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 Retour aux Sources et aux Champs [PV]

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Johann
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MessageSujet: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mar 25 Mai 2010 - 21:26

Le temps était passé depuis cette visite mouvementée au château du Roi à Erac... Elle avait été jetée dehors, un peu comme une malpropre avec comme ordre de prendre autant de repos que nécessaire pour se vider la tête et revenir présenter ses excuses de manière convenable quand elle aurait enfin compris la leçon... Oui il était compréhensible qu'elle soit à bout de nerf, surtout après autant d'évènements qui auraient rendu dingue n'importe qui... La plupart de ceux l'ayant suivit jusqu'au bout avaient subit le même traumatisme et avaient été mis au repos forcé, sauf que Joh', étant une vraie tête de mule avait fait le mur...

Revenir aux sources ? Pour aller ou ? Diantra ? Non... Là bas, ce ne serait ni calme ni reposant... Une vieille ferme à Atral, aux frontière de la plaine, non loin de Serramire... Ou peut-être même dans les terres du Marquisat, le retour aux sources et à la famille... Voici près d'un mois qu'elle y était maintenant...

Elle était arrivée un beau jour pluvieux, frappant à la porte de la vieille ferme encore habitée... Cela faisait combien d'années ? 3 ans ? Non... 4 ans qu'elle les avait quitté... Allaient-ils la reconnaitre ? Elle ne le savait pas, depuis tout ce temps les choses avaient peut-être changées, elle aussi avait changée... La guerre et ses responsabilité ayant changé ce qu'elle était mais aussi son corps par les efforts constants... La porte s'était ouverte sur elle, devant le regard interrogateur de sa grand mère qui ne s'attendait pas à recevoir un visiteur... Non, elle ne l'avait pas reconnue, c'est sûr, avec ce visage fatigué et démoralisé, et l'age de la vieille femme lui avait aussi joué des tours...

La discussion dura plusieurs heures, en tête à tête, prenant des nouvelles, de ce qu'il s'était passé ces quatre dernières années, mais quand les questions a Joh' arrivèrent, celle-ci ne répondit pas. Se contentant d'esquiver...
le reste de la petite famille était arrivée quelques heures plus tard donc, embrassades, accolades, douleurs... Et oui, ses côtes en morceaux n'aidèrent pas... Elle y finit sa convalescence, lentement mais sûrement, aidant d'abord aux petites taches, puis à celles de plus en plus importante, nécessitant parfois la force d'un homme. Non, elle n'avait strictement rien dis... D'où venait cette blessure, ses cicatrices... Pourtant les questions ne manquaient pas, mais elle ne disait rien, aussi fermée qu'une huitre. Les jours n'avaient pas été tous roses, et cela se ressentait.

Iris finit par être réquisitionnées pour les travaux de la ferme, aider à retourner les champs, déraciner des arbres trop vieux et trop dangereux. Drôle de reconversion pour l'animal et la maitresse qui avant labouraient les champs de bataille imbibés par le sang. Heureusement, sa réputation n'était pas arrivée jusqu'à leurs oreilles... Et que son épée était bien cachée derrière la vieille grange...

Les rapports avec la famille se passaient bien... Apprendre de nouveau à les connaitre... Ceux qui étaient déjà adultes n'avaient pas trop changé, mais Lyza, sa petite sœur, elle, avait bien poussé, du haut de ses 12 ans devenant une jeune femme, se comportant aussi comme telles, voulant se faire jolie, a l'opposé de son "grand frère" qu'était Joh...

Le temps passait, les choses devenaient plus faciles... Les cauchemars des premières nuits s'étaient enfin évaporés, et le miracle se produisit... Elle avait recommencé à sourire... Oui cette dernière année avait été trop brutale pour lui permettre cette facétie... Les Drows... La Guerre Civile... Et là... Ce fut la remarque qui lui ôta...

"Avec un si joli sourire, comment ça se fait que tu n'es pas encore mariée ?" Lui avait demandé sa mère, lors d'un repas. "Si tu veux, il y a le charmant fils de la ferme d'à côté, à une demi journée de marche" finit-elle avec un petit sourire.
"S'il te plait tant, tu n'as qu'à l'épouser toi !" Avait répondu Joh' sèchement.

Oui, cette réaction avait jeté un grand froid, mais ce n'était qu'une des nombreuses questions, dont les sujets étaient devenus tabous, qui avait osé sortir de la bouche de l'un d'eux... Mais elles se faisaient maintenant trop pressantes ? Était-il maintenant temps de partir ? Les blessures du corps étaient guéries, mais qu'en était-il de celles de l'âme ? Les plaies étaient peut-être encore trop profondes...

Oui les choses étaient difficiles à cause des non-dit... Parfois elle entendait des conversations "A ton avis, qu'est-ce qu'elle nous cache ?". Ils s'inquiétaient pour elle... C'est sûr, mais ils ne pouvaient pas imaginer...

c'était un milieu d'après midi...

"Grand Père ! Des cavaliers qui arrivent !" Avait hurlé Lyza, qui interpellait son grand père qui labourait un des champs à l'aide d'Iris et Johann.
"J'vais voir" avait-elle réagit, "Je prend Iris" Elle n'avait pas laissé le choix au vieil homme, le laissant en plan dans le champs avec la charrue.

Un petit saut par la grande, pour récupérer un baluchon, contenant l'épée bâtarde à l'insigne de l'infanterie de Diantra, de quoi seller Iris convenablement et se mettre en route, ses vêtements de travail sur le dos, pour accueillir, avec méfiance les visiteurs qui étaient déjà à l'entrée des terres...

"Halte ! Qui va là ?!" La voix de la jeune femme venait de résonner dans la plaine, d'une intonation tout à fait militaire.

Sa mère, qui travaillait avec sa petite sœur était là, observant la scène, sa fille ainée avec une tenue droite et sûre d'elle, tenant à sa main un paquet ressemblant beaucoup à une arme... Sur un cheval, dont le comportement trahissait une sorte de retour aux sources, convenablement tenu en main... Non, elle ne l'avait jamais vu monter, ni se tenir comme ça ces derniers mois...
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mer 26 Mai 2010 - 1:54

L’été venait de commencer mais déjà le soleil inondait la Péninsule de ses cuisants rayons. Sous un ciel sans aucun nuage et opprimée par la lourdeur de l’air, la troupe avançait lentement. Composée d’une vingtaine d’hommes, elle abordait fièrement les couleurs de Serramire, ce qui en faisait sans l’ombre d’un doute des hommes du palais ducal. Mais aux armoiries du Duché rétrogradé au rang de Marquisat se mêlaient celles, peut-être moins illustres mais tout aussi connues de la famille Noblegriffon, les mêmes qui décoraient chaque comptoir de son empire commercial. Chaque cavalier était un soldat armé en conséquence. Ils étaient, pour la plupart, des vétérans du siège de Diantra, comptant parmi les sept milles hommes envoyés par Merwyn Séraphin au secours du Roi pendant qu’il commandait une armée de près de cinquante milles fidèles contre l’Oësgardie. Leur fidélité envers la couronne n’était plus à prouver, et c’était pour cette raison que Katalina Noblegriffon, Héritière d’une des plus anciennes Lignées de Serramire, avait accepté l’offre de Marcus d’Adoran. Elle ne savait pas très bien si elle devait cette proposition à Trystan ou si le régent avait souhaité satisfaire son suzerain en faisant en sorte qu’elle puisse rejoindre Odelian en toute sécurité - après tout, les rumeurs les disaient amants, et elle ne doutait pas de la capacité de certains à les croire - mais le résultat était là : c’était escortée par l’armée de Serramire elle-même que la Dame Noblegriffon se rendait au mariage du désormais célèbre Gras et de sa jeune fiancée. Un symbole fort, qui ne serait pas au goût de certain, mais elle s’en moquait.

Elle avait passé une bonne partie du voyage dans les bras d’Aerandir. Rendue somnolente par le balancement de la calèche, elle tâchait d’oublier la nausée qui l’accompagnait depuis qu’elle y était entrée. Etre enceinte n’avait pas que des avantages, elle le savait avant d’entamer son périple et c’était d’ailleurs pour cela que le sang-mêlé s’était montré si réticent à l’idée de la laisser quitter le cocon protecteur qu’était devenue sa demeure, mais elle en avait besoin. Car Katalina était la Gardienne de Tyra, et si elle l’acceptait désormais pleinement, elle avait tout de même ressenti le besoin de dire adieu à son ancienne vie. La noblesse n’était plus son monde, désormais, son enlèvement par les drows et son exil à Alëandir l’en avaient éloignée et sa nouvelle condition n’était que l’achèvement d’une lente évolution. Il ne faudrait bientôt plus que quelques semaines à la Péninsule pour apprendre qui elle était devenue, la venue de ses Hauts Prêtres ayant décidé pour elle du moment de sa révélation, et elle savait donc que ce mariage serait sa dernière occasion de comparaître auprès de la noblesse comme étant encore une de leurs. Car noble, elle l’avait été, jusqu’au bout des ongles malgré les apparences, décriée, jalousée, sans terre ni réelle influence sinon celle gagnée par le biais de son commerce, mais faisant tout de même parti de ce monde à part, avec ses privilèges, ses droits et ses devoirs. Peut-être Aerandir l’avait-il compris, et peut-être était-ce la raison de sa réédition devant l’entêtement de sa compagne, à moins qu’elle n’ait été plus têtue que lui, c’était difficile à savoir.

L’après-midi était déjà quand ils arrivèrent à proximité d’une ferme identique aux nombreuses autres qui tapissaient la région. La Plaine d’Atral, telle une mère nourricière, pourvoyait aux besoins des Hommes grâce aux travails des paysans qui travaillaient sa terre fertile. Souvent depuis son retour, Katalina s’était faite la reflexion qu’Atral était peut-être à son peuple ce qu’Anaëh était à celui du père d’Aerandir. Une pensée étrange, mais qui au fond, lui semblait juste, car si elle n’avait aucun lien avec la Plaine, il en allait autrement de la grande majorité des habitants du Royaume, profondément rural. Ils ne s’attendaient pas réellement à devoir s’arrêter, la plupart du temps les petites gens reconnaissaient les différents blasons et se contentaient de regarder. Aussi les soldats furent-ils sur la défensive quand une femme seule vint se poster devant eux, droite et fière comme un général, imperturbable sur une monture qui n’avait rien d’un cheval de trait. Les regards se firent soupçonneux et alors que la colonne s’arrêtait, bien obligée si elle ne souhaitait pas collisionner l’imprudente, ils cherchaient un quelconque signe indiquant une embuscade, sans que rien ne viennent confirmer leurs doutes.

« Es-tu aveugle, ma fille ? » demanda Kearic Paelin le capitaine de l’escorte, un homme déjà âgé d’une petite cinquantaine d’année mais encore vaillant, même si l’argent qui commençait déjà à s’inviter dans sa barbe mal taillée et ses cheveux coupés courts pouvaient laisser croire le contraire. « Ne sais-tu pas reconnaître le blason du Seigneur de ces Terres quand tu le vois ? »

Peut-être est-ce le dialogue à peine entamé qui tira Katalina de sa somnolence, ou plus certainement l’absence de ballotement, toujours est-il qu’elle se redressa avec lenteur, étouffant un bâillement de peur de ce qui pourrait en découler. Le calme indiquait clairement qu’ils n’étaient victimes d’aucune attaque, et elle était de toute façon certaine qu’elle s’en serait rendue compte plut tôt le cas échéant. Serrant légèrement la main d’Aerandir, elle lui murmura qu’elle allait demander ce qui pouvait bien avoir causé leur arrêt avant de l’embrasser tendrement sur la joue et de se détacher de son étreinte à regret. S’approchant de la porte du véhicule, elle ouvrit légèrement la porte et appela un garde. L’homme le plus proche talonna rapidement sa monture, afin de la rejoindre.

« Que se passe-t-il, pourquoi sommes nous arrêtés ?
- Une jeune femme s’est mise sur notre route, ma Dame. Cela ne devrait pas être long et nous pourrons bientôt repartir. » lui expliqua-t-il rapidement. Haussant un sourcil, Katalina tourna sa tête vers l’intérieur du carrosse.
« J'y vais… J’ai besoin de prendre l’air, de toute façon. » Elle avait en effet l’impression d’étouffée, et craignait plus que tout une nouvelle bouffée de chaleur. Quitte à être immobilisée, autant en profiter. « Ne te dérange pas, je serai bientôt de retour. »

Elle ouvrit ensuite la porte entièrement et entreprit de descendre sans prendre la peine de vérifier ce que faisait Aerandir.. Elle avait les jambes engourdis à force d’être restée trop longtemps assise, et elle dut s’accrocher à la scelle du garde quelques secondes le temps qu’un léger vertige passe. Quand tous ces désagréments furent passés, elle esquissa un léger sourire mi-figue mi-raisin avant de lui demander de démonter et de la guider jusqu’à la fameuse jeune femme. Elle aurait pu le faire elle-même, la Voix des Morts la guidait désormais assez efficacement pour cela, mais elle préférait laisser croire aux hommes et aux femmes qui l’entouraient qu’elle n’était qu’une aveugle comme les autres. Ils avaient déjà assez de mal à le croire sans qu’en plus elle ne vienne confirmer ses doutes. Elle captura le bras du jeune infortuné dès qu’il fut à porté et lui intima de se presser. Le capitaine continuait quant à lui, sans savoir que la femme dont il était chargé de la protection se rapprochait.

« Je ne te demanderai pas qui tu es, gamine, mais si tu pouvais dégager le passage… Nous n’avons pas de temps à perdre.
- Je suis sûre que cette jeune femme avait une excellente raison de se mettre ainsi sur notre route. » le coupa-t-elle doucement sans laisser à la concernée le temps de répondre. Elle esquissa un sourire, gardant le regard rivé vers un point qu’elle était la seul à voir, entre le capitaine et sa « victime ».
« Ma Dame, il ne fallait pas vous déranger… » commença Kearic, embarrassé. D’un signe de tête, il ordonna aux deux hommes les plus proches d’eux de s’approcher, avant de jeter un coup d’œil à ce qui devait être la famille de la petite. Ils ne semblaient pas comprendre grand-chose, et lui non plus pour être tout à fait honnête.

Katalina, quant à elle, avait toute son attention rivée sur elle, et pour cause, si elle ne pouvait la voir, elle avait déjà l’impression de la connaître. Dans tous les cas, à en croire la Voix des Morts qui chantait pour elle, nul doute que cette jeune femme avait vu son lot de combats… et d’atrocités. Cela expliquait-il son intervention inutile et irraisonnée ? Peut-être, à moins que la volonté de protéger sa famille suffise à lui faire face à une troupe qui pouvait très bien être des brigands déguisés selon son propre raisonnement plutôt que de les mettre à l’abri. Peu probable, en vérité.
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mer 26 Mai 2010 - 9:31

Le convoi avait cessé son avancée dans les terres sous la responsabilité de la petite famille. Déjà c'était bon signe... La région avait vu des pillards des armées félonnes ayant attaqué Diantra passer pendant l'hiver et piller une partie des biens sous les étendards de leurs nobles respectifs tués lors de la bataille, et ils n'avaient pas fait dans la dentelle avec ceux qui s'étaient opposés à eux, et même s'ils ne s'étaient plus manifestés depuis, il en restait des traces... L'hiver avait été rude, pour les hommes comme pour les bêtes. Reconnaitre le blason ? C'était la question qui lui fut posée...

Il était évident que non ! Le peu de fois ou elle avait pu le voir, elle avait d'autres chats à fouetter et des taches beaucoup plus importantes que de mémoriser tout les blasons... Comme par exemple d'esquiver les grands comiques avec leurs lettres de plusieurs pages qui nécessitait de la lecture, son pire cauchemars ! Et puis agir ainsi avait été un réflexe... Aller à la rencontre de visiteurs à l'entrée de camps militaire était dans la procédure... Chassez le naturel et il revient au galop ! Surtout que même en étant commandant elle faisait régulièrement les taches des simples soldats... Pour s'occuper.

Alors que les hommes se mettaient en position, ce fut son grand père qui arriva, horrifié par l'attitude de sa petite fille...

"IMBÉCILE !" Lui hurla-t-il.
"Retourne au champs, je m'occupe de ça !" Lui avait-elle répondu sèchement.
"Et seul, je fais comment hein ?!"

Elle avait même fait descendre celle qui semblait être la noble sous la protection du convoi, ce qui coupa court à la discussion... Son grand père était couvert de honte... La petite sœur, se faisait minuscule derrière sa mère qui était presque dépitée face à ce comportement qui n'avait pas changé... Toujours aussi effrontée... Ces années d'absence et de voyage ne semblaient pas l'avoir aidée à s'assagir...

Joh' regarda de haut en bas l'illustre inconnue qui s'était approchée... Une aveugle visiblement mais qui regardait dans sa direction... Bon en même temps, Iris n'était pas discrète et avait réagit à cette présence en plus, bien avant sa maitresse. Cependant elle le faisait comme quand elle était en présence de la mort, sur les champs de bataille... La cavalière la rassura par une tape sur l'encolure et quelques mots chuchotés.
Le visage de cette noble lui disait quelque chose... Mais quoi ? Elle l'avait sûrement croisé a l'un des deux diners mondains auquel elle avait assisté, ou encore directement au château du roi, lors d'un des rapports réguliers demandés sans pour autant lui avoir adressé la parole ou accordé plus d'importance que ça... Néanmoins elle prenait sa défense... Pourquoi faire ça ? Mais elle fut interrompue toujours par le grand père qui avait quasiment la même patience légendaire que sa petite fille...

"Tu vas tout de suite descendre et présenter tes excuses petite sotte !" Il accompagna les mots par un geste, l'attrapant par la cuisse, pour lui faire comprendre de manière plus ferme que si elle ne le faisait pas d'elle même, c'était lui qui allait l'y aider. "Ces terres leurs appartiennent ! Je ne veux pas me retrouver sans terre à mon age !"

La Joh' devait s'avouer vaincue... Face a ces arguments là, elle n'avait strictement rien à répondre... Sa volonté méfiante d'éviter de nouvelles mauvaises rencontre à la maisonnée allait leur causer des soucis. Cependant Iris ne l'entendait pas de cette manière, se comportant réellement comme un animal de bataille lorsqu'on touche à son cavalier pour le désarçonner : Un mouvement bref sur le côté pour mettre de la distance entre elle et la menace potentielle. Il fallait la calmer...

"IRIS ! Bordel de merde ! Calme toi !" Elle tira brutalement sur le mord (ce qui est douloureux pour l'animal) pour lui faire comprendre qu'elle ne plaisantait pas et qu'elle avait compris le message.
"Johann Reihart ! Un tel langage n'est pas fait pour les demoiselles !" Et voilà que sa citadine de mère s'y mettait, avec ses manières... Le fait qu'elle l'appelle par son nom complet voulait dire qu'elle était aussi de mauvais poil.

Ce genre de réflexion aurait valu un mois de corvée pour l'un de ses hommes, suite à l'hilarité générale. Mais la, elle n'était pas avec ses hommes... Elle ne commandait rien et n'avait presque plus de prise sur Iris qui commençait à n'en faire qu'à sa tête après tant de temps passé à la campagne sans entrainement... Tout ses repères avaient été chamboulés... Et voilà que ca continuait...

"Excusez nous pour cet accueil madame, ma sauvageonne de petite fille a quitté la région bien trop longtemps et en a oublié les bonnes manière. Permettez moi de vous offrir un rafraichissement, à vous et à vos hommes pour nous faire pardonner." Il fit un geste pour les inviter en direction de la ferme. "Johann, tu les accompagnera. A pied !" Il fit une pause, se tournant vers la dame. "Si vous n'y voyez pas d'inconvénients bien sûr."

L'ex-commandante n'avait plus trop le choix... La c'était presque si elle s'était pas foutu autant dans la merde avec sa famille qu'elle l'avait fait avec le roi quelques mois plus tôt... Elle descendit d'Iris, qui ne broncha pas, accrochant le sac contenant l'épée à la selle... Les regards expérimentés des gardes du convois pouvaient facilement comprendre qu'il contenait une épée... D'ailleurs cette manière de faire, de monter son cheval, les réactions de l'animal, et maintenant de mettre pied à terre avait tout d'un cavalier habitué à porter une armure complète...

Ah oui, Joh' tirait la gueule...
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Aerandir
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Ven 28 Mai 2010 - 22:15

Le balancement de la voiture est comme une danse sans fin. Le paysage demeure un mystère aux yeux du serviteur, mais il en devine les parfums et les senteurs. La musique de la nature lui est propre, douce et ombrageuse a la fois. Capricieuse aussi, comme peu l'être sa déesse. Arrogante trop souvent car par elle vient le malheur des hommes lorsque sa colère s'abat sur eux. Pourtant, le soleil joue sur ses joues, y appose un baiser de chaleur suave qui endort les sens. Peu à peu. Contre lui dort son trésor. La fatigue l'a emportée dans ses bras doucereux et il se fait gardien de son sommeil alors qu'ils chevauchent dans une demeure dont il n'a cure. Obligation. C'est un mot dont il se moque avec la jovialité d'un enfant turbulent. Sa présence n'est qu'une ombre qui s'étends sur sa vie. Il ne célébrera pas l'amour inexistant. Ne distillera pas les chants bénis. Il restera absent et sans saveur, attachant ses pas a ceux de son Lys. Le reste n'a que peu d'importance.

Ses paupières sont fermées et pourtant, il sait chaque pas des chevaux, chaque craquement des brindilles qui hurlent leur douleur sous le poids des montures. Il devine la colère qui s'élève sur leur chemin. Droiture inutile et rancoeur cachée. Il en sourit doucement. Subtile alliance d'un amusement distrait et d'un agacement absent. Le Lys s'éveille et s'étire pourtant la fatigue l'habite encore. Il peut le sentir tout comme cette fragrance qu'elle dégage. Il la suit. C'est presque naturel, bien qu'il s'égare un peu sur le chemin, son regard aveugle porté sur le ciel qu'il devine aussi bleu que l'étole d'une maitresse vierge.

Au loin il perçoit les éclats de voix, mais nul danger, malgré tout, il s'avance tel un danseur sur le fil illusoire des réalités. Il lui ai impossible de cacher ce qu'il est et il ne le veut pas. Le rire l'habite doucement et prends ses quartiers au creux des iris mortes de ses yeux. Se retient il de rire ? Bien sur que non, jamais il ne se contient, froissant l'étoffe bien trop raide des bienpensants plus souvent qu'a son tour. Il se moque ouvertement mais le fait si subtilement qu'il est difficile de croire connaître l'étincelle qui l'anime. Il rit mais pourtant, le son de sa voix restera un mystère.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Ven 28 Mai 2010 - 23:59

La scène prenait vie sous les yeux aveugles de Katalina. La jeune femme - du moins sa voix sonnait ainsi - n'était plus la seule à se mêler au concert réprobateur de ses gardes. Un vieil homme s’y donnait à son tour à cœur joie, tentant de couvrir la voix de ce qui était sans doute sa protégée. D’aucun aurait pu se vexer d’une telle agitation, mais la Gardienne s’en amusait, au contraire. Cette petite interruption était, au final, la bienvenue. La brise légère de cette fin d’après midi lui faisait du bien, même si elle aurait préféré qu’il fasse moins chaud, et elle pouvait au moins se dégourdir les jambes. Le voyage était aussi pénible que prévu, et elle avait beau être persuadée qu’il était nécessaire, elle aurait bien aimé avoir le don d’ubiquité… ou, à défaut, de pouvoir se téléporter. Après avoir maudit en silence les pouvoirs qui étaient désormais les siens, elle se prenait à regretter avec légèreté de ne pas en avoir d’autres, une preuve s’il en fallait qu’elle acceptait désormais ce nouveau fardeau, et ce même si certains inconvénients pouvaient être dérangeants. La jument n’avait pas été le premier animal à agir ainsi en sa présence, mais elle avait rapidement pris le parti d’ignorer ce qui la dérangeait. C’était devenu d’autant plus facile qu’elle commençait à le maitriser. Le contrôle était souvent la clé essentielle, il était bien agréable de dominer que de subir.

« Il y a des choses que tu ne contrôleras jamais réellement. »
La voix était légèrement moqueuse, et Katalina comprit rapidement de quoi Tyra voulait parler quand elle entendit la Voix des Morts d’Aerandir, signe annonciateur de son approche. Qu’il l’ait suivie n’avait rien d’étonnant. Depuis leur rencontre durant le désormais tristement célèbre mariage de Scylla, il ne l’avait quittée qu’une fois, pour rejoindre la Péninsule durant la Guerre Civile. Elle ne pouvait pas dire qu’elle se plaignait de cette proximité prolongée, surtout quand elle voyait sur quel genre de relation elle avait débouché. Quand il posa sa main sur son dos, elle résista à l’envie de faire un pas en arrière pour se lover contre lui, préférant reporter son attention sur l’étrange manège qui se déroulait devant elle. Tous semblaient se liguer contre la jeune femme, une certaine Johann Reihart, et il fallait avouer qu’elle enchaînait les bourdes avec une aisance déconcertante. L’héritière Noblegriffon n’avait pas l’habitude que les gens du peuple parlent aussi librement devant elle, et elle ne put retenir un sourire amusé. Elle fut rapidement rejointe par le rire clair et incontestablement moqueur pour qui le connaissait assez bien du demi-elfe, et elle ne put que secouer légèrement la tête, n’ayant pas le cœur de l’en empêcher.

« Reihart ? » lâcha un des soldats qui s’étaient approchés sur ordre de Kaeric. « Ca serait pas… »

Katalina perdit progressivement son sourire, alors qu’elle haussait légèrement un sourcil interrogateur, attendant une suite qui ne vint pas. A la place, elle ne put discerner que des murmures étouffés, alors qu’il partageait sans doute ses interrogations avec son voisin. Qu’il la connaisse mais ne veuille le dire à voix haute ou qu’il ne parvienne pas à se souvenir où il avait pu rencontrer son patronyme importait peu. Elle-même ne l’avait jamais entendu, ou le cas échéant l’avait rapidement oublié. Si elle en croyait la Voix des Morts de Johann, elle avait été plus d’une fois confrontée à la mort, sur les champs de bataille et ailleurs, aussi devait-elle appartenir au milieu militaire. Difficile d’en dire plus avec le simple murmure d’âmes tourmentées et les doutes à peine exprimés d’un soldat. Gêné par les réactions amusées qu’avait déclenchées l’intervention de sa protégée ou désireux de l’empêcher de répliquer, le vieil homme leur proposa un rafraichissement, leur apprenant par la même occasion qu’il était le grand père de l’effrontée. Ne voulant pas plonger plus la famille dans l’embarras, Katalina décida de jouer le jeu, tournant la tête dans la direction approximative du vieillard pour lui répondre afin de couper court aux rebellions prévisibles et inutiles.

« Nous acceptons avec joie, nous voyageons depuis un moment déjà et une pause ne serait pas de refus. » Elle marqua une pause, le temps de tourner son regard aveugle vers Johann. « Peut-être même nous demanderons vous l’hospitalité pour la nuit, si toutefois vous avez la place et les moyens de nous accueillir. »

L’idée de reprendre la route ne l’enchantait guère, elle était trop heureuse de pouvoir sentir le sol sous ses pieds et non l’incessant ballotage du carrosse. Et puis, il y avait Johann, et son lourd héritage. Katalina était curieuse de savoir comment une paysanne de Serramire pouvait avoir participé à assez de batailles pour être considérée comme un vétéran. C’était sans doute l’inconvénient de ne plus « voir » ses interlocuteurs qu’au travers des morts qui avaient jalonné leur vie, les détails de leur passé résonnaient aussi clairement que mystérieusement, alors qu’ils répondaient à autant de questions qu’ils n’en posaient. Toujours à ses côtés, Kaeric toussota légèrement.

« Ma Dame, je ne sais pas si l’idée est judicieuse. Odelian est encore loin, et si nous accumulons déjà du retard…
- Ne vous inquiétez pas, Capitaine, si réellement nous manquons la cérémonie, nous pourrons toujours l’expliquer par un coup du mauvais sort. » Elle esquissa un léger sourire, et reprit d’une voix qui témoignait de son amusement. « Je vous promets de ne pas recommencer tous les soirs.
- Comme vous voudrez. »

Royale, la Gardienne hocha légèrement la tête, comme si elle n’en attendait pas moins. Restait à savoir si la ferme pourrait les accueillir, mais elle se doutait que le maître des lieux ferait l’impossible pour leur trouver autant de place que nécessaire.
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Sam 29 Mai 2010 - 15:12

Elle passait pour une conne, chose qu'elle détestait le plus au monde... Ce n'était pas comme si elle n'avait pas passé ces trois dernières années à se faire un nom dans le milieu militaire pour que ca finisse comme ça... Bon elle s'en était aussi fait un léger dans la noblesse, notamment à Diantra, comme adepte du franc parlé, peu importe avec qui... Et maintenant il ne manquait plus qu'elle soit reconnue... Déjà que les rumeurs allaient bon train sur son compte... C'est sûr, le commandant d'une des meilleures cavaleries humaine issu d'une famille de paysan, et qui plus est une femme... Le thème de la promotion canapé avait été exploité et même plus par les jaloux et autres empêcheurs de tourner en rond. Au moins ses capacités sur le champs de bataille n'étaient plus à prouver...

Dans tout les cas, ils ne semblaient pas l'avoir reconnu physiquement, même si le nom semblait avoir jeté un doute... c'est sûr quand on la rencontre enragée sur un champs de bataille, en armure complète, en hurlant ses ordres et autres encouragements on ne risque pas de la reconnaitre en simple paysanne, et ressemblant beaucoup plus à une femme avec sa poitrine qui n'était plus dissimulée sous ses bandages habituels le temps que la blessure finisse par disparaitre... Deux opposés, un peu comme le jour et la nuit.

"Elyanne et Lyza, allez préparer la grange pour ces messieurs." Ce fut le grand père qui pris la parole en premier en s'adressant à sa fille et à son autre petite fille. "Ne vous inquiétez pas pour la place, vous aurez tout le confort que nous pourrons vous offrir. Je vous laisse entre les mains de Johann, elle vous guidera."

Puis, comme par habitude il attrapa la bride d'Iris pour la récupérer et retourner travailler les champs avec. Mais l'animal ne bougea pas, refusant d'obéir, restant auprès de Joh. Raide comme un piquet. Quand le grand père de la petite famille insista, utilisant la force comme Joh le faisait, la jument eut une réaction violente, allant jusqu'à cabrer pour qu'il la lache. Ce fut à Johann de prendre la suite pour arrêter l'animal.

"Prend le boeuf." Lui dit-elle. "On n'en tirera rien dans cet état."

Le grand père devait s'avouer vaincu pour cette fois, ne comprenant pas l'attitude de la jument qu'il n'avait jamais vu dans cet état. Alors que Lysa passa à côté de Joh pour aider son grand père, l'ex-commandante lui glissa quelques mots.

"Je ne veux pas que tu t'approches de ce convoi toute seule quoi qu'il arrive, c'est compris ?"

La petite ne semblait pas comprendre pourquoi sa grande soeur réagissait ainsi, mais elle hocha la tête avant de repartir en direction des bâtiments, Joh' semblait même être différente, plus tendue et même beaucoup plus calme que quelques minutes auparavant... Oui Joh' avait repris ses habitudes, les réflexes étaient revenus à vitesse grand V...
Pour quelqu'un ne connaissant pas la jument, on pouvait simplement prendre ca pour de la peur face à des inconnus... Mais elle était habituellement docile et très calme, ce qui en faisant un parfait compagnon de travail et de route... Et pour ceux qui connaissaient son passé, ce n'était pas quatre péquenaud en armures qui allaient la terrifier à ce point... La bête ayant déjà chargé une armée de drow et autres créatures de l'au delà sans se rebeller... Non c'était autre chose... Quelque chose qui la faisait agir à chaque fois que quelque chose clochait. Joh', elle l'avait très bien compris, elle connaissait l'animal, et avait appris à en décrypter ce comportement lors des guérillas à Oesgard contre les drows, pendant plusieurs mois juste avant la bataille d'Alonna, le traduisant comme "Danger"
Le soucis était autre... Comment savoir ou était le danger, ce qu'il était... Elle savait juste qu'il était là, quelque part, à attendre le bon moment pour leur sauter dessus et les tuer.

Elle était maintenant seule avec le convoi. Le travail n'attendait pas pour les autres.

"La ferme est à dix minutes de marche dans cette direction." Elle la désigna du menton. "Ma jument n'a pas l'habitude des étrangers, pardonnez son comportement."

Elle mentait, cela se voyait, elle ne savait pas le faire. Elle attendait que la petite troupe se prépare à repartir pour rejoindre les bâtiments qui les accueilleraient. Escorter deux aveugles... Ils n'avaient pas vraiment eut de chance de tomber sur ce genre de mission. Joh' d'ailleurs ne comprenait pas vraiment de quoi il fallait se méfier a part des soldats... Iris semblait avoir peur d'autre chose...

"Capitaine, j'espère que nous n'aurons pas de soucis avec vos hommes et que vous ferez honneur à l'étendard que vous portez" Dit-elle simplement. "Je vous escorterai"

Elle grimpa sur Iris, un œil attentif pouvait remarquer que la ficelle du paquetage contenant l'épée avait été dénouée, puis l'emmena calmement aux côtés du convoi, l'animal étant maintenant étrangement calme, une fois dans une formation. Attendant que le capitaine lui fasse signe de les guider. Quand ca serait fait ils ne mettraient que quelques minutes à arriver...
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Dim 30 Mai 2010 - 11:00

Il y eut quelques ricanements dans l’escorte quand ils virent les réactions de l’animal. Katalina, quant à elle, n’eut pas l’occasion de sourire. Ne pas voir avait ce désavantage que le moindre imprévu surprenait d’autant plus qu’on ne pouvait pas aisément se rassurer, et elle fit par reflexe un pas en arrière, se rassurant par la présence d’Aerandir alors qu’elle se collait contre lui, détournant la tête comme si cela allait changer quelque chose. Fronçant les sourcils, Kaeric prit sans doute le demi-elfe de vitesse, tournant son regard vers Johann et lâchant un léger grognement irrité.

« Tenez donc la bride de cet animal ! »

Sans surprise, la jeune femme lui obéit, mais il devait avouer qu’elle n’avait pas réellement le choix. Quand la jument fut calmée, il fit un signe à ses hommes de reprendre leur place autour du carrosse, ce qu’ils firent sans ajouter un mot, même si plusieurs lancèrent un regard lourd de sous-entendu à la fameuse Reinhart. Ce nom ne leur était pas inconnu, il fallait dire que la personne qu’ils avaient à l’esprit était légèrement… hors-norme. La fameuse Reinhart de la Rose Noire pouvait-elle vraiment s’être retrouvée employée dans une ferme ? Pour ceux qui l’avaient connue ou avaient entendu parler d’elle, c’était une pensée difficile à assimiler, mais elle semblait être en famille, ce qui expliquait sans doute sa docilité. C’était presque caricatural, et s’ils n’avaient au aucun doute, ils en auraient surement ri de bon cœur. Tournant sa tête vers le couple qu’il devait escorter, remarquant que Katalina s’était détachée du sang-mêlé et avait retrouvé toute sa dignité.

« Ma Dame, Sire, je vous suggère de retourner dans le carrosse, nous n’en aurons pas pour longtemps.
- Très bien, Capitaine. » acquiesça l’héritière Noblegriffon avant de tourner sa tête vers Johann.

Pendant quelques secondes, elle sembla la regarder, puis elle se détourna comme si de rien n’était et entraîna Aerandir à sa suite. Quand ils furent retournés en sécurité dans le véhicule, Kaeric remit sa monture dans le bon sens d’un coup de bride. La jeune femme qui devait leur servir de guide lui expliqua alors qu’il ne fallait que dix minutes à des marcheurs pour rejoindre la ferme, et il hocha la tête. Il ne releva pas son mensonge, se moquant au final de ce qui avait pu faire réagir la jument aussi violemment. Quoi que ce soit, ce n’était plus là, car Iris semblait aussi calme qu’un cheval de guerre. Le regard du capitaine dévia de quelques degrés et il observa le paquetage accroché à la selle. Une arme, dans une ferme, c’était une chose peu commune, et pour cause ce n’était pas pour rien que les paysans se révoltaient souvent avec des fourches. Il fut tirer de ses pensées quand Johann lui demanda plus ou moins implicitement de faire en sorte que ses hommes ne fassent rien de regrettable, et il ne put retenir un froncement de sourcils.

« Un blason que vous n’êtes même pas en mesure de reconnaître, Commandant Reinhart. » lâcha-t-il sans animosité. Pour lui, Reinhart n’était pas seulement un nom, et s’il ne pouvait pas mettre un visage dessus, il ne doutait pas au vu de la description qu’il avait eu de la controversée commandante qu’il se trouvait en face d’elle. « Ce n’est pas réellement le genre de lacune qu’un gradé de l’armée du Roi peut se permettre d’avoir. Mais soyez tranquille, vous n’aurez pas à utiliser votre arme. »

Il n’y avait, en réalité, aucun reproche dans sa voix, mais elle était assez calme et dénuée d’émotion pour faire comprendre qu’il n’appréciait pas que l’on doute ainsi de ses soldats. Les dits soldats n’avaient pas loupé, quant à eux, une miette de l’échange et attendaient désormais la réaction de la jeune femme pour confirmer leur doute. Entendre leur capitaine les énoncer à voix haute les avait déjà bien confortés dans leur idée, ce dernier ne parlant que rarement à la légère et encore moins souvent sans être sûr de ses propos. Kaeric ne lui permit pourtant pas de réagir, talonnant rapidement son cheval pour le mettre en marche. Le reste de la colonne suivit son exemple avec un instant de retard, si bien qu’il avait quelques mètres d’avance.

« Rejoignez-moi, mademoiselle ! » l’héla-t-il. « Vous devez nous guider, vous souvenez vous ? »

Ce qu’elle fit, sans rien laisser paraître. Ce n’était guère étonnant, elle n’était pas en position de répliquer quoi que ce soit. Elle n’avait aucun homme, aucune autorité sur les troupes de Serramire et sa situation ressemblait à s’y méprendre à une disgrâce. Avec le gratin qui se réunissait en Odelian, le capitaine se promit de tirer cette affaire au clair, par curiosité. Le reste du chemin se passa en silence, il ne souhaitait pas braquer totalement la militaire, lui avait clairement signifié qu’il savait qui elle était semblait, à ses yeux, bien assez suffisant. Quand ils arrivèrent en vue de la ferme, il fit signe à Johann de continuer avant de remonter la colonne en silence. Se plaçant à hauteur du carrosse, il toqua doucement à la porte, attendant une réponse qui vint rapidement. Katalina tira les rideaux et tourna son regard aveugle vers lui, avec cette exactitude qui faisait frissonner l’homme d’arme. Comment faisait-elle pour toujours savoir où ils étaient. Ils avaient entendu des rumeurs, comme quoi elle avait potentiellement un lien étroit avec le Culte de Tyra, mais cela n’expliquait pas tout.

« Sommes nous arrivés ?
- En effet, ma Dame. La ferme est en vue. Je tenais à vous prévenir, par ailleurs, que notre guide est un Commandant de l’Armée du Roi, malgré les apparences, même si j’ignore tout de sa présence en ces lieux. »

Seul le silence lui répondit, alors que la noble se faisait pensive. Finissant par hocher la tête, elle lui fit signe qu’il pouvait disposer, ce qu’il fit sans un mot. Il ne lui fallut que quelques instants pour rattraper Johann, et dès que ce fut fait il synchronisa le pas de sa monture avec celui d’Iris.

« Où dormirons-nous ? »
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Dim 30 Mai 2010 - 20:11

Ces aveugles l'étaient-ils vraiment ? Enfin, surtout cette femme, elle se tournait les gens sans aucunes difficultés. Même le roi qui avait certaines facilités ne trouvait pas du premier coup, même si la personne faisait beaucoup de bruits... Alors celle là... Joh' la regardait du coin de l'œil, avec son air suspicieux...

Elle était plus occupée par ce qui avait pu emmener Iris à se comporter ainsi que par le capitaine qui se foutait d'elle. De toute manière, ils pourraient régler ça à l'ancienne par un bon duel à l'épée ou Joh tenterait de laver son honneur par la sueur comme elle l'avait toujours fait... Encore heureux qu'il tiendrait ses hommes en main, c'était la base dans leur métier, un officier qui n'était pas respecté par ses hommes se retrouverait seul quand il les mènerait au front, surtout que ca n'allait pas être elle qui le ferait à sa place ! Ce fut quand il l'appela "Mademoiselle" qu'elle réagit enfin et qu'elle sortit de sa réflexion au sujet de la menace de mort qui planait au dessus d'eux... Peut-être était-ce juste la mort elle même... Ce qui pouvait dans un sens être pire.

Le mademoiselle sonnait étrange à son oreille, en fait pas du tout ! La considérer comme une femme, elle, qui avait toujours tout fait pour que l'inverse soit fait... Il la prenait vraiment pour une conne, et elle n'aimait pas ça. Ce fut accompagnée d'un regard noir qu'elle passa a ses côtés. Elle n'était peut-être pas en position de répliquer, mais ca ne la gênerait pas de le faire. Mais elle garda le silence. Ce n'était pas le moment de régler les comptes. Elle le laissa faire son petit manège... "Mademoiselle", non mais pour qui il se prenait. De quoi la faire fulminer pendant des heures, sans qu'elle ne s'en lasse ou jusqu'à ce qu'elle lui cogne dessus. Enfin... En temps normal elle l'aurait déjà fait !

Ils arrivaient en vue de la ferme... Ça s'agitait... Sa grand mère et sa petite sœur organisaient la cour, rentrant les volailles dans le poulailler et sortant des tréteaux et de grandes planches en bois pour les tables. La grange, grande ouverte était prête à les accueillir.

"Pour vous et vos hommes ça sera la grange, pour vos deux protégés, sûrement une chambre dans la maison." Elle fit une pause "N'ayez pas d'inquiétude quant à leur sécurité, elles sont toutes groupées, je ne serai pas loin."

Une fois arrivés, le convoi commença à s'installer, sous le soleil déclinant. L'homme de la famille et sa fille finissant leur tâche aux champs. Ils n'avaient pas vraiment eut le temps de s'ennuyer, ceux-ci préparant leur campement pour la nuit, sous le regard inquisiteur d'une Joh, qui n'hésitez pas à les reprendre s'ils dépasser la zone qui leur était attribuée. Ce qui lui avait valut quelques regards de travers par sa grand mère. Par chance aucun "Commandant" n'était sortit de la bouche de leurs "invités surprises". La chaleur de cet après midi ensoleillé commençait à baisser, pour rendre quelque chose de beaucoup plus agréable...

Iris avait été laissée libre, la jument s'était emparée de son endroit favoris, loin de toute cette agitation, se reposant de ses émotions de la journée. Joh, elle avait gardé son "paquetage" à portée de main, le plus souvent posé dans un endroit simple d'accès et à portée de vue pour éviter les interrogations de sa famille qui n'avaient jamais vraiment côtoyés les armes de ce genre...

Le repas se préparait et était en train de bouillir dans un grand marmiton commun sur un beau feu extérieur... Ils avaient fait les choses en grand, enfin du moins ce qu'ils avaient pu. C'était sûr, ca n'aurait rien des banquets de la noblesses, avec de la nourriture à profusion. Un simple ragout, un peu plus riche que d'habitude : Pommes de terre, de l'oignon sauvage, quelques herbes aromatiques et une viande ressemblant au lapin. Le tout étant servit avec du pain, une chose était sûre, les rations seraient maigres. Un peu comme s'ils avaient sortis les réserves... Ils n'auraient pas la chance d'avoir du vin, mais le grand père n'avait pas encore sortis son tord boyaux de la cave, mais une chose était sûre, il le ferait en fin de soirée !

Pour qu'elle arrête de fliquer les soldats et leur comportement dans la ferme, Elyanne avait forcé Joh à aller voir ailleurs : C'est à dire proposer à l'invitée principale de se rafraichir, loin de la vue de tous, au cours d'eau non loin de là... Et qu'ils se débrouilleraient très bien sans elle...

"Madame" Avait-elle commencé, le ton montrait qu'elle n'était pas ravie de se trouver dans cette situation. "Il y a un cours d'eau à quelques pas, ou vous pourrez être tranquille pour vous rafraichir du voyage."

Elle n'avait pas prêté attention aux soldats autour d'elle, ni à leur réaction alors qu'elle s'était approchée. Aucune crainte ? Une envie suicidaire ? Ou juste une confiance absolue en elle ? Cette absence de manière finirait par tuer sa pauvre mère qui était exaspérée par ce qu'elle voyait... Bravo la discrétion !
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Lun 31 Mai 2010 - 17:15

Le capitaine Paelin retint la remarque acerbe qui lui vint alors que Johann lui assurait que ses protégés ne risqueraient rien une fois la nuit tombée, arguant qu’elle veillerait sur eux. Au vu de son attitude depuis leur arrivée sur les terres de ses grands-parents, il aurait été prêt à parier que sa présence était plus dangereuse que sécurisante, et il comptait bien ne pas se reposer sur un commandant aussi instable. D’un certain côté, Kaeric comprenait l’attitude générale de Reinhart, qui souhaitait faire oublier son originalité, seulement il se devrait un jour de lui faire remarquer qu’elle en faisait trop, obtenant ainsi l’effet inverse. Il ne l’enviait pas, elle avait brûlé les étapes dans un voyage qui ne lui était pas destiné, et elle devait faire face à un univers qui n’était pas encore le sien. Mais c’était son problème, pas le sien, et il avait déjà fort à faire avec les deux aveugles dont il avait la charge pour ne pas se rajouter une gamine frénétique. Ils se séparèrent donc quand elle lui indiqua la grange, du moins était-ce qu’il croyait mais il avait vite découvert qu’elle ne l’entendait pas de cette oreille. Plus d’une fois, il faillit la rabrouer sèchement en lui faisant remarquer que c’était de sa faute s’il s’était arrêté, mais l’air franchement amusé de la Dame Noblegriffon l’en avait empêché. Au moins se consolait-il en se disant qu’il y en avait au moins une pour s’amuser de la situation.

Au final, malgré la mauvaise humeur de leur hôte, l’installation se fit dans le calme et dans la - presque - bonne humeur. Vu la chaleur, les hommes n’étaient pas mécontent de s’arrêter plus tôt, et ils avaient au moins Johann pour se distraire. Voir leur capitaine lutter intérieurement pour ne pas lui mettre la fessée valait bien tous les commentaires qu’elle pouvait leur dispenser. Katalina, quant à elle, avait commencé à parler avec Elyanne et en avait profité pour se renseigner sur ce qu’elle savait des activités de sa fille. Il ne lui avait pas fallut beaucoup de temps pour se rendre compte que la famille de Johann ignorait tout de la carrière militaire pourtant exemplaire de leur fille. Sachant cela, la Gardienne avait fait discrètement passé le mot à son escorte de ne rien dire qui pourrait la compromette. Mieux valait ne pas vexer plus la jeune femme qui semblait déjà bien assez remontée comme ça. Elle le prouvait d’ailleurs de façon magistrale, pour le plus grand malheur de sa génitrice qui finit par lui demander un brin sèchement de s’approcher. Johann s’était alors approché, arme en main, sans daigner regarder les soldats qu’elle n’avait pas arrêté de rabrouer. Ces derniers secouèrent leur tête, presque lassés par son attitude. Néanmoins, ils ne firent pas un geste pour l’arrêter, après tout elle était connue et reconnue pour une loyauté au Roi qui n’était plus à prouver, et ils ne craignaient donc pas de traitrise de sa part. Dès qu’elle fut à portée de voix, Elyanne demanda à sa fille de faire en sorte que leur invitée puisse se rafraîchir avant de s’éloigner. De nouveau, Katalina ne put retenir un léger sourire, mais ne se permit aucun commentaire.

Son masque d’assurance se fissura légèrement, mais cela n’avait rien à voir avec l’apparente réticence de Johann. L’idée de se laver dans un cours d’eau ne l’aurait pas enchantée jadis, mais depuis son retour du Puy, l’idée était tout simplement insupportable. Même si elle avait fait la paix avec son passé et chassé ses tourments, son corps lui gardait des blessures qu’elle n’arrivait pas à refermer. Les bains étaient devenus des rituels difficiles, et même si la tendance allait vers l’amélioration, sa cécité nouvelle avait été une difficulté de plus à surmonter. Se reprenant rapidement, elle secoua négativement la tête. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait, après tout la route avait été assez longue et le temps assez chaud pour qu’un bon bain ne soit pas de refus, mais il arrivait parfois que le corps ne puisse suivre l’esprit là où il voulait l’emmener.

« Une autre fois peut-être. » déclina-t-elle doucement, avant de reprendre son léger sourire. « A la place, que diriez-vous de marcher un peu ? »

En réalité, Katalina avait plus envie de dormir que de se promener, mais elle savait que si elle ne saisissait pas cette chance de parler avec son hôte, elle n’en aurait probablement pas une seconde. Malheureusement, elle était curieuse, d’autant plus qu’elle avait désormais un début d’élément de réponse. Seulement, savoir qui était réellement Johann Reinhart n’avait fait que lui souffler de nouvelles questions. Pourquoi la famille n’était-elle pas au courant ? Que faisait-elle à Serramire, loin de la Rose Noire ? Et puis, il y avait autre chose, différente de la curiosité, une étrange sensation de discorde. Quoi qu’ait vécu la jeune femme, elle n’en était pas sortie indemne… Mais la Gardienne n’avait aucune idée de la blessure dont il était question.
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Lun 31 Mai 2010 - 21:30

Elle avait perdu l'habitude des militaires... Elle avait perdu l'habitude de ne pas contrôler son petit monde. Il ne fallait pas d'imprévu, pas de problèmes, et le débarquement de ces types n'avait rien arrangé. Elle qui voulait les chasser, ils avaient établit leur camps dans les limites qu'elle avait décidé. Tout mener à la baguette, d'une poigne de fer, voilà comment elle fonctionnait, ne se reposant que sur des hommes de confiance dont la plupart étaient maintenant morts au combat à cause de la guerre civile. La Rose noire fonctionnait sur le principe de la confiance aveugle, vu qu'elle maternait presque ses nombreux hommes.

Et là se rajoutait le fait que ces types risquaient de lâcher à tout moment qui elle était à sa famille... Quelle esclandre ca ferait s'ils l'apprenaient... Déjà sa mère, lui ferait une scène de ménage, elle qui la voulait mère au foyer avec plein d'enfants... Ensuite son grand père... Elle ne savait pas encore comment il réagirait... Bref, cette journée là se terminait sur cette petite touche de bonheur qui lui mettait les nerfs à rude épreuve et rendant les choses que plus difficile pour les autres à cause de son sale caractère... Elle ne retrouvait le calme qu'une fois sur un champs de bataille, à donner ses ordres, sur le front même, avec ses hommes, prenant les mêmes risque qu'eux... Mais là... Dire qu'elle recommençait à peine à aller mieux...

Leur "Invitée" aveugle refusa l'invitation de rejoindre la rivière, trop pudique ? Pour une aveugle ? Non, sûrement autre chose, mais ce n'était pas vraiment son problème pour le moment. Enfin, en tout cas ceci semblait l'avoir gênée. Elle préférait se promener... C'est sûr, après avoir passé une journée enfermée dans un carrosse, on avait besoin de se dégourdir les jambes. Tout le contraire de Joh' qui avait travaillé sans relâche et qui n'aurait pas dit non à un bain relaxant dans l'eau froide du petit cours d'eau.

"Comme il vous plaira" Elle lui présenta son avant bras, pour déposer la main de Kat sur son poignet. "Je vais vous guider. On va marcher à votre rythme, sur un petit chemin de terre."

Elles firent quelques pas, le temps de s'habituer au rythme de marche... Joh' ayant une marche beaucoup plus droite que celle de l'aveugle qui était bien plus féminine, tellement que cela pouvait choquer les regards non avertis. Elle ne disait rien, tant qu'ils étaient encore à portée auditive des soldats.

Au contact, Kat pouvait clairement sentir que sa guide était tendue, peut-être même trop... Après à en deviner la raison... C'était une autre paire de manche ! Mais plus elles s'éloignaient des gens, et moins cette tension se faisait sentir, mais elle menaçait de remonter à tout moment, il ne fallait pas être empathe pour le deviner que si l'un des gardes les suivaient, quelque chose irait forcément de travers...

Elles avancèrent quelques minutes en silence, avant que Joh, qui s'était bien assurées qu'elles soient seules, finisse enfin par se détendre assez pour ouvrir la bouche alors qu'elles s'approchaient d'Iris, qui n'aima pas vraiment ce genre de visite, se redressant immédiatement alors qu'elle profitait de l'ombre d'un grand arbre.

"On dirait qu'elle ne vous aime pas." Commenta Joh' en regardant le comportement de la jument qui en disait long. "La dernière fois qu'elle m'a fait ça ce n'était pas très bon signe." C'était sûr, elle tendait une petite perche à l'intention de la femme avec elle. "Enfin... Laissons cette boudeuse avec son herbe, je vais vous emmener dans un endroit plus calme que la ferme... Ca sera beaucoup plus reposant... C'est à deux pas." Conclut-elle.

Oui, elle était plus détendue que quelques minutes auparavant... Mais à prendre dans le sens du poil...
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mar 1 Juin 2010 - 22:44

« Ne quittez pas l’enceinte de la ferme, mademoiselle Reinhart. » s’était contentait de prévenir Kaeric quand il avait vu les deux femmes s’éloigner.

Elle avait beau se présenter sous le pire jour possible, elle restait une militaire et une fidèle du Roi. En ces temps troublés, c’était plus qu’il n’en fallait pour se voir accorder la confiance du capitaine qui avait de plus entendu les exploits du Commandant de la Rose Noire et de son rôle durant le siège de Diantra. Cependant, il restait en charge de la sécurité de la Dame Noblegriffon, et il n’avait aucune envie de la savoir se promener sans escorte à la lisière des bois qu’était devenue la forêt d’Aduram. La Gardienne se laissa entraîner en silence, chassant de ses pensées l’image d’un cours d’eau dans lequel elle se noyait malgré elle, et se rendant vite compte que Johann ne suivait pas les instructions qu’elle avait reçu. Cela n’avait rien d’étonnant, au fond, elle était trop têtu et le simple fait que le Serramirois ait ouvert la bouche avait pu la faire changer d’avis. Cette simple pensée suffit à détendre Katalina, qui se concentra plus sur ce qu’elle pouvait percevoir de sa compagne d’infortune.

Car il était clair que la jeune femme aurait préféré être n’importe plutôt qu’au bras de son invitée. Regrettait-elle pour autant d’avoir arrêté la colonne quand celle-ci s’était approchée des terres de sa famille ? La noble en doutait, la pensait trop entière pour regarder en arrière. Non, elle maudissait plutôt les voyageurs d’avoir décidé de s’arrêter là plutôt que dans une auberge par bien des aspects plus confortables. Katalina aurait été bien en peine de justifier son choix, et il n’y avait sans doute qu’Aerandir pour le comprendre entièrement. Sa grossesse, déjà, avait rendu son voyage difficile, et elle avait saisi la première occasion qui se présentait pour mettre un terme à ce qui prenait des allures de supplice. Mais ce n’était pas l’unique raison, ni même la principale. En réalité, sans cette discordance étrange qu’elle avait ressentie chez la cavalière, elle aurait sans doute passé son chemin, peu importe son identité. Mais la curiosité avait toujours été un de ses défauts, sans doute parce que le savoir amenait le pouvoir et qu’elle était née pour l’engranger. Au moins, à mesure qu’elles s’éloignaient, l’héritière sentait sa voisine se calmer et se détendre, même si elle restait incroyablement stoïque.

Katalina comprit qu’elles avaient rejoint la fameuse Iris avant même que Johann ne le lui indique. L’animal faisait bien assez de bruit seul pour s’annoncer, mais cette fois-ci la Gardienne ne recula pas, s’arrêtant plutôt pour entendre ses protestations diverses et variées. Sabots raclant le sol, renâclements nerveux, la jument était bien plus sensible à ce qu’elle dégageait que ses semblables, quels qu’ils soient. Penchant légèrement la tête, elle ferma les yeux, cherchant sans trop savoir comment s’y prendre à lui envoyer des ondes rassurantes. Son essai se solda par un échec, mais elle prit le parti d’hausser les épaules. Il devait surement y avoir un moyen de ne pas déclencher ce genre de réactions chez les animaux les plus réceptifs, il suffisait juste de le trouver. Comme souvent quand elle n’était pas seule, Tyra restait en retrait, mais la Serramiroise ne doutait pas qu’elle saurait combler ses lacunes en temps et en heure. C’était une chose qu’elle avait rapidement acquis : la confiance en la Déesse, pas forcément aveugle mais néanmoins réelle.

« Cela changera peut-être un jour, quoi que je doute d’avoir le temps de lui faire changer d’avis. » répondit-elle paisiblement.

Elle ne relevait pas quant au fait que Johann décidait finalement d’outrepasser les recommandations de son capitaine. Grâce à la Voix des Morts, elle ne doutait pas de prévoir l’arrivée de brigands assez longtemps avant qu’ils n’arrivent pour retourner se réfugier dans la ferme. Si elle souhaitait s’attirer les foudres de Kaeric, elle en avait tout à fait le droit, elle savait déjà qu’elle ne ferait rien pour l’en protéger. C’était sans doute le meilleur moyen de la braquer, elle souhaitait prouver aux hommes qu’elle était au moins aussi bon qu’eux, voir meilleur, et un homme ne souffrait pas de se faire protéger par une femme. C’était une étrange situation, et Katalina n’était même pas sûre de la cerner avec exactitude, mais elle estimait tout de même ne pas être loin de la réalité. Elle avait mieux à faire, de toute façon, que tenter de la raisonner. La comprendre était bien plus intéressant.

« Pour vous éviter quelques sueurs froides, je tenais à vous assurer du fait que votre famille ne saura rien de votre condition réelle, du moins pas par nous. » commença-t-elle, lui confiant à demi-mot ce qu’elle savait comme elle aurait annoncé qu’il allait sans doute pleuvoir.

Le tout était de l’amener doucement vers le sujet sans la braquer d’entrée de jeu, et pour cela il fallait lui laisser l’occasion de parler d’elle-même. La noble doutait que Johann ne se confie d’elle-même sciemment, mais elle pouvait toujours laisser échapper des indices par mégarde.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mer 2 Juin 2010 - 7:37

Ne pas quitter l'enceinte de la ferme ? Il ne savait pas à qui il s'adressait ! Enfin si, il savait déjà plus ou moins... Et ca se voit qu'il ne connaissait pas l'étendue de l'exploitation et de ce qu'on pouvait considérer comme "limites" du terrain de cette ferme isolée. En effet tout ce qui pouvait être exploité l'était, mais avec les guerres successives il ne restait plus beaucoup d'hommes et des terres étaient laissées en friche, autant dire qu'il n'y avait pas de limites...

Iris quant à elle était vraiment intenable... Il fallait qu'elle la redresse, et quelque chose de correct avant de retourner à Diantra... Bon, c'était plein de bonnes intention pourrait-on dire, elle réagissait à ce qu'elle pouvait ressentir comme dangereux et à ce que sa maitresse ne pouvait pas voir. Les animaux ayant un tel instinct sont rares vu qu'ils ont tendance a être réprimés par le dressage. Or le "libre arbitre" ou plutôt son instinct naturel avait été laissé à l'animal, pour contrer un peu le fort caractère de sa propriétaire, c'est ce qui faisait le charme de cette relation d'ailleurs... Mais là c'était vraiment exagéré...

Néanmoins, l'aveugle savait qui elle était... Ça c'était répandu comme une trainée de poudre dans la petite escorte, et il était logique que celle qu'ils protégeaient soit au courant... Enfin, le danger était "ailleurs".

"J'espère juste qu'ils ne le sauront jamais, je ne veux pas les entrainer la dedans ou qu'ils se fassent du soucis." Répondit-elle au sujet de la connaissance de son "rang" pour sa famille... Non, elle ne leur dirait pas, même s'ils n'étaient pas stupides et se doutaient que quelque chose clochait... "Elle réagit par instinct à tout ce qui est dangereux." Elle venait de changer de sujet, sans en prévenir son interlocutrice "J'ai découvert ca avec le temps, Iris m'a sauvé la vie plusieurs fois de cette manière."

Agir par instinct, ce n'était pas Joh' qui faisait ca aussi ? A se demander laquelle avait déteins sur l'autre en premier dans le "couple" Iris-Joh'. D'ailleurs elle pouvait remarquer l'habile retournement de situation avec un changement de sujet rapide. Il y avait de la curiosité de chaque coté. Enfin, était-ce vraiment le cas pour Joh' ? Sa curiosité pouvant surtout être considérée comme de la méfiance. Une aveugle en soit ne pouvait pas réellement être dangereuse, mais elle avait vu tellement de choses improbables au cours de sa vie que même les hypothèses les plus farfelues ne pouvaient être écartées. Katalina put ressentir un mouvement de Joh', quelque chose de sec qui fit que la jument arrêta la plupart des hostilités, ne montrant son mécontentement que par quelques reniflements nerveux à intervalle toujours trop réguliers, d'ailleurs ce n'est pas la seule chose qu'elle put deviner : Sa guide avait repris en assurance, et sa poigne se faisait beaucoup plus présent et pressante, trahissant le fait qu'elle ne la laisserait pas partir comme ça. Une main de fer, dans un gant d'acier, voilà ce que ca trahissait, et ca pouvait donner une image assez complète de comment elle avait pu en arriver là.

"Ce n'est pas la mort ni son odeur qui pourraient l'effrayer, elle l'a déjà assez côtoyée pour s'y être habituée. Par contre c'est tout autre chose pour ce qui pourrait l'emmener par surprise. Et moins on la voit, mieux on se porte, c'est encore plus vicieux que les Drows" Le raisonnement tenait la route, et emmenait Joh' sur un chemin glissant, avec son tact qui avait fait une partie de sa légende. "Vous savez qui je suis, vous savez qui sont les gens dans cette ferme. Mais je ne sais rien de vous, ni de ce que vous transportez."

Elle ne forçait pas la réponse par ses mots en eux même, mais plus par le comportement et le ton employé. Ce n'était pas une question qui attendait potentiellement une réponse. Mais plus quelque chose qui obligeait à la réponse, la confiance n'étant pas quelque chose qui se gagne facilement. Et si l'inconnue aveugle voulait arriver à ses fins, elle devait jouer la bonne carte, au bon moment. Une sorte de partie de poker, ou ce n'est pas forcément celui avec les meilleures cartes qui gagne.

Mais parfois il vaut mieux ignorer certaines choses... Et ça, Joh' avait déjà pu en faire la mauvaise expérience et même si elle ne se considérait pas comme curieuse, elle aimait savoir, pour pouvoir réagir en conséquence, ne pas rester dans l'ignorance pour savoir que faire... Mais on dirait que cela ne lui avait pas encore servit de leçon.
________

Pendant ce temps, à la ferme, l'ambiance s'était partiellement détendue, enfin... Il n'y avait plus Joh' pour occuper les soldats... Le grand père avait finit par craquer et avait forcé le capitaine à prendre un bon gros verre de l'alcool local, c'est à dire le tord boyaux qui pouvait très bien récurer le gosier...

Et oui, lui aussi semblait vouloir quelque chose. Et l'alcool déliait les langues, a savoir si le capitaine, après une telle journée résisterait à la tentation ! Surtout que l'ambiance joyeuse s'y prêtait fortement, certains de ses hommes ayant sortit des petits instruments de musique pour s'occuper.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Jeu 3 Juin 2010 - 16:29

Katalina ne s’était pas attendue à ce genre de réponse, elle n’avait de toute façon pas cherché à savoir ce qui pouvait motiver Johann à taire son élévation sociale à sa famille, mais ses motivations n’étaient pas dénuées de fondement. Il était tout à son honneur de ne pas vouloir plonger les siens dans des affres de tourments et d’inquiétudes, après tout la guerre apportait son lot de morts et de disparitions, et c’était le quotidien des proches que de s’en faire pour leur fils, frère ou père parti à la guerre. Le cas de la jeune femme était d’autant plus particulier qu’elle appartenait à un sexe présenté comme faible, aussi la Gardienne ne doutait pas que cela ne devait pas aider. Pour une raison obscure, la militaire s’était volontairement jetée à corps perdu dans un milieu qui lui était hostile de nature. Au moins avait-elle réussi son pari, s’extrayant de la vie paysanne et réussissant même à gravir les échelons militaires. En réalité, le plus étonnant était qu’elle était retournée dans la ferme de son enfance sans raison apparente, et l’héritière Noblegriffon ne l’imaginait pas faire spontanément un retour aux sources. Devinant sans doute les interrogations de son invitée forcée et anticipant ses probables questions, Johann la prit de cours en changeant totalement de sujet, revenant sur l’étrange comportement de sa jument. Iris faisait parlait d’elle, décidément.

« Me jugez vous dangereuse, Johann ? » répondit-elle à sa question à peine voilée.

Katalina n’avait jamais été proche d’un animal. Elle avait apprécié ses montures, en particulier Quiétude avec qui elle avait appris ce qu’elle savait de l’équitation, mais jamais à un stade comparable à celui de son interlocutrice, qui affirmait sans rougir devoir sa vie à une jument. C’était une relation de confiance assumée mais résolument étrange pour quelqu’un qui n’avait déjà pas eu beaucoup d’occasions de lier des liens d’amitiés poussés avec des représentants de sa propre race. Comme pour préciser plus en détail, la militaire détailla un peu plus. Elle expliqua que l’animal ne craignait pas la mort elle-même mais ceux qui la portait sur leur sillage. Une pensée étrange, qui n’arracha pas un sourire à la première concernée. Elle se rembrunit même légèrement. Déjà que le message n’était pas réellement agréable, la façon dont Johann s’y prenait pour arracher ses confessions n’arrangeait rien.

« Je ne suis pas un de vos soldats, Commandant. » fit-elle remarquer, la voix dangereusement calme, avant de hausser les épaules et de se détendre. S’énerver ne servirait à rien, et il était logique qu’une jeune femme s’inquiète pour sa famille et pour elle-même si elle était persuadée d’avoir à faire à un danger mortel. « Cependant, vos questions sont légitimes, et je n’ai aucune raison de ne pas vous répondre. Je suis Katalina Noblegriffon. Vu avez peut-être entendu parler de moi, j’assure en partie le ravitaillement des armées du Roi. »

Elle ne savait pas exactement si un Commandant de cavalerie se souciait du ravitaillement, mais si cela pouvait parler à Reinhart, ce serait toujours cela de gagné. Elle pensait que les intrus transportaient quelque chose, et que c’était cette chose qui effrayait sa jument. Elle ne devait pas imaginer Katalina dangereuse, et la concernée ne pouvait pas lui en vouloir, elle n’était déjà pas très impressionnante quand elle y voyait encore, alors maintenant qu’elle avait perdu la vue, ce devait être pire.

« L’homme qui m’accompagne se nomme Aerandir Ancalimë, et notre escorte nous a été proposée par Marcus d’Adoran, Régent de Serramire mandaté par le Roi. Nous nous rendons au Mariage de Gaucelm d’Odelian. » ajouta-t-elle comme si elle énumérait une liste. « Je ne suis pas votre ennemie, Johann. »

***********
L’installation était désormais terminée. Le soleil ne se coucherait pas avant une ou deux heures, mais au moins étaient-ils parés pour la nuit. Adossé contre le mur de la grange, les bras croisés, il vérifiait désormais machinalement que ses hommes ne faisaient rien de regrettable. Comment la Dame Noblegriffon comptait-elle dédommager ces paysans ? Il n’en avait aucune idée, et se demandait même si elle y avait seulement penser. Avec les nobles, comment savoir ? La plus élémentaire des politesses leur était parfois étrangère, alors qu’il pouvait accorder une importance capitale au pli froissé d’une robe. C’était un autre monde, en réalité, avec ses propres lois, ses propres codes, et c’était sans doute mieux ainsi. Allez demander à un noble d’être proche du peuple, réellement, dans les actes comme dans les paroles, qui pouvait s’y mêler sans se forcer. Kaeric n’était pas certains que beaucoup répondraient à l’appel. Il fut tiré de ses pensées par celui qui semblait être le propriétaire de la ferme. L’homme, d’un âge vénérable et pourtant les bras encore vigoureux à force de travailler la terre, lui proposait de se détendre un peu et de boire un verre.

« Ma foi… » commença-t-il, jetant un coup d’œil à ses hommes. Ils étaient sages, ils sauraient le rester, même s’il se permettait un petit écart. « Montrez moi donc ce que vous avez. »

Pas plus d’un verre. Il ne devait pas montrer le mauvais exemple, il ne pouvait qu’imaginer quel désastre cela serait si jamais l’escorte entière se réveillait avec la gueule de bois le lendemain. Refuser aurait été impoli, mais il ne fallait pas confondre savoir vivre et plaisir gratuit.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Jeu 3 Juin 2010 - 20:26

Juger quelqu'un de dangereux. Elle n'était pas la mieux placée pour dire ça, ce n'était qu'une question de point de vue. Vu son caractère qui pourrait être qualifié d'instable, beaucoup de soldats pourraient la qualifier de dangereuse. Et il en était de même de ses hommes. Certains étaient d'anciens criminels endurcit cherchant l'immunité dans l'armée, ou encore juste à fuir le milieu criminel en gardant les armes et le combat comme moyen de vivre ou plutôt survivre. Certains de ses officiers en faisaient partis, le type balafré, faisant peur et semblant être un tueur psychopathe au premier abord se révélant être une crème... Alors comment la juger... Une femme, trop peu musclée pour savoir tenir une arme... Et aveugle de surcroit. C'est sûr, elle se ferait facilement sous estimer si par exemple elle était une magicienne, aussi Joh répondit toujours avec sa fameuse franchise.

"Vous juger dangereuse ? Iris a piétinée une Drow à Alonna, elle n'avait que la peau sur les os, elle était aveugle c'était a se demander comment elle faisait pour vivre avant qu'on ne lui passe dessus. A côté, cette Drow faisait partis de leurs nécromanciens et ses cadavres ont du tuer trop de soldats ce jour là." Elle fit une pause. "Beaucoup de mes hommes ressemblent à des criminels, certains en sont. Seuls les actes des gens permettent de juger s'ils sont dangereux ou pas. Pour le reste il y a la méfiance et la confiance."

Elle laissa la noble se présenter, sans rien dire. Oui elle avait entendu ce nom assez souvent, lors des ravitaillements lors des campagnes. Et pour cause, elle allait accueillir en personne ceux qui permettrait à ses hommes de pouvoir aller au combat sereinement.

"Vous n'êtes peut-être pas un de mes soldats, mais vous restez un être humain, votre sang est rouge comme le mien et si une épée vous passe au travers, vous mourrez, comme moi." Raisonnement implacable et très terre à terre. "A mes yeux tout ces faux semblants et autres manières de la noblesse n'ont pas lieu d'être. Ça pose des soucis à certains, grand bien leur fasse, s'ils aiment se prendre des coups de poignards dans le dos ce n'est pas moi qui vais les plaindre."

Joh' avait dit ca avec une telle légèreté que s'en était presque à faire peur. Une sorte de reste d'innocence dans tout ce qu'elle avait pu vivre ? Ou juste une débilité profonde et de cruels penchants masochistes ? Ou encore simplement une envie de franchise, que les choses soient claires. Pour une fois qu'elles peuvent l'être dans une vie, autant forcer le destin. C'était peut-^ter ca que le roi avait apprécié chez elle lors de leur rencontre... Rencontrer quelqu'un d'aussi direct ne devait pas être au courant, et surtout ce genre de personne ne peut pas vraiment être malveillante... Même si parfois toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre et qu'il faut choisir le bon moment, méthodes qu'elle ne savait évidemment appliquer, étant dans un style beaucoup plus brutal et radical. Oui Kat n'aurait pas trop de mal à la cerner sur ce que la cavalière voulait montrer.

Elles avaient déjà marché quelques minutes, et Joh' continuait à la guider tranquillement, sans vraiment se soucier des soucis que ca pouvait causer. Elles s'approchaient d'un petit bosquet, avec tout les bruits qu'ils pouvait causer : Les oiseaux, le bruit des feuilles dans les branchages... Et bien entendu, le bouquet final : Les clapotis de ce qui semblait être un petit cours d'eau qui passait non loin de la propriété et qui servait à irriguer les champs. Ceux-ci étaient à peine audibles, couverts par les autres bruits et surtout la discussion. Mais plus elles s'en approcheraient et plus Kat pourrait s'apercevoir de ce qui l'attendait.

"Je ne suis pas non plus votre ennemie." répondit simplement Johann au bout d'un moment. "Et je n'ai pas envie de le devenir, sauf si vous m'y obligez." Conclu-t-elle

****************

Qu'elle fut la surprise du capitaine en goutant le tord boyaux du vieux. C'était bon pour récurer n'importe quel acier rouillé et le rendre comme neuf tellement qu'il était fort ! Il l'avait vraiment distillé, ou c'était juste pur ? Un bon vieil alcool de plante (genre génépi, mais plus costaud) et de fruits sauvages qui donnaient un arrière gout sucré, et une bonne odeur qui pourrait aller jusqu'à déboucher le nez d'un enrhumé. Peut-être même que c'était leur vieux remède pour soigner les crèves hivernales ? En tout cas il le sentirait passé s'il n'était pas habitué à boire !

"Vous m'en direz des nouvelles ! Et en plus ca soigne quasiment n'importe quoi !" Lui dit-il en le servant. "Ça se boit comme du petit lait !"

Le vieux l'accompagna, puis pour lui montrer que c'était comme il le disait. Ce mec était complètement dingue d'avaler ca comme ça. Il en tira même un petit air réjouit !

"Après l'effort, le réconfort !" Dit-il victorieux. "Mais je ne suis pas présenté. Je suis Brenard Guham, le grand père de la furie qui vous a accueillit. D'ailleurs vous semblez la connaitre la p'tite. Ma fille aimerait la marier un jour, mais vu son caractère elle doit tous les faire fuir !" Il éclata d'un rire franc et sonore. "Vous en pensez quoi vous ?" Face à l'air jovial du vieux il était difficile de ne pas se laisser entrainer dans la conversation, qui était pourtant risquée...

Il avait toujours sa bouteille bien pleine à la main, surveillant discrètement le verre de son invité, comme s'il préparait un mauvais coup, sauf que cela se voyait, c'était quelqu'un de simple sans de mauvaises intentions.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Jeu 3 Juin 2010 - 22:55

Katalina ne tiqua pas sur les premières de paroles de Johann, même si elle aurait pu s’offusquer son langage un brin cru. Elle n’avait en effet pas l’habitude qu’on lui décrive en détail la mort d’une drow piétinée sous les sabots d’un Iris rendue frénétique par la bataille. Heureusement pour la cavalière, la noble ne portait pas dans son cœur le peuple d’Elda, bien au contraire. Elle aurait sans doute réagi différemment si la victime avait été humaine, puisse-t-elle être rebelle, mais elle ne voyait en les sombres qu’une vermine à éliminer. C’était sans doute un mauvais coup porté à la sacro-sainte neutralité des Gardiens, heureusement ils s’étaient depuis longtemps détournés de Tyra. Un hasard qui tombait plutôt bien, et qui n’en était sûrement pas un, d’ailleurs. Les premiers jours, Katalina ne s’était pas interrogée pour savoir pourquoi elle avait été choisie, elle s’était contentée d’accepter l’explication d’Aerandir sans la remettre en question, mais la surprise passée, elle devait se rendre à l’évidence : la réalité était plus complexe. La Déesse ne l’aurait pas choisi uniquement pour compenser son espérance de vie allongée, il devait y avoir d’autres raisons.

« Tu commences enfin à te poser les bonnes questions. »
Katalina ne put retenir un haussement de sourcil, un brin vexée. Elle aurait bien voulu l’y voir, tiens. Qu’il était facile de se moquer, quand on était une Déesse et qu’on avait toutes les cartes en main. Quelle étrange relation tout de même, que celle qui l’unissait à Tyra. Elle supposait que l’Ecorchée l’avait prise en affection, et lui faisait confiance en retour, sans réellement savoir si elle avait raison ou si elle n’était qu’un outil entre des mains immatérielles. Un dilemme qu’elle avait décidé de mettre de côté, sachant très bien qu’elle n’aurait jamais la réponse. Johann décida alors de prendre le contrôle de la conversation, pressant presque son interlocutrice pour obtenir ses réponses, ce qui ne fut pas réellement au goût de la première concernée, qui lui fit remarquer qu’elle n’était pas un simple soldat, avant de répondre sans donner plus de détails que nécessaire. La jeune femme n’avait pas besoin de savoir qu’elle accompagnait une Gardienne, ni que le sang-mêlé qui faisait route avec elle était lui-même un Gardien. S’ils l’avaient su, les paysans auraient surement fait une crise d’apoplexie collective.

La réprimande - gentille - de Katalina sembla passer au dessus de Johann qui ne se laissa pas démonter, bien au contraire. Entendre parler de sa propre mort de façon aussi crue - elle n’avait pas vraiment envie d’imaginer une épée lui passant au travers du corps - et surtout sans réelle raison n’était pas une plaisanterie qu’elle appréciait, mais se voir en plus accuser de se cacher derrière les faux semblants propres à la noblesse péninsulaire n’arrangeait rien. Le pire était sans doute qu’elle n’avait rien à répondre, elle avait parfaitement conscience que sa façon de s’exprimer ou de se comporter pouvait paraître traitresse aux yeux du peuple, mais elle était née et avait été éduquée comme une noble, et cela impliquait une certaine retenue. Le pire était qu’elle s’estimait beaucoup plus accessible et naturelle depuis son retour d’Alëandir, et qu’elle n’avait vraiment pas eu l’impression de donner à la militaire une quelconque raison de l’accuser de la sorte.

« Si j’avais voulu vous nuire, Johann, cela ferait longtemps que votre famille serait au courant de vos pérégrinations de ces dernières années. » lâcha-t-elle froidement. « Vous ne me connaissez pas, je vous serai grée de ne pas me cataloguer simplement parce que je suis née noble. »

Surtout quand on savait sa réputation auprès de ses semblables. Elle avait su, avec les années, se forger une réputation bien à elle, et ce n’était pas pour sa capacité à « planter des poignards dans le dos » de ses congénères. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle n’avait fait aucun coup bas du genre, bien entendu, les affaires étaient un monde presque plus impitoyable que les hautes sphères du pouvoir temporel. Johann dut sentir sur quelle pente elle s’était engagée, et les deux femmes gardèrent le silence, marchant pendant quelques minutes que Katalina mit à profit pour se calmer. La seule raison qui la poussait à s’entêter et à ne pas faire demi-tour sans autre forme de procès était cette certitude que son hôte forcée n’allait pas bien. Mue par un subtil mélange de grandeur d’âme et de curiosité condamnable, elle cherchait à comprendre ce qui n’allait pas exactement chez elle mais elle devait s’avouer que si le commandant persistait dans cette voie, le jeu n’en vaudrait rapidement plus la chandelle. Sans savoir pourquoi, l’héritière Noblegriffon marqua un temps d’arrêt, soudainement mal à l’aise. Ce fut à ce moment là, fruit du hasard ou non, que Johann lui affirma qu’elle ne souhaitait pas être son ennemie et qu’elle n’avait aucune envie que cela change.

« Vous n’avez aucune notion de diplomatie, n’est-ce pas ? » demanda finalement la Gardienne après avoir gardé le silence quelques secondes. On pouvait percevoir un brin de lassitude dans sa voix, mais aussi une once presque infime d’amusement. En réalité, la noble semblait presque blasée. « Je ne vous donnerai aucune raison de me passer au fil de votre épée, soyez sans crainte. Où sommes-nous ? »

Sa dernière phrase trahissait une légère angoisse, alors qu’elle était presque certaine de reconnaître le bruit caractéristique du clapotis de l’eau. Son hydrophobie n’était pas assez marquée pour que la simple présence d’eau la fasse paniquer, mais elle n’était pas totalement à l’aise pour autant à l’idée de s’approcher d’un cours d’eau, surtout quand elle ne le voyait pas. Elle faisait cependant son possible pour le cacher, et sa voix ne la trahit pas. Seul son visage, légèrement tendu, pouvait laisser entendre qu’elle craignait quelque chose, et il fallait être observateur et savoir quoi regarder pour le comprendre.

**********
Kaeric faillit recracher sa première gorgée. Par Néera, Tyra et Mogar réunis, ce ne pouvait être de l’alcool qu’on lui avait servi là. Ses yeux s’écarquillèrent alors qu’il avalait péniblement, et il ne put retenir une toux quelque peu embarrassante. Ses hommes tournèrent leur tête vers lui, haussant un sourcil surpris avant de laisser un sourire éclairer leur visage. Par les Cinq, ne pouvait-il pas regarder ailleurs. Louchant sur le contenu de son verre, le capitaine maudit sa faiblesse et lança un regard torve au vieil homme, avant de laisser échapper un sourire malgré lui.

« Vous devez être en métal, je ne vois pas d’autres solutions. » plaisanta-t-il. « A moins que votre breuvage n’ait eu raison de la sensibilité de votre bouche… et de tout le reste.
- Allez, capitaine, un peu de courage ! » se moqua gentiment l’homme le plus proche. « C’est l’âge qui vous a ramolli ? » Pour lui faire plaisir, Kaeric reprit une gorgée avec stoïcisme, avant de lui tendre la fin du verre, encore honorablement rempli.
« Fais tourner, vous n’en aurez pas plus. Je ne veux même pas imaginer ce que pourrait nous faire le Régent si la Dame lui apprend que nous l’avons escortée abêtis par une gueule de bois. »

« Votre fille est dangereuse, Brenard. Et folle. Je connais une tripotée de nobles qui n’aurait pas même jeté un regard sur le cadavre encore chaud que leur carrosse aurait laissé derrière eux. » se contenta-t-il de répondre.

Pas besoin d’être un devin pour comprendre ce qu’avait le vieil homme en tête. Il n’avait aucune idée de ce qu’avait pu faire sa petite fille durant son absence et cherchait à combler ses lacunes. Or les ordres de Katalina étaient clairs, la nouvelle ne devait pas venir d’eux.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Ven 4 Juin 2010 - 9:08

Il aurait presque semblé que la Noble avait prise les divagations diverses de Joh' pour une accusation directe à son encontre. Ce qui ne manqua pas d'étonner la jeune femme... Oui, bon, elle n'avait pas employé la meilleure méthode pour lui faire comprendre qu'à ses yeux son titre n'avait aucune importance et qu'elle serait une être humain avant d'être une noble et le résultat était plutôt catastrophique... Elle qui voulait juste faire en sorte que la noble se lâche un peu et se laisse aller.

Tact ? Proche du zéro absolu. Diplomatie ? Inconnue au bataillon ! Enfin si, mais ce n'était pas vraiment la bonne définition qu'elle avait retenue au combat : "Aller mademoiselle, réglons ca avec diplomatie entre gens courtois" lui avait sortis un capitaine rebelle en la menaçant de son épée. Elle dût la laisser se calmer un peu, en prenant un petit moment de pause, quand la question se posa naturellement, sur la once de diplomatie qu'elle pouvait avoir.

"De la diplomatie ?" L'air employé était beaucoup plus détendu, comme si elle allait en rire. "Voici ma diplomatie !" Elle releva son épée qui était toujours dans son paquet. Sauf qu'évidemment elle réalisa que la noble était aveugle... Bravo la bourde ! "Heum... On dit que j'ai autant de diplomatie que mon épée." Et le pire c'était qu'elle semblait trouver ça drôle !

A ca pour être tombée sur une originale, c'était vraiment le cas. c'était presque la méthode du "Ça passe, ou ca casse" sans aucun juste milieu ! Si ceci n'achevait pas Katalina, ca allait être la suite qui allait le faire à la place de Joh'

"Nous sommes toujours dans la propriété si c'est ce qui vous inquiète, une partie qui est en friche cette année." Elle entamait à décrire ce qu'elle voyait. "Les herbes sont à mi-cuisses, il y a un peu de tout, quelques fleurs que se disputent les insectes, abeilles comme papillons, dans une sorte de danse incessante. Si vous vous concentrer vous pourrez les distinguer, et sentir l'odeur de ce qu'ils se disputent. "Elles continuaient à avancer sur leur sorte de petit sentier de terre qui traversait le champs. "Nous sommes sur une allée étroite qui permet de contourner le champs, rien n'y pousse à force d'être piétinée." Elle chassa une guêpe qui lui tournait un peu trop autour. "On fera du fourrage de ce qu'il y a dans cette parcelle, pour que les animaux puissent passer l'hiver."

Une courte pause vint interrompre les explications.

"Nous approchons d'un bosquet, c'est un endroit calme et frais. Idéal pour se reposer après une grosse journée et si vous êtes gourmande vous pourrez même trouver quelques baies sauvages. L'herbe y est bien verte et forme un tapis assez dense par endroit, ca serait presque plus confortable qu'un des lits qu'on a à la ferme." Pendant les explications Kat pu sentir les premières ombres des arbres, et le bruit du petit cours d'eau qui était étouffé par les plantes était maintenant parfaitement audible. "C'est aussi par là que passe un petit cours d'eau qui permet d'irriguer les champs, il est très calme et l'eau y est claire. La berge est en pente douce et par endroit vous pourrez en avoir jusqu'à la taille, il y a aussi quelques poissons, mais rien de bien gros." Elle sembla maintenant remarquer son son "invitée" n'était pas vraiment à son aise depuis qu'elles étaient aussi proches du bosquet. "Vous avez peur des poissons Katalina ?"

Alors là, pour être à côté de la plaque... Elle avait assimilé le fait que la crainte de Katalina était liée à ses derniers mots au sujet de ces animaux là. Et en prime, elle avait retiré la première marque de politesse, l'appelant pour la première fois par son prénom, au lieu du "Madame" très protocolaire, ce qui voulait aussi dire que la noble pouvait faire pareil avec elle. Ou comment en quelques minutes se mettre une hydrophobe et quelqu'un a cheval sur les principes à dos pour le restant de ses jours ! Et si peur il y avait, c'était peut être le moment de le travailler avec quelqu'un qui semblait ne pas en avoir...

**********

La réaction du capitaine face à sa gnôle fit rire le vieux Brenard, sans retenue. Il était aussi "original" que sa petite fille, sauf qu'il avait prit assez en maturité avec l'age pour être moins désagréable. Il observa avec amusement le petit manège du capitaine pour se débarrasser du contenu auprès de ses hommes.

"Ce que vous êtes sensibles, vous, les hommes des villes !" Bon, aussi il fallait dire que le vieux restait une sacrée exception dans son genre.

Il prit un air beaucoup plus sérieux quand le capitaine qualifia sa petite fille de folle dangereuse qui finirait un jour tuée sur le bord d'une route pour avoir eut le même comportement que quelques heures plus tôt.

"Capitaine, je suis peut-être vieux, mais je ne suis pas aveugle." Il le regardait droit dans les yeux. "Je l'ai vu faire avec vos hommes et elle vous tapait sur les nerfs, mais vous n'avez strictement rien fait, et vous l'auriez corrigée je n'aurais strictement rien dis. Mais vous ne l'avez pas fait."

Il devenait vraiment insistant, et surtout il était déterminé à savoir, montrant qu'il tenait vraiment à cette furie. Oui sa famille semblait très importante pour lui. Peut-être même plus qu'autre chose.

"Dans son genre elle n'est pas discrète. Je n'ai pas cru un mot à son histoire de chute de cheval pour justifier sa blessure et ses petites cicatrices. Vous l'avez vu, elle montre trop bien pour tomber par maladresse." Il fixait le capitaine, comme pour le retenir prisonnier. "Et elle a le même regard que ce bon vieux Marcel qui était soldat et son paquet qu'elle ne lâche pas depuis votre arrivée n'est pas normal."

Il posa sa bouteille et son verre sur le sol, à ses pieds, avant d'attraper le capitaine par les épaules, le regardant toujours. Le capitaine pouvait y lire de l'inquiétude dans son regard.

"Je n'ai rien dit à ma femme et à ma fille, si elle ne nous a rien dit, c'est qu'elle a ses raisons. Mais il faut que je sache."
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Dim 6 Juin 2010 - 22:03

Ca aurait surement pu être drôle, si ça n’avait pas sonné comme une boutade de gamin des rues. Quoi que, il y avait peu de chance qu’un tel gamin soit en possession d’une épée, mais c’était là une autre histoire. Pourtant, il y eut quelque chose pour faire sourire Katalina, et cela n’avait rien à voir avec l’humour de la jeune femme. Elle laissa échapper un petit rire, ravie d’en rajouter à la gêne de la jeune femme quand cette dernière avait fait l’erreur de lui montrer quelque chose. Ce n’était probablement pas le genre de réaction que le Commandant de la Rose Noire se serait attendu à avoir, mais la Gardienne n’avait pas pu s’en empêcher. Elle aurait sans doute pu garder le silence, faire comme s’il ne s’était rien passé pour ne pas gêner d’avantage Johann, mais elle n’en fit rien, préférant montrer qu’elle était parfaitement à l’aise avec son handicap. Ce n’était certes pas l’exacte vérité, mais au moins ne se forçait-elle pas. Cet incident mineur avait au moins eu le mérite de la calmer tout à fait, et elle lui assura sur le ton de la plaisanterie qu’elle ne lui donnerait aucune raison de la tuer pour bien le lui montrer. Katalina avait tout de même à faire avec une femme étrange. Au moins étaient-elles toutes deux détendues, ce qui était un fait nouveau. Jusqu’à présent, il y en avait toujours eu une pour refroidir l’atmosphère.

Le sourire de l’héritière Noblegriffon ne survécut pas longtemps, cependant, car elle crut très vite percevoir des bruits… familiers. Familiers et angoissants, d’une façon que peu pouvaient comprendre. Pour le commun des mortels, la douce mélodie d’un cours d’eau suivant paisiblement le sillon de son lit était relaxant, reposant, mais pas pour elle, bien au contraire. C’était se souvenir d’un passé enterré mais néanmoins sensibles. Elle doutait pouvoir repenser à la salle des bains de Nhilantar sans éprouver du dégout, de l’horreur et de la peur, et ne le souhaitait même pas. Se trahissant, elle demanda où elles se trouvaient, dans l’espoir d’être rassurée. Après tout, ces bruits pouvaient très bien provenir de son imaginaire, ça n’aurait pas été la première fois qu’elle aurait entendu des sons qui n’existaient pas. Le souci de se reposer sur un sens qui n’en avait pas forcément l’habitude était qu’il lui arrivait de se tromper. Malheureusement, Johann la fit rapidement déchanter, soufflant son espoir avec une innocence presque cocasse. D’une certaine façon, Katalina aurait préféré craindre les poissons plutôt que leur habitat. Il n’y avait pas de poisson dans sa baignoire après tout.

« Ce n’est pas exactement cela. » commença-t-elle, avant de soupirer et de se reprendre complètement. Se drapant dans sa dignité, elle offrit de nouveau un visage impassible à son interlocutrice. « Je ne vous demanderai qu’une chose, ne m’amenez pas trop près de ce cours d’eau. »

Détail amusant, Johann l’avait appelée par son prénom. Fallait-il qu’elle soit devenue si peu impressionnante pour que le peuple se libère du carcan du respect - aussi désuet soit-il aux yeux de certains - que la noblesse lui avait imposé ? Il fallait dire qu’une noble ayant peur des poissons ne devait pas être des plus convaincantes dans son rôle. A moins que ce ne soit que la militaire, ce qui était sans doute plus probable. C’était… déroutant. Et surtout pas le bon moment. Si elle avait été plus détendue, peut-être Katalina se serait-elle laissée prendre au jeu, mais alors qu’on la forçait à faire face à sa plus grande peur - involontairement, certes, mais seul le résultat importait - elle ne se sentait pas d’humeur compréhensive, et encore moins permissive.

« Je suis désolée, Commandant, mais il n’y a actuellement que peu de personne pouvant se targuer de m’appeler par mon nom quand ils s’adressent à moi, et vous n’en faites pas parti. » Aerandir, Trystan… Il n’y en avait pas beaucoup d’autres. Même Théodore, qui la connaissait depuis qu’elle était née, ne l’appelait pratiquement jamais par son prénom, et les rares fois où il le faisait, il s’excusait par la suite. « Ne le prenez pas contre vous. » ajouta-t-elle, et il était vrai qu’elle avait bien pris garde de ne mettre aucune hostilité, aucune remontrance dans le ton de sa voix.

Deux ans plus tôt, elle aurait sans doute été plus vindicative, remettant sèchement la jeune femme à sa place pour être certaine qu’elle ne recommencerait plus, mais pas cette fois là. Et pour cause, Katalina était en route pour dire adieu à son statut de noble et se faire à l’idée qu’elle était autre chose, désormais. A ses yeux, le tabou du prénom trouvait toute sa signification dans le respect, c’était ainsi qu’on lui avait enseigné cette notion, mais devait-elle continuer à s’offusquer parce que certains ne partageaient pas sa vision ? C’était une question qu’elle n’était pas encore prête à se poser, à vrai dit, car était certaine : elle ne pouvait pas encore renoncer à une éducation qui avait guidé ses pas depuis sa naissance.

**********
Kaeric perdit toute sa bonne humeur dès que le vieux arrêta de tourner autour du pot avec son humeur bon enfant pour en arriver au vif du problème. Il préféra ne rien dire, mais son regard s’assombrit légèrement, alors qu’il se produisait exactement ce qu’il craignait. Il l’avait su dès que la Dame Noblegriffon de garder le silence, lui et ses hommes. Il avait su qu’avec l’attitude de Reinhart, il y aurait forcément des questions, et l’idée de ne pas pouvoir donner de réponses ne lui plaisait pas du tout. Il garda le silence pendant toute l’argumentation du vieil homme, et ne pipa pas mot pendant quelques secondes, le jaugeant du retard.

« C’est un sacré alcool que vous nous avez servi là. » Il poussa un soupire, puis se détacha complètement du mur. « Suivez-moi. »

Il ne vérifia même pas si le grand père s’exécutait, il aurait été trop heureux si cela n’avait pas été le cas. Quand il estima que la distance était assez importante que pour ses hommes n’entendent rien, il se retourna.

« J’ai des ordres, je ne peux rien vous dire. La Dame nous a demandé de garder le secret de votre petite fille. » Il marqua une pause, le temps de plonger son regard dans celui du maître des lieux. « Si vraiment vous voulez savoir quelque chose, allez vous adresser à Dame Noblegriffon ou à votre petite fille, mais je ne peux rien pour vous. »

De nouveau, il marqua une pause, puis décida d’enfoncer définitivement le clou.

« Je suis désolé, mais n’insistez pas, ne me forcez pas à vous mentir. »
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Lun 7 Juin 2010 - 8:37

Ainsi donc Joh' avait vu juste, la femme qui l'accompagnait avait vraiment peur des poissons, l'ex-commandante n'ayant pas vraiment de mal à le sentir, le corps ne trahis pas quand il y a quelque chose d'effrayant pour la personne, et même les personnes les plus habituées ne peuvent le dissimuler car il y a toujours un minimum de tension, bon après tout, il faut bien avoir peur de quelque chose dans la vie ! Mais pourquoi la peur des poissons plutôt que de l'eau ? Pour ridiculiser cette peur et l'atténuer, penser que l'on a peur des poissons plutôt que de l'eau peut faire rire et partiellement la calmer, un moyen pour se changer les idées face à cette peur si elle est panique et permettre de continuer d'avancer et de vivre avec... Mais ceci n'eut pas vraiment l'effet escompté, la familiarité n'était pas ce qui allait passer avec une noble... Après tout elles étaient de deux mondes radicalement opposés, il était évident que ca ne pouvait pas coller, les bords étaient beaucoup trop coupants pour s'y frotter en tenter de les coller entre eux...

"Même si je ne peux pas vous appeler par votre prénom, appelez moi quand même Joh'. " Continua-t-elle, le ton dans sa voix montrait une sorte de déception. "Ça évitera les problèmes, et je ne suis pas vraiment "commandant" en ce moment." L'intonation était devenue plus sombre.

Elle ne disait pas tout à ce sujet, ce qu'il s'était passé à Erac avait été passé sous silence, après tout avec cette histoire de gros lézard, les nerfs d'une des femmes, originaires du peuple, les mieux placée du royaume qui lâchent, ce n'était pas quelque chose dont ils pouvaient se vanter... Elle devait voir le roi et enterrer cette affaire, mais ce n'était pas encore le moment qui de toute manière serait forcé d'arriver bientôt, la Rose Noire ne pouvant pas être éternellement gérée par le remplaçant qu'elle avait laissé derrière elle, le dernier de ses lieutenants qui avait survécu aux combats...

Elles étaient maintenant sous le couvert des arbres, l'air y était beaucoup plus agréable que dans les champs, ou la terre rendait encore la chaleur de la journée qui y était accumulée, une chaleur sèche accompagnée de poussière qui collait à la peau à cause de la transpiration, chose à laquelle Johann n'avait pu échapper. Évidemment qu'elle était crasseuse, les traces sur son visage et sa peau laissée nue pendant la journée de travail en témoignaient, et même le hurlaient. Elle n'était pas non plus venue là pour faire faire du tourisme à une Noble mais aussi pour se laver un brin, petit confort qu'elle avait gardé de sa vie à la caserne.

Les deux femmes étaient arrivées à côté du cours d'eau, Katalina, de moins en moins rassurée, transpirant la peur à l'approche de celui-ci. Joh ne la lâcha pas jusqu'à ce qu'elle lui trouve un endroit confortable, assez proche pour la garder à portée de main, mais assez loin pour qu'elle ne lui fasse pas une crise de panique immédiatement. Un coin d'herbe touffu, et confortable, voici la ou elle la laissa. A quelques petits mètres de l'eau, ou plutôt trois enjambées. Alors qu'elle allait la lâcher elle se décida de lui expliquer.

"Vous êtes à trois enjambées des poissons dans cette direction." Elle pointa la main de Katalina dans celle-ci. "La pente est douce pour y accéder, et c'est de l'herbe quasiment tout le long. Le fond est recouverts de pierres comme la berge directe, vous les sentirez si vous vous approcher. Vous pouvez vous installer ici, les poissons ne pourront rien vous faire de là."

Elle avait ressortit "la peur des poissons", remake des Dents de la Mer. Elle lui tendait des perches, mais pour faire quoi ? L'aider à affronter ses peurs ? Peut-être... Pour Joh' cela semblait impensable de ne pas le faire, tout être humain a au moins peur de la mort, et dans son métier, c'était régulier qu'elle devait la combattre, puis affronter celles nées de traumatismes liés aux combats. Certains ont peur du sang, d'autres paniquent rien qu'au sifflement d'une flèche et certains même seraient tétanisés à la simple vue d'un cadavre, juste au cas ou ils se relèveraient. Et ces peurs il fallait les vaincre, les affronter jusqu'à ce qu'ils puissent y faire face. Et ça, ce n'était possible que par l'entraide. Ce qu'elle faisait là ce n'était que ce qu'elle avait déjà fait pour d'autres et que d'autres avaient fait pour elle, car tous étaient au moins égaux face à ça.

"Vous savez, celui qui affirme ne pas avoir peur est soit un menteur, soit mort. Il n'y a pas a avoir honte. Mais on dit aussi que le courage c'est d'être mort de trouille, et de rester en selle quoi qu'il arrive, d'affronter ses plus grandes peurs pour garder la tête haute." Elle tenait encore Katalina. "On a tous peur de quelque chose, quand vous affrontez un monstre qui traine des chaines de jour comme de nuit, sans réussir à le tuer, je peux vous assurer qu'après, au moindre bruit de chaines quelconques, même inoffensives vous êtes mort de trouille alors qu'il n'y a strictement rien de dangereux. Ce n'est pas la chaine qui vous fait peur, mais ce qu'elle vous rappelle, ce qu'elle annonçait à un moment précis. Et c'est pareil pour tout. L'important c'est de ne pas le faire seul."

Psychologie de comptoir, c'est sûr, ce n'est pas avec ce raisonnement qu'elle allait réussir à convaincre quelqu'un de lettré, il était vraiment trop basique, mais ca avait été suffisant pour la plupart de ses hommes et pour elle. Combien de nuit elle n'avait pas pu dormir après cette guerre à cause de ça... Elle ne les comptait plus trop, si bien que des moyens "drastiques" avaient été employés par son second qui faisait le fantôme de temps a autre à agiter des chaines devant sa porte. Bon il finissait par s'enfuir sous les hurlements d'une Joh' furieuse qui le menaçait de le découper en rondelles. Mais maintenant au moins ce bruit ne lui rappelait plus la créature, mais l'autre comique avec ses chaines qui s'enfuyait en riant. Elle lâcha alors la main, pour commencer à retirer ses bottes.

"En tout cas moi, je ne vais pas me gêner pour aller à la flotte" Le bruit de la première botte retirée se fit entendre. "Si vous voulez m'accompagner vous verrez qu'il n'y a rien de dangereux."

Elle venait de lancer la proposition ultime... Après si la noble avait accepter la possibilité de s'éloigner de sa garde, c'était surtout qu'elle avait une autre idée derrière la tête que celle de Joh'. Mais elle ne l'avait pas encore exprimée assez fort pour qu'elle soit claire, et ça, ce serait la prochaine étape.

**************

A la ferme Brenard avait suivit le capitaine qui avait souhaité s'isoler pour discuter avec lui au sujet de ses questions... Ainsi il avait l'ordre de ne rien dire... Delà avait énormément de significations, de la masse de bêtises dont elle pouvait être capable avec sa tête mise à prix à l'acte complètement insensé qui aurait pu sauver la tête du roi, surtout vu le cas qu'elle était... Il fixait le capitaine, toujours avec ce même regard de chef de famille inquiet.

"Alors, je voudrais au moins savoir une chose." Il fit une pause. "A-t-elle au moins bien agit ? Je la connais trop bien pour savoir qu'elle peut être capable des pires âneries possibles au point de se mettre tout une ville à dos..."

Oui, il avait besoin d'être rassuré, au moins ça. Rien de moins, et c'était déjà beaucoup.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Lun 7 Juin 2010 - 16:46

De la déception. Pas de colère, ni de rancœur, seulement de la déception. C’était une bonne chose, au fond, la meilleure réaction que pouvait avoir Johann. Katalina doutait qu’on pouvait être indifférent après la réflexion qu’elle avait servie à la jeune femme, et elle n’aurait pas été étonnée que celle-ci se vexe. Mais il semblait qu’elle avait sous-estimé la cavalière, qui se révélait plus compréhensive que ce qu’elle avait pu s’imaginer. Pourtant, ce n’était pas gagné, tant elle avait paru bornée et inflexible devant son escorte. La Gardienne ne comprenait toujours pas ce qui l’avait poussé à agir de la sorte, s’élevant seule face à une colonne en ordre, abordant fièrement deux des blasons les plus connus de Serramire - et pour cause, l’un était celui de Serramire elle-même - et avançant sans intention ni attitude hostile. Tout ce dont elle était sûre, c’était que cela avait un rapport avec la discordance qui émanait d’elle. Et il semblait que le problème était assez grave pour remettre en cause son commandement sur la Rose Noire.

« Très bien, Johann. » répondit-elle, accentuant légèrement le prénom, évitant de relever la sombre remarque quant au grade qu’elle ne possédait plus.

Il ne leur fallut pas longtemps pour finir de rejoindre le fameux cours d’eau, et l’angoisse qu’avait ressentie Katalina n’avait pas disparu, loin de là. Ce n’était pas la première fois qu’elle ressentait un tel malaise, son hydrophobie ne s’était pas améliorée depuis sa cécité. Ne pas voir l’objet de sa peur n’aidait pas à la combattre, bien au contraire. L’expression « faire face à ses craintes » perdait beaucoup de son panache. Mieux valait que le Culte de Tyra n’apprenne jamais que sa Gardienne craignait l’élément de la Déesse, cette simple pensée la mettait déjà assez mal à l’aise sans qu’en plus les religieux ne s’en inquiètent pour elle. Elle n’arrêtait pas de se répéter qu’elle résoudrait ce problème en temps voulu, quand elle serait parvenue à maitriser toutes les autres facettes de son Pouvoir, mais elle savait qu’elle ne faisait que repousser le problème. Finalement, elles s’arrêtèrent et Johann la lâcha. Croisant les bras dans ses manches, elle attendit des explications, respirant doucement pour se calmer. Ce n’était rien, rien qu’un petit ruisseau sans importance. Elle haussa un sourcil surpris quand sa jeune hôte lui expliqua qu’elle était à trois enjambées de l’eau… ou plutôt des poissons. Elle oublia momentanément sa peur, laissant toute l’interrogation qui pouvait être la sienne en cet instant se lire sur son visage. La cavalière lui prit un bras et elle se laissa faire, découvrant la localisation précise du fameux cours d’eau. Elle opina légèrement du chef, pas réellement certaine de comprendre où elle voulait en venir, puis fronça légèrement les sourcils. Voilà que Johann lui affirmait que les poissons ne pourraient rien lui faire. Mais à quoi pensait-elle donc.

« Je ne suis pas certaine de… » commença-t-elle, avant de s’interrompre.

Ce n’était pas elle qui ne comprenait pas, mais la jeune femme qui s’accrochait à son idée farfelue. Qu’avait pu faire Katalina pour la convaincre que l’objet de sa crainte était ces étranges créatures que les poissons ? Elle allait la corriger quand cette dernière se lança dans un long discours sur les peurs présentes en tout être et sur la nécessité de les combattre, affirmant que le courage n’était pas d’affronter sans sourciller le danger mais de l’affronter malgré l’angoisse tenaillant le ventre. Elle la tenait encore, comme si ce simple contact devait lui transmettre sa foi et sa détermination. C’était dit avec une telle conviction que la pauvre noble n’avait aucune idée de quoi répondre. C’était touchant, émouvant même, on pouvait tout de suite comprendre que la cavalière y croyait dur comme fer… Mais c’était aussi incroyablement embarrassant. Avoir peur des poissons. Katalina avait-elle une tête à avoir peur des poissons ? Certes, leurs yeux globuleux n’étaient guère avenant, leurs corps poisseux ne l’était pas plus, mais de là à avoir peur…

« Vous vous méprenez. » tenta-t-elle, mais au même moment, Johann retirait sa main et lui proposa de se baigner avec elle, de quoi couper la noble en plein élan.

Se baigner ? Dans un ruisseau dont elle ignorait tout, de la couleur de l’eau jusqu’à la profondeur ? On avait beau lui avoir assuré que le sol était recouvert de galet, elle n’aurait pas été étonnée de s’enfoncer dans la vase après quelques pas à peine. Et même sans cela, elle était de toute façon parfaitement incapable de se lancer dans une telle expédition. Qu’elle parvienne déjà à prendre un bain sans avoir envie de pleurer, et elle pourrait tenter pareille folie, mais pas avant. Si Johann avait sans doute raison sur le fait qu’on n’affrontait rarement ses peurs seul avec succès - du bon sens que Katalina avait appliqué en demandant son aide à Aerandir - elle voulait aller trop vite, bien trop vite, et en se basant uniquement sur des suppositions erronées. Tentant de reprendre un visage impassible, elle ne prit même pas la peine de la détromper. Elle ne connaissait pas encore réellement la militaire, mais elle se doutait que nier ce dont elle était persuadée aurait été comme l’avouer. Il n’y avait pire aveugle que celui qui refusait d’accepter une vérité autre que la sienne, et l’héritière Noblegriffon ne se voyait de toute façon pas débattre de ses craintes avec une femme qu’elle connaissait à peine.

« Faites donc, je ne vous empêche pas. » finit-elle par répondre, alors que le commandant retirait sa deuxième botte. « Je vais quant à moi m’assoir et méditer un peu. »

Elle n’avait jamais été très douée en méditation, ses essais à Alëandir n’avaient jamais été très concluants et elle s’était même endormie quelque fois, à son grand malheur tant son corps n’avait pas apprécié la position dans laquelle elle l’avait laissé avant de s’envoler vers le royaume des songes. Mais depuis qu’elle était devenue aveugle, elle avait pu trouver dans cet art appris chez les elfes une source de réconfort et de calme. Elle était incapable de rester immobile des heures durant mais appréciait de pouvoir s’arrêter un moment pour faire une pause. Avec toute cette histoire de poissons, elle en avait presque oublié ce qui l’avait poussée à éloigner Johann de la ferme et de toute l’agitation qui y régnait. S’asseyant précautionneusement, elle ferma les yeux.

***********
Kaeric regarda le vieil homme quelques instants, surpris par la quesiton. Il ne s’était pas attendu à ça. Mais d’un autre côté, c’était peut-être compréhensible, comme réaction. S’approchant du grand père, il lui donne une claque amicale dans l’épaule et esquissa un grand sourire.

« Si je peux vous dire une chose, l’ami, c’est que même si votre fille est une peste suicidaire, vous pouvez être fier d’elle. »
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mar 8 Juin 2010 - 8:07

La noble n'avait pas compris ou Joh' voulait en venir. Elle manquait de tact, n'était pas vraiment compréhensible quand elle faisait de la psychologie, mais là c'était le bouquet... Elle préférait méditer, bon d'accord, alors pourquoi était-elle venue ? Bon, ici l'air était plus frais et plus calme, idéal pour ce genre de choses et dormir même. Bon au moins avec l'idée des poissons elle avait finit par se détendre, mais ce n'était pas suffisant. Une première étape avait été franchie : Occuper son esprit sur autre chose que sa peur. En tout cas elle se gênerait pas pour la noble d'aller dans l'eau. En plus celle-ci était aveugle, donc elle ne la verrai pas nue.

"Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas me gêner parce que vous êtes là." Dit-elle simplement en retirant le reste de ses vêtements.

Joh' jetait de temps à autre des regards inquiets autour d'elle, pour être sûre de ne pas avoir été suivie et qu'un voyeur se rince l'œil et la couvre de honte... Tout les vêtements y étaient passés, accrochés à une branche basse, pour éviter qu'ils soient à même le sol, le plus long fut de défaire le bandage qui lui passait autour du torse juste en dessous de la poitrine et qui servait à maintenir encore un peu ses côtes pour cette fin de convalescence. A la voir la blessure était quasiment résorbée, mais elle se distinguait encore.

Et voilà, elle était complètement nue... Heureusement que la Noble était aveugle... Mais sa seule présence suffisait à ne pas la rassurer, mais le fait de prendre un bain frais après cette journée était beaucoup plus tentante que de jouer a la timide devant une aveugle ! Bon, elle n'allait pas rester éternellement comme ça... Il fallut que quelques instants à Katalina pour entendre quelqu'un qui rentrait dans l'eau, puis un soupir de soulagement lors du dernier mouvement qui trahissait qu'elle venait de se plonger en entier dans cette eau. Joh' se plongea ensuite la tête sous l'eau, se rinçant les cheveux, qui avaient trop poussés et se débarrassait de cette poussière collante dans des mouvements lents. Il se passa plusieurs minutes ainsi, sans qu'elle ne bouge, appuyée contre un rocher plus gros que les autres, avec seulement la tête sortant de l'eau. Son petit coin de paradis ou elle venait souvent pour ne penser à rien, fermer les yeux avec seulement le mouvement de l'eau. Restant parfois tellement immobile que même les poissons n'avaient plus peur et que l'eau froide lui engourdissait ses sensations au point d'en ressortir frigorifiée, les lèvres violettes, comme si elle avait mis un rouge à lèvre gothique... Et le pire c'est que ca pouvait être dangereux.

Ce n'est qu'au bout de longues minutes qu'elle reprit la parole, après avoir somnolé quelques instants et s'être laissée allée dans ce repos presque mérité après ces rencontres, elle allait tirer la noble de sa rêverie, oui le repos porte souvent conseil.

"Et si on en venait directement au fait" Joh' venait de briser le silence "Vous n'êtes pas venue avec moi simplement pour visiter le coin en marchant un peu. Et ce n'est pas non plus pour que je vous incite à affronter votre peur de l'eau... Heu, des poissons." Se reprit-elle. "Que voulez-vous exactement ?

Elle venait de trahir son petit cinéma sur la peur des poissons avec cette petite erreur qui montrait bien à la noble que l'ex-commandante avait parfaitement compris ce que Katalina craignait. Par contre ce qu'elle ne savait pas c'était ce que Joh' avait derrière la tête en lançant ce sujet.

*****

Du côté de la ferme, Brenard lâcha enfin le morceau sous les mots "rassurants" du Capitaine. Dans un sens elle avait fait de bonnes choses... Suicidaires et dangereuses... Mais au moins elles étaient bonnes.
Il laissa le Capitaine, pour retourner à ses dernières occupations et les préparatifs pour la nuit, laissant le soin à sa femme et à sa fille de se charger du repas.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Mer 9 Juin 2010 - 15:45

Cela faisait du bien, de s’assoir, de fermer les yeux et de ne plus penser. C’était une sensation reposante, et c’était dans ce genre de cas que Katalina comprenait comment les elfes pouvaient passer autant de temps à méditer. Elle était quant à elle beaucoup trop active, malheureusement, pour se plier pleinement à l’exercice. Elle ne fit plus attention à ce qui l’entourant, se forçant à respirer lentement. Elle tentait de se souvenir des conseils d’Aerandir, esquissant un léger sourire alors qu’elle se remémorait sa première tentative. Elle avait cru devenir folle au bout de cinq minutes à peine, et avait fini par se lever cinq autres minutes plus tard. Un épisode qui avait beaucoup fait rire le sang-mêlé, en réalité, et qu’elle chérissait désormais comme un point de départ de leur relation. Bien entendu, tout n’était pas parti de là, mais elle ne pouvait s’empêcher d’y voir les prémices d’une complicité qui l’avait mené jusqu’au seuil de la maternité. Elle ne savait pas dans quelle histoire elle s’était encore embarquée en tombant enceinte, mais il y avait une chose dont elle était certaine : de toutes les épreuves qui lui étaient tombées dessus depuis la mort du Duc de Langehack, c’était bien là la seule dont elle se réjouissait. Une main vint caresser l’étoffe de sa robe, juste au dessus du bébé qui n’en était pas encore réellement un, dans un geste qui était devenu aussi naturel que de marcher.

Johann s’activait tout près d’elle. Elle pouvait l’entendre se débarrasser de ses vêtements puis les poser Katalina ne savait où ; sur une pierre assez large ou sur une branche, très certainement. La jeune femme se rua ensuite dans l’eau, avec une innocence que sa spectatrice aveugle envia l’espace de quelques instants. Deux ans plus tôt, elle l’aurait peut-être accompagnée, mais en aurait très certainement été capable. Ce jour là, alors qu’elle restait assisse sur la berge, elle savait qu’elle mourrait en tentant de mettre sa tête sous l’eau. Geste simple qui ne semblait pas déranger la cavalière. La Gardienne avait renoncé à prendre de véritables bains depuis sa première nuit avec Aerandir, se réfugiant dans un simulacre de toilette au bord de la baignoire et dans la parfumerie. Le calme s’installa, et avec lui le silence. Johann bougeait à peine, et pourtant Katalina savait exactement où elle se trouvait. Et pour cause, elle tendait l’oreille, cherchant à comprendre. La discordance emplissait l’air, le faisait battre au rythme d’un mystère qu’elle ne parvenait pas à percer. Il y avait quelque chose, de cela elle était certaine. Mais quoi ?

« Et si on en venait directement au fait. » finit par lâcher la nageuse.
« Hum ?
- Vous n'êtes pas venue avec moi simplement pour visiter le coin en marchant un peu. Et ce n'est pas non plus pour que je vous incite à affronter votre peur de l'eau... Heu, des poissons. Que voulez-vous exactement ? » Katalina esquissa un léger sourire, secouant doucement la tête. Quelques mèches passèrent devant ses yeux clos mais elle n’y prit pas garde.
« N’essayez jamais la méditation, je suis prête à parier que vous vous en sortiriez encore moins bien que moi… Et je n’y excelle pas particulièrement, je dois bien l’avouer. »

Une petite boutade dite sur le ton de la plaisanterie. Johann avait voulu que son invitée se détende, et maintenant qu’elle avait pu se calmer un peu, c’était chose faite. La présence du ruisseau ne la dérangeait plus, et cela ne changerait pas tant qu’elle pourrait rester assise. Elle ne releva pas la confusion entre les poissons et l’eau, elle ne cherchait pas dans cette promenade qu’elle avait provoqué un moyen de lutter contre sa peur. Non, c’était sa curiosité qu’elle voulait assouvir, c’était d’ailleurs l’unique raison qui l’avait faite rester.

« Je ne sais pas exactement ce que je veux, en réalité. » commença-t-elle, toujours immobile. « Tout ce que je sais, c’est que cela vous concerne. Vous, votre passé, et ce que vous avez subi. »

Elle parlait avec lenteur, comme si elle réfléchissait à chaque mot avant de le prononcer, et juste assez fort pour que Johann puisse l’entendre. En réalité, elle cherchait à se concentrer sur la discordance, la clé du puzzle. Elle lui disait tout, il lui suffisait d’écouter. De se concentrer.

« Vous avez souffert. Vous avez eu peur. Est-ce pour cela que vous souhaitez avec autant de vigueur me délivrer des miennes ? »

Etrange question, et il y avait des chances que la cavalière n’en comprenne pas le sens, mais en réalité, la Gardienne elle-même ne la comprenait pas réellement. Plongée dans une sorte de transe, elle errait à la limite de la conscience, une expérience inédite mais elle n’avait jamais rencontré de personne comme Johann.
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Johann
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Jeu 10 Juin 2010 - 10:28

Méditer, qu'elle bonne blague ! Enfin tout dépendait de ce qu'on entendait pas méditer, chez certains c'était un truc étrange pour rentrer en communion avec on ne sait quoi, le truc spirituel, pas du tout terre à terre comme l'était Johann. Chacun avait ses moyens de se vider la tête de toutes les idées parasites qui pouvaient gêner la réflexion. Pour Joh' c'était un petit entrainement physique, ou encore comme ce qu'elle venait de faire dans le cours d'eau.

"Pas la méditation dans le sens ou vous l'entendez non, j'ai d'autres moyen de me vider la tête. Mais ils ne vous conviendraient pas."

Et oui... Elles étaient vraiment trop différentes. Joh' était plus du genre à savoir ce qu'elle voulait et à être directe, sans vraiment utiliser de forme ou tourner autour du pot. Alors avec les propos que lui tenait la noble, elle ne comprenait pas grand chose à ce qu'elle voulait dire et ou elle voulait en venir... Tout les soldats avaient forcément souffert a un moment ou a un autre à la guerre, du moins pour tout ceux qui étaient sur le front. Elle était une des rares officier à aller au front et à faire la même chose que ses hommes lors des combats, comportement un peu fou sachant que remplacer un commandant est plus dur qu'un simple caporal.

"Tout les soldats qui vont au front ont souffert, et certains ne s'en sortent pas. Ce sont les risques du métier et on n'y passe pas au travers éternellement. On souffre de perdre ses camarades, on a peur d'y rester aussi, et on vit avec, on le surmonte pour pouvoir continuer d'avancer."

Les mots étaient sortis tout naturellement, le discours classique de n'importe quel soldat ayant un peu d'expérience et exerçant encore, c'est sûr que surmonter n'était pas la chose la plus facile à faire dans une vie, mais certains voire même tous y arrivaient.

"Et pourquoi vous aider ? Et bien, j'ai envie de dire : Et pourquoi pas ?" Elle fit une pause "Vivre dans la peur, ce n'est pas vivre. Il y a des choses un millier de fois plus terrifiante que de la flotte. Vous pouvez considérer ca comme une lubie, ou une déformation professionnelle : Donner des ordres et organiser les rangs c'est une chose, garder ses hommes en forme c'en est une autre."

Elle n'avait pas compris le sens profond de la question, et elle esquivait donc la réponse que la noble attendait. Katalina effleurait à peine la surface de quelque chose de très dur à percer, et pour le moment c'était vraiment sans succès. Ca n'allait pas en gardant cette distance qu'elle allait inciter Joh' à quitter ses versions "officielles" qu'elle servirait à n'importe qui pour rentrer plus dans son intimité. Se confier, c'était une chose quasi impensable pour Joh' qui avait l'habitude d'accumuler en silence, explosant de temps à autre pour une broutille et déchargeant tout ce qu'elle avait sur cette chose là - Généralement il s'agissait de la paperasse.

Katalina fonctionnait sur le principe du sens unique, en cherchant à obtenir quelque chose de Johann, qui elle allait plus dans le "double sens" ou un principe simple de l'échange, que chacun devrait faire des efforts pour que l'autre puisse aussi en faire. Ce qui ne faisait encore que créer l'écart entre les deux femmes... Mais Katalina serait-elle prête à faire le premier pas ?
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Ven 11 Juin 2010 - 12:59

Katalina était plongée dans un état étrange, à mi-chemin entre la transe et la conscience. Elle était toute entière absorbée par la discordance, cherchait à la comprendre, mais elle gardait un lien avec la réalité qui lui permettait d’échanger quelques paroles, pas forcément clair comme s’en rendait compte une Johann qui ne devait pas comprendre où son interlocutrice voulait en venir. A sa décharge, la noble était hantée par cette désagréable impression qu’elle touchait au but mais que celui-ci lui glissait en permanence entre les doigts sans qu’elle ne puisse rien y faire. La solution à l’énigme que représentait la cavalière était là, perdue dans les méandres de sa discordance, mais elle ne voyait aucun moyen de l’apercevoir clairement. Pas sans aide, en tout cas. Malheureusement, la seule personne qui était en mesure de l’aider restait encore la première concernée, qui n’avait en réalité aucune raison de le faire. Katalina était bien placée pour savoir que certaines personnes ne se confiaient pas au - ou à la - premier venu. En réalité, si Johann fonctionnait de la même manière qu’elle, l’ancienne négociante n’avait que peu d’espoir de lui arracher une confession. Aussi ne voyait-elle dans l’immédiat aucun moyen de satisfaire sa curiosité, à sa grande déception. Les quelques phrases gracieusement offertes par l’ancien commandant ne l’aidait en rien. Elle confirmait juste qu’elle était un soldat, rien de plus.

« J’ai l’impression que vous n’avancez plus, malheureusement. » murmura-t-elle doucement, de façon à peine audible, en réponse la première intervention de la jeune femme. « Je crois… »

Elle disait agir en meneuse d’hommes, mais Katalina n’était pas un de ses soldats, et il était rare de voir un militaire endosser toute la misère du monde. Il avait déjà bien assez à gérer avec ses guerres et ses propres tourments. Certes, Johann était jeune, et sans doute faisait-elle preuve plus naturellement d’empathie qu’un quadragénaire fourbu par une vie de combat, mais cela suffisait-il à expliquer son insistance ? Sans la discordance, Katalina ne se serait même pas posée la question, et se serait contentée de se fermer comme une huitre à ces tentatives vouées à l’échec, mais elle découvrait un appel contre lequel elle ne pouvait pas grand-chose. Jamais jusqu’alors elle n’avait ressenti une sensation différente, mais plus elle écoutait la Voix des Morts de Johann, plus le désir de la comprendre pleinement était important. Le plus étrange était qu’elle avait le pressentiment que la jeune femme avait tout intérêt à l’aider, pour son propre bien.

« Vous n’êtes pas ici par choix, n’est-ce pas ? Tout du moins, vous préféreriez être avec vos soldats. » et la deuxième phrase n’était pas une question.

Elle ne put retenir un soupir, alors qu’elle sentait une nouvelle fois le fil de sa réflexion lui échappait. Elle ne s’y prenait pas de la bonne façon, elle s’en rendait bien compte. Presser la cavalière de questions était le meilleur moyen de ne pas avoir de réponse. Elle devait se calmer, se détacher de ce besoin impérieux de comprendre et reprendre depuis le début. Johann avait montré un désir de l’aider, de la comprendre. Peut-être fallait-il lui donner l’illusion de pouvoir le faire, pour passer outre les murailles qu’elle s’était forgée. Dans tous les cas, il allait falloir du temps, de la patience et de la compréhension. En avait-elle réellement envie ? Certes, sa curiosité était grande, mais pas au point de la pousser à nouer une nouvelle amitié dans l’unique but de la satisfaire.

« Avez-vous déjà faillit vous noyer, Johann ? » finit-elle par demander avec lenteur. « L’eau ne vous semble peut-être pas terrifiante, mais je peux vous assurer qu’elle ne vous laisse pas la moindre chance dès l’instant où vous ne pouvez plus remonter à la surface. »

Elle ne disait pas grand-chose, mais c’était déjà un aveu énorme, et cela s’entendait à sa voix, douce et faussement détachée. Elle ne regardait plus Johann, n’écoutait plus la discordance. La transe était terminée, elle avait de toute façon fait tout ce qu’elle pouvait sans succès.
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Ven 11 Juin 2010 - 14:14

Les mots de la noble avaient touché directement le point sensible... "Je crois que vous n'avancez plus" avec cette hésitation et ce ton murmuré qui passait à peine au dessus des bruits de la nature et de l'eau. Elle mit un peu de temps avant de réussir à calmer la boule qui avait finie par naitre dans son estomac... Elle était ici car justement elle n'avait pas réussit à continuer d'avancer alors que tout autour d'elle avait bougé et suivi les évolutions imposées par le temps. Être hors temps, perdue dans son propre univers et la seule chose à laquelle elle pouvait se raccrocher était celle qui allait la perturber encore plus. Elle ne répondit strictement rien à cette réplique, et eut presque du mal à répondre à la question suivante, qui venait de réussir à la renfermer un peu plus sur elle même. Elle qui ne montrait rien...

"Je suis ici suite à une blessure grave dont j'ai à peine pu récupérer." Le ton était presque sans appel, plus froid que précédemment, c'était maintenant sûr, Katalina avait fait mouche et pouvait le ressentir. "Je retournerai auprès de mes hommes une fois un dernier détail réglé."

La suite par contre changea légèrement la donne, cette fois la noble cessait enfin le questionnement, et donc d'approche, abordant enfin le sujet sensible que Joh' voulait approcher depuis le début, revenant sur le sujet que Joh' essayait d'aborder depuis le début.

"J'ai faillit mourir piétiné, empalé, écrasé, décapité, brûlé vif, décomposé et tout ce que vous voulez d'autre que l'on peut rencontrer sur un champs de bataille face à des Drows et autres morts vivants."
La légèreté avec laquelle elle avait énuméré tout ça était presque effrayante, oui c'était son lot, ce danger auquel elle avait du s'habituer et qu'elle ne voyait quasiment plus, faisant simplement ce qu'elle avait à faire. Un peu comme les œillères que l'on met à un cheval pour qu'il ne recule pas, l'humain étant capable de le faire tout seul. "Alors vous savez, à côté de ça, la noyade serait presque enviable."

Elle s'arrêta de parler, pour soupirer. La suite des évènements fut plutôt étrange, Joh' se leva enfin, quittant son petit coin d'eau et de détente pour sortir lentement et s'approcher en face de la Noble. Le handicap de celle-ci lui permettant de ne pas avoir à cacher quoi que ce soit, cependant elle attrapa son haut, pour l'utiliser comme voile et cacher ce qui était nécessaire, avant de s'accroupir devant la noble, tenant le tissus juste au dessus de sa poitrine avec sa main gauche.

"Ce dont vous avez peur ce n'est pas de l'eau mais de la mort qu'elle peut vous apporter. Vous pouvez mourir étouffée de la même manière simplement en avalant de travers, ou bien si quelqu'un vous étrangle. Il n'y a pas de différence, le résultat est le même. Et pourtant vous n'avez pas peur de manger ou que quelqu'un s'approche de vous" Elle posa sa main droite, encore mouillée du bain, sur celle de la Noble. "Ici l'eau ne vous fera rien, il n'y aura personne pour vous empêcher de remonter à la surface, je peux vous le garantir." Encore une tentative qu'elle savait inutile, et pourtant elle y mettait encore toute sa conviction avec un ton très calme et déterminé qui venant de la bouche d'un homme aurait pu rassurer. "Je suis sûr que vous pouvez le faire. Vous pourrez pleurer, et trembler autant que vous le voudrez, je resterai avec vous, j'emporterai ce qu'il se passerai dans ma tombe." L'emploi de la forme masculine dans ses mots était-il volontaire ?

Après tout elle avait déjà réussit à faire en sorte qu'une civile réussisse à vaincre sa peur de monter sur un cheval, alors pourquoi pas elle. Bon l'eau ce n'était pas pareil qu'un animal, on ne pouvait pas faire en sorte que l'attitude de celle-ci soit rassurante, alors il fallait procéder autrement. Katalina pouvait vraiment se demander pourquoi Joh' désirait tant l'aider, peut-être un sentiment de culpabilité de ne pas avoir pu sauver des vies ou d'avoir du en prendre qui la forçait à agir ici pour retrouver une sorte de route vers la rédemption ? Ou simplement une gentillesse bien cachée derrière ses airs de grosse brute colérique et que ses hommes avaient pu déceler s'ils ne la haïssaient pas immédiatement...
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MessageSujet: Re: Retour aux Sources et aux Champs [PV]   Sam 12 Juin 2010 - 0:21

Il était intéressant de se rendre compte que Katalina ne délirait pas. Intéressant, et rassurant surtout, au moins avait-elle la confirmation qu’elle ne devenait pas folle. Il aurait été réellement dérangeant d’entendre Johann éclater de rire, ou de l’imaginer hausser un sourcil interrogatif à cause du silence prolongé qui aurait pu suivre sa dernière déclaration. Sa voix aurait été une lame, elle aurait reposée sur la gorge découverte de la pauvre Gardienne, la sommant de se taire. Une confirmation criante de ses derniers propos, mais une mise en garde, aussi, celle du silence. Heureusement, si la noble était devenue aveugle, son ouïe n’avait nullement été altérée, pas plus que ses capacités d’analyse. Elle avait eu ce qu’elle voulait, au fond. La cavalière avait voulu la mettre face à ses peurs, mais c’était finalement elle qui se retrouvait piégée à son propre jeu. Il fallait dire qu’elle n’avait pas les « aides » dont pouvait jouir son invitée. Maintenant qu’elle avait prit tout ce qu’elle pouvait sans risque d’irriter réellement Johann, Katalina devait se résigner à donner un peu. Et comme il n’y avait qu’une chose qui semblait intéresser sa jeune femme, elle lui demanda si jamais elle déjà faillit se noyer. Une question qui n’expliquait pas grand-chose au mystère de son hydrophobie. Il était plutôt commun d’avoir peur de l’eau à la suite d’une immersion prolongée dans celle-ci. Donner peu pour récupérer beaucoup, c’était devenu une seconde nature chez la négociante, et on oubliait difficilement des habitudes prises pendant une décennie d’exercices. Et cela semblait plutôt fonctionner.

Celle qui dirigeait jadis la Rose Noire - et qui le dirigerait à nouveau dans un futur proche, sans doute - se rouvrit légèrement. Dommage qu’elle le fasse en énumérant avec un détachement presque morbide les différentes façons qu’avait un soldat de mourir sur un champ de bataille. L’allusion aux mort-vivants la surprit, mais elle se souvint d’anciennes discussions sur les sombres d’Elda, du temps où elle ne les détestait que par principe - à l’instar de beaucoup de gens sur la Péninsule qui n’avait pas été directement confrontés à eux -, dans lesquelles on lui avait affirmé que ces monstres s’étaient détournés de Tyra et des Cinq et qu’ils soulevaient les morts comme personne avant eux. Elle avait eu l’occasion d’en avoir la confirmation auprès de Nhilantar et, surtout, de la première concernée.

« Je n’aurais pas la prétention de classifier par préférence mes façons de mourir. » répliqua la pauvre Katalina, un brin sèchement peut-être. Si Johann voulait donner l’illusion d’être à l’aise avec la mort - à moins qu’elle ne le soit réellement, mais à son âge, la noble en doutait - c'était tout à son honneur, mais l’imposer à ses interlocuteurs n’étaient pas la meilleure façon de s’en faire des amis.

Elle l’entendit alors quitter l’étreinte « rassurante » - tout dépendait du point de vue, bien évidement - du ruisseau pour s’approcher d’elle, en passant au préalable près de ses vêtements. En moins de temps qu’il n’en fallait pour le comprendre, elle sentit Johann juste en face d’elle, et pencha légèrement la tête, ne comprenant pas réellement où elle voulait en venir. Elle frissonna quand elle sentit la main humide de la jeune femme recouvrir la sienne, autant parce qu’elle était trempée que parce qu’elle ne s’y attendait pas et n’était pas habituée à ce genre de contact. Pourtant, elle ne bougea pas, ne retirant pas sa main. Elle savait déjà ce que dirait Johann, ou presque, et elle écouta donc passivement son discours. Le plus surprenant était qu’à la formulation près, elle aurait presque cru qu’Aerandir avait pris possession du corps de la pauvre cavalière. Malheureusement pour elle, le sang-mêlé était le seul en qui Katalina avait assez confiance pour ce genre d’exercices.

« Ecoutez… » commença-t-elle d’une voix douce. « Vous pourrez essayer autant que vous voudrez, ce n’est pas une chose contre laquelle je peux lutter actuellement. J’ai bien assez d’autres préoccupations. Je ne peux pas me permettre de sombrer dans une crise de panique. » Et pas pour elle, mais pour son enfant encore à naître. Elle fit passer sa main par-dessus celle de l’ancien commandant, se concentrant à peine. Au vu de son manque d’empathie avec l’eau, ce qu’elle comptait faire était presque naturel. « J’ai mes propres moyens de lutter contre ma phobie, et ils sont amplement suffisant pour le moment. »

Et, à mesure qu’elle parlait, elle remontait doucement le long du bras de la jeune femme, sans la toucher. Cependant, elle put se rendre compte que l’eau fuyait sa main tendue, remontant elle aussi le long de la peau sans qu’elle n’ait aucune raison logique d’agir ainsi. Finalement, Katalina laissa retomber son bras et tout rentra dans l’ordre, Johann avait simplement l’avant bras sec jusqu’au coude. Ce petit tour était la seule chose qu’elle arrivait à obtenir avec l’eau, qui pourtant était l’élément de Tyra. Elle savait qu’il allait lui falloir apprendre à faire autre chose que la repousser, mais elle s’émerveillait déjà de ce qu’elle était capable d’accomplir.

« Cependant, je vais être honnête avec vous. Si je crains tant l’eau, ce n’est pas parce que j’ai failli y mourir… Mais parce qu’elle était là, partout autour de moi, quand je l’ai désiré ardemment. »
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