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 {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]

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Estiam Faerin
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MessageSujet: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Mar 14 Juin 2016 - 13:57

PandémoniumLieu du RP : Sud d'Eraïson
Date du RP : Kÿrianos de la 1ere ennéade de Karfias, Neuvième année du Onzième cycle
circonstances du RP : xx
Ambiance du RP : xx





Tu veux savoir où aller ? Mais te rappelles-tu seulement d’où tu viens ?

Le poids des mots ralentit dangereusement ta course, et pourtant tu persistes dans la fuite. Loin, loin, loin… tu dois fuir loin de la mort. Les marteaux de guerre n’ont pas frappé assez fort pour que retentisse la dernière heure de ton horloge, ce ne seraient pas les aiguilles de l’Anaëh qui la sonneraient, aussi effilées fussent-elles. Aussi rapides fussent-elles. Est-ce véritablement là ta pensée ? Est-ce réellement ce à quoi tu t’es résolu ? Au déni ? Après toutes les épreuves endurées au cours de ta longue vie, après avoir dû faire tes preuves auprès des deux faces de ton peuple, et sans avoir encore atteint ton but. En perdant. Vas-tu vraiment fuir maintenant et rentrer perdant ? Si tu arrives à rentrer… Comme il est impossible d’éternellement fuir les aiguilles d’une montre ; il est impossible d’éternellement fuir les flèches des chasseurs Noss.

Tunda'Heri file à travers la forêt portée par les instincts de la proie qu’elle serait sans le soutien de sa harde ou de son prédateur de partenaire. Ta monture avale la distance à une vitesse incroyable, à peine plus déphasée par les rameaux lui barrant à l’occasion le chemin que par la pluie de projectile qui semble vous suivre à l’infini. Ton cœur pompe à t’en exploser la poitrine chaque fois que l’une des têtes de fer plonge un peu trop près, retient ton souffle à la place du cervidé quand sa vie se met à danser sur le fil du rasoir. Les carreaux ne tombent pas au hasard, les salves ne sont pas juste les tentatives infructueuses d’une apparente infinité de chasseurs. Certains des dards plantés dans le sol battu par les sabots de ta monture, tu les as déjà vus.

Ignore les premier temps et jamais tu ne te sépareras de leur fantôme.

Le tintement de la pointe de flèche contre le fin bouclier couvrant ta manche marquera l’instant de réalisation. Les assaillants sont bien moins nombreux qu’il n’y paraît, mais plus guidée par son instinct de survie qu’elle ne le fut par toi, la grande biche s’est laissée enfermer dans un mortel cercle pernicieux. Plus de voie de sortie, plus d’échappatoire, vous êtes encerclés, et cette voix qui refuse de te laisser en paix. Tu n’as plus le choix… ta guerre n’est pas encore terminée.

Ton premier geste intime à Tunda’Heri de t’offrir sa confiance, le second lui demande de stopper sa course, le dernier fait éclore la fleur de glace. Ironiquement cueillie par les pétales, la dernière volée de flèches marque le début de ta contre-offensive. L’esprit clair maintenant, soufflant au loin la brume de la panique, les évidences se déroulent à tes yeux pour ce qu’elles sont vraiment. Tu as beau ne pas être plus doué à l’art du sabre qu’à celui de l’arc, toi aussi tu as participé aux traques. Les techniques de battue de ton clan peuvent différer des leurs, mais une flèche de bois et de fer reste une flèche de bois et de fer. Les angles et les trajectoires, tu ne les as que trop vus ; il ne t’en faut pas bien plus pour renverser la balance. Ta monture l’a compris. Son puissant brame en soit témoin.

Tunda’Heri reprends sa course avec un toupet tout neuf, te laissant libre de cracher les épines de ta rose au long de votre chemin. Tu tires les traits de glace les yeux fermés, t’en remettant à ton ouïe plus qu’à ta vue, étouffant les murmures de la forêt, les jacasseries des oiseaux et le bruissement des branches à la faveur de la signature Symphonique si propre à ton peuple, et du moindre son empirique émanant de leurs déplacements à travers le couvert végétal. Tu conserves précieusement chacun de tes aiguillons, et lorsque l’un d’entre eux t’échappe, c’est aux dépens de tes assaillants trop confiants. Un… deux… trois… mordus par le froid, ils se voient forcés d’abandonner leurs positions à la recherche d’un front plus propice, d’une alliance plus resserrée, mais ralentis par les engelures, ils en deviennent tristement bruyants. Et prévisibles. Tu laisses soin aux huit chasseurs de se rapprocher de leur plein gré. Si leur manœuvre aurait été efficace face à l’assaut de n’importe quel autre des prédateurs de l’Anaëh, ils l’apprendront maintenant, ce n’est pas ainsi que l’on affronte un mage.

Une lueur de défi brille dans les yeux des trois premiers, alors qu’enfin tu croises leur route. Les arcs se bandent, prêts à tirer une cible rapprochée, mais les mouvements erratiques de ta monture ne le leur autorisent pas. Tunda’Heri te donne le temps, le temps que tes doigts finissent leur ballet, et dans une parfaite symbiose, c’est elle qui d’un claquement de sabot y mettra le point d’orgue. Tes adversaires son alors ramassés par la Sylve elle-même, ou du moins c’est ce qu’il en paraît. Des rameaux cristallins s’extirpent de l’écorce de leurs frères de bois et referment leurs nœuds brasillants sur tes adversaires. Puis tu attends, car tu sais les autres ne pas être bien éloignés, et prêts à intervenir pour rescaper leurs frères piégés. Du lointain les flèches recommencent à pleuvoir, mais à quoi bon s’entêter ? La tortue a déjà passé la tête derrière les écailles de son bouclier. S’ils te veulent réellement, qu’ils viennent te chercher ; les cinq derniers. Qu’ils bravent le contrecoup de ton sortilège glacé, et viennent se soumettre à ton regard pendant les derniers instants de ce combat. Lame à la main, pour faire bonne mesure, qu’ils empoignent leur fierté en sachant qu’il est encore temps pour eux de capituler.

Capituler n’est pas Noss, et en cherchant désespérément l’effet de surprise ils le prouvent. Devant, derrière, flanqué ; te voilà encerclé par les sabres et les dagues cherchant ta gorge. Il n’est plus question de chasse, il est question de revanche, et ainsi à la faveur de l’intimidation la discrétion est abandonnée. L’œil noir, ils répudient la défaite de leurs propres alliés face au mage désigné intrus sur leurs terres. Une clameur monte, la charge est lancée, et aussi vite qu’ils leur est possible ils se jettent dans la gueule du loup. Il suffit d’un tour de bras, et la terre sur laquelle ils marchent, leur terre se range de ton côté. Le serpent de pierre crève la surface, et ouvrant un seul anneau autour de toi, stoppe tes assaillants dans leur avancée, fracasse contre eux sa peau de métal, laissant dans son sillage cinq elfes étourdis avant de lover sa lourde figure à tes côtés.

Il ne connaîtra que la guerre, celui dont l’esprit n’est pas en paix.

Ton monde se brise comme un pitoyable verre. La forêt se noircit, s’effrite et s’étrangle. Tes frères sylvestres se pendent de leurs propres lianes, l’un écrase l’autre pour lui prendre sa lumière, les victimes hurlent, les oppresseurs hurlent, et leurs enfants hurlent. La forêt pétrifiée scande de noirs slogans, exhorte à la rage, et tente de t’avaler. De chacun de ses habitants exsude un voile ténébreux, frémissant d’autant plus intensément qu’ils sont proches de toi. L’Aduram te réclame, la noirceur tente de se glisser sur ta peau, de faire de toi ce qu’il fait des elfes. Bientôt l’encre te couvrira entièrement.

- Oui, j’ai vécu l’Aduram ! Et je l’ai vaincu ! Mais jamais je n’en cultiverai le souvenir, vous m’entendez ! Jamais je ne m’infligerai telle souffrance pour le simple plaisir de m’en vanter survivant !

Tu hurles à qui veut bien l’entendre, tu hurles à cette voix  venant à la fois de partout et de nulle part. Tu hurles à en sangloter.

- Je ne veux plus me perdre…
- Mais alors comment découvriras-tu de nouveaux chemins ?

La forêt reverdit, retrouve les couleurs du jour où tu l’as quittée et la Symphonie renaît plus belle encore que tu ne l’avais jamais imaginée. Le tourment dans lequel ton propre esprit t’a plongé, l’illusion dans laquelle ton examinateur t’a plongée fane enfin. Et avec la forêt apparaît celui qui te parlait, un Ornedhel que déjà tu connais. C’est le druide qui t’a prévenu des dangers que tu courais en passant la barrière entre les deux forêts. Le dernier être à te parler avant ton entrée dans l’ancien Linoïn. Autrefois il n’avait pas tenté de te freiner. Autrefois il t’avait même soutenu, mais il savait déjà dès lors qu’un jour il te reverrait, et qu’en ce jour il te testerait.

Quand tes branches diamantines se prouvent décidues, et que leurs gemmes de feuilles tombent, emportant avec elles l’entière œuvre de ta magie, tu lui prouves avoir été digne de sa confiance. Les corps libérés de tes adversaires sont meurtris mais indemnes. Dans ta guerre, tu n’as semé aucune victime. Toi tu t’es fait combattant, l’Aduram ne t’as pas fait tueur. Avec fierté les yeux d’un fils se posent sur son cadet, heureux de pouvoir le juger assez fort pour avancer.

-   Les suites du hurlement rendent le silence plus puissant. L’ancien Linoïn accepté comme ton passé, il n’y a aucune route sur laquelle la mélodie renouvelée ne saurait te guider. Questionne tes frères, questionne tes sœurs et la route que tu empruntes ne pourra que s’écourter.

S’enfonçant à nouveau dans les profondeurs du bois, suivi de près par ses compagnons claudiquant, le druide te laisse en bouche l’amer souvenir, d’à quel point peuvent être dangereuses les épreuves des gardiens de l’Anaëh.

Mais prend garde, Ist'Onnatàrion, car tu es enfant de Mëlien. Il serait étonnant de la part de la voyageuse, de ne pas prendre le temps de réellement te rappeler la folie qui est aussi sienne. Je ne fais que marquer la fin de ta construction, et le début de ton initiation.
Spoiler:
 


Dernière édition par Estiam Faerin le Mar 15 Nov 2016 - 15:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Mer 15 Juin 2016 - 21:46

Le sang du Front séchait à peine sur les armes des fidèles et les flammes cruelles élevées par les drows étouffaient dans des toussotements funèbres, écrasées par les pieds implacables des golems de pierre.
Voronwë, accompagné de ses dix derniers Traqueurs et d'une vingtaine d'autre membres de la Noss, avançait à l'aveugle dans la forêt d'Anaëh, perdu dans ses songes et questionnements, vaincu par le doute. Ses autres guerriers, une cinquantaine, étaient partis à travers la forêt pour retrouver Dame Yasairava et rapporter son emplacement à leur dirigeant. Ils étaient trois à éliminer, les deux druides et la Protectrice. Il ne s'agissait pas de cruauté et à vrai dire, le Baar'Ane n'était pour rien dans cette décision.

Ce choix de mort, c'était Voronwë qui l'avait fait, seul. Si un seul d'entre eux survivaient, bien vite les autres clans et les Cités traqueraient sa Noss, le traqueraient lui et pire encore, chercheraient la tombe de l'hydre. Et à partir de là, sans doute essayeraient-ils de la détruire... S'ils réussissaient, ce serait miraculeux, s'ils échouaient... La forêt, les animaux, les elfes, les hommes, les nains, les drows... Tout cela n'existerait plus, anéanti à jamais entre les crocs avides du Grand Dévoreur.

Non, c'était bien triste, mais la mort de ces elfes était nécessaire à la survie de toute la création des Cinq. Le Baar'Ane était peut-être une créature naturelle, peut-être une arme vivante, mais en ce cas il était la plus abominable qui ait jamais existé.


-"La Symphonie s'agite, je le sens."

En effet, il y avait comme un pleur, un râle, une quémande. On entendait des sons peu habituels, comme les sabots d'un animal et le bruit des cordes se détendant. Des chasseurs poursuivant une proie peut-être? Non, les arbres n'auraient pas geint autant... Certains des guerriers semblaient avoir entendus aussi, l'un d'eux lança une œillade inquiète vers les arbres à l'Est.

-"Gardien, la Création pleure quelque chose, ne devrions-nous pas aller vérifier ce dont il s'agit? Peut-être un daedhel a-t-il pu se glisser jusqu'ici?"

-"J'ai des doutes sur la capacité d'un sombre à arriver aussi loin, mais je t'accorde le bénéfice du doute. Venez et préparez-vous."

Le chef eut à peine le temps de finir sa phrase que plusieurs hurlements retentirent, prononcés par la même voix. D'un geste brusque, Voronwë ordonna à ses hommes et femmes de le suivre.
Le spectacle était glaçant, un elfe, seul, avec un drôle de gantelet, entouré de corps inertes, blessés, présentant comme des engelures par endroit.

Et là, la sensation, le souffle vaporeux. Les elfes le ressentirent: le froid.


-"Je sens la colère Voronwë, elle est partout. Quelque chose s'est déroulé ici."

-"C'est le froid anormal ou les corps qui t'ont dit ça, vieux lézard?"

La remarque moqueuse du combattant agaça la créature qui lui répliqua un souffle de mépris avant de reprendre:

-"Et tu n'as pas besoin d'yeux pour voir que celui-là n'est pas en paix avec lui-même. Laisse tes hommes derrière et range ton arme."

-"Tu penses à quelque chose en particulier?"

-"Je me sens... Libre depuis les combats contre tes cousins. Il est temps qu'Anaëh se souvienne de moi."

La discussion, murmurée imperceptiblement, eu pour effet un recul des troupes elfiques vers le couvert des arbres et Voronwë, s'avançant, seul, lance dans le dos. Son armure en écailles brilla légèrement d'une lueur sombre quand un furtif rayon de lumière passa dessus, présage des supplices à venir.

-"Une belle hécatombe, étranger. Qu'est-ce qui nous vaut la défaite d'autant de frères des Noss?"

-"Contente-toi juste de gagner du temps, il faut que je puisse montrer aux arbres ici qui est leur véritable maître."

Quelques jours auparavant Handassë avait annoncé à Voronwë que la Mère lui imposerait un choix. Il devrait le faire en son âme et conscience, sans bonne ni mauvaise réponse, juste un choix. Peut-être le moment était-il venu de passer cette épreuve.
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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Jeu 16 Juin 2016 - 2:04



As-tu réussi ? As-tu échoué ? Devais-tu seulement trouver la bonne route ou la traverser ? Aucune de ces questions n’était bonne à poser, rien ne te sert pour l’heure de questionner ton succès, car au départ du druide la plus grande épreuve de ta longue vie ne fait que commencer. À partir de cette heure sera éprouvée ta connexion à l’Anaëh.

Conséquences de la violence d’une illusion ou triste réalité ? Nouveau tour de passe-passe ou marque d’un forcené ? L’Aduram s’en est allé, mais tu ne reconnais plus l’Anaëh. Tu sais Liltalaima capable d’entonner de sombres chants, par plusieurs fois de funèbres accords ont déjà été portés à ton oreille, mais l’intrigante mélodie ayant pris possession du bois t’es entièrement inconnue. Peut-être l’aube d’un événement particulier, ou simplement la marque d’une puissante créature, quoi qu’il en soit, il fallait que tu te tiennes prêt. Après que les flèches aient arrêté de fuser, et que les bris du miroir de ton esprit aient été réassemblés, tu pensais pouvoir enfin te reposer, mais il semblerait que le destin trouve le moment propice à s’acharner.

Le hasard continue de s’approcher, impérieux, sans tenter le moins du monde de se dissimuler et au fur et à mesure du temps qui passe, tu te comprends en être la cible. Ta monture tremble, non seulement touchée par ton anxiété mais elle aussi ressentant la levée d’un mauvais augure. Tu attends, et timidement se mêlent peur et frustration. Frustration car l’attente est insoutenable, peur car c’est un à un danger inconnu que tu t’apprêtes à faire face. Alors, tu fais taire le chant des frères et des sœurs, pour tendre l’oreille aux tintements des essences. La magie elle au moins chante toujours la même chanson. Tu ne pourrais pas même expliquer combien savoir les flux inertes t’es rassurant.

La gueule du monstre se referme finalement et au travers le brouhaha de feuilles mortes et de branches cassées émanant de ses suivants, il se distingue dans un murmure. Ta monture fait volte-face, se lève haut sur ses pattes arrières, crachant des nasaux un souffle en disant plus long que le plus puissant des cris de panique. Suivant son exemple, tes doigts s’arquent et tes mains se relèvent, déjà ornées des lumineuses étincelles préfigurant l’usage de sortilèges flamboyants. Mais rien n’en fut. Dans la prime forêt l’hésitation est mère de défaites, la fraction de seconde d’inaction qui suivit ton réflexe aurait pu te coûter la vie, mais cette fois tes instincts ont bien parlé… ou du moins c’est ce que tu penses. Peut-être aurait-il mieux valu pour toi que tes flammes dévorent l’elfe qui te fait face avant qu’un quelconque contact ne soit engagé ; mais il est trop tard pour les regrets, ton frère t’a déjà parlé. Les reflets de ta lueur sur son armure reptilienne le laissent de marbre. Son arme est rangée et c’est une simple question qu’il t’a là posée. Inconnu à la volonté d’affronter un frère sans motif, tu réinsuffles le calme à la magie d’un claquement de poignet, et intime à ta monture de se pondérer. La sensible Tunda’Heri reprend pied, mais à l’occasion appelle d’un soupire une nouvelle caresse pour se sentir protégée.

- Je ne saurais dire s’il s’agissait d’une épreuve ou d’un avertissement. Sensé t’être destiné, mais ironie du sort, ce sont tes agresseurs les plus amochés Mais n’aie pas d’inquiétude, mon frère, aucune vie n’a présamment été volée.

À nouveau tes bras dansent un sortilège, et tes mains s’ourlent de la lueur d’or flamboyante. Ce n’est pas au feu destructeur cependant que tu appelles, mais aux flammes de renaissance du Phoenix. Sous ta guidance experte, ce que la figure de feu présente comme ses plumes s’ourle délicatement autour des cinq elfes à terre, et leur offre leur chaleur. Baignés d’une douce lumière, semblable à celle des aurores d’hiver, les êtres inertes ignorent tout de l’arraisonnement auquel tu les soumets. À l’écoute de leur respiration, à l’écoute de leur pouls, à l’écoute de l’écoulement de leur sang, tu cherches où faire passer la chaleur, où accélérer les fluides, et où les ralentir. Cette infime part d’éléments essentiels dans leurs corps, tu en prends possession pour mieux la leur rendre. Et après quelques minutes d’un pesant silence sous les yeux interrogateurs de ton étrange vis-à-vis, ton oiseau est réduit en cendre, desquelles se relèvent péniblement tes anciennes victimes.

Curieusement, les cinq chasseurs te font la révérence plutôt que de te houspiller, et c’est après de respectueuses salutations qu’ils s’en vont, claudiquant à la suite du guide dont ils n’auraient pas dû s’éloigner, baissant la tête devant le Gardien Voronwë.  Croisant les bras sur ta poitrine, feignant d’être à l’aise quand en réalité tu ne cherches qu’à jouer de ton imposante carrure pour toi-même te rassurer sous ce climat étrange, tu soupires, dans un discours avec ta conscience plus qu’avec le guerrier.

- La Mère a parfois de bien étranges façons de nous soumettre à l’épreuve. Mais de quel droit s’en plaindre lorsque l’on sait l’avoir mérité.

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Voronwë
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Jeu 16 Juin 2016 - 16:02

Devant l'oiseau de flammes qui embrasa l'air, Voronwë eut un mouvement de recul. Un instant il posa une main dans son dos pour récupérer son arme, craignant de devoir s'en servir. A la place des brûlures attendues, seule une chaleur apaisante enveloppa sa chair, même si elle ne toucha pas ses os. Cette lumière était bénéfique, mais pour l'invoquer il fallait une grande puissance magique. Seul un entraînement long de plusieurs siècles pouvait donner un tel contrôle, une telle maîtrise sur la magie; le chef spirituel de son clan le lui avait assuré.

Son regard se promena au sol, vers ses frères des Noss blessés. Leurs visages s'étaient calmés et de minces sourires apparaissaient parfois. Ils iraient mieux dans peu de temps, avec du repos, sans doute.
Restait que cet homme semblait d'un coup une proie beaucoup moins facile. Un instant, l'elfe pria pour que le Baar'Ane lui demande de reculer... En fait, il se demanda pourquoi il ne le faisait pas de lui-même, après tout il n'était pas l'esclave de ce monstre... La réponse devait rester secrète.


-"De la magie de feu? N'est-ce pas là un danger que de l'utiliser dans Anaëh?"

Pourtant il observait ce volatile majestueux avec crainte et un certain vide se créa quand il disparut et que les Noss se relevèrent pour s'enfuir. Un d'entre eux tourna son visage vers le Gardien et le reconnut. Oui, oui il l'avait déjà rencontré.
Celui-là reçut une main sur l'épaule quand il passa, un signe très clair pour les guerriers dispersés aux alentours. Un signe de non-retour.


-"Un étonnant travail... Êtes-vous un guérisseur?"

Là, sur un arbre! Une ombre! Elle... Bougeait? Voronwë comprit et écarquilla les yeux.
Là, sur le tronc, une figure noire ovidienne montait, comme animée d'une vie propre. Elle avait un corps, long et sinueux, qui arrivait aux pieds du chef de guerre.
Un coup d'œil rapide lui permit de comprendre que huit autres figures identiques parfait chacune vers un coin différent des bois proches et une dixième se dirigeait vers l'elfe.
Le frisson qui parcourut l'échine de Voronwë le paralysa sur place.

L'ombre sous le mage semblait se matérialiser derrière lui, formant une tête grossière et ridicule de dragon déformé. Deux excroissances, semblables à des mâchoires géantes de fumées s'ouvrirent sur un néant béant. Menaçant de se refermer à tout instant sur le mage qu'elles entouraient.

Voronwë eut peine à sortir quelques mots supplémentaires:


-"A quelle épreuve... pensez-vous... être confronté?"
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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Jeu 16 Juin 2016 - 17:36


La magie de feu. Force redoutée, et à juste titre, par nombre de Sylvains. Vous êtes peu de thaumaturge en ce royaume à vous y être intéressé, parce que le feu, bien qu’il soit celui qui alimente le brasier des forges, réchauffe les fours et cautérise les blessures est aussi le grand dévoreur de la sylve. Ce n’est pas la première fois que tu entends poser la question qu’énonce le guerrier, ni la première fois que tu délivres cette même réponse.

- La magie du feu n’est un danger que lorsqu’elle n’est pas correctement maîtrisée… ou s’il on s’en retrouve la cible. Mais quoi qu’il en soit, il faudrait bien plus de quelques feux-follets pour heurter les géants de l’Anaëh.

Si les Drows ont déjà réussi à embraser des pans votre forêt, c’est qu’un ou plusieurs mages s’y étaient entièrement dédiés. Et malgré tout la tâche n’en fut pas moins titanesque. La litière détrempée et le bois humide qui constitue la majeure partie de l’Anaëh est un solide bouclier, qui ne se laissera consumer qu’après avoir été complètement asséché. Tu as bien assez parfait ton contrôle sur les éléments pour ne pas te laisser à ce point déborder. Ta manière d’utiliser la chaleur du phoenix en est la preuve. De l’élément de destruction tu es capable de faire un outil de salvation, à l’aide de techniques ironiquement apprises au cours de la guerre. Mais cette maigre capacité à rendre un corps un peu de sa tonicité était bien loin d’égaler les prodiges dont sont capables les Mages de Vie, et pour cela, et parce que tu as ôté la vie plus souvent que tu ne l’as directement préservée, tu ne peux te targuer être guérisseur.

- Parfois je l’aurais aimé, mais ce sont les arcanes élémentaires qui se sont ouvertes à moi. Elles m’ont été une arme bien plus souvent qu’elles ne m’ont été un garrot, mais elles m’ont aussi été une troisième main bien plus souvent qu’elles ne m’ont été une lame. Toute magie offre une infinité d’usages à qui sait les chercher.

Tu parles avec une apparente sérénité, renforcée par le respect porté à ton art par l’elfe armuré, mais ton corps entier est en vérité prêt à se tendre, tout comme l’est celui de la biche cornue. Les suivant de celui qui te fait face se sont écartés, mais tu auras compris que lui, le mouvement de recul qu’il faillit entamer, il l’a réprimé. S’il ne te jauge pas autant que tu le jauge, son attitude est celle d’un elfe attendant que ta garde soit baissée pour frapper ; ou alors est-ce le sombre climat qui vous inspire une telle paranoïa ? Tu as froid, et la sensation de suffoquer, quand une œillade rapide vers le néant inspire à celui que tu penses être chef de ces gens un douloureux frisson… qui rappelle à son tour autour de tes paumes les sceaux incandescents et givrés.

Tu en es persuadé. C’est une question rhétorique qu’il t’a posé. S’il est une épreuve, alors il en est l’incarnation.

- L’elfe que suivaient les chasseurs… C’est peu avant d’affronter l’Aduram que je l’ai rencontré. Il y a quelques siècles il n’y a eu qu’avertissement. Aujourd’hui tombent les répercussions. Les hurlements… les cris de rage de l’ancien Linoïn… ils ne lui semblent pas étrangers. Peut-être lui fallait-il vérifier… qu’ils ne m’avaient pas emporté.

Ta respiration est lourde, lente, mesurée et ton discours entrecoupé. Le changement de la Symphonie t’attaque aux nerfs, et tu es convaincu que le guerrier n’y est pas étranger. Mais si c’était le cas, alors que pouvait-il être ? Aucun elfe n’a un tel pouvoir sur le chant, les Gardiens eux-mêmes ne font qu’écouter. Il fallait que tu saches…

- Ou alors voulez-vous dire qu’elle n’était que le préambule de la brimade que dire, de la calamité que vous apporteriez ?

Une brise surnaturelle, fruit du déséquilibre de chaleur que tu as toi-même créé vient houspiller la longue tresse dans laquelle tu as rassemblé tes cheveux, dont la blondeur a depuis la guerre, quelque peu fané. Le Gardien de l’Hydre serait-il lui aussi sur le point d’arracher un peu plus de noirceur à ton crin doré ?
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Ven 17 Juin 2016 - 15:11

La forêt s'assombrit. Le soleil ne passe plus si bien le voile magique qui recouvre l'Anaëh, comme si une maille sombre s'était étendue entre les mondes célestes et terrestres. La toile impie de quelque araignée sortie du plus profond des néants.
Et les arbres dansaient sur le tempo de la sinistre complainte du Baar'Ane, soumis par la peur de l'Aîné des Glorfindhals. Son ombre s'étendait des cimes aux racines, investissant le moindre espace de lumière. Bientôt, ses hideuses parodies de têtes apparurent, se développant comme des excroissances malignes sur un corps sain.

Voronwë surprit l'agressivité de son adversaire, il voyait sa crainte, il ressentait son doute, l'hydre s'en délectait d'avance. Il parlait d'épreuves.. Mais tout ce cycle, depuis le Réveil de la Prime jusqu'à aujourd'hui, n'était-il pas une épreuve à lui-seul? Rien ne se déroulait bien, tout semblait si étrange, si injuste...! A en croire que les Dieux comme les Ëalas se riaient du malheur des mortels!

Oui, ce devait être cela.


-"Quelques instants, mon Gardien, quelques instants et il sera dévoré par ce qu'il a toujours chéris: sa chère Symphonie des Arbres."

Les poings de l'elfe se serrèrent alors que l'obscurité couvrait son âme de son étreinte haineuse, telle la femme qui vous embrasse avant de vous déchirer la gorge. Il se sentait comme une mante religieuse: roi du monde des insectes mais condamné à la mort, dévoré par sa femelle dès qu'il aurait accepté de la posséder.

-"La brimade... Quelle brimade?"

La tête de Voronwë pencha sur le côté. Un instant, il crut voir une ombre lui susurrer des mots d'amour à l'oreille, des promesses de destruction qui caressaient son corps comme la brise d'été.

-"Je n'apporte jamais de brimade. Juste des questions. Et j'en ai une justement..."

Que ce sombre lieu est beau! Que la pénombre est resplendissante! Ce bosquet est digne d'Anaëh! Alors que les arbres entonnent cet opéra blasphématoire, le chef ressentit les souples baisers de la fureur parcourir son échine, un flot de haine parcourir son corps comme mille mains féminines. Les plaisirs de la chair n'intéressaient pas les elfes, mais ils savaient quand il le fallait apprécier le bonheur d'un être aimé.
Aussi ne réagit-il que peu en voyant les puissantes mâchoires des dix visages du Mal se rapprocher avec une lenteur délicieuse de leur prochaine proie et qu'il sentait son armure s'étendre à son corps, offrant à la faible peau une protection chitineuse plus froide que les hivers les plus rudes mais plus réconfortantes que les cajoles des rayons du soleil.


-"Que diriez-vous de me rejoindre?"

La plus grande des paires de mâchoires se referma sur le corps du mage, le recouvrant de la fumée noire de la folie, de la souffrance et de la colère.

De la fumée noire qui compose l'âme du Baar'Ane, le Grand Dévoreur, L'Arme Primordiale de la Mère.
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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Ven 17 Juin 2016 - 18:08



Il est fou. Il est fou ! C’est un monstre. C’est un monstre dont l’ombre s’est mise à planer sur toi dès lors qu’il a pris la parole. C’est un monstre de solitude versant sa peine sur le monde car c’est la seule manière qu’il connaît de s’y lier. Quelle autre solution pour l’abomination qui n’a jamais rien connu d’autre que sa propre noirceur pour vaincre le vide de ses ténèbres que d’y plonger quiconque ose croiser sa route ? Faibles créatures que vous êtes devant une puissance transcendant les barrières de la vie et de la mort elles-mêmes, pourquoi ne vous étiez pas agenouillés ? Pourquoi fallait-il toujours que vous vous battiez ? Vous l’avez maudit pour l’éternité, lui, le grand destructeur, le dévoreur de monde, condamné à ne plus être qu’une personnalité secondaire hallucinatoire de l’elfe qui lui sert de Gardien. Mais bientôt il n’aurait plus à se battre, bientôt il ne passerait plus après. Bientôt il en aurait fini d’écraser. Bientôt il serait seul maître à bord de ce minuscule vaisseau, et alors s’ouvriraient à lui les portes de l’Anaëh, puis de Miradelphia, puis du monde.

En attendant il se contenterait de partager avec toi les souffrances qu’il a d’ores et déjà infligées à son infortuné vassal. Car il est le Baar’Ane. Le plus puissant des soldats de la Mère. Et qu’il a le pouvoir, ne serait-ce que pour quelques instants, d’entièrement trahir la création dont il fait pourtant partie.

Tu es resté paralysé. Tu ne voulais pas répondre. Tu ne voulais pas riposter. Tu ne voulais simplement pas t’avouer victime d’une telle mésaventure. Parce que la réalisation est venue quand les pupilles du Gardien sont devenues hystériques. Que ton corps s’est paralysé juste avant la question finale. Ton esprit s’est enfui vers les mélodies émanant de l’éther, espérant y trouver refuge devant la Symphonie trop menaçante, mais le chant de la Prime Forêt est trop puissant, et la bête y a trouvé ta faiblesse. Ses crocs s’étaient déjà refermés sur toi il y a bien longtemps, mais voilà maintenant qu’il t’avalait tout entier.

Le cauchemar recommence. Ta forêt bien aimée s’en va une seconde fois. La Sylve se noue à nouveau de douleur. Liltalaima crie sa détresse, tandis que la grenouille continue de sauter d’arbre en arbre, propageant la mort, la souffrance et la corruption sur son passage. La forêt meurtrie de l’illusion à laquelle tu avais précédemment fait face était fausse. Elle n’était qu’une image. Une image jouant du couteau sur tes sentiments. Mais la destruction engendrée par le dévoreur était réelle. Ou du moins, elle t’était réelle. Ta gorge s’étrangle, puis s’effondre en un cri strident, alors que sur ton visage perlent des larmes… de sang.

L’appel de la mort. Tu le connais trop bien. Il t’a hanté trop longtemps. Tu l’as défié trop longtemps. Tu sais y avoir succombé pour un temps, mais c’était le passé… c’était le passé… ou étais-ce maintenant ? Tunda’Heri n’en a aucune idée, et en vérité, elle n’en a cure. La bête paniquée rue dans le vite, se cabre et brame son apparente détresse. Plusieurs fois elle manque de t’éjecter dans la course folle sans direction réelle que la panique totale lui dicte, mais tes fortes jambes te maintiennent assez puissamment accroché pour ne pas te retrouver au sol. Elle panique, toi tu sombres. Tu coules comme une pierre malgré tes tentatives de remonter à la surface, tu veux respirer, tu veux respirer, mais les bras continuent de te tirer vers le fond. C’est leur faute. Tout ça est leur faute. Ces maudits chanteurs de l’Aduram. Si seulement ils se taisaient, si seulement tu pouvais les faire taire ! Et voilà que tu goûtes au doux breuvage qui a empoisonné l’esprit de ta jeune amie après la bataille d’Eraïson, seulement les portes de ton esprit étant plus hermétiquement fermées que celles d’Halyalindë, car tu sais pertinemment quelles horreurs tu tentes de dissimuler de l’autre côté.

La magie du feu n’est un danger que pour ceux dont elle est la cible… ils sont ta cible. Ces abominables cracheurs de murmures. Ils pensent pouvoir te détruire, alors qu’ils essaient. Sans personne d’autre sur qui compter, aussi perturbée que tu l’es, ta monture choisit de faire confiance à la seule constante de ce monde en perdition : toi. Mais quelle ne fut pas son erreur. Tu guides la biche avec une violence qu’elle ne te connaît pas, l’entretient dans sa panique, usant à ton avantage de ses mouvements erratiques. Mais tu les brûles. Tu brûles les monstres qui la menacent, alors elle continue de t’écouter. Don Quichotte d’une nouvelle ère, tu affrontes les arbres, jusqu’à te rendre compte que rien n’y fait. Alors tu cherches, tu cherches comme un Cerberion enragé cherche l’agresseur envahissant son territoire. Il ne faut pas bien longtemps avant de te trouver une victime à appeler bourreau. Serait-ce eux ? Serait-ce eux qui chuchotent des infâmies à l’oreille des arbres ? Oui. Ce doit être eux.

Tes yeux vides de sens se posent sur eux, les voyant pour ce qu’ils ne sont pas. Et il suffit ensuite de quelques gestes. Le feu prend entièrement l’un des arbres qui les surplombent, et de la pierre incandescente qui reste de ton frère tu fais une arme presque vivante, frappant au hasard parmi les suivants de Voronwë. Il y a des blessés, il y a des morts, mais la peine ne passe pas, ton monde ne revient pas, alors tu continues de chercher, ton servant balayant de ses griffes de branches quiconque tenterait de te priver de la paix. Ce n’est que trop tard que tu le trouve, la source de cette mascarade. Et alors tes cris de forcené pour la première fois s’articulent en une phrase. Des veines gonflées sillonnent la part apparente de ta peau, tes muscles gonflés par un effort que tu n’as pas encore fait dévoilent d’effrayantes stries. Ton épiderme devient le reflet de ta pensée, d’apparence au bord d’être déchiré. Tu crampes ton buste entier dans un mouvement improbable, brisant d’une fente sèche le monstre de charbon, pour tirer de son ventre la source de ton mal. Les dix têtes de l'Hydre, de pierre forgées se lèvent entre toi et le Gardien Voronwë, seulement cette fois, c’est lui que leurs gueules menacent.

- Tu… Je… Tu n’auras rien de moi… monstre ! C’est moi qui t’ai !

Clameur aussi fausse que le ciel est bleu. C’est vrai, à tout moment tu pourrais prendre la vie de son vassal, mais serait-ce réellement une avancée ? Il en choisirait un autre, un moins résistant, et le chaos qu’autour du point de rencontre tu as semé, par-delà les frontières de l’Anaëh il l’étendrait.
Si ton regard par les chants de la mort n’était pas embrumé, peut-être que les vies que tu as mises sur le fil du rasoir tu les verrais. Qu’il relâche ton âme pour avoir la vie sauve. Que ton âme soit relâchée et pour toujours tu regretterais ce que tu as fait.

Pour toujours tu devrais vivre avec cette souffrance. Quoiqu’il arrive, la destruction était semée. Le Baar’Ane gagnait. Peut-être le Gardien regretterait de s'en être pris à toi, Ist'Onnatàrion, mais le Reptile ne connaît pas les remords.

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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Sam 18 Juin 2016 - 16:36

C'est la nuit. La nuit perpétuelle qui s'abat sur le monde.

Entendez-les hurler de peur et de douleurs! Arbres, animaux, elfes, tous crient et pleurent à l'unisson entre l'ombre et la flamme, propageant la terreur à leurs frères et sœurs. La douleur est si totale que certains elfes en perdent connaissance et terminent tirés par leurs frères en panique alors que les langues de feu se rapprochent, portées par un héraut tout droit sorti des plus brûlants plans magiques.

Alors Voronwë, paralysé, reste là, stoïque, lui-même emporté par le flot de souffrances dont il est l'épicentre. Il voit le feu se rapprocher, il entend, encore et encore, le rire terrible de son monstre intérieur, de cette hallucination réelle.


-"Vois comme vous êtes si prompts à détruire. Vois comme vous n'avez besoin que d'une excuse pour semer la mort. La peur n'est qu'une excuse, je ne suis que votre bouc-émissaire."

Les végétaux sont consumés et leurs plaintes se répandent à travers la forêt, accélérant le travail de l'horrible serpent dont les ramifications ne font que s'étendre, chaque tronc devenant une tête supplémentaire à cette hydre qui pouvait en compter des milliers, des centaines de milliers.
Une gerbe de flammes se dirige sur le chef elfe. Il ne la voit qu'au dernier moment, quand la buée couvrant ses yeux s'évapore sous la chaleur. Il n'a pas un mot, pas une parole, alors qu'un elfe le jette à terre, devenant à sa place une silhouette carbonisée.

Un autre arrive, un large bouclier, une ancienne écaille à son poing, couvrant l'intégralité de son corps. Une écaille de l'hydre, une des plus grandes, suffisante pour cacher un elfe. Un nouveau vecteur de propagation.
La chitine résiste comme si de rien n'était, alors que le membre de la Noss tente de réveiller son chef.

Il ne voit que la nuit, les ténèbres et les gémissements de la Symphonie qui se tord dans un brouhaha infâme.


- Tu… Je… Tu n’auras rien de moi… monstre ! C’est moi qui t’ai !

Les ombres semblent disparaître dans la gerbe de feu et de fureur, comme si les éclats provoqués par les flammes détruisaient la malfaisance du lieu.
Ce ne fût que pour voir réapparaître les horribles parodies de visages, peut-être même plus gros qu'avant, allant de paire avec la souffrance des lieux. Le Baar'Ane gagnait en puissance, dévorant avec avidité les sentiments les plus négatifs et réveillant les plus horribles instincts des êtres.


-"Non... Tu vas me nourrir. Toi et tous les autres parasites qui empoisonnent ma forêt."

Les têtes se lèvent, franchissant les barrières flamboyantes qui auraient brûlées jusqu'au métal. Cinq foncent, attaquent, dévorent le cerf et l'elfe mage, pendant que deux autres s'en prennent à Voronwë et son acolyte protecteur et que les restantes couvrent de leur ombre les environs.

-"Je suis l'Aîné! Je suis le Maître d'Anaëh! Je suis le rempart contre votre folie! Obéissez ou périssez!"

Puis plus rien.

La souffrance et rien de plus.

L'ombre avait disparu et chacun semblait reprendre un semblant d'esprit après une descente dans obscurités plus grandes qu'une nuit sans lune.

Voronwë se releva et observa autour de lui, la tête prise d'une forte migraine et la sensation d'être parcouru de davantage d'écailles que de peau. La forêt continuait de brûler, cela ne s'arrêterait pas. Des vies avaient été prises, certains de ses guerriers revenaient déjà, les yeux remplis d'une haine sauvage. Ils n'étaient... Plus des elfes, ni même des drows. Ils étaient devenus... Autre chose, des êtres plus cruels, plus féroces.

Alors, le chef haussa la voix.


-"Que sommes-nous... Devenus?"

Et une voix de lui répondre.

-"Ceux qui sauverons Anaëh, mon Gardien."
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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Sam 18 Juin 2016 - 19:14


Tu menaces le Gardien des têtes de sa propre créature, pensant avoir trouvé la source du Mal, te pensant capable de l’évincer, mais il suffit de porter l’œil aux atrocités que tu as sculpté, toi qui habituellement tresse les flux en des sortilèges d’une certaine élégance, pour comprendre que tu n’es plus grand maître de ta psyché. Le Gardien n’est pas responsable des méfaits de la créature qu’il tente péniblement de contenir. Pas plus qu’il n’en est la victime. Mais si longtemps victime d’une Symphonie corrompue, n’en est-il pas devenu le héraut ? C’est à cette feinte étincelle de clarté au milieu du chaos que Voronwë doit sa vie, et la mort des dix têtes de ta création.

Tout cela n’est qu’un cauchemar de plus. Un rêve éreintant auquel tu te dois de survivre. Il n’est pas temps maintenant d’être brisé, alors tu inspires fortement, pleins ta cage thoracique de l’air vicié, et accueille à bras ouvert toute la souffrance que l’Hydre a décidé de te cracher à la face. Qu’il tente de te détruire maintenant, car tu ne le comprends que trop tard, ce n’est pas physiquement que tu lui feras opposition. Il t’a parlé, et telle fut son erreur. Peut-être aurais-tu continué à verser le sang de tes frères si tu avais continué de vivre cette réalité, mais les grognements du Baar’Ane, ils ne pouvaient pas être. L’abomination vantant tous crocs dehors l’inéluctabilité de sa domination, elle ne pouvait vivre que dans un monde de sa propre création.

Son chœur malfaisant, la Symphonie le détruirait. Tout n’est que question de temps.

L’eau de colère balaie la trace des larmes de sang. C’est un triste spectacle qui s’offre à tes yeux. Le soulagement aurait été complet, la douleur serait partie, si seulement l’image de la forêt maudite n’avait pas laissé de traces sur ton foyer. De nombreux innocents flanqués de blessures, un poignée d’Ornedhels gisant pour les uns dans leur sang, pour les autres dans leurs cendres, des arbres meurtris, leur écorce calcinée en de larges plaies qui mettraient bien des années à cicatriser. Tu ne faisais que chercher à te protéger, mais ce-faisant, tu as versé la mort, au grand bonheur du reptile enfin silencieux. Voilà ce à quoi la première épreuve devait te préparer, et cette fois-ci, tu as bel et bien échoué.

Tu descends de ta monture, la honte au visage, étreint le col de la biche cornue pour implorer son pardon. Elle ne t’abandonnera pas, heureusement, car la sincérité est un langage qu’elle comprend. Tu marches, lentement, ignore le Gardien royalement, et te concentre sur les dernières braises encore levées, les rappelant l’une après l’autre pour panser la forêt. Tu étreins les arbres blessés d’une langue d’eau pure, espérant rendre à leurs veines un peu de tonicité. Et ce n’est que lorsque ton travail d’apprenti guérisseur fut terminé, que tu t’en es retourné vers Voronwë. Ta tête n’est plus baissée, les larmes ont cessé de couler, tu avances d’un pas lourd, décidé, au point, si ce n’est pas en réalité la crainte de ta magie qui les a décidé, de convaincre ceux qui se tiennent sur ton chemin de s’écarter.

Tes ligaments ne se sont pas encore dénoués, tes veines ne se sont pas encore purgées, et tout particulièrement au vu de la manière dont ton visage dans le ressentiment s’est crispé, les roulements de ta forte musculature sous ta peau cuivrée te donnent plus l’air d’un Eldéen albinos que d’un enfant de l’Anaëh. Nombre de Puysards auraient d’ailleurs bien voulu se vanter d’avoir créé un tel chaos ; mais tu es bel et bien un Sylvain, et pour cause ce n’est que honte et culpabilité que cette situation t’a apporté. Le Chef de la Noss maudite ne te laissera pas t’exprimer le premier, et c’est encore une de ses satanées questions qu’il a lancé. Une question qui ne t’es pas destiné, mais à laquelle tu ne te priveras pas de répondre, maintenant que tu sais qui il est.

- Ses jouets. Tu regardes le Gardien de haut, puisque ta taille ne t'autorise pas à faire autrement Il veut faire de vous ses jouets, Gardien Voronwë.

Les abreuver de ses souffrances, de sa colère et de sa voracité, jusqu’à ce qu’il les ait complètement brisé. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’autre. Et alors il n’aura plus besoin de s’épuiser à lutter contre la Symphonie, puisque ses marionnettes n’entendront d’ores et déjà plus que lui.

- Voyez par vous-mêmes comme il s’amuse de nos vies. À cause de lui j’ai pris des innocents, comme vous en avez sûrement vous-aussi pris par le passé. Tu ouvres les bras, pour désigner la douleur émanant toujours des lieux. Nos vies lui importent peu. Vous et moi ne sommes que des insectes à ses yeux. Amusez-vous à le suivre dans ses croisades, brisez ceux qu’il a envie de détruire et vous ne verrez que trop tard qu’il s’en est pris à ceux que vous aimez.

C’est déjà trop tard. Des elfes du Baar’Ane viennent déjà de perdre la vie dans cette insensée démonstration. Mais Voronwë voyait-il encore assez clair pour voir sa propre Noss sombrer ?

- Vous êtes son Gardien. Vous le contenez. Vous ne pouvez pas le laisser inverser les rôles. Ne voyez-vous pas qu’il n’a rien à vous apporter ? Avez-vous choisi de vous bercer d’illusions, ou êtes-vous tout bonnement aveugle ? Le Baar’Ane est votre prisonnier. Pas votre allié. Et vous seul pouvez le faire taire.

Plusieurs fois on a déjà dû le lui dire, mais combien de fois a-t-il écouté ? En est-il encore capable, quand il a suffi d’une rencontre pour que tu te sentes changé. Il a suffi qu’il t’appelle une fois pour que tes pulsions soient libérées. Parce qu’en ce moment même, tu luttes comme un forcené, pour ne pas mettre un terme à la vie de celui qui a menacé celle d’Oloriël. Tu luttes comme tu n’as jamais lutté contre l’envie de tuer.

Si tu résistes à la tentation de supprimer le Gardien Voronwë, c’est parce que connaissant la légende du Baar’Ane, aussi cruel que puisse se montrer le chef de guerre, il est tenace. Qu’il tombe, et son successeur pourrait bien céder prématurément à l’appel de l’Hydre… et le danger alors serait autrement plus grand que celui que peut faire planer un seul elfe.


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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Ven 24 Juin 2016 - 9:15

Le doute et la peur s'affirment dans l'esprit du Gardien. Il n'est plus l'elfe grand et valeureux qu'il a été, juste un outil apeuré, un objet aisément remplaçable. Comment en était-on arrivé là? Qu'est-ce qu'il lui avait pris de laisser le Baar'Ane s'emparer ainsi de la Création. Quelle sorte de maladie furieuse l'avait infecté?
Peut-être la simple curiosité, peut-être espérait-il ainsi calmer la créature et la faire se maintenir tranquille dans une situation plus complexe? Peut-être aimait-il juste ça? Non, c'était impossible, il ne serait pas dans cet état sinon...

Il n'y avait que des morts, que du sang, que de la souffrance, la Symphonie pleurait, tout le monde pleurait, lui le premier. En vérité, ce qu'il craignait n'était pas tant ce qui venait de se produire, non. Ce qu'il craignait c'était la suite des événements, la suite des risques. La douleur d'Anaëh avait rendue l'hydre plus puissante et cette souffrance risquait de s'intensifier si le Front conservait rancœur des agissements des drows. Il fallait trouver l'Ëala de la Sagesse avant que...


-"Non, il peut nous aider, il l'a fait. Contre les Sombres, il a inspiré dans nos cœurs une telle hargne, une telle haine, une telle puissance... Nous les avons écrasés."

Un massacre sanglant, brutal, indigne des elfes... Mais une victoire tout de même. C'était après que tout avait dérapé...

-"Tant de questions, si peu de réponses... Fait-il de nous des monstres ou révèle-t-il les monstre que nous sommes? A-t-il tué mes amis ou les ai-je tués moi-même?"

Les yeux embués de larmes, il se releva, soulevé par deux membres de sa Noss aux regards si triste, si vide...

-"Je vais trouver Elenmar. Je dois obtenir des réponses. C'est ce que la Grande Druidesse Yraë m'a conseillé de faire."
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MessageSujet: Re: {Bêta RP} Une flamme entre les ombres [ PV Voronwë ]   Ven 24 Juin 2016 - 14:25



Aidés… peut-être, mais à quel prix ? Avec quels motifs ? L’Hydre n’a aucune raison de ne pas galvaniser les troupes de son héraut quand elle sait quelle rancœur elle saura continuer à cultiver dans leurs cœurs même après les affres de la bataille. Le Baar’Ane fait mine d’aider pour mieux attirer la confiance de ceux qu’il considère comme ses pions et accélérer sa remontée sur le trône. A ce moment-là le souvenir des sombres sera d’une douceur inespérée, car rien ne saurait être plus amer que le règne du Reptile sur l’Anaëh. Une mélodie aux allures d’Aduram, c’est ce qu’il chanterait. De sa cruauté, de sa folie, de sa voracité, il contaminerait les terres. S’il revenait, la malédiction du Linoïn s’étendrait plus que de raison, happant animaux comme elfes pour en faire ses vassaux. Seulement la créature aux dix têtes ne chanterait pas l’exode. Les résistants ne pourraient contraindre les fous à l’exil… puisqu’il faudrait d’abord vaincre la bête une nouvelle fois. Un nouveau cycle de sacrifices, voilà tout ce que le Baar’Ane apporterait.

- Dans le cœur de tous sommeille une part Sombre, mais parce que nous savons la faire taire, nous ne sommes pas des monstres. L’Hydre abuse de notre propre noirceur pour faire de nous des abominations à son image.

C’est ainsi que tu le comprends. C’est la manière dont tu expliques les sursauts de haine envers les Noirelfes que te décris Voronwë. C’est ainsi que tu comprends les hallucinations dans lesquelles il t’a plongé. Il a cherché en toi, et il a trouvé ta faiblesse. Il a trouvé ta faiblesse, et il t’y a confronté, te laissant tes armes car ce n’est pas ton véritable agresseur qu’elles détruiraient, mais d’autres victimes innocentes. La réalisation frappe encore, et tes mains, tes jambes, commencent à trembler. L’effort que tu faisais pour te tenir droit devant le Gardien Voronwë est réduit à néant, ta main non gantée vient prendre ton visage comme pour le contenir, et tu recules, trouvant providentiel appui sur l’encolure de Tunda’Heri. Tu manques de tomber quand le Gardien se relève.

La distance quelque peu creusée, vous n’en restez pas moins face à face, à-même de contempler la rançon des événements dans les yeux de chacun. Mais tous les deux à même d’observer le désir de se relever dans les prunelles dans les yeux brillants du guerrier qui vous fait face. Vous êtes à votre manière, tous les deux des guerriers… sauf que contrairement à lui, ce n’est pas le guerrier en toi qui est éveillé par les mots qu’il venait de prononcer.

- Vous avez une idée d’où se trouve Yriaë ?

Tes yeux s’ouvrent grand, comme ceux de l’enfant que tu étais au jour de votre rencontre. Tu as envie de la retrouver, de lui parler, de la connaître, de comprendre exactement quels sont tes sentiments pour elle… mais tu te seras finalement bien vite ravisé. Tu te rappelles de Sirrir, qui s’il n’a pas trouvé la mort, est probablement toujours aux côtés de la druidesse, et qui représenterait un obstacle bien pire que toutes les épreuves du monde, ne serait-ce que s’il te venait l’idée d’approcher Yriaë. Alors c’est le premier des noms qu’a prononcé le Gardien qui reprend toute son importance. Elenmàr aurait de toute façon les réponses à toutes tes questions. De deux aiguilles perdues dans la forêt, autant choisir celle ayant le pouvoir de jouer les boussoles. Partir à la recherche de l'Ëala est la décision la plus raisonnable... mais quel force sur cette Terre saurait raisonner l'homme qui pense aimer ?

- Nous... je... Séparons-nous maintenant. Quête commune suffira à ce que nous routes se croisent à nouveau. Pour l'heure, je dois retrouver la druidesse.

Et à ces mots tu t'en allais, incertain de ce que la forêt mettrait cette fois sur ton chemin, mais confiant dans le chemin que trace la création à tes pieds. Tu t'en allais, confus, marchant vers l'horizon arboré tête basse, comme l'âme en peine que tu es. Lorsque la nuit tombera, lorsque tu trouveras le sommeil et que le lendemain tu te réveilleras, alors probablement te seras-tu déjà convaincu que tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Cette part sombre de ton être, tu n'es pas encore prêt à l'assumer. Cette part de folie, les souvenirs des chants du cruel Aduram et la violence qu'ils réveillent en toi... tu te refuses à admettre que c'est une part de ta personne.

Jusqu'au jour où tu sauras ton coeur plein d'une lumière assez profonde pour en dévorer l'ombre, tu te battras pour que les ténèbres n'aient pas la moindre place dans ta conscience.
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