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 Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Jeu 15 Juin 2017 - 23:15


Elenwënas de la huitième ennéade de Verimios
Neuvième année du Onzième Cycle
Terrains d’entraînement d’Alëandir



Tu souffles bruyamment, moitié ivre du sang pompant à travers tes capillaires. Tu meurs de chaud en plein hiver, les percussions de la pulsation de ton cœur t’arrivent jusqu’aux oreilles et le vent du soir de Karfias rivalise à peine avec ta respiration. Tu termines cette année en force, car tu sens la suivante porteuse de son lot d’épreuve, et tu refuses d’échouer à la moindre d’entre elles.

Tu étais déjà épuisé quelques heures plus tôt, les oreilles tenues basses dans une infructueuse tentative de te débarrasser de l’acouphène que t’infligeait la fatigue intellectuelle. Arrêter de réfléchir serait la bonne solution, penser à autre chose t’en libérerait bien plus efficacement, mais comment t’écarter les déblatérations des mages de l’Académie, comment effacer les transmutation, inconscience éthérée, seuils critiques de faillite et autres résonance des vaisseaux de ton esprit lorsque tu étais si près du but, si près de finalement comprendre où voulait en venir Faernùron, en au même moment si loin d’une véritable réponse à la question dont tu as hérité de lui ?
Tu étais épuisé de réfléchir, épuisé de tenter de changer ton approche de la magie en réaction à tes lectures, épuisé de passer chaque fois si proche des sensations que tu avais connu après votre première victoire sur les Gardiens du Peninor Angol. Tu es épuisé et tu es épuisant, que tes collègues en témoigne, eux qui ont pu voir ton humeur vespérale se dégrader au fur et à mesure de tes progrès et de l’addition des obstacles sur ton parcours scolaire. Et ils ne disaient jamais grand chose, continuaient malgré tout d'aller jusqu'au bout dans leurs explications, te laissant t'éloigner de toi-même lorsque tu pressentais venir tes limites. Devant les autres, pour toi comme pour eux tu gardais contenance, mais chaque fois que les regards de la ville se ferment et que tu peux te permettre de mettre ta fierté de côté, tes traits perdent de leur dureté pour se marquer d’un fol agacement.

Si c’est avec une amusée confiance qu’ils le font aujourd’hui, c’est grandement à cause de cette lueur de démence que les forgerons dont tu visites l’atelier ont accepté, la première fois, de te faire le prêt des deux précieux quintaux de fer avec lesquels tu t’éloignais mort aux bras pour te déchirer les fibres musculaires.

Ton armure en pesait près d’un tiers, alors tu courais avec le sac chargé d’un demi quintal de métal, cherchant à prendre la vitesse de croisière la plus rapide possible, le plus longtemps possible, jusqu’à ce que dos et jambes finissent par t’abandonner. Là généralement était le moment où tu réalisais à quel point ta tunique pouvait être étouffante, et où tu prenais quelques minutes, souvent plus longues que prévu, pour t'en débarrasser, t’évanouir et laisser ta sueur accrocher les quelques brins d’herbes, feuilles et mottes de terre qui le voudraient bien. Ce finalement n’est qu’une fois sorti de ce précaire repos, les muscles encore gorgés de sang et commençant à raidir que tu commencerais ce que tu appelles le véritable travail. Le pas est lent, mais les charges sont lourdes. Les gestes sont mesurés, à la recherche de la délicieuse douleur qui te permet d’oublier les frustrations de la journée.

Habituellement, le moment où terminer de soulever les deux quintaux de masse devenait impossible était celui où tu étais forcé, à la fois par ton corps et par l’arrivée des soldats, de mettre un terme à tes exercices… mais habituellement tu étais du matin. Pour fêter la nouvelle année, et parce que tu t’en sentais un cruel besoin, aujourd’hui tu avais décidé de renouveler ta pratique au soir. Au soir, à la nuit tombante, tu n’aurais pas le souci de gêner, alors le temps de reprendre des forces, et tu pourrais reprendre de plus belle, abandonner les poids pour travailler ton jeu de jambes, faire quelques passes d’armes avec un adversaire invisible.

Le sang cogne tes tympans mais tu refuses d’arrêter. Tes intestins bouillonnent à t’en remplir l’œsophage pour chaque gorgée d’eau que tu te forces à ingurgiter, mais la sensation est trop bonne. Assis par terre, le sang à fleur de peau, les mains massant un à un tes muscles gonflés, la peau frissonnante et maculée des caillots de sel abandonnés par la transpiration qu’a séché le vent d’hiver, tu observes, l’œil hagard. Tu observes, perdu entre deux mondes. Tu observes au point de voir l’autre en continuant de croire que tu es seul.

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Dernière édition par Artiön Sinyàra le Mer 21 Juin 2017 - 20:33, édité 2 fois
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Sam 17 Juin 2017 - 12:33

Fenris était revenu en Alëandir. Revenu à l'endroit qui devrait être son foyer pour les années à venir. Jusqu'à ce qu'il reprenne les missions. Il n'aurait même pas dû escorter Neraën. Le risque qu'il défaille à nouveau était important et pouvait-on seulement dire qu'il avait entamé sa formation à ce moment-là ? Non, pas vraiment. A dire vrai, son arme de prédilection n'était toujours pas définie à l'heure actuelle et il utilisait encore les deux lames qu'il s'était procuré pour remplacer celles de son père. On avait brièvement évoqué le fait qu'il mêle la magie à son style de combat, bien plus qu'il ne le faisait déjà. Après tout, c'était sa particularité et on ne s'attendait pas à voir un guerrier doublé d'un mage. Encore moins pratiquant un domaine aussi peu courant que le sien.
L'idée était en cours d'étude...

Fenris était rentré, certes, mais pas depuis bien longtemps. Juste assez pour avoir pu reprendre les entraînements. Tous les matins, inlassablement. C'était à peu près le seul moment de la journée où il avait l'impression de se sentir bien. Le seul moment où il ne pensait plus à rien d'autre que l'instant présent. Il songeait encore régulièrement à Hiradrilion. Il pensait à lui, à sa compagne et à leur enfant à naître... Orphelin de père avant même de voir le jour. Pourtant, avoir annoncé lui-même la nouvelle à la dame l'avait beaucoup apaisé. Beaucoup de paroles avaient été prononcées pour tenter de le réconforter mais elle seule avait trouvé les mots justes. Peut-être était-ce la seule dont il avait besoin d'entendre la voix car elle était la personne qui souffrait le plus dans toute cette histoire. Elle ne savait certes pas grand chose de la mission qui avait conduit à la mort de son bien aimé mais il n'avait pas caché la charge qui avait été la sienne en temps que plus haut gradé du groupe. Pourtant, elle ne lui tenait pas rancune de ce qui était arrivé. Elle aurait eu toutes les raisons du monde de vouloir trouver un responsable pour déverser sa colère et sa peine sur lui... Mais elle avait eu ces mots si justes... Ces mots qui se résumaient en une simple idée. Une idée selon laquelle le sang d'un innocent avait été versé, mais ce n'était pas lui qui l'avait fait couler.
Il l'avait remerciée. Il était venu lui annoncer la pire des nouvelles et en retour elle l'avait aidé à voir les choses différemment. Certes, la mort d'un homme se trouvant sous ses ordres restait un choc, surtout dans de telles circonstances, mais sa culpabilité diminuait de jour en jour. Il était chaque fois un peu plus convaincu que, même s'il avait sa part de sa responsabilité, tout ceci ne serait pas arrivé par sa faute. Et, comme le faisait Laliëmerel, s'il ne pouvait l'oublier, il ne devait pas s'arrêter de vivre après cette expérience.

A présent, Fenris avait encore besoin d'un peu de temps pour se remettre pleinement. Ses instructeurs gardaient un œil bienveillant sur lui, s'assurant qu'il continuait de remonter la pente sans dégringoler et constatant avec satisfaction qu'il était sur la bonne voie. Les Aigles étaient un corps bien différent des autres. Ces hommes et femmes étaient plus que des frères d'arme les uns pour les autres : c'était une famille à part entière. Chacun s'entraidait, se conseillant et se soutenant les uns les autres. Le jeune Nöldorion avait déjà bénéficié de leurs attentions et connaissait un bon nombre de noms parmi ceux présents à Alëandir. Il avait presque le sentiment d'être à sa place parmi eux.

Ce soir-là, la dernière recrue des Tel'sorni s'était rééquipé pour l'entraînement. Il marchait en direction du terrain extérieur, tenant ses deux lames dans une même main. Il n'avait pas forcément l'intention de les utiliser, elles n'étaient qu'un accessoire dans son projet. S'il devait devenir un guerrier-mage, il fallait qu'il s'entraîne mais son Art ne pouvait se pratiquer en présence de ses camarades. Etant donné son niveau magique, c'était trop dangereux, d'autant qu'il commençait seulement à retrouver suffisamment de sérénité pour se concentrer. S'il devait blesser quelqu'un dans son état psychique actuel, il ne lancerait plus jamais un sort de sa vie...
Arrivant sur le terrain d'entraînement, Fenris s'arrêta. Un homme était là, se massant les muscles, visiblement en sueur. Il vit les poids en métal près de lui et haussa un sourcil. Est-ce qu'il courait vraiment en portant ces choses ? Il y avait peu de doutes. Toutefois, il constatait avec une légère déception que les lieux n'étaient pas aussi vide qu'il l'aurait voulu. L'un comme l'autre voulait probablement profiter de l'heure tardive pour être seul. Il y avait bien assez de place pour que deux personnes puissent s'entraîner sans se côtoyer mais, s'il restait, l'Aigle devrait renoncer à la magie. Ce dernier réfléchit puis se dit que, puisqu'il était là, il pourrait peut-être travailler les quelques passes d'arme qui lui avaient fait défaut le matin-même. En plus de servir son instruction, se dépenser avant d'aller se coucher lui permettrait de trouver plus aisément le sommeil.

Fenris avança de quelques pas afin d'atteindre le râtelier. Il posa l'une de ses lames afin de pouvoir fixer ses fourreaux dans son dos, l'un après l'autre. Lui n'utilisait pas des poids de matériaux bruts mais s'habituait simplement à courir avec ses armes, musclant son dos et ses jambes au passage. Une fois équipé, il commença à étirer ses membres afin de les préparer à l'effort. Après quelques minutes, il se mettrait à courir à son tour en faisant en sorte de ne pas gêner son colocataire de la soirée.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Sam 17 Juin 2017 - 22:14

Quand ton esprit est trop embrumé pour te permettre de correctement retracer l’origine des sons environnants, tu sais que tu as travaillé correctement. Tu es encore capable de reconnaître les tintements, fort désagréables d’ailleurs, des lames qui s’entrechoquent dans le râtelier aux portes de la Cité, c’est que tu peux plus… mais pas dans l’immédiat. Tu te contentes pour l’instant de laisser ton regard obliquer sur ton camarade de session, un sourire à la fois satisfait et hagard plaqué d’un bout à l’autre de ta mâchoire.
Il t’est familier le petit. Ce n’est définitivement ni la première, ni la seconde fois que tu le vois, mais où ? La réflexion est bien plus lente et bien plus éreintante qu’elle ne le devrait. Tu divagues presque, commence à te remémorer d’autres visages à cause d’une anecdote remontée durant la recherche du bon souvenir, tu finis d’ailleurs finalement par te perdre dans les remembrances, jusqu’à ce que le rythme de ses chausses ne vienne te mettre une claque. Son rythme de course, sa position, sa pulsation… comment as-tu bien pu l’oublier si facilement ?
Vous ne vous êtes jamais réellement salués en réalité. Vous vous êtes contentés de vous croiser aux premières lueurs du matin, toi terminant tes exercices, et lui se préparant à entamer les siens. Tu te rappelles avoir souri une fois, en constatant d’un regard perdu en arrière la rigueur qui marquait le moindre de ses pas. Ah les jeunes soldats… tu te rappelles encore avoir été à sa place, à suivre au mieux les conseils de tes maîtres pour bien faire. Un jour viendrait où lui aussi terminerait d’absorber ses enseignement, et s’il a toujours été si assidu, ce serait pour lui certainement plus tôt que tard.

Le jeune Aigle termine son second tour du parcours officieusement tracé à travers la forêt par les piétinements des soldats quand tu te décides finalement à empoigner le sac lesté d’un peu plus du tiers de ton emprunt, et à le rejoindre sur le parcours. Encore engourdi par tes précédents efforts, ton corps te semble aussi léger qu’inconfortable, et c’est d’un pas aguerri mais visiblement marqué par ton état que tu emboîtes le sien. Eventuellement tu finis par te mettre à son niveau, lui adressant une moue flanquée d’une provocante sympathie, avant d’allonger tes foulées et de commencer à creuser la distance entre vous deux. C’est l’affaire de peu de temps avant qu’il ne te rattrape, le rythme de son pas adroitement réadapté pour égaliser vos deux vitesses. À ce rythme tu ne devrais pas pouvoir tenir bien longtemps, pas avec le poids que tu as sur les épaules, et s’il a l’œil sensible au langage corporel il le constatera aisément. Tu le suspectes ne pas plus accélérer car il sait ce rythme lui être confortable à conserver sur de longues durées, quand ce n’est que ton obstination qui te permet de mettre un pas devant l’autre maintenant. Chaque pas tu pries que ce tour soit le dernier, mais tu ne ralentis pas. Lui par contre accélère finalement, et te force sur les dernières dizaines de mettre à lui accorder cette victoire.

Tu t’autorises en le rejoignant à laisser apparaître l’essoufflement que tu intériorises depuis définitivement trop longtemps, lâchant lourdement ton leste avant de le rejoindre, le pas au moins aussi pesant que ta charge.

- Et bien tu inspires profondément, puis expire tout aussi intensément J’aurai durement gagné mes salutations. Tu te redresses tout de même Artiön, de feu Lanthaloran que la forte poigne que tu offres à son épaule ne vienne pas d’un elfe s’appuyant sur lui, mais soit symbole de dignes... et affectueuses, politesses Après vous avoir croisé au matin, je n’aurais pas imaginé vous rencontrer le soir ! Il semblerait que je ne sois pas le seul à chercher à expier mes journées tu le lâches, donnant à ta forte stature encore un peu plus d’ampleur en croisant les bras sous ta poitrine à moins que vous ne soyez juste un bourreau de travail ? C’est qu’on a envie de se sentir prêt pour tout en tant que militaire.


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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Lun 19 Juin 2017 - 12:22


Fenris avait entamé son échauffement comme il le faisait toujours. D'un pas lent mais réguliers, il suivait le sentier tracé entre les arbres tout en imposant déjà à sa respiration le rythme qu'il convenait à sa vitesse actuelle. Il ne prêtait déjà plus attention à l'inconnu qui s'était posé au milieu du terrain, s'attachant à vider son esprit de toute pensée afin de favoriser sa concentration. Mais c'était visiblement sans compter sur son nouveau compagnon...
Entendant des pas derrière lui, l'Aigle tourna la tête et vit la silhouette de l'homme se mouvoir à la limite de son champ de vision. Prêtant l'oreille à sa foulée, il maintint son allure tandis qu'il se faisait lentement rattraper. Lorsqu'il fut presque à sa hauteur, il s'écarta légèrement afin de le laisser passer, pensant qu'il ne faisait que le doubler. Mais il n'en fit rien et resta un bref instant à sa hauteur. L'ex-cavalier tourna la tête pour voir le sourire qui lui était adressé, juste avant que l'inconnu n'accélère à nouveau le pas. Fenris fronça légèrement les sourcils, intrigué. Est-ce qu'il lui suggérait vraiment ce qu'il venait de comprendre ? Au vu des coups d'œil en arrière qui permettait à l'homme de guetter la position de son concurrent, il n'y avait que peu de doute.
Etonnamment, l'Aigle se prit à jouer le jeu. Il accéléra légèrement le rythme, non pas pour le rattraper mais pour atteindre une cadence qui ne tenait plus de l'échauffement mais bien de la course proprement dite. Etant donné la manière dont son adversaire massait ses muscles juste avant et le pas lourd et fatigué qu'il empruntait désormais, il savait qu'il l'aurait à l'usure et non pas à la vitesse. Il s'évertua donc à simplement conserver une distance respectable entre eux jusqu'à ce qu'il sente l'homme commencer à flancher. Une poussée d'accélération suffit alors pour le rejoindre puis le dépasser. Fenris ne poursuivit pas longtemps la course, sachant pertinemment que l'état de son partenaire ne le permettrait pas. Ainsi, après quelques tours de terrain, il était déclaré vainqueur et s'arrêta.

Les poids rencontrant le sol produisirent un bruit sourd et métallique qui attira le regard du jeune homme. Lui aussi était essoufflé mais bien moins que son compétiteur qui peinait à terminer sa phrase.

-Et bien... J'aurai durement gagné mes salutations.

Fenris répondit tout d'abord par un rire avant d'y joindre la parole.

-Il n'était pas nécessaire d'en arriver à de telles extrémités. Je ne voulais tout simplement pas vous déranger.

Le sourire amusé et un brin moqueur de l'Aigle se transforma en un simple sourire de politesse à l'écoute du nom de l'homme. Il n'était pas sans connaître le grade qui l'accompagnait et connaissait également le prénom de sa future épouse. Tous deux étaient en quelque sorte liés par l'intermédiaire de deux Yasairava. Cependant, Fenris n'était encore officiellement qu'un ami proche de la Protectrice. Après tout, son "beau-père" n'avait pas encore été informé de la relation dont il ne faisait qu'espérer ou supposer l'existence. Fenris fut assez surpris que la poigne qui enserra son épaule mais n'en montra rien. Il ne pouvait en revanche se permettre de lui rendre la pareille. Il était Aigle, certes, mais son grade ne valait pas celui du Commandant. Il adressa donc un signe de tête respectueux, souriant toujours amicalement tandis que sa respiration revenait déjà à la normale.

-Fenris, la lignée des Nöldorion.
-Après vous avoir croisé au matin, je n’aurais pas imaginé vous rencontrer le soir ! Il semblerait que je ne sois pas le seul à chercher à expier mes journées... à moins que vous soyez un bourreau de travail ? C'est qu'on a envie de se sentir prêt pour tout en tant que militaire.

L'Aigle lui sourit. On ne choisissait pas une telle carrière sans avoir un certain esprit de compétition et de rigueur. Et on ne pouvait espérer intégrer un corps d'armée comme le sien en éprouvant des difficultés. Alors, entre un désir de parfaire ses compétences, un besoin de décompresser et un retard à rattraper, l'officier avait d'ores et déjà supprimé l'une des trois possibilités. Mais cela ne répondait pas totalement à la raison de sa présence à un tel moment de la journée.

-Un peu les deux, Commandant. Mais j'avoue que j'espérais aussi pouvoir profiter du terrain vide pour réaliser un entraînement que je ne peux faire que seul. Mais, en votre présence et tant qu'à être équipé, je me préparais plutôt à refaire certains exercices de la matinée.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Lun 19 Juin 2017 - 17:08

Il était toujours amusant d’observer le changement dans l’attitude de tes convives, jeunes soldats en particulier, à la mention de ton nom. À cause de la légèreté avec laquelle tu tendais à les approcher, ceux qui ne connaissaient pas ton visage prenaient rapidement leurs aises, et acceptaient généralement sans broncher ton contact très franc. Une fois ta condition de Commandant des Armées de ton Protectorat dévoilée, ils devenaient plus enclins à la méfiance et à la retenue, exactement comme Fenris ; à la différence près que la chose semblait chez lui beaucoup moins forcée qu’elle ne l’était chez la majorité. En digne descendant des Nöldorion après tout, il devait avoir été formé au respect de strictes convenances.

La commissure gauche de tes lèvres se soulève en réponse au sourire de l’officier. S’il était ne serait-ce que moitié aussi protocolaire que le laissait penser le naturel avec lequel il avait corrigé son attitude, ce sourire en disait beaucoup. Au moins autant que l’explication qui y fit suite. Tes mains vinrent se poser contre tes hanches et ton regard se porta vers le sol, laissant tout loisir à tes épaules et à ta poitrine de tressaillir, en conséquence au pouffement que tu retins lorsqu’il évoqua la nécessité de la solitude pour son entraînement. Visage toujours vers le sol, ta langue claque et ta tête balance en témoignage de ta réticence devant cette déclaration.

- Fenris… tu lâches dans un soupir, t’écartant en même temps que tu parles pour aller récupérer ta tunique lâchée dans l’herbe à quelques pas de là S’il y a bien une chose que l’expérience m’a apprise, ta phrase se coupe alors que tu te sers nonchalamment du vêtement pour t’éponger de manière rudimentaire visage c’est qu’il n’y a absolument aucun exercice que tu fais seul et torse qui ne serait pas plus efficace en binôme.

Tu t’éloignes à nouveau, en direction des portes de la Cité cette fois.

- Accorde-moi juste un petit instant.

Du râtelier tu tires ton sceptre et son fourreau, plus soulagé encore d’être réuni à ton focaliseur que tu ne l’as été que ta course infernale avec le jeune Aigle ne se termine, et tu te diriges à nouveau vers ton camarade d’entraînement. Tu connais trop bien les raisons qui forcent les recrues, surtout celles ayant terminé d’assimiler les bases et commençant à développer leur expression martiale personnelle, à chercher la solitude. D’abord il y avait l’embarras.
Beaucoup, et tu en as fait partie, ont peur d’être observés alors qu’ils font encore de trop fréquentes erreurs. En tant que protecteurs du peuple en particulier, il est très délicat d’accepter d’être vu par les autres en tant que personne faillible.
Ensuite il y avait l’indiscipline de jeunes recrues entêtées à s’exercer à des mouvements qui leur étaient encore techniquement ou même simplement purement physiquement hors de portée, mais tu doutes fort que l’Aigle fasse partie de ceux-là.
Pour finir, et c’était surtout l’apanage des archers, des mages et des javelines, il y avait ceux qui craignaient que leurs erreurs ne représentent un danger pour qui les accompagnerait. En tant que Mage de Vie, c’est tout particulièrement auprès de ceux-là que tu trouvais ta place, à la fois capable de les conseiller et de pallier aux heurts que provoquaient l’occasionnel accident de parcours.

Le sceptre appuyé horizontalement contre ton dos, les poignets roulés autour de la hampe, tu refais face à Fenris, l’œil braqué dans le sien et l’expression paradoxalement aussi douce qu’intransigeante.

- Donc, il me semble qu’on disait qu’en ma présence et tant qu’à être équipé, tu te préparais à entamer un entraînement particulier c’est bien ça ?

Le cadet des Nöldorion ne semblait toujours pas entièrement convaincu.

- Ne t’inquiète pas pour moi, je te garantis avoir connu bien pire, quel que soit le sens dans lequel tu veuilles le prendre. Et puis tu joues des pectoraux, incorrigible fanfaron que tu es je ne pense pas avoir l’air bien fragile. Si ?

S'il refusait, tu ne t'imposerait pas plus, mais au travers de ton éternelle attitude de fier-à-bras, qui t'écoutait réellement saurait entendre la fermeté qu'il y a dans tes mots. Tu as été formé, tu as été formateur, et tu as entière confiance en ta capacité à épauler l'Aigle quel que soit l'exercice dans lequel il s'engagerait. Qu'on ne s'y détrompe pas, ce n'est pas force de plaisanteries que tu as gagné ton grade, et si tu apprécies une certaine légèreté dans tes rapports à la personne, le simple fait que tu sois encore debout et prêt à l'accompagner dans son entraînement quand chacune de tes fibres musculaires paraissait encore tendue et gorgée de sang suffit à témoigner de ta rigueur et de ta résilience.


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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Ven 23 Juin 2017 - 14:30

Fenris fronça les sourcils et lança un regard de côté interrogateur en direction d'Artiön, se demandant ce qu'il avait bien pu dire de si amusant. Malgré le rire et le tutoiement qu'il avait soudainement adopté en s'adressant à lui, l'Aigle doutait que le Commandant soit du genre moqueur mais la raison de sa réaction lui échappait totalement. Il attendit néanmoins qu'il s'expliquer de lui-même. Il invoqua alors la nécessité de s'entraîner à plusieurs pour pouvoir évoluer. En entraînement normal, il lui aurait donné entièrement raison mais il craignait trop de blesser quelqu'un pour le domaine qui l'intéressait cette fois.
Artiön lui demanda d'attendre et retourna au râtelier mais le Tel'sorn voulait le détromper sur ses intentions.

-En temps normal, je serais entièrement d'accord avec vous et je me suis toujours arrangé pour avoir un partenaire d'entraînement, même lorsque j'étais en permission, mais pas pour cet exercice.

Mais il ne sembla pas l'entendre tandis qu'il récupérait son catalyseur et qu'il revenait se planter devant lui dans une posture des moins habituelles. Fenris l'écouta sans un mot, soutenant son regard sans la moindre difficulté. Son attitude le faisait gentiment sourire. Il se donnait des airs d'arrogant comique et impétueux pourtant il savait qu'il n'en était rien. Il se demandait même s'il faisait ça pour lui. Non... Comment aurait-il pu savoir qu'il n'était pas au mieux, ils venaient de se rencontrer. Non, il devait simplement être ainsi au naturel.
A sa dernière question, il mit les mains devant lui.

-Je vous crois, Commandant. Loin de moi l'idée de vous voir comme un homme faible.

En Anëh, on ne pouvait atteindre de hautes fonctions que parce que l'on en avait le mérite. Halyalindë en était la preuve vivante, ayant acquis le titre de Protectrice avait avoir fait démonstration de ses compétences en la matière. Alors un militaire qui portait un insigne comme celui d'Artiön ne pouvait être qu'un homme solide et endurant. Il avait probablement mené plus d'une bataille et un simple entraînement ne représentait aucun réel danger à ses yeux.
Fenris hésita. La proposition était tentante et le mage qui lui faisait face l'avait quasiment mis en confiance. Il aurait bien aimé se laisser convaincre mais quelque chose l'empêchait d'accepter. Tandis qu'il cherchait à identifier la source de cette retenue, son sourire s'effaça peu à peu. Pour finir, il regarda l'une de ses mains tout en réfléchissant. Et son air devint plus triste et dur à la fois. En fait, il avait peur. Une peur viscérale qui était née en même temps que le Commandant lui avait proposé de l'aider à s'entraîner et qui n'avait faire que croître de façon exponentielle depuis.
Le pouce de Fenris vint frôler la pointe de ses autres doigts en un aller et retour. Il recommença une seconde fois et quelques étincelles marquèrent le passage de son pouce. Il recommença et cette fois de petits éclairs apparurent, reliant ses doigts comme une traînée lumineuse laissée derrière son passage.

Soudain, le jeune Aigle ferma son poing et releva la tête pour chercher à nouveau le regard du Commandant toujours debout devant lui. Une vague de peur venait de le saisir en faisant cet exercice qu'il maîtrisait depuis des décennies.

-Je suis désolé, je ne peux pas.

Son attitude était relativement posée, se maîtrisant pour conserver son calme mais le débit de ses paroles pouvaient le trahir, tout comme la raideur de ses épaules. Il n'était en entretien politique ni en mission. Il n'avait aucune raison de vouloir se maîtriser pleinement. L'officier voulait l'aider et il n'avait pas de raisons de lui cacher la source de ses craintes. Il y avait la nature de sa magie, certes, mais pas seulement.

-Je reviens d'une mission où j'ai perdu un homme. Je ne supporterais pas de blesser quelqu'un.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Ven 23 Juin 2017 - 23:27


En temps normal, des excuses venant de quelqu’un d’aussi droit t’auraient presque convaincu de lui laisser gain de cause. Au moins t’auraient-elles dissuadé de presser les choses dans l’instant présent, mais dans le cas de Fenris, son attitude même t’incitait à creuser jusqu’à ses limites. Ton regard s’est continuellement durci jusqu’à trouver le début de la ligne, et une fois sa sensibilité piquée, tu t’es attelé à soutenir le déplaisant contact jusqu’à ce qu’il se résolve finalement à au moins un geste. Une explication, une tentative, quoi que ce soit qui pourrait te mettre sur la piste de ce qu’il se refusait à entreprendre en présence d’un frère.  

Une étincelle, un éclair, de la magie. Le cadet des Nöldorion était maintenant sans excuses. S’il avait été soldat sous ton mentorat, tu ne te serais pas privé de le submerger de remontrances. D’entre tous les arts, la magie était le plus dangereux à manier seul, et la précaution valait double quand il s’agissait en plus de magie martiale. Tu as été des mages ayant rôdé leur pratique sous le tutorat des sorciers de guerre des monts Nòrn. Tu as connu les douleurs qui viennent avec les échecs dans cette pratique, comme tu as pu l’observer chez d’autres. Tu as eu l’occasion de la guérir comme tu as malheureusement eu l’occasion de la voir prendre la vie d’autrui. De quelque nature, et de quelque profondeur que fut la peur qui prit le visage du jeune elfe devant toi, tu étais au son de ses supplications animé d’une colère toute bienveillante… mais plus terrible que n’oserait l’imaginer l’Aigle. Ton sceptre férocement planté dans le sol, surplombant le jeune Tel’sorn de toute ta hauteur, c’est dans ces instants qu’en te voyant et t’entendant parler, on retrouvait le miroir de ton père.

- Enlève l’armure Fenris. L’ordre est donné avec une autorité telle que l’Aigle, sans comprendre le but de la chose, et certainement réticent à l’idée de s’exhiber poitrine à l’air comme tu le fais à l’instant et en as l’habitude, empoigna tout de même son plastron, sans aller plus loin Je ne te demande pas de te déshabiller, juste de laisser un peu ton équipement. La déclaration aurait pu être faite avec humour sans pareil contexte Tu comprendras plus tard.

Abandonnant ton focaliseur là où tu l’as planté, tu poses ta main à plat contre la poitrine de ton cadet, alimentant encore un peu plus sa confusion, avant que la force avec laquelle tu ne le pousses ne commence à éclairer sa lanterne. C’est cependant le pied qui manqua de s’écraser contre sa tempe qui mit un terme à tous ses doutes. Tu l’engageais en combat singulier. Sans armure. Poings et pieds pour seuls armes. Un art auquel en tant que militaires vous étiez tous entraînés, en complément de votre étude de l’arme blanche ou de la magie martiale. Un art qui malgré la formation d’épéiste de Fenris, et la tienne en tant que mage, à cause de ta plus longue expérience, et de la différence d’allonge et de puissance entre vous te donnait l’avantage.

Tu joues de la longueur de tes bras et de tes jambes pour l’assaillir sans te mettre à portée, et à ta grande satisfaction le Tel’Sorn pare et esquive plus que correctement. Parfois même il tente de te saisir pour te mettre au sol, mais ne trouve jamais le temps et la force de concrétiser.

- C’est la dure vérité de nos missions. Le danger est réel, et parfois, des hommes meurent. La déclaration venait d'un elfe dont la guerre avait emporté les deux parents

Tes coups prennent en rythme et en force. Fenris tente quelques avancées, te déstabilise à quelques occasions, t’oblige à l’aborder avec plus de sérieux, t’oblige à véritablement le frapper si tu veux arriver à tes fins. Alors tes directs commencent à tracer des hématomes sur leur passage, et tes tibias commencent à briser sa garde.

- La question n’est pas de savoir qui tu pourrais blesser, mais qui tu sauveras ensuite. Lâche est celui ne voulant pas faire ce sacrifice.

Une feinte, la première à l’avoir dupé, et ton talon droit s’abattait lourdement sur son flanc droit, déviant son équilibre vers la gauche, où ton poing gauche vint joyeusement cueillir son visage, terminant de mettre l’Aigle à terre.
Tu te baisses, gratifiant les yeux plissés de Fenris d’une expression adoucie. Une main posée sur ton genou, l’autre passant par automatisme en revue les bleus que t’avait valu l’affrontement. Tu laisses passer quelques dizaines de secondes… où fussent-elles plutôt quelques minutes ? pour que ton protégé d’un soir digère la leçon et reprenne ses esprits, avant de lui tendre la main pour l’aider à se relever. Tu t’autorisas ensuite à lui offrir l’accolade, qu’il comprenne que tout cela ne fut aucunement signe d’animosité de ta part.

- L’entraînement est le meilleur moment pour s'esquinter. Sache-le. Car c'est à l'entraînement le temps de faire toutes les erreurs que l'on ne peut se permettre de commettre devant l'ennemi

Le corps douloureux, mais toujours feignant d’être indestructible, tu arrachas ton focaliseur te son piédestal de fortune, et imposant par la même occasion un silence impérieux au terrain, tu t’es perdu dans la pulsation. Vibrant d’une lumière flamboyante, témoin des forces en œuvre, ton sceptre sous ton commandement se fit aiguille de son horloge corporelle, et la lumière gagna Fenris. Les bleus s’estompèrent lentement, ne laissant plus comme souvenir que le fantôme de la douleur avec laquelle ils étaient venus. Ensuite ce fut ton tour, après quoi, visiblement drainé par les efforts consécutifs, tu t’assis, sans pour autant abandonner ton idée première.

- Alors, toujours en état de faire usage de ta magie ?


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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Lun 26 Juin 2017 - 11:47

Le son du sceptre rencontrant le sol était bien plus fort et sec que ce à quoi Fenris se serait attendu. Jetant un œil sur l'objet, il constata qu'Artiön n'avait pas fait que le poser mais l'avait bel et bien planté dans la terre dure et froide de cet hiver glacial. Puis, à l'écoute de l'ordre du Commandant, le Tel'sorn tourna la tête vers lui et fronça des sourcils interrogateurs dans sa direction, cherchant à comprendre où il voulait en venir. Après quelques commentaires supplémentaires mais tout aussi peu éclairant, il finit par obéir, portant en premier lieu la main sur les sangles de ses fourreaux qu'il défit d'un geste machinal. Armes et cuirasse vinrent à leur tour trouver le sol gelé pour prendre appui contre un arbre. Torse nu, les cicatrices ornant son épaules étaient désormais visibles, quoi que discrètes car soignées en partie par la magie.
Faisant de nouveau face à l'officier, celui-ci acheva de se rapprocher jusqu'à poser une main sur son torse. Son premier réflexe fut de se retenir de reculer mais l'homme appuya plus fort contre lui. Fenris esquiva le pied du Commandant de justesse et il comprit enfin ce qu'il voulait, bien que le but de cet exercice lui échappe encore. L'Aigle n'était pas mauvais combattant, armé ou non, mais ses compétences ne valaient évidemment pas celle de son aîné. Il se défendit vaillamment, parant et esquivant plusieurs coups, attaquant lorsqu'il entrevoyait une brèche. En même temps qu'ils se battaient, Artiön prenait parfois la parole et le duel prit des allures de leçon. Pour autant, le Tel'sorn continuait de se battre avec habileté, forçant son supérieur hiérarchique à le prendre plus au sérieux. Les coups devinrent plus francs, faisant apparaître bleus et équimoses sur la peau blanche du jeune Nöldorion.

- La question n’est pas de savoir qui tu pourrais blesser, mais qui tu sauveras ensuite.

Il n'y avait jamais vraiment songé. Ayant reçu l'entraînement des officiers, il savait que lui, comme n'importe lequel de ses frères d'arme, risquait sa vie pour en sauver d'autres. Il était prêt à la donner si cela pouvait en sauver ne serait-ce qu'une seule.
Peut-être était-ce cette réflexion ou tout simplement la feinte de son adversaire qui le déstabilisa. Toujours était-il que les deux coups qui suivirent l'envoyèrent à terre, mettant ainsi fin à l'entraînement. Fenris resta au sol tandis qu'Artiön examinait les dégâts provoqué par la dernière recrue des Tel'sorni. N'ayant jamais été en charge d'hommes avant Eteniril, Fenris avait oublié... Oublié que ceux qui servaient l'armée d'une manière ou d'une autre, était prêt à se sacrifier pour leur terre et leur peuple. Un officier faisait simplement en sorte qu'il y ai le moins de dégâts possibles mais devait être prêt à endosser les pertes. C'était une manière un peu brutale de le lui rappeler mais il devait reconnaître que c'était efficace.

Lorsque le Commandant lui offrit sa main pour l'aider à se relever, il l'accepta en signe d'entente et lui adressa un signe de tête en remerciements pour son aide. Et pas seulement pour l'avoir aidé à se remettre debout... Une accolade accompagnée d'une dernière phrase acheva de clore l'entraînement. Puis l'officier retourna à son sceptre et en usa pour guérir les quelques hématomes de Fenris avant d'appliquer le même traitements aux siens. Mais Artiön semblait fatigué, et quoi de plus normal. Si le Tel'sorn ignorait depuis combien de temps il courrait avant son arrivée, il était aisé de deviner qu'il avait usé bon nombre de ses forces depuis son arrivée sur le terrain. Toutefois, il ne perdait pas le Nord et sa question provoqua un sourire amusé chez Fenris. Il n'était plus vraiment en mesure de lui dire non.

-Jusque là, j'utilisais la magie en complément de mes armes qui jouent un rôle de focaliseur. C'est une particularité que mes supérieurs veulent que j'exploite davantage mais nous ne savons pas comment. D'autant que pour l'instant, je ne maîtrise pas pleinement mes sorts et je ne les utilise au combat que lorsque je suis sûr qu'aucun allié ne sera touché.

Après les Wandres et Eteniril, il ne pouvait plus seulement parler de "frères" car ceux qui se battaient à ses côtés pouvaient ne pas être des enfants de la Mère alors que ceux qui lui feraient face, eux, le pourraient... Alors autant ne plus se limiter à une simple race pour parler d'alliés et d'ennemis.
Cette fois, Fenris jouait pleinement le jeu et ne fournissait aucun effort particulier pour cela. Les elfes préférant en général se concentrer sur une seule discipline, les guerriers mages étaient peu nombreux. Quant à l'art de la foudre, s'il n'était pas rare il restait malgré tout peu courant. Alors autant dire que les guerriers mages dans ce domaine étaient inexistants. Pourtant, le Tel'sorn avait grand besoin de conseils pour trouver comment développer sa magie guerrière et quoi de mieux qu'un homme de ce domaine pour cela ? Certes, Artiön était un vitaliste mais lui poser la question n'était pas dénué de sens car un mage reste un mage. De plus, il avait dit vouloir l'aider et semblait d'ailleurs insister sur le sujet alors il aurait été sot de ne pas le faire.
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Lun 26 Juin 2017 - 23:49

Des mages de guerre tu en connaissais quelques-uns, mais l’idée d’un guerrier-mage en revanche t’était toute nouvelle. Nouvelle, et quelque peu saugrenue, mais pour le moins intéressante. Tu sais quelle assiduité il faut dans l’apprentissage de la magie, et quelle dévotion il faut pour adapter cet apprentissage à la chose guerrière. Il ne s’agit pourtant là qu’exclusivement de l’art. En tant que mages de guerre, votre entraînement martial est sommaire. Votre corps est entretenu autant pour vous porter sur les champs de bataille que pour vous autoriser une utilisation particulièrement éprouvante des flux, mais pas dans l’idée d’en utiliser la force lors d’un affrontement au corps à corps. Bien sûr, vous apprenez comme tous l’art du combat à mains nues, et souvent y êtes vous-même plus chevronnés que les maîtres d’armes, puisque ce l’utilité de ce recours est pour vous plus palpable que pour eux, mais de la complexité de la danse des lames vous ne savez que ce qui vous permet d’y échapper. Toi-même, malgré une force physique n’étant plus à prouver aurait du mal à te défaire… et c’est encore une tournure de mots généreuse, du jeune Fenris si vous veniez à jouer du fer blanc. Tout juste pourrais-tu jouer du sceptre pour parer ses assauts le temps que s’ouvre une inévitable faille.
Un guerrier-mage alors, devrait réussir à intégrer à la fois les enseignements martiaux des maîtres d’armes et des maîtres de l’éther ; voilà qui serait sommes toutes bien difficile à réaliser en une vie, et pourtant les supérieurs de l’Aigle voudraient voir leur protégé développer la technique… et sans professeur compétent pour l’épauler à ce que tu vois. S’ils espéraient aller où que ce soit ainsi, soit les Aigles étaient devenus bien naïfs depuis l’Uraal, soit tu n’avais pas été capable de déceler à quel point prodigieux était ton ci-présent cadet.

- Dans ce cas, prends tes lames.

Le Tel’sorn se lançait dans une quête difficile, et c’était à tes yeux tout à son honneur, seulement maintenant que tu savais, il était hors de question pour toi de le laisser faire fausse route. En tant que Mège, tes conseils ne seraient certainement pas les plus exacts, vos domaines étant profondément différents, mais au moins avec un peu de chance ton tutorat pour ce qui s’agit du rapport à la magie en règle générale lui serait utile.

- Si tu en es au stade où tu crains que tes alliés ne deviennent tes victimes, alors il faut que tu apprennes à te canaliser. Ce ne sera pas simple, mais oublie un instant que tu es un épéiste. Ici et maintenant, tu es un mage, et tes épées sont ton focaliseur rien de plus. Voyant l’application de ton élève d’un jour, tu ne peux réprimer un sourire Et maintenant, concentre-toi, et parle-moi un peu de ta manière de percevoir la magie. Que représente-t-elle pour toi ? Comment s’exprime-t-elle auprès de toi ? Comment affecte-t-elle ta perception du monde ? Dis-le moi exactement comme les mots te vienne, même si ce n’est que dans ta tête qu’ils font le moindre sens. Le plus important, ce que tu te l’appropries.

C’est ainsi, ou presque, que vous commenciez les séances d’exercice avec tous les jeunes mages de l’Académie militaire. Même lorsque les bases leur étaient déjà acquises, se recentrer était toujours un bon exercice.

- Une fois que tu connaîtras par cœur ton propre monde, tu pourras commencer à le manipuler sans danger.


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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Dim 9 Juil 2017 - 19:47


Cette fois, Fenris obéit sans se poser plus de questions. Il retourna jusqu'à l'arbre contre lequel il avait laissé ses affaires et tira ses lames de leur fourreau. Un geste devenu des plus banals pour le guerrier. Revenant à sa place initiale, à quelques pas du mage, il fit tournoyer chacune d'elles dans les airs, comme pour se les réapproprier pleinement. Alors qu'il faisait de nouveau face à son tuteur improvisé, il écouta ses recommandations. Ne plus penser comme un guerrier mais comme un mage n'était pas chose aisée. C'était deux modes de réflexion totalement différents mais il lui fallait apprendre à jongler entre les deux s'il voulait parvenir à maîtriser ce nouvel art de combattre. Il était bien meilleur épéiste qu'il n'était mage et il savait pertinemment qu'il ne pourrait jamais être aussi bon que ses camarades, que ce soit dans l'une ou l'autre de ces deux disciplines. Toutefois, la mage de la foudre n'avait pas besoin d'être puissant pour faire des dégâts. Sans compter qu'il avait pour lui l'élément de surprise face à ses adversaires. C'était pourquoi le pari valait le coup d'être tenté et il avait l'esprit qui convenait pour l'accomplir.

A la demande d'Artiön, Fenris ferma les yeux et se concentra. Les questions qu'il lui posait étaient loin d'être simples... Jamais on ne les lui avait posées. De plus, il ne pratiquait pas assez souvent pour pouvoir expliquer son ressenti de mémoire comme aurait pu le faire un mage pur. Alors, il chercha à canaliser les flux magiques en lui afin d'entamer un sort. C'était le meilleur moyen de se rendre compte de ses émotions à l'égard de la magie. Ainsi, les lames du Tel'sorn se mirent à luire peu à peu d'une lumière bleuté. Un éclair apparut, reliant les armes aux mains qui les tenaient. Puis un autre. Au bout de quelques instants, les stries électriques parsemèrent la zone. Elles se mouvaient, disparaissaient avant de reparaître ailleurs, toujours en mouvement mais toujours présentes.
Tandis qu'il sentait sa magie lui chatouiller les mains, le jeune Nöldorion cherchait en son cœur des émotions bien spécifiques. Celles qu'il associait à la pratique de cet Art. Comment la percevait-il ? Dit comme cela, sa première réflexion n'aurait sans doute pas été juste car il y avait deux façons de "percevoir" la magie. La façon dont il percevait les flux et la façon dont il percevait la magie intellectuellement. Mais Artiön ne semblait pas évoquer cette dernière possibilité...

-Lorsque je m'ouvre aux flux, des frissons me parcourent l'échine et mon cœur se serre à son contact. Cette sensation s'intensifie lorsque je me concentre et il me faut quelques instants pour m'y habituer. Le temps de canaliser la magie dont j'ai besoin.

Il inspira lentement et expira avant d'intensifier son sortilège. Les éclairs s'étendirent, atteignant ses coudes et la pointe de ses armes. Se faisant, il réalisa seulement qu'il faisait cela à chaque fois qu'il allait utiliser la magie. Tout du moins, lorsque cela lui demandait un minimum de concentration. Il sourit. Ce n'était pas grand chose mais il comprenait à présent la démarche d'Artiön et constatait que cela fonctionnait.

Comment s'exprimait-elle pour lui ? Question épineuse. Comment devait-il la comprendre ? La façon dont il la ressentait physiquement cette fois ? Il ouvrit les yeux et observa les éclairs qui ornaient ses avant-bras. Ainsi, il put associé ce qu'il voyait à ce que sa peau percevait.

-Je sens chaque rayon de foudre. Cela n'a rien d'agréable ou non. C'est une sort d'énergie que j'emmagasine, qui parcoure ma chair et dont je me libère en lançant un sort. Plus il y a d'énergie, plus cela peut être douloureux.

Comment affectait-elle sa perception du monde ? Cette fois, la question lui semblait bien plus intellectuelle et terre à terre. Tout du moins était-ce ainsi qu'il la comprenait. Il releva alors les yeux et, se faisant, la lumière qui entourait ses bras disparut. Il croisa à nouveau le regard du Commandant et le fixa.

-La magie en elle-même ne m'effraie pas. Elle n'est ni bonne ni mauvaise. C'est l'usage qu'en fait un mage qui la rend bénéfique ou non. Tout comme c'est le cas pour n'importe quelle arme.
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Jeu 13 Juil 2017 - 16:42


Si le temps qu’il laissa couler avant de prendre la parole était inquiétant, le fait qu’il lui ait fallu agir avant de s’exprimer l’était encore plus. Certes la dimension pratique de la magie est au moins, voire peut-être plus importante que sa dimension théorique, en particulier lorsqu’il s’agit de magie de guerre comme lui et toi la pratiquez, mais il est important chez chaque arcaniste d’être capable d’exprimer son ressenti sans avoir à s’y plonger. Conscientiser avant de créer les réflexes est l’étape permettant d’éviter les tragédies comme celles ayant brisé le corps d’Enoriel et mis fin à la vie d’apprentis plus fragiles qu’elle ne l’était en ce temps-là. Conscientiser leur rapport à la magie était la première étape de l’enseignement des initiés, et si le résultat n’en était pas encore acquis, c’était soit qu’il fut bien moins avancé dans son art que tu ne le pensais, soit que ses entraîneurs aient étés trop impatients avec lui. Sa peur de te blesser n’en était que plus justifiée. Au moins aujourd’hui vous aviez un espoir de corriger cela.

Des frissons, des palpitations, la chair électrisée… voilà donc l’effet qu’ont les flux sur lui ; autant d’effets qu’il ne disait ne ressentir que lorsqu’il s’ouvrait. Ton sourire se fendit un peu plus large, un peu plus avenant aussi, à écouter la candide déclaration que faisait celui dont le maintien aurait presque fait oublier qu’il s’agissait là d’un aussi jeune adulte. Quelle était sa vision de la magie n’était pas la question posée, mais c’est celle à laquelle il répondit. C’est l’effet qu’avaient les flux sur ses sens au quotidien que tu aurais aimé connaître. Quelle était sa version de ce qui était ta pulsation, ou de la pression ressentie par Maltlin. Tu apprendrais au moins que sa sensibilité, bien que réelle, n’était pas forte au point de lui imposer une différente approche de l’existence. Elle se développerait au fur et à mesure de ses progrès, mais à moins d’être pris d’un revirement, il resterait certainement un guerrier avant d’être un mage.

- Ce n’est pas exactement ce que j’aurais voulu savoir, mais je suis content que tu ne craignes pas l’art. tu expulse un soupire amusé C’est déjà une barrière de franchie.

Tu te lèves, prenant appui sur ton focaliseur comme sur un bâton de marche de fortune, comme pour prendre meilleur point de vue sur la suite des opérations.

- Maintenant que tu sais ce que tu recherches, applique-toi à le retrouver sauf que ce ne pouvait pas être si simple mais en marche. Contente-toi de lentement suivre le tracé du parcours de course. Si tu trouves le moindre mal à te concentrer, ralentit le pas, si au contraire tu te sens à l’aise, accélère. Tu lèves les yeux Essaie juste de ne pas me semer.


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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Sam 15 Juil 2017 - 19:56

Fenris n'était pas un mage. Son esprit n'avait pas été façonné de manière à comprendre pleinement la magie mais il compensait par ses aptitudes intellectuelles plutôt malléables. En revanche, il était vrai qu'il ne pratiquait pas son Art tous les jours. Chose qui allait changer à partir de ce maintenant. Alors oui, il avait besoin de pratiquer pour répondre aux questions du Commandant, et tant pis si cela devait trahir ses faibles compétences en la matière. Il n'avait rien à cacher. Au contraire, autant que son professeur soit au courant de son niveau afin de l'aider au mieux à s'améliorer.
La demande d'Artiön était plutôt banale, pour un mage expérimenté. Cependant, Fenris savait que l'un de ses points faibles était l'inaction dont il avait besoin, même un court instant, pour parvenir à se concentrer avant de jeter son sort. Pourtant, un guerrier ne restait jamais immobile. Apprendre à pratiquer la magie en se mouvant était un point de départ plus qu'évident maintenant qu'on le lui demandait.

Les derniers mots du Commandant l'amusèrent et il se permit de rire brièvement avant de s'élancer vers la piste de course. Dès qu'il l'eut rejoint, il ralentit le pas et, profitant d'une ligne droite, ferma les yeux quelques secondes pour se concentrer. Ses lames se remirent à luire ainsi que ses mains et il rouvrit les yeux. Il tint le rythme un moment tout en essayant de rester concentré alors que plusieurs obstacles, fait de branches et de racines, se dressaient devant lui. Afin de les passer, il dut se baisser et enjamber à plusieurs reprises, et ce, sans jamais oublier le sort qu'il devait maintenir et maîtriser. Dans l'ensemble, il s'en sortait assez bien. Il sentait les fluctuations de sa magie mais elles étaient plutôt minimes.
Une nouvelle ligne droite, il accéléra légèrement. Artiön était toujours à ses côtés. Malgré l'entraînement qu'il avait déjà dans les jambes, l'exercice devait être plus que facile pour lui. Ils étaient bien loin du pas de course qu'ils avaient eu précédemment. A chaque tour de piste, constatant ou non sa maîtrise, Fenris ajustait son allure. Il allait plutôt en accélérant d'ailleurs, jusqu'au moment où il y eut une légère faille dans sa concentration. Il ne s'agissait pas de sa magie mais de sa foulée. Il leva le pied un peu moins haut que lors de ses passages précédents. Pris par son élan, il chuta et vint violemment heurter le sol, stoppant son sort et sa course nets.

Heureusement qu'apprendre à tomber avec des armes en main faisait partie des premières leçons... Hormis quelques potentielles ecchymoses, l'Aigle semblait s'être simplement sali. Il se secoua la tête pour reprendre ses esprits et observa son état. Et il eut un rire amusé et moqueur. Il releva la tête vers Artiön qui ne devait pas comprendre sa réaction.

-Pardonnez-moi. Dit-il avant de commencer à se lever. Les paroles d'une vieille amie me sont revenues en tête. D'après elle, les Humains disent qu'un homme ne sait pas faire deux choses à la fois.

Enfin debout, il s'examina à nouveau et tâcha de retirer une partie de la saleté qui le recouvrait sans pour autant aller dans le détail. A quoi bon se faire tout propre, il allait probablement tomber de nouveau.

-J'aurais tendance à vouloir leur donner raison. Plaisanta-t-il en se moquant de lui-même.

Pourquoi repensait-il à Halie dans cette situation ? Probablement parce qu'elle lui manquait. C'était assez évident d'ailleurs. Ces derniers temps, un rien la rappelait à lui. Il n'avait jamais cessé de penser à elle, même à Tethien alors qu'il devait annoncer la nouvelle de la mort d'Hiradrilion à sa compagne. Il avait l'impression de la sentir avec lui en permanence et ressentait cette présence irréelle comme une déchirure. Car il savait qu'elle n'était pas là... Tant d'inconnus planaient autour d'elle en cet instant précis... Il comprenait un peu ce que vivait Macabre depuis presque deux mois.

Fenris chassa rapidement toutes ces pensées et reprit bien vite son sérieux. Depuis qu'il avait trouvé comment gérer la perte de l'un de ses hommes, il s'était plongé dans les entraînements pour occuper son esprit. Faisant à nouveau tournoyer ses lames, il se tourna vers Artiön pour lui signifier qu'il était près à s'élancer de nouveau. A moins qu'il ait un conseil à lui donner au préalable...
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Lun 17 Juil 2017 - 14:30

La foulée est régulière, sa pulsation l’est aussi. Il se débrouille plutôt bien le bougre. Assez bien pour se permettre de progressivement accélérer. Fenris n’hésite pas à aller droit vers les difficultés, voilà une qualité dont certains de tes protégés de Daranovar devraient s’inspirer. Chez certains le goût de l’effort devait être cultivé, mais puisqu’il avait été repéré aussi jeune par les Aigles, il est facile de l’imaginer inné chez l’épéiste.
La foulée augmente, la pulsation reste à peu près stable. Tu peux voir à son visage que l’exercice devient compliqué, mais il continue malgré tout à chaque ligne droite de prendre un peu plus de vitesse. La foulée est longue, le pas est rapide, mais la pulsation est instable. Il se bat avec sa concentration, oscille dangereusement entre la maîtrise de ses jambes et celle de sa magie. Il devrait ralentir, mais au lieu de cela il cherche un équilibre. Il ne le trouvera pas à temps malheureusement.

L’exercice trouva sa fin avec perte et fracas, Fenris ayant gagné le sol de manière pour le moins… précoce. Il rit malgré tout, en bon perdant, et t’arracha par la même occasion un sourire compatissant. Tu lui offris ta main, voyant qu’il entamait de se relever, curieux de savoir s’il s’agissait là d’un rire nerveux, de véritable autodérision, ou d’une combinaison des deux.

- Heureusement pour nous, nous ne sommes pas des humains. Tu ajoutes sur le ton de la plaisanterie, même si tu le penses très sincèrement

Ta réplique n’aura tout compte fait pas l’occasion de créer la moindre réflexion, et encore moins le débat entre vous deux, le Tel’sorn ne semblant tout simplement pas l’avoir entendue. Voir Fenris ainsi pensif n’avait rien de bien étonnant, si ce n’était qu’il était évident que ce n’est pas l’entraînement qui lui mobilisait ainsi l’esprit. Il y avait quelque chose d’autre, quelque chose auquel ses mots avaient fait allusion qui l’avait retenu. Probablement cette vieille amie. Peut-être sa vie avait-elle été prise à la guerre, ou peut-être leur relation s’était-elle dilacérée jusqu’à mourir. Reste qu’il suffisait d’observer ses yeux pour être pris de nostalgie, et lorsqu’on parlait d’un être à la fois aussi mesuré et aussi jeune que Fenris, cela avait presque quelque chose d’inquiétant.

La réalité finit éventuellement par le rattraper, et à ce moment il se tourna vers toi, signe qu’il était prêt à reprendre l’exercice ; du moins, il l’était presque.

- Dis-moi Fenris, est-ce que tu considères respirer et courir faire deux choses en même temps ? tu lui laisses le temps de répondre avant de reprendre Et bien, ce doit être exactement la même chose avec ton ouverture à la magie. Je suis content que tu sois allé jusqu’à ta limite, mais pour cette fois, prends le temps te t’habituer à la sensation avant d’accélérer. Il faut que ton rapport au flux devienne aussi naturel que ta respiration, et pour ça, il faut que tu arrêtes de le voir comme une chose supplémentaire à gérer.

Tu sautilles sur place un instant, histoire de te remettre en jambes.

- Dès que tu te sens prêt.


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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Dim 6 Aoû 2017 - 19:54

Fenris était d'un naturel curieux. Alors oui, il aimait expérimenter jusqu'à ses propres limites. Les éprouver encore et encore afin de les dépasser, simplement pour voir s'il en était capable. Ce n'était pas sans raison qu'il avait passé un siècle à l'Académie avant d'être envoyé sur le terrain. Certes, il avait fait double classe entre l'instruction normale et celle des officiers, mais cela n'expliquait pas tout. Il avait pris son temps, non pas seulement pour apprendre mais pour développer ses capacités. Alors qu'on le croyait arrivé au bout de ce qu'il pouvait faire, il s'évertuait à se surpasser et y parvenait. Ce que l'on avait donc pris pour une limite n'était donc qu'un état de stagnation lui permettant d'assimiler définitivement ce qu'il avait appris avant d'aller plus loin.
La magie l'avait toujours intéressé mais la théorie lui suffisait. Ses quelques cours pratiques lui avait permis de mieux comprendre le mécanisme associé à cet Art. Cependant, alors qu'il mêlait la maîtrise des flux à sa course effrénée, il lui avait trouvé un intérêt nouveau. Un guerrier mage, ce n'était pas inédit, seulement fort peu courant. Néanmoins, ce projet lui semblait des plus passionnants et il lui tardait de développer cette manière de combattre en associant ses éclairs et ses armes, sujet qu'il n'avait fait qu'effleurer jusqu'à présent.

Artiön avait réagi à l'humour de sa pensée de la même manière que le jeune Tel'sorn si bien que Fenris aurait pu en oublier son grade. Il avait la nette impression qu'il pourrait assez bien s'entendre en dehors de toute notion hiérarchique. Sans doute la façon dont il se prêtait à l'exercice lui plaisait-il. Tous les instructeurs qu'il avait côtoyé avaient été content de lui, il n'était donc pas surprenant qu'un tuteur de magie, même occasionnel, soit lui aussi satisfait malgré son douloureux échec. Mais, au-delà de cela, le Commandant semblait avoir un goût prononcé pour l'humour là où d'autres conserveraient leur sérieux quoi qu'il arrive.
Toutefois, cette petite remarque servit à son mentor du jour. C'était vrai, il essayait de faire plusieurs choses à la fois : courir et s'ouvrir aux flux. Tout du moins, cela représentait deux choses pour Fenris alors qu'un mage, lui, ne ferait que courir. Remarque pertinente. Il n'avait jamais pris le temps de s'habituer à cette sensation. Pas seulement aujourd'hui mais de manière générale. Il fallait dire que cela n'avait rien d'agréable. Ce courant qui lui parcourait l'échine, faisant vibrer jusqu'à ses os et pulser ses veines... C'était ce qu'il ressentait et c'était gênant plus qu'autre chose.

Fenris hocha la tête, signe qu'il avait compris la nouvelle consigne. Il se tourna alors à nouveau vers la piste et prit une profonde inspiration avant de repartir. Son pas de course était plus lent qu'avant sa chute mais moins que lorsqu'il avait commencé l'exercice précédent. Il se savait capable de s'ouvrir aux flux sans pour autant se contenter de trottiner alors il ne voyait pas l'intérêt de simplifier sa tâche plus que nécessaire. De plus, c'était son rythme habituel, aussi n'avait-il pas besoin de réfléchir davantage.
Alors qu'il venait d'entamer sa nouvelle course, il expira pour la première fois, cherchant à ressentir cette sensation désagréable qui lui chatouillait les muscles. Une fois encore, ses épées se mirent à luire et des éclairs ornèrent ses lames jusqu'à ses avant-bras. C'était presque plus facile à supporter en plein effort. Il courut un tour, puis deux, avant d'accélérer très sensiblement. Cette fois, il attendit quelques tours de plus avant de tenter d'accélérer encore. Il tentait toujours d'atteindre ses limites mais avec plus de patience et de technique.
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Ven 11 Aoû 2017 - 14:06

Constant dans la démonstration de son application, c’est avec le même entrain qu’au départ que Fenris reprit l’exercice. Peut-être même plus d’entrain encore. Et c’était la partie la plus difficile de l’instruction des mages qu’il traversait en ce moment ; l’habituation à la présence des flux. Le pauvre était d’ailleurs bien mal loti devant majorité des autres élèves à qui tu auras jusqu’ici eu affaire. Pour la majorité d’entre vous s’ouvrir à la magie avait quelque chose d’euphorisant, de presque addictif, et c’était finalement un bonheur que de se retrouver obligés de vous en imprégner. Le Tel’Sorn lui t’aura aisément laissé entendre que pour lui tout ne serait pas si rose. Être traversé par sa propre foudre était en tout point incomparable au simple ressenti d’une éthérée pulsation.

Mais il n’avait pas fui après que tu lui aies mis ton poing dans le visage après tout, il ne fuirait certainement pas maintenant. Toi par contre, c’est bien ta passion à la fois pour l’art thaumaturgique et pour l’enseignement qui te tient encore debout, et t’autorise à lui emboiter le pas. Et dire qu’il faudrait que tu ramènes les plaques de métal à la forge ensuite… si ce soir tu ne t’effondrais pas dans ton lit comme un Hwîndil tombé de sa branche, alors tu ne dormirais plus jamais.

Les tours de parcours s’enchaînèrent à vitesse lentement croissante. L’Aigle s’habituait, lentement mais sûrement, à alimenter les sensations auxquelles il était sujet. Tu te crispes malgré toi lorsque d’abord il atteint la vitesse qui avait marqué sa première chute, et ne te détends que partiellement lorsqu’il s’autorise à continuer d’allonger ses foulées. Il cherche sa limite, essaie de comprendre jusqu’où il peut se permettre d’aller avec sa coordination actuelle. Il ira loin à n’en point douter. S’il est capable de maintenir le pas auxquels vous avanciez maintenant, qui n’est peut-être pas le plus rapide, mais un véritable pas de course tout de même, c’est qu’il était capable, s’il s’en donnait les moyens, de véritablement sprinter. La chose lui semblerait encore certainement bien peu naturelle, mais à moins qu’il ne soit une exception à la règle, elle te paraissait pour sûr dans le domaine du possible.

Tu pris par conséquent les devant, signant dans la mesure du possible à ton camarade de te suivre, grignotant dans tes réserves pour lancer un sprint jusqu’à la ligne d’arrivée. Focaliseur bien maintenu en parallèle à l’avant-bras qui le porte, le bras opposé cherchant ton équilibre, tu plantes profond ton premier pas, vérifiant du coin de l’œil que ton cadet en faisait de même, avant de goulûment dévorer la distance.
Il suivait de près, à peine plus d’une seconde vous séparait et tu remercies d’ailleurs la Mère de t’avoir permis de la maintenir, car elle serait cruciale à la suite des événements. La fin du parcours approche, les foulées continuent de s’enchaîner chez toi comme chez lui presque à l’état d’automatisme, la fin approchait, son attention devait être au plus bas. Un discret regard vers l’arrière, et tu plongeais vers le sol, amortissais le choc d’une roulade, et brandissais ton sceptre en direction de Fenris.

S’il n’arrivait pas à répondre à la passe d’arme, il était bon pour une seconde chute.


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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Mar 22 Aoû 2017 - 19:54

Fenris courait toujours plus vite. Peu à peu, il reprenait des allures plus rapides, essayant de ne plus réfléchir à maintenir la porte des flux ouverts. Cela devait devenir naturel... Il pratiquerait dès lors bien plus souvent, s'exercerait à prendre contact avec la source de la magie afin que cela devienne aussi instinctif que de lever le pied pour marcher. Afin que cela devienne plus facile qu'aujourd'hui de sentir leur présence et embrasser leur contact. S'il s'en sortait bien, sa progression était cependant bien plus lente qu'auparavant, prenant le temps entre chaque accélération. Il avait tiré une leçon de sa première chute et des conseils d'Artiön. Désormais, il prenait son temps, s'habituant à cette sensation qui le gênait un peu moins.
De picotements électriques, il ne ressentait plus qu'un fourmillement désagréable. Un peu comme si ses membres avaient été privé de sang un peu trop longtemps et qu'il en retrouvait l'usage, l'engourdissement en moins. C'était déjà un grand pas en avant. Alors certes, l'effet serait peut-être différent en dehors de tout effort physique et, dans tous les cas, il lui faudrait du temps avant de réellement parvenir à se faire à cette sensation, mais c'était un bon début. Bien sûr, tout n'était pas joué et il devrait réitérer l'exercice un certain nombre de fois avant qu'il ne soit considéré comme acquis. Mais cela ne lui faisait pas peur.

Il ne comptait plus les tours réalisés lorsqu'Artiön commença à le dépasser en lui faisant signe d'essayer de le suivre. La poussée d'accélération était difficile à suivre mais il y parvint néanmoins. Le faible écart qui les séparait, il arrivait à faire en sorte qu'il ne s'allonge pas, à défaut de pouvoir le réduire. Certes, le mage avait commencé ses exercices bien plus tôt mais Fenris fournissait depuis de nombreuses minutes maintenant un effort constant à la fois physique et magique, chose à laquelle il était encore peu habitué. Cela les mettait quelque peu sur un pied d'égalité...

Mais alors qu'il s'efforçait de maintenir l'allure, le Commandant roula sur le sol et lui fit face, spectre tendu vers lui à la manière d'une lance. La pirouette d'Artiön éveilla la curiosité et l'instinct du jeune Tel'sorn avec une seconde d'avance. Mais, le temps qu'il comprenne ce qu'il lui préparait... Fenris eut tout juste le temps de freiner des deux pieds, se retrouvant en train de déraper vers son précepteur. Voyant la pointe du focaliseur arriver trop près de lui, il la balaya d'un coup d'épée. Pas de quoi la casser, bien sûr, mais seulement pour l'éloigner de lui. Il ne sentit même pas le métal toucher son front.

Une seconde plus tard, le jeune Nöldorion était à demi allongé non loin d'Artiön. Une jambe étendue, l'autre repliée, il avait les deux mains posées du même côté suite à sa tentative de défense de dernière minute. Entre sa course et la petite surprise du Commandant, son cœur battait à le rendre sourd. Son souffle était court et fort. Ses mains cessèrent enfin de briller, ramenant sur eux la seule lumière magique des torchères qui éclairaient le terrain d'entraînement pour les courageux du soir qu'ils étaient. Les yeux de Fenris ne quittèrent pas son précepteur jusqu'à ce qu'il comprenne que l'exercice était terminé. Ils avaient visiblement tous les deux besoin d'une pause...
Alors, il laissa son dos partir à la rencontre du sol. Ce n'était pas très bon pour la récupération mais, sur l'instant, il s'en fichait... Son buste toujours nu se souleva à plusieurs reprises sous ses inspirations puissantes. Une légère sensation de picotements, plus vifs que ceux produits par sa magie, lui tira le front. Il releva une main, toujours armée, et en posa le dos sur la zone avant de le porter à ses yeux. Il n'avait pas totalement pu éviter le sceptre qui était venu l'entailler sur quelques centimètres. Rien de gravissime mais les blessures à la tête sont connues pour saigner vite et très fortement. Il n'en fit pourtant pas grand cas, prenant encore un court instant pour souffler après leur course folle.
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Dim 27 Aoû 2017 - 22:22

Les talons du jeune Nöldorion s’accrochent au sol comme de beaux diables, sa propre épée lui rase le front, cueillant avec une étonnante douceur la pointe de ton sceptre. Tu souris, même dans ces conditions il aura pris le temps de penser à ne pas abîmer un objet forgé dans un métal probablement plus solide que celui de ses épées. Ton focaliseur lui racle le front, écorchant légèrement la peau fine de son visage, et rappelant à travers les rougeurs dont le sang coulerait bientôt le danger que pouvait être le simple entraînement militaire.

Un bond en arrière de ta part, même chose de la sienne, en position d’embuscade de son côté, debout les deux jambes fermement ancrées dans le sol du tien. Tu voulais vérifier si la concentration nécessaire à son ouverture à la magie nécessiterait de sa part un effort conséquent au point de brouiller son environnement. Tu avais eu la confirmation que même le peu de pratique qu’il avait lui autorisait une acuité qui bien que réduite en comparaison avec ce qu’elle était en temps normal, suffisante à lui permettre de protéger sa propre vie. S’il continuait ainsi, le petit irait loin… et pour autant que cela puisse sembler contradictoire, tu espérais que les batailles à venir se fassent assez rares et assez peu sévères pour lui laisser la liberté de continuer de nourrir son art.
Comme le dessin, la peinture ou le fusain. Comme le chant ou le théâtre. Comme on parle d’art lorsque l’on mentionne la magie, on parle d’arts martiaux quand on mentionne la maîtrise du corps et des armes, l’ensemble des techniques ultimement vouées à protéger sa vie et celles des êtres chers. On ne le reconnaît que trop peu souvent au sein de l’Anaëh, mais en dehors des temps de belligérances, la guerre est un art. Les stratégies développées par les tacticiens n’ont parfois rien à jalouser aux tableaux les plus recherchés, couturiers et tailleurs ont tout à envier aux forgerons à l’origine de vos armures, et les mouvements des duellistes sont d’une précision supérieure à ceux des plus grands danseurs de vos forêts.
Peut-être dirait-on que la guerre est belle, le jour béni où elle ne sera plus qu’un sport ne faisant plus couler le sang.

- On a fait du bon travail. tu plantes ton sceptre dans le sol, puis contemple avec satisfaction le jeu de roulements de tes biceps, pectoraux et abdominaux engorgés, te contentant de la sensation de celui de tes jambes alors que tu fais quelques rapides étirements Il faudrait qu’on prenne le mot pour se refaire ça plus souvent tes yeux dérivent vers Fenris au sol, t’arrachant un sourire La prochaine fois, tu entames sans réelle conviction qu’il souhaite reconduire l’expérience je te fais courir avec les poids. Vu l’effort que demande leur art aux élémentalistes que j’ai connu jusque-là, mêler magie et escrime risque de créer beaucoup de tensions. Il faudrait que tu penses à te renforcer au fur et à mesure de tes progrès pour éviter les mésaventures. Tu te rapproches du jeune elfe, et lui tend la main pour l’aider à se relever Et en parlant de mésaventure… tu poses ton regard sur l’écorchure à son front tu veux que j’arrange ça ?


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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Jeu 7 Sep 2017 - 11:10


Allongé sur le sol, Fenris se mit à rire de bon cœur en entendant le Commandant lui proposer de renouveler l'expérience. Le ton lui laissait entendre un mélange de plaisanterie et de sérieux mais il avait choisi de réagir à la première proposition d'abord. Après tout, cet exercice n'avait rien d'une partie de plaisir. Il avait reçu bleus et bosses, il avait enduré les sensations de sa magie, il avait chuté et n'avait plus rien de présentable, ses muscles étaient douloureux et, pour couronner le tout, son précepteur venait de tenter de le tuer, barrant son front d’une traînée de sang au passage. Néanmoins, tout ceci n'était qu'un entraînement et, s'il n'était pas prêt à vivre tout cela, il n'aurait pas intégré l'armée. Pour être soldat, il fallait avoir le goût de l'effort physique et ne pas craindre les coups. Et il aimait cette vie.
Artiön poursuivit dans son idée sans attendre sa réponse, en profitant pour lui donner un conseil pour le long terme. Fenris n’avait pas besoin de cela pour savoir que l’enseignement d’un mage lui serait plus que profitable. La nécessité de lui trouver un second formateur était de toute manière devenue évidente au fur et à mesure des échanges entre le Tel’sorn et ses instructeurs. Il devait non seulement améliorer ses compétences martiales mais également développer sa maîtrise de la magie et découvrir comment associer les deux. Artiön pouvait jouer ce rôle, tout du moins temporairement car celui-ci avait des obligations bien différentes de celles de Fenris. Cela lui laisserait le temps de chercher un tuteur mage pour compléter l’enseignement d’Urthel, pour l’instant toujours à Eteniril.

Le jeune Nöldorion accepta la main qui lui était tendue et se mit debout avec son concours. Alors que le Commandant lui proposa ses soins en désignant le haut de son visage, une goutte de sang chaud perla, commençant à descendre le long du visage de Fenris, suivant le contour de son sourcil et de ses pommettes.

-Je garde déjà quelques traces de mes derniers combats, je préfèrerais ne pas conserver celles de mes entraînements en prime. Il sourit avant de poursuivre. Aussi bonne la leçon leçon soit-elle.

Ce n’était pas de la flatterie, cela ne lui ressemblait pas. Il reconnaissait avoir beaucoup appris durant cette dernière heure. Il avait d’ailleurs pris une certaine confiance en lui quant à l’utilisation de sa magie et s’y essaierait peut-être lors des entraînements des prochains jours. Bien sûr, il demanderait au préalable l’accord non seulement de son instructeur mais aussi de celui ou celle qui lui ferait face. A dose homéopathique, sa magie ne représentait qu’un faible danger et il devait apprendre à la maîtriser de manière progressive. Il aurait le temps de trouver comment s’entraîner à manier la magie guerrière de plus haut niveau.
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Jeu 7 Sep 2017 - 20:46



- C’est bien ce que je me disais. tu poses un regard attentionné, presque paternel, sur le jeune elfe Ne bouge pas.

Le pas lourd, tu t’en vas chercher ton focaliseur, déployant plus d’effort que de raison d’abord pour l’arracher de là où tu l’avais toi-même planté, puis pour lui imposer les rotations accompagnant ton ouverture aux flux. Pas question dans ces conditions de fatigue de s’autoriser la distance. L’intervention était simple, mais le plus simple restait le mieux. Une main posée contre la tempe du Tel’Sorn, tu traces de ton pouce les contours de l’écorchure, répandant sur la plaie la lumière et la chaleur de ta magie, reconstituant l’épiderme au prix de quelques désagréables picotements que Fenris ne trouverait probablement pas bien dérangeants en comparaison avec les sensations qu’il venait de traverser.

- Voilà, terminé. Content d’avoir pu t’aider.

Tu souffles un coup, heureux autant du travail tout juste accompli que de celui réalisé au cours des dernières heures, et visiblement content de la satisfaction de ton apprenti du soir. C’est toujours avec le même pas badaud que tu pars récupérer ta tunique, pour la jeter négligemment par-dessus ton épaule, avant d’empoigner ce qui deviendrait ton véritable problème.
Si la parole leur avait été donné, la moindre des fibres de ton corps aurait hurlé à la mort au moment où tu as vainement essayé de soulever l’intégralité des lingots avec lesquels tu as l’habitude de travailler depuis ton arrivée à Alëandir. Toujours accroupi, tu lèves le regard vers ton cadet, captant son attention avant même avoir pris la parole. Moins embrumé par l’épuisement que tu ne l’étais, là où tu n’avais pas un instant pensé à ton retour en ville, Fenris avait dû anticiper le fait que tu ne serais certainement pas en état de transporter presque l’équivalent de ton poids en métal sur l’épaule.

- Fenris ? tu appelles l’Aigle, quelques peu gêné Qu’est-ce que tu dirais de rapprocher un peu l’heure de la prochaine fois ? J’aurais bien besoin d’être allégé de quelques livres.

Le retour jusqu’à la forge serait long. Très long.


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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Jeu 14 Sep 2017 - 13:33

Tandis qu'Artiön le soignait, Fenris resta parfaitement immobile. Ce n'était pas douloureux, tout juste désagréable. Quelques petits picotements, rien de plus. Lorsque le soigneur eut finit, le Tel'sorn le remercia avant que chacun de parte de son côté du terrain. Le jeune homme alla d'abord récupérer ses affaires restées au pied du même arbre depuis que le mage lui avait demandé de retirer son armure. Il rangea ses deux lames dans leurs fourreaux avant de les attacher dans son dos. Puis, prenant sa cuirasse d'une main, il se dirigea vers l'une des petites fontaines posées contre le bâtiment offrant ainsi aux soldats la possibilité de se rafraîchir et de se désaltérer pendant l'entraînement. Il plaça une main sous le filet d'eau avant de s'en asperger le front pour retirer un maximum de sang résiduel de sa blessure.
Il en était à son troisième ou quatrième essai lorsqu'un bruit métallique attira son attention. C'est alors qu'il aperçut Artiön s'apprêtant à soulever ses livres de fer pour les remporter les dieux savaient où. L'entraînement avait vidé Fenris de ses forces mais il n'osait imaginer l'état du Commandant qui avait couru peut-être une heure avec ces poids avant qu'il n'arrive et ne décide de le prendre sous son aile. Ils ne seraient pas trop de deux... Et c'était la moindre des choses après ce qu'il venait de faire pour lui. Passant une derrière fois la main sur son front trempé, il constata qu'il était propre et fit demi-tour avant même qu'Artiön ne l'appelle. Il sourit à la proposition sur l'heure de l'entraînement et ne répondit pas, se contentant de ramasser l'un des poids de sa main libre pour l'aider à rentrer.

Fenris ne pensait pas ses muscles aussi endoloris. Lorsqu'il souleva le métal, il avait l'impression d'être faible, comme si son corps lui répondait à contre cœur. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle fatigue physique mais il devrait probablement s'y habituer. Le Commandant n'avait pas l'air de faire dans la dentelle en matière d'entraînement.

-J'imagine que vous avez emprunté cela à la forge ?

Sa voix était presque étranglée sous la charge. Heureusement, il le faisait que le garder à bout de bras mais les premiers pas seraient difficiles... Puis il s'habituerait avant que la longueur du trajet ne le fasse peiner de nouveau. S'il devait s'entraîner avec des poids plus lourds que son armure et ses épées réunies, alors il aurait tout intérêt à se montrer ingénieux pour ne pas se retrouver dans la même difficulté que lui prochainement.
Ensemble, ils parvinrent jusqu'à leur destination, non sans finir par faire un arrêt ou deux pour détendre leurs muscles devenus plus durs que la pierre et changer de bras par la même occasion. Lorsque tout fut apporté et rangé à sa place, les deux hommes se quittèrent en se donnant rendez-vous pour la suite de l'entraînement de Fenris. Le Tel'sorn rentra ensuite dans ses quartiers. Il se coucha après une rapide toilette et n'eut pas un instant pour penser à Halyalindë. Son corps meurtri par l'exercice força son esprit à s'éteindre et il ne lui fallut que deux respirations pour s'endormir d'un profond sommeil...
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MessageSujet: Re: Terrains d'entraînement | Souffrir c'est guérir [PV Fenris]   Ven 15 Sep 2017 - 23:03



- Tout juste. tu entonnes dans un râle d’effort Heureusement elle n’est pas bien loin.

Sauf que la conception de proximité est toute relative, en particulier lorsque l’on parle d’individus dans un état comme le vôtre. Vous ne feriez pas le trajet d’un trait, voilà qui est certain, mais vous le feriez probablement plus vite que tu ne l’aurais pensé au moment où tu demandas à l’Aigle cette faveur.
Si seulement il te restait assez d’énergie pour te permettre d’en arracher un peu à ton dos, à tes jambes et à tes épaules pour en offrir la moindre miette à tes zygomatiques, alors tu tenterais d’esquisser un sourire. Ne serait-ce que pour conforter le Tel’sorn dans ses efforts. Tu n’avais pas le moindre doute sur le fait que le petit Fenris ait eu de la force à revendre, il en faut s’il on veut pouvoir porter le nom de soldat de l’armée Sylvaine, mais tu ne lui aurais pas imaginé la volonté d’autant t’alléger.

- Un instant…

Tu laisses échapper dans un soupir las, la requête en réalité perdue sous le fracas des barres de métal cognant les unes contre les autres alors que ta part trouvait le chemin du sol, rapidement suivi de celle de ton cadet. Une fois, deux fois, trois fois peut-être, ce fut la même chose. La charge abandonnée pour quelques minutes, le temps pour vous de rouler vos muscles sans qu’ils ne soient dans un état inimaginable de contraction, histoire de ne pas vous retrouver pétrifiés de courbature une fois que viendrait demain… ou par les vives crampes qui marqueraient le pas de trop. Elles furent l’occasion pour Fenris de continuer d’apprendre dans une joie douloureuse ces pauses. Dès la première tes doigts s’enfoncèrent entre les nœuds de sa nuque, de ses trapèzes, de ses deltoïdes et de son dos, malaxant vigoureusement les muscles tétanisés jusqu’à ce que les pelotes démêlées ne communiquent plus comme sensation que l’agréable sentiment de flotter dans la bouillie faite de son propre corps.
C’était en partie ta précision dans ce genre de gestes qui faisait de toi un bon guérisseur. Oh, après avoir connu leurs premiers entraînements sérieux, ils se font de plus en plus rares les soldats incapables de correctement masser, mais les quelques hésitations de Fenris à la recherche de tes points de pression, et ce qui te paraissait être une certaine réluctance à t’infliger la moindre vraie douleur, malgré toutes les fois où tu auras pu lui rassurer ne pas t’en préoccuper faisaient toutes les maigres différences qui marquaient la divergence de vos centres d’intérêts. Ainsi aurait-il appris une chose de plus de toi ; certainement bientôt viendrait le jour où il te rendrait la pareille.

- Prêt ?

Et vous sentant l’espace de quelques instants comme renouvelés, vous entamiez la suite de votre marche, sachant très bien que tout serait bientôt à recommencer, et ce jusqu’à la bénie fin du parcours. Fin d’une bataille, annonce de la prochaine. À peine votre calvaire prenant fin que vous fixiez l’heure de son retour, pour mutuellement vous abandonner à une nuit de repos plus que méritée. Voilà bien longtemps que ton éponge ne t’avait pas paru ni aussi lourde, ni aussi agréable contre ta peau encrassée de sueur et de poussière. Ta couche par contre, fut sans réelle surprise, puisque tu eus à peine le temps de l’apprécier avant de sombrer dans le sommeil.

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