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 La petite guerre des Karlsburg

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Roderik de Wenden
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MessageSujet: La petite guerre des Karlsburg   Jeu 3 Aoû 2017 - 16:37


Le récit qui suit est un extrait des Compilations malelandoises du père Feidel, rédigé en la dixième année du onzième cycle, et annoté par un anonyme. L'annotation en bas de page est peut-être l'oeuvre du père Feidel lui-même, commentant le travail d'un nègre littéraire - on sait qu'au crépuscule de son existence, le clerc s'intéressait de moins en moins à l'écriture et déléguait celle-ci à ses apprentis. Il trouva grâce à cela le temps de s'adonner à la débauche, ce qui, sans doute, lui inspira le Recueil de la Truie, une oeuvre paillarde qui connut un franc succès quelque temps après sa mort.

Mais revenons à nos moutons. L'extrait, donc.



La petite guerre des Karlsburg


Au dernier jour de la quatrième ennéade de Karfias, la rumeur de la mort de Roderik de Wenden parvint en Arétria. Si l'on s'accorde à dire que la nouvelle prit tout le monde de court, les réactions qu'elle suscita furent diverses et variées.

La comtesse Iselda, nul n'en doute, fut bien naturellement éperdue de chagrin ; mais aucune femme au coeur aussi tendre que le sien n'eut pu endurer une si douloureuse épreuve avec le courage dont elle fit preuve. Car bien que privée de son compagnon, de son ami et de son protecteur le plus fidèle, le père de son enfant, Iselda n'oubliait point ses responsabilités. Elle l'avait déjà montré à l'époque où elle avait succédé à son père dans des circonstances tout autant tragiques. A peine avait-elle revêtu les habits noirs du veuvage qu'elle se montrait déjà prête à assumer, avec son deuil, la charge qui était la sienne, pour la mémoire de son époux et pour le bien de son fils Karl, lui qui un jour hériterait du comté.

C'est dans les jours qui suivirent que son frère Ewald lui adressa une missive présentant ses condoléances et témoignant de son désir de renouer avec elle. En effet, depuis la mort de leur père, le frère et la soeur ne se cotoyaient plus. Ewald s'était reclu dans le château de Karlsburg dont il avait hérité, et affichait un silence des plus troublants. Resté sourd aux multiples invitations de sa soeur, il semblait couver une rancune que nul n'était en mesure d'expliquer. Iselda, par sa nature bonne et aimante, se montra plus que ravie à l'idée de retrouver son frère ; sans doute la pauvre femme se sentait-elle bien seule désormais, et la perspective de ces retrouvailles fraternelles était réconfortante.

Si avisée qu'elle fut, force est de reconnaître qu'Iselda commit une imprudence. La précaution lui eut commandé de recevoir son frère chez elle, au château d'Arétria où elle avait ses familiers et protecteurs ; au lieu de quoi c'est elle qui se rendit à l'invitation d'Ewald, entre les murs de pierre froide de Karlsburg. Mais Iselda n'y craignait rien, croyait-elle ; après tout, elle avait passé son enfance en ce château, qui avait tour à tour appartenu à son oncle Sigurd, à son cousin Wenceslas, à son père Alwin, puis à son frère Ewald.

Ce qu'il se produisit lors de cette rencontre est sujet à caution, les rares témoignages étant confus, sinon contradictoires. La version la plus commune veut qu'Ewald ait fait passer par les armes les gens d'Iselda, avant d'embastiller sa soeur dans la plus haute tour de la forteresse familiale. C'était un homme mesquin et vil, qui avait lâchement refusé de devenir comte à la mort de leur père - car alors, il lui aurait fallu diriger l'ost arétan à la bataille d'Amblère, lui qui était si piètre guerrier - et qui, aujourd'hui, dans un comté en paix, désirait reprendre ce à quoi il avait autrefois renoncé. Sa soeur placée sous bonne garde, il dépêcha ses émissaires d'un bout à l'autre de la malelande en revendiquant le comté pour sien, avec la ferme intention de monter dans le nord du pays pour se faire ouvrir les portes d'Arétria-la-ville.

Mais la machination d'Ewald, basée autant sur la rapidité que la cruauté, comportait une faille essentielle. Car s'il s'était assuré de sa soeur, il n'était pas en possession de son neveu, lequel était resté à la capitale, protégé par les amis de Roderik et d'Iselda. Et la cause de l'enfant, privé de la protection de sa mère, se trouva défendue par une autre femme : Aliénor, la soeur de Roderik, à qui celui-ci venait de léguer sa seigneurie de Wenden. En prévision d'une guerre à venir dans le Médian, nombre de seigneuries avaient passé l'hiver à s'apprêter au combat ; Wenden était de celles-là, et Aliénor fut prompte à rassembler de preux vétérans pour châtier le traître. La première, elle se mit en route pour contrecarrer les projets d'Ewald et de ses sbires ; chemin faisant, nombre de bannières loyalistes se joignirent à la sienne.

L'armée d'Aliénor de Wenden trouva celle d'Ewald mettant le siège devant les murs d'Arétria-la-ville. La capitale arétane avait refusé de livrer l'enfant et d'ouvrir ses portes au traître. Peu organisés, les pleutres qui composaient l'ost d'Ewald furent rapidement mis en déroute. Ewald lui-même détala avec sa garde rapprochée, poursuivis par les troupes d'Aliénor. La femme intrépide menait elle-même ses hommes à la guerre, revêtue d'une armure étincelante et montant un superbe destrier blanc. La poursuite dura plusieurs jours, à l'issue desquels Ewald et ses hommes se trouvèrent bloqués aux abords de la Würm. A l'issue d'une bataille courte et sanglante, les troupes d'Aliénor mirent un point final à la rébellion. D'Ewald, on ne retrouva malheureusement pas la trace ; le scélérat avait réussi à fuir le combat, mais son armée était totalement défaite.

Pour les vainqueurs, les réjouissances furent de courte durée. Sitôt ouvertes les portes du château de Karlsburg, c'est une Iselda gravement affaiblie par la captivité qui fut sortie de sa geôle. On lui offrit de regagner Arétria-la-ville, mais, sachant sans doute qu'elle n'atteindrait pas sa destination, elle manifesta son désir de demeurer à Karlsburg, afin qu'elle s'en souvienne pour les jours heureux de son enfance, et non pour la dernière trahison de son frère. Elle y mourut entourée d'amis avec toute l'affection que le peuple arétan voua toujours à sa comtesse.

La mort d'Iselda jeta un voile de tristesse sur le doux pays arétrian et émut jusqu'aux seigneurs arétans les plus va-t-en-guerre. Le comté avait désormais un nouveau maître, âgé d'à peine un mois ; et si Karl de Wenden jouissait du prestige de ses deux parents, il était jeune et fragile et requérait attention et protection. Demeurant sous la bonne garde de ses nourrices, l'enfant-comte ne serait pas en âge de gouverner son comté avant une bonne quinzaine d'années. Les plus proches amis de Roderik et d'Iselda se réunirent alors pour décider de qui gouvernerait le comté en son nom. Leudaste le Jeune, Seigneur de Sorosd et cousin éloigné de Roderik, avança son propre nom comme si le choisir était une évidence. Mais le seigneur de Sorosd avait une personnalité trop clivante et sulfureuse, et la majorité se prononça plutôt en faveur d'Aliénor. Ce choix confortait les uns et rassurait les autres : parce qu'elle était femme, croyait-on, elle laisserait les vassaux à leurs petites querelles, elle les laisserait tranquilles ; et parce qu'elle était la tante du jeune comte et qu'elle l'avait déjà défendu avec poigne, l'on savait qu'elle s'acquitterait courageusement de sa tâche.


C'est mauvais. Essayez de développer un peu plus le côté intrépide d'Aliénor. Il faut qu'on ressente la fougue guerrière de la dame, son intrépidité, son audace. Tout en mettant l'accent sur sa féminité, bien entendu. Guerrière, mais sensuelle. Acérée et douce. Les hommes doivent la craindre autant qu'ils la désirent.
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