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 Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]

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Thibault de Rochefort
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MessageSujet: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Mer 4 Mai 2011 - 11:01

[Parce que j'ai du temps avant d'aller bosser et parce que je t'aime chouchou, petite surprise :p]

Après plusieurs heures de chevauchée, Assar et ses hautes murailles austères se dressait devant le cavalier qui était prêt d'épuiser sa monture à la tâche, tant il l'avait cravaché. Il était seul, nulle escorte. Pas le temps de préparer quoique ce soit de protocolaire, pas le temps non plus de se changer. Il avait scellé son cheval dés qu'il avait apprit la nouvelle, de l'écriture racée de Loup. Il n'avait pas voulu y croire. Son frère ne lui écrivait jamais. Alors quand on était venu lui annoncer qu'il avait un message du Seigneur d'Assar, il avait senti que quelque chose n'allait pas. Requiérait-il sa présence? Ils ne s'étaient pas parlés depuis l'enterrement de Jehan de Rochefort. Et jamais leurs relations n'avaient été aussi froides. Loup se doutait-il seulement à quel point il avait été prêt d'être dépossédé de ses biens et de perdre sa tête? Savait-il à quel point de Seigneur d'Odelian aurait exulté de le voir exécuté? Sans doute... Marion avait bien prévu la chose en venant voir son jeune frère quand elle avait su qu'il serait le témoin du Comte. Il ne se souvenait qu'avec trop d'acuité à quel point il s'était senti blessé qu'elle lui rappelle que Loup était son frère et qu'il ne devait pas se laisser aveugler par la rancœur. Mais par tous les dieux, pour qui le prenait-elle? Il était un chevalier. Il avait de l'honneur. Et pourtant, alors qu'on lui avait laissé entre les mains le destin de Loup, il avait hésité... Il pouvait tout gagner, tout avoir, être enfin reconnu et ne plus être l'ombre de son frère. Mais il ne pouvait avoir cela qu'en mentant. En diffamant Loup. Il l'avait pensé parricide, aveuglé par la haine, mais force était de constater qu'il n'y était pour rien dans le décès de leur père.

Alors Thibault avait accepté la vérité, bien amèrement. Décevant le Comte. Sauvant la tête de son frère pour cette fois. Il avait assisté aux funérailles et était parti aussitôt, malgré les supplications de sa mère et de sa sœur. Fuir ce foyer qui n'était plus le sien. L'avait-il seulement déjà été?

Et voilà que plusieurs semaines après, Loup lui envoyait un pli. Le cœur du jeune chevalier s'était emballé, inexplicablement. Il pressentait que ce qu'il allait lire n'allait pas lui plaire. Mais comment aurait-il pu deviner à quel point cela allait chambouler sa vie? Le mot était lapidaire. Concis, trop sans doute, pour annoncer une nouvelle si violente. Marion était morte. Assassinée. Sa sœur, si pleine de vie, si sage, si douce, avait été égorgée. Loup avait écrit cette lettre aussitôt le drame. Il avait beau ne pas aimer son jeune frère, dans la douleur, ils étaient unis. Et Thibault devait assister aux obsèques de Marion. Après celles de son père. Mais quelle malédiction frappait donc Assar? Cela faisait beaucoup de deuils brutaux en trop peu de temps.

Le jeune officier était donc parti sitôt la lettre lue. Comme si hâter le voyage pouvait inverser le sort. Idée ridicule. Mais il devait voir Marion. S'il avait su qu'il restait si peu de temps, il n'aurait pas fui Assar. Marion était la seule qui le comprenait et le soutenait. Elle avait été le médiateur entre son frère et lui. La seule chose que Loup et Thibault avait en commun, c'était l'amour qu'ils portaient à leur sœur.

Et elle était morte.

Il se présenta aux portes de la forteresse et fut introduit dans la Cour quand on le reconnut. Les visages étaient fermés et il régnait une terrible atmosphère de deuil. Et de peur. On était entré dans Assar et on avait assassiné la sœur du Seigneur. Qui était donc à l'abri désormais? C'était la question qui se lisait dans tous les regards. Thibault demanda à voir la dépouille de sa soeur, avant même de voir Loup. Qu'il attende donc, tout ce qu'il dirait ne pourrait rien changer. Marion était sous sa protection, Assar était de sa responsabilité. Si elle était morte, c'était de sa faute. Il allait devoir vivre avec ça. Thibault ne prit pas la peine de se changer ou de se rafraichir et c'est couvert de la poussière du voyage qu'il pénétra dans la dernière demeure de sa soeur.


Elle gisait là. Terriblement pâle. Un bandage recouvrait sa gorge. Elle avait eu la gorge tranchée. Il ne voulait même pas imaginer la vision qu'elle avait offert ainsi violentée. Elle ne méritait pas cela. De tous les êtres humains qui devaient mourir de façon aussi brutale, elle était celle qui méritait de vivre. Il s'approcha de sa sœur alors que le chagrin lui broyait le coeur. Il avait été triste pour son père. Mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'il ressentait maintenant. Chagrin, rage. Sentiment d'injustice. Pourquoi elle? Pourquoi la tuer? Loup n'avait pas parlé de l'assassin ou de ce qu'il savait. Ils allaient en parler de vive voix.

- "Oh Marion..."


Sa voix était déformée par le chagrin alors qu'il se penchait vers elle, embrassant son front avec tendresse.

C'est ainsi que le Seigneur d'Assar trouva son cadet, se recueillant sur celle qu'ils avaient tout deux tant aimé.
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Loup de Rochefort
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MessageSujet: Re: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Sam 7 Mai 2011 - 9:34

Le silence. Loup ne savait plus s'il lui faisait du bien ou si, au contraire, il lui était devenu insupportable. Le sommeil le fuyait et lui-même fuyait la chambre de sa sœur. Il avait pleuré, longuement, jusqu'à être trouvé par une servante qui, d'un hurlement strident, avait réussi là où il avait échoué. La maisonnée alertée, il avait été pris en charge, séparé de la dépouille inanimée de celle qui, peut-être plus que lui, avait régné sur Assar. On l'avait soigné, on l'avait drogué et on l'avait laissé se reposer. À son réveil, il n'avait pas eu le courage d'y retourner.

Aussi avait-il dédié toute son énergie à tenter de comprendre. Qu'importait la raison, cet assassin muet n'avait pas fait glisser le tranchant de sa lame au hasard. Il était venu avec un but précis en tête et même si le succès avait failli la lui arracher, il était mort avec la satisfaction du travail bien fait.

« Votre frère est arrivé, sire. »

Au début, Loup n'esquissa pas un geste, préférant garder sa concentration pour la carte qui semblait le toiser. Il avait passé toute la nuit à tenter de deviner d'où venait son homme avec les trop maigres indices qu'il possédait. Cela avait quelque chose de rassurant, au moins avait-il l'impression de pouvoir faire quelque chose. La solution se trouvait sans doute là, entre les entrelacs que formaient les frontières. À moins que la vérité ne fût à jamais hors de sa portée. Il ne savait plus.

Tout comme il ne savait plus s'il désirait se lever et rejoindre son frère. Il avait aimé Thibault, jadis, mais le ressentiment de ce dernier l'avait blessé, chaque jour un peu plus. Au fond, qu'était-il ? Un enfant délaissé ou un enfant trop gâté par la vie, qui n'avait jamais réellement compris la valeur de ce que sa naissance lui avait offert. L'aîné avait-il sa part de responsabilité ? Loup ne le pensait pas. Il n'avait jamais été parfait, il le savait très bien, mais au moins n'avait-il jamais traité son cadet en ennemi ; une « prouesse » dont Thibault avait été plus qu'incapable. Dire qu'il avait été jusqu'à l'accuser de la mort de Jehan ! Que son poing vengeur avait tenté de fracasser la mâchoire d'un frère tout autant éploré que lui. Sans Marion, le combat fratricide aurait eu lieu depuis des lustres. Et maintenant qu'elle n'était plus là ?

Avec lenteur, le seigneur frontalier se leva et quitta son bureau. En réalité, il n'y avait qu'une chose dont Loup était réellement certain : la dame d'Assar n'aurait pas voulu que ses frères se déchirent après – ou pis, à cause – de sa mort. Elle les regardait, depuis le Royaume de
Mort, il voulait le croire. Fallait-il qu'à ses tourments de sacrifiée, il ajoute celui de voir sa famille à jamais brisée ? Malheureusement, les choses n'étaient pas si simples. Car il devait se l'avouer...

Il ne connaissait plus l'homme qui, agenouillé devant la dépouille de sa sœur, tentait de trouver un semblant de calme et de paix dans le recueillement. Il ne reconnaissait pas cet inconnu qu'il avait jadis nommé frère et qui, au fil des années, avait tout fait pour trancher un à un les liens qui les unissaient. Travail accompli avec succès.

« J'ose penser qu'elle n'a pas souffert. » Sa voix était calme, distante même. Comme ce qu'il disait ne l'atteignait pas vraiment. Mais ceux qui le connaissaient vraiment ne se laisseraient pas tromper. « Il n'est pas venu dans ce but. »

Ce
Il qui ne laissait personne indifférent. Oui, Marion de Rochefort était morte, assassinée pour une raison qui échappait à tous. Parce qu'elle était la sœur d'un seigneur odelian ? Pourquoi pas le seigneur lui-même, en ce cas ? Loup aurait volontiers échangé sa place contre la sienne.

« Que vas-tu faire, Thibault ? »

Sans doute la même question lui était destiné, mais il désirait prendre les devants. Rester ? Partir encore ? Il n'avait aucune idée de la réponse qui l'attendait. Ni même de celle qu'il attendait, lui. L'idée d'avoir son jeune frère et son regard haineux sur le dos le rendait presque malade, mais l'imaginer simplement partir après l'enterrement le mettait dans une colère froide. À se demander s'il existait encore une solution.
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Thibault de Rochefort
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MessageSujet: Re: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Lun 9 Mai 2011 - 21:44

La voix de Loup rompit le recueillement. Thibault retint un mouvement sec, de se retourner vers lui et de le prendre à la gorge en l'accusant de ce meurtre. Il était le Seigneur d'Assar, c'était à lui d'en assurer la défense, la sécurité! Et voilà que Marion avait été assassinée, sous son toit. Elle avait eu confiance en ces murs et elle était morte. Jamais cela ne serait arrivé du temps de leur père. Cependant, il ravala toute ses accusations. Il ne tourna pas tout de suite la tête vers Loup, se contentant d'observer le beau visage de Marion, à jamais figé dans la mort. Elle n'avait pas souffert, l'assassin n'était pas là pour ça. Quelle maigre consolation.

- "Comment a-t-il pu entrer, Loup?"

Il tentait de maîtriser sa voix, ses émotions, de ne pas laisser planer le violent reproche que sous entendait cette question. Ils ne pouvaient pas se disputer devant le cadavre de leur sœur. Ils ne s'entendaient pas sur grand chose, mais ils étaient au moins tacitement d'accord là dessus. Et Thibault avait beau être emporté et impulsif parfois, il était aussi adulte et assez réfléchi pour ne pas créer un scandale dans la dernière demeure de Marion. Elle n'aurait pas voulu cela. Elle s'était échinée toute sa vie à temporiser les relations houleuses entre les deux frères. Pour Thibault, Loup était fautif de cette mésentente. Pour Loup, c'était la faute de son cadet. Qui détenait la vérité au final?

C'est alors qu'il lui demanda ce qu'il comptait faire maintenant. Assister à l'enterrement, mais après? Repartir comme si de rien n'était? Fuir de nouveau? Trahir son sang, son nom, par lâcheté? Ou bien rester, et tenter de découvrir la vérité, de venger Marion, d'empêcher que cela ne se reproduise? Travailler avec Loup... Aucune des deux solutions ne le satisfaisait. Il finit par regarder Loup et quitter le corps de sa sœur pour se porter à la hauteur de son frère.

- "Je ne sais pas encore... Tu as tué son assassin, parait-il."

Au moins y avait-il de l'approbation dans la voix de Thibault cette fois. Cette ordure méritait de mourir. Mais peut-être avait-elle emporté dans la tombe ses motivations...

- "Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement?"

Sa missive avait été pour le moins lapidaire. Mais il se retint de le faire remarquer, trop conscient que son ainé risquait fort de lui faire remarquer que ce n'était pas le moment de lui écrire un roman ou quelque chose dans ce goût là qui risquait de relancer les hostilités. Ils se parlaient prudemment, comme deux fauves se jaugeant. Il suffisait d'un rien pour que la situation dégénère, mais pour le moment, ils entretenaient une paix très fragile.
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Loup de Rochefort
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MessageSujet: Re: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Jeu 26 Mai 2011 - 21:13

« Comme tout un chacun, petit frère. » En rusant. D'une façon ou d'une autre, il avait réussi à déjouer la vigilance des gardes et l'arrogance des murs d'Assar. Au fond, la question du comment importait peu au seigneur en deuil. Qu'importait qu'un autre suivît le même chemin, sa sœur était déjà morte, de toute façon. Elle ne saignerait plus, ne souffrirait plus non plus. Que dansassent les assassins parmi les ombres de son fief, il n'en avait cure. Peut-être même les attendait-il, si tant était qu'ils fussent plusieurs. Le sans-langue ne lui avait livré que peu d'information, mais la présence d'une marque laissait à penser qu'il appartenait à un quelconque groupuscule. Il ne restait dès lors au loup du nord qu'à trouver les membres restant, un par un.

Mais avant, il avait un étranger à recevoir. Un homme qu'il nommait frère, mais qu'il avait trop souvent regardé en chien de faïence. Il était de son sang, mais quelle importance, quand ce même sang avait manqué se retourner contre lui ? Il ne savait pas quel rôle avait joué Thibault dans son acquittement, mais toujours garderait en mémoire sa première réaction : un poing vengeur, avec pour seul but de châtier celui qui, pensait-il, avait tué leur père.

« Valis fait le nécessaire pour garder le corps intact, même si je gage qu'il trouve la tâche ingrate et répugnante. » Distraitement, il laissa son poing serrer la garde froide de son arme, cette même qui avait ôté la vie du maudit ; le contact le rassura. « Il venait de l'Est, peut-être un Thaarie, je ne sais pas. Trop de possibilités pour trop peu d'indications. »

Ses phrases étaient courtes et chaque mot était l'aveu de sa propre ignorance, aussi les martelait-il comme s'il eut s'agit du moyen le plus sûr de les changer. Avait-il vengé, du tranchant de sa lame, la mort de sa sœur ? Certes oui ! Mais quel bien en était-il sorti, sinon que la nuit lui avait pris le trésor de leur père défunt ? Son visage esquissa une légère grimace de dégoût, sans que ses traits ne sussent contre qui ils se révoltaient. Le frère, la sœur, le père, eux-mêmes ? À moins que ce ne fut contre tous, et contre l'assassin, et contre les gardes, et contre les pierres qui s'étaient faites spectatrices silencieuses.

« Tu vas rester à Assar », finit-il par lâcher après un pesant silence. Détournant son regard des flammes moqueuses, Loup captura celui de son jeune frère. Enfin,
frère. Ils avaient le même père et avait perdu la même sœur, les liens s'arrêtaient là. « Trop longtemps tu t'es tenu éloigné des tiens. Tu as des années à rattraper, mieux vaut commencer maintenant. »

Que ne regrettait-il l'absence de Faustine ! La dame d'Escault aux reflets d'or lui manquait. Malgré, ou peut-être
à cause du danger qu'elle représentait. Des charmes féminins, Loup pensait connaître les finesses et subtilités. Des courbes voluptueuses jusqu'aux murmures langoureux, ah ! Il avait exploré monts et merveilles, après tout. Le chevalier aurait donné n'importe quoi pour s'abandonner aux bras d'une femme... N'importe laquelle. Faustine. Orpha. Sa belle, sa tendre, sa douce Orpha, ravie trop tôt, elle aussi.

Le loup du nord n'avait qu'une envie : hurler. Sauf qu'il n'y avait plus aucune lune à honorer.
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Thibault de Rochefort
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MessageSujet: Re: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Lun 25 Juil 2011 - 9:39

Thibault releva un regard accusateur vers son aîné. Cette réponse ne le satisfaisait pas. Assar était une forteresse, pas un de ces palais suderons raffinés et aussi fragiles que de la dentelle. Personne ne devrait pouvoir y pénétrer sans l'accord du Seigneur. C'était une faiblesse, une faille qui pouvait se reproduire. Leur mère était toujours en vie, elle aussi pouvait être assassinée... Et que dire du fils de Loup? Bien que n'aimant pas spécialement son frère, il ne pouvait souhaiter la mort de son fils. De son neveu. Et le petit frère lui fit un drôle d'effet. Cela faisait bien longtemps que Loup ne l'avait pas nommé ainsi et il ne parvenait pas à déterminer si c'était de la moquerie, de l'arrogance, ou juste une marque... d'affection. Très difficile à dire, même s'il rejetait d'emblée l'affection. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'existait plus entre les deux frères.

- "Si cela est arrivé une première fois, cela peut se reproduire... Pourquoi Marion? Elle n'a surement pas été choisie, au hasard... Ton fils est-il en sécurité?"

Voulait-on affaiblir le seigneur d'Assar? Le mettre en garde? L'assassinat de Marion était-il une menace? Une moquerie envers l'arrogance de Loup et des épaisses murailles de la forteresse? Il y avait bien trop de questions et pas assez de réponses. Il tentait de se concentrer sur les causes de ce meurtre, pour ne plus ressentir ce violent chagrin de savoir sa chère sœur à jamais perdue pour lui. Ses rires, sa douceur, il ne les verrait plus, n'y aurait plus le droit. S'il détestait son frère, il avait adoré sa sœur. Et pourtant, c'était peut-être sa mort qui allait les réunir, temporairement, pour faire justice... Et assouvir le vengeance.

Il acquiesça distraitement quand Loup lui assura que Valis faisait le nécessaire pour conserver le corps. Il fut davantage alerte quand Loup lui parla de ses soupçons. Un Thaarie? Que diable venait-il faire si loin au Nord? Agissait-il de son propre chef ou n'était-il qu'un assassin aux ordres de quelqu'un d'autre? Le jeune homme se massa les tempes alors que Loup avouait son ignorance. Pas assez d'indices. C'était frustrant et le jeune homme avait envie de démolir quelque chose, se retenant par respect pour sa sœur défunte qui aurait détesté un tel éclat. Il se figea quand la voix de son frère résonna de nouveau, lui intimant de rester à Assar. Il releva lentement la tête pour regarder son frère, muet, mais les mâchoires serrées. Son regard étincelait. Rester à Assar? Obéir à son frère arrogant? Et puis quoi encore? Loup ne lui avait jamais pardonné d'être parti, il n'avait jamais compris. Et ne comprendrait jamais. Marion, elle, savait. Finalement, il contrôla sa colère et demanda d'une voix sombre :

- "Est-ce là la requête d'un frère ou l'ordre de mon seigneur?"

Loup voulait-il son jeune frère près de lui pour trouver ce qui était arrivé à leur sœur, pour le seconder, ou bien le seigneur, dans son arrogance, souhaitait-il faire valoir son autorité sur son frère? Il y avait une énorme différence.
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Loup de Rochefort
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MessageSujet: Re: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Lun 1 Aoû 2011 - 12:15

A la mention de son fils, Loup se tendit légèrement. Le seigneur d’Assar n’était pas sans savoir la relation étroite que pouvait entretenir son frère avec Gaucelm, tout comme il connaissait l’intérêt qu’avait porté le Comte à Hadrien. Néanmoins, il se força tout de même à répondre, se martelant que l’héritier d’Assar ne risquait rien avec pour protecteur le Roi en personne.

« Il est à Diantra… » commença-t-il avant de marquer une pause. Les talents d’Hadrien étaient connus de tous, mais reconnus par personne. Loup avait bien pris garde à ne rien confirmer, par mesure de précaution. « Il avait besoin d’un maître, pour lui enseigner ce que je ne pouvais lui transmettre… Et il attirait trop de convoitises pour rester. »

Vinrent ensuite le temps des soupçons, ceux de Loup se portant sur l’Ithri’Vaan et plus particulièrement sur Thaar, ville dont il ne savait que ce que les rumeurs pouvaient en dire… On la disait à mi-chemin entre la civilisation et le barbarisme, sous le joug des drows mais jouissant de l’impulsion des hommes. Une ville bâtarde, tout autant que la multitude de sang-mêlés qui pouvaient la peupler. Autrement dit, un danger potentiel, mais bien malheureusement hors d’atteinte… pour le moment du moins. Si vraiment l’assassin venait de la ville, Loup se faisait fort de la brûler de fond en comble. Malheureusement, l’heure n’était pas à la vengeance. Il fallait d’abord comprendre, et surtout, s’assurer que les vivants le restassent. Et pour cela, il avait besoin de Thibault. N’ayant aucune envie de perdre son temps et son énergie à se montrer diplomatique et conciliant – pas avec son frère, ce dernier avait perdu ce droit dès l’instant où il s’était retourné contre lui – il ordonna purement et simplement au capitaine de l’armée odélianne de rester à Assar.

La réaction devait le décevoir… Encore.

Non content de contenir à grandes peines sa colère, un détail qui n’échappa à son aîné, Thibault se rebiffa, demandant s’il s’agissait là d’un ordre ou d’une demande, d’une parole de seigneur ou de frère. Jetant un coup d’œil à la dépouille de sa sœur, Loup tenta de garder son calme.

« Comment oses-tu me demander cela ? » Jamais il n’avait regardé son cadet de cette façon. Le poing serré, il était visible qu’il luttait contre une furieuse envie de refaire le visage de son frère adoré. « Ta sœur est morte, ta mère pleure du matin au soir et tu oses jouer sur les mots ? »

Loup aussi avait perdu sa sœur, et la douleur exacerbait sa rancune. Il n’avait jamais oublié ce jour où son frère l’avait désavoué, dénigré, traîné dans la boue et agressé, où sa propre famille l’avait accusée du meurtre de leur père.

« Tu as tourné le dos aux tiens, et maintenant qu’ils ont besoin de toi, tu voudrais qu’ils te supplient ? Soit, considère-toi supplié ! »

Il marqua une pause, durant laquelle il lutta pour se taire. Mais il n’était qu’un homme, et un homme blessé. Aussi parla-t-il, au risque de le regretter.

« Tu me dégoutes, Thibault, tes réactions sont celles d’un enfant, quand Assar a désespérément besoin d’un adulte. »
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Thibault de Rochefort
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MessageSujet: Re: Quand le malheur frappe une nouvelle fois [Loup]   Mer 3 Aoû 2011 - 20:29

Hadrien était donc en sécurité à Diantra... Il y avait peu de chances qu'il risque quoique ce soit là bas effectivement. Sans doute moins qu'ici. Mais tant qu'ils n'en sauraient pas plus sur leur ennemi, ils ne pourraient pas être tranquilles et faire preuve de négligence. Thibault savait que son neveu avait des prédispositions pour la magie, contrairement à son père, à son oncle ou à sa défunte tante. D'où cela venait, nul ne le savait mais il n'y avait aucune personne en mesure de prendre en charge l'enfant et lui apprendre le secret des arcanes à Assar. Odélian n'était pas une contrée magique. Le Comte se méfiait de la magie, en même temps qu'elle l'attirait. Et Loup se méfait du Comte. A raison. Il ne se doutait pas à quel point il avait été près de perdre sa tête... Juste par la grâce de la fourberie de Gaucelm.

Alors Loup demanda à son frère de demeurer à Assar. De façon permanente. De renoncer à son grade dans l'armée de leur suzerain pour rester à Assar, pour s'enfermer dans l'ombre de son frère. Frère qu'il avait fui dés qu'il l'avait pu et que le destin semblait vouloir remettre sur sa route. Il n'était pas d'accord, mais avait-il le choix? Pourtant, il chercha quelque chose... qu'il ne trouva pas. Il ne cherchait pas à désobéir, juste à savoir si son frère avait besoin de lui et confiance en son cadet ou s'il jouait avec son pouvoir pour imposer sa volonté. Avait-il besoin du soutien et de l'aide de Thibault, ou juste de son obéissance? Mais Loup ne le comprit pas. Pas étonnant, les deux hommes ne se comprenaient plus depuis des années. Tout dialogue était rompu.

La colère de Loup ne se fit pas attendre et cette fois, ce fut Thibault qui demeura calme alors que ses questions sonnaient comme des accusations. Même en présence de la dépouille de leur sœur, ils ne pouvaient s'entendre, songea-t-il amèrement. Et son frère lui lança toujours les mêmes reproches : il avait tourné le dos aux siens, il les avait abandonné, il n'était qu'un enfant capricieux. Des paroles mille fois entendues. Il s'approcha de son frère, la tempête agitant son regard d'or, mais ce fut d'une voix calme qu'il répondit :

- "Je ne te demandais qu'une chose, simple et pourtant incompréhensible pour toi. Veux-tu de moi ici parce que je suis ton frère, parce que tu me juges digne et apte à t'aider à venger Marion? Ma question n'avait rien de compliqué et pourtant, tu ne la comprends pas..."

Il soupira, avant de poser une main sur l'avant bras de Loup, non sans une certaine hésitation. Il planta son regard d'or dans le regard dur de son aîné :

- "Je n'ai jamais tourné le dos aux miens Loup. J'ai servi mon suzerain comme notre père l'a fait avant moi. Tu étais l'héritier, je n'étais que le second et quel avenir s'ouvrait à moi, alors que j'étais dans ton ombre? Cela, tu ne l'as même pas vu. Qu'importe aujourd'hui ce que tu peux bien penser de moi. Je resterai. Pour Marion. Pour les Rochefort. Parce que je suis loyal à ma famille, quoique tu en dises."

Il lâcha son frère et tourna son regard soudainement triste vers la dépouille de sa sœur, avant de murmurer :

- "Elle me manque déjà. Rien ne sera plus jamais pareil à Assar sans sa Dame."

Il marqua une pause, avant de reprendre, à contrecœur :

- "Laisse moi quelques jours. Que je quitte le service du Comte et mette de l'ordre dans mes affaires. Ensuite... Je resterai à Assar... Qu'attends-tu de moi Loup?"
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