assise la Dame d'Escault.

- Hmmm... ma mie... en ville je dirais qu'une ferme jouxtant une maison assez volumineuse sera chose ardue, mais pas impossible. Je manderais un commensaux dès demain à cet effet mais par mesure de sécurité, je lui demanderais d'étendre les recherches à la proche périphérie de Diantra.

Le brut de ses bottes faisant craquer le parquet en rythme lent, donnait le ton à cet atmosphère solennel et serieux qui se diffusait dans la pièce. Mari et femme,  main dans la main pour œuvrer dans un but commun, Charles en était plus que ravi et permettait à sa jeune épouse d'affirmer son caractère.

- Je n'ai aucun doute quand aux succès de vos choix de mariage pour vos petitrs protégées. Quand à vos négociations avec ce fournisseur, je crois que ce compromis est favorable aux deux parties, je  vous invite donc à œuvrer en ce sens avec mon soutien. Pour que cela soit rentable, il faudra simplement réaliser une étude de marché au préalable. Savoir ce que cela vous coûtera et les potentiels bénéfices. Il serait préférable de commencer par de petites quantités pour ainsi voir si des bénéfices en découlent. Chemin faisant, vous pourrez alors négocier en plus grandes quantités.

Il s'arrêta soudainement, mains toujours dans son dos, le regard dur et concentré,  prenant toute sa part d'investissement dans le projet de sa mie. Il s'avança alors face au secrétaire et posa ses mains de part et d'autre des rebord en bois, prenant une pose songeuse.

- Vous pensez ? Non, vous le devez. Organisez une réception afin de faire connaître la cause que vous défendez. Préparez un discours efficace, acoquinez-vous
Avec le plus grand nombre, montrer l'étendue de vos convictions et vous saurez gagner intérêt. Le succès n'en sera que meilleur!


Il se replaça alors derrière son épouse afin de reprendre sa position d'origine avant que cette dernière ne capte son regard en tournant légèrement la tête et accentua sa dernière requête en papillonnant des ciles. Il lui sourit chaleureusement en retour.

- Il leur faut connaitre l'art et le labeur.  Elles doivent offrir un panel assez diversifiés de qualités. Nous ne pourrons les former toutes dans un domaine spécifique, ainsi il serait peut-être plus sage d'attendre de voir votre première fournée d'orpheline émerger. Après quoi nous verrons la convergences des genres et cela nous permettra d'affiner nos perspectives d'apprentissage. Leur main devrons être aussi robustes que délicates tout comme leur esprit. Voila ce a quoi nous devons nous attacher avant toute chose.

Il espérait satisfaire les attentes de sa poupée de soie. Faire bonne figure devait être singulièrement un objectif pour tenter de conquérir non pas que son amitié mais son amour, bien que je chemin serait encore très long et semé d'embûches.
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Solange d'Escault
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeLun 30 Mar 2020 - 12:28

D'une main sûre, Solange finit d'écrire la lettre destinée à leur cousin et seigneur. Sans répondre tout d'abord à son époux, elle lui tendit la missive qu'elle n'avait pas encore signée, puis, d'un geste délicat, s'empara d'un éventail de plume pour poser une main pensive sur son ventre.

Elle se sentait fort aise d'avoir l'approbation de son mari - bien qu'il se soit montré grossier pendant leur repas, elle ne pouvait nier qu'elle était indéfectiblement lié à lui, de sorte que ses avis conservaient la plus grande importance dans sa vie.
La jeune fille esquissa un sourire modeste, un peu coquet, se redressa, fit quelques pas dans le salon, en attendant qu'il finisse de lire, avant de reprendre la parole d'une voix claire, en saisissant un verre de vin.

- "Vous êtes trop bon, mon cher ami. Je vous remercie de m'autoriser à faire commerce. Je suis sûre de nous assurer à la fois un revenu supplémentaire, et de pouvoir nous faire connaitre favorablement des religieux. J'aime quand tout le monde est gagnant, ça nous pouvons occasionner beaucoup de bien à ces malheureuses enfants. J'ai rencontré une petite mendiante cet après-midi, et ce spectacle m'a remué le cœur ! Mais en ce qui concerne la ferme, je ne la souhaite pas à côté de la maison des orphelines. Il ne faudrait pas que ces enfants se voient débauchées par des présences masculines inopportunes et inconvenantes. Les orphelins pourront être, eux, gardés à la ferme. cela leur donnera des opportunités d'avenir et les empêchera de tomber dans une vie de crime."

Doucement, la noble se réinstalla dans son fauteuil, attentive à la réaction l'homme qui partageait sa vie désormais, et attendit qu'il commente sa lettre avant de reprendre la parole.

- "Nous pourrons donner une réception dans quelques semaines. J'organiserai tout cela, il nous faudra des ménestrels et autres divertissements, mais je me débrouillerai seule, n'ayez cure. Vous pourrez vous dévouer à vos affaires tout votre soul. Néanmoins, je dois me ménager."

Les joues de la jeune Solange rosirent légèrement. Elle avait hésité toute la soirée à lui faire part de la nouvelle ; mais cela serait de nature à dégeler durablement leur relation.

- "Ma servante m'a annoncé une excellente nouvelle et .. je suis sûre que vous en saurez la goûter à sa juste valeur. Ma servante m'a affirmé que ... j'attendais peut-être votre enfant. Je voulais vous le dire plus tôt dans la soirée, mais ce n'était guère le moment adéquat. Cela reste à confirmer, mais... êtes-vous content ?"

Une main négligemment déposée sur sa robe de soie rose, elle le fixait dans les yeux, l’œil brillant ; puis émit un petit rire.

- "Je n'ai pas encore vu de médecin, et j'ai peur de vous donner de faux espoirs. Mais peut-être, un jour prochain, aurez-vous un garçon."
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Charles de Prademont
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MessageSujet: Re: Les petits bonheurs conjugaux   Les petits bonheurs conjugaux I_icon_minitimeMar 31 Mar 2020 - 5:33


Charles ne pouvait l'avouer de vive voix au risque de passer pour un faible, seulement voilà, à mesure qu'il côtoyait Solange, tout semblait converger vers l'évidence : l'Officier Royal était conquis. Il y avait son esprit, sa détermination et sa beauté, mais aussi sa manière d'être, ses manières justement. Un sourire coquet par ci, un port léger et altier par là, le natif d'Odélian ne manquait point de se délecter des moindre mots et gestes de son épouse.

Elle transpirait de ces Dames de Salon aussi tentatrices qu'intelligentes et faussement oisive. Mais elle posséder cette petite chose qui faisait d'elle un être unique en son genre, un détails, une somme d'atouts qui mêlées à sa fraîcheur de jeune femme, rendait le tableau exceptionnel, une pauvre encore inachevée mais qui certainement s'offrirait un jour l'appelation de chef-d'oeuvre.

Il consulta donc la missive avec un profond sérieux tout en écoutant la gracieuse poupée de soit qui a présent déambulait dans le salon. Pleine d'assurance, de conviction, elle offrit l'aveux d'une rencontre qui l'avait sans doute amené à faire mûrir ce projet vraisemblablement déjà en sommeil dans son fort intérieur. Charitable tout en veillant à en tirer profit, Solange, malgré sa juvénilité, savait également anticiper certaines problématiques. Alors, sans un mot, concentré sur la missive, il acquiesça d'un hochement de tête approbateur et vigoureux à l'endroit de son épouse.

- Vous avez milles fois raisons. Mieux vaut éviter de mettre vos filles dans l'embarras et la tentation. Vos paroles transpirent de sagesse ma mie.

Il acheva la lecture de la requête que son épouse allait adresser à son cher cousin, la mine satisfaite et sereine. Son regard croisa celui de sa femme qui avait finalement trouver refuge dans son fauteuil.

- Je n'ai a redire. La forme et le fond y est. Si Gaubert nous refuse son aide c'est que je me serais trompé sur son compte. Vous maniez la plume aussi bien que la verbe.

Mais il n'était pas au bout de ses surprises. Si Solange prenait le parti d'organiser seule une réception qui s'inscrivait dans leur projet commun, et ainsi permettre à son cher époux d'assurer sa fonction auprès du Roy, elle amorçait une révélation de taille en laissant choir ce mot d'entre ses lèvres : "ménager". Alors que Charles reposait la missive sur le pupitre, il leva un sourcils inquiet vers sa mie au tein rosé à hauteur de joue, qui finalement ne tarda pas à lever le voile sur la possible graine qui murissait en elle.

Il n'aurait donc fallu que quelques semaines aux deux mariés pour voir leur union féconde ? A moins que cela ne soit l'oeuvre d'un des amants de la jeune femme ? Sur ce dernier point, le sang-bleu ignorait tout des vices cachés de sa femme. C'était donc une heureuse surprise, même si cela devait être confirmé. Instinctivement, il s'approcha de la jeune femme à la robe d'un fin rosée puis posa un genou à terre. Alors qu'un main se posa sur l'une de sa comparse, l'autre paume vint se reposer sur le ventre encore plat de Solange.  Un sourire émerveillé naquit sur le visage du trentenaire.

- Je suis... heureux de cette nouvelle! Puissiez-vous m'offrir un héritier. Vous me comblez ma mie. Cela est si soudain et pourtant, il faut en voir un signe que notre union est bénie. Il baisa le dos de la main de son épouse avant de se redresser. Nous devrions fêter cela !

Il chercha à venir cueillir ses lèvres des siennes tout en l'incitant à se redresser, planquant ses paumes contre les siennes et enlaçant ses doigts aux siens. Se faisant, dans un souffle chaud au creux de la nuque de son noble partie d'une petite vingtaine de printemps, il lui murmura enfin.

- Puis-je vous inviter à rejoindre notre couche conjugale? Je vous honnorerez avec autant de passion, de tendresse, de délicatesse et attention en guise de remerciement pour ce cadeau du ciel. Et demain... je prendrais les dispositions pour vous ménager dans l'exercice de vos projets que vous mènerez je le sais, à bien. Vous aurez tout ce que vous désirerez ma mie.
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