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 Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui

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Andran Straggen
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MessageSujet: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeJeu 7 Mai 2020 - 20:40

Arkuisa 14 de la Deuxième Ennéade de Verimios,
Premier mois d'hiver de l'An XVII du Onzième Cycle,
Domaine Hadjaoui, Plaines de Valmar, Estrevent,
avec la famille Hadjaoui.

Les Plaines de Valmar étaient vastes, et, s'attendant à un climat bien plus épargné par l'hiver, Andran fut étonné de devoir bien se couvrir pour ne pas geler sur place. Mais, d'un autre côté, la température était bien plus douce ici que dans le Nord du Royaume et il n'avait pas besoin d'une tonne de fourrure. Le chevalier en était à une quinzaine de jours de voyage, et le moins que l'on puisse dire est qu'il avait déjà vu du pays. Il avait pris un navire à Isgaard à destination de Thaar, et cette grande ville estreventine est bien différente de ce qu'il avait connu toute sa vie. La découverte le médusa, au début, mais il ne s'était pas attardé sur des détails, ni sur le mode de vie des habitants. Il s'était mis en quête de trouver le domaine des Hadjaoui afin de retrouver Clémence, et sa petite enquête l'avait mené tout droit dans les Plaines de Valmar, au nord de la ville.

Le chevalier était venu seul afin de n'éveiller aucun soupçon… et surtout parce que l'ensemble de son entourage s'était opposé à ce voyage. Même Reold, Kolgrim et Spahi, qui étaient au plus proche de sa relation avec Clémence, avaient reconnu que ce voyage pouvait être risqué. Mais ils s'y étaient pliés, car l'amour rendait irrationnel, et Andran était du genre borné, d'autant plus que demeurer sans nouvelle de Clémence depuis des ennéades entières le rendait préoccupé. Il voulait savoir, une bonne fois pour toute, s'il avait la moindre chance avec la jeune femme.

« C'est donc ça, les Plaines de Valmar ? Quelque chose me dit que trouver ce beau monde risque de prendre encore un peu de temps. »

La voix du chevalier trahissait toute sa lassitude et sa nervosité. Lui qui pensait qu'il trouverait rapidement le domaine, son enquête l'avait mené tout droit dans une région agricole. Il lui faudrait des jours pour tout ratisser, pour peu que toute la famille Hadjaoui ne soient pas partis en voyage dans une ville pour vendre ou acheter quoi que ce soit, comme pour se préparer pour l'hiver. En tout cas, lui s'était préparé à un long voyage, et avait bien fait de prévoir quelques vêtements chauds pour s'assurer de tenir les météos plus froides.


Ce jour-là était nuageux, même si certains rayons du soleil les perçaient quelque fois. Il y avait un petit vent, quoiqu'assez fort pour que la cape du chevalier s'agite à chaque souffle, tout comme certains plants de blé. Le chevalier arrêta la marche de sa monture, afin de se dégourdir les jambes et reposer sa belle bête. Il espérait trouver quelqu'un rapidement pour le guider vers la bonne direction… en sachant qu'il ne parlait pas un traitre mot de l'oliyan et qu'il n'avait pour seul mot-clé un nom de famille. Cela avait suffit jusqu'à maintenant, tant que certains arrivaient à lui faire la traduction, notamment un marin qui l'avait aidé en échange de quelques pièces.

Après avoir re-sellé sa jument et grimpé dessus, Andran reprit la route, larguant un regard chargé de haine envers chaque panneau qu'il n'arriverait jamais à déchiffrer. Fort heureusement, midi était encore loin, et il avait du temps devant lui pour trouver le domaine des Hadjaoui. À chaque fois qu'il croisait un bougre, il prononçait ce nom d'un air interrogateur pour signifier qu'il les cherchait. Et, à force d'embêter son petit monde, il avait fini par connaître la voie à suivre.

Il arriva à destination une petite heure plus tard. L'impatience se mêlait à l'angoisse, et son pouls s'accélérait à chaque fois qu'il songeait à revoir Clémence… et à rencontrer les autres de ses frères qu'il n'avait pas encore vu. S'il ne connaissait rien des arènes et de ces traditions qui semblaient barbares, il supposait qu'ils devaient tous avoir une bonne corpulence, et des traits communs avec Courtois, par exemple. Passant le regard sur son buste, bien musclé également, Andran pensa que c'était toujours un point commun de pris. Il admira de loin une grande maison qui, si les informations qu'il avait compris étaient bonnes, devaient être celle des Hadjaoui.

« Finalement, je crois que j'aurais dû écouter les conseils de Reold et des autres et rester à Eyroles… »

Andran avait encore souvenir de l'air bourru et impatient de Courtois, qui semblait se méfier du chevalier comme s'il était un vulgaire bandit. Si Digne avait été plus ouvert d'esprit, le chevalier ne savait pas ce qu'il devait attendre des autres. Leur accueil dépendrait sûrement de ce que leur a raconté Clémence au sujet de son protecteur, qui avait pris soin d'elle pendant plusieurs mois. Ce n'était pas quelque chose de négligeable, si ? Alors, pourquoi avait-il si peur ? Parce qu'ils avaient eu une relation de couple qui n'avait pas toujours été rose ? Parce qu'il avait été maladroit à plusieurs reprises, tout comme elle ? Parce qu'ils avaient parfois du mal à communiquer et à se comprendre ? Quoi qu'il en soit, il n'avait pas fait tout ce chemin pour repartir en arrière la queue entre les jambes.

« Othar, Néera… Divins… faites que cela ne soit pas un désastre, je vous en supplie. » pria-t-il en joignant les mains, avant d'enfourcher sa monture pour qu'elle avance tranquillement vers la maison en question.

Il s'approcha au trot de la très grande bâtisse, et remarqua que deux personnes étaient à l'entrée. Un homme bien gaulé, et une jolie femme, un peu plus âgée que Clémence. Le chevalier mit pied à terre, et s'approcha lentement en tirant la bride de son cheval, l'autre main se tenant sur le pommeau de son épée rangée dans son fourreau. N'est pas chevalier qui veut. Il expira un bon coup pour se décharger de toute son anxiété. Il continuait de s'approcher des deux personnes qui étaient à l'entrée. Le garçon n'était ni Courtois, ni Digne, auquel cas il les aurait reconnu.

« Salutations ! » dit-il dans sa propre langue, en sachant pertinemment que personne ne le comprendrait. Il accompagna ce mot d'une très légère révérence de la tête. À ce moment précis, il essayait de se souvenir des prénoms des frères et sœurs de Clémence dans leur langue. « Sssss… Sevilen … ou Ku… Kurtarici peut-être ? Et vous… » Il hésita plus longuement devant la traduction de Patience, essayant de tous se les remémorer pour dégoter le bon nom. « Sabir ! » s'exclama-t-il en pointant la jeune femme du doigt, comme s'il était persuadé de l'avoir reconnu. « Vous… Hadjaoui ? »

Devant l'air interrogateur des deux habitants, Andran éclata nerveusement de rire. Il se sentait infiniment ridicule, et les deux personnes devaient penser le chevalier complètement aliéné, même s'ils pouvaient également se demander comment un étranger connaissait leur nom. Subitement, le péninsulaire reprit son sérieux, car il en avait oublié cette règle élémentaire de la bienséance : décliner son identité.

« Je suis Ser Andran Straggen. » se présenta-t-il dans une nouvelle révérence, beaucoup plus raffinée et chevaleresque. « Je suis ici pour Clé… Merhamet Hadjaoui, votre… sœur ? »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 12:52


Avec l'hiver et le froid, les terres des Hadjaoui semblaient bien pauvres. Et d'un calme... Ils avaient profité du climat doux de l'automne pour retourner le sol et disséminer du fumier sur chacune de leurs parcelles. Ainsi, les lopins infertiles depuis des années seraient en meilleure forme au printemps. Cependant, ils ne prévoyaient pas de tout ensemencer. Au moins un tiers resterait en jachère, tel que tout paysan le ferait à leur place. La récolte ne serait certainement pas la meilleure à la haute saison mais ils avaient bon espoir d'obtenir plus de rendement que leurs prédécesseurs.
Pour l'instant, il n'y avait que des petits à côtés à gérer comme soigner les bêtes, refaire les clôtures, prévoir les plans pour les rigoles d'irrigation... Cela nécessitait moins de monde. Il ne restait donc sur leurs terres que les personnes qui vivaient là toute l'année. Ils étaient répartis en petits hameaux afin que toute leur propriété soit surveillée.

Un de ces petits regroupements de bâtisses se situait au centre de ces dizaines d'hectares. Il était composé d'une grande maison et de quelques granges. Le tout formait un U avec une cour centrale plus ou moins pavée. Aimé avait entrepris de rénover les volets de la demeure familiale. Un à un, il les démontait, les rabotait, les vernissait et les remettait en place. C'était long mais, peu à peu, la façade reprenait assez fière allure. Patience lui apporta un thé bien chaud pour l'enjoindre à faire une pause et ils se mirent à discuter des travaux qu'il restait encore à faire. L'ancien propriétaire avait entretenu les lieux à la hauteur de ses moyens, c'est-à-dire, pratiquement pas. Dans un premier temps, ils faisaient ce qui leur coûtait le moins. Le reste viendrait plus tard, lorsque les récoltes leur rapporteraient un peu d'argent.
Tandis qu'ils parlaient, ils aperçurent la silhouette à cheval qui se profilait au loin. L'avantage de l'hiver, c'était que la vue n'était pas obstruée par les cultures... Bien vite, ils comprirent que l'homme se dirigeait vers eux. Ils commencèrent à distinguer ses vêtements et n'eurent pas besoin de beaucoup plus d'informations...

-Tu crois que c'est lui ? Demanda la jeune femme sans éprouver le besoin de préciser de qui elle voulait parler.
-C'est l'idée que je m'en faisais en tous cas. Répondit Aimé.
-Mais qu'est-ce qu'il vient faire ici ?
-Digne avait l'air de penser qu'il y avait quelque chose entre eux. Personnellement, ça ne me surprend qu'à moitié de le voir débarquer.
-C'est Clémence qui va être surprise...

L'ancien gladiateur ne put qu'hocher la tête dans un signe approbateur. C'était le moins que l'on pouvait dire... Ils savaient tous deux combien elle lui devait mais jamais elle n'avait évoqué leur relation autrement que comme celle d'un protecteur et sa protégée. Sans doute y avait-il autre chose là-dessous mais ils ne la forceraient pas à en parler. Patience avait déjà eu du mal à obtenir d'elle qu'elle s'ouvre sur ce qu'elle avait vécu avec ces hommes en Péninsule alors qu'elle avait tout compris depuis longtemps... Elle avait un peu changé malgré tout... Ce n'était plus la petite fille insouciante qu'ils avaient connue. En revanche, elle était toujours aussi douce et patiente. C'était presque un miracle après ce qu'elle avait enduré.

L'étranger s'avança et cita leurs noms ce qui ne fit que leur confirmer ce qu'ils savaient déjà. La présentation de leur visiteur était presque devenue superflus. Aimé se contenta de lui confirmer son prénom. Il lui aurait bien dit que les plus âgés de la famille avait tous leur patronyme qui commençait par un S mais il aurait fallu que leur interlocuteur le comprenne pour cela. Eux-mêmes ne parlaient que très peu sa langue. L'affranchi devinait à peu près le sens de ses phrases grâce à quels mots appris en discutant avec des marchands ces derniers mois.

-Elle est à l'intérieur. Fit-il en désignant la porte devant laquelle ils se tenaient pour se faire comprendre.
-Je vais m'occuper de votre cheval. Patience avait descendu les quelques marches qui lui permirent de poser le pied sur le sol pavé. Elle tendit la main en direction des rênes. Lorsqu'Andran les lui remit, elle attira la jument à sa suite vers un petit bâtiment de bois et de torchis sur une base en pierre. Tous leurs animaux se trouvaient là.

Aimé invita le chevalier à entrer et ferma derrière lui. La maison était grande et plutôt simple mais particulièrement confortable. On sentait que c'était un lieu dédié à la famille et non à la guerre ou à l'étalage de richesse. L'entrée fermée permettait de poser ses effets, d'accrocher son manteau et de changer ses chaussures. Ce fut d'ailleurs par là que commença le rouquin, libérant une paterne pour le manteau d'Andran et lui sortant une paire de mocassin que le péninsulaire dû trouver bien étrange avec cette petite pointe relevée vers le haut. Lorsqu'ils furent prêts, l'Hadjaoui ouvrit la porte qui permettait d'accéder au reste de la maison et une vague de chaleur s'engouffra dans la petite pièce. Ils arrivèrent tout de suite dans un grand salon prévu pour accueillir une famille étendue comme la leur. De nombreuses assises étaient prévues : canapés, fauteuils et même coussins à même le sol. Quelques tables basses et guéridons permettaient de poser décorations ou collations. Les murs étaient ornés de tapisseries orientales et des feux brûlaient dans les deux âtres de part et d'autre de la pièce.
Dans le canapé qui faisait dos à la porte, une tête dépassait, ornée de longs cheveux noirs ondulant jusqu'à une longueur que le dossier ne permettait pas de distinguer. Lorsque les deux hommes entrèrent, une certaine agitation anima soudainement l'assise et une petite frimousse ornée d'une tignasse courte et blanche fit son apparition, s'accoudant sur le meuble sur lequel il était assis la seconde d'avant. De ses iris bleues, il passa très vite sur Aimé pour s'arrêter sur celui dont il ne connaissait pas les traits.

-C'est qui ça, tonton ? Demanda le garçon de trois ans, ignorant encore le sens de la finesse verbale. On entendit le son d'un livre que l'on fermer tandis que la silhouette brune s'animait à son tour.
-Un ami de tata. Répondit l'oncle.

Intriguée, la métisse se retourna puis se figea en découvrant Andran, une expression de stupeur sur le visage.

Il était là... Elle ne l'avait ni espéré, ni attendu... Et il était là. Elle était trop surprise pour réagir et lui faire savoir si elle était heureuse ou non de voir qu'il avait fait tout ce chemin pour la retrouver. Cela dura quelques secondes avant que Sincère n'interrompe ce silence dont il ne comprenait pas le sens.

-Comment il s'appelle ? Demanda-il à sa tante. Cela eut le mérite de faire soudainement sortir Clémence de sa torpeur et elle se tourna vers son neveu.
-Hm... A-Andran.
-Ah, c'est lui Andran ?! Il se retourna vers le chevalier et le dévisagea. Mais il est vieux !
-Allez, garnement. Viens avec moi. Le coupa Aimé.
-Mais je veux rester ! J'ai plein de questions à lui poser !
-Tu les lui poseras plus tard. Tata et lui ont beaucoup de choses à se dire.

Le garçonnet descendit du canapé d'un air boudeur et son oncle reporta son attention sur sa sœur qui s'était levée.

-On sera pas loin. Si jamais...
-Tout ira bien. Le coupa Clémence, un léger sourire étirant ses lèvres. Puis elle conclut en se tournant à nouveau vers l'intéressé. Il a juré de ne jamais me faire de mal.

Aimé posa une dernière fois son regard sur le chevalier puis il quitta la pièce avec Sincère, fermant derrière eux pour leur laisser plus d'intimité. L'estrevine, quant à elle, ne prêtait déjà plus attention à eux. Ses yeux étaient rivés sur l'Inquisiteur. Elle avait plutôt changée depuis son départ, tout du moins en apparence. Sa robe était de facture locale et la coupe mettait bien plus sa silhouette en valeur. Cintrée en-dessous de la poitrine, le tissu tombait ensuite jusqu'au sol, accentuant la finesse de son corps. La métisse avait osé le blanc et le jaune pâle, couleurs qu'elle ne s'était jamais permise en Péninsule car cela rendait sa peau plus sombre. Le haut de son front était orné d'un large bijou en or tandis que la partie haute de sa tête était nattée avec un savoir faire tout oriental. Sur ses mains étaient peints un grand nombre d'arabesques avec une sorte d'encre brune.
Immobile et désormais seule avec lui, Clémence sentait son cœur battre plus fort dans sa poitrine et sa respiration se faire un peu plus difficile. Ses iris brillaient d'une joie certaine mais mesurée.

Il était là...

-Je... ne pensais pas vous revoir. Dit-elle, sans déception aucune mais bel et bien comme une chance. J'avais tellement de chagrin... et d'espoir... quand je suis partie... que j'ai mis du temps à le réaliser.

Une pointe de tristesse passa dans son regard. Le jour de son départ, elle portait le deuil récent de trois membres de sa famille et s'apprêtait à en retrouver quatre autres. Tellement de pensées se bousculaient dans sa tête qu'elle n'avait même pas remarqué qu'elle quittait Andran, peut-être pour toujours. Ils n'avaient pas parlé de se revoir, ni même de s'écrire. Et ils ne s'étaient pas vraiment dit adieu non plus... Elle avait eu dans la bouche un goût d'inachevé alors que tout n'était pas conclu entre eux.

-Je suis désolée... Déclara-t-elle avec sincérité. J'ai accepté de vous laisser une seconde chance et je suis partie sans même me retourner.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 17:26

Comme il s'y attendait, ni l'un ni l'autre de ses interlocutoires parlaient la langue du Royaume. Selon toute logique, il y avait encore moins de chance qu'ils connaissent n'importe quel patois des nordiens. Vraisemblablement, Andran était bien au bon endroit, et c'était bien Aimé qui était son hôte. Ce dernier était un poil plus grand, mais la différence se tenait plus réellement sur leur teint respectif. Comme les filles étaient moins nombreuses, il était plus aisé de reconnaître Patience, la seule qu'ils avaient retrouvée, jusqu'à ce que Digne et Courtois ne viennent chercher Clémence. Bien évidemment, Andran ne comprenait pas plus la langue locale, mais grâce aux gestes et aux intonations, il pouvait saisir ce qu'ils voulaient lui faire comprendre. La femme s'occupa de Nirazam, tandis que le gaillard l'invita à entrer, à se défaire de son manteau et à changer de chaussures. Il écarquilla les yeux devant ces chaussures dont la pointe remontait vers le haut qui ne seyaient pas du tout avec sa tenue, et qui, esthétiquement, n'étaient pas racoleuses.

« Cela rappelle presque les poulaines… Moi qui espérer ne jamais porter de telles horreurs… » pensa-t-il à voix haute, oubliant presque ses bonnes manières et le fait qu'il était plus un invité qu'un hôte.

Avec un soupçon de mauvaise volonté, Andran se plia à la tradition et se délaissa de ses bottes pour enfiler les chaussures proposées par ses hôtes. Déjà qu'il se sentait ridicule avec son accent nordien, ses chaussures ne l'aidaient pas réellement à se sentir à l'aise. Au moins, il pouvait comprendre ce qu'avait vécu Clémence à ses côtés, elle-même obligée de se vêtir les vêtements habituellement portés par le peuple de Péninsule. Désormais, l'étranger qu'était Andran devait se plier aux traditions des terres qui l'accueillaient.

En suivant Aimé, le chevalier put s'attarder sur la décoration de cette maison. Lui qui vivait dans le Nord du Royaume de Péninsule, ce lieu était complètement à l'opposé des endroits qu'il fréquentait. Mais, de ce qu'il avait su par les récits de Clémence et de ce qu'il avait également vu à Diantra, rien ne lui avait sauté aux yeux au point qu'il n'y accorde trop de temps. Les couleurs étaient plus criardes, vives, tant dans l'habillement que les tapisseries et autres détails du décor. Ils arrivèrent plus tard dans une grande salle jonchée de meubles typiques de la région, et chaude comme si le soleil brûlait sur les âtres. La salle était remplie de canapés et de fauteuils sur lesquels l'on pouvait s'asseoir, de tables et commodes de très bonnes factures. À peu de choses près, cette salle lui rappelait la grande salle dans laquelle tout les chevaliers de l'Ordre se réunissaient à Cantharel. Celle-ci semblait avoir le même but.

Rapidement, il fut surprit d'apercevoir un petit garçon à proximité d'une femme brune qui lui tournait le dos. En dix-huit ans, chacun d'entre eux avaient eu le temps de faire des enfants. Comme tout enfant qui découvrait un inconnu, le petiot fixait le chevalier d'un air insistant. Andran élargit un sourire bienveillant à son égard, même s'il se demanda comment un gamin aussi petit pouvait avoir les cheveux blancs… même s'il en avait déjà vu des semblables sur quelqu'un qui n'était pas plus un noirelfe que ce garçon. Toujours dans cette langue qu'il ne comprenait pas, il s'adressa à Aimé, jusqu'à ce que la silhouette brune ne se retourne. Là, il découvrait celle qu'il espérait revoir, toujours aussi ravissante comme un aurore printanier. Les yeux d'Andran brillaient comme s'il admirait une déesse venue du ciel pour le rencontrer, et il était incapable de prononcer un seul mot. Dans cette tenue typique de l'Estrevent, Clémence ressemblait presque à une princesse orientale. Elle était si belle, et si envoutante, que le chevalier en arrivait presque à se demander comment il avait bien pu la séduire, lui qui était plus vieux, plus grisonnant et pâlot, et surtout incapable de lui offrir la moitié de ce qu'elle porte actuellement.
Aimé repartit avec le petit garçon, laissant Andran et Clémence en toute intimité, même si ce premier avait déjà oublié leur présence. Il s'approcha de Clémence, gardant certaines distances toutefois, tout en contournant le canapé qui les séparait.

« Bonjour, Clémence… » la salua-t-il simplement, un léger sourire aux lèvres.

Un silence s'installa rapidement entre le noble et son ancienne protégée qui se fixaient, elle surprise, et lui anxieux. Il remarqua néanmoins que l'apparence de la jeune femme avait changé depuis le temps. Ses tenues, ses ornements et bijoux, son teint était moins clair, ses tatouages sur les bras… en bref, elle était encore plus radieuse qu'avant. Il lui sera sûrement difficile d'admettre qu'elle n'était plus sa protégée et qu'elle ne reposait plus exclusivement sur lui. Puis, ce voyage lui avait bien mieux réussi que ces derniers mois à ses côtés. Finalement, Clémence rompit le silence, et Andran l'écouta sans laisser la moindre émotion transparaître sur son visage.

« En tout et pour tout, je ne peux pas vous reprocher d'avoir voulu retrouver vos frères et sœurs et… rencontrer vos neveux et nièces. » admit-il, en baissant le regard une fraction de seconde, repensant au petit qui était avec elle jusqu'à son arrivée. « Simplement, quand vous êtes parti, j'ai pensé que vous m'auriez écrit… je croyais que vous songeriez à moi, malgré le temps, la distance et… votre famille. »

La voix du chevalier était marquée par une certaine tristesse, lui qui n'avait pas oublié sa protégée, même pendant ce tournoi auquel il avait participé en Oësgard. Certes, il avait commis des erreurs, des maladresses, et il avait fait preuve d'incongruité à certains moments. Mais, envers et contre tout, ils avaient vécu des moments intimes, des souvenirs heureux gravés dans son esprit pour une longue période, si ce n'est toute sa vie. Andran affaissa ses épaules en expirant, comme s'il était déjà persuadé d'avoir commis une nouvelle erreur en venant jusqu'ici.

« Au moins, vous avez l'air dans votre élément, ici, et… heureuse. Quitte à ce que tout soit terminé… j'aurais aimé avoir le temps d'obtenir votre pardon, je… ne voulais pas que vous en restiez à ce qui s'est passé à Diantra… j'avais bon espoir, car les choses s'étaient bien déroulées, à Eyroles. »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 19:27


Andran l'observa de la tête aux pieds, une lueur dans les yeux, et elle détourna un regard gêné. Il n'avait pas besoin de parler pour qu'elle comprenne qu'il la trouvait belle. Ces vêtements étaient très différents de ceux qu'elle pouvait porter en Péninsule. Sous l'impulsion de son aînée, elle s'était laissée allé à se faire un peu belle avec ce bijou sur le front et ces dessins sur son corps. A vrai dire, les changements opérés allaient un peu plus loin que cela mais le chevalier ne pouvait en voir davantage.
La voix du péninsulaire l'obligea à croiser de nouveau son regard et elle sentit la peine qu'elle lui avait fait en ne donnant pas signe de vie. A vrai dire, elle ne pensait pas à mal... Il lui avait fallu plusieurs ennéades avant de se rendre compte qu'elle était sans doute partie pour de bon. Après ce long silence, que faire ? Que dire ? Et puis, elle avait le sentiment de l'avoir abandonné avec son amour sans réponse aucune concernant ses propres sentiments. Comment réparer cela ?...

-Je... J'ai voulu vous écrire. Je ne sais plus combien de fois je me suis assise devant une feuille blanche et... je ne savais pas quoi écrire. Non pas que je n'avais rien à vous dire, il s'est passé tellement de choses... Mais quand j'ai commencé, cela faisait déjà si longtemps que je ne savais pas comment entamer ma lettre. J'ai essayé mille formulations mais aucune ne m'a convenu. J'avais l'impression d'être si maladroite... Je ne suis même pas certaine de savoir comment on rédige une lettre...

Quoi qu'elle en dise, ce souvenir d'avoir été mal comprise et de voir Andran qui s'emportait sans lui laisser la possibilité de se corriger l'avait beaucoup marquée. Elle avait peur de commettre un impair qu'il lui serait bien difficile de réparer à cette distance. Cependant, elle voyait à présent la détresse qu'avait été celle de son ancien protecteur face à son silence et elle comprenait son erreur.

-J'aurais peut-être mieux fait d'être maladroite plutôt que de me taire ?... Demanda-t-elle, incertaine. En tous cas, soyez certains que je ne vous ai pas oublié. Tout le reste me semble si loin maintenant... En étant ici, j'ai l'impression de simplement me réveiller d'un long cauchemar. Mais vous ne faites pas parti du cauchemar. Lui assura-t-elle pour qu'il ne se méprenne pas une fois de plus sur le sens de ses paroles. Vous êtes... probablement le seul élément de ce rêve dont je veuille me souvenir.

Lorsqu'Andran évoqua le fait que tout soit terminé entre eux, Clémence ressentit un léger pincement au cœur. Si elle avait songé au fait que son départ sonnait la fin définitive de leur relation et l'avait quelque peu attristée, l'entendre de sa bouche lui faisait un drôle d'effet. Et de l'avoir face à elle, elle était soudainement envahie d'un sentiment étrange, proche de l'incertitude... Il l'aimait au point de lui promettre de faire des efforts et de s'y tenir mais aussi au moins de parcourir des centaines de lieues et de se plonger dans une culture qui n'était pas la sienne. Tout ça pour pouvoir obtenir son pardon... Il aurait pu le faire dans une lettre... Au lieu de cela, il avait fait le déplacement.

-Oui, tout se passait très bien... Avoua-t-elle à mi-voix, son regard se détournant une nouvelle fois tandis que les commissures de ses lèvres se redressaient en un sourire timide. Elle se souvenait de toutes ses attentions depuis Châteauvieux et de son soutien les derniers jours. Il avait été parfait... Et elle s'était montrée plus proche de lui sur la fin, réclamant sa présence mais aussi son contact. Mon pardon, vous l'aviez déjà presque acquis après ma maladie... Déclara-t-elle sans relever les yeux. Puis vous m'avez laissée partir pour retrouver ma famille, m'y encourageant même. Quitte à ce nous ne puissions plus nous voir. Vous sacrifiant à mon crédit. Ses iris vinrent finalement trouver celles du chevalier. Et maintenant, vous êtes là. Vous avez fait tout ce chemin pour quelques mots de moi et vous êtes prêt à me laisser parmi les miens pour mon seul bonheur. Je serais bien cruelle de ne pas vous accorder mon pardon... Conclut-elle avec un sourire contrit.

Voilà. Il avait ce qu'il était venu chercher. Et soudain, Clémence fut prise d'une peur immodérée et le voir simplement tourner les talons et s'en aller. Elle fit un pas dans sa direction, comme pour l'arrêter avant que l'idée ne lui vienne à l'esprit.

-Mais cela ne veut pas dire que vous deviez repartir tout de suite ! Elle s'arrêta brusquement, réalisant qu'elle devait avoir l'air presque paniquée en disant cela en parlant un peu plus fort que d'habitude. Elle se reprit et continua plus calmement. Laissez-moi au moins vous montrer tout ce que je n'ai pas réussi à vous écrire... Son regard était presque suppliant tandis qu'elle espérait qu'il accepte de demeurer à ses côtés encore un peu. Maintenant qu'ils pouvaient se dire adieu proprement, elle ne se sentait pas encore prête.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 21:31

Andran ne souhaitait pas répéter une erreur qu'il avait déjà commise par le passé : entrer dans une colère noir, lâcher une avalanche de reproches, et tourner les talons sans laisser Clémence en placer une. Comme ce qui s'était déroulé à Diantra. Alors, une fois qu'il eût terminé d'évoquer ce qu'il avait sur le cœur, il écouta la jeune femme lui répondre. Il ne savait pas quoi penser de tout cela, mais Clémence n'avait pas pour défaut d'être menteuse. En vérité, sans vouloir l'avouer à voix haute, le chevalier savait pertinemment que l'estreventine avait en partie raison. Un mot de travers et une table serait passée par la fenêtre après un cri glaçant audible dans toute la ville. Après quatre mois, force était d'admettre qu'elle l'avait plutôt bien cerné.

« Je dois bien vous concéder que j'aurais pu me méprendre sur vos mots mais… cela m'aurait rassuré de vous savoir saine et sauve et… heureuse de revoir votre famille, à laquelle vous êtes tant attachée. »

Néanmoins, Andran aurait surtout préféré savoir si leur histoire était terminée pour de bon, ou non. Cela lui aurait évité un long déplacement, et, surtout, il aurait pu essayé d'aller de l'avant plus rapidement, accompagné de ceux qui lui étaient chers. Désormais, sa plus grande crainte était d'entendre Clémence le lui affirmer le plus clairement possible sans faire preuve d'aucune ambiguité. Après ce qu'il s'était passé de négatif entre eux, il serait plutôt légitime d'éclairer ce qui était flou depuis leur séjour à Eyroles, même cela pouvait être désagréable à entendre et à subir.

Maintenant qu'il était face à elle, la belle orientale ne pouvait plus hésiter. Elle lui devait des explications, des réponses à toutes ses questions qui constituaient les raisons de sa venue. Andran avait parcouru des centaines de lieues jusqu'à des terres dont il ne savait rien, et il avait toujours tout mis en œuvre pour prendre soin de sa protégée. Il avait mis en jeu son honneur pour lui signifier qu'il attachait une grande importance à ce qui était devenue une quête que de protéger et reconquérir le cœur de la jeune femme.

« J'en suis sincèrement ravi. » répondit-il, sans que son visage, ni sa voix n'illustrent une quelconque joie. « Je m'en serais voulu de ne pas avoir tenu les promesses et les serments que j'ai prononcé à votre égard. »

Reold, Kolgrim, et même Spahi lui avaient dit que venir jusqu'ici était vain, et qu'il devait relever la tête. Seule Elise était plus enthousiaste, car parcourir des pareilles distances ne manquaient pas de romantisme. Clémence s'était ouvert à elle donc elle savait des choses dont l'inquisiteur ne soupçonnait même pas la possibilité. Andran, lui, avait continuellement espéré un élan d'amour, d'attachement car une dispute ne pouvait pas tout détruire. Mais, la famille Hadjaoui était passée par là, et le chevalier ne fera jamais le poids face à eux. Ils occuperont toujours une place indispensable dans la vie de la belle Clémence. Et, le noble du Nord de la Péninsule avait l'intime conviction qu'il avait moins d'importance que sa famille dans son cœur.

Face à ce nouveau silence, Andran se sentit bien incapable d'exprimer quoi que ce soit d'autre. À vrai dire, il était prêt à rentrer à Sainte-Berthilde sans demander son reste, excepté deux-trois formules souhaitant le bonheur et la fortune éternelle. Cependant, Clémence semblait sincèrement vouloir qu'il reste. Peut-être souhaitait-elle également que les choses ne s'achèvent pas d'une aussi pauvre manière, et encore moins après les difficultés qu'ils avaient surmonté ensemble. À vrai dire, la réaction et les mots de Clémence l'intriguaient. Le chevalier hésita longuement devant cette ultime occasion de retrouver la femme qu'il aimait. D'une certaine manière, il avait peur d'être déçu, mais il n'avait jamais reculé devant l'amour qu'il vouait à cette femme qui partageait sa vie depuis si longtemps.

« Je vous avouerais bien que… après plus de quinze jours de voyage, je préférerais passer un peu plus de temps en votre compagnie et puis… » Andran regarda les alentours, comme pour s'assurer que personne d'autre ne l'entende. « Vos frères et sœurs n'ont pas l'air si terrible… » révéla-t-il en dessinant un sourire sincère sur son visage.

Sans avoir reçu un accueil des plus chaleureux dignes des plus richissimes princes du Royaume, Aimé et Patience ne s'étaient pas, pour autant, montrés désagréables et froids. Pour ce qui est du petit dont il ne connaissait même pas le nom, Andran ne savait pas vraiment quoi en penser aussi bien qu'il ne savait même pas ce que le gamin pensait de lui. Et, comme il ne comprenait pas leur langue, il était difficile de distinguer une insulte d'un compliment quand les tons étaient neutres.

Les iris bleus du chevalier fixaient ceux de la jeune femme, qui n'avait pas détourné le regard. Peut-être avait-il raison de croire que Clémence l'aimait toujours, malgré leurs différends. Andran n'avait jamais abandonné, et, après avoir enchaîné erreur sur erreur, voulait sincèrement lui prouver qu'il pouvait être un compagnon patient et attentionné. Il est vrai qu'en venant jusqu'ici, il aurait pu prévoir un bouquet de fleurs, ou un cadeau.
Mais, soudainement, le péninsulaire s'approcha de l'élue de son cœur pour lui accorder une étreinte forte de ses sentiments et de sa profonde volonté de ne pas laisser l'amour de sa vie lui filer entre les doigts.

« Je ne veux pas vous perdre pour toujours… » chuchota-t-il à son oreille, alors qu'il la serrait toujours dans ses bras.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeSam 9 Mai 2020 - 15:52


L'allusion à Aimé et Patience la fit sourire. Pourquoi auraient-ils été terribles ? Il était vrai que Courtois était impressionnant, elle était la première à l'admettre, mais, dans le fond, ce n'était pas un mauvais bougre. Aimé était moins imposant en comparaison mais beaucoup calmaient néanmoins leur colère rien qu'à sa vue. Il ne faisait aucun doute qu'il était aussi fort que son regard était bienveillant et, lorsqu'un homme de sa carrure vous demande de vous en allez, vous ne traînez pas dans les parages... Clémence se souvenait néanmoins qu'Andran n'était pas à plaindre de se point de vue non plus, même si ses vêtements masquaient un peu l'épaisseur de sa musculature.

La jeune femme chassa vite cette pensée et offrit au chevalier un autre sourire. Elle était heureuse qu'il accepte de rester un peu. Elle ignorait combien de temps il pourrait lui accorder mais elle profiterait au maximum de la moindre petite minute. Alors que le silence s'installait à nouveau dans la pièce, quelques pas se rapprochèrent rapidement de la belle métisse et une étreinte l'enveloppa sans qu'elle ne l'ait vu venir. Après une seconde d'hésitation, ses bras l'enserrèrent à son tour, bien plus doucement que lui. Du moins, jusqu'à ce que quelques mots parviennent jusqu'à son oreille... A cet instant, les mains de Clémence se fermèrent solidement dans le dos d'Andran, fripant des pans de tissu au passage. Elle l'étreignit de plus en plus fort, sa taille enfouie dans son cou.

Soudain, quelques petits pas rapides se précipitèrent dans leur direction et la porte par laquelle étaient sortis Aimé et Sincère s'ouvrit brusquement. Le petit garçon déboula dans la pièce, tout à sa joie, suivit par d'autres pas bien plus grands. Clémence se détacha du chevalier et se retourna sans pour autant s'éloigner. Elle découvrit le visage tout heureux de son neveu qui ne réalisait pas qu'il les interrompait au mauvais moment.

-Tata !! On a sorti des noix de pécan et tonton coupe de la viande séchée !! Son expression se figea soudain dans une expression indescriptible. Mais... Tu pleures ?

Patience entra au moment où son fils prononçait ces mots tandis que la métisse chassait rapidement la larme qui avait perlé sur sa joue. Elle répéta l'opération de l'autre côté sans savoir qu'il n'y en avait nullement besoin. La dernière phrase d'Andran avait provoqué chez elle plus d'émotions que tout le reste de leur conversation.

-Non, ce n'est rien. Dit-elle en s'efforçant d'étirer un sourire sincère. Sa sœur les observa, elle et son... ami -à défaut d'un autre mot- et fut prise d'un doute. Je t'assure. Insista Clémence à destination de son aînée.
-D'accord... Hm... Désolé, j'avais dit à Sincère de ne pas venir vous déranger mais il n'a rien écouté, comme d'habitude. Gronda-t-elle en faisant les gros yeux au petit garçon qui comprit alors qu'il avait fait une bêtise. Puis la rousse reporta son attention sur les tourtereaux. J'ai mis son sac dans la chambre où a dormi Sauveur, je te laisse lui montrer où c'est et vous nous rejoignez ? Sa puînée hocha la tête en signe d'acquiescement. Dis-lui d'y laisser son épée. Il n'en a pas besoin à l'intérieur.

Après quelques instants de battement, Patience tendit une main vers son fils, lui demandant de la suivre. Les deux vaanis quittèrent ainsi la pièce sans refermer la porte derrière eux et Clémence se tourna de nouveau vers Andran. Elle réalisa alors à quel point elle se tenait près de lui.

-Hum... Je vais vous montrer votre chambre. Ils nous attendent pour une collation avant le repas, vous devez avoir faim.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeSam 9 Mai 2020 - 19:14

Peu après avoir pris l'initiative de prendre Clémence dans ses bras et de lui susurrer ces mots, Andran sentit les mains de la belle s'emparer de son dos. À cet instant précis, il réalisa que la jeune femme était toujours attachée à son preux chevalier. Ce dernier, depuis Diantra, n'avait jamais eu l'opportunité de lui adresser des mots doux, des mots d'amour lui signifiant à quel point il l'aimait. Il avait préféré attendre d'obtenir son pardon… comme aujourd'hui même. En tout et pour tout, il était très heureux de savoir qu'elle lui vouait toujours de l'affection… si ce n'est de l'amour. Son voyage n'était peut-être pas aussi vain que certains ne voudrait le croire.

Malheureusement, ce moment fort en émotion fut interrompu par l'arrivée inopportune du fils de Patience, ce gamin aux cheveux blancs qui accompagnait Clémence lorsqu'Andran était arrivé dans le domaine des Hadjaoui. Une nouvelle fois, le chevalier fut incapable de comprendre un traitre mot, mais, il avait pu voir que l'élue de son cœur avait versé une larme. Une goutte s'était figée sur sa joue avant qu'elle ne l'essuie rapidement lorsque Patience arriva. Visiblement, la sœur et le neveu s'inquiétaient de voir Clémence dans cet état, ce qui préoccupa le péninsulaire qui craignait que la famille ne s'en prenne à lui. Dans tous les cas, la sœur de Clémence semblait dubitative. Elle repartit peu après avec son enfant, Andran demeurant béa d'incompréhension devant leur conversation, mais inquiet de subir les conséquences d'une telle vague d'émotion, d'autant plus que lui avait retenu ses larmes.

« Une collation puis un repas ? Cela me semble… énorme… » commenta-t-il, lui qui ne mangeait pas énormément à chaque repas. Il soupira, légèrement inquiet que ses hôtes n'apprécient pas qu'il mange légèrement. « Je vous suis. »

Andran suivit la jeune femme d'assez près jusqu'à la chambre dans laquelle avait dormi Sauveur quand il était venu voir sa sœur. En chemin, Clémence lui demanda également de se séparer son épée, et d'éviter de la laisser à un endroit accessible pour Sincère, le fils de Patience. En tant que chevalier, il avait pour habitude de constamment la garder à la ceinture, l'épée étant un attribut de la chevalerie. Sans nul doute que les Hadjaoui avaient connu leur lot de lame et de violence, et, maintenant que les combats sanglants étaient derrière eux, ils préféraient sûrement garder leurs symboles loin d'eux. Le début du trajet jusqu'à la chambre fut muré par le silence, le péninsulaire étant incapable de le rompre, surtout pour aborder ce qui s'était passer entre eux avant l'arrivée de Sincère et Patience. Sûrement auront-ils d'autres moments d'intimité pour ce faire. La désapprobation de Reold ne s'était pas transformée en une formelle interdiction de prendre la mer pour venir jusqu'ici, et l'inquisiteur avait promis de redoubler d'efforts à son retour. Cela devenait une habitude, depuis qu'il avait choisi de passer du temps avec Clémence. Le chevalier préféra alors aborder un autre sujet.

« Alors dites-moi, Clémence, comment est-ce que… vous vivez, ici ? Votre retour sur vos terres natales a-t-il été facile ou … ? » demanda-t-il, voulant détendre l'atmosphère par son ton plus fluet et gai. Andran savait pertinemment que cette vie à faire le ménage en échange d'un abri semblait terminé. En vérité, elle l'aurait été dans tous les cas, car le chevalier aurait trouvé une alternative plus agréable pour la jeune femme, ne serait-ce que parce que leur relation avait évolué. Quoi qu'il en soit, après ces ennéades passées loin de lui, elle devait sûrement avoir des choses à raconter. « Et puis, qu'avez-vous fait ces dernières ennéades ? De ce que je sais de vous, vous n'êtes pas femme à vous tourner les pouces. »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeSam 9 Mai 2020 - 21:16


Clémence étira un sourire amusé. Elle avait remarqué depuis longtemps qu'Andran n'avait pas grand appétit. Seulement c'était ainsi en Itrhi'Vaan : on mangeait plutôt bien. C'était cette notion de générosité qu'on ne retrouvait pas partout et qui était particulièrement présente chez les Hadjaoui. Elle lui donna alors un conseil avec douceur.

-Contentez-vous de goûter un peu à tout. Les aliments ici sont très différents de ceux que l'on trouve en Péninsule.

Evidemment, la belle métisse ne connaissait que le Nord du pays qui lui avait servi d'immense cachot durant tant d'années. Dans le Sud du Pays, elle aurait peut-être retrouvé quelques fruits et légumes qui aimaient particulièrement le soleil et qui auraient réveillé bien des souvenirs en elle. Mais elle l'ignorait, malheureusement.
Après un instant d'hésitation, Clémence ouvrit finalement la voie à Andran et le guida à travers la maison. Contrairement à la plupart des demeures de l'Ouest, ici, le couloir principal ne traversait pas la maison de l'entrée jusqu'à l'arrière mais d'un côté à l'autre. Aussi, en quittant le salon, il pénétrèrent dans un long couloir. A gauche, on entendait des bruits de cuisine ainsi que quelques voix. A droite, on trouvait un escalier qui permettait d'accéder à l'étage. La jeune femme monta, le tissu fin de sa robe ondulant avec grâce à chacun de ses pas. Une fois en haut, il trouvèrent un couloir en T qui desservait bon nombre de portes. Elle tourna une nouvelle fois sur la droite. Elle s'arrêta devant la première porte à gauche et tourna la poignée. La fenêtre était légèrement entrouverte pour aérer la pièce mais cela laissait également entrer le froid. Clémence alla aussitôt fermer, après avoir passé la consigne de Patience concernant l'épée.
Plutôt que de se formaliser à propos de son arme, Andran prit le parti de l'interroger sur sa vie ici. Elle se retourna alors vers lui, son sourire timide trahissant son bonheur.

-Au début... C'était étrange de se retrouver dans cette maison... La maison de notre famille. Tant de souvenirs sont remontés à la surface... Cette chambre, c'était celle de Sauveur et Digne. Le lit de Sauveur était là et celui de Digne, ici. En face, c'était Aimé, Serein et Courtois. Ils avaient gravés leurs initiales sur le chambranle de la porte. Il a été raboté mais on voit encore des marques de couteau. Patience et moi nous dormions... A côté. Dit-elle en désignant la chambre qui se cachait derrière un mur. C'est la mienne maintenant... Confia-t-elle un peu gênée en réalisant qu'elle dormirait tout près d'Andran. Mais elle chassa cette pensée, se concentrant sur autre chose. Aimé a pris la chambre de notre père, à l'autre bout du couloir. J'ai parfois l'impression de le voir quand il en sort... Patience a pris la chambre de sa mère. Digne et Aislinn sont en face, ils sont absents en ce moment. C'est un peu plus calme depuis mais sinon la maison est si vivante... Comme lorsque nous étions enfants. Même si c'est Sincère qui fait le plus l'animation de cette maison aujourd'hui.

Clémence ne ressentit pas le besoin de se faire plus explicite. Le chevalier avait pu voir le petit garçon, son énergie, son impulsivité, son insouciance. Il ne réfléchissait pas avant d'agir, comme beaucoup d'enfants de son âge. Cela créait des scènes amusantes et d'autres un peu moins, comme l'interruption de leur étreinte. Il devait apprendre où était la limite à ne pas franchir, ce qui était mignon et toléré de ce qui ne l'était pas. Comme tout le monde l'avait fait un jour. Dans tous les cas, ses maladresses étaient innocentes de sa part, c'était pourquoi tout le monde les lui pardonnait au bout du compte.
La jeune femme entreprit de sortir de la chambre afin de guider Andran dans la salle à manger. Sur le lit deux places, il avait pu retrouver toutes les affaires qui étaient harnachées à Nirazam. Il disposait d'une commode et d'une armoire pour les y ranger plus tard. Retrouvant le couloir, le chevalier l'interrogea sur ce qu'elle avait accompli depuis son arrivée. A vrai dire, elle n'avait rien d'exceptionnel à raconter à ce sujet.

-Hum... Eh bien... Nous n'avons pas de personnel pour entretenir la maison. Nous mettons tous la main à la pâte. Je suis celle qui cuisine le plus. Aimé et Digne font quelques travaux de rénovation, j'ai usé quelques pinceaux en passant de la lasure. Aimé m'a fait redécouvrir nos terres et nos employés de longue date. J'ai honte d'avouer que je ne me souvenais pas de grand monde... J'ai retrouvé mon arbre aussi. Il a si bien poussé que Courtois y a fixé quelques bouts de bois en guise de marches pour que je puisse y grimper.

Déjà, ils arrivaient en bas de l'escalier. Clémence avait plus envie de s'évader à l'extérieur avec Andran que de retrouver tout le monde dans la salle à manger mais elle l'y conduisit tout de même. Après la route qu'il avait faite, il avait certainement besoin de reprendre un peu de force.
En réalité, cuisine et salle de restauration de faisait qu'une. Au milieu trônait une longue table prévue pour accueillir toute leur famille. Elle était flanquée de bancs et deux chaises se tenaient au bout, solitaires. Puisqu'ils n'étaient que cinq ce jour-là, la table semblait démesurée mais elle n'était pas de trop lorsque tous les Hadjaoui et leurs conjoints étaient là.
Le repas commença par une boisson accompagnée d'un peu de viande séchée et de noix de pécan. Ils servirent ensuite un couscous et proposèrent quelques fruits en dessert. Patience et Aimé se montrèrent assez silencieux mais il fallait avouer que la conversation était très occupée par Sincère qui avait mille questions à poser au nouveau venu. Les adultes ne firent qu'apporter quelques compléments à la discussion, soit en terme d'interrogation, soit en terme d'explication. L'ambiance était assez paisible finalement, même si un brin de gêne persistait malgré tout. Les deux aînés n'en dirent rien mais ils ne comprenaient pas encore la présence d'Andran en leur demeure. Patience se montrait plutôt méfiance mais Aimé n'affichait pas d'humeur particulière.
Finalement, le repas se conclut et il était temps pour l'enfant de partir faire la sieste. Il protesta, bien sûr, et sa mère l'escorta. Aimé sortit peu après, il avait encore du travail et voulait avancer avant la nuit. Il ne resta donc bientôt plus que Clémence et le chevalier dans cette salle à manger propre et rangée mais qui embaumait encore des parfums du couscous. Le silence tomba soudain dans la pièce et sur eux alors que tout le monde s'en était allé mais la jeune femme finit par le rompre après un petit moment.

-Vous... Voulez peut-être vous reposer après un si long voyage.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 1:08

La chambre dans laquelle Andran allait séjourner était spacieuse, mais elle accueillait plus de monde, généralement. Du coup, certes ses quartiers personnels étaient plus petits, mais ils n'accueillait qu'une seule personne. En soi, il serait fort incongru d'exiger plus grand, surtout lui qui avait déjà dormi dans des endroits bien plus petits… comme sur cet infâme navire qui l'avait amené jusqu'en Estrevent, par exemple. Le chevalier remarqua que ses affaires avaient été remontées, et il déposa son épée à plat sur la commode et son bouclier contre le mur. Cela rappelait les quartiers de l'Ordre, où tous les chevaliers plaçaient leurs armures sur des mannequins, l'épée et le bouclier à proximité, même si certaines pièces manquaient concernant Andran à l'heure actuelle.

Il avait écouté les réponses de Clémence avec attention, sans jamais l'interrompre. Elle avait même expliqué quel lit appartenait à quel frère et, comme à son habitude, n'omettait jamais de glisser une ou deux anecdotes de leur enfance. Elle ne manqua pas d'ailleurs de lui parler du petit garçon qui semblait hyperactif. Même s'il n'avait pas pour habitude de côtoyer les enfants, Andran ne fut pas dérangé de savoir qu'un petiot débordant d'énergie lui animerait le séjour. Bon, il se serait évidemment bien passé de son intervention, un peu plus tôt lorsqu'il serrait Clémence dans ses bras, mais c'est le lot de tous les enfants. Il n'avait pas eu besoin d'enfant pour éprouver des difficultés dans sa relation avec la jeune femme, après tout.

« Décidément, Hans vous a transmis la passion de la cuisine. » remarqua-t-il, avec un ton et un sourire taquin. Au moins, cela lui ferait un autre bon souvenir à retenir du Royaume, et de son séjour au sein de l'Ordre.

Rapidement, ils arrivèrent dans la salle à manger qui, curieusement, était au même endroit que les cuisines. Ces estreventins ne cessaient de surprendre le chevalier, alors même qu'il n'avait pas encore goûté un seul plat typique du pays. Plus préoccupé par chercher Clémence, Andran ne s'était pas attardé à une auberge ou n'importe quel autre boutique à Thaar… ni nul part ailleurs. Il avait pour seul repas ses provisions. En plus, ses hôtes l'accueillaient à une table presque sur-dimensionnée par rapport au nombre de personnes qui allaient manger dessus. Cependant, il s'abstint de toute question dans une langue que seule Clémence comprendrait de toute façon. Il s'assit à côté de cette dernière, en face de Patience et son fils, qui avait passé le plus clair de ce repas à lui poser des questions. Si, au début, Andran était gêné, il s'amusa finalement de répondre à chacune des questions du petit garçon. Cela l'aidait à se détendre légèrement, car il se sentait perpétuellement mal à l'aise devant la famille Hadjaoui. Il se demandait ce qu'ils pensaient de lui, et si Clémence ne l'attendait pas, l'arrivée d'Andran les a surement encore plus surpris.
Comme à son habitude, le nordien mangeait peu, et écarquilla les yeux devant l'opulente quantité de nourriture mise à disposition sur la table. Sur les conseils de Clémence, il goûta à tout : les petits fruits secs apportés en entrée, le mélange de légumes avec ces petits grains de blés, le tout assaisonnées d'épices locales. Gustativement, le plat était plutôt bon, mais il était riche et assez bourratif. Les fruits exotiques proposés en dessert ne furent pas de trop tant ils étaient juteux, frais, et assez légers finalement. Cela changeait des compotes de pommes, entre autres. Mais hélas, Andran n'avait pas un grand estomac.
À la fin du repas, Patience partit coucher son fils et Aimé quitta la table quelques secondes plus tard. S'ils n'avaient pas l'air agressifs ou hostiles au point que l'ambiance soit à couteaux tirés, le péninsulaire sentait une sorte de tension entre eux, et il n'appréciait pas cela. Pire encore, il détestait ne pas savoir quel était le problème, et la barrière de la langue ne permettait pas de surmonter cet obstacle. Mais, maintenant qu'il était à nouveau seul avec Clémence, Andran préféra ne pas prêter plus d'attention à ce problème, quitte à le régler plus tard, éventuellement. Un court silence s'installa jusqu'à ce que la jeune métisse le rompe afin de lui proposer d'aller se reposer.

« Je suis moins habitué à voyager en mer, c'est vrai. Quelques minutes allongé sur un vrai lit ne me ferait pas de mal… surtout après ce copieux repas. » répondit-il avec un demi-sourire espiègle. Il hésita un instant, se demandant s'il était judicieux de laisser Clémence seule, d'autant plus qu'ils n'avaient pas pu finir leur conversation, avant le repas. « Je crois que vous avez raison… Et puis, je dois aller ranger mes affaires. On se reverra plus tard. »

Andran lui adressa un petit baiser sur le front avant de la laisser seule pour trouver le chemin de ce qui allait être sa chambre pour une durée encore indéterminée. Il se défit des chaussures que lui avaient confié Aimé en arrivant, ainsi que de sa tunique et de ses brassards, et s'allongea sur le lit moelleux et confortable de Sauveur. S'il était habitué à dormir sur un sac de couchage à la belle étoile ou dans une tente, les hamacs des navires étaient tout bonnement insupportables. Le sommeil du chevalier dura moins d'une heure, et il resta quelques minutes de plus allongé, le regard figé sur le plafond, et l'esprit perdu dans ses plus profondes pensées. Ces moments de solitude avaient une valeur inestimable à ses yeux.
L'après-midi se voulait moins capricieux que le matin, car le soleil brillait de tout son éclat sous un ciel bleu. Andran se rhabilla et entreprit même de ranger toutes ses affaires dans les meubles qu'il avait à disposition. Par la suite, il sortit de la chambre pour visiter des endroits qu'il n'avait pas encore vu, avant de prendre le chemin de la sortie. Il avait même pris un peu de temps pour s'entraîner seul, car la solitude ne l'empêchait pas de travailler ses réflexes et sa condition physique. Peu avant l'heure du repas, le chevalier s'était adonné à une rapide prière envers les Dieux pentiens, ce qui l'amena même à se demander si ses hôtes avaient adopté une quelconque religion, même différente. Si un jour l'atmosphère est moins tendue, peut-être sera-t-il prêt à avoir des échanges théologiques avec cette famille. Si ni l'une, ni l'autre des parties n'étaient composées de fanatiques, cela pouvait sûrement être possible.
Le péninsulaire retrouva Clémence et sa famille pour le diner, cette fois-ci moins lourd que le déjeuner, mais tout de même bien garni. Une nouvelle fois, il dut survivre à l'insatiable curiosité du petit Sincère, le tout dans la même humeur assez paisible, teintée de cette certaine gêne, que celle du repas de midi. À la fin du diner, Andran demeura avec les autres pour les dernières heures précédents celles du sommeil, puis laissa Clémence rejoindre sa chambre, non sans lui adresser un énième baiser sur le front. Tout de même harassé par le voyage et insuffisamment ressourcé par sa sieste de l'après-midi, il s'endormit rapidement après avoir éteint les dernières bougies servant à éclairer la pièce. Son sommeil demeura ininterrompu jusqu'au lendemain.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 13:19


La maisonnée se levait toujours tôt. Ils en avaient l'habitude, tous autant qu'ils étaient. Andran aussi d'ailleurs mais le voyage l'avait certainement fatigué car le jour était levé et il n'était pas encore dans la salle à manger, contrairement à toute la petite famille. Tandis qu'ils mettaient en place le petit déjeuner, Patience profitait que le chevalier ne soit pas là pour essayer de comprendre ce qu'il faisait ici en interrogeant sa sœur. Pourquoi était-il venu ? N'aurait-il pas simplement pu écrire ? Combien de temps pensait-il rester ?

-Je ne sais pas... Avoua la métisse à cette dernière question.
-Lui as-tu seulement demandé ?

La silence répondit à la rousse qui, au fur et à mesure, semblait y voir un peu plus clair. Elle observa sa petite sœur, fuyant son regard tandis qu'elle disposait bols et couverts sur la table.

-Qu'est-ce qu'il y a entre vous exactement ? Clémence releva enfin les yeux mais ne répondit rien. Il est distant en permanence et avec tout le monde mais je l'ai vu t'embrasser sur le front hier soir avant d'aller vous coucher.
-Tu m'as pas dit de pas écouté aux portes ?... Demanda innocemment le jeune Sincère.
-Je suis aller voir si tu allais bien avant de me mettre au lit et je les ai aperçu en sortant de ta chambre. Ce n'était pas voulu de ma part.
-Pas comme quand tu espionnes les conversations grands, chenapan. Gronda faussement Aimé. Le petit garçon enfonça sa tête entre ses épaules à la manière d'une tortue, un sourire malicieux et coupable aux lèvres. Si la vision était amusante, Patience ne perdait pas des yeux son objectif et reporta son attention sur sa cadette qui n'osait plus rien dire. L'aîné de la fratrie se sentit alors obligé de prendre part à la discussion. Clémence, on veut juste être certains que tout va bien et que sa présence de réveille pas chez toi de mauvais souvenirs alors que tu pensais que tout était fini.
-Non, ce n'est pas ça... C'est... Elle les regarda et soupira finalement. Nous... vivions une histoire... tous les deux. Il a commis une erreur qui nous a éloigné. Il m'a demandé de lui donner une seconde chance et... Me laisser partir au risque de me perdre, ça a été l'ultime preuve de son affection pour moi.
-Alors quoi ? Il est venu te récupérer maintenant qu'il a gagné ?
-Non. Je n'avais pas eu le temps de lui dire tout ça. Tout s'est arrêté sur un non-dit. Et je n'osais pas lui écrire... Il voulait s'assurer que j'allais bien. Il aurait pu écrire, c'est vrai, mais il n'était pas sûr que je lui répondrais. Si sa présence me dérangeait, je vous l'aurais fait savoir.
-Mais tu n'as pas envie qu'il parte, n'est-ce pas ?

Clémence ne put que poser des yeux désolés et perdus sur sa sœur. Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle voulait. Même si elle avait le regret de ne pas lui avoir dit au revoir et qu'elle en avait la possibilité maintenant, elle n'était pas encore prête à le faire. Elle voulait encore un peu de temps pour réfléchir. Un peu de temps à ses côtés... Patience allait ouvrir la bouche pour la mettre en garde mais un feulement dans le couloir l'arrêta. Aussitôt, elle se précipita vers la porte, bientôt suivie par Clémence.
Au pied de l'escalier, une panthère noire accueillait avec méfiance l'homme qui descendait les marches et que l'animal de connaissait pas. Les oreilles planquées en arrière, la tête basse, les crocs sortis, le poil hérissé, la bête semblait bien mécontente de trouver un étranger sur son territoire. Cependant, la voix de sa maîtresse l'appela et le dénommé Isto cessa immédiatement de gronder. Clémence de son côté traversa le couloir pour atteindre l'escalier.

-Ne craignez rien, il est à Patience. Il était en chasse hier et vous n'avez pas pu être présenté. Elle rejoignit le chevalier plus haut sur les marches. Il va se calmer dans un instant. Elle se tourna alors vers la panthère et fit les présentations. Isto, voici Andran. C'est un ami.

Joignant le geste à la parole, elle donna la main au péninsulaire. L'animal toisa le nouveau venu encore un instant puis souffla par les narines en secouant la tête, contrarié, avant de disparaître sous l'escalier où se trouvait son petit coin à lui. La métisse se retourna vers le chevalier, le sourire contrait.

-Désolée pour l'accueil matinal. Il a été dressé pour protéger et il est toujours méfiant avec les inconnus.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 14:55

Le soleil était déjà levé depuis un moment lorsque Andran fut tiré de sa torpeur. Allongé sur le dos, il fut tenté de dormir quelques minutes de plus alors même qu'usuellement, il se levait bien plus tôt que cela. Se redressant sur le matelas, il s'étira avant de demeurer assis plusieurs minutes, observant les alentours comme s'il cherchait quelque chose. Après avoir poussé un long soupir, il se leva, et, après s'être rapidement lavé le visage et le corps, s'habilla d'une nouvelle tunique et d'un nouveau pantalon. Le chevalier appréhendait sincèrement ce deuxième jour dans le domaine des Hadjaoui, d'autant plus que n'importe lequel d'entre eux pouvaient venir jusqu'ici pour n'importe quelle raison.

Malgré ses appréhensions, le péninsulaire sortit de la chambre, non sans adresser une prière pour Néera, et prit le chemin de la salle à manger où devaient se trouver Clémence et les autres. Il ne pouvait pas rester cloitré toute la journée dans sa chambre, même s'il le voulait. En s'approchant de la destination, il entendait les Hadjaoui discuter dans leur langue, et comprit alors que tout le monde était déjà levé. Alors qu'il s'apprêtait à faire irruption dans la pièce, il sursauta devant le félin qui feula en sa présence. Le chevalier fit un pas en arrière et voulut même dégainer son épée, mais, l'esprit distrait à son réveil, il avait oublié de la prendre. Fort heureusement, la bête fut apaisée par sa maîtresse, qui n'était autre que Patience, et Clémence arriva pour faire les présentations.

« Enchanté, Isto… » répondit-il, tout de même, pour saluer la bête, qui ne semblait pas content de savoir que le chevalier ne constituerait pas son repas de la journée. « Je n'ai jamais vu de pareil animal, de quelle espèce s'agit-il ? »

Andran observa la bête quelques instants, se demandant une nouvelle fois quelles surprises lui réservaient son séjour en Estrevent. Cela le tourmentait tellement qu'il n'avait même pas pensé à saluer Clémence et à lui demander si elle avait passé une bonne nuit, par exemple. Pour ce qui est des contacts physiques, il lui aurait accordé une étreinte ou un baiser s'il était sûr que cela ne troublerait pas son frère, sa sœur et son neveu. Déjà qu'il sentait une certaine tension entre eux, le chevalier préférait ne pas en rajouter.

« Ce n'est rien… j'ai juste pensé que… mes jours étaient comptés. Je préférerais quelque chose de plus héroïque, tout de même. » répondit-il avec un sourire timide. « À ce que je vois, vous êtes réveillé depuis un certain temps. Vous auriez pu venir me réveiller, cela ne m'aurait pas dérangé. »

Le nordien rentra dans la salle à manger avec Clémence, saluant d'un signe de tête ses hôtes accompagné par sa voix usant de sa langue natale. Il observa ce que mangeait les Hadjaoui, constatant qu'il ne connaissait pas certains fruits et autres aliments qu'ils avaient pour habitude de consommer. Ce matin, Andran avait une faim de loup et il était prêt à manger légèrement plus que d'habitude. Intrigué, il gouta ce petit fruit vert, dont la peau était épaisse et pouvait rappeler des écailles à certains égards. Son cœur se composait d'un gros noyau rond, sa chair était tendre, d'un vert plus clair, et le fruit n'était pas juteux, mais très gouteux.

« Ce petit fruit est délicieux ! » s'exclama-t-il en le regardant de plus près dans sa main. « Comment vous le nommez ? »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 19:38

-C'est une panthère noire. Commença à répondre Clémence tout en attirant Andran à sa suite. Il vient des Terres Stériles. Normalement, ils sont difficiles à apprivoiser mais Patience l'a eu lorsqu'il était bébé. Il est donc très protecteur.

Chacun ayant sa place à table, le chevalier comprit certainement qu'il était assez logique qu'il se remette au même emplacement que la veille. A moins qu'il ne veuille simplement rester aux côtés de sa bien-aimée... Forts des nouvelles informations obtenues, Patience et Aimé posaient sur les tourtereaux un regard un peu différent. Surtout Patience à vrai dire. Aimé, de son côté, restait aussi neutre que la veille.
De la même manière que les fois précédentes, le péninsulaire se montra curieux en ce qui concernait les aliments locaux. Sous le regard amusé de la fratrie, il prit un fruit et le coupa un peu comme il le sentait avant de le manger nature. Lorsqu'il dit aimer ça, cela fit d'autant plus sourire l'aîné Hadjaoui.

-On appelle ça un avukat. Lui enseigna la belle métisse.

Saisissant à son tour ce fruit dans la corbeille, Aimé attira l'attention du péninsulaire en le lui montrant. A l'aide d'un couteau, il l'ouvrit en deux dans le sens de la longueur (et non de la largeur comme l'avait fait Andran) puis il retira le noyau. Dans le creux, il versa un peu du contenu d'un flacon. Il s'agissait d'une sauce de couleur noire. Enfin, à l'aide d'une cuillère, il retira un peu d'avocat et de sauce pour les porter à sa bouche. Ceci étant fait, il prit le flacon de sauce et une cuillère et les posa près du chevalier, l'invitant à l'imiter. Chacun observa d'un air curieux et amusé l'étranger s'essayant aux goûts locaux, guettant sa réaction pour voir si cela lui convenait ou non. Ils n'étaient pas moqueurs, au contraire. Cela leur faisait plaisir de la voir faire montre d'ouverture d'esprit car, s'il pouvait le faire pour l'alimentation, il pouvait en faire preuve sur bon nombres d'autres sujets.

Vers la fin du petit déjeuner, Aimé prit la parole et Clémence entreprit de faire la traduction.

-En début de matinée, Patience s'entraîne à l'arc et lui aux armes pendant que je m'occupe de Sincère. Il... La métisse se retourna vers le péninsulaire, un peu surprise, tandis que son frère semblait attendre une réponse. Il vous propose de vous entraîner avec lui.

Elle étira un léger sourire. Son aîné essayait de l'associer à lui dans une de ses activités quotidiennes. C'était une assez bonne nouvelle à ses yeux car elle connaissait suffisamment les siens pour savoir qu'il n'existait pas de fourberie en eux. Ils étaient plus ou moins méfiants mais c'était leur histoire que voulait cela. Aucun n'était foncièrement méchant.
Profitant du silence qui suivit son offre, Aimé ajouta quelques mots qui semblèrent beaucoup l'amuser, lui ainsi que son entourage. Visiblement, il venait de faire une petite boutade.

-Il a dit : "Promis, je ne prends pas le marteau". C'est en rapport avec son surnom de gladiateur : çekiç kırıcı, le Briseur de marteau.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeLun 11 Mai 2020 - 0:38

Alors qu'il terminait de manger son fruit, il voyait Aimé lui faire des signes, comme s'il cherchait à attirer son attention. Il prit un autre de ces “avukat” et lui montrait sûrement comment il devait être mangé ici, en Estrevent. Andran arquait les sourcils en l'air, comme s'il était étonné de voir l'aîné Hadjaoui couper le fruit différemment, et encore plus d'y ajouter cette sauce noire pas forcément ragoutante. Pourtant, ne serait-ce que pour montrer sa bonne foi, il décida de faire pareil. Après avoir coupé le fruit dans le bon sens, il prit la cuillère pour prendre un bout du fruit et y ajouter la sauce noire. Après une seconde d'hésitation, il mangea le tout, et mâcha la nourriture tout en regardant en l'air concentré sur les saveurs qu'il ressentait en bouche.

« C'est bon, je le reconnais. La sauce donne un peu de goût, même si je ne sais pas trop ce qu'il y a dedans… » expliqua-t-il, un brin dubitatif, car il appréciait savoir ce qu'il mangeait.

Andran termina le fruit qu'il avait entamé et en essaya même d'autres différents, jusqu'à temps qu'il soit repu. Il adorait les fruits, ces aliments légers, juteux, et si délicieux. Certes le fruit vert en question ne l'était pas, mais il était gouteux et léger, et cela suffisait amplement. Au moins, ce séjour lui permettait de découvrir de nouvelles choses, et cela lui rappela même ce jour où il avait permis à Clémence de découvrir la mirabelle. À chaque région ses spécialités. Certaines étaient infâmes, d'autres délicieuses. Mais, force était d'admettre que le chevalier n'était pas un homme très compliqué en ce qui concerne la nourriture. La preuve, il appréciait beaucoup moins porter ces chaussures locales qu'il ne trouve pas très jolies.

La fin du repas fut ponctuée par une proposition qui surprit sincèrement l'étranger, qui s'attendait à ce qu'un gladiateur affranchi rompe tout lien avec le combat. Le noble avait pour habitude de s'entraîner avec ses frères d'armes, des chevaliers de métier et qui avaient pris part à des guerres parfois très rudes. Il ignorait tout des arènes et de leur violence, et il ne savait pas non plus ce que valait un gladiateur au combat, même s'il pouvait en avoir une vague idée. Peut-être qu'Aimé l'avait aperçu en train de s'entraîner seul, la veille ? Andran regarda Clémence, puis Patience, se demandant également pourquoi Clémence ne s'entraînait pas au tir tout comme sa sœur. Pourtant, la seule fois où il l'avait vu à l'œuvre, c'était une franche réussite. Le chevalier demeura hésitant autant devant la proposition d'Aimé que l'anecdote qui suivit.

« Le Briseur de marteau ? » répéta-t-il, comme s'il voulait mesurer la force du surnom en le prononçant à son tour. « En certains patois nordiens, cela donne “hamerbreker”. Mais, je suis forcé de reconnaître que le ton est donné… surtout s'il casse les marteaux parce qu'il tape trop fort avec. » Le chevalier haussa les épaules. Cela coïncidait avec la supposée violence des arènes et l'appât de la foule pour ce genre de choses. Certes, il existait les joutes et les duels en Péninsule, mais ils étaient rarement à mort et aussi sanglants, bien qu'un accident soit déjà arrivé plus d'une fois. « J'accepte tout de même de m'entraîner avec vous. » accepta-t-il en hochant également la tête, un sourire aux lèvres.

Andran partit chercher son épée dans la chambre, ainsi que son bouclier, même s'il ne savait pas encore s'il s'en servirait. Il attacha ses brassards et ressortit, le fourreau de son arme à la main. Pendant ce temps, Aimé s'était également dégoté une épée, ces lames courbes typiques des orientaux dont le nom échappait totalement au nordien. Le chevalier dégaina la sienne, laissa son fourreau et son bouclier sur le sol, et s'approcha de celui qui allait être son partenaire d'entraînement, tout en faisant quelques moulinets avec sa lame. Par plusieurs gestes, le frère de Clémence lui fit comprendre qu'il était vain de forcer, et qu'il irait doucement. Andran inclina de la tête pour lui signifier qu'il comprit, et engagea le combat quelques instants plus tard.

Sans l'ombre d'un doute, les deux combattants avaient de l'expérience et étaient bien formés, même cette formation fut différente entre celle du chevalier et celle du gladiateur. L'un avait appris à se battre par des maîtres, et le combat était devenue une passion autant qu'un devoir, et l'autre avait appris par nécessité dans la pire horreur qui soit, afin de garantir sa survie et celle de sa famille. Deux aventures différentes, l'une très probablement bien plus infâme que l'autre. Finalement, leurs passes d'armes durèrent assez longtemps ; des minutes qui paraissaient être des heures, et qui pourtant ne furent ponctuées que par peu de temps-morts. Lorsqu'il s'entraînait avec ses frères, le maître d'armes avait toujours ce réflexe d'exiger une accélération du rythme et de l'adoucir peu de temps après. Mais, comme il n'avait pas de quoi se faire comprendre par son partenaire du jour, il préférait s'en tenir à un rythme stable.

Pour une fois depuis son arrivée, Andran ne pensait pas tant à Clémence qu'à mieux connaître ses frères et sœurs et à leur donner une bonne image de lui. Il n'avait pas eu une seule occasion de discuter avec eux, et il trouvait cela regrettable, car ses intentions n'avaient rien de viles. À dire vrai, cela serait sûrement déjà arrivée s'ils avaient un langage commun. Mais, le chevalier pouvait se ravir de savoir que ses hôtes avaient une once de respect pour son protecteur. Cela avait un côté… rassurant, car, en tout et pour tout, il ne savait pas du tout ce que leur avait raconté Clémence à son sujet. Il supposait qu'elle n'ait rien dit de mal puisqu'il était encore sain et sauf, mais peut-être étaient-ils méfiants car leur sœur avait évoqué leur dispute à Diantra, par exemple.

Andran ne savait même plus combien de temps, exactement, il avait passé à s'entraîner avec Aimé. Mais, il ne ressentit que du bien-être à se dépenser et put faire fi de la gène et de cette angoisse qu'il ressentait devant cette famille. Il ressentait moins de tension par rapport à la veille, certes, mais il se sentait toujours mal à l'aise, même quand Clémence était là. Parfois, il se demandait ce que pensaient ses frères et sœurs d'une relation de couple entre ce genre de personnes aussi… différentes. La verraient-ils d'un si mauvais œil comme la plupart des nordiens du Royaume ? Lui qui savait que Clémence se cachait du mieux qu'elle pouvait pour ne subir aucune blessure ou aucun coup, il regretterait sincèrement de devoir faire pareil.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeMer 13 Mai 2020 - 18:41


Aimé dut bien reconnaître qu'Andran était aussi compétent à l'épée qu'endurant. Digne n'était pas mauvais mais il représentait un challenge nettement moins grand que le chevalier. Les spectateurs d'arènes aimant la variété et l'originalité, ce n'était pas la première fois que l'ancien gladiateur affrontait un adversaire usant de ce style de combat, aussi ne fut-il guère déstabilisé. Ce qui ne devait sans doute pas être le cas pour le péninsulaire avec cette lame courbée.

L'endroit dans lequel ils s'entraînaient n'était autre qu'une section de l'une des granges qui permettaient de former cette cour en U devant la maison. Ici, un pan entier de mur servait à ranger les armes à l'aide de quelques clous plantés dans le bois. Il y avait un peu de tout.... Des épées courtes et longues, droites et courbes. Des haches qui n'avaient certainement jamais vu un morceau de bois. Ainsi qu'un marteau bien trop gros pour un forgeron et portant de nombreuses marques de combat. Enfin, une petite partie du mur était consacrée aux arcs. Il y en avait trois et, pour qui savait les reconnaître, il y en avait un pour début, un pour expert et un pour le tir monté de facture drow. Ce dernier était absent, Patience étant venu le récupérer pour son entraînement. Les deux hommes entendaient d'ailleurs les allées et venues de son cheval dans la cour.

La matinée s'avança plus que largement et Aimé proposa de s'arrêter là. Ils avaient tous deux assez travaillé leurs passes pour aujourd'hui. Aimé reposa son arme et invita Andran à le suivre à l'intérieur. Chose somme toute étrange, il le conduisit dans la cuisine. Là, ils trouvèrent Clémence et Sincère en train de concocter quelques pâtisseries. La jeune femme n'eut qu'à voir le visage du chevalier pour savoir que tout c'était bien passé. Elle n'en attendait pas moins d'eux...

-J'ai fait chauffer assez d'eau pour vous trois. Dit-elle en montrant le foyer de la pièce vers lequel le rouquin se dirigeait déjà.

C'était leur organisation. Aimé ramenait de l'eau du puits et, vers le milieu de la matinée, elle mettait quelques marmites au-dessus des flammes que son frère venait chercher pour les monter à l'étages. Sur les trois qui attendaient sagement sur le feu, l'Hadjaoui en prit deux, épargnant à Patience la peine de devoir monter la sienne. Il fit simplement signe à Andran, l'invitant à récupérer la dernière pour lui. Clémence savait que le chevalier était habitué à se laver à l'eau froide mais cela ne lui coûtait pas grand chose de plus de lui offrir un peu de confort à lui aussi. Elle lui adressa un sourire.

-On n'aime pas avoir froid en Ithri'Vaan. Lui expliqua-t-elle.

Elle-même n'avait certes jamais eu l'audace de demander de l'eau chaude mais il fallait reconnaître qu'elle avait vécu dans de bien pires conditions que celles que l'Ordre lui offrait. Aussi savait-elle se contenter du peu que l'on avait à lui offrir. Ici, elle devait bien avouer qu'elle s'était un peu laissé aller... Des bains chauds, des coiffures un peu plus élaborées, des tenues colorées, quelques bijoux... Elle prenait soin d'elle.
Une de ses mains tatouées replaça une mèche inexistante tandis qu'elle baissait les yeux, faisant mine de chercher où Sincère et elle en étaient.

Le temps que les trois combattants se lavent, il était déjà l'heure du déjeuner. Aussi, tout le monde se retrouva dans la cuisine pour partager un nouveau repas. Du côté d'Aimé, leur duel avait eu le mérite de briser la glace et il se montra un peu plus curieux et ouvert que la veille. L'ambiance n'était donc pas si mauvaise finalement.
Le repas s'acheva, la table fut débarrassée, Sincère partit à la sieste puis les adultes vaquèrent à leurs occupations. Clémence et Andran se retrouvèrent bientôt seuls.

-Je voudrais vous montrer quelque chose. Dit-elle avant de sortir à son tour de la pièce.

Veillant à ce que le chevalier la suive, elle traversa le couloir et le salon avant d'atteindre l'entrée. Là, elle troqua ses mocassins par des chaussures et enfila un manteau plutôt élégant, paré de motifs locaux. Lorsqu'ils furent tous deux prêts, elle ouvrit la porte puis entreprit de contourner la maison. Elle s'arrêta à l'un des angles arrière et lui désigna quelque chose au loin.

-Vous voyez ce tout petit point, là-bas ? Elle se tourna vers lui. C'est mon arbre. Lui annonça-t-elle avec un sourire heureux aux lèvres. Puis elle pointa le doigt vers le ciel. Et ici, il y avait la cloche que nos parents utilisaient pour nous demander à tous de rentrer. On baigne tellement dans le calme là-bas que je parvenais à l'entendre malgré la distance.

Au-dessus de leurs têtes, il ne restait de ladite cloche d'une fixation de métal sur laquelle devait auparavant reposer un socle de bois rattaché à la cloche. Elle devait faire l'équivalent d'une main à plat en terme de largeur afin de couvrir autant de lieues qu'il le fallait pour être perçue partout.

-J'ai voulu l'actionner peu de temps après mon arrivée mais elle n'était pas entretenue. J'ai bien failli la recevoir sur la tête. Rit-elle, amusée part sa petite bêtise. Elle est dans l'atelier d'Aimé, il a prévu de la réparer quand il aura fini le plus urgent.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeJeu 14 Mai 2020 - 15:57

Cet grange dans laquelle Aimé et Andran s'étaient entraînés ressemblait presque à une caserne ou un avant-poste d'une dizaine de soldats. Bourré d'armes en tout genre, assez spacieux, pas toujours au summum de l'esthétique : un vrai endroit de soldats ou au moins de combattants. Le chevalier était habitué à s'entraîner en extérieur, en temps d'hiver comme en temps d'été. Le froid n'était pas obstacle, tout comme la boue ou la pluie, bien au contraire. En temps de guerre, on ne choisit pas la météo, et il vaut mieux savoir se défendre quelque soit la situation. Mais, Aimé n'était pas un soldat, et ne comptait pas l'être, contrairement au chevalier.

Quand ils en eurent assez de s'entraîner pour ce matin, Andran fut invité par son hôte à le suivre en cuisine. Il était prêt à protester car il n'avait pas du tout faim, et l'odeur des pâtisseries concoctées par Clémence le fit frissonner, jusqu'à ce qu'elle-même lui fasse comprendre que l'heure du repas n'avait pas encore sonné. Les Hadjaoui ne s'étaient contentés que de faire bouillir de l'eau sur un âtre pour qu'ils se lavent. Le nordien, contrairement à ses hôtes, préférait le froid à la chaleur, mais c'était une question de goût, d'habitude, et sûrement de coutume. Peu importe. Maintenant que les tensions se dissipaient entre eux tous, il n'avait pas envie de créer de nouvelle en bronchant pour si peu.

« Je suis tellement habitué au froid que j'en ai peur de fondre avec cette eau chaude. » plaisanta-t-il en étirant un large sourire.

Sans attendre, le chevalier suivit Patience et Aimé jusqu'à l'étage avant de s'isoler. Il se lava plus ou moins lentement, car, finalement, cette chaleur était assez réconfortante. Et puis, la solitude lui permettait toujours de rêvasser et de procrastiner. En se lavant, il vérifiait souvent l'état de ses cicatrices, notamment la dernière en date : celle qu'il avait subi en sauvant Clémence des bandits qui l'avaient capturé. Sa longue carrière militaire avait laissé d'autres traces sur son corps, sur le torse ou sur les bras., certaines étant plus superficielles que d'autres. Une fois qu'il eut terminé de se laver, Andran se rhabilla et redescendit pour aller manger. Cette fois, il était l'heure de partager un repas.
Cette fois-ci, il ne se confrontait plus à la curiosité du petit Sincère, mais celle de l'aîné, Aimé. Étonnamment, ce dernier se montra bien plus curieux et bienveillant que la veille, bien qu'il posait plus de questions sur sa carrière et sa manière de se battre et s'entraîner. Le chevalier répondit sans hésitation, se demandant néanmoins s'il affronterait des questions sur sa vie familiale et sentimentale avec Patience, ce qui bouclerait la boucle. Quoi qu'il en soit, le repas se termina et Aimé et Patience vaquèrent à leurs occupations, Andran et Clémence demeurant seuls dans la salle à manger. Elle lui proposa de le suivre afin qu'elle puisse lui montrer quelque chose, ce qu'il accepta d'un air interrogatif, mais également intrigué.

La voyant s'habiller d'un manteau, il décida de l'imiter, en se parant de son épais manteau qui descendait jusqu'à ses genoux et dont une épaisse fourrure cerclait le col, et enfila même ses gants. Ceci fait, le nordien la suivit jusqu'à ce qu'elle s'arrête à un angle de la maison, face à l'horizon un peu brumeux. D'ici, ils avaient une vaste vue sur les plaines de Valmar, rappelant presque ces falaises où il s'isolait, près d'Eyroles, qu'il avait même fait découvrir à Clémence.
Le chevalier comprit rapidement de quoi il en retournait, et fut même heureux de savoir qu'elle avait envie de partager ses endroits secrets avec lui. Andran remarqua surtout que Clémence avait beaucoup changé depuis son départ d'Eyroles. Elle s'était ré-approprié de sa culture dans son apparence, certes, mais surtout, elle était beaucoup plus démonstrative dans ses émotions. Quand il l'écoutait parler de son arbre, il savait que son ancienne protégée était heureuse, et beaucoup moins réservée. Cela l'attristait d'une certaine manière. Il avait cette sensation d'avoir raté une occasion de la combler de bonheur.

« Et si… nous y allions ? Nous avons du temps devant nous, et je serais curieux de découvrir la région à vos côtés. » proposa-t-il avec un sourire assez timide.

Clémence accepta, et, ensemble avec Andran, se dirigèrent vers ce qui n'était qu'un petit point à l'horizon. À cause de l'hiver, il ne restait de ces plaines que de l'herbe humide et des arbres nus. La neige ne tarderait sûrement pas à apporter ses premiers flocons blancs, mais seul le froid de l'hiver se faisait sentir en ces premiers jours de Verimios. Le chevalier ne pouvait plus espérer apercevoir la moindre fleur pour l'offrir à l'élue de son cœur. Malgré tout, cela ne les empêchait pas de marcher d'un pas lent afin de profiter de l'air frais, et de ce moment en intimité. L'occasion était rêvée pour conclure cette conversation de la veille que Sincère avait inopinément interrompu. Cependant, il préféra attendre un moment plus opportun, et ne pas laisser l'impatience prendre le pas sur la raison. Il ne voulait pas brusquer Clémence, ni la gêner.

Ils arrivèrent au pied de l'arbre après plusieurs minutes de marche. Le tronc était épais, et devait avoir un très beau feuillage en temps estival car il avait beaucoup de branches. Andran l'admira, le tâta de ses mains gantées et tourna même plusieurs fois autour. Il passa même le regard sur les alentours, avant de se focaliser sur Clémence, dont il apprécia plus longuement le beau visage, puis se replaça à côté d'elle.

« C'est un bel arbre et un très bel endroit. Je comprends pourquoi vous y passiez du temps. À bien des égards, il est commun à celui que je vous ai fait découvrir, à Eyroles. Le seul bruit de la nature, loin de toute forme de société… » admit-il en joignant les mains derrière le dos. Il resta silencieux devant l'arbre, évitant le regard de Clémence, gêné et anxieux. « Votre frère est un très bon combattant et… j'ai vu son fameux marteau… bien marqué par le labeur, je dois dire. Je crois que… je crois qu'il m'apprécie assez bien. Vous savez pour la cloche… si vous voulez, je peux la réparer. Maintenant que mes obligations sont loin d'ici, je peux bien me rendre utile à certains moments et… rien ne me ferait plus plaisir. »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeDim 17 Mai 2020 - 13:03

Clémence étira un sourire. Y aller, c'était précisément ce qu'elle avait en tête mais elle était ravie de voir l'idée venir de lui avant même qu'elle ne l'évoque. Ils se mirent alors en route pour ce petit point au loin, empruntant un chemin tracé entre les champs pour permettre aux charrettes et aux bestiaux d'évoluer plus rapidement et sans piétiner les cultures. Ils marchèrent lentement, aucun d'eux n'ayant manifestement envie de trop se presser malgré le froid. Il fallait avouer que l'hiver pouvait se montrer bien plus rude dans le Nord de la Péninsule et tous deux y étaient habitués.
Le trajet fut très silencieux, ce qui rendit ce moment d'autant plus gênant. La belle métisse évitait soigneusement le regard d'Andran et elle sentait son cœur battre plus fort dans sa poitrine lorsqu'elle savait ses yeux posés sur elle. A son arrivée, il lui avait clairement fait comprendre qu'il l'aimait toujours et ne voulait pas la perdre... et elle avait découvert qu'il en était de même pour elle. Il l'avait certainement perçu dans sa façon de le serrer dans ses bras juste avant l'irruption de Sincère... Elle savait qu'il finirait par se passer quelque chose. Ce n'était pas la première fois pour eux, il était vrai mais, la différence avec leur premier baiser, c'était qu'à présent elle avait pleinement conscience de leurs sentiments respectifs. Elle espérait que cela se produise et en était excitée autant qu'inquiète. Mais d'une crainte irrationnelle et qui, elle le savait, s'évaporerait d'elle-même.

Le crissement de leurs pieds sur le chemin cessa enfin lorsque le point à l'horizon fut devenu un magnifique arbre plus vieux qu'eux deux réunis. Elle observa le chevalier en faire le tour et l'étudier telle une maison à acheter et cela la fit sourire. Il appréciait l'endroit mais il était encore loin de le connaître comme elle le connaissait. Lorsqu'il revint à son côté, elle ressentit certainement la même gêne que lui et ne trouva pas le courage de le regarder. Elle l'écouta parler de son frère puis lui offrit de réparer sa cloche. Elle étira un sourire dans un soupir heureux, signe qu'elle appréciait la proposition. Et, elle devait bien l'avouer, cela lui plairait avoir ici quelque chose qu'elle tiendrait de lui.

-Aimé était champion d'arène. C'est comme ça qu'il a regagné sa liberté et racheté celle de Digne. Personne ne connaît Aimé Hadjaoui mais tout le monde en Ithri'Vaan réagira si vous parlez du Briseur de marteau. Il a continué à s'entraîner, d'abord parce que Digne le lui a demandé. Il ne voulait pas être le seul de ses frères à ne pas savoir manier une arme. Et maintenant, il le fait pour être toujours capable de défendre nos terres. C'est pour cela que Patience continue elle aussi, alors qu'elle avait tout laissé derrière elle en quittant le Puy. Il ne faut pas lui en vouloir d'être méfiante... Elle a vécu... encore bien pire que moi.

Clémence s'arrêta là. Elle n'évoquerait pas les souffrances de sa sœur devant lui, elle voulait simplement lui faire comprendre qu'elle était sur ses gardes pour des raisons qui n'étaient pas forcément concrètes dans le cas présent. Car elle n'avait aucune raison de penser qu'Andran pourrait lui vouloir du mal d'une quelconque manière... Aimé, quant à lui, avait accepté de lui donner une chance et la jeune femme savait que cet entraînement était un moyen de briser la glace autant que d'évaluer le personnage. Comment apprendre à déceler le caractère de quelqu'un sans pouvoir lui parler ? Faites quelques passes d'arme avec lui et vous aurez vos réponses. Le chevalier était un homme droit et juste. Il n'avait pas tenté une seule attaque fourbe contre Aimé et ce dernier en avait tiré ses conclusions. Voilà pourquoi il s'était montré bien plus amical pendant le déjeuner. Patience, elle, aurait besoin de plus de temps pour parvenir à le jauger.

Finalement, la belle métisse s'avança à son tour vers l'arbre et invita Andran à la suivre en se tournant brièvement dans sa direction. Elle passa derrière le tronc. Là se trouvaient quelques morceaux de bois récents qui avaient été cloués à même l'écorce afin de former une sorte d'échelle permettant d'accéder aux branches basses. Clémence commença à grimper, plutôt à l'aise malgré sa robe. Elle avait rapidement repris ses marques et évoluait dans l'arbre nu aussi aisément qu'un elfe -si on pouvait se permettre une telle comparaison-. Elle monta, non sans s'assurer que le chevalier la suivait toujours et sans éprouver trop de difficultés. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle trouva une branche suffisamment longue et solide pour les accueillir tous les deux. Elle s'y installa alors et se décala pour laisser la place à l'Inquisiteur.
D'ici, ils pouvaient y voir bien plus loin que depuis le sol. Les champs vierges s'étendaient à perte de vue autour d'eux. La maison des Hadjaoui étaient une masse claire derrière eux. On distinguait la fumée de deux autres hameaux de part à d'autre de leur promontoire. Lorsqu'Andran fut à son côté, Clémence le laissa admirer quelques instant puis elle désigna tout ce qui les entourait d'un geste de la main.

-Partout autour de nous, ce sera du blé. Vers l'Est, là-bas, ce sera le tabac. Le reste sera laissé en jachère, chose que l'ancien... propriétaire ne faisait jamais. Il exploitait toutes les terres, il n'entretenait pas les rigoles qui ont fini par s'effondrer. Il ne voyait que le rendement à court terme et il a fini par épuiser le sol. Aimé et Patience ont passé tout l'automne à se procurer et à répandre du fumier partout pour que la terre puisse se ressourcer cet hiver. Ils finiront les rigoles quand le sol sera moins dur. En attendant, Aimé se concentre sur la maison. Il a réparé le plancher, refait le crépit de la plupart des murs, refait quelques portes... En sortant de l'arène, Digne et lui ont été hommes à tout faire dans une auberge, ils ont vite appris à bricoler.

Aimé lui avait beaucoup parlé de leur passé et de ce qu'ils avaient connu. Le sort des affranchis n'était guère plus enviable que celui des esclaves. Ils avaient travaillé des années pour une misère et avaient vécu dans un taudis, attendant patiemment que d'autres de leurs frères les rejoignent enfin. Mais l'aîné de la famille ne conservait pas de traumatisme particulier de tout cela. Il n'était pas du genre à s'apitoyer sur lui-même ou pour les autres. Il avait vécu tout cela, d'accord, mais il était encore bien vivant et n'avait pas l'intention de se laisser sombrer à cause de sa malchance. Il avait transmis à Clémence cette vision des choses et cette force qui la rendait beaucoup plus sereine d'une certaine manière.

-Je... Je serais très heureuse... si c'était vous qui répariez la cloche. Lui avoua-t-elle enfin, posant enfin des yeux timides sur Andran.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeDim 17 Mai 2020 - 16:59

Andran écouta les quelques mots que lui offrit Clémence au sujet de sa sœur, Patience, et son frère, Aimé. Il ne découvrit sensiblement rien de plus sur ce dernier, ni sur Digne, d'ailleurs, qu'elle avait évoqué. Néanmoins, en ce qui concerne la belle rouquine, il en apprit un peu plus. Jusqu'à maintenant, le chevalier ignorait qu'elle avait également été une esclave ayant vécu des choses horribles. Finalement, Patience réagissait comme Clémence lorsqu'Andran était venu à son secours.

« Pire que vous ? Et vous croyez que… »

Le péninsulaire ne termina pas sa phrase. Il avait comprit que ce n'était ni le moment, ni le lieu pour aborder de telles questions maintenant. Entendre le récit de Clémence, à l'époque, avait été très difficile, d'autant plus que sa souffrance était palpable. De plus, ce n'est pas à Clémence d'évoquer ce qu'avait bien pu vivre sa sœur au Puy d'Elda. Et puis, au moins, il savait pourquoi Sincère avait les cheveux blancs. Peut-être était-ce l'une des raisons pour lesquelles Clémence disait qu'elle avait vécu pire. Être enceinte et esclave ne devait sûrement pas être facile, et ce encore plus dans les terres des impitoyables elfes noirs.

« Je comprends… n'en parlons plus. » conclut-il afin de ne pas ternir l'ambiance de ce petit tête-à-tête.


Peu après, Clémence invita son ancien protecteur à la suivre vers le tronc de l'arbre, et, alors qu'il la s'approcha à tâtons, il fit un pas en arrière dès qu'elle commença à grimper. Andran, même enfant, n'était pas un enfant grimpeur. Certes, il adorait explorer, courir jusqu'à en tomber raide, et jouer au héros avec une épée en bois, mais il n'avait jamais été jusqu'à grimper partout. Et puis, les escaliers des remparts étaient bien plus faciles à franchir, si on voulait accéder à un endroit en hauteur.

Après quelques secondes d'hésitation, il la suivit, malgré ses vêtements longs qui ne feraient que l'entraver, même si la robe de Clémence ne l'avait pas gênée pour réussir à escalader les branches. Sans vouloir se l'admettre, il était légèrement effrayé à l'idée de grimper là-haut. Il était plus facile de tomber d'un arbre que de tomber d'un rempart, surtout la première fois.
Plus ou moins difficilement, Andran parvenait à grimper à l'arbre, jusqu'à s'asseoir à côté de Clémence. La branche qu'elle avait choisi restait figée face au poids des deux tourtereaux. Désormais, ils avaient une vue complète sur l'horizon, des champs labourés jusqu'au hameaux les plus éloignés du domaine agricole. La jeune femme lui raconta comment ses frères et sœurs allaient organiser les plantations, et également ce qu'ils avaient déjà réalisé sur le domaine depuis qu'ils l'avaient récupéré. Une vraie vie de fermier, en somme. Même s'il ne savait pas vraiment ce qu'était le “tabac”, si ce n'est que c'était un plant, il écouta, tout sourire, la jeune femme raconter ses récits. Quand elle évoquait cet endroit, elle était si heureuse qu'il ne cherchait jamais à l'interrompre, car il savait que lui accorder de la parole et de l'attention était le meilleur moyen de lui montrer son intérêt. À vrai dire, il était aisé de lire le bonheur sur le visage de Clémence.

« Quand je suis entré au sein des Marcheurs Austères, chaque objet cassé, abimé ou perdu était immédiatement remplacé. Durant les premières années, nous étions peu, donc cela ne posait pas tant de problèmes. Mais, aujourd'hui, à vingt-quatre… » raconta Andran, alors que Clémence avait relancé le sujet de la cloche. Il plongea son regard sur l'horizon, reprenant le cours de son récit. « À force, nous avons tous appris à faire attention, et à réparer nous-mêmes nos biens, surtout si nous n'avons pas d'écuyer pour nous épauler. C'est curieux, mais, aujourd'hui, nous aimons plus ou moins faire ce que des serviteurs faisaient toujours à notre place avant. » Le chevalier posa les yeux sur sa main gantée, serrant le poing comme s'il avait une douleur suite à de douloureux efforts. « Personnellement, j'ai toujours détesté vivre ainsi. Cela me donnait l'impression d'être un bon à rien ou un infirme que d'être constamment suivi par quelqu'un qui m'habillait, me servait et me lavait tous les jours. Vous allez me dire que nous avons Elise et Hans, à Cantharel, et ils font ces choses que nous n'avons pas appris à faire… ou des choses que l'on a plus tendance à apprendre aux femmes, d'ailleurs. Alors, en contrepartie, nous les payons, et nous essayons de partager des moments agréables avec eux. Ils sont des nôtres, après tout. »

Une fois le récit terminé, Andran pouffa de rire, étirant un sourire en saisissant qu'il avait partagé un souvenir plus long qu'il ne l'aurait pensé. Cela remontait à un certain temps qu'il n'avait pas partagé une anecdote de sa vie. Il savait également que Clémence ne l'avait jamais aperçu faire autre chose que se battre et s'entraîner. Maintenant qu'il était loin de l'Ordre, et loin de son mode de vie habituel, il pouvait lui offrir une image différente de celui qu'elle avait pris pour habitude de connaître. Alors que son regard passait d'un point de fixation à un autre, il reposa les iris sur la jeune femme qui l'épiait depuis un moment.

« Si jamais votre frère, ou votre sœur d'ailleurs, ont besoin d'un service, de gros bras ou que sais-je encore, je pourrais les y aider. C'est la moindre des choses que de gratifier quelqu'un qui vous accueille sous son toit. Alors, réparer votre cloche me fait entièrement plaisir… » Il s'approcha légèrement de la jeune femme, étirant un sourire des plus charmeurs. « Surtout si cela vous rend heureuse. »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeMar 19 Mai 2020 - 19:25


A son tour, Clémence écouta Andran parler de la façon dont il avait appris à réparer les objets alors que ce n'était pas dans les prérogatives des nobles d'ordinaire. A vrai dire, il lui apprenait quelque chose sans le savoir car la jeune femme ignorait tout du quotidien du chevalier avant les Marcheurs Austères. Ou même du quotidien des sangs bleus en général. C'était un autre monde... Un monde si éloigné du sien... Cependant, le chevalier ne semblait pas aimer cette vie et, quelque part, cela la rassurait. Elle ne pourrait le lui avouer de peur de le vexer mais elle ne se sentirait pas capable de laisser quelqu'un faire les choses dont elle était tout à fait capable à sa place. Lorsqu'il évoqua les serviteurs de l'Ordre, elle lui exprima un point de vue différent de celui auquel il semblait s'attendre.

-Je n'ai pas eu l'impression qu'ils étaient véritablement à votre service... Ou qu'ils étaient là pour faire les choses à votre place. J'ai plutôt pensé à une répartition des tâches, entre vos obligations d'un côté et leurs compétences de l'autre. Le temps que vous passez à vous entraîner, à prier et à vous réunir, vous ne pouvez l'exploiter pour autre chose. C'est là qu'Hans et Elise interviennent.

Elle aurait pu s'inclure dans la liste mais elle fut prise d'un doute sur le temps à employer... Devait-elle en parler au présent et risquer de lui laisser entendre qu'elle rentrerait avec lui ? Ou utiliser le passé et couper court à cette discussion de la veille qu'ils n'avaient toujours pas achevé ? Pour l'heure, elle ne voulait ni de l'un ni de l'autre. Elle ne voulait pas penser à demain. Elle ne voulait pas penser à quand il partirait. Tout cela n'était que source d'angoisse. Pour le moment, elle ne voulait qu'une chose : être ici, avec lui.
Finalement, Andran accepta de réparer la cloche pour elle et Clémence détourna le regard dans un sourire heureux et touché. Ainsi, qu'elle reste ou qu'elle parte, elle aurait toujours quelque chose qui viendrait de lui quelque soit ce qui adviendrait. Cela ne répondait pas au problème mais, à dire vrai, celui-ci ne se posait pas encore.

La belle métisse choisit de revenir sur d'autres paroles du chevalier pour faire passer sa gêne.

-Je n'aurais pas besoin de le leur dire... S'ils ont besoin de votre aide, ils n'hésiteront pas à vous la demander. Aimé appréciera sans doute d'avoir un autre homme, Digne est parti depuis un petit moment déjà et je sais qu'il y a certaines choses qu'il ne peut plus avancer sans lui.

Tout cela était des plus normal aux yeux des Hadjaoui. Ils hébergeaient Andran et le nourrissaient gracieusement. Il n'était donc pas illogique de lui demander un peu de participation à la hauteur de ses capacités en compensation. Et, puisque c'était un homme en pleine santé, ils pourraient certainement prêter main forte pour les travaux les plus conséquents pour lesquels Clémence et Patience ne pouvaient lui être d'aucun secours.

La jeune femme posa les mains de chaque côté de son corps et croisa les chevilles. Si le chevalier n'était pas à son aise dans les cimes des arbres, ce n'était pas son cas. Elle aimait cette vue, elle aimait cette impression de s'être élevée dans les airs, elle aimait ce sentiment de liberté. Elle avait la sensation de retrouver la petite fille qu'elle était autrefois et en oubliait même le froid ambiant.
Un mouvement à son côté attira son attention et elle tourna la tête pour observer Andran. Il semblait évident qu'il ne prenait pas autant de plaisir qu'elle en cet instant, plus préoccupé par la vision du sol à plusieurs mètres en-dessous d'eux que par le paysage qui s'étendait sous leurs yeux...

-Vous voulez qu'on redescende ? Proposa-t-elle. J'ai déjà passé des heures entières ici depuis mon retour, ça ne me dérange pas. Plus loin, il y a un bois traversé par un petit cours d'eau.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeMar 19 Mai 2020 - 23:41

Si Clémence voulut sûrement rassurer son chevalier en donnant un autre rôle aux employés du Sanctuaire de Cantharel, Andran s'étonna de ne pas voir la jeune femme s'inclure dans ce groupe. Certes, elle travaillait surtout pour conserver un toit sur la tête (même si elle en aurait eu un dans tous les cas), mais elle demeurait une employée comme les autres. L'Ordre n'exigeait d'elle ni plus, ni moins qu'Elise ou Hans. Par la suite, l'inquisiteur avait financé plusieurs achats : Sessiz, son cheval, ainsi que des vêtements, du parfum, et autres cadeaux en tout genre. Cela n'était pas tant un salaire qu'une sincère volonté de lui offrir tout cela pour gagner sa confiance, et puis son cœur.

Pour autant, Andran ne chercha pas à lui tirer les vers du nez. Après tout, elle était différente à bien des égards, et le Grand Maître n'avait pas la même tolérance vis-à-vis de Clémence qu'avec Hans et Elise. Les autres chevaliers n'avaient aucun grief contre la présence de la belle estreventine, notamment parce qu'elle faisait bien son travail et qu'elle n'embêtait personne. La place spéciale qu'elle avait dans le cœur d'Andran l'avait sûrement aidé à s'intégrer plus ou moins, et plusieurs avaient fini par apprécier sa bienséance et son humilité, même après les révélations sur son passé de saltimbanque.

Finalement, la jeune femme reprit le cours de la discussion sur ce que le chevalier avait dit précédemment. En tant que noble, l'idée que les Hadjaoui n'hésiteraient pas à lui demander de l'aide si besoin lui parut bizarre. En Péninsule, les roturiers avaient toujours une certaine crainte d'être rejeté comme des malpropres lorsqu'ils demandaient gite, nourriture, argent ou aide aux aristocrates. Ils tournaient alors autour du pot, bégayaient comme s'ils allaient proférer une insulte sans le vouloir, et ce même s'ils n'avaient absolument rien à craindre. La situation inverse qu'Andran vivrait ici, dans les Plaines de Valmar chez les Hadjaoui, était bien différente de ses habitudes. Ce qui était normal pour eux ne l'était pas forcément pour un noble du Royaume.

« Cela resserre plus les liens que l'argent. » répondit-il, avec un demi-sourire espiègle. Pourtant, il savait qu'il ne disait pas une ânerie, puisque ses propres relations se fondent sur l'honneur. Avec les Hadjaoui, elle sera légèrement différente, quelque soit son avenir avec Clémence. « Je vous aiderais de bon cœur. Et puis… je n'aime pas rester inactif. »

Bien qu'il parvenait à écouter la jeune femme et à entretenir la conversation avec elle, il n'était pas à l'aise sur cet arbre. La branche sur laquelle il était assis était solide, mais il s'y sentait bien plus vulnérable face au vide que lorsqu'il se trouvait au bord d'une falaise, sur des remparts ou au sommet d'une tour. Dans la situation actuelle, il craignait de glisser et ressentait de l'inconfort. Lorsque Clémence lui proposa de descendre, il se sentit gêné et ridicule. Il n'avait presque rien à craindre, mais il ne souhaitait pas que son confort nuise à cet instant d'intimité.

« J'ai vécu en ville toute ma vie. Je n'ai jamais grimpé à un arbre et, maintenant que j'y suis, je trouve cela… perturbant. Je ressens cette sensation de pouvoir tomber à n'importe quel instant. » avoua Andran avant de baisser une énième fois le regard. « Si vous n'êtes sincèrement pas contre l'idée de descendre, je… je serais bien heureux de reprendre notre marche. Je préfère réessayer plus tard, si jamais ce n'est qu'une question d'habitude. »

Le péninsulaire descendit en premier, soulagé de sentir le sol sous ses pieds. Il demeurait gêné car il craignait que Clémence lui ait proposé de reprendre leur marche, plus ou moins à contrecœur. Mais son humeur n'avait pas changé, alors le chevalier préféra balayer ses doutes. Par conséquent, ils se dirigèrent vers le bois traversé par le cours d'eau. Si, à cette même époque de l'année, au Marquisat de Sainte-Berthilde, le cours d'eau aurait déjà gelé, ce n'était pas le cas en Estrevent, où le climat était bien plus chaud. La neige n'était pas encore tombée, mais le temps était assez froid pour que les arbres soient totalement nus. Cela enlevait tout son charme à ce petit bois dans lequel il n'y avait plus d'ombre, plus de fougère, plus aucune ronce… plus rien. Les arbres avaient perdus branches et feuilles, toutes s'étant échouées dans l'eau de la petite rivière, flottant au gré du courant de l'eau douce. Les oiseaux avaient quitté leurs nids pour migrer vers des contrées plus chaudes encore. Leurs chants égayés et entraînant n'avaient laissé place qu'à un fade silence presque oppressant.
Clémence et Andran se promenèrent dans le bois, main dans la main, jusqu'à s'arrêter à proximité de la rivière qui traversait le bois. Le chevalier admira la belle estreventine, alors légèrement accroupie au bord de l'eau. Alors qu'elle avait le regard perdu sur l'eau, il ramassa une plume pour effleurer doucement son doux visage. Lorsqu'elle se tourna subitement vers lui, il ne put s'empêcher de rire malicieusement tel un enfant qui taquine ses proches. Il lui dévoila alors la petite plume blanche et noire, avec laquelle il s'effleura la joue, puis répéta une nouvelle fois le geste sur la joue de la jeune femme, qui semblait amusée.

« Enfant, je m'amusais souvent à surprendre mes amis en les touchant avec des plumes, des marrons, ou des feuilles sèches quand ils regardaient ailleurs. » dit Andran, toujours avec un sourire niais et innocent. « Je n'ai pas pu résister à l'envie de vous faire cette petite blague. Je plaisantais toujours avec mes amis, à l'époque. Finalement, je suis plutôt content que vous soyez réceptive à ces gestes malicieux. »

Alors qu'il relâcha la plume qui s'envola pour atterrir sur l'eau, le chevalier fixa l'horizon au delà du cours d'eau, avant de reposer le regard sur Clémence. Toujours accroupie au bord de la rivière, elle était si magnifique dans son manteau qu'Andran aurait voulu faire appel à un peintre pour immortaliser cette scène. Son cœur fondait à chaque fois qu'il la voyait aussi belle et rayonnante que l'aurore.

« Quand, plus jeune, j'imaginais la femme de mes rêves, je l'imaginais aussi dans son tempérament. Je ne sais pas pour quelle raison, elle avait de nombreuses qualités mais elle n'était pas drôle ni blagueuse. Pourtant, cela aurait pu être amusant d'avoir cette caractéristique en commun. » reprit-il, sur un ton presque mélancolique. « Après vous avoir rencontré, je… je n'imaginais plus vivre avec une femme avec qui je ne peux pas plaisanter, discuter… Je me sentais jamais aussi léger que lorsque je pouvais m'ouvrir à vous… C'est toujours le cas, en réalité. »
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeVen 22 Mai 2020 - 15:57


Clémence était sincère en disant à Andran qu'elle ne lui en voudrait pas s'il préférait descendre. Elle avait déjà passé l'équivalent de plusieurs jours parmi ces branches et elle aurait l'occasion d'y retourner encore. Elle pouvait bien souffrir de n'y être restée que quelques minutes ce jour-là. Alors, lorsqu'ils se remirent en marche, il n'eut rien à observer de particulier dans son attitude. Elle demeurait joyeuse et souriante.
Tandis qu'ils avançaient lentement vers le petit bois, la belle métisse sentit le cuir du gant du chevalier dans le creux de sa main puis ses doigts venir se mêler aux siens et la serrer avec douceur. Ce geste la troubla mais elle ne dit rien et n'osa pas se tourner vers Andran. C'était... soudain et... assez inattendu... et espéré peut-être aussi. Elle savait qu'il tenterait certainement de se rapprocher d'elle. C'était un début. Et elle sentit son cœur s'emballer un bref instant.

La forêt était si calme. Elle était bien différente de ce à quoi Andran était habitué. Ce petit recoin était entretenu et donc plus clairsemé. Les essences d'arbres étaient assez différentes. Seul le cours d'eau produisait une douce mélodie qui venait combler le silence. Depuis la veille, la belle métisse sentait son esprit et son cœur bien agités. Le calme alentour lui faisait soudain un bien fou et elle en oublia même la présence du chevalier. Elle observait les alentours et le ruisseau qui s'écoulait paisiblement. Elle humait les odeurs des bois. Elle se sentait sereine.
Quelque chose vint lui chatouiller la joue et elle se retourna vers l'Inquisiteur. Celui-ci lui montra la plume, un grand sourire espiègle aux lèvres. Il réitéra son geste et elle pivota légèrement pour s'en défaire dans un léger rire. C'était doux mais cela chatouillait aussi un peu. Cependant, le calme revint bien vite. L'ornement perdu d'un quelconque volatile chuta avec légèreté pour venir se poser à la surface de l'eau avec délicatesse avant de se retrouver emporté. Clémence le regarda s'éloigner avec lenteur juste avant que la voix d'Andran ne s'élève à nouveau.

Dès les premiers mots, la belle estrevine sentit son cœur se serrer. Après le rire, l'instant lui inspirait visiblement du romantisme. Il lui avoua qu'il n'envisageait plus de vivre avec une femme sans humour depuis qu'il l'avait rencontrée. Pourtant, ils n'avaient pas tant que cela rit ensemble depuis leur rencontre. Au début, elle n'était que méfiance. Puis la méfiance avait laissé place à la gêne. Qui avait laissé place à la tendresse. Qui avait laissé place à la douleur... Ils avaient connu une succession de contextes mais la plaisanterie n'avait pas joué une place très importante dans leur relation jusque là. C'était peut-être même la première fois qu'elle riait à l'une de ses plaisanteries.
En revanche, il était vrai que l'un comme l'autre savait s'épancher avec facilité depuis ce jour à Châteauvieux. C'était elle qui avait commencé, réalisant le plus gros effort de sa vie en laissant ses barrières s'effondrer pour permettre à Andran d'apprendre à la connaître. En retour, il lui avait parlé de sa famille quelques temps plus tard. Et, hormis cette période trouble dans leur relation, ils avaient continué ainsi jusqu'au jour de son départ et ils avaient repris dès l'arrivée du chevalier, la veille.

-Nous avons toujours pu nous parler... Admit-elle à son tour.

Son regard se perdit une fois de plus à la surface de l'eau. Elle lui avait dévoilé le pire de sa vie. Cela lui était venu naturellement quand sa sœur avait peiné à obtenir la même information alors qu'elle la connaissait déjà. C'était... déconcertant. Mais il n'eut pas le loisir de lui évoquer cela. Une brise froide se mit à souffler, la faisant frissonner. Elle tira un peu sur les bords de son manteau afin de le fermer plus qu'il ne l'était déjà. Elle redressa la tête et observa autour d'eux.

-On dirait que le vent est en train de se lever. Remarqua-t-elle.

Il fallait rentrer. Andran s'approcha et tendit une main dans sa direction, lui offrant de l'aider à se mettre debout. Son regard le fuit mais elle accepta son offre. Elle se redressa sur ses jambes et prit aussitôt la direction de la maison des Hadjaoui. Les doigts du chevalier se fermèrent à nouveau sur elle et ils marchèrent ainsi jusque là-bas. Depuis une fenêtre, Patience les vit arriver, main dans la main. A ce qu'elle observa du reste de la soirée, il était évident qu'ils ne s'étaient pas encore déclarés l'un à l'autre mais... cela ne saurait tarder. Elle se gardait de faire le moindre commentaire, même si elle ignorait encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose pour Clémence.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeSam 23 Mai 2020 - 18:06

Andran sentait que Clémence avait du mal à ouvrir son cœur. Ou alors, quelque chose occupait son esprit. S'il était assez curieux pour s'enquérir à ce sujet, il était assez compatissant pour ne pas lui forcer la main. Il ne l'avait fait qu'une seule fois, et cet instant avait été fort en émotion. Même après leur dispute, la jeune femme ne s'était pas montrée aussi faible et terrassée que le jour où elle avait raconté toute sa vie d'esclave. C'est à ce moment que le chevalier avait décidé de la prendre sous son aile, car il aurait été déshonoré de l'abandonner. Elle avait besoin de son aide, et elle a abaissé ses boucliers pour le laisser lui apporter ce dont elle avait besoin : de l'attention, de la tendresse, et de la loyauté. Alors, oui, ils avaient toujours pu parler, et peut-être pourront-ils, dans le futur, toujours s'amuser, se chercher, et s'aimer.

Le vent glacial se faisait plus fort, et plus perçant. Andran avait emporté ses vêtements les plus chauds, et, après trente-huit ans passés dans le rude climat du Nord, il ne craignait pas ce froid léger de l'Estrevent. Une nouvelle fois, ils se donnèrent la main. Ce geste qu'avait plus ou moins initié le chevalier juste avant se répéta, à son plus grand bonheur. Cela n'était plus arrivé depuis leur dispute, à Diantra. Le noble préférait savourer cet instant plus que le perturber en rompant le silence, et c'est dans ce silence paisible qu'ils rentrèrent au domaine Hadjaoui. Ils y partagèrent le diner avant d'aller se coucher.



Les trois jours qui suivirent furent paisibles également. Peu à peu, Andran s'intégrait plus ou moins. Avec Aimé, il n'y avait plus de complexes : le chevalier l'aidait pour certains travaux, et cela se passait bien entre eux. Avec le temps, il avait même appris quelques mots de la langue oliyane, avait enseigné aux autres quelques mots de la langue péninsulaire, et même de quelques patois nordiens. Le chevalier s'entraînait toujours avec l'aîné de Clémence, et ils arrivaient plus ou moins à se comprendre malgré la barrière de la langue.
Avec Patience, les choses étaient différentes, surtout depuis qu'il savait qu'elle avait un passé très douloureux. Sans pour autant l'évoquer, le péninsulaire essaya de se montrer patient et compréhensif, comme il l'avait été avec Clémence par le passé. Il ne voulait pas se montrer indiscret ou abrupte. Elle semblait cependant plus préoccupée du bonheur et du bien-être de sa sœur, et elles avaient sûrement l'occasion d'en parler quand elles étaient seules avec le petit Sincère, avec qui Andran parvenait à s'amuser de temps à autre.
Néanmoins, depuis leur ballade il y a plusieurs jours, la relation entre le chevalier et son ancienne protégée se cristallisait. Certes, cette sortie avait un peu plus affermi les liens entre eux, mais l'étape la plus importante n'avait pas été franchie. L'espoir était clairement de mise, car la belle Clémence semblait bien plus attachée à son ancien protecteur que certains ne l'auraient pensé. Les œillades que l'un et l'autres se jetaient, plusieurs fois dans la journée, en était une belle preuve, d'autant plus que le chevalier découvrait une femme différente à bien des égards. S'il y avait bien un endroit où Andran pouvait obtenir toutes les clés du cœur de Clémence, c'était bien ici, en Estrevent. À lui de montrer ce qu'il a encore dans le cœur et dans l'esprit pour ce faire.

Le jour-même de la balade, Clémence avait évoqué une cloche qui servait à rappeler les frères et sœurs partis trop loin. Maintenant, le bois soutenant la cloche ayant pourri, elle s'était effondrée et Aimé l'avait rangé dans son atelier. La corde servant à actionner la cloche avait également pourri, pourtant, le beffroi semblait avoir tenu la route. La jeune femme avait insisté à quel point elle tenait à cette cloche, et était ravie à l'idée de savoir que le chevalier pouvait la réparer. Craignant que Clémence ne croit qu'il avait menti, il s'y attela. Andran ne mentait jamais, et encore moins à Clémence, mais il savait qu'une promesse et une proposition étaient fondamentalement différentes. Mais, il était satisfait à l'idée de la surprendre.

Fort heureusement, Aimé avait un atelier digne d'un menuisier ou d'un ébéniste. Andran découvrit même des outils qu'il n'avait jamais vu auparavant. Mais, une cloche ne nécessitait pas tant d'aide pour qu'il n'ait à quérir Aimé toutes les trente secondes. Comme les temples étaient parfois parés de cloches, et plusieurs bâtiments en tout genre, il savait comment cela fonctionnait et comment en fixer une. Ce n'était pas sorcier, en vérité. Plus jeune, il passait le clair de son temps dans les temples à prier. Aujourd'hui, il prie dès qu'il a un moment à lui, mais il appréciait toujours la compagnie des clercs.

L'ancien joug soutenant la cloche paraissait complexe, car elle avait plus l'air esthétique que solide. Le chevalier préféra un joug solide plutôt que beau ; ce n'est pas comme si tout le monde admirait ce socle en permanence. Encore une fois, il n'avait pas besoin de sortir en forêt pour aller trouver du bois, car le domaine en était plein. L'hiver obligeait à garder du bois en réserve pour les journées les plus froides. Le chevalier reconverti en menuisier trouva une planche qui ferait largement l'affaire, mais s'il avait besoin de la poncer et la tailler.
Tant qu'à faire, Andran en profita pour lustrer le battant ainsi que la robe de la cloche et son intérieur. Ses mains devinrent toutes noires de crasse et parfois maculé du sang des petites araignées qui avaient élu domicile sous la cloche, et qu'il avait écrasé. Une fois sèche et brillante comme au premier jour, il attacha la cloche au socle qu'il avait conçu, et l'emporta jusqu'au clocher. Pour ne faire aucun bruit et conserver l'effet de surprise, il la tint de manière à ce que le battant ne cogne jamais ses parois métalliques. Une fois arrivé, il fixa le joug au beffroi qui soutenait l'ancien joug, et qui ne s'était pas effondré. Il examina l'efficacité du contrepoids, et la solidité de sa nouvelle installation, en prenant soin de ne pas faire sonner la cloche. Quand il constata que l'édifice ne tomberait pas, Andran s'en alla chercher la nouvelle corde et l'attacha à la cloche la laissant s'écraser tout en bas. Une fois descendu, et après avoir regardé la cloche par en bas, tira sur la corde à plusieurs reprises.

Ding ! Ding ! Ding ! Dans un large sourire, il se réjouit d'avoir réussi à réparer cet objet. Il continua de jouer avec plusieurs fois, mettant à l'épreuve, de surcroit, la solidité du nouveau joug en bois. Rapidement alertée, Clémence arriva la première, suivie par Patience et Sincère, ainsi qu'Aimé un peu plus tard. Bien qu'un peu gêné, le chevalier avait toujours son petit sourire aux lèvres.

« À en voir votre présence, j'ai la nette impression que cette cloche fonctionne très bien. » railla Andran, tout fier de lui. Il était surtout ravi de voir la mine heureuse de Clémence. Il lui tendit la corde. « Tenez. Voyez-le comme le cadeau que je souhaite vous offrir. »
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Sauveur Hadjaoui
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeLun 25 Mai 2020 - 19:20


Clémence était dans le salon. Une aiguille à la main, elle rajustait une chemise de Sincère. Le petit garçon était grand pour un enfant de son âge et ses vêtements ne lui allaient guère longtemps. Cependant, il était possible de leur faire gagner quelques ennéades de vie en déroulant un peu de leurs ourlets. Car le demi-sang était haut mais guère large et c'était bien la longueur qui posait problème dans son cas. La maisonnée était paisible à cette heure. Patience faisait la leçon à son fils afin de lui apprendre à écrire son prénom et à compter jusqu'à vingt. Aimé travaillait dans son atelier. Quant à Andran, elle supposait qu'il était avec son frère.

Le silence régnait, lorsqu'il fut interrompu par un tintement familier mais dont elle ne parvenait pas à se souvenir où elle l'avait entendu. Elle s'arrêta... et le bruit aussi. Elle avait dû rêver. Ou bien était-ce les deux hommes qui avaient fait tomber l'un de leurs outils ?
Elle se remit à l'ouvrage et le tintement revint. Elle releva les yeux et tendit l'oreille.
Il revint encore. Et encore. Ne s'arrêtant plus.

Soudain, la mémoire sembla revenir à la jeune femme qui se leva subitement, posant son ouvrage sur le premier meuble venu. Elle ne prit même pas la peine d'enfiler un manteau et sortit de la maison, bientôt suivie par Sincère qui courrait pour traverser le salon et sa mère qui ne devait guère être loin derrière. Dans la cour, elle aperçut Aimé les rejoignait. Ce n'était donc pas lui.
Au coin de la bâtisse, la belle métisse tourna la tête et découvrit Andran, tirant sur la cordelette de la cloche, heureux comme un enfant et fière comme un paon. Il avait tenu parole et avait réparé ce souvenir de leur enfance. Clémence étira un sourire si large qu'il était impossible de douter de la joie immense que lui procurait le retour de cet objet d'apparence si anodin mais qui avait cette valeur symbolique à ses yeux. Elle s'approcha à son invitation et tira à son tour pour actionner le mécanisme. Le tintement raisonna, fort et clair.
Que de souvenirs.
Que de bonheur.

La jeune femme se tourna vers le chevalier et lui souffla un merci que lui seul pourrait entendre. Son attention la touchait. Le temps qu'il avait pris pour le faire la touchait. Qu'il ait œuvré seul afin de lui faire plaisir la touchait. Et il pouvait lire tout cela dans son regard.

Sincère se précipita, réclamant à essayer lui aussi. Alors qu'elle ne semblait plus pouvoir détacher son regard d'Andran, l'arrivée subite de son neveu l'y contraignit néanmoins et elle se tourna vers le petit garçon. Elle lui tendit l'objet de ses désirs et l'enfant tira et tira encore, tant et si bien que sa mère dû intervenir pour lui demander de modérer sa joie. La cloche et son nouveau socle semblaient suffisamment solides pour résister à son énergie mais autant lui apprendre la délicatesse.
Venant récupérer son fils pour le ramener à l'intérieur et à ses leçons, elle croisa le regard du péninsulaire et lui adressa un discret sourire de reconnaissant. Aimé, de son côté, hocha la tête dans sa direction d'un air satisfait. Tous se dispersèrent, laissant Clémence et son chevalier seul dans cette petite allée entre la maison et l'écurie. La métisse se tourna à nouveau vers lui, heureuse et tendre. Elle le regarda avec intensité, le sourire aux lèvres. Puis elle posa une main sur son torse et l'y laissa quelques instants avant de s'éloigner à son tour, irradiant de bonheur.


Dernière édition par Sauveur Hadjaoui le Lun 25 Mai 2020 - 21:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeLun 25 Mai 2020 - 21:05

Clémence semblait bien plus heureuse qu'Andran ne l'aurait espéré de savoir que cette cloche était réparée. Visiblement, elle était un réel souvenir familial et non pas une simple anecdote raconté parce que le moment s'y prêtait. La jeune femme se saisit de la corde et actionna plusieurs fois la cloche, puis laissa Sincère faire de même, ébahi comme tout enfant devant un objet qu'il ne connaissait pas. Patience l'arrêta après de nombreux coups, mais Andran était focalisé sur la réaction radieuse de celle qu'il aimait de tout son cœur. Pourtant, il s'étonna de voir la belle rouquine et l'aîné lui remercier également ce geste. Toute la famille était vraisemblablement attachée à cette partie du domaine, alors qu'il pensait que seule Clémence l'était plus ou moins. Pourtant, le noble de Péninsule ne l'avait jamais vu aussi heureuse depuis assez longtemps.

Plus tard, Patience et son fils, puis Aimé repartirent, laissant seuls Andran et son ancienne protégée. Il n'avait pas de doute : son geste l'avait touché en plein cœur. Son sourire illuminait toujours son visage, et il fut même surpris de sentir sa main se poser doucement sur son torse. Ce geste, pourtant éphémère, lui procura une telle sensation de bien-être qu'il dut se pincer les lèvres pour mater sa profonde envie d'arracher un baiser à la belle Clémence. Était-ce l'acte qu'elle espérait obtenir de sa part après ses belles déclarations à Châteauvieux ? Était-il re-devenu, à ses yeux, ce chevalier qu'elle avait tant aimé ?

« Clémence ! » l'appela-t-il en l'attrapant doucement par la main. Cet instant ne pouvait pas être aussi court : cela n'avait aucun sens. Il était trop beau pour s'achever d'une manière aussi fade. « Je suis… ravi que la réparation de la cloche vous fasse autant plaisir. »

Sa voix était hésitante, timide. Il agitait ses mains moites et fixait la jeune femme en déglutissant difficilement sa salive. Son sourire était contrit, et ses joues rouges de son anxiété. Il cherchait les bons mots pour palier au silence qui s'était installa entre lui et Clémence, elle qui en attendait sûrement plus. Cela pouvait se lire facilement sur le visage du chevalier : quelque chose lui pesait sur le cœur et il voulait s'en libérer. Il fit un nouveau pas en direction de la jeune femme, et porta sa main droite sur sa joue. Il la caressa doucement pendant quelques secondes, avant de s'approcher progressivement de son visage, jusqu'à ce que leurs lèvres s'effleurent.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeLun 25 Mai 2020 - 21:45


La main d'Andran la retint et Clémence s'arrêta pour se tourner à demi vers lui. Ses mots étaient sincères mais il y avait quelque chose dans son attitude... Il semblait gêné et... terriblement angoissé. La jeune femme acheva de lui faire face et l'observa sans comprendre, l'interrogeant du regard. Elle avait la nette impression qu'il voulait lui dire autre chose mais que les mots ne venaient pas ou qu'il craignait sa réaction.
Finalement, après de bien longues secondes, le chevalier s'approcha d'elle et la jeune femme n'eut plus à réfléchir. Elle avait compris ce qui troublait son ancien protecteur. Une main se posa sur sa joue, comme si elle lui demandait de ne pas bouger. Et elle demeura immobile tandis qu'il s'avançait toujours plus d'elle. Elle le regarda, le cœur battant, jusqu'à ce que la proximité l'oblige à fermer ses paupières. Les lèvres du chevalier se posèrent sur les siennes et le temps se figea durant quelques instants. Elle répondit à son baiser, le premier depuis des mois... Et ce moment se prolongea alors que les mains de la jeune femme se posèrent une nouvelle fois sur le torse d'Andran. Elle ne pouvait l'enlacer sans chasser sa main sur sa joue alors elle choisit de demeurer ainsi tandis qu'ils se retrouvaient dans un doux échange de baisers un peu plus appuyés que le premier.

Après un moment qu'ils n'auraient su compter, leurs lèvres se séparèrent enfin. Les yeux de Clémence retrouvèrent ceux de son chevalier, souriants. Il avait osé... Il avait osé et elle en était plus heureuse qu'elle ne l'avait imaginé. Elle passa les bras autour de sa nuque et vint plonger la tête dans le creux de son cou, lui réclamant une étreinte comme ils n'en avaient plus partagé depuis longtemps.
Là, dehors, dans l'hiver estrevin, elle n'avait plus froid, entourée qu'elle était par la chaleur d'Andran qui l'enserrait dans ses bras.
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MessageSujet: Re: Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui   Le chevalier en terre étrangère pour trouver sa princesse | au domaine Hadjaoui I_icon_minitimeMar 26 Mai 2020 - 18:45

Andran sentit un frisson envahir son visage jusqu'à ses oreilles. Ce baiser si intense lui procura un immense bien-être. Il n'avait pas embrassé Clémence depuis des mois, et Néera seule sait à quel point il l'espérait. Le chevalier avait fermé les yeux pour mieux savourer ce doux baiser avec celle qu'il aimait, et sentit son cœur battre encore plus fort lorsqu'il sentit les mains tatouées de Clémence sur son torse.
Ils s'éloignèrent après un moment que même le temps ne saurait mesurer, permettant aux deux amants de se plonger leur regard heureux sur celui de leur partenaire. Elle passa alors les bras derrière sa nuque, et Andran enroula les siens dans le dos de la jeune femme. Le baiser fut alors remplacé par une étreinte toute aussi manifeste de leurs sentiments. Le chevalier posa alors sa tête sur celle de Clémence, et ferma les paupières pour ne ressentir que la douceur et l'apaisement qu'elle lui procurait.

« Je vous aime. » susurra-t-il à son oreille d'une voix tendre.

Les deux amoureux restèrent quelques minutes dans le froid extérieur qui ne semblait avoir aucun effet sur eux. Rien ne saurait abîmer leur amour recouvré. Après son erreur à Diantra, Andran avait tout mis en œuvre pour obtenir le pardon de Clémence, et reconquérir son cœur. Comme Elise le lui avait clairement fait comprendre : les sentiments de la jeune estreventine n'avaient pas volé en éclats. Pour une fois, le chevalier se sentait fier d'avoir écouté l'employée de l'Ordre.


Les quelques jours suivants, l'euphorie avait laissé place à un quotidien moins fort émotionnellement. Andran aidait toujours Aimé au besoin, et devait attendre la soirée pour passer plus de temps avec l'élue de son cœur. Lorsqu'il le pouvait, il se livra à des séances d'entraînement et à de plus ou moins longues prières, Néera occupant plus souvent son esprit qu'Othar. C'était très souvent le cas lorsque Clémence était dans la majeure partie de ses pensées. Par ailleurs, lorsqu'ils étaient ensemble, il était heureux et soulagé de pouvoir lui prendre la main, la serrer dans ses bras ou lui baiser les joues ou la tête. Finalement, cela ne changeait pas de ce qu'il se permettait en Péninsule. Andran appréciait conserver une certaine chasteté dans ses gestes, surtout avec Clémence qui préférait la douceur et la légèreté. De temps à autre, ils se permettaient néanmoins des baisers, langoureux ou non, sur la bouche.
Aimé n'en semblait pas réellement soucieux : il était neutre et, tant que Clémence était heureuse et consentante, cela ne le gênait pas. Pour Patience, elle semblait toujours s'y intéresser de près ou de loin, et Andran n'avait toujours pas eu l'occasion de discuter avec elle pour savoir ce qu'elle avait à l'esprit. Enfin, Sincère était un enfant qui ne comprenait rien à l'amour, bien qu'il sentait que la relation entre le chevalier et son ancienne protégée était différente.

Ce soir, cela faisait une ennéade que le chevalier résidait chez les Hadjaoui. Durant la matinée, il avait aidé Aimé pour des tâches plutôt harassantes physiquement, à tel point qu'il avait le dos en compote. Porter son armure était devenue une tâche simple et basique. Surtout, il pouvait alors faire un premier compte-rendu de son séjour. Il se souvient encore de la situation ridicule à son arrivée, et ses chaussures infâmes qu'il devait enfiler à l'intérieur, sans oublier ses premières retrouvailles avec Clémence, interrompue par le fils de Patience. Et puis, surtout, leur promenade, et la réparation de la cloche. Finalement, Andran avait passé une bonne semaine ici. Il appréciait Aimé, et Sincère l'amusait beaucoup, même s'il ne savait toujours pas quoi penser de Patience.

Après s'être lavé et changé pour s'apprêter à s'allonger sur le lit, il entendit des voix du côté de la chambre de Clémence. Il distinguait facilement sa voix, mais ne comprit aucun des mots qu'elle prononçait. Sa voix était semblable à un murmure à peine caché. Pourtant, Andran fut épris d'une drôle d'envie d'en savoir plus. Il ouvrit doucement la porte qui menait à la chambre de Clémence, et le chevalier fut surpris de l'apercevoir à genou, mains jointes et les paupières fermées. En faisant quelques pas sur le côté, Andran fut surprit de comprendre que Clémence était à genou devant un autel dédié à la DameDieu. Plusieurs questions jaillirent dans son esprit, même s'il préféra attendre que la jeune femme termina sa prière. Ce geste était sacré et ne devait pas être interrompu sous aucun prétexte.

« Je ne savais pas que vous avez continué à pratiquer la religion pentienne depuis votre départ. » commenta-t-il doucement, lorsqu'elle se leva après avoir terminé sa prière. Il avait un léger sourire aux lèvres, alors que la jeune femme semblait brusquée par la visite inopportune du chevalier. « Je suis désolé de vous avoir surpris ainsi... J'ai été intrigué lorsque j'ai entendu votre voix. » s'excusa-t-il rapidement après s'être rendu compte qu'il n'avait pas été très poli.

Andran fronça les sourcils à ces derniers mots, comme si les prononcer lui procurait une étrange sensation. Lui qui pensait tout savoir de sa bien-aimée, il découvrait d'autres parcelles de sa personnalité au fur et à mesure des ennéades. Il fallait dire que le Grand Maître s'était montré assez furieux lorsqu'il avait découvert que Clémence ne participait à aucun rite... et la menace avait rapidement accompagné sa colère. Depuis, Andran avait pensé que la peur l'avait plus poussé que la piété, malgré la bienveillance de Néera.

« Je croyais que vous ne priez que parce que vous en avez été plus ou moins contrainte par Markus et non pas que... vous étiez pieuse. »
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