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 Divide et impera

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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Divide et impera   Dim 17 Juil 2011 - 21:58

C’était comme un incendie.

Une agitation tantôt angoissée, tantôt fiévreuse, pour ne pas dire alarmée s’était répandue au sein de la résidence comme un feu grégeois sur un chebec. Elle était arrivée. On percevait, dans chaque jardin, chaque couloir et chaque alcôve, le bourdonnement de dizaines d’intéressés : apothicaires obséquieux, astrologues aux museaux sinistres, artistes en quête d’un protecteur ou encore jeunes rodomonts au sang bleu qui jouaient de toute leur influence afin d’obtenir un logis au sein du palais. Ce dernier, autrefois propriété des châtelains d’Aphel, faisait partie d’un lot de biens, comprenant notamment quelques domaines, récemment offerts en remerciement à la Candace de Soltariel pour sa bienveillante protection.

Seul un esprit chagrin aurait trouvé à redire sur les auto-remerciements ducaux.

A la hâte, la demeure avait été retapissée de draps brodés d’argent, de tapisseries d’Aspremont ou encore d’étoffes langehackoises tandis que des sculptures en ronde-bosse faisaient leur apparition dans tout ce que l’alcazar comptait de renfoncement. Les plafonds n’étaient pas en reste, plusieurs peintres soumettant des croquis afin d’habiller les voûtes, encore trop nues aux goûts de la Dame.

Cette dernière, prétendument harassée de fatigue après une partie de paume, se reposait à l’étage, dans une petite salle aux parois de couleur ocre où même la lumière, améthyste après son passage à travers quelques vitraux, semblait se prélasser. A demi-allongée sur une ottomane, la duchesse laissait son regard vagabonder, à travers le moucharabieh, sur les jardins en contrebas où trois condottieri péroraient sur leurs quartiers de noblesse à côté d’un groupe d’enfants, portant pour tout vêtement de simples pagnes, qui folâtraient dans un bassin, aspergeant une gouvernante à la mine déconfite. Non loin, là où courait un petit sentier pavé à l’ombre d’un acacias de Soltariel, avançait un homme qui, malgré ses riches atours, tenait davantage du ruffian que du nobliau.

Un sourire s’étira paresseusement sur les lèvres carmin la maîtresse de la Sauge et du Laurier tandis que, dans un souffle, elle murmurait pour elle-même : « voila mon invité… »

Le coquin fut accueilli par des paroles affables, la Dame l’invitant, d’un geste ample qui se perdit dans la manche de soie de sa robe, à prendre place sur l’un des divans tandis qu’elle envoyait son échanson quérir une amphore de carenum, un vin liquoreux dont le raisin avait fermenté, entre autres fruits, avec des coings. Tandis que le valet revenait en portant, en sus, un plateau d’argent garni de d’oublies, de nèfles ainsi que de tuiles Inès mit fin à ses amabilités et autres salutations protocolaires pour diriger la conversation sur un tout autre terrain.

« …croyez bien, messer Manolesti, que mon cœur se réjouit de voir que, malgré les dangers que les richesses font courir à l’âme – l’ambition aveugle, entre autres maux – , la noblesse d’Ydril conserve de dignes représentants. » elle laissa le temps à l’échanson de servir un canthare de vin à son vis-à-vis avant de poursuivre, sur le ton de la confidence « néanmoins, si, lorsque j’ai appris votre présence à Aphel, je vous ai convié, ce n’est guère vous irriter les oreilles avec la politique et la faune de la cour. » lança sans rougir Celle Qui Eclaire le Monde « non, si j’ai tout particulièrement désiré vous rencontrer c’est pour aborder l’Art avec vous. »

Elle marqua une pause, car il était de bon aloi, dans le milieu, d’en marquer une après ce type de phrase.

« J’ai ouï dire que l’élément de l’air ne vous était guère inconnu et je ne puis vous dissimuler mon…intérêt pour la matière. Tout particulièrement pour ce qui a trait à l’esprit, la magie est si surprenante, n’est-il pas ? Je serais fort aise que nous profitions de votre séjour ici pour en discuter… »
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mar 19 Juil 2011 - 23:29

Ainsi la duchesse avait demandé au vicomte et mécène Manolesti une entrevue et comme tout bon vassal et commerçant du duché de Soltariel, Vincente n’avait pu que répondre présent à cette invitation. Il avait été quelque peu surpris que son nom soit connu de la duchesse mais sans doute celle-ci l’avait retenu des chasses auxquels les deux mondains avaient participé. Une lutte s’était engagée dans son esprit entre le noble marchand et le pirate; entre l’excitation de se faire un client supplémentaire et continuer à étoffer sa clientèle et les appréhensions que son identité soit découverte, bref l’état d’esprit habituel face à un nouveau gogo. Le rendez-vous avait été fixé dans une des demeures ducales situées dans la baronnie de Sybrondil et Manolesti avait décidé de couvrir la distance à cheval, une expérience que l’on ne peut retrouver en mer, une des rares qui ne puis être comblée par cette maitresse océane. Ainsi donc le noble et son escorte, composée notamment de Bash et de quelques chevaliers parcouraient les sentiers vers leur destination, distribuant quelques oboles ou sanctions selon les situations qui se présentaient à eux. Tout en chevauchant le pirate avait les yeux qui scintillaient, car la réputation de la duchesse et surtout de son énorme bibliothèque magique, faisait naitre bien des convoitises dans les pupilles de ce brave-Qui a dit cupide ?- Vincente.

Une fois arrivé et démonté, on guida le marchand à travers divers chemin et cours intérieures pendant que sa suite était aiguillée dans des quartiers moins chatoyants. L’architecture était raffinée et très ouvert, faisant profiter la maisonnée des grâces de l’astre solaire. Enfin il fut introduit devant la maitresse de maison, laquelle il gratifia de moult bénédictions et autres flatteries : « Duchesse, astre du jour et de la nuit sur votre duché...blablabla…que votre bonté émerveille la péninsule…blablabla » Si la bouche s’essayait à cet exercice, les yeux du pirate rompus à l’art de la rapine scrutaient avec méfiance et avidité son interlocutrice et son joli minois qui semblait subir les compliments. Après ses devoirs protocolaires, le noble n’était pas contre étancher sa soif dans un vin ma foi assez gouleyant qu’on lui avait servi tout en écoutant la damoiselle lui expliquait le but de sa présence en ces lieux.

" Hum, l’art…la magie. Votre grandeur, je ne vous savez pas porter sur le sujet. " Dit-il non sans une pointe de cynisme. " Je serai honoré de discourir avec votre personne sur cet art, mais en tant que marchand mon temps est précieux, peut-être qu’une…compensation me permettrais de disserter à loisir sans avoir l’esprit trop occupé par des soucis d’ordres...professionnels. "
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mer 20 Juil 2011 - 14:39

Un air contrarié s’invita sur le visage de la duchesse tandis qu’elle répondait d’un ton sans appel « Vicomte, seriez-vous en train de dire que vos activités » nous ne reviendrons pas sur la capacité d’Inès à faire comprendre à son interlocuteur lorsqu’elle s’exprimait en italique « seraient plus importantes que l’insigne honneur de s’entretenir avec la Callipyge Naïade du Tyrion ? Non, je ne peux le croire et assurément vos paroles n’exprimaient pas le fond de votre pensée, vous savez bien que mon amitié vaut tout l’or du Monde… » trancha la thaumaturge en écartant la proposition d’un geste de sa dextre.

Puis, paraissant oublier l’incartade du pirate, elle poursuivit « j’imagine qu’il n’est guère nécessaire de vous expliquer l’utilité que l’on peut trouver, dans les cours, à connaître quelques tours. L’art d’altérer l’esprit peut paraître, aux yeux d’un conjureur habitué à déverser des torrents de flammes, quelque peu frivole. Néanmoins, pour qui voit la noirceur de la civilisation, la face cachée des mots et leur véritable puissance, c’est au contraire l’art majeur, la quintessence de la magie… » elle se redressa, en poursuivant « que nous chaut de voir certains maîtriser le feu, pérorant sur leur puissance, pavoisant avec leurs méthodes archaïque lorsqu’un mot, seul, parfois, cause plus de dégâts qu’un gigantesque brasier? »

Elle désigna, à travers le moucharabieh, les trois condotierri en contrebas « voyez-les débattre, chanter les louanges de leur force. Cette force trouvera s’employer à travers des mots. Pour nous qui nageons au sommet de ce Monde, notre intérêt ne se trouve pas dans la maîtrise de l’énergie brute, comme les mages des Premiers Temps, mais au contraire dans la subtilité. » Cette fois, la Maîtresse de la Sauge et du Laurier plongea ses yeux dans ceux du ruffian et continua « reconsidérez donc l’importance de ce que je vous propose. »



L’homme passait nerveusement sa langue sur ses gencives tandis qu’il écoutait la proposition de la Dame. La pimbêche balayait sa demande ! Comme ça, d’un revers de main, oui madame ! Pourtant, qu’est-ce que quelques piécettes pour une donzelle drapée de soie, hein ? Cependant, fallait bien admettre qu’elle savait dégoiser et que sa proposition n’empestait pas le souffre et puis…la drôlesse avait tout de même le fessier sur le trône de Soltariel, dégobiller sur sa proposition n’aurait peut-être pas été la meilleure chose à faire… qu’est-ce que ça lui coûtait, dans le fond, d’accepter ?

« Qu’il en soit ainsi, duchesse. J’accepte. » lâcha Vincente, l’air un peu contrit.



Tandis que, chez le forban, le souvenir factice nageait encore entre deux eaux, celles des songes et de la réalité, la Dame murmura : « Soyons bons amis, messer Manolesti. Qu’il ne soit pas nécessaire de recourir à ce type de tricherie entre nous... » en lui adressant un sourire énigmatique.
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mer 20 Juil 2011 - 18:52

La duchesse n’avait pas l’air enchanté par la transaction, elle occulta pour ne pas dire balaya la proposition et commença à palabrer sur la puissance des mots, du langage et des idées crachant sur la force et sur l’aspect spectaculaire de la puissance. La douce avait une position intéressante dans ces idées mais sans connaitre son passé, vincente gagea qu’elle n’avait jamais dû tuer quelqu’un pour survire, pour manger, pour imposer son propos. Pour le pirate, les jeux d’esprits étaient aussi bien cantonnés à la cour que la duchesse le faisait remarquer sur les mages cracheurs de feu. La force était la force et tout le monde était égal devant elle. Les mots n’étaient que son, vibrations dans l’air, code que les humains qui en avaient les clés comprenaient; toute la force des mots se réduisait à l’importance que l’on avait d’eux. Alors qu’une lame en travers du corps, un poing tel un marteau s’abattant sur une mâchoire faisant pleuvoir sangs et dentition; cette force était avérée, objective.

Soudain, le noble se sentit enivrée, ses pensées se dissipèrent devinrent brumeuses et il repensa à une scène qui venait de se produire quelques instants plutôt. Il se voyait là, admirant la donzelle, sa beauté, sa posture décontracté, elle et son statut lui demandant aide et lui ne pouvant que se plier tel le serviteur qu’il était devant un devoir si beau, si noble. Elle lui souriait en lui proposant son amitié, le noble marchand n’avait qu’une envie, sautait de son fauteuil et mettant genou à terre baiser les pieds de sa maitresse en lui donnant son âme en cadeau. Cela aurait pu marcher, cela aurait dû marcher, mais voila Manolesti n’était pas le noble marchand, il était la vipère noire, flibustier téméraire qui ne croit qu’en lui et dont les seules maitresses sont la mer et la liberté. Trop de chose clochaient dans ce souvenir, lui crispé ? En présence de vin et de femmes ? Nonnn et puis il était trop égocentrique pour voué un culte à une autre personne que la sienne.

Il se leva et alla voir les spadassins que l’on lui avait désigné, au passage il remarqua que son équilibre était intacte et que le vin n’était pas la cause de cet enivrement passager, d’ailleurs pour un marin, être grisé après le premier verre de vin était d’une honte sans nom. Il émit un reniflement et cela le frappa, la duchesse sentait bon mais cela n’avait rien à voir avec le parfum de la pièce ou qui émanait de la jeune femme, non c’était l’odeur de la magie. Chacun avait sa perception de la magie et pour le pirate, il pouvait la sentir parfois même la voir et chacune avaient une odeur différente selon le type et l’utilisateur du sort. Décidément cela en faisait trop, il y avait de la supercherie dans cette affaire; la dernière phrase de la noble finissait le reste de doute qu’il subsistait.

* Tuer une duchesse, question réputation je gage que c’est ronflant. * Manolesti n’aimait pas que l’on se joue de lui et comme la laïus plus haut tentait de l’expliquer son truc à lui c’était les bains de sang, les savatages de chetron GRAVE DANS TA FACE !!!!!....désolé amis lecteurs, quoiqu’il en soit, le pirate l’avait un peu mauvaise mais ne laissa pas transparaitre son agacement :

" Ma dame, je suis votre humble serviteur, et le plaisir de vous satisfaire me rempli de joie, maisss….peut-être que si nous pouvions examiner plusieurs de vos traités de magie ou la réception d’une récompense plus substantielle en tant que votre conseiller en " art ", paraitrait moins fâcheux du fait que je devrais m’éloigner de mes affaires un moment. Bien sur je me plierais à la décision et la générosité de votre magnificence. "
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Jeu 21 Juil 2011 - 16:18

Un sourire ravissant éclaira le visage de la Belle tandis qu’elle répondait à la Vipère : « Ma collection recèle quelques perles, effectivement…dont bon nombre sont encore à découvrir, certains traités s’étant révélés particulièrement obscures du fait de leur rédaction dans des idiomes pour le moins archaïques… votre récompense, ainsi, serait à l’étendue de votre propre investissement, messer ! Je suis, en outre, disposée à vous faire l’insigne honneur du titre de Conseiller en Art, vicomte. Cela vous garantirait une place à la cour de Soltariel, une entrée dans la Compagnie du Ponant et ses…facilités. A n’en pas douter, mon cher, vous n’auriez pas à regretter d’ajourner quelque expédition ! » elle posa un doigt fuselée sur sa joue, l’air ingénue, avant d’ajouter : « J’ai souvent entendu dire, par des négociants d’expérience, que les meilleurs affaires ne se font guère sur des transactions en espèces sonnantes et trébuchantes mais au contraire sur le gain de certaines positions qui permettent, par la suite de...mettre des rubis dans son or ? »

Puis, invitant son vis-à-vis à reprendre place, elle manda un serviteur à qui elle ordonna d’apporter une certaine malle. L’objet paraissait taillé à même un seul et unique tronc de bois sombre que l’on avait, çà et là, rehaussé d’argent ciselé avec soin, histoire de faire bonne figure. « Comprenez bien que je ne pouvais tout emporter avec moi, néanmoins il me paraît inutile d’entamer notre recherche par une bibliothèque entière, n’est-il pas ? » parut s’excuser la Dame tandis qu’elle ouvrait coffre.

Lourds codex, grimoires aux illustrations impies et autres ouvrages interdits se querellaient pour de l’espace, comme animés d’une vie propre. Les titres de certains traités étaient rédigés dans des alphabets morts de puis des générations, d’autres, plus modernes, paraissaient avoir été écrits par des êtres n’ayant pas la moindre idée de l’orthographe, se contentant d’apposer phonétiquement des mots, voire parfois de vagues concepts qu’ils désiraient transmettre. C’était comme découvrir des antiquités de diverses civilisations qui ne s’étaient jamais rencontrées.

« Obviam Sapientissima » murmura Inès en caressant, de sa main droite, la couverture d’un codex « il recueillerait nombre des secrets d’une grande thaumaturge. Outre les riantes anecdotes du type «vous ne lisez le livre, il vous lit » que tout ouvrage de bonne renommée se doit de posséder, il a avant tout la particularité d’être écrit dans un Olien relativement peu…académique. Rien de bien magique dans les migraines que cause cette œuvre, le déchiffrer vous met les nerfs à vifs. Cependant, je suis persuadée qu’il est possible d’en tirer quelques profits autres que pécuniaires. »

Puis, agitant une main ornée d'un bracelet d’or blanc, elle ajouta : « A moins que votre attention n’ait été retenue par un autre texte ? »
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Ven 22 Juil 2011 - 23:47

La négociation touchait à sa fin, le vicomte avait réussi à bien manœuvrer sa barque et l’accord était des plus satisfaisants. Il alla se renfoncer dans le fauteuil que la duchesse l’invitait à prendre. Lorsque la lourde malle fut posée à terre et qu’on l’ouvrit, le visage du pirate resta impassible mais il bouillonnait intérieurement :

* Ahaha, c’est le gros lot, mon vieux. * De tels ouvrages pouvaient recelaient bien des secrets et une puissance jusqu’alors inexploitée. Vincente se demanda un instant si son accoutumance voire sa dépendance à la magie ne devenait pas un problème mais il balaya rapidement cette idée, devant le nombre de recueils. Il se resservit un verre de vin puis adressant un sourire complaisant à la duchesse :

" Ma dame, lumière dans la nuit, j’accepte avec joie votre offre plus que généreuse et prendrait grand soin de la tache que vous m’avait confié ainsi que des présents que vous m’offrez. Je serais vous satisfaire à la tache que vous m’avez confié et… "

La suite n’étant que palabres et autres compliments si sirupeux que le simple fait de les entendre vous donnerez le diabète rien qu’à les écouter, on va avancer à " quelques minutes plus tard ". Ainsi après avoir gazouillé-ou vomi selon le point de vue- son flot de compliments et de remerciements d’usage, le pirate transvasa d’un geste fluide et rapide l’ouvrage que la duchesse tenait en main afin de mieux étudier le grimoire. La couverture faisait son petit effet mais bien sur le plus intéressant était son contenu et effectivement la bougresse n’avait pas menti en vantant le patois illisible qui était sensé nous vantait ceci ou cela, bref, l’analyse et le décryptage ne serait pas aisé mais la récompense serait probablement à la hauteur de l’investissement. Quoiqu’il en soit il aurait été malvenu de commencer le travail si vite et de ne pas porter son attention à l’astre qui illuminait la pièce. Le pirate sembla déjà éreinter à l’idée de devoir faire des courbettes toute la sainte journée pendant cet arrêt et commença à penser que si le séjour durait trop longtemps il devrait tuer protocole ainsi que la noble et brulait le château.

Il se concentra de nouveau sur son hôtesse :

" Je suis sur que cette amitié sera longue et pérenne, quand souhaitez-vous commencer ? "
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Dim 24 Juil 2011 - 9:39

Les sourcils de l’Impératrice de l’Eris s’arquèrent en d’élégants circonflexes tandis qu’elle répondait, sur un ton étonné : « mais immédiatement voyons ! ».

Elle avait horreur d’avoir à patienter.

Un pouf se vit promouvoir au rang de bureau de travail alors que des tapis moelleux étaient gratifiés du titre de fauteuil. Davantage de vin fut apporté. Non tant pour se libérer l’esprit, comme le préconisent certains shamans au tarin ravagé par l’alcool, que pour trouver le courage d’affronter un codex écrit dans pareil sabir. Ce volapük qu’était l’olien, ancien de surcroit, était desservi dans le présent ouvrage par une cacographie abominable. En outre, les définitions pouvaient grandement varier au sein de cet idiome réfractaire à sa lecture, le même mot pouvant désigner un animal, un verbe voire une forme particulière de ponctuation. Nulle besoin de préciser que le grimoire paraissait présenter un amphigouri digne de figurer dans les annales.

Pourtant, lorsque l’on se sentait prêt à abandonner, le cerveau menaçant de dégouliner par les oreilles, on était touché par l’étrange sensation que la dysharmonie n’était qu’une croûte recouvrant une œuvre d’une délicatesse si rare, si fragile que le simple fait de l’exposer trop directement aux regards suffirait à la briser. Parfois, la sensation se faisait si forte que l’on était sûr d’être tout prêt de l’exposer, là, dans la Lumière, mais, systématiquement, cela revenait à croire dans un trompe-l’œil. Le grimoire avait-il été écrit par quelque sadique pour en faire un labyrinthe où le lecteur ne cesserait de se perdre dans des chausse-trapes ? On ne pouvait se départir de cette idée.

Plusieurs palimpsestes furent noircis par l’improbable duo dans ses tentatives pour percer les secrets du livre, il alla même jusqu’à s’essayer à d’invraisemblables croquis ésotériques aux formes dérangeantes et de nombreux opuscules rédigés par de doctes personnages se retrouvèrent consultés après des années passées dans l’ombre. Lorsqu’il fut évident qu’aucune solution ne serait trouvée avant la nuit, une chambre fut offerte à Vincente, avec l’assurance que les recherches reprendraient le lendemain.

Ce ne fut qu’une fois l’après-midi bien entamé qu’il rencontra à nouveau la Dame afin de poursuivre leurs études. Des pistes furent explorées, rejetées puis explorées à nouveau à travers une autre approche. Sans conteste, la connaissance prisonnière du codex était à l’image de son sujet : aérien. La vue, seule, ne suffisait pas à la percevoir, elle était trop légère, trop agitée pour s’immobiliser sous le regard.

Les Arcanes de l’air ne se limitaient pas aux bourrasques mais englobait également le Monde de l’esprit. Peut-être était-ce là que se dissimulait la clé…
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mar 26 Juil 2011 - 0:52

" Et la catin lui répond « parce que tu crois que jte l’ai refilé gratis. » Arhhhahahah. " Le pirate dans son grand rire regarda le visage imperturbable de Bash afin d’y desceller ne serait-ce qu’une infime réaction. Il lui sembla un instant y voir une minuscule constriction des muscles maxillaires…une ébauche de rictus; Vincente sourit :

" Ouais, t’ as raison, elle est excellente. "

C’est à ce moment là, qu’un serviteur vint lui annoncer que la duchesse était prête afin de réitérer l’exercice de la veille et qu’il était son guide pour le mener à sa maitresse. Ainsi on parcourra couloirs, corridor et jardin intérieur; pendant que Manolesti pensif repensa aux recherches infructueuses de la vieille. Le codex était resté hermétique, ne laissant entrevoir aucun de ses secrets et la fatigue du voyage et le vin n’avait pas facilité le travail. On lui ouvrit la porte et il passa l’entrebâillement les mains dans le dos pour découvrir une Inès qui avait rangé au placard la prestance et la lourdeur de son titre pour endosser le rôle de fille espiègle et scientifique. Elle était en tailleur entouré de papiers et de livres ouverts et en réponse à l’homme au chapeau tirant sa révérence elle adressa un : J’ai commencé sans vous, cher ami.

Il avança, dans la pièce et se servit un verre de vin d’un carafon posé sur une petite table à côté de la duchesse. Il alla à la fenêtre et jeta un coup d’œil avant d’aller imiter sa consœur et s’asseoir près d’elle. On en était venu à plusieurs théories et une qui valait bien les autres; le livre pouvait avoir été crypté de manière magique. Réceptif à la magie de l’air et aux illusions qu’elle pouvait occasionner, on essaya d’abord de faire s’élever l’ouvrage dans la pièce, mais cela n’eut pas vraiment de résultat. La duchesse convaincue qu’un sort protégeait le livre, un sort d’illusion qui ne pourrait être brisé que par une autre illusion. Elle décida sans plus attendre de tenter l’expérience et se concentra faisant émerger l’odeur que le pirate avait pu sentir lors de leur premier entretien, sans doute tentait-elle de briser le sort par un sort de son cru. Une étrange réaction se produisit autour du codex, une captation de la lumière se créa assombrissant la pièce où se tenait le livre pendant que ses pages se feuilletaient dans un rythme rapide. Puis tout s’arrêta et la lumière revint, la pression dans la pièce qui s’était crée retomba et on examina l’ouvrage mais apparemment rien n’avait l’air d’avoir changé. Cependant, on pu noter que certains mots ou phrases paraissaient plus clair, le cadenas du sort avait sans doute était ébrécher et une traduction nouvelle était donc apparue.

Il en manquait peu pour que le texte soit totalement traduit et délivre enfin le message que le sort dissimulait. Le pirate pensa qu’il pourrait remplir cette tache; le menton posé sur le poing, le regard vide posé sur le livre, il était au travail. Pensant berner le sort protecteur, il développa son aura magique et tel un architecte, commença à conceptualiser sa tromperie. Il essaya de doser la complexité de son œuvre, ne sachant à vrai dire comment allait réagir ce sortilège de protection; mais le fait que le texte avait déjà commencé à changer laisser penser que Vincente n’aurait pas à se surpasser sur ce coup-ci. Cependant autant que pour s’exercer dans son art et parce qu’il aimait le travail bien fait, le mage soigna les détails, créant l’illusion d’une duchesse de Soltariel. En effet Inès excédait par la résistance de l’œuvre laissa échapper un petit cri de rage avant de s’emparer de l’œuvre et de jeter celle-ci dans le brasier de la cheminée sur le mur sud de la pièce. Les flammes léchèrent la couverture puis le papier, des petits morceaux de feuilles se noirciraient avant de s’élever dans la chaleur et la fumée pendant que le vicomte se disputait avec la duchesse sur la sottise de cette action. Le codex finissait calciné sur quelques buches qui continuaient de crépiter pendant que les restes du livre s’écroulaient sur le fond en pierres noires du foyer.

Après avoir finalisé l’image, Manolesti essaya d’implanter l’image ce qui lui paraissait plus difficile à placer n’ayant effectué ce sort que sur des êtres humains voire quelques animaux; mais un sort de protection ? Quoiqu’il en soit la réaction ne se fit pas attendre et peu de temps après avoir implanté l’illusion au livre, celui-ci se mit de nouveau à émettre une étrange lumière, la pièce de nouveau s’assombrit légèrement avant qu’une légère bourrasque souffle dans la pièce faisant voler quelques papiers alentour. De petites décharges se créèrent autour du livre, puis celui-ci s’ouvra et resta inerte, la luminosité revint à la normal et le texte s’effaça puis revint avec une traduction nouvelle. Le secret semblait enfin percé; Vincente qui sortait de sa concentration sourit à la duchesse en servant deux verre de vin :

" Il semble chère duchesse que nous ayons réussi à lever la protection qui planait sur l’ouvrage. Votre voix cristalline nous ferait-elle l’honneur de la lecture ? "
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mer 27 Juil 2011 - 21:29

Il y avait quelque chose de vaguement inquiétant à tromper un sort de protection, à lui faire voir sa mort, comme s’il s’était agi d’un être fait de chair et de sang. Certes, comment faire disparaître une illusion, qui s’attaquait à l’esprit, si ce n’était en lui répondant par ce biais ? Pourtant, il n’en demeurait pas moins qu’une sensation désagréable remontait le long de l’échine de la duchesse. Jusqu’où la thaumaturge à l’origine du grimoire avait-elle poussé ses connaissances ? Avait-elle cherché à tromper la Mort par quelques incroyables tentatives ?

Qu’importe, dans le fond. C’était à son savoir, non à son spectre, que le duo s’intéressait.

D’une voix claire, la Dame entama la lecture du codex, les mots semblant ricocher étrangement à l’intérieur de la bouche de la Sublime avant de pointer leur vilain museau, tout fripé, comme s’ils ne s’attendaient guère à être prononcés par un être de ce Monde. A la déception d’Inès et sans doute au bonheur de Vincente, le texte ne se focalisait guère sur l’esprit mais au contraire sur une utilisation bien plus brute de la magie. La sorcière avait vécu durant une époque troublée où les pratiquants de l’Art se livraient des guerres acharnées, usant des éléments comme une galère use de sa chiourme. Par conséquent, les conseils qu’elles prodiguaient à ses disciples portaient sur une utilisation destructrice de la puissance.

« Les hydromanciens, ces capitans, se gaussent de nos conflagrations, blottis derrière leurs murailles aquatiques. Que la colère du tonnerre s’abatte sur eux et ils brûleront comme les autres ! » S’enflammait parfois l’auteur, d’une écriture tremblotante, comme en proie à une colère incommensurable lors de la rédaction de l’ouvrage. Ce dernier, dans certains passages plus scolaires, expliquait avec maints détails les manières de recourir à la foudre. Visiblement, cette partie du codex était destinée à former les disciples de la magicienne en vue d’un quelconque affrontement aujourd’hui oublié.

« Je crois, Vicomte, qu’il se révélerait plus…judicieux de poursuivre en extérieur. Je ne tiens pas à voir cette demeure en proie aux flammes or les écrits de la sorcière sont relativement précis concernant les conséquences... »

Accompagné de deux dizaines d’eunuques armés pour la guerre et autant de valets armés pour répondre à d’éventuels caprices, le duo gagna alors une clairière, située non loin d’Aphel, où la pratique ne risquerait guère de provoquer trop de dégâts. Tout du moins qui n'impliquerait pas d’évacuer plusieurs quartiers de la ville.
Les larbins s’empressèrent d’aménager, dans un coin, un petit campement avec tapis, poufs et coussins aux formes hétéroclites tandis que la Divine poursuivait la lecture en compagnie du Vicomte.

« Messer de Manolesti » entama soudainement la Sérénissime, d’un air mutin « J’ai toujours rêvé de voir la foudre s’abattre sur un arbre pluricentenaire. Cela doit être un spectacle époustouflant… » paraissant s’octroyer un instant de réflexion, elle ajouta d’une voix indéfinissable « Vicomte…l’orme, à l’autre bout de la clairière…faites-le brûler. »
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Dim 31 Juil 2011 - 2:55

Ainsi après avoir commencé la lecture, on déplaça l’expérience dans un lieu plus propice à son développement. Vincente se frottait déjà les mains d’une telle découverte, un sort des plus fascinants assurément et qui plus est, offrant de multiples applications. La duchesse et sa suite établirent un petit camp et après avoir avancé un plus la lecture la damoiselle lança à l’intention du mage :

" Vicomte…l’orme, à l’autre bout de la clairière…faites-le brûler. "

Cette demande voire cet ordre était sorti de nulle part et le pirate se senti légèrement désappointé. Il venait à peine d’user d’un sort pour tuer l'illusion qui protégeait le livre –rien que ça, oui monsieur- et déjà on lui demandait de foudroyer un arbre avec une technique qu’il ne connaissait nullement. Cela lui rappela sa première communion avec une dame; la scène se situait dans les jardins du château familial lors d’une réception. La belle était plus âgée que notre protagoniste et elle était mondaine de surcroit mais malgré l’anxiété du ballet de deux corps fougueux et la perte d’un pucelage imminent le nobliau du haut de ses quatorze printemps eu ce trait d’esprit : Quand faut y aller, faut y aller.
Ainsi Vincente sortant de sa nostalgie et après avoir fait un clin d’œil imaginaire à son jeune double, rétorqua à la duchesse sur un ton des plus humble :

" Je le ferai bruler en votre honneur, sérénissime. "

Selon le manuel de la thaumaturge, les conseils et le mode d’emploi pour lancer ce sort ne manquaient pas. Le sort de la foudre était lié au style de l’air et cela était déjà un bon point. Au travers des divagations véhémentes on apprenait que le sort pouvait être crée à partir de la rencontre de deux vents formés et condensés créant ainsi un éclatement en une décharge électrique. Du moins ce que comprit le mage dans les grandes lignes, il se posta donc face à l’arbre les deux pieds ancrés dans le sol comme-ci un duel allait se jouer entre le végétal et l’humain. Manolesti expira profondément tout en appelant à la concentration, il positionna ses mains l’une au dessus de l’autre afin de former un ersatz de sphère et en puisant dans son énergie et en essayant d’happer le moindre vent environnant il essaya de concentrer le tout dans la zone formée par ses mains; le principe lui rappelant sa technique des disques d’air ou comme il aimait les appeler : les messagers tranchants.

Après quelques minutes la sphère d’air quasi-imperceptible s’obscurcit, variant du translucide au gris foncé puis au poix noire. L’air que l’on sentait déjà chargé en magie se densifia pendant que le ciel devint sombre et qu’un vent se leva. Cela devenait dur pour le mage de maintenir la cohésion de cette boule dense et qui ne demandait apparemment qu’a exploser, des décharges électriques d’abord invisible vinrent à se mouvoir en véritable éclairs de petites tailles autour du pirate et de ses mains. Vincente le sentait, il était près à maitriser ce sort, mais alors que la conclusion semblait poindre, le pirate lâcha prise, ses mains furent écartées par la force violente de la boule qui le projeta en arrière. Après être tombé sur le dos le pirate roula en arrière et resta un moment genou à terre, un poing sur le sol haletant sous l’effort et l’échec de cette première tentative qui n’avait pas eu les résultats escomptés.

L’homme était partagé entre la frustration de cet échec semi-public et l’excitation suscité par l’apprentissage de cette nouvelle technique. Il jeta un œil en arrière et fixa la duchesse en se disant qu’il ne devrait pas perdre la face devant la noblesse, pied-sec de surcroit ; il allait tenter un nouvel essai. Cependant le deuxième et le troisième essai furent aussi des échecs et Vincente Sentait ses forces le quitter, son corps paraissait endoloris par les projections et la fatigue musculaire. Il s’était relevait, il se relevait toujours et après avoir essuyé la sueur qui perlait sur son front il entreprit de se dévêtir, il avait chaud et ses riches parures lui collaient à la peau. Offrant un corps puissant, tout en muscles et en cicatrices à l’assistance, le pirate se concentra de nouveau, sachant que vu son état cela serait sans doute le dernier effort qu’il pourrait faire. Il reprit sa posture face à l’arbre les pieds ancrés dans le sol, il banda les muscles de ses bras et forma une aura autour de lui. De nouveau le climat changea et une fois de plus l’air changea d’intensité, devenant plus chargé. De nouveau des éclairs se formèrent, parcourant le corps musculeux du mage qui tenait entre ses mains cet orbe au couleur noirâtre.

La tension de nouveau, une boule difficile a contenir encore longtemps

* Encore…un effort, je ne peux pas abandonner, j’irai jusqu’au bout !!! *

Dans un râle puissant Vincente posta ses mains vers sa hanche gauche tandis que son énergie augmentait en intensité et que les éclairs qui parcouraient son corps commencèrent à se rassembler sur l’orbe qui commençait à émettre une vive lumière bleutée tirant sur le blanc. Une bourrasque violente vint à tourbillonnait autour de l’orbe tandis que les émissions électriques se faisaient moins virevoltantes, pour se concentrer autour de l’orbe que Manolesti en bout de course projeta paumes face à la cible de toute ses forces. Le projectile fonça vers sa cible avec une vélocité ahurissante produisant un son sec et violent à l’impact, faisant exploser le malheureux arbre au niveau du tronc et dont une zébrure violente se ramifia jusqu’à la cime avant que l’arbre ne s’effondre, pendant que des flammes bleutées dévoraient son cadavre.

Vincente eu un rictus en voyant son honorable et pacifique adversaire périr avant que lui-même toujours rictus aux lèvres ne s’effondre dans l’herbe grasse de la clairière ne pouvant bouger un muscle.
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Lun 1 Aoû 2011 - 10:33

« Par la verge incandescente de Mogar ! » s’exclama la Sérénissime, fort heureusement couverte par le son d’un orme qui tirait sa révérence.

Jusque là, elle était demeurée circonspecte, pour ne pas dire sur la défensive, s’attendant à quelque chausse-trape ou autre duperie. Le prétendu savoir contenu dans les lignes pouvait se révéler un leurre. Aussi, avait-elle laissé le vicomte s’essayer, le premier, à la pratique. On ne faisait jamais montre d’assez de prudence, en matière de magie.

Le codex ne mentait pas !

Ces satanées pages recelaient, bel et bien, d’authentiques informations sur la pratique de l’Art. D’un claquement de doigts, elle ordonna à deux de ses gens de porter le vicomte jusqu’au petit abri improvisé, où un valet entreprit de lui éponger le front à l’aide d’un tissu parfumé tandis qu’un comparse se chargeait de l’éventer, le tout en murmurant moult cajoleries plus sirupeuses les unes que les autres. Consciente du risque de finir dans un état semblable à celui de son compagnon, la Divine donna ses instructions pour le retour au palais. Elle veilla également à ce que deux de ses eunuques demeurent derrière elle, prêts à la soutenir, lorsqu’elle viendrait à défaillir. Hors de question de se couvrir de glaise alors qu’elle avait ses nervis à disposition.

Le tout était sans doute de se concentrer suffisamment, d’ignorer jusqu’à son existence propre afin de ne replacer, qu’un à un, les différents éléments, seuls, nécessaires au sort. Tout du moins, ce fut la théorie défendue par la Gardienne du Très-Saint-Hanap jusqu’à sa première tentative, qui la laissa chancelante, le souffle court. C’était comme faire appel à un muscle dont on avait toujours ignoré l’entretien. Ca grinçait, fumait, s’enrayait méchamment et, par les mille et un squales d’Eris, ça faisait mal ! Elle réessaya, encore et encore, le corps brûlant de fièvre, le cœur au bord des lèvres.

« Je suis le Soleil ! Celle-qui-Eclaire-le-Monde ! » Lança-t-elle, aussi hargneuse qu’haletante, à l’adresse d’un tronc calciné pour le moins impavide.

Si le Destin avait eu quelques notions scénaristiques, il aurait volé au secours de la duchesse et un éclair à même de faire trembler l’Olympe aurait pourfendu la souche impudente. Il n’en fut rien.
Des mouches noirâtres se livraient à une sarabande orgiaque, devant les yeux de l’Impératrice de l’Eris, tandis que des tremblements agitaient ses jambes. Elle brûlait et gelait tout à la fois. Son ire, seule, la maintenait debout. Qu’on lui résiste, elle ne pouvait le concevoir. Elle s’obstina, encore et encore jusqu’à parvenir à envoyer un trait de foudre maladif sur l’orme ennemi.

Sans doute aurait-elle souri si, alors que l’éclair quittait ses doigts fuselés, elle n’avait perdu connaissance.

La géhenne ne faisait que commencer.

A n’en pas douter, la nuit qui suivit dépassa en horreur tout ce qu’elle pouvait concevoir. Il n’était pas un muscle, jusqu’aux plus improbables, qui ne lui fît pas souffrir. Les minutes étaient battues par d’atroces élancement qui lui conféraient la sensation que ses os éclataient, un à un, perforant sa chair de mille esquilles traîtresses. Plus d’une fois, elle se colla les mains au visage, persuadée de sentir ses doigts se détacher.
Tout, autour d’elle, paraissait secoué par une houle imaginaire. Il en alla jusqu’à sa couche qui fut aspirée dans le sol, régurgitée dans un ciel sans étoile où il chuta dans un vide qui ne connaissait pas de fin.

Dans ce néant, des êtres se penchaient à son chevet, étaient-ils seulement réels ? Leurs paroles résonnaient, sépulcrales, à l’intérieur du crâne d’Inès sans qu’elle ne soit à même d’en saisir un traître mot. Derrière eux, la Faucheuse en personne, narquoise, patientait sur une ottomane, un churinga dans une main squelettique, ses orbites vides absorbées par la tombée des ultimes grains de sable d’un sablier. « Jamais on n’aura vu pareilles féralies que celles dont tu seras gratifiée » se gaussait-elle de sa voix d’outre-tombe. D’autres, aussi, plus proches que tous les autres, se trouvaient là. Translucides, arborant des faciès que la jalousie avait déformé en masques grotesques, vulgaires parodies d’êtres humains : les mânes de tout le clan Soltariel.

Le plus jeune de ses frères lui prit la main : « Inès ! Réveille-toi! Viens ! Il faut se dépêcher, vite ! » il la tira à lui, se mit à hurler, d’une voix que nulle ne devrait jamais entendre, de le rejoindre. Derrière son masque de fausse attention, il la haïssait, elle sentait, pour la flamme qui brûlait encore en elle.

La Dame cria, si fort qu’elle cru que ses cordes vocales céderaient. Autour d’elle, les mânes s’impatientaient, la maigre patience de façade laissait place à un agacement perceptible, la main de son frère, maintenant, lui broyait le bras, le griffait. Bientôt, les autres spectres firent courir leurs ongles usés sur la peau satinée de la thaumaturge, y traçant des sillons sanglant. Insensibles à ses suppliques, ils la dévoraient ! Certains la qualifiaient même déjà de vulgaire « enveloppe ».

Tandis que la panique s’emparait de tout son être, le regard de la magicienne fut attiré par un reflet, dans un miroir se dessinait les contours de ce qu’elle prit de prime abord pour une simple couturière au teint cadavérique : la Parque. D’une main osseuse, armée d’un antique ciseau, elle trancha un fil.





A son réveil, un hurlement retentissait encore dans sa gorge. Elle reposait, vêtue d’un simple négligé de soie blanche que la sueur lui avait collé à la peau, entre les draps de ses appartements aphelois. Combien de temps s’était écoulé depuis leur expérience ? Elle aurait été incapable de le dire. Une duègne se précipita au chevet de sa maîtresse, appelant de l’aide, tandis que la Dame, encore vacillante, tentait de se hisser sur ses jambes. A grand’peine, on la conduisit à la salle d’eau, où son corps endolori fut prit en charge par le masseur. Elle se sentait fourbue, brisée. Le vicomte avait-il connu pareil réveil ? Elle s’en enquit auprès l’une de ses caméristes.

Quel était le prix réel des secrets d’Obviam Sapientissima ?
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mar 2 Aoû 2011 - 20:05

Le sort avait été un succès malgré le contre-coût violent qui atteignit le pirate. La duchesse subjuguée par le résultat et l’indéniable véracité du traité, décida à son tour de tenter l’expérience. On ramena Vincente au campement de fortune où on le choya pendant que la jeune femme se levait affronter, elle aussi à un adversaire sylvestre. Le pirate se sentait tétanisé et abattu après cet effort et il se sentait utilisé par la duchesse, tel le gouteur il avait été envoyé en première ligne sans grande considération mais après tout cela faisait sans doute parti de ses attributions de " conseiller en art " et pour une fois cette sensation de duperie n’était pas pour lui déplaire aux vues des conséquences produites. Allongé, dans une position légèrement rehaussée par quelques coussins il observa l’astre divin s’évertuer à produire la mort et les flammes sur un arbre bicentenaire sans résultat; son dégout pour les sorts physiques se payait aujourd’hui constata Manolesti. Pire que ça, au prix d’un effort extrême, la damoiselle réussit à extirper un filet argenté qui fonça péniblement sur la cible avant que la dame ne sombre dans un délire fiévreux. Le cortège s’ébranla et l’on ramena bien vite les deux nobles au château afin que médecins et guérisseurs soignent leur mal.

Le vicomte déclina ces aides, cette douleur il pouvait la gérer, il la connaissait et l’avait déjà côtoyé lorsqu’il apprit son aura de vent ou encore sa boxe des 7 paumes célestes du serpent blanc. Cette douleur lancinante lui tiendrait compagnie un moment l’empêchant de faire un seul mouvement; ne serait-ce que lever le bras était un véritable défi en plus de provoquer une vive douleur au pirate. Le pire avec ce genre de douleur c’est qu’elle aime à vous tenir compagnie vous rappelant sans cesse sa présence, et si bien que Manolesti ne put fermer l’œil de toute la nuit trop courbaturé pour trouver le repos ou une position ne serait-ce moins pénible que les autres, rien que le fait de respirer malmener les muscles de son torse puissant. Il resta là, coucher sur le dos, les bras de chaque côté regardant le ciel étoilé qu’il pouvait apercevoir d’une fenêtre qui se trouvait près de son lit.

Il ne se rappela pas quand, mais le sommeil avait finalement réclamé son dû et le mage avait plongé dans un profond rêve qui lui paru étrange. Il était seul sur son dromon et le supplice de la planche était dressé à son attention. Il regarda en contrebas un tourbillon géant qui se formait pendant qu’une hirondelle se posait sur le bastingage pour l’avertir :

" Ne sautes pas, tu ne pourrais revenir d’un tel voyage.

-Ta gueule la mouette.

- Comme tu voudras mortel mais tu auras été prévenu. "

Le pirate sourit avant de partir dans un rire. Puis il s’élança magnifiquement de la planche dans un saut qui exprimait une entéléchie des plus délectables. Il arriva dans l’eau dépourvu de ses vêtements et fut happé par la puissance des eaux qui se jouait de lui l’envoyant valser toujours plus profondément et ce qui paraissait bizarre, c’est que Vincente profitait de la ballade, comme-ci la suffocation était un concept qui lui était étrangé. Quoiqu’il en soit à une certaine profondeur il s’extirpa du tourbillon pour continuer sa descente dans ce fond marin obscur et froid, une sensation de mal aise survint en se demandant ce que pouvait bien occulter tant de noirceur; quelles créatures pouvaient bien passer juste à côté de lui sans qu’il ne le sache et dont la vue aurait pu le glacer d’effroi. Mais il n’arrêta pas pour autant sa progression nageant toujours plus loin pendant ce qui lui sembla durer des heures, jusqu’à que son corps rencontre le sol de qui semblait être enfin le fond. Arrivé enfin à destination il resta là se laissant bercer par le courant pendant que devant lui deux phares puissants s’illuminèrent, deux énormes rétines reptiliennes s’ouvrirent enchâssé dans une tête qui avait la taille d’une place forte et une gueule dont les crocs avaient la taille d’un arbre de la forêt d’Aduram. Vincente prit de la distance pour mieux observer la bête, il n’y avait pas de doute possible, il s’agissait d’un wagyl, serpent légendaire et majestueux, gardien des portes du royaume des mort.
Le pirate ne sut si le serpent avait parlé ou si il l’avait entendu penser mais il cru entendre :

" Une Vipère noire ? Mortel que viens-tu faire en ce lieu ? Que cherches-tu aux confins du royaume des vivants ? Ta place n’est pas encore ici humain, maintenant pars. "

Son corps fut appeler en surface et remonta à une vitesse phénoménale jusqu’à ce que le contact de son corps avec l’air et sa sortie de l’eau coïncide avec son réveil. Ses paupières s’ouvrirent sur un trait de lumière qui passait par la fenêtre apparemment le soleil allait sur son zénith, ce qui était agréable à voir au vue de la saison et du climat qu’elle apportait. Après avoir vérifié, il sembla au pirate que cette nuit- à moins que ce ne soit le rêve- fut vraiment salvatrice. Son corps lui répondait à nouveau et malgré quelques engourdissements tout allait pour le mieux, ce qui n’était pas le cas de la duchesse qui n’était pas encore sortie de ces cauchemars. Le vicomte s’inquiéta un instant de son état de santé puis il parti faire une ballade dans la contrée environnante après avoir pris une sérieuse collation. Il se savait encore fatigué et non encore totalement remis, cependant cela ne l’arrêta pas lorsqu’il découvrit un champ propice à l’entrainement et il profita de cet instant pour s’exercer à sa boxe et à d'autres exercices physique et magique constituant sa gymnastique quotidienne. Le pirate le savait la clé était un entrainement régulier. Après s’être infliger une bonne suée, il reparti afin de finir sa ballade au travers de ce cadre bucolique et champêtre qui lui laissèrent du temps afin d’essayer d’interpréter l’étrange rêve de la veille. A son retour de promenade on l’informa que la duchesse venait de se réveiller et il monta directement à sa chambre afin d’y être introduit.

" Ô lumière de la bienfaisance sur le monde comment vous portez-vous ? Notre inquiétude pour vous était certaine. "

Le contraste amusa le vicomte qui était là, debout et fier un petit sourire aux lèvres et se portant comme un charme pendant que sa « maitresse » était alité, des gouttes de sueur perlant encore sur son front et ses membres et qui avait l'air d'avoir échappé de peu à la grande faucheuse. On décida que la journée d’aujourd’hui serait propice au repos et malgré l’impétuosité et le mécontentement de la duchesse ses médecins et son conseiller en magie furent formels. Ainsi on passa la journée à se prélasser et parler de tout et de rien autour d’un verre de nectar qui vous enivrait les sens, parfois même on riait.

Le surlendemain en revanche on se leva tôt et accompagné d’une escorte, on se rendit de nouveau dans la clairière qui avait vu les nobles chuter afin de pratiquer de nouveau un entrainement approprié à l’apprentissage de ce nouveau sort. Et pendant que Manolesti s’investissait à la maitrise ce sort nouveau souvent finissant sur les genoux et transpirant toute l’eau et le vin qui l’avait bu dans la journée la duchesse suivait un entrainement physiquement que le mage avait préparé pour elle; un entrainement physique intensif qui avait pour but de renforcer la force mentale et physique de la belle et ainsi l’aider à mieux supporter le contre-coût de cette technique.
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Inès de Soltariel
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MessageSujet: Re: Divide et impera   Mer 3 Aoû 2011 - 21:40

A n’en pas douter, prendre un bain de gravier se serait révélé une expérience autrement plus agréable : l’entraînement présenté par la Vipère Noire, loin des subtiles méthodes elfiques, soumettait le corps à une puissance malcommode, plus nerveuse qu’une rosse mal débourrée, plus âpre que les nippes d’un plébéien et plus instable que les sentiments d’un Suderon.

Cependant, la Dame ne pouvait que reconnaître qu’aux formes primitives de l’Art elle n’était guère habituée. D’ordinaire, ne serait-ce que pour le petite sourire mesquin dont le vicomte l’avait gratifié le jour précédent, elle aurait cherché à réparer son honneur mais voila, la magie incarnait, c’était peu de chose de le dire, l’une des plus grande faiblesse de la Divine. L’animal avait pincé la bonne corde.

Aussi, sans rien laisser paraître de son agacement, la Sérénissime suivit, pour ne pas dire subit, l’entraînement. Par les larmes d’argent des gorgones d’Itchall, c’était pire que de se faire passer à tabac par le Commandant Urr ! L’énergie suivait d’impossibles circonvolutions à l’intérieur même du corps, crochait vilainement en plusieurs endroits et s’expectorait d’elle-même sous forme de gerbes d’étincelles. La voie de la sorcellerie prenait, en ce jour, des allures de sente abrupte. A nouveau, ils finirent en nage.

Bien que fourbus, cette journée les laissa satisfaits. Un soupçon de progression se faisant sentir. Tout du moins, ils se plaisaient à l’imaginer.

Ce soir là, le duo dîna dans le palais aphelois de la Sublime, en compagnie de quelques aristocrates. Dans la salle, parmi la foule des courtisans, le peintre Grigori Maltozzo, connu pour être un physionomiste hors pair, lançait des œillades appuyées à Vincente. « En tant que personnage de la cour de Soltariel, il paraît plus que probable que vous vous retrouviez, un jour ou l’autre, immortalisé sur une toile. » le rassura Inès. « Maltozzo sait retenir ce qui doit l’être ».

Tandis qu’un échanson s’assurait que le canthare de Manolesti soit toujours prêt à déborder de vin-de-mer « afin d’accompagner de grasses venaisons », le Soleil Blanc entretenait son hôte d’Ydril, une splendide cité gérée de bien triste manière, du fait que son ducal cœur saignait à l’idée de pareil gâchis et puis, tout en badinant, elle arrosait le bon vicomte de titres. Il fut promut Détenteur de la Clé du Cellier des Vins d’Eté, Gardien de la Bibliothèque de la Tour Bleue ou encore Sublime Exarque de l’Art ! En sus, des servantes aux stolae de teintes trop vives pour être innocentes ne cessaient de papillonner autour de lui, se découvrant mille et un prétextes pour lui tourner autour. Il en fut jusqu’aux ménestrels qui se mirent à jouer allegro assai. On fit parler le vicomte, aussi. Un homme qui avait tant vu devait forcément connaître plus de racontages que quiconque ! Tenez, sur la noblesse du levant, par exemple ? D’innocentes interrogations vinrent se mêler à la conversation : combien d’hommes un fier patricien comme lui pouvait, au besoin, armer ? Cela devait être impressionnant!

On devisa beaucoup, ce soir là.


Les jours qui suivirent furent l’occasion d’autres entraînements à l’utilisation d’un sortilège plus convaincant que lors de leurs premiers essais. Le duo finissait par en saisir ses abruptes subtilités…lorsque le vicomte repartit, non sans promettre d’honorer sa place de conseiller et de faire part de son savoir dans le domaine de l’illusion à la Dame, les deux aéromanciens pouvaient commencer à se rêver dignes disciples de la Sapientissima.

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