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 [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]   Dim 4 Déc 2016 - 7:22



1er jour de Barkios, 9e année du XIe cycle.

Cité de Kelbourg

Le feu avait été allumé dès le levé dans la monstrueuse cheminée noircie par la suie. Les gens du castel s'étaient affairés comme des forçats pour que les flammes montent haut et qu'une chaleur s'en émane, même si à la tombée de la nuit, elle ne parvint que timidement à s'immiscer dans tous les recoins. Cette maudite cheminée, haute comme un cheval et assez profonde pour y abriter cinq âmes, n'était allumée que pour les grandes occasions. Autant dire que l'on n'y venait que très rarement pour se réchauffer. La salle en elle même, grande et parsemée de poutres en chênes massives, n'était utilisée que lorsqu'on venait y célébrer une mort, une union où une naissance. La dernière en date avait été une mort au parfum d'amertume et de colère.

En foulant les pavés froids et salis, Thibaud revit en mémoire le corps de son père trôner fièrement en haut de l'estrade. Les yeux fermés, la peau pâle et glaciale, il lui avait adressé ses adieux sans afficher la moindre peine, ni même une seule larme. C'est que le père en aurait fait autant, pensa-t-il. Et puis, il n'avait pas eu à se forcer, car aucune tristesse ne l'avait véritablement submergé. Comment pouvait-il être insensible à ce point-là ? Il se le demandait parfois, puis tâchait de trouver de nouvelles questions existentielles moins compliquées comme savoir si l'on pouvait manger assez pour que le ventre éclate littéralement. Il aimait à s'imaginer un homme se goinfrer jusqu'à ce qu'une explosion se produise. Le spectacle de tripes à l'air l'aurait probablement amusé à n'en point douter... Trêve de rêverie, la nuit promettait d'être longue et elle ne faisait que commencer.

Son frère Henri l'attendait à l'autre bout de la salle. Il était resté à Kelbourg tout le long de sa petite escapade en territoire ethernan et n'avait pas chômé. Cette soirée, était en réalité de son fait, bien que les directives aient toutes émanées de lui au préalable (bien entendu), enfin grosso modo les grandes lignes. La diplomatie n'étant pas son fort, il dut avouer que son frère possédait des qualités qu'il n'avait pas. Ainsi fait, les divers servants (une grosse veuve, un manchot et un muet), se ruèrent comme des furies devant lui pour venir dresser les tables. Bien moins spectaculaires que celles du banquet d'Etherna, soit, mais assez longues pour y flanquer dix bons gaillards et quelques dames accessoirement. C'est qu'on y attendait du monde dans cette foutue salle, et du beau en prime.

-Des messagers sont venus en fin de journée pour annoncer leur arrivée. Ils ne devraient plus tarder.
-J'espère bien, Henri, mon estomac commence à crier famine.
-Est-ce à cause de la faim où de l'anxiété ?
Il le dévisagea froidement.
-Ferme-là tu veux bien ! Qu'ils aient tous les deux répondus présents est déjà un gage de réussite.
-Mais non un gage de victoire.
-Fourre la toi où je pense ta victoire.

Henri se mit à sourire et repartit inspecter l'avancée des cuisiniers. Plusieurs  gibiers avaient été chassé la veille et l'avant-veille uniquement pour cet événement. Les invités ne manqueraient alors pas de remarquer que le plus gros animal à dévorer ne serait rien d'autre qu'un gros cerf à qui l'on avait fourré dans la gueule une belle pomme rougeâtre.

Plus tard dans la soirée, on lui annonça l'arrivée de ses invités. L'un des gardes, planté à l'entrée, héla à plein poumon :

-Les seigneurs de Laraus et de Casteldulac sont là, messire.
-Très bien, allons les accueillir, lâcha-t-il tandis qu'il n'avait pas pu s'empêcher de planter sa dague dans une tomate encore bien juteuse pour la période.  

     


Dernière édition par Thibaud de Kelbourg le Mar 6 Déc 2016 - 15:03, édité 2 fois
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]   Dim 4 Déc 2016 - 16:37


A l'arrivée des cavaliers, l'on ne vit que des ombres apparaître. Au moins, il ne fut pas difficile de les dénombrer et Thibaud en compta une petite vingtaine, n'arborant nuls étendards. Lorsqu'ils furent enfin arrivés dans la cour, la faible luminosité rendue possible grâce aux torches posées ici et là, lui permirent de mieux distinguer ses futurs conviés. Les hommes mirent alors pieds à terre et vinrent se présenter devant lui. Il reconnut le premier arrivant, entouré de ses hommes de main. Ce n'était autre que le bâtard de Laraus.  

Kerthan Vosker le salua sans lui témoigner une once d'amicalité. Il se força néanmoins pour lui rendre son salut, tout en faisant semblant d'être heureux de le revoir. Il reconnaissait volontiers ne pas être un enfant de cœur, mais celui-là, ce gredin, n'était rien d'autre qu'une mauvaise graine plantée au mauvais endroit. Sire Kerthan était doté d'un tempérament fougueux, disposant d'une loyauté qui lui était bien propre. Faire confiance à tel homme revenait à donner une dague à un enfant. Ce bâtard était devenu seigneur après avoir planté son épée dans le ventre de son père, Lethiano. Faute de candidats à la succession, le même bâtard s'était alors attribué non seulement le nom des Vosker, mais aussi le fief, les gens, les murs, la totale. Il en était devenu un véritable con, aimant courir la gueuse et jouer de l'épée dans les tavernes. Le pis était pourtant encore devant lui. Lorsque la guerre d'Atral éclata, devinez vers qui le maudit bâtard de Laraus s'en retourna ? Devenu le fidèle laquet berthildois de l'Anséric, il fallut attendre le dénouement proche du conflit pour que ce jeune chien fou s'agenouille devant Arsinoé d'Olyssea et fasse amende honorable pour son aide apportée au sire d'Arétria. En se tenant juste devant lui, Thibaud vit son visage plus distinctement. Bien que leur dernière rencontre ne remonta qu'au début de Favrius, il trouva l'homme changé, presque fatigué. Sire Kerthan n'était pourtant que dans la trentaine, mais on lui donna facilement quelques années de plus.

-La route fut bonne, sire Kerthan ? demanda-t-il, sourire forcé au coin des lèvres.
-Rien à signaler, si ce n'est que j'ai grand faim.
-A qui le dites-vous...

Dans le reste des cavaliers, un autre homme attira son attention. Semblables aux autres en se fondant dans la masse, il reconnut le seigneur de Casteldulac : Valérian d'Adhémar. Cet homme lui inspirait déjà plus de sympathie et de respect bien qu'il n'ait trouvé en lui que de bien maigres qualités pouvant être dignes d'intérêt. Il n'en était pas moins le seigneur d'un domaine sur lequel il lui faudrait compter dans les jours à venir. Valérian lui faisait l'effet d'un homme quelconque, passe-partout, pouvant à la fois paraître pour un paysan ou pour un noble. Bien que l'homme n'ait pas été dépourvu d'un certain charme, on ne pouvait le respecter pour son charisme et sa joie de vivre, mais plutôt pour son intelligence et sa capacité à administrer ses terres. Dès le début de la prise de pouvoir du Saint-Aimé, sire Valérian s'était montré prudent et attentif aux coups d'éclats. Une question subsistait toujours : Jouait-il un jeu où haïssait-il l'effroyable tout autant que lui ? Il le découvrirait bientôt, cela était certain. Valérian était un homme difficile à cerner. On le disait poète et aventurier à ses heures perdues. L'on savait que le seigneur s'en était allé dans la forêt des elfes pour quelques découvertes et autres quêtes. Thibaud savait aussi que l'homme s'était fait paysan avant de succéder à son père, d'où ce côté à la fois rustique et peu loquace.

Il lui tendit son bras afin de lui adresser la même accolade faite au sire Kerthan juste avant.

-Je ne pensais pas remettre mes pieds ici un jour, lança Valérian. La dernière fois que j'y suis venu, j'y ai vu votre père en sortir en trombe pour venir quérir notre aide après toutes les désolations causées par l'arétan.  
-Une triste époque, sire.
-Tout comme celle que nous vivons présentement, répondit l'Adhémar en lui rendant son accolade. En recevant votre invitation, j'ai tout d'abord pensé à une plaisanterie pour être tout à fait franc. C'est que vous ne nous aviez pas habitué à tant d'hospitalité, sire Thibaud.

Tu vas voir où je vais te la mettre mon hospitalité !
 


Dernière édition par Thibaud de Kelbourg le Mar 6 Déc 2016 - 14:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]   Lun 5 Déc 2016 - 7:02


-Point de Saint-Aimé, ni de femmes dans cette coquette assemblée. Guère de doute là-dessus, nous sommes bel et bien à Kelbourg, lança sire Kerthan en buvant sa bière.
-Sans doute pour les protéger, ajouta Valérian, amusé par la boutade de son voisin de table.
-Qui donc ? Les Saint-Aimé où les femmes ?
-Les deux sans aucun doute.

Retiens-toi de les frapper l'un contre l'autre, pensa-t-il tandis qu'il s'imaginait la scène. Ce simple mirage parvint à lui faire relâcher la pression. Cela plus le regard insistant de son cadet, tâchant de lui faire comprendre qu'il ne devrait en aucun cas tout faire foirer. Au lieu de ça, il s'amusa lui aussi de la plaisanterie et but une longue rasade de bière tiède. Dieux que cette soirée allait être longue...

-J'ai néanmoins pensé à rajouter un cerf parmi nous, dit-il en pointant le cervidé allongé sur la table. Ce sera comme si l'effroyable nous honorait de sa présence.

Son cynisme jeta un vent glacial tout autour de la table. Il n'y eut guère de sourires en guise de réponse, juste des visages tantôt curieux, tantôt gêné.

-Ne chiez pas dans vos chausses, mes amis. Je plaisante. Ce n'est pas l'effroyable que j'ai fait rôtir, lança-t-il de nouveau tout en plongeant sa dague dans l'une des cuisses de l'animal. Mangez donc de bon cœur et faites honneur aux cuisinières. J'insiste.

Les invités l'imitèrent sans broncher. Au moins, cette petite ironie eu raison de ce qu'ils devaient vraisemblablement appeler « humour ».

-Ainsi, vous nous revenez donc du pays ethernan, sire Kelbourg, reprit Valérian, visiblement gêné par le silence qui s'était installé.
-C'est bien vrai, je reviens du pays où tout est possible.
-Tout est possible ? S'enquit de nouveau l'Adhémar.
-Oui, l'on peut y rencontrer n'importe qui, une vraie mine d'or.
-Vous attisez ma curiosité.
-Le marquis de Serramire était là, ainsi que le comte d'Arétria ; Mais plus surprenant encore, j'y ai vu la baronne de Hautval... que dis-je, la duchesse du Médian pardonnez-moi. Elle et sa clique, ainsi que des gens du langecin et même du sud. Le pays de tous les possibles vous dis-je.
Cela ne manqua pas de provoquer quelques rires de la part des convives. Valérian et Khertan quant à eux, restèrent bien moins enjoués.
-Ne me dites pas qu'elle y a survécu ? demanda le bâtard de Laraus, pensant sans-doute à ses braves chevaliers morts aux champs pourpres.
-Elle n'est pas morte pour la simple et unique que je ne pourrais point vous tuer séant. Il montra un morceau de pain et mit du sel dans sa main. Rassurez-vous, je ne vous ai pas fait venir dans ce but. C'était à titre d'exemple, vous me comprenez.
Peu amusés par sa boutade, les deux seigneurs berthildois tentèrent visiblement de savoir si ce qu'il disait était vrai où faux, et ce, en le scrutant longuement.

-En parlant de ça, sire Thibaud, reprit Kerthan. J'imagine que ce n'est point uniquement pour aller chasser l'ours que nous sommes-là. N'est-ce pas ?
-Si vrai, sire. Bien que l'idée de cette chasse à l'ours tienne toujours, ce n'est point dans cet unique dessein que je vous ai fait venir. Il nous faut aborder, séant, des choses importantes. Et vous vous en douterez, cela ne concerne ni plus ni moins que notre bon marquis de Saint-Aimé.
-On le dit souffrant, souffla Kerthan. Vous en inquiéteriez-vous ?
Il prit un air sérieux et tâcha de regarder le sire de Laraus droit dans les yeux.
-Il peut bien crever cet enfoiré, dit-il, sèchement. Ce n'est point de son état que je m'inquiète, mais plutôt du berthildois.

Ainsi les choses sérieuses purent enfin commencer.      


Dernière édition par Thibaud de Kelbourg le Mar 6 Déc 2016 - 14:58, édité 1 fois
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]   Mar 6 Déc 2016 - 6:50


-Sire de Kelbourg ! Saint-Aimé nous a laissé le choix, dans son extrême bonté, de nous permettre de partir où de rester à ses côtés. Si je ne m'abuse, vous êtes de ceux qui sont restés à la table, n'est-ce pas ? Tout comme moi et sire Vosker, ici présent.
-Parce que vous appeliez ça un choix ? Foutaise ! Le Saint-Aimé nous a tenu par les bourses depuis le début en comptant sur la menace. Réalisez vous, sire Valérian, qu'il s'est foutu de nous ? Et ce, dès son ascension sur le trône du berthildois.

Depuis quelques minutes déjà le ton était monté. Les uns fustigeaient les autres de ne pas prendre conscience de la situation déplorable dans laquelle le berthildois avait été mis depuis l'arrivée du Saint-Aimé. Les autres avaient levé les boucliers en masse pour ne point se faire accuser de lâcheté où de ne point avouer ses fautes. Thibaud était le plus véhément et le plus violent dans ses propos. A plusieurs reprises, Henri avait dû s'interposer et calmer le débat pour éviter que l'on ne s'empoigne comme de vulgaires bandits.

-Mais vous étiez là le jour de son ascension, reprit Valérian. Vous étiez là et vous avez ployé le genou devant cet homme. Nous étions tous présents et nous avons choisi de le suivre en toute connaissance de cause. Car l'Effroyable n'en était pas à son premier coup d'éclat, vous le savez très bien. Ses capacités à régenter le marquisat n'ont jamais été critiqué parce qu'elles n'avaient pas à l'être, mais aussi parce qu'il avait su imposer son règne. Mais dès lors que ledit homme est devenu marquis, vous avez été prit d'une haine farouche à son encontre. C'est avant qu'il fallait lever les poings, sire Kelbourg, pendant qu'il en était encore temps.

Se voir remettre à sa place par le seigneur de Casteldulac, et ce, devant ses propres hommes, ne manqua pas de lui provoquer un excès de violence. Il la sentait venir. Ses poils hérissèrent le long de l'échine et il se mit à bouillir comme une marmite posée sur le feu trop longtemps que l'on aurait recouvert d'un couvercle scellé.

-Il est encore temps de dire non, souffla-t-il, tandis qu'il tentait de recouvrir son calme.
-Voulez-vous vraiment abattre le Saint-Aimé ? demanda Vosker. Voulez-vous être accusé de félonie et de régicide ? Tous les hommes dans cette salle attesteront vos paroles.

Thibaud se leva brusquement, faisant face à tous les visages rivés dans sa direction. Il était droit et fier et tenait les poings fermés.

-Écoutez moi ! (chose inutile à demander puisque tous attendaient déjà qu'il s'exprime, mais soit). Saint-Aimé a assit sa légitimité sur un mensonge. Cet enfant, pour lequel nous sommes venus assister aux funérailles, n'était qu'une duperie et un subterfuge afin que Godfroy s'autoproclame marquis. Mais qu'en est-il depuis ses dernières déclarations ? Qu'en est-il depuis qu'il a fait venir le mervalois chez nous pour nous clamer haut et fort qu'il reconnaissait finalement l'enfant roi du sud ? N'avez point donc senti comme un picotement dans l'anus ? N'avez-vous point eu le sentiment désagréable d'être prit pour des courges, mes seigneurs ? C'est l'impression que j'ai eu et j'éprouve encore la plus grande peine à me mouvoir.
-Vous le savez bien, l'interrompit Valérian. Godfroy est un opportuniste et un manipulateur de surcroît. Il se serait rétracté pour changer de candidat s'il n'avait pas été frappé par la maladie.
-Le fait est qu'il ne l'a pas fait et que sa dernière déclaration est une preuve suffisante du mensonge qui l'a fait devenir marquis. Tout est là, le nier c'est refuser d'admettre la vérité.
-Alors que proposez-vous, sire Thibaud ? reprit Valérian. Que l'on fasse monter l'enfant du sud tout en ne sachant pas s'il s'agit d'un vrai où d'un leurre ? Vous allez trop loin ! Revenez à la raison, c'est follie !
-Tout comme mon père l'a fait avant sa mort, vous avez prêté serment devant dame Arsinoé d'Olyssea durant la guerre d'Atral. Elle est devenue notre marquise et nous avons juré de la suivre dans l'une des pires épreuves qu'a traversé le berthildois. L'Argonnois a été saccagé et pillé par l'Anséric, parce que nous avions décidé de la soutenir elle et non lui. Alors mes seigneurs, s'il existe une probabilité d'un contre deux que l'enfant du sud puisse être son fils, je m'en saisi et irai lui donner les clés du marquisat en rampant s'il le faut.
-Vous faites preuve d'un zèle inédit, sire Thibaud. Je ne vous imaginais pas si... royaliste que cela.
"Fermez votre clapé" eut-il envie de répondre, mais il se ressaisit au dernier moment avant d'exprimer d'une voix plus calme : Saint-Aimé est un usurpateur. Le marquisat revient de droit à Bohémond Ier. Vrai ou faux, là n'est point la question, Godfroy nous a donné le bon prétexte. Si nous ne le saisissons pas, nous serons aussi coupables que lui d'avoir trahit notre... roi.

Le seigneur de Casteldulac se leva à son tour et lui fit face en tâchant de le regarder droit dans les yeux.
-Mon honneur m'interdit de prendre part plus longuement à cette conspiration. Par respect pour vous et pour cette invitation que vous nous avez fait, je resterai afin de mener cette chasse à l'ours que vous nous avez promis. Mes seigneurs, bonne nuit.
Ses hommes se levèrent à leur tour et ils quittèrent la salle. Le sire de Laraus, quant à lui, resta pantois un petit moment avant de s'exprimer.
-Que les propos qui ont été tenu ici sortent et il en sera terminé de nos vies, j'espère que vous en êtes conscient, sire Thibaud ? Vous jouez là à un jeu dangereux dans lequel je ne saurai m'y retrouver.
Et l'homme partit à son tour, laissant Thibaud et Henri presque de nouveau seul si l'on omettait ses propres hommes montant la garde.
-Cette rencontre était une connerie, Henri, je n'aurai point dû t'écouter.
-Au contraire. Je pense toujours avoir eu une excellente idée.
-Tu ne songes tout de même pas à les faire tuer dans leur sommeil, vindiou ?
-Tout ne se règle pas dans le sang et la violence. Laisse leur du temps, c'est là le seul conseil que je puisse te donner.
-Du temps ? Je n'en ai guère !
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]   Mar 6 Déc 2016 - 16:22

L'ours n'avait point été chassé depuis belle lurette. Alors, lorsque paysans et autres badauds virent débouler une trentaine d'hommes armés, on pensa ni plus ni moins qu'il s'agissait là d'une énième promenade ayant pour but de débarrasser la vermine liguarde. Accompagnés d'une meute de hauts limiers, il fallut attendre la toute fin de matinée pour apercevoir les premières traces encore fraîches. Les pisteurs partirent aussitôt avec les chiens, laissant dans leur sillage des aboiements à en péter les tympans. Thibaud, en retrait depuis le début de l'escapade, se tenait bien de garder les deux sire dans son champ de vision. Une arbalète à la main et une bedaine remplie de carreaux à ras-bord, il se demanda à plusieurs reprises si un simple accident de chasse aurait pu être une excuse valable pour évoquer la mort de deux seigneurs berthildois.

Il ignorait encore ce que pensait les deux hommes. Avaient-ils réfléchi à ses dernières paroles où étaient-ils restés sur leur position ? Celui de Casteldulac n'avait pas pipé mot depuis qu'ils s'étaient revus avant le départ de la cité, tandis que le bâtard de Laraus ne lui avait point fait l'effet d'avoir un balais dans le cul et semblait enjoué à l'idée de chasser l'ours.

On entendit aboyer la meute au loin, puis les hurlements des pisteurs. Le premier animal avait été trouvé, ça ne faisait plus aucun doute.

-A vous l'honneur de la première lance, sire, bon courage.
Sire Valérian le salua en guise de remerciement et s'en alla aussitôt rejoindre le sous-bois avec les siens. Il ne resta alors plus que ceux de Laraus et de Kelbourg, chacuns aux côtés de leur seigneur respectif. Une vive tension régnait depuis la veille entre les hommes, cela se ressentait et empestait la méfiance. L'on se demandait déjà dans les rangs si ces invités n'allaient pas devenir des futurs ennemis. Thibaud se garda bien de le montrer et préféra rester attentif aux aboiements provenant de la forêt qui lui faisait face.
-Sire Valérian sera heureux de ramener un nouveau trophée chez lui, marmonna Vosker, tout près.
-Faudrait-il encore que ce ne soit pas lui et ses entrailles qui recouvrent la grotte de l'animal. Nos ours ne sont point réputés pour mourir sans se défendre, savez-vous.
Vosker éclata de rire.
-C'est bien pour ça que l'animal y figure sur vos étendards, sire Thibaud. Je l'avais déjà compris, néanmoins, parlons d'autres sujets voulez-vous ? J'ai bien entendu vos paroles de la veille et force est de constater que vous m'avez l'air rudement décidé à faire votre chemin. J'ignore si cela relève de la témérité ou du suicide, mais vous paraissez bien sûr de vous.
-Je tâche de sauver le peu d'honneur qu'il nous reste, sire.
-Et aussi de tuer l'homme que vous haïssez ?
-Cela n'est un secret pour personne qui nous n'avons jamais été en bons termes, et ce depuis notre jeunesse.
-Mais iriez-vous jusqu'à le tuer ?
-S'il faut en arriver, oui je le ferais. Si ce n'est pas la maladie qui l'emporte avant.
-Vous connaissez l'animal. Je crois que même la peste ne parviendrait à l'emporter.
-C'est bien là ma crainte.
-Alors profitez-en tant qu'il en est encore temps, sinon quoi il en sera fini de vos projets.
Thibaud le scruta longuement, perplexe quant aux derniers mots prononcés.
-Dois-je en déduire que vous m'aiderez ?
-Je crois tout comme vous que le Saint-Aimé s'est bien joué de nous. Est-ce suffisant pour me faire félon ? Cela est moins sûr. Néanmoins, comme vous nous l'avez rappelé hier, j'ai prêté serment devant dame Arsinoé et j'ai imploré son pardon pour avoir emprunté une mauvaise voie en prêtant ma bannière au comte Anséric. J'ai une dette envers elle, où du moins ce qu'il en reste. Alors si ce que vous dites est vrai ; que cet enfant gardé précieusement dans le sud est bien son fils Bohémond, je ne peux qu'acquiescer à ce combat que vous comptez entreprendre. Alors oui, je puis vous soutenir avec ma modeste contribution le moment venu... Je ne puis hélas me faire complice d'un régicide.
-Il ne faudrait pas que la merde n'éclabousse trop si je comprends bien.
-Tout à fait, sire Thibaud. Mais je gage que nous saurons nous entendre dans un avenir plus radieux.  Cela ne fait aucun doute. Car voyez-vous, afin que nous puissions partir sur des bases saines et solides, nous pourrions tout à fait unir nos familles. Quoi de mieux qu'une union pour solder notre entente.
Le culot de ce Vosker le foudroya sur place. L'avait-il bien entendu parler d'une union entre leur maisonnée ?
-Je ne vous savais pas père, Vosker. En auriez-vous caché dans votre fief ?
-Ma foi oui, je dois avoir quelques bâtards ici et là, mais ce n'est pas d'eux dont je parle.
-Est-ce de vous ?
-Je n'ai point d'épouse, sire et l'hiver vient. Comment ferais-je pour me réchauffer ?
Il eut envie de vomir rien qu'en s'imaginant lui donner l'une de ses filles. Mêler le sang des Kelbourg avec celui d'un bâtard aurait eu de quoi saborder le moral de n'importe quel seigneur et père. Pourtant, Thibaud continua de le regarder sans faillir bien que l'idée d'une telle union le répugna au plus haut point. D'autant plus qu'il s'imagina dès lors que son fils Charles meurt sans héritiers et que son cadet, Frédéric, n'hérite jamais. Sa fille Catherine, qu'il envisagea pour ce mariage, aurait emmené le bâtard de Laraus jusqu'à Kelbourg. Pas de doute à avoir dessus, cette sale engeance avait bien préparé son coup et venait de lui flanquer une sacrée estocade.
-Vous ne manquez pas d'audace, mais soit, épousez ma fille Catherine si cela vous chante. Il est de toute façon temps qu'elle enfante.
Vosker Akhertan sembla ravi par la nouvelle et lui témoigna le plus beau faux sourire jamais contemplé.
-J'en serai honoré, sire et tâcherai de m'en montrer digne. Votre fille saura trouver sa place à Laraus, cela ne fait guère de doute.
-Tâchez aussi de respecter vos paroles, sinon quoi ce ne sera pas ma fille que vous aurez, mais bien un de ces carreaux en pleine gorge. Maudit bâtard, voulut-il rajouter.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Viendez ou ne viendez pas [solo]   Mer 7 Déc 2016 - 15:49


On entendit l'agonie de l'ours dans toute la vallée. Ses hurlements graves et violents ne manquèrent pas de l'émouvoir un bref instant. On venait d'achever l'animal figurant sur son emblème. On venait de tuer l'ours des Kelbourg. Sa mélancolie fut néanmoins vite remplacée lorsqu'il vit l'un des hommes du seigneur d'Adhémar à terre. Sa brigandine avait été sauvagement tailladé et l'on vit une une grave écorchure allant du ventre jusqu'à l'épaule. Bien que peu profonde, le sang n'en gicla pas moins sur tous ses partenaires partis pour le sauver. Alors bientôt, l'agonie de l'ours fut remplacée par celui de cet homme ayant défié l'animal de sa maisonnée et Thibaud jubila. De qui s’agissait-il ? Il s'en cognait royalement. Voir la gêne sur le visage de l'Adhémar fut une consolation suffisante. En prenant des risques, le seigneur avait provoqué la mort d'un des siens. L'homme s'en souviendrait probablement tout le restant de sa vie. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir prévenu de la férocité des ours dans la région. De TOUS les ours.

Blessé dans son orgueil, le sire d'Adhémar n'en démordit pourtant pas et souhaita continuer la chasse. On fit donc rapatrier le blessé jusqu'à Kelbourg avec la bête tuée et l'on poursuivit la route toujours un peu plus loin jusqu'au pied des premières montagnes. L'obscurité tomba vite sur eux et ils se mirent à chercher un lieu où passer la nuit. Une longue et forte bâtisse fut trouvée. D'anciennes ruines d'un avant-poste datant des premières guerres. L'endroit ne servait plus que pour les bergers souhaitant s'abriter des intempéries, mais il fut assez grand pour accueillir la trentaine d'hommes et de chiens. On dressa ainsi un campement sommaire et fit un grand feu autour duquel les hommes prirent place et commencèrent à se saouler. Thibaud eu l'étrange sensation de se retrouver plusieurs ennéades en arrière en pleine campagne sgardienne. Cette nostalgie eu l'effet de l'isoler du groupe et de le faire déguerpir dans un endroit plus calme. Les longues chevauchées lui manquaient, brûler et empaler des bandits lui manquaient. Jamais la chasse ne saurait apaiser son appétit toujours plus grand de guerroyer, car la guerre était devenue une drogue au fil du temps.

-Puis-je m'asseoir à vos côtés ? La voix était celle du seigneur de Casteldulac. Indifférent, il lui fit signe d'approcher pour venir s'installer. C'est une belle vue que voilà, je ne m'en souvenais pas. La vue donnait sur la longue étendue de forêt s'étalant tout le long de la vallée.
-Vous n'y êtes guère resté suffisamment pour découvrir tous les recoins de l'Argonnois, Valérian.
-Certes, répondit-il en donnant l'air de vouloir bifurquer sur une toute autre discussion. Je voulais vous...
-Je ne vous considère pas comme mon ennemi, coupa-t-il, mais je ne saurai vous épargner si vous vous trouvez un jour au travers de ma route.
-Je n'en serai guère étonné venant de votre part. Si vous êtes aussi féroce que l'ours que j'ai affronté,  je n'ose imaginer ce qu'une bataille pourrait provoquer.
-Et vous n'avez rien vu.
-Rien vu, certainement, mais entendu, assurément. Thibaud le regarda d'un air suspect. Vous n'êtes pas le genre d'homme à emmerder, personne ne l'ignore. Vous semblez jouir d'une réputation aussi effroyable que celle de l'Effroyable lui-même. Vos hommes vous respectent, mais vos gens vous craignent. Qu'en sera-t-il alors lorsque vous aurez atteint votre but en tuant Godfroy ? Deviendrez-vous pis que lui ? Aurons-nous à vous craindre et à vous haïr à votre tour ? Ce sont ces questions que je me suis posé et j'en suis venu à la conclusion que nous n'y gagnerions rien au change, sans vouloir vous offusquer.
-Pensez-vous que je me ferai marquis à la place de Saint-Aimé, sire Valérian ?
-Je ne vous sais pas assez stupide pour commettre une telle erreur, alors ma dernière question est la suivante : Que comptez-vous réellement faire si vous parvenez à tuer l'Effroyable ?
-Redonner le berthildois à son suzerain légitime ; créer un conseil de régence réunissant les grands nobles dont vous et moi faisons partis. Mais en aucun cas, je ne poserai mon cul sur le trône de Cantharel, vous pouvez en être certain.
-Je crois savoir que la sincérité est l'une de vos plus belles qualités, mais aussi l'un de vos pis défauts, alors je ne peux que vous croire sur parole, sire. Répondit Valérian. La régence a toujours su lier les seigneurs et stabiliser le marquisat. Le triste règne de Godfroy m'a fait regretter cette ère. Les erreurs commises, les mensonges, les menaces. Nous avons été exposé à bien des nouveautés depuis son arrivée, c'est certain. Mais... comment savoir si son fils ne pourrait pas en faire autrement ? N'est-il pas l'extrême opposé de son père ? N'a-t-il pas les qualités pour devenir marquis et nous diriger ? Pourquoi ne pas nous agenouiller devant lui afin d'éviter une guerre fratricide ?
-Parce que la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre, sire. Louis est jeune. Il est influençable et ne manquera pas d'être manipulé par tous les fidèles de l'Effroyable. Et surtout parce que Louis n'a aucune légitimité pour asseoir son derche sur le trône. Il en revient le droit au Roy Bohémond, nous ne pouvons plus le nier. Godfroy l'a avoué lui-même.
-Vous êtes obstiné, Thibaud, je vous admire et vous plains en même temps. Car l'obstination et la haine mènent souvent à une mort bien précoce et sanglante.
-Alors je mourrais, répondit-il, déterminé.
-C'est certain, sire. Néanmoins, ce ne sera pas de la pointe de mon épée. Je ne m'interposerai pas entre vous et votre dessein.
-Alors me soutiendrez-vous ? S'enquit Thibaud, souhaitant connaître le fin mot de l'histoire.
-Ni l'un ni l'autre. Et s'il meurt, que les dieux me viennent en aide pour savoir ce que je ferais.
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