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 Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]

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Ashitaka
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Dim 31 Aoû 2008 - 5:46

Ashitaka était silencieux. Il écoutait, c'était tout. Une barrière sentimentale semblait s'être fissurée en Spes. Ce dernier avait farfouillé quelques phrases à propos de Nel, des phrases plus pour lui même que pour d'autres, sans sembler faire cas de ce que le demi pouvait en déduire. Ce dernier avait décidé de ne pas se laisser à des déductions, tout du moins pas pour le moment. Ce n'était pas vraiment le temps de faire de l'esprit, de toute façon. Et puis il n'était pas du genre à lire la vie privée des gens. Au contraire, il restait lui-même discret à se sujet et pensait que peu de gens aimaient qu'on en sache trop sur eux.

Alors qu'il commençait à peine a faire quelques pas, Spes décida tout d'un coup de se couper les cheveux. Un peu étonnant, peut-être pensait-il que cela l'aiderait à passer inaperçu. Ou peut-être avait-il tout simplement marre d'avoir la coupe aussi longue, cependant cette option semblait un peu saugrenue compte tenu de la situation précaire dans laquelle ils se trouvaient.

Ils avaient commencé leur route, l'herboriste suivait les indication de l'adolescent sans broncher. De toute façon, qu'aurait-il pu faire? Il ne connaissait rien de ces rues. Elles se ressemblaient toutes à ses yeux. Étroites, sales, serrées entre des bâtisses. Et toutes les bâtisses se ressemblaient. Elles étaient petites, de la même couleur, entassées les unes contre les autres. Alors que l'aube pointait à peine, Ashitaka vint à se demander vers quelle heure toute cette ville se réveillerait. Bientôt, sans doutes. mais il ne s'en souciait pas trop. Ils seraient sortis avant ce temps. Du moins l'espérait-il.

Étrangement, L'adolescent n'avait pas rappelé son rat. Mais le demi n'en fit pas cas non plus. Spes savait ce qu'il faisait, il en était sûr. De toute façon, ce n'était pas le temps d'y penser. Plutôt penser à surveiller les coins sombre, on ne savait jamais ce qui pouvait en sortir. Car, en plus des gens de cette ville qui sauraient tôt ou tard qu'une des leurs s'étaient retrouvée complètement légume dans sa chambre, il y avait les autres assassins. Malgré sa piètre expérience en la matière, le demi se doutait fortement qu'ils ne laisserait pas un de leurs membres partir sans avoir ramené les informations demandé. Surtout si la victime était encore vivante, et surtout si le membre en question souhaitait fuir à présent.

D'ailleurs, c'est à ce moment que le demi aperçu une fillette portant du pain. Heureusement, celle-ci ne sembla pas les remarquer et disparut bien vite entre les maisons. Ainsi, les gens se levaient plus tôt qu'il ne l'avait cru. Ils devaient faire vite. Une enfant n'était certes pas un danger, mais si des gens plus vieux venaient à les remarquer, ils seraient dans une situation très peu confortable... Et Ashitaka ne tenait mais alors vraiment pas à se retrouver dans les ennuis encore une fois. Il s'était déjà fait trouer l'épaule, c'était bien assez pour la journée. Plutôt la semaine.

Sur les indications de Spes, Ashitaka tourna à gauche. Il baissa la tête, s'efforça de marcher silencieusement et passa la rue, dans laquelle deux ou trois personnes s'affairaient déjà dans leur train-train quotidien. Encore une fois, personne ne leva la tête pour les regarder passer. Pour une fois qu'ils jouaient de chance, il valait mieux en profiter. Il accéléra le pas, pour arriver le plus vite possible dans un endroit dénudé de gens. Moins d'yeux pourraient se poser sur eux, mieux se serait.

Il retombèrent ensuite dans les petites rues, calmes et désertes. La sortie ne devait plus être bien loin, on pouvait voir les fortifications au dessus des maisons. Cette aventure serait bientôt terminée, et avec cela, la nuit blanche qu'il venait de passer. Cela lui paraissait étrange, de penser à une nuit blanche parce qu'en fait, il ne dormait jamais. Certes, mais il se reposait, et se doutais qu'une fois hors de danger, il aurait bien besoin d'une journée de repos. C'était un désavantage, lorsqu'on ne dormait pas. On récupérait bien moins vite. Ashitaka le savait pertinemment mais il savait aussi qu'il était devenu incapable de fermer l'oeil, de laisser son esprit perdre tout contact avec le monde extérieur. Cela relevait de la paranoïa, mais d'un autre côté, cela lui avait évité d'avoir la gorge tranchée à plusieurs reprises.

Mais ce n'était pas le moment d'y penser, car cette seule pensée le fatiguait. Sortir de cette ville était son seul objectif. Enfin, en incluant qu'il soit vivant et Spes aussi. Pour le moment, rien ne s'était mit en travers de leur chemin. Mais il se rendit bien compte que ça n'allait pas rester ainsi. Dans la rue qu'il venait de quitter, on entendait plusieurs personnes arriver en trombe, parler avec d'autres. Des personnes avaient-elle été informées que deux fugitifs se promenaient dans la ville? Possible. Le demi n'essaya pas de comprendre les conversations et hâta le pas. La sortie n'était plus loins...
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Dim 31 Aoû 2008 - 21:05

Spes avait là une rare occasion de se reposer, mais il n'en fit rien. Il conservait une vive tension dans ses muscles sans même chercher à s'en dégager. Surement n'acceptait-il pas encore de ne pas agir directement.

Ashitaka marchait d'un bon pas, sans faire de halte. Il était pressé, quoi de plus normal ? Alors pourquoi ne le posait-il pas ? Cette fois-ci, Spes ne retint pas le soupir qui lui venait. Il tournait en rond, décidément. Mais quoi qu'il décidât, il aurait encore longtemps du mal à accepter tous les aspects de la personnalité du Demi.
Encore longtemps... Qu'espérait-il ? En réalité, il aurait espéré s'il avait en mesure de le faire. Mais il était trop désabusé, son cœur avait trop souffert, aussi n'envisagea-t-il pas d'avantage l'avenir.

Le présent encore, le présent toujours, ses pensées fusaient et se traversaient, il réfléchissait à plein régime. Le Demi, si prompte à obéir lorsqu'il lui indiquait un changement de direction, avait-il remarqué qu'il les faisait zigzaguer ? Tout cela était calculé. Heureusement, car une fois quitté les artères, la capitale se révélait un labyrinthe plus ténébreux que tout ce qu'avait pu imaginer Dédale. Certes, l'adolescent ne connaissait ni l'intégralité des souterrains ni les chemins des toits du quartier nord-ouest ni encore les maisons-passage, que l'on traverse comme des moulins. Il tenait ceci dit dans ses mains des cartes en nombre important.
Si l'on considérait que Léviathan avait prévenu les autorités, parcourant au plus vite la distance séparant l'est du nord de la Cité, celles-ci repartiraient vers le lieu du commencement -la bâtisse du quartier de résidence militaire- afin de détecter les pistes... auquel cas toute une trajectoire leur était barrée, ainsi que toutes ses ruelles annexes, pour éviter tout risque de rencontre avec la patrouille. De plus il était aisé de penser que Léviathan avait pu leur indiquer un faux emplacement pour la bâtisse en prévoyant que les deux Demi iraient directement à l'Ouest. Pire encore, s'il avait contacté la Guilde et que celle-ci avait perdu la direction de l'affaire au profit de la Corporation, il se pourrait tout à fait que des sentinelles fussent placées aux points les plus stratégiques...

Bifurquer à droite dans cette impasse, franchir le poulailler de grillage rouillé, tourner encore deux fois à droite puis repartir dans l'autre sens vers le sud, prendre la ruelle de terre battue... pourvu que le Demi ne s'épuise pas, ils y étaient presque... il y était presque après tout... car Spes ne faisait rien, n'est-ce pas ?
Il se mordit la lèvre. Qu'est-ce qui lui prenait en cet instant ? De nouveau surgissaient de sombres pensées des tréfonds de son âme. Elles lui imposèrent l'image d'un médaillon. Un médaillon bien connu, non ? Les armoiries d'alëandir !...

Et alors, il se souvint. Le malaise qui le submergea était si intense qu'il perdit conscience. Tout ce qu'il pu murmurer, avant les paroles que l'on prononce durant ces délires de nuits cauchemardesques, ce fut quelques mots, bien pauvres en informations:

- ... dans cette avenue... ave-... Va tout droit vers l'Ouest, mais pas le Palais.

Ce cauchemar était si proche qu'il en était palpable. Une semaine.

Il faisait noir, si noir, lorsqu'on le conduisit dans cette cave obscure d'une taverne miteuse. Par contraste, le sang rayonnant de la lune rousse illumina violemment l'établi lorsque l'être arracha la planche du soupirail. Et la voix parla.
Il y a de la lumière, maintenant. Fais-le.
De la lumière, maintenant.
Et il l'avait fait.

Dans son songe, Spes se débattait, luttait en cet instant de toutes ses forces, criait, fuyait.
La vision le rattrapait toujours.
Ce minuscule Drow hors de son élément dans cette cité elfique, ce nourrisson à la peau sombre, tellement jeune, c'était lui. Il s'était tué cette nuit-là. Mais ensuite, il avait tout oublié, même son être Drow lui avait caché ce qu'il avait fait afin qu'il continue à vivre.
Seulement, bercé des plus niaises illusions, il avait espéré, pouvoir échapper à cette partie de lui-même. Et elle l'avait rattrapé. Et elle le tenait sous la menace, le poignard contre ce qui lui restait de cœur.

Son être Humain se révulsa violemment sous la morsure.
Une pensée lui vint, unique, logique. Si elle se révoltait, cette moitié, n'était-ce pas qu'elle sentait sa fin proche ?
Oui, peut-être, mais le poignard se tenait là, et si son cœur enflait, il se crèverait tout seul au contact du métal.

Lorsque Spes ouvrit les yeux, son regard plongea dans celui d'Ashitaka. Il ne tint pas, il prit la fuite: en un mot, il détourna vivement le regard.

Sur son pied, Nel se tenait, qui déchiquetait une tache noire de toutes ses griffes.
Celle-ci avait prit forme: une petite excroissance en sortait, qui enserrait la patte du rat.
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Ashitaka
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Mer 3 Sep 2008 - 1:09

Plus que quelques rues. La sortie était à bout de bras. Et pourtant... La fatigue commençait à se faire entendre. Les cris se traduisaient par la douleur régulière qui lui lancinait l'épaule, sa manière de marcher et ses muscles qu'il sentait crispés. Décidément, les expéditions du genre, il n'était pas prêt d'en refaire. Ce n'était pas son truc du tout. Mieux chercher des bolets dans le bois, c'était nettement plus relaxant. Ashitaka s'efforçait de penser de manière légère. La situation était très grave, et rien que d'y penser lui faisait ressentir une fatigue plus grande encore. Mieux valait donc de ne pas y penser. Ou d'y penser de manière légère, quand il était impossible de penser à autre chose. Comme en ce moment.

Mais les choses, à force qu'il atteignait la sortie, semblaient se noircir. Son instinct, éveillé, lui annonçait un danger de plus en plus grand. Et Spes n'allait pas bien. Mais pas bien du tout. Il semblait prisonnier entre le cauchemar et la réalité, ses indications étaient de plus en plus nébuleuses, sa voix lointaine, dans laquelle on pouvait sentir de la détresse. Son regard, voilé, semblait faible, comme prêt à renoncer toute lutte. Il fallait finir cette course au plus vite. De toute façon, le demi ne pourrait plus tenir longtemps. Il n'était pas surhumain.

Nel avait étrangement reparut. Quelque chose attira son attention, et son effrois. Le rat s'attaquait à son maître, ou plutôt à une de ces taches noires qui, elle, semblait avoir attrapé la patte du rat. Qu'était-ce que ces taches? Qui avait-il de si puissant en elles? Alors que l'herboriste se posait ses questions, son instinct y mit fin en lui dictant d'arrêter d'avancer. Ce qu'il fit, son instinct était la première chose qu'il écoutait en tout temps, et cela l'avait sauvé de nombreuses fois déjà. Il s'arrêta brusquement, sans savoir pourquoi. La raison vint cependant rapidement. Un flèche passa peu en avant d'eux, alla se fracasser contre un mur. C'était mal parti. Ils étaient à présent définitivement pris en chasse.


- Ça va se corser, on va accélérer un peu... Dit-il à Spes, d'un ton toujours aussi calme.

Il ne devait pas perdre ses moyens. Rester calme, tenter de faire en sorte que Spes reste le plus calme possible. C'était tout ce qu'il espérait. Et survivre. Survivre était le seul mot d'ordre à partir de maintenant. Et ce serait déjà une très bonne chose de faite s'ils y arrivaient.

Ashitaka serra l'adolescent dans ses bras et, sans plus attendre, ni écouter les cris de protestation de son corps, se mit à courir le plus vite qu'il pouvait. Il suivit les dernières instructions que Spes lui avait donné, sans réfléchir plus loin. Certaines personnes, dans la rue, se retournèrent. Mais il n'y faisait plus attention. Maintenant qu'ils étaient directement attaqués, tous ces passants ne faisaient plus une grand différence. Certains crièent, d'autre fermaient les portes qu'ils venaient d'ouvrir, ou les fenêtres. Le soleil s,était bien levé, les gens aussi, au double déplaisir du demi. Bien qu'il supportait la lumièrre crue du soleil, elle ne lui donnait aucun avantage. Au contraire.

Fin des indications données par Spes, le demi s'arrêta dans une ruelle, le dos au mur. À sa gauche, la porte. Une sortie, enfin. Pas une sortie principale, mais qu'importe.Il devait s'y rendre. Mais alors qu'il y pensait, il serra les dent, se crispa. Il avait passé une seconde de trop à la même place, n'avait pu l'éviter. la pointe de la flèche s'était plantée dans son épaule. Blessée. Au centre, pour être précis, de sa blessure. On pouvait alors déduire trois choses de cet archer. C'était, premièrement, un excellent observateur. Ensuite, aussi bon tireur qu'observateur. Enfin, cette personne ne comptait pas les tuer tout de suite. Des questions à poser? Envie de se divertir avec les proies? Peut importait au demi de savoir qui ou pourquoi. La douleur était intense, mais il ne pouvait faire autrement que de repartir à la course, avant d'en recevoir une autre, ou, pire, que Spes en reçoive une. Ce dernier était assez en mauvais état comme cela.

Alors qu'il reprenait sa fuite, il entendit les mêmes hommes que plus tôt. Ils étaient vraiment suivis. La porte n'était plus loin... La passer fut une libération. Il n'était pas au bout de ses peines, il le savait. Courir, encore, jusqu'à trouver la protection de la forêt. Mais il était sortit de cette immense cage que l'on appelait ville. Le demi était à présent dans son élément, dans ce quoi il était habitué. Cette libération lui enleva un poid. La plaine, maintenant les arbres. Les autres pourraient bien les chercher, Ashitaka se retrouvait à présent en position avantageuse.

Il faillit s'écrouler cinq minutes plus tard, et décida alors de s'arrêter. Il avait l'impression que quelqu'un frappait comme un dément dans son crâne. L'herboriste posa Spes au sol, couché sur le dos. Se sa main valide, il brisa un partie de la flèche. Il ne pouvait se permettre de l'enlever pour le moment. Il devrait alors se soigner dans les plus bref délais pour ne pas subir une hémorragie, et il n'était pas la priorité. L'adolescent l'inquéttait...
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Mer 3 Sep 2008 - 19:15

[Arf j'ai un clavier qwerty configuré azerty >.<]



Nel avait galopé de toute sa vitesse. La peur lui tordait le ventre, il tressaillait quand ses pattes heurtaient les pavés durs. Tout son être présageait quelque chose de très mauvais.
Et il n'avait pas tort. Lorsqu'il parvint à s'accrocher au tissu du grand Demi, qu'il posa la pointe de son museau tout contre la peau de son jeune maître, il sut. Il pensa en cet instant le comprendre mieux que ne pourrait le faire n'importe lequel de ces humanoïdes qui réfléchissent avec les mots.
Il n'était en mesure que de faire bien peu de choses, mais grâce à lui, sans qu'il ne le sache, le Spes auquel il était attaché remporta une fugitive victoire intérieure.
Mais tandis qu'il œuvrait à déchirer cette membrane sombre, une excroissance de peau se formait, gonflée de sang et de lymphe. Horreur, cette déformation s'orienta, durcit et enserra sa patte. Le rat ne s'en préoccupa pas. Peut-être aurait-il dû. L'excroissance se transforma progressivement en un véritable étau, s'étendit, lui tînt bientôt tout le train arrière...

Spes se sentait balloté, les cris, les lumières se heurtaient contre son être sans lui parvenir. Il était hermétique. Le Demi s'arrêta, des flèches volèrent; à peine s'il s'en aperçut.
La voix calme se mêla aux bruits ambiants.
- Salva ce corps c'est, ovac csélérre et hein! Peu...
Que voulait-il dire par là ? En vérité, Spes ne se posa même pas la question. Les mots fuyaient sa pensée. Mais la voix était calme, aussi elle n'eut pas d'effet néfaste, à défaut d'en avoir un positif. Il était impossible d'un savoir plus sur ce qu'il vivait. Mais vivait-il encore seulement ? Son visage était d'une pâleur mortelle, de la froideur du roc. Si ses yeux étaient ouverts, ils restaient voilés, ne fixaient rien.
Ils faisaient quelque chose, cependant; fuir le regard du Demi. C'était la protection la plus efficace que son inconscient ait conçue pour éviter à son cœur tout dommage.

Le soleil enfin se dévoila par-dessus les toits. Et sa lumière était accompagnée de cette fraiche chaleur qui marque l'aube. A cet instant, Ashitaka serra Spes contre lui, avant de reprendre à toute allure. Les yeux de l'adolescent s'écarquillèrent violemment. Le poignard menaçant avait piqué son cœur. Quelques secondes, il cessa d'être indifférent à toute chose. Il sentait contre le sien, si lent, un autre cœur. Il avait moins froid, percevait l'odeur du cuir tanné et sa douceur contre son visage. Il recevait une gerbe de sang sur la tête, un fragment de tissu originellement blanc qui tombait contre son front.

De vivant une seconde fois il se métamorphosa en glace. Bien décidé cette fois à ne jamais renaître. La vie s'offrait avec une cruauté cynique à l'enfant mort qu'il était. Il ne pouvait même pas l'accepter...

Murs, porte, herbe et arbres. Tout cela n'avait plus de sens, n'est-ce pas ? Ni le crissement des feuilles mortes sur lesquelles le Demi l'allongea. Tout ne signifiait rien.
Et pourtant, en cet instant, il était encore loin de ses peines.
Sa jambe le démangeait. Ce fut alors son corps seul qui bougea. Son corps qui le maintenait en vie contre lui-même. Il eut voulu se tuer que sa main ne lui aurait pas obéi. Il voulait peut-être se laisser mourir: il n'avait plus de force.
Tordant sans réflexion ses épaules vers ses pieds, son corps adopta une forme cassée de croissant de lune. La jambe se plia, et ses doigts encontrèrent quelque chose.

Cela eut pu se comparer à une cosse, de la taille de son mollet, et qui lui donnait un volume double. La peau était épaisse, calleuse et noire, détail qu'il ignorait d'ailleurs, tout comme il ignorait tout de ce qu'il faisait. Il la gratta. Une seconde plus tard, quelque chose entra en contact avec la peau de ses doigts. Une douce fourrure.
Il s'était plié sur lui-même, avec la vivacité retrouvée que son corps acquérait ordinairement à l'éveil de son esprit. Et à pleine main, il arracha la croute noire
Le petit corps inerte tomba au sol dans un bruissement mat. Spes le ramassa.
Nel était mort. Mort de corps et d'esprit.

Ce qui se passa en Spes, seul lui en détient la clé. Dans les faits seuls, son cœur déjà écorché, enfin, se transperça. Ce fut incroyablement douloureux. Mais il n'en mourut pas; le Drow qui vivait en lui s'était-il retiré à jamais ? Car il avait bel et bien mis sa menace à exécution. Non pas la mort, mais la souffrance du repentir, l'atrocité des sentiments qui coulaient dans ses veines. La violence, le meurtre, tout cela incendia l'esprit de l'adolescent.

Le voile vitreux qui couvrait sa vision s'était dissipé, et il le regardait sans bouger, comme hébété, ce petit corps.
Puis il leva la tête et vit Ashitaka. Il était blessé.
D'un bond, il s'était levé et jeté contre lui, et il le serrait, noyant son visage contre sa poitrine. Il avait sentit son front le bruler, mais cela, il l'avait déjà décidé avant. Aussi, il ne retint pas ses larmes.
Sa voix était encore si faible, noyée de sanglots.
- Ne m'abandonne pas !...

Sa plus grande peur, c'était cela, être de nouveau abandonné, aujourd'hui ou demain, peur mille fois exacerbée par la blessure de son cœur. Blessure qui jamais ne guérirait tout à fait.
Il pleurait, obligation physiologique son nez coulait, il était pitoyable. Malgré la cassure de sa voix, il ajouta:
- Si tu en as besoin, je peux aller te chercher ce que tu veux... mais ne pars pas ! supplia-t-il.
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Ashitaka
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Mar 9 Sep 2008 - 4:28

HJ: Désolé pour le temps, je suis parti toute la fin de semaine jusqu'à aujoudhui, et je n'ai pu avertir personne...



Qu'était-ce que cet enfant, qu'avait-il? Et ces réaction, ces taches sur son corps, comment pouvaient-elles faire de telle choses? Le demi n'avait jamais rien vu de tel, rien qui puisse s'apparenter à cela, même de très loins. Comment pouvait-il réagir, alors? Il se sentait complètement impuissant devant cette scène. Et le rat? Comment devait-il faire pour l'animal? Pour Spes? Cela lui arrivait-il souvent? Toutes ces questions percutaient son crâne et ne faisaient qu’empirer la douleur déjà présente et persistante.

Il n'eut pas le temps de réagir, de toute manière. Spes se mit à bouger. L'adolescent ne semblait plus vivant, quoique pas mort non plus. Il semblait vide. C'était étrange et inquiétant. Dans son regard, il n’y avait rien. L’enfant semblait devenu complètement apathique. À quoi son corps répondait-il, alors? L’instinct? Peut-être bien, c’était la seule explication qu’Ashitaka pu trouver, et ce n’était pas plus rassurant.

Non l'herboriste ne pouvait rien faire. Il était devant quelque chose qui le dépassait de loin. Il ne pouvait comprendre. Aurait-il comprit s'il avait eu, à ce moment, un peu plus d'énergie pour réfléchir normalement? Il en doutais. Peut importe qu'il soit blessé, que son cerveau ne réponde que par des échos douloureux, qu'il soit mort de fatigue, cela ne changeait rien. Il était devant une réalité qui dépassait l'irréel. Et il avait peur. Peur que Spes meurt. Il semblait si lointain, presque mort... C'était terrifiant. Ashitaka avait-il tenté de le sauver en vain?

L'adolescent finit par atteindre la tache, ou plutôt la bosse galleuse et, après l'avoir un peu gratté, l'arrache avec force, sous le regard pétrifié du demi. Il s'était, en quelques sortes, arraché une partie de lui-même. Et ce pauvre Nel était mort. Ashitaka se doutait que ce dernier c'était sacrifié pour son maître. Cela avait-il servit? Sûrement, car d'un coup, Spes réagit brusquement.

Il sembla se réveiller, d'un coup, son esprit réintégra son corps de manière fulgurante. L'herboriste sentit monter en lui une vague de soulagement. Son stress de dissipait et, avec cela, les effets de l'adrénaline. Il se sentait ne tenir debout qu'à un fil, peut-être moins. Même avec de la volonté il doutait d’y arriver encore longtemps. D'un coup, la douleur qu'il ressentait dans tout ses muscles, mais plus particulièrement dans son épaule devint proche de l'insoutenable. Le demi avait l'impression qu'on avait charcuté sa peau jusqu'à l'os, et ce devait être le cas, en fait.

Tout d'un coup, Spes se jeta contre lui et l'enserra, fondant en larme. Cette réaction, Ashitaka ne l'attendait pas. D'autant plus, le choc physique, si petit soit-il le fit légèrement chanceler. Mais ce n’était pas le moment de se laisser aller à la fatigue. « Ne m’abandonne pas! » Sa voix cassée, tremblante. Comme son corps, qui, à chaque sanglot, sursautait discrètement. Le demi serra doucement contre lui cet enfant qui avait tant peur de l’abandon, tout d’un coup.

Puis, il se mit à caresser doucement les cheveux coupés de Spes. C’était la première fois qu’il se retrouvait dans une telle situation. Le cœur du jeune demi, Ashitaka pouvait en ressentir les battements. Il pouvait aussi ressentir toute cette détresse que lui même avait ressentit très rarement durant son enfance, mais une fois en particulier. Souvenir douloureux qui avait laissé sur sa gorge une trace significative.

Il rejeta cette pensée, il y éprouvait une sensation étrange, pas très bonne, du moins. Le regard du demi était d’un gris pâle. La douleur l’engourdissait peu à peu. Lentement, il s’adossa à l’arbre juste derrière lui. Mais ce n’était pas assez, il se laissa lentement glisser jusqu’au sol. L’enfant avait encore lâché quelques mots, entre les sanglots. « Si tu en as besoin, je peux aller te chercher ce que tu veux... mais ne pars pas ! » Il ne comprenait pas trop le sens. Ou plutôt, il ne comprenait pas pourquoi Spes avait dit cela. Pourquoi Ashitaka lui aurait-il demandé quoi que ce soit en se sens? Ou, plutôt, qui lui avait déjà demandé ce genre de choses?


- Je ne partirai pas… dit-il dans un quasi-chuchotement.

Sa main, qui, un peu plus tôt caressait la chevelure de l’adolescent, commençait à trembler légèrement. Sa peau était un peu plus pâle qu’à l’habitude et, si on enlevait la manche, on pourrait voir que l’épaule était violacée par une ecchymose faisant tout le tour de sa blessure. Mais, heureusement, ce n’était pas visible, bien caché par l’habit. C’était peut-être mieux, de toute façon. La vue laissait penser un mal plus grave qu’il ne l’était réellement. Aucune artère principale n’avait été touchée, le peu de muscle qui avait été endommagé serait vite réparé, et du reste de la plaie… Ce n’était qu’un trou. Seul inconvénient était la perte de sang. Et le fait qu’il serait invalidé pour un bon moment.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Sam 13 Sep 2008 - 12:32

[ HRp: Désolé de l'importance de mon retard >.< ]



Ashitaka n'avait pas reculé, ne l'avait pas rejeté. Au contraire, il le serra contre lui avec douceur. Spes en ressentit un sentiment de sécurité, sentiment qui germait dans la confusion de son carnage intérieur. Mais il pleurait sans discontinuer, il était encore si loin de la guérison. Toutefois, il avait prit le bon chemin, semblait-il.
Il ne vit pas les yeux d'Ashitaka adopter une teinte gris pâle, en revanche, il sentait nettement la décroissance des battements de son cœur. Il le serra plus fort encore. Allait-il partir ? Non, ce n'était pas possible, et pourtant... Pourtant, cela lui semblait une fatalité, de celles contre lesquelles on peut lutter sa vie durant sans obtenir le moindre résultat. Le Demi fit un pas en arrière, et son dos heurta l'arbre qui s'y trouvait. Puis, lentement, il glissa, mais Spes ne le lâcha pas. Il avait relevé un peu la tête, et le regardait, de ses yeux noyés de larmes.
Puis il perçut un murmure, qui lui emplit la tête.

- Je ne partirai pas…

Etait-ce vrai ? Spes voulait le croire, et pourtant, c'était comme toujours, comme essayer de saisir un morceau de nuage dans sa main; c'était impossible. Quand le nuage descendait vers vous, suffisamment bas, quand on tendait la main et qu'on refermait le poing, qu'enfin on tenait un fragment de ce rêve blanc, puis que l'on plaquait son œil tout contre, et qu'on essayait de le voir, il n'y avait plus rien. Seule subsistait une vague trace humide dans la paume, la preuve que l'on avait tenté, et que l'on avait perdu. Pourquoi alors s'acharner, et croire qu'on le tenait à l'instant où apparaissait le brouillard ? C'était un mirage, un leurre de la vie, qui vous laissait y croire pour mieux vous voir échouer. Ces buts étranges que l'on se créait quand le passé seul ne suffisait pas à en apporter. Allait-il réussir à attraper ce nuage ? Parviendrait-il jamais à être aimé par quelqu'un qu'il aimerait, lui ?
Ni sa mère ni son père ne l'avaient aimé. Qui donc ? L'Elfe aveugle, oui. L'Elfe que le Drow qu'il était avait cherché à tuer avant qu'il ne s'y attache.
Mais cette fois-ci, cela pouvait-il être différent, au moins un peu ?

Il lâcha alors Ashitaka, le plus doucement qu'il pu. Enfin, après tant de temps, il parvenait encore à donner sa confiance. Combien de fois l'avait-on trahi, enfant ? Cela n'importait plus. Car la main du Demi paraissait trembler... S'il avait perdu trop de sang, il encourrait un danger grave. Il fallait interrompre l'hémorragie, nettoyer la plaie, la panser et recoudre. En cela, il avait des compétences bien faibles, insuffisantes tout du moins. Certes, Ashitaka possédait au moins un remède facilement applicable sur les plaies, mais il n'y songea pas. Son esprit était sûrement trop effrayé pour réfléchir de manière normale.
Bien qu'il fut loin d'être au mieux de sa forme physique, Spes s'était décidé à aller chercher nourriture, et eau surtout. Le soleil tapait fortement sur les feuillages, aussi il devrait rester sous le couvert des arbres.
Il pleurait encore, mais plus doucement, et ce fut d'une voix faible qu'il dû s'exprimer. Toutefois, il parvint à esquisser un pâle sourire. Ses yeux avaient reprit cette teinte argentée semée de grains roux, propre à exprimer ses certitudes nouvelles.

- Je vais courir chercher de l'eau, en grande quantité... Et de quoi manger.

La-dessus, il se releva, et quitta le Demi des yeux pour s'éloigner furtivement parmi les arbres. Une nouvelle fois, il se retourna, puis enfin disparu tout à fait, caché par les troncs et les branches.
Il ne marcha qu'un quart d'heure à peine avant de trouver une flaque. Son instinct l'y avait-il mené ? Peu importait. Il arracha sa capuche d'un coup sec, entre autre partie imperméable de son vêtement, l'emplit de cette eau trouble avant de la nouer et de se l'attacher. Seulement après, il pensa à s'abreuver pour compenser tout ce que lui avaient fait perdre ses larmes. Il avait les mains libres, à nouveau, et se mit hâtivement en quête de quelque chose qui fut comestible.
Cela lui occupait l'esprit, lui évitait encore toute réflexion métaphysique qui l'aurait perdu. Vivre sur l'instant, et par-dessus tout s'ouvrir à l'avenir, cela, il ne savait pas le faire. Mais, inconsciemment, il y aspirait.

Il courait sur le chemin du retour, et l'eau et les fruits ballotaient à chaque enjambée. L'espace d'une seconde terrible, il se cru perdu. Mais non, il reconnaissait ce houx gigantesque. Un fois dépassé, il verrait Ashitaka.
Le verrait-il vraiment ? A cette pensée, son cœur blessé se serra.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Lun 22 Sep 2008 - 21:38

HJ: o.O Eh bhen. Forumactif a des gros problèmes ces temps-ci, les posts disparaissent de partout. Heureusement que j'avais sauvegardé XD



Spes finit par desserrer son étreinte. Des larmes coulaient encore le long de ses joues, mais il semblait un peu plus calme. Son regard avait changé. Ashitaka pouvait le sentir moins égaré. Son coeur palpitait moins vite. L'adolescent se leva et annonça qu'il voulait aller chercher de l'eau et de la nourriture. Sa voix était à peine plus que murmure, mais ne chevrotait plus. Sourit-il? Oui, à peine. Mais c'était la première fois, du moins lui semblait-il, depuis qu'il l'avait rencontré.

Quand Spes disparu à travers les arbres, le Demi ferme les yeux un court instant et soupira. Très bien. C’était peut-être mieux que Spes parte pour un petit moment. Pourquoi, Ashitaka comptait-il partir? Laisser cet enfant là, et continuer sa route sans plus y penser? Non, du tout. La raison était toute autre. L’herboriste ne voulait tout simplement pas faire subir à Spes un autre choc. Cela ne valait pas la peine de lui faire peur avec cette blessure plus impressionnante qu’elle ne l’était réellement.

Pour la deuxième fois en quelques heures, il avait été blessé à l’épaule. Le demi détacha donc un nouvelle fois la manche mais, avant de la retirer, il fouilla un peu de son sac et sorti une bouteille pleine d’un liquide transparent, ainsi que du tissus, un flacon d’essence d’aloès et, évidemment, la crème. Les vapeurs qui s’échappèrent de la bouteille, quand il l’a déboucha, laissaient clairement deviner qu’il s’agissait l’alcool d’assez haut degré.

Enfin, l’herboriste retira la manche de son bras blessé. La pointe de la flèche était assez profondément prise dans la chair. Il serra les dents et alla la retirer. La douleur était ignoble. Lorsque le bout de fer fut enfin retiré, il fut accompagné d’une petite rivière de sang qui coula le long de son bras. Sans perdre un instant, il imbiba l’un des morceaux blancs d’alcool et plaqua le tout sur la plaie. Le mal s’intensifia encore pendant une ou deux minutes, preuve que la plaie de désinfectait lentement. Le tissus était à présent d’un rouge carmin. Ashitaka le laissa tomber à ses coté puis un prit un nouveau, sur lequel il laissa se déposer quelques gouttes d’extrais d’aloès. Déposé sur la blessure, le tissus calmait la douleur de manière impressionnante. C’était, en plus, un excellent cicatrisant. Moins que la crème, mais ça ne pouvait qu’aider.

Pendant que la douleur se calmait, il fit le point sur les évènements. Spes avait radicalement changé depuis la première fois qu’il l’avait vu. Aux premiers abords, c’était un jeune assassin sans remords. Il avait été direct, froid. Le comportement qu’on aurait pu attribuer à n,importe quel mercenaire. Mais vite, Le garçon s’était révélé d’être d’une toute autre nature. D’abord quand il avait fortement réagit au mal de son rat. Le regard du demi s’assombrit quelques peu a ce moment. Nel. Il n’avait pas réussit à le sauver, en fin de compte. Enfin. À partir de ce moment, Spes avait peu à peu laissé tomber sa couverture. Ashitaka ne pouvait tout simplement plus le voir comme un tueur. C’était un enfant souffrant depuis trop longtemps.

Un enfant… Que lui arriverait-il ensuite? Allait-il redevenir le sombre personnage qu’Ashitaka avait connu au début, ou resterait-il à présent celui qu’il était en fait réellement? Combien de temps resterait-il avec lui? Combien de temps, plutôt, aurait-il besoin de lui? Ce n’était pas vraiment une question qu’il se posait. Elle n’avait qu’effleuré son esprit. Car Spes pouvait rester avec lui le temps qu’il le voudrait. Partir, revenir…

Deuxième tissu vermeille, mais le flot de sang n’était à présent plus qu’un mince filet. Le demi prit le pot de crème et puis finit de se soigner, la blessure à présent bien cachée par les bandelettes de tissus. Il ne remit cependant pas son morceau de vêtement. La pression n’aurait été qu’une douleur de plus qui pouvait, pour le moment, être facilement évitée.

C’est quelques instants plus tard, à peine, qu’il entendit quelques légers sons de pas. Spes apparut. Il avait ramené avec lui des vivres, il semblait fatigué. Après toutes ces péripéties, cependant, il avait encore trouvé la force de partir en quête de nourriture. Il était impressionnant, vraiment.


- Merci Spes.

Ashitaka rangea tout ce qu’il avait utilisé pour se soigner et s’assit en tailleurs. Il avait le regard posé sur Spes et lui sourit, un court instant.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Mar 23 Sep 2008 - 17:54

[J'avais commencé à le taper de mémoire, mais cette sauvegarde n'est pas de refus ^^]



- Merci Spes.

Ashitaka se trouvait là. Toujours à la même place.
Lorsqu'un univers fondé sur de solides bases, des certitudes peu à feu façonnées de manière à devenir plus sûres que la vérité même, lorsque cet univers se fracture, il est impossible que cela se fasse sans mal ni peine... mais s'il était d'encre noire, alors peut-être est-ce aussi un soulagement.
Qu'importait à Spes toutes ces considérations. Ce qu'il ressentit, un sorte de vide, qui lui tordit les entrailles. D'une manière différente de la peur. Qu'était alors ce sentiment de plénitude ? C'était que ce vide, à l'instant même de sa création, était déjà comblé.

L'enfant était demeuré là, figé devant le houx, ivre de fatigue, un court instant. Puis il s'approcha, tandis qu'Ashitaka entreprenait de ranger le matériel de soin dont il s'était servi à l'instant. Sa blessure était masquée de blanc. Comment se portait-il ? Il voulut l'aider, mais le temps de se décharger de l'eau et des baies celui-ci avait terminé, s'était assis en tailleur. Et il lui sourit.
Se tenir ainsi debout épuisait Spes, qui, grâce à cela, cessa de s'y obliger. D'un coup, il se laissa tomber sur le tapis de feuilles et de mousse plus qu'il ne s'y assis, avant d' adopter une posture légèrement inclinée, les jambes ramenées vers lui et ses deux bras bien campés sur le sol à ses cotés. Il était juste devant le Demi, et entre eux deux se trouvait entre autre la gourde improvisée.
Le fait de maintenir une telle tension dans ses bras lui évitait de vaciller, et bien que cela ne fut pas anodin pour ses blessures il ne s'en préoccupa pas d'avantage.
Quelques instants, il fixa le Demi, la tête légèrement penchée. Son regard était encore d'avantage indéchiffrable que ses yeux n'étaient secs.
Il ne savait pas quoi dire. Au moins, il décida d'être franc.

- Je pense... que j'ai envie de rester avec toi.

Ses yeux avaient cherché une accroche, puis finalement s'étaient fixés sur une brindille qui gisait près de sa main.

- Je ne peux rien t'imposer, ni m'imposer moi-même... Mais je voudrais te suivre, où que tu ailles.

Il s'arrêta, un peu. Il avait l'esprit confus, et pourtant il ne voulait pour rien au monde tenir des propos incohérents. Ce qui était dit restait à jamais, les mots avaient trop de force pour qu'on les jette à la légère.
Avec effort, il murmura:

- Un jour, j'irais chercher ma mère, et Athmyr, chez les Drows. Mon père en terres humaines. Mais pour l'instant, pour longtemps... si je te perdais, il ferait de moi un pantin abject...

Il ne pouvait expliciter plus ce qu'il avait encore tellement de mal à accepter. Ce n'était pas qu'il ne voulait pas le dire, que le Drow qu'il était et qui lui tenait lieu de bourreau n'attendait qu'un trait de vulnérabilité pour l'achever, que lui était Humain... Non, il ne pouvait pas, sa gorge était serrée, douloureuse. Cette guerre n'était pas achevée, seul l'était ce si récent combat. Le premier qu'il eut remporté.
A travers ces mots du regret aurait-il vu le jour ? Il était encore bien tôt pour qu'il ne le sache.
Ses doigts se crispèrent, accumulant ainsi un peu de terre. Il n'était pas temps de perdre connaissance. Dans le ciel, le soleil était déjà haut.
Enfin, il parvint à regarder de nouveau Ashitaka. Il lui semblait pâle. D'un geste spontané, il posa sa main libre sur son poignet. Pourvu que son pouls ne soit pas trop faible... Son regard devait donner la même impression que celui d'un grand polatouche sur le point d'atterrir; incertain, inquiet et attentif.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Lun 13 Oct 2008 - 1:43

HJ: Désolé, j'ai prit énormément de retard, les travaux ont été plus demandant que je ne le croyais, je vais essayer dêtre plus rapide la prochaine fois. Enfin, il faut que je sois plus rapide...



C’était un pouls lent, lent mais régulier qui battait dans le corps d’Ashitaka. Faible il l’était, certes, mais loin d’être en danger. C’était bien moins pi qu’on aurait pu le croire, en fait. Déjà, la douleur de son bras n’était plus que secondaire, comme tamisée. Aussi, il repensa aux paroles que Spes venait de prononcer. Ce dernier semblait si confus, si perdu... Presque affolé, bien qu’immensément plus calme qu’au paravent. L’adolescent lui avait fait réellement peur, Ashitaka avait cru le voir y rester. Comme le demi y avait songé inconsciemment, l’enfant désirait rester, le suivre. Qu’il en soit ainsi, l’herboriste n’y voyait aucun inconvénient. De toute façon, Spes semblait physiquement très indépendant. Son besoin de compagnie était un besoin psychologique, moral. De plus, l’adolescent voulait, plus tard, retrouver ses parents et, un ami, lui semblait-il. C’était une noble intention, et il fallait espérer qu’elle puisse se réaliser.

Ashitaka n’était pas très habitué à être accompagné, encore moins à supporter quelqu’un dans un phénomène psychologique si ébranlant. Néanmoins, il allait essayer de comprendre cet enfant, et l’aider de son mieux. Il paraissait si faible, ainsi assit dans l’herbe... Il ne tremblait pas, mais peu s’en fallait. Et son regard était légèrement hagard, fatigué. Cependant, il avait la force d’être inquiet. Aussi le regardait-il avec un air incertain, lui ayant empoigné le bras, ou plutôt le poignet. Sa poigne, bien que crispée, était faible.


- Ne t’en fais pas, je vais bien.

C’était toujours cette même voix, mais plus douce qu’avant, confiante aussi. Il était calme. Pourquoi ne pas l’être, ils avaient échappé à une mort quasi certaine, peut-être, mais sûrement étaient-il en sécurité pour un petit moment, du moins. Ils ne devraient pas s’éterniser ici, mais pouvaient aisément prendre une pause. La forêt était immense, on ne les retrouverait pas facilement. Et si quelqu’un venait à les retrouver, il serait accueilli par une lame sur la gorge. Ici, Ashitaka était dans un élément qu’il connaissait mieux que sa poche. Un garde n’avait pas une chance énorme dans ce genre d’endroit contre lui, même affaiblit comme il l’était.

Le demi sorti la couverture qu’il avait rangé plus tôt et couvrit Spes de cette dernière. Il ne voulait pas que l’enfant se retrouve encore plus mal en point qu’il ne l’était déjà. Ils l’avaient échappé belle, et c’était visible. Physiquement, Spes était tout aussi marqué que lui, sinon plus. Probablement, même. Il avait été d’abord blessé au bras par sa propre arme, pour ensuite être mordu et enfin... Cette indescriptible protubérance noire qui l’avait, en quelques sorte, attaqué.

Qu’avait été cette chose? Le demi ne pouvait toujours pas le dire. Ç’avait été une réaction très étrange, quand il y repensait. L’une des tachez qui était peinte sur le corps de l’enfant s’était réellement retournée contre le corps sur lequel elle vivait. Ashitaka avait de plus en plus de difficulté à concevoir qu’elles ne faisaient qu’un avec Spes. Peut-être, même, qu,elle n’avait pas toujours été là, mais comment pouvait-il le savoir? Cependant, il se décida à ne pas en parler. Du moins, pas pour le moment, ce n’était pas le temps.

Pour le moment, il fallait reprendre des forces, se reposer puis partir loin de cette ville, sans trop perdre de temps. Ils ne pourraient rester cachés à proximité d’Aëlandir des lustres, surtout avec toute la garde a leur trousses.


- Mange et repose-toi, tu en as besoin. fit-il doucement à l’intention de l’ex-assassin. Nous devrons sûrement quitter demain, mais pour le moment, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

Le demi balaya les alentours du regards, il surveillait inconsciemment mais constamment, attentif au moindre bruit. Il évaluait, en même temps, son environnement, chaque branche, chaque roche... Il ne pouvait se défaire de cette manie quasi-paranoïaque. Et c’était la raison pour laquelle il avait apprit à ne jamais dormir.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Mer 15 Oct 2008 - 18:56

Qu'Ashitaka était calme !...
Ce calme résonnait en son corps, et, lentement, calmait les milles soubresauts qui agitaient son âme.

- Ne t’en fais pas, je vais bien.

Qu'il avait peur, pourtant ! Il ne pouvait parvenir à le croire. Enfin, il retira sa main, et la plongea avec la seconde dans ses poches. Il se sentait si froid... Il regarda sans bouger le Demi, qui le couvrit d'une couverture bien connue.
Spes entreprit sans tarder de se réchauffer, soufflant tout contre le tissu afin de ne pas perdre une once de chaleur.

Tout autour et plus loin encore, la forêt les enveloppait, immense corps invincible. Cette présence, lui, l'oppressait, minuscule créature qu'il était face à ce gigantisme. S'il s'agissait bien d'un être que ces arbres réunis, alors qu'étaient ces chants d'oiseaux ? Le son palpitant de son cœur qui pulsait à un rythme aussi irrégulier qu'effréné ? Que de fluides, d'odeurs, qui lui donnaient la sensation d'être étranger à cet univers.
Il était enfant de la ville, ce lieu ou vivait la foule, du moins l'était le Drow qui vivait en lui. Et ce dernier n'était pas mort... Toujours pas, et sûrement jamais...

En cet instant, Spes quittait la douleur de ses souvenirs pour s'abandonner à l'instant présent, à cette chaleur qui regagnait petit à petit son corps et la sensation protectrice que lui offrait le Demi qui se tenait près de lui, lui permettant d'oublier sa peur de la forêt, et avec elle, de l'inconnu et de la mort...
Jamais il n'aurait pu se douter que bientôt, sous l'effet de la drogue, il perdrait le contrôle de son corps comme jamais cela n'avait encore eu lieu auparavant. Peut-être le Drow avait-il prit conscience de ce qu'il s'affirmait et menaçait de le réduire à jamais au silence ? Et durant ces jours entiers de mort latente, le Drow massacrerait leur corps, et créerait la pire des situations psychologiques que l'enfant n'avait encore éprouvée...
Qu'il devait être doux d'être seul en soit et en paix !
Pourquoi Ashitaka demeurait-il à ce point aux aguets ? Demi-drow...

- Mange et repose-toi, tu en as besoin. Nous devrons sûrement quitter demain, mais pour le moment, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

Le soleil avait entamé sa phase de déclin, quoique encore haut. Pourtant, sous ces feuillages, la lumière tamisée donnait une impression d'irréalité.
Spes approuva d'un bref hochement de tête. Il sortit un bras, porta à sa bouche quelques fragments de nourriture, avant de fixer à nouveau le Demi.

- Merci Ashi...

Sur ces mots, son esprit glissa dans le sommeil.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Sam 15 Nov 2008 - 21:49

HJ: Je détexte la chimie et la physique. J'ai pu de vie. Sincèrement désolé.



Il regarda Spes s'endormir. Resta ainsi un moment, combien de temps? Ça n'avait aucune importance. Il finit tout de même par fermer les yeux, se mettant en position de méditation. Sa respiration se ralentit, encore et encore. Certes, il respirait toujours, mais ci lentement que s'en était étrange. Dormait-il? Assurément pas. Il entendait le moindre son, le moindre bruissement. Au moindre signe suspect, il ouvrait un oeil et inspectait. Mais il n'y avait rien. Personne. Alors il refermait les yeux et méditait de nouveau.

Lorsque qu'il se reposait ainsi, Ashtaka laissait son esprit vagabonder, c'était sa manière de se détendre.

Un enfant tenait incommensurablement longue lame. Ou plutôt, il l'a voyait incommensurablement longue. Et face à cette lame se dressait cet homme étrange, immense, fort... Et indescriptible. Indescriptible par ses traits. Il n'avait l'air d'aucune race connue, ou toutes à la fois. C’était cet homme qui l’avait élevé depuis quelques années déjà, qui lui avait tout apprit, ou presque. Tout, sauf la survie et la chasse. Cet homme avec lequel il avait passé plusieurs année déjà, et dont il ne connaissait rien.

Le premier coup, bien qu’il réussit à l’arrêter, manqua de le faire tomber. L’homme n’était plus son maître mais son adversaire. Il fallait se reprendre, tout de suite. L’enfant serra du plus qu’il pu son arme. Le duel était violent, aucune chance laissée à l’adversaire. Il était clair que le gamin ne faisait pas le poid. Il ne parvenait qu’à se défendre. Chaque tentative d’attaque lui en coûtait. Il se fatiguait, cependant, pas question de le montrer. Il devait finir le duel. «Tu es trop faible !» Gronda l’homme. La lame arriva avec force vers la gorge de l’enfant, qui la regardait venir, paralysé par la voix et par la peur. Il avait été surprit, déstabilisé. Le petit être sentit sa gorge se fendre, il sentit le liquide chaud descendre la peau, et tomba inconscient. Tu es trop faible… Les mots lui cognaient le crâne.

Ashitaka ouvrit les yeux, pour chasser le souvenir. Son esprit avait divagué trop loin. C’était le genre de souvenir dont il ne voulait pas se souvenir, justement. Il détestait ces images, cette sensation de peur qui lui prenait à chaque fois. Et attaché à ce souvenir, son but, le seul but qu’il s’était fixé, et qu’il n’avait pas encore atteint. Mais il l’atteindrait. Et ce jour-là… Ce jour-là tout serait enfin finit. Car il savait déjà ce qui se passerait ce jour-là. Il ferait honneur à sa promesse, puis périrait. Pour cette raison il n’avait voulu s’attacher a personne, et que personne ne s’attache a lui. Trop tard… Mais qu’importait, en fait. Il n’était pas encore prêt à honorer sa promesse. Il n’avait pas assez d’expérience.

Il inspecta les alentours, Spes endormi, rien n’avait changé. Seul le soleil avait un peu descendu. Il avait dû se passer une heure au plus. Le temps passait lentement tout à coup. Le demi referma les yeux. Cette fois-ci, il ne penserait à rien. Il ne ferait qu’écouter le vent, à la recherche du moindre bruit suspect. Rien ne devait le surprendre, en aucun cas.

Plus tard encore, quand exactement il ne le savait pas, Ashitaka sorti de sa méditation. Il n’avait pas encore complètement récupéré, mais ça irait pour le moment. Il se leva et marcha un peu. Son épaule l’élançait encore. La douleur n’était pas ce qui le dérangeait. C’était plutôt le faible qu’il était beaucoup plus faible dans cette condition. Il se rassit en mangea un peu. Il n’avait pas vraiment faim.

Enfin, il sortit ce qui restait de la plante qu’il était initiallement allé chercher dans la ville elfique. Il n’en restait plus beaucoup, mais juste assez pour remplir un petit flacon. Il faudrait la séécher. Il déposa les feuilles dans une flaque de soleil. Elles sècheraient plus vite ainsi. Pas longtemps, cependant, puisqu’il serait bientôt nuit.
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Dim 16 Nov 2008 - 10:20

Spes avait sombré dans le sommeil comme on s'évanouit, pour échapper à la réalité violente des évènements. Tout était trop palpable, trop vif, trop... vrai.

*


Dans le noir épais de son esprit, il perçu quelque chose de minuscule. C'était carré et blanc, et cela grossissait en se déformant, pour prendre toute la place. Il la voyait comme s'il y était, cette pièce faiblement éclairée au plancher rugueux. Il sentait l'odeur du bois moisi, de la pourriture sous les tapisseries, et le froid qui y régnait. L'unique fenêtre s'ouvrait sur la lune, pourtant il ne la regardait pas, il se contentait de recevoir sur la tempe un souffle glacial.
Était-ce la chambre de cette nuit ? Ou une pièce enracinée au plus profond ses souvenirs ? Peut-être l'une de ses chambres d'assassin, peut-être celle de l'une de ses victimes, ou encore celle dans laquelle son maître le recevait. Ou toutes à la fois.
Et alors, il se vit.
Un minuscule petit garçon sous une chemise trop grande, qui avait du être blanche. Mais surtout, sa peau était unie, toute pâle.
L'enfant s'avança, posant ses petits pieds nus l'un après l'autre, sans bruit. Arrivé devant le lit, il releva sa chemise à mi-cuisse d'une main et s'agenouilla, avant de soulever un bout de la couverture qui pendait du lit. De son emplacement, le Spes qui regardait la scène ne pouvait voir se qui se cachait dessous, dans la pénombre. Alors, il se contenta de l'imaginer durant les longues secondes qui s'ensuivirent.
Enfin, l'enfant pâle bougea. Il tenait une petite main qui venait de dessous, et sans un bruit il la tira afin d'aider à sortir celui qui était au bout.
C'était lui, aussi. Un petit enfant exactement semblable au premier si ce n'était qu'il n'y avait pas le moindre vêtement sur sa peau uniformément noire. Son pâle égo lui sourit, lui il ricana, tout doucement.
Puis il se jetèrent l'un sur l'autre, se frappèrent, se battirent comme n'importe quels gamins des rues. Pourtant, Spes les entendait distinctement parler, l'un après l'autre. Ils avaient la même voix, une voix trop grave, trop adulte pour eux.

- Tu es trop faible !

Le combat était inégal, étrangement. L'avantage allait à l'enfant pâle. Mais tous deux paraissaient des gamins fées, des lutins invincible; ils allaient si vite ! Et pas le moindre des coups qu'ils s'échangeaient ne laissait de trace sur la peau de l'autre.
Il sembla à Spes que les deux enfants se battirent durant une éternité. Le temps se compressait, s'allongeait dans son esprit, tantôt il voyait distinctement un poing arriver vers une joue, tantôt tout devenait flou.
Soudain, un bruit le fit tressaillir. L'un des enfants était tombé à terre. C'était le pâle.
Pourquoi eut-il si peur lorsque le vainqueur tourna son regard vers lui ? Parce que, soudain, il prenait conscience qu'il était vraiment ?
Le gamin noir marcha vers lui, ses yeux fixés dans les siens. Spes ne bougeait pas, il le regardait venir. Il se dit qu'il avait chaud.
Très chaud.
Alors que la petite main noire se tendait vers son front, il se sentit défaillir. Les doigts frôlèrent sa peau, lui créant une sensation de brûlure intense. Il se débattit.

*


Clignant des yeux, Spes porta vivement sa main à son front. Un rai de lumière le frappait et sa peau y était chaude. Alors, un peu chancelant, il se mit sur les coudes. Dans son sommeil, il avait roulé d'un mètre ou deux et se trouvait sur le ventre, la couverture en boule à coté de lui.
Il vit Ashitaka, qui, accroupi, déposait des feuilles au sol.
Il ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, puis il se reprit et se leva tout à fait. Le Demi l'avait entendu, et cela le rassurait, comme la preuve que tout ce qu'il avait vécu n'était pas qu'un long cauchemar. Mais son précédent rêve le taraudait.

Soudain, il se sentit bouger. Ses jambes le déplaçaient de quelques pas, il se courba, il plongea sa main dans le sac d'Ashitaka.
Il avait peur, mais il ne parvenait pas à échapper à ce que son corps, ou quelque chose d'autre, lui dictait.
Vivement, il ouvrit un flacon, y prit une pincée de plante séchées et l'avala. Il ne savait pas si le Demi le voyait. Il aurait voulu le savoir, comme il aurait voulu se maîtriser. Dès qu'il eut déglutit, il reçu le poids de son corps telle une claque. Il faillit perdre l'équilibre.
Le monde tournait. Qu'avait-il avalé ? Il le savait pourtant, mais les mots ne lui venaient plus.
Brusquement, il comprit. Cette nuit, en ville, il avait remporté contre son double, Drow, une bataille... maintenant, il avait perdu la seconde. Quoi que fasse le Demi, la drogue était montée à son cerveau d'humain, trop faible pour y résister.
Il sut qu'il ne lui restait plus que quelques minutes.
Il fit le choix de ne pas sombrer une seconde fois devant le Demi, qu'importe ce que cela lui coûtait, qu'importe qu'il y survive ou pas. Il ne voulait pas qu'Ashitaka souffrit par sa faute, la sienne ou celle du drow, qu'importe, le Demi ne voyait qu'un seul être devant lui. L'idée qu'il puisse lui incomber les fautes de celui qui allait prendre possession de son corps lui était intolérable.
Sa voix trancha alors la clarté de l'air, charriant un désespoir palpable.

- Je... Ashi... Je dois partir. Pour peu de temps, se reprit-il, je... pourrais te retrouver dans trois semaines ? Au nord des plaines d'Atral... près du château de Serramire ?

Bien qu'il hésita, qu'il du s'arracher chaque mot, son ton était sans équivoque, son regard ne fuyait pas celui du Demi.
S'il restait, alors à coup sûr il s'en prendrait à Ashitaka à un moment ou un autre. N'était-il pas celui qui lui avait permit de frapper le drow un grand coup, cette nuit ?
Et pourtant, maintenant, tout semblait à recommencer. C'est ce que croyait Spes, car il ignorait combien de force avait acquis le drow et comme il avait été diminué en quelques heures seulement. Il avait sans le savoir détourné l'ombre du meurtre que sa moitié sombre projetait sur lui.
Pour l'instant, il était en sûreté.
Ou irait-il ? Se cacher ? Dans un monastère, une église, peut-être..

*


Non, je n'irais pas là-bas, crétin. Je partirais pour les contrées Drow, terres de mes ancêtres, et j'y retrouverai notre père ou notre mère. Et alors, je trouverai le moyen de te tuer.
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Ashitaka
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MessageSujet: Re: Nuit grise dans cette quelconque demeure [Libre]   Mer 7 Jan 2009 - 4:53

Il y a des gens qu'on ne peut sonder. Des gens que l'on arrive à comprendre, et d'autres pas. Il y a certaines personne comme ça. Spes devait en faire partie, car Ashitaka ne le comprenait pas. Du moins, pas vraiment. Il savait que certaines choses chez l'enfant lui échappaient. Peut-être finirait-il par comprendre, peut-être pas. Il avait déjà rencontré certaines personne qu'il n'avait pu totalement comprendre, mais pas pour les mêmes raisons. Spes avait l'air d'avoir une double personnalité. Peut-être était-ce le cas? Surement... Mais justement parce qu'il ne comprenait pas parfaitement Spes, il ne pouvait se laisser aller à de telles suppositions.

La vie est étrange. Elle arrange d'étranges rencontres. La vie est étrange car elle mélange l'atroce et le merveilleux. Chaque chose en entraînant une autre... Chaque décision peut changer la donne de l'humanité, tout tourner vers le chaos ou la lumière. La vie est intéressante, mais précaire, fragile. La vie... était un sujet de méditation qu'Ashitaka affectionnait beaucoup. Ce mot débordait de mille et une définition. C'était complexe et simple à la fois. Et étrangement, y penser le reposait.

Mais en ce moment, il ne pensait pas à la vie. Il réfléchissait sur son compagnon.

Il vit Spes se lever. Prendre un peu de polypore dans un pot, l’avaler. Lui parler.

Ashitaka ne réagit pas. Peut-être aurait-il dû le faire. Peut-être aurait-il dû l’empêcher de partir. Mais comment, pourquoi ? Blesser l’enfant déjà trop grandement affaibli ? Essayer de le soigner ? L’herboriste ne pouvait soigner les maux de l’âme. Il n’avait qu’à espérer que Spes trouverait sur sa route quelqu’un d’apte à l’aider. Il n’y avait pas grand chose d’autre à faire. Enfin, rien qui était en son pouvoir. Cette pensée le blessait.

Il ne fit donc qu’un léger signe de la tête, pour dire qu’il avait comprit. Ashitaka doutait de revoir Spes… Mais il ne pouvait lire l’avenir. Adviendrait ce qu’il adviendrait.

Ashitaka resterait là un moment. Il attendrait que la plante qu’il avait récolté sèche. Il l’a broierait. La mettrait dans un pot. Étiquetterait Soigneusement. Il reprendrait sa méditation, quelques heures. Puis il quitterait l’endroit, le soir venu.

Il trverserait leur futur point de rencontre le temps venu. S’ils devaient se revoir, ils se reverraient. Sinon…

Eh bien sinon, il ne pourrait rien y faire. Malgré tout cela, il ne pouvait s’empêcher de se faire un sang d’encre pour Spes. Pourvu qu’il ne lui arrive rien… Ce n’était encore qu’un enfant, après tout. Vieilli prématurément par la dureté de la vie, peut-être, mais un enfant.
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