AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Menues sornettes.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Duncan du Lys
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 242
Âge : 21
Date d'inscription : 08/08/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 31 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Menues sornettes.    Lun 22 Déc 2014 - 10:05

On ne pouvait point concilier Duncan et l'intérêt de l'inconnu ; Dès qu'il sentit que la frontière du Nord n'était qu'un sinueux sentier dont ils avaient martelés le sol, le Lys ne put retenir une pointe d'amertume et de scepticisme. Ils pénétrèrent sur les sentiers du Médian par les routes septentrionales, solidement gardées, comme on pourrait l'attendre de n'importe quelle frontière de n'importe quelle contrée en temps de rixes. Ils se présentèrent comme une délégation Ethernienne, désireuse de se rendre au plus près du comte Nimmio. Les monts du pays de Hautval cernaient ces grandes plaines verdoyantes dont Duncan avait moult fois entendu dire qu'elles produisaient le meilleur vin de la Péninsule ; On y voyait, de loin, ces tranchées de vignobles, façonnées et agencées de manières à ce que le produit soit le meilleur, et le plus rentable. Le savoir-faire local était jalousement conservé dans le secret ancestral des roturiers locaux, qui se faisaient une fierté de pouvoir affirmer et démontrer la qualité de leur produit, nerf économique de la région.

Le soleil, à cette période de l'année, demeurait timide, et les hautes collines étaient les ennemies des frileux et des petites natures. Les brises matinales et crépusculaires du Médian n'avaient cependant rien à jalouser aux caresses côtières de Seram, tant par leur intensité, mêlée à une douceur au teint mélancolique. Quelques courageux nimbus se risquaient à la vue de tous, rapidement défaits par le souffle des Cinq.

Plus l'on s'approchait des terres d'Estaria - ces terres où les derniers rapports indiquèrent à Duncan la localisation du comte, plus l'on se rendait compte que la guerre avait durablement marqué au fer ces contrées. On apercevait parfois au loin une chaumière vilipendée et délaissée là, à l'abandon et au mauvais sort. L'herbe, ici, avait perdue son teint céladon, presque terni et vicié par le sang des défunts. Certains affirmèrent avoir même vu un charnier au loin, dont s'élevaient des trombes aux senteurs cadavériques.

Lorsque le campement du comte fut proche, on devina la proximité des sentinelles, et les yeux de quelques éclaireurs posés sur le convoi, qui, cependant, s'était déjà bien délité. Certains marchands se séparèrent du convoi au pays Hautvalois, et d'autres suivirent leur route bien loin des affaires guerrières qui allaient se dérouler en ces jours prochains. De ce fait, ne demeurait au sein du convoi que quelques irréductibles, une dizaine de marchands ainsi que leurs biens, la soixantaine de gardes réquisitionnés pour l'escorte du tout, Duncan et sa garde, ainsi que Margot. Il n'avait pas été question pendant le périple de converser à propos des projets de la duchesse exilée. Ce n'était point le lieu.

Ils finirent par être arrêtés, arrivés à un peu moins d'un mile du campement, où leurs cargaisons furent fouillées, leurs identités demandées, et les motifs de leur présence exigés. Le tout fut rapidement mené - bien que la suspicion, légitime en temps de guerre, demeurait. On indiqua aux marchands et à l'escorte un lieu où se désaltérer et se remettre du voyage, légèrement en marge du campement, dans un auxiliaire où les satellites de l'armée de Nimmio demeurait. Il n'y eut que Duncan et sa compagnie restreinte, ses six hommes, ainsi que Margot, présentée comme une noble de Thaar, qui furent autorisés à se rendre auprès de la tente de commandement pour demander audience. Le Lys mit pied à terre, et après être rentré dans ladite tente, accompagné de Margot, se présenta, en s'inclinant comme le protocole le demandait ;

« Bon sire, noble comte. C'est avec une grande joie et une humilité non feinte que je viens à votre rencontre. Les brises du Médian m'ont murmuré que Votre Grandeur a remporté en ces derniers jours une grande victoire, de celles qui façonnent l'Histoire, et qui modernisent l'Art de la guerre dont tant des nôtres sont friands. Permettez moi de vous présenter mes plus sincères félicitations pour cette oeuvre, dont vous saurez tirer à bien tous les plus grands bénéfices pour vous et les vôtres.

Je suis Duncan du Lys, Votre Grâce, Seigneur et Chevalier du Lys, Chancelier et conseiller personnel de Jérôme de Clairssac, baron d'Etherna, votre ami et allié. Je sais Votre Grâce bien occupée, mais si sa bonté égale son génie militaire, je demande audience pour un vassal de votre allié, qui a fait longue route et long périple pour vous rencontrer. »


Revenir en haut Aller en bas
Nimmio de Velteroc
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 403
Âge : 127
Date d'inscription : 25/01/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Mar 23 Déc 2014 - 1:41


Si une armée en campagne semblait attirer les foules de paysans, artisans et autres marchands avides d'arrondir leurs fins de mois, le Duc du Médian était néanmoins interloqué de recevoir autant d'amitiés sincères venus lui présenter leurs salutations en si peu de temps. Pour la peine, il se serrait crut au palais de Diantra des grandes heurs, lui qui avait l'habitude de ne recevoir que peu de visiteurs en Velteroc au cours des sept années qui s'étaient écoulées. Aussi s'interrogea-t-il lorsqu'on lui fit part de la présence d'une nouvelle délégation inconnue. Qui pouvais-ce être cette fois-ci ? Seramire ? Non, il conversait assidûment avec le Duc et ce dernier n'avait pas annoncé une intention de venir le voir. Alonna ? Possible. Mais ce n'était point cela. On annonçait une bannière qui lui était inconnue, une bannière ornée d'un Lys.

Il lui fallait donc les recevoir et cela serrait fait aussi tôt la réunion stratégique terminée. Les généraux qui l'entouraient étaient désormais fort épars. Un eracien, revétu de son armure de chevalerie caractéristique se tenait a côté d'un hautvalois dont la fatigue accumulée se lisait sur son visage. En face siégeaient, côte à côte, un Langecin et un Missédien, venus prêter conseil et soutien au Duc du médian. Enfin, Nimmio était flanqué de Darius, le prêtre de Mogar et de Jesbel, son frère cadet. Tout ce petit monde fut donc congédié à l'exception de Duc, qui se leva pour accueillir ses invités impromptus.

Faites les entrer Darius.

S'avançait à présent Duncan du Lys, vassal de Jérôme de Clairsac, accompagné d'une « estréventine » dont l'allure ne collait pas tout à fait avec l’appellation. Mais il laissa néanmoins pas paraître son étonnement, certain que les explications lui serraient données en temps et en heure. Ainsi, Jérôme avait-il visiblement pris de vitesse ses émissaires, où étais-ce une autre cause qui se présentait à lui ?

Bienvenue dans mon humble logis en ces temps perturbés. Qu'est-ce que le Duc du Médian peut vous offrir après le long voyage qui fut le votre pour me rejoindre ? Mais tout d'abord, quelle quête a bien pu vous amener à venir me rencontrer ?

Le Duc du Médian semblait fatigué, mais résolu. Son armure était parfaitement entretenue et lustrée, comme s'il voulait, en tout temps, montrer que l'honneur de sa charge méritait que l'on fasse les efforts nécessaires à ce qu'elle soit représentée sous son meilleur jour. Les cernes qui rehaussaient ses yeux ne faisaient que magnifier toute l'intensité de son regard, aux aguets comme jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Ven 26 Déc 2014 - 22:26

Margot était contrariée. Elle qui avait espéré que traverser une partie de la péninsule à cheval lui plairait. Déjà l'équitation était nettement moins plaisante que dans son souvenir et elle en avait les cuisses meurtries. Ensuite elle avait voyagé avec l'escorte la plus pauvre qu'elle eut jamais connus en tant que duchesse et c'était insultant. Mais, surtout, comble du comble, on l'avait à chaque fois présentée comme une estréventine. Mais où Duncan était-il allé chercher ça ? Est-ce qu'elle avait vraiment l'air d'une de ces femmes, avec sa peau aussi blanche qu'on pouvait l'avoir ? Il aurait mieux fait de la présenter comme une cousine d'un petit fief suderon, tout le monde n'y aurait vus que du feu et elle se serait sentie moins insultée. Car insultée elle l'était. Insultée qu'on ne la reconnaisse pas, insultée qu'on la prenne pour une étrangère et surtout insultée qu'on puisse l'associer, aussi infiniment que ce soit, à la catin qui lui avait volé son trône ! Certes tout cela n'était finalement qu'une seule et même insulte mais elle s'en moquait complètement !

Enfin, ils étaient arrivés au campement du seigneur de Velteroc, de son prénom Nimmio. Il avait autrefois empruntés des navires à Soltariel contre coquette somme d'or afin de mener elle ne savait trop quelle expédition insensé. Et il était revenu, disait-on, manchot. Le bras attrapé par quelques bêtes du grand océan. C'était une chose presque commune pour les soltarii, qui ne s'étonnaient plus vraiment quand un navire disparaissait en plein Eris. Prendre la mer en automne, quelle folie. Elle fut donc amené devant lui. Elle exécuta une révérence impeccable, malgré sa tenue de cavalière guère prévue pour l'exercice, tandis que Duncan saluait. Elle en profita pour détailler le duc. Il était encore plus blanc qu'elle et ajouter à cela ses cheveux neige lui donnait l'air malade. Toutes les histoires vantait son habileté au combat. Pour s'être un peu renseignée sur cette fameuse bataille au cours du voyage, Margot avait surtout l'impression que le comte avait bénéficié d'adversaires complètement crétins, sans quoi sa petite bravade aurait été à coup sûr repéré. Mais ne disait on pas que Tyra souriait aux audacieux qui lui rappelaient son amant regretté ? Visiblement le comte était encore en vie et son armée victorieuse. Contre qui ou dans quelles circonstances il avait obtenus la victoire n'était pas le principal soucis pour l'heure.
Elle décida de ne se présenter que comme la belle-soeur d'un marchand estréventin désireux de nouer des liens avec le Médian, sans chercher à cacher ses origines péninsulaires mais sans s'attarder dessus non plus. Il la reconnaîtrait peut-être, son portrait avait fait un temps le tour de quelques cours -notamment celles qui avaient un beau parti à marier avant qu'un arrangement ne soit conclu avec Asdrubal- et si ce n'était pas le cas tant pis, ou tant mieux, il combattait la régente et pour ce qu'elle en savait sa rivale soutenait celle-ci, mais celui qui avait un jour décrété « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. » était un fieffé crétin. Tout au plus ceux-là étaient-ils des alliés de circonstances et le plus souvent des ennemis tardifs. En dehors de ses présentations, elle garda le silence et décida de laisser Duncan mener la conversation. C'était là son rôle, après tout, dans leur petit accord.
Revenir en haut Aller en bas
Duncan du Lys
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 242
Âge : 21
Date d'inscription : 08/08/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 31 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Lun 29 Déc 2014 - 9:03

Dans la rencontre qui se déroulait, le Lys jouissait d'un avantage certain : là où l'on pourrait supposer qu'il était « reposé » d'un voyage sans écarts, le comte dirigeait les dernières étapes d'une campagne militaire sur sa fin, coûteuse en vie et en ressources, à une région, un pays, et à des hommes dont l'âge et l'état de santé ne pouvaient leur permettre bien des escapades osées. Il se murmurait dans l'arrière-pays que ce qui devait être une victoire éclatante de la couronne s'était muée en une débandade suite à un coup de maître du comte, prenant par surprise l'armée royale. Le Lys devait se montrer assez habile pour orienter la discussion vers le Soltarr et vers les revendications de Margot dans une région qui se voulait focalisée sur la guerre contre la couronne. Le Lys demeura quelques pas au-delà du comte, par respect et par protocole, gardant son sourire éternel aux prémices de ses lèvres.

« Votre Grâce...j'ai toujours attribué aux changements leur mérite parfois novateur, tantôt cruel. L'échiquier politique qu'est notre nation n'a rarement connu autant de bouleversements que ces derniers jours...Voilà que la Roi est tenu en échec par celui qu'on prétendait être le Fol. » Duncan sourit légèrement à cette allusion. « Et pourtant, il est bien des pièces qui demeurent tapies dans l'ombre, et il advient même que les plus simples pions deviennent des enjeux cruciaux.

Nous sommes tous deux, Votre Grâce, hommes de raisons et adeptes d'un certain pragmatisme politique qui ont toujours attribués à nos analyses une certaine allure prophétique...Et je pense ne pas me tromper, si vous me pardonnez ma vanité, en affirmant que ce qui succédera au chaos militaire n'aura rien à envier en déliquescence et en barbarie à ce qui l'aura précédé.

Il ne m'apparaît pas comme présomptueux de vous informer qu'une fois cette guerre achevée, ceux qui auront été vos alliés, ainsi que ceux qui n'auront été que spectateurs dans ce vaste conflit qui fut le vôtre, partiront en quête d'un nouvel ennemi commun à dépecer. Je prie, Monsieur le Comte, pour que ce ne soit vous. Votre Grâce ne le sait que trop bien, à l'heure où les bouleversements et les coups de théâtres pullulent à foison dans notre nation, il est bon de savoir qui nous soutient ; à ce titre, sachez que mon seigneur, Monsieur le Baron d'Etherna, vous est tout acquis. Cependant, dans votre quête de justice et d'équité, il est d'autres cas qui requièrent votre attention et, si les Cinq le veulent, votre intervention ; il est encore, en Péninsule, des cas d'usurpations et d'auto-proclamations arbitraires, faisant fi des coutumes et des héritages fièrement et légalement revendiqués. La terre de celui qui aurait été votre allié, celui qui paya si chèrement - si durement ! - le prix de son opposition à la couronne, est aujourd'hui victime de cette désolation politique que la couronne a su provoquer et maintenir à son profit.

Nous savons tous deux, cher Comte, de quelle terre nous parlons. Des landes verdoyantes à perte de vue, des ports multiples, et une armée puissante...Le Soltarr est aujourd'hui la proie d'une dame dont un très grand nombre la qualifierait d'usurpatrice. C'est pourquoi je viens demander justice. Non pour moi, mon seigneur. »
Il se tourna quelque peu vers Margot. « Mais pour celle à qui ce trône revient de droit. »

Le Lys se retourna vers Nimmio.

« Mon Seigneur...dans cette guerre, et dans toute votre entreprise, j'ai toujours exhorté mon Maître à vous suivre et à vous soutenir, même si les apparences ne furent pas ce qu'elles pouvaient laisser supposer. C'est sous les auspices de votre bon sens, celui de la justice et de la bonté, que l'amitié de mon seigneur vous est acquise. Votre Grâce mesurera amplement, et sans mon modeste secours, la nécessité dans les temps à venir, d'un soutien et d'alliés supplémentaires puissants en ces terres du Sud. »
Revenir en haut Aller en bas
Nimmio de Velteroc
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 403
Âge : 127
Date d'inscription : 25/01/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Dim 4 Jan 2015 - 0:50


Décidément, le doute demeurait sur la femme qui accompagnait le Conseiller de Jérôme de Clairsac. Celle-ci ne semblait pas encline à se présenter. Grand bien lui fasse, le Duc du médian avait bien assez de préoccupations comme cela pour se préoccuper des accompagnateurs. Si d'aventure elle s'avérait une personne intéressante, elle se dévoilerait en temps et en heure. Se rasseyant finalement, Nimmio écouta ses invités tendis que dehors, une clameur commençait à s'élever. Sans doute une bonne nouvelle. Peut-être même la paix qui sait ?

Laissant la clameur se rapprocher lentement, il écouta avec attention les mots prononcés par le seigneur du Lys. Ce dernier prenait bien des précautions et usait de flatterie à son encontre afin de l'amadouer sans doute. Il enchaîna en l'avertissant des dangers qui le guetteraient une fois cette guerre terminée. Il avait raison sur bien des points. Beaucoup ne s'étaient pas encore révélés et attendaient tapis dans l'ombre qu'une occasion se présente de tirer partie du conflit en cours. D'ailleurs, la plupart des soutiens du Duc du médian ne s'étaient clairement exprimés qu'une fois le danger de l'ost royal écarté... Y compris le maître que Duncan servait. Il était intéressant d'ailleurs de découvrir où de se rappeler de bon nombre d'amitiés lorsque le danger s'éloignait. Mais aujourd'hui comme depuis toujours, les amis n'étaient pas à négliger, surtout que bientôt, la paix reviendrait et qu'il faudrait avoir des personnes de confiance pour travailler à la réunification de la Péninsule que l'usurpatrice s'était ingéniée à morceler.

Le nordiste présenta alors finalement la raison de sa venue, non sans avoir tourné ingénieusement autour du pot. Un allié des premières heurs et qui avait perdu sa terre, il y en avait bien quelques uns, mais la présence de la dame a ses côtés et dont les traits commençaient vaguement à lui dire quelque chose l'aiguillait dans une certaine direction. Le Duché de Soltariel, terre de feu Asdrubal, opposant à la couronne et allié de circonstance de Velteroc, dont la mort mystérieuse pour le compte était sans aucun doute à imputer à l'Usurpatrice une fois de plus. Finissant par les explications usuelle du silence d'Etherna jusqu'à il y a peu, il finit par demander le soutien du Médian dans l'entreprise de reconquête de Soltariel par les héritiers légitimes de ces terres... rien que cela.

Et bien, je suis surpris d'une telle demande alors que la guerre bat son plein et que je ne comptes pas Soltariel parmi mes ennemis déclarés. Nul doute que, connaissant la proximité existante entre la Régente et l'Estreventine, cela ne saurait tarder et que seul les conflits internes au Duché ont retenu sa main jusqu'à présent. Cependant, Soltariel demeure une inconnue pour l'heure et j'espère éviter de devoir en arriver aux armes avec ces terres tant qu'une solution n'est pas trouvée pour le conflit actuel. De plus, il semblerait qu'une importante armée Drow déferle actuellement sur la nord du Royaume. Vous comprendrez donc qu'à mes yeux, il serrait préférable d'éviter les grandes déclarations pour l'heure. Mais votre présence ici et non ailleurs me laisse à penser que la discrétion fasse partie de vos projets. Je me trompe ?

Faisant passer son regard alternativement entre l'ambassadeur et son accompagnatrice dont il devinait l'identité, il finit néanmoins par poser la question tant attendue.

Mais puis-je savoir qui espère reprendre Soltariel des mains de l'Estreventine et comment il compte s'y prendre ? Que je sache de quelle manière je pourrais lui apporter un éventuel soutien.

C'est alors qu'un messager entra précipitamment dans la tente sans avoir pris le temps d'être annoncé. D'ordinaire, cela aurait été prit pour un affront mais puni comme tel, mais Nimmio avait donné ordre de le prévenir des plus urgemment en cas de nouvelles majeur en provenance de l'ambassade à Diantra et c'était la cas ici.

Votre Grâce ! Diantra est tombée ! Sa garnison a fuit pour le sud ! La ville est à nous !

Qu'est-ce que cela veut-dire !? Coupa le Duc d'un ton sec qui détonnait avec l'air triomphant de son messager. Est-ce que le Chancelier a accepté nos conditions et a mis fin à cette guerre ?

Non votre Grâce ! Ils ont fuit comme des lâches ! Sans doute ont-ils eu peur de notre grande armée ! D'ailleurs, ils ont incendié la citadelle et une partie de la ville !  

C'est une bonne nouvelle...Sortez et prévenez les généraux qu'une réunion aura lieu ce soir. Qu'ils envoient sans attendre un contingent récupérer la ville et s'y retrancher le temps que l'on fasse le point sur la situation réelle.

L'homme s'exécuta, tandis que Nimmio laissa finalement exprimer son mécontentement. La fuite de Diantra galvaniserait ses hommes et il les laisserait donc se réjouir. Mais Cléophas d'Angleroy n'était pas un imbécile et s'il venait d'abandonner la forteresse la plus inexpugnable de la péninsule, c'est qu'il avait un plan derrière la tête. Quelle fourberie allait-il encore déployer pour tenter de renverser le sens de ce conflit ? Et puis le sud, il n'y avait rien là bas miss à part... Soltariel. Le destin serrait finalement bien inspiré de garnir sa tente de tels invités si cette hypothèse venait à se vérifier. Mais elle n'était pas la seule possible.  Un mouvement tournant vers Scylla pour concentrer l'effort de guerre contre ses alliés n'était pas à exclure, bien que peu probable. Mais si Soltariel était effectivement le lieu de destination de ces armées, cela poserait de nouveaux problèmes.

Bien... il semblerait que les choses évoluent plus rapidement que prévu. Votre analyse d'allier monseigneur du Lys ?



Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Dim 11 Jan 2015 - 12:06

Margot laissa Duncan et son parler mener la conversation, se contenant de retenir quelques sourires moqueur. En effet, le royaume était marqué par des opportunistes autoproclamés qui défiaient les anciennes valeurs et les héritages légitimes. Comme, par exemple, ce parvenu velterien qui se réclamait duc du Médian et qui était face à eux. Elle espérait que le comte de Velteroc ne verrait pas la même chose qu'elle dans ce discours et fut rapidement rassurée puisqu'il n'en souffla mot. A moins que l'homme ne fut plus subtil et sache composer diplomatiquement. Ce qui, se fit-elle la réflexion en posant un regard vers l'extérieur de la tente, ne semblait pas exactement son terrain de jeu favori.
Elle revint aux deux hommes lorsque Duncan essaya de subtilement l'introduire, ce qui n'eut pas grand effet puisque le comte ne sembla pas plus comprendre qui elle était. Elle sentit son teint s'empourprer et se calma, ce n'était guère le moment pour ça. Il fallait savoir rester diplomate et agréable. Même si elle manqua intervenir de manière intempestive lorsque le comte expliqua que Soltariel ne comptait pas parmi ses ennemis et qu'il préférait se concentrer sur les drows aux Nord. Dis plutôt que t'en prendre à une usurpatrice mettrait en exergue tes propres tort, imposteur. Pensa-t-elle si violemment qu'elle craint un instant ne pas avoir retenu sa langue. Elle n'avait que faire du Nord. Ils étaient le Bouclier du Royaume non ? Ils étaient là pour les protéger de ce genre de désagréments. Le temps que les armées du Médian et du Sud arrivent, les drows seraient déjà devenu des engrais pour les cultures. Elle allait répondre aux interrogations de Nimmio quand un messager fit irruption dans la tente, fi du protocole et annonça que les troupes qui tenaient la ville s'étaient repliés.

La surprise et la réflexion passée, Nimmio demanda l'avis de Duncan, mais celui-ci n'eut pas le temps de répondre :

« Si les habitants ont quitté la ville c'est probablement que le chancelier leur a promis une terre d'accueil quelque part. La destination la plus proche est Port Royal, où les flottes de Scylla et Merval pourront sans doute les prendre en charge. Pour les amener où par contre, c'est ce qu'il faut se demander. Egalement, que vont faire le reste des troupes royales. Vous devriez sans tarder envoyer des éclaireurs pour jauger de leur destination plus en détail, prévenir vos alliés de s'attendre à une éventuelle attaque navale sur l'Olienne. Plus tôt vous en saurez plus sur le redéploiement de leurs troupes, plus vite vous pourrez agir en conséquence. Diantra n'est qu'une ville, une ville en flammes qui plus est. Ce qui est important, c'est ceux qui se trouvaient dedans. »
Revenir en haut Aller en bas
Duncan du Lys
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 242
Âge : 21
Date d'inscription : 08/08/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 31 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Mar 13 Jan 2015 - 11:24

« Mon Seigneur, je pense qu'avant tout avis, aussi profond et juste qu'il soit, il nous faut procéder à une analyse de la situation et à une connaissance parfaite des enjeux et des acteurs...» Il avait prononcé ces mots avec un calme et une platitude presque effrayante en glissant un regard chargé de sous-entendus à Margot. « Cependant je crains que sous votre bienveillante hospitalité, il n'y ait que votre personne qui soit en mesure de dispenser une analyse assez juste...Cependant, si votre Grâce m'octroie le privilège de vous dispenser mes pensées, ce sera avec un plaisir non feint. »

Il termina par un grand sourire, qui traduisait non seulement l'intérêt trouvé dans la requête de Nimmio, mais également dans la nouvelle apportée par le soudard, qui était entré dans la tente comme si les enfers le poursuivaient. Le Lys s'approcha donc de la carte du comte, repliée, et tandis qu'il tendait la main vers icelle, il reprit la parole, tout en la dépliant.

« Votre Grâce, je pense qu'au vu de notre présence et du sujet sur lequel nous allons nous entretenir, chassons de nos esprits les suspicions et les doutes qui pullulent dans le cœur des Hommes. Nul ici, Monseigneur, n'a d'ennemis ici, et si la confiance doit régner, posons les bases d'une amitié sincère...» Il acheva de déplier la carte, remerciant le comte d'un geste oblique de la tête. « Point par point, monseigneur : la capitale brûle. Angleroy et les siens ont fuit, et n'ont point corroboré vos conditions. Il n'y a point de nouvelles de tout ce qui pourrait prétendre à la couronne jusqu'ici, et vous êtes ici, avec vos reîtres. Quelles possibilités Angleroy dispose-t-il au Sud ? Des ports ? A quoi bon, messire ?

Rallier les divers ports qui seraient acquis à la couronne ne ferait que décaler le conflit, le prolonger, et leurs chances de victoire demeurent minces, et s'amenuisent avec le temps. »
Il posa ses deux mains sur la carte, et ses yeux se rivèrent sur ceux du comte « La nouvelle de votre victoire a dépassé les frontières du Médian. Qu'espère le Chancelier en prolongeant un conflit dont les paramètres ont basculé en votre faveur après la bataille de Chrystabel ? Rallier des troupes et vous affronter ? Les généraux de la couronne gisent dans vos charniers. Le moral de leurs soldats rivalise avec la profondeur des racines dans la terre. Il leur est impossible de prolonger la guerre, tout comme, Monseigneur, il leur est impossible de pouvoir peser diplomatiquement contre un vainqueur. » Il déplaça le pion destiné à représenter la couronne vers le Sud. « Lorsqu'un loup se sent menacé, Monseigneur, les lois de la nature et de la survie le pousse à se réfugier derrière sa meute, dont il connait les valeurs et la force. Angleroy ne se réfugiera que dans un lieu qu'il sait assez puissant pour vous forcer à une négociation à forces égales, voir où vous auriez le dessous. Et il n'y a, Monseigneur, pas assez de seigneurs ou de dames en Péninsule assez puissant pour vous tenir tête au Sud si ce n'est...» Enfin, il déplaça le point sur Soltariel.

«...Soltariel.

Aussi affaiblie soit l'entité de la couronne, Monseigneur, elle dispose encore toutefois de la légitimité de sa présence. Angleroy le sait, et le fera valoir, partout où il sera écouté. Mais ce n'est pas du fait qu'il soit écouté, dont vous devez vous méfier, mais du fait qu'il soit entendu, voir approuvé. Ce qu'il convient de faire, à présent, Monseigneur...c'est à vous de le décider. »


Un simple sourire, une inclinaison modeste - mais visible, et deux pas en arrière achevèrent l'analyse du Lys sur la fuite du Chancelier. Qu'elle soit véridique ou non n'était pas la question. L'important était d'orienter l'esprit du comte vers le Sud, afin qu'il considère Soltariel comme une rivale...C'était peut-être chose faite, à présent.
Revenir en haut Aller en bas
Nimmio de Velteroc
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 403
Âge : 127
Date d'inscription : 25/01/2013

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Mar 3 Fév 2015 - 12:53

Et bien messire du Lys, il semblerait que vous soyez doué en cet art subtil qu'est la géostratégie. En effet, Soltariel de par sa position et son retrait officiel du conflit en cours est un lieu tout choisi pour fomenter une tentative d'inversion de la situation où du moins pour essayer d'obtenir un statuquo.

Nimmio s'était levé péniblement, la fatigue s'affichant d'avantage sur son visage à chaque instant. Sans doute n'avait-il que peu dormi ces dernières ennéades et cela se faisait ressentir encore plus durement tandis que son esprit se concentrait sur les calculs inhérents à l'apparition de nouvelles variantes dans l'équation.

Il va sans dire que si effectivement, Soltariel a rallié Merval et Scylla, nous allons au devant de quelques difficultés. En effet, si en rase campagne leurs forces cumulées ne feraient toujours pas le poids en face de celle de notre coalition, ils obtiennent néanmoins une profondeur stratégique nouvelle, propre a allonger le conflit au delà de la durée soutenable pour nos osts actuels. De plus, leurs forces maritime dépasseront dès lors très largement les nôtres, leur offrant la suprématie maritime et donc, une capacité a frapper sur tout le littoral avec des forces expéditionnaires substantielles.

Il marqua une pause, regardant la carte et dessinant du regard, un certain nombre de lignes invisibles, analysant de nouveaux paramètres, de nouvelles données, de nouvelles possibilités. Il était évident que Merval, Scylla et Soltariel ne pouvaient pas le vaincre militairement, pas plus qu'il ne pourrait les réduire dans le délais qui lui était imparti. Et même s'il en arrivait à cette extrémité, ces derniers lui causeraient en retour de tels dommages qu'il faudrait au royaume bien des années, voir des décennies pour espérer se remettre. Non, de toute évidence, la seule solution a un conflit faisant entrer Soltariel en jeu serrait la négociation.

Nous passons donc d'une situation de net avantage en notre faveur a une situation d'équilibre des forces dans le cadre d'un conflit soutenable. S'il ne fait aucun doute qu'en cas de conflit a outrance, Soltariel finirait par tomber, cela nous couterait tellement cher que nous nous retrouverions à la merci du premier venu intra où extra-péninsulaire. Bref, notre partie d'échec risque fort de se terminer sur une égalité.

Esquissant finalement un sourire qui vint tirer sur les cernes qui lui sertissaient les yeux, il finit par conclure sur une légère touche d'humour.

A moins que votre amie n'ait raison et que ce bon vieux Cléophas soit en train de procéder au plus prodigieux embarquement de civil de notre histoire afin de les soustraire des griffes de l'horrible Ogre nécromancien du Médian.
Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Menues sornettes.    Lun 9 Fév 2015 - 23:44

Margot laissa les deux hommes à leur négociation. Elle préférait les observer eux : la bataille était finie et, sans informations supplémentaires, toutes réflexions stratégiques ne pouvaient-être au mieux que pures spéculations. En revanche elle pouvait obtenir des choses intéressantes de leur petit manège. Jauger de l'assurance et des talents de Duncan, en premier lieu, qui se révélait fidèle à ce qu'elle avait pu voir de lui dans les quelques jours qu'ils avaient partagés dernièrement. Le nouveau duc du médian lui réservait plus de surprises. Son aspect naturellement maladif était renforcé par les signes visibles d'intense fatigue. Elle les connaissait assez pour en avoir éprouvé la plupart à intervalles réguliers. Malgré les apparents succès facile, la campagne avait pu être plus éprouvante qu'elle le pensait. A moins qu'il ne soit de psychologie fragile. Elle contint un léger rire en entendant sa dernière phrase et ce surnom ni pittoresque, puis lâcha, l'air de rien :

« Étrange surnom, on se demande où ces bavards vont chercher des rumeurs de nécromancie. »

Le ton était innocent et apparemment dénué de malice, mais la dame était habitué à la cour soltarii et qui savait ce qu'elle en pensait vraiment. Elle se détourna de la table et des deux nobles, portant son regard sur l'ensemble de la tente. Non pas qu'elle cherchât ou observât quoique ce fut, elle se laissait simplement distraire par un rien.

« Cela dit, en l'absence de rapports d'éclaireurs ou d'informations plus précises, tout ceci ne reste que pures supputations. »

Elle le désirait ardemment. Elle n'aurait pu accepter, en l'état des choses, que la petite peste qui occupait son trône ai réussit à attirer à elle l'autorité soit-disant suprême du Royaume. Elle-même en avait eu le projet, et quel projet ? Si certains avaient joué leur rôle, la moitié de la Péninsule lui mangerait sans doute dans la main. Au lieu de ça elle devait se faire bien voir d'un seigneur qu'elle n'appréciait guère pour espérer un soutien diplomatique -puisque, comme il l'expliquait, la guerre était inenvisageable-  à sa cause. Elle s'enfonça presque les ongles dans la paume de ses mains à cette pensée, tandis que son visage n'exprimait rien de plus qu'une neutralité intéressée par les événements. Elle pouvait presque sentir le petit cou de la catin entre ses doigts. Elle y aurait pris assurément un très grand plaisir.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Menues sornettes.    

Revenir en haut Aller en bas
 
Menues sornettes.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Royaume de la Péninsule ~ SUD OUEST :: Diantra-
Sauter vers: