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 Déluge de pluie et d'esprits [Calaáth Löthfìn]

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Jayla Talaeny
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MessageSujet: Déluge de pluie et d'esprits [Calaáth Löthfìn]   Ven 13 Mar 2009 - 17:07

    C’était bien rare de voir du mauvais temps en cette saison qui était plutôt d’un froid sec et terriblement ensoleillé. Il s’averrait que les nuages devaient être d’une tristesse commune, les quantités d’eau qui tombaient du ciel étaient dignes des pluies torrentielles tropicale avec peut être cette notion de « pluie chaude » en moins. C’était comme une seconde vague de gel sous un aspect différent. A cela ajouter le vent en colère et vous obteniez à peu près ce qu’il se tramait sur les terres elfiques de Miradelphia.

    Par un temps pareil, mieux valait être au chaud sous un bon toit plutôt qu’affronter la nature déchaînée, cependant, quand les moyens vous en empêchent, cette opportunité n’est pas immédiate.
    Cela faisait des mois entiers que Jayla n’avait pas posé un pied sur les pavés froids d’une ville et à peu près autant de temps qu’elle n’avait croisé un seul individu, ce grand loup noir et cet elfe mis à part, c’était assez bien résumer la situation. Elle devait se rendre à l’évidence, allez en ville était une obligation, elle ne pouvait rester dans la forêt pour cette nuit, elle avait besoin de manger quelque chose de consistant et de dormir au sec. Ces mois d’isolement l’avait complètement changée physiquement : nettement amaigrie, ses traits renforcés la dégoûtaient désormais et elle n’osait plus se regarder dans les reflets de l’eau tant elle s’effrayait elle-même. Cela avait fait d’elle en apparence quelqu’un de sévère et qui inspirait la crainte. Ce devait être ça qui la poussait à s’écarter dune quelconque trace de civilisation.

    Quoi qu’il en soit, elle se dirigeait désormais vers le sud, vers Alëandir, pour quelqu’un qui n’aime pas la population c’était raté, mais elle y était forcée par tout ces signes apparents. Elle marchait depuis l’aube à travers la forêt dense d’Anaëh pour laquelle elle s’était éprise de par sa beauté et sa tranquillité. Elle s’y sentait chez elle. Mais il lui fallait la quitter pour au moins la soirée ainsi que la nuit, elle aviserait au lendemain.
    La terre était devenue boue, les chemins rivières et les arbres abris de fortune, c’était un déluge digne des premières semaines du printemps.

    Emmitouflée dans sa cape comme elle pouvait, bien que celle-ci ne la protégeait qu’en apparence ( qu’est-ce qui aurait pu repousser le vent et la pluie à la fois ? ) , l’elfe progressait rapidement vers la ville.
    Les arbres semblaient vouloir s’arrêter net comme s’ils encerclaient un endroit précis, la coupure entre la prairie inondée et la forêt était à la limite du naturel, les jeunes arbres devant les grands formaient un dégradé de couleur d’un vert clair révélateur d’une ramure jeune jusqu’au vert sombre et pur montrant l’age avancé des centenaires. Comme pour se tenir à distance, par respect, comme s’ils ne se hissaient pas à la hauteur de ce qu’ils protégeaient, là, au centre de cette immense clairière : Alëandir. Jamais éteinte, toujours éclairée d’une lumière tamisée et douce, architecture soignée et parfaite. Là était le model d’une cité elfe, parfaite.
    Rien ne l’empêcha de se tenir là, contemplative devant une telle beauté même par cette soirée, le vent la battait, la pluie la fouettait, et pourtant, elle ne se rabattit pas vers l’entrée de la cité qui l’attirait tant. Le silence qui en ressortait était presque anormal, aucun chant, aucune musique.
    Jayla reprit sa marche en direction de la porte ouverte sur les rues de la cité avec ses résidences. La grand-route principale, légèrement sinueuse débouchait directement sur le palais royal, point culminant de l’endroit. Les passants nombreux ne semblaient pour la plupart pas bien heureux et aucun sourire ne se traçait sur leurs lèvres et c’était même plutôt le contraire : une tristesse nouvelle semblait rythmer leurs vies. Elle préféra laisser cela de côté comme si cela avait été la faute du mauvais temps que le peuple ne portait pas dans son cœur.

    Saisie par une nouvelle envie, elle préféra reculer sa venue dans un lieu chaud pour explorer une partie de la cité elfique et ce malgré ce temps aussi menaçant qu’en colère. Elle reprit donc son chemin, se laissant porter par quelques petits coups de cœur à droite et à gauche, n’ayant aucun but précis autre que de visiter les lieux pour le moment. Tout le charme de ces lieux résidait dans sa façon d’être construite, laissant habitation se mêler à végétation, on voyait des arbres gigantesques en pleine ville ce qui était totalement inimaginable à Diantra par exemple. Question de principes ancestraux sans doute, les humains n’avaient pas le même jugement pour la nature que les sylvains.

    Après une bonne heure de vagabondage, la pluie avait doublé de puissance et son débit également, il était tant pour notre protagoniste d’aller trouver un toit, elle se rendit dans une grande rue, un peu moins fréquentée que la rue principale pour y trouver quelqu’un qui lui indiquerait où trouver un endroit agréable où passer la soirée et la nuit. La plupart fuyaient se mettre à l’abris, comme s’ils venaient tout juste de se rendre compte de la situation, les autres semblaient découvrir la ville tout comme elle. Elle trouva enfin quelqu’un qui lui indiqua vaguement où elle pouvait trouver la plus fameuse taverne de la ville. Encore du monde ! Mais elle n’avait pas vraiment le choix à présent, elle se dirigea donc vers cette fameuse Taverne de l'Ancien qu’elle n’eut aucun mal à trouver, indiquée et éclairée qu’elle était, c’était aussi évident que la grande intelligence des nains !

    Des gens entraient et sortaient en masse et la bonne humeur régnait contrairement aux gens des rues. Elle profita d’un couple pour se faufiler à l’intérieur et passer ainsi inaperçue. Elle tait trempée et absolument pas présentable et mieux ne valait pas attirer l’intention. Marchant doucement vers le fond de la taverne remplie d’un brouhaha gargantuesque, elle prit place à une table éclairée d’une bougie, dans un coin d’ombre ou personne ne viendrait, elle l’espérait du moins, la déranger. Otant sa cape détrempée, elle la déposa sur le bord de la banquette où elle s’était assise, elle avait ainsi une vue imprenable sur l’ensemble de la taverne et commença à détailler tour à tour chaque personne qui obstruait son champ de vision. Elle resterait sans doute quelques temps, mangerait un morceau pour finalement voir si un logement se proposait à elle.
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Calaáth Löthfìn
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MessageSujet: Re: Déluge de pluie et d'esprits [Calaáth Löthfìn]   Mar 24 Mar 2009 - 17:23

    Calaáth marchait dans les rues bondées d’Alëandir lorsque les premières gouttes de pluie se firent sentir.
    Tout d’abord, ce fut une petite averse pas très inquiétante, si ce n’est à cause du vent agaçant qui persistait à sillonner les grandes avenues de la cité, mais assez vite, le ciel en colère se déchaîna, déversant des torrents d’eau sur la ville des elfes.
    Quand on prend la vie comme elle vient, on prend aussi le temps comme il vient. Suivant son habituelle philosophie qui flirtait de près avec le je-m’en-foutisme, Calaáth se contenta de recouvrir de son capuchon ses cheveux déjà mouillés, et de poursuivre ses déambulations à travers la capitale. Cela faisait trop longtemps qu’il n’avait pas mis les pieds ici, et il attendait trop de choses de ce séjour pour abandonner sa visite sous prétexte d’une simple petite pluie. Enfin, quand je dis petite, c’est peut-être un tantinet exagéré. Certes, c’est ce qu’on aurait attendu de la part d’une pluie en cette saison où les prémices de l’été commençaient déjà à se faire sentir. Seulement, aujourd’hui faisait exception à la règle et offrait un magnifique cocktail de vent et de pluie furieuse, autrement dit l’alliance idéale pour se retrouver absolument trempé en tout juste quelques minutes. Or, Calaáth n’était pas décidé à se mettre à l’abri de sitôt –il faut dire aussi qu’il n’avait pas vraiment d’endroits où aller…-, donc, il se retrouva encore plus trempé que trempé alors qu’il parcourait dans sa longueur la troisième grande rue depuis le début de la tempête.
    Heureusement, son cheval était à l’abri. Lorsque vous voyagez, seul avec votre monture, dans des contrées sauvages et désertes, une « gentille » pluie de ce genre peut assez vite devenir hautement embêtante. Mais ici, les nombreux bâtiments faisaient obstacle au vent qui ne pouvait s’engouffrer à sa guise là où il le voulait, et perdait ainsi de sa puissance. Nul doute en revanche que dans les plaines d’Atral, par exemple, les rafales qui parcouraient la grande étendue plane et nue devaient atteindre une vitesse et une force assez considérables… !
    Ainsi, c’est en pensant davantage aux inconvénients auxquels il avait échappés plutôt qu’à ceux auxquels il se trouvait confrontés que l’elfe poursuivait comme si de rien n’était sa promenade dans Alëandir. Enfin, comme si de rien n’était, pas tout à fait, car assez vite la foule de badauds qui emplissait les rues ne tarda pas à se dissoudre. Le nombre de gens assez fous pour demeurer dehors était de plus en plus réduit, et ceux qui en faisaient partie affichaient des mines renfrognées et ne manquaient pas de faire part de leur agacement envers le ciel à leur plus proche voisin. Ces manifestations de mauvaise humeur faisaient sourire Calaáth, qui laissait la pluie et le vent gifler son visage sans même chercher à se protéger –c’était inutile, de toutes façons, et il le savait. Et puis, ce genre de sensations vous rappellent que vous êtes vivant, et c’est infiniment agréable, une fois que l’on a réussi à se départir de l’idée si répandue selon laquelle la pluie n’est qu’une chose irritante, mouillée et glaciale.
    Pour un peu, l’elfe aurait siffloté, du moins, s’il avait été de nature à extérioriser sa bonne humeur, et surtout si le froid ne commençait pas à s’infiltrer sournoisement entre ses vêtements. Bon, peut-être fallait-il songer à s’abriter, d’autant que, pratiquement désertes à présent, les rues avaient notablement perdu de leur intérêt. Sans compter la pluie qui, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, n’en était pas encore au maximum de sa force : la preuve, elle tombait avec de plus en plus de violence.
    Il prit donc grosso modo la direction du quartier des tavernes, se rappelant vaguement un établissement en particulier où l’alcool était bon et la salle bien chauffée. Quelques détours plus tard, il parvenait effectivement en vue d’une enseigne de taille imposante, qui marquait plus que clairement l’entrée de la « taverne de l’Ancien ». Il s’attendait à trouver la salle bondée, et ne fut pas déçu. Son idée de se réfugier à la taverne n’emportait apparemment pas la palme de l’originalité, vu le nombre de ses semblables qui l’avaient précédé ici. Ç’allait être dur de trouver une place. Et même, il n’y en avait aucune.
    Toutefois, en habitué des lieux… enfin, si on peut parler d’habitué dans son cas… je disais donc, en pseudo-habitué des lieux, Calaáth avait son petit coin à lui, dans un angle un peu isolé, pas très éclairé de sorte qu’on ne le remarquait guère, et qu’il était donc toujours libre. C’était également un emplacement stratégique, qui permettait une vue d’ensemble sur toute la salle et l’entrée, histoire de surveiller les allées et venues.
    Mais tout compte fait, la taverne était encore plus bondée qu’il ne l’avait estimé, car même ce petit coin tranquille était occupé. Calaáth hésita, mais l’idée de ressortir, à présent qu’il sentait la douce chaleur des feux courir sur sa peau et l’odeur de l’alcool monter dans l’air, lui était assez désagréable.
    Il observa rapidement la personne qui lui avait « piqué » son coin, et jugea que cette jeune elfe n’avait pas l’air très acariâtre. Entamer une conversation était tout bien réfléchi nettement préférable à ressortir sous la pluie.
    Il s’avança donc, et déclara avec un sourire maladroit :
    « Bonjour… ou non, bonsoir, en fait. Je suis pratiquement certain que je vais déranger, mais je tente quand même ma chance –au cas où, hein…-. Je peux m’asseoir là ? »
    Parfaitement conscient que son entrée en matière n’était pas des plus orthodoxes, il ajouta :
    « J'suis pas du genre dérangeant, enfin, en général… »
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Jayla Talaeny
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MessageSujet: Re: Déluge de pluie et d'esprits [Calaáth Löthfìn]   Lun 18 Mai 2009 - 20:09

    Il était évident que ce n’était pas là l’heure à laquelle venait le non habitué émergeant à une heure si tardive mais bien seulement les purs habitués de la taverne qui se trouvaient là, pour la plupart déjà bien enivrés par la boisson. C’était bien pitoyable de voir des elfes dans cet état là, cela les rabaissait à quelque chose d’humain et de nain. La comparaison l’en fit frémir, il n’y avait rien de pire que de se faire comparer à ces êtres que l’on disait « inférieurs », certes le terme était rude et tellement rabaissant mais totalement approprié à la situation.
    Passant de table en table, d’ivrognes en ivrognes, elle observa dans le coin du fond trois hommes encapuchonnés qui parlaient et semblaient ne pas être conscient de ce qui les entourait. Tout trois à la peau extrêmement mate, des étrangers de passage sans doute.

    Un serveur s’approcha alors près d’elle en lui demandant ce qu’elle désirait. Hochant les épaules, elle répondit d’une voix si douce qu’elle fut noyée dans le brouhaha de la salle, le sylvain tendit l’oreille.

    Ce que vous proposez de mieux sans avoir pour but de transformer quiconque en bête de foire ivre. Merci.

    Elle se cala dans son siège humidifié par sa propre personne et croisa les jambes, savourant un instant où, au milieu d’une foule, elle passait inaperçue et personne ne se souciait d’elle, la paix véritable. Elle ouvra avec appréhension son sac totalement détrempé lui aussi. Le désastre y était, tout était totalement hors d’usage, la situation la fit sourire plutôt que pousser un soupir colérique. A quoi bon de toute façon.
    Son prochain réflexe fut de regarder ses lames, geste qui lui paraissait plus qu’anodin depuis le temps. Elle les sortit l’une après l’autre, en tâtant le tranchant du métal elfique. Un fin filet de sang coula le long de son pouce sans qu’elle manifestât la moindre douleur. Elle les rangea, le tout était de ne pas attirer l’attention après tout, on pourrait la croire pleine de mauvaises attentions.

    Elle se remis alors à fixer la salle, guettant les gens entrant qui ne devaient plus savoir où se mettre. Ils partaient pour la plupart vers l’autre partie de la salle qui lui était totalement cachée puisque le bar principal se tenait en plein milieu de la salle. Jusqu’à ce que quelqu’un s’avance de son côté et encore plus précisément vers sa table, reculée en plein fond de la taverne. Il se pointa devant la table, elle le fixait.

    « Bonjour… ou non, bonsoir, en fait. Je suis pratiquement certain que je vais déranger, mais je tente quand même ma chance –au cas où, hein…-. Je peux m’asseoir là ? »

    La salle étant bondée, il serait fort impoli et pas très sympathique de refuser de laisser s’asseoir l’inconnu. Elle tendis la main en signe d’accord et en lui montrant la chaise qui lui faisait face.

    Je vous en prie. Vous savez entre ceux qui nous entourent là, totalement ivres et hurlants à tord et à travers et un charmant inconnu peu désireux d’embêter quelqu’un, le plus dérangeant n’est pas difficile à repérer.

    Le serveur arriva peu de temps après le sylvain et lui apporta un simple verre à pied, paradoxal lorsque l’on voyait les larges pintes de bière ou autres alcool plus fort qui circulaient dans la taverne. Elle le remercia et décala son verrre.

    Vous désirez quelque chose ?
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Calaáth Löthfìn
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MessageSujet: Re: Déluge de pluie et d'esprits [Calaáth Löthfìn]   Jeu 21 Mai 2009 - 16:31

    Calaáth ne savait trop à quoi s’attendre ou plutôt, il s’attendait à tout, tout prêt à tourner les talons après s’être fait sévèrement rembarré, mais finalement, confirmant sa première pensée comme quoi la jeune femme n’était pas acariâtre, cette dernière l’invitant à s’asseoir.
    « Hmm, c’est fort possible… » admit-il en jetant machinalement un regard sur la salle.
    Bondée, bruyante, la taverne était emplie de gens plus ou moins éméchés. La soirée devait être plus avancée qu’il ne l’avait pensé, vu leur état d’ivresse à tous… Bon, les elfes étaient des êtres civilisés, eux, contrairement aux nains ou aux humains, ne dégénéreraient pas en rixes… ou du moins, c’était le moins que l’on puisse espérer.
    « N’hésitez pas à me prévenir, si d’aventure je devenais aussi… dérangeant », ajouta-t-il, un sourire venant glisser son ombre sur ses lèvres.
    Il ôta sa cape dégoulinante, se demandant fugitivement quelle serait l’ampleur de la flaque qu’elle provoquerait, puis s’assit.
    Peu après, le serveur fit son apparition. Tiens, pour une fois, il n’avait pas oublié cette petite table isolée… Combien de fois Calaáth n’avait-il pas dû se déplacer au comptoir pour rappeler sa présence et sa commande ? Soit c’était un nouveau serveur, soit le physique de l’elfe aux cheveux vert sombre n’y était pas pour rien. Il retint un sourire ironique, puis demanda sans prendre la peine de crier pour dominer le brouhaha environnant :
    « Apportez-moi quelque chose de chaud, s’il vous plaît. Et sans alcool… » précisa-t-il.
    L’alcool n’était pas ce qu’il préférait en particulier quand il était de bonne humeur, et surtout, il aimait autant ne pas ressembler aux personnages ivres qui emplissaient la taverne. Était-il aussi pathétique et aussi expansif, lorsqu’il avait bu ? Non, non, ce n’était pas possible…
    Il passa une main machinale dans ses cheveux trempés, repoussant en arrière les mèches gorgées d’eau qui n’attendirent que quelques secondes avant de lui retomber devant les yeux. Puis, il se rappela l’un des motifs de sa visite à Alëandir et fouilla dans les replis de ses vêtements humides jusqu’à localiser un parchemin. Enfin, un ex-parchemin. Parce que les fibres végétales, au contact de l’eau, s’étaient considérablement ramollies et se désagrégèrent entre ses doigts. D’un air navré, il contempla le petit bout de bouillie grisâtre qui lui était resté entre ses doigts en voulant sortir la feuille, et il dut procéder à une délicate manipulation avant d’extirper enfin le parchemin de sa cachette. Inutile de rêver, les dégâts étaient absolument irrécupérables et, naturellement, les adresses soigneusement notées dessus parfaitement illisibles.
    Il posa le cadavre dégoulinant de ce qui avait été la liste de ses objectifs dans la capitale sur la table de bois et leva les yeux sur sa compagne, à laquelle il adressa un sourire fataliste.
    « Y’a des jours où il pleut… » constata-t-il sans s’émouvoir outre mesure du fait qu’il ignorait totalement maintenant où dormir, (manger) et, plus grave, quérir les renseignements qu’il était venu chercher.
    Le serveur était déjà de retour, et posa avec une délicatesse toute relative une chope de bonne dimension devant Calaáth. Alors que l’elfe s’éloignait, ce dernier jeta un regard modérément emballé au liquide sombre que contenait le récipient avant d’humer prudemment la vapeur qui s’en élevait. Il détecta un arôme d’herbes, et aussi un vague soupçon d’alcool, à moins que ce ne soit les odeurs des verres de ses voisins qui ne viennent lui envahir les narines.
    « Dites-moi… murmura-t-il, vous ne connaîtriez pas un bon maréchal-ferrant en ville, par hasard ? »
    Un bon parage n’aurait pas fait de mal aux sabots de Kwaÿr qui commençaient à avoir une allure assez peu engageante après tous ces kilomètres, et d’ailleurs Calaáth avait prévu de s’arrêter chez un des rares elfes qui pratiquaient cette profession avec talent. Sauf que, évidemment, il avait perdu le nom et l’adresse du maréchal en question.
    Peut-être cette jeune inconnue saurait-elle le renseigner, d’ailleurs probablement serait-ce le cas pour peu qu’elle habite à Alëandir. Dans le cas contraire, il saurait au moins qu’elle n’était pas une habituée de la capitale elfique…
    D’un doigt rêveur, il titilla le lambeau de papier trempé échoué près de sa chope, et le parchemin se désagrégea un peu plus encore.
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Déluge de pluie et d'esprits [Calaáth Löthfìn]
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