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 Armand regagne Scylla [Aetius]

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Armand de Sacrepon
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MessageSujet: Armand regagne Scylla [Aetius]   Sam 26 Fév 2011 - 15:38

    Quand le Malebretteur regagna Scylla

et autres éclaircissements quand à sa troublante absence


Voilà que de nouveau l'arrière-pays de Scylla résonnait de le chaude voix de stentor du malebretteur. Le parangon revenait d'une riche excursion dans les terres âpres et lointaines du nord, où, pour le compte de son bien-aimé suzerain, il avait réglé quelque affaire spéciale qui exigeait bien des talents tels que les siens. En effet, les exactions de sombres voleurs de sel avaient nécessité sa juste intervention.

A présent les gouapes étaient châtiées, et Erbay dite "la riante" garderait un souvenir tout à fait impérissable du spadassin infernal. Car son jeu d'espadon avait là-bas agi avec la même inflexibilité que la plus vilaine des pestes, et ôté au nord à peu près tout ce qu'il pouvait compter de fripouilles, de sagouins, d'écorcheurs et autres aigrefins d'abord peu fréquentable. Du reste, l’inénarrable Armand avait fait l'objet de quelques chansons d'ors et déjà populaires, vantant l'acier incorruptible de sa vertu tranchant dans les singulières et monstrueuses entrailles du crime ; d'autres encore faisaient le récit truculent des débauches et dissolutions du malebretteur, qui avait redonné de leur lustre aux maisons de jeux d'Oësgard, de mine un peu grise depuis les évènements que l'on sait.

La teneur de ces rondeaux -tout à fait remarquables par l'inspiration- saura élucider le mystère de la tenue présente du preux : quel homme de son élégance pourrait expliquer autrement le sang sur sa chemise, les tripes sur son chapeau et l'aspect misérable de ses culottes ? Il n'est qu'une chevauchée de plusieurs jours, avec sur les talons les sergents d'armes les plus féroces et habiles ((et d'une rectitude morale exagérée)) de Serramire et quelques solides échauffourées comme bonne raison à tout cela.

Mais le malebretteur était sauf et serein en Scylla, et il s'en retournait informer l'Ivrey à la fois de sa réussite et de ses bons sentiments. Juché sur un âne de belle stature, il avait comme preuve de ses impressionnants succès un sac de jute tout détrempé de sang avec pour contenu cinq têtes parmi les plus honnies par la corporation saline de Scylla. Quelle jubilation gagnerait Pharembourg quand l'on verrait, perché sur son animal, la légende de Sacrepon agiter plaisamment ses trophées ! Songeant à tout cela, Armand laissa s'épancher sa joie en chantant, délicieux d'irrévérence et d'esprit vis-à-vis des puissants !

Ta carcasse désentraillée,
Par la canaille tiraillée,
Ensanglantera le pavé ;
Ton Priape haut élevé
A la perche sur une gaule


Soudain, il aperçut au loin la prospère cité de Pharembourg, doucement caressée par le soleil chaud du midi. A cette heure, le peuple lambin de Scylla faisait la sieste sous les oliviers, et les beaux mots d'Armand ne savaient leur arracher qu'un oeil vide et peu curieux. C'était par ailleurs fort heureux, car la funeste charge du malebretteur était susceptible de créer un vent de panique parmi une populace peu avertie, et de causer bien du souci à notre héros - héros mais pas moins homme, fourbu et l'arme dans son fourreau.
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Fjama
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Sam 26 Fév 2011 - 17:10

D’une main douce, elle caressait la couverture élimée d’un petit carnet intime. Elle hésita longuement. Finalement, elle céda, juste le temps de jeter un œil au nom inscrit sur la première page et de le refermer. Elle fixa son regard sur le plafond, s’imprégnant des bruits de l’extérieur. Lentement, un rayon de soleil perça timidement dans la chambrette. Il ferait beau aujourd’hui. De quoi donner un peu d’entrain à son corps fourbu du voyage entre Diantra et Pharembourg. Hélène se trouvait peut-être ici… et avec elle des possibilités de gagner encore un peu d’or. Pour le moment, cela n’était pas primordial, elle avait de quoi passer quelques jours sans être danseuse et faire quelques folies. Elle s’étira souplement. Oui, quelques jours de paresse et nonchalance après les remous de son arrivée sur la péninsule. Elle avait enfin atteint le but premier de son voyage. Les recherches pouvaient commencer. Elle n’avait qu’un maigre espoir, voire aucun, de retrouver des parents d’une mère ayant quitté l’endroit depuis une soixantaine d’année, cependant l’optimisme prévalait !

Avant de sortir en quête du passé de sa génitrice, il lui fallait s’occuper de sa tignasse rebelle. Les pigments avaient tendance à vite déteindre et, du noir profond désiré, il ne restait qu’un voile léger sur ses cheveux rubis. « Oh et puis mierde ! » lâcha-t’elle brusquement. Elle natta prestement ses cheveux, les enroula en chignon avant de les recouvrir d’un foulard ocre. Passer inaperçue lorsqu’on arpentait une nouvelle cité permettait plus de liberté. Avouons ceci dit que cela n’était guère possible quand on culminait à la même hauteur que les hommes de bonne stature et qu’on cumulait à cela des avantages féminins avenants. Troquant le masque de danseuse pour celui de l’aventurière, elle se vêtit de teintes naturelles et passe-partout, aussi couverte que sa garde-robe ne le lui permettait.

En sautillant, elle dévala les escaliers, laissa sa clé à l’aubergiste avec un énorme sourire. Elle ne lui faisait pas complètement confiance, raison pour laquelle ses possessions les plus importantes étaient dissimulées quelque part sur elle. Sur le pas de la porte, elle prit une grande goulée d’air marin. Presque comme à la maison ! Évidemment, moins de risque de se faire attraper lors une razzia de marchands d’esclaves mais sinon… bon d’accord, les seules ressemblances étaient l’iode qui emplissait ses narines et cette impression que l’aventure l’appelait.

Elle se mit en marche, sillonnant le marché aux toiles bariolées. Les cris de marchands alpaguaient la foule de curieux. Quelques coupe-bourse commettaient leurs méfaits. Dans la bonne humeur, elle négocia quelques teintures, acheta une étoffe chatoyante pour une future tenue de danse. Fjama s’extasia même comme une enfant en admirant le spectacle d’un magicien. Guillerette, elle continua de se promener dans la cité alors que les habitants se réfugiaient sous les oliviers. Elle profitait simplement de la chaleur sur sa peau caramel.

Perdue dans ses contemplations, elle renifla soudainement une odeur de sang et de tripailles. Elle darda de suite son regard sur un gaillard juché sur un âne, à l’air aussi triomphant que fourbu. A moins qu’il ne soit imbécile pour se balader ainsi vêtu et sali, elle songea brièvement qu’il devait être un agent quelconque du pouvoir de la place de retour de mission. La curiosité étant sans doute son vice principal, elle s’approcha de lui.

- Le bonjour Sieur, la chasse a été bonne ?


Elle s’inclina légèrement, les lèvres étirées dans un sourire de gamine. Elle espérait vaguement qu’il s’arrêterait pour lui répondre ou qu’une demoiselle non apeurée par sa tenue le fasse au moins ralentir pour qu’elle puisse tenter de connaître les raisons qui l’amenaient à voyager ainsi maculé. Une bonne histoire de bataille suscitait toujours son inspiration pour des danses que … personne ne lui demanderait jamais d’exécuter.
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Armand de Sacrepon
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Dim 27 Fév 2011 - 10:50

Concevant bien sa repoussante allure, Armand fut éminemment stupéfait qu'il puisse être abordé ainsi. Et pour le plus par une créature si accorte. Cependant, celle-ci souffrit aux yeux du malebretteur d'un examen approfondi : elle avait les appas qu'on pouvait lui imaginer, mais faisait bien la taille d'un homme fait, bien nourri et accoutumé au plein air ! Sacrepon n'était pas dupe, et craignait d'avoir affaire à ces hommes habiles qui se donnent des airs de femme, cachant les failles de leur complexion sous force nippes. Armand connaissait bien cette espèce maligne de bougres, tant il en avait rencontrés à l'occasion de décadenteries langecines, terre des porcs et autres sodomites.

Toutefois, accordant le bénéfice du doute à la naïve enfant, et jamais las de rodomontades, le malebretteur ne la chassa pas et fit ralentir le train à son âne.

" - Ma foi, elle ne fut pas mauvaise ! Ils étaient bien cent et m'ont donné du fil à retordre, mais j'ai su les dompter ! " et sur ces mots il agita sinistrement son sac en grosse toile, qui pleura tout le sang qu'il pouvait. Cela commençait à empester.

Peu soucieux du secret qu'exigeait sa délicate mission et sans réserve, Armand s'employa à faire le récit de ses aventures septentrionales, mimant ses habiles estocades et imitant la mine bien déconfite de ses multiples adversaires. Après quelques haletantes secondes de récit, il était déjà aux prises avec une orgueilleuse bande de canailles d'oësgardie

"...que je rossais ainsi que je le décris : en un seul et décisif assaut ! "

Le soleil cognait sévèrement le fond crasseux des faubourgs, et la sueur vint se mêler au sang sur le front du malebretteur. Il fit se hâter Hidalgo -sa monture- à travers la foule, et interrompit un instant ses racontôtes pour disperser les purotins

" Faites place manants ! Place où je trancherai à voulenté !"
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Fjama
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Dim 27 Fév 2011 - 20:30

Accroche réussie ! Sur cette petite victoire, Fjama emboita le pas à la monture menée à cadence de marche. Enfin, un homme peu avare en paroles ! Une vraie joie pour qui aimait les belles histoires ! Lorsqu’il agita la sacoche, l’odeur connut un regain de force, la forçant à discrètement se pincer le nez.

- Cent ? Et comment les avez-vous battu ?


D’un nouveau sourire, elle l’encouragea à continuer son récit. Ses yeux d’ambre délaissèrent ceux du spadassin pour s’autoriser un examen rapide de la silhouette de son éphémère conteur. Un ours civilisé, voilà l’impression qu’elle en tira. Ses lèvres s’étirent encore un peu à cette pensée avant de laisser place à un grand éclat de rire quand il entreprit de mimer ses coups sur d’invisibles adversaires. Aucune moquerie cependant, bien que la situation prenait quelque comique allure à le voir ainsi fourailler sur un âne. Les récits de batailles et de héros la ravissaient toujours autant. En bon public, elle notait chaque détail scrupuleusement, sautillant auprès de lui pour ne rien manquer de la moindre mimique. Les mines dépitées des ennemis furent accueillies avec un nouvel éclat de joie.

Hormis ses qualités de narrateur, il rentra vite dans les grâces de Fjama par le simple fait qu’il ne la reluquait pas comme un pourceau en manque. Fanfaron, sans doute un brin brutal au vu de certains gestes, rien de cela ne la mettait mal à l’aise, bien au contraire. Le personnage l’intriguait, à présent, autant que ses explications.

Lorsqu’il fit hâter sa monture, elle augmenta sa propre allure pour rester à hauteur, louvoyant, se baissant pour éviter la foule qu’il dispersait. D’autres questions se pressaient aux lèvres de la joyeuse demoiselle, pas question de laisser filer une source d’histoire si facilement !
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Lun 28 Fév 2011 - 3:02

On aurait pu sentir l’exaltation du prince dans le bruit des sabots. Les cris, au loin, se propageaient à travers la cité comme le feu dans une plaine sous le soleil d’été. Le sol en tremblait, peu à peu, et les murmures se firent parmi les gens de Pharembourg. La terre s’agitait elle-même, suivie des chalands et des moellons, qui remuaient en tous sens. Soudain, au détour de la rue, une horde avala pavé et distance avec une facilité terrifiante. Fifres, tambours et « haro ! » accompagnaient la terrible procession et le tonnerre des destriers, qui fonça sus au malebretteur sans prendre gare aux insectes qui osaient occuper le chemin. La course était houleuse, implacable ; la cacophonie des pipeaux et des cors : horriblement belle. A la tête de ce fleuve furieux, de ce ru indomptable et frappé de mille couleurs, surmonté d’une forêt de lances, d’oriflammes et de bannières éveillées par la hâte des cavaliers, le plus fou des chiens fous, le plus fougueux des espadons sauvages : le seigneur de Scylla en personne !

Celui-ci n’avait pas soigné sa mise, ni son cheveu noir. Attifé d’un tissu grossier, un lin grisâtre qui recouvrait son blanc poitrail et jurait avec le nacré de sa peau, il en imposait sur son cheval nu, lancé à la vitesse d’un carreau sharassien. « C’est Gorman qui nous est rendu dans sa jeunesse ! » s’écriaient les vieillards qui se souvenaient encore de leur ancien roi, « C’est Othar qui rugit à travers ce beau seigneur ! » se disaient les autres. Bientôt la ruelle fut inondée par les cavaliers et cette musique étrange, chaotique, que produisaient les gorges des hommes et des instruments. Enfin, le destrier d’Aetius s’arrêta face à la mule débile qui avait l’insigne honneur d’accueillir le séant du cannibalesque sacripant. D’un bond gracieux, l’Ivrey démonta et prit les mains d’Armand.

« Ah ! Vous ici, bel ami ! Quand j’ai appris la nouvelle de votre venue, j’ai tout précipité pour vous accueillir. Mais ah ! Cà ! Le jeune seigneur pâlit affreusement. Il contemplait le sang, et les tripes, et le beau chapeau fichu (bien qu’il n’en portât pas), et on eût dit qu’il avait été transpercé au cœur par quelque trait invisible. Mais vous êtes mort ! Hélas ! Ils vous ont abattu, vous ont assassiné, vous ont donné à leur glaive cruel, ces pendards ! Gredins ! etc. »

Il lui fallut un moment pour que l’agitation d’Aetius cesse. Il avait beaucoup d’estime pour ce grand diable d’Armando, comme on disait dans le pays, et entretenait pour ce spadassin de mauvais genre une tendresse toute filiale. Retrouvant dans ce rodomont de la pire espèce et dans le bleu sauvage de son vif regard un peu de lui et de son sang, il l’appelait son père et lui dévouait un peu de ce prédicat. Enfin la tristesse et l’angoisse passèrent, et un sourire béat éclaira l’altier visage.

« Mais non, vous n’êtes guère mort. Pas même blessé ! C’est vous qui les avez tué, comme vous m’en aviez fait la promesse. Tous, vous les avez tué tous ; aucun n’a pu réchapper au malebretteur ! Vous êtes bel et bien vivant, doux seigneur ! Ah ! Qu’on amène les jarres d’or, que je l’étouffe sous une montagne de jarres gorgées de vin d’épices, d’odalisques et de myrrhe. Que les temples fassent sonner leurs tocsins, car aujourd’hui est jour de fête… ! »

Prenant soudainement conscience que le malebretteur n’était pas seul, mais accompagné d’une bien étrange créature, il jeta un regard vers cette dernière. Le grand échalas avait la complexion d’une femme plantureuse et les habits qui suppliaient qu’on vienne se servir, mais la taille de la chose, le sombre de sa peau laissait penser que Sacrepon, comme le chantaient certains bardes dévoyés, s’était entiché d’un drôle de giton.[/justify]


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Armand de Sacrepon
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 2 Mar 2011 - 21:03

Alors qu'Armand tranchait dans le vide et tuait à qui mieux-mieux de son espadon imaginaire vint une foule ! Pas n'importe quelle foule ! Une cohue de gueux et de gens d'armes appretés comme il faut, aux tenues plus extravagantes les unes que les autres. Un flot de rubans, de soieries, de brocards et de cliquaille cliquetante (qui faisaient le bon goût de Scylla) enveloppa nos deux personnages en un battement de cil. Était-ce Armand qui provoquait cet émoi ?

Comme le pouvait prévoir le lecteur, le malebretteur avait bel et bien fait monter cette fièvre dans les rues endormies de Pharembourg. Et qu'il en était heureux ! De jubilation, le voilà qui distribuait ses trophées comme des petits pains ; et comme ceux-là déclenchaient rires et savoureuses plaisanteries parmi le peuple, on vit quelque vigoureux prince se frayer un chemin à travers les rangs frémissants de la plèbe. Sacrepon reconnut bien là ce drôle d'Aetius, la mine altière et le teint frais.

Oubliant ce diable de mignon -qu'Armand avait bien vu minauder alors qu'il se livrait à son exaltant récit- Armand broya virilement les doigts de l'Ivrey, comme cela se fait dans le nord. S'il avait été plus mol de coeur, nul doute qu'il aurait versé une larme de revoir là son élève. " Non pas jeune comte ! Ils ont tué mon chapeau, ils ont tué mes culottes, mais jamais ils n'ont effleuré mon âme ! Ah pour sûr, les maroufles n'y reviendront plus ! "

D'un geste pétri de regret, le malebretteur se découvra et laissa choir tristement son chapeau, qui jadis fut si beau. Ses gestes alanguis trahissaient l'amertume de ses pensées : le tête nue, Armand se laissait aller au désespoir. Mais parlez de jarres, de vin et d'odalisques, voilà que son oeil s'émerillonne. Plus gaillard, le voilà qui laisse définitivement son sac en pâture aux hordes roturières et esquisse un pas de danse

" Mais laissons donc gésir ces écorchés ! Hardi ! Faisons fête de mon retour ! " et Armand nourrissait de beaux espoirs quand à cette journée. Des semaines de chevauchée éreintante et d'ascétisme rigoureux lui avaient fait oublier la douce saveur des bacchanales scylléennes, que chacun sait remarquables par bien des aspects.

Plus discrètement, il glissa à Aetius quelques mots ; un souffle à peine, une brise sous l'ouragan ambiant " et avisez-donc ce gaillard là près de mon Hidalgo. Ne vous y trompez pas, son manège cache quelques attributs que vous ne sauriez souffrir " en bon camarade, en père spirituel, Armand mettait en garde le scylléen contre les périls de la fête par trop arrosée qui s'annonçait.
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Fjama
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Jeu 3 Mar 2011 - 1:53

Au fur et à mesure que la foule se densifiait, Fjama prit peu à peu conscience que l’espiègle qu’elle accompagnait était plus qu’un simple exécutant. Ralentissant tout d’abord la cadence pour s’éviter quelques ennuis malvenus, elle finit par stopper complètement son avancée. Cernée par la foule qui se pressait autour du drôle, elle n’aurait, de toute manière, pas pu faire un pas de plus.

Lorsque le jeune éphèbe échevelé s’arrêta et prit les mains de son conteur, elle dût cligner des yeux quelques fois et chercher sa respiration. Même bel homme, un noble restait un danger pour sa ravissante carcasse. Alors, mue par cette profonde envie de prendre ses jambes à son cou et détaler dans la foule sécurisante, elle chercha une échappatoire des yeux. Une fois réaliser qu’elle ne disposait d’aucune issue « polie » - comprendre qui ne lui aurait pas créé de problèmes -, elle prodigua quelques grattouilles à l’âne pour retrouver contenance. Au sein de son esprit, dans le but d’étouffer la pointe de panique naissante, s’imprimait lentement une antienne silencieuse « Ne pas fais pas de sottises. Restes calme, tranquille, tu ne risques rien. Tu n’as rien fait de mal. Tout va bien se passer ».

A la mention du « jeune comte », la promesse de Chanvre reprit son bonhomme de chemin dans la caboche de l’aventureuse artiste. Tiraillée entre les funestes images, son envie d’en connaître plus sur son conteur et sa bonne humeur vacillante, elle mit quelques secondes à se recomposer un sourire de circonstance. Elle ne savait pas bien ce qu’elle allait faire. Cependant, qui disait noblesse, disait richesses à dispenser généreusement. Terrible tare que la cupidité…

Lorsque les regards des deux hommes glissèrent à nouveau sur elle, elle se fendit d’une révérence parfaitement exécutée, quoiqu’un peu trop enlevée, et se risqua d’une voix suave indéniablement féminine.

- Veuillez m’excuser, Sires. Cependant, j’ai cru comprendre que des festivités, ce soir, seront données. J’ai l’audace de croire que mes talents sauraient vous divertir – Elle marqua un temps – Accordez-moi barde, musique et je vous offrirais danses, délices des yeux, reposants ou festifs. – Elle esquissa un sourire vaguement taquin - Vous laisserez-vous tenter par un spectacle exotique ?

Pour avoir pris la parole sans y être invitée devant un noble elle garda la nuque courbée, aussi humblement que possible. Exercice périlleux pour son égo, elle luttait contre elle-même. Malgré les habitudes, certains us avaient peine à la laisser de marbre. Le moindre signe de soumission, même feint, à un mâle confinait à la torture. Aussi, malgré la tête basse et le masque de danseuse, rapidement le regard comporta une petite lueur entre le défi et la honte d’agir de la sorte.
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Ven 4 Mar 2011 - 17:40

L’humeur était à la joie. Et après la terreur provoquée par la folle cavalcade des cavaliers d’Aetius, le badaud se mit à se laisser aller à la jovialité des pipeaux, des fifres et de toutes ces choses qui déployaient leur couleur musicale. Les cavaliers, bien qu’essoufflés, entonnaient les chansonnettes dans un chaos qui se transforma bientôt en mélopée exaltante. La foule remua à nouveau, joyeuse et légère, cette fois-ci. Le bonheur du jeune comte était communicatif, contagieux et la populace, si proche de leur seigneur, lui trouva alors un charme si touchant, une beauté si pâle, qu’elle l’aima plus que s’il avait cultivé sa généalogie, en haut de son donjon, et son sang bleu, uniquement avec les siens. Au contraire, en ce beau jour d’automne, où le cœur était à la douceur, les Scylléens, pourtant réputés sévères et fermés, sentir leur âme s’emmener vers le prince du sang. Il y avait une telle candeur dans ses traits affables, une telle franchise naïve, que les chalands eurent l’impression de se trouver devant l’un de ces spectacles de troubadours et autres tirent-laines, sauf qu’ici, le sentiment était pur, le sentiment était nettoyé de toute trace de malhonnêteté.

Aetius était un fils qui retrouvait son père, lui-même revenu du pays des morts pour qu’il offrît sa main pour qu’on la baise. Et le seigneur, lorsqu’il apprit les nouvelles que ramenait Armand, baisa sa main comme on baise celle d’un parent, et l’appela sire, et lui dit des compliments. Il était si heureux, si remué qu’il jetait des ordres à tout le monde, il encourageait parfois les musiciens en tapant dans ses mains, buvait du vin, bénissait la foule. Lorsqu’on entendit le bruit que faisaient les Temples lorsqu’on célébrait de grandes choses, le chien fou ne put plus de contenir. Il saisit la jarre d’or que la valetaille amenait avec peine et jeta à la foule ce qui se trouvait à l’intérieur. Certes, on ne lance pas de la myrrhe sur les gens, normalement, mais l’occasion n’était pas ordinaire. Finalement, le giton de son bon ami concentra son regard un instant. Danser ? Des bardes ? De la musique ? Mais oui, il fallait fêter au château ! Il n’écoutait déjà plus la jeune femme-homme et remonta en scelle d’un bond preste. « A Bordefente ! » s’époumona-t-il pour couvrir la cacophonie ambiante et alors il détourna son cheval de l’âne du noble Armand pour s’en aller au château. Soudain, comme s’il redécouvrait le mignon du malebretteur et les consignes que celui-ci avait donné par rapport à son serviteur de plaisir. Ayant une attitude teintée d’une froide politesse, il déclara :

« Vous aurez vos bardes et vous aurez votre musique. Aujourd’jui, je ne suis rien refuser au Malebretteur. »
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Fjama
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Lun 14 Mar 2011 - 2:10

Affublée de son ticket d’entrée vivant, un certain Bettolin, un cavalier qui ne devait guère avoir plus que dix-ans, Fjama retourna à son point de départ et ramassa ses affaires. Ignorant que ces messieurs la prenaient pour quelque drôle prompt à élargir son cercle d’ami, elle se permit de discuter avec son accompagnateur sur le chemin de Bordefente. Premier renseignement, et non des moindres, elle s’assura du nom du Seigneur et de son conteur. Réclamant rapidement quelques détails connus sur les goûts de ces messieurs en matière de divertissement, elle réfléchissait à quelles danses elle pourrait leur offrir.

Levant la tête vers le château, elle lâcha un bref sifflement amusé. Sacré bâtisse. Loin du palais royal qu’elle avait entraperçu à Diantra, celui-ci semblait tailler pour affronter les guerres, autant internes qu’externes plus que pour l’apparat. Son guide lui fit traverser la cour jusqu’à la demeure seigneuriale aux ailes multiples. Vaguement, elle se demandait comment le maitre des lieux trouvait son propre chemin. Des plans étaient-ils dissimilés à chaque couloir avec une petite indication « Vous êtes ici » ? Le pauvre Bettolin supporta encore un éclat de rire subit de l’artiste. Confiant aux bons soins d’une servante une Fjama à moitié hilare, il se pressa de rejoindre son poste.

Menée à travers le dédale de coursives, le sens de l’orientation de la demie déjà lamentable se réduisait à présent à peau de chagrin. De toute façon, elle ne pourrait pas fuir quoiqu’il se passe. Un brin nerveuse, elle procéda avec minutie pour le choix de sa tenue. Autant placer la barre haut ! Elle dévoila des trésors de savoir-faire pour son maquillage et de coiffure pour cacher le moindre rappel de son ascendance, plus encore que les autres jours. La promesse de la caresse de Chanvre la terrorisait et la tenue ne lui permettrait pas de porter la moindre arme pour sa défense. Se mirant plusieurs fois dans la glace, elle s’assurait de la perfection de son camouflage. Pour garder un effet de surprise, elle revêtit ensuite sa longue cape, la refermant sur les étoffes chatoyantes.

Retrouvant la petite servante pliant les serviettes dans la lingerie comme convenu, Fjama était fin prête. Arrivée dans la salle de réception où la fête battait son plein, elle se dirigea rapidement vers les troubadours jouissant d’un instant de pause tandis que les cracheurs de feu chauffaient l’atmosphère. Tout en coulant quelques regards vers la table d’honneur, elle leur expliqua l’air nécessaire à sa prestation, les divers impératifs rythmiques. Le fringuant fêté et le séduisant seigneur profitaient avec forts rires, alcools et discussions de leur retrouvailles. Les domestiques débarrassaient prestement les reliefs du festin, profitant de la centralisation de l’attention des convives sur le spectacle. Lentement Fjama laissa choir sa mante sombre dans un recoin de la pièce où ses collègues se reposaient. Elle inclina brièvement la tête à leur attention, alors que les applaudissements pour les pyro-jongleurs déclinaient, laissant à nouveau place au brouhaha des discussions. « A ton tour, gamine, t’as intérêt à assurer ».

Une mélodie douce s’élevait. L'artiste avançait doucement sur la piste de danse, légère. Les pas de fée s’enchainaient sans bruit. En cercle lent, elle risqua un regard triste vers le public. Comme un oiseau blessé, elle se posa au sol. Prostrée, nul ne pouvait apercevoir sous visage derrière le rempart de ses genoux joints. Délicatement une main remonta, battement d’aile vers le ciel, puis retomba. L’autre suivit le même chemin, avant qu’elle ne se replie totalement sur elle-même. Au diapason la musique se tût une seconde.

Un nouvel instrument prit son envol, égrainant un air qui prenait lentement au ventre, tout en puissance contenue. La danseuse se redressa lentement sur ses genoux. La nuque courbée, ses cheveux d’ébène voilaient ses traits. Son échine fut parcourue par un long frisson alors que les percussions rentraient en scène. Le buste décrit une courbe vers l’arrière. Les bras en croix, elle se redressa d’un bond gracieux. Les mains vers le ciel, la jeune femme s’étirait lame tranchante hors de son fourreau. Un coup de tambour, tout soudain s’accéléra. Les hanches frémirent, Fjama prit son élan. Jupes écarlates et jambes jetées, une pirouette, la musique enfla en rumeur de bataille.

Les gestes devinrent incifs, brutaux. Accordées à chaque battement sur le tambourin, les hanches ondulaient. Fjama reculait vers l’arrière de la piste de danse. L’adversaire imaginaire lui faisant face gagnait du terrain. Soudainement, la demie rua vers l’avant portant estoc à son adversaire. Leste, elle esquiva d’une pirouette aérienne sur sa gauche une attaque invisible. Les talons frappaient le sol durement lorsqu’elle s’échappait à son ennemi. Brutalement, le dos se cassa en arrière, les mains au sol, les jambes traçant une courbe à la suite. L’artiste s’allongea sur le sol. En deux roulades gauche, droite, elle fuit les coups de son assaillant. Elle se ramassa sur ses genoux, se redressant sur ses pieds, d’une ruade du bassin. Une main arabesque passa devant les lèvres au sourire provocateur. La musique gagna en intensité et rapidité.

En oscillant, Fjama recula de trois pas pour mieux fendre en avant, portant coup de tranche en une suite de bonds et virevoltes. De force égales, les deux rivaux éphémères se livraient une lutte acharnée. L’artiste se tordit, se brisa, avant d’assener une nouvelle volée de coups, tournoyante. Méthodiques, précis, chacun semblaient faire mouche sur le belligérant courant d’air.

Le barde cassa le rythme. Une mélodie mélancolique s’accorda aux gestes lents de la danseuse. A genoux à présent, elle caressait du revers de la main une joue inexistante, referma des paupières absentes. Elle porta une main à son cœur, câla ses jambes contre elle et enfouit son visage contre ses genoux avec les dernières notes des musiciens.
(HRP : En accord avec Aetius, on fait avancer le sujet malgré l'absence d'Armand)
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Dim 20 Mar 2011 - 22:39

Armando avait prévu une fête par trop arrosée. Encore une fois, son intuition redoutable avait vu juste. Le jour n’était même pas tombé que les deux compagnons s’étaient réunis autour d’une table, jouant un Kjall tout en buvant et discutant. Et à mesure qu’il offrait les libations, le soleil déclinait et les servantes mettaient le couvert d’un petit banquet privé avec quelques-uns des proches d’Aetius et des hommes d’Armand. Et les gaillards, qui ne comptaient pas dessoûler de si tôt, continuait à s’en passer un petit à travers la gorge. Et tandis que le jeune homme écoutait avec d’autant plus d’attention, le malebretteur n’en comptait que mieux. Peu à peu, alors que les convives étaient bien installés et mangeaient dans les vaisselles d’argent, Armand, qui n’avait guère fait que picorer mais qui avait avalé quelques carafes d’un bon vin d’Olyssea qu’Aetius gardait pour une occasion, s’animait, emporté par ses fabuleuses aventures, qu’il mimait avec la passion des plus grands pantomimes. Et tandis qu’ils se prenaient tout deux au conte, ils finirent par demander deux espadons pour que le brave sicaire montrât à son maître comme il avait occis trois coquins en une botte. Et alors ils prirent chacun une épée, et la démonstration commença, d’abord suivi de mots. Elle débuta lente, termina sauvage. Les consignes et les explications furent remplacées par les cris et les rires. Les quelques coups polis se transformèrent en un ballet furieux et gourd. A la fois vifs et maladroits, les deux hommes titubaient et s’affrontaient avec une ardeur que seul le vin pouvait apporter. Montant sur les chaises, puis les tables, les deux bretteurs s’opposaient hardiment, en riant toujours, leurs bottes bousculant assiettes et gobelets argentés, piétinant les rognons et les potages, roulant sur les oranges et les tomates écrasées.

Et cela fut la première animation de la soirée. Finalement, Aetius trébucha, se sauvant ainsi bien malgré lui d’un coup de taille qui lui fonçait sus. Heurtant la table avant de s’affaler sur le sol en s’époumonant du bonheur de l’ivrogne, il fut remis sur son siège, applaudi par certains de ses congénères aussi gais et ivres que lui. Il les salua tous en levant sa coupe et la vidant après quelques mots mal prononcés, puis tomba dans la prostration. Calmé par le coup qui s’abattit sur son crâne, il se reposa, endormi par les vapeurs de l’alcool, sur la table et admira d’un œil placide les divertissements que les petites gens lui proposaient. Cet état de semi-indifférence perdura même devant le montreur d’ours, dont Aetius était friand. Jongleries, pitreries, chansonnettes, rien n’y fit. Rien, à part l’arrivée subite du giton de son bon ami le malebretteur. Giton disais-je ? Elle n’en avait plus vraiment l’air. Malgré sa hauteur, son corps bronzé était l’hôte des galbes les plus savoureux qu’il avait été donné aux yeux du comte, qui se redressa assez vite et de bien des manières. Lorsque la danse commença, Aetius, trop concentré pour apprécier à sa juste valeur la chorégraphie orchestrée de manière parfaite par la mulâtre, ne voyait que les reliefs et les longueurs de cette danseuse exotique qui lui faisait le plaisir de lui dévoiler tant sans pour autant rien montrer. Mise en valeur par chacun de ses pas gracieux, se contorsionnant avec agilité et en d’habiles arabesques, elle captivait les convives comme le seigneur, qui, une fois sa raideur passée ou du moins sa gêne disparue, applaudit d’une poignée de claquements de mains radine, se leva et s’en fut après avoir glissé un mot au malebretteur.

La bonne société suivit l’exemple de leur seigneur. Les applaudissements étaient faibles, un peu timorés et le public dans l’expectative. Finalement, on laissa la danseuse dans cette étrange situation. Personne, à Pharembourg, ne voulait participer aux soudaines sautes d’humeur d’Aetius, qui pouvaient être autant bénéfique que terrible. Lorsque les bonnes gens furent un peu éloignées, un soldat prit la danseuse éberluée et l’emmena avec lui. Ils traversèrent quelques couloirs en silence, puis on traversa une antichambre et le soldat l'introduisit dans ce semblait être une grande chambre. La nuit était tombée plusieurs heures déjà, et la seule chose qui éclairait la chambre c'était un grand feu accompagné d'une poignée de bougies. Au milieu de la pièce, près d'une table où reposait une carafe de vin, le comte était assis et sirotait un dernier vers. Ses joues rosies en disaient long sur son état, mais il était sorti de sa prostration éthylique pour accueillir un état second moins destructeur. Solidement vissé dans son siège, il fit un geste au soldat et demanda à la danseuse s'approcher un peu. Alors il prononça lentement quelques paroles, faisant l'éloge un peu terne de sa danse précédente et, de but en blanc, lui demanda : "Danseriez-vous de nouveau pour moi ? Mais quelque chose de plus suave, cette fois-ci, de plus doux."
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Lun 21 Mar 2011 - 22:17

Légèrement haletante, Fjama reprenait sa respiration sous les tonnerres... de trois ou quatre applaudissements timides. Braquant son regard sur les musiciens, interrogative, elle se demandait si elle n'avait pas commis une bourde. Alors que le Seigneur quittait la salle, elle porta une main au bandeau recouvrant ses oreilles Rien n'avait bougé. Tout était en place. Avait-elle été inconvenante ? Après tout, elle ne pouvait pas prétendre tout connaitre des mœurs de la péninsule humaine et encore moins celles du "beau monde". Plongée dans l'expectative, elle sursauta lorsque le garde lui agrippa sèchement le bras.

Perdue, elle se laissa tout d'abord guider dans le dédales de corridors. Puis,vivement, elle tenta de se dégager, ruant légèrement et protestant sur les manières du garde silencieux. Soupirant d'exaspération, il raffermit sa prise sur sa proie rétive, malmenant la peau caramel d'une petite torsade habile. En temps normal, dans un endroit disposant d'issus de secours, soit pas dans un château d'un inconnu, elle n'aurait pas cédé. Vu le manque d'opportunité à la fuite, elle emboita à nouveau le pas au soldat, laissant courir son regard sur les tapisseries riches et les murs de pierre nues. Qui sait, une porte d'échappatoire apparaitrait peut-être soudainement du néant ?

Arrivés dans une chambre, le soldat prit congé, laissant la jeune femme en tête-à-tête avec le Seigneur éméché. Poliment, elle s'inclina et ne pipa pas mot. Haussant un sourcil aux compliments sur le spectacle - que de toute évidence, il n'avait pas réellement suivi - elle profita de l'instant de réflexion accordée pour jeter un coup d'œil circulaire à la pièce. Cheminée, bougies, pleins de feux, ça tombait plutôt bien en cas de problèmes. Elle s'approcha prudemment de lui. De toute évidence, il ne l'avait pas fait mander pour lui présenter Chanvre. Selon les connaissances des hommes de Fjama - très peu flatteuses pour le genre masculin - les présentations envisagées portaient plutôt sur un ami plus intime du comte. Retenant un commentaire acerbe sur la manière dont il aimait à quérir les services d'une danseuse, elle écouta la demande du sieur.

- Danseriez-vous de nouveau pour moi ? Mais quelque chose de plus suave, cette fois-ci, de plus doux.

- Je me ferais un honneur de donner une nouvelle représentation pour votre bon plaisir, Votre Grandeur. Malheureusement, je ne vois aucun barde à vos cotés et danser sans musique n'est pas chose des plus aisées.

Courbant la nuque obséquieusement, elle marqua un long temps de réflexion. Bien que les manières du jeune homme lui laissait un goût amer en bouche, il restait maitre des lieux. Refuser de se plier à son caprice s'avérait difficile et peu judicieux. Aussi, elle redressa l'index, sourit et susurra.

- Vous pouvez cependant efficacement remplacer un barde. Je vous propose de marquer le rythme en frappant de vos mains, je m'efforcerai de suivre votre tempo.


Lui tournant le dos, elle ferma les yeux quelques instants cherchant ce qui fera office de mélodie pour enchainer ses gestes. Les crépitements dans l'âtre lui arrachèrent un sourire rapide. Pourquoi chercher plus loin ? Tout en relevant progressivement les bras en traçant des arabesques dans l'air comme autant de caresses, le dos et la chute de reins serpentait lentement, faisant rouler les muscles de la demi dans leur écrin caramel. Les bras tendus vers le plafond, lorsque Aetius frappa une première fois dans ses mains, les hanches roulèrent lentement accompagnées du bruissement de l'étoffe écarlate de la robe de Fjama. Les autres tapotements servir de base pour un lent pivot vers le jeune homme. Dès que le son des mains s'entrechoquant retentissaient, le bassin oscillait, d'avant en arrière, de coté selon les pas enchainés. Les mains mimaient la danse du feu dans l'âtre. Faite flamme, la femme ondulait doucement pour le plaisir des yeux du seigneur. Après quelques minutes de tango suave et solitaire, elle bascula lentement en arrière, s'arrêtant à différents paliers entre la position "debout" et "couchée" : De la maitrise et une bonne dose de souplesse nécessaire pour accomplir ce prodige d'équilibre. Se redressant gracieusement, les mains-flammèches s'évadaient à présent vers le ciel, évanescentes comme la fumée. Les yeux régulièrement rivés à ceux d'Aetius, Fjama le questionnait silencieusement, devait-elle continuer ? Ou sa curiosité était-elle satisfaite ?
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mar 22 Mar 2011 - 2:51

Et l’ami intime d’Aetius finit rapidement par lui siffler quelques gauloiseries à l’oreille. Et tandis qu’il admirait les formes de la danseuse qui trépignait au rythme de ses mains, belle ombre entourée par les flammes de l’âtre qui crépitait avec vigueur, il finit par se renfoncer dans son siège, agité par les balbutiements de son ami bien décidé à se montrer actif. Aussi se contorsionnait-il le plus discrètement possible pour éviter que la danseuse ne remarque point la raideur qui s’exerçait dans le bas de son ventre, sur son élégante brayette. Bientôt, un peu trop troublé par les manigances de sa chose, il arrêta de claquer des mains, diminuant ainsi les mouvements du corps de la danseuse, qui se soulevait à présent au bruit de l’âtre, fluide, fumante.

Finalement, et alors qu’elle ralentissait le rythme de sa danse avec une lenteur sulfureuse, il se leva malgré la grosseur de la brayette et s’approcha d’elle. Il la fixait toujours de son regard glaçant. Sa marche, régulière, assurée, le portait vers Fjama, qui avait cessé de danser. Celle-ci eut même un léger geste de recul, ce qui fit sourire le comte, qui passa à côté d’elle pour attraper une buche qu’il lança en pâture à l’âtre. Puis une seconde, et une troisième. Tandis qu’il rivait son regard sur sa tâche, il dit, ce sourire sûr planté au milieu du visage : « Vous me craignez, danseuse ? »

Il épousseta ses mains au dessus du feu, provoquant un petit nuage de poussière et de sciure, fixa un moment le brasier avant de se retourner vers Fjama, qui n’avait pas bougé. Alors il s’approcha de nouveau, en direction de la bâtarde cette fois-ci, et, une fois à quelques pouces d’elle, il leva son regard pour atteindre le sien avant de le redescendre jusqu’à ses longues jambes nues. Elle le dépassait d’une demi-tête, et il trouvait ça intriguant. On n’avait pas idée d’être aussi grande et aussi noire et aussi rousse.
« Vous êtes étrange, » constata-t-il d’un air détaché tout en laissant traîner la paume de sa main sur l’avant bras de la jolie danseuse.


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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mar 22 Mar 2011 - 18:57

A la fin de la danse, Aetius se redressa et se dirigea d'un pas sûr vers elle. Naturellement, Fjama recula d'un pas, le détaillant des pieds en milieu de sa personne avant de remonter très rapidement vers sa tête. Certes, son enthousiasme flattait ses qualités artistiques et sa plastique, mais, ,en même temps, cela la dérangeait. Calmer les ardeurs d'un soudard dans une taverne différait grandement de faire comprendre à un seigneur qu'il ne planterait pas son étendard sur une terre inconnue, du moins pas simplement parce qu'il le désirait. Aussi une vague de soulagement accueillit le détour vers l'âtre.

Restant aussi stoïque que possible, elle dévisagea un moment le dos du sieur atteler à sa tâche. Lorsqu'il se redressa et s'approcha à nouveau d'elle, aucun plan n'était né dans la caboche de la ravissante artiste pour se départir de la situation inconfortable. Au contact de la main sur son avant-bras, l'affirmation qu'elle était étrange, elle tressaillit. Le geste anodin et courtois provoquait en son sein des sentiments contradictoires. Le propos légitime concernant sa bizarrerie ne calma pas la tension ressentie à être ainsi seule dans une chambre avec le comte. Aussi, doucement, elle se dégagea et se dirigea vers la chaise qu'il avait quitté auparavant. La soulevant légèrement, elle la déplaça devant la cheminée.

- Vous semblez avoir froid, votre Grandeur. Pourquoi ne pas vous asseoir plus près du feu ?

D'un ample geste de la main, elle désigna le siège : Il lui fallait gagner du temps en premier lieu. Gracieusement, elle s'installa au sol, à distance raisonnable du siège du seigneur, sans pour autant établir un gouffre entre les deux positions pouvant le mettre mal à l'aise à son tour. Afin de cacher ses cuisses à la vue du tourmenté, elle y ramena doucement ses jupes et les lissa. Puis, elle redressa la tête pour le regarder droit dans les yeux, avec une sincérité désarmante.

- Pour répondre à votre première question, Sire, oui, je vous crains. N'est-ce pas là légitime ? Vous êtes le maitre des lieux et vous avez le pouvoir de plier les gens à vos décisions. N'importe quelle jeune femme dans ma situation, seule, ne venant pas du même monde, serait au moins intimidée. Que se passerait-il si je venais à vous déplaire ? En quelque sorte, je suis à votre merci et cela me met mal à l'aise.

Reportant son attention sur les crépitements du feu, elle s'autorisa une pause et esquissa un vague sourire. Prenant le tison, elle attisa les flammes tout en reprenant son discours.

- Vous me trouvez étrange ? Étrangère assurément et de là ou je viens, c'est rarement pour discuter au coin du feu qu'un puissant invite une danseuse dans ses appartements privés. D'autant plus lorsqu'il montre quelques envies de conquête", risqua-elle taquine. "Vous êtes un jeune homme séduisant. Il serait sans doute agréable de partager de tendres moments en votre compagnie. Cependant, je n'offre jamais mes faveurs sans en éprouver moi-même le désir. Hélas, votre Grandeur, votre ascendance sur moi me dérange pour être libre de le ressentir. Les circonstances seraient assurément différentes si j'avais l'assurance de pouvoir refuser sans conséquence... et si vous tentiez, à votre tour, de me séduire.

Risquée assurément la franchise payerait peut-être. En réalité, l'idée de terminer dans les bras ne la dérangeait pas. Cependant le sentiment d'obligation la débectait. Elle n'aimait pas se donner par pure envie à sens unique d'un mâle. L'attirance devait être libre et partagée. Cherchant à nouveau les yeux de glace du comte, elle y glissa son regard de braise et s'excusa d'un plus révérencieux.

- Puis-je faire autre chose pour vous distraire, Sire ?

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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mar 22 Mar 2011 - 22:50

Tout ce qu’avait entendu Aetius, c’était une pluie de compliments. La danseuse, qui ne semblait pas maîtriser la langue comme le reste de son corps, ne cessait d’émoustiller un comte éméché et sensible aux flatteries. Aussi, lui dire qu’il était maître sous son toit et qu’il pouvait plier toute personne à sa décision, notamment si elle était très souple, n’avait pas été une bonne méthode pour calmer les ardeurs du prince du sang. Celui-ci, malgré tout, s’assit sur le siège que lui apporta docilement la jeune et exotique danseuse, curieux de voir la suite. Les gestes de la gourgandine réveillèrent également les bas instincts du jeune chevalier, qui prit un plaisir contenu à voir les mains caramels de son interlocutrices exprimer un peu de pudeur en essayant de cacher ses longues jambes de sa vue. Au lieu de refroidir le bon seigneur, la manœuvre eut plutôt tendance à y voir un obstacle à surmonter, une épreuve à passer pour atteindre sa récompense.

Ainsi, mis dans la position du prédateur par les gestes d’agnelle de la danseuse qui avait dû en voir d’autres, il se contenta de rire des paroles à la fois flatteuses et ambiguës de la bâtarde, limitant ses réactions et écoutant le discours comme il se devait, c’est-à-dire de façon distraite, un peu distante. Ce n’était qu’une vagabonde, après tout. Enfin, lorsqu’elle en eût terminé de ses confessions, une fois qu’elle lui demanda ce qui le distrairait un peu, Aetius répondit d’une voix alanguie.

« Un peu de vin me ragaillardirait. »

Un silence s’imposa. Ils se fixèrent, puis Fjama rejoignit la table où trônaient carafe et coupes. Et alors qu’elle se dirigeait vers la vin qu’elle avait à servir, Aetius ne put s’empêcher d’être captivé par le mouvement de ses formes callipyges et avant même qu’elle eut pu servir prendre la carafe, la danseuse sentit une main qui s’aventurait sur son ventre. La main d’un seigneur qui, à pas de loup, avait décidé de faire à sa manière.

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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 23 Mar 2011 - 0:07

Naturellement, il n'avait pas écouté un traitre mot de ce qu'elle avait bien pu dire ou alors il avait compris entièrement de travers. Sur la demande tacite, elle se redressa. Elle se saisit de la carafe. A cet instant-là, une main taquine se glissa sur son ventre. Instinctivement crispée, Fjama grimaça et baissa les yeux sur les doigts étrangers sur son abdomen. Sans invitation. Sans consentement. Voilà que la colère, sa compagne de toujours, s'instillait lentement dans ses veines. Son regard cheminait entre la carafe et la main. La fracasser sur le crâne indélicat lui sembla alors la solution ultime. A la pensée, le geste s'amorça avant de stopper sa course juste avant l'incident fâcheux. Désormais tournée vers le seigneur, à moitié furieuse, assez proche de lui pour sentir sa respiration sur sa gorge, le pichet toujours à la main et légèrement trop en hauteur, Fjama lâcha une réplique sèche qui sonnait aussi faux que le sourire l'accompagnant.

- Laissez Sire, je m'occupe du service. Prenez seulement place.

Fuyant le contact, elle ondula en direction opposé du bras qui s'enroulait à présent autour de sa taille. Rapidement, elle fit quelques longs pas afin de se retrouver de l'autre coté de la table, aussi hors de portée que possible. Elle maudissait la situation impossible et surtout l'idée foireuse de proposer ses services dans un château. Mais surtout, elle voulait lui inculquer quelques bonnes manières. Si possible à coup de poing... ou alors d'un revers de flammes. Excessive et excédée, elle s'empara soudainement d'une coupe, la remplit et la posa brusquement sur la table.

- Je crois que vous avez trop chaud, Sire.

Une bûche craqua dans la cheminée. Une flambée plus importante se tortilla le long du mur, léchant paresseusement les pierres noircies de l'âtre.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 23 Mar 2011 - 1:36

La danseuse virevolta entre ses mains. Elle se retourna, vive, incisive même. En un battement de cils, les voilà face à face, leurs regards s’affrontant. Et la bâtarde de se raidir, de le dominer, le pichet à la main, l’haleine soufflée, s’accélérant, lui caressant le visage. Alors ce fut au tour du comte de se raidir. Pataud, dégrisant subitement, son regard sembla encore plus perçant, tout à coup. Son visage s’était durci et ses yeux enquêtaient, fouaillant l’être de Fjama. La danseuse glissa avec hâte hors de son étreinte, s’écarta, mit de la distance entre eux. Une table, même. D’abord agressif, le seigneur fut alors perplexe. Après la phrase que tança la belle danseuse, un silence de plomb s’installa, uniquement dérangé par le crépitement des flammes. L’atmosphère était tout de suite plus pesante. A croire qu’un revirement de situation avait empuanti une ambiance pourtant très bon enfant (tout du moins pour Aetius).

Ce dernier, plus vif que précédemment, resta debout et observa, impavide, les gestes de la violente serveuse. « - Je crois que vous avez trop chaud, Sire. »

Le seigneur garda le silence, mécontent, suspicieux. Il restait debout, également, se contentant de fixer les pupilles de la coléreuse. Finalement, son regard tomba sur le verre ferreux qu’elle avait gracieusement rempli. Le sombre nectar avait pris des couleurs vireuses. Après avoir considéré la dame et sa coupe, taciturne, presque calme et presque sobre, Aetius balaya la table d’un coup violent et rapide. Son bras vint embrasser gobelets et pichets qui allèrent grincer sur le sol pierreux de la chambre. A peine eut-il achevé son geste qu’il dégaina la katzbalger qui ceignait sa hanche et souleva la table d’un geste puissant. Plus rien ne séparait les deux bâtards.

« Donnez-moi une bonne raison d’épargner votre vie. »


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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 23 Mar 2011 - 12:05

Coupes et carafes se fracassèrent, répandant en corolle leur liquide rouge et sirupeux sur le sol dallé. D'un mouvement puissant le seigneur dégrisé envoya la table valdinguer, tirant sa lame et menaçant la danseuse. Se ramassant sur ses jambes, elle semblait prête à bondir et feula.

- Donnez-moi une bonne raison d'épargner votre vie.
- Une bonne raison ? Peut-être simplement parce que je ne vous ai RIEN fait. A moins que la raison de me tuer puisse être celle-ci. Tsah ! Vous n'avez vraiment rien écouté de ce que vous ai dit tout à l'heure, n'est-ce pas ? Je ne vous ai pas autorisé à me toucher ! Tout seigneur que vous êtes et malgré votre joli minois, je suis danseuse, pas votre catin ! Si vous me vouliez dans votre lit, il suffisait d'essayer de me séduire avant de venir poser vos mains sur moi !

Claquant sa langue sèchement contre son palais, elle se redressa dans une position moins agressive. Enfonçant ses ongles dans ses paumes, elle tentait de retrouver son calme et son bon sens. Pourtant, étrangement, la situation lui convenait mieux. A présent, il aurait peut-être conscience de ce qu'elle pouvait penser. Enfin, elle l'espérait du moins. Une telle distance séparait son monde de celui d'Aetius. Redressant ses mains ensanglantées en signe d'apaisement, elle tenta d'une voix plus respectueuse dont elle jugulait les résidus de sa fureur.

- Votre Grandeur, je vous l'ai dit. Je vous crains. Je ne désirais nullement vous offenser en votre propre maison. Imaginez vous dans la demeure d'un autre seigneur, sans arme, dans une pièce close avec un adversaire prêt à vous empaler... comment réagiriez-vous s'il approchait sa lame de vos reins ?

Elle baissa ensuite ses bras. Loin d'être à nouveau complétement sereine, ses ongles reprirent le lent fourraillage de sa chair. Elle n'ignorait pas que l'ombre de Chanvre pesait déjà sur sa nuque, en grande partie de son fait.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 23 Mar 2011 - 18:35

Il était clair que le seigneur ne prêtait plus aucun crédit aux propres de la danseuse. Celle-ci avait beau plaider sa cause, Aetius restait de marbre, l’épée au clair et les jambes presque titubantes. La pauvrette faisait bien tout ce qu’elle pouvait pour se justifier, se défendre, mais quelque chose avait éveillé l’agressivité et les soupçons du chevalier. Le sang qui recouvrait les mains caramel ne plaidait pas non plus en la faveur de l’artiste. Aetius la laissa parler, comme s’il respectait les dernières prières d’un condamné, et dit d’une voix tranchante.

« Serpent, je ne mange pas de ce pain-là ! »

Et sans plus attendre, il fit un pas vers la bâtarde, suivi par un ample geste en direction de son joli cou. La danseuse, preste, esquiva le katzbalger sans difficulté en s’accroupissant puis en esquivant un nouveau coup tout aussi ample et téléphoné que lui assenait un Aetius remis des vapeurs mais encore un peu groggy. Un petit manège s’amorça donc, le chevalier essayant de tuer la bateleuse, celle-ci contournant le baiser d’acier que lui promettait tout contact avec la courte épée qu’Aetius maniait tant bien que mal. Et alors qu’elle fuyait la lame avec force acrobatie, Fjama finit par venir percuter le rebord du lit comtal. Saisissant l’occasion, Aetius jeta le fer en direction de la proie, qui l’évita de nouveau. Son katzbalger goûta au bois du lit et s’enfonça profondément dans ce dernier, à tel point qu’Aetius, qui s’échinait sur le glaive en jurant, avait grand-mal à le libérer.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mer 23 Mar 2011 - 22:08

Esquiver le premier coup ne fut l'affaire que d'un réflexe de survie. Le second s'enchaina rapidement sans qu'elle n'ai encore vraiment réalisé ce qui se passait. Heureusement pour la jolie gorge de l'artiste, le comte cuvait encore son vin et le rendait nettement plus lent qu'une demie en pleine possession de ses moyens. Cependant, sans temps mort, il s'escrima à clouer sa proie de son dard. Gauche, droite, fente en avant, le ballet des deux bâtards se déroulait sans heurt, sans qu'aucun ne porte un coup décisif. D'entrechats et roulades, elle fuyait les attaques de tranches. Toutefois, loin de se calmer, la colère grondait sourde au fond de la gorge de la danseuse mêlée à une seconde émotion : de l'excitation.

Son pied heurta le rebord du lit et une décharge de douleur remonta le long des gambettes à peine vêtue de la brutale saltimbanque. Au dernier moment, elle évita d'une pirouette un coup puissant fendant le bois de la couche. Agrippant les mains de son adversaire fermement alors qu'il s'acharnait sur la lame, le forçant à lui faire face de fait, un pied avisé se plaça derrière le talon de sa jambe d'appui. Inconsciemment, un sourire se dessina sur les traits de Fjama. Balayant le pied, tout en poussant le seigneur, elle réussit à le faire tomber. Entrainée par la chute, elle atterrit sur lui. Prestement, elle ramena ses jambes autour de la taille du prince de sang, tout en planquant les poignets de chaque coté du visage furieux. Sans crier gare, elle donna un coup de langue sur les lèvres d'Aetius, avant de mordiller doucement l'inférieur.

Étrange femme, n'est-il pas ? Le désir né d'un corps à corps pour sa survie, l'attirance démontrée par un démonstration de force. Des années passés à échapper aux ivrognes des tavernes, aux sombres à Ithri'Vaan déformaient une vie intime et amoureuse de cicatrices profondes. Défigurée, elle ne trouvait son reflet que dans les sentiments violents et contradictoires.

Relâchant la main gauche de son opposant, elle se redressa. Presque calme, elle concentra brièvement de l'énergie au creux de sa main. Elle modela une petite flamme qu'elle étouffa ensuite en refermant le poing. Le revers caressa la joue du jeune homme. Vu qu'il ne l'écoutait, elle espérait qu'il comprendrait le message visuel et tactile : Elle ne lui cherchait pas querelle. Les yeux d'ambre jusqu'à présent amplis de rage laissaient entrevoir à présent une autre sorte de fureur qu'elle plongea dans le regard glacé du comte.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Jeu 24 Mar 2011 - 15:41

Maîtrisé comme une bleusaille, Aetius fut basculé sur son propre lit par la danseuse, qui profita du temps de flottement provoqué par son dernier coup de katzbalger. Elle l’avait fait tomber sur le sommier sans grande difficulté. Le chevalier dégrisé maudit d’ailleurs l’alcool qui continuait à émousser ses réflexes. Couché, vulnérable, ses muscles engourdis par le vin ne purent rien faire. Fjama le tenait à sa merci. Ses jambes de danseuses, musclées et longues, s’étaient rabattues sur la taille d’Aetius, qui pensait alors à des circonstances plus agréables pour ces positions. Captif, il se débattit un peu jusqu’à ce que la danseuse fît un bref passage sur ses lèvres avec sa langue… avant qu’elle ne vienne titiller le seigneur avec ses dents. Cette manifestation de victoire mit hors de Aetius, qui rua pour se libérer jusqu’à ce la créature ne fasse apparaître au creux de sa main une flammèche.

Stupéfait puis craintif, le comte crut sa fin proche, ce qui le raidit d’autant plus. Mourir sous les mains d’une bâtarde par le feu, et un sortilège qui plus est ! C’était une mort bien laide, pour un chevalier. Mais alors qu’il regrettait sa stupidité et ses transports libidineux, la flamme disparut et c’est une main chaude qui vint caresser son visage crispé. Les yeux rougeâtres de son adversaire prirent une teinte différente et ne parlaient plus la même langue. Un silence bloqué passa, fastidieux, avant que le seigneur ne comprenne les tenants et aboutissants de tout ceci. Et s’il crut comprendre que la demi-drow ne crachait finalement pas sur quelques étreintes moins guerrières, il ne savait pas quel sort elle lui réservait pour la suite. Et à vrai dire, la question ne se posait même pas.

Aetius ramena la paume de Fjama pour y déposer un baiser léger. Et tandis qu’il s’adonnait à la tâche, sa main glissa sur le bras caramel jusqu’à se saisir de la nuque de la belle batelière. Ramenées vers lui, ses lèvres charnues rejoignirent celles du chevalier, qui s’acquittait d’un baiser fougueux, un peu désespéré. D’un bras il l’enlaçait ; et sa main droite, libérée de son entrave, vint quant à elle papillonner sur les jambes, douces et nues, de sa geôlière. Voire s’aventurer plus avant, passant sous les vêts légers de la dame. Encouragée par l’audace de sa collègue, l’autre finit par rejoindre la poitrine toute drowique de l’embrassée. Avec une lenteur complaisante, elle défit une à une les barrettes qui emprisonnaient injustement le buste opulent puis aida à le libérer de l’étoffe vaincue. Et comme Aetius s’échinait sur cette manœuvre, Fjama, qui était bien moins farouche, se redressa un peu pour aider son amant. Ainsi, dominé par ce galbe imposant, le comte décida de renverser la vapeur. Inversant soudainement les positions, mit la danseuse sur le dos et fondit sur la gorge de sa maîtresse en devenir.

La nudité de la danseuse offerte à ses yeux et ses mains ne fit que lui ouvrir l’appétit. Echaudé par le précédent combat et ce corps voluptueux sur lequel il jouait, la moindre présence de tissu devint pour lui une injure faite au bon goût. Dégageant rapidement son pourpoint à l’aide de sa complice, il s’en prit au reste de sa robe avant de saisir le foulard qui recouvrait le chef de l’étrangère. Sans crier gare, elle se crispa et essaya de retenir le foulard qu’Aetius arrachait déjà de la chevelure enflammée. Paniquée, Fjama couvrit ses oreilles avec ses mains, craignant sûrement qu’Aetius apprenne ce qu’il savait déjà : qu’elle était aussi humaine que lui nain. D’abord surpris, ensuite amusé par cette peur irrationnelle qui l’excitait étrangement, il susurra des mots doux aux oreilles cachées, prit une de ses mains pour y déposer sa bouche. Et lorsqu’elle fut plus calme, et que ses mains s’avouèrent vaincues, il alla mordiller les oreilles pointues de l’elfe.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Jeu 24 Mar 2011 - 20:07

Ainsi s'engagea leur nouveau combat. Plus doux, mais non moins fougueux que le précédent. Alors que son fin vêtement gagnait le sol, elle défaisait celui du comte presque avec hâte. Elle buvait à présent le contact rechigné auparavant, le cherchait avec soif. Elle ne comptait pas le laisser juste baisser ses chausses comme lorsqu'on conquiert une petite serveuse dans la paille. Son amant, elle le désirait complétement, aussi nu qu'elle.

Lorsque les mains avides se portèrent à son foulard, paniquée elle tenta d'empêcher Aetius de le lui retirer. Non, pas qu'elle n'en conçoive de la honte, plutôt que ce bout de tissu constituait son dernier rempart. Temps qu'elle le portait, elle pouvait nier son ascendance, trouver quelques subterfuges et mensonges. Là, dépourvue de la protection, elle se sentait vulnérable. Le prince du sang, cependant, n'en montra pas étonnement. Moins ivre que ce qu'elle pensait, il avait naturellement deviné son métissage. Une fois rassurée, elle retira ses mains et il mordilla la pointe des ses oreilles. Tressaillant tout d'abord sous l'assaut, elle pencha ensuite légèrement la tête pour lui offrir plus de latitude.

Loin de sombrer dans la passivité, elle s'attaqua au dernier territoire textile de leurs royaumes intimes. Glissant des doigts-brises légères le long de l'échine de son partenaire de jeu, elle gagna la lisière des landes de soie bleue. Badinant entre la peau et l'étoffe, elle débraguetta le sieur avant d'explorer son fessier musclé. Le repoussant légèrement sur le dos ensuite, elle se redressa complètement. Retirant ses souliers, elle envoya valdinguer la dernière barrière au sol sans considération pour la richesse de l'ouvrage et le rejoignit dans la couche comtale.

A présent à égalité dans leur radieuse nudité, Fjama considéra son presque amant, dessinant de la pointe de la langue et de baisers ses muscles puissants. Espiègles, les dents de perle parfois mordaient en douceur la chair pâle du sieur, juste de quoi maintenir un semblant de "danger". La moindre parcelle du corps d'Aetius accueillit son lot de tortures suaves. Aucun endroit n'échappa à sa vindicte onctueuse, pas même le vît dressé honorablement. D'abord elle lui évita les caresses directes, y préférant les frôlements de son opulente poitrine ou le toucher ondulant de sa peau veloutée. Un brin sadique, ce supplice dura le temps que sa proie n'atteigne ses limites et se montre un peu plus belliqueuse. Là, la "bête" fut récompensée et flattée dûment des lèvres, de la langue. Venant prendre appui sur le torse seigneuriale, Fjama le darda en elle avant de reprendre un tango langoureux.

Maitresse de la chorégraphie, elle jouait de leurs sens pour mieux les exacerber. Les amants suivaient un rythme chaotique, entre douceur et brutalité. La maitrise quasi martiale de son corps de Fjama, sa souplesse leur permirent quelques positions incongrues et exotiques soutenues par les bras virils d'Aetius. De frissonnements en tressaillements, de coquin l'instant passa à débridé. Au creux de leurs reins, l'implacable montée du désir et des plaisirs procuraient des délicieux tourments aux deux jeunes gens. La folle cavalcade frisait l'anarchie la plus complète, jusqu'aux râles et gémissement de délivrance conjoints des nouveaux amants.

Pantelante, Fjama s'allongea sans bruit contre le poitrail du sieur. Dans la lune, elle fit tourner le petit sachet de cuir pendant à son cou et toucha la cicatrice sur le bas-ventre d'Aetius, presque comme pour graver l'image dans son esprit. Reprenant souffle, elle se lova un instant immobile tout contre lui, le ventre brûlant encore des affres de la passion et frissonnant à la fois d'être découverte si tard la nuit. Elle darda un regard rapide sur l'âtre et se releva, ramassant les couvertures et tendit la main vers Aetius dans le but évident d'aller s'allonger avec lui près de la cheminée.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Ven 25 Mar 2011 - 3:11

Repus, il était retombé lourdement, la tête sur l’édredon. Soufflant bruyamment, sa tête, sous l’effet combiné des vapeurs des vins et du plaisir, tournait un peu. Il ne pensait à rien, son esprit était vide et subissait encore l’étreinte qu’ils avaient partagée. La fille le rejoignit rapidement. Elle avait fini par tressaillir et trembler sur lui. Et lui, s’abandonnant tout autant, avait accompagné la petite mort de sa compagne. L’amour était passé et le calme satisfait lui succédait. Et cela se sentait un peu dans ce cadre. Les mains d’Aetius et de Fjama se touchaient, couchés sur le torse luisant et agité du chevalier, du bout des doigts. Un bras tenait dans son giron le corps voluptueux et mal en point de la belle métisse, qui reprenait doucement empire sur elle-même et sur son souffle. Par les Cinq, elle lui en avait fait voir ! Non contente de jouir du plus beau corps qu’il avait été donné au seigneur de rencontrer, la danseuse avait su se montrer à la hauteur de la réputation de sa profession. La souplesse l’avait partagé à la grâce, bien que parfois, les positions qui avaient été empruntées aux quatre coins du monde sacrifiaient sans scrupule l’élégance en la substituant par un gain non négligeable d’extase ou d’exotisme.

Et la mutine, encore une fois, avait rappelé sa singularité d’étrangère : elle fut un vent de fraicheur pour ses connaissances sur les engagements possibles pour contenter une femme. Aetius avait fait découvrir la brouette pharembourgeoise à la jeune femme, certes, et ce avec les difficultés techniques qu’on est en droit d’attendre de cette manœuvre de haute voltige. L’opération fut d’abord fastidieuse, mais les rires bienveillants d’Aetius se transformèrent bien vite en cris rauques lorsque l’initiée saisit le principe et s’appliqua avec méthode à mettre sa souplesse naturelle au service de l’inénarrable câlinerie scylléenne. Et c’est ainsi que se déroula ce ballet, dans un constant étonnement et de désir. Aetius semblait d’ailleurs fasciner par les courbes de sa maîtresse. Qu’il la touchât des mains ou des yeux, il prenait toujours un soin infini, une douceur enfantine qui alternait avec une brutale possessivité.

Non, vraiment, le comte avait été remué par cette rencontre. Et à présent, sa pensée était partagée entre la joie d’avoir pu posséder une telle femme et la confiance en soi que produisait chez lui la grande danseuse, installée au creux de ses bras. Un silence léger, rythmé par leur souffle épuisé, traversa l’air de la chambre un instant. Venant interrompre cet instant de quiétude, la métisse, qui semblait avoir froid, passa une couverture sur son corps humide et sensible à la fraicheur de la pièce. Elle se leva, l’invita d’une main qu’Aetius accepta et rejoignit une partie plus chaude. Comme elle s’arrêtait un instant devant l’âtre faiblissant, il passa une main sur son ventre, comme il l’avait fait précédemment. La main remonta lentement avant de faire glisser la couverture qui obturait le corps diabolique de la belle métisse. Et lorsqu’elle fut entièrement nue, comme lui, qu’elle lui jetait un regard d’appréhension, il se recula lentement pour mieux admirer le spectacle de ce corps nu et brillant sous la chiche lumière du feu. Impudique, sa main rejoignit son vît au repos et l’attrapa.

Fjama, qui comprit bien vite, éclata de rire. A l’insolence d’un seigneur immoral, la danseuse se fit joueuse. Ses dents disparurent finalement pour laisser place à un sourire espiègle, ses mains effleurèrent sa poitrine généreuse en prétextant d’y décamper un épi rebelle. Les deux êtres se convoitaient ainsi, se jaugeaient et se provoquaient. Et à ce jeu, bien sûr, la métisse l’emportait au la main. Ses postures et ses regards finissaient d’exalter le cœur du garçon, qui semblait frapper sa cage thoracique comme s’il voulait en sortir. Finalement il abandonna les simples plaisirs du spectacle pour des promesses plus alléchantes pour venir la rejoindre. De nouveau réunis par un baiser, puis par leurs caresses et leurs mains, les amants se cherchèrent encore un peu avant que les bras du seigneur ne fassent virevolter sa partenaire. Ses mains balayèrent sa chevelure puis ses reins, et son vît, dressé à force de caresses, retourna dans le doux fourreau.

Le manège repris, mais debout cette fois. Appuyé sur le mur, et peu à peu compressée contre lui, Fjama subissait les assauts du seigneur, qui freinait parfois la course pour baiser son cou et ses épaules, pour rejoindre ses seins ou murmurer un mot doux à son oreille grignotée.
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Ven 25 Mar 2011 - 17:48

Les relents festives étaient retombés lentement alors que les derniers convives ivres de joie et de vin regagnaient leurs chambres. Le silence nocturne nimbait le château endormi. Ça et là, quelques ronflements s'échappaient des portes closes. Bettolin, de garde ce soir, titubait de sommeil dans les corridors lors de sa ronde. Sa lame cliquetait le long de ses jambières métalliques, mélodie rassurante pour les rares insomniaques de la demeure. Il pestait contre le sort de l'avoir empêcher de participer aux fastes célébrant le retour victorieux du maitre d'arme. D'autant plus que la petite Huguette lui avait promis un festival de tendresse qu'il avait du décliner pour remplir son devoir auprès de son seigneur. Les couloirs empruntés s'étalaient encore et toujours sous ses pas. Jusqu'à une porte. Attiré par des bruits suspects filtrant à travers le chef-d'œuvre d'ébénisterie, il y colla l'oreille pour mieux discerner les bruits. Rouge comme une pivoine, il recula bien vite... pour mieux s'y lover.

L'antichambre et la seconde porte, fort heureusement, atténuaient le concerto de cris et gémissements. Hélas pour les voisins de la chambre comtale, les murs en pierre, bien qu'épais, laissaient à travers leurs jointures se distiller quelques passages choisis et enlevés des étreintes d'une danseuse et d'un seigneur. Tournant et retournant dans son lit, l'oreiller dessus la tête, Hubert cherchait à échapper à la torture sonore et, légèrement, obsédante des râles de plaisir. Au matin, il fut certain qu'il n'irait pas déranger son Sire avec les affaires courantes, préférant éviter de s'attirer les foudres des amants dérangés.

Collée au mur, Fjama subissait les assauts d'un Aetius grisé par les vapeurs d'un nectar plus entêtant. Depuis quelques instants, elle n'étouffait plus les cris et les frissons désordonnées que lui procuraient les coups de reins du seigneur. La marge de manœuvre liée à la position se réduisait à des cambrures plus ou moins prononcées et une jambe parfois enroulée autour de la taille du jeune homme. Maitresse du premier acte, elle transmit de bonne grâce le flambeau à son partenaire. D'une main de maitre, il brandit haut l'étendard des délices sauvages et le planta à maintes reprises sur la croupe offerte. Dominant la situation, il décidait de chaque élément de leur nouvelle chorégraphie. Bientôt, les vagues de sensation submergèrent Fjama. Perdant pied, ses ongles s'enfoncèrent dans le manteau de bois noble de la cheminée, tracèrent de longs sillons. Les jambes de la danseuse semblait se dérober sous le tourbillon d'émotions, aussi le sieur, ravi du coup porté, agrippa les hanches, une main caresse sur le ventre pour soutenir l'effort de son amante. Se tordant légèrement, se pliant pour poser une main sur l'épaule de son seigneur, Fjama lui jeta un regard agonisant des jouissances nées en son sein. A la vision des supplices exquis entrainés par ses soins, la fougue d'Aetius gagna de nouveaux sommets. Culminant au plus haut de la montagne des merveilles, l'envol brutal des sens les laissa un instant transi et ruisselant. Leurs yeux s'accrochèrent sans se voir réellement, avant que ne se dissipe le voile. Rieuses, les lèvres à nouveau se trouvèrent pour des baisers alors que les jeunes gens glissaient sur le sol, s'abandonnant à une étreinte câline et tendre.

Le temps passa tandis qu'ils rassemblaient leur esprit. De caresses de fée en embrassades un tantinet maladroites, les corps cultivaient la chaleur en se découvrant tranquillement, avec un je-ne-sais-quoi d'innocent. Temporairement apaisés, les jeunes gens se firent somnolant. Le comte ne goûtait que peu le sol dur, aussi il regagna le lit défait pour s'y vautrer. Enfin, dans la maison du dirigeant de Scylla, le silence se fit.

Bettolin quitta son poste d'écoute, les joues rougies, le souffle un peu plus court. Il avait bien courtisé quelques servantes, mais jamais il n'avait entendu tel raffut et imaginer autant de scènes impudiques. Reprenant sa ronde, la démarche un peu plus rigide, il louvoya à travers les coursives jusqu'à la chambre d'Huguette.

Les premiers rayons de soleil perçaient les fenêtres, jetant leurs reflets irisés sur les dalles claires. Dans les cuisines, les feux sont ravivés. Le maitre-boulanger fourrait les brioches pour les quelques nobles gens résidant au palais. Dorant lentement, elles exaltaient leur senteur à travers les dédales jusqu'à chatouiller des narines délicates à peine endormies. L'estomac vide de Fjama se rappela à son bon souvenir d'un grognement. Maugréant un peu, elle se frotta les yeux et enfila sa robe à la hâte. Le doux prince endormi semblait en proie à quelques cauchemars. Aussi, elle préféra ne pas le déranger de crainte de le mettre de méchante humeur et quitta la pièce sur la pointe des pieds. A grand peine, elle localisa d'abord sa chambre pour passer une tenue plus couvrante et faire un brin de toilette, puis la cuisine pour remplir son ventre tiraillé par la faim. Quémandant pitance auprès d'une riante matrone, elle avala potage et pain avec un appétit d'ogre. Naturellement, elle aurait préféré une belle pièce de viande ou quelque chose de plus épicé, mais elle ferait avec. Profitant du remue-ménage des servantes venant quérir les plateaux à distribuer, elle en subtilisa un bien garni et retourna à la chambre comtale.

Aetius se tournait et retournait dans son sommeil, fouraillant avec quelques ennemis dans ses songes. Pourtant pas spécialement maniaque, elle redressa la table et y posa le plateau de victuailles. Les résidus de leur bataille épongés, un rire léger à l'épée encore enfoncée dans le montant du lit, elle attisa le feu, le nourrit presque amoureusement de bûches qu'il s'empressa de dévorer. Elle prit place à ses cotés, le mirant comme une gamine, avant de se concentrer. Lentement, elle vibra au rythme de l'énergie parcourant son corps pour la ressentir comme une mélodie. Se levant doucement, la main se cala sur les crépitements du feu, s'entortilla comme les flammèches suaves, jusqu'à les influencer selon les désirs de la métisse. L'exercice portant ses fruits, elle s'allongea auprès de l'éphèbe. Le cajolant de caresses et baisers, elle l'éveilla d'une bien agréable manière. Lorsqu'ils eurent une nouvelle fois consumé leurs propres ardeurs, Fjama guida son seigneur à son siège et au repas. Prenant place sur ses genoux, la peau délicieusement tiède et nue contre la sienne, elle porta, serviable, la nourriture à la bouche du sieur. Brisant la trêve silencieuse et abandonnant le vouvoiement dû à un seigneur mais pas un amant, elle susurra taquine :

- Il faut que tu reprennes des forces. Nous n'avons pas encore fini nos batailles.

Lui chipant un morceau de petit pain beurrée des mains, elle le porta à ses lèvres et ajouta avec un sourire juste avant de le manger.

- Peut-être désires-tu savoir le nom de ton adversaire ?
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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Lun 28 Mar 2011 - 22:44

Le cauchemar était devenu récurrent. La cité en flammes, la rumeur des combats, lointaine, et lui, au milieu d’une longue et large rue, une avenue jonchée de cadavres de soldats et de destriers. Autour de lui, les ruines, les portes branlantes, les bâtisses incendiées. Il est désarmé, il est seul, il est pris au piège. Le claquement de sabots, la voix rauque des hommes se font entendre, s’approchent. Le chevalier défonce une porte, se cache à l’étage. Et tandis que la troupe s’éloigne, et tandis qu’il souffle fréquemment, sur le qui vive, une jeune femme apparaît, sortant de la pénombre. A chaque fois le rêve provoque cette rencontre, avec Aetius et la jeune femme dans cette chambre pauvre et pourtant dévastée. Mais cette fois, la fin est différente. Et la fille, plus jolie que dans ses autres cauchemars, semble aussi plus avenante. Jugez par vous-mêmes, elle était venue se lover dans le creux de l’épaule d’acier d’Aetius tandis qu’elle défaisait son armure de plat avec une facilité tout onirique. Elle dépose alors un baiser, puis un autre, jusqu’à descendre peu à peu sur son torse et son abdomen.

Sortant des limbes sans réellement en prendre conscience, Aetius feula un long et bruyant soupir de satisfaction tout en s’étirant dans tous les sens du terme. Retrouvant la belle danseuse de la veille dans ses draps, il s’éveilla doublement plus heureux. Voire triplement. Provoqué par Fjama, il finit par retomber dans le vice. Et tandis qu’ils s’enlaçaient avec une douceur matinale trompeuse, le seigneur se demanda s’il existait une manière plus agréable d’être réveillé. Concluant vite qu’il n’en voyait aucune, il se concentra et tenta de montrer sa reconnaissance à la métisse.

*

Ils étaient à ‘table’ (la danseuse avait pris place sur les genoux de son amant nu) lorsqu’ils prononcèrent les premières paroles de la journée. Donnant la becquée au seigneur, sa maîtresse commença à lui prodiguer des conseils en le tutoyant. Incommodé par ce privilège que s’arrogeait la beauté, il baissa le regard et laissa sa main caresser les jambes de sa conquête.
- Peut-être désires-tu savoir le nom de ton adversaire ?
« Mon adversaire ? J’ai déjà perdu. »
L’Ivrey n’eut pas le temps de poursuivre ses flatteries car la porte s’ouvrait lentement. La tête d’une jeune femme portant un grand plateau accompagnée de celle, plus barbue, d’un grand homme au cheveu auburn firent leur apparition dans l’embrasure de la porte. Jetant un coup d’œil, le tandem s’immobilisa. A l’intrusion, la jeune étrangère mit une main dans sa chevelure, vérifiant que ses cheveux de feu cache bien ses oreille puis se détourna des nouveaux venus pour dissimuler sa poitrine, qui semblaient être comme paralysés. « Disparaissez, » fit Aetius, calme. La porte se renferma aussi sec et le comte, comme s’il n’était rien arrivé, délaissa la nourriture pour enlacer sa maîtresse. Prenant prétexte de son devoir de proection, il en profitait surtout pour toucher ce corps dont il n’arrivait décidément pas à se lasser. Il commençait à appuyer ses baisers lorsqu’une voix assourdie par le bruit de la porte – celle du barbu bouté – se fit entendre.
« Messire, cela fait déjà plusieurs heures que maître Manolesti vous attend. »

Les mains et les lèvres d’Aetius s’arrêtèrent progressivement. Sa tête s’était tournée vers la porte, qui devait attendre une réponse, mais aucun son n’en sortit.

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MessageSujet: Re: Armand regagne Scylla [Aetius]   Mar 29 Mar 2011 - 2:14

Ainsi, il n'aimait pas vraiment qu'elle le tutoie. Il faudrait pourtant qu'il s'y fasse, elle n'avait aucune intention de lui servir du vous lorsqu'ils étaient nus et seuls. Alors qu'il la flattait, la porte s'ouvrit. Surprise, Fjama écarquilla légèrement les yeux, avant de porter une main à ses oreilles pour vérifier que tout était à sa place. On ne frappait pas aux portes chez les nobles ? Pudiquement, plus pour les arrivants que pour elle-même, elle se retourna vers le seigneur. Elle jeta un coup d'œil à la lame encore fichée dans le lit bien visiblement. Elle retint un rire. Les rumeurs sur les exercices nocturnes du comte iraient bon train d'ici une dizaine de minutes. Calmement, Aetius congédia les deux serviteurs. Alors que les baisers et les caresses reprenaient, on l'appela à travers la porte.

- Messire, cela fait déjà plusieurs heures que maître Manolesti vous attend.

Fjama nichée aux creux de ses bras, il regardait la porte, suspendu aux cours de ses pensées. Alors mutine, la danseuse s'approcha de l'oreille du sieur et y souffla.

- Désirez-vous passer encore un peu de temps en compagnie de votre dévouée inconnue ? Ou préférez-vous la compagnie de maître Manolesti ?

Quittant les bras musclés, elle laissa une main couler le long de l'échine d'Aetius. Elle ne voulait pas qu'il l'abandonne de si bon matin - bien que la mi-journée sonnerait prochainement. Elle n'avait pas envie qu'un soldat vienne la quérir de manière brutale comme hier lorsque le Seigneur serait disposé à la voir. Il fallait qu'elle éclaircisse sa situation. Mais pour cela, elle devait le garder auprès d'elle encore un moment, sans qu'on les dérange. Par réflexe, il s'était relevé. Sensuellement, elle se plaqua contre son dos. Ses doigts glissèrent le long de sa taille. Faisant mine de se hisser sur la pointe des pieds pour atteindre son oreille à nouveau, la délicieuse poitrine frôlait paresseusement le dos du sieur. Arrivées à destination, les lèvres happèrent le lobe avant de murmurer.

- Votre grandeur, souhaiterait-elle que je m'occupe de lui frotter le dos lors de son bain ?

Bien que l'idée de répondre à sa place lui ait effleurée l'esprit, elle n'aurait pas l'audace d'ordonner quoique ce soit au jeune homme en dehors de leurs jeux amoureux. Il avait le choix : Un grand type donneur de baffe ou une tentatrice ardente ? Cruel dilemme. Influencer la décision ne lui était pas interdit. Aussi, au moindre signe d'hésitation qui n'allait pas dans son sens, elle lui infligeait la torture de cesser ses câlineries, voire de lui mordiller plus douloureusement l'épaule.

Après une réflexion cornélienne d'au moins... trois secondes et un silence inconfortable, Aetius cria :

- Dites à maître Manolesti que je suis alité. Et faites préparer un bain, de toute urgence !

S'empressant de remplir leurs tâches, les domestiques se séparèrent. Annoncer à Manolesti que le Comte était alité ne fut pas la tâche la plus agréable de la journée du barbu. Quant à Babette, elle prépara en hâte la large bassine dans une pièce attenante à la chambre comtale, la remplit d'eau délicieusement chaude et d'huiles parfumées. Présumant intelligemment que le comte ne serait pas seul pour ses ablutions, elle disposa deux larges étoffes de coton sur le divan de velours bleu, ainsi que quelques boissons fraiches et fruits sur le guéridon. Une fois les préparatifs terminés, elle se risqua à frapper à la porte de son Seigneur, la leçon de toute à l'heure assimilée, pour l'informer que le bain était prêt !

En attente de l'interlude aquatique, les deux amants reprirent leur petit-déjeuner plus silencieusement. Aetius perdu dans ses pensées - sans doute en rapport avec la promesse de Fjama - remplissait son estomac, affamé par sa nuit de dur labeur. Pendant ce temps-là, l'artiste attisait le feu, laissant le seigneur à son appétit pour ne pas le distraire. Le signal de la baignade donnée, dans un élan chevaleresque, il souleva Fjama en princesse et gagna la Baignoire. D'aucun, dans un région plus nordique, en Arétria au hasard, vous ferait l'éloge de la splendide et large bassine aux pieds sculptés de lions dorés, de la qualité du revêtement en émail permettant un entretien facilité pour les domestiques, etc... Ici, en Scylla, nous parlerons plutôt des effluves délicates des parfums fruitiers ravissant les narines des jeunes gens, les plongeant dans une suave torpeur et la mousse scintillante sous le beau soleil de début d'après-midi.

Se glissant lentement dans l'eau, d'abord lovés l'un contre l'autre, ils profitaient simplement de l'effet relaxant de la chaleur mordante. Une fois les muscles délassés, Fjama entreprit de laver le doux sieur comme convenu, sans les mains. Priant son partenaire de se lever et mettant à profit les généreux dons offerts par Dame Nature, elle serpenta le long de ses jambes, puis son dos puissant. Rapidement, le rituel massage transforma la danseuse en naïade pour le plus grand plaisir d'un comte conquis. D'ondulations en oscillations, la danse couvrit le corps d'Aetius d'attentions. Le manège dura le temps que celui-ci referme une main plus possessive sur les aguicheurs appâts d'une Fjama charmeuse et souriante. La vapeur se dégageait en volutes arabesques autour du couple croquant à nouveau le fruit défendu. Plus douce, plus lente, de l'étreinte naissait des sensations plus profondes. Les lèvres restaient scellées les unes aux autres. Sous les doigts de son amant, la peau de Fjama se révélait à présent, dépourvue des poudres et fards, douce et soyeuse, dorée à souhait, ainsi qu'étrangement chaude. Un observateur extérieur et avisé s'interrogerait au sujet de l'eau toujours chaude et fumante après une bonne heure de trempette, mais les ardeurs toutes juvéniles des amants ne leur laissaient pas le répit nécessaire à une analyse aussi poussée. Aussi, dans un râle, on signa la fin de l'intermède coquin aquatique. Cependant, loin de se séparer leurs corps alanguis, ils cultivèrent de tendres caresses et embrassades la délicieuse léthargie.
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Armand regagne Scylla [Aetius]
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