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 Ainsi va la Diète

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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Ainsi va la Diète    Mer 20 Jan 2016 - 14:19

La brise lui soulevait ses cheveux argentés devenus forts longs tandis que le trot de son cheval se chargeait de fais onduler sa longue cape à la couleur pourpre. Accompagne d’une colonne de cavalier, l’Archiduc du Médian se rendait à Diantra une nouvelle fois afin de mettre fin à cette instabilité chronique qui s’était installée depuis la chute de l’usurpatrice et le coup de force du Lyron et de la Haute Prêtresse.

Il était déjà prêt pour ce voyage depuis que la Gardienne s’en était allée rencontrer la Haute Prêtresse de Nééra. Un départ aussi rapide n’avait pu qu’être lie à une urgence et, si elle avait habilement évité de lui donner de raisons de s’opposer frontalement à Harold afin de préserver la paix, il était certain que l’attitude de la Haute Prêtresse l’avait autant surprise que lui.

Il s’attendait donc à avoir rapidement des nouvelles de ses relations diantraises une fois que le résultat de la discussion entre les deux religieuses eut donné un résultat visible. Cependant, ce ne fut pas cette nouvelle qui lui parvint, mais celle d’une étrange et soudaine maladie touchant Harold du Lyron lui-même, suivie de peu par une invitation pour une cession en urgence de la Diète.

Le hasard était sans doute innocent dans cette nouvelle situation et, s’il n’avait reçu aucun rapport sur les parties-prenantes de cet acte, il était clair à ses yeux que quelqu’un avait quelque chose à voir avec tout cela. Peut-être et certainement, étais-ce un allié, mais il se pouvait aussi que la main d’un ennemi extérieur soit à l’œuvre afin de relancer les querelles dynastiques.

Dans tous les cas, il lui fallait se rendre à Diantra pour un nouveau conseil dont il espérait qu’il serrait bel et bien le dernier, sans quoi, il était certain que les choses deviendraient critiques et mettraient en périls l’avenir du royaume et par extension, celui des hommes qui y vivent.

Entouré des capes rouges de l’Ordre des Chevaliers Mogarites, il dépassa un bosquet qui masquait la vue de la Capitale. Diantra la majestueuse s’étendait désormais devant lui. Si les traces de la guerre étaient toujours visibles, les travaux de réhabilitation avançaient bon train et de nombreux échafaudages serpentaient le long des murs d’enceinte sur lesquels demeuraient des traces d’incendie.

La petite escorte se rapprocha tandis que grandissaient les ombres des fortifications et qu’apparaissaient les bruits les bruits de cette ville dont ont disait qu’elle ne dormait pour ainsi dire jamais. Les drapeaux de la coalition flottaient toujours sur les murailles que tenaient les hommes de Langehack depuis qu’il avait laissé à Oschide le soin de protéger et d’administrer la ville. Un des hommes se détacha alors du convoi pour annoncer l’ambassade qui le suivait au loin. Commencer bientôt pourrait la Diete.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Mer 20 Jan 2016 - 20:43

Le matin était calme. L’air déjà chaud bien qu’agréable dans cette grande ville qu’était Diantra. Niklaus n’aurait certainement pas dormi de la nuit s’il n’avait pas été écrasé par la fatigue et par la diminution. Mais son inquiétude de tous les jours s’était réduite. Il fallait dire que la situation allait mieux. Il avait obtenu la provision des terres royales pour les représenter à la première Diète de ce qui formerait peut-être sous peu la première ligue construite en Péninsule. Et après tant d’énnéades de piétinement, d’impatience et de déconvenues, il semblait enfin servir à quelque chose. Il avait enfin l’impression d’être concrètement en maitrise d’une partie de son destin.  Les forces qui l’opposaient encore récemment semblaient petit à petit s’étioler et le vent semblait enfin gonfler ses voiles bien plus que de les repousser.

Il avait bien mangé le midi précédent. Une chose extraordinaire pour le baron qui s’était sustenté pour éviter l’épuisement jusqu’à encore récemment mais qui n’avait pas réellement réussi à se nourrir correctement, tant la faim lui manquait. Il évitait son reflet comme le diable. Ce dernier était l’ombre de l’homme qu’il avait été quelques mois auparavant. Il n’avait jamais été un adonis, mais il s’était connu plus beau. Costaud il l’avait toujours été, sec en revanche, jamais. Et il voyait bien en enfilant ses vêtements qu’il avait fondu sa graisse comme un ours après l’hiver.

Mais tout cela importait guère. Il était heureux. Heureux d’entrevoir un dénouement. Il jeta un oeil à ses atours. Il n’aimait guère se prévaloir de plus qu’il ne valait, et s’était habillé comme à son habitude, assez simplement. Contrairement aux tenues hivernales où il préférait le noir ou le vert foncé, il s’était simplement habillé d’un blanc cassé et d’une cape très légère d’un bleu ciel. Un habit sobre, sans recherche et qui ne faisait même pas apparaitre les armes de son domaine ou de sa famille.

Il quitta sa chambre pour descendre au rez-de-cour de son habitation diantraise. Là ses quatres domestiques de Diantra l’attendaient, non parce qu’il les avait convoqués, mais parce que ces derniers avaient fait le choix de soutenir silencieusement leur jeune maitre, qu’ils avaient du sentir bien éprouvé lors de son arrivée de la veille. D’un sourire calme et confiant et de quelques mots très simple il les remercia de leur soutien.

Quatre gardes attendaient dans la cour, déjà sur leurs montures, pour le conduire jusqu’à l’hôtel de la ville où il avait été décidé de mettre en place la première assemblée de la Ligue, en attendant mieux. A l’extérieur la voie était dégagée, et il remontèrent bien vite vers la place centrale de la ville, laissant derrière eux la cathédrale pour s’enfoncer vers les halles, face auxquelles se trouvait l’hôtel de ville, ce dernier ayant échappé à l’incendie contrairement au chateau royal.

Ils arrivèrent finalement à leur objectif.



§§§§



L’hôtel de ville avait été totalement réorganisé pour l’occasion. On avait totalement vidé la salle principale pour laisser la place à une petite table devant servir aux discussions finales, en public, devant mener à la signature de la charte de la Ligue. Beaucoup de nobles étaient attendus naturellement, et la sécurité avait été augmenté en conséquence. Outre les troupes de Langehack, un certain nombre de milices supplémentaires avaient été rappatriées aux alentours pour combiner leurs efforts à la garde Langehack.

Une petite table avait été dressée pour accueillir les principaux représentants la noblesse des différents territoires, devant servir à parler en leur nom. Chaque suzerain d’importance avait été autorisé à amener avec lui un de ses vassaux pour le conseiller. La Gardienne de Nééra était principalement venue pour faire une déclaration à ce qu'elle avait dit.

Niklaus retrouva là Vallancourt, l’homme qu’il avait choisi pour le seconder à cette assemblée. Et les deux hommes allèrent saluer avec une profonde déférence la Gardienne.


“ - Merci, Ma Dame, encore d’avoir accepté de venir nous parler. Quelles que soient vos paroles, je suis certain qu'elles seront un guide bienvenu.”

Un homme représenterait certainement l’Erac et Harold, qui était toujours souffrant. La salle put se remplir peu à peu, avec les hommes des quatre coins de l’Erac, du Médian, de Langehack et des anciennes terres royales. Niklaus tenta de les saluer un par un autant que possible, en oubliant -ou en évitant- certains au passage. Il serra la main de manière appuyée à  Hanegard Kastelord, sans que cela soit bien visible. Niklaus savait quel effort l’homme avait également mit dans l’organisation de cette assemblée, bien que ses actions aient été réalisées dans l’ombre. Mais tel était le destin d’un espion...

Après que le couple ducal du Médian soit arrivé ainsi que celui du Langehack, les principaux intervenants s’installèrent donc à la table centrale, entourant la gardienne. Chacun se salua, Niklaus recevant avec chaleur tout le monde, mais tout en sentant que du côté de l’Erac, le représentant était un peu triste. Il fallait bien avouer que quelques énnéades

Niklaus et son second Vallancourt étaient assis côte à côte, et faisaient face à la Gardienne. Les choses sérieuses pouvaient commencer.


HRP:
 
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Ven 22 Jan 2016 - 10:31

Le voyage s'était déroulé sans encombres. La délégation langecine, grande de plusieurs centaines d'hommes s'était faufilée sur les routes avec rapidité et efficacité. Il fallait dire qu'avec tous ces voyages, ces gens commençaient à en être habitué. Sur invitation du baron d'Apreplaine, qui comme il l'avait promis, avait finit par lui renvoyer des nouvelles en émettant l'idée qu'une solution pouvait être trouvée. Tout d'abord curieux d'en apprendre plus, le couple ducal s'était mis en tête de rejoindre l'ancienne capitale.

Ils retrouvèrent là-bas leur bon ami du missédois. Le jeune Théobald, sur sa demande expresse, assurait la protection de la cité. Cette dernière allait réunir les plus illustres individus de cette future « ligue », il eut été inconcevable pour lui-même que la vigilance échappe à ses hommes et que du mal soit fait aux invités. La cité lui avait été remise à lui alors il assurerait la sécurité dans ces moindres détails. Et autant dire qu'il n'avait pas lésiné sur les moyens en ramenant dans sa compagnie, une centaine d'aigles et autres chevaliers de sa cour, venant ainsi compléter les quelques trois milles langecins et missédois déjà présents sur place. Mais à leur arrivée, ils eurent une surprise de taille en voyant des miliciens ramenés d'Apreplaine. Ces pauvres hommes en guenille faisaient pâles figures comparés aux aigles, et autres chevaliers de bon aloi du Langecins, mais Oschide salua l'initiative du dudit baron.

Le congrès eut enfin lieu. Bien qu'amer en revenant sur le lieu de ses échecs passés, Oschide fut heureux de retrouver l'hôtel Anoszia. D'ailleurs, il put presque avouer que le retour en ce lieu était sa seule source d'enthousiasme. Ainsi, fit-il découvrir le palais luxueux à son épouse qui parut émerveillée et amusée en apprenant un peu plus sur son compte. Ils passèrent la soirée à rire et plaisanter avec les seigneurs langecins invités.

Le jour du congrès, ses craintes concernant une attaque où un attentat commis par des sympathisants d'Harold s'accrurent. Ignazio lui avait envoyé des rapports sur la situation et bien que ses contacts avec la pègre eut permis d'éliminer quelques opposants, la menace subsistait. Ainsi, toutes ses troupes furent mobilisées le jour du congrès et tous veillèrent assidûment à ce que rien ne se produise. Voyant qu'ils pouvaient compter entièrement sur leurs hommes qui empêcheraient à quiconque de pénétrer sans leur accord, Oschide et Méliane entrèrent dans la grande salle où bon nombre de nobles attendaient.

N'ayant que dédain et mépris pour la quasi totalité des participants, Oschide, dans sa plus belle cuirasse, ne salua personne, ni même le seigneur d'Apreplaine où son ancien allié le comte de Velteroc. Son épouse de Hautval n'eut doit qu'à un simple regard glacial, mais les autres reçurent encore bien pire. A commencer par le baron Vallancourt pour qui il n'avait que mépris et haine. Au moment même où l'homme passa près d'eux, Oschide sentit en lui une follie meurtrière montait en lui. Mais Méliane, en le prenant par le bras, lui rappela que la mort du pauvre hère n'était pas encore au programme. Car un jour viendrait où la tête du Vallancourt trônerait en haut d'une pique, cela, il pouvait le garantir. Pour ce qui est des hommes venus parler au nom d'Harold, il ne leur adressa pas le moindre regard, les faisant ainsi presque passer pour de la simple figuration. Si Harold s'était tenu là par contre, pas de doute que le duc serait aller le voir pour féliciter la durée de son couronnement.

Le couple ducal prit ainsi place et attendit la suite avec la plus grande impatience qui soit !


Dernière édition par Oschide d'Anoszia le Ven 22 Jan 2016 - 13:26, édité 2 fois
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Ven 22 Jan 2016 - 11:40


L’ancien baron d’Alonna s’était assoupi à son bureau, et un léger filet de bave coulait sur un rapport reçu la veille au soir. La bouteille de mauvais vin qu’il avait récupéré à la taverne gisait au sol, carcasse vide qui expliquait sans doute pourquoi la bouche d’Hanegard lui paraissait semblable au fond de la cage d’un perroquet pris de coliques néphrétiques. Péniblement, notre héros sans peur ni reproche mais à l’haleine chargée, se leva et alla se passer de l’eau sur le visage. Le miroir au-dessus de la vasque lui renvoyait l’image d’un homme aux traits tirés par la fatigue, aux joues creusées et au teint bien pâle. Tout comme le baron d’Apreplaine, le seigneur de Renhanda tirait un peu trop sur la corde depuis plusieurs ennéades.

Il connaissait la raison principale à sa fatigue : l’abus de travail par manque de main d’œuvre. Ses réseaux se multipliaient, mais il lui aurait fallu presque dix fois plus de clercs pour trier et analyser correctement les informations collectées. Les quelques renforts qu’il faisait venir de ses fiefs de Renhanda ou de Val-Néera ne suffisait pas à la tâche, l’obligeant à réduire drastiquement ses nuits et ses phases de repos. L’information se collectait bien, mis son analyse et son classement demeuraient des failles qu’Hanegard peinait encore à combler. Si toutefois la situation évoluait comme il l’espérait, de nouveaux moyens arriveraient bientôt pour permettre la mise en place d’une organisation plus solide et efficace.

Un décrassage rapide dans de l’eau glacée et une gorgée de gnole naine qu’il gardait pour les cas extrêmes l’aidèrent à reprendre vie. Lorsqu’Hanegard sortit dans la rue, vêtu d’une tenue sobre mais élégante, il se sentait de nouveau bien éveillé et relativement frais. Le wandrais jeta un coup d’œil à la taverne qui se trouvait en face et eut un léger signe de tête pour deux ouvriers qui semblaient occupés à boire de la bière, mais dont les mains paraissaient étonnamment peu calleuses pour des manœuvriers. Ils sortiraient dans quelques minutes afin de vérifier que personne ne suivait leur patron, et dans le cas contraire emmener le quidam trop curieux à l’écart pour une « discussion amicale ».

Autour de l’hôtel où se réunissait la Diète, la sécurité avait été amplement renforcée. Gardes langecins et milices municipales patrouillaient, fouillaient, toisaient, bref faisaient tout ce que l’on attendait d’eux dans ces circonstances pour montrer que rien ni personne ne passerait sans autorisation. Dans la salle où entra Hanegard se trouvait en effet la majeure partie de la haute-noblesse de cette région de la Péninsule, et nul ne souhaitait qu'un fou vienne y commettre quelque carnage sanglant.  Après avoir échangé une franche poignée de main avec Niklaus d’Altenberg et salué poliment les autres participants, Hanegard alla s’installer légèrement à l’écart, préférant se mêler aux différents dignitaires présents pour suivre de près leurs réactions aux annonces à venir.

La solennité de l’instant lui permit fort heureusement de n’échanger avec sa femme que de chastes et formelles salutations. Il voyait peu Jena ces derniers temps, étant bien conscient qu’elle risquait de désapprouver les moyens par lesquels il avait œuvré dans l'ombre à la tenue de cette Diète. Lui-même gardait un goût amer de ses méthodes… empoisonnement, corruption, menace… et si les meurtres pouvaient se compter sur les doigts d’une main, cela suffirait à ce que sa Gardienne de femme ressente en lui un trouble depuis longtemps disparu. Un jour ou l’autre, Hanegard savait qu’il lui faudrait jouer carte sur table, mais il préférait retarder cet instant autant que possible. La seule consolation venait de ses réels motifs dans cette affaire : voir enfin naître un nouveau système politique qui pourrait remplacer un absolutisme chancelant et faire cesser la guerre civile qui déchirait la Péninsule. Cette Diète constituait une première étape pour accomplir son serment envers les mânes de Trystan.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Ven 22 Jan 2016 - 21:03


Tout le monde était là. Les portes s'étaient refermées, et en cet instant solennel, chacun put prendre place autour de la table représentant déjà ce qui pourrait sous peu être le conseil de la Ligue, autour de tous les nobles qui pourraient sous peu être la Diète de la Ligue. S'improvisant maitre de cérémonie au moins pour l'ouverture des discussions, étant donné qu'il était à la source de cette invitation, Niklaus se leva pour tenir à ses interlocuteurs assis à la table et à l'assemblée des nobles qui s'étaient assis pour certains sur les bancs prévus à cet effet le discours suivant :

"Messires, Mesdames,

Merci de votre présence en ces lieux. Je remercie Vos Altesses d’être venues dans un délai aussi court dans notre noble capitale. En même temps je remercie de leur concours toutes les personnes ayant permis ce Congrès de prendre naissance. Votre simple venue est déjà le témoignage de votre généreuse confiance et de l’espoir que nous fondons collectivement dans l’avenir de nos terres.

La confiance et l’espoir, voilà les deux moteurs de notre venue dans cette salle. Quelle que soit la diversité de nos origines et de nos destinées, nous disposons d’affinités dont les enracinements chez chacun d’entre nous ne peuvent se mesurer que si nous prenons le temps de les observer. De part et d’autre des domaines que nous représentons, nous savons tous que le centre de la Péninsule dispose d’une histoire et d’une destinée qui ne saurait être autre chose que commune. Nous disposons tous de cette histoire commune liée à l’ancienne Couronne, chargée de gloire comme de douleur, nous sommes tous contributeurs à ces arts et cette culture exemplaire qui est la notre, nous sommes tous les hériters de peuples ayant contribués à la grandeur de l’humanité sur ces terres pour la plupart fécondes. Mais nous avons aussi en commun nos frontières vulnérables, entourées d’ambitions étrangères et au-dessus de nos domaines flotte un péril sans cesse suspendu.

Nous avons, jusqu’à récemment, contribué à la noble association de nos intérêts par le lien que formait Couronne entre nos terres. Nous sommes à l’heure actuelle à l’exact instant où soit nos destinées peuvent s’établir chacune indépendamment, soit nos destinées peuvent se trouver renforcées par la création d’une Ligue politique dont la base sera les rapports en amicale coopération de nos domaines. Ces derniers permettront de maintenir l’estime et l’affection de nos domaines tout en permettant de mutualiser les choses qui doivent l’être et de conserver la latitude qui doit l’être à chacun des domaines pour s’organiser, pour se construire et pour déterminer, au sein de notre union, le destin qui doit être le sien.

Nous avons toute confiance dans ce que la Ligue peut nous apporter, et nous pensons que le temps n’est pas loin où nous verrons malgré les graves difficultés que nous rencontrons, une nouvelle ère d’équilibre et de paix entre nos domaines. Le traité que nous vous présentons aujourd’hui, et qui a été négocié entre les différentes parties depuis plusieurs énnéades, reprend les principales dispositions de l’union historique entre nos domaines en lui conférant le statut de collégialité, par différents droits distribués à toute l’aristocratie.

D’abord aux plus hauts responsables des grands domaines de notre union, via un conseil permettant d’administrer et de conférer en toute collégialité sur les grandes politiques de notre union, celles ayant des impacts sur tous les domaines.

Ensuite en permettant à chacun et chacune des aristocrates de nos domaines de verser au sein de la future Diète leurs remarques et leurs demandes, permettant ainsi de proposer et de faire appliquer au niveau tout entier des dispositions qu’ils jugeraient collectivement nécessaire pour leurs domaines.

Cette nouvelle organisation est, il faut bien l’avouer, la fin d’une époque où la Couronne tentait petit à petit de monopoliser la politique de la Péninsule et donne de plus grandes responsabilités à tous les nobles féodaux. Il s’agit ici d’une responsabilité commune dont je suis non seulement certain que nous pourrons l’assumer, mais également dont j’ai la certitude qu’elle sera mieux gérée si elle l’est pas les premiers acteurs de notre dévelloppement, c’est à dire la noblesse terrienne, que si nous comptons sur une capitale pour administrer ses domaines.

Chacun sait les raisons et les évènements qui nous ont mené à ce jour décisif. Des hommes sont morts, d’autres souffrent, la maladie et la pauvreté rongent de nombreuses personnes. Chacun sait et chacun comprend que pour arriver à ce moment solennel, la morale a parfois été piétinée, nos domaines ont souvent soufferts, et la plupart de nos âmes se sont noircies. Personne n’est innocent, mais personne n’est le seul coupable.

Aujourd’hui nous nous réunissons pour prendre nos responsabilités collectives, pour refuser la tyrannie d’une seule personne à laquelle nous menait mécaniquement la monarchie sans pour autant renoncer à notre union.

Aujourd’hui j’ai confiance. Confiance dans nos capacités à répondre aux besoins de nos sujets de nos domaines. Confiance dans la faculté de chaque aristocrate de gérer avec sagesse ses terres. Confiance dans nos sujets plus attachés à leur noble terrien qu’à une Couronne impersonnelle et distante. Confiance dans un pacte qui se veut équilibré et donnant la voix aux domaines.

A une époque où les problèmes semblent écrasants, à une époque ou chacun doute de l’avenir je puis vous donner l’assurance que nous pouvons aujourd’hui prendre l’entière disposition de nous-mêmes et de notre avenir. Je vois notre Ligue, malgré les graves difficultés d’aujourd’hui, agir en faveur de l’équilibre de la paix dans la Péninsule tout en maintenant notre personnalité, notre dignité et notre indépendance. Je vois l’impulsion très dynamique que nous pouvons donner à notre développemetn intérieur. Des milliers de lieux de routes ne demandent qu’à être pavées pour favoriser les échanges entre nos domaines. Des centaines de dispensaires peuvent être organisés pour agir avec efficacité sur les maladies qui risquent de nous guetter cet hiver. Des milliers d’arpents de plantations pourront attester d’année en année la vigueur et l’étendue de notre Ligue.

Notre devise veut que la paix arrive aux hommes de bonne volonté. Croyons fermement en cette maxime et ayons confiance que ce que nous acceptons de partager.

Où donc mieux qu’à Diantra, ville écrasée par la guerre civile dont nous voulons aujourd’hui nous sortir aurais-je pu formuler cette espérence que je pense être la vôtre aussi, au milieu d’une Péninsule déchirée, et vous présenter le document fruit de nos intenses et communs labeurs de négociations.

Messires et Mesdames, je vous souhaite la bienvenue et propose d’ouvrir les ultimes discussions avant signature de ce document.

Sachez par ailleurs que les anciennes terres royales acceptent le document dans sa version actuelle."


On déposa alors sur devant chaque représentant d'un des quatre grands ensembles de la future ligue le traité dans sa forme actuelle.


________________________________________________




Charte de la Paix de Diantra


proclamant l'organisation de la Ligue Péninsulaire




Julas de la 6ième énnéade de Vérimios de l’an 8 du onzième cycle












Préambule





Les seigneurs du centre de la Péninsule,




RESOLUS à s’unir sous l’égide d’un conseil légitime, pour garantir l’intégrité, l’indépendance, du pays,



SOUHAITANT garantir l’ordre, les droits fondamentaux de sujets de leurs domaines et les principes de justice, de droit et de progrès,



INSTRUITS par l’expérience du passé, par l’échec du précédent régime de Monarchie Diantraise et par une décennie de guerre civile,



CONVAINCUS par le besoin d’écarter toute dérive fatale vers des entreprises de factieux et la tyrannie,



SE RECLAMANT du Choix que Nééra nous a laissé en héritage de forger par nous-même notre destin,



SE RECLAMANT ainsi de la seule nécessité des lois justes, du gouvernement éclairé de l’aristocratie dûment investie par les volontés communes, du respect des principes établis par le présent préambule, de l’intégrité et de la force des domaines se liant par cette charte,



CONSIDERANT, que les représentants de l’aristocratie, assemblés ce jour à Diantra, représentant légalement, pleinement et librement tous les sujets de leurs domaines ont approuvé en ce jour et en présence des membres représentant la volonté divine, une charte devant fixer l'extension de la Ligue à l'ensemble des provinces signataires de la Charte selon les termes suivants:








Titre Premier : De la Souveraineté



Article 1 :

La langue administrative de la Ligue est la langue humaine de Diantra.




Article 2 :

L'emblème de la Ligue est un phoenix de pourpre à or.

Sa devise est “Gloire à Néera au plus haut des Cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté.”





Titre Second : Du pouvoir de la Ligue



Chapitre Premier: Du conseil de la Ligue




Article 3 :

Le Conseil de la Ligue est l’organe principal de l’autorité de la Ligue.

Les pairs de la Ligue forment le Conseil.

Les pairs de la Ligue sont composés des suzerains des provinces de la Ligue, signataires de la présente charte, représentants leurs domaines. Chacun dispose d’une voix.




Article 4 :

Le Conseil est garant de la présente charte, de la moralité des nobles de la Ligue, des droits de ses sujets et de l’intégrité territoriale de la Ligue.




Article 5 :

La Ligue dispose de ses propres finances dont les provisions sont décidées en Conseil pour administrer la ville de Diantra, son siège, et les administrations afférentes.

Les pouvoirs liés à l’autorité royale disparue sont pris en charge par la Ligue. La Ligue assure ainsi les actions de coordination pour ses membres dans les domaines de la monnaie, de la diplomatie extérieure, de la guerre, ainsi que les projets de grande envergure qu’elle souhaite voir réaliser pour le bien commun.

Chaque terre conserve son autonomie politique et législative dans le respect des actes du Conseil et des ordonnances de la Diète.




Article 6 :

Il se réunit au minimum une fois par mois ou sur demande d’un de ses membres. Chacun de ses membres y propose des ordonnances et débat de la politique de la ligue.




Article 7 :

Le conseil vote à main levée des décisions qu’il prend.




Article 8 :

Le conseil peut convoquer tout dignitaire de la Ligue au Conseil afin de l'assister. Ces membres n'ont pas droit de vote.




Article 9 :

Le Conseil entend et contrôle l'action courante de la chancellerie et du Chancelier, s’assurant de leurs fonctionnements réguliers.




Article 10 :

Le Conseil rédige et débat des ordonnances permettant de fixer les grands axes et les grandes décisions de la politique de la Ligue.

Il débat également des Actes proposés par la Diète de la Ligue. Il peut leur opposer un véto à une majorité des deux tiers.




Article 11 :

Les membres du Conseil ne sont responsables de leurs actes que devant le Conseil.




Article 12 :

Afin de l'appuyer dans ses tâches, le Conseil nomme un Chancelier pour l’action civile et un connétable pour les actions militaire.




Article 13 :

Lorsqu’un Acte reçoit un véto du Conseil, ce dernier est révisé par le Conseil puis est soumis à nouveau à la Diète.

Le Conseil peut demander une session extraordinaire de la Diète.




Article 14 :

Le Conseil signe les Traités, prend l’initiative des déclarations de guerre qu'il propose à la Diète.




Article 15 :

Il investit des Magistrats qui forment le Tribunal de la Ligue.




Article 16 :

Les Dignitaires de la Ligue sont les hommes désignés par le Conseil pour représenter la Ligue et dispose à ce titre d’une déléguation d’une partie des pouvoirs de la Ligue.

Ils incluent le Chancelier, le Connétable, les Légats, les Ambassadeurs, les Gouverneurs, les Officiers supérieurs de l’Armée.




Article 17 :

Le Conseil nomme également les représentants exceptionnels qu’il souhaite, dont il définit le mandat.






Chapitre Second: Du Connétable et de l’état de guerre



Article 18 :

Le Connétable est le Chef des Armées de la Ligue en temps de guerre. Il en assure le commandement en rendant compte au Conseil.




Article 19 :

Lors d’une guerre, le connétable préside le conseil de guerre qui, en plus du Conseil de la ligue, est constitué des officiers principaux de l’Armée de la Ligue.




Article 20 :

Lors de l’état de guerre, l’ensemble des forces militaires de la Ligue sont levées par ses membres via les bans féodaux. Le Connétable, et à travers lui le Conseil de la Ligue, définissent la stratégie que devront suivre les osts.




Article 21 :

En temps de paix le Connétable inspecte et conseille la préparation des forces militaires des domaines.




Article 22 :

Le conseil dispose du droit de grâce lors d’un vote à l'unanimité.





Chapitre Troisième: du Chancelier



Article 23 :

Le Chancelier est le premier commis de la ligue et dirige la Chancellerie et au travers d’elle, l’administration de la ligue. Il est le représentant de l'autorité du Conseil.

Il commande à l’Administration au travers des Légats qui l’assistent et à tous les corps constitués dans la limite de ses prérogatives établies par cette charte et la Loi.




Article 24 :

Si le Conseil de la Ligue ne siège pas. Le Chancelier peut prendre des décisions transitoires sur les sujets du ressort du conseil dans l'intervalle. Ils doivent être validés par le Conseil lors de la séance suivante.




Article 25 :

Son autorité procède directement de celle du Conseil duquel il répond pour toutes ses actions.

Il est, avec ses légats, invité au Conseil de la Ligue ainsi qu'au Conseil de Guerre.




Article 26 :

Il défend les Actes demandés par le Conseil devant la Diète.




Article 27 :

Il peut représenter le Conseil devant la Diète si ce dernier le juge bon.




Article 28:

Il conduit les négociations diplomatique avec le Conseil. Il est en cela appuyé par l'ensemble des administrations de la ligue.




Article 29 :

La Chancellerie gère le Trésor et présente l’état des finances au Conseil.

L'action générale de la Chancellerie étant décidée par le Conseil, cette dernière doit prendre toutes les dispositions possibles pour assurer que chaque membre puisse y accéder.





Chapitre Quatrième: Des offices civiles de la Ligue



Article 30 :

Le Conseil nomme des officiers civils pour appuyer le Chancelier dans ses tâches. Il peut donner délégation au Chancelier pour ces nominations.




Article 31 :

Le Conseil a toute discrétion pour réorganiser l’autorité de la Ligue, dans la limite de la présente charte.

Le transfert de responsabilités politiques des nobles provinciaux vers la Ligue doit être voté à l’uninamité par le Conseil puis par un vote à majorité simple à la Diète.





Titre Troisième : De l’organisation de la Ligue




Chapitre Premier: Des provinces



Article 32 :

Chaque province signataire de la présente charte entre dans la Ligue Péninsulaire. Elle apporte avec elle l’ensemble des domaines sur lesquels elle a autorité, par acte de vassalité.




Article 33 :

Cette participation n’apporte aucun préjudice à leur organisation politique, sous réserve du respect de l’autorité de la Ligue, dans la limite de la présente Charte et de la Loi.




Article 34 :

Chaque suzerain d’une province signataire de la présente charte reçoit un siège au Conseil de la Ligue et à la Diète. Il est le représentant de l’autorité de la Ligue sur ses terres.




Article 35 :

Chaque vassal terrien d’une province signataire disposant du droit d’immédiateté reçoit un siège à la Diète de la ligue et dispose ainsi de l’immédiateté de la Ligue.




Article 36 :

Chaque suzerain signataire de la charte assure le bon respect des Lois de la Ligue dans les provinces qu’ils contrôlent.

A partir de la signature initiale de la charte un nouveau suzerain ne pourra signer la charte que dans le cas d’un vote à l’unanimité du conseil.




Article 37 :

Les suzerains des provinces disposent de toute liberté pour organiser leurs territoires et nommer leurs vassaux.




Article 38 :

En cas de création d’un nouveau fief dans une des provinces de la ligue, ce dernier ne dispose pas du droit de siège à la Diète. Le Conseil de la Diète doit accepter de donner à ce fief l’immédiateté de Diète. Si le conseil approuve, ce dernier est ajouté à la liste de la Charte.




Article 39 :

En cas de litige concernant une loi de la Ligue, le Tribunal de la Ligue a autorité.

Un tribunal sera organisé par domaine.

Il représente le Conseil et assure la justice pour les sujets regardant les Actes de la Ligue. Ils disposent de la part des nobles provinciaux des moyens nécessaires pour appréhender les personnes dans la perspective de leur comparution.





Chapitre Second : Des états Libres



Article 40 :

Les villes ou domaines ne disposant pas du régime de féodalité peuvent demander le titre d’état libre de la Ligue. A ce titre ils disposent de l’immédiateté de Ligue et d’un siège à la Diète. Ces derniers sont sous la protection de la Ligue et conservent leurs prérogatives dans le respect de cette charte et des lois de la Ligue.




Article 41 :

La ville de Diantra est déclarée ville libre et siège de la Ligue. Sa gestion est confiée à l’administration de la Ligue.




Article 42 :

La Ligue nomme des gouverneurs auprès villes et domaines libres afin d’y assurer la représentation de l’autorité de la Ligue.





Chapitre Troisième : De la Diète de la Ligue



Article 43 :

La Diète se réunit deux fois par an. Le Conseil peut convoquer une séance extraordinaire.




Article 44 :

Chaque membre de la Diète peut proposer des Actes, ces derniers sont soumis au vote et si accepté, doivent être entendus par le Conseil qui peut y apporter son véto.




Article 45 :

Les Actes de la Diète, une fois acceptés par le Conseil, doivent être appliqués par chaque domaine du Conseil et ont la prééminence sur les ordonnances.




Article 46 :

Le vote de la Diète est secret.





Titre Troisième : Des Dispositions Spéciales liées à la dissolution des Terres royales




Article 47 :

Le domaine de Christabel est divisé en deux parties. A l’ouest des montagnes de Rocenpic, est formée la baronnie de Castel-Pic, à l’est de ces montagnes est formée la baronnie de Christabel.




Article 48 :

La ville de Diantra, ses faubourgs, et les berges du Garnaad environnante deviennent les terres de la cité libre de Diantra.

Les territoires au sud-ouest des berges du fleuve Garnaad par rapport à Diantra forment le comté de Valblanc.

Les territoires au nord-est des berges du fleuve par rapport à Diantra forment la baronnie d’Edelys.




Article 49 :

La baronnie d’Edelys est rattachée au duché de Langehack.




Article 50 :

La baronnie Castel-Pic et la baronnie d’Esteria vont au Médian.




Article 51 :

Les baronnies d’Apreplaine, de Béranthe, et de Christabel, ainsi que le comté de Valblanc forment le duché du Garnaad. Ce dernier sera placé sous la garde d’un duc décidé par les nobles des anciens domaines royaux, par un acte additionnel et séparé, ceci afin de respecter les services rendus par ces derniers à ces territoires.








Annexe à la charte présentant ses Signataires et les domaines disposant du droit d’immédiateté



Provinces signataires de la Charte, siégeant au conseil :


Pour le Duché du Garnaad - le représentant des anciennes terres royales Niklaus d’Altenberg
Pour le Duché de Langehack - Méliane de Lancrais et Oschide d’Asnozia
Pour le Grand Duché du Médian - Nimmio de Velteroc et Blanche de Hautval
Pour le Duché d’Erac - Ad Interim ??


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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Dim 24 Jan 2016 - 15:56

    J'avais reçu quelques jours plus tôt l'invitation du Seigneur d'Altenberg de me rendre à la Diète qui aurait lieu à l'hôtel de ville de Diantra. Ce nouveau conseil visait la signature d'une Charte de Paix dans le Médian et la création d'une Ligue Péninsulaire. On m'avait remis en même temps que l'invitation une copie de cette charte qu'un prêtre s'était chargé de me lire. Je n'avais fais aucun commentaire, après tout je n'avais pas à en faire. J'étais néanmoins ravi que ce document mentionne que Néera laissait liberté aux hommes de forger leur propre destin.
    Depuis mon entretien avec la Haute Prêtresse Lucillia, cette dernière était restée à Diantra. Elle n'avait pas quitté Notre Dame de Deina comme je le lui avais demandé. Tant que le Conclave n'aurait pas jugé de son sort, j'avais souhaité qu'elle ne retourne pas en Erac. Les Grands-Prêtres seraient bientôt réunis et je voulais que rien ne retarde cet événement.

    Depuis ma visite au Seigneur Harold à Vallencourt, je n'avais plus quitté la cathédrale. Si ma fille avait émis le souhait de rester auprès de moi, c'était surtout parce que son père n'avait que très peu de temps à lui consacrer. Certes je n'étais pas très disponible non plus, mais elle aimait aider les prêtresses dans le jardin de simples, ou au dispensaire lorsqu'il s'agissait de transformer ses fameuses plantes en lotion ou pommade.

    Le matin du jour choisi par le seigneur d'Altenberg, je quittais la cathédrale vêtue d'une robe blanche et de la ceinture dorée que l'on m'avait remise lorsque j'avais été ordonné Prêtresse. Le Grand Prêtre de Diantra avait tenu à me remettre le diadème qu'avait porté l'une des précédentes Gardiennes et il ceignait à présent mon front. La fine aile de Néera, sculptait dans de l'or blanc, scintillait sous les rayons du soleil estival, elle rappelait cette même aile qui était apparue sous l'oreille et qui brillait parfois. J'avais longuement hésité à masquer mon regard voilé, jusqu'à ce que Sa Voix me dise que s'ils doutaient encore de ma position, ils leur suffiraient de plonger leur regard dans l'épaisse fumée noire qui semblait embrumer mes yeux pour être enfin convaincu. Elle m'avait dit une fois qu'Elle ne permettrait pas que l'on doute de qui j'étais … et je lui faisais confiance pour tenir parole si cela devait arriver durant ce conseil.



* * *

    Les Seigneurs du Médian pénétraient dans la grande salle. Certains se saluaient, certains s'évitaient. Je pouvais ressentir les inquiétudes et les espoirs, mais également la haine, la colère et la rancoeur.
    Le Seigneur Niklaus d'Altenberg vint me saluer et j'inclinais légèrement la tête en le souriant.


    « - Merci de m'avoir conviée à ce conseil, je prie pour qu'il se déroule dans les meilleures conditions. »

    Je sentis la présence d'Hanegard avant même qu'il ne soit venu me saluer, de loin, formellement. Je comprenais parfaitement que ce n'était pas l'endroit pour un étalage de sentiment, mais j'étais tout de même froissée qu'après des jours d'absence il ne m'accorde que si peu de temps. Il s'éloigna aussi vite qu'il s'était approché, comme s'il craignait quelque chose. Je ne parvenais pas à saisir pourquoi il tenait à mettre autant de distance entre nous... mais je fus prise d'un doute. Il était l'un des rares à savoir pour le Don de Néera. Craignait-il que je découvre quelque chose que je n'aurais pas approuvé ?
    Mes yeux voilés avaient suivis le déplacement de mon époux, ils étaient toujours braqués sur lui lorsque Niklaus entama cette réunion. Je fronçais les sourcils tandis que plusieurs images ressurgissaient dans mon esprit. Si j'étais sincèrement surprise, je n'en montrais rien et je me forçais à me concentrer sur les paroles du Baron d'Apreplaine. « Chaque chose en son temps » pensais-je.
    Lorsque Niklaus eut terminé d'introduire la Diète, je me levais pour réclamer l'attention des Dames et des Seigneurs présents.


    « - Seigneur d'Altenberg, permettez moi d'intervenir un instant. Je voudrais dire quelques mots avant de quitter cette assemblée.

    Pour ceux qui ne me connaisse pas, je suis celle que Néera a désigné pour être sa Gardienne.

    Si je me tiens ici devant vous c'est pour répondre aux questions que certains d'entre vous m'ont déjà posé et que d'autres doivent également se poser. Il y a plusieurs ennéades, la Haute Prêtresse d'Erac est intervenue en déclarant que le seigneur Harold de Lyron avait été désigné par Néera pour devenir votre Roi. Elle s'était pour cela basée sur plusieurs signes qu'elle avait alors interprété comme étant des messages de la Déesse. Je puis aujourd'hui vous affirmer qu'elle se trompait. Néera n'a nommé personne et Elle ne nommera personne.
    J'ai répondu à l'invitation du Seigneur Niklaus d'Altenberg pour vous garantir que nul ne parlerait au nom de Néera durant cette Diète, si ce n'est moi.

    Le Culte a toujours su faire preuve de neutralité concernant la politique du Médian et du reste de la Péninsule et cela continuera, malgré les paroles et l'intervention de Lucillia d'Erac. La Haute Prêtresse était convaincue de vous apporter les Paroles de la Déesse et la Paix que nous souhaitions tous. Elle regrette aujourd'hui sincèrement sa prise de position et son erreur.

    Sachez également, que dans les jours à venir un Conclave aura lieu à Diantra pour statuer sur le sort qu'il lui sera réservé. Ce Conclave ne servira en aucun cas de procès public. Si je puis vous garantir que la Haute Prêtresse d'Erac répondra de ses actes, je tiens également à ce qu'il soit bien entendu par chacun d'entre vous que ce conclave ne concerne que le Culte et qu'en cas d'ingérence, il faudra en répondre devant Néera.

    Enfin le Seigneur d'Altenberg a eu l'obligeance de me faire parvenir une copie de cette Charte et je réaffirme, comme il est écrit dessus, que Néera vous a donné le Choix et qu'Elle attend de vous que vous forgiez votre propre Destin.

    J'ai beaucoup prié ses dernières ennéades pour qu'une paix durable s'installe enfin en Péninsule. J'espère de tout coeur que ce jour est enfin arrivé pour le Médian. »


    Le prêtre qui m'avait accompagné et qui se tenait légèrement en retrait derrière moi, plaça dans ma main tendue le bâton que j'utilisais pour me déplacer.

    Je quittais définitivement la pièce en laissant les Hommes à leur politique, mais non sans avoir adressé un dernier « regard » à Hanegard.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Ven 29 Jan 2016 - 7:22


La réponse à toutes ses interrogations était enfin là. La raison de leur venue à tous avait été dévoilé après un discours aussi fédérateur que triomphaliste du baron d'Apreplaine qui s'était improvisé maître des négociations. Il n'avait accordé à cet homme que du temps. Du temps pour évincer Harold et du temps pour trouver une alternative. Nulle promesse n'avait été faite, nul engagement n'avait été pré-établi en amont. Harold avait bel et bien été évincé, son absence pouvait en témoigner. Empoisonné suffisamment pour ne pas éveiller les soupçons d'une mort trop brutale, et suffisamment pour l'écarter de la couronne. Selon les rapports d'Ignazio, cette entreprise était dû à l'homme qu'il avait rencontré quelques ennéades plus tôt lors du conseil de Diantra, Hannegard Kastelord. N'était-il d'ailleurs pas l'époux de la gardienne qui venait de prendre la parole devant tout le monde à l'instant ? Il y avait de quoi rire face à cette ironie.

Ironie que cette intervention de la gardienne, conclut-il. Par un simple « excusez-nous, la haute prêtresse s'est trompée », Oschide entendit plutôt un « Notre haute prêtresse a rompu une paix naissante et la promulgation d'un futur roi, et nous regrettons profondément de nous être mêlé de ce qui nous regardait pas ». Sa foi, déjà ébranlée depuis le conseil, était à présent au point mort et il y avait de quoi. Bien sûr que cette gourdasse de haute prêtresse s'était trompée, personne ne l'ignorait, mais cela avait suffit à provoquer la rupture de la paix et l'élévation d'un homme sorti de nulle part. Quelle connerie...

Quid de la ligue maintenant ? Était-ce véritablement cela qu'il voulait mettre en place pour remplacer leur monarchie ? Était-ce vraiment cela leur solution miracle ? Leur alternative ? En gros, il ne faisait que proposer une solution peut-être efficace sur du court terme. Mais sur le long terme, cette ligue finirait par disparaître, ne devenant plus qu'une vulgaire « alliance » de façade et de convenance. D'autant plus que malgré les dires du baron d'Apreplaine quelques ennéades auparavant, Oschide connaissait parfaitement le rôle que le duché jouerait. Vache à lait, ouverture sur l'estrévent. De toute évidence, Langehack leur procurait plus d'intérêts qu'il ne pouvait en trouver à Apreplaine où ailleurs.

Tous les conseils avec ses nobles et ses vassaux n'avaient donc pas été fait en vain et la ligne à suivre était à présent plus claire et limpide que de l'eau de roche. Méliane, à ses côtés, semblait partager son point de vue. Il n'avait même pas besoin de lui en parler pour savoir, mais juste à regarder ses yeux et son attitude presque aussi glaciale que la sienne. Il jeta un œil à sa cousine et à son époux de Velteroc et se demanda s'ils signeraient cette charte. Mais bien sûr qu'ils la signeraient voyons ! Ils avaient tellement perdu en honneur et en prestige depuis le dernier conseil qu'il ne faisait plus aucun doute que l'expression « bouffer à tous les râteliers » prendrait tout son sens. Quelle déception, quelle tristesse que de voir ce velterien en qui il avait fondé tant d'espoir, et sur qui il s'était trompé sur toute la ligne. Comment avait-il pu penser que ce manchot, si fin stratège et bon général soit-il, ait pu devenir Roi ? Pour avoir emmené Langehack sur ce terrain-là, il s'en voudrait tout le restant de sa vie...

Mais adhérer à la ligue n'était pas seulement rejoindre les traînes-misères d'Hautval et de Velteroc, non, il y avait bien pire. Faire partie de cette ligue voulait également dire qu'il devrait se payer la tronche de Vallancourt et d'Harold à tous les conseils. C'était faire partie d'une alliance avec des hommes qui avait craché sur son nom, sur son honneur et sur sa réputation. Quel homme suffisamment stupide aurait pu acquiescer avec un grand sourire ?

Pensaient-ils alors qu'il signerait pour la simple et unique raison de voir Edelys enfin rattachée à son duché ? Mais il n'avait pas besoin de cette foutue ligue pour cela. Tout comme le velterien l'avait fait avec Christabel et Esteria en les faisant entrer dans son « Grand duché du Médian », c'était bien par la loi du plus fort et par la force des armes qu'il comptait la faire entrer si on le lui refusait. Mais qui pour lui refuser ? Un roi ? Que dis-je, un empereur ? Un sultan ? Une Gardienne ? Qu'on vienne la lui reprendre et les Langecins sauraient leur répondre, eux qui n'avaient pas encore combattu et qui étaient encore tout excités rien qu'à l'idée de changer un peu de la routine en jouant de l'épée.

Le couple ducal se leva.

-Langehack préfère garder sa neutralité et se retirer de ce congrès.

Simple, court, concis, il ne fallait pas plus de mot. Balancer tous ses sentiments personnels à l'égard de tous ses hommes et femmes présents lui auraient fait commettre une grossière erreur diplomatique. Qui plus est, cela aurait eu le mérite d'en faire réagir quelques-uns et le choix de l'arrestation où de l'exécution aurait été trop tentant. Méliane se retira en première, en s'inclinant brièvement pour saluer les membres du congrès.

-Nous vous laissons poursuivre, reprit Oschide avant de quitter les lieux à son tour.

Une fois à l'extérieur, il retrouva le baron de Missède entouré de ses capitaines et seigneurs, ainsi que ses propres capitaines Langecins.

-Veillez à ce que ces nobles sachent retrouver la sortie de Diantra lorsque tout ceci sera terminé. Je ne veux aucune effusion de sang et aucune altercation avec les miliciens.

Les hommes acquiescèrent simultanément, mais l'un d'eux rompit l'instant solennel.

-Si ce sont eux qui prennent les armes en premier, altesse ?

Oschide lâcha un bref sourire.

-Celui qui les dirige n'est probablement pas assez stupide pour commettre une telle erreur.

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Ven 29 Jan 2016 - 16:38


Le baron resta d’une calme froideur en regardant le couple ducal se lever et quitter la pièce. Il haussa légèrement les épaules, ne cherchant pas à les arrêter. C’était naturellement leur choix, et s’il en était désolé, ils n’étaient de toute manière pas là pour telle ou telle personne, mais pour voir combien de personnes adhérerait. Il faudrait à la suite radier quelques lignes du traité, mais ce n’était pas bien grave. Ces personnes voulaient partir. C’étaient naturellement leur choix le plus total. C’était là bien dommage après que Niklaus ait fait tant d’effort pour arriver à ramener le Langehack à la table des négociations, mais si ces derniers avaient eu une offre bien meilleure par ailleurs, c’était naturellement un risque comptabilisé. L’Histoire retiendrait que le duc d’Asnozia ne savait décidément pas rester plus de trois minutes à une table de négociation sans se sentir obligé de faire une sortie éclatante. Une stratégie douteuse pour un domaine se voulant être une plaque tournante du commerce. Mais peu importait.

“ - Messieurs dames. Outre l’article 49 à radier, je propose que nous poursuivions, le reste du traité étant prévu pour se maintenir en l’état. Nous aurons à coeur de discuter avec le Langehack de son retrait plus tard, mais il me semble inutile de nous arrêter en si bon chemin. Quelqu’un d’autre souhaite-t-il partir, que nous puissions continuer entre gens intéressés ?”
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Mer 3 Fév 2016 - 21:10

Nimmio était resté calme et silencieux depuis le début. Il était entré sobrement dans la sale du conseil qui avait jadis été le lieu de bien des choses. C'est en ces lieux que l'usurpatrice s'était moquée de lui et avait dévoilé la mascarade qui recouvrait ses ambitions personnelles. C'était en ces lieux ensuite, qu'après la guerre, il avait tenté, en vain, de réunifier le royaume. C'est en ces lieux à présent que semblait vouloir se jouer une nouvelle farce.

Il avait compris que les choses n'allaient pas se dérouler comme il l'espérait par le peu d'entrain qu'avaient exprimés les hommes de Langehack lors de son arrivée à Diantra. Il l'avait compris lorsqu'il ne fut pas invité par Oshid à le rejoindre avant le début du conseil. Il avait compris, enfin, en voyant la teneur de la charte qui avait été déployée devant lui et qui ne pouvait qu’amener au retrait de Langehack, se sentant sans doute floué de se voir retirer la protection de Diantra.

Mais ce n'était pas tout. D'autres découpages étaient proposés. Une partie d'Estaria et pas moins de la moitié de Christabel devaient êtres sacrifiés à la création d'un nouveau duché, apparu de toute pièce.

S'il était loin de s'opposer à la création de ce nouvel ensemble, gage de stabilité pour ces terres qui, seules, attireraient les appétits de leurs voisins, il ne comprenait pas la logique des lignes artificielles qui découperaient le Grand Médian de part en part où le priveraient, au choix, d'un accès viable à l'océan Eris.

Il Se redressa lentement, tandis que la délégation de l'est se retirait après s'être quelque peut donnée en spectacle. Juste ce qu'il fallait pour jouer de panache, mais suffisamment peu pour ne pas déclencher la colère des seigneurs présents.

Une fois le calme revenu, et sans se lever, il prit une plume et déroula la carte devant lui. Il y traça alors de nouveaux contours pour la baronnie de Castel Pic.

Voici ce que je vous propose. Je vous laisse Castel Pic tel que dessiné, récupère donc Christabel avec un accès à la mer et accepte les nouvelles frontières d'Estaria que vous proposez. Quant à la dénomination d'Estaria et de Christabel, je ne souhaite pas les voir figurer nommément dans le traité. Beaucoup de choses sont encore à y définir et leur donner dès à présent un statut me parait prématurée et relever de mon appréciation et non de celle de ce conseil. Sous réserve de l'acceptation de ces révisions, je suis disposé à ratifier ce traité.

Il se redressa alors, déposant délicatement son dos contre contre le dossier de son fauteuil, observant les uns et les autres s'interroger du regard où observer leurs cartes. Il avait dit ce qu'il avait à dire concernant le traité. Il faudrait ensuite revenir sur la restitution des terres aux seigneurs du nouveau duché ainsi créé et la mise en place officielle du Conseil. La journée serrait encore longue.
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Ven 5 Fév 2016 - 16:27

Blanche de Hautval s'était donc rendue à ce conseil. Elle avait proposé d'y emmener Bathilde d'Ancenis afin que celle-ci se familiarise à tout ce qui tourne autour de la politique. Après tout, sa pupille sera bientôt baronne, quand elle en aura l'âge. Elle était naturellement sous bonne escorte, l'ancienne garde personnelle d'Aemon IV avait été dépêchée en plus de la garde d'obsidienne. Une fois au sein de quatre murs où résidaient la plupart des protagonistes. Elle peut voir de ses propres yeux la Gardienne de Néera, la déesse à qui Blanche vouait une adoration pratiquement aveugle. Elle chuchota quelques propos discrètement à sa Protégée qui eut un sourire. Blanche s'évertuait à dispenser sa foi à Batilde d'Ancenis. Puis naturellement, elle salua chacun des protagonistes de la salle de la façon la plus juste et respectueuse qui soit, vis à vis de leur statut afin que sa jeune enfant puisse s'exercer en temps réel. Bathilde d'Ancenis s'exécuta donc. La charte énoncée fut transmise sans doute sous copie afin de chacun puisse parfaitement comprendre ce qui était exposé. Elle murmure à Bathilde une fois de faire bien attention et d’assimiler tout les tenants et aboutissants de ce document. Ceci fait, la Gardienne prit enfin la parole afin d'expliquer les actions de la Haute-Prêtresse. Blanche était ravie en son for intérieur qu'elle avait raison et que cette pauvresse avait trahi la déesse. Elle n'exprima pas l'ombre d'un sourire lorsque Jena annonça qu'un procès était prévu. Elle se ferait une joie d'y assister bien qu'elle se doutait que la sentence serait sans doute trop douce à son goût. Une inclinaison de sa frimousse se fit, une fois que la Gardienne eut quitté la pièce. Le premier à prendre la parole fut son cousin, Oschide qui avait été froid tout du long, autant que son épouse qui se disait son amie. Blanche était malgré tout contente que cette dernière s'était rétablie et avait pris soin de mettre une robe fait expressément avec les étoffes que lui avait envoyé Méliane comme cadeau. Elle espérait qu'elle remarque cette attention. Elle avait d'ailleurs demandé à ses meilleurs couturiers et couturières de sublimer au mieux ce fabuleux présent. Au final, la Dame du Val n'était pas surprise du comportement de Monsieur le Duc-parvenu. Elle avait compris quel était la nature de cet homme à l'instant même où elle avait échangé ses premiers mots au sein de Notre-Dame de Deina. Blanche était triste qu'un cœur si pur comme celui de Méliane se soit épris de cette noirceur dangereuse. Sa main se faufila vers celle de son époux lors le couple quitta la pièce. Ses doigts se pressèrent doucement et elle échangea un regard lourd de sens tandis que ses lèvres se meurent en silence.

La pression fut relâchée l'instant suivant et elle laissa le Duc attendre le verdict voir si les uns et les autres étaient d'accord. Bathilde lança un regard d’incompréhension à Blanche qui vint discrètement lui tenir la main sous la table.


*


Dans le cas où les instances étaient d'accord avec les nouvelles exigences de Nimmio et si celui-ci consentit à signer, Blanche fit de même. Lorsque la séance fut finie et où les uns et les autres eurent le plaisir d'être éconduit au plus vite hors de la capitale, apparemment. La Dame du Val chargea de faire parvenir au plus vite quelques lettres et de retrouver son époux pour la suite sempiternelle de ces interminables enfantillages de qui a le plus gros phallus de la Péninsule.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Dim 7 Fév 2016 - 16:11


Il n’était jamais simple de prendre la parole au nom d’une multitude. Ce conseil avait eu pour ambition de réunir et non de diviser. Et heureusement pour Niklaus et pour ses espoirs dans une certaine forme de stabilité pour le centre de la Péninsule, seuls les représentants du Langehack prirent la décision de quitter la salle et le reste de l’assemblée eu l’occasion de continuer tranquillement les discussions.

Le baron eut un rapide échange à voix basse avec Vallencourt sur les propositions de de Velteroc, ces dernières ne changeant rien au fond général de la proposition et du traité, il n’était même pas nécessaire de négocier un point qui était au final qu’une précision. Ils acceptèrent donc sans ajouter de condition. Le baron se sentant néanmoins obligé de répondre avec calme sur ce sujet :


“ - Nous ne nous opposons pas à cet inter-changement des terres dans le traité, ce dernier pourra être modifié par un acte additionnel à ce sujet. “


Le baron entreprit ensuite de proposer de signer, de manière à finaliser ce traité entre Erac, les terres royales et le Médian. L’instant était naturellement sollanel et le baron ne comptait pas laisser cet accord obtenu in extremis tourner au vinaigre comme le dernier qu’il avait négocié. Outre l’équilibre des pouvoirs que ce traité provisionnait entre les parties de la ligue, il donnait l’espoir de voir émerger un nouveau modèle de gouvernance pour le centre de la Péninsule permettant à toutes les autres entités politiques de la Péninsule, si elles y trouvaient leur compte, d’y adhérer par le futur.

Il n’était d’habitude pas homme à se féliciter trop largement, mais en l’occurence il n’était pas mécontent de voir enfin aboutir un compromis permettant d’imaginer une stabilisation progressive du centre de la Péninsule.
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MessageSujet: Re: Ainsi va la Diète    Mer 17 Fév 2016 - 10:22


A bien des égards, l'émergence de la Ligue fut le résultat d'un accouchement dans la douleur, et ils furent nombreux, ceux qui croyaient ce grand dessein mort-né. Réunis à Diantra, les représentants d'Erac, du Médian, de Langehack et des anciennes terres royales semblaient en effet inconciliables ; on les imaginait s'entre-déchirer autour d'une carte, tirer prétexte de la moindre clause pour se lancer dans un débat sans fin.

Lorsque Langehack quitta la table des négociations, tous ceux qui prévoyaient pour la Ligue une mort prématurée crurent voir leurs soupçons confirmés.

Pourtant, la Ligue devait bien voir le jour. Amoindrie, certes, car le départ de Langehack l'amputait du même coup de la légendaire cité de Diantra et du domaine d'Edelys, placées sous l'occupation des troupes langecines. Mais les autres représentants choisirent de poursuivre ce qu'ils avaient entreprit. Nimmio de Velteroc avait déjà dû revoir ses ambitions à la baisse, devant l'imbroglio diplomatique qu'il avait dû affronter suite à sa guerre ; lui qui avait mis à bas le pouvoir royal de Diantra, lui qui avait fait plier la régence, avait finalement renoncé à poser les bases d'une nouvelle dynastie ; mais il ne verrait pas s'écrouler l'ensemble de son oeuvre. Par chance, il put compter sur Niklaus d'Altenberg : ce diplomate hors pair, représentant les terres royales, jugea sage de poursuivre la discussion jusqu'au bout, dans l'intérêt de la paix. Il ne rallumerait pas le feu des rancoeurs de la noblesse des domaines royaux. La Ligue était essentiellement son projet, un projet qui avait pu voir le jour lorsque les parties prenantes avaient renoncé à se doter d'un nouveau roi. Le regard résolument tourné vers l'avenir, Niklaus d'Altenberg voulait faire de la Ligue un instrument de paix et de progrès dont le rayonnement inspirerait toute la péninsule.

On imagina alors que la dernière résistance viendrait du côté d'Erac, une fois de plus : lorsque les grands vainqueurs se cherchaient encore un nouveau roi, Harold n'avait-il pas rêvé, et presque réussi, à coiffer la couronne au détriment de Nimmio ? Mais sa maladie et son désaveu par le clergé de Néera l'avaient affaibli tant sur le plan physique que sur le plan politique ; ses conseillers, désormais, tempéraient sa témérité ; selon eux, le duché d'Erac ne pourrait maintenir son existence que par le compromis.
Alors les représentants d'Erac signèrent.

Ainsi la Ligue vit-elle le jour.

Les domaines royaux disparurent, laissant place à de nouveaux fiefs. Le domaine de Christabel, celui-là même qui avait vu le terrible massacre des champs pourpres, fut scindé en deux au niveau des montagnes de Rocenpic. Sa partie ouest devint la nouvelle baronnie de Castel-Pic, tandis que la partie est devenait la baronnie de Christabel.
Les baronnies de Christabel et d'Esteria furent rattachées par lien de vassalité au Grand-Duché du Médian, sous la suzeraineté de Nimmio de Velteroc.
Les nouvelles baronnies de Castel-Pic, d'Apreplaine, de Béranthe et le nouveau comté de Valblanc vinrent former le duché du Garnaad. Bientôt, la noblesse des anciens domaines royaux se rassembla pour désigner son duc. En laissant ceux-ci décider de leur avenir sans leur imposer de nouveau suzerain, on espérait apaiser les tensions qui pourraient subsister contre le Médian ; car Nimmio de Velteroc, s'il avait juré agir pour de bonnes raisons, n'en était pas moins venu en conquérant. Les nobles s'accordèrent très vite pour faire de Niklaus d'Altenberg leur duc et leur suzerain : celui-ci avait montré toutes ses qualités de diplomate et de négociateur en posant les fondations de la Ligue, et en sauvegardant l'intégrité et la relative indépendance de la plupart des anciens domaines royaux. Ainsi la baronnie d'Altenberg devenait duché.
Quant au Duché d'Erac, amputé de ses vassaux de jure, il semblait désormais fort isolé ; pour autant, Harold demeurait l'un des trois suzerains de la Ligue, et conservait sur le plan protocolaire un rang équivalent à celui de son grand rival Nimmio. La Diète restait un échec pour lui, mais un échec qu'il avait su limiter.

Pendant ce temps, le duc de Langehack, Oschide d'Anoszia, s'efforçait de raffermir sa prise sur les territoires qu'il occupait : Nelen, prise à l'ennemi du sud ; Edelys et Diantra, contrôlées par ses troupes. A Edelys, domaine bien plus modeste, il ne rencontra pas une grande contestation ; le territoire au nord-est des berges du fleuve devait bientôt former la baronnie d'Edelys, rattachée par lien de vassalité à Langehack.
En revanche, Diantra était une toute autre paire de manches. D'aucuns affirment que l'éternelle cité aux cinq-cent-soixante-quinze tours ne pouvait être tenue en l'absence d'un véritable roi ; la formule était simpliste, mais l'on ne pouvait en dire autant du climat délétère qui régnait dans l'ancienne capitale. Les graines de la discorde étaient multiples : le départ de la noblesse avec le chancelier vers le sud, l'incendie de la capitale, l'afflux de réfugiés fuyant les osts du Médian et qui s'entassaient dans les rues - quand ils ne prenaient pas d'assaut les habitations, abandonnées ou non, en quête de nourriture ou simplement d'un abri. La plèbe, en proie à la peur, à l'insécurité, à la hausse du prix du pain, était en ébullition. Des mesures furent prises par l'autorité ducale, qui ne ménagea pas ses efforts pour négocier avec les principaux meneurs du mouvement populaire et apporter des garanties à la plèbe. Néanmoins, faire entendre raison à une bande de râleurs est un travail de longue haleine, et lorsque ceux-ci ont désigné un coupable à leur malheur, il leur est difficile de s'en remettre à lui pour voir les choses s'améliorer. Pour ne rien arranger, on devait dorénavant y ajouter les revendications, pas tellement plus claires, des corporations marchandes ; la bourgeoisie y allait de ses critiques acerbes, se plaignant de l'insécurité mauvaise pour les affaires. Paradoxalement, ils attisaient eux-mêmes la grogne du peuple ; c'était un véritable cercle vicieux qui se dessinait dans la bonne ville de Diantra.

Diantra, véritable joyau empoisonné, demeurerait-il encore longtemps sous la coupe de Langehack ? Une chose était certaine : rarement dans son histoire le duché de Langehack ne s'était trouvé tant isolé, entre le Soltaar, ennemi déclaré se réclamant de la continuité du royaume et du règne de Bohémond Ier, et la Ligue, ennemi potentiel rassemblant tous ceux qui, faisant table rase du passé, ne reconnaissaient plus de roi.

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Ombre fugace
Maître de ton destin

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