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 Une clairière paisible... [solo]

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Timérion Adantar
Elfe
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Âge : 1718 ans. (290 du 9ième cycle)
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MessageSujet: Une clairière paisible... [solo]   Lun 22 Avr 2013 - 22:54



Le silence l’accueillit alors qu’il s’avançait sous les frondaisons. Sa progression était lente à cause des ronces et des églantiers qui avaient repris une vigueur anormale suite au Voile. Mais, malgré tout, Annãmmë ne rechigna pas, à aucun moment. Il y avait un coté solennel dans cette procession solitaire d’un cavalier juché sur son compagnon de voyage progressant au milieu des buissons avec lenteur. Cette impression n’était que renforcée par le silence qui régnait sur la scène.

Ici, les oiseaux ne poussaient que peu de trilles dans les arbres et seuls les plus beaux de leurs chants pouvaient parfois s’entendre. Ici la Symphonie se faisait distante et discrète. Une musique de fond, tout en douceur, emplie de respect, de sérénité. De tristesse aussi. Le genre de tristesse qui demeure inlassablement que les années passent, que les feuilles tombent et reparaissent, elle résisterait toujours.

Lui n’en doutait pas. Tant que les arbres balanceraient leurs branches autour de la petite clairière, tant que le grand chêne millénaire murmurerait sa sérénade, tant que la statue se dresserait au pied de son tronc, ce chant calme et mélancolique poursuivrait sa partition. Cette partie de la forêt avait perdu quelque chose de trop beau que pour jamais s’en remettre.

Lorsque Timérion pénétra dans la clairière, emplie d’une herbe verte et tendre parsemée de fleures sauvages, il fut à peine étonné par la seconde statue qui se dressait au coté de la première. Il descendit de son Meharas, l’esprit serein. Le calme que pouvait éprouver un Elfe qui n’avait rien à se reprocher alors qu’il se recueille en un lieu sacré à ses yeux.

Il se souvenait encore comme si tout cela s’était déroulé la veille de sa première venue ici. Ou plutôt, il s’en souvenait comme d’un rêve que l’aube de ce jour avait commencé à estomper. Il courait pieds nus à travers l’Œuvre, comme il l’avait fait tant de fois. Mais ce jour-là, il alla plus loin que jamais. Gambadant au gré de ses envies et au rythme de la Symphonie, il arriva en Holimion. En Eryndolen pour être plus précis.

Et là, il s’était passé un événement étrange. Dans sa grande malice, le vieux chêne avait fait venir deux Elfes dans cette même clairière et au moment où l’un et l’autre auraient pu prendre conscience de la présence de son homologue, la Symphonie s’était tue. Pas brusquement, comme lors des prémices à l’horreur ou sous l’effet de l’effroi, mais lentement, harmonieusement, jusqu’à ne laisser paraître que le murmure du vent et le chant des oiseaux.

Intrigué, il avait poursuivi son chemin, curieux de savoir quel mystère entourait la clairière silencieuse. Suivant le chemin qui s’ouvrait devant lui, il la contourna à moitié, ne se doutant pas le moins du monde que quelqu’un d’autre agissait de même de l’autre coté. Lorsqu’il était enfin entré dans le cercle de lumière, il l’avait vue.

Elle était pareille à une déesse de beauté descendue sur Miradelphia dans l’espoir de rappeler au monde ses jeunes années. Dans sa robe blanche en lin, elle s’était arrêtée, ses longs cheveux brun volant autour de son visage.

Ils s’étaient regardés en silence, s’étaient détaillés avec curiosité sans pour autant oser approcher. Et puis, leur regard s’étaient croisés. D’abord timidement… Et puis, leur yeux revinrent se river ceux de l’un dans ceux de l’autre. L’or et le vert de la forêt à l’été plongé dans le bleu et le gris de l’ondée en hiver.

Inconscient de ce qui se passait, ils étaient paralysés, subjugués par la découverte de l’autre. Et petit à petit, la Symphonie avait repris, sur son plus beau ton. Il avait un pas, elle avait fait l’autre. Et progressivement, ils abrogèrent la distance entre eux.

Lorsque la Symphonie avait atteint son paroxysme, ils se trouvaient face à face. L’instant fut magique. Sans parler, sans bouger, ils conversèrent. Le vieux chêne leur avait offert le plus beau des cadeaux, celui d’apprendre l’autre à travers le chant des frères-arbres. Lorsque l’or se mêla au bois et que le saphir plongea définitivement dans le feuillage, le temps sembla perdre toute raison d’être.

Et lorsque, rougissant, ils s’étaient à peine écartés, ils se sentirent complets et heureux. Sans le savoir alors, il n’y aurait plus jamais de «je», de «il» ou de «elle». A partir de ce moment, il n’existerait plus que le «nous» et le «ils».

Ils y étaient restés des jours, des Ennéades peut-être. À discuter, un peu, se regarder, beaucoup, et s’embrasser, parfois. Plus tard, ils reviendraient ici pour fêter leur union, mais à l’époque, cette question était superflue. Il n’y avait plus qu’elle, il n’y avait plus que lui, et le reste du monde importait peu…

Mais la joie de ces jours anciens avait déserté la clairière. Et ne restait plus qu’un deuil immuable. L’Ondée était tombée, et l’Arbre restait debout. Étrange paradoxe que ces deux êtres que rien ne pouvait dissocier soit ainsi si cruellement séparés. Désormais, le chêne n’avait plus le cœur à chanter, à rire et à blaguer.

Les oiseaux eux-mêmes ne chantait plus que les plus belles notes pour celle qui reposait en pensé au milieu de la lumière. Les animaux ne traversaient ce lieu qu’avec respect et seul un voyageur souhaitant s’y rendre pouvait désormais l’atteindre. Car le vieux chêne refusait que l’on ne dérange la quiétude de ce sanctuaire.

Timérion se déchaussa et déposa sa canne. Il avança pieds nus et sans soutien, comme jadis vers le vieux chêne. Celui-ci gémit légèrement. Le sentiment qui passa dans ce son ne pouvait être compris que de ceux qui avaient partagé cette douleur, sa douleur. Il était désolé, désolé que Timérion n’ait pas réellement rejoint sa douce. Il le saluait également, comme l’on salue un vieil ami que l’on revoit lors d’une veillée funèbre.

L’Elfe lui répondit de la même manière, balayant d’un geste les excuses de l’arbre millénaire comme pour lui dire que ce n’était pas sa faute et qu’il ne fallait pas en parler. Il arriva au pied de la statue. Il caressa calmement la pierre, avec la même tendresse que du temps de leur bonheur. Elle était si belle. Elle était…

Après un moment qui sembla interminable, il se tourna vers l’autre sculpture. Sa sculpture, son effigie. Enfin, pas exactement. Nulle cicatrice ne barrait son visage et c’était une lame sur laquelle il s’appuyait. Il eut un sourire triste empli d’amertume au vu de son ancien visage. Et puis, il saisit une pousse de lierre dans une de ses poches et la posa au pied de la statue. Utilisant délicatement sa magie, il fit croitre le lierre. Celui-ci s’enroula autour de l’épée, la masquant presque entièrement. Puis il remonta le long du bras, mais autour des jambes aussi et dans le dos. Et finalement, il alla barrer le coté droit du visage de Timérion Adantar.

Il regarda un instant, et fut satisfait du résultat. Reportant son attention sur la statue de son épouse, il lui adressa quelques mots dans un murmure.

"Il est ridicule que l’on me montre beau alors que je mourrai hideux. Alors que toi, tu as toujours été belle. Nimuë…"

Une larme roula sur la joue du Protecteur qui n’était ici qu’en tant qu’Elfe. Simplement Elfe. Ici, rien d’autre ne comptait. Ici, il ne ressentait même pas l’absence ou la solitude. Ici, Tyra semblait lui offrir le droit de se sentir au plus proche de son âme-sœur. Et pour cela, il lui serait toujours fidèle. Il commença une prière à la Voilée qui devint progressivement silencieuse et il resta là… Longtemps, seul devant la pierre parce que seul désormais il était.

***


Peut-être ne le perçut-il pas dans la Symphonie étouffée du lieu, peut-être son ouïe ne fut-elle pas assez fine pour le discerner, ou peut-être tout simplement que ses pensés étaient occupées ailleurs et qu'il n'y accorda pas d'attention. Mais une Elfe s'avança à son tour dans la clairière. Les cheveux bruns nattés en une tresse qui battait le long de sa taille au rythme de ses pas, une tunique blanche et un pantalon de coton gris. Derrière elle, elle avait laissé les pièces d'armure qui la couvraient d'ordinaire. Là bas, contre un orme scintillait un corset d'acier, une spalière et un gantelet du même métal.

Elle était désormais si proche de lui qu'elle pouvait distinguer les pores de sa peau. Il n'avait toujours esquissé aucun geste, perdu dans son chagrin sans doute. Si elle l'avait voulu, elle aurait pu l'égorger, le poignarder, l'éventrer ou lui tordre le cou sans aucune difficulté. Mais pour elle, il ne méritait pas cela. Il ne méritait pas de mourir si vite alors qu'elle était morte si lentement.

Elle le haïssait, mais pas le genre de haine qui fait que l'on commet des actes irraisonnés. Non, c'était une haine plus froide, plus profonde. Et en même temps, un sentiment frustrant. Parce qu'elle savait pertinemment bien qu'elle ne pourrait jamais l'extérioriser. Par égard pour sa sœur, elle ne pouvait lui faire du mal, elle lui avait promis. Et malgré tout le dégout qu'il lui inspirait, elle ne pouvait revenir sur sa parole.

Elle n'aurait pu supporter de trahir celle qui l'avait regardé avec des yeux si serein alors que son corps était brisé. Elle ne pouvait se dire qu'elle avait menti au moment où sa sœur avait eu le plus besoin de sincérité et de confiance. Elle devait montrer à la défunte qu'elle pouvait être aussi forte qu'elle. Certes, elle ne noierait pas vingt drows dans une tourmente d'eau glacée après avoir été violée par trois fois. Mais elle pouvait tenir ses mots, elle pouvait lui montrer qu'elle arrivait à continuer à vivre malgré tout.

Aussi, elle se contenta de placer ses mains sur ses hanches et de serré ses crêtes iliaques à s'en faire blanchir les phalanges. Son regard dur et gris se posa sur Timérion Adantar, l'Estropié, celui qui avait laissé mourir sa sœur pour accomplir un devoir futile. Si elle n'avait pas laissé la haine obscurcir son jugement, elle aurait pu dire qu'il n'y était pour rien, que l'attaque à revers était imprévisible et qu'il n'aurait jamais pu revenir à temps à Aléandir, eut-il su ce qui s'y passait. Mais quand elle le regardait, quand elle pensait à lui, seule la haine comptait. Cette créature pitoyable, hideuse et faible ne méritait pas que Nimuë lui voue une telle vénération. Il ne méritait pas qu'elle l'abandonna pour aller vivre à l'autre bout de la Prime Forêt.

Elle soupira bruyamment avant de prendre la parole. Elle avait beau le haïr, seule la sécheresse trahit son sentiment. Ici, elle ne pourrait jamais hausser le ton, pas sous les yeux de sa statue.

"Ainsi tu es revenu."

Il ne daigna même pas se retourner pour lui répondre. Mais étrangement, elle ne pouvait lui en vouloir pour ça. Elle même ne pouvait détourner son regard du délicat visage ciselé dans la pierre. Il n'y avait plus que cela qui restait de la beauté de sa soeur désormais, une ombre grise et froide...

"Je ne suis jamais parti. Même si il semblerait que certains aient souhaité m'enterrer..."

Il faisait assurément allusion à la statue dresser au coté de celle de sa soeur. Cette sculpture qu'elle aurait voulu jeter à bas de ses propres mains, la briser sans arrière pensée pour que rien n'en reste que de la poussière et des graviers. Et elle en avait la force, elle en avait le pouvoir. Née avec le don du feu, Cil-Thëa aurait pu être vue comme maudite par un peuple qui vénérait la forêt et de ce fait craignait le feu. Mais elle avait fait fasse et détourné par l'étude ce pouvoir pour qu'au lieu de se faire brasier, il se fasse force. Aussi aurait-elle pu briser la pierre de ses poings, mais elle n'en ferait rien... pas encore.

"Que croyais-tu? Tu n'as plus donné signe de vie depuis prés de deux siècles. Et un jour, j'apprends que tu renais à la vie, que tu reprends ton rôle et que tu foule à nouveau l'humus de la Prime Forêt. Comment oses-tu? Comment oses-tu revenir ici? Comment oses-tu continuer à vivre, Timérion?"

Elle fit un effort démesuré pour arriver à contrôler sa rage. Elle était réputé pour cela d'ailleurs, pour son absence de sang-froid. Là où les siens se montraient patients et mesurés, elle était ardente et prompte. Plus proche des Nains que des Elfes au niveau du caractère, elle n'en demeurait pas moins une guerrière valeureuse et était reconnue à ce titre. Ce n'était pas pour rien qu'elle assurait la régence sur les terres d'Eryndolen en l'absence d'un protecteur.

"Je ne sais pas, Cil-Thëa. Peut-être parce qu'elle ne me le pardonnerait pas si je me laissais choir..."

***


La réponse s’était imposée à lui, naturellement, simplement. Il ne savait pas pourquoi, mais selon lui, Nimuë ne lui aurait pas pardonné d’abandonner. Et pourtant, le chagrin et le deuil était si insoutenable parfois. C’était avec cette opposition entre deux désirs qu’il avait du prendre les rennes de l’Epine Dorée.

Un Elfe normal n’aurait pu le supporter seul… Il n’aurait pas pu le supporter seul. Mais il avait reçu une aide. Une aide de la Prime Forêt, une aide de la Mère ou un refus de la Voilée peut-être. On lui avait offert du temps et de la quiétude, des sensations différentes de celles qu’il ressentait habituellement. En son cœur, il avait souhaité les explorer, les déchiffrer et les comprendre. Tenter de recréer l’ancien lien.

Mais finalement, il était de retour sur les routes, avec ses émotions d’Elfe. Peut-être avait-il réussi à recréer le lien originel, peut-être pas. Une chose était sûr, Nimuë n’était pas plus vivante à son réveil qu’au jour où il la trouva gisant dans la boue.

Le silence s’étendit à nouveau. Ils restèrent debout face à la statue de la chère dame qu’ils avaient tous deux aimer, à leur manière. Il était curieux et bien triste que ceux que l’on appelait «immortels» soient condamnés à vivre pour pleurer leurs morts éternellement.

Finalement, Cil-Thëa brisa la religieuse absence de bruit. Cet acte parut un instant tellement saugrenu, tellement odieux qu’elle s’arrêta elle-même avant de reprendre sa phrase dans un murmure.

"Pourquoi es-tu ici en ces temps troublés? Ne me réponds pas que tu voulais juste lui rendre hommage, tu ne laisserais pas les Drows violer Anaëh pour venir t’agenouiller ici, nous le savons tous les deux."

Il consentit enfin à se retourner. S’arrachant douloureusement à la contemplation de la beauté de sa défunte épouse figée dans la pierre jusqu’à ce que le temps en érode tous les traits, il plongea son œil valide dans les yeux froids et durs de sa belle-sœur. Son ton était rude. Et il savait bien ce qu’elle lui reprochait. Si irrationnel que ce fut, il pouvait le comprendre et ne pouvait lui en vouloir.

"Le roi m’envoie dans l’Anaëh porter une grande nouvelle. Aléandir bouge enfin, l’armée royale fait mouvement pour Ardamir. Il m’a chargé d’annoncer la nouvelle à travers la forêt. J’en ai profité pour venir revoir son visage…"

"Ainsi, la guerre est en marche… Mais ce n’est pas la seule raison, n’est-ce pas? Tu pourrais envoyer des messagers, ou que sais-je…"

"Je veux raser Yutar."

Son interlocutrice laissa échapper un léger bruit de stupeur avant de se reprendre et de lui répondre d’une voix incrédule où l’étonnement avait effacé la froideur.

"Pardon?! Tu voudrais détruire l’avant-poste drow? Mais comment? Nous n’en avons pas la force…"

"Détrompe-toi. Anaëh est forte et je ne suis pas le seul impliqué dans cette histoire. Le mouvement d’Aléandir est une chose. Avec la levée d’Ardamir et les renforts que je compte apporter de Malereg, la force en place sera confortable à n’en pas douter. Mais je sais également que Taurë nourrit le projet de lever de sa seule autorité la Prime Forêt. Les clans se joindraient alors à nous. Avec le soutien du clergé et de l’Académie de magie que je pense avoir obtenu, les chances deviennent plus certaines. Mais je profite également de ce voyage pour demander aux protectorats de se rallier à cette entreprise."

"Si ce que tu dis est vrai et que la Gardienne veut lever la forêt, tu gaspilles ton énergie. Ils la suivront tous, Bois comme Pierre."

"Certes, mais ils se battront bien mieux si l’initiative vient d’eux et non d’elle. Je ne veux pas que le Vaisseau affaiblisse sa position en passant au dessus de toutes nos traditions. Grâce à ce jeu des mouvements autonomes, les forces présentes formeront une armée comme il n’en a plus été vue depuis plusieurs cycles."

***


Cil-Thëa pesa les mots de l'Estropié. Elle le haïssait, c'était certain. Mais sa haine et sa rancoeur ne pouvaient voiler la raison. C'était vrai que l'heure n'était pas aux jeux d'influence hasardeux, comme semblait vouloir le faire la nouvelle Gardienne. Affaiblir le Culte pouvait mener l'Anaëh à la guerre civile... Autant dire à la destruction, au vu des ravages faits par les Sombres en Ardamir. Et puis, la fin de Yutar marquerait peut-être le début d'une nouvelle ère de félicité?

Certes, elle aurait bien aimé lui rire au nez et qu'il périsse au pied du roc solitaire faute d'avoir son appui. Mais les considération de l'Intendante du protectorat d'Eryndolen était plus vaste qu'un simple vengeance. Si l'entreprise de Timérion réussissait, elle donnerait un cadeau inestimable à l'Oeuvre. Et si elle échouait... De toute façon, Taurë Helmarion se chargerait de la même tâche, qu'Adantar prépare le terrain ou non.

Finallement, elle se détourna du Seigneur Protecteur et revint vers ses affaires.

"Très bien, Adantar. Je parlerai en Eryndolen et en Holimion. Et je ferai en sorte que tu aies ton soutiens..."

"Une dernière chose, Cil-Thëa... Il ne faut pas qu'Holimion se vide. Ne revivons pas des atrocités qui n'auraient déjà pas du devenir des souvenirs..."

L'Intendante s'arrêta à mi chemin et ferma les yeux pour ravaler l'horreur et la boule qui se formait dans sa gorge. Elle reprit lentement et péniblement sa route, hanté par les images et la nausée. Mais elle n'en montrerait rien, pas devant lui, pas maintenant... Elle entendit sa voix s'élevé à nouveau derrière elle comme elle remettait son gant d'acier.

"Cil-Thëa!... Merci..."

Elle ressentit la haine revenir. La colère la réchauffa comme un alcool fort et balaya tout autre sensation ou sentiment. Elle se retourna, froide comme la glace et le regard brûlant comme un brasier vers Timérion, le haï, l’abhorré. Et elle lui lança un venimeux commentaire en guise d'adieu.

"Ce n'est pas pour toi que je le fait, Adantar. C'est pour elle. Parce que ma haine des drow et mon amour de l'Oeuvre sont supérieurs à la haine que je te porte."

Et sur ces mots, elle s'en fut. La tâche serait ardue, mais elle ne doutait pas d'y arriver. Et le silence enveloppa de nouveau la clairière...
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