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 État-Major

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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: État-Major   Ven 24 Juin 2016 - 15:56

1er jour, 6ème énnéade de Karfias, 9ème année, XIème cycle

Les salles de la forteresse de Cantharel vrombissaient sous les pas de centaines d'occupants. Commandants, seigneurs, officiers : toute la noblesse et les responsables militaires de tout le marquisat, Arétria et Olyssea compris, avaient été convoqués l'énnéade passée, avec pour mission de se rendre dès que possible à Cantharel, forteresse de Sainte Berthilde, capitale du marquisat. Et tous étaient en armure de guerre. Y compris le marquis. Devant le trône de pierre blanche, et de son escalier de la même teinte immaculée, une immense table avait été dressée, représentant, sous une forme de maquette réalisée par des maîtres, la Péninsule. De petits soldats de bois représentaient les armées, ou du moins, là où elles se trouvaient en garnison, réparties et dissoutes qu'elles étaient, entre les différents fiefs du territoire de Godfroy et de ses vassaux. Alors Godfroy prit la parole.

« Mes seigneurs, commandants et officiers. J'ai convoqué cet état-major car la situation est grave. Mon séjour à Diantra a été écourté par la rupture de l'alliance et de l'amitié qui me liait au duc de Langehack. Ce dernier a affirmé qu'il comptait rejoindre le royaume du Sud, et que désormais nous étions ennemis. » La salle s'emplit d'un brouhaha incompréhensible, mais où quelques mots suffisaient à deviner de quelles paroles peu recommandables on bénissait le duc de Langehack à cet instant précis. Frappant à plusieurs reprises la table de son poing, le marquis reprit.

« Rien, de leur côté, n'est encore fait. C'est pourquoi je souhaite prendre l'initiative, et nous préparer à la guerre qui s'annonce. Je ne laisserais pas le royaume se complaire dans l'illusion du mensonge. Il est de notre devoir, comme la diplomatie a échouée, d'avoir recours à nos armes, et de mener le combat sur le territoire ennemi, et non attendre qu'il vienne à nos portes. J'ai conscience qu'il s'agira d'une campagne longue. Difficile. Décisive. C'est pourquoi je veux nous donner du temps pour nous préparer à ce voyage. Je cède la parole à qui la veut. »

Le marquis s'attendait à ce que les deux hommes en qui il pouvait le plus compter, Roderik et Sigvald, prennent la parole. Leur présence était cruciale, leurs paroles étaient importantes. Godfroy allait devoir s'appuyer sur ses deux bras droits s'il voulait remporter la guerre qui se profilait à l'horizon. Et il espérait, qu'à l'inverse du duc de Langehack, ils ne lui feraient pas défaut.

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Roderik de Wenden
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MessageSujet: Re: État-Major   Sam 25 Juin 2016 - 10:44


Lorsque le marquis se tut, le comte d'Arétria fut le premier à s'avancer pour prendre la parole. Portant son casque sous le bras gauche, il était nu-tête, et sa main droite gantée de fer était posée sur le pommeau de l'épée ceinte à son côté. La lueur des torches, qui ajoutait à la chaleur d'une salle comble en plein été tout en l'inondant de lumière, faisait briller les plaques de son armure de guerre.

- Le duc de Langehack change de bord plus souvent qu'une girouette au gré du vent, marquis Godfroy. Nous n'avons pas à regretter sa défection, car nous aurions regretté tôt ou tard son amitié.

Il se garda bien de dire à haute voix qu'il n'avait jamais eu confiance en l'éphémère alliance que son suzerain avait nouée avec l'Anoszia. Ce dernier n'en était, à vrai dire, pas à son coup d'essai : n'avait-il pas déjà tourné le dos aux ogres du Médian et à leur ridicule Ligue, alors même qu'il avait prit fait et cause pour eux dès le début des troubles qui avaient secoué l'ancienne régence ? La parole d'un Anoszia ne vaut rien. Un arriviste, qui doit son titre à un odieux mariage d'amour, profitant de la faiblesse d'une duchesse esseulée et naïve. Je lui avais bien dit de s'en méfier. Mais quoiqu'il puisse affirmer qu'il avait eu raison depuis le début, Roderik ne se permettrait pas de rabrouer son suzerain en public. C'était un peu comme chier au milieu d'un temple de Néera : selon les circonstances, ça peut être tentant, mais ça ne se fait pas.
Il en vint donc rapidement à l'essentiel, le coeur du problème : la volonté ne lui manquait pas pour mener une guerre qu'il croyait juste, mais les moyens, eux... les moyens lui manquaient.

- Je suis prêt à défendre l'intégrité du marquisat si celui-ci s'avère être menacé. Mais Arétria a déjà mené deux campagnes en l'espace de quelques mois : la première contre les séparatistes d'Alonna et d'Oësgard, la seconde contre les Sombres. Elle nous a coûté nombre d'hommes de valeur, et nous y avons mis tant d'ardeur que les deux comtes qui m'ont précédé y ont laissé la vie. Pour nous, le moment est mal choisi pour organiser une expédition en territoire ennemi.

Il s'abstint de parler de fatigue, ou d'employer tout terme qui pourrait laisser croire qu'Arétria était faible. Malgré les alliances et les serments, Roderik n'était pas ici chez lui, et les olysseans et les berthildois n'étaient pas son peuple : il ne leur donnerait pas matière à railler les siens. Cela étant, il restait lucide : cela ne trompait personne. Arétria avait payé un lourd tribut de ses précédentes campagnes, et aurait besoin de temps pour se relever. Chacun, ici présent, en avait conscience.
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Sigvald d'Olyssea
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MessageSujet: Re: État-Major   Mer 6 Juil 2016 - 13:29

Sigvald avait fait route en vitesse pour rallier Sainte-Berthilde avec quelques uns de ses proches. Et il se trouvait désormais autour de cette maquette -quel étrange besoin de dresser cela, une carte ne pouvait-elle pas suffire?- qui représentait essentiellement leur position militaire. C'était donc là, devant lui, Godfroy voulait partir en guerre. Il s'y attendait un peu depuis leur discussion, quelques jours avant le tournoi de Serramire, mais il était tout de même surpris et à vrai dire un peu réticent. Il n'avait aucune peur de l'ennemi ou de la guerre -c'était sans aucun doute, dans sa fonction, ce qu'il savait faire de mieux- mais il nota toutefois que Godfroy n'avait pas un instant parlé d'Alcyne, l'héritière légitime dont il disait quelques ennéades plus tôt défendre les droits. C'était mauvais signe, d'après le baron. Il laissa s'exprimer Roderik d'abord.

Naturellement, le comte expliqua à demi-mot l'état dans lequel se trouvait Arétria. Et le constat était fort simple : ils ne pouvaient soutenir une nouvelle guerre hors des frontières. C'était parfaitement normal, le comté avait payé le prix fort dans les événements du nord. Olyssea ne pouvait pas en dire autant et si elle n'était pas en pleine forme -car quelle terre en ces temps troubles était en pleine forme ?- elle était parfaitement en mesure d'aller se battre. Ce qui gênait Sigvald c'était contre qui, pourquoi et surtout quand.

« Vous parlez d'une campagne longue Messire. Je vous rappelle alors que si vous comptez attaquer, il nous faudra traverser les Monts Corbeaux ou passer par la côte de l'Eris. Dans les deux cas, c'est un temps de chien qui nous attendra dès que l'automne commencera à s'installer, dans quelques ennéades à peine. Et quand l'hiver arrivera, nous serons peut-être même bel et bien bloqués. »

Ce qui avait longtemps réconforté Sigvald quand celui-ci craignait une attaque venant d'Hautval était maintenant un piège à double sens : les cols de Kahark n'étaient qu'à peine praticables pour une armée en marche en belle saison, alors l'hiver venu, il était inutile d'espérer y passer. Et le ravitaillement lui-même serait complexe. Et tout la région d'Hautval ressemblait à ça, encaissée dans les montagnes.

« Et contre qui exactement comptez-vous mener cette guerre ? Langehack est loin, Diantra est loin, le Royaume du Sud est loin. Mais plus encore, quel est notre objectif ? Empêcher les soltarii de mettre un usurpateur sur le trône ? Un trône qui ne sera guère reconnu que d'eux même et des quelques territoires qu'ils auront ralliés. Si vous escomptez mettre quelqu'un d'autre sur le trône, qui ? Et où se trouve cette personne ? »

Il n'avait pas vraiment eu l'intention de se montrer si inquisiteur, mais les mots étaient sortis seuls, précédant sa réflexion. Il ne savait trop que dire désormais. Finalement il haussa les épaules légèrement et d'une voix plus calme, il clôtura son intervention :

« Dans tous les cas, je vous conseille d'attendre le retour des beaux jours. Ils sont loin, certes, mais nous ne sommes pas ceux qui, dans l'intervalle, manqueront de vivres pour passer l'hiver. »
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: État-Major   Mer 6 Juil 2016 - 16:20

Poings sur la table, Godfroy écouta successivement ses vassaux prendre la parole. Il comprenait la situation dans laquelle se trouvait Roderik, et même si les temps exigeaient des sacrifices, il n'en demanderait guère de trop grands à une région ayant déjà payé le tribut de la guerre à deux reprises. Godfroy ne répondit pas immédiatement au comte d'Arétria, posant les yeux sur Sigvald, attendant que celui-ci prenne la parole. Patiemment, faisant preuve d'exemplarité dans l'écoute de ses sujets, le marquis reprit la parole lorsque ses deux vassaux se furent exprimés.

« Comte Roderik, je comprends la situation d'Arétria. Aussi je ne vous demanderais guère plus que le nécessaire. Je m'entretiendrais avec mes conseillers afin d'assister Arétria dans sa reconstruction économique, et ne vous demanderais guère plus que la bienséance l'exige. Que vos soldats soient prêts à être levés. Nous discuterons chiffres ensemble, plus tard. Sainte Berthilde palliera aux besoins du comté durant le temps de la guerre, si ce n’est plus, si cela s’avère nécessaire. J'en fais le serment. »

Godfroy avait besoin de troupes, et Arétria, même dans une mesure moindre qu’Olyssea ou que Sainte Berthilde, pouvait, et devait, en fournir. Mais il n’était pas ingrat ou mauvais dirigeant au point de ne pas aider sa terre vassale, qui avait beaucoup sacrifié pour maintenir les frontières du royaume sûres. Leur aide avait finalement peu porté ses fruits, car la reconnaissance du marquis de Serramire s’était limitée à des remerciements oraux, bien que Godfroy n'était point de ceux, nombreux, qui pensaient qu’ils n’auraient guère plus pour remercier leur investissement. Le marquis marqua une pause, ainsi qu'un écart, avant de reprendre la parole. « Vous avez tous prêté serment de m'aider à rétablir une couronne légitime et plébiscitée. Notre victoire est une étape majeure, cruciale, et incontournable pour arriver à cette fin. Nous ne parviendrons pas à unir le royaume derrière Alcyne de Hautval sans vaincre la supercherie et le mensonge. Il n’existe pas de bon moments pour partir en guerre, mais n'attendez pas de victoires sans sacrifices. N'attendez pas de paix et d'unité sans querelles. »

Godfroy se tourna alors vers Sigvald, le baron d'Olyssea, fidèle à lui-même. « L’objectif ici est de prendre l’ascendant politique et militaire sur le Sud en portant la guerre sur leur territoire, afin d’être en position d'amener le sacre d’Alcyne à Diantra, tout en décrédibilisant le Sud par des défaites.Tenez vos troupes et vos navires en alerte, mobilisables au premier ordre. Les navires langecins harcèleront les côtes d’Olyssea si nous leur en laissons le plaisir : le duc de Langehack est peut-être une girouette, mais il n’est pas stupide. » Le marquis se redressa quelque peu. « Mais nous pouvons toujours attendre, et voir. Les Guildes s'assureront qu'aucune cargaison de blé ne s'aventurera vers le Sud. En ce qui concerne la Ligue, si l'accès militaire nous est refusé, et que nous n'avons toujours aucun signe des prisonniers...je suppose que leurs cimetières s'agrandiront cet hiver. Comte Roderik, baron Sigvald, informez vos vassaux qu'un ordre de mobilisation peut survenir à tout instant. A présent, veuillez tous quitter la salle, hormis le comte et la baron. »

Le très grand nombre de seigneurs s'inclinèrent, puis vidèrent la salle du trône de Cantharel qui se retrouva bien silencieuse, seulement peuplée dorénavant des trois seigneurs principaux du marquisat. Reprenant la parole, Godfroy demanda.

« Quelles seraient les conséquences, d'après vous, de fiançailles annoncées entre Alcyne de Hautval et son prétendu demi-frère du Sud ? Les conséquences seraient-elles grandes ? La Ligue s'est construite politiquement sur les ruines de la régence, en opposition soit à Arsinoé, soit à Bohémond, soit aux deux. Un ralliement de la Ligue au Soltaar serait intéressant à voir, mais les seigneurs les ayant suivi par conviction se sentiraient trahis, tandis que ceux qui ne les ont suivi que par devoir auraient l'impression d'avoir agi inutilement. Qu'en pensez-vous ? »

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Roderik de Wenden
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MessageSujet: Re: État-Major   Dim 31 Juil 2016 - 17:33


Si le marquis cherchait à se montrer rassurant, il était dans ses propos certains détails qui tracassaient quelque peu Roderik. On lui parlait, à lui, de reconstruction économique, on lui promettait de discuter de chiffres - cette seule promesse, bien loin de le rassurer, lui évoquait plutôt de nouvelles angoisses, à lui qui n'entendait rien au commerce et qui tenait en horreur les marchands. Lorsqu'il avait repris Wenden à la mort de son père, Roderik s'était contenté d'agir en bon seigneur féodal et de prélever les taxes qui lui étaient dues là où son bon droit le lui permettait, tout en vivant des récoltes dues au travail de ses serfs. Or il était comte d'Arétria depuis un mois, et si ses possessions s'en étaient trouvées largement accrues, il n'avait pas tellement changé sa façon de faire. L'innovation tenait sans doute en ce qu'il avait désormais affaire avec les guildes de marchands établies à Arétria, Lün et Kulm, dont il avait brièvement reçu les représentants ; mais il s'en méfiait, car les marchands ont l'esprit retors, dit-on, et il voyait derrière chacune de leurs manigances une arrière-pensée destinée à le défaire progressivement de ses droits sur ses propres terres. Aussi il traitait assez peu avec eux, se contentant de réclamer le produit des péages qui lui étaient dus, sans jamais rien remettre en cause ni bouleverser l'ordre établi.

Quoiqu'il en soit, il voyait en cette proposition - ou plutôt affirmation, car Godfroy ne semblait pas vraiment lui demander son avis - de soutien de la part du Berthildois un moyen détourné de s'ingérer dans les affaires du comté. La chose le rendait mal à l'aise ; il n'aimait pas se sentir redevable, encore moins lorsqu'il ignorait l'étendue de « l'assistance » promise. Finalement, on lui demandait de prélever un nouvel effort de guerre au moment le plus inopportun, et la seule rétribution qu'il devait en retirer était de voir Arétria tomber sous la tutelle de Sainte-Berthilde. Il se méfiait déjà bien assez des guildes locales, il ne voulait pas voir de marchands berthildois s'établir dans les faubourgs d'Arétria-la-ville pour venir lui seriner des innovations grotesques sur le prétendu intérêt qu'il aurait à libérer les marchands des contraintes seigneuriales et des lourdes taxes qu'il leur infligeait.

Et pourtant, malgré tout le mal qu'il pensait de cette entreprise, Roderik garda ses doutes par devers lui et se tut. Il se tut, car il refusait de faire défaut à son suzerain ; se défiler dans une guerre contre le Langecin aurait été une preuve de lâcheté. Et même ses propres vassaux, ceux-là mêmes qui ne manqueraient pas de se plaindre du nouvel effort qu'on leur imposait, ceux-là mêmes se sentiraient humiliés si Arétria ne prenait pas part au conflit. Arétria était un pays de gens simples, dont la noblesse turbulente ne se complaisait guère dans l'oisiveté.

Il se tut, et ce ne fut que lorsque le marquis, le comte et le baron se retrouvèrent tous trois dans la pièce et que le marquis s'en remit à leur conseil que Roderik éleva la voix.

- Des fiançailles entre Alcyne et celui qui se fait nommer Bohémond ? Je dirais que l'idée est grotesque, même du point de vue d'un homme du sud. Un « roi » épousant sa propre sœur, voilà qui est tout à fait abject. Nous ne sommes pas des drows, que diable. Il fit la grimace, et pendant un instant, se demanda s'il n'allait pas se mettre à gerber. Gardons-nous cependant de l'éventualité d'un ralliement de la Ligue au Sud. Ce serait tout à fait surprenant, compte-tenu des oppositions fondamentales qui existent entre eux... mais au fond, ces deux entités sont peuplées d'opportunistes qui ne croient en rien, sinon à leur intérêt. Nous devrions veiller à ce que cela n'arrive pas.
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Sigvald d'Olyssea
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MessageSujet: Re: État-Major   Mer 10 Aoû 2016 - 23:19

Sigvald hocha sobrement la tête aux déclarations de son suzerain. Mettre Alcyne sur le trône donc ? Mais où était la gamine, il n'avait pas connaissance qu'on l'eut soustraite à sa génitrice pour l'heure. Et couronner quelqu'un qui n'était pas à son côté était une chose difficile. Mais s'il comprenait la logique politique, il trouvait encore la stratégie risquée. Allez combattre au sud avec des lignes de ravitaillement si précaires ne lui apparaissait certainement pas comme un bon plan. Il se retint néanmoins d'insister sur ce point, Godfroy avait déjà entendu sa remarque. Qu'il ne changea en rien ses intentions relevait de deux possibilités : il avait une solution ou il était amateur de paris insensés. Sigvald n'était d'ailleurs pas certain d'apprécier la réponse que lui soufflait un recoin de son esprit.

Le baron se demanda de quoi souhaitait donc les entretenir Godfroy. Il s'agissait sans doute de politique, pour que seuls Roderik et lui soient conviés à la suite de cette discussion. Sigvald en gémit intérieurement d'avance, il n'aimait pas ce sujet et la tournure qu'il prenait souvent. Et il aimait peut-être encore moins en discuter avec son suzerain. C'est entre autre pour cela qu'il laissa parler le comte d'Arétria en premier. L'autre principale raison est qu'il n'avait aucune réponse à proposer. Il n'était pas de ces gens de la Ligue et n'en avait rencontré quasiment aucun, son expérience en la matière lui semblait quasiment nulle. Il attendit donc que Roderik ait finit de parler pour exprimer son point de vue.

« Comme vous le dites, le mariage en lui-même semble difficile à concevoir s'ils continuent de prétendre qu'il s'agit de Bohémond. Et s'ils reviennent sur leur déclaration, plus rien de tout ça n'aura d'importance. » Les prétentions des intrigants suderons ne tenaient après tout que grâce à cette prétendue légitimité. « La Ligue, elle... n'est pas un seul homme. Elle volerait sans doute en éclat si la chose se faisait, entre ceux qui voudraient continuer leur lutte, ceux qui resteraient fidèles à leur nouvelle alliance et ceux qui chercheraient à tirer profit de la situation.
En tout cas, celui qui penserait qu'un tel mariage arrangerait la situation serait, à mon avis, un bel idiot. »


L'instigateur de ceci cherchait à mettre sur pied un mariage qui serait, selon la vision de chacun sur l'enfant-roi, entre demi-frères et sœurs, donc contre-nature et révoltant ; ou entre une princesse et un vaurien donc contraire à toutes les traditions et insultant pour ceux à qui l'on chercherait à imposer un gueux comme roi. Un mariage qui ferait à coup sûr voler en éclat la paix précaire du médian pour relancer la guerre civile.
Il n'y avait aucun doute à avoir dans l'esprit de Sigvald : celui qui avait pondu cette idée était bel et bien un idiot.

« J'ai toutefois une question, seigneur. Vous parlez de l'éventualité d'un tel mariage. Je suppose donc qu'Alcyne n'est pas chez vous et que vous avez de gros doutes sur le soutien qu'apporterait son hôte à nos projets de la couronner.
Je me demande donc, avant de nous lancer dans une bataille pour une cité à moitié en ruines à plusieurs ennéades de nos terres, ne devrions nous pas nous soucier de savoir où est l'héritière légitime ?
Diantra ne nous servira à rien si nous n'avons pas d'héritière à couronner et infliger une défaite aux suderons sera inutile si nous finissons par crever de faim et de soif parce que nos ravitaillements ne peuvent pas arriver. »
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: État-Major   Dim 21 Aoû 2016 - 9:13

Le marquis demeura silencieux un instant, avant de hocher la tête en se pinçant les lèvres. Il regarda successivement ses deux meilleurs vassaux, braves parmi les braves, puis, se redressant, mit un terme à cette première réunion en les remerciant.

« Merci pour vos conseils. Nous aviserons de la marche à suivre dans les jours à venir. Pour l'heure, je suivrais votre conseil, baron Sigvald, et j'attendrais de voir les mouvements de notre ennemi. »

Le marquis s'en fut sur ces dernières paroles.

*

Dernier jour, 8ème énnéade, XIème année, XIème cycle



L'animation était certaine dans la salle du trône de Cantharel, et pour cause, le marquis, après s'être éclipsé pendant une énnéade, était revenu le matin même, et accompagné : fers aux mains, bandage à la jambe, le duc de Langehack, Oschide d'Anoszia, figurait dans le cortège marquisal qui s'en revenait à la capitale. Cela survenait deux énnéades après la « capture » d'une autre apparentée au duc, sa sœur cadette, Azénor, promise au fils du marquis.

La nouvelle n'avait pas tardé à faire le tour de la ville, des seigneurs et des manants, et les réactions étaient mitigées. Godfroy allait devoir faire face aux siens et assumer ses décisions, et il le ferait avec une joie non feinte. Lorsqu'il pénétra dans la salle du trône, il ordonna que l'on prenne soin du duc comme son rang l'exigeait, et pour l'instant, certains vassaux désapprouvaient les actions de leur suzerain par leur expression. Fendant la foule, Godfroy prit place sur son trône, repliant les coudes sur ses genoux, et planta ses yeux dans l'assemblée.

« Vous savez que j'ai capturé le duc, mes seigneurs. Certains approuvent, d'autres non. Certains ont des questions, d'autres non. Posez-les, toutes, sans sourciller, et j'y répondrais avec la droiture et l'honnêteté qu'un suzerain a envers ses vassaux. »


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MessageSujet: Re: État-Major   Lun 29 Aoû 2016 - 14:36

« Avec droiture et honnêteté n'est-ce pas ? Peut-on en dire autant de vos derniers actes ? »

Celui qui venait de parler était un seigneur du nord de Sainte-Berthilde. Il s'avança légèrement pour gagner le devant de la petite foule de vassaux. L'attention qu'il avait accaparée lui accordaient de multiples regards aux expressions variées : colère, curiosité, soutien... les châtelains semblaient divisés, autant par cette intervention brutale que par les actes de leur marquis. Un petit groupe néanmoins se tenait derrière l'agitateur, faisant acte de présence et de soutien.

« Vous avez avez trahis les règles de l'honneur pour réussir à capturer le duc de Langehack, il est assez difficile, après ça, de s'attendre à beaucoup de droiture. Quant à l'honnêteté, n'en parlons pas. Alors dites-moi, monseigneur, qu'est-ce que cela vous a apporté ? Quel incommensurable avantage pensez-vous tenir en capturant le duc consort pour ainsi violer les règles de la guerre ?
Nous sommes tous ouïes, curieux que vous nous partagiez vos intentions. »

_________________
Ombre fugace
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-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
Site de l'artiste: http://www.3mmi.org/v9/
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Godfroy de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: État-Major   Lun 29 Aoû 2016 - 16:18

Le marquis se doutait que viendrait le temps où ses vassaux exprimeraient des doutes. Si certains avaient le devoir de les formuler, comme le baron d'Olyssea ou le comte d'Arétria, d'autres, bien qu'avec la même tâche, s'étaient tus. C'était parfois par peur, parfois par approbation discrète et voilée. Mais le jour était venu d'expliquer la réalité.



Mais telle était la réalité : le marquis n'avait guère grand chose à dire, peu à formuler pour dissiper les doutes qui s'étaient formés. « Nous pouvons continuer à débattre de la pertinence ou de la valeur de mes derniers actes. Ou, vous, ceux qui doutez, pouvez vous rappeler qu'il ne s'agit pas d'un conte, que nous sommes en guerre politique, et que la victoire est ma priorité. Le duc de Langehack a encore un rôle à jouer. Et je ne le dévoilerais qu'en temps voulu. Les éternels insatisfaits connaissent le chemin de la sortie : que ceux qui souhaitent briser leur serment le fassent dès maintenant. Et que ceux qui désirent continuer de suivre celui qui tient, jusque là, en échec le Sud, demeurent entre mes murs. »

Le marquis se tut, attendant les réactions, impatient de savoir qui oserait se délier de son serment face à lui.

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: État-Major   Ven 30 Sep 2016 - 13:55


Les allers-retours à Cantharel n'en finissaient plus. Tantôt pour un appel au ban qui semblait s'éterniser, puis un autre jour pour annoncer les épousailles du faon et d'une sudiste. Aujourd'hui pourtant, Godfroy avait fait fort et avait surprit tout le monde en se présentant à eux tel un homme ayant accompli les plus hauts faits. Si une certaine fatigue et lassitude pouvaient se lire sur les visages des seigneurs berhtildois, l'attention et le silence regagnèrent la salle lorsque le marquis annonça la capture du duc de Langehack. Thibaud esquissa un sourire en entendant la nouvelle. D'autres que lui furent un peu moins joyeux et n'attendirent pas un instant de plus avant de manifester leurs désaccords. Ce sur quoi, le marquis, toujours fidèle à lui même, en profita pour inciter les récalcitrants à briser leur serment. Toujours en retrait et à l'écoute, Thibaud attendit que le silence regagne les lieux avant de rajouter son grain de sable à cette atmosphère déjà bien morose.

-La victoire à tout prix, quitte à déféquer sur les lois de la guerre. Je vous reconnais bien là Godfroy.  Si cet acte vous rendra probablement l'homme le plus déloyal de la péninsule, je ne puis omettre que l'honneur et la loyauté n'ont jamais été des gages de réussite pour gagner des batailles où même des guerres. Seul un homme n'ayant que peu parcouru un champ de bataille pourrait dire le contraire.

Son regard vint trouver celui du seigneur berthildois qui venait de parler. Bien qu'il n'ait éprouvé aucune animosité particulière envers cet homme, il n'avait pu s'empêcher de se faire tranchant comme à son habitude. a

-Néanmoins marquis, une question me taraude. Vous serez sans-doute le mieux placé pour y répondre, je ne puis que l'espérer. Devons-nous nous préparer à un éventuel départ pour le sud avant que l'hiver ne gagne nos terres ?  
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