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 Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]

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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Dim 9 Jan 2011 - 14:25

Sybrondil, au petit matin.
Comme si rien ne s’y était passé.

Ce Nain qui vers sa chambre trottinait, qui allait s’évanouir dans la soie, aurait-on cru qu’il ressortait d’une folle fornication dans les écuries ? Cette Baronne, qui sagement recoiffait sa tignasse dans la psyché, qui eût pu supposer qu’elle venait de bestialement s’ouvrir à son chevaucheur entre la paille et le crottin ? Et ce Noble Sieur qui se réveillait vaguement, était-il bien l’ivrogne lubrique qui avait passé la nuit aux chaînes de la literie domaniale ?
Sybrondil, au petit matin. Une bien belle Seigneurie.

Ainsi donc, attablée devant la glace, Dame Ydria tentait de reprendre le dessus sur ses cheveux encanaillés par la cavalcade nocturne, tandis que l’astre venait clarifier un peu l’atmosphère de débauche du Château. Bien que ce fût avec élégance, et un soupçon de nonchalance, que la Damoiselle d’Othyll – devenue femme – tentât de remettre un brin d’ordre dans ses robes dégrafées à la hussarde, elle ne faisait qu’imiter toutes les soubrettes du Manoir, et dans le port les catins lucratives, qui tentaient de reparaître décentes après leurs escapades de la nuit. Partout Sybrondil, sous l’aurore, n’était que femelles qui reprisaient leurs tenues déchirées, et onguents et pommades qui circulaient sous le manteau – chaque remède proportionné à l’envergure des dégâts nocturnes.

Pourtant, là où les ribaudes d’un soir avaient tout loisir de compter leurs exploits – et de vanter les mérites de leurs toréadors respectifs – Dame Ydria dut bien vite se refaire une fraîcheur, en apparence du moins, pour sembler plus convenable à l’audience du matin. Elle n’utilisait bien sûr par sa chambre pour cela – celle-ci était légèrement encombrée par un Noble Sieur bouchonné de houblon Nain – mais une petite attenance de l’aile Sud, qui lui offrait plus de discrétion pour ôter les derniers fétus de paille de sa coiffure.
Bref, un peu de pudeur retrouvée dans ce monde de brutes – mais quelles brutes, ces Nains, si… conquérants – et la Dame d’Othyll s’en fut par les coursives de son Château, retrouver la Grand’Salle pour les audiences.

Le lieu avait été récuré des restes du Festin, et c’était désormais une longue et claire Salle qui rayonnait sous le Soleil. Oh, rien de ces palais massifs des barbares du Nord, ces insipides rocs de granit encastrés à la masse pour former un semblant de forteresse troglodyte nommée demeure – non, une salle du Sud, une petite salle aux grandes fenêtres.
Ydria y parut en reprenant son rôle, si discrète et souriante à la fois, tout en retenue – mais foudroyant suffisamment Okary du regard, pour que celui-ci ne vînt pas lui lancer des gaillardes plaisanteries à grands renforts de paillardises. Quant à Bathyn, il ne se serait permis la moindre remarque – et puis, que la descendance des Othyll fût en passe d’être assurée, cela devrait bien le rassurer au fond de l’âme.

Ainsi, si notre Capitaine Okary était ici, le Sieur de Hetalia avait dû reprendre une vague forme de connaissance. Priant secrètement tous les Dieux connus, et même Lirgan car elle en était désormais une peu Adepte, Dame Ydria supplia les destins de maintenir Harnyll à l’écart de la petite commode de gauche, dans la chambre Baronniale – celle qui contient des gravures licencieuses Naines, celle-là même.
Et, prêtant une oreille distraite aux audiences de paysans – et d’un gros tenancier surpris par cinq Nains et demi dans sa taverne – la jeune Suzeraine laissa l’intendance régler ces détails, et attendit que le Sieur de Hetalia émergeât de son comateux coma pour venir paraître dans la Grand’Salle.

Avec de tels dirigeants, l’avenir économique des deux Baronnies semblait parti pour un joyeux naufrage.
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Dim 9 Jan 2011 - 16:01

Lorsque le baron d’Ysari ouvrit les yeux en ce nuageux matin d’automne, il se trouvait au lit, dans ses appartements privés du château de Sybrondil. Grimaçant, il sentit son corps courbaturé se rebeller contre l’effort surhumain qu’il lui demanda en posant les deux pieds par terre. Bon sang, ce que les lits étaient inconfortables ici ! Il était roué sur tout le corps, vraiment !

Hmm…

A ce stade, vous vous demandez sans doute si Harnyll a subi le supplice du pied de tabouret ?

Eh bien heureusement pour ses hémorroïdes, non. Certes Ydria l’avait ordonné avant de partir folâtrer en compagnie du nain, mais Okary, en homme rusé et sagace, s’était dit que si un jour le baron d’Ysari apprenait ce qui s’était passé cette nuit-là, mieux valait pour lui éviter d’aggraver sa facture et peut être ainsi éviter de terminer empalé (l’empalement est aussi appelé « supplice du pied de tabouret amélioré« ). Aussi, le fier capitaine n’avait point pratiqué de punition anale sur le baron, se contentant de le veiller dans son sommeil d’ivrogne et à la fin de la nuit de le détacher et de le ramener dans sa chambre.

Bon, donc si Harnyll ne trainait pas la patte, il était néanmoins loi d’être frais. Passer une nuit attaché à un lit après s’être descendu assez d’alcool pour tuer un régiment laisse des traces. La bouche pâteuse et les jambes flageolantes, il se traina jusqu’à la salle d’eau en marmonnant contre l’absence d’une soubrette dévouée et prête à l’aider, se rinça à grandes eaux et s’habilla de sa sempiternelle tenue anthracite à liserés d’or.

Péniblement, il parvint à retrouver son chemin jusqu’à la Grande Salle, tout en se demandant vaguement si sauter dans les douves ne lui permettrait pas de faire cesser son épouvantable mal de crâne. Par les Cinq, avait-il donc bu à ce point la veille ? Malgré toutes ses tentatives, impossible de se souvenir de rien après le moment où il s’était rendu aux lieux d’aisances. Bizarre… mon cher cousin, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre.

Ce fut donc d’un pas assez lourd qu’il rejoignit son hôtesse qui gérait ses audiences du matin, non sans mal car apparemment elle aussi avait quelque peu abuser des plaisirs terrestres la veille. Ne sachant pas que sa phrase allait pouvoir rentrer dans les annales (aucun jeu de mots je vous prie…) au vu des performances de Dun Eyr, il lui demanda poliment :

Ma chère, j’espère que la nuit vous fut douce ?
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Dim 9 Jan 2011 - 17:42

Ce fier paysan Sybrondilois avait beau se démener en récriminations et tempêtes de bagou contre les voleurs, accusant de mystérieux brigands fort trapus de lui avoir nuitamment dérobé quatre chèvres, et fait un usage plutôt éreintant de six autres, Ydria n’écouta pas bien longtemps les jérémiades du pauvre pâtre ; et ce fut du bout des lèvres qu’elle lui accorda une large indemnisation en piécettes trébuchantes et biquettes bêlantes, non seulement pour maintenir de bons rapports entre les Sybrondilois et les Nains – Ydria elle-même avait d’excellents rapports avec Dun Eyr – mais aussi parce qu’une silhouette chancelante, un peu hébétée et vaguement rafraîchie à l’eau vive, venait de faire son entrée dans la Grand’Salle.
Le Noble Sieur de Hetalia, ainsi – et quoiqu’il vacillât encore un peu dans ses chausses, l’on peut dire que Messire Harnyll avait admirablement rétabli la situation par rapport à sa beuverie velléito-sodomite des petites heures de la nuit.

L’arrivée du Baron avait signé la fin des audiences et, tandis que disparaissait dans les escaliers un gros paysan garni d’un non-moins gros remboursement, Dame Ydria se leva de son siège domanial pour venir saluer comme il se devait le Noble Baron son voisin.

« Seigneur Harnyll, l’air frais de l’automne m’a bercée d’une excellente nuitée, et j’espère qu’il en a été de même pour vous. Le vin mis hier au soir à votre disposition fut-il à votre goût ? »

Avec ce qu’il s’était envoyé derrière le gosier, la probabilité pour qu’il se souvînt du moindre détail de l’escapade nocturne relevait de la déraison pure ; mais comme la bouche du Baron semblait bien pâteuse encore, et pour éviter tout risque inconsidéré, la Navigatrice reprit aussitôt la parole, et poursuivit :

« Qu’il me soit permis, Seigneur, de vous remercier pour votre providentielle présence hier, lorsqu’a paru Messire le Nain. A n’en pas douter, votre prestige et votre clairvoyance m’ont évité une grande déconvenue diplomatique – même si, à en croire votre teint d’aujourd’hui, le Festin de Poisson ne fut pas tout à fait de votre goût ? J’espère que votre nuit fût calme néanmoins. »

Et un regard cuisant à Okary qui osait esquisser un rictus dans son coin.

Ces amabilités d’usage échangées avec bonhomie entre le Baron et la Baronne, Dame Ydria se porta vers la longue fenêtre de la Grand’Salle, et jeta au-dehors un regard sur la ville de Sybrondil, et au-delà la verdoyante campagne. Des navires marchands, des ânesses porteuses de denrées, et quelques caravanes de chalands, voilà ce qui ondulait sur terre et mer entre les forces vives du Domaine, les rudes paysans et les pêcheurs à gouaille.
Mais les murs pouvaient être hauts, et les drapés riches, Sybrondil était une bien creuse perle des hauts-arts. La confiserie des nectars, la dentellerie de soie, voilà qui vous drapait une cité de tentures bariolées ; mais ne vous remplissait que peu le coffre aux piécettes.

Se tournant à nouveau vers le Seigneur Harnyll aux traits tirés, Ydria lui lança sans détour :

« La Province d’Ydril est une bien rude forteresse aux trésors, et je ne doute pas qu’il défile, devant votre côte comme devant la mienne, douze navires du Comté lorsqu’une seule de vos caravelles prend le large pour aller chercher quelques deniers au loin. Mais les riche terres de l’Ysari, Messire Harnyll, regorgent de nombre de denrées que les Sybrondilois sauraient acquérir pour peu qu’on les leur présentât, tandis même qu’il est bien quelques ouvrages des artisans de Sybrondil qui pourraient trouver grâce aux yeux des proches Ysarains. Pourtant, entre nos deux terres, de rudes murs d’impôts ont été levés, pour garantir que mes paysans dévorent mon grain ; et les vôtres, le vôtre. »

Ydria n’était pas peu fière de son petit discours, et quelques sentences se trouvaient joliment bien tournées pour son esprit. Ce n’était tout de même pas n’importe qu’elle fillette déniaisée qui s’improvisait diplomate.
Malheureusement, au jugé de l’hébétude plutôt complète de l’Hetalia, il ne devait pas avoir saisi toutes les subtilités de la langue…

Aussi la Dame d’Othyll, sous le regard appuyé d’Okary, résuma-t-elle franc-jeu en quelques mots :

« Abaissons les commissions au dixième entre nos deux terres, et ouvrons largement la voie aux chalands de nos deux Provinces réunies. »

Et s’il ne comprenait toujours rien… un peu d’alcool Nain suffirait bien à lui faire apposer sa marque sur un blanc-seing.
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Lun 10 Jan 2011 - 9:53

Harnyll avait envie de vomir. Non, rien à voir avec ce qu’Ydria venait de dire sur la coopération économique entre Ysari et Sybrondil, mais l’estomac du baron se rebellait suite aux traitements subit depuis la veille. Admettez qu’il a pu être assez maltraité non ? Si encore Ydria avait fait l’effort de venir réconforter Harnyll au lieu de s’envoyer en l’air avec un nain en rut… mais enfin, la jeune femme avait un côté aventurier qu’elle ne contrôlait pas et il fallait faire avec.

Se concentrant pour ne pas laisser son estomac se retourner comme une vieille chaussette, le baron tenta de se concentrer sur les dires de son hôtesse. Abaisser les barrières douanières ? Ah oui, ca lui rappelait quelque chose... maudit mal de crâne… il voulait en parler avec Erestor au printemps déjà, oui. Pour autant, son amie nanophile et adepte de pratiques extrêmes se montrait quelque peu ambitieuse dans ses idées qui risquaient de créer des forts mécontentements.

Ma chère, je suis tout à fait favorable à renforcer la coopération économique entre Ysari et Sybrondil afin de nous permettre de lutter plus efficacement contre la prééminence d’Ydril. Toutefois, abaisser ouvertement les commissions nous attirerait les foudres de tous car le protectionnisme économique serait trop flagrant.

Allait-il la décevoir ? Oui, sans doute un peu, mais après dix ans à gérer une baronnie coincée entre les géants qu’étaient Ydril, Soltariel ou Diantra, le baron d’Ysari savait que lancer de grosses vagues entraine inévitablement un retour de flux aussi nommé « coup de poing dans ta tête ». Ni lui ni sa voisine ne pourraient résister longtemps face à la puissance de ces géants, aussi mieux valait éviter de donner un bâton pour se faire battre.

Pour autant…

Oui, pour autant, l’idée d’Ydria était excellente et une application plus discrète pourrait permettre de la réaliser. Le cerveau du baron qui chassait les miasmes d’alcool pour se concentrer sur le problème tournait de plus en plus vite, et les idées liées à la vision des seins de son interlocutrice qui pontaient fièrement sous sa robe laissaient la place à des idées liées à des sacs de pièces d’or sonnantes et trébuchantes.

Je ne suis guère favorable à un abaissement direct des taxations sur les transactions entre nos deux baronnies car ce mode de fonctionnement me parait être un peu trop visible, mais je pense avoir une idée qui nous permettrait de mettre en œuvre cet abaissement de façon détournée et discrète.

Oui, Ysari et Sybrondil pouvaient soit se disputer la part de gâteau qui leur tombait, soit s’allier pour s’arranger à ce que la part soit plus grosse. De fait, l’alliance entre eux était parfaitement logique : s’allier avec une province trop puissante aurait sonné le glas de leur autonomie, alors que s’allier avec une province jouant dans la même catégorie se révélait plus profitable. Négocier à armes égales avec Ydril par exemple n’était guère à leur portée dès lors qu’ils resteraient isolés.

Comme vous le savez, Ysari et Sybrondil sont le lieu de grandes foires régulières où les marchands de toute la péninsule peuvent se rendre pour y vendre ou y acheter leurs produits. Il est connu pour autant que les marchands ysarains bénéficient d’une forte réduction quand à la location des emplacements et quand aux contrôles auxquels sont assujettis les forains. Ce protectionnisme économique caché est classique et d’autres nobles y ont recours… vous-même…

Petit sourire en coin, car Ydria devait probablement elle aussi y recourir. Certes, les foires d’Ysari, comme d’ailleurs celles de Sybrondil, étaient le lieu d’une activité économique effrénée, et en quelques jours les volumes de transactions échangés atteignaient des montants inaccessibles en temps normal. Ces foires permettaient aux marchands et aux guildes de se réunir afin de régler leurs affaires en un seul endroit, sans avoir à prendre en compte les lourdes contraintes géographiques liées à des échanges de missives souvent interminables. En affaire, la vitesse est un atout, chacun le savait.

Pour un marchand participant à ses foires, bénéficier de quelques avantages fiscaux liés non pas à son commerce même mais à son installation… car les bonnes places valaient chères… et surtout ne pas avoir à subir le regard scrutateur et souvent gênant des régulateurs permettaient régulièrement de gagner des marchés en jouant plus vite que ses concurrents. Être le premier à obtenir les signatures officielles permettant d’utiliser tel ou tel port pour y faire accoster ses navires en premier par exemple permettait aux marchands locaux de disposer d’un fort atout dans leur jeu.

Je vous propose ceci : vos guildes marchandes bénéficieront des mêmes avantages que les miennes lorsqu’Ysari organisera une foire, étant entendu que vous ferez de même de votre côté.

En fait, l’idée du baron revenait à étendre le protectionnisme économique aux marchands de son voisin lors de ces foires. Certes cela reviendrait à faire perdre un avantage aux guildes marchandes d’Ysari par rapport à celles de Sybrondil, et vice-versa, mais cela revenait surtout à leur faire gagner à tous deux un avantage par rapport à toutes les autres durant les foires du voisin. Or les marchands d’Ysari comme Sybrondil ne visaient pas la confrontation directe et couvraient différents secteurs du tissu économique. De fait, les autres acteurs du marché humain se révélaient bien plus redoutables que le voisin direct.

Les quelques marchés que les marchands d’Ysari pourraient perdre face à Sybrondil lorsqu’Harnyll organiserait des foires seraient amplement compensés par les marchés qu’Ysari irait gagner durant les foires d’Ydria. Disposer d’un espace commercial avantageux plus étendu vaut largement la peine de sacrifier un atout envers la personne qui vous donne accès à cet espace. Et surtout… même si tout le monde pourrait se douter de quelque chose, la coopération resterait discrète.
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Lun 10 Jan 2011 - 14:13

Prenons un instant de répit dans cette intrigue haletante, et interrogeons-nous sur un point qui nous permettra de comprendre pourquoi la Dame d’Othyll béait de surprise devant les propositions du Sieur de Hetalia.

Pour Ydria, qui s’était goulûment allaitée au mamelon romanesque durant sa prime jeunesse, le monde ressemblait à s’y méprendre à un espèce de grand bazar très rigolo, bariolé de mille couleurs, et dans lequel l’argent était un moyen de s’offrir les plus beaux déshabillés pour séduire tout Nain digne de ce nom. Quant à savoir si le petit plaisantin qui avait voulu que succombe le dernier des Sybrondil, et offert pour cadeau empoisonné à Ydria un grand machin nommé Baronnie, et sur lequel il paraît qu’elle avait du pouvoir – si ce plaisantin, donc, avait anticipé que les tractations économiques requêtassent une subtilité et une finesse d’esprit qui n’était encore qu’à l’état d’ébauche dans l’âme de la Dame d’Othyll, voilà qui frisait les cataplasmes et camisoles du délire.
Pourquoi fallait-il donc que de vieux Sénéchaux aigris, et tout une pléthore de Baronnets et de Ducinaux variablement séniles et tordus, aient décidé que l’équilibre financier de la Péninsule dépendait de facteurs précisément dosés, et que cela induisait l’impossibilité des taxations ou détaxations massives pour se remplir les coffres de piécettes ?

Dame Ydria, qui avait pourtant usé Bathyn de longues soirées durant pour tenter de percer les rouages de l’équilibre des flux, fut bien désespérée d’apprendre qu’un enrichissement massif pouvait provenir du taux d’imposition des montreurs d’ours Ysarains sur le sol Sybrondilois ; mais soit.
Reprenant incontinent une constance, par la grâce d’une maîtrise des traits qui ferait pâlir d’envie un arracheur de dents Oësgardien, la Navigatrice répondit dans un sourire :

« Tout naturellement, les forains Sybrondilois bénéficient de petits avantages au cadastre des emplacements... »

Accuser ici Ydria de mensonge serait rigoureusement impropre, car il était de nombreux us et coutumes des bas-fonds de Sybrondil qu’elle ne connaissait pas encore ; aussi, lorsqu’elle laissait errer son regard pur et virginal – enfin, presque – sur les toits flamboyants de la cité, c’était au mieux de niaiserie congénitale et crédulité aberrante que pouvait être chargée la Baronne, puisque sous les dorures des foires s’agitaient tout une légion de viles passions, et de veules accords entre colporteurs crasseux et usuriers véreux. Que ce soit depuis les Confiseries de la Dragée-Haute, qui acquittaient un forfait de survie à la pègre Alonnienne en exil, ou jusqu’aux Ateliers de la Couture-qui-Coud, qui avaient gracieusement redessiné les uniformes de la milice en échange d’une omerta officielle sur le trafic de cuir de Gobelin dont elles faisaient leur fond de commerce, Sybrondil n’était certes pas le fourneau du luxe, mais bien plutôt celui du lucre.
Enfin, il est des choses qu’il vaut mieux ne pas connaître à dix-sept ans – savez-vous pourquoi la liqueur des Auberges de l’Ocre-Laboureur a si bon goût ?...
Si la réponse est négative, vous avez bien de la chance.

Bref, en un mot comme en mille, Dame Ydria fit apporter un sémillant parchemin que venait de rédiger le bon Bathyn, et au bas duquel ne manquaient que les paraphes de nos deux comploteurs du matin pour consacrer la double-prééminence des artisans locaux dans les foires Ysaro-Sybrondiloises.
Quant au reste de la journée, Ydria allait faire donner un gargantuesque Festin en l’honneur de Harnyll, lui faire ingurgiter corde au cou d’innombrables litres de biture, afin qu’il contresigne maladroitement un accord militaire inique avant d'offrir une exposition in situ du contenu de son estomac.

Non, ce n’est pas vrai. Ca, ce serait l’ultime recours.
Mais malheureusement, face à la frilosité de l’Ysarain en matière d’audace contractuelle, l’ultime recours semblait de moins en moins ultime…

C’était cependant sans compter sur la délicatesse, le tact, et l’once de génie de notre brave Capitaine Okary, qui choisit avec science cet instant précis pour lancer à demi-mots une remarque sur les effectifs respectifs des deux troupes.
Bref, une gueulante sur les armées. Option postillons.

La réaction d’Ydria ne se fit pas attendre.

« Fichtre. »
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Lun 10 Jan 2011 - 15:08

Diable, elle avait le feu aux fesses la donzelle. Non pas que cela soit pour déplaire à Harnyll mais elle allait vite en besogne. A peine avait-on commencé les préliminaires que déjà elle basculait pour se faire remplir. En affaires, cela veut dire signer un contrat rapidement. Quelle fougue, quelle audace ! La naïveté d’Ydria apparaissait aux yeux d’Harnyll comme une rouerie finie, comme une maîtrise de son sujet lui permettant de manier les contrats à grande vitesse.

Coquine va ! Mais en vieux briscard, le baron d’Ysari lut fort attentivement et plusieurs fois le contrat avant d’y préciser à la main que cet accord constituait un simple engagement qui devrait donner lieu à un accord plus détaillé établi par les chancelleries des deux baronnies et contresigné par Ydria et lui-même. Autrement dit, des gens compétents allaient se pencher sur le problème pour en établir les fines modalités plutôt que de laisser ca à deux alcooliques pervers que sont nos héros.

Cela fait, et tandis que son hôtesse devait prendre son mal en patience, le baron signa en s’appliquant car sa main tremblait toujours un peu des suites de sa nuit agitée.

Pendant ce temps, la navigatrice nanophile passait déjà à un autre sujet. Bon sang, qu’elle allait vite, elle voulait vraiment la totale ! L’aspect militaire maintenant ! A peine sommes nous tombés d’accord sur un projet d’entraide économique renforcé basé sur une optimisation et une accentuation de la répartition géographique des renforcements protectionnistes attribués aux guildes marchandes des deux baronnies qui… au secours au secours je n’arrive plus à m’arrêter d’écrire !

Le digne capitaine Okary, qui semblait encore rond comme une pelle, sans doute s’était-il envoyé un bon gorgeon le matin avant de venir, braillait des trucs bizarres sur les armées, mais le baron cherchait surtout à éviter les postillons et ne comprenait pas grand-chose. Des histoires d’effectifs, de grandeur passée ou de sodomie future (rayez la mention inutile), d’honneur, de preux chevaliers combattants des dragons pour obtenir les faveurs de vierges enchainées… enfin bref, Harnyll venait de couler.

Nos armées ? Quel est le problème capitaine Okary ? Je ne comprends pas la langue des postillons malheureusement.

Soufflant comme un phoque ayant besogné une biquette, le capitaine reprit son souffle et tenta de calmer ses pulsions. Sans doute l’idée de Dun Eyr passant la nuit avec Ydria le troublait-il. Veiller sur le baron pendant que sa maîtresse jouait la jument pour un cavalier nabot devait lui donner envie d’appliquer le supplice du pied de tabouret au Haut Prêtre. Et sans doute le baron d’Ysari aurait-il été prêt à l’aider !

Bref, ma chère collègue ayant eu un trou d’inspiration (rien à voir avec sa nuit avec Dun), je me retrouve en charge du capitaine Okary. Allez, venez ici mon bon, laissez moi prendre les ficelles, vous allez danser sur mon air.

Monseigneur de Hetalia, ma Dame (catin, ouais ! se laisser besogner par un nain !), Ysari et Sybrondil sont alliés depuis longtemps (j’espère qu’il t’a refilé ses morpions !) mais néanmoins aucun pacte récent ne permet d’action militaire commune. Lors de la guerre civile par exemple (et dans le foin en plus, cochonne !), Ysari envoya des troupes mais Sybrondil ne put le faire car cela aurait nécessité de passer par le port de guerre d’Orfédie pour s’y embarquer en toute sécurité (ton nain je vais lui planter un pied de tabouret !). Or aucun accord ne définit sous quelles conditions Sybrondil se porterait au secours d’Ysari (Garce ! Tu avais le plus bel homme de la péninsule, Harnyll, et tu prends un nain et… pardon ? C’est Harnyll qui pense ca ? Oh pardon) et vice-versa, ni comment pourrait se passer une action militaire commune.

Beau discours hein ?
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Mar 11 Jan 2011 - 0:04

Okary était décidément un fieffé crétin.
Grand stratège, et plutôt bel homme de sa personne, mais fieffé crétin tout de même.

Le vieux briscard en plastron, sabre au clair, avait planté ses deux bottes dans le plat des négociations en conseillant à Dame Ydria d’aussi énergiques mesures que la réduction brutale des douanes. Et encore, c’est parce que certains Intendants étaient parvenus à le raisonner… mais le Capitaine prônait une suppression totale des frontières Ysaro-Sybrondiloises, une fusion des armées et des flottes marchandes, ainsi que le rançonnement de tous les chalands étrangers pour offrir une subvention forfaitaire de cent écus à chaque négociant battant pavillon de l’Ysari ou de Sybrondil. Couper la main droite de tout étranger passant la frontière, et envoyer toutes les vierges et pucelles se faire recenser au mess des officiers Sybrondilois, était une autre de ses brillantes idées.
Et encore, là, il était calme. Il s’était empli le gosier en regardant le Soleil levant, durant deux bonnes heures.
Cela seul apaisait les nerfs de notre bon Capitaine.

Par extraordinaire toutefois, l’Okary avait accompli l’exploit d’éructer plutôt posément un discours relativement sensé, quoiqu’entrecoupé d’œillades assassines à sa Baronne et Maîtresse ; et avait correctement résumé le tout, à savoir que la Sybrondiloise Cigale aurait eu besoin des pléthoriques légions de Tortues Ysaraines pour se mieux protéger.
Et avec des animaux, la guerre se révèle de suite plus guillerette.

La présente situation pourrait être résumée ainsi : la Demoiselle d’Othyll se trouvait à négocier entre deux matois qui auraient tous deux désiré la culbuter contre un mur, et se trouvaient fort frustrés par la percée inattendue des Nains dans l’estime d’Ydria.
De l’Okary, l’on pouvait espérer la décence due à son rang, et le maintien d’une once de respect à l’égard de sa Suzeraine ; mais c’était tout fébrile, tout furieux, que bouillonnait notre enfiévré Capitaine au souvenir de la Nanesque nuit. Et parler de troupes, voyez-vous, cela donnait du cœur au ventre à notre soldat dans l’âme – et pour peu que son uniforme d’apparat eût compté une lame moins ridicule que ce fleuret doré, il aurait dans l’instant dégrafé à l’épée la robe de l’Othyll, pour s’offrir une petite rétribution à sa veille solitaire de la nuit. Le Noble Baron eût été convié à la fête.
Pourtant, à y mieux regarder, notre Sieur de Hetalia ne se révélait pas tout à fait le hiératique marbre que l’on aurait attendu d’un estimé confrère de passage. Et à fort bien jouer le rôle de l’amnésique, il n’était pas à douter qu’un petit éclat de sa mémoire avait conservé les souvenirs de la fornication nocturne – fornication demeurée à l’état d’ébauche, voilà de quoi frustrer le plus adamantin des compagnons.
La fraîche chair d’une jeune fille, les derniers rayons de la pureté qui s’attardaient en elle, et la peau et la gorge avivées sous les caresses de l'Être du Nord, cela dégageait toute une fragrance qui n’allait pas laisser indifférent les deux matous.

A cette heure du récit, tout le monde aura fort bien saisi que Dame Ydria était une nullité diplomatique cerclée de quelques conseillers point trop imbéciles, et suffisamment ardus à la tâche pour sauver les reliefs de Sybrondil, fort heureusement.
Toutefois, il est certains actes de basse-politique, de petit-théâtre, qu’un gros larbin de stratège en plastron ne saurait exécuter de sa personne ; que la Demoiselle d’Othyll eût un élan vers l’Ysarain, qu’elle se blottît sur sa mâle épaule, et soupirât de peur contre sa nuque tandis qu’éructait violemment le Capitaine, voilà ce que seule la pureté de dix-sept années savait administrer.

Il y avait, bien sûr, là-dedans, un peu de comédie, voire de farce.
Mais se recroqueviller sur la carrure d’un mâle, voici qui n’était pas offert tous les jours à notre Navigatrice – même si la fréquence avait connu une envolée la nuit passée.

Et, si Ydria avait déjà goûté du Nain, le Bel Harnyll n’était pas encore exclu de sa petite table des délices nouveaux...
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Mar 11 Jan 2011 - 19:16

Coquine, je le dis et je le répète ! Ydria tente d’user de ses charmes pour appâter son voisin ! Si la donzelle ne s’y connait peut être guère en politique, elle s’y connait admirablement bien en plumards (et en granges). Parfaitement consciente qu’une poitrine arrogante et une chute de reins vertigineuse valent pas mal de bataillons, elle lançait assaut sur assaut, et si le baron réussissait, en mobilisant fermement ses forces, à se retenir, le capitaine Okary semblait de plus en plus prêt à faire sauter sa braguette.

D’ailleurs si jamais les humains voulaient envoyer une ambassade en terre naine, Harnyll serait prêt à recommander Ydria auprès de son souverain. Trystan ne saurait faire meilleur choix, la baronne de Sybrondil pourrait ramener une alliance dument scellée et une cargaison entière de biquettes de guerre de la région de Lante. Très dangereux les biquettes de guerre d’ailleurs. Comme une charge d’éléphant de guerre mais en plus petit et plus puant. Et l’avantage c’est qu’on a déjà la nourriture pour le repas du soir.

Tandis qu’Okary fantasmait sur l’idée d’emmener Ydria jusqu’à son lit et de lui montrer ce qu’était un véritable étalon, en comparaison avec les talents d’un nain, le baron se demandait pourquoi il se mettait brusquement à penser à un tabouret et à une motte de beurre. N’arrivant pas à trouver de réponse valable à cette question de méta-philosophie anale, il revint aux questions militaires peu excitantes mais assez importantes également.

Une idée pourrait être de proposer une nuit avec Ydria à tous les soldats ennemis se rendant sans combattre. Pas mal non ? Ca occuperait la baronne et ce serait économe en vie humaine. « Faites l’amour, pas la guerre », en somme. Mais adapté…

Ou alors mettre des nains et des biquettes comme projectiles des catapultes ? Aucune armée ne résisterait à ce terrifiant bombardement, et les armées suderonnes resteraient alors invaincues sur un champ de bataille. Ouais, bien aussi…

Alors qu’une énième idée cette fois à base de navires volants, d’Ydria en figure de proue et de purin enflammé comme bombes explosives sortait par la petite porte de la commission des armes improbables et stupides, le baron tenta de revenir à de hautes considérations stratégiques, pas aidé en cela par l’attitude d’Ydria. Décidément, notre baronne lubrique voit les négociations comme un jeu de séduction… mais au fond avait-elle tort ? Un philosophe avait dit un jour « les hommes gouvernent le monde et les femmes gouvernent les hommes ». A noter que le seigneur du lieu le fit exécuter, n’appréciant guère sa philosophie.
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Jeu 13 Jan 2011 - 19:10

Ydria se trouvait être pour le moins interloquée, voire perplexe.
Il semblerait qu’elle eût oublié une étape.

La robe échancrée au poitrail, le décolleté vertigineux et le corset rebondi des tenues mutines, voilà quel avait été son plastron pour cette lutte-ci. Jamais peut-être n’avait-elle plus multiplié courbettes, révérences plongeantes devant le Baron d’Ysari, et délicats effleurements de la nuque ou du jarret par ses doigts si fins. C’était à grand-peine si les coutures de sa tenue s’étaient maintenues en place, et sa gorge se trouvait tant dévoilée par la découpe ostensible de la robe qu’une simple brise, ou le tressautement d’un moineau par la fenêtre, aurait suffi à la faire adepte de la nature première en la débarrassant de tout son affriolant attirail. Si Dun Eyr avait été dans la pièce, il aurait été en rut – Okary, quant à lui, l’était déjà.
Parlons-en, justement, de ce brave Capitaine, pas malin pour deux sous ; il constituait à lui seul la deuxième pièce de l’échiquier. Non pas un brutal carré de bois noir et blanc, cet échiquier, mais un ensemble délicat de courbes, d’arrondis, et de vallées. Or, justement, cette deuxième pièce à l’odeur discutable – trousser des soubrettes vous laisse quelques effluves d’eau de cuisine et d’autres liquides – était tout aussi militaire que le Baron, tout aussi mâle que le Baron, et au surplus lui crachouillait des postillons à quelques mètres de la face. Une donzelle échaudée se repliait sur l’épaule de notre Noble Sieur de Hetalila, mais celui-ci demeurait néanmoins aussi ardent que si Ydria avait été une cabaretière Gobeline.
Pour un peu, la Dame d’Othyll eût pleuré – si elle n’avait su que l’après-midi scellerait ses retrouvailles avec Dun Eyr.
Un mâle, un étalon, un authentique, lui.

Et puis, tout doucement, comme lorsqu’une catin des faubourgs se déshabille la croupe devant la virilité des payeurs ; avec l’infinie lenteur des grands mouvements célestes, des grandes collusions galactiques, la vérité entra en Ydria comme Nain en sa chèvre.
Si Dun Eyr s’était révélé un véritable destrier de guerre, un régiment de piquiers à lui tout seul, une indéfectible armée de cavaliers chevauchant sans trêve des heures durant, qu’il vente qu’il neige, le Noble Baron de Ysari apparaissait bien comme tout autre.
Ses petites fanfaronnades, sa singulière passion pour la reproduction des Nains, et son abandon si rapide de leur Orgie nocturne… à peine échauffé par les atouts et les atours de la belle, Harnyll avait laissé le Nain ravir son trophée sans même lutter un instant, sans un brin de protestation, pas un mot.
La Dame d’Othyll, en ce jour, fut peut-être la première à percer le lourd secret de notre Ysarain ; ou, devrait-on dire, de notre Soltari infiltré, de notre gardien de harem qui avait usurpé sa Baronnie.
Un eunuque.

Quelle horreur.
A cette seule pensée, Ydria se sentit nauséeuse – ou bien était-ce la fatigue ?

Cette découverte miraculeuse, cette révélation inattendue, modifiait tout à fait la donne des marchandages et tractations actuelles. En cela que, par exemple, Ydria pouvait remonter l’échancrure de sa robe à des altitudes plus décentes, car il n’y avait plus aucune probabilité pour que l’Ysarain Chapon s’intéressât à la profondeur de ses vallées de chair. Mais en fait, Ydria ne retroussa pas son vertigineux corset – que voulez-vous, la pudibonderie n’était pas de ses principes. N’est pas prude la fornicatrice de Nains, voyons.
En deuxième lieu, Ydria renvoya sèchement Okary – celui-ci, de toute façon, n’attendait que cet ordre pour s’en aller décharger ses frustrations dans l’empathie d’une soubrette ou, à défaut, manualiser ses petits soucis. En tout cas, il était bien évident que notre homme diminué ne pourrait supporter dans sa vue la présence d’un mâle plus intègre, plus abouti que lui-même.
Le troisième point fut de faire cesser notre militariste comédie d’étalon dominant – Ydria n’y parvenait de toute façon pas bien – et Bathyn fut chargé de vider la table de tous les parchemins, contrats, papelards et autres bagatelles nécessaires à la survie de leurs baronnies respectives ; et l’Intendant eut ordre de fermer derrière lui la porte.
Ainsi, dans cet ambiance plus intimiste, avec le mignon rayon de Soleil qui venait danser sur la pierre intérieure, Ydria bondit à nouveau à son siège préféré, c’est-à-dire sur la longue table de bois. Les deux seigneurs y seraient plus à l’aise pour discuter, parlotter entre filles ; ou presque.
Il est vrai qu’en théorie, sur cette table de bois, Ydria aurait dû être saisie de la puissance militaire d’Ysari à laquelle ne s’opposerait qu’une résistance de théâtre Sybrondiloise. Mais les destins en avaient voulu autrement, et notre Ysarain ne possédait pas tout à fait les troupes nécessaires à une telle percée stratégique.

Ydria, en son fort intérieur – qui ne risquait guère de violation dans l’immédiat – murmurait encore et sans répit :
« Vivement le Nain, vivement le Nain… »

La chaleur des étreintes se dissipait en effet, et ce n’était pas sans une certaine fureur de corps qu’Ydria se massait lascivement la gorge, faisant rouler entre ses grandeurs sa propre petite paume, là où les poignes du Nain avaient il y a quelques heures encore joui du banquet de chair.
Mais la Dame d’Othyll tenta de se contenir, car notre petit castrat se trouverait mal à l’aise de telles visions – au moins, chantait-il bien ? – et tenta de lui tenir un discours plus cohérent ; et sans allusion aucun à la petite diminution du Seigneur.

« Grand Sire – Ah non, pas « grand », il se sentirait humilié – Noble Sire, la puissance des bataillons Ysarains, connues pour la portée de leurs lances – allons, une petite pique, cela déridera un petit peu notre eunuque frigide – ne saurait trouver d’égal dans les maigres armées de Sybrondil, si lâches et aux lignes si prestement enfoncées – il finirait par me trouver narquoise, calmons-nous – mais c’est pourtant avec joie, et grand honneur, que nos Baronnies pourraient à profit de coupler leurs armées – à défaut d’autre chose, bœuf Ysarain que vous êtes –[/i] pour qu’une quelconque attaque contre l’une entraîne un immédiat jaillissement [/i]– et bim ! – de l’assistance de l’autre, que cela soit en vivres, en armées ou, si l’échéance est violente, en hommes. »

Ydria oserait-elle le taquiner un peu plus encore ?
Allons… Oui.

« Qu’il me soit permis de proposer à ce titre, Seigneur, qu’un émissaire de Sybrondil demeure toujours en Ysari, peut-être sis en les baraquements d’Orfédie, tandis qu’un maître Ysarain trouverait accueil perpétuel en Sybrondil ? Ceci pour faciliter grandement la collusion de nos troupes. »

Ydria enverrait Okary.
Il vous détrousserait sans tarder toutes les soubrettes d’Ysari, et la soupe seigneuriale aurait bien meilleur goût après que l’abondant Capitaine eût revisité les cuisines du lieu.

Mais si Harnyll se montrait encore tiède à ces accords, c’était tout de suite que Okary allait revenir – et à revers de pieds-de-tabourets, encore.
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Ven 14 Jan 2011 - 8:28

Plus l’entretien avançait, plus Harnyll se sentait en plein milieu de sables mouvants. Depuis des années, il avait rencontré bien des nobles : des petits, des grands, des futés (peu), des bizarres (beaucoup), des cruels, des gentillets, des inconsistants, des incompréhensibles voire même des allumés finis. Mais alors des fumistes comme Ydria, il fallait aller chercher loin pour en trouver… peut être bien jusqu’en terre naine.

Non contente de rester seule avec lui, elle s’affalait n’importe comment sur la table et se mettait à bavarder comme avec une vieille amie. Aurait-elle découvert LE secret ? Celui dont la réponse est 43 (et non pas 42 comme l’affirment les hérétiques sodomites). Non, impossible, personne ne le savait, personne ne pouvait le deviner, surtout pas une nanophile convaincue qui d’ailleurs puait encore la sueur et la crasse de son amant de la nuit.

Oui, peut être aviez vous lu rapidement, mais notre hôtesse a clairement indiqué qu’elle ne s’est que rafraîchie après la nuit de débauche, ce qui laisse deviner aisément qu’elle a juste calmé l’inflammation des orifices utilisés par Dun Eyr mais n’a pas vraiment fait sa toilette. Et même un esprit embrumé comme celui d’Harnyll pouvait deviner que le poil qui trainait au coin de la bouche de la belle n’était en rien un cheveu mais venait d’une partie plutôt « intime » de l’étalon nain.

Vous voyez de quoi je veux parler ?

Je parle d’un poil de barbe, bande de pervers ! Vous imaginiez quoi encore ?

Bon, toujours est-il que sa copine n’avait pas plus envie que lui de continuer ces discussions assommantes sur la politique truc bidule chose que personne ne comprend. De toute façon, quand on est chef, on a des grouillots pour faire le boulot, sinon cela ne sert à rien d’être chef. Il y avait plus important à faire, et leurs sangs s’échauffaient à la seule idée de ce lieu où les corps en sueur se pressaient les uns contre les autres, où les râles succédaient aux gémissements et aux hurlements de plaisir. Oui, il est une activité très excitante à laquelle ils pouvaient se livrer…

Du shopping !

Minaudant, le baron se leva et claqua gaiement les fesses rebondies de la baronne, se disant au passage qu’un petit régime amincissant ne lui ferait pas de mal. Le docteur Larnak propose d’ailleurs d’excellents produits dans ce domaine ainsi que des cures thermales où vous perdrez vos kilos en trop. Mais dans l’immédiat, il fallait passer au plus important, aussi Harnyll s’exclama avec une exaltation non feinte :

Arrêtons de parler de ces bêtises, les soldes viennent de commencer, je veux y être pour l’ouverture !
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Ydria d'Othyll
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Mar 18 Jan 2011 - 17:12

Il est de nombreux privilèges à la Noblesse qui, selon l’adage, se trouvent être la bien maigre contrepartie des tortures rituelles telles que le port du corset ou de parures plus éreintantes et pesantes encore que resplendissantes ; auquel cas, les mâles sont d’ignobles profiteurs de la Noblesse, eux qui vont souvent dans des apparats plus simples, voire même qui vont et viennent sans apparat du tout dans la couche des soubrettes.
Fort heureusement, il n’y avait pas de Noble-Mâle à cette heure en cette pièce, uniquement une Noble Dame et un Noble Divers-et-Assimilés.

Mais l’on s’égare, l’on s’efface ; car au nombre de tous ces substantiels privilèges, se trouvait le droit à la délégation de l’ennui, à la remise des tâches mortelles, le plus souvent aux équipées de scribouillards baveux, qui avaient élu pour passion première de gribouiller des parchemins fleurant bon l’amertume de cadastre ; or, voilà que Sybrondil comportait légion de ces admirables petites bêtes, qui allaient se faire grande joie et immense plaisir de retranscrire au fleuve de leurs plumes les petites idioties de nos grands-maîtres comploteurs d’économie.
Bref, tout allait rentrer durablement dans l’ordre ; nos grandes-loups de la finance allaient faire une virée shopping dans Sybrondil, et reviendraient, passablement éméchés, pour signer sans y comprendre mot un traître parchemin mis au point par leurs deux écoles de conseiller, et qui lierait très honorablement les Baronnies ; dans des termes que nul ne comprendrait bien.
Mais pour le reste, un tel capital-sympathie semblait faire florès entre les féaux de Soltariel, qu’il suffirait de l’envoi de quelques chocolats et d’un petit billet doux pour que les grandes légions très méchantes s’en aillent en guerre contre les encore plus méchantes pléthores, sur des rivages très compliqués où il paraît que l’on meure ; parfois.

Et restait plus qu’à organiser cette sémillante après-midi shopping dans les quartiers de la haute en Sybrondil.
Aussi, guillerettement, les deux Damoiselles (ou presque) s’en furent pavoiser entre les étals de soie et les décorums de draperies, joyeuses comme deux pies – mais plus belles, tout de même – tandis que leur litière et leur escorte se frayaient difficilement un chemin dans le sillages des folles. Oh, bien sûr, les dentelures et chapelleries eussent pu être directement portées au sein du Château, sous le regard de nos deux Baronnes. Mais voilà, il n’est pas bon d’être Noble coupée de son peuple ; et, à n’en pas douter un instant, cette virée dans les hauts-quartiers de la haute-société saurait renouer entre le Baronne et ses paysans un indispensable lien de convivialité et de confraternité.

Bref, journée folie et virée détente sous le ciel de Sybrondil.

Qui plus est, la Baronne – l’authentique, pas le demi-eunuque en dentelles – devait renouveler sa maigre garde-robe (à peine seize penderies pour soixante-quatre coffres) d’étioles de toute sorte, et notamment de robes plus amincissantes. Il était vrai que depuis cette nuit, elle avait entamé un assidu programme de réduction de la masse par un effort répété, prolongé et salvateur ; mais tout de même, elle se trouvait un petit peu trop ronde. Par rapport à l’autre cageot d’Ysari, rien de bien terrible ; mais il s’agissait d’être présentable pour son Nain, si pas appétissante, voire affriolante.

Aussi fût-ce journée de débauche de soieries ; mais n’allez pas pour autant juger notre Baronne redevenue sage.
Car en effet, frustrée de n’avoir pu étrenner l’Ysarain par le devant, elle entreprit durant toute l’escapade de la jauger par l’autre bout ; et ce fut une délicate main aux doigts de fée, qui toujours tarauda le fondement de l’être de notre bon Harnyll – ou bonne Harnylla, que ne sais-je ?
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]   Mer 19 Jan 2011 - 9:12

Et dire qu’à l’origine il était prévu de rester sérieux et digne afin d’établir les bases d’un accord permettant à Ysari et Sybrondil de prendre le pouvoir absolu sur toutes les races de l’univers, créant ainsi le premier empire galactique qui… pardon ? Le deuxième ? Dommage, les bonnes idées sont trop souvent piquées. Bref, du sérieux, voilà ce qui aurait du se passer, sérieux que la maîtresse des lieux semble vouloir se refuser. Galanterie oblige, Harnyll (que nous appellerons Harnylla dans le prochain paragraphe, Gertrude dans le suivant et enfin X) se sentait obligé de suivre et de surenchérir.

Bref, Harnylla ne pouvait être dupe des petits gestes de mains de sa copine. Sans aucun doute Ydria désirait-elle jouer un peu. Coquine va ! Remarquez, un film érotique entre les deux filles se vendrait sans doute très bien dans toute la péninsule et permettrait d’équilibrer un peu mieux un budget mis à mal par le Voile. Car de fait l’agriculture et l’élevage se ressentaient d’un mois dans les ténèbres. Si Dun Eyr et Harnylla avait eu le temps de faire ensemble les tours des chèvreries afin de vérifier l’état des biquettes, il aurait surement trouvé les gentilles bêtes bien réticentes et encore troublée.

Tiens, ben puisque l’on parle du nain ! Gertrude trouvait quelque peu abusé les goûts en matière sexuelle de sa nouvelle meilleure amie. Pour mémoire, son amant de la nuit s’était jusque là fait connaître pour ses goûts en matière de biquette, mais également pour une passion tumultueuse avec une ratte dans les souterrains de Lante, et certaines rumeurs évoquaient même de drôles de pratiques avec une mangouste et un mage drow. Des rumeurs peut-être, se dit Gertrude, mais derrière les rumeurs se cache souvent une part de vérité.

Ydria était une grande fille et gérait sa vie comme elle le voulait, mais enfin jamais X n’aurait accepté une telle compromission. X avait ses principes, ses valeurs, sa fierté ! Bien qu’en matière de fierté… bref… passons. Harnylla-Gertrude-X commençant d’ailleurs à trouver que le narrateur abuse un peu, redevenons sérieux. Non, devenons… car nous ne l’avons jamais été et redevenir implique par le fait un retour à un état ou une situation antérieur, une « capelicom revigaris sodomis » comme Kroulant le Docte l’aurait si bien dit.

Désactivation du mode délire… chargement des données sérieuses… application de la politique locale de sécurité… validation du planning en point hebdomadaire… présentation du plan d’action à la direction… établissement d’un schéma directeur… error… error… error…reboot.

Harnyll et Ydria donc firent quelques emplettes, beaucoup plus pour la deuxième que pour le premier. La baronne de Sybrondil semblait atteinte d’une incroyable fièvre acheteuse, et les boutiques se vidaient à une allure folle. Pas étonnant qu’elle soit populaire dans le quartier si chacun de ses passages se traduisait par de telles dépenses. Pour autant, Harnyll se serait attendu à un peu plus de retenu, la création d’un état providence dans certains secteurs marchands de l’économie locale pouvant entrainer une grave fracture sociale et des troubles dues à un sentiment d’inégalité.

Mais bon, il n’était pas là pour lui apprendre son métier. Lui-même fut plus mesuré dans ses achats, se contentant généralement de donner son avis. Surtout lorsqu’Ydria voulut absolument essayer des petits dessous affriolants et une tenue de cuir moulante qui mettait ses courbes en valeur. Pas de doute, ainsi vêtue, ou devrions nous dire dévêtue, elle allait faire bander son nain comme un étalon. Pas forcément impressionnant pour autant, vu que l’organe génital nain est leur barbe et…

Alerte… écart constaté par rapport aux objectifs du schéma directeur… indicateur « déconne » repassé au rouge… réunion de crise… task force… échange virulents de noms d’oiseaux entre les responsables… error… error… error… reboot.

[Suite à des incidents matériels répétés, nous sommes obligés d’interrompre ce post. Le narrateur s’excuse pour la gêne occasionnée]
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