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 Entraves de Dentelles

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Azénor d'Anoszia
Humain
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Âge : 26
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MessageSujet: Entraves de Dentelles   Lun 1 Aoû 2016 - 9:44





Entraves de Dentelles

Solo




[Début 7ème ennéade, Karfias, An 9.]


Des suites de sa rencontre avec la terrible Titan, une armada de soldats étaient venu la cueillir en la cour de Cantharel, où elle avait sciemment – une fois encore - renoncé à sa liberté. Cette issue tragique, du moins, cet état de captive, la belle l'avait envisagé dès le préambule de leur entrevue. Quant aux conditions et exigences du Marquis … de cela elle n'avait rien vu venir. Azénor était encore toute chamboulée, tandis qu'on la traînait vers l'aile du palais abritant son nouveau bagne, ne réalisant point encore ce qu'elle avait daigné acquiescer.
Quand Godfroy avait esquissé l'horizon d'une trêve dont elle pourrait être un des protagonistes, la jeune femme avait d'abord songé à quelque tâche de missionnariat, de diplomate, s'en allant retrouver son Soltaar natal pour les convertir aux justes constats de Sainte-Berthilde... C'était là sans compter sur le machiavélisme du seigneur de Saint-Aimé, qui lui avait à l'esprit d'autres projets d'autres envergures. Et puis qu'elle sotte avait-elle encore été de supposer que l'homme eût accepter de la voir s'enfuir vers les siens ? C'était d'une incohérence ! Évidement que jamais il n'aurait concédé à la laisser partir, plutôt la garder près de lui afin d'en narguer tous les Anoszia.

Le logis qu'on avait attribué à sa détention était à l'image de ce qu'elle avait discerné du peu d'architecture que le préau du castel présageait. De conception rationnelle et abrupte, comme toutes les demeures des contrées Nordiques, bien que plutôt agréablement aménagée. En d'autres circonstances, elle aurait apprécié son escale en ces lieux de grandes histoires ,où elle avait rêvé de poser pied comme une noble invitée, non en prisonnière. L'une des sentinelles l'ayant escorté vint l'extraire à son agnosie. « Sa Magnificence nous a sommé de veiller à ce qu'il ne vous manque rien, Mademoiselle. Si vous avez quelconque doléance, c'est à moi qu'il faudra la soumettre. Vous vous sustenterez ici-même, et l'on vous fera servir vos repas à heures régulières. Notre Seigneur vous a aussi accordé une dame de compagnie, afin que l'ennui n'altère pas trop votre séjour à Cantharel. » Lui annonça t-il non sans quelques relents de pitié dans la voix, alors qu'une jolie jouvencelle apparaissait à ses côtés. « Voici Livia, sa chambrée de trouve attenante à la vôtre. Il va de soi que pour l'instant vous devez vous abstenir de toute échappée, et devez rester confinée à vos appartements. Il va de votre sécurité, Mademoiselle. Nous reviendrons vous quérir quand le moment sera venu. » Quittant son modeste domaine, l'homme referma la porte et acheva dans sceller l'accès. L'idée d'être ainsi enfermée, réellement séquestrée, la fit paniquer.
« Rassurez-vous, Azénor. » Lui déclara sa suivante avec douceur en lui prenant les mains. « Tout ira bien, je vous en fais la promesse. » La femme lui rappelait son propre passé, ses propres souvenirs auprès de Kahina d'Ys. Pour autant les situations comportaient de nombreuses différences, l'Estreventine n'avait rien d'une malheureuse écrouée, c'était au contraire l'Anoszia qui voletait dans une cage dorée.

Les premiers jours, Azénor n'avait même pas tenté de braver les ordres de Godfroy, trop défaite pour opposer quelconque résistance, la belle était encore dans une douloureuse phase d'acceptation de cette cruelle réalité. Trop affairée à pleurer silencieusement près de sa fenêtre, la Fleur de Velmonè avait d'abord refusé la présence de sa camériste, et même de quiconque. Et puis … se rendant encore à l'évidence, tout être sociable ne pouvant indéfiniment se terrer ainsi dans un gouffre de solitude, elle concéda à accueillir l'inconnue dans son havre de mélancolie. D'anodines discussions en confidences, Azénor apprit que Livia était la fille d'un noble des environs, envoyée au château initialement pour accompagner l'héritière Éléonore de Saint-Aimé. Attentionnée et d'agréable compagnie, à ses côtés le temps se faisait un peu moins long, les journées moins mornes. Timidement, Azénor reprenait goût à son existence, chassant de son esprit supplicié le noir bilan de son arrivée, s’évertuant à considérer demain avec mesure, et non crainte.







Dernière édition par Azénor d'Anoszia le Dim 7 Aoû 2016 - 15:44, édité 1 fois
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Azénor d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Entraves de Dentelles   Jeu 4 Aoû 2016 - 11:43





Entraves de Dentelles

Solo







Du haut de sa forteresse, Azénor toisait avec langueur les musards qui s'activaient dans la cour. Sa chambrée donnait sur les lieux de son arrestation, l'empêchant de véritablement tirer un trait sur ce mauvais passage. Le bruit de la pluie sur la toiture et contre les carreaux l'avait sorti d'un sommeil agité, l'obligeant presque à quitter précipitamment sa mal-aimée couche. Le mois de Karfïas tirait doucement sur sa fin et les provinces Nordiques écopaient déjà de l'arrivée du maussade Favriüs. Son fragile moral oscillait entre une acceptation rembrunie et rigide refus du déroulement des événements, la bruine n'arrangeant en rien son état. Ses doigts filaient contre la vitre froide, cherchant à suivre le cours de gouttes, pour se délier les membres et s'occuper l'esprit. De désabusés soupirs brisaient le silence de la chambre, bientôt dérangé par l'arrivée de Livia.
« Ma Demoiselle Azénor, je vous ai apporté de la citronnade, tout juste pressée pour vous. » S'enjouait la belle camériste en déposant sur un cossu guéridon un carafon embué ainsi que deux coupes. Sa dame de compagnie se donnait beaucoup de mal pour ferrailler contre l'ennui qui rongeait l'Anoszia, lui proposant nombre d'activités et de sorties qu'elle n'avait eu le cœur d'accepter. Pour autant, sa présence, elle devait l'avouer, lui était bénéfique. La petite noble était douce, compatissante, à peine plus âgée qu'Azénor, et surtout elle aussi avait été victime d'épousailles de convenances. Son père l'avait marié à un autre petit seigneur du Marquisat, venu séjourner à la cour. S'ils ne partageaient guère plus de temps ensemble, encore moins leurs nuitées, c'est que l'office qu'on avait attribué à la grue revêtait une importance prépondérante. « Azénor, venez donc, ma douce. Que peut-il se passer de si intéressant au dehors pour que vous restiez ainsi garrottée à la fenêtre ? ….Azénor ? Qu'y a t-il mon enfant ? » La questionna t-elle, conservant d'abord un certain recul – sans doute la politesse de ne pas brusquer une dame de plus haut rang – puis en se précipitant avec empathie vers la défaillante Fleur de Velmonè aux joues ruisselantes. « Asseyez-vous, là, voilà. Cessez de vous ronger les sangs, ma mie. Vous vous faites bien trop de mal, causez bien trop d'affliction à votre esprit. Je suis là pour vous, Azénor, cessez donc de conserver le fond de votre conscience pour votre orgueil. Parlez moi... » Son timbre se voulait rassurant, maternel. L’enserrant dans ses bras chauds, la duègne essuya d'un revers de manche les larmes séchant sur les traits épuisés de la Suderonne.
La scène se répétait ainsi chaque jour, parfois même à plusieurs reprises. Aussitôt qu'Azénor se retrouvait seule, elle se laissait emporter, dévaster, par le flots de songes obscurs qui lui gangrenaient la pensée. Néanmoins, jamais la brune ne donnait réponse, ou ne se livrait sur ces craintes intestines qui lui brouillaient les sens. Cette fois pourtant, elle trouva quelque part le courage de se dévoiler.
« Livia …. j-j...j'ai peur … J'ai t-t-tellement p-peur ! Non pas, non plus pour mon avenir, j-je sais bien ce qu'il m'attend et ...j'y suis résolue m-mais... Et si je ne p-pouvais revoir ma famille ?! J-j'ai laissé les miens derrière moi, sans aux revoir, sans adieux, sans leur dire peut-être pour la dernière fois à quel point je les aime et combien ils comptent pour moi … J-je ...je ne sais si je regrette ou si je dois me sentir coupable de ne pas le faire.... Le Marquis m'accordera t-il le droit de les retrouver ? Un jour, qui sait ? Je ne pourrais vivre sans eux ... » Encore secouée de sanglots, elle renifla péniblement. Mi-soulagée d'avoir percé son paralysant mutisme, et plus triste encore de n'avoir aucune certitude quant à sa question. Il était évident que Livia ne pouvait expliciter son supplice, personne ne pouvait parler au nom de Gofdroy de Saint-Aimé, et d'aucun ne savait ce qu'il avait derrière la tête. La domestique lui caressa les cheveux avec douceur, ne pouvant que modestement panser les plaies de surface de la captive. « Cela …. Nous verrons, mon enfant. » Répondit-elle, retenant de toute sa volonté les quelques larmes d'indulgence qui s'éveillaient derrière ses paupières.
« Ne me laissez plus seule, Livia. » Lui supplia Azénor en se crispant à son contact. « Je...je ferais en sorte de ne plus me laisser abattre. J-je n'ai pas été élevée ainsi, je suis le sang du dragon, … »





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