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 Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe

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Dun Eyr
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MessageSujet: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Dim 31 Mar 2013 - 0:21

Chronologie:
 

      La longue traque de Dun Eyr avait laissé le loup exténué, et ses pattes en tremblaient : voilà de longues semaines qu’il avait quitté les montagnes du Nord, portant la volonté divine de Briessa, pour rejoindre les bois du Sud d’Aduram et, enfin, toucher aux Portes d’Anaëh. Sa dernière fuite aux abords d’Ardamir, et la terrible confrontation avec l’Ours, avaient achevé de fourbir le Nain. Maintenant parvenu à la lisière la plus lointaine d’Anaëh, en avant d’Ellyrion, là où les arbres cédaient face aux plaines désolées de l’Est, Dun Eyr laissa filer les runes de Briessa ; son corps arqué craqua de toutes parts, comme la fourrure tombait par plaques et que, de loup, il redevenait Nain.

      Isolée au-dessus des contrées stériles, là se dressait Yutar. Le vert de la Forêt était dévoré, tout n’était plus qu’ocre et souffre sur ces landes arides et maudites. La nuit maintenant s’évaporait dans les prémices du petit matin, bientôt ce serait le jour ; déjà, d’où que l’on se tienne, on pouvait deviner la silhouette cyclopéenne de la Pierre de Yutar. Le Nain admira en connaisseur la démesure de la roche : pour qui parviendrait à oublier les relents maudits qui planaient sur ces place tombée depuis longtemps sous la coupe des Sombres, il ne pourrait que s’ébahir devant l’écrasante robustesse de la citadelle naturelle.

      « Mogar, murmura Dun Eyr dans un souffle, on dit que les Drows te vénèrent eux aussi, sous une autre apparence. Protège ton fidèle Nain, l’ami du Dolbarg’Ma, lorsque les Sombres me trouveront. »

      Car voilà une épineuse question : maintenant qu’il était rendu à Yutar, comment prendre contact avec les Drows embusqués dans leur forteresse ? On les disait excellents archers, et Dun Eyr finirait transpercé de part en part, abattu de loin comme le gibier sauvage, avant d’avoir pu prononcer un mot pour sa défense. Le Nain avait retourné la question en tous sens, durant sa longue traque, mais rien n’y faisait : aucun couvert ne courait de la Forêt jusqu’à la grand’porte de Yutar — et quand bien même le Nain y parviendrait, nul doute que les Drows l’y accueilleraient avec armes et hargne.

      « Pourvu que tes promesses n’aient pas été vaines, Briessa, grommela Dun Eyr en resongeant à cette rencontre avec Taurë, à la lisière d’Anaëh, et qui avait entraîné le Nain dans cette folle escapade jusqu’aux terres des Sombres. »

      Le Lirganique quitta la lisière des arbres, et fit quelque dix pas sur la plaine déboisée que dominait Yutar. Les récits bataille vantaient la forteresse comme une terrible arachnide, déployant dans les contrées alentour des bouches souterraines comme des pattes ; si le Nain se risquait plus avant, les Sombres ne seraient pas longs à jaillir de ces galeries dérobées, et qu’on disait tentaculaires.

      « Il faut les intriguer, se dit Dun Eyr ; c’était là un piètre plan, mais meilleur tout de même que marcher à une mort assurée. »

      Le Haut-Prêtre fit encore quelques pas dans la lande, pour s’éloigner assez de la Forêt et de ses arbres crochus. Alors, rassemblant ce qu’il lui restait de puissance magique, il invoqua et écacha les Runes de Mogar : dans sa main naquit une vaste langue de feu, mais d’un bleu intense, et qui éclaira largement la plaine à peine embaumée par les lueurs de l’aube. Les Drows ne pourraient pas ignorer cet étrange éclat magique.

      Dun Eyr s’assit alors dans la poussière, un œil plongé à contempler la flamme chatoyante. C’était avec le feu bleu de Mogar que tout avait commencé, lorsque les Nains avaient fait main basse sur la vie de Neglendir ; et c’était avec ce même feu bleu que tout s’achèverait, devant Yutar.
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Malag'eyl
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Ven 5 Avr 2013 - 20:31

Kelnozz observait la morne broussaille qui entourait la pierre de Yutar et se poursuivait jusqu'à la forêt détestée, se muant peu en peu en sous-bois vivaces. Il était arrivé la veille, avec ses confrères du second ost, et avait été répartis dès le matin sur l'ensemble du territoire à surveiller. On ne lui avait donné qu'une poignée d'hommes et une cage de corbeaux, avec ordre de prévenir tout éventuel mouvement ennemi. Les chefs devaient se mettre d'accord sur la stratégie à adopter, et pendant ce temps les soldats devaient se contenter d'aiguiser les lames et de tuer le temps comm il leur était possible.
Au moins n'étaient-ils pas trop loin de Yutar, certaines équipes avaient fait route vers des points situés à des lieux de toute base drow. Outre la difficulté de la marche, chaque pas de plus était un peu plus dangereux. Aucun d'eux ne craignaient leur cousins, mais les vétérans avaient déjà pus s'aventurer en Anaëh. Ce n'était pas une terre hospitalière pour eux.

Le kyorl observait de nouveau l'étendue déserte lorsqu'il lui sembla voir un petit reflet dans les herbes. Il plissa les yeux pour essayer de distinguer quelque chose, lorsqu'une immense langue de feu, d'un bleu éclatant qui devait être visible de la forteresse elle-même. Cela mit rapidement la petite troupe de drow en agitation, et sur quelques ordres brefs ils se déplacèrent aussi rapidement et silencieusement que possible, tandis que deux d'entre eux restaient près des corbeaux, près à prévenir si le danger persistait.

Ils aperçurent le nain à l'origine de tout ceci et il ne fallut plus de quelques minutes pour qu'il se retrouve au centre d'un cercle de piques, qui semblaient prêt à l'embrocher à tout moment. Kelnozz ordonna de ramener le prisonnier vivant à la forteresse. Ils n'en étaient pas loin, et les gradés seraient forcément intéressé par la raison qui amenait un nain si loin de ses terres. S'il se faisait bien voir, il pourrait peut-être obtenir un poste plus intéressant. Et s'il se trompait il serait bon pour aller explorer les marais de Faélia au milieu des sangsues, insectes agressifs, batraciens venimeux, fauves géants et autres créatures de cauchemars.



Malag'eyl n'avait pratiquement pas quitté la salle de réunion de la forteresse depuis son arrivée, tout au plus quelques heures pour s'accorder le repos. Les officiers défilaient devant lui sans qu'il ne parviennent même à prendre conscience de leur passage et seuls Tebirahc, Alyriweën et les deux streea jabuuk du troisième ost ne bougeaient pas davantage. Coordonner les mouvements de près de trois ost, dont une partie se situait à plusieurs centaines de lieues, n'avait rien d'une partie de plaisir.

Lorsqu'enfin la situation commençait à se tasser et qu'ils pouvaient commencer à planifier de nouveaux mouvements, un kyorl vint se présenter à l'assemblée, apportant la nouvelle qu'on avait capturé un nain près de la forteresse, alors que celui-ci faisait de la magie et demanda ce qu'il convenait d'en faire.

Dun Eyr fut donc traîné dans la salle, alors que l'après-midi était déjà bien avancé, après plusieurs heures passées dans un cachot au fin fond de la forteresse souterraine. Couvert de chaînes et surveillés par deux drows équipés de hallebardes, il semblait bien inoffensif. Malag'eyl posa deux yeux froids et scrutateurs sur le prisonnier, avant de s'adresser à lui de sa voix habituelle, froide et sèche comme une pierre tombale.


    « Que viens-tu faire ici ? »


HRP:
 
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Sam 6 Avr 2013 - 1:55

      Les geôles de Yutar n’avaient rien d’accueillantes pour tout captif qui aurait l’infortune d’y être laissé pour croupir ; et les geôliers Sombres n’avaient rien de clément. Pourtant, c’était un enclos de pierre — certes une pierre viciée, rongée par le nœud magique qui la travaillait, mais une pierre malgré tout. Loin de la forêt, retranché hors des ombres d’Anaëh et à nouveau environné par la roche, Dun Eyr reprenait son souffle. Il avait réussi dans sa folle traversée des bois Elfiques ; mais maintenant, il était entravé par les chaînes, et piégé au cœur de l’antre des Drows. Là, après la limite des contrées déboisées, la bénédiction de Briessa s’effritait et quittait le Nain ; la griffe de l’Ours semblait avoir cessé de protéger son émissaire. Pour se tirer de ces délicates tractations, ne restait plus au Nain que la cupidité des Sombres — et les juteuses opportunités avec lesquelles le Lirganique pourrait la régaler.

      On vint après quelques heures chercher le Nain, emmitouflé dans ses entraves d’acier, et on l’amena auprès d’un des pontes de la légion Sombre à Yutar. Dun Eyr n’aurait su nommer le puissant Drow qui à présent lui faisait face — et le toisait outrageusement — mais il avait assurément un faciès terrible. Le Nain se souvint qu’à sa première rencontre avec Haldren Baenfere sur les Terres Stériles, le Ditronw Da’re lui avait paru proprement terrifiant lui aussi : pourtant le Nain et le Drow étaient devenus des camarades de combat, et leur malice les avait souvent réunis et tournés contre la Forêt. Mais aujourd’hui, Haldren gisait disloqué dans les limbes de la magie, tandis que Dun Eyr faisait face à cette stature menaçante. Le Nain chassa de son esprit ses vieux souvenirs de bataille, et il se concentra sur les difficiles négociations qui se présentaient à lui.

      « Dun Eyr d’Almia salue les Drows de Yutar et demande leur bienveillance, déclara le Lirganique en tentant de déplier tout son mètre trente-trois, malgré le carcan des chaînes qui l’étreignait aux épaules. Je viens soumettre aux Sombres une voie pour blesser les Forêts au cœur. »

      Face à ces terribles pontes de la guerre, le Lirganique préférait parler à mots francs et comptés : un captif dans les chaînes ne s’embarrassait pas de saluts ni de révérences. Malgré cela, Dun Eyr crut bon d’ajouter une phrase encore ; et avant que les Sombres aient pu répondre, il lança d’une voix claire :

      « Faites savoir à Tebirahc, celui qui fut le Gardien du Père, que par ma voix, le Haut-Prêtre Agrarald Dolbarg’Ma le salue. »

      Dun Eyr n’était pas là, au jour où Tebirahc avait chargé Agrarald de rebâtir le sanctuaire de Mogar dans les entrailles de la Perle du Nord, Almia. Mais si le Drow était à demi aussi fervent que le Nain l’avait décrit, c’était auprès de ce Tebirahc que résidaient pour Dun Eyr les meilleures chances de survivre à Yutar.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Sam 6 Avr 2013 - 13:14

Les mouvements étaient amorcés, et sept années après le coup terrible qui fut porté à Ellyrion, l'Anaëh et son peuple endureraient à nouveau le fer et le feu d'Elda. Et lui, si longtemps écarté des véritables batailles renaîtraient bientôt en ce lieu qu'il connaît tant et où il s'épanouit.
Mais Yutar n'était plus pareille à ce qu'il avait connu... Un géant avait chuté ici, et ceux qui prétendaient lui succéder demeurait dans son ombre, tout du moins, à son regard. Mais il n'était pas venu qu'avec des hommes... Il était un hommage qu'il devait faire à son Frère, à celui qui portait le sang des Himrelth et qui fut lui-même un bâtisseur. Soigneusement emballée et transportée avec attention, désormais, se dressait au plus haut du relief qui abritait Yutar, la renaissance dans le bronze du Colosse de Yutar, Alder'Aak Dolerian, Fils des Himrelth et Seigneur du Troisième Ost, l'arme à la main, face à l'Anaëh.

« Te voici devenu immortel, mon Frère... Puisses-tu reposer auprès du Père et apprécier le brasier consumé l'Anaëh depuis ce sommet. »

Il ignorait les causes de son décès, mais n'imaginait pas que la mort soit survenue d'un combat. Un poignard dans l'inattention, un poison dans une boisson, c'était la seule façon qu'il concevait pour l'abattre, mais pas dans un duel à mort, face à face. Mais il ne creuserait pas davantage, il préférait l'honorer et imposer à jamais l'ombre au tueur.



Les jours se succédèrent, et avec eux, les réunions pour organiser le front à venir. La chose était délicate, plus encore en présence d'une assemblée jeune dont les parties n'avaient pas l'habitude de fonctionner ensemble. Il faudrait du temps, mais cela, les sombres n'en manquaient pas.

Ce jour pourtant fut l'occasion d'une rupture tandis qu'on introduisait un nain dans cette salle, et sans s'y attarder d'abord, il chercha à scruter le visage des présents, cherchant à jauger le sentiment qui les animait à l'égard de cette race. Il n'en avait jamais personnellement combattu, mais ils les savaient braves et dignes combattants et adversaires, après tout, n'était-il pas les Fils du Père eux-aussi ?
Mais que venait-il faire si loin des montagnes ?

Le Karliik Glenn fut le premier à s'exprimer, et la réponse du nain ne tarda pas, mais ce n'est pas ses premiers mots qui attirèrent son attention, évidemment, mais les suivants. Une connaissance du Haut Prêtre Dolbarg'ma ? Il y avait près de sept ans qu'il n'avait plus de nouvelles, mais il n'en avait jamais demandé. Le Grand Temple avançait-il ? Il avait l'intention d'entreprendre un voyage vers le Nord-Ouest, des choses à remettre à ce dernier, justement, et les mots du nain renforcèrent sa conviction de le faire.

« Il est ici-même. Dis-moi, Dun Eyr d'Almia, comment se porte t-il ? La dernière fois que je l'ai vu, il conduisait ses fidèles jusqu'à Almia justement, avec l'intention de la reprendre à la vermine verte. Dois-je comprendre qu'il a réussi ? »

Puis, tournant la tête vers Malag'Eyl, il s'adressa ensuite à ce dernier.

« Qu'on détache ce nain, je me porte garant de sa bonne conduite en ces lieux... Je suppose qu'il est assez malin pour savoir comment se tenir en pareilles situations. »

Ces derniers mots étaient surtout pour le concerné, justement... Il n'avait pas cette intention par véritable sympathie, mais le Haut-Prêtre lui avait fait bon accueil autrefois, même si son statut de Gardien avait du le convaincre pour beaucoup. C'était une façon de lui rendre la pareille, ainsi seraient-ils quitte.
Il ne poussa pas davantage l'interrogatoire, laissant cela au Karliik Glenn.
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Urlryn Jar'x
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Dim 7 Avr 2013 - 11:25

L'univers était joueur, l'univers était pute. C'est sur cette réflexion profonde qu'Urlryn quitta son bureau pour accueillir les nouveaux venus. La nouvelle circulait déjà comme un feu de prairie dans la citadelle. On disait que pas moins de quinze milles guerrier drows campaient sous les murs, on parlait des grande guerre d’antan, on parlait des héros revenues à la vie, d'une statue colossale, on parlait du Karliik Glenn, on parlait pour tout et rien dire et ce ramassis de conneries transformaient l'humeur du Streea Jabuuk en un dangereux cocktail de frustration et de colère. Maussade, il quitta son siège avant de se présenter devant ses supérieurs directe. Comment tout pouvait merdé à ce point ?
Il marcha d'un pas résolu dans les couloirs, une expression meurtrière sur le visage, et les soldats s'écartaient hors de porté de son courroux. Ce matin même, lorsqu'il avait appris la nouvelle, il était descendu passer ses nerfs sur les esclaves dans les enclos et en était ressortis couvert de sangs, d'esquilles osseuses et de morceaux divers. Il s'était immergé dans un bain d'eau froide pour se calmer, avait laisser l'esclave terroriser lui masser le corps pour le détendre, en vain. De rage, il avait fait passer la même esclave à travers la fenêtre, et son corps désarticulé avait atterrit dans un bruit mou cinquante mètres plus bas, tordu selon un angle impossible.
Habillé, il avait choisit de nouer ses cheveux en chignon au dessus de son crâne, décider de ne pas mettre son armure de cérémonie pour l'occasion, piètre victoire qui lui laissa un goût amère dans la bouche.

Bien avant qu'on ne les entendit, l'ont pu voir les armées approchant à l'immense nuage de poussière que des milliers de pieds formait, traçant un sillon dans la steppe semi aride et désolé. Arrivant devant cette masse, venait la cavalerie, et devant, le Karliik Glenn et Tebirahc, Obok Senger du premier Osts et ami de Dolerian, qu'Urlryn n'avait jamais pu voir en peinture. A l'évocation de l'ancien Senger, Un goût de bile habit sa bouche et une haine brûlante coula dans ses veines, le faisant accélérer malgré lui, tendu comme la corde d'un arc, malheur à qui se mettrait sur son chemin. Dans la cours, derrière le premier mur d'enceinte, une garde d'honneur composé de guerriers fidèle attendait en ordre serré, impeccable dans leurs armures noires lustré pour l'occasion. Un millier de guerriers, bannières dressées, attendaient, impassible.
Urlryn ne prit pas même le temps de passer les troupes en revue. Il se fit une façade impassible, lui, car en vérité, il ignorait tout des buts de cette visite. S'agissait il de s'assurer de sa loyauté ? De le remettre dans le droit chemin, ou pire, de la nomination d'un nouveaux Senger qu'il faudrait encore assassiner pour être tranquille ?

Nym Kyud, son fidèle aide camps, vint se placer sur sa droite.


«  - Que compte tu faire ? Demanda t il.
- Rien qui puisse me nuire, rassure toi. Dès qu'on en saura un peu plus, nous aviserons. Mais par Uriz, je déteste être le jouet de la fortune et subir les événements !
- Comme nous tous. Son second arborait une expression neutre.
- Je te sent particulièrement calme...
- C'est que je n'ai rien à craindre, quand bien même on mettrait le siège devant Yutar, elle est bien défendu et leurs armées seraient saignée à blanc par un siège long et incertain. Les réserves sont pleines, les puits aussi, au pire, on mangeras les esclaves.
- Et si l'ont perd quand même ? On dit Tebirahc qu'il est un puissant sorcier.
- Eh bien je me tirerais par la petite porte et je parcourrais le monde, j'imagine, il est vaste et je pense qu'on feras peu de cas de ma personne, toi par contre , il n'est pas dit qu'on ne t’empale pas vivant devant la forteresse, pour l'exemple.
- Tes prédictions me rassure, comme d'habitude, sale raclure.
- Les menaces d'un futur mort n'ont pas d'emprise sur moi... Et il lui sourit de toute ces dents. »

Une sonnerie de cor annonça l'arrivé de l'avant garde non loin des portes. Le Streaa Jabuuk ordonna qu'on les ouvres, se demandant encore si il ne valait pas mieux les faire mettre à mort dans l'instant.
Enfin, les deux officiers firent leurs apparition. Le Karliik Glenn, accompagné d'un énorme loup, posa pied à terre à dix pas devant lui. L'allure martial de ce dernier rassura Urlryn, car il ne ressemblait pas à ces jeunes nobliaux qui achetaient leurs grades dans l’armée, et qu'il se faisait un malin plaisir des les envoyer dans des missions suicides. Les fossés de Yutar étaient remplis de tombes anonymes creusées à la nuit tombée.
L'officier qui se tenait face à lui était légèrement plus petit que lui, un corps sec tout en muscle se devinait sous sa cuirasse, un visage taillé au couteaux, l'air sérieux et sévère. La pression dans l'air était palpable, le Karliik Glenn observa un moment les troupes stationnées sur sa gauche tandis que des dizaines de cors de guerre saluait l'arrivé du général dans la forteresse. Son regard se tourna vers Urlryn et Nym, s'arrêtant au passage sur l'anneau des Sengers au doigt du Streaa Jabuuk. Son regard se planta das ses yeux tandis que les palefreniers s'occupait de sa monture. Il difit son heaume et le garda sous son bras, il marcha et s'arrêta à trois pas d'Urlryn. Derrière lui, L'Obok Senger du premier Ost descendit à son tour de sa monture et eu droit au même accueil.
Frappant son cœur avec sa main droite, il s'inclina devant le chef suprême des armées drows.

«  - Monseigneur, c'est un honneur de vous avoir dans nos murs. Au nom du troisième, veillez accepter nos épées et nos vies. »

A ces mots, un milliers de guerriers frappèrent leurs plastrons à l'unisson dans un bruit de tonnerre.
La formule de politesse était basique, sans flagorneries, et de circonstance. Bien qu'il détesta avoir à s'incliner, il pouvait encore prendre son temps pour jauger tout ce monde et agir en conséquence. Le général lui rendit son salut et Urlryn l'invita ainsi que Tebirahc à venir s'entretenir dans la salle de réunion qui avait été préparé pour l'occasion.

On y parla de choses et d'autres, dans le balais incessant des Veldruks. Il était question d'une stratégie à long terme pour mettre la pression en continue sur les elfes, les débats furent longs, chacun y allant de son commentaire, de sa suggestion, tandis que la piétaille envahissait les couloirs de la forteresse, SA forteresse, et Urlryn sentait poindre l'agacement sous son masque de calme. Ont parla d'installer une statue à l'effigie de ce crétin de Dolérian au sommet du donjon, défigurant ainsi l'austère beauté de celui ci. Il écouta le Senger du premier argumenté dans ce sens et ne trouva rien à répondre, de toute façon, il aurait été inutile d’envenimer le débat, et l'hideuse masse s'éleva jusqu'au cieux sans qu'il puisse rien y faire.
Ainsi la face du Senger qu'il avait contribué à assassiner le narguerait jusqu'à que la rage lui ordonne de mettre à bat cette grotesque menace à l'intention de leurs cousins. Heureusement pour lui, il avait détruit tout les documents de Ja'afae concernant son enquête sur la mort de Dolerian et rien ne pouvait le relier à sa mort, hormis des soupçons ou des rumeurs, mais sans preuves...

Il joua son rôle d’hôte à la perfection, commandant des rafraîchissements et de la nourriture pour chacun, il fit ouvrir les greniers pour les troupes arrivante et envoya les esclaves de la citadelle aidé à l'installation de tout ce monde.
La colère céda la place à l'ennuie quand les réunions s’éternisèrent, le Karliik Glenn était un homme très occupé, en témoignaient deux petites rides imperceptibles sous les yeux. Il s'adressait au Streaa Jabuuk d'un ton neutre, posant de rares questions, et Urlryn lui répondait brièvement mais avec une courtoisie feinte. Il avait toujours détesté l'inaction et être un second rôle le mettait à la torture. Une douleur lancinante lui matraquait les tempes. L'atmosphère de la pièce changea du tout au tout lorsqu'un Kyorl vint annoncé qu'on avait capturé un nain non loin d'ici.
Urlryn leva un sourcil interrogateur, ont allât chercher le nain dans la prison du fort et l'ont l’amena ligoté comme un saucisson devant le conseil réunis. Pour les avoir combattus à plusieurs reprises, il considérait ces derniers avec un certain respect, et le souvenir d'un marteau de guerre nain s'abbatant sur son flanc raviva de très anciennes douleurs. Il n'y avait rien ou presque qui pouvait arrêter la charge de l'infanterie naine, sinon le courage et une discipline de fer.

La petite créature fut traînée devant eux, et l'ont défit rapidement ses entraves lorsque l'ancien gardien se porta garant de sa personne. Urlryn ignorait tout des liens entre ces deux là mais voyait d'un mauvais œil qu'un nain en liberté puisse se mouvoir dans ses couloir de la sorte. Toutefois, il retrouva un regain d’intérêt pour la journée quand l'interrogatoire du Karliik Glenn commença son interrogatoire. Il décida qu'une fois terminé, il entretiendrait le Karliik Glenn au sujet de sa nomination à la tête du troisième ost, et si l'on en décidait autrement, et bien malheur à tous.


Dernière édition par Urlryn Jar'x le Dim 7 Avr 2013 - 19:22, édité 1 fois
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Elvanshalee Hune'Baenre
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Dim 7 Avr 2013 - 17:09

    En ces temps en voie de devenir troubles, la Haute-Prêtresse avait décidé d’assister d’un œil curieux à la préparation du front. Elle n’en était pas étrangère non plus pour avoir côtoyée le premier Ost durant un siècle avant de rejoindre les ordres de la Prêtrise des âmes. Mais cette opération d’envergure avait de l’intérêt pour elle et elle pensait déjà à toutes ces âmes qu’elle offrirait à sa Déesse. Elle était donc impatiente. Elle avait fait route au côté du Zaurahel. Le trajet fut apprécié car il pouvait rarement se payer le luxe de sortir du Puy. Elle avait confié les affaires du Culte au Grand-Prêtre de la Déesse des Âmes, son bras droit, et avait chargé Shar’Alak de surveiller ce dernier et d’assurer l’intendance. Une partie de sa Garde personnelle était demeurée au sein du Volcan endormi afin d’assurer un moyen de pression et éviter que les petits oiseaux s’envolent de cette belle cage dorée qu’elle avait mis si longtemps à construire. A son grand regret, elle dut quitter sa progéniture qu’elle confia à ses parents et à la Mère de Tebirahc. Son Ombre avait aussi l’ordre de veiller sur eux. Et si par malheur, il arrivait quoique ce soit à ses enfants, il serait assuré de se retrouver eunuque puis sacrifier à la Déesse après une longue et effroyable séance de torture. Inspirez la colère d’une Mère drow était tout sauf une bonne idée. Ces dernières pouvaient se transformer en un monstre assoiffé de cruauté et de vengeance s’il arrivait quoique ce soit à ses petits. N’assistant pas éternellement aux réunions, la Fille de la Mère entreprenait plutôt une campagne de propagande afin de guider les Âmes qui s’étaient égarées des bras de Teiweon. A la vieille d’une Guerre, les populations ont tendance à se souvenir de leurs Dieux et devenir plus fervents. Des Prêtres et Prêtresses étaient de toute façon là et usaient de leurs talents oratoires et de leurs charismes pour ranimer la flamme, pour certains, amoindries de leur foi. Evidemment, les discours n’avaient rien de ces tirades de fanatiques sans cervelle. On sacrifia des prisonniers à Teiweon et à Uriz chaque jour pratiquement afin de raviver leurs gouts du sang. Il ne fallait pas oublier le Père. Elvanshalee n’oubliait pas Mogar. Elle faisait référence à ce dernier dans ses discours, assurant l’union des deux Dieux et que l’un sans l’autre, ne seraient rien. Ils formaient tous deux, un tout indissociable.

    Afin de faire valoir sa place et éviter les mauvaises langues de ceux qui croyaient que la Religion ne savait pas se battre si ce n’est via la magie, Elvanshalee entreprit de démentir ces propos. Ainsi même malgré son haut statut, elle se mêla à quelques entrainements. Habillée de cuir renforcé de quelques pièces de métal et portant un masque lisse pour dissimuler son doux minois qui resterait à jamais dissimulé, elle se fondit dans la masse guerrière. Qui a dit que l’Art de la Guerre était exclusivement réservé à Uriz ?

    Quelques jours plus tard, alors qu’elle n’assistait pas à la réunion militaire car elle officiait une messe au nom de Teiweon et d’Uriz, la Haute-Prêtresse fut prévenue qu’un prisonnier nain avait été amené dans la grande salle. Sa curiosité fut piquée à vif et puisque sa liturgie venait de se terminer. Elle se dirigea vers la dite pièce. Elle demanda qu’on lui ouvre les portes après une certaine réticence, les Gardes se plièrent à sa volonté. La Haut-Prêtresse surgit au sein de la Salle. Elle était habillée d’une longue robe vaporeuse composée de voiles d’une déclinaison d’un bleu sombre. Ses flancs et son dos étaient découverts et l’on pouvait même admirer la naissance de son fessier. Une ceinture en or soulignait ses hanches. Un diadème de ce même métal précieux décorait sa longue chevelure d’ivoire, il était affublé d’un voile dissimulant ses traits. Derrière elle, Streeaka suivait mollement accompagnée de RyneShyne, une sombre plutôt petite qui portait un masque. Les rubis se fixèrent à la silhouette du nain qu’elle détailla longuement en silence. Ses pas la portèrent jusqu’à la table donc sa main embrassait le bois. Elle continua de s’avancer en direction du Karliik Glenn en écoutant attentivement l’échange. Elle avait fait comprendre qu’il n’était pas nécessaire de l’annoncer. Les doigts vinrent épouser le bras du Seigneur Malag’Eyl, lentement, les phalanges remontaient jusqu’à son épaule alors que son menton se joignit à son cou. Elle murmura « Intéressant, un nain si loin de ses terres. ». Elvanshalee quitta le corps du Seigneur de Guerre, son parfum comme souvenir de sa présence taquinait encore un peu son odorat. Ses mains s’emparaient plutôt des courbes de celles de l’Héritier Zaurahel. Paupières closes, elle les rouvrit d’un air étonné. Ses doigts vinrent pincer la peau du Sombre à sa portée, réprimant un grognement. La Voilée préféra abandonner son compagnon et gagner la silhouette du nain devant laquelle, elle s’installa, accroupie. Elle avait gardé évidemment, une certaine distance et se contentait de le détailler dans le plus intriguant des silences.

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Malag'eyl
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Dim 7 Avr 2013 - 19:20

Le nain se présenta, de manière bien étrange pour quelqu'un que l'on avait recouvert de chaînes et traînés devant les sombres seigneurs du Puy. D'un autre côté, le kyorl responsable de sa capture avait expliqué que le nain ne semblait pas se cacher. Et il fallait bien vouloir rencontrer les drows pour traverser toute la prime forêt et se jeter tout droit dans la gueule du loup. Sa deuxième phrase arracha un haussement de sourcil à Malag'eyl, que pouvait-il bien posséder que ses armées n'avaient déjà ? Certes l'acier des nains étaient renommé mais cela semblait bien trop banal.

Il haussa un deuxième sourcil lorsque le nain mentionna Tebirahc, et un haut-prêtre qui devait lui aussi appartenir au peuple des longues barbes. L'ancien gardien, qui avait aussi peu quitté cette pièce que Malag'eyl, ne tarda pas à réagir et demanda à ce qu'on libère le nain de ses entraves. Les gardes attendirent un signe de Malag'eyl, qui leur accorda d'un bref hochement de tête. Il ne craignait pas un nain seul, au cœur de sa forteresse.
C'est à peu de choses près ce moment que choisis Elvanshalee, qui avait suivis les osts à Yutar, pour entrer dans la pièce. La tenue qu'elle portait, si elle ne semblait pas très à propos dans cette salle de guerrier -bien que Malag au moins ne portait pas l'armure en cette occasion-, n'était pas si différente de ses habitudes. Elle vint glisser une main contre le bras du Karliik Glenn, avant de laisser quelques mots dans son cou et un entêtant parfum. Le guerrier n'avait pas bougé, seules quelques rides sur son visage montrant qu'il avait perçus ce qui venait de se passer. Il accorda un regard à chacun des autres drows présent, avant de reprendre son interrogatoire du nain, que la haute-prêtresse examinait à loisir.


    « Vous disposeriez d'une arme qui nous permettrait de blesser la forêt ? Voilà qui aurait le mérite d'expliquer le pourquoi de votre voyage. Alors ne faites pas plus attendre et expliquez-donc rapidement ce que vous possédez et que nous pourrions vouloir, ainsi que ce que vous voulez en échange. Car c'est cela n'est-ce pas, vous êtes venus marchander ? »



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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Dim 7 Avr 2013 - 21:37


Indications:
 

Ah! Yutar, sa pierre humide, ses relents de mort et de pourriture, le cri de ses esclaves martyrisés... Un terrain de choix pour un Nécromancien de son envergure. Il aurait bien été pousser le vice jusqu'à ramener d'entre les morts un ou l'autre esclave fraîchement abattu, mais il n'était pas là pour ça. Non pour l'heure, il avait une autre affaire sur le feu. Calmement, il arpenta les couloirs étroits de la forteresse, frémissant légèrement au contact du noeud arcanique. Il devait au départ faire son rapport à l'Obok Senger. La malheureuse était cependant décédé... Et pas de sa main, ce qui le peinait beaucoup.

Mais son arrivé avait été noyée par d'autres invités de marque, si il en était. Le Karliik Glenn lui-même, ainsi que l'Obok Senger du premier ost et la Haute Prêtresse de Teïweon, rien que cela. Il en vint d'ailleurs à trouver une once de désir pour cette drow, aussi habile de sa langue que de ses mains, sur le terrain de l'esprit ou du combat. Mais, il n'était pas Elfe à se laisser distraire par ces considérations si futiles. En soi, leur présence ne le dérangeait nullement, que du contraire. Il n'avait encore jamais eu l'occasion de rencontrer le nouveau leader du Puy d'Elda. Ou du moins, celui qui l'était en façade.

Un évènement fort inattendu l'avait cependant tiré de sa cellule, parce qu'il s'agissait plus d'une cellule que d'une chambre, il fallait bien le dire. Un Nain avait été trouvé devant la forteresse. Et Noredrion ne doutait pas de quel Nain il s'agissait. Il allait peut-être avoir l'occasion de se venger du dit Nain pour le coup terrible qu'il avait porté à sa beauté. Désormais son visage parfait était entaché d'un douloureux hématome violacé qu'il devait chaque jour masquer par un maquillage qui, habituellement, était réservé aux faibles catins de la Péninsule.

Il avait une fois de plus fait jouer l'aura mystique dont il s'entourait volontier pour savoir où avait lieu la réunion d'état-major. Il eut un demi-sourire à la pensée du Drow putréfié et meurtri qui agonisait dans des latrines. Lorsqu'il voulu entrer, un des gardes l'en empêcha d'un bras et d'un regard peu avenant. Haussant un sourcils, Norédrion repoussa le bras en regardant le Sombre dans les yeux avant de pousser la porte pour entendre les doux mots du Karliik Glenn. Le garde ne tenta pas de l'arrêter. Il était curieux de voir à quel point il déstabilisait toujours les sombres. Ils ne savaient sans doute jamais vraiment quand l'Indicateur était ou non dans son droit. Et au vu de la politique du Puy et de la perfidie du personnage, mieux valait ne pas prendre de risques. D'autant que ceux là était habitué à le voir aller et venir auprès de l'Obok Senger depuis plusieurs siècles déjà.

"Une Arme? je ne sais pas, Karliik Glenn, seigneur du Puy. Mais il est certain que cela blessera l'Anaeh. Et un de ses protecteurs en particulier, celui-là même qui s'évertue à soulever la forêt depuis presque deux mois contre votre entreprise.

Mais, je t'en prie, Dun Eyr d'Almia, raconte donc ton histoire aux Maîtres de l'Elda."


Il avait tourné sa dernière phrase de telle sorte qu'à l'oral, il était impossible de savoir si il désignait un des Sombres présents en particulier ou si il les englobait tous dans son appellation. Et c'est sous les froncements de sourcil que l'Elfe alla se placer dans un coin sombre près de la porte en toute ingénuité. S'appuyant négligemment contre un pilier de soutènement enchâssé dans le mur, seule et austère décoration du lieu, il observa le Nain. Le coup qu'il lui avait porté cette nuit là dans la forêt se rappela à lui par une pulsation douloureuse partant de sa pommette et irradiant jusqu'au front, au tempe et à la machoir. Tu me le paiera Dun Eyr, je te le promets, songea-t-il le coeur empli d'une hargne froide.
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Lun 8 Avr 2013 - 22:49

      Ah, les Drows ! On voulait traiter avec un seul, et voilà qu’ils vous encerclaient comme une meute. Le Nain avait assisté, incrédule, à l’apparition d’une pulpeuse Haute-Prêtresse à la robe échancrée, et qui maintenant dardait sur le captif des yeux vaporeux ; dans l’air s’attardait un entêtant parfum, évoquant l’odeur corporelle et farouche des Naines qui trimaient à extraire le bauxite, afin de rebâtir la grandeur d’Almia. Doux souvenir pour un Lirganique emprisonné dans la pierre maudite de Yutar...
Le temps que Dun Eyr chasse ses effluves de sa pensée et retrouve ses esprits, le commandement de Tebirahc avait été exécuté : les chaînes étaient tombées et le Haut-Prêtre était à présent libre — mais environné par la horde des regards inquisiteurs. Il devait pêle-mêle s’y trouver des seigneurs de guerre d’un Ost ou d’un autre, quelques primats des Temples, et des exécuteurs des basses-œuvres. Mais comment savoir ?

      Plongé dans cette salle de conseil que cadenassait la masse des Drows, le Lirganique peinait à différencier tous ces visages Sombres : aux yeux d’un Nain, qui ressemblait d’avantage à fils d’Uriz qu’un autre fils d’Uriz ? A l’image de l'Elfe qui n’aurait su différencier entre deux cailloux, le Haut-Prêtre peinant à distinguer les titres et les rangs dans cette assemblée chargée de méfiance. Sa massant les poignets, Dun Eyr retrouva celui qui avait dit se nommer Tebirahc, et il déclara :

      « Les
Râkhas (*), les Gobelins, ont cédé plusieurs pans des ruines d’Almia. Guidés par Agrarald et soutenus par le Père des Batailles, nous avons traqué et vaincu de sombres bêtes dans les profondeurs. Le jour s’approche où un Temple pour Mogar à nouveau trônera au cœur de la Perle du Nord. »

      Messager de ces bonnes nouvelles, qui devraient réjouir celui qui fut Gardien du Père, Dun Eyr s’apprêtait à se tourner vers le Karliik Glenn et à son tour lui répondre, mais une étrange silhouette fut plus rapide que le Nain. Là, jusque dans les arcanes de Yutar, le Haut-Prêtre vit resurgir un visage qu’il aurait souhaité ne pas recroiser de sitôt — et certainement pas lorsqu’il se trouvait captif d’un peuple cruel. A en juger par la main encore bandée d’étoffe, et le maquillage outrancier que requérait son visage fracturé pour en effacer les lézardes, le Haut-Prêtre eut un hoquet de surprise : l’Indicateur n’avait certainement pas oublié le Nain, comme ses prunelles dégouttaient de hargne macérée.

      « Une Arme ? Je ne sais pas, Karliik Glenn, seigneur du Puy. Mais il est certain que cela blessera l'Anaëh. Et un de ses protecteurs en particulier, celui-là même qui s'évertue à soulever la Forêt depuis presque deux mois contre votre entreprise. Mais, je t'en prie, Dun Eyr d'Almia, raconte donc ton histoire aux Maîtres de l'Elda. »

      Le Lirganique n’était pas insensé au point de tenter aujourd’hui ce qui lui avait échappé dans les tréfonds de la Forêt ; et abattre sur l’Indicateur, non plus la garde de son épée, mais bien le tranchant de la lame. Aussi, Dun Eyr saisit au vol les paroles pleines de malice de l’Elfe traître, et s’engouffra à leur suite :

      « Celui-là est sage, Karliik Glenn, car je n’ai pas dit une arme, mais une voie. La Forêt s’est massée sur sa lisière du Sud et de l’Est, mais celle-ci ne tient que par les ficelles que certains Sylvains projettent depuis le Nord ou l’Ouest. Mogar a voulu qu’entre mes mains tombe un prélat de Malereg, dans les terres de l’Epine Dorée ; son nom est Neglendir. Que celui-là soit écorché dans les montagnes, près de la lisière supérieure d’Anaëh, au vu et au su de tous, et par la main des Drows ; alors l’Epine Dorée sera déchirée par le chaos, et la Forêt perdra un de ses plus féroces meneurs. »

      Le Lirganique avait laissé le voile sur les nombreuses convulsions de la Fortune, qui l’amenaient ce jour à négocier dans le sein de Yutar face aux Sombres. Des machinations de l’Indicateur, il n’avait dévoilé que ce qui ne pouvait être tu ; mais les commandements de Briessa, la déesse Ours, et la terrible rencontre du Nain avec une bête Sylvaine à la frontière d’Ardamir, tout cela demeura verrouillé dans l’esprit de Dun Eyr.

      « Karliik Glenn, et toi, Tebirahc, reprit le Nain, et vous tous, Drows, qui depuis ce promontoire voyez l’Anaëh s’apprêter pour une nouvelle guerre : c’est la tête de ce prélat du Nord que je suis venu vous offrir. »

      Le Nain insista légèrement sur le dernier mot : offrir.

Note :
 


Dernière édition par Dun Eyr le Mar 9 Avr 2013 - 15:02, édité 1 fois
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Mar 9 Avr 2013 - 12:33

Y avait-il sous ses yeux l'avenir ?

Cette réunion et cet « interrogatoire » fut bien vite interrompue par l'entrée de la Haute Prêtresse de Teiweon et de deux de ses suivantes. Et si sa tenue était des plus exquise, elle n'en était pas moins intruse en ce lieu et sa présence était aussi inappropriée que sa tenue. Cette situation appela une comparaison qu'il n'aurait pas énoncé à haute voix en sa présence tant il avait comprit la relation tendue qui liait la Sombre à la Prime Sorcière. Et cette pensée devait trouver d'autant plus d'écho ensuite.
Là, il ignora ses manières, tant avec le Karliik Glenn qu'avec lui-même. Comme autrefois, sa présence ne devait pas troubler la séance, malgré les efforts qu'elle semblait fournir pour s'approprier l'attention, s'accroupissant face au nain, et donc, se plaçant entre eux et lui.

Mais elle n'était finalement qu'un moindre mal causé à la tradition.

Il écouta la question du Karliik Glenn et son attention fut immédiatement reportée sur le nouvelle intrus, le pire de tous. Voila qu'un elfe s'invitait dans la salle, pire, qu'il parlait sans y avoir été invité. C'était la goutte de trop, et le sombre se leva doucement, écoutant les mots de chacun mais s'approchant, d'abord une attitude dénuée de la moindre agressivité visible. Portant son regard vers Dun et l'écoutant lui répondre.

Ainsi Almia serait bientôt prête à accueillir le Temple qu'il avait commandé ? C'était une bonne chose, même si il n'était plus le Gardien, il était un Feu, et l'initiateur de ce projet, il aspirait à le voir aboutir... Il s'y rendrait probablement alors, malgré les risques que cela pouvait représenter.

« Voilà d'excellentes nouvelles. Pourras-tu faire parvenir à Agrarald mon intention d'assister à l'inauguration de ce Temple, quand le moment sera venu ? »

Cela prendrait des années, il en avait conscience, mais le temps était peu de choses pour lui.

En outre, ce qu'avait à offrir Dun Eyr était on ne peut plus intéressant, mais il y avait des secrets qu'il cachait, et le plus important de tous, c'était l'intérêt qu'il avait, ainsi que les nains, dans une telle opération. Et sans une réponse à cette question, aucun accord ne lui semblait possible, ou tout du moins, fiable.

Mais il y avait une affaire plus urgente dont il voulait s'occuper d'abord.

Il accéléra son pas pour saisir l'elfe par la nuque, le maintenant fermement, il l'amena vers la table avant de dire un mot à l'adresse de Dun Eyr.

« Celui-ci n'est pas sage, non... Autrement, il aurait su où était sa place. »

Et il propulsa la tête de ce dernier vers la table, à la manière d'Alder'Aak, avec moins de puissance néanmoins, mais suffisamment fort pour faire regretter sa bêtise à la vermine. Et lorsque celui-ci s'écroula, le sombre se pencha vers lui, le saisit par le col et le força à lui faire face.

« N'émets plus le moindre son, pas même le moindre gémissement, ou sois sûr que je te ferais taire. »

Il le tira et le souleva pour le porter sur la table, le lâchant lourdement face au Karliik Glenn. Et portant son regard sur ce dernier, avec dureté. Une telle situation serait l'occasion de tester le Sombre dans ses convictions et dans le respect qu'il donnait encore à la tradition, et d'ouvrir le bal des confrontations, même mineure.

« Décidez du sort de cette vermine, j'agirais en fonction de votre choix. »

Dans le contexte, Malag'eyl devait y voir un avertissement... Tolérer autant d'écart envers la tradition en sa présence n'était pas possible. Qu'on laisse la vermine dans cette salle et il la quitterait aussitôt, considérant la séance interrompue sinon close. Il avait toutefois foi dans le fait qu'il choisirait d'écarter l'elfe. C'était un sombre responsable, par beaucoup d'aspects, et il ne privilégierait pas une vermine au profit d'un Senger.

Malgré l'intérêt que représentait le nain, il lui fallait l'écarter de l'attention le temps de normaliser un peu la situation, malgré la présence des trois autres intruses.
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Malag'eyl
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Mer 10 Avr 2013 - 14:15

Malag'eyl oublia un instant la présence du nain lorsque l'elfe entra dans la pièce. Comment ? Les gardes l'avaient-ils réellement laissé passé ? Ils en subiraient les conséquences, et il pariait qu'ils ne les apprécieraient pas le moins du monde. Mais l'elfe serait le premier à souffrir son insolence. Le Karliik Glenn n'eut même pas le loisir de réagir puisque Tebirahc le prit de vitesse, s'approchant tranquillement du fautif. Il ne laissait pas encore transparaître son sentiment mais le traditionalisme de l'Obok Senger était pour ainsi dire légendaire.
Nulle surprise donc lorsque l'elfe se retrouva la face écrasé contre la table -de pierre- avant de choir au sol. Plutôt que de le mettre à la porte, Tebirahc ramena l'elfe et vint l'écraser juste devant le Karliik Glenn. Il s'y était un peu attendus, à dire vrai, la provocation était facile et évidente. Il n'allait certainement pas prendre le risque de déclarer dès lors une hostilité ouverte, pas face à un ost sans dirigeant encore.


« Qu'il soit fouetté,un coup de fouet par mot qu'il aura prononcé sans y être invité. Et que les gardes qui l'ont laissés passés reçoivent le même traitement. Occupe t'en -ordonna-t-il en s'adressant au kyorl qui avait amené le nain-. »

Celui-ci s'exécuta et vint récupérer l'elfe, avant de le traîner plus que de le porter jusqu'à la porte. De là il demanda à ses hommes, restés en dehors de la pièce en attendant leur chef, de le suivre, ainsi que les deux gardes fautifs. Malag'eyl se détourna de l'Obok Senger du premier ost, et pour la première fois fit quelques pas en direction du nain, les mains jointes dans son dos, pesant ses paroles.

« C'est un cadeau bien précieux que tu nous fais là, nain, mais quelle garantie ai-je de tes propos ? Ta seule parole ? Celle d'un elfe qui m'est inconnu et dont j'attends des explications sur sa présence en ces murs -il s'était tourné vers les représentants du troisième ost sur ces mots- ? Il va me falloir plus que ça.
Et dis-moi pourquoi nous faire ce cadeau. Si ce prisonnier est si précieux que tu le dis, une rançon aurait bien plus profitable aux tiens. Qu'est-ce qui t'as poussé à te jeter volontairement dans nos cachots ? »
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Mer 10 Avr 2013 - 20:48

      « Les paroles de celui-là étaient sages, sourit Dun Eyr en regardant Norédrion qu’on malmenait vers la porte, mais les tiennes le sont bien davantage, Karliik Glenn. »

      Le Lirganique ravala un rictus à voir son rival traîné vers la sortie, et à savoir sa chair bientôt rougie par les fouets. Cela pourtant ne dispenserait pas le Nain de prendre sa vengeance sur cet Elfe de malheur ... lorsque l’occasion lui sourirait. Pour l’heure, de plus graves soucis accaparaient Dun Eyr, comme les questions du Seigneur Drow méritaient toute sa vigilance. Dans le sein de Yutar, on ne jouait pas avec les Sombres, pas même lorsqu’on était Haut-Prêtre du Moqueur.

      « Ce prélat n’aurait jamais dû tomber entre mes mains, commença Dun Eyr, et rien de cela ne serait arrivé, si cet Elfe à la langue imprudente ne m’y avait contraint, dans les profondeurs de Malereg. »

      Malag’eyl avait parlé rançon, profit, butin. A d’autres, et s’ils s’étaient rencontrés hors de Yutar, cela aurait valu un affront que l’acier aurait tranché.

      « Les Nains d’Almia sont fiers et braves, Karliik Glenn, énonça le Lirganique. Nous ne nous glissons pas dans les palais des Sylvains pour ravir leurs épouses et rançonner leurs seigneurs. Quelle rançon aurais-je exigée ? Mogar a voulu que nos montagnes regorgent d’or et de pierres. Notre trésor, nous ne le dérobons pas à la forêt, mais nous l’extirpons de la roche.

      Comme les Elfes vous ont chassés de leurs forêts embaumées, il y a longtemps de cela, de même ils ont refusé d’ouvrir leur lisière, lorsque la famine ravageait mon peuple ; à un jet de pierre devant Anaëh, les miens ont été laissés pour morts. Maintenant l'Epine Dorée étend de nouvelles promesses vers la Plaine du Brissalion, et les Nains renoncent à la voie du Père des Batailles : ils préfèrent s'abaisser et supplier que la Forêt les secoure. Que le prélat de Malereg meure par la main d’un Drow au cœur d’une cité de Nains, et les Elfes sauront que l’heure est venue de rendre compte de leur arrogance face à nos deux peuples. »


      Dun Eyr s’était à présent tourné vers celui qui avait été Gardien, et qui maintenant tenait le rang de Feu du Père.

      « L’Elfe est retenu dans Almia, et veillé par des Almiens. Tebirahc connaissait la bravoure des Nains de la Perle de l’Est, lorsqu’il a ordonné d’y élever un Temple nouveau. Les fils véritables du Père ne trahissent pas. »

      A destination de Tebirahc tout particulièrement, le Lirganique ajouta ces quelques mots :

      « Les jours sont encore longs avant que le Sanctuaire de Mogar s’élève dans Almia, mais tu es déjà plus que bienvenu auprès des miens, toi qui fus Gardien. »


Dernière édition par Dun Eyr le Jeu 11 Avr 2013 - 18:29, édité 1 fois
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Jeu 11 Avr 2013 - 10:14



Il était sacrément sonné, ce Tebirhac avait une certaine poigne. Mais il ne souhaitait pas partir ainsi, pas avant d'avoir vu le dénouement de ce qu'il avait commencé à tisser en Malereg. Il avala le sang qui avait couler dans sa bouche depuis l'arrière de ses fosses nasales durement malmené et inspira profondément. Le jeu qu'il jouait depuis plus de cinq siècle avec Yutar reprenait maintenant. Les chefs drows n'étaient pas à contredire, c'était la seule chose qui l'avait maintenue en vie lors de ses visites.

Le Kyorl le saisit et le traîna lentement hors de la pièce. Mais l'Elfe ne comptait pas se laisser ainsi mettre à l'écart sans au moins s'excuser auprès de celui qu'il considérait comme son propre Seigneur. Il se dégagea d'un simple geste. Il fallait bien dire que les drows ne mettaient jamais la main sur lui de manière très ferme préférant le lâcher au moindre signe de magie suspecte. Trop d'entre eux s'étaient vu pourrir lentement pour ne pas l'avoir ménagé suffisamment. Bien sûr, le Kyorl n'avait rien à craindre, son grade était trop important et Norédrion ne se permettrait jamais un tel écart devant ses maîtres. Il se prosterna et débita rapidement sa tirade avant que le soldat de le rattrape pour l'emmener au loin.

"Maître des terres du Sud et de l'Est, j'implore humblement le pardon pour mon intrusion et pour la prise de parole inappropriée que je me vois contraint de réitérer. Mais le Seigneur Jar'x ne saurait répondre à votre question sans mon intervention. Aussi je prends le risque de recevoir plus de fouet comme l'a si justement décidé votre grandeur.

Je suis informateur auprès de la citadelle depuis bientôt cinq siècles. La justesse de mes propos et leur utilité m'ont octroyé certains privilèges de la part des précédents Obok Senger de manière à ne jamais entraver ma mission. Si on ne m'avait trompé en me cachant la présence de tels éminences au sein de la pièce, je me serai contenté d'attendre le moment opportun où l'on me ferait mander. Mais la faiblesse de mon sang m'a empêché de résister à l'envie dévorante de surprendre ce Nain et d'assister à son interrogatoire.

Aussi si j'accepte la sage pénitence que vous m'accordez dans votre sérénissime sagesse, en cela le Nain dit vrai, et que je me ferai une joie d'ajouter quelques mutilations supplémentaire. Je demande humblement, depuis ma misérable condition, votre pardon pour mon impolitesse, j'ose espéré que votre justice me permettra de ne plus jamais m'écarter de la place qui est mienne. Et je recevrai volontairement les coups de fouet que je mérite. Mais seigneur, quand dois-je fournir les informations qui sont arrivées avec moi à l'instant même depuis la maudite forêt en vos murs?"


Comme il s'y était attendu, le drow le ressaisit plus fermement cette fois, ses mains s'ancrèrent douloureusement dans la chaire de l'elfe. Et il fut traîner lentement hors de la salle. Durant le trajet, il passa à coté de la Haute et belle Prêtresse de Teïweon. A ce moment, un petit objet tomba d'une quelconque poche. C'était un pendentif qu'il avait lui même forgé avec toute sa dextérité. Un magnifique entrelac d'argent, de platine et d'acier sombre, serti d'obsidiennes de grande qualité, le tout à l'effigie de la Mère. Certes pas cette maudite Kyrïa qu'adoraient ses crétins de frères Elfes, mais la Mère des Sombre, celle qu'il avait considéré comme une mère adoptive, ou du moins par laquelle il avait toujours voulu être adopté.

Nul ne saurait jamais cependant, si la chute de l'objet était fortuite ou si elle était de son fait pour attirer l'attention de la Haute Prêtresse. Lui aurait peut-être pu répondre, mais quant à savoir si il aurait répondu la vérité...
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Jeu 11 Avr 2013 - 11:03

    Xarek Tal'anar observait la scène depuis sa place sans mot dire. Il avait toujours su qu'un jour Norédrion abuserait de son statut une fois de trop, et cette fois là était visiblement arrivée. S'inviter dans les réunions et les conseils sans que personne ne l'en ait prié avait toujours fait parti de ses petites habitudes. Pas de chance pour l'indicateur, il y avait ce jour-là dans le grand hall de Yutar des personnalités fraîchement arrivées du Puy auxquelles on avait "oublié" de présenter l'elfe renégat.

    Sous le commandement de feu le Senger Ja'afae, Norédrion avait toujours eu la liberté de faire ce qu'il lui plaisait dans l'enceinte de Yutar. Bien que la présence du sylvain n'était en rien pour plaire à Xarek, ses informations s'étaient toujours avérées justes et utiles au troisième ost. Le Streea Jabbuk avait donc considéré l'elfe comme un mal nécessaire, mais n'avait toujours éprouvé que mépris pour sa personne.

    C'est donc avec satisfaction qu'il avait vu le Senger Zaurahel le remettre violemment à sa place, et il se délectait à présent de le voir implorer à genoux le pardon du Karliik Glenn. Néanmoins, il jugea bon d'intervenir pour répondre au seigneur Zuhak qui semblait attendre des explications quand à la présence du sylvain.

    "Il dit vrai, seigneur. Cet elfe s'appelle Nordérion, et c'est un servant de Yutar. C'est de lui que nous tenons la plupart des choses que nous savons sur la Prime Forêt. Le récent raid sur Ardamir, notamment, a été rendu possible grâce à ses informations. Le senger Ja'afae lui autorisait certaines... libertés dans l'enceinte de la citadelle. Mais il ne tient qu'a vous de les prolonger ou non à présent."

    Il ne plaisait pas à Xarek de prendre la défense de l'elfe. Mais il ne pouvait nier que celui-ci représentait une source de renseignement non-négligeable, qu'il aurait été dommage de perdre sur un malentendu...

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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Ven 19 Avr 2013 - 12:27

Malag'eyl n'avait pas tourné le regard, lorsque l'elfe s'était jeté au sol pour implorer un inexistant pardon. Il le laissa toutefois terminer sa plaidoirie, avant de faire un signe au kyorl qui le reprit par le col et ne le laissa cette fois plus s'échapper. Si ces nouveaux mots devaient s'ajouter à la punition, il le laissa à l'appréciation du drow. Celui-ci saurait sans doute où est l'intérêt de ses seigneurs, et par là même son propre intérêt.
Il avisa le Streea Jabuuk du troisième ost, qui lui expliqua qui était l'elfe et pourquoi se trouvait-il en ces murs sans être recouverts de chaîne.

« Vous voulez dire que c'est grâce à ses conseils avisés que vous avez pus être défaits par les forces elfiques et que je ne vois que des soldats fatigués ou blessés depuis que je suis arrivé ici ? Merveilleux, je devrais peut-être le faire dépecer en fin de compte.
Qu'il passe désormais ses journées ici au cachot, je ne veux plus le voir en liberté sans que cela n'ait été ordonné, par moi ou un Senger. Est-ce clair ? »


Une fois cela réglé, le Karliik Glenn reporta son attention sur le nain et Tebirahc. Visiblement le Senger du Premier Ost avait déjà mis les pieds à cette Almia dont on lui parlait. Apparemment l'elfe était un informateur jugée fiable. Peut-être y avait-il vraiment un elfe qui attendait à Almia que le courroux drows ne lui soit délivré. Il ne voyait pas vraiment ce que la mort d'un seul, s'il n'était pas l'un de leur seigneurs, allait pouvoir changer mais elle serait une attaque agréable. Et montrer aux elfes qu'ils devaient les craindre même de l'autre côté de leur forêt n'était certainement pas pour lui déplaire.


« Tebirahc, puisque vous semblez connaître cette ville et, je présume, comment vous y rendre, il me semble naturel que vous vous rendiez en personne là-bas. Si toute cette histoire est vraie, nous avons là une assez belle occasion de transmettre aux elfes un message fort, et sans doute de faire en partie oublier le contretemps que nos forces ont essuyés ici. »
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Ven 26 Avr 2013 - 6:33

Un message fort ? Devait-il réellement voir en la mort d'un seul elfe, aussi important soit-il pour son protecteur un message digne d'un tel voyage ? Même la provenance du dit-elfe ne suffisait pas à le convaincre. Il en fallait davantage et une idée lui paraissait déjà... Faire de cette étincelle qui n'aurait au mieux que l'effet d'encourager les elfes sur la voie de la vengeance, non les faire reculer, un brasier dans le Nord qui les pousserait à revenir sur leurs pas.

« Je sais comment m'y rendre seul, pas comment y conduire plusieurs centaines de mes hommes dont il est hors de question que je me prive, si jamais il venait à s'agir d'un piège. »

Et parce qu'ils lui seraient nécessaire, car ce qu'il avait en tête ne pouvait pas être fait par les nains, du moins, ne le voyait-il pas de la sorte. Et pourquoi pas, sur un autre front, offrir une aide aux nains d'Almia, en vue de collaboration future ? Mais le nain devait sûrement avoir réfléchit à un moyen d'amener ses invités sur place discrètement, n'est-ce pas ?

« J'imagine que vous avez une idée, nain. Ou bien avez-vous cru que les sombres n'enverraient qu'une petite délégation susceptible d'être faite prisonnière, interrogée et utilisée ? »

Puis au Karliik Glenn.

« Si le moyen d'emmener deux ou trois centaines de mes hommes sur place existe, j'accepte cette tâche. Le reste du Premier demeurera sous le commandement de mes Streea Jabbuk ici-même. »

Mais sa condition n'était pas sujette à négociation, ni la quantité d'hommes qu'il entendait amener avec lui, la chose était claire. Il n'offrirait pas d'opportunité, ni aux nains, ni aux elfes, ni même au Karliik Glenn de se débarrasser de lui facilement.
Mais ce voyage vers le Nord lui ouvrirait plusieurs perspectives on ne peut plus intéressante, et quelques opportunités d'apporter les présents qu'il avait prévu de faire parvenir jusque là.
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   Dim 28 Avr 2013 - 3:59

      Le Nain fut estomaqué à entendre les conditions édictées par l’Obok du Premier Ost, celui qui avait été la Gardien du Père. Alors que les négociations avaient été remarquablement prometteuses jusqu’alors — et même, Dun Eyr avait eu la joie de voir l’ignoble Norédrion renvoyé à son sort — les exigences du Feu firent s’écarquiller les pupilles du Haut-Prêtre.

      « On ne passe pas aisément vers le Nord et les Montagnes, gronda Dun Eyr, encore moins avec trois cents Sombres pour escorte. »

      Pourtant, ce n’était pas tant le voyage qui préoccupait le Lirganique, mais bien l’arrivée : que feraient les Almiens, affamés et reclus dans leur colonie, lorsque trois centaines des Fils d’Uriz poseraient le pied dans le territoire de l’Almion ? Les Nains peineraient à survivre à une escarmouche, si la garde de l’Obok décidait d’employer le recours des armes. Assurément, songea Dun Eyr, ce Tebirahc était un rude stratège, et ses conditions étaient implacables.

      « Nous ne passerons pas par Anaëh, ni par les terres des Hommes, déclara le Nain. »

      A vrai dire, le Haut-Prêtre avait à peine songé à ces questions. Il avait pris la route sous la contrainte de Briessa, et ces dernières douzaines de jours n’avaient été qu’une longue fuite sous l’ombre de la Forêt, toujours aux aguets. Voilà que Dun Eyr ressentait l’éloignement d’avec Almia, et que son esprit peinait à tracer un chemin pour retrouver ses pénates.
      Après être demeuré un instant songeur, enfin, il répondit à celui qui avait été la Gardien :

      « Nous passerons par le Nord, et la Mer. C’est une voie dangereuse, noyée dans les Marais, et la lisière d’Anaëh est toujours proche et grimaçante. Mais pour qu’une telle cohorte de Drows atteigne les Montagnes, il n’y a aucun chemin sur le terre ferme, il nous faudra passer par l’eau. A moins que les Sombres ne connaissent une autre voie, ignorée des Nains. »

      Le Haut-Prêtre présenta sa proposition d’une voix tombante. Il avait cru un instant qu’il retournerait seul vers le Nord, une fois achevée sa promesse envers la déesse Ours ; pas qu’il mènerait une meute de Sombres vers la Perle. Déjà, de sourdes angoisses naissaient dans son esprit, et il s’employa aussitôt à sauvegarder les Nains d’Almia :

      « La Perle du Nord est une terre vouée au Père, et tous ses fils y sont les bienvenus, qu’ils viennent de la Montagne ou du Volcan. Là-haut, dans les entrailles de la roche, nous serons tous sous son regard : nul ne trahit, qui ne soit aussitôt foudroyé par sa colère. »

      Dun Eyr considérait à présent autant le Feu que le Karliik Glenn, et comme gage de leur bonne foi à tous, il ajouta :

      « Il n’y a pas de place laissée aux veules dans le giron du Père. »
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MessageSujet: Re: Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe   

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Du sel sur les cicatrices : Quand le Nain et le Drow négocient le sang de l'Elfe
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