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 Le parfum des roses d'hiver

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Fergus d'Hautval
Humain
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MessageSujet: Le parfum des roses d'hiver   Mar 3 Nov 2009 - 2:34

[Ressituons d'abord le décor...]

Haurfond est le siège de la maison Helderion et le chef-lieu de la seigneurie. Situé dans les montagnes du nord de Hautval, sur les rives d'un lac, le paysage y forme une étrange combinaison de versants montagneux et de lacs de montagne. D'épaisses forêts d'aulnes, de mélèzes et de bouleaux tapissent les flancs du vallon. Bien que loin de revêtir la magnificence d'autres cités telles Langehack ou Erac, la ville est néanmoins le siège du pouvoir et la plus importante agglomération des montagnes.

Un château fort, Froide-Douve, se dresse à la pointe occidentale de la ville sur une île rocheuse très proche du littoral, elle y est reliée par un pont en pierre à arches et est parfois rattachée à la rive à marée basse. La ville est constituée d'un ensemble hétéroclite de bâtiments de bois, de brique et de pierre séparés par de grandes avenues boisées et de ruelles étroites. On y trouve un petit nombre de boutiques, d'auberges, de tavernes et de bordels. Sa population totale est estimée à près de vingt-cinq mille habitants.

La ville est dominée par le château dont les fondations remontent aux origines pour se protéger des incursions des autres clans de par sa position défensive stratégique. C’est à partir de l'unification d'Helderion sous la tutelle de la maison de Haurfond que fut construite cette résidence royale avant de devenir une forteresse redoutable sous les guerres d'indépendance contre Hautval. La demeure du seigneur est une véritable construction fortifiée avec tours, rempart ceinturant entièrement l'île et le donjon érigé sur le point culminant de celle-ci. Le château est réputé pour ses jardins, en particulier le clos, le jardin de fleurs et le jardin sauvage. On notera également qu'un petit bois se trouve sur les terres du château (c'est à dire sur l'île), avec de nombreuses variétés d'arbres et de nombreuses espèces de lichens.

-----------------------

_ Ma Dame ?

Un petit valet de pied avait surgit à ses cotés.

_ Sa Seigneurie va vous recevoir. Si vous voulez bien me suivre ?

Le valet ouvrit une porte donnant sur un long couloir où les flammes des torches qui ornaient les murs vacillaient dans une danse frénétique, laissant deviné une légère brise soufflant entres les interstices des épaisses pierres de taille, pour la plupart dépourvues de tout ornements. Après une enfilade de salles et d'escaliers, il s'arrêta enfin devant une double porte aux armes de la maison d'Helderion - Un cerf sables sur champ d'or. Il empoigna le heurtoir d'argent en forme de marteau et frappa trois coups légers. Deux gardes, en kilt, et qui restèrent dans l'ombre, ouvrirent les portes sur une grande salle.

La salle de réception, splendide, claire et spacieuse contrastait avec l'aspect sombre et lugubre du reste du château. La lumière du feu donnait une belle teinte rouge aux lambris d'acajou qui paraient les murs. La pièce, meublée de quelques fauteuils était confortable. Les murs étaient couverts de tapisseries et le sol était décoré d'une mosaïque en faïence verte et blanche. Une statue en bronze prenait langoureusement la pose sur le manteau de la cheminée, entre deux coupes en porcelaine et une paire de chandeliers en argent. De superbes fourrures recouvraient pratiquement toute la surface du sol et une grande fenêtre sur le mur laissait entrer la lumière dans la pièce.

C'était encore une journée typique des montagnes d'Helderion pour Eskevar. Le soleil faisait place à un temps oscillant entre pluies diluviennes et brouillards. Un temps pour les solitaires, les mélancoliques, les malheureux.Adossé contre le rebord de la fenêtre, le jeune châtelain lui tournait le dos. Son regard se perdait dans les montagnes qui entouraient la cité. C'était ce genre de temps qui le rendait mélancolique. Ce ciel noir qui s'étendait jusqu'à l'horizon, sombre et brumeux et dont on ne voyait la fin, allongeant de sa couleur l'immensité de la gravité des préoccupations du jeune homme. Il y avait le bruit tonitruant de cette pluie lourde nappant ces murs pourtant déjà devenus sourds. Il y avait ce vulgaire courant d'air, qui rappelait la sonorité angoissante des feuilles bruissant et bruyantes.

Il était assis là, sur la banquette de la fenêtre, adossé sur la corniche qui surplombait le vide, une jambe replié sur le rebord et l'autre balançant dans le vide. A regarder la pluie inonder la vill
e tout en faisant danser ses doigts sur les cordes d'une mandoline, avec délicatesse et passion. Il regardait l'horizon en chantant, comme hypnotisé par la pluie une chanson d'amour, amour un peu mercenaire, puisqu'il s'agit d'un Lord héldirois qui invite une jeune paysanne à le suivre dans les hautes terres pour être son épouse, ce qu'elle accepte.

'Depuis qu'il a vu Jenny
Hier lorsque le soir tombait,
James n'a que chagrin en tête:
C'est son cœur qu'on lui a volé.
Elle jurait d'être fidèle,
Mais fait preuve de cruauté.
A regret James voit en elle
Une adorable écervelée.
Et c'est au delà des monts, des vallées,
Au delà des monts et vallées,
Au delà des monts et vallées,
Que le vent emporta mon plaid.'


La ballade, mêlée au paysage que l'on apercevait de par la fenêtre, avait quelque chose de féerique et fantasmagorique, voir cantate. On y était saisi, pétrifié par une sorte de sentiment religieux. Au sein de cet univers grandiosement dépouillé des chaînes de montagnes, on percevait en soi-même des mouvements profonds, un intense regret de ce qu’on aurait pu être si l’on avait vécu en d’autres temps...
Il aimait monter dans cette tour, un endroit calme, où jamais personne ne venait troubler le maître des lieux
. Simplement pour se reposer et réfléchir calmement, sans la pression du devoir et des responsabilités, sans le poids des regards sur soi. Bien que garantes d'un havre de pérennité, ses portes étaient toujours ouvertes aux vagabonds harpistes et aux artisans de tout métier venant de par delà ses terres et qui, en échange de leurs services, se voyaient offrir le gîte et le couvert.


Dernière édition par Eskevar Helderion le Jeu 7 Jan 2010 - 12:57, édité 2 fois
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Neïla
Humain
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MessageSujet: Re: Le parfum des roses d'hiver   Dim 15 Nov 2009 - 13:28

    Neïla, les pieds dans le vide, contemplait la rue déserte. Elle s'était réfugiée sur le perron abrité d'une petite maison close, et attendait que la pluie cesse. A vrai dire, le temps ne la gênait pas vraiment, mais son instrument supportait mal l'humidité. Malgré cela, et bien qu'elle disposait d'assez d'argent pour se payer un toit le temps d'une nuit, Neïla savait qu'elle ne se rendrait pas à l'auberge. Par des journées comme celles-ci, les salles y étaient bondées, tout sentait la bière, et plus particulièrement les hommes. Inutile d'aller tenter le diable.

    La musicienne soupira et ramena ses jambes contre elle. Le printemps semblait s'éterniser, ici, dans le Nord, et le soleil de Soltariel lui manquait. Le son de pas précipités interrompit les pensées de la jeune harpiste. Un homme vint s'abriter à coté d'elle. Il la salua poliment puis fouilla dans son sac et récupéra une lettre.

    « Vous êtes Neïlara De la Semone ? »

    La jeune femme tressaillit. Cela faisait si longtemps que ce nom avait sombré … On ne l'appelait plus ainsi, à présent. Juste Neïla. Néanmoins, c'était bien, aux yeux des lois et des registres, le nom complet de la musicienne aux yeux d'émeraude. Elle acquiesça donc en souriant calmement, et prit l'enveloppe que le messager lui tendait. La lettre en question était soigneusement protégée pour un cachet, Neïla ne l'ouvrit pas et la glissa dans un pan de sa robe. Il y eut un silence, puis elle leva les yeux vers le nouveau venu et frissonna. Il y avait dans ce regard-là un désir évident et malsain, face auquel la jeune femme ne savait jamais réagir. Elle se contenta de se tourner vers la pluie et de remercier l'inconnu avant de s'élancer dans le rue. Il valait mieux éviter de le tenter trop.

    Après plusieurs minutes de course, la musicienne s'abrita sous une petite niche et jeta un regard inquiet sur les alentours. Tout était désert, le messager avait abandonné. Neïla soupira de soulagement, puis se souvint de la lettre. Elle la récupéra, et ouvrit délicatement l'enveloppe, curieuse. D'ordinaire les messages qu'elle recevait étaient destinés à ses parents, dont les relations s'étendaient sur l'ensemble du pays. Mais il arrivait aussi souvent que ce soit une invitation envoyée par des nobles désireux d'entendre le son de sa harpe.

    ________________________________________________


    Neïla lissa rapidement sa longue robe rouge d'un coup de main savant, et inspira longuement. De minuscules gouttelettes cristallines ornaient ses longs cheveux. Il pleuvait. Encore. Elle qui répondaient à l'invitation de la lettre, allait enfin pouvoir se mettre à l'abri.

    La jeune harpiste parvint donc à entrer dans le château du seigneur. Eskevar Helderion. Elle ne le connaissait que de nom, il avait la réputation de tenir ses terres avec fermeté et on le disait prometteur dans le domaine de la politique. Neïla sourit. La politique … ? Elle n'y croyait plus, et laissait à ses parents le soin de gérer tout ce qui se rapportait à ce monde-là, même si elle savait que cela ne pourrait pas durer éternellement. En tant qu'héritière, elle devrait bien s'y intéresser à nouveau un jour ou l'autre …

    La jeune femme pénétra donc dans une salle de réception, aussi haute que large, et dont la luminosité avec quelque chose surnaturel, par un jour si gris. Une femme sans âge la guida vers une haute tour aux escaliers interminables, et l'invita à entrer dans une pièce d'où s'échappait le son ténu d'une mandoline. Neïla poussa la porte de bois clair, et s'inclina profondément.
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