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 [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)

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Dante Corvac
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MessageSujet: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 23:55


7e jour de la première ennéade de Verimios, an 17 du XIe cycle , peu avant le crépuscule
An 17 du XIe cycle.



Depuis qu'il a recu la lettre d'Elisabeth, c'est la course… Il a peur d'arriver trop tard. Elle avait demandé sa présence. L'écriture tremblante, accompagnée du ruban qu'il lui avait offert pour ses dix ans. Un beau ruban d'un bleu soutenu qui rehaussait sa chevelure et ses grands yeux de biche. Son rire tandis qu'elle essayait de le surprendre dans les couloirs.  

Pourquoi veut elle le voir? Le ton urgent de la missive, l'écriture tremblante et le gage lui font craindre le pire. A chaque tour de roue de son carosse, le vieux coeur du parfumeur se serre de plus en plus.

Elisabeth qui grandit et qui devient femme… Son odeur délicate de muguet, fraiche et impante.  L'attirance secrète qu'ils ont eu l'un pour l'autre. Inavouée, inavouable… Il n'était que le bâtard Redinem. Sans nom, sans légitimité, sans terres.

A chaque tour de roues du carosse, le vieux se sent tiré par en arrière, dans son passé et ses souvenirs. Le front posé sur le pommeau de la canne qu'elle lui avait jadis offert. As t'elle jamais su, Elisabeth, ce que sa lignée avait faite de lui? Il avait tellement voulu le lui dire à l'époque.

Elisabeth, promise à un autre… Il aurait dû l'enlever et l'emmener avec lui parcourir le monde. Lui avait elle réellement demandé ou c'est un fantasme? Il ne sait plus. Il se rappelle de plus en plus. L'urgence le rend taciturne et menaçant, effaçant sa fausse couche de vernis social.

Il fut un homme dans le temps. Un homme et une femme… Il ose croire qu'ils s'aimaient tendrement. Il ose croire qu'elle ne l'a jamais oublié. Parce que l'inverse

Quand l'essieu du carrosse se brisa, après deux jours de voyages, il grinça des dents. Quand une tempête de neige les immobilisèrent durant trois jours, son laquais et son valet eurent la bonne idée de rester hors de sa vue.
 
Les années reculent et défilent au fur et à mesure que les roues le mènent inexorablement vers le passé.

De son écriture tremblante, Elisabeth lui a demandé de l'aide. Fantôme du passé qui recourt à lui pour venir à son chevet au plus tôt.

Il regrette de ne pas être allé à son mariage.
Il regrette de ne pas s'être opposé alors.
Il regrette de l'avoir parfois oubliée dans sa vie
Il regrette de ne pas lui avoir donné de nouvelles depuis qu'elle a décidé d'épouser de Fernel… ou peu importe son nom...
Il regrette tant.

Les roues ralentissent et s'arrêtent enfin, le Péninsulaire inspire un grand coup, reprend de sa superbe. Il se doit d'être comme il a toujours été.

Faisant claquer la canne au sol, Elazar Redinem descend du véhicule, droit et fier. Derrière ses  lunettes, les yeux gris brillent d'intelligence et de bonhomie.  Aux hommes qui s'avancent il les salue bien gentiment.

Bonsoir mes braves! Je viens rendre mes hommages à la Dame de Fernel. Elle m'a envoyé une missive fort urgente. Pouvez vous me conduire à elle je vous prie?



Dernière édition par Dante Corvac le Mer 20 Mai 2020 - 1:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeSam 9 Mai 2020 - 7:14


Les remous et les mouvements désordonnés consécutifs à la vague émotionnelle qu’a été le trépas de la Dame de Fernel semblent enfin s’apaiser, autant dans l’attitude des habitants du château et du domaine que dans le cœur de Louise. Les premiers jours, elle a été emportée dans un tourbillon de doléances, de présences, de paroles, de regards tristes posés sur elle, de travail acharné également. C’est ce qui lui a permis de garder la tête froide, le travail. Se plonger dans les chiffres, revoir les comptes, lire les comptes-rendus, relire les textes infinis qu’on ne cesse de lui tendre, du matin au soir…Tout cela, cette occupation de l’esprit, a au moins eu le mérite d’occulter sa peine et sa solitude. Le pouvoir isole, disait son père. Elle ne l’a certainement jamais mieux compris que maintenant. Il y a des choses qu’elle doit garder pour elle, il y a des choses qu’elle ne peut plus faire, elle ne peut plus agir inconsidérément et c’est cela qui la torture le plus, au milieu de ce silence qui plombe désormais le château recouvert d’une épaisse couche de neige. La peur. La peur de ne pas être à la hauteur. La peur de faire des choses idiotes. La peur de provoquer des désastres. De sa vie, jamais Louise n’a eu si peur d’être elle-même. Alors elle enferme ce qu’elle est, une jeune fille vive et insouciante, dans un coffre aux parures teintées de dignité, de réserve et de distance. Elle ne peut pas vraiment se permettre le moindre faux pas. Et bien entendu, tous ces faux semblants lui écrasent le cœur plus sûrement que tout autre sentiment.

Maintenant que les choses se calment, elle a pris un rythme effrayant de travail. Elle est à son secrétaire pendant des heures, s’abîmant les yeux sur les rouleaux de parchemins qu’elle reçoit ou qu’elle envoie. Il n’y a plus guère de temps pour les loisirs. Le seul qu’elle s’autorise encore, c’est de se rendre aux écuries pour voir Lasgalen. Son cheval. Avec lui, elle peut redevenir un peu elle-même. Elle peut lui parler sans crainte, elle peut aussi serrer ses bras sur l’encolure du noble animal qui ne bouge jamais sous l’étreinte. Car cela aussi, désormais, lui est interdit. Montrer un signe de faiblesse, un geste de tendresse envers quiconque serait immédiatement sujet à supposition, voire à débats. Et Louise souffre de cette situation, plus encore que de tout le reste. Tout le monde est si respectueux, si distant, désormais. Lasgalen, c’est le dernier être sur cette terre envers qui elle peut faire montre d’un peu de tendresse sincère sans que personne n’ait rien à y redire. Aussi, ces minutes conquises dans les écuries sont elles les plus belles de la journée.

En ce jour, elle est d’ailleurs sur le point de s’y rendre. Le ciel est clair, disputé dans cette clarté par l’éclatant manteau blanc qui couvre le domaine. Il a fait terriblement froid cette nuit, toutes les cheminées tournent à plein régime afin de chauffer les hautes salles et nombreuses chambres du château. Depuis sa fenêtre, elle observe le paysage, songeant à mille et une choses en même temps, avant de sursauter. Quelqu’un frappe à la porte. Fermant un bref instant les yeux, de dépit, elle dit d’une voix pourtant douce :

- Entrez.

Inspirant profondément, remettant mentalement à plus tard sa visite quotidienne à Lasgalen, elle se tourne pour voir qui désire audience. Un serviteur s’incline respectueusement avant de céder le passage à un inconnu muni d’une canne et à la prestance indéniable. Un homme qu’elle ne connait pas et qu’elle n’a jamais vu. Elle a rapidement jaugé son invité du jour, devinant à la seconde qu’il n’est pas du tout de Fernel. Elle se compose un visage aimable et doux, avançant vers l’inconnu en silence, tout en l’observant. Le serviteur, lui, reste dans l’embrasure de la porte, attendant un ordre.

- Soyez le bienvenu à Fernel, Monsieur.

D’un mouvement de la tête, elle congédie le serviteur qui ferme soigneusement la porte, tandis qu’elle reste là, toute droite, les mains nouées sur le devant d’une robe de velours noir tombant sur ses pieds. L’austérité de la tenue de Louise tranche avec sa resplendissante beauté. Le fin galon doré qui orne les ourlets aux manches, au bas de sa robe et au col laissant deviner une poitrine généreuse ornée d’un seul et unique bijou, ne fait que souligner sa jeunesse. Ses longs cheveux marrons sont relevés en une coiffe simple de laquelle s’échappent quelques boucles. Quant à son regard, il est à la semblance de celui sa mère, gentil, compatissant et doux, un regard qui accroche celui de son visiteur, avant qu’elle n’ajoute, posément :

- Que puis-je faire pour vous ?

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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 1:35




Alors qu'on l'emmène vers la dame de Fernel, El a un serrement à la poitrine qu'il ignore superbement. Que pensera t'elle de lui. Il n'est pas le plus grand, du haut de son mètre soixante dix. Il a vieilli, il a ridé… Il boite depuis qu'il a eu cet accident. Il n'est plus l'homme de trente ans de jadis. Celui qui avait des rêves…

Alors qu'il monte les marches, les yeux gris d'acier derrière les lunettes analysent la demeure de Fernel. Les lèvres minces du vieil homme se pincent en une mince ligne.

Les portes s'ouvrent, le domestique l'annonce… Et s'écartent. Un moment, il se revoit devant Elisabeth, le jour où elle lui a annoncé sa décision de se soumettre à sa famille. Elle était comme cela, lointaine, polie. Inaccessible femme du haut de son piédestal. Comment il a maudit son père ce jour là…


Droit, appuyé sur sa canne, Louise peut voir un vieil homme richement vêtu. Pas trop grand, au maintient droit d'un militaire, les traits tirés par la fatigue du voyage, mais aux yeux gris pétillants d'intelligence, de surprise... et de quelque chose d'autre. Une lueur indéchiffrable, similaire à celle rencontrée dans les yeux de quelqu'un d'autre, voilà pas trop longtemps. Peut-être fera t'elle le rapprochement, peut-être que non… Ce n'est pas important, l'écrivaine ici voulant porter attention aux similitudes de ces deux individus.

- Soyez le bienvenu à Fernel, Monsieur...

Louise brise le charme. La voix n'est pas pareille. El retrouve de sa superbe, les prunelles grises deviennent acérées et analytiques, sans se départir de la bienveillance et de la bonhomie qu'il arbore en toutes circonstances. Elle doit être la fille d'Elisabeth. En tout cas, elle lui ressemble énormément. 

...que puis-je faire pour vous ?

Le sourire de vieux grand père s'épanouit sur les lèvres minces du parfumeur. Dans sa poche, le ruban bleu le réconforte. Elisabeth doit être occupée ailleurs sur le domaine… Elle voulait probablement lui présenter sa fille avant qu'ils ne se revoient. Elle a toujours été fine et délicate. 

La voix du Péninsulaire est distinguée, manifestement, il n'a pas été élevé dans le caniveau. Le  visiteur, reprenant contenance et ses bonnes manières, s'incline devant la jeune châtelaine.

Je me présente, Elazar Redinem, mademoiselle. La Dame de Fernel m'a fait mander en toute hâte. Je suis venu aussi vite que j'ai pu, elle avait une demande urgente.  

Un léger moment de silence s'installe et s'étire entre eux, que le vieux grand-père ne pousse pas à se briser. Il pourrait dire qu'Elisabeth est une vieille amie, mais il ne sait pas s'ils connaissent seulement son nom.  
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 19:04


- Elazar Redinem…

Le nom de cet homme résonne en mon esprit tandis que je le regarde sans doute un peu plus attentivement que ne le voudrait la bienséance. Un silence gênant s’installe entre nous, un silence que je ne parviens à rompre qu’en lui montrant l’âtre dans lequel brûle avec force de larges bûches fendues en leur milieu, devant lequel attendent deux chaises de bois sculpté au confort rudimentaire et simple. Elazar Redinem. Je sens une nouvelle boule se former en mon estomac, alors que j’initie le mouvement vers les sièges, laissant le temps à mon invité du jour de prendre place aussi confortablement que possible sur l’un des deux sièges. Polie, j’attends qu’Elazar soit installé pour m’asseoir à mon tour. Il y a des moments où la bienséance et l’étiquette doivent laisser la place à la bienséance du cœur. Et de cœur il sera précisément question, dans un moment que je redoute bien plus encore que tous les comptes-rendus des exactions commises à mes frontières. Elazar Redinem. Non, ce nom ne m’est définitivement pas étranger. Et pour cause…

- Je suis heureuse de faire votre connaissance, Monsieur Redinem. Je suis Louise de Fernel.

Assise, bien droite sur la chaise, je ne peux m’empêcher de le détailler, observant chaque angle de son visage avant d’enfin détourner le regard et de poser mes yeux sur les flammes lapant le bois avec force. Comment lui dire…Il n’y a pas de bonne ou de façon d’annoncer une nouvelle pareille, et pourtant, je répugne à dire les mots, fermant les yeux un bref instant, pour me concentrer sur la chaleur qui irradie depuis l’âtre. Reportant mon regard sur le sien, un regard dont l’étincelle me fit l’impression d’un étrange déjà vu, je dis enfin d’une voix douce :

- Vous devez venir de loin, Monsieur. Je…

Je suis interrompue par quelques petits coups portés à la porte. Expirant un soupir contrit, je dis, d’une voix plus forte :

- Entrez !

Ce n’est qu’un serviteur qui, selon les recommandations que j’ai établies et qui concerne chaque nouvel invité en ma demeure, apporte du vin aux épices et quelques nourritures afin de permettre à celles et ceux qui viennent me rendre visite de se remettre de leur voyage. Une élémentaire élégance et une discrète courtoisie à laquelle je ne dérogerai jamais. Le serviteur dépose le tout sur une petite table installée entre nous, et remplit en silence deux coupes. Il en tend une à Elazar, il m’en tend ensuite une autre, dans une autre recommandation bien précise. Faire sentir aux invités qu’ils sont ici chez eux et que tout sera mis en œuvre pour leur bien-être.

- Philippe, faites passer le mot, je ne veux pas qu’on me dérange. Sous aucun prétexte. S’il devait advenir une urgence, voyez cela avec Geoffroy ou Aaron. Pouvez-vous faire cela, s’il vous plait ?

Le tout est dit d’une voix douce mais sur un ton qui ne laissait guère de place à l’opposition. Un ton de commandement clair et affirmé. Le serviteur s’incline, avant de jeter un coup d’œil curieux à cet homme qui allait monopoliser l’attention de sa châtelaine comme aucun autre depuis le décès de sa mère. Il disparait de la pièce en fermant doucement la porte et je regarde à nouveau la coupe que je garde entre mes doigts. Enfin seuls, un nouveau silence s’installe.

- Vous disiez avoir reçu une demande urgente de ma mère. Pourriez-vous m’en dire plus ? Pourquoi vous a-t-elle fait mander en toute hâte, selon vous ?

Il avait dit « La dame de Fernel ». Je sais qu’il s’agit de ma mère pour la simple et bonne raison que je ne lui ai jamais écrit et que…je n’ai jamais eu connaissance de l’existence de cet homme avant de remettre de l’ordre dans les documents laissés par ma mère et notamment…son journal. Trempant mes lèvres dans le liquide aux nuances de rubis, je ne pouvais que supposer que Mère désirait revoir Elazar avant de mourir. Comment dire cela à cet homme que je ne connais qu’à travers les mots si pleins d’amour transposés par elle sur le parchemin soigneusement caché pendant de si nombreuses années ? Un inconfort et un réel chagrin de cette affreuse perspective d’annoncer ceci à cet homme âgé et qui fait un long voyage pour rien est en train de me navrer le cœur, une fois de plus. Je sens mon regard se ternir, tout comme je sens un afflux de larmes s’impatienter derrière mes yeux.

Inspirant profondément, je le regarde à nouveau, terriblement attristée.

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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 21:21

Ainsi se retrouve donc les deux individus, assis devant un feu de foyer ronflant et joyeux. Pourtant, le sage devine qu'il y a une mauvaise nouvelle. Si Elisabeth allait bien, elle aurait tout simplement excusé l'absence de sa mère et proposé de l'installer en attendant que cette dernière ne revienne.

Le passé recule et se barricade dans un recoin de ce qui sert de coeur à l'homme. La main se crispe légèrement sur le pommeau de la canne avant de la déposer contre sa cuisse pour prendre la coupe de vin qu'on lui tend… Du vin chaud aux épices. Songeur, le vieil homme renifle doucement le contenu de sa coupe tandis que la demoiselle donne ses instructions à la valetaille.  Il y a du girofle et de la cannelle… Aussi de l'aneth étoilé semblerait il. Oh… un soupcon de muscade.


- Vous disiez avoir reçu une demande urgente de ma mère. Pourriez-vous m’en dire plus ? Pourquoi vous a-t-elle fait mander en toute hâte, selon vous ?

Le parfumeur note parfaitement le changement au niveau du regard. Les larmes rendant le regard terne plus brillant.

Trop tard. Il est arrivé trop tard. Il y a deux personnes qui ont compté dans sa vie et il est trop tard pour les deux. Dante va essayer de le tuer à la première occasion, il le sait et le sent depuis leur dernière rencontre à Thaar. Il l'a trop bien formé…

Pour Elisabeth, rien ne sera plus jamais réparable. Mine de rien, la main tavelée du vieil assassin se met à trembler légèrement et il repose la coupe sur la table devant lui avant de croiser les mains sur sa canne, le regard perdu dans les flammes qui faisaient des reflets sur ses lunettes.

- Je suis un vieil ami, d'avant qu'elle ne marie feu votre père. Je lui avait fait la promesse de ne pas m'interposer dans son devoir… J'ai tenu parole, jusqu'à ce qu'elle ne m'écrive, m'implorant de venir à son… à votre aide? j'ai d'abord pensé … Il s'interrompt, le regard dans le vague, le visage solennel et imperturbable en apparence. Comme tout noble se doit de le garder. Tout simplement.... Pourquoi moi? Je l'ignore… Pourquoi avoir attendu si longtemps? Je l'ignore… Il… est... trop tard non?

Il laisse de nouveau le silence s'étirer, longuement. Perdu dans ses souvenirs sans doute.

Je me rappelle la première fois que nous nous sommes rencontrés. J'arrivais avec mon frère ainé pour une halte dans son château de naissance... elle avait dix ans. Vous lui ressemblez beaucoup d'ailleurs... Elle dansait dans un champ de marguerite. Elle était perdue, mais ne l'aurait jamais avoué pour tout l'Or du monde. Ou peut-être que non… Elle a fait semblant de se sauver pour mieux me surprendre en jaillissant des fleurs. Elle en avait plein les cheveux… Je lui en ai toujours rapporté par la suite…

El s'ébroue, reprend sa posture droite et digne. Mais sa voix est indubitablement triste, triste mais ferme.


Je suis à l'âge où l'on devrait m'enterrer mademoiselle. Mais dame votre mère, elle, aurait dû vivre encore bien longtemps. Puis je, en toute délicatesse, savoir ce qui lui est arrivé?
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 22:14


Je n’ai pas besoin de lui dire, il sait. Il a parfaitement compris, je le vois à son regard, je le vois à sa main qui tremble. Et je baisse la tête. C’est terriblement lâche de ne pas avoir su trouver les mots. C’est lâche et imbécile. Indigne de la mémoire de mère et de tout ce que j’ai lu. De tout ce qu’elle a tenté de m’enseigner. Essuyant rapidement une larme qui venait de s’échapper, je dis, d’une voix toujours douce :

- Il est trop tard. Mère repose désormais dans la crypte de Fernel.

Je prends une nouvelle gorgée de vin tout en l’écoutant raconter ses souvenirs. Imaginer Mère dans sa jeunesse, danser au milieu de ces fleurs qu’elle aimait tant et qui ne poussent guère en nos contrées me pince une nouvelle fois le cœur, bien plus fort que je ne l’aurais voulu. Et au-delà de tous ces souvenirs, tous ces mots qu’il prononce, je sens qu’il y a autre chose, une chose qui rejoint les douces paroles posées sur le parchemin que j’ai lu, mêlé à tant d’autres qui concernent son passé. Sa jeunesse. Cet homme pour lequel elle avait gardé bien plus qu’un penchant secret, totalement inavouable. Je sens une retenue, une tristesse admirablement bien contrôlée, bien mieux que je ne la contrôle moi-même. Evoquer les derniers instants de Mère m’est très pénible, parce que je n’étais pas là. Déposant la coupe sur la table, je croisais les mains sur mes genoux, copiant sans le vouloir une attitude qu’elle avait souvent, quand les choses devenaient difficiles à gérer pour elle.

- Mère soufrait depuis des années d’une tristesse immense. Cette tristesse, elle a pu la tromper parfois, mais elle a gagné du terrain et a affaibli son corps. Une maladie l’a rongée de l’intérieur. Une maladie face à laquelle tous les guérisseurs que nous avons consultés ont été impuissants. Elle est morte toute seule.

J’inspire un grand coup, regardant ailleurs, pour ne pas céder.

- J’étais partie plaider notre cause à Serramire. Elle a rendu son souffle avant mon retour. Je n’ai pas pu lui dire au revoir comme je l’aurais voulu.

Une autre larme s’échappe de mes yeux fatigués mais peut-être qu’Elazar ne la verra pas. Je me lève, pour me rendre à mon bureau et ouvrir un tiroir, en silence. De ce tiroir, j’extrais une petite enveloppe décachetée que je sers contre ma poitrine en silence, un long moment, avant de relever les yeux vers mon visiteur. Je sais pourquoi elle était triste, je le sais parce que j’ai lu son journal. Je sais pourquoi la maladie a gagné. Je reviens, en silence, reprendre ma place face à Elazar, l’enveloppe à la main. Il y a tellement de choses à lui dire. Tellement. Lui dire à quel point Mère pleurait parfois, le soir, quand venait le crépuscule et qu’elle regardait l’horizon, comme si elle attendait quelque chose ou quelqu’un. Quelque chose ou quelqu’un qui n’arrivait jamais. Lui dire à quel point les mots que j’ai lu sont si remplis de douceur à son égard, si remplis de tendresse, bien plus qu’elle n’en a jamais eu pour mon père.

Je regarde l’enveloppe, puis ce visage, tendre objet de sentiments inavoués, visage à présent buriné par les années mais dont je devine toute l’élégance sous les rides. Je sais que Mère aurait voulu que je le fasse. Alors, je tends la main, pour lui confier cette toute petite enveloppe.

- Mère vous aimait.

Dans l’enveloppe, il ne trouvera pas de lettre.

Dans l’enveloppe, il trouvera quelques fleurs séchées, soigneusement aplaties par les années passées entre les parchemins de son journal.

Dans l’enveloppe, il trouvera des marguerites. Nouées d’un ruban bleu.

- Elle a pensé à vous jusqu’à son dernier jour.


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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeLun 11 Mai 2020 - 22:21

[justify]


Silencieux, El écoute attentivement ce que la jeue femme a à dire, sans l'interrompre. Elle lui tend une minuscule enveloppe. Silencieux, il l'ouvre et la vide dans sa main, regardant les fleurs.

Il y a quelque chose qui ne colle pas. Elisabeth ne se serait pas laissée mourir de chagrin alors que sa fille avait manifestement besoin d'elle. Elle ne lui aurait pas demandé de l'aide si elle avait prévu mourir avant son arrivée…

L'écrin des fleurs fanées tombe doucement au sol. Le ruban, dont il a le pendant dans sa bourse, luit doucement… Le vieux fronce les sourcils, songeur, muet. L'affaissement de ses épaules, la posture qui se voûte… Les avant-bras qui se posent sur les cuisses, tout laisse deviner l'abattement et le chagrin le plus profond.

-Elle...


Un éclat sombre, au milieu des pétales rendues grises par le séchage, attire son regard. Un bouton, soigneusement caché par le ruban… Il croit deviner qu'elle fleur est ainsi cachée. Elle savait ce qu'il était, et elle l'a fait mander quand même. Ce n'est pas la mélancolie qui l'a guidée, mais le devoir. Elle était… Elles étaient sans doute, dans le pétrin.

-Elle savait…

Avec un reniflement sonore, El ramasse l'enveloppe et y enfouit prestement cet ultime gage. Un soupçon effleure son esprit.

-Mademoiselle... Je… Pourrais la voir?
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeMar 12 Mai 2020 - 13:38


La peine et la tristesse qu’il dégage me font baisser la tête. Dans la pièce, il n’y a plus que le son des bûches cédant sous la chaleur, il n’y a plus que le bruit de nos respirations. Elazar est en souffrance. Je le sais parce que je le ressens au plus profond de mon être, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être est-ce le fait de voir un vieux visage tenter de contenir son chagrin. Peut-être. Je ne sais pas. Quoiqu’il en soit, il est ému. Il regarde les fleurs séchées avec une telle dévotion que j’en détourne la tête, un peu gênée, comme si j’assistais à des retrouvailles qui ne me concernent en rien.
Pourtant, au milieu de ce silence, quelques mots me parviennent. Une demande. Une demande tout à fait honorable et logique à laquelle je ne peux répondre défavorablement. Cet homme a fait un long voyage, le moins que je puisse faire est d’accéder à sa requête. Je me contente de hocher la tête d’un air entendu avant de me lever et d’appeler un serviteur en secouant une clochette posée sur mon bureau. Philippe entre dans la pièce et attend mes ordres, qui lui parviennent enfin, prononcés d’une voix quelque peu éraillée par l’émotion.

- Faites apporter une cape doublée pour Monsieur Redinem. Allez chercher de quoi me couvrir également, je vous prie. Tout de suite.

L’attente n’est pas longue. Le serviteur revient très vite dans la pièce déposant sur une table nos deux vêtements avant de s’en aller, quelque peu surpris. Je m’avance vers les capes et en prend une, que je dépose moi-même sur les épaules d’Elazar, les yeux rougis à force de retenir mes larmes. Cela le surprendra peut-être. Peut-être même qu’il aura un geste de recul mais j’en m’en fiche. Je dis, dans un souffle :

- L’hiver est rude à Fernel et le froid de la crypte est tout simplement insupportable pour quiconque n’y est pas habitué.

Je le laisse ajuster le vêtement à sa guise et me drape à mon tour de ma cape doublée de fourrure.

- Par ici, je vous prie.

Je le précède, évidemment, ouvrant la porte devant quelques serviteurs qui nous dévisagent avant de se regarder et de disparaître dans d’autres couloirs et pièces. Nous sommes seuls et le bruit de nos pas résonnent sur les larges dalles de pierre qui composent le sol de mon château. C’est un peu comme recréer cette veillée funèbre d’il y a quelques jours, le faste et le décorum en moins. En silence, nous arrivons devant une haute porte grillagée, toute de fer forgé. Je prends la torche qui flambe à côté de cette entrée et actionne le levier pour ouvrir la porte. Un courant d’air glacial nous enveloppe instantanément, faisant vaciller les flammes.

- Il y a quelques marches, elles sont humides. Prenez garde à vous, dis-je en me retournant vers lui.

Je le précède à nouveau et descends la trentaine de marches menant au sous-sol, dans lequel reposent mes ancêtres de Fernel. L’air est froid, sec, il pique le nez et les joues. J’y suis habituée, mais j’ignore comment le vit Elazar. En toute supposition, je présume qu’il ne doit pas se sentir bien du tout, surtout que nous évoluons sous des voutes de pierre grise, sinistres et lugubres à souhait. Nous arrivons devant une seconde porte, que j’ouvre également, une porte révélant un espace totalement plongé dans l’obscurité. J’inspire profondément avant d’entrer et d’allumer les deux torches placées de part et d’autre de la porte, diffusant une douce lueur sur les lieux. Je dépose ma torche dans un porte flambeau pour avoir les mains libres et regarde la pièce sans un mot. Un sanctuaire. Une nécropole. Un tombeau.

- Venez, Elazar.

Sans le vouloir, je l’ai appelé par son prénom. J’avance jusqu’à une tombe tout au fond de la pièce. Il s’agit d’un mausolée de pierre taillée, sur lequel est allongé un gisant. Une femme drapée d’une longue robe dont les deux mains sont jointes sur son ventre. Sous les mains sont taillées des fleurs. Son visage est beau, apaisé et doux, figé pour l’éternité dans un sourire discret. Le tailleur de pierre a fait un travail exceptionnel et a rendu hommage à ma mère en transposant fidèlement ses traits sur la pierre blanche. Des inscriptions que je ne comprends pas sont taillées dans la pierre, les chants préférés de mère, ses passages favoris. Ceux qui évoquaient pour elle le bonheur et la paix.
Je ne dis rien pendant quelques secondes, avant de murmurer :

- Je vous attends dans l'autre pièce. Prenez le temps qu'il faudra.

Là aussi, il s’agit d’une délicatesse de ma part. Peut-être, en effet, a-t-il des choses à dire à Mère, sans que je ne sois présente. Je m'éloigne donc, le laissant seul face à la tombe de celle qui ne l'a jamais oublié.

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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeMer 13 Mai 2020 - 21:48

[justify]


La porte se referme derrière le vieillard, ne lui laissant que les lumières de deux torches pour éclairer la statue. Physionomiste, Elazar se dit que le sculpteur ne lui a vraiment pas rendu justice, à moins que ca ne soit le sourire serein… Ce sourire étranger… Ou que la morphologie des traits de son aimée ne convienne réellement pas à la pierre.

Le cliquetis du pêne lui donne le signal. Se redressant, à l'aise parmis les ténèbres chichement repouss.es par la lumière chaude, il s'avance sans boiter vers le catafalque sur lequel il pose une main. Dans sa tête, il lui parle… Parce que els mots traversant l'air peuvent devenir des armes redoutables.

Ma vieille amie…

Mon amour, mon aimée... Que t'es t'il arrivée? Je ne suis pas revenu parce que j'ai tenu ma promesse… Pourtant, tu as su, tu as toujours su qui j'étais. et tu m'a attendu. Qu'est ce que je serais devenu si j'étais revenu après la mort de ton époux? M'aurais tu aimé autant? Aurais tu pris mon gamin sous ton aile? Aurait il fait un humain décent si tu avais été là?

La vérité Elisabeth c'est que nous avons été condamnés au départ. Ni mon père ni le tien n'ont voulu nous donner une chance. Ils avaient d'autres projets pour moi… C'est hilarant non? Te doute tu, ma fleur, que je me suis vengé? Ca doit, parce que tu ne m'a jamais appelé. Ni écrit. A moins que tu ne m'ais trouvé que récemment.


La main gantée richement du parfumeur se pose sur celles de pierre. Il soupire.

Le passé est fait. Tu m'a appelé non pas par amour, tu avais celui de ta fille. Ca se voit et se sent. Mais par devoir. Tu as glissé ce bouton de lys noir en espérant que je le verrais... et je l'ai vu. Mais ca ne me dis pas ce que tu attend de moi ma douce. Personne n'a connu ton côté diablesse comme moi, celui taquin… vif et curieux. enjoué et décidé. Bornée et têtue. Résiliente et implacable quand il s'agit de ta famille… Non, je suis le seul à connaitre cet aspect de toi, et je me refuse de croire que tu ais pu changer à ce point. Maintenant, il est trop tard. Il est temps de se dire adieu… Je devrai ouvrir ta tombe ma chère… Mais sache que l'image que j'aurai devant les yeux ne sera qu'un cadavre de plus sur ma route. Je n'en porterai aucun souvenir.

Par chance, l'air glacial de cet hiver préserve les chairs. Par malchance, il n'est plus cet homme de trente ans, fort et solide. Malgré le fait qu'il se tienne en forme, il sent peser de plus en plus le poid des ans. Sa défaite contre Dante le lui a prouvé.

Mais là où la force fait défaut, la magie et l'expérience compense. Aussi se met il au boulot. sans tarder

**************

Au bout de trente minute, épuisé, Elazar prend quelques instants pour reprendre son souffle, le couvercle lui donnant un accès limité mais acceptable à la dépouille de la dame de Fernel. Ensuite, il prend le temps d'aller chercher une torche avant de se mettre à inspecter le corp devant lui... Examen rendu difficile par l'état de congélation d'Elisabeth. Néammoins, le vieux trouve assez facilement ce qu'il cherchait.

Dame Louise!

Dit il avec autorité, appelant la jeune fille dans le tombeau. Il l'attend, torche dans une main, en repliant soigneusement ses lunettes de l'autre.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeJeu 14 Mai 2020 - 8:39


Si Elazar parle à ma défunte mère, je n’en entends pas un mot. Et même si je pouvais entendre, je n’écouterai pas. Tout ceci ne me regarde pas. Tout ceci concerne une personne qui est partie avec d’énormes secrets et une autre qui en est la clé.

Les murs sont taillés de telle façon qu’ils sont pourvus de banquettes de pierre luisante. Une intense fatigue m’envahit, me poussant à m’y asseoir, en silence. Il n’y a personne, il n’y a que la pénombre et la froide consolation d’une absolue solitude. Les larmes que je retiens depuis l’arrivée d’Elazar peuvent donc s’écouler sans que personne n’en soit témoin. Le visage enfoui dans mes mains, je ne peux plus empêcher mes sentiments de s’exprimer. Tout ceci est difficile. Extrêmement difficile. Des pensées contradictoires, puissantes et insupportables fusent en mon esprit déjà bien troublé par les derniers jours, et les larmes qui tombent en silence sur le sol froid n’en sont que l’amère expression.

Mère avait des secrets. D’énormes secrets. Bien sûr, chacun a son jardin privé, évidemment. J’en ai un aussi, même s’il n’y pousse rien du tout de bien concret. Un souvenir de voix profonde et grave, éveillant en moi des choses que je ne saisis pas. D’autres, plus nombreux, de sourires gentils et de regards doux provenant de la même personne. Des regards et des sourires que je n’ai pas eu le temps de contempler depuis mon retour de la capitale tant je suis submergée par le travail. A contrario, celui de Mère semble être envahi par de magnifiques et dangereuses fleurs, des fleurs empoisonnées aux couleurs chatoyantes entourant un champ de marguerites. Et je n’ai rien dit. Je sais tout et je n’ai rien dit. Parce que je voulais voir à qui j’ai affaire. Et ce que j’ai vu me fend le cœur en deux. Cet homme, cet Elazar Redinem, est bien plus que ce qu’il prétend être. Et mère savait tout.

Comment a-t-elle pu me cacher ceci ? Pensait-elle que cela me garderait en sécurité ? Elle a écrit des dizaines de lettres, dispersées partout à travers le territoire, pendant des semaines, jusqu’à ce qu’un courrier lui revienne avec les informations qu’elle convoitait : l’endroit où se trouvait Elazar. Elle lui a écrit un courrier, peu avant mon départ pour Serramire. Et on connait la suite.

Je me redresse en inspirant longuement avant de m’appuyer contre le mur froid, les yeux clos. L’envie soudaine de rester ici, longtemps, toujours, me traverse l’esprit. Plus de nouvelles désastreuses, plus de colère, plus de déception, plus rien. Ne rien ressentir. Ne plus rien ressentir du tout pour devenir un automate de marbre, sans peur ni joie. Sans crainte et sans amour pour personne. Que cela doit être reposant…J’ignore depuis combien de temps je suis ici, à attendre dans le froid. Je sais juste que dehors, les oiseaux que je pouvais entendre par le petit soupirail situé plus loin, ceux qui accompagnent le crépuscule, se sont tus. Il n’y a plus qu’un silence de nuit, seulement troublé par le petit clapotis de gouttes d’eau tombant quelque part et…un appel ? Je rouvre les yeux et me lève immédiatement, avançant en toute hâte pour ouvrir la porte et pénétrer dans le mausolée, tout de suite incommodée par une odeur épouvantable.

- Mais…Que…. ??!!??

J’approche du vieil homme, découvrant alors ce qu’il s’est passé ici, pendant que j’étais de l’autre côté de la porte. Dans un geste de dégoût, je pose ma main sur ma bouche, tentant de retenir une effroyable nausée. Il a ouvert le tombeau. Je revois ma mère, plusieurs jours après son décès. L’odeur qui se dégage de sa tombe est immonde. Je regarde Elazar, je la regarde elle, puis je le regarde lui à nouveau avant d’avancer vers la tombe, rapide, folle de chagrin et de colère de voir ceci.

- Qu’est-ce que vous avez fait !?!  

Elle est là. Le corps est relativement bien conservé par le froid mais cette vision, par la DameDieu. Cette vision de ma mère morte, cadavre gonflé ici et là tandis que des tâches parsèment sa peau…Son si beau visage déformé par la mort, la bouche grande ouverte…C’en est trop. Les mains accrochées au sarcophage, je sens quelque chose de tout à fait inédit se manifester en moi. Un sentiment nouveau. Un sentiment violent qui me fait mal, qui me fait tellement mal…Une fureur, une rage telle que je n’en ai jamais ressentie, pas même après cette cuisante humiliation au palais du Duc. Cette image de ma mère va me hanter pour le reste de mes jours, je le sais.

- Qu’avez-vous fait, Elazar…

Je me tourne vers lui, l’œil luisant.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeJeu 14 Mai 2020 - 21:46


Deux blocs d'acier gris se posent dans le noisette de la damoiselle. Le visage du vieillard est inexpressif. La torche à la main, il laisse Louise regarder sa mère. La réaction lui en dit beaucoup. Il sait déchiffrer la majorité des gens le vieux. S'il est appuyé sur sa canne, il ne semble pas en avoir réellement de besoin en cet instant précis.

-Mademoiselle... Je vais vous poser la question une seule fois. Et je vous prierais de me répondre rapidement et la vérité
… Il s'avance un peu, ménageant son effet. En cet instant, l'empoisonneur veut la déstabiliser… Est ce vous qui avez empoisonné OU fait empoisonner Dame Elisabeth à l'arsenic?

La canne claque au sol, martelant chaque parole dite. Les ténèbres autour de l'homme s'épaississent et deviennent mouvantes, diminuant la luminosité de la pièce, rendant cet homme somme toute quelconque, intimidant. La lueur inhumaine de son regard pâle s'intensifie… La voix du vieux, glaciale, donne des frissons dans le dos, porteuse de sombres promesses de vengeance à venir.

Voyez-vous, personne n'a réellement connu dame votre mère comme moi me plais-je à penser… Il n'y a qu'une raison pour qu'elle m'ait écrit et appelé à l'aide et je suis certain que vous savez exactement de quoi il en retourne à mon sujet malgré les apparences. Et même si vous ne le saviez pas, je n'ai ni l'humeur ni l'envie ni le temps de faire des cachotteries avec vous.

Elisabeth savait que je voudrais la voir… Elle fut toujours femme avisée et fine… Elle me connaissait mieux que moi même je crois. Comme je l'ai connu mieux que quiconque. Nous nous étions fait une promesse mutuelle…
.

La voix de El s'éteint. S'avancant en claudiquant, le vieux emmène ses ténèbres avec lui. Et se pose à côté de Louise, l'expression s'adoucissant légèrement quand il regarda de nouveau le visage tant chéri. Mais la colère transparait fugacement sous son visage las avant qu'il ne remette son masque d'home du monde.

Quand à la cause de sa mort, elle me vient d'être confirmée. L'arsenic laisse des traces très révélatrices… Et je crois que vous n'avez rien à y voir sciemment. Néammoins, jeune fille. Je crois que pour votre santé immédiate, il serait de bon ton que vous me racontiez ce qui se passe… Voyez moi comme un grand-père, un ami, un employé ou ce que vous voudrez, un empoisonnement de ce niveau en est un de longue haleine… Ici, il n'y a que les morts et moi pour vous écouter.    
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeVen 15 Mai 2020 - 8:43


Soutenir l’intensité d’un tel regard est difficile mais c’est un exercice auquel je suis rompue. Dans un monde rempli d’intrigues, de politique et de coups sous la ceinture, la franchise d’un regard est tout aussi déstabilisant qu’une insulte bien placée, tout en ayant le mérite de ne pas compromettre une réputation. Cela étant, personne ne m’a jamais regardée de cette façon, comme si j’étais coupable d’une chose atroce, une chose qu’il ne tarde pas à énoncer et qui me heurte avec la violence d’un poing en pleine face. Je sens tout mon sang quitter mon visage, je vacille même sous l’accusation, affreusement peinée par une telle question. La réponse vient, pourtant, alors qu’un regain de colère s’empare de moi.

- Comment OSEZ-VOUS insinuer une telle chose ??!?? N’avez-vous donc aucune retenue ? Aucune pudeur ?

Est-ce mon imagination ou les choses semblent soudain en mouvement autour de lui ? Qu’est-ce que cela ? Appuyée dos contre la sépulture ouverte, je ne peux plus vraiment détacher le regard de ce que je vois en cet instant, oscillant entre une sensation de malaise et une fascination qui n’a carrément pas lieu d’être en un moment pareil. Et cette sensation s’accentue à chaque seconde, alors qu’il approche et qu’il parle, comme s’il était devenu quelqu’un d’autre, un autre infiniment dangereux et dont il ne vaut mieux pas s’approcher.

Je ne peux plus vraiment détacher mon regard de cet homme, j’en suis incapable. Sauf là. Maintenant. Alors qu’il parle à mots couverts de ce qu’il est.

- Je sais tout, en effet. Je le savais bien avant votre arrivée…

Les mots posés dans le journal de mère ne font pas uniquement référence à l’amour qui la liait à cet homme présentement debout à mes côtés, occupé à regarder le cadavre de la femme qui l’a aimé en secret pendant de si longues années. Il y avait autre chose. Des choses bien plus édifiantes et qui m’ont poussées à rester cloîtrée dans ma chambre sans voir personne. En sachant ce que je sais, d’aucun aurait jugé totalement fou de recevoir un homme tel que lui seule, dans une pièce sans témoin, sans arme à ma disposition. D’aucun aurait jugé qu’il est totalement inconscient de me retrouver ici, avec lui, dans une pièce plongée dans les ténèbres, en sachant ce qu’il est. Ce qu’il fait. Et tout ce que cela implique. Et pourtant…Elazar Redinem a été reçu avec tous les égards parce que, précisément, je savais tout. Et que je voulais en savoir davantage. Juger par moi-même et non par l’intermédiaire de mots posés sur un parchemin vieux de plusieurs années.

Il est terrifiant. Je sens, en cet instant même où il est tout proche de moi, toute la fureur, la froide colère qui se débat en lui alors que son visage reste presque impassible. Au fond de moi, je sais qu’il est dangereux. Il EST dangereux, je n’en ai jamais douté. Et pourtant je me plais à croire, très naïvement sans doute, que cet homme-là n’est pas ici pour me faire du mal. Il n’est pas là pour ça. Il a eu cent occasions de me causer du tort, dès l’instant où nous avons été mis en contact. Et il n’a rien fait.

- …Mère a tout consigné dans un journal.

Je m’éloigne alors de lui pour me placer de l’autre côté du sarcophage, pour lui faire face, le corps de mère entre nous. De l’arsenic. La nouvelle est lourde de conséquences. Alors que le vieil homme me pousse à parler, j’en suis pendant quelques secondes totalement incapable. Empoisonnée. Mère a été empoisonnée. Et cela a duré pendant des semaines, peut-être même des mois. Ce qui implique une autre déduction, tout aussi déroutante et effrayante. Je le regarde enfin, les mains crispées sur le bord du sarcophage, parlant enfin, la voix totalement enrouée par la colère, le chagrin et quelque chose de si violent que je me demandais si j’allais sortir d’ici en pleine possession de mes esprits.

- A la mort de père, mère a été convoitée par les seigneurs voisins qui désiraient annexer nos terres aux leurs. Elle a toujours refusé pour des raisons politiques et d’autres raisons…que je comprends mieux depuis que j’ai lu son journal. A cause de ces refus, nos voisins directs ont entamé une campagne de sabotage et d’exactions visant à nous mettre à genoux. Mère a résisté de toutes ses forces mais… Elle est tombée malade, peu à peu, et je…A court de solutions…Je l’ai laissée ici…sous la surveillance de nos fidèles serviteurs pendant que je partais plaider notre cause à Serramire, implorer le Duc de nous venir en aide…Elle était morte à mon retour…

C’est en énonçant tout ceci que je me rends compte soudain de toute l’horreur de la situation. Les yeux agrandis par l’effroi, je vrille mon regard à celui d’Elazar, blême.

- On l’a assassinée. On l’a achevée pendant que j’étais loin. Quelqu’un en qui j’ai confiance…quelqu’un, dans ce château, a assassiné ma mère, pour que je devienne la Dame de Fernel à mon tour et que je sois en position de faiblesse…Quelqu’un probablement à la solde d’un de ces hommes…Elazar…

La conséquence de cette déduction s’impose à mon esprit : tout le monde sous ce toit est en danger. Tout le monde. A court de souffle, je regarde ailleurs, l’esprit soumis à de violentes contradictions, le cœur battant à tout rompre.

- J’ai laissé ma mère mourir toute seule, sans défense.

C’en est trop. Les larmes affluent, inondant en silence mes joues blêmes. Je ne peux rien dire de plus, un atroce sentiment de culpabilité s’empare désormais de moi, alors que je regarde le visage de mère, figé dans la mort.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeVen 15 Mai 2020 - 14:19

Diagnostic? Etat de choc à venir. Le vieux sait qu'il a poussé le bouchon assez loin pour le moment, maintenant il faut la laisser mijoter un peu. Il n'est pas con, Elazar sait pertinemment qu'elle ne lui a pas tout dit. Elle doit être, elle aussi, pressée par les seigneurs. Pourquoi ils marieraient la mère quand la fille est jeune et fertile?

Le fait qu'Elisabeth ait tout consigné dans son journal le fait tiquer un peu. Mais c'est une chance en un sens, le livre pouvant être une source conséquente d'indices et d'informations. Mais pour y avoir accès, il faut remettre la jeune châtelaine d'aplomb.

Deux bras noueux prennent Louise par les épaules et la tourne vers le vieillard qui l'enlace doucement, protecteur. Il marque un moment de pause, la laissant inonder son épaule de ses larmes. Les ténèbres refluent, laissant la pièce glaciale comme elle était. Par dessus l'épaule de la Dame de Fernel, Elazar contemple le visage d'Elisabeth d'un air étrange, comme si elle lui parlait et qu'il entendait cet appel d'au delà des tombeaux.

Mademoiselle, j'ai été indélicat, j'en suis profondément attristé. Vous n'y êtes pour rien dans l'histoire. Cependant j'ai pris sur moi le devoir de vous annoncer la nouvelle brusquement sans vous ménager par pur égoïsme, veuillez me pardonner. C'est le propre de ce genre d'action: circonscrire, isoler, soumettre, dominer. Celui qui a fait cela est un futé qui a presque réussi son coup mais votre mère a été son égale, elle a fait un match nul pour le moment nous gagnant un peu de temps, le temps de deuil nous sera vital pour comprendre, trouver et retourner ses armes contre lui…  Vous n'êtes pas seule… Prenez le temps qu'il vous faut ma chère, vous avez le droit de pleurer tout votre saoul, le reste pourra attendre demain...

Doucement, il la guide vers l'autre salle, la berce en silence jusqu'à ce que ses larmes se tarissent enfin. Elazar la laisse alors pour aller refermer le couvercle du catafalque, avant de revenir.

Laissez moi vous raccompagner dans vos quartiers mademoiselle. J'aimerais aussi que vous preniez un bon vin épicé et un bain chaud. Puis je vous suggérer un somnifère? J'ai éprouvé vos nerfs et j'en suis fort marri.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeVen 15 Mai 2020 - 18:27


Je ne m’y attendais pas le moins du monde. Une pression s’exerce sur mes épaules, une pression douce, non hostile, un mouvement délicat et tout simple qui m’attire contre lui, si près que je peux déposer ma tête sur son épaule, pour y pleurer en silence. Je ne sais ce qui me bouleverse le plus. Toutes ces révélations ou le geste qu’il vient d’avoir pour moi. Peut-être bien les deux à la fois. Quoi qu’il en soit, je ne peux pas en profiter, je suis tout simplement en état de choc, les tempes battant au rythme effréné de mon cœur, un cœur qui pulse si vite qu’il m’en fait mal. Pourtant…C’est bon, de ressentir un peu de chaleur humaine, même si elle provient d’un étranger. Le premier amant de ma mère, son unique amour. Je n’ose faire de même, je n’ose l’enlacer à mon tour, par crainte de paraître déplacée, par crainte de je ne sais quoi.

Ses explications, je les comprends, mais les entends à peine. Oui, s’il a agi comme cela, c’est qu’il avait une bonne raison, je présume. Enfin je crois, je ne sais plus très bien de quoi il retourne, de comment il retourne, tant des pensées contradictoires, violentes et pleines de souffrance ont envahi mon esprit. Toute mon âme crie vengeance, tout mon esprit en appelle à la mort de celui qui a commandité cela, tout autant que celui ou celle qui a donné ce poison à Mère afin de la faire mourir et de me livrer plus facilement à l’un de ces hommes. Jamais de ma vie je n’ai ressenti autant de sentiments violents en même temps, j’ai l’impression de mon corps tout entier brûle de l’intérieur.

- Ne partez pas, aidez-moi à trouver celui qui a fait cela…

Je me dégage de son étreinte pour accrocher son regard.

- Restez. J’ai besoin de vos compétences, je veux en savoir plus, je veux tout savoir…Restez, je vous en prie, Elazar.

Je prends place sur le banc de pierre que j’avais quitté un peu plus tôt, pendant qu’il retourne auprès de Mère afin de sceller son tombeau. Le visage dans les mains, je pense en vrac à ce que je dois faire. Ne rien laisser paraître. Préserver Efren et Aaron. Faire comme si de rien n’était. Ecrire à Claude pour soulager mon cœur, puisque je ne peux en parler à personne. Faire en sorte qu’Efren et Aaron soient en sécurité. Donner des ordres en ce sens. M’enfuir avec Lasgalen. Ne suspecter personne de manière intelligible, y compris mes nobles invités d’Höginheim. Tuer quelqu’un. Je lève un instant le regard sur les dalles grises, l’esprit plongé dans des tourments indicibles. Oui…je pense que je pourrais tuer celui qui a fait cela. Lentement. De la même façon que Mère a souffert et est morte. La petite fiole donnée par Claude est toujours en ma possession…Je la retrouverai pour la montrer demain à Elazar. Il faut que je donne des ordres pour qu’il soit installé au plus près de mes quartiers personnels. Rhaaaa ! Trop de pensées en une fois, j’inspire profondément.

Voilà que revient Elazar. Je me lève, les yeux brûlant d’une fièvre terrible, et murmure :

- Donnez moi ce qu’il faut pour que je puisse dormir sans rêve pendant quelques heures. Je sais que vous pouvez le faire. Je vais donner des instructions pour que vos appartements jouxtent les miens. Vous aurez ce que vous voudrez en échange de votre aide. Je VEUX qu’on mette la main sur celui qui a fait cela. Je VEUX qu’il souffre. Et je VEUX qu’il meure.

Je lève un regard sur mon étrange invité, un regard luisant de quelque chose d’inconnu jusqu’ici, une lueur qui pourtant disparait alors que je remonte les marches pour réintégrer le monde des vivants. Elazar est à mes côtés dans le couloir plongé dans la pénombre. Les serviteurs encore présents reçoivent mes directives et s’y attellent sans attendre tandis que je réintègre mes quartiers, en compagnie du vieil homme. Après quelques minutes à tourner en rond comme un fauve en cage, les serviteurs viendront me prévenir que le logement du sieur Redinem sont prêts. Avant qu’il ne disparaisse, je le salue d’un bref signe de tête et murmure :

- Il y a une porte donnant sur mes appartements dans vos quartiers, elle est dissimulée par une tapisserie. Ne passez pas par les couloirs. Venez sans attendre, sans faire de bruit. Nous aurons à discuter de choses sérieuses. Bonne nuit, Elazar.

Je le laisse s’en aller avant de me dévêtir, seule, ayant demandé une absolue solitude, et de me glisser entre mes draps froids pour plonger dans un sommeil sans rêve, un sommeil initié par une mixture préparée par mon mystérieux invité.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeSam 16 Mai 2020 - 0:52

Comme promis, la chatelaine dormi de longues heures, sans faire de rêves.

Il ne l'a pas promis, mais El n'a pas l'intention de partir. Il a quelque chose à faire en ces lieux. Préserver la famille d'Elisabeth. Ca lui semble une forme de rédemption pour tout ce qu'il a raté pour la sienne propre. De toute façon, il ne mélange jamais sentiments et travail. En ce moment, il a de la reconnaissance à faire. Elazar sait qu'il doit réfléchir aussi. L'ennemi a plusieurs coup d'avance sur eux mais ca ne lui fait pas peur. Depuis que les Silencieux ont été chassés et quasiment tous exterminés, il n'a plus peur de grand chose. La mort est une vieille amie qui se refuse de lui passer la faux.

Cette nuit là, en divers endroits du château, les ombres se firent plus épaisses, parfois mouvantes. La porte communicante entre les quartiers de Louise et d'Elazar ne furent pas ouverts. Pourtant, une main tavelée vérifia le front, puis le pouls de la jeune fille. Alors seulement le vieil assassin s'accorda quelques courtes heures de repos tandis que son valet, apprenti plutôt, veillait au grain.

Pourtant, le lendemain tôt, il était là, dans la chambre de la Dame de Fernel, attendant patiemment son réveil. A défaut d'être agréable, il souhaitait que le sommeil fut réparateur. Il y a beaucoup à discuter. Et ca ne peut pas attendre. Assis sur une chaise a côté de la porte de façon à être caché si cette dernière s'ouvre, il attend, les mains posées sur sa canne, rasé de frais, impeccable, comme s'il avait dormi paisiblement toute la nuit.

Les vieux n'ont pas besoin de beaucoup de sommeil, c'est un des rares avantages du troisième âge.Le parfumeur attend patiemment qu'elle émerge de ce sommeil sans nom.

Ravi de vous voir éveillée mademoiselle Louise. Comment vous sentez vous ce matin?
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeSam 16 Mai 2020 - 12:32


Pour la première fois depuis des jours, un sommeil lourd, dépourvu de tout rêve, de tout cauchemar, m’a fait sombrer dans de profondes ténèbres. En ouvrant les paupières ce matin-là, aucun pensée négative ne vint troubler ce petit instant magique qui suit le sommeil et qui précède le total réveil. Un tout petit moment où tout est permis, y compris de croire que le meilleur est à venir et que les Ténèbres ne s’intéresseront pas vous. Cela étant, ce tout petit moment de grâce a tôt fait de s’envoler. Je me réveille totalement enroulée en boule dans mon lit, maintenue par mes draps qui m’emmitouflent comme un cocon. Je ne veux pas vraiment sortir de mon lit, je pose mon regard sur la fenêtre indiquant l’aurore, une aurore de neige, merveilleusement scintillante. Avec de grands efforts, je parviens pourtant à m’extraire de ces doux liens confortables pour m’asseoir, mes cheveux tombant en flots bouclés sur mes reins. J’ai la tête lourde. Sûrement cette potion qu’il m’a donnée hier…Il…

- … !!!

En parlant du loup…Sa voix me fait un instant sursauter avant que je ne me retourne et drape à la hâte mes épaules d’un drap de mon lit, le temps que je me rappelle que c’est moi qui lui ai dit de venir ici au plus vite dès le matin. Cela étant, je n’imaginais qu’il serait là, tapis dans l’ombre à attendre tranquillement, la cane à la main.

Je me lève et arrange un peu ma longue chemise de nuit tombant sur mes pieds. Elle est d’une remarquable simplicité. Le tissu est fin, les manches sont longues et retenues aux poignets par une petite cordelette de velours bleu. Le col est agrémenté d’une toute petite broderie, un oiseau bleu tandis qu’une autre cordelette dissimule tout ce que pourrait réprouver la bienséance. Le drap est donc en soi totalement inutile mais il n’en reste pas moins un homme dans la chambre d’une jeune fille. Et si ce genre de choses est courante ailleurs, cela ne l’est pas pour moi, et cela l’est encore moins à Fernel où les traditions et les codes sont respectés par tous, moi la première.

- Elazar…Bonjour. Hem…Je ne vous attendais pas si…tôt. Vous êtes là depuis longtemps ?

Je me dirige vers la petite clochette et appelle donc un serviteur. Une dame entrera, sans apercevoir Elazar, qui est admirablement placé pour tout voir sans être vu.

- Bonjour Sylvie. Apportez-moi de quoi me restaurer, de l’eau fraîche deux tasses et mes courriers du jours s’il y en a. Je m’habillerai seule et ne veux pas être dérangée ce matin.

Sylvie ouvrit la bouche pour répondre mais s’incline et disparaît avant de revenir, quelques minutes plus tard avec ce que j’ai demandé. Elle dépose le tout sur une petite table, les sourcils froncés, sans dire un mot et disparaît à nouveau. Je regarde Elazar et tends la main en direction d’un fauteuil un peu plus confortable que cette chaise sur laquelle il se trouve.

- J’imagine que vous n’avez rien mangé. Je vous en prie, venez.

Il y a quelques fruits, une boisson chaude et parfumée dans une espèce de grande théière, du pain et ce qui ressemble à du miel dans un petit pot. Il y a aussi trois rouleaux qui m’attendent mais je les lirai plus tard. Je prends place dans un petit fauteuil et verse les boissons chaudes dans les tasses, tâchant de rester digne même si je suis en chemise et non coiffée.

- Avez-vous bien dormi ?
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeSam 16 Mai 2020 - 21:03

Sous les airs de grand-père en apparente indifférence face à l'indécence matinale de Louise, Elazar ne peut s'empêcher d'admirer le spectacle. Pudiquement, le vieux détourne le regard, mais c'est pour mieux l'envisager de biais quand la châtelaine pense qu'elle ne le regarde pas.

Il y a des choses qui ne changent pas. Ca le fait rajeunir de 20 ans en fait. Il aurait seulement dix ans de moins qu'il…

*****

...Elazar Redinem s'avance... dix ans de moins disions nous? Qu'est ce qu'un homme pourrait faire avec dix ans de moins? Il n'a ni canne ni lunettes et ses yeux gris captent la donzelle aussi sûrement que ceux d'un loup capture la biche effrayée. Il est un peu plus musculeux, certes. Il n'y a pas de contrat ni le fantôme d'Elisabeth qui se dressent entre eux.

Elle est avenante la Louise tandis qu'elle recule un peu, les lèvres mordues par l'indécisions, les joues rougies par l'excitation... Ses seins pointant au travers de la chemise de nuit appellent à une exploration tactile des plus poussée. Elle le veut elle aussi, c'est flagrant. La façon dont elle recule en cambrant indécemment les reins, la chaste et fine chemise de nuit à contrejour révélant ses courbes jeunes et fermes.

Dix ans de moins et aucun contrat, il la prendrait par la taille et la soulèvement facilement, probablement que cette dernière passerait ses mains dans les cheveux bruns de l'homme, elle dévoilerait son cou qu'il inonderait de baisers passionnés et marquerait d'un suçon ou deux…

….

*********


- Avez-vous bien dormi ?


Reprenant instantanément contact avec le moment présent, El a son bon sourire de grand-père. Louise ne sait pas ce qu'il pense, Elisabeth l'aurait su tout de suite. Elle avait le flair pour ça.

Oui, très, merci mademoiselle. Et ne versez pas de thé. Il ne faut pas salir la deuxième tasse parce que notre ennemi saurait alors que vous auriez eu un visiteur. J'ai demandé, pour ma part, que mon valet me monte mon déjeûner dans mes quartiers. Je suis indisposé par le chagrin aujourd'hui, personne ne s'étonnera donc de ne point me voir.

**************

… Une main perdue dans les longues boucles brunes, retenant avec force le doux visage vers l'arrière, l'obligeant à se cambrer voluptueusement.  Sans attendre, la seconde arracherait cet amas de tissus superflu, pour révéler sans aucun doute une peau pâle comme l'ivoire et sans défaut aucun. Ensuite il la plaquerait face à la fenêtre, afin qu'elle puisse voir son  peuple en bas, inconscient de ce qui se passe, pendant qu'il caresserait son corp nu et offert telle une délicieuse friandise.

Oh que oui… Elle ressemble tellement à Elisabeth et cette dernière adorait ça. Sauf les sucons dans le cou. La seule fois, il recut une gifle retentissante qui n'eut cependant pas comme effet de ralentir ses ardeurs, loin de là…




*********************

Le visage toujours pudiquement tourné vers le mur, Elazar répond de sa voix calme et distinguée.

Nous avons des choses très importantes à discuter ce matin et il ne faut pas prendre trop de temps aussi, si vous me le permettez, je vais passer outre les civilités d'usage pour aller dans le vif du sujet…

Il marque une pause, calme et posé, professionnel, parfait exemple d'empathie et de compassion

Depuis combien de temps cette situation perdure? Pourriez vous me raconter tout, du début, ou du moins du plus loin que vous vous souvenez, avec les dates si possible?

********************

...Oh, cette croupe! Les deux globes célestes dans lesquels il mordrait à pleine dents… Il est certain qu'elle doit bien gémir son plaisir.   
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeSam 16 Mai 2020 - 22:01


Il a raison. J’évite donc de verser la tisane dans la seconde tasse afin de ne pas éveiller les soupçons. Cependant, j’ai quelques scrupules, désormais. Les yeux posés sur la tasse, j’en arrive à la respirer profondément, inquiète soudain. Et si ma boisson était, elle aussi, assaisonnée de telle façon que je pourrais mourir de la même manière que Mère ? Cette pensée me fait garder un long moment la tasse dans ma main avant de replacer une longue mèche de cheveux marron derrière mon oreille, ne sachant pas comment réagir.

- Il est affreux de devoir me méfier de tout et de tout le monde. Tous les serviteurs de ce château sont des personnes que je connais depuis des années. C’est tout à fait intolérable d’en arriver là…mais…Elazar…

Je tends la main vers lui, et dans cette main se trouve la tasse que je viens de remplir. Je le regarde avec un sourire timide, espérant ne pas dépasser les bornes avec cette demande mais je dois savoir.

- Pourriez-vous…s’il vous plaît…me dire si ceci est sans danger pour moi ?

Dans ce geste que je fais, un pan du drap tombe de mon épaule. Je dépose donc la tasse sur la table avant de replace le tissu correctement, un peu gênée et intimidée aussi. Il est intimidant, en fait, sous son air bonhomme. Tout aussi intimidant que toute cette situation. J’espère, très sincèrement, qu’il ne s’imaginera pas que je suis une fille légère parce que je le reçois à mon lever. La nécessité est telle que, malheureusement, je dois prendre quelques libertés avec la bienséance.

- Laissez moi réfléchir une minute.

Je me lève, un frisson vient de me parcourir, me rappelant que le feu qui réchauffe ma chambre est sur le point de mourir. Sans attendre et pour éviter d’avoir froid, je me dirige vers un petit panier d’osier situé à côté de la cheminée et me penche pour en saisir deux morceaux de bûches fendus leur milieu, là où le bois est bien sec. Je dépose le tout sur les braises et reste là, à attendre que le feu reprenne, ce qui ne manque pas de survenir au bout d’une minute ou deux. Je reste là, face à la douce lueur du feu, tendant les doigts vers les flammes pour les réchauffer, tandis que j’essaye de synthétiser une chronologie. Les flammes dansent joyeusement désormais et une douce chaleur m’enveloppe. Je peux réintégrer ma place, tout en replaçant une nouvelle mèche de cheveux derrière mon oreille.

- Je ne peux pas vous donner de date précise, tout cela a commencé à la mort de Père.

Je me penche afin de me saisir d’un fruit, une pomme, que je garde entre mes mains, la faisant rouler entre mes doigts, alors que je revis, une fois de plus, des événements peu joyeux.

- Après la longue période de deuil, un émissaire est venu au château, porteur d’une demande en mariage. Mère a jeté la lettre au feu. Je le sais parce que j’étais là. Puis elle a reçu une autre demande, d’un autre seigneur, sans qu’elle n’y réponde favorablement. Elle est tombée malade à peu près à ce moment là, je crois. Dans le même temps, ces hommes commençaient une série de manœuvres à nos frontières, terrorisant les paysans qui sont venus chercher refuge ici. Tout cela afin de lui forcer la main, sans doute.

Je croque dans la pomme avant de le regarder lui et continue, essuyant le jus qui coule sur mon menton à l’aide d’un petit mouchoir sorti de la manche de ma chemise.

- Ils étaient nombreux mais ils ont tous été reçus et nourris. Et depuis ce temps là, tout a continué jusqu’à ce que j’implore ma mère de me laisser partir, afin que je puisse solliciter l’aide du Duc dans cette affaire. Sa Grâce a refusé. Et quand je suis revenue…Mère était morte.

Je regarde la pomme mordue, de longues secondes, avant d’accrocher son regard.

- Par quel moyen allez-vous obtenir ce que vous voulez ? Il y a tant de gens dans ce château, des visiteurs, des paysans, des serviteurs…Qu’est-ce qui vous serait utile afin de vous permettre d’obtenir ce que vous désirez, Elazar ? Que puis-je faire ?

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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeDim 17 Mai 2020 - 21:02

Pour ne pas affoler la jeune fille, Elazar ne bouge pas, la laissant déposer la tasse sur la table. Il continue de regarder pudiquement le mur, en homme du monde. Néammoins, les deux regards se croisent avant que les yeux gris ne portent leur attention sur la tasse qu'il prend, examinant attentivement le contenu. Histoire de se changer les idées vous voyez. Pour faire bonne mesure, il en prend une gorgée qu'il roule dans sa bouche longuement, pour tester le produit.

D'après moi, Dame, ceci est sans danger pour vous. Pour le moment, vous ne risquez rien, votre adversaire étant paralysé par la période obligatoire de deuil. Il serait malséant et mal avisé de vous presser en ce moment, les autres soupirants ne le prendraient probablement pas bien non plus. Celui qui a assez de finesse et de patience pour monter un plan long terme comme cela ne brusquera rien si près du but.  

Le vieil homme la laisse mettre les bûche dans le feu et se chauffer les mains, sans rien ajouter ni brusquer, enfouissant admirablement ses pensée dans le tréfond de son esprit. Croisant les jambes, il pose sa canne de travers sur ses genoux et pose les mains par dessus, en signe d'extrême attention.

A la fin de la tirade de Louise, Elazar se lève sans un mot et va à la fenêtre de la chambre, sa canne claquant lourdement au sol. De son poste d'observation, les yeux gris contemplent le domaine enneigé, s'attardent sur quelques formes équines au loin. Il prend le temp de réfléchir à la question.


Je n'ose croire que vous n'avez pas été pressée par les mêmes prétendants que dame votre mère. J'ai besoin de lieux, de dates et de noms. Des noms des seigneurs qui vous ont tant pressées de leur assiduité, vous et elle. J'ai pris des disposition pour que, dans ma chambre, il y ait toujours à manger des produits qu'Eugène aura été choisir lui-même, si vous êtes incertaine, passez dans mes quartiers et prenez y ce qui vous sustentera et laissez votre nourriture en échange. Attention, la nourriture, pas les assiettes, chaque détail compte.  

Impassibles, les yeux descendent dans la cours, alors qu'il inspecte chaque recoin visible.

Il me serait utile et plaisant que vous continuiiez à agir le plus normalement possible. Me dire où se situe le registre de vos employés de maison aussi me serait indispensable, ne me l'amenez pas, j'irai le lire sur place… Ainsi… Je sais que c'est délicat, mais le journal de Dame Elisabeth, il me le faut. Elle a peut-être eu connaissance de quelque chose.

Il se tourne vers la Dame de Fernel, solennel.

Qui, selon vous, serait au dessus de tout soupçon? Y a t'il quelqu'un qui vous rend mal à l'aise en sa présence?
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeLun 18 Mai 2020 - 8:58


- Vous avez sans doute raison, Elazar, mais…Je ne sais plus que croire, qui croire, tout me semble si…dangereux. Hostile. Violent. D’une certaine manière, j’ai été épargnée grâce aux soins attentifs de Mère. J’ai du mal à appréhender ce monde, à en voir la noirceur. A en voir toutes les Ténèbres. Le fait que quelqu’un ait tué ma mère, elle qui était la douceur même…Cela montre à quel point ce monde est malade. Et je ne suis pas armée pour l’affronter.

Je m’emmitoufle dans mon drap, comme si ce mince bout de tissu pouvait servir de bouclier contre ce monde dont je commence à peine à percevoir tout le danger. Il se lève, pour se déplacer jusqu’à la fenêtre, la canne à la main, et je ne peux m’empêcher de le suivre des yeux. Quel étrange personnage…Il y a quelque chose qui m’intrigue terriblement chez cet homme. Pondéré, impassible, d’un calme sidérant, il cache, et de cela j’en suis absolument certaine, tout un panel de choses obscures dont il ne laisse pratiquement rien filtrer. J’en ai eu un bref aperçu dans la crypte, alors même qu’il m’accusait d’avoir fomenté le meurtre de ma propre mère. Là, j’ai vu ce qui se cache, un bref instant, derrière le gris de son regard bonhomme.

- J’écrirai toutes les informations que vous désirez sur un petit parchemin, je le déposerai moi-même dans votre chambre. Et vous avez raison, Elazar…J’ai eu, moi-même, à subir les tentatives de séduction tout à fait grossières de ces hommes. C’est également pour cela que j’ai pris la route, afin de demander l’aide du Duc.

Je m’appuie sur le montant de fauteuil. La tête posée dans ma main, accoudée sur mon siège, pensive, gardant le silence de longues secondes, je réfléchis.

- Je vais vous confier ce registre, il est ici. Mais…le journal de Mère…

Je finis par me lever et par me diriger, en silence, vers un petit bureau fermé à clé. Je replie le drap et le dépose correctement sur mon lit, mourant de chaud, avant d’ouvrir ce fameux tiroir qui recèle bien des choses. J’en sors un registre, assez épais, reprenant la liste de tous les membre du personnel, de tous les serviteurs, la date de leur arrivée, leurs gages, leur nom et d’où ils proviennent. Il y a également les noms transcris par les gardes, les noms des paysans qui ont eu recours à ma charité, en s’installant ici, le temps que la situation se calme là où ils résident. Je dépose le registre sur un coin du bureau avant d’en sortir un autre livre relié par du vieux cuir tanné par les années. Sur ce journal roule une petite fiole, la petite fiole confiée par Claude, que je dépose sans y penser sur le bureau également. Serrant le journal contre moi, je n’ose plus vraiment regarder Elazar. Il y a là-dedans toutes les pensées les plus intimes de ma mère, que j’ai lues, et qui sont bouleversantes, tant et si bien que j’ai des scrupules à les confier à Elazar. Ne serait-ce pas remuer un couteau rouillé dans une plaie ouverte que de lui faire lire ceci ? Je ne sais pas.

- …outre les informations que vous demandez, il y a ici…toutes ses pensées les plus intimes. Et je…peut-être sera-ce difficile pour vous de lire cela.

Approchant du vieil homme, le registre dans une main, le journal contre moi, je lui tends d’abord le registre avant d’hésiter une seconde, et de lui tendre le journal, en inspirant profondément.

- Prenez en soin, c’est tout ce qu’il me reste d’elle.

Triturant mes mains en regardant les deux livres dans les mains d’Elazar, j’ajoute enfin :

- Mes deux conseillers sont au-dessus de tout soupçon. Geoffroy servait mon père. Quant à Aaron…

Je sens une chaleur rosir mes joues, je préfère me détourner de son observation pour reprendre ma place, dans ce fauteuil, gênée :

- Il a mon entière et absolue confiance, tout comme son fils, Efren. Il n’y a rien à craindre de ces trois hommes. S’ils avaient voulu me faire du mal, ils l’auraient fait depuis longtemps, car ils ont eu chacun eu cent occasions de le faire.

Je me penche vers les victuailles afin de prendre un morceau de pain, songeuse.

- J’espère que cela vous aidera dans vos recherches. Je m’efforcerai, de mon côté, d’agir comme d’habitude, même si cela implique de dissimuler des choses à mes conseillers. Je souhaite vivement les épargner, leur éviter tout danger et tout risque. Ils me sont chers, Elazar.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeLun 18 Mai 2020 - 21:12

Alors il faudra me parler de ces trois hommes mademoiselle... Pour ma part, je prends comme principe de départ que tout les gens de ce château, homme comme femme comme enfant, sont coupable. pense t'il avant d'enchaîner. Parce que nous aurons besoin d'aide, pour sûr, mais je ne puis m'engager à faire confiance à n'importe qui aveuglément.

C'est alors que le soleil qui luit sur la fiole attire son regard. De la distance qu'il est, le vieux peut voir que l'étiquette est écrite en rouge… Il connait ce modèle de récipient, il n'y a juste une personne pour écrire de cette couleur. Elazar ne renchérit pas… Ce n'est pas le moment et si Dante est là, il va se manifester à plus ou moins courte échéance. Reculant un peu après avoir pris les livres dans ses mains, la canne claque au sol tandis qu'il prend congé avec une profonde révérence.

Si on vous demande, dites que le chagrin m'a terrassé et que je suis cloué au lit mademoiselle… Je vous souhaite la meilleure journée possible et si vous avez besoin, cette raison pourra expliquer un air potentiellement soucieux et des visites à ma porte. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser...

Prenant la porte communicante, Elazar repasse dans ses quartiers sans plus attendre, il a beaucoup de lecture à faire semblerait il.

Eugène? Nous avons du boulot.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeLun 18 Mai 2020 - 21:32

Le journal que tient Elazar est un livre patiné par les nombreuses années d’écriture solitaire de son ancienne propriétaire. La couverture est de cuir épais, de face comme de dos, et renferme des dizaines de pages écrites à l’encre bleue, sans la moindre rature. Une écriture penchée, délicate, totalement féminine.

Le recueil commence aux premiers jours de la vie de la Dame de Fernel en ces lieux. Sur les premières pages, certains mots sont dilués, presque effacés, comme si de l’eau y avait été renversée sporadiquement.


Cher journal,

Il faut que je puisse déposer le lourd fardeau de mon cœur quelque part, j’espère que tes pages seront aussi sûres que ne le sont les Ténèbres. Il m’est impossible de me confier à qui que ce soit, je suis ici en terres étrangères au bras d’un homme que je n’aime point, dans un pays qui m’a accueillie avec méfiance, sans aucune parole amie.

Le paysage est triste, un paysage d’hiver et d’arbres morts, un paysage de montagnes, froid, sans joie aucune. Je songe avec amertume à mes champs de fleurs que j’ai laissés là-bas, dans le sud, ceux dans lesquels j’aimais tant me promener. Des champs qui me rappellent mon aimé, celui à qui j’ai du dire adieu pour épouser le seigneur de Fernel.

Journal…Il était encore avec moi, la veille de mes noces. Il était là, nu dans mes bras.

Lorsque je lui ai appris la nouvelle de mes fiançailles soudaines, j’ai du prendre ce masque de froideur affreuse que je déteste arborer, dans l’espoir qu’il s’en aille, qu’il m’oublie, pour que je puisse l’oublier aussi. Je ne voulais pas. Je ne voulais pas m’en aller, je ne voulais pas lui faire du mal. Et pourtant je n’avais plus le choix, je devais épouser le Seigneur de Fernel, le seul qui avait bien voulu de moi en échange de généreuse compensations financières. D’ordinaire, on donne les filles en mariage pour former une alliance. Moi, on m’a vendue à cet homme parce qu’il était le seul à vouloir de moi après ce que j’ai dit à Père, dans un moment de colère.

La veille de mes noces, il est resté. Je n’ai pas eu le cœur de le repousser une seconde fois. Je n’ai pas eu le cœur de lui dire. Cette nuit qui a précédé mes noces a scellé mon amour pour El aussi sûrement que la mort scelle une bouche. Nous nous sommes aimés toute la nuit, nous nous sommes dit des mots d’amour, nous avons prononcé un serment, celui de nous aimer toujours. Je l’aime, Journal, je l’aime si intensément que cela me fait mal. Je donnerais n’importe quoi. N’importe quoi pour sentir à nouveau son corps contre le mien, entendre sa voix chérie murmurer des paroles tendres au creux de mon oreille, ressentir toute la passion qu’il mettait dans nos ébats, dans cette jouissance réciproque que nous ressentions lorsque nous étions seuls…Oui, je donnerai n’importe quoi rien que pour cela, pour le revoir, pour le garder près de moi.

Que fait-il ? Où est-il à cette heure où je pleure son absence en secret ? Qu’est-il advenu de lui ? Je suis si loin désormais, à des jours et des jours de voyage de lui, en terres froides et rudes.

Je n’aime pas ces pierres, je n’aime pas ce château, je n’aime pas cet homme. Eudes sait que j’aimais quelqu’un mais il ignore tout de son identité, cela l’indiffère complètement. Cela ne l’a pas importuné, il a après tout été grassement dédommagé. Quand après le mariage nous avons pris la route vers Fernel, il ne m’a pas adressé un mot. Quand nous sommes arrivés au château, il ne m’a rien dit non plus. Il m’a emmenée dans ma chambre et m’y a laissée.  La punition est terrible, Journal. Je suis seule en permanence. Il le fait exprès, à dessein, pour dit-il « me donner tout le temps de songer à ce que j’ai fait ». Loin de tout ce que je connais, loin de celui que j’aime, les minutes me semble des heures et les heures me semblent des éternités.

Comme chaque soir depuis mon arrivée, je regarde l’horizon, cher Journal. J’attends, derrière la fenêtre, que la silhouette de mon aimé apparaisse, pour qu’il m’emmène loin de tout ceci. J’aurais pu vivre n’importe où tant qu’il aurait été à mes côtés. Oui, j’aurais tout accepté pour ne jamais le quitter. Peut-être aurais-je du tout lui dire.

Ce soir encore, Journal, l’horizon est resté inerte. Lorsque le soleil s’est couché, dissipant tous mes espoirs, je n’ai pu retenir mes larmes. Je pleure encore au moment même de poser ces mots sur tes pages.

Peut-être viendra-t-il demain…

Peut-être que la DameDieu finira par entendre mes prières.

Elazar, mon amour…Hâte-toi.


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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeLun 18 Mai 2020 - 23:11




Il lui a fallu un moment pour se décider. Un très long moment à caresser la couverture du livre tout en regardant par la fenêtre. Avant de donner congé à Eugène pour l'après-midi et même la soirée, lui intimant de se faire remarquer par la valetaille, histoire de commencer à s'infiltrer dans le château. Alors le vieux reste seul, sentant le poid des secrets que renferme le volume posé sur ses genoux.

Se levant alors, laissant la canne où elle est, le Redinem s'installe au bureau avant d'ouvrir avec un respect aussi infini que sa reluctance, les échos du passé de son amour. El ne sait pas pleurer sinon d'autres taches humides maculerait le vieux parchemin. Pourtant, le feu qui lui brûle la poitrine en ce moment est atroce. Cette seule entrée l'émeut. L'émeut tant et lui rappelle.

Relevant la tête, le fantôme du passé… Elisabeth, l'Elisabeth d'aujourd'hui… Se tient devant lui, immobile, silencieuse. L'assassin lui parle alors, comme si elle était réelle et qu'elle pouvait lui répondre de l'au-delà.

Tu m'avais fait promettre de ne pas m'immiscer ni dans ta famille ni de te faire changer d'avis. Je ne savais pas que tu te mariais le lendemain, je pensais avoir le temps…  

Tout est une question de temps finalement.

**************************

Il l'attendait dans les ombres, plongeant la chambre de la jeune fiancée dans les ténèbres. Il ne se cache pas cependant, les cheveux bruns de travers, l'oeil gris brillant, trop brillant pour qu'il soit à jeûn. Il est en colère, il enrage. Elisabeth est à lui! Depuis le premier instant où elle a surgit de ses marguerites.

Elazar se doutait qu'il y avait anguille sous roche. Il n'avait pas été acceuilli en ami comme d'habitude. Il y avait trop de gens, on lui a demandé d'aller à l'auberge, le château étant plein d'une délégation diplomatique concernant des fiançailles disaient t'ils. C'est vrai qu'un bâtard reste un bâtard. C'est bien quand c'est utile, sinon on l'envoie au chenil.

C'est dans l'entrée qu'Elisabeth l'a pris à part, droite, polie et distante, sachant pertinemment comment son amant déteste quand elle prend ses faux airs vertueux. Il la préfère rieuse ou en colère, peu importe… Vivante, elle a le droit à ses imperfections et à son caractère unique.

Ca n'a pas pris 5 minutes, El ne l'a pas laissée finir, ne voulant pas faire d'esclandre, ne pouvant rien lui refuser, il a accédé à sa demande de ne s'interposer ni dans le jeu diplomatique ni dans sa famille. Chaque mot qu'elle lui a dit en ce moment, l'a poignardé en plein coeur. Le mot bâtard sans avenir aussi. Le visage du trentenaire perdit pour une rare fois toute sa superbe.  Chaque mot qu'il prononça était comme de l'acide dans sa bouche.

Dame… Je ne suis effectivement qu'un humble bâtard aussi je ne puis que vous souhaiter le meilleur pour l'avenir. Dame, je ne souillerai point plus avant votre famille par ma présence ni maintenant ni à l'avenir, je vous en fait la promesse solennelle… Maintenant,  Permettez moi de prendre congé pour de bon… Je vous souhaite une bonne vie.  


il avait déjà tourné les talons et laissée seule... Il le regrette. Une boule pèse sur son estomac. Il a fuit sa mission, a tourné els talons et est revenu au triple galop. Il connait tout les passages et recoins du castel mieux que leurs habitant eux-mêmes. L'indignité de son sang lui donnait le goût de s'ouvrir les veines...

Et pourtant, ce soir là, elle l'acceuillit à bras ouvert. Ce soir là, cette nuit là, elle était encore sienne. Il tenta de la faire changer d'avis, mais elle était inébranlable. Alors Elazar lui jura alors son amour éternel... N'oublia pas sa promesse... Il en faisait si peu.

Le lendemain, à l'aube, il partait vers Nelen pour sa mission diplomatique pour les De Redinems. Il pensait avoir le temps...

Tout cela n'était qu'un vaste complot.

**************

C'est dans le bureau de son père que le statut de bâtard noble lui fut rappelée de la plus cruelle des façon à son retour de Nelen, un an et demi plus tard. Sans lignage pur, le fils de courtisane qu'il était n'avait aucun droit de quoi que ce soit et encore moins de convoiter la fille d'un allié. Il était chanceux que les De Redinems aient contribués à la dot de la jeune Elisabeth et que quelqu'un ait bien voulu d'elle. Il était chanceux que le bourreau ne fasse de lui un eunuque, compte tenu du fait qu'il ne savait pas se la garder dans le pantalon. Il faisait deux fois son âge bordel!!! A quoi il a bien pu penser?!

Répudié par sa famille, Elazar fut carrément mis à la porte. Père en avait fait un diplomate, un espion, un tueur à leur solde. Et maintenant, trop lâche pour mettre un terme à sa souffrance, il l'avait relâché dans la nature

Pour le meilleur et pour le pire.

***************

J'ai tenu ma promesse ma belle Fleur… Si j'avais su. Si tu m'avais écrit ne serais-ce qu'une fois... Pourquoi ne m'as tu pas appelé ma chère? Je t'aurais cherchée, je t'aurais enlevée et malheur à qui se serait mis sur notre route, si j'avais pensé que c'était ton souhait. Je pensais que c'était réellement ton désir, personne ne pouvais te faire fléchir et t'obliger à faire ce que tu ne voulais pas, tu avais toujours une parade parfaite... Pourquoi t'es tu laissée faire?

Termine Elazar d'une voix enrouée, avant de se remettre à lire.
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeMar 19 Mai 2020 - 8:53


Les pages suivantes sont à la semblance de la première d’entre elles : d’une tristesse infinie qui ne se dément pas. Jamais. Au fil des pages, l’amour d’Elisabeth transparaît, comme une pure lumière éclairant l’encre bleue. Aucune rature, tous les mots sont écrits d’un trait, sans la moindre petite retouche. Les mots posés sur le parchemin sont le reflet exact, limpide et direct de pensées sans filtre.

Jusqu’à ce qu’enfin, un feuillet recouvert d’une petite écriture tremblante, page froissée parmi les autres, déchirée récemment et ensuite remise à sa place, maladroitement, surgisse au milieu des pensées ordonnées de la Dame de Fernel. Une page différente.




Ami du silence,

Ce soir, j’ai découvert une chose atroce. Mon époux, maudit soit-il, a découvert le petit stratagème que j’avais mis en place afin de faire parvenir des lettres à Elazar. Elle était pourtant si gentille avec moi, cette petite Jeanne. Elle a à peu près le même âge que moi, Eudes l’a placée dans mon entourage pour, me disait-il, apaiser ma solitude. Elle a fait preuve de patience, et je me suis laissé amadouer comme un petit enfant. C’est elle qui m’a parlé du pigeonnier et du moyen d’envoyer mes lettres à ma famille. Alors je lui ai écrit, mon ami silencieux, je lui ai écrit comme je t’écris à toi, toi que je peux dissimuler. Je pensais que mes courriers arrivaient à destination et que les réponses tardaient à cause de la distance qui nous sépare. Il n’en a jamais rien été.

Ce soir, Eudes est entré dans ma chambre. Il avait à la main la pile de lettres que je destinais à Elazar, soigneusement liées entre elles par une petite cordelette. J’ai vu la liasse, je l’ai regardé lui, je ne pouvais plus rien dire. Il savait tout. Jeanne m’a trahie. Il m’a regardée et sans dire un mot il a jeté toutes mes lettres au feu.

Journal, la peine que j’ai ressentie en voyant tous mes mots précieux disparaître sous les flammes est bien plus intense que celle qu’il m’a infligée par la suite. Il était temps, selon lui, de prendre ses « responsabilités d’époux ». Je n’ai rien dit, mon ami du silence, quand il a arraché ma chemise avant de me saisir par les cheveux d’une main et de me gifler de l’autre. Je n’ai pas crié quand il m’a jetée sur le sol de pierre, la joue collée contre le revêtement si froid, alors qu’il s’affairait à déboutonner ses habits. Je n’ai pas hurlé davantage quand il m’a prise de force, comme la dernière des putains que je suis, selon lui, en maintenant mes bras de sa poigne si dure dans mon dos. J’ai regardé les flammes dans l'âtre, j’ai regardé les lettres que j’ai écrites tomber, petits morceaux noircis, entre les bûches, j’ai regardé les Ombres formées par cette lumière qui semblait rire et danser au même rythme que ses mouvements à lui, brutaux, douloureux, bestiaux. J’ai regardé les Ténèbres en pensant si fort à mon aimé pour oublier celui qui déversait sa semence en mon ventre avec des cris de rage…

Il est parti, il m’a laissée là au sol. Je ne pouvais pas me lever. Je n’en avais pas la force. Tout ce que je pouvais faire, c’est caresser mon ventre, en espérant que tout ce que venait de vivre n’avait pas fait de mal à cette part de lui qui grandit en moi.

J’aurais tant voulu qu’il le sache, je m’apprêtais à le lui dire dans ma prochaine lettre. Et il n’en saura jamais rien. Eudes interceptera la lettre et s’il l’apprend, il le tuera. Il me tuera. Alors il ne restera rien en ce monde de cet amour que j’éprouve. Il ne restera plus que de la haine et de la violence. Je peux endurer la haine. Je peux supporter la violence. Mais je ne pourrai jamais supporter que ce qui nous unit disparaisse.

La DameDieu a répondu à mes prières de cette façon. Je respecterai Sa volonté. Personne ne doit jamais savoir. Il en va de notre survie à tous les deux.

Mon ami du silence, j’ai peur.

Je ne reverrai jamais Elazar, journal. Je le sais. Et pourtant, je le vois chaque nuit, silhouette tapie dans l’ombre, je revois son regard gris posé sur moi, lorsque je tends les mains et ne saisis que des songes.

Il ne me reste que le faible espoir, au fond de mon cœur, qu’il tienne sa parole et qu’il ne cherche pas à me revoir, même si cela déchire mon âme en deux.

Je ferai ce qu’on attend de moi. Pour lui. Pour eux. Les deux êtres que j’aime le plus au monde.

Le silence est d’or. J’en ferai ma devise.

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Dante Corvac
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MessageSujet: Re: [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron)   [Fernel] A trop attendre, il finit par être trop tard.(Louise, Aaron) I_icon_minitimeMer 20 Mai 2020 - 1:44

Ainsi s'achève la lecture du jour. Cachant le journal en sûreté, l'assassin extirpe de sa malle non pas une, mais deux grande bouteilles d'alcool maison du vieux Claude. Revenant de sa démarche souple et nullement claudicante devant le foyer, il rallume le feu avant de s'affaler dans un fauteuil grand-père, laissant l'autre au silencieux fantôme d'Elisabeth. Il lui sert une bonne rasade, comme si elle pouvait le boire elle aussi, avant de commencer à boire.

Tu sais, ma Fleur, je dois t'avouer que j'ai parfois réussis à t'oublier… Mais ca n'a jamais duré.


*******************

Une nuit de débauche comme tant d'autres. L'alcool et les femmes. Des brunes, des noires des rousses… Parfois des grises. Des tendres comme le miel et d'autre féroce comme des tigresses. Des hommes aussi. Des timides et des audacieux, des calmes. Des dominants, exceptionnellement, il préfère nettement les soumis. Une autre nuit, un autre mort. Les Silencieux dominent… Il peut avoir qui il veut comme il veut… Menant une vie de débauche pour oublier. L'oublier…



*******************


Ca soulève une autre question. Si il avait marié son amour, quel homme serait il devenu? Il aurait cessé de tuer, sans aucun doute. Elle avait le chic pour lui faire noter l'horreur de sa situation. Sans elle comme conscience, rien ne l'a arrêté. Pas même ces funestes temps, après qu'ils l'aient reniés, où tout les membres de cette lignée de malheur n'ait tombés les uns après les autres, avec une régularité de métronome: suicide, maladie, accident… Jusqu'à Père qu'ils ont sûrement trouvé attaché et à moitié dévoré par les bêtes sauvages qu'il aimait tant chasser à l'heure qu'il est.

Et il a adoré ça. Ce pouvoir sur l'autre, caché sous des airs de rien du tout.


*******************


Un exil forcé à Thaar où il peut se cacher sans peine. Croiser le chemin d'un jeune gamin dégourdi aux yeux vairons et dans le pétrin… Il a réussit à lui faire oublier Elisabeth. Curieux, causant beaucoup même s'il évitait les contacts physiques. Une vraie énigme. Il n'avait pas dix ans assurément, même s'il était incapable de compter pour savoir son âge. Peut-être cinq ans de forte constitution ou un 9 ans malingre, allez savoir

Ayant un penchant pour l'alcool, un soir, le mentor alla trouver son apprenti… Lui donner une leçon sur la dominance pure ne fut plus que pure formalité. Le petit courbache essaya bien tout d'abord à fuir,  esquiver l'ivrogne, l'affronter même avec la hardiesse d'un petit chat de ruelle mal nourri, mais il finit comme son Amour sous les coups de butoir de son époux. Aussi silencieux et résigné, payant le prix de son apprentissage, se soumettant au plus fort.  Après, le gamin se laissait faire… Jusqu'au Voile... Après, il a fallu le droguer, mais ce n'était plus la même chose, Elazar a préféré arrêter. Mais, pour lui, il aurait dû continuer…s'il l'avait fait Dante serait encore à lui, corp et âme…  Comme Elisabeth aurait dû l'être…


Le vieil homme comprend la puissance et le pouvoir qu'un tel acte procure à son auteur, autant sur l'estime qu'il a de lui-même que sur l'ascendant que ca lui donne sur la victime. Etant un amateur de la chose, c'est un goût qui se développe.

***********************

Les yeux rougis, les traits tirés devant la lueur mourante du feu maintenant quasiment éteint, l'assassin termine sa deuxième bouteille. Pas encore assez ivre à son goût. Il a loupé quelque chose, mais il n'est pas certain de vouloir savoir quoi… Le ciel pâli à l'horizon, annonciateur d'une belle journée. La porte s'ouvre sur un Eugène qui devient extrêmement nerveux quand il voit tout ce qu'il a bu. C'est perceptible à la façon dont son apprenti essaye de ne pas faire de bruit en marchant. Puis au bruit qu'il fait en se barricadant dans sa chambre.

Comme si ca allait l'arrêter. Lui aussi, lui appartient. Plus personne ne lui arrachera qui que ce soit. Mais, en premier lieu, aller pisser sur la tombe de cet enfoiré de Fernel!

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