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 Une affaires d'affaires {Solo}

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MessageSujet: Une affaires d'affaires {Solo}   Jeu 23 Juin 2016 - 9:23


Judith d'Hardancour posa sa tasse de tisane de cannelle septmontaise, de miel et de citron, et s’autorisa un bref regard vers son interlocuteur qui, en intense réflexion, semblait faire un calcul pour le du moins complexe, sinon long.

"Je vous écoute"
, fit-elle d'un air attentif, la plume à la main. Elle ne prenait que rarement note des choses à l’écrit, mais la parole de cette homme en valait, d’après une lettre de son assistant Aristide, son pesant d’encre et de parchemins.

"Eh bien ma foi, les dépenses seront nombreuses, commença-t-il d’une voix grasse et légèrement essouflée. Aussi convainquant qu'Aristide puisse paraître, croyez bien que c'est un doux rêveur que de croire qu'une telle entreprise ne risque point de se faire sans un investissement initial conséquent. Même avec une relativement bonne connaissance des tenants et aboutissants de chaque commerce - ce que je ne possède pas, je l'avoue ; mais je pense que peu de gens ont une telle science en leur possession, je crains que certains frais soient incompressibles."

L'homme, obèse, les yeux presque fermé, était habillé d'une tunique verte à la mode bien bourgeoise. Recommandé par ledit Aristide, qui assistait Judith dans ses diverses tâches, mais en voyage à Etherna pour le moment, l'homme était l'une des plus grandes richesses bourgeoises de Sainte-Berthilde. Il n'était sûrement pas aussi riche qu'un bourgeois langecin ou ydrilote, mais il était sans doute celui qui s'y connaissait le plus en affaire, ayant fréquenté le Carrefour et Thaar depuis de bien nombreuses années. Travaillant par le biais de ses associés et ses employés, l’homme avait réussi à poser plusieurs échoppes solides à travers le territoire, faisant ainsi de lui une des plus belles fortunes de la roture de Sainte-Berthilde. Si un homme pouvait l’aider, il ne pouvait y avoir que lui.

"Eh bien voyez-vous même, madame. Ceci est une liste des frais que nous avons estimé avec notre ami commun de Thiers.  Réaménagement des ports, routes... Armement des navires... Et bien sûr, un investissement initial. Martin, apporte ça à madame la marquise."

Le commis se dépêcha de sortir un parchemin d'une sacoche, qu'il donna à Judith, qui le déroula et en lut toute la teneur. La dernière ligne, indiquant un total prévisionnel, fit hausser un sourcil à Judith.

"Oh, lâcha-t-elle presque involontairement. Ce n'est pas une moindre somme."

L’homme sourit sous ses bajoues.

"Pas le moins du monde, je le crains,
fit-il, amusé. Mais plus vous investirez pour rendre la route attrayante, et plus les retours seront rapides. Voyez, le Carrefour, entre l'embargo Berthildois avec le Médian a très sérieusement affaibli les flux de marchandises venant du Nord, renforçant par la même Etherna, Olysséa et Sainte-Berthilde, directement. Si ce que vous me dites sur les Nains et bel et bien vrai, nous disposons également d'un marché absolument vide qui nous attend à Thanor. Cette somme devrait être déployée au plus vite... Et à mon avis..."

L'homme tourna sa tête à droite et à gauche, prenant le ton de la confidence.

"Ma foi, je ne dis ça que pour le bien du marquisat... Mais les taxes marchandes doivent subir un contrôle plus sérieux de la part du marquisat. Si les marchands itinérant doivent payer une taxe de dix écus à chaque fois qu'ils traversent un tronçon de route appartenant à un seigneur, ma foi, les marchands s'arrêtent vite. Bien sûr, j'exagère... Mais il n'est pas déraisonnable d'admettre que moins de taxes -sur un court terme, bien entendu- apporterait un bénéfice énorme sur le long terme, en plus de nous rendre plus attractif que nos amis du Sud. Oh, et il faudrait éventuellement songer à unifier les marchands de Sainte-Berthilde sous une même corporation, capable de faire valoir ses droits face aux compagnies marchandes du restant du Royaume."


Enfin, nous étions arrivé sur le point le plus compliqué ; la contrepartie, en échange de tout ces conseils. Le marchand, suffisamment prospère, ne se sentait pas au dessus de quelques astuces gratuites, mais il n’allait néanmoins pas s’interdire quelques suggestions avantageuses pour lui. Baisser les taxes, avoir plus de droits. Comme quoi, il y avait autant de naïfs que de pervers que ce soit chez les nobles que chez les vilains.

"Je ne puis être d'accord avec vous sur le premier point, fit Judith, tentant de mettre le holà à la tentative. La taxe des seigneurs est quelque chose de non-négociable, et en va de la survie de leurs affaires. Je ne puis accéder à cette requête. De plus... De quel droit pourrais-je m'adresser aux vassaux de la baronnie d'Olysséa ?"

"Je vous comprends, madame, mais la chose n'est pas si compliqué. Tout d'abord, avant de vous adresser à quiconque vassal, vous feriez mieux de voir avec le baron lui-même, qui approuvera ou non votre projet, pourvu que vous le nourrissiez des bons arguments, ce qui nous amène à votre première question... Comment gagner plus en taxant moins."

Gagner plus en taxant moins ? Voilà qui était amusant. Où plutôt, qui rendait perplexe.

"Eh bien, prenons un cas concret. Je suis Mildred, marchand de Sharas. Et lui, fit-il en désignant le commis, est Régis, Le marchand de Missède dans le Langecin. Chacun d'entre nous achète cinq étoffes depuis Thaar. Même prix. Mais voici que le seigneur de Missède fait payer un écu à l'importation par étoffe, tandis que celui de Sharas en fait payer trois. Il se passe alors deux choses."

Il appuya son deux en levant deux doigts, énonçant chacun des arguments en tenant le doigt boudiné correspondant, appuyant ainsi ses dires.

"La première,
fit-il en aggripant le premier doigt, est que la marge de bénéfice de Mildred est plus basse. L'année prochaine, Mildred n'achètera de nouveau que cinq étoffes. Régis, quand à lui, grâce à la taxe très basse, pourra se procurer une étoffe de plus. Et petit à petit, tandis que le commerce de Mildred stagne, celui de Régis s'accroit. Vous me suivez ? Parce qu'à long terme, Régis pourra vendre quinze étoffes. Ce qui veut dire qu'il finira par payer autant de taxes que Mildred, si ce n'est plus; une affaire augmente à un rythme bien plus soutenu une fois qu'elle est florissante. Mais si cet argument n'a pas fini de vous convaincre, en voilà un second."

"Je ne sais pas, voyons... Alazize de Qiryah veut vendre des joyaux aux péninsulaires, qui aiment la bagatelle pharétane. Je vous laisse imaginer chez qui il vendra la pacotille. Et bien sûr, qui recevra la taxe. Voyez donc, ma bonne dame."

Judith prit du temps à réfléchir. L’argument était certainement recevable, pourvu de connaître la taxation des contrées environnantes.

"La rhétorique en est si solide que je suis presque convaincue, admit-elle le sourire en coin.
 Mais il faudra sans doute déterminer les taxes des ports environnant, afin de s’assurer de ne pas trop accorder une trop grande marge. Et un problème subside, néanmoins. Je doute que je sois capable de soulever une telle somme en si peu de temps. Ce que vous me soumettez là est équivalent à une fraction non négligeable du trésor... Je ne puis me permettre d'en dépenser autant sans risquer de plonger le marquisat dans la famine si les années ne nous sont pas fastes."

Cela, et l’expression faciale de son "Effroyable" après lui avoir expliqué que la moitié du coffre s’est évaporé dans des routes et des bateaux, qui n’était pas vraiment une idée rassurante. Mais elle prit soin de garder cette remarque pour elle.


"Comme je l'ai dit plus tôt, c'est un investissement, madame. Risquer de perdre son bien dans une telle entreprise est normal. Mais en effet, il vaudrait mieux ne pas le payer seul, et là est tout l'intérêt de fonder une Guilde qui s'occupera de la gestion de ces frais, et qui pourrait également tenter des opérations d'une envergure que peu de marchands possèdent. Indépendante de la trésorerie de Sainte-Berthilde, vous pourrez donc faire participer Sainte-Berthilde à hauteur d'une part, et également inviter les membres à y investir afin de voir le commerce fleurir. La guilde s'occupera donc de tout ce qui serait l'infrastructure : La route, les navires, la sécurité, de plus grosses marchandises à vendre via des commis et des employés, et éventuellement de veiller au bon déroulement de la perception des taxes. Je dis cela, car la grande production de blé dont les seigneurs sont responsable pourrait être écoulées plus vite et à un meilleur prix."



"Et qui pourrait bien être intéressé pour payer tout cela ?"


"Eh bien déjà, vous. Sainte-Berthilde est la première intéressée par cette affaire, n'est-ce pas ? Ne cherchez point du côté des petits marchands qui font leur commerce au jour le jour. Regardez plutôt les associés, les coopératives. Même les autres guildes seraient intéressées par cette entreprise. Voyez également plus grand le concept et le cadre d’action de cette « guilde ».  Plus que d’en faire une organisation facilitant la circulation des marchands, proposez des services payants. Par Néera, vous pourriez même les rendre obligatoires. Escorte de navires,  transports de marchandise... Tout ceci figure d’ailleurs dans le prix indiqué sur le parchemin. Cela permettra d’amortir les dépenses dans un premier temps, avant de devenir l’un des revenus les plus rentables de la Péninsule, si vous le jouez bien. "

" Enfin, je vous suggère d’informer le Thaari dont nous avions parlé autrefois, le seul qui circule encore par voie de mer jusqu'à Thanor, qui  porte le nom de Salfaryl le Sombre. C'est un Prince-Marchand nain à la richesse et à la réputation respectable, qui régule l’entièreté de ce tronçon de route. Croyez bien que l'idée de diviser par deux le trajet maritime et par quatre le temps de trajet est une idée qui le séduira sans aucun doute. La Corporation d'Argent, également, pourrait vendre des pacotilles de qualité. Et il n'y aura qu'à percevoir la taxe derrière. Parlez aussi de votre route à d’autres. Faites partir des rumeurs sur cette route où les taxes sont peu chères et les clients nombreux. Je pense que la Princesse Marchande Al'Serat sera également intéressée de faire votre connaissance, pour peu que l’armurerie noirelfique et le commerce avec les drows ne vous répugne point. Un haut profit pourrait en être retiré. "

Le marchand s’autorisa une grande inspiration, tandis que Judith pesait le pour et le contre ces nombreuses implications. Une fois la sentence finale prononcée au sein de son esprit, elle sourit et remercia le suant sieur.

"Oh, je le sais bien. Merci pour tout, Olivier. Essayons de garder la chose confidentielle le temps pour la guilde de se créer. J'enverrai dès ce soir une missive à Aristide afin de lui résumer tout cela, et l'envoyer à Thaar dès que possible."



"Ah oui, se rappela-t-il. D'ailleurs, que fait-il en Etherna ? Ne serait-ce pas plus sage de négocier avec les Olysséans ? A la différence des Clairssac, Sigvald est un vassal de votre mari. Et nous pourrions attribuer bien plus de vaisseaux à-"

"Ne vous inquiétez point pour cela. J'ai mes raisons, n'en doutez pas."


"Certes, mais-"

"Point vos affaires, que tout ceci, insista-t-elle.
Mais ne vous inquiétez pas, nous irons voir avec Olysséa en temps voulu. Cela se fera en quatre temps. Tout d’abord, fondons cette guilde dont vous avez parlé, cherchons tout les éventuels intéressés pour y faire part. J'attendrais le conseil d'Aristide sur la composition 'une telle association. Ensuite, s’assurer de la sécurité et de la qualité des routes d’Etherna d’Olysséa et de Sainte-Berthilde. Alors, nous nous concentrerons sur Thaar. Puis nous discuterons taxations avec nos vassaux. Je dois donc vous laisser, Olivier. Sachez en tout cas que votre confiance en nous ne sera pas sans récompense."

Olivier sourit humblement. Je le sais bien, s’affirma-t-il in petto. Baisser les taxes est déjà une victoire, en soi, mais si je peux obtenir quelque dividende de cette aventure, je veux bien être la muse d'un noble.

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