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 Conseil Elfique de Printemps

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Dyarque
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MessageSujet: Conseil Elfique de Printemps   Ven 5 Mar 2010 - 23:23

Le regard, aussi mort que l’arbre ployant sous la neige d’hiver, contemplait les veines à vif du bois polis s’entrelacer. Il avait fait du noir son emblème, signe le moins significatif de son deuil, et seules les mèches blanches éparses qui constellaient sa crinière de jais venaient briser le jeu d’ombre. L’oreille distraite ne saisissait que quelques brides du sermon de la Haute Prêtresse de Kÿria. Elle était jeune, si jeune… Deux cents hivers n’avaient pas encore réussi à voûter ses épaules, et les émeraudes qui scintillaient de part et d’autres de son nez n’avaient encore rien perdu de leur éclat. Le châtain, paré des reflets de l’astre solaire, cascadait jusqu’au bas de son dos, onde merveilleuse pourtant bien terne pour le vide qu’il était devenu.

« Guidés par la Main de notre Mère, nous retrouverons les voies perdues… » Symphonie aux notes subtiles, aussi apaisante que la mélopée naissant des doux clapotis de l’eau, les mots glissait sur son âme sans parvenir à l’émerveiller. Il était mort, statue de bois sec qui ne se débattait plus, et son âme meurtrie hurlait, suppliait. Il n’était plus un Fils de Kÿria, son âme appartenait désormais à Tari, divine sirène qu’il ne pouvait atteindre, coincé dans son enveloppe de chair. « Sentez autour de vous, car elle vous accompagne, et ses bras vous soutiennent quand s’alourdit votre fardeau. Puissiez-vous entendre ses volontés, et vous y plier pour le bien de notre peuple. »

Il ferma un instant les yeux. Sa conscience s’effaça, simple chandelle que l’on souffle, et quand il libéra l’azur, elle n’était plus là, cette caresse d’un soleil d’été qui n’avait pas su le réchauffer. Posant ses mains sur la table ancestrale et immuable du Conseil, il se leva, usant de cette lenteur propre à ceux qui n’ont plus rien à gagner, plus rien à perdre, plus rien à vivre, ceux pour qui sentir était prohibé et ressentir s’était mué en la torture des déchirés. Il promena ses yeux sur l’assemblée, ne daignant pas les voir.

Que faisait-il là ?

« Dyarque Lhynn, Protecteur de Daranovar, Mage d’Alëandir, Membre et Doyen du Grand Conseil du Peuple des Aînés, déclare que Bàrkios verra siéger notre Assemblée en cette ultime année du dixième cycle. »

Les paroles dix fois millénaires coulaient sur sa langue, mélasse immonde qui le répugnait et l’écœurait. Il n’était le Protecteur que de sa propre sauvegarde, instinct de survie honni qui le retenait à un monde haï. Sa main n’avait su retenir l’être aimé, et son cœur saignait, alors que la douloureuse épine de l’ignorance l’avait transpercé. Elle était morte, il le savait, toute son âme hurlait son manque alors que sa moitié s’en était allée, mais les dieux perfides lui avaient refusé sa scepulture... Il ne verra plus son sourire, ne se bercera plus des battements de son cœur. Le rire était banni, mort lui aussi. Sa voix venait d’outre-tombe, le devançant dans les ténèbres de la mort.

« Pour la première fois depuis cinq cents printemps, le Voile enlacera bientôt Anaëh. Le ciel se parera d’ombre et le soleil de Kÿria, notre mère, sera chassé de son royaume. »

Ils étaient tous là. Dragan d’Ardamir, Vioron d’Eteniril, Dolce et Joy de l’Epine d’Or. Ardamir pleurait sa Protectrice, aussi dangereux soit son sang. Holimion pleurait son Protecteur, une nouvelle fois, terre maudite livrée aux assauts de Tari. La Quatrième Saison pleurait son Protecteur, la fougue s’était envolée, l’insolence avait déserté, ne restait que le vide, une nouvelle fois. Daranovar pleurait sa seule véritable Protectrice, et devait souffrir son nom comme seul représentant.

« Notre peuple frémit alors que se profilent les bras voraces du néant. Notre Assemblée n’est que le pâle reflet de ce qu’elle devrait être, notre Peuple éternel pleure ses disparus. »

De nouveau, il ferma les yeux. Les paroles suivantes ne furent qu’un murmure, porté par sa propre gravité, il résonna et s’imposa dans la salle silencieuse et solennelle.

« Rendons leur une dernière fois hommage, effleurons les souvenirs de ce qui est à jamais perdu avant de nous tourner vers ce qu’il reste à accomplir. »

Petite remarque, les saisons s'étalant sur deux ans, dix printemps équivalent à vingt années, par exemple... Le Voile a donc bien lieu tout les mille ans, et la haute prêtresse n'a pas deux cents mais quatre cents ans.
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Vioron
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Ven 5 Mar 2010 - 23:54

Ce Conseil était d'importance, le peuple éternel pleurait ses disparut. Tous, ils sentaient dans leur coeur la déchirure ensanglantée de la perte d'un des siens. Vioron n'était peut être pas un éternel conventionnel, mais comme ses pairs, il savait la perte immense. Le Conseil s'ouvrit sur le tragique et le sombre. Dyarque de Daranovar se leva. Patriarche et veuf. La douleur d'avoir perdu sa moitié se lisait sur son visage et, malgré leur interêts divergeants, il savait la douleur qui ravageait son ainé. Du coin de l'oeil, il regarda son cousin. Lui aussi pleurait la perte immense...Que la Déesse était cruelle...L'instant était solennel, l'ambiance allourdie de tristesse et pourtant, ils devaient continuer, continuer encore et toujours pour le bien des Ainés. Lui n'avait rien perdu mais avait joué son âme et son honneur songea-t-il sans même regarder du coté du couple Livian. Il se devait de vider son esprit et de regarder devant eux.

-Que notre Mère veille sur nous.

Fut la seule chose qu'il dit. Un murmure presque inaudible avant que ne retombe un silence reverant. Minutes de vénération, en mémoire des disparus. Chacuns pansaient ses blessures et certaines seraient éternelles il le savait. Devait il se réjouir d'avoir échapper a la morsure cruelle de Tyra ? Il ne savait pas...Il leva un regard clair sur Dyarque, attendant de lui le signal qui lancerait une fois de plus le Conseil sur les chemins divergeants de leur avenir. Pour la première fois, le vénéré Conseil ne serait pas au complet, revelant la plaie immonde qui parcourait le peuple éternel, infection lente et pernicieuse...
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Dolce
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Sam 6 Mar 2010 - 17:35

    Deuil. Voilà le mot qui se souffle dans mon esprit alors que je parcoure l'assemblée d'un oeil distrait. Täri a frappé et je ne peux que ressentir tristesse et desespoir devant tous ces sièges vides. Vioron, Dyarque, Dragan, Joy et moi. Mon masque est impassible mais mon coeur souffre, il souffre pour tous ces hommes ici présent qui pleurent leurs bien-aimé, il pleure pour les défunts qui occupaient les sièges vides... et pour Rima-Marcil. Le jeu morbide nous a épargné, mon épouse et moi et je ne saurai apprécier plus sa présence près de moi, son délicat parfum. Toutes ces choses dont Dyarque et Dragan sont privés depuis peu. Nul corps, nulle sépulture... juste l'absence et le deuil. Il règne un silence de mort. A l'image de Dyarque, je porte un habit noir, seul signe de ma douleur, et du deuil de tous ceux de mon peuple qui ont perdu la vie ces derniers temps. Dyarque se lève, il préside la séance cette fois encore et la déclare ouverte après quelques instants de recueillement pour nos frères et nos soeurs défunts. Je baisse les yeux, quelques murmures me parviennent mais rapidement seul le silence l'emporte. Le temps passe rapidement et mon coeur bat vite dans ma poitrine, je connais chacun des membres de ce conseil mais je ne peux que me sentir angoissé d'y participer pour la première fois. Dyarque finit par se rasseoir et je regarde les autres ducs. Personne ne semble vouloir parler pour le moment alors je prends la parole d'une voix calme au possible.

    - Il y a quelques temps, j'ai reçu la visite du conseiller magique du Roi Trystan de Diantra qui m'a apporté quelques précisions sur la situation actuelle de la péninsule humaine. D'après ses dires, Trystan a repris entièrement le contrôle de ses terres et les félons qui avaient attaqué Diantra ont été écartés. Diantra a subi de grosses pertes mais se reconstruit rapidement. Les félons se sont précipités sur Diantra et n'ont pas trop pillé et détruit les campagnes. Le royaume humain ne semble pas craindre de famine pour l'hiver prochain.

    L'alliance entre nos peuple est encore faible mais tiendra bon, j'en suis persuadé. Pour cela, il faut se tenir informé en permanence des changements qui s'opèrent et commencer ce conseil par un point sur l'extérieur de nos terres me semblait utile. Je ne sais pas grand-chose concernant les nains et contrairement à ce petit homme on ne peut plus surprenant, aucun n'est venu me voir.

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Dragan
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Dim 7 Mar 2010 - 14:00

Il n'avait pas à coeur d'assister à ce Conseil... C'était trop douloureux et cela le forçait à émerger d'une mlancolie dans laquelle il s'était plongé au fil des mois... Des mois sans Elle... Révérie n'était plus. Sa moitié s'en était allée sans un mot, sans une explication, sans même qu'il ne sache ce qui lui était arrivé... Intolérable cruauté que l'ignorance des tourments de l'être aimé. C'en était trop pour ce jeune elfe à peine adulte qui trainait déjà les malheurs comme autant de boulets un condamné. Sa mère, son père, sa sœur, son ami et frère, son amie et sœur, son vieux mentor, et maintenant son beau père et sa femme? trop, c'était beaucoup trop... La peine avait déjà tué certains elfes qui avaient moins souffert que lui. Les visages des êtres chéris se succédaient dans sa mémoire comme autant de masques funèbres.

Anàrion.

Illydril.

Beren.

Rima-Marcil.

Révérie.

Sa Révérie. Son âme soeur. il l'avait tant aimée, tant chérie... une passion interdite qui avait jeté l'opprobre sur son nom et sa lignée, mais qu'importe quand il avait eu la chance de vivre avec elle? Deux années et demi ensemble. Trop rapides, beaucoup trop rapides. Il ne les avait pas vu passer, il n'avait pas su en profiter... Une poignée de secondes pour son être immortel... Les secondes les plus merveilleuses de sa vie.

Maintenant, il était vide, brisé. Il ne vivait que pour ses fils, seul souvenir de sa folle passion avec elle. De son amour débridé et incontrôlable pour une hybride.

Regarder Dolce et Joy était une torture. Ils siégeaient sur le trône de l'Epine Dorée et ne faisaient que lui rappeler l'insupportable absence. Ils s'aimaient et ils étaient ensemble. C'était trop difficile. Et regarder Dyarque ne faisait qui lui renvoyer sa peine en pleine figure. Certes, ils n'avaient pas les mêmes idées et il n'avait jamais apprécié ces elfes conservateurs aux idées étroites, mais perdre sa femme était un traumatisme qu'il ne souhaitait à personne.

Il ne pouvait dés lors que regarder Vioron, son cousin insaisissable et atypique. La compréhension passait dans son regard et Dragan fut incapable de le soutenir. Son visage grave semblait plus âgé et toute étincelle de vie et de fougue avait déserté son regard qui n'était que glace et néant. Toute vie avait déserté sa carcasse. il se mouvait comme un fantôme ayant perdu son essence.

La situation chez les elfes était critique... Nombre de Seigneurs Protecteurs et Protecteurs manquaient à l'appel et le peuple elfe était à l'agonie. Leur temps était révolu. C'était une fatalité à accepter et Dragan ne s'en souciait plus guère. Il ne vivait que pour ses fils et ne pensait à son peuple que pour leur assurer un avenir... Avenir incertain au vu de leur héritage drow, même dilué.

Dyarque voulut rendre hommage aux disparus et Dolce aborda la politique. Dragan avait perdu l'envie de parler et se battre. Ce fut un murmure qui s'échappa de ses lèvres, disant tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas.

- "Notre temps est révolu."

Il y avait là une froide sentence, l'écho d'une âme déjà morte.
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Dyarque
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Lun 8 Mar 2010 - 21:15

Le silence étendait son voile et recouvrait la salle, lourd et solennel. Ses lèvres s’étaient mues, libérant un « les » générique et hypocrite, car son cœur n’entendait que le « sa » d’une unique disparue. Les yeux d’Elycia avaient fuit la lumière, Kÿria seule savait où. Elle s’éteint éteinte, telle la chandelle que l’on souffle trop tôt, et avec elle la chaleur qu’elle lui procurait s’en était allée. Elle avait du affronter les spectres de Tyra, seule. Il n’avait pu l’accompagner dans ce long voyage qu’il s’était toujours vu faire avant elle. Plus rien n’éclairait son regard, sinon les ténèbres du néant, plus rien ne faisait battre son cœur, sinon les bras de la mort. Il devait vivre, subir ce calvaire infernal ou chaque respiration était comparable à une épée en pleine poitrine, vivre pour gagner enfin le droit de mourir. Ses filles n’étaient plus au berceau, les fleurs étaient sorties de terres et avaient écloses. Elles perdureraient, siècle après siècle, dans le cycle qui s’annonçait, page encore vierge qu’il fallait encore tourner. Qu’il tournerait.

Ployant sous le poids de ses propres fautes, réelles ou illusoires, mais toujours plus lourdes et nombreuses, il s’assit, redevenant l’égal des elfes qui l’entouraient. Il était leur Doyen, le seul qui avait vu le précédent Voile, et il s’était plié à une tradition plus vieille que le royaume elfique lui-même en introduisant leur Conseil, car tel était le rôle des Aînés, introduire, guider, sans pour autant commettre l’erreur de s’imposer. Les tribus éparses et ancestrales qu’ils avaient formées avant de se fédérer agissaient ainsi, et les générations à venir feraient de même quand dix cycles se seraient succédé.

Ses yeux étaient aussi sec que le bois mort qui tapissait Anaëh en automne, et son corps tout aussi rigide et fragile. Il s’était affaibli, se nourrissant à peine. Son esprit traumatisé s’était détourné de la survie de son enveloppe, la poussant toujours un peu plus en dehors de ses limites, jouant avec une magie aussi dangereuse que la mère protégeant ses enfants. L’une comme l’autre pouvait tuer quand on s’en prenait à ce qui lui était cher… Les arcanes égoïstes ne se souciant que de leur propre intégrité, elles ne pouvaient que se rebeller quand il imposait son joug aveugle. Il avait souffert mille morts, sous le regard terrorisé de ses filles, mais il n’avait su trancher ce lien que l’on nommait la vie.

Il ne voyait pas Dolce, aveugle au bonheur qu’on lui avait refusé, âme morte qui ne pouvait voir que ce qui lui ressemblait. L’elfe qui siégeait à sa droite, aussi jeune qu’il était âgé, aussi impétueux qu’il était reservé, était en même temps celui qui, entre les quatre murs de la séculaire Salle du Conseil, lui était le plus proche. Il resta sourd aux inquiétudes, indifférent face à la tourmente des éphémères. Il avait rencontré leur Roi, avait constaté dans le jeune homme qu’il était les faiblesses de son peuple. Impétuosité, agitation, manque de réflexion. Le jeune homme s’était accroché au premier raisonnement qui lui était venu, comme un pendu souhaiterait s’accrocher à la corde qui lui serre le cou, et il ne l’avait remis en question que quand toutes les issues s’étaient refermées. Etait-il meilleur, alors, que les rebelles qu’il avait châtiés ?

Le murmure, presque inaudible, à peine articulé, percuta pourtant son audition avec la force d’un cheval lancé au triple galop. Dragan d’Ardarmir surestimait sa peine, mais comme Dyarque pouvait le comprendre. Pour autant, lui n’associait pas sa perte à celle de tout un peuple. Il restait dans son âme affaissée l’étincelle d’une croyance qui le dépassait.

« Le tien peut-être. Le mien surement. Mais celui de notre Peuple est appelé à perdurer, par delà les cycles. »

Six siècles l’unissaient à Elycia, là où Dragan n’avait connu les bras de Révérie que deux éphémères années. La voix était grave, bien que teintée d’une douceur nouvelle, et la remontrance était faible. Il ne niait pas les tourments, les acceptait eux et leur dénouement, condamné résigné dont les yeux s’étaient fermé à toute lueur d’espoir, mais il savait encore qu’Anaëh s’épanouirait à l’ombre de ses propres bosquets. Respectant la douleur, il ne s’attarda pas, ne poussa pas plus ses réprimandes,

« J’ai rencontré Trystan. » lâcha-t-il, reportant son regard sur l’Assemblée, les regardant tous sans en fixer aucun. « Il est jeune, et ses pas sont malhabiles. Il est un danger, pour lui et pour son entourage. Il s’agite, ainsi que l’a voulu Elenwë. »

Il marqua une pause, indifférent aux réprimandes inévitables. Il connaissait l’opinion qu’on pouvait avoir de sa personne et de ses idées. On le jugeait d’un autre temps, d’une autre époque, révolue et enterrée par la Communauté de la Lumière. Mais son époque s’était achevée quand Elycia s’en était allée, et son temps prendrait fin à l’aube d’un cycle qui n’était pas le sien.

« Je serais son maître. »

Et, si Tyra le voulait bien, alors mourrait-il loin des siens, de leurs regards hostiles et de leurs jugements.
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Vioron
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Mar 9 Mar 2010 - 14:08

L'azur polaire de ses prunelles épingla Dragan. Il fut un temps où son cousin aimait la vie et riait. Ce temps était mort dorénavant, mais l'entendre ainsi réveilla sa colère. Que faisait il de ses fils ?! Ils avaient encore besoin de la protection de leur père ! Vioron rongea son frein mais il serra si fort les poings que ses jointures blanchirent dangereusement. Qui était il pour dire a son cousin qu'il comprenait ? Il ne le pouvait pas, il n'avait pas perdu sa moitié comme Dyarque, comme Dragan. En vérité, il se sentait inutile...

-Notre peuple a besoin d'avancer. Le temps de nos Ainés est peut être révolu, mais nous avons encore besoin de leur sagesse.

Finit il par dire en s'étranglant presque, mais même si Dyarque et lui n'avait pas le même point de vue, il savait reconnaître la valeur de son ainé comme telle.

-Nos enfants en auront besoin.

Ajouta-t-il les yeux dans le vide, comme si cette phrase ne voulait rien dire ou ne s'adressait a personne. Dolce se leva et Vioron eut du mal a le regarder dans les yeux, et pourtant, il le fit alors que celui ci rendait compte de la situation en terres humaines. L'elfe pianota sur la table de bois. Les humaines étaient fascinants mais parfois, ils se comportaient comme des enfants.

Il leva un regard surpris sur Dyarque alors que celui ci parlait de...Par Kyria ?! L'elfe le plus conservateur parlait il bien d'enseigner a un...humain ?!

-Ne pensez vous pas que notre situation appelle avec plus d'urgence votre expérience ? Trystan de Diantra ne saurait que s'engorneuillit d'avoir un maitre tel que vous, Dyarque de Daranovar, mais votre oeuvre ici n'est pas achevée. A moins que...Vous ne désiriez oublier jusqu'au royaume éternel dans votre douleur.

Vioron savait qu'il blessait en disant cela, mais tout ouvert qu'il soit, il ne pouvait pas laisser son peuple s'enfoncer dans la létargie et oublié jusqu'à son existence. C'était inconcevable.
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Dolce
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Mar 9 Mar 2010 - 15:36


    Dragan est rectifié rapidement après sa remarque blessée et défaitiste. Pourquoi notre temps serait-il révolu ? Cette phrase me révole mais je me tait, ma place est bien précaire à cette place et mes mots seraient inutiles quand déjà deux de mes ainés le contre-disent avec plus ou moins une même douceur, un sentiment de compassion commun entre les deux veufs. "Notre temps est révolu"... non ! Comment peut-il y croire ? Mais en y réfléchissant, notre temps de peuple à part est sans doute révolu. Nous nous devons d'être plus fort, nous devons renaître et nous imposer non pas seul, cette lutte ne mènerait à rien... mais tous ensemble ! Humains, Nains et Elfes, nous sommes plus fort ! Mais séparer nous sommes faibles. Cette idée mue déjà dans bon nombre d'esprit, mais il reste et il restera les éternels conservateurs dont Dyarque fait partie il me semble, pour nous barrer le passage vers une alliance forte et solide... Je me lève et rapporte au conseil les informations que Nakor m'a transmis sur Diantra et la péninsule.
    Croire que j'étais au bout de mes surprises aurait été stupides, et mon regard se pose sur Dyarque alors qu'il nous affirme dignement qu'il a rencontré Trystan et qu'il... serait-ce seulement possible ? Ai-je bien entendu ou quelques dieux rieurs ont-ils altérer mes sens ? Mais les regards surpris de mes camarades m'affirment que non. Dyarque vient bien de prononcer ces mots. Il deviendra le professeur de Trystan de Diantra. Cette perspective me ravit dans un premier temps, puis sous les mots cinglants de Vioron, m'attriste. Ainsi compte-il nous abandonner ? Diantra est tout de même loin, et un très bon cavalier y mettrait une semaine de voyage au minimum. C'est trop, si nous devons gérer quelques situations d'urgences et si Dyarque est aussi loin, je crains que nous devions nous passer de lui cette fois.

    Je me tais et laisse le débat évoluer. J'ai senti dans l'intonation de cette voix une décision ferme qu'il ne sert à rien de discuter. Chacun est maître de ses actes, et ce choix a probablement du être murement réfléchie. Les elfes sont rarement de tempérament à prendre des décisions à la légère. Il reste tant de point à aborder...

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Dragan
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Mer 10 Mar 2010 - 12:29

Il sentit peser sur lui les regards des autres membres du Conseil. Celui de Vioron, glacial, tentant de se faire compréhensif sans pour autant approuver ce défaitisme. Celui de Dolce, empli de pitié et surprit de paroles aussi radicales... Et celui de Dyarque. Il pensait que la réprimande viendrait de l'âiné et serait lapidaire. Il avait tort et raison. Ce fut bien Dyarque qui lui répondit, mais pas de ce ton sec et cassant qu'il pouvait utiliser. Il comprenait le sentiment du jeune elfe, mais lui interdisait de mettre tout le peuple dans le même panier de défaitisme et de douleur.

- "Si nous continuons dans cette voie, notre peuple ne sera bientôt plus réduit qu'à quelques individus, avant de devenir légendaire. Aveuglez-vous, si cela vous chante. mais le fait est là : notre peuple a perdu ce qui faisait sa grandeur. Nous ne sommes plus cap)ables de construire nos édifices comme avant, nous n'entendons plus la symphonie des arbres... J'ai rencontré la Gardienne de Kyria et elle m'a fait ce don... Nous avons tant perdu... Le peuple éternel n'est plus que l'ombre de lui-même. Il lui faut évoluer ou mourir."

Il eut une pensée pour Myrhyarmen. Hautaine, arrogante, si proche de Kyria l'égoïste et la fière... Mais elle avait permis au jeune elfe d'entendre la symphonie des arbres, une fois dans sa vie. Et le nostalgie de ce moment ne lui laissait pas de répis. Les elfes s'étaient éloignés de Kyria et d'Anaëh pour adopter un mode de vie plus "humain". Bon ou mauvais choix, peu importe, il n'y avait plus de retour en arrière possible, mais il fallait aller de l'avant. La stagnation serait leur perte.

L'intervention de Vioron surprit son cousin. Il venait d'avouer avoir besoin des conseils des Anciens, alors même que la jeune génération en avait assez du carcan des esprits conservateurs. Vioron devait en être malalde de parler ainsi, mais c'était tout à son honneur. Cependant, Dragan tressaillit quand son cousin parla d'avancer pour les enfants. C'était un coup bas et le Seigneur Protecteur d'Ardamir jeta un regard polaire au Seigneur Protecteur d'Eteniril. Qui était-il pour ainsi le juger? Il ne pouvait pas comprendre la difficulté de vivre quand son âme et son coeur étaient morts. Il ne tenait que pour ses enfants justement, et c'était là son seul courage.

Mais la déclaration de Dyarque concernant son enseignement au roi des hommes laissa l'assemblé pantoise. Avaient-ils bien entendu? Lui qui méprisait les humains, il suffisait d'écouter ses paroles à propos du roi des hommes pour le savoir, il se proposait d'enseigner à l'un des leurs? La remarque de Vioron suscita une vive émotion chez le jeune elfe...

A moins que...Vous ne désiriez oublier jusqu'au royaume éternel dans votre douleur.

Dragan ferma un instant les yeux.

*Et qui pourrait l'en blâmer?*

L'elfe avait souffert de la perte de Révérie après deux ans de folle passion. Dyarque devant souffrir davantage encore après des siècles d'amour et de complicité...

- "Peut-être que cet enseignement nous sauvera tous... Nous ne pouvons faire face à tous les autres peuples. Nous ne pouvons nous enfermer en Anaëh et les ignorer... Cela accélèrera davantage encore notre perte... Si nous ignorons le monde, le monde oubliera les elfes..."

Puis, il posa son regard bleu glace sur Dyarque et reprit :

- "Si vous partez, qui régentera le peuple elfique? Il nous faut prendre des décisions, nous ne pouvons continuer à dériver ainsi sans savoir quel but atteindre..."

Il soupira et se passa une main sur le visage.

- "Si seulement la famille royale n'était pas totalement éteinte... Il faut un guide pour le peuple, mais nous n'en avons aucun à leur proposer... Quant à ce conseil... Aussi louable soit-il, il faut se rendr à l'évidence : il ne remplacera jamais un roi ou une reine."
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Dyarque
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Ven 12 Mar 2010 - 21:07

La réponse de Dragan claqua l’air, fouet perfide dont la morsure se parait du réalisme. Surtout pour Dyarque, qui durant toute son enfance avait été coutumier à la fameuse Symphonie des Arbres, noms oubliés depuis longtemps et pourtant invoqué dans ce conseil. Il ne dit rien, n’acquiesça ni ne condamna pas. Sans le savoir, l’elfe endeuille venait de lui planter une dague en plein cœur, et la douleur venait s’ajouter à ses sœurs. Muses funestes, danseuses virtuoses s’égaillant sur la partition funèbre de ses déchéances unifiées, elles le tuaient à petit feu. Vaincu, il leur laissait toute. Il tourna lentement la tête vers Vioron, le jaugeant en silence, écoutant sans discours sans ciller.

Et pourtant, il devait avouer sa surprise. L’enfant devenu adulte était son opposé. Leurs relations avaient toujours été teintées de suspicion, celle de deux âges qui ne se comprenaient pas. Ils étaient l’incarnation de leurs époques… quoi que le protecteur d’Eterinil était à part, feuille depuis longtemps détachée de son arbre nourricier mais voletant autour. Il était épris de liberté, et abhorrait le carcan des anciens. Pourtant, voilà qu’il invoquait sa nécessité, dans une confession aussi sincère qu’étranglée. Mais il était trop tard, et ce revirement inattendu ne suffit pas à le détourner de son ultime projet, quête finale d’une vie trop longue. Trystan. Qui savait de quoi le jeune homme était capable ? Personne, mais Dyarque par contre mesurait à quel point il pouvait être vulnérable… Comme un nouveau né dont l’esprit vierge de toute protection restait impuissant face à l’assaut de l’adule aguerri.

Telle serait sa dernière œuvre, faire d’un homme un enfant qui, par la volonté de sa Déesse, ne pouvait grandir.

Le bruissement des contestations fleurissait sous la lumière de sa déclaration. Comme ils étaient prévisibles… Ils étaient jeunes, encore, ils ne savaient pas reconnaître une décision, pas même quand celle-ci résonnait avec force dans une salle plusieurs fois millénaire, alors même qu’elle n’avait été que murmurée par leur aîné. Dyarque esquissa un très léger sourire qui ne méritait même pas d’être appelé ainsi, vide de toute joie, mort avant d’être né. Ils ne pouvaient pas comprendre, pas alors que le soleil de leur existence baignait encore leur vie d’une aube tranquille et lumineuse. On l’accusait de tourner le dos aux siens. On osait renier une vie au service du Premier Peuple, d’abord en tant que conseiller d’un Protecteur… Pour finalement devenir Seigneur Protecteur. Il ne dit rien, laissant le silence seul répondre aux propos d’Eterinil. Mais son regard disait clairement ce qu’il taisait.

« Si je restais, régenterai-je les elfes ? » demanda-t-il, la voix dénuée de la moindre émotion. Il promena son regars, sautant de Dragan à Vioron, de Vioron à Dolce… « Ce Conseil accepterait-il de me voir le présider ? »

Dyarque ne souriait jamais. Son visage était une pierre que l’on avait taillée dans la glace. Un monument que rien n’altérait, sinon sa propre destruction. Et pourtant, les lèvres se muaient en un éclat mort. Cynisme. Dérision. Plus rien n’avait d’importance, sinon l’échéance qu’il s’était fixé. Le voile le prendrait en même temps que la lumière.

« Je ne pense pas que le futur que vous chérissez tous ne veuille d’un passé que vous jugez révolu pour le guider. Trystan possède une magie puissante, mais dangereuse. Pour lui, et pour les autres. Vous avez foi en la Communauté de la Lumière. Vous savez que tous n’y seront pas aussi favorables que le Roi aveugle. Que ce soit moi ou un autre, un maître doit lui apporter son enseignement. Et le brider, pour qu’il ne devienne pas un fléau. »
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Vioron
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Jeu 25 Mar 2010 - 9:06

-Evoluer. Oui, c'est la clef, mais a vous entendre nous sommes déjà morts.

Fit Vioron sans amertume aucune, c'était juste une constatation. Les propos de son cousin ne lui remuèrent pas les entrailles. Cela faisait longtemps que le peuple éternel avait oublié les chants de la Nature...Pourtant, il entendait parfois encore, les murmures, souffle fragile qui s'étendait dans son domaine. Mais ce fin soupir n'était qu'un fragil reflet des chants de la forêt. Il ne pouvait comprendre l'immense douleur qui étreignait Dyarque et Dragan. On disait que la tristesse pouvait tuer un eternel, il avait devant les yeux deux parfait exemple et il ne pouvait pas les blamer, il ne pouvait pas se le permettre. Mais entendre Dyarque parler d'enseigner aux hommes était...Très surprenant. Il n'avait rien contre l'idée c'est vrai, les hommes étaient impulsifs, passionnés mais aussi destructeur et que leur roi puisse bénéficié d'un guide tel que Seigneur Protecteur Dyarque était un honneur et une chance. Mais Vioron trouvait le moment bien mal choisi, même si le patriarche voulait oublier sa douleur et sa peine. Il affronta sans peine le regard aigue qui se posa sur lui, non il ne regrettait pas ses propres paroles et même si Dyarque possédait cette flamme propre au Anciens, celle qui faisait que les plus jeunes se soumettaient a leur jugement, Vioron le soutint parce qu'il savait aussi ses paroles justes.

Dragan brisa le silence, parlant des Rois elfiques...Il serra un peu les poings, la famille royale avait totalement disparut, maintenant, il leur incombait de nommer un nouveau Protecteur Eternel.

-Ce Conseil apporte un semblant d'ordre en attendant, mais je t'approuve Dragan, nos avis sont trop divergeants pour qu'il puisse guider notre peuple.

La voix de Dyarque s'eleva de nouveau et Vioron braqua ses yeux polaire sur le patriarche et il soupira doucement. Le Seigneur Protecteur de Daranovar semblait décidé quoiqu'il leur en coute a tous et Vioron avait opposé ses arguments, mais il ne pouvait pas aller a l'encontre de la volonté de Dyarque de guider Trystan de Diantra.

-Soit, j'espère simplement que le roi des Hommes sera un élève digne de vous. Je n'aurais qu'une seule requête a vous soumettre.

Il se redressa sur son fauteuil, posant un regard grave sur Dyarque.

-Patientez jusqu'à ce que ce conseil puisse pointer du doigt le futur Protecteur d'Alëandir.
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Dolce
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Mar 30 Mar 2010 - 19:34


    Evoluer ou mourir. C'était bien là le choix de beaucoup de gens, des petits comme des grands. Dès notre naissance, nous sommes sujet à l'évolution. De l'enfance à l'âge adulte... Le peuple sylvain a énormément changé depuis quelques millénaires. Quelques siècles ? Nous avons perdu notre lien avec la sylve qui nous a offert son nom. Dragan évoque avec douleur la symphonie des arbres que nous ne savons plus écouter. Je n'ai jamais eu l'honneur de l'entendre mais je n'oserai douter que ce soit une expérience si merveilleuse qu'il est déplorable de ne pas la faire partager. Tout s'est passé si vite et nous avons tous été dépassés par l'évolution. Ceux qui n'ont pas réagit sont morts, et désormais... nous sommes perfus. Parce que comme le dis si bien Dragan, nous avons perdu ce qui faisait notre grandeur. Nous ne sommes pas bien plus que le peuple des humains, hormis l'immortalité qui encore se réduit avec la guerre.

    - Rien n'est irrémédiable...

    ... sauf la mort. On n'apprend pas à entendre, pas à voir et, ceux qui ont eu le privilège d'apprendre sont-ils suffisamment nombreux pour l'enseigner aux autres ? Ne se perdraient-ils pas en comettant un tel acte ? Rie n'est irrémédiable. Dyarque autrefois connu pour ses paroles tranchantes et conservatrices et, voilà qu'il souhaite apprendre son art à un humain. Un roi, certes... Une de ces rares personnes qui ont gagnés le don d'altérer les vies, de prendredre des décisions qui sur le cours ou le long terme peuvent emmener des peuples entiers à leur porte. "Le monde oubliera les elfes"... Serait-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Pourrions nous véritablement vivre reclus, nous cacher des autres ? Ce serait un comportement lâche même s'il sauverait bien des vies.

    - Un protecteur d'Alëandir ? Cette idée serait certes une solution à bien des problèmes, mais soyons réalistes et regardons autour de cette table. Nous sommes CINQ alors que le conseil des ducs devrait être au minimum entre six et douze. Mais peut-être vais-je trop vite...

    Y a-t-il quelqu'un ici présent qui souhaiterait prendre cette place ? Même si nous vivons à une époque où le sablier du temps semble s'emballer, je ne pense pas que nous puissions prendre une telle décision prématurément, surtout que celle-ci risque d'avoir un impact pour une durée variable entre quelques siècles ou quelques millénaires. Pourquoi ne commmencerions nous pas par décider de protecteurs pour les terres en deuil ?


    Mais qui ? mon discours était probablement trop osé pour quelqu'un siégeant ici pour la première fois, prenant la place de personnes qui étaient chers à certains d'entre nous. Mais avons nous le droit de nous voiler la face ? Choisir un "roi" pourrait tourner à la catastrophe. Ce ne serait qu'une question de hasard...
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Dragan
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Mar 18 Mai 2010 - 9:09

En bien des aspects, Dragan n'était pas si à l'aise que cela avec son peuple. Fréquenter Révérie et son impatience l'avait changé, faisant évoluer un état larvaire. Sans être aussi fonceur que les humains dont la vie était si courte, il n'était plus aussi patient que ses pairs. Il se força à repousser l'image de son épouse disparue loin dans son esprit pour se concentrer sur le Conseil. Le peuple elfique ne s'était jamais aussi mal porté. Les Seigneurs protecteurs et Protecteurs s'étaient éteints dans la majorité et les terres restaient à l'abandon, le peuple était privé de guide. Il fallait redresser absolument la barre, il fallait faire quelque chose pour empêcher le peuple de sombrer totalement ou du moins, le laisser sombrer dans avoir rien fait pour l'empêcher. Tel qu'il était parti, le conseil allait durer des heures à tourner autour du pot parce qu'aucun n'était capable de prendre une décision.

Ce qui démontrait bien l'inutilité d'un tel conseil pour régenter les elfes.

Il fallait donc UN seigneur protecteur d'Alëandir, un homme qui allait guider les elfes, soutenu par les autres seigneurs protecteurs. Mais il fallait un elfe et un seul pour représenter le peuple immortel. Il ne répondit pas à Vioron, pas plus qu'à Dyarque ou Dolce. Quand le silence s'installa de nouveau, il se leva, ayant pris sa décision et déclara solennellement, revêtant enfin son habit de Seigneur Protecteur d'Adramir :

- "Moi, Dragan Tiril, Seigneur Protecteur d'Ardamir et possible héritier de la couronne royale de par mon sang et mes ancêtres, renonce à tous mes droits sur le trône d'Alëandir et juge de servir fidèlement le nouveau Seigneur Protecteur d'Alëandir, Dyarque de Lanthaloran. Puissent sa sagesse et son expérience guider notre peuple vers la lumière."

Dragan s'inclina alors avec grâce. Sa famille était une des plus vieilles d'Anaëh et il descendait du grand Tyral, par les branches cadettes. Comme quelques autres familles protectrices. Il fallait qu'une décision soit prise. Même s'il n'était pas d'accord avec les principes de Dyarque, il avait la sagesse et l'expérience nécessaires à ce lourd fardeau.

- "Trouvez quelqu'un d'autre pour enseigner au roi aveugle. Cela sera un encouragement à l'alliance, même si vous avez décidé de lui apprendre pour éviter une catastrophe. Il faut se rendre à l'évidence : nous avons besoin des hommes et des nains si nous voulons nous débarrasser et résister à la marée noire. Les Sombres ne vivent que pour conquérir, tuer et asservir. Aussi glorieuse soit notre armée, aussi performante soit-elle comparée à celle des hommes, elle n'est pas assez nombreuse pour se débarrasser seule des drows. Guidez notre peuple Dyarque. Un conseil ne peut régenter le peuple, il faut un guide et un seul et vous êtes l'homme qu'il faut pour cela. Nous ne sommes que des enfants comparés à vous, mais de grâce, ne rejetez pas nos avis, surtout concernant l'ouverture aux autres races."

Dragan se tut alors et se rassit. Qu'il laisse les rênes à Dyarque pouvait sembler surprenant. Vioron partageait ses idées concernant les humains et les nains, alors que Dyarque était pour l'autarcie et la pureté de la race. Pourtant, ni Vioron, ni lui ne pouvaient diriger le peuple, ils étaient trop jeunes, trop inexpérimentés. Et Dragan était trop instable émotionnellement, trop enfermé dans son chagrin pour souhaiter ce fardeau. Dyarque souffrait également et sans doute son jeune compère venait-il de lui faire un cadeau empoisonné... Il jeta un long regard à Dyarque, avant de risquer un oeil vers Vioron. Son cousin allait-il comprendre son choix? il l'espérait. Vioron était impulsif, mais il était intelligent et assez mature pour comprendre qu'il fallait un dirigeant et pourquoi ce serait Dyarque. Concernant Dolce, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il penserait de cela, mais quelque chose lui disait qu'il approuverait.

Le peuple elfique avait de nouveau un Guide.
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Dyarque
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MessageSujet: Re: Conseil Elfique de Printemps   Mar 18 Mai 2010 - 21:54

La pierre ne se permit aucune altération, restant inébranlable sous les coups de burin du discours inattendu. Dyarque resta immobile, statue inaltérable, figée alors que le temps continuait sa course, imperturbable. Les paroles de Dragan n’étaient pas une fin, et encore moins un commencement, elles étaient une rupture. Elles étaient un retour aux origines, une liane enlaçant l’elfe millénaire et le ramenant à l’époque de son aïeul. Elles étaient une condamnation, un fardeau supplémentaire, le dernier peut-être mais sans aucun doute le plus terrible. Elles étaient des chaînes qui le relieraient jusqu’à l’absolution tant désirée et désormais arrachée, rendue inacceptable par ce qu’elle impliquerait. Les suppliques qu’il pouvait adressée à Celle qui attend resteraient sans réponse, la Dame Sombre était restée indifférente et un Fils de Kÿria venait de lui sceller les lèvres. L’espace d’un instant, d’une éternité pour celui qui n’avait que trop vécu, l’envie de fuir rugit. Créature infernale, sirène envoutante, bête blessée et bafouée, elle hurlait et elle rendit sourd l’Aîné aux paroles de ses semblables. Le refus dansa sur ses lèvres, diable rieur et moqueur, mais il était un serment qui le rendait et rendrait à jamais impuissant. Une promesse, faite à l’aube des regrets, quelques mots qui jamais ne furent prononcés mais qui, pourtant, sonnaient de toute leur vigueur. Il avait tourné le dos à la Prime Forêt et avait cherché le repenti dans la Protection du peuple qu’elle abritait.

« Tu aurais du me prendre moi. » murmura-t-il doucement.

La promesse du Voile libérateur avait été balayée, frêle château de cartes auquel il s’était raccroché. Sa seule raison de vivre avait été la certitude de sa mort prochaine, délivrance suprême et désormais proscrite. Le fantôme d’Elycia s’effaçait, figure terrible et accusatrice, happée par les ténèbres de la terrible Tari. Si seulement, en effet, la Sombre Dame avait tourné sa fatalité contre lui. Si seulement il avait pu s’étendre, étoile mourante supplantée par une voûte brillant de mille feux. A la place, on lui avait retiré la chose à laquelle il tenait le plus, et voilà qu’on lui tendait à la place une Couronne qui ne le tiendrait éloignée d’elle que plus longtemps.

« Si telle est la volonté de ce Conseil. »

Conseil qu’il ne voyait plus. Les silhouettes indistinctes des Seigneurs Protecteurs s’effaçaient face à l’appel impérieux des souvenirs. A ses oreilles ne résonnaient plus que leur douce mélopée, porteuse de repos mérité, et il se laissa tenter. Sur son visage mourant, un sourire fleurit alors qu’il la revoyait, et il faillit tendre la main. La saisir, la retenir, la garder contre lui, n’importe quoi plutôt que de la voir repartir. C’était si simple, si facile, il suffisait de se lever. Ses yeux se fermèrent un instant, et son cœur ralentit sa danse. Dyarque mourait, sous le regard des siens.

Dyarque fuyait. Une nouvelle fois.

Il ne pouvait pas, n’avait pas le droit. Alors il ouvrit les yeux, et s’ils avaient perdu tout éclat, s’ils étaient morts, son cœur lui battait encore. Il poussa un soupir, unique, alors qu’il savait son destin scellé, de sa propre main. Il aurait pu refuser et se retirer. Il aurait pu mourir sous le regard des siens, mais il avait juré, et ce serment le tenait, même s’il devait pour cela tourner le dos à son âme écorchée. Le Conseil, aussi réduit soit-il, c’était exprimé. Deux voix s’étaient élevées, et il savait que les voix restantes ne s’opposeraient pas. Le risque de voir la situation se bloquer une nouvelle fois était trop grand, et aucun n’en avait envie.

« S’il doit en être ainsi… » continua-t-il, la voix blanche mais résolue. « Ma fille rejoindra Trystan de Diantra. Et vous l’accompagnerez, Dragan. Vous prendrez soin d’elle, assumant mon fardeau pendant que je supporterai celui que vous venez de me confier. »

Cruelle vengeance, du moins était-ce le visage qu’il souhaitait lui donner. Mais peut-être l’éloigner de la source de ses tourments l’aiderait à mieux tourner la page. En réalité, Dyarque ne s’en souciait pas réellement. Tant mieux si Dragan pouvait trouver dans l’escorte de sa chère Elya une quelconque source de réconfort, dans le cas contraire au moins sa progéniture serait-elle sauf, car malgré tout il faisait confiance au Fils d’Ardamir. Quant à lui, il pourrait respecter sa volonté, une dernière fois, et protéger les elfes plutôt que leur forêt.
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