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 Prise de fonction | Libre

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Anorn
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MessageSujet: Prise de fonction | Libre   Sam 27 Fév 2016 - 14:58


Palais d'Alëandir
Cinquième ennéade de Verimios
De la huitième année du onzième cycle.

Finalement, ils avaient investi les quartiers du palais d'Alëandir. Ils n'occupaient plus ce petit appartement qu'il avait lourdement demandé en arrivant à la capitale. Il avait fait le grand pas, et avait amené Aldartha au sein de l'un des établissements les plus connus d'Anaëh. La chose n'était pas pour le ravir, et ils s'étaient déplacés de nuit, l'archimage plus tendu que jamais durant le trajet. Le fait qu'il soit désormais au sein de ces murs était pour lui une source d'angoisse constante. Il ne connaissait pas le personnel, et vivait avec la peur qu'on ne découvre un jour ce qu'il voulait cacher à tout prix. Il ne lui rendait presque plus visite, et si la situation durait trop longtemps, il savait pertinemment qu'il finirait par devenir paranoïaque. Ne l'était-il pas déjà un peu ? Certainement. Mais il s'agissait de son frère, de son jumeau. Et il était hors de question que son existence devienne de notoriété publique. Heureusement, il n'avait pas le temps de se focaliser entièrement sur ce sujet, on l'avait déjà accaparé, et son post lui demandait bien des choses. De rattraper ce qui n'avait pas été fait, en premier lieu, ce qui avait manqué pendant tant de temps. Il avait beaucoup à signer, à examiner, à recommander. Ses journées étaient devenues plus remplies que de raison, et il devenait compliqué pour lui de satisfaire toutes les demandes. Il avait certes priorisé, listé consciencieusement les demandes et les requêtes, par ordre d'importance, à défaut de pouvoir les classer par ordre de priorité. Il retrouvait des lettres qui datait de la disparition de Dyarque, concernant certains plans de développement, d'agrandissement, ou de réorganisation. Celles-ci pouvaient attendre, surtout lorsque d'autres choses, concernant notamment le front ou Eraïson, requéraient son attention.

On l'avait briefé, ensevelit sous la masse d'informations, et d'avis plus personnels les uns que les autres. On l'avait suivi, partout où il allait, accompagnant chacun de ses mouvements, chacune de ses actions. Les anciens conseillers, ceux qui avaient tenus la cité lors de l'absence de réelle autorité, lui tournaient autour constamment, lui laissant à peine le temps de respirer. Pendant une ennéade, voire deux peut-être, il avait supporté sans rien dire. Jusqu'à ce qu'il finisse par froidement leur recommander de ne plus l'étouffer autant, sans quoi certaines capacités chères à leur cœur pourraient venir à leur manquer. Certains avaient protesté haut et fort, clamant qu'il n'était pas là une manière de s'adresser à ses paires, qu'ils méritaient plus de respect, et de considération que cela, qu'il devrait les remercier pour le travail qu'ils avaient fournis auparavant, pas les congédier si brutalement.

 - Je reconnais la valeur de votre travail, et j'en suis reconnaissant, cela va de soi. Cependant, vous devez comprendre que j'ai aujourd'hui besoin de faire le mien. Alors comme vous n'avez pas l'air de comprendre à quel point vous pouvez être envahissants, je me devais de vous l'exprimer clairement, avec des mots simples que vous comprendriez sans aucun doute. Ai-je été clair ?

Certainement, puisqu'à partir de cet instant, la salle se vida pour ne laisser que le silence à ses côtés. Un long soupir s'échappa des lèvres d'Anorn, et il en profita pour s'étirer copieusement. La journée passa à une vitesse folle, et il se retrouva rapidement entre ses draps, dans un état de semi sommeil. Arwain lui racontait sa journée en détails, lui décrivant scrupuleusement chaque personne avec qui elle s'était entretenue, finissant par le réprimander gentiment sur la manière dont il avait demandé de l'espace.

 - Tu n'es plus Seigneur Protecteur Anorn, tu sais. Tu ne peux pas te comporter comme ça devant tout le monde, même si on t'agace fortement. Je comprends que trop de présences puissent t'étouffer, mais ce n'est pas en congédiant tout tes conseillers de la sorte que tu qu'on t'appréciera, je sais que tu peux faire bien mieux que cela !
 - Arwain, j'apprécie ton souci de mon image, mais l'essentiel, actuellement, c'est que le travail soit fait. Le reste... je verrai plus tard, marmonna-t-il en réponse, se retournant vivement dans le lit.

Un sourire qu'il ne put voir se dessina sur le visage de sa femme, et cette dernière finit par le rejoindre rapidement. Déposant un baiser sur la joue de son mari qui s'était depuis endormi, elle se blottit contre lui et se laissa aller à une nuit qu'elle souhaita remplie de songes.

***

Les heures qui suivirent son réveil furent des plus délicieuses qu'il soit. Il savait devoir reprendre rapidement le post qu'on lui avait attribué, mais pour autant, il s'était accordé un certain temps pour lui même. Pour se ressourcer, éviter tout débordement, comme celui qui avait pu arriver la veille. Il devait reprendre une certaine distance, une certaine clarté d'esprit. Il n'arrivait plus à penser correctement depuis que les conseillers l'enfouissaient encore et encore sous des demandes incessantes qu'il ne pouvait satisfaire entièrement. De se retrouver ainsi seul, dans ses appartements, aux côtés de sa femme uniquement, était une bonne chose. Il aurait bien été rendre visite à Aldartha, mais ici, à Alëandir, il n'osait pas emprunter ce chemin si ce n'était la nuit. Il était sans cesse sur ses gardes, et même s'il était plus détendu depuis que l'équipe qu'il avait constitué au fil des ans avait quitté la Quatrième Saison pour s'installer ici, il restait inquiet. Si son frère venait à souffrir, il ne saurait comment il réagirait. S'il arriverait à s'en sortir ou non. Le bain qu'il avait mandé arriva sur ces pensées, et tandis qu'Arwain remerciait brièvement celui qui s'en était occupé, il vérifia la température de l'eau. Parfaite. Assez chaude pour qu'elle prenne un certain temps à refroidir, mais elle ne leur brûlerait pas la peau. Une fois la porte refermée sur leur intimité, Anorn se déshabilla rapidement avant d'aider son épouse à faire de même. Elle ne venait pas de se lever, ayant du rencontrer quelques personnes déjà, et apprêtée comme elle l'était, elle mettait un temps fou à se dénuder seule.

La faisant d'abord entrer dans l'eau, il s'installa ensuite à son tour, savourant le contact de l'onde sur sa peau. Fermant les yeux, la tête reposant sur le rebord du bac, il laissa un long soupir s'échapper de ses lèvres. Il avait terriblement besoin de ces instants de pure détente, et malheureusement trop peu de temps pour se les accorder souvent. Arwain attrapa rapidement le savon, pour entreprendre de se laver soigneusement, avant d'en faire de même pour son époux. Elle savait pertinemment qu'il n'avait pas réellement envie de bouger, d'avoir à s'occuper physiquement de lui, parce qu'il voulait se détendre. Elle comprenait parfaitement cela, et tandis qu'elle nettoyait doucement chaque parcelle du corps d'Anorn, elle se mit à fredonner un air qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps. Une chanson qu'ils avaient l'habitude de chanter avec Aldartha, au tout début, lorsqu'ils venaient à peine de se rencontrer. Il suffisait que l'un d'eux entame l'air pour que les deux autres suivent instantanément. Ce que fit rapidement l'archimage. Sa voix se joignit à la sienne, et s'il manquait tout de même celle de son jumeau, ils allèrent jusqu'au bout.

 - Il me manque tu sais. Il me manque cruellement. A chaque instant de ma vie. J'ai l'impression que jamais plus je ne serai entier.
 - Il me manque à moi aussi. Pas comme à toi, je le sais. Mais je l'appréciais beaucoup, et qu'il ne soit plus réellement lui même... Je ne peux qu'imaginer ce que tu ressens, mais je le vois. Je le vois que tu n'es plus comme avant.
 - Je suis désolé Arwain, je n'arrive pas à faire semblant avec toi. Je n'en ai pas envie, tout simplement. Je ne crois pas qu'il soit bon de le blâmer pour ce que je suis devenu. Mais disons que j'essaye de vivre pour lui et...
 - Et tu ne pourras jamais parce que tu n'es pas lui. Tu es toi, et seulement toi. Si tu ne vis pas pour toi Anorn, personne ne le fera.
 - Il l'aurait fait, pour moi. Il l'aurait fait si j'avais été anéanti par le départ trop soudain de notre sœur. Il aurait été fort, il aurait été là. Il m'aurait soutenu, porté à bout de bras.
 - Je sais bien Anorn, je sais bien.

Il était rare qu'il lui parle ainsi d'Aldartha, mais lorsqu'il le faisait, c'était entièrement. Sans omettre une seule chose, un seul détail. Elle avait toujours les mots pour lui répondre, et de cela, il lui était reconnaissant. Quand elle vint se blottir contre lui, il ne la repoussa pas, au contraire. Il la serra contre lui, comme pour lui demander de ne jamais partir. De ne jamais le laisser. Parce qu'il ne serait plus grand chose sans elle. Maintenant, il le savait.

***

Malgré son envie de rester là éternellement, il dut bientôt sortir de l'eau et retourner à ses occupations. Il y voyait plus clair depuis qu'il avait congédier plutôt brusquement ses conseiller, et quand l'un d'eux vint tout de même le trouver, il le rassura. Il avait toujours besoin d'eux, certes. Seulement il n'en avait pas besoin tout le temps. Il n'avait pas besoin d'une présence constante, d'un entourage étouffant, et d'avertissements qui se contredisaient plus les uns que les autres. Actuellement, y voir clair était quelque chose de primordial, il ne pouvait se permettre de faire une erreur, et cet impératif supplémentaire le tendait plus qu'autre chose. Les papiers qui semblaient ne jamais disparaître s'empilaient un peu plus au fil des heures. Le temps semblait s'être accéléré considérablement, et pour autant, on lui reprochait de ne pas aller assez vite. L'après midi même, il avait organisé une ouverture des portes du palais, pour recevoir ceux qui avaient des requêtes particulières, et surtout, des requêtes urgentes. Il avait encore quelques heures devant lui, mais il stressait tout de même. C'était la première fois qu'on allait le découvrir en temps que régent, la première fois que ses frères auraient un droit de regard sur cette position. Une chose qu'il avait grand mal à aborder sereinement. Alors, comme chaque fois qu'il était dans cet état, après avoir terminé les tâches les plus importantes, il se rendit dans les appartements de son frère. Ici, il bénéficiait d'un espace bien plus grand, et ce n'était pas pour déplaire à Anorn. Il pouvait enfin lui offrir la place qu'il méritait, l'espace dont il aurait eu besoin s'il n'avait pas été dans son état. Parce qu'il espérait toujours le faire revenir. Et s'il y arrivait, il aurait besoin de tout ça. Au moins.

Quand il franchit la porte, Aldartha était toujours dans son lit. Plus grand que l'ancien, il paraissait minuscule sous les draps, et cela lui fit mal au cœur. Doucement, il entreprit de le déplacer, pour l'asseoir dans un fauteuil, face à une fenêtre, dans le petit salon adjacent. Il faisait très beau, et le soleil illuminait délicieusement les rues et les toits de la ville. Du dernier étage du palais, ils avaient une vue imprenable sur cette dernière, et c'était pour ça, entre autre, qu'il lui avait choisit cette chambre. Peut-être que le paysage ferait resurgir certains souvenirs, que des odeurs lui rappelleraient le temps où ils étaient encore heureux, le temps où Glaurielle était encore en vie. Anorn avait dégagé les cheveux des yeux de son frère, l'avait délicatement embrassé sur le front, avant de s'asseoir à côté de lui, sa main toujours au creux des siennes. Son pouce caressait doucement le sien, et les spasmes qu'il ne connaissait que trop bien faisaient trembler sa paumes de temps à autre. Les craintes qu'il finit par lui confier s'apaisèrent au fur et à mesure qu'il lui en parlait. Et quand il franchit de nouveau la porte, laissant son jumeau sous la garde d'un autre, il était plus calme. Vint alors le moment pour lui d'accueillir les requérants. Assis sur le Trône Blanc, légèrement mal à l'aise, il ordonna d'un ton ferme et autoritaire qu'on lui amène le premier de tous. Il n'avait aucune idée de qui franchirait ces portes alors, et la seule et unique chose qui le préoccupait était le fait qu'il soit finalement assis là où tant d'autre Roi le furent été aux aussi.

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Aldartha & Arwain

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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: Prise de fonction | Libre   Mer 2 Mar 2016 - 18:05


Lòmion Ineinior, doyen de l'Académie d'Alëandir


Si le vieux mage sait dès le premier jour que la majorité des Elfes de l’Académie se rétracteront à l’idée de participer à la guerre, c’est parce qu’il n’est pas étranger aux décisions que prendront chacun. Dans une société où grand âge rime avec immense sagesse, le doyen de l’Académie d’Alëandir sait que ses avis pèseront bien souvent plus lourd dans la balance que ceux de l’esprit détenteur même du corps à mouvoir. Dès les premières secondes il a su qu’Anorndellon ne connaîtrait que peu de volontaires, car en sa qualité d’ancien, il n’en autoriserait que peu à plonger dans l’horreur. Être mage, être savant, être sage, cela ne voulait pas dire être dénué de sentiment. Les pensionnaires de l’établissement, étudiants comme instructeurs étaient les premiers désolés de la situation dans laquelle se trouvait leur forêt. Leurs cœurs lancinaient d’autant plus leurs poitrines qu’ils étaient souvent détenteurs de grands pouvoirs, initiés à l’utilisation d’arcanes qui utilisées en conséquence se prouvaient destructrices.

Les plus jeunes et les plus fougueux, qu’on les prévienne de la mort ou pas se jetteraient tête la première dans la gueule du loup. Leurs maîtres les suivraient pour les protéger à tout prix, en tant que seconds pères et mères dignes de ce nom… et ceux des instructeurs dont les élèves n’auraient pas été volontaires auraient risqué de prendre à cœur de protéger leur foyer, emportant dans leur élan des enfants trop attachés à leur professeur pour les laisser s’en aller. Là où il avait promis de les laisser face à leur libre arbitre, l’archimage comptait en réalité faire lui-même le tri parmi les volontaires, et user de son autorité pour que la victoire qui viendrait avec assurance au bout de cette guerre ne se soit pas faite au prix de son ministère.

L’Ancien sourit doucement chaque fois qu’il repense à la passion déployée par ceux qu’il décidait de freiner. On dit des Sylvains qu’ils sont lents, incapables de prendre des décisions, et pourtant il avait fallu de si peu pour que tant de magiciens choisissent de marcher, ne serait-ce que pour un temps sur les voies de la lame et du targe… et encore moins de temps pour convaincre les indécis de rester. Seuls les véritables déterminés avaient eu le privilège, s’il on peut l’appeler ainsi, de l’aval de leur doyen. Seuls ceux dont la voix n’avait jamais hésité malgré les moult mises en gardes et sévères remontrances avais acquis le droit de mettre leur vie en danger. Et à chacun de ceux-là il avait dit au-revoir, comme il l’avait dit en son cœur il y a cinq siècles de cela, lorsque son propre fils est parti découvrir le monde.

Il en restait plus qu’un seulement maintenant avec qui Lòmion devait s’entretenir, l’investigateur de cette épidémie en personne… et nouvellement couronné régent. Homme de vérité, homme d’attentions, le doyen de l’Académie doit à la fois mise en garde et aveux à l’un des anciens élèves de son établissement. C’est non sans une certaine fierté que Lòmion passa les portes que lui ouvrirent les gardes du Trône Blanc. Le port de tête haut, faisant l’effort de tenir droit son corps quelques peu usé par le temps, il marque rien que par sa tenue son respect pour les lieux et pour ses dirigeants. Face à Anorndellon, l’œil aussi pétillant que jamais, l’archimage adresse sa révérence, attendant d’être salué en retour et questionné pour prendre la parole.

- Mes salutations Anorndellon. Il semblerait que ce soit à mon tour de vous porter révérence.

Sans perdre un instant ni le sourire ni son regard avenant, le visage de Lòmion se para pourtant de sévérité.

- Tout d’abord cher Nedi Lûcanni, félicitations pour votre élection. Il semble que vous ayez réussi, et à juste titre, à vous octroyer autant la confiance de vos pairs des sphères politiques que de vos collègues thaumaturges. Je vous l’apprends dès aujourd’hui, les mages qui vous suivront au jour de votre départ seront peu nombreux, et cela je dois vous l’avouer est en grande partie de ma faute. Voyez-vous, la menace des Sombres est insoutenable à bien des Sylvains. Les volontaires des suites à votre discours furent légion, du moins à l’échelle de notre petite communauté. Pour nombre d’entre eux cependant, cela n’aura été qu’une décision prise sur un coup de tête, et nombre d’autres avaient dans l’idée de s’improviser guerriers lorsqu’ils n’étaient qu’à peine mages ; ceux-là je les ai retenus, pour ne vous laisser entouré que des meilleurs et des plus déterminés.

Une lourde respiration vient couper le message.

- Mais parmi ceux-ci sont représentés certains des plus téméraires de nos mages. Je viens ici vous mander de porter une attention de tous les instants à ces enfants. Ils veulent défendre leur mère, ils connaissent la discipline de l’art mais pas celle de l’arme. Veillez à ce que jamais ils ne se retrouvent livrés à eux même et particulièrement le cadet d’entre eux. Un jeune apprenti du nom d’Ülmenhir. Cet enfant est un véritable prodige, et à n’en pas douter comptera plus tard parmi les plus grands de nos illusionnistes dans le futur, mais il est prompt aux excès de zèle et un monstre d’impatience. Sans être canalisé par l’un de ses aînés, il risque de se faire plus de mal lui-même que ne lui en feront les sombres.

Un apprenti prometteur et passionné, dont les pulsions poussaient tant au meilleur qu’au pire… aux yeux de l’archimage cette notion était bien familière… familiale même. Si le sujet de la guerre lui est si sensible, c’est parce qu’il y a en jeu non seulement la vie de ses élèves, collègues et amis ; la vie des citoyens du protectorat d’Ardamir ; le futur de l’Anaëh ; mais aussi et surtout, la vie de la chair de sa chair et du sang de son sang. Etais-ce une pensée raisonnable que celle-là, sûrement pas, mais c’était la pensée d’un père.

- Mon fils lui aussi a décidé de gagner les champs de bataille. Puisse-t-il vous être d’une grande aide. J’ai bien peur cependant que sa maîtrise ne le pousse à tenter de soulever plus que ne peuvent supporter ses épaules. Je vous prie de m’en excuser car je sais cela être une requête égoïste, mais en tant que père, je ne puis rester sans vous  demander en plus des travaux qui vous incombent déjà de ne serait-ce que l’avoir au coin de l’œil.

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Anorn
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MessageSujet: Re: Prise de fonction | Libre   Lun 7 Mar 2016 - 14:25


Lòmion Ineinior. Le doyen de l'Académie. C'était lui qui se présentait là, devant le nouveau régent. De trois cent ans son aîné, Anorn avait pour lui un profond respect. Il admirait sa joie de vivre intarissable, et son optimisme que rien ne semblait pouvoir entacher. S'il était surpris de le voir là aujourd'hui, il comprit rapidement de quoi il retournait. Il lui avait déjà fait comprendre qu'il n'approuvait aucunement son intention d'emmener des mages au front, et il allait sans aucun doute recommencer aujourd'hui. D'abord, il lui demanda de choisir, de sélectionner parmi les volontaires ceux qui partiraient ou non. A ses dires, il l'avait déjà fait. S'il n'aimait pas particulièrement cela, parce qu'il lui avait certifié ne pas intervenir là dedans, Anorn ne put que l'écouter. S'il avait retenu ceux qu'il ne pensait pas apte à l'accompagner, il était trop tard pour protester. Et ils pourraient en discuter des heures, leur vision ne s'accordant pas, ils ne tomberaient jamais d'accord. Si cela l'ennuyait un peu, il n'en montra cependant rien, et écouta attentivement ce que le doyen avait à lui dire. Lorsqu'il en eut fini, il prit son temps pour lui répondre. Avec cet homme, il savait devoir choisir attentivement ses mots. Parce qu'ils n'avaient pas le même avis sur le sujet, et parce qu'ils étaient fondamentalement différents. Aldartha aurait été plus à même de discuter avec lui, c'était une certitude. Et c'était dans ces moments qu'il lui manquait le plus. Dans ces moment ou Anorn s'avouait faible, si ce n'était vaincu. Dans ces moments où les capacités qu'avait son frère lui manquaient cruellement, où il savait ne pouvoir faire aussi bien qu'il l'aurait pu.

 - Iaur Lòmion, je ne m'attendais pas à votre visite. Je pensais avoir été assez clair lors de notre dernière entrevue, mais je comprends parfaitement vos inquiétudes. Il est évident que vos élèves vous préoccupent, que leur bien être, si ce n'est leur vie, vous importe. Vous me l'avez fait savoir assez clairement. Et votre visite le prouve encore une fois. Si toute fois j'en doutais encore, je sais aujourd'hui que vous les considérez comme vous enfants. C'est là une chose tout à fait louable. J'entends bien que vos élèves ne connaissent rien au combat. Les mages ne sont pas, pour la plupart, des guerriers dans l'âme. Je ne suis moi même que très peu connaisseur en la matière. Ceux que j'emmènerai avec moi, j'en serai responsable. Je veillerai sur eux comme je veille sur n'importe quel autre enfant de Kÿria. Vous savez combien mes frères et mes sœurs sont importants à mes yeux, je n'ai pas besoin de vous le rappeler. Je vous prie donc de croire à ma sincérité lorsque je vous affirme que je ferai de mon mieux pour leur épargner ce qui peut l'être. D'après vos dires, Ülmenhir sera donc l'une de mes préoccupations principale, je ferai attention à ce qu'il ne soit pas livré à lui même. S'il le faut, je le prendrai à part pour lui expliquer plus concrètement les choses. Et bien évidemment, il sera sous la responsabilité d'un supérieur. J'ose espérer que cela suffise à ne pas le perdre.

Il savait que certains d'entre eux ne rentreraient pas à la capitale. Que certains ne reverraient jamais leur famille, qu'ils ne seraient plus jamais rien d'autre que les héros d'Anaëh. Mais les Anëdhels avaient besoin d'eux. Parce que des mages étaient nécessaires à leur défense, ils étaient primordiaux dans un affrontement. Et si l'Académie était loin d'être une école qui formait des combattants, elle était l'une des seule, et sans aucun doute la plus grande, qui formait des mages. Ils en avaient besoin, mais ça, Lòmion ne le voyait pas forcément. Il voulait faire perdurer le savoir, et l'enseignement. Grand bien lui en fasse. Seulement lorsque la plupart de leurs frères auraient péri sous la lame des sombres, qui resterait-il pour transmettre cela ? La connaissance était certes essentielle. Mais les enfants de la Mère l'étaient plus encore. Il fallait voir plus grand, plus large. Les murs de l'Acdémie n'étaient pas le monde, les frontières de la capitale ne définissaient en rien la totalité de la Prime Forêt. Si là n'était pas le rôle du doyen, c'était le sien. Défendre son peuple, et faire en sorte de concilier les attentes et les besoins de chacun. Ce n'était certes pas une mince affaire, mais il allait y arriver. La discussion prit alors un tournant qu'il n'attendait pas.

 - Estiam Faerin. Oui, j'ai eu l'occasion de discuter brièvement avec lui, il y a de cela quelques ennéades. Je ne connais pas bien son caractère, mais je vous fait confiance quant à la possibilité qu'il puisse porter plus que ce dont il est capable. Nous avons tous des requêtes plus ou moins égoïste, et si je ne peux prétendre comprendre le lien qui unit un père à son fils, je le garderai tout de même à l'oeil. Je ne peux vous promettre que ce sera le cas lors de la reprise d'Eraïson, parce qu'il fera sans doute partie d'un contingent d'attaquants, alors que je serai dans les dispensaires. Mais je peux vous promettre une chose, Lòmion, c'est que je vous le ramènerai vivant. Je ferai ce qui est en possible pour honorer cette parole, et s'il venait à lui arriver malheur, quelque chose que je ne pourrais fixer par moi même, je porterai le poids de cette responsabilité pour le reste de mes jours.  

A cet instant, Anorn pria Kÿria pour qu'Estiam reste en vie. Pour qu'il ne se tue pas à la tache, et pour qu'il revienne d'Eraïson en un seul morceau. Il était risqué pour lui de faire une telle promesse, mais il se devait de rassurer le doyen. Parce qu'il n'avait pas besoin de lui pour lui retirer encore les mages. Parce qu'il n'avait pas besoin qu'il retienne plus d'élèves qu'il ne l'avait déjà fait. Et parce qu'après tout, il s'agissait de l'avenir de son peuple. La politique était un art bien compliqué, qu'il se devait de manier avec la plus grande prudence.

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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: Prise de fonction | Libre   Mer 9 Mar 2016 - 23:28



Un sourire sans conviction vient peindre la face du Doyen du Chapitre Blanc. Les avis divergent et les opinions s’entrechoquent, mais le nouveau régent et lui n’étaient en fin de compte pas si différents. Les deux Elfes faisaient tous deux ce qu’ils pensaient être le mieux pour leurs contrées, pour leurs frères, leurs sœurs, amis et enfants. S’il pouvait sembler d’un conservatisme extrême aux yeux d’Anorndellon, c’est sans aucun regret que Lòmion avait rappelé à lui la grande majorité des volontaires. Non pas qu’il considère la présence de mage n’être que de maigre utilité auprès des forces armée, mais parce qu’il considérait la présence de ces mages comme n’était pas d’une grande aide. Ces mages n’avaient ni l’entraînement ni l’esprit nécessaires pour survivre aux combats. C’est dans l’intérêt de ceux qui risqueraient leur vie sur le front qu’il avait retenu des magiciens qui se seraient prouvé un poids plutôt qu’une aide.

Même les plus aptes et les plus talentueux d’entre ses pairs il aurait voulu pouvoir se payer le luxe de retenir, mais vérité est que le Doyen se voyait forcé de reconnaître la nécessité de la magie sur le champ de bataille… et ce depuis bien trop longtemps pour continuer à feindre l’ignorance. Une grande promesse, pleine d’espoirs mais sans réelle conviction, la promesse faite à un père que la guerre ne prendra pas son fils, qui vient prouver que son passé cycle d’âge n’a pas encore entièrement dilué la témérité de l’archimage de vie.

Savoir se réserver quand il le faut. Savoir être téméraire quand la situation l’exige. C’étaient les capacités d’un véritable leader, et de ces deux prérequis, le doyen faisait tout pour oublier le second. Caranthir avant lui avait su gérer cet équilibre avec brio. Il était un mage de guerre autant qu’un professeur des écoles après tout. Son expérience l’autorisait à savamment jongler entre sécurité et danger, pour finalement ne jamais se retrouver qu’au plus bas de la prise de risque. Cela, l’homme d’intérieur qu’était Lòmion ne pouvait pas se vanter d’en être capable ; mais en ces temps de guerre qui risquent bien de s’allonger sur les siècles à venir, il se devait à son tour de prendre de fermes décisions. Les situations aussi précaires que celle qu’ils connaissaient actuellement ne seraient plus une option par l’avenir.

« Je vous en remercie sincèrement. J'ai vu mon fils survivre à ses quêtes inconsidérées pendant de longs siècles, je ne peux qu'avoir confiance en son devenir vous sachant à ses côtés. »

Une pause est marquée, préméditant de l’importance des mots à venir.

« En vérité je vous le dit Anorndellon, si j’éprouve tant de difficultés à voir nos camarades thaumaturges prendre part aux affrontements, ce n’est pas parce que je pense leur absence dans les corps armés être préférable à notre… ou même à leur sécurité ; mais parce je ne suis pas un guerrier, et qu’avec le départ de Caranthir, sous ma direction, le Chapitre Blanc déjà autrefois peu porté sur les qualités combattantes de l’art aura presque fini par abandonner ces pratiques. Je le reconnais face à vous, cela ne fût que la conséquence d’un manquement à mes responsabilités et une erreur qu’il tient à moi de corriger. Loin de moi, et vous êtes le premier à le savoir, l’idée de faire de nos étudiants des armes de guerre… mais par peur de briser leur libre arbitre j’ai commis l’excès inverse. Certains de nos mages sont forgés du même bois que l’élite de nos soldats, et par mon organisation c’est eux que j’ai brimé, et en écrasant leur vaillance j’ai privé la forêt d’autant d’Anedhels dont la vocation est de la protéger. »

Une grande décision en réponse à une grande promesse, Lòmion annonçait là un changement qui ne se ferait pas en un jour, ni même en une décennie… mais qu’il semblait judicieux d’entamer.

« Il est temps que j’arrête de couver des enfants pluri centenaires. Avec votre soutien je l’espère, je compte offrir à ceux de l’Académie qui le souhaitent d’apprendre à devenir les défenseurs de notre sagesse d’une manière plus… active. »

Comment ? Avec quel enseignant ? Lòmion n’en savait rien. Etais-ce réellement nécessaire ? Etais-ce une bonne idée ? N’étais-ce pas faire de leur institution le camp militaire qu’il avait essayé par-dessus tout de ne pas être ? Il ne savait pas vraiment quoi en penser, sinon que ses élèves eux-mêmes semblaient par leurs attitudes le demander. Le visage de l’archimage semble à lui seul se contredire, reflet des paradoxes s’enchevêtrant dans son cœur.

Une pensée et une seule tirait son épingle du jeu : C’est probablement ce que Caranthir aurait fait.

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Anorn
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MessageSujet: Re: Prise de fonction | Libre   Sam 12 Mar 2016 - 22:27


L'importance qu'il lui donna quand il le remercia le surprit. Certes il connaissait sa valeur, mais il n'avait aucune idée de celle que lui accordait le Doyen de l'Académie. Il ne s'agissait pas là d'une question de politique, de stratégie et simplement de connaissances. Il s'agissait de la vie de son fils, d'assurer la survie de son sang et de sa lignée. Et de lui dire qu'il était rassuré qu'il soit à ses côtés, pas en tant que Régent, pas en tant qu'Archimage, mais bel et bien en tant que personne, était quelque chose de tout à fait inattendue. N'ayant cependant rien à répondre, il le laissa continuer sur sa lancée, écoutant attentivement ce qu'il avait encore à lui dire. Peut-être allait-il essayer une fois encore de le dissuader, de lui faire ouvrir les yeux sur l'importance de garder les mages au sein de l'Académie. Au sein des murs protecteurs d'Alëandir, ceux là même qui ne tomberaient jamais. Seulement il n'avait pas les yeux fermés. Ce n'était pas lui qui ne comprenait pas, pas lui qui ne savait pas. C'était le Doyen, depuis le début, qui se raccrochait encore et encore à une vision désuète de la chose. Si Caranthir n'avait pas été là lors de la bataille du lac d'Uraal, aurait-on gagné cette dernière ? Ou plutôt, aurait-on réussi à repousser les sombres hors de la Prime Forêt ? S'il avait encore pour lui cet argument, il rechignait à l'utiliser, parce qu'il savait combien l'évocation de ce nom était douloureux. Tant pour Anorn que pour Lòmion. Et il s'agissait de bien plus qu'une simple altercation, où tout moyen était bon pour l'emporter sur l'autre. Le régent avait pour but de aire évoluer le système, de faire avancer leur peuple, et de le rendre plus fort, plus unis, plus performant. Imposer par la force cette nécessité d'avoir des mages au front n'était pas quelque chose de viable, qui pourrait perdurer. Alors, il entendit ce qu'il ne pensait jamais entendre. Lòmion reconnaissait son erreur, il reconnaissait le fait que le Chapitre Blanc ait pu s'enfoncer dans une politique conservationniste, qui entravait considérablement l'avancée du peuple.

 - Iaur Lòmion, vous me voyez là agréablement surpris. Je vous avoue que je ne pensais absolument pas entendre de tels mots en me levant ce matin, et c'est avec une joie immense que j'accueille cette nouvelle. Il est évident que le Chapitre Blanc pourra compter sur moi pour vous aider dans votre démarche, vous avez mon total soutien. Je suis heureux de constater que l'Académie évolue enfin, qu'elle est capable de changer pour le mieux, et de constater qu'elle se met entièrement au service du savoir, et de la transmission des connaissances. L'Art guerrier est une branche que nous ne pouvons évincer, et vous le savez tout aussi bien que moi. Tôt ou tard, les élèves s'y penchent, et il me semble bien mieux qu'ils le fassent sous le couvert d'une institution.

Il se souvenait très bien de l'instant où il avait réalisé que la magie de la vie n'était uniquement faite pour soigner, pour réparer, pour apporter le bien. Qu'elle avait aussi cet autre aspect, plus sombre, et peut-être plus complexe, qui pouvait amener la souffrance et la destruction. Il aurait été bien mieux pour lui d'avoir quelqu'un pour le guider dans cette voie, mais il avait du apprendre, pour la plupart des choses, de lui même, fouillant dans les grimoires, les parchemins et écoutant les histoires de ceux que personne n'écoutaient vraiment. Il avait trouvé cela dommage, parce que ce côté avait quelque chose de dangereux, qui pouvait vite devenir incontrôlable et causer des dégâts irréversibles. Peut-être que la possibilité de lui donner une certaine importance, une certaine utilité, lui plaisait, personnellement. La magie de la vie avait cette dualité particulière que n'avait pas les autres voies, et s'il s'en était plutôt bien accommodé, il savait que ce n'était pas le cas de tous. Décroisant les jambes pour s'enfoncer un peu plus dans son siège, les mains croisées sur son bas ventre, les coudes sur les accoudoirs, il savait trahir une certaine impatience. Mais elle était appropriée, et il savait que Lòmion devait voir cela. Parce que c'était là une bonne nouvelle, réellement. Et s'il semblait douter, il devait le rassurer. Il n'y avait évidemment pas que cela, puisque depuis qu'il avait entendu ses mots, il n'avait qu'une hâte, rejoindre Aldartha. Le rejoindre pour lui expliquer, pour lui annoncer la bonne nouvelle, lui dire ce qui était entrain de se passer. Evidemment, il allait devoir attendre.

 - Pour ce qui est de l'organisation, je sais que cela mettra du temps à se mettre en place. Trouver les enseignants, les programmes, les structures, ça ne se fera pas en un jour. Vous allez avoir un travail conséquent à fournir. Une organisation entière à repenser. Mais vous ne serez pas seul. Sans parler du Chapitre Blanc, je suis certain que beaucoup d'elfes seront volontaires pour effectuer ce changements avec vous, pour vous accompagner plus ou moins dans cette évolution. Il va de soi que je serai le premier. Je m'arrangerai pour vous aider au mieux, pour vous apporter tout le soutien nécessaire, qu'il soit matériel ou moral. Mais vous y arriverez. Je le sais. Tout comme je sais qu'il s'agit là d'une décision courageuse, et d'une décision juste. Elle servira le bien de notre peuple, et c'est ce qui compte, non ?

C'était tout ce qui comptait pour lui. Le bien de son peuple. Rien n'était plus important. Pas en tant que régent. Aujourd'hui, c'était en tant que tel qu'il parlait. En tant que tel qu'il prenait des décisions.

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MessageSujet: Re: Prise de fonction | Libre   Mar 22 Mar 2016 - 21:53


« L'Art guerrier est une branche que nous ne pouvons évincer, et vous le savez tout aussi bien que moi. Tôt ou tard, les élèves s'y penchent, et il me semble bien mieux qu'ils le fassent sous le couvert d'une institution. »

Criant de sens au point d’en avoir longtemps assourdi le vieux mage. Se serait-il retrouvé en conditions moins solennelles qu’il aurait probablement ri à gorge déployée. Plus d’un siècle et demi d’existence et il arrivait encore à se dissimuler ce genre de vérités. Un siècle et demi de conditionnement, en voilà le résultat. Il avait fait partie autrefois de ces jeunes elfes n’ayant jamais ressenti l’appel de la violence. L’idée que sa magie puisse blesser ne lui serait jamais venue si personne n’était venu la lui susurrer et c’est à sa propre image qu’il avait fait l’organisation des enseignements du Chapitre Blanc. Il s’en rappelle pourtant comme si cela eut été hier. Les élémentalistes débutants se défiant à qui aurait le plus de précision sur leurs jetés de crocs glacés ou de lames d’air, les guérisseurs se posant des questions sur la légitimité du travail inverse à celui qu’on leur apprenait et les illusionnistes rêvassant à l’idée de forcer les crânes de ceux qui refuseraient de leur partager un secret. La majorité l’avait eu, à un point dans leur vie, cette vague de folie adolescente, cette envie d’être plus fort que les autres. Le contexte guerrier actuel ne faisait que rediriger cet instinct vers des envies plus patriotiques, mais aussi plus sanguines, car la violence qu’elles renfermaient était en ces conditions justifiées.
Ne jamais laisser s’exprimer cette part de l’être, c’était à la fois risquer de s’y enfermer ou d’ignorer une partie de soi. Se retrouver hanté par des questions existentielles auxquelles on ne pouvait plus trouver réponse… mais cela le doyen s’en était heureusement rendu compte il y a bien longtemps. Il fallait maintenant cependant qu’il arrête de minimiser et accorde sa véritable valeur à la magie de guerre.

- Beaucoup d’elfes seront volontaires, j’en suis moi aussi convaincu. Combien seront qualifiés à mener cette tâche, là réside la véritable question… et une raison de plus pour que les combattants du Chapitre Blanc nous reviennent.

Le mage prend une pause avant de confier, souriant tendrement, comme au premier jour à l’elfe qu’il a connu si jeune, et qu’il voyait aujourd’hui tellement grandi.

- Vous devez savoir aujourd’hui que l’âge vous a rattrapé à quel point il est difficile de se défaire des vieilles habitudes. Je ne puis promettre de ne pas m’effrayer de la fougue de nos générations candides. Je sais déjà comment il me sera ardu de ne pas m’inquiéter qu’un de ces enfants ait fait le mauvais choix et ne le réalise que trop tard. Mais qui suis-je après tout pour tenter d’effacer les risques qui font de chaque jour de notre longue existence une nouvelle expérience plutôt qu’une éternelle prison ?

L’Archimage s’enquit d’une nouvelle révérence face à son collègue, signe de son imminent départ vers le changement.

- Puis-je espérer avoir l’occasion de vous remercier encore Anorndellon. Kÿria sache vous garder.

Et alors il s’en allait, de retour vers son foyer, avec une nouvelle fois depuis bien longtemps, l’incertitude au ventre.
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MessageSujet: Re: Prise de fonction | Libre   Jeu 24 Mar 2016 - 12:52


Les questions que lui posa le doyen restèrent sans réponse. Non parce qu'il n'en avait pas, mais parce qu'elles n'en appelaient aucune. Des mages qualifiés, il en trouverait. Des elfes motivés, il n'en manquerait pas. Et il était certain qu'ils n'auraient pas besoin de grandes qualifications pour aider au changement. Une grande volonté serait amplement suffisante. La plupart de ceux qui feraient réellement bouger les choses ne seraient sans doute pas les plus qualifiés, mais les plus volontaires. Certes les grands changement ne se feraient pas sans l'aval des plus grands, mais si le Doyen de l'Académie était de leur côté, alors ils n'auraient aucun mal à avancer. Quand il finit par lui sourire, Anorn sentit son cœur se serrer légèrement. La bonne humeur constante de Lòmion lui rappelait parfois l'absence parfois trop oppressante de la sienne. Il voulu lui dire qu'il n'y était pour rien dans les choix de ses élèves, qu'il n'avait aucun contrôle sur eux, et sur ce qu'ils voulaient essayer. Sur le chemin qu'ils emprunteraient, et la voie qu'ils arpenteraient. La curiosité en dévorait certains d'une manière si forte, qu'il paraissait impossible de les arrêter. Impossible de tarir leur soif de savoir. Il était un de ceux là, et il savait qu'à l'époque, lorsqu'il était encore jeune, lorsqu'il n'avait vécu que trois siècles à peine, personne n'aurait pu l'empêcher de continuer sur sa lancée. Si ce n'était Aldartha. Mais le doyen n'avait sans aucun doute eu aucune prise sur lui à cette époque, et au fond de lui, Lòmion le savait sans doute. Il n'y avait là aucune nécessité de le lui rappeler. Et quand il lui fit une dernière révérence, Anorn se leva et fit de même.

 - Nous nous reverrons, Iaur Lòmion, je n'en doute pas un instant. Puisse Kÿria guider vos pas.

Il avait ce mélange de respect et d'admiration envers lui qu'il lui était impensable de ne pas le saluer correctement. Il n'avait aucune raison de penser qu'il lui était supérieur, et se comporter comme tel aurait été un tel manquement à l'étiquette qu'il en aurait été mal. Si la première requête s'était montrée des plus surprenantes, et des plus agréables, celles qui suivirent furent moins enthousiasmantes. Il voyait défiler des elfes, demandant toujours un peu plus, requérant son avis sur des choses qu'il ne connaissait même pas, et lorsque la journée fut enfin fini, ce fut avec un long soupir qu'il quitta la salle du trône. Les voix résonnaient encore à ses oreilles, et particulièrement celle de Lòmion. Changer la direction de l'Académie était une chose qu'il n'imaginait absolument pas. Pour lui, elle était et resterait une institution vouée au savoir et à la transmission des connaissances, mais en aucun cas un endroit où pourrait se développer complètement la magie. Et s'il en était des plus heureux, il restait tout de même assez surpris. Quand il rejoignit Arwain, il ne put garder cela pour lui, et lui retransmis leur échange en détails.

 - C'est une très bonne chose ! Je dois avouer que je n'attendais pas du Doyen un tel revirement de situation, pas après ce que tu m'en avais dit, pas après les courriers du Chapitre Blanc, mais c'est sans aucun doute une bonne chose.
 - Oui, évidemment, je suis juste assez surpris, tu penses que le fait que son fils ait décidé d'aller à Eraïson a quelque chose à voir là dedans ?
 - C'est fort probable. Un enfant peut tout changer, à commencer par nos convictions, et notre vie.
 - Tu as sans doute raison. Je déplore seulement le fait que nous ne puissions en être certains.
 - Il n'est pas trop tard pour cela, tu sais...

Et alors qu'il voulait la prendre dans ses bras, elle attrapa gentiment sa lèvre inférieure entre ses dents, se pressant contre lui. Si la surprise le prit un instant, il se rattrapa tout de même rapidement, et une main dans son dos, tandis que l'autre se posait sur sa joue. Il ne se fit pas prier pour lui rendre son baiser, et bientôt, leur langue entamèrent un doux ballet, qui ne s'interrompit que pour mieux ôter les tissus qui entravaient leur corps. Dans leur fougue, ils basculèrent sur le lit, et Anorn s'arrêta un instant, au dessus de sa femme, pour la contempler. Il pouvait voir briller dans ses yeux tout l'amour qu'elle lui portait, il pouvait sentir sous sa main son cœur battre au rythme du sien, et aucune gêne ne vint empourprer ses joues quand son regard se fit plus insistant. Elle avait une telle confiance en lui que sa poitrine se serra sans qu'il ne puisse rien y faire. Ses cheveux qui accrochaient les derniers rayons du soleil formaient comme une auréole autour de son visage si harmonieux. Ses lèvres, légèrement entrouvertes, étaient d'une douceur infinie, ses oreilles étaient parfaites, et son nez si délicat qu'il relevait l'allure de l'ensemble. Une de ses mains vint se poser sur sa joue, emprunte d'une extrême affection, et l'arracha à sa contemplation. Leurs lèvres se scellèrent alors de nouveau, et ils finirent happés par la douce intimité que confère la nuit.  

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