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 Comment ai-je pu l'oublier ?

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Eldis Gil-Assan
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MessageSujet: Comment ai-je pu l'oublier ?   Sam 11 Oct 2008 - 17:05

La vie avait bien changée au palais du baron de Missède. Alors que ce dernier vivait d’ordinaire seul depuis la mort de son père (aussi seul que l’on puisse l’être avec des serviteurs vivant dans le palais), voici qu’il avait recueillit sous son toit un homme, et son étrange fille, ainsi qu’une autre jeune femme, prêtresse de Nééra. Ces deux jeunes gens étaient des draconiens, tout comme le baron lui-même qui avait décidé de faire leur enseignement, mais cela seuls les serviteurs étaient au courant. Pour le reste de la noblesse qui se posait des questions quant à ces inconnus, ces derniers étaient son écuyer et une amie, tout simplement.

D’ailleurs, aujourd’hui Hélios et Roxane étaient partis entrainer la jeune femme dans la grotte auprès d’Uriel et Cundu. Le pauvre dragon rouge ne supportait pas le froid, cela l’engourdissait et le faisait hiberner, aussi avec sa compagne avaient-ils creusés en profondeur jusqu’à ce que Cundu se sente à l’aise. Eldis avait visité leur tanière, et force était de constater qu’elle commençait à ressembler de plus en plus à un nid. De l’or et des pierres précieuses (d’où venait-ils, mystère) étaient installés en cercle au milieu de la caverne, sur lesquels dormaient les deux dragons. Malheureusement il n’était pas assez grand selon eux, il leur fallait plus de richesses encore pour qu’il soit parfait. Par contre, l’elfe humain avait remarqué qu’il y avait une sorte de creux au centre du « nid », comme si la place était réservée pour quelque chose. Ou quelqu’un. Est-ce que les deux dragons rêvaient de fonder une famille ? D’avoir des enfants ? Cundu était jeune, il n’avait pas un an. Et pourtant…

Comment les dragons pouvaient-ils vivre leur rôle de parents ? Un bébé dragon une fois né est lié à un humain, qui apprend de lui presque tout ce qu’il a à savoir. Il ira où ira l’humain, et si cela se trouve, loin de ses parents. Plutôt dur d’être parent mais de ne pouvoir élever son propre enfant. Melesiel a beau ne pas être de son sang, l’idée même de la voir élever par quelqu’un d’autre et surtout loin de lui, lui était insupportable. Aussi, savoir que malgré cela son frère et sa compagne voulaient avoir un enfant, cela était dur à concevoir pour l’elfe humain.

Les rapports entre Cundu et Eldis redevenaient peu à peu ce qu’ils étaient autrefois. Depuis que Roxane était réapparut dans sa vie l’écuyer avait changé, s’affirmant plus, arrêtant de se morfondre dans cette attitude écœurante de martyr. Il n’avait pas encore renoué son lien avec lui, mais lui parlait de vive-voix en draconien. C’était déjà un bon début. Au départ, ils échangeaient des banalités avant de passer à des sujets plus sérieux. Bientôt, très bientôt ils renoueraient pour ne plus jamais se séparer. Si tant est qu’Eldis ne refasse plus d’erreurs.

Pendant qu’Hélios s’occupait à entraîner Roxane, Eldis lui venait de quitter sa chambre où sommeillait sa fille, qui venait tout juste de s’endormir. Tranquillement il se rendit au salon où crépitait un bon feu, son élément. Depuis qu’il était lié à Cundu, il s’était rendu compte combien il aimait la chaleur, sentir le feu chauffer tout son corps sans qu’aucune goutte de sueur ne tombe. C’était étrange et déroutant au départ, mais il s’y était fait. Mais plus d’une fois il avait effrayé les serviteurs lorsqu’ils l’avaient vu mettre les mains dans le feu pour rajouter des bûches. D’ordinaire il faisait attention à ne pas attirer l’attention là-dessus, mais vu qu’ils étaient au courant pourquoi s’en faire ?

Eldis allait chercher un livre sur les étagères de la bibliothèque lorsqu’un poignard de feu lui transperça le crâne, le faisant chuter sous le coup de la douleur. Les mains sur sa tête, recroquevillé en position fœtale, il souffrait en silence, incapable de sortir le moindre son. La douleur se développa, touchant non plus que sa tête mais son corps tout entier. Ses membres étaient tétanisés, il respirait à peine tant la douleur lui coupait le souffle, il pleurait à cause de cette dernière et parce qu’il savait ce qui lui arrivait. IL était revenu. Ark’at’ol, le dernier des Oridians. Il l’avait oublié, mais ce dernier pour sa part non. Il avait attendu son heure, patiemment, choisissant le moment où son esclave serait le plus faible. Privé de son lien avec son dragon, il n’avait aucune chance de repousser, n’étant pas assez fort pour repousser un être à la puissance phénoménale et remplit de haine. Il cherchait à le briser, à en faire une coquille vide entièrement dévouée à son service, cherchant par la même à mettre la mainmise sur son dragon. Eldis ne pliait toujours pas, aussi l’Oridian augmenta la pression et la douleur, faisant lâcher un long cri inhumain dans l’esprit du draconien.

Cundu était en train de regarder Hélios enseigner les bases que tout draconien se devait de savoir à Roxane, lorsqu’il sentit la douleur de son frère. Plus, il reconnut tout de suite qui en était responsable. Il se recourba sous la douleur s’attirant un regard inquiet de la part d’Uriel. Tremblant de toute part, Cundu tentait de faire abstraction de la douleur pour tenter de renouer le lien avec Eldis et l’aider à combattre l’Oridian, mais alors survint le cri le plus horrible qu’il ait jamais entendu. La peur prit le pas sur la douleur et sans attendre il sortit de la caverne hurlant mentalement.

*ELDIIIIIIIIS !!!*

Plus facilement qu’il ne l’avait pensé, il avait renoué avec son frère et tentait de lui donner tout la force nécessaire pour qu’il puisse combattre celui qui attaquait son esprit. Bon sang, ils n’y arrivaient pas ! Le froid attaquait le dragon qui sentait déjà son corps se refroidir. Ne pas céder, en aucun cas il ne devait s’endormir, sinon Eldis était perdu à jamais ! Volant le plus rapidement possible, il aperçut le château. Vite, plus vite ! Il commençait à s’endormir. Non pas maintenant. Ses paupières se fermaient doucement. Non pas dormir. Pas…dor…mir… Une vive douleur à la queue le réveilla en sursaut. Se retournant il vit Uriel qui avait enfoncé ses crocs dedans pour le maintenir conscient.

« Merci mon amour ! »

Le château n’était plus qu’à quelques mètres. De la taille adulte il redevint petit afin de pouvoir pénétrer dans le château, fonçant droit sur la fenêtre. Il ne ralentit, trop pressé rentra en fracassant les vitres, s’écrasant par la même occasion sur le sol. Il roula plusieurs fois sur lui-même avant de s’arrêter après avoir percuté le mur. Il avait mal, son aile était briser et il s’était foulé l’une de ses pattes. Ce n’était pas grave, il fallait trouver Eldis. Là, vite ! Claudiquant du mieux qu’il pouvait, Cundu arriva enfin à coté de son frère et posa son front contre le sien.

*Eldis je suis là mon frère. Concentres-toi, il faut le chasser !*

Le chasser ? Comment ? Il était trop fort !

*Non c’est faux ! Nous avons réussit par le passé à nous défaire de lui, on peut recommencer ! Concentres-toi mon frère, je ne peux que te donner ma force, c’est à toi de le chasser de ton esprit !*

Eldis voulait le faire mais il n’y arrivait pas. Il avait trop mal pour se concentrer. Il était si impuissant. Si faible…

« Merci Eldis de ta loyauté Envers moi. Si tu avais parlé… qui sais ce qu’elle aurait fait à moi, mes bébés ou a Dragan. Pour cela je te suis redevable a jamais. »

Révérie ?

« Ta dette envers moi est payée Eldis. Largement. Tu as sauvegardé ce que j'avais de plus cher et cela vaut plus que ma vie. »

Il avait tenu ce jour-là oui. Il n’avait pas craqué. Mais là c’était différent. L’ennemi était différent. Il n’était pas en face de lui, et il était tellement puissant…

« Tu es quelqu'un de capable Eldis, tu n'as pas à te comparer aux autres. J'ai vu ce que tu as fais, je sais de quoi tu es capable. Il n'y a plus qu'à l'exploiter, mais si à chaque fois, tu entreprends quelque chose avec l'idée que tu le feras moins bien que les autres, alors tu échoueras. »

Les souvenirs revinrent en lui. Il avait vécu tant de choses, traversé tant d’épreuves. Il avait affronté des drows, survécu à un l’interrogatoire de Div’Argh, à son poison, il avait parcourut des terres inconnues, arrêté une guerre avec Cundu… Il n’avait jamais cédé dans ces moments-là, et maintenant il le ferait ? Hors de question !

Mobilisant toute sa volonté malgré la douleur, il commença alors à se battre, à repousser l’ennemi. Cundu lui envoyait toute sa force, rouvrant le plus possible son lien afin de l’aider au mieux. Son esprit s’unit à celui de son frère, recréant ce lien qui était leur il n’y a pas si longtemps. Ensemble ils ne purent le repousser, mais réussirent à l’empêcher d’assurer son emprise sur le draconien. Allez, maintenant le repousser. Un autre esprit vint les aider. Uriel ! Et Hélios ! Allez, ils pouvaient le faire ! Ensemble, tous les quatre ils unirent leurs forces et finirent par petit à petit faire reculer l’Oridian. Bientôt sa présence finit par s’atténuer tout comme la douleur. Ils gagnaient, encore un effort allez ! Encore un peu, un tout petit peu. Et puis soudain ce fut finit. L’Oridian lâcha prise, délaissant son esclave pour reprendre des forces en vue d’une prochaine attaque. Eldis respira à nouveau et vomit sur le sol. Il avait réussit. Ils avaient réussit. Mais il se sentait si faible.

Doucement il tenta de se redresser et vit Cundu non loin de lui, lui aussi éreinté. Eldis le prit dans ses bras, abandonnant l’idée de se lever.

« Mer..ci… »

Ou quelque chose d’approchant tant sa voix était rauque. Le dragon vint se blottir contre lui avant de réprimer un sursaut de douleur. Eldis le sentit et avisa les blessures de son frère.

« -Tu… es… blessé ?
-Ce n’est rien ne t’en fais pas.
-Bouge… pas.
-Que fais-tu ? »


Eldis posa une de ses mains sur l’aile de Cundu et l’autre sur sa patte foulé.

« NON ! Tu es trop faible pour ça ! Arrête ! »

Mais Eldis n’écoutait pas, concentré à guérir son frère, se vidant par la même occasion de ses dernières forces. Cundu suppliait mentalement Eldis d’arrêter, secondé d’Uriel postée à coté d’eux. Mais rien n’y fit. Finalement Cundu fut soigné et Eldis s’arrêta avant de s’évanouir.

*ELDIS !*

Pas de réponse. Son teint était cireux, sa respiration faible, sa présence à peine perceptible. Il suffisait d’un rien pour qu’il sombre à jamais dans les profondeurs du royaume de Tari.
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Roxane Amras
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MessageSujet: Re: Comment ai-je pu l'oublier ?   Dim 12 Oct 2008 - 18:45

Roxane était bien au château... Cela lui rappelait le temps où elle était à Méca avec Triss, Isabaut et Morgane... Le temps où elle avait l'impression d'être chez elle, parce qu'elle était avec des gens qu'elle aimait et qui l'aimaient, même si elle avait renié cet amour, se la jouant rebelle indépendante. Combien de fois Isabaut était venue la chercher, morte d'unquiétude alors que l'adolescente se rebellait? Combien de fois, avec patience, la jeune femme lui avait expliqué que son sort lui importait parce qu'elle aimait la jeune fille? Morgane aussi, avait joué le rôle d'une grande soeur.

Et maintenant, qu'étaient-elles devenues? La mort de triss avait brisé ce foyer. Morgane était partie en mer et isabaut... isabaut devait être morte, elle aussi, incapable de srumonter la perte de son seul amour. Elle avait tout fait pour le cacher, mais Roxane n'avait pas été dupe. maintenant, elle regrettait de ne pas avoir dit à Isabaut combien elle l'aimait. Voilà une erreur qu'elle ne commettrait plus : il ne fallait pas attendre que les gens soient morts pour leur dire qu'on tenait à eux. Il fallait le faire pendant leur vie.

Roxane avait perdu deux foyers, deux familles : celle de Diantra qu'elle formait avec ses parents, celle de méca qu'elle formait avec son frère et les deux jolies rousses. Mais Roxane avait une capacité d'adaptation stupéfiante. Son nouveau foyer, c'était à Missède, avec Hélios, Eldis et Melesiel. Avec Leirn, Cundu et Uriel. Elle s'entendait bien avec le Baron, étant une élève attentive et curieuse, vive et enjouée. Avec Eldis, c'était plus complexe. Elle l'aimait, mais son passé l'empêchait de vraiment faire quelque chose en ce sens. Pourtant, elle adorait rester avec lui, discuter des heures avec le jeune homme, le réconforter, le faire rire, le motiver, caliner Melesiel...

Aujourd'hui, Eldis n'était pas avec eux. Roxane avait suivi Hélios, accompagnée de Leirn, bien évidemment et le chevalier lui apprenait ce qu'elle devait savoir. Uriel et Cundu étaient dans leur petit nid, alors que Leirn était allongée tel un sphinx, Roxane assise contre elle. De temps en temps, la dragonne blanche jetait des regards envoeux aux deux dragons. Elle était jeune certes, mais il semblerait que certaines choses de la vie commencent à la travailler, notamment cet amour entre Uriel et Cundu, cette drôle de complicité inter race qu'elle ne connaissait pas. Et Roxane était bien désolée de voir sa dragonne se poser autant de questions. Cependant, elle gardait le secret de cette sorte de jalousie curieuse.

Roxane riait d'une boutade du chevalier, quand Cundu se mit à remuer avant de lancer un cri muet qui fit sursauter la jeune fille, alors que Leirn se relevait brutalement, déséquilibrant Roxane. Uriel se lança à la suite du dragon rouge et Leirn faillit faire de même quand Roxane l'arrêta :

*Non attends! Emmène-moi! Ne me laisse pas là!*

Leirn acquiesça tandis que Roxane grimpait à toute vitesse sur le dos de sa tendre moitié.

- "Je suis désolée Hélios, elle ne peut pas te porter, elle n'ne a pas la force."

Avec un air contrit, elle jeta un regard d'excuse au baron, avant que Leirn ne sorte de la grotte et s'envole à tire d'ailes vers le château. Même avec Roxane sur le dos, elle restait incroyablement rapide, plus que Cundu et Uriel. ils étaient partis après eux, mais elles arrièvrent assez vite. Roxane trouva la fenêtre brisée et Leirn vola jusque là, avant que la jeune fille, avec précaution, malgré son sentiment d'urgence grandissant, ne quitte le dos du dragon pour monter sur le rebord de la fenêtre.

Là, son coeur s'arrêta de battre. Une odeur de vomi lui monta aux narines, alors que son regard avisait Eldis, aussi pâle qu'un mort et Cundu, affolé à côté de lui. Roxane était prêtresse de néera, elle savait quand la vie s'apprétait à quitter un corps...

- "Oh non! pas cette fois!"

Elle sauta à terre et se rua sur Eldis, s'agenouillant précipitamment à côté de lui et s'emparant de sa tête, qu'elle posa sur ses genoux. Cette scène avait un gout de déjà vu absolument horrible pour la jeune fille. C'est ainsi qu'elle avait perdu triss, trop faible pour le sauver. Mais Eldis n'avait aucune blessure physique visible... Elle ne comprenait pas, mais elle devait agir. L'adrénaline monta en flêche, l'empêchant de paniquer.

- "Je te l'interdis Eldis! Je t'interdis de m'abandonner toi aussi! D'abandonner Melesiel!"

Elle lança un regard lourd d'interrogations à Cundu. Que s'était-il passé?

Elle ferma les yeux alors qu'une larme coulait sur sa joue.

*Pitié Néera, ne m'abandonne pas, prête moi la force et le courage nécessaire pour cette entreprise.*

Le tableau était touchant en même temps qu'inquiétant : Eldis était allongé, sans connaissance et livide, Cundu était à ses côtés, fidèle. Roxane était agenouillée, la tête du jeune homme sur ses genoux et ses mains de chaque côté de son visage, sur ses tempes, alors que Leirn était dehors, volant de façon stationnaire, l'air angoissé. Elle ne savait que trop ce qui passait dans l'esprit de Roxane. Les souvenirs, la tristesse... mais il y avait l'espoir aussi, l'espoir que cette fois, ce serait différent.

Roxane fit appel à la bonté de sa déesse et laissa irradier sa magie, enveloppant Eldis dans une douce chaleur, enveloppant son âme dans la sérénité... et l'amour. Elle attrapait son âme comme un délicat chasseur de papillon attrape un de ces magnifiques insectes dans son filet. Avec douceur et prévenance, sans le brusquer, raffermissant son contact pour que la vie ne s'échappe pas, pour que l'âme ne rejoigne pas Tari. Et en même temps, elle lui insoufflait la force nécessaire pour se faire. Et cette fois, de par ses nouvelles connaissances et de par son acceptation de son état Leirn put l'aider, la soutenir, lui prêter, non lui donner même, la force nécessaire à l'entreprise, tout en lui rappelant qu'elle ne devait pas brûler ses forces, que son sacrifice n'était pas nécessaire...
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Eldis Gil-Assan
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MessageSujet: Re: Comment ai-je pu l'oublier ?   Dim 19 Oct 2008 - 14:29

Plus de douleur, plus de fatigue, plus de corps, plus de sentiments… Il n’y avait plus rien. Il n’était plus rien. Si, il devait bien être quelque chose puisqu’il arrivait à penser. Mais quoi ? Un esprit ? Un fantôme ? Impossible à dire. Il ne voyait rien. Il ne faisait pas noir pourtant, il faisait… Impossible à dire ce qu’il voyait en fait. C’était… comme s’il n’y avait rien. En somme il était dans le néant. Il devrait avoir peur, mais elle n’existait pas ici. Etrange, il sentait qu’il bougeait, comme s’il descendait. Il devait se faire des illusions, comment bouger alors qu’on n’avait pas de corps ? Mais la sensation s’accentua, et l’obscurité arriva, prenant de plus en plus d’ampleur tandis qu’il s’enfonçait… sous terre ? Oui c’était bien ça. Il s’enfonçait dans le sol. Allons bon, où allait-il ?

La réponse ne tarda pas. Après une éternité il cessa enfin de descendre et se retrouva devant deux immenses portes magnifiquement ouvragées, les plus belles qu’il ait jamais vues. Même le plus grand artisan nain n’aurait pu accomplir tel chef-d’œuvre. Curieux qu’il puisse admirer leur beauté dans une telle obscurité. Tiens des cristaux éclairaient le tout, c’était de là que venait la lumière. Les portes s’ouvrirent, laissant passer une horde de formes éthérées noires et indescriptibles qui vinrent se positionner tout autour de lui. Les spectres. Eldis n’en avait jamais vu, mais il connaissait leur légende. Ils étaient chargés d’emmener les morts au royaume de Tari. Cela voulait sans doute dire qu’il était mort. Et puis, une femme arriva par la porte, magnifique, majestueuse et effrayante. Elle était d’une beauté irréelle, mais froide comme la mort, ses deux yeux verts jade transperçant ce qui restait de celui qui fut un être vivant, arrivant à le faire tressaillir alors que plus rien ne le touchait. Tari en personne se tenait devant lui, immense, le dominant tant par sa taille que sa puissance.

Eldis aurait voulu parler mais il n’avait plus de moyen de le faire, alors il attendit. Un sourire se fendit sur les lèvres de la déesse, un sourire mi-amusé mi-dépité. Elle semblait un peu déçue, poussant un soupir avant de parler. Ses mots étaient incompréhensibles, l’esprit ne pouvant comprendre le langage divin, mais il lui semblait pourtant comprendre à moitié ce qu’elle avait dit. C’était quelque chose comme « pas encore ».

Une douce chaleur le saisit doucement, l’enveloppant dans des bras réconfortant, le rassurant, le protégeant de la déesse qui le faisait tressaillir comme un enfant. Ce sentiment de douceur fut accompagné par un sentiment plus fort, plus puissant. Un sentiment d’amour. Cet amour semblait l’inciter à le suivre, à lui dire de revenir vers celle qui lui envoyait ces sentiments.

*Roxane*

Sans hésiter il se laissa faire et suivit la lumière, quittant le royaume de ténèbres de Tari. La chaleur s’intensifia, raffermissant son emprise sur lui et bientôt il accéléra, se dépêchant de retrouver la jeune femme. Le mouvement s’accéléra encore et encore jusqu’à ce que… la dure réalité du monde physique ne le rattrape. Il faisait noir, il se sentait si lourd, comme engoncé dans une armure, il était si fatigué, mais pourtant la chaleur était toujours là. Il manquait d’air, aussi instinctivement il se remit à respirer bruyamment, faisant rentrer le plus d’oxygène possible dans ses poumons. Son corps retrouva des forces et après un effort surhumain, il parvint à rouvrir les yeux. La lumière l’agressa, mais après quelques instants ils parvinrent à s’habituer à la luminosité de la pièce et il put de nouveau voir. Roxane se tenait au-dessus de lui, ses mains posées sur ses joues tandis que sa tête à lui reposait sur ses genoux. Il avait soif, sa gorge était en feu, mais d’un voix faible et plus rauque que celle d’un dragon il dit :

« Rox…ane… »

C’était difficile de parler et cela lui faisait mal, mais il continua quand même.

« Tu… m’as… rame…né ? »

Ramené d’où ? Il ne s’en souvenait pas, et ne s’en souviendrait jamais. Tout ce qu’il savait c’était qu’elle l’avait sauvé.

Un petit mouvement sur sa main lui fit tourner la tête vers elle où il aperçut Cundu et Uriel, côte à côte et visiblement rassurés de le voir en vie.

«-Hé…coucou vous … deux...
-Comment te sens-tu mon frère ?
-Vi...vant
... »

C'était déjà mieux que rien. Il tourna de nouveau la tête vers la jeune prêtresse et doucement tendit la main pour toucher son visage et le caresser du mieux qu’il pouvait.

« Merci… pour…tout… »

Il déglutit difficilement avant de reprendre d’une voix plus basse tant il souffrait de la soif.

« Amour… »
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MessageSujet: Re: Comment ai-je pu l'oublier ?   Lun 20 Oct 2008 - 13:27

C'était la deuxième fois qu'elle se risquait à faire cela sur un être humain... la deuxième fois qu'elle se glissait dans les méandres de la mort pour y insuffler une étincelle de vie et arracher quelqu'un aux bras froids, mais pourtant acceuillants de Tari. Avoir cotoyé Licsis avait apprit à la jeune fille à ne plus craindre la terrible Déesse, à comprendre qu'elle n'était pas le mal, mais une nécessité et surtout, une entité bienveillante pour ceux qui le méritaient. Sans pitié avec les nuisances, avec le mal, une mère chaleureuse pour les égarés qui entraient dans son royaume.

Ramener quelqu'un parmi les vivants n'était-ce pas un acte égoïste? n'était-ce pas égoïste de forcer quelqu'un à revenir dans un monde de tristesse et de douleur? Si sûrement... Mais la vie pouvait être si belle aussi... Elle n'avait pas pu sauver Triss, elle s'en était voulue des mois pour cela. Mais elle ne commetterait pas la même erreur avec Eldis. Eldis ne voulait pas de la mort, il avait une fille à ailer, il avait des devoirs à accomplir, il avait un frère dragon qui ne survivrait pas à sa mort, un frère humain qui le pleurerait et une petite prêtresse qui ne supporterait pas son absence...

Tout cela, elle l'insuffla dans sa magie, dans ce lien qu'elle venait de créer avec Eldis pour le ramener.

Reviens, le monde a besoin de toi, le monde est plus beau quand tu es là. Mon monde est plus beau quand tu es là.

Elle l'envoloppait d'amour, elle repoussait la mort et Tari ne s'y opposa pas. Tari se contenta de sourire et de laisser Eldis repartir. Elle avait tout son temps, un jour viendrait où elle le récupérerait, mais le temps n'était pas venu.

Et enfin, Eldis revint, son âme réintégra son corps. Elle s'était trompée, ce n'était pas comme avec Triss. Triss était mourrant, mais son âme n'était pas encore partie. Alors qu'Eldis... Eldis avait été mort, quelques secondes seulement, mais son coeur avait cessé de battre, sa poitrine ne s'était plus soulevée, aucun air ne s'était échappé de ses lèvres entrouvertes. Elle venait d'accomplir un exploit, réservé aux grands Prêtres... Seul son lien avec Leirn, cette drôle de magie et de force avaient pu le lui permettre.

Elle ouvrit les yeux quand il prononça son nom. La jeune fille était livide et épuisée. leirn s'était posée dans la Cour du château, à bout de force. Elle hocha la tête à sa question.

- "Nous t'avons ramené."

Avec Leirn. Sans elle, elle n'était rien, avec elle, elle était tout. Dans son esprit, la voix de la dragonne résonna, avec sagesse.

*Sans lui, tu n'étais pas complête non plus...*

Elle ferma de nouveau les yeux, incroyablement lasse, mais sereine. Leirn avait raison. Elle éclata finalement en sanglots et se pencha sur Eldis, relâchant toute la tension accumulée, toute sa peur, terrifiante, éprouvée en quelques minutes.

- "Plus jamais ça Eldis. Plus jamais. Je t'aime trop pour te laisser partir. C'est moi qui ai besoin de toi."

Elle se sentait mal, trop faible... Ses sanglots disparurent brutalement, alors que toute conscience désertait son corps... un corps qui avait brûlé toutes ses réserves pour un sort qui dépassait ses compétences. Roxane sombra dans l'inconscience, dans un coma régénérateur et bienvenu. Leirn avait fini par se laisser aller au repos, enlevant toute force à Roxane, comme un marionnettiste lâche les fils de sa marionnette qu'il animait et qui ainsi, cesse de bouger, jusqu'à la prochaine représentation.
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