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 Double jeu franc jeu [Vicky]

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Lohie de Brandevin
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MessageSujet: Double jeu franc jeu [Vicky]   Jeu 6 Sep 2018 - 13:53

Il n'était pas encore nonante lorsque Lohie descendit de sa chambre du palais du marchand Corvilo. Et les invités : damoiselles, aristocrates, écuyers, marchands, arrivaient déjà en grand nombre. Les cathèdres et les divans, le long des murs, étaient bien garnis. La plupart des invités y étant absorbé dans l'occupation de voir entrer les invités les plus notables. Dans dans la vaste cour attenante, où se promenaient des valets et des serviteurs portant les mets et les boissons, l'on se congratulait et l'on s'embrassait, heureux de participer à une liesse que l'on savait éphémère mais qui se renouvellerait ailleurs, lors d'une prochaine fête, selon le bon vouloir de quelque riche patricien désireux de se faire connaître et de nouer de nouvelles relations. Chacun s’occupait, ou feignait de s’occuper. Et lorsque le damoiseau se présenta en haut des marches du grand escalier menant aux appartements où l'avait logé son hôte, un jeune homme en livrée l'accueillit d'une courte révérence. Le béjaune respira un instant pour s'éclaircir la gorge, et hurla, provoquant tous les échos de la grande salle : Sa seigneurie le vicomte Lohie de Papincourt, seigneur de Fondecave, de Murs-Érigné, de Cornegidouille et Avoué de Saint-Mercatouille, le Bienheureux !

Le tympan un peu mis à mal, Lohie descendit les marches sans guère plus prêter attention aux invités et s'en alla saluer son hôte. A ses côtés venaient deux damoiseaux de belle apparence, dont l'un - à n'en pas douter - n'était pas du coin. C'était le baron Jesbel de Velteroc, fait prisonnier à Christabell par Lohie en personne et qui depuis, était resté prisonnier sur parole auprès du vicomte. Il avait, avec Garulan de Riveruin, un autre velterien capturé, combattu vaillamment aux côtés du vicomte, en Ydril. L'esprit occupé, Lohie ne prit guère attention aux personnes déjà présentes, ni d'avantage au petit maître de cérémonie rondouillard qui, lorsque la danse fut achevé, se détacha d'un groupe voisin et s'approcha en se fendant d'une élégante courbette et d'un sourire servile :

- Votre Seigneurie doit être bon danseur ! Souhaite-elle que je lui trouve une partenaire ?

Lohie eut ce sourire qui souvent, chez lui, ressemblait à une lippe rieuse.
Il portait un pourpoint noir brodé d'or, et des chausses de belle étoffe dont une jambe était également noire et l'autre dorée. A sa ceinture ne pendait qu'une modeste dague et une bourse de velours. Danser ? Le vicomte n'était pas d'humeur pour le moment. Il était encore trop tôt... Et les libations n'avaient même pas commencer ! Il projeta de nouveau son regard sur l'assemblée, à la recherche d'une cavalière à son goût, mais n'y trouva pas son compte :

- Plus tard, peut-être. Je ne suis pas d'humeur, à cet instant.

Sans cesse, d'autres invités faisaient leur entrée, que le jeune damelet en livrée, à l'entrée des escaliers, accompagnait d'un hurlement toujours plus solennel.
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Victoria di Maldi
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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Jeu 6 Sep 2018 - 19:31


Au jour 8 de la 5ème ennéade
Karfïas, deuxième mois d'été
De l'an 11 du 11ème cycle.


Lysandra di Maldi


La destination de la Comtesse n'était autre que le Langencin où elle y resterait quelques jours avant de rejoindre Diantra pour le procès.  Le voyage serait long et ennuyeux, les arrêts ne seraient pas fréquents et se devaient donc d'être le plus reposants possibles, reposant mais aussi divertissant.

Pharembourg et sa région des isles, voici une opportunité toute trouvée pour faire un arrêt et ainsi profiter des coutumes locales. Sa venue n'était d'ailleurs point passée inaperçue car à peine était-elle arrivée à l'hôtel particulier qu'un messager vint l'inviter à une festivité organisée… le soir même. Victoria était fatiguée mais il aurait été idiot de balayer une telle opportunité de rencontrer bon nombre de nobles et marchands Scylléens.

Les deux Sybrondes, Victoria ainsi que sa jeune sœur Lysandra, mirent quelques heures à se préparer, au point d'arriver parmi les derniers invités.

- Sa Grandeur Victoria di Maldi, Comtesse de Sybrondil et Victomesse d'Aphel accompagnée de Dame Lysandra di Maldi !

Victoria offrit un sourire au jeune damelet avant de se faufiler entre les invités qui s'étaient soudainement amassés autour d'elle. La jeune femme salua chacun d'eux individuellement avant d'être sauvée par le maître des lieux qui l'invita gentiment à le suivre vers une pièce plus calme. En chemin, son regard d'émeraude croise celui d'un homme dont le souvenir était encore suffisamment vif pour qu'un nom lui vienne immédiatement à l'esprit: Lohie de Brandevin, le Scyléen qui avait accompagné le chancelier dans le sud et avait assisté au conseil de guerre. Victoria se souvint alors de son intervention, très mal accueillie par les Soltaris et les Sybronds, mais qu'importe, l'heure n'était pas aux souvenirs mais à l'avenir. La Sybronde se contenta de lui adresser un sourire ainsi qu'un léger hochement de tête en signe de salut, continuant de suivre Corvilo.

Lysandra quant à elle resta bien sagement dans la pièce principale, les mains jointes. Sans sa sœur, la jeune Maldi se sentit soudainement extrêmement mal à l'aise.

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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Ven 7 Sep 2018 - 8:40

La salle était grande. La foule s'entassait et sans cesse d'autres invités faisaient leur entrée, que le jeune domestique à la livrée accompagnait d'un hurlement de plus en plus rauque. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise lorsque Lohie entendit hurler le nom de la comtesse !

- Sa Grandeur Victoria di Maldi, Comtesse de Sybrondil et Vicomtesse d'Aphel accompagnée de Dame Lysandra di Maldi !

Elle ? Ici ? Le damoiseau se retourna dans la direction des escaliers et aperçut la comtesse descendre, avec à ses côtés une jeune femme lui ressemblant de beaucoup : sûrement une cadette ou une nièce. La comtesse elle-même l'aperçut, puisqu'elle lui adressa un sourire poli et le salua d'un hochement de tête, auquel Lohie répondit de même. Et le gandin se fendit d'une courte révérence, un sourire amusé aux lèvres.
Bien qu'ils se soient déjà rencontrés deux ou trois fois par le passé, la situation d'alors ne leur avait pas permis de faire connaissance. C'était la guerre, et Lohie et les autres capitaines royaux, soudain pris dans les manigances des vassaux soltaar et sybronds contre la duchesse, avaient eu maille à partir avec quelques-uns lors d'un conseil. La chose en était bien sûr restée là pour ce qui était des royaux, mais Lohie s'était fait remarquer alors par sa fougue et ses mots à l'encontre des vassaux retors. Le rodomont ne pu s'empêcher de se demander si la comtesse lui en voulait encore. Si elle l'avait gratifié d'un sourire, c'était peut-être que non ... Voilà une situation cocasse, pensa-t-il. A présent la paix était de retour dans tout le royaume.

Mais voilà que déjà : une petite nuée de gens divers commençait à se former autour des deux jeunes femmes, les saluant de mille courtoisies et de politesses intéressées. Que venait faire la comtesse de Sybrondil en Langecin ? Et à Scylla ? Voilà qui aiguisait sa curiosité.
Mais le fait est que, peu après son entrée, la dame s'en alla tranquillement vers une pièce contigu, accompagnée de leur hôte : venu à sa rescousse. Que de mystère !
Le vicomte se promit de sermonner son ami Corvilo pour ne pas l'avoir prévenu de cette invitée inattendue.

Seule, la cadette semblait destinée à rester dans la pièce principale pour y recevoir les honneurs de la société. Elle attendait les mains jointes, dans un état mélangé, semblait-il, d'attente joyeuse quand à la fête et de l'inquiétude de ne connaitre personne.
Immobile et tout en se livrant à l'examen furtif de la damoiselle, le vicomte savourait le privilège : dix-huit ou dix-neuf ans, grande, élancée, d'un joli port, et avec une profusion de cheveux d'un noir profond. Elle avait un air de candeur angélique, mais on la devinait d'âme fière et haute, un peu à l'image de sa jolie comtesse de soeur : un beau brin de femme, dont Lohie avait pu goûter la répartie cinglante.
Ce qui le décida à s'approcher, il l'ignorait. Peut-être était-ce l'envie d'en savoir un peu plus sur leur présence à toutes les deux ? Ou peut-être d'en apprendre d'avantage à propos de la comtesse ? Peut-être encore, plus simplement : était-ce le feu de la jeunesse. Lohie résolu d'attirer sur lui l'attention de la damoiselle alors que les tambours et les flûtes des musiciens se remettaient à jouer. Et lors, il se dirigea droit sur elle. D'un pas sûr, lent et régulier, comme on marche à l'ennemi la fleur au fusil, décidé à goûter le plaisir le plus rare, le plus fin et le plus délicieux. Enfin parvenu devant elle, il se fendit d'une révérence en la regardant droit dans les yeux :

- Il sont bien cruels, ceux qui vous laissent ainsi à la merci du premier venu ...

Les lèvres du jeune vicomte se retroussèrent aussitôt en un charmant sourire, avant que le matois ne se saisisse de la main de la belle enfant pour y déposer un léger baisemain. Relevant son regard azuré pour le planter dans ceux de l'apheloise, il ne lâcha pas pour autant la main de la douce, qu’il portait avec une certaine légèreté.

- Mille pardons, damoiselle, peut-être ne refuserez-vous pas d'affronter une danse avec ma personne ?
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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Ven 7 Sep 2018 - 20:38


Victoria s'était à peine éclipsée que Lysandra fut rejointe par quelques invités qui étaient venus lui tenir compagnie. Ces quelques femmes ne cessaient de jacter, oubliant même de laisser un temps de parole à la jeune Sybronde. Celle-ci ne tenta pas de s'imposer, au contraire, ses réponses n'étaient fait que de sourires. Un véritable fardeau pour la jeune femme, elle qui aurait préférée rester auprès de sa sœur.

Puis, un sauveur. Un homme, plutôt jeune même si celui-ci était plus âgé qu'elle. Un visage fin et gracieux aux pommettes saillantes. Il était svelte et grand, bien plus grand qu'elle. Sa voix lui arriva avec une certaine douceur qui eut pour effet de la rassurer immédiatement. Le baisemain fut d'une douceur qui vint empourprer ses petites joues. Ce geste pourtant si anodin était généralement réservé à sa grande sœur, la Comtesse. C'est là qu'elle se rendit compte qu'aux côtés de Victoria, elle était bien trop souvent effacée.

Puis, vint la question. Et quelle question! Soudainement, le sol semblait s'effondrer sous ses pieds. Que devait-elle faire? La politesse l'aurait forcée à accepter, Victoria l'aurait forcée à accepter, mais le respect envers son défunt mari la pousserait à ne point échanger de danse avec le premier homme venu. Que faire donc? Son regard scruta un instant la porte par laquelle sa sœur s'était éclipsée mais n'y vit aucun signe. L'homme attendait, depuis peu, une seconde tout au plus, pourtant, tout s'enchainait dans l'esprit de la belle.

Oui ou non? Si oui, comment? Si non, pourquoi? C'est là qu'elle se rendit compte que les regards s'étaient tournés vers eux. Tous semblaient suspendus à ses lèvres à attendre sa réponse, comme si le temps s'était soudainement arrêté durant cette fête pourtant encore si animée quelques secondes plus tôt.

Il fallait une réponse, et vite. Son regard se posa sur sa main, celle qui était encore tenue par le bel inconnu. Cette douceur et cette légèreté la fit soudainement frémir. C'est là qu'elle offrit enfin un sourire ainsi qu'une réponse:

- Comment pourrais-je refuser face à tant de galanterie?

Lysandra s'avança légèrement, réduisant ainsi la distance qui séparaient les deux futurs danseurs.

- Évitez toutefois de qualifier ma sœur de cruelle en sa présence, elle risquerait de se vexer.

Souffla-t-elle dans un murmure audible que d'eux-seuls avant de lui adresser un grand sourire, accentuant la plaisanterie. Ses pas suivaient dorénavant les siens alors que le temps s'arrêta une nouvelle fois. La Sybronde se laissa entrainer à une danse qui se promettait d'être inoubliable.

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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Lun 17 Sep 2018 - 7:33

Effleurant cette main tremblante, le jeune seigneur savoura le contact de cette peau si douce et si innocente, tout en dévisageant, complice, la belle enfant, dont le souffle, songeait-il avec délice : s’était un peu accéléré !
Rougissant, la demoiselle semblait piégée entre un désir honteux d'accepter l'invitation de cet inconnu : aussi charmant soit-il ! et la pudeur encore farouche, qui convenait à son rang et à sa jeunesse.
L'espace de quelques secondes, Lohie crut bien qu'il allait repartir bredouille, mais Lysandra finit par lui offrir un sourire : acceptant son invitation et se s'approchant de lui, jusqu'à ce que les deux futurs danseurs se tiennent côte à côte et que leur discussion ne soit audible que par eux. Alors, enfin ! le vicomte parti d'un grand sourire et respira plus librement.
D'un pas léger, il voulut conduire sa cavalière vers le centre de la halle, où se pressaient déjà quelques couples de danseurs au son des flûtes et des tambourins. Mais voilà que la délicieuse jeune femme se penchait de son côté et lui soufflait quelque mot d'esprit en un grand sourire. Se sentait-elle plus à l'aise ?
La phrase était mignonne. Et lancée entre deux murmures, entre deux vagues de timidité et de chaleur, la plaisanterie fit rire Lohie, qui lui répondit avec ses lèvres pâles et son sourire rusé :

- Je vous crois volontiers ma mie ! J'ai croisé Madame votre soeur lorsque je guerroyais pour notre jeune roi... dans le Sud. Et je me garderai bien, je vous l'assure, d'encourir sa colère ! Je crains d'ailleurs de ne pas être dans ses bonnes grâces...

Le Brandevin plaça son pied droit derrière le gauche et s'inclina face à Lyzandra pour débuter la danse. C'était une passacaille Aretane, qu'on aimait à jouer à Scylla depuis que le Chancelier s'était installé à Laréor. La main de la jeune femme toujours délicatement prisonnière dans la sienne et suivant le rythme de la danse, il porta le poids de son corps sur sa jambe gauche, et enfin sur sa jambe droite.

- Je l'ai vu à l'oeuvre lorsque la gronde se fit entendre parmi les seigneurs Sybronds, qui, non contents d’apprendre que le Duc disposait de fonds nécessaires à la construction de ses bateaux, avait pourtant, sous l’ordre du Roy, réclamé une forte contribution du comté quant à la fourniture de bois prélevé gracieusement. D'un ordre... elle les fit taire aussitôt !

Lohie se fendit d'un pas du pied gauche et ramena le pied droit en pliant les genoux. Sur l'estrade, le tambourin des ménestrels battait la mesure.

- Vous dansez à merveille, madame !

Il marqua un nouveau pas du pied droit et ramena cette fois le pied gauche. La musique se faisait plus trépidante et, face à face, les deux jeunes gens se fixaient, presque en chiens de faïence ; Lohie dansant avec un plaisir non dissimulé.

- Est-ce la première fois que vous venez à Scylla ?
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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Lun 17 Sep 2018 - 20:38


A peine avaient-ils débuté leur danse que l'inconnu la qualifiait déjà de "madame" et non plus de "damoiselle". Avait-il fini par se remémorer son statut passé? Rien qu'à cette idée, Lysandra ne put s'empêcher de regarder les quelques visages qui les scrutaient. Tous semblaient souffler, murmurer quelconques mots inaudibles à propos de la jeune femme. Le doute s'était à nouveau immiscé dans son esprit. Avait-elle bien fait d'accepter? Était-ce donc si raisonnable de danser avec un homme qui n'était pas son époux?

Vint ensuite une révélation quelque peu déstabilisante pour la jeune Maldi: ce bel inconnu ne semblait pas être dans les bonnes grâces de Victoria. Et si celle-ci venait à revenir, là maintenant? Et la voir ainsi s'adonner à une danse avec un homme qu'elle n'appréciait pas? Rien qu'à l'idée de mettre sa sœur en colère fit accélérer le rythme cardiaque de la petite. Même si Victoria n'avait à aucun moment blessé, tant physiquement que moralement sa jeune sœur, c'était plus la peur de la décevoir qui donnait une note d'effroi à ce moment qu'elle était en train de vivre.

Heureusement: Victoria n'était pas là, toujours occupée à discutailler avec l'hôte du jour. Lysandra pouvait donc continuer sa danse sereinement mais resterait sans doute aux aguets. Peut-être, serait-il judicieux d'en apprendre davantage sur cet homme que Victoria ne semblait pas apprécier.

- Je vous retourne le compliment, Messire. Vous dansez merveilleusement bien.  Lysandra laissa passer quelques notes avant de reprendre. C'est effectivement la première fois que nous nous arrêtons aussi longuement en Pharembourg.  Affichant un léger sourire, tâchant de cacher au mieux son air inquiet, Lysandra enchaîna: L'on prête souvent un tempérament de feu à ma sœur, mais sans celui-ci, il lui serait difficile de régner en tant que femme sur un peuple dont la fierté de leurs origines n'est plus à prouver.  Son sourire s'accentua un tant soit peu alors que ses pas suivaient ceux de son partenaire de danse. Mais dîtes-moi. Vous venez de fortement attiser ma curiosité: pourquoi donc n'êtes vous point dans les bonnes grâces de Victoria? Qu'avez-vous donc fait pour mériter cela?  

Non loin, une porte s'ouvrit et Victoria refit enfin surface mais le regard de la jeune Maldi se portait trop sur le visage de Lohie pour remarquer quoi que ce soit. De son côté, la Comtesse remarqua bien vite que la foule semblait hypnotisée par un seul couple de danseurs dont la danseuse n'était autre que sa jeune sœur. Sa première réaction aura été de se tourner et de continuer son chemin vers le fond de la salle où elle s'attela à commencer une conversation avec les marchands présents à cet endroit, faisant ainsi dos à Lysandra, la laissant ainsi profiter pleinement de l'attention qu'elle semblait attirer.

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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Mar 18 Sep 2018 - 7:58

Les lèvres de Lysandra se desserrèrent et celle-ci lui répondit par un léger sourire lorsqu'il lui fit compliment sur sa manière de danser.

- C'est que vous m'inspirez bellement m'amie. En vérité je me croyais dans l'obscurité la plus profonde ce soir, lorsque vous et votre soeur avez paru tout à l'heure et avez soudain tout éclairé ! glissa en souriant Lohie qui, sans le savoir, venait d'agir en courtisan raffiné.

Mais la belle semblait mal à l'aise et le vicomte craignit soudain avec horreur d'avoir commis une bévue - laquelle ?! - avait-il été maladroit ? Avait-il offensé sa cavalière en aucune façon ?
Inquiet, Lohie se pencha :

- Allez-vous bien, damoiselle ? Vous êtes si pâle...

Mais à peine avait-il questionné sa cavalière, que celle-ci l'interrogeait en retour à propos de cette brouille, à Soltariel... L'image de la salle d'armes où s'était déroulé le Conseil de guerre, il y a quelques ennéades, repassa fugacement devant le jeune chevalier, au milieu des souvenirs de la délicieuse soirée qu'il était en train de vivre. Il y avaient là les principaux vassaux de la duchesse Tibéria : des sybronds, avec à leur tête la comtesse. Les capitaines de l'ost royal commandés le chancelier de Wenden et par Lohie. Quelques ysarins, arrivés sur le tard et qui semblaient bien réservés... et puis bien sûr, il y avaient eu les soltariis : obséquieux et intrigants à l'envie, songeait Lohie avec répugnance. Ses yeux bleus se mirèrent alors dans ceux de sa cavalière, et il les trouva si doux, si beaux et si proches, que le vicomte, toujours prêt à l'amour et à l'intrigue, senti monter en lui une douce ivresse. Qu'allait-il donc bien pouvoir dire à Lysandra pour s'expliquer ?

- Eh bien c'est à dire... commença un Lohie un peu gêné. Figurez-vous que lorsque ses vassaux lui ont présenté cette... "charte", j'ai pris la défense de la duchesse, se justifia-t-il. C'était tout lui ! Dans le coeur du jeune vicomte la timidité, l'orgueil et jusqu'à cette folle insouciance, moitié philosophie moitié paresse, faisait l'âme de son caractère. Une jeune femme en détresse ? Il n'avait pas hésité un seul instant, fut-elle duchesse, à prendre sa défense en dépit des apparences ! Non point que je m'y entende en vos affaires suderones ma mie. Pour tout vous dire, je m'y suis même un peu perdu ! s'excusa le damoiseau ; embarrassé devant l'inextricable noeud que représentaient les querelles légendaires de ce duché. Mais nous étions venus pour faire la guerre et pour chasser l'Estreventin, l'heure était grave... et voilà que moi et les autres capitaines de l'ost, nous nous retrouvions en pleine tambouille politique entre la duchesse et ses vassaux... s'exaspéra-t-il. Avant de glisser, d'un air entendu : laquelle - si vous voulez mon avis - ne doit vraiment pas bien s'y entendre en matière de règne, pour se retrouver ainsi avec autant de sujets mécontents !

Il hésita un peu, mais pas longtemps, car Lohie, qui sentait bien l’inconfort de la situation et le danger de laisser un temps de flottement s’installer un malaise, avait à coeur d'expliquer sa conduite. Il prit un air faussement madré et fit amende honorable auprès de la belle damoiselle. C'est là ma grande faiblesse, je l'avoue : j'ai vu une femme abandonnée par son mari, son fief en proie à l'invasion d'un étranger et contre laquelle se liguaient tous ses vassaux au pire moment. Enfin, elle était enceinte jusqu'au cou, pour parfaire le tout ! s'exclama le jeune chevalier. Oui, je le confesse, je ne pouvais que céder à ses alarmes et prendre sa défense... Mon sang n'a fait qu'un tour. Aussi vrai que l'injustice m'écoeure et que la détresse d'une femme m'apitoie. N'était-ce pas là le devoir de tout gentilhomme ? Je vous le demande pour l'amour de vous, belle damoiselle, l'honneur m'eut-il commander de faire autrement ?

Et le cavalier tourna vers Lysandra un regard interrogateur et quelque peu pénétrant (comme s'il se posait la question à lui-même)... avant de reprendre la parole, une main tenant toujours celle de la jeune femme et l'autre posée négligemment sur la hanche, près de sa dague.
Autour d'eux, les autres danseurs semblaient s'être fait plus rares et Lohie remarqua qu'on commençait à les observer avec un intérêt qui ne cessait de croître.

Le jeune couple se faisait face car leurs pas étaient réalisés en miroir l'un par rapport à l'autre pour le pas de base. Cette fois, le vicomte effectua une légère vrille à droite du buste en portant le poids de son corps sur sa jambe gauche, et ramena un peu plus le corps de sa cavalière près de lui. Si prêt qu'il sentit le vertugadin de la belle effleurer son habit, et qu'un parfum pénétrant s'épandit là où elle avait passé. J'ai donc mouché quelques-uns de ces goguelus, s'exclama-t-il férocement. Et parmi ceux-ci, je crois, quelques vassaux de votre soeur - et vraiment, je pense que si le Chancelier ne s'était pas interposé, j'aurai fait tâter quelques pouces de bon acier à ces rustres, pour leur apprendre à se tenir face à une dame et devant l'ennemi ! Aussi je crains que la comtesse m'en garde un peu rancune... Mais, je vous ennuie peut-être, avec tout cela ?

Le jeune sire, qui débutait dans la carrière amoureuse comme dans la carrière politique, était habitué au risque et à l’aventure, il en arborait quelques cicatrices le ladre ! mais le courtisan semblait novice dans l’art de l’intrigue et des mensonges.

Et comme pour sursoir à ces mauvais souvenirs qui pouvaient incommoder sa partenaire, aussitôt, le vicomte entreprit maladroitement d'expliquer à sa cavalière l'histoire de ce bien étrange pays de Pharem, où elle mettait les pieds pour la première fois : savez-vous que cette contrée, qu'on surnomme les Terres maudites, est un chaudron de sorcière ? Autrefois, elle était dirigée par l'illustre maison de Pharembourg, qui gouverna au nom des ducs de Langehack pendant plusieurs générations. Cependant, lorsque l'unique fils du comte Guillaume de Pharembourg, Thomas, ou encore Fabio, comme on l'appelle de ce côté-ci du comté, tua son père, il y a de cela près de deux bonnes décennies, babilla Lohie, en se remémorant ce qu'il savait de ces histoires à travers les leçons de ses précepteurs et les on-dits qui parcouraient le pays. Les on-dits et les rumeurs étaient les premières sources d'informations dans ce pays. La lignée se tarit et les troubles commencèrent entre le sud, urbain et sophistiqué, et le nord, campagnard et chevaleresque. Une guerre terrible s'installa, oui terrible ! et les gouverneurs, les régents et les comtes se succédèrent, nommés par les ducs de Langehack ou par le roi lui-même. Mais rien n'y fit, et tous disparaissaient, et ce souvent : dans des circonstances étranges ! glissa-t-il, d'un air mystérieux. Toutes les images prenaient vie dans les phrases du beau vicomte, où l’enthousiasme, la verve et les détails cocasses rendaient chaque traits de l'histoire un peu plus vivante et crédible ! L'avant-dernier comte en date n'était nul autre qu'Hannibal de Roch, un courtisan en vue à la cour royale marié à une rejeton d'une branche cadette des Pharembourg, June des Isles. Hélas, quelques mois après cela, Hannibal de Roch trahit son roi, malgré son comté et son office de sénéchal : il ouvrit les portes de Diantra, permettant aux barons félons de mettre à sac la capitale en une horrible nuit de massacres qui fit date dans les annales du Royaume.
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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Mar 18 Sep 2018 - 18:53


Les diverses explications du jeune vicomte sonnaient lourdement comme un avertissement aux oreilles de la jeune Maldi. Dorénavant, elle comprenait pourquoi l'homme semblait craindre de ne pas être fort apprécié par Victoria. Le jeune coq se défendait d'être un gentilhomme prêt à tout pour défendre une quelconque femme en détresse sauf que la dernière en date à avoir bénéficié de ses services n'était autre que la Duchesse de Soltariel elle-même lors de la présentation de la Magna Carta. Cela sonnait comme une terrible erreur aux yeux de la jeune Maldi.

- Comment pourriez-vous m'ennuyer dès lors que ce n'est autre que moi-même qui vous ait demandé explications? Lui répondit-elle dans un premier temps avant de le rassurer immédiatement sur son état en lui offrant un chaleureux sourire: je me porte bien, ne vous en faites pas.

Les deux jeunes gens continuèrent de danser tandis que le bel inconnu s'efforça de lui raconter quelconques historiettes à propos de ces terres bien méconnues de la jeune femme.

- La trahison mène généralement à la guerre et vous semblez préférer cette solution vu votre opposition à la demande d’un procès de la part des vassaux de Soltariel. Je comprends mieux maintenant pourquoi vous pensez être en froid avec ma sœur. Néanmoins, elle ne m’a jamais parlé de vous, alors rassurez-vous : soit elle ne vous tient pas rigueur de votre intervention, soit elle a estimé inutile d’accorder quelconque attention à celle-ci. La danse continua avec toutefois un peu moins de chaleur. Souriante, Lysandra se permit toutefois de clôturer : Je ne peux que vous conseiller d’aller lui parler si vos bonnes relations avec Sybrondil vous tiennent aussi à cœur, après tout, elle ne mord que très rarement.

Une clôture à la discussion mais également à la danse. Les musiciens firent d’ailleurs une nouvelle pause, laissant ainsi à Lysandra tout le loisir de remercier son partenaire de danse. Néanmoins, la jeune Maldi lui tenait toujours la main, ce qui lui permettait de l’attirer vers elle pour ensuite l’emmener au travers de la foule. Cette invitation à la suivre n’était point commode mais elle avait bien senti le vicomte suffisamment inquiet pour l’inciter à rencontrer Victoria au plus tôt.  

S’approchant de sa soeur toujours emprunt à une discussion, Lysandra lâcha enfin la main doucereuse de Lohie. Puis, après un éclaircissement de voix, Lysandra interpella la comtesse.

- Victoria… Me permets-tu de te présenter… Et là, ce fut le drame pour la jeune femme: elle ne connaissait même pas son nom !
- Lohie de Brandevin. Répliqua Victoria, aidant ainsi sa jeune sœur à finir sa phrase.

Ne sachant plus où se mettre et rougissant comme jamais, Lysandra s’excusa puis s’éclipsa.

- Ne vous en faites pas, elle reviendra lorsque sa gêne l'aura quittée. Vous avez l’art de la mettre dans tous ses états. Dois-je peut-être m’en inquiéter ?

Sa question fut direct et posée sur un ton plutôt taquin. C’était ce à quoi Lohie allait devoir s’attendre: s’en était terminée de la Sybronde dont la fraicheur de sa jeunesse caressait telle une douce brise; place dorénavant au tempérament de feu.

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MessageSujet: Re: Double jeu franc jeu [Vicky]   Mer 19 Sep 2018 - 10:39

Le vicomte exécuta une nouvelle volte et se fendit en adressant un regard par dessous à Lysandra. Les notes de la musique retentissaient, lointaines, à ses oreilles. Il était un peu effrayé de cette attitude soudain distante de la part de la jeune fille, et cependant Lohie réfléchissait qu'elle trahissait peut-être le dépit, et que le dépit, après tout, n'était que le masque de l'affection ! Aussi chercha-t-il, peut-être un peu maladroitement, à s'expliquer encore un peu :

- Mais ventrebleu... je ne me suis point opposé à la demande d’un procès... corrigea Lohie, c'est simplement que l'instant n'était pas le plus propice à...

Hélas, le pauvre n'eut pas le temps de finir sa phrase que la musique cessait déjà et que sa cavalière mettait fin à la discussion comme à la danse ! Lysandra remercia un Lohie un peu dépité et inquiet par la tournure qu'avait pris leur conversation. De leur côté, les courtisans et les invités du bal s'éloignaient complaisamment, affectant de trouver subitement une conversation banale avec quelques convives ou une nouvelle occupation. Lohie s'inclina une nouvelle fois et s'apprêtait à lui donner son nom pour lui proposer de faire quelques pas avant qu'elle ne l'abandonne : se séparer ainsi, c'était trop dommage !

- Damoiselle, permettez donc que je me présente !

Mais la jeune Maldi lui tenait toujours la main ! Et dans un élan d'enthousiasme spontané, elle l'attira vers elle pour ensuite l’emmener au travers de la foule, sans même écouter ses paroles.
Comme cette invitation à la suivre, sans le prévenir, était surprenante !
La candeur de la jeune fille, son impétuosité et son peu de cas de l'étiquette : tout ça rassurait un peu Lohie sur l'état de ses relations avec la jeune Maldi. Elle le fit sourire et provoqua chez lui un léger rire, éveillant chez le béjaune un sentiment d'intense tendresse... que c'était agréable de se laisser ainsi porter par cette créature... Ce n'est qu'au dernier instant qu'il comprit où la menait l'insouciante ! Folle ! songeait-il, un peu inquiet à l'idée que la comtesse pourrait tout de même le mordre si elle n'avait pas digéré l'affaire.

La distance qu'ils avaient à franchir pour rejoindre l'endroit où se trouvait Victoria parut immense au jeune homme. Allons, se dit-il, voilà une autre épreuve qui commence ! S’approchant de la comtesse, toujours emprunt à une discussion, Lysandra lâcha enfin la main de Lohie et, s'éclaircissant la voix pour requérir un peu d'attention, elle interpella sa soeur pour présenter le cavalier. Mais voilà qu'elle ignorait son nom !
La scène était cocasse !
Tétanisée par sa propre audace, rougissant d’une façon si profonde que Lohie n’en crut point ses yeux, la cadette des Maldi acheva se phrase en posant ses mains sur sa robe et en l’observant dans un silence gêné. Elle s’excusait, la pauvre enfant, toute perdue. Il n’en fallut pas plus au chevalier, qui fondit littéralement devant cette attitude.

- Lohie de Brandevin, répondit Victoria, qui venait ainsi à la rescousse de sa cadette !

Et alors que la comtesse achevait de le présenter, tandis que Lysandra alternait un visage délicieusement rougi de honte, puis d'une pâleur mortelle ; Lohie s'inclina bien bas, la main sur le coeur. Un sourire un brin amusé, il acheva la présentation de Victoria :

- Vicomte de Papincourt et seigneur de Malfète. Pour vous servir m'amie.

Etait-ce pour échapper à la gène qu'avait provoqué sa bévue ? Détournant les yeux, Lysandra s'excusa aussitôt d'une manière un peu confuse et se retira en murmurant, une rougeur toujours aussi apparente sur ses joues.

Alors même qu'elle s'éloignait, sa soeur Victoria intervint auprès du vicomte :

- Ne vous en faites pas, elle reviendra lorsque sa gêne l'aura quittée. Vous avez l’art de la mettre dans tous ses états. Dois-je peut-être m’en inquiéter ?

A cette question, le visage du damoiseau devint lui aussi un peu rouge. Le ton était plaisant, mais sous la plaisanterie, Lohie devinait la mise en garde... Il fléchit le genou en s'inclinant :

- Est-ce là la pensée qui vous préoccupe, comtesse ?

Et tout en lui répondant, il se livra à l'examen furtif de la jeune femme, en savourant le privilège qui lui était alors offert. A l'image de sa cadette, Victoria avait les cheveux noirs, ainsi que le teint brillant et l'oeil voluptueux, voilé de longs cils. Elle est fort belle, songea Lohie. On en mangerait aussi ! Et le chevalier attarda son regard sur la bouche vermeille et fine, la taille et le port élégant... mais d'innocence et de naïveté : point ! songea-t-il. Du moins en apparence.

- En vérité ! Je suis votre serviteur et celui de damoiselle votre soeur, de même que ma demeure et mes gens sachez-le, sont à votre service durant votre séjour en le pays de Scylla !

Et sur ces derniers mots, tout en regardant Victoria d'une façon un peu étrange, le vicomte, qui avait la taille haute et bien prise, la figure belle et agréable et le teint un peu brun, s'inclina de nouveau avant de baiser à son tour la main de la comtesse.

- Ah, comtesse, quelle agréable surprise de vous trouver ici ! Qui eu pu prédire, il y a quelques ennéades, que nous nous retrouverions en ce lieu ? murmura Lohie, qui souriait d'une façon à la fois si drôle et si énigmatique. Puis le chevalier se tourna en direction du vieux Corvilo, qu'il désigna d'un geste du menton : Nous partageons manifestement des relations communes de ce côté-ci de la côte... L'influence de Sybrondil ne cesse de croitre, c'est un fait.

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Double jeu franc jeu [Vicky]
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