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 Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 10 Mar 2011 - 13:01

    Le retour à Alonna s’était fait dans le calme et le silence le plus complet. Les mots étaient inutiles de toute façon. Jena savourait le plaisir que lui procurait la présence de son époux contre elle. S’il y avait une chose dans toute cette horrible histoire dont elle n’avait jamais douté c’était de l’amour qu’elle lui portait. Certes il avait été mis à mal par les paroles d’Ilinsar et depuis la conversation plus que tendue qu’ils avaient eu à ce sujet, ils n’avaient pas eu l’occasion d’en reparlé. Peut-être parce qu’il n’y avait plus rien à en dire. Elle restait sur ses positions et lui sur les siennes, de ce fait il était inutile d’aborder à nouveau le sujet. Elle détestait crier et encore plus sur son époux.
    Mais voila que les murs d’Alonna se rapprochaient. Bientôt ils arriveraient dans la cour d’honneur et elle était certaine qu’Hanegard s’éclipserait pour régler les affaires de la Baronnie. Comment lui en vouloir ? Elle l’avait détourné de ses fonctions depuis trop longtemps déjà, cela aurait été injuste de lui reprocher quoi que ce soit. Et puis de toute façon elle aurait largement de quoi s’occuper avant d’aller dormir. Merwan à installer, Liliana à caliner… Bref belle soirée en perspective.

    Lorsque le carrosse s’immobilisa enfin, Hanegard descendit et l’informa qu’il regagnait son bureau. Pas question de le déranger ce soir, elle le laisserait rattraper le retard qu’il avait pris par sa faute.
    Se tournant vers Merwan, Jena prit le parti de ne pas le réveiller. Après tout il avait l’air de dormir si bien qu’il aurait été méchant de sa part de le tirer de ses rêves. Doucement elle le prit dans ses bras, elle fut d’abord surprise par son poids, car l’enfant, du haut de ses trois ans pesé bien plus que sa fille d’un mois ! Mais après l’avoir bien calé, la tête sur son épaule, elle eut moins de mal à avancer. Jena traversa la cour et pénétra dans la citadelle….et là…. Au drame…. Tout un tas de personnes se mirent à graviter autour d’elle. Voulez vous ci ? Et ça ? Avez-vous besoin de … ?
    Il lui fallut faire appel à toute la patience qu’il lui restait encore pour répondre poliment. Clarys se pointa à son tour et d’un ton impérieux elle fit disparaître tout le petit monde. Heureusement qu’elle était là !


    - Qui est-ce ?
    - C’est le fils des Jefferson. Il s’est enfui avant que la drow ne massacre sa famille. Y’a-t-il une chambre où on pourrait l’installer près de mes appartements ?
    - Oh….euh….et bien il y a une petite pièce vide qui sert de débarras… on peut en faire une chambre, mais à part ça il n’y a que la chambre de Liliana.

    Jena s’arrêta en bas des escaliers pour reprendre son souffle. Elle ne pouvait imaginer faire dormir Merwan dans la future chambre de Liliana. Bien que le berceau de sa fille soit encore dans la chambre de ses parents, il n’était même pas concevable qu’elle installe quelqu’un d’autre dans sa chambre.

    - Va-t-il rester longtemps à Alonna ?
    - Si nous ne trouvons pas de membre de sa famille, il restera vivre ici. Bon… On va lui installer un lit dans un coin de ma chambre et demain nous nous occuperons de vider et d’aménager la pièce dont tu me parles.

    Clarys acquiesça et précéda sa maîtresse dans les escaliers. Lorsque Jena arriva dans sa chambre, la nourrice berçait Liliana et sa demoiselle de compagnie s’affairait déjà à poser un coffre à linge pour installer un petit lit dans le coin de la pièce. En attendant, Jena coucha Merwan sur le lit et reprit son souffle.

    - Ma Dame… dois-je mettre votre fille au lit ?
    - Non Gwen, je vais m’en occuper merci.

    Jena sentit le regard de Clarys sur elle. Visiblement son amie avait déjà remarqué certain changement. Elle lui avait parlé…ce qui ne s’était pas produit depuis des jours et voilà maintenant qu’elle souhaitait s’occuper elle-même de coucher sa fille. La demoiselle de compagnie regarda d’un autre œil le petit garçon qui dormait sagement sur le lit.
    Pendant que Clarys terminait de faire le lit de Merwan, Jena prit Liliana dans ses bras et entonna une berceuse. L’espace d’un instant on aurait pu se croire quelques jours en arrière, la veille du départ du couple régent.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Ven 11 Mar 2011 - 8:36

On est mieux chez soi, pas de doute là-dessus. Le régent ouvrit la porte de son bureau, se traîna péniblement jusqu’à son fauteuil où il se laissa lourdement tomber, faisant au passage grincer le bois de protestation. Fermant les yeux, il tenta de se motiver à lire les dépêches en attente, tâche difficile tant ces derniers jours avaient été éprouvants et épuisants. Si la fatigue physique restait modérée, la fatigue nerveuse, elle s’abattait violemment.

Voir Jena sombrer dans la morosité l’avait miné, puis cette cavalcade à Jersada, les fouilles, Merwan… et pas un moment de répit dans cette affaire. Enfin, sa femme reprenait goût à la vie, voilà bien la seule chose importante à retenir. Entre la régente de l’avant-veille et celle du jour, une sacrée différence pouvait être constatée. Certes Jena n’oubliait ni n’oublierait sans doute jamais Ilinsar ni ce qu’elle avait subi entre ses mains, mais la spirale autodestructrice semblait stoppée.

Bien sur, cela ne dédouanait pas son mari quand à son rôle dans l’affaire. Hanegard n’était que trop conscient du fait qu’il restait à l’origine de cette sinistre affaire. La haine qu’Ilinsar lui portait, sa légèreté quand aux mesures de sécurité lors de leur escapade à travers la baronnie… tout cela pesait sur ses épaules, même si Jena avait la bonté de ne plus le lui faire ressentir. Leur amour se montrait plus fort que la souffrance ressentie, mais Hanegard se jura de ne plus jamais laisser qui que ce soit menacer son épouse.

Rouvrant les yeux, le régent se motiva pour se mettre au boulot. C’est dur, oui je sais, alors courage ! Attrapant la pile de dépêches pré-triées par la chancellerie, il vérifia les tas du regard… hmm, missives des guildes marchandes… encore une demande d’exonération de taxes, à tout les coups… missives venant de Lodiaker… cette mine où seuls la détermination et le courage de Jena le sauvèrent de la mort… des nouvelles quand à de nouveaux filons peut être… et… oh, mais qu’est-ce que cette missive ?

Attrapant la missive aux armes de Diantra, le régent d’Alonna brisa le sceau et la déplia. Que le roi lui écrive, voilà un évènement qui sortait de l’ordinaire.
Le régent n’avait plus vu Trystan depuis l’époque du tournoi royal, au printemps précédent. Le royaume sortait alors tout juste d’une période extrêmement troublée, marquée par les plaies de la Guerre Civile. De nombreux seigneurs étaient alors morts ou furent disgraciés, laissant le Nord quasiment au bord du chaos.

Les troubles à Serramire suite à la chute de Merwyn entrainaient de lourdes répercussions, d’où la décision du roi de placer de nouvelles têtes à la frontière, des hommes fiables et loyaux. Egmond, régent d’Oësgard, lâchement assassiné quelques semaines plus tôt, était de ces hommes. Hanegard également.

Dans le silence de son cabinet de travail, Hanegard parcourut la missive une première fois, puis une deuxième fois afin d’être sur. Son cerveau refusant toujours de croire ce que ses yeux lui disaient, il relut une troisième fois. Mais non, pas de doute, les termes de la missive étaient d’une parfaite clarté, aucun malentendu ne pouvait s’y tapir.

Surpris… pour ne pas dire plus… Hanegard se leva. Sans trop savoir pourquoi, il quitta son bureau, la missive toujours à la main, et pris d’un pas peu assuré le chemin de ses appartements. Sans doute ressentait-il le besoin de se raccrocher à du connu, à du sur. Ouvrant la porte, il y trouva sa femme, sa fille, Clarys et Merwan (endormi). La demoiselle de compagnie finissait de préparer le lit du petit garçon tandis que Jena chantonnait une berceuse à sa fille. Une scène familiale bien calme et reposante, apaisante en tout cas.

Sa femme levant un regard interrogateur vers lui, Hanegard lui montra la dépèche qu’il tenait d’une main peu assurée.

J’ai reçu une missive du roi.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Ven 11 Mar 2011 - 12:57

    L’atmosphère avait considérablement changée, même Jena le sentait. Elle arrivait à penser à autre chose. Les jours précédents elle avait été hantée par le souvenir de cette trappe, par les douleurs qu’elle avait ressentit, par les cadavres qu’elle avait côtoyés… Maintenant elle pouvait tourner la page. Elle avait conscience que certaines personnes dépendaient d’elle, et elle ne pouvait même pas envisager un seul instant de les abandonner. Pourtant elle se souvenait parfaitement bien que deux jours plus tôt, cette idée là ne l’aurait même pas choquée…elle s’en serait carrément fichue.
    Maintenant qu’elle se sentait à nouveau elle-même, qu’elle berçait sa fille en chantant et qu’elle pouvait à nouveau parler à Clarys….elle savait que ça irait mieux. Même si le souvenir d’Ilinsar était encore cuisant. Elle ne se souvenait que trop bien de la colère qu’elle avait éprouvée, ou encore de la souffrance que les paroles de la drow avaient provoquée en elle, mais elle ne voulait plus y penser, elle avait besoin d’avancer.

    Alors qu’elle s’apprêtait à mettre Liliana dans son lit, maintenant qu’elle dormait paisiblement, Hanegard entra dans la pièce. A voir sa démarche Jena pensa aussitôt qu’il était trop fatigué pour travailler ce soir, mais lorsqu’elle vit la tête qu’il faisait, elle lui accorda toute son attention. Il avait l’air complètement stupéfait. Voyant le regard interrogateur qu’elle lui jetait, Hanegard leva sa main dans laquelle il tenait une missive décachetée, visiblement la source de sa stupeur. Les mots qu’il prononça alors la glacèrent. Qu’est-ce que le roi avait bien pu leur écrire ? Pourquoi Hanegard était-il dans cet état après pareille lecture ?
    Le niveau d’inquiétude augmenta d’un seul coup dans son cerveau, mais c’est avec précaution toutefois qu’elle déposa sa fille dans son berceau. Clarys s’était redressée curieuse d’apprendre ce que le roi pouvait bien vouloir au couple régent.


    - Clarys… peux-tu nous laisser un instant.

    La jeune femme ne cacha pas sa déception mais elle obéit sans ciller. La voix de Jena avait légèrement tremblée, signe son anxiété grandissante, elle ne pouvait s’empêcher de réfléchir à mille possibilités et aucunes d’elles n’étaient agréables…
    Le roi avait peut-être décidé de retirer Hanegard de ses fonctions… il faudrait alors déménager… mais où ? Ils n’avaient nulle part où aller…. A moins que le roi use de sa plume pour prévenir d’une guerre …. Civile ? avec les drows ? Non il ne fallait pas que cela recommence, il y avait déjà eut trop de mort… et les marques de ses guerres étaient encore fraîches par endroit.
    Mais pourquoi diable se taisait-il ? Fallait-il qu’elle le prie pour qu’il lui dise ce que contenait cette satanée lettre ?


    - Je t’écoute….

    Faisant un effort sur elle-même, elle tenta de se dire que peut-être il ne s’agissait d’absolument rien de grave, juste une petite information de rien du tout… peut-être une augmentation des taxes ou une petite prime d’automne….Rien de plus…

    - Pourquoi le roi nous écrit-il ?

    Voilà c’était mieux, elle avait retrouvé une voix normale, et même rassurante. Après tout vu la tête de son époux il aurait peut-être besoin de soutien… et étant son épouse, elle devait se charger de cela. Après tout ce qu’il venait de faire pour elle, s’était la moindre des choses qu’elle pouvait faire pour lui. S’approchant un peu plus de lui, elle lui adressa même un sourire pour qu’il se décide enfin à lui dire ce que la missive contenait. Certes elle aurait pu la lui prendre des mains et la lire elle-même, mais bizarrement… elle préférait éviter !
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Ven 11 Mar 2011 - 13:48

Jena eu le bon sens de faire immédiatement sortir Clarys, que son époux avait complètement oublié dans l’affaire. Cela au grand désespoir de la demoiselle de compagnie d’ailleurs, qui aurait plus que tout désirée être mise dans le secret des seigneurs. Une lettre du roi, mazette, voilà qui sortait pour le moins de l’ordinaire, et après la joie d’avoir retrouvé sa maîtresse dans un état presque habituel cela aurait été la consécration de sa soirée.

Mais non, seul le couple régent d’Alonna pouvait pour l’instant connaître la nouvelle envoyée par le roi et qui sidérait Hanegard à un point qu’il n’arrivait plus guère à organiser ses pensées de manière cohérente. De tous les chocs subis ces derniers jours, celui là était l’un des plus importants, ou en tout cas celui qui allait causer le plus d’effets dans sa vie de tous les jours. A égalité avec Ilinsar peut être, bien que cela soit dans un autre domaine.

Merwan dormait toujours à poings fermés, épuisé par le voyage, et aucun des deux époux n’avait le cœur à le réveiller pour lui demander de sortir. Recouchant Liliana dans son berceau, Jena s’approcha d’Hanegard, lui demandant ce que contenait la fameuse missive. Doucement, il passa un bras autour de la taille de sa chère et tendre, l’attirant contre lui et remerciant les dieux de la lui avoir rendue après les nuits d’angoisse ayant suivi son enlèvement.

Rejetant un rapide regard sur la missive comme pour s’assurer une ultime fois qu’il ne rêvait pas, les mots lui sautèrent aux yeux… « par notre volonté bla bla »… « récompense de vos actions bla bla »… « loyauté au royaume bla bla »… « nécessité de stabiliser le Nord bla bla »… « séquelles de la guerre bla bla ». Puis la conclusion, dans laquelle Trystan édictait sa volonté. D’une voix où se mêlaient la stupeur et la joie, Hanegard répondit :

Le roi m’a nommé baron d’Alonna.

Baron ! Lui ! L’ancien guerrier banni par les siens ! L’ancien mercenaire au service du duc Merwyn ! L’ancien capitaine des légions noires de Serramire ! Un soldat, un militaire endurci par les campagnes et les tueries. Et voilà que la lignée des Kastelord se voyait anoblie, se mêlant ainsi à celles des plus anciennes familles du royaume. En tant que régent, ils s’étaient toujours senti un peu différents, comme des intrus acceptés temporairement au banquet des puissants.

Mais désormais que le roi avait lié leur lignée à Alonna, Hanegard et Jena intégraient de plein droit le cercle restreint de la haute noblesse terrienne du royaume. Baronne Jena Kastelord, je vous salue !
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Sam 12 Mar 2011 - 22:53

    Lorsque la main d’Hanegard se posa sur sa taille pour l’attirer un peu plus à lui, Jena sentit sa volonté vaciller. Certes elle voulait se montrer forte pour lui, elle voulait qu’il puisse se reposer sur elle, comme elle l’avait fait après le cauchemar Ilinsar, mais là….il ne faisait rien pour l’aider. Avait-il peur qu’elle s’effondre en entendant ses paroles ? Et pourquoi tardait-il tant à répondre ? Diable comment ne pas craquer dans pareille situation…. Elle faisait un effort surhumain pour ne pas fondre en larme, pour se tenir le plus dignement et fièrement possible. Bien droite contre son époux, le dos légèrement un peu raide, elle attendait la sentence. Car maintenant elle était persuadée qu’il ne pouvait s’agir que de ça. Le Roi allait les chasser d’Alonna, il se retrouverait à la rue…seuls…
    Rien n’aurait pu la préparer au choc que les mots d’Hanegard allaient provoquer en elle. Ses yeux fixés dans les siens, elle resta sans ciller de longues secondes, probablement même plusieurs minutes. Elle n’avait plus conscience de rien et encore moins du temps qui s’écoulait. On lui aurait mit un sablier sous le nez elle aurait été sûre que les grains avaient cessé de tomber.


    - Baron ?

    La surprise était totale. Elle n’aurait même pas pu imaginer que son époux lui fasse une blague, pas avec un tel sujet, pas avec le roi…pas avec la tête qu’il tirait. Car même si le succès de notre série repose sur l’immense talent de comédien de notre héro, il n’aurait pu jouer pareille émotion avec tant de naturel dans le seul but de lui faire une farce. Et puis rappelons le pour que ce soit bien clair, le parisien est loin d’être un blagueur, il est plus taciturne, malpoli et grognon qu’autre chose. Mais bref ne nous attardons pas là-dessus.

    Jena donc, puisqu’il s’agit de notre toulous….non pardon de notre Alonnienne, était complètement stupéfait. Sa bouche entrouverte n’émettait aucun son pouvant ressembler à un mot. Juste des ‘hein ‘, ‘ho’ et ‘par les **** d’Arcam’

    - Ce n’est pas….possible….il…

    Prenant la missive des mains de son époux, Jena parcourut les lignes calligraphiées sur le vélin. Pas de doute possible, les ordres du roi étaient clairs. Hanegard Kastelord était anobli au rang de Baron d’Alonna et ce, pour le remercier de sa loyauté et des services qu’il avait rendu les longs mois passés à la Baronnie. Jamais elle n’aurait cru imaginer que le roi fasse un pareil cadeau à son époux… Cadeau qui, encore plus choquant pour Jena, s’appliquait forcément à elle aussi. Etant l’épouse du nouveau Baron d’Alonna, elle était elle-même anoblie au rang de…de….
    Non elle ne pouvait même pas l’imaginer en pensant… C’était totalement impossible.
    Et forcément comme toute femme qui porte un corset un peu trop serré, qui apprend une nouvelle ahurissante, qui l’espace d’un instant cesse de respirer à cause du choc occasionné… bref vous l’aurez compris, Jena s’écroula.
    Certes ce n’est pas dit de la façon la plus glamour qu’il soit, j’aurais pu dorer tout cela en la faisant choir élégamment, ou en la laissant s’évanouir dans un doux bruissement de tissu… et bien oui il y eut un bruit de tissu froissé et un : ‘pof’ aussi. Nous savons tous ce que Newton a dit après que la pomme lui soit tombée sur la tête… Et bien je prierai mon aimable partenaire de ne pas se permettre pareille parole sans quoi il verra l’application de la gravité et de l’attraction s’appliquer entre lui-même et le pack toulousain. J’espère avoir été assez claire ! (^_^)

    En attendant Jena se retrouva à terre. L'espace de quelques secondes elle resta inconsciente, mais pas suffisamment longtemps pour que le coup à la tête s'estompe. Elle rouvrit les yeux mais préféra ne pas se redresser...au cas ou ! Elle n'en revenait pas, c'était complètement fou. Comment le roi avait-il pu prendre pareille décision ? Ils ne s'étaient rencontrés que peu de fois. Au mariage de Gaulcem d'Odélian et aux bals d'Ysari. Certes elle s'était retrouvée dans une situation particulière en présence du roi, elle avait été ses yeux l'espace d'un moment...et pas forcément pour lui décrire les choses les plus réjouissantes de la soirée. Elle se rappelait qu'il s'agissait de l'instant ou Dame Lucrèce avait fait une fausse couche... Depuis ce moment tragique elle n'avait guère revu la Baronne d'Ysari...mais elle était au courant des problèmes que connaissaient le couple de Hetalia.
    Maintenant qu'elle se rappelait de son séjour à Ysari, elle se souvenait avec clarté de ce qu'était le quotidien du couple, Lucrèce avait de si belles tenues, et tout était si lumineux là bas... elle n'arrivait pas à imaginer pareils changements ici, à Alonna. Pourtant il était certains que cette décision royale allait complètement bouleverser leurs habitudes.

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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Lun 14 Mar 2011 - 14:19

En effet, Newton a doctement expliqué, après avoir reçu une pomme sur la tête dans un verger de Normandie où il venait régulièrement dispenser sa science physique à la fermière, que ce fruit est excellent pour la santé, fort sain pour les dents et délicieux lorsqu’il est cuit dans une tarte. Mais je vois difficilement le lien entre la toute nouvelle baronne d’Alonna en train de s’évanouir et les ébats ruraux de ce grand génie de la physique classique.

Bon, nous avons donc une scène romantique en diable, avec Hanegard agenouillé tenant au creux de ses bras une Jena évanouie… snif, cela me tirerait presque une larme. Évidement, apprendre que l’on devient baronne, comme ça, brusque, franc, cela peut troubler. Jusque là le couple vivait tranquillement sa petite vie de régents, mais désormais cette vie ne serait plus possible. Là où un régent n’est qu’une solution temporaire et à ce titre soumis au bon vouloir du roi, un baron est là pour durer. A moins bien sur d’une crise de folie mégalomaniaque, comme Aegar et Merwyn s’en étaient rendus compte durant la guerre civile.

Et dire que Jena accompagnait encore l’année précédente Dame Camillia comme simple demoiselle de compagnie soumise au bon vouloir d’une vieille comploteuse prête à l’utiliser comme appât pour se gagner les faveurs du nouveau seigneur. Eh bien Dame Camillia risquait d’en tomber malade à la seule idée que ses stratagèmes avaient finalement élevés Jena à un rang qu’elle-même n’atteindrait jamais. La vengeance est un plat qui se mange froid dit-on.

Hmm, le narrateur semble ne pas vraiment se rendre compte que la baronne fraichement nommée commence à avoir du mal à respirer entre l’émotion et son corset. Heureusement que le baron, lui, fut un peu plus attentif et qu’il le desserra pour laisser l’oxygène arriver de nouveau aux poumons de son épouse. Pendant que notre héroïne adorée reprend conscience, voyons quelles festivités nous pouvons imaginer pour célébrer l’anoblissement des Kastelord.

Je propose un feu d’artifice géant lancé depuis la cour d’honneur de la citadelle d’Alonna, qui formera dans le ciel nocturne les mots suivants « trop chouette ! ». Puis un dirigeable énorme passera en clignotant. Il sera dévoré par un ptérodactyle colossal qui pondra des œufs. En tombant au sol, les œufs exploseront et des filles nues en sortiront en chantant « Alonna, Alonna ». Ce dernier point à cependant été refusé par la JTAL (« Jena & Toulouse Associated League » ou « Je T’ai A L’œil »).

Redevenons sérieux puisque Jena s’est remise. Enfin remise, disons qu’elle a ouvert les yeux, personne ne pourrait à ce stade affirmer qu’elle a bien intégré l’idée d’être baronne. Son époux d’ailleurs n’intégrait encore que difficilement cette notion. Être régent, voilà quelque chose qu’il comprenait, un soldat en charge d’une baronnie de frontière, aucun problème. Une sorte de rempart en soit, et dans ce cas autant mettre un homme habitué à traiter les problématiques militaires.

Mais devenir baron voulait dire s’occuper des affaires de la cour, de planifier à longue échéance des grands projets, car sachant que sa descendance pourra continuer son œuvre. Sa descendance justement ! Liliana, qui dormait paisiblement dans son berceau, devenait d’un coup de devenir l’héritière de la baronnie en cas de décès d’Hanegard. Une bonne fée nommé Trystan venait de se pencher sur son berceau.
Aidant Jena à se relever, son époux & baron l’amena jusqu’au sofa où ils s’affalèrent tous deux. Un sourire aux lèvres, Hanegard fit un baisemain à sa femme et murmura en imitant le ton et l’accent d’un véritable courtisan de Diantra :

Baronne…
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Lun 21 Mar 2011 - 19:53

    Les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond, Jena essayait vainement d’assimiler la nouvelle. Son époux baron, cela faisait d’elle une baronne. Alors oui cela semble logique comme ça, mais très franchement quand on reçoit un choc pareil….ça met un peu de temps à arriver au cerveau. Oui parce qu’Hanegard aurait tout simplement pu être baron et puis voilà, il aurait eut juste un peu plus de responsabilité que lorsqu’il était régent, mais là….elle aussi changeait de statut et avec cela toutes ses habitudes allaient être bouleversées. Et Liliana…. A peine née, elle représentait déjà la première héritière de la lignée des Kastelord. Combien de temps passa entre le moment où elle était étalée par terre et celui où elle se retrouva affalée sur le canapé ? (Vous remarquerez que pour l’heure notre Jena n’a pas encore toute la class et le raffinement d’une future baronne) Bon respire, c’est juste une petite chose à assimiler…et puis peut-être que cela ne changera pas grand-chose après tout, pourquoi un Baron et une Baronne ne pourrait s’offrir une vie simple ? Sûrement parce qu’on en conclurait que la baronnie ne se portait pas bien, on les jugerait incompétent pour ce poste….et alors on les ficherait à la porte et ils n’auraient nulle part ou aller….

    C’est à ce moment là qu’Hanegard lui prit la main et y déposa un léger baiser. Tournant un regard intrigué vers son époux, elle fixa ses yeux sur le visage imitant à la perfection les airs supérieurs des aristocrates. Il lui fut impossible de retenir son rire lorsqu’il lui donna du « Baronne » ! Diable, que cela allait être dur les premiers temps. Elle qui était née dans une petite famille de marchand…elle n’avait jamais imaginé en arriver là, d’ailleurs elle avait même jamais pensé épouser autre chose qu’un fils de marchand avec qui son père développerait évidemment un marché fructueux. Au lieu de cela elle avait épousé un homme tout juste nommé régent, qui allait maintenant devenir Baron. Dame Camilia se boufferait sûrement les mains en apprenant cette nouvelle, elle qui avait poussé sa demoiselle de compagnie dans le lit d’Hanegard pour être dans ses bonnes grâces…


    - Par Néera…. mon cher Baron, cela va quelque peu changer nos habitudes…

    Et c’était rien de le dire ! Hanegard allait être beaucoup plus sollicité, et elle aussi d’ailleurs…. En tant qu’épouse de régent elle n’avait guère de pouvoir, à part entre les murs de la citadelle, mais une fois Baronne….son pouvoir et son autorité s’étendraient dans tout Alonna.
    Le regard de Jena glissa jusqu’au berceau de sa fille. La petite dormait tranquillement sans même se douter des changements qui avaient lieu en ce moment même. Ses yeux continuèrent leur course et se posèrent sur le petit garçon roulait en boule sur le lit du couple régent. Elle se rendait compte que la situation avait également changé pour lui. Il ne deviendrait jamais l’héritier de la baronnie, mais sa présence auprès du couple serait sujette à question auprès des nobles de la Baronnie…et d’ailleurs.
    Lorsqu’elle fut certaine que ses jambes supporteraient son poids, Jena se releva, elle sentit son corset glisser légèrement dans son dos, visiblement Hanegard l’avait défait pour qu’elle puisse à nouveau respirer…voilà qui était bien vu !

    Seul le bruissement de sa robe indiquait qu’elle avançait vers le lit, elle ne voulait surtout pas réveiller Merwan, le pauvre petit avait besoin de repos. Doucement elle glissa ses bras sous lui et le souleva pour le déposer sur le petit lit qu’avait installé Clarys dans le coin de la chambre. L’enfant n’émit aucune protestation, il entrouvrit juste les yeux alors qu’elle était en train de border les couvertures. Un petit sourire, une caresse pour repousser ses cheveux bouclés et Merwan se rendormir paisiblement.
    Jena se releva et fit quelques pas vers le canapé où Hanegard était toujours assis. Il semblait, encore moins qu’elle, réaliser ce que ce courrier signifiait. Bien sur une fois que toute la population serait mise au courant par décret royal, ils sentiraient sûrement la différence.


    - Chéri… Crois-tu que se sera très différent ? Allons-nous devoir changer beaucoup de chose ? Pour Liliana…nous ne devrons rien changer n’est-ce pas ?

    Ce qui l’inquiétée c’était ce qu’elle avait pu voir dans d’autres familles lorsqu’elle voyageait avec Dame Camilia. Certains nobles confiaient de façon presque intégrale l’éducation de leurs enfants à des précepteurs, ils ne les voyaient qu’une heure ou deux dans la journée et passaient le reste de leur temps avec leurs visiteurs à boire le thé et à organiser des bals.
    Elle n’avait aucune envie de confier sa fille à qui que ce soit. Déjà qu’il lui était pénible de ne plus pouvoir l’allaiter, elle ne comptait plus la lâcher d’un pouce, elle voulait être là quand elle marcherait, quand elle dirait son premier mot, quand elle gambaderait dans toute la citadelle sur ses petites jambes, quand elle lui ferait son premier dessin…Bref, hors de question de laisser tous ces instants lui échapper.

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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 24 Mar 2011 - 11:06

Gérer ainsi une brusque élévation n’est guère chose aisée, n’est-ce pas ? Si Hanegard gérait déjà la baronnie auparavant, sa femme devenait d’un seul coup un véritable personnage politique au sens le plus pur du terme. Si une régente peut compter par l’influence qu’elle a sur son époux, une baronne compte pour elle-même. D’ailleurs, régente n’est pas réellement un terme existant. Quelques minutes auparavant, notre héroïne adorée existait en tant qu’épouse d’un personnage politique. Désormais, si elle reste pour le plus grand bonheur d’Hanegard son épouse, le titre de baronne lui revient de droit.

Une différence fondamentale donc. Un titre nobiliaire constitue une différence fondamentale, car d’un coup l’on se retrouve propulsé dans un monde différent, celui de la haute noblesse. Monde cruel et sournois où tous les coups sont permis, monde nécrosé par de vieilles aristocraties imbues d’elles-mêmes, dont le seul mérite est de descendre d’hommes et de femmes vraiment valables qui se hissèrent jusqu’à un titre à la seule force du poignet. Enfin bref, vous aurez compris l’opinion d’Hanegard sur les vieilles lignées du royaume. Trop de consanguinité, trop de vieilles traditions, trop d’habitudes gravées dans la pierre. Place à du sang frais !

Quand à leur vie de tous les jours… eh bien le bon peuple d’Alonna apprécierait sans doute la mise en place d’une lignée officielle, espoir d’une période de stabilité après le trouble des dernières années. La nouvelle baronne allait devoir dévaliser les couturiers et orfèvres de la ville afin de s’équiper pour toutes les occasions officielles auxquelles il lui faudrait participer. La vie des deux époux devenait de fait, et comme pour tous leurs pairs, un feuilleton politique s’insérant dans le grand jeu d’échec de la noblesse.

Et leur fille ? La petite Liliana chérie, qui pour l’instant dormait paisiblement dans son berceau. Elle aussi venait de changer de statut, sans pouvoir s’en rendre compte. La décision du roi de nommer son père baron faisait d’elle, en l’absence pour le moment d’un frère, l’héritière légitime des terres d’Alonna. Mais pendant encore plusieurs années toute cette agitation allait passer bien loin de ses préoccupations immédiates.

Quand à Merwan, eh bien lui aussi risquait de se voir propulser involontairement sur le devant de la scène. Certes les habitants de Jersada connaissaient son histoire, ainsi que la manière dont il entra dans la vie du couple Kastelord. Et on pouvait compter sur le patron du Lion d’Or pour raconter cette histoire à tous ses clients, histoire qui faisait la gloire de son auberge, devenue quelques jours le centre névralgique de la baronnie. Toutefois, nul doute que des rumeurs iraient bon train sur ce petit garçon recueilli à la citadelle. D’un fils adultérin d’Hanegard au neveu caché de Jena, les médisants trouveraient sans doute à raconter sur le sujet. Heureusement que nombre d’Alonniens pouvaient expliquer la vérité cachée derrière les fausses idées.

Une question cependant semblait encore troubler, voir inquiéter, la nouvelle baronne. Et une question fort importante qui concernait l’éducation de leur fille. Certes l’usage dans la noblesse consistait à confier les enfants à des précepteurs et à ne guère s’en occuper soit même. Règle heureusement pas toujours respectée, l’amour parental pouvant exister même dans le cœur de cette étrange et incompréhensible race que sont les nobles.

Se levant du canapé où il se tenait, le baron vint rejoindre sa femme. Confier Liliana au soin d’autres qu’eux ? Non, cela ne se produirait jamais. Même devenus baron et baronne, le couple restait ces parents aimants désireux de s’occuper de leur fille.


Cette nomination ne changera rien pour Liliana. Un titre, quel qu’il soit, ne remplace ni ne remplacera jamais l’amour parental. Il est inenvisageable pour moi que nous cessions de nous occuper d’elle.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 31 Mar 2011 - 12:09

    Rassurée par les paroles de son époux, Jena l’embrassa avant de le laisser retourner à son travail. Bien que cette nouvelle fût éprouvante pour tous les deux, il n’en restait pas moins qu’Hanegard avait toujours ses fonctions de régent à accomplir. Un baiser sur le front et il la laissa dans leur chambre. Elle se pencha une minute sur le berceau de sa fille, tira la couverture sur l’épaule de Merwan puis elle s’éclipsa dans la petite salle d’eau pour faire un brin de toilette. La journée avait été très longue et très éprouvante aussi, elle avait à peu près mal partout ! Se faire remuer dans une boite sur quatre roues ce n’est jamais bon pour les fesses et le dos !
    A cette pensée, Jena voulut voir son dos…elle savait qu’il n’y avait aucune marque, mais elle n’avait jamais regardé elle-même. Et cela lui semblait presque vital à cet instant. Aussi, lorsqu’elle se fut dévêtue, elle s’approcha de la psyché et se tourna à moitié en regardant son reflet par-dessus l’épaule. Voir la peau de son dos si, étrangement, lisse… c’était étonnant, presque angoissant. Avait-elle imaginé ce qu’il lui était arrivé ? Ilinsar c’était-elle réellement acharnée à lacérer son dos ? Mais les images lui revenaient, brutales, dures et elle sentit presque la douleur qu’avait provoqué chaque coup. Non elle n’avait rien inventé, elle avait souffert des heures durant, elle avait imploré la mort jusqu’à ce qu’elle se souvienne de sa fille…
    Ne parvenant pas à garder les yeux rivés sur cette peau rose et dénuée de toutes traces, Jena tourna la tête et s’occupa de sa toilette. Elle aurait du se sentir reconnaissante, elle aurait du courir remercier le prêtre d’avoir ôté les cicatrices de son dos, pourtant elle en arrivait presque à lui en vouloir. Car même si la blessure physique était guérie ce n’était pas encore le cas de sa blessure mentale. Et elle se demandait souvent depuis son retour, si les deux ne devaient pas aller ensemble, la guérison de l’une étant favorisé par celle de l’autre…

    Quittant ses sombres pensées, Jena retourna dans sa chambre vêtue de sa robe de nuit blanche, elle était en train de tresser ses cheveux lorsqu’elle vit une petite tête blonde debout au milieu de la chambre. Merwan avait les yeux rouges et de fines larmes coulaient sur ses joues.


    - J’…ai….peur….

    Le petit garçon bafouilla d’autres paroles incompréhensibles, perdues dans le flot de ses sanglots. Jena s’approcha de lui et le prit dans ses bras pour le calmer. Il lui disait qu’il avait cru qu’on l’avait à nouveau laissé tout seul. Ces mots bouleversèrent la jeune femme, elle sentit son cœur se serrer alors qu’il s’agrippait à elle avec ses petites mains Lorsqu’il cessa de pleurer, Jena lui adressa un sourire.

    - Tu n’as pas à avoir peur ici, je n’ai pas l’intention de te laisser tout seul. Bon, puisque tu es réveillé, que dirais-tu d’un petit bain !

    Visiblement ravi de savoir qu’il ne serait pas tout seul, Merwan hocha la tête en séchant ses larmes de ses petits poings. Jena l’entraîna dans la salle d’eau et l’aida à enlever ses vêtements trop grands pour lui et sales. Lorsqu’elle vit l’étendue des dégâts, la jeune femme ferma une seconde les yeux. Visiblement le charpentier n’avait jamais eu d’enfant de sa vie, Merwan avait de la boue séchée un peu partout, ses cheveux étaient plus emmêlés qu’elle ne l’aurait cru et seule sa petite frimousse semblait épargnée. Sûrement une serveuse de l’auberge qui avait donné un petit coup de chiffon !

    S’occuper de Merwan, passer ces quelques minutes seulement avec lui, fit un bien fou à Jena. Elle se sentait proche de ce petit garçon. Il ne serait jamais son fils mais cela ne l’empêchait pas de s’occuper de lui comme si ça avait été le cas. Après tout, il était seul au monde maintenant…. Du moins tant qu’aucun membre hypothétique de sa famille serait venu le réclamer.
    Une fois propre, Jena lui fit enfiler une chemise d’Hanegard. Alors oui, je sais, le petit était loin de la remplir… à la rigueur une manche….mais enfin, après un peu de bricolage et un petit cours pour ne pas marcher dessus, le petit garçon put courir jusqu’à son petit lit de fortune. Jena l’embrassa sur le front et borda ses couvertures pendant qu’il s’endormait.
    Et maintenant c’était à elle de se mettre au lit, il était grand temps d’ailleurs !

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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Ven 1 Avr 2011 - 20:42

Être baron veut-il dire que l’on doit cesser de travailler ? Que l’on doit tout repasser à des intendants malhonnêtes et peu scrupuleux quand aux méthodes utilisées pour arrondir leurs fins de mois ? Faut-il aller s’asseoir, plein de morgue et de suffisance, sur son trône de granit dans la grande salle d’honneur et rendre d’une voix méprisante la justice pour les gueux sales et puants qui se pressent comme des cloportes au bas de l’estrade où; pareil au soleil, vous éclairez la face de ce monde ?

Ayant attentivement relu l’excellent bouquin « la noblesse pour les nuls » (chapitre 5), Hanegard se rendit compte qu’en fait non. Certains pouvaient le faire mais la morgue et la suffisance ne faisaient pas obligatoirement partie de l’équipement. Bon, une bonne nouvelle que cette constatation. Retournant à son cabinet de travail, le tout nouveau baron se remit studieusement au boulot afin de finir d’écluser le trop plein de dépêches laissés en attente durant ces derniers jours.

Une heure passa, puis une deuxième. Au milieu de tout cela, le rég… baron, excusez moi, pris le temps de rédiger un ordre pour une proclamation qui serait lue par les crieurs publics le lendemain afin d’annoncer la nouvelle à ses presque-bons et quasi-loyaux sujets (chapitre 2). Après tout, ils méritaient de savoir qu’une nouvelle lignée se mettaient en place. Quelque part, on pouvait y voir le signe que la page de la rébellion et de la guerre civile se tournait enfin, qu’Alonna faisait ainsi son véritable retour au sein du concert des seigneuries.

Lorsqu’enfin Hanegard en eut terminé, la nuit tombait déjà. Se levant, il bailla, s’étira, grogna, se massa les épaules et se gratta vigoureusement le bas du dos. Mais je tiens à préciser qu’il fit cela avec classe et distinction, comme un baron se doit de le faire (chapitre 3). Un peu comme un anglais qui dit « merde »… dans sa bouche, on y trouverait presque une certaine élégance, voire de la poésie. Remettant le cap sur ses appartements, le baron vit au passage que des groupes de courtisans se retrouvaient embarqués dans des conciliabules enflammés. Si certains avaient espérés pouvoir à terme récupérer le pouvoir, ils en seraient pour leurs frais.

Je suis plus fatigué qu’en rentrant de campagne, se dit intérieurement notre héros. Depuis deux semaines, le couple menait une vie… disons… trépidante. Se faire enlever, être sauvée, déprimer, se remettre, recueillir un orphelin, tout ca sans compter la défaite de Toulouse face au Racing que Jena ne digérait pas alors que son mari en souriait béatement… un bon bain chaud et un lit douillet, voilà ce qu’il lui fallait. Et sa Jena bien entendu. Ayant fait un détour par la salle d’eau, détour fort reposant tant il avait les muscles crispés, Hanegard entra dans sa chambre ou Jena commençait doucement à somnoler, épuisée elle aussi. Son épouse méritait amplement un repos réparateur, car la tension nerveuse accumulée aurait pu servir à alimenter en énergie une petite ville.

Se glissant sous les draps, le baron soupira d’aise. Sa femme vint se blottir au creux de ses bras, et je crois qu’il nous faut pudiquement nous retirer afin de les laisser tranquille pour la suite. Nous les retrouverons au petit matin…
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Mar 12 Avr 2011 - 12:09

    Le lendemain matin, Jena fut réveillée par une petite voix qui murmurait. Se tournant du côté où aurait du se trouver son époux, la jeune femme constata que la place était vide, les draps n’avaient pas bougé… Alors qu’elle avait dormi comme un loir, elle sentait le remord la submerger lorsqu’elle pensait à son époux qui n’avait guère du dormir de la nuit. Mais bientôt elle fut tirée de ses pensées par les mêmes murmures qui l’avaient éveillé. Sa tête roula à nouveau sur l’oreiller et ses yeux se posèrent sur le petit Merwan, debout, dans sa longue chemise rafistolée. Il se tenait à côté du berceau de Liliana, et sur la pointe des pieds il passait sa tête sur le rebord. Visiblement sa fille était également réveillée, et les murmures de Merwan l’avaient empêché de crier et pleurer pour signaler son réveil à sa mère encore endormie.
    Jena sentit son sourire s’étirer, elle observa la scène encore quelques minutes avant de pousser un petit soupir pour avertir qu’elle se réveillait. Le petit garçon se reposa sur ses talons et courut jusqu’à son petit lit pour se remettre dans ses couvertures. Avait-il peur qu’elle le gronde ? Cette pensée la fit sourire davantage lorsqu’elle sortit de son lit en s’étirant. Comme à son habitude, elle prit dans ses bras sa petite fille, bien réveillée et déjà en train de gigoter, puis elle se tourna vers Merwan qui la regardait de ses grands yeux ronds.


    - Humm, j’ai drôlement bien dormi ! Pour une fois que Liliana ne me réveille pas…

    Jena accompagna ses paroles d’un sourire et Merwan sortit de ses couvertures. Il s’était mis debout, visiblement pas très sur de l’endroit où il devait se mettre pour gêner le moins possible. D’abord hésitante, Jena finit par céder à son instinct maternel. Après tout le petit garçon n’avait que trois ans, il avait autant besoin d’affection que n’importe quel autre enfant, et il aurait été cruel de dorloter Liliana devant lui et de ne lui accorder qu’un pauvre sourire.
    Franchissant les quelques pas qui les séparaient, Jena se pencha et embrassa le sommet de la tête blonde.


    - Viens allons nous asseoir autour de la table, je vais faire appeler la nourrice et notre petit déjeuner, qu’en dis-tu ?
    - Zé très faim !

    Cette affirmation fit rire la jeune femme. Elle reposa sa fille dans son berceau, enfila une robe de chambre et constata avec effarement que le soleil était déjà levé depuis un petit moment. Personne n’était venu les réveiller…
    Et bien tant mieux !
    Lorsqu’elle ouvrit la porte dans l’intention d’appeler un serviteur, elle fut surprise de voir autant de moment dans le couloir. La nourrice, trois gardes, deux serviteurs et Clarys.
    Ils avaient tous des têtes bizarres et elle en comprit la raison lorsqu’elle les vit s’incliner bien plus profondément que d’habitudes.


    - Euh….Je…..Liliana a faim…..et Merwan aussi….pourriez nous monter à manger ?

    L’une des servantes se redressa, fit un pas en avant, la salua à nouveau et prononça une bien étrange phrase « Tout de suite Madame la Baronne ».
    Avait-elle dormi si longtemps que ça ? Elle entendit alors l’effervescence qui régnait dans la citadelle, apparemment la nouvelle s’était déjà propagée et Jena ne savait pas du tout comment réagir. Elle revint à la réalité lorsque la nourrice se présenta devant elle, lentement elle s’écarta pour la laisser entrer.

    Clarys se redressa et lui adressa un demi sourire. Visiblement elle était heureuse pour son amie, mais l’écart entre elles venait de se creuser davantage. Voyant que Jena ne disait toujours pas un mot, ce fut sa demoiselle de compagnie qui prit le relais.


    - Faites monter de l’eau chaude et veiller à ce que la couturière soit prévenu. Qu’elle vienne prendre les mesures de…Dame Jena le plus tôt possible. Et vous retournez à vos postes.

    La porte se referma et Clarys lui fit fasse. Le petit garçon était debout près d’elle et lui tirait un pan de sa robe de chambre pour la tirer de sa rêverie. Il semblait inquiet de voir le visage de celle qui s’occupait de lui, si pâle.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 14 Avr 2011 - 7:50

Hanegard, fidèle à son habitude d’ancien militaire, s’était réveillé aux premières lueurs de l’aube et glissé discrètement hors du lit. Jena dormait profondément et il tenait à ce qu’elle puisse se reposer après les moments difficiles vécus les jours précédents. Sur la pointe des pieds, il se faufila dans son bureau pour aller lire les dépêches matinales. Nuit comme jour, la chancellerie ne cessait jamais son office et le baron tenait à vérifier régulièrement les informations remontées.

Baron… diantre, cela faisait sérieux désormais. Un régent, c’est du temporaire, mais un baron est là pour durer. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l’ancien commandant des légions noires. S’il y avait bien une chose à laquelle il ne se serait pas attendu au cours de sa vie, c’était justement de devenir un noble. Déjà fort surpris à l’époque où Trystan l’avait nommé régent, voilà d’un coup qu’il se retrouvait en position de fondateur d’une lignée.

Heureusement qu’il avait pu épouser Jena avant son anoblissement. Pour autant qu’Hanegard le sache, les nobles ne se mariaient guère qu’entre eux et il aurait fort risqué de devoir autrement épouser une riche héritière pour laquelle il n’aurait ressenti aucun amour. Décidément tout se goupillait pour le mieux, si l’on exceptait qu’Ilinsar vivait encore. Quoiqu’un jour, si la chance tournait, la drow finirait par faire une erreur.

Ayant ordonné à un page de faire prévenir la couturière du château qu’il allait falloir confectionner de nouvelles robes pour Jena, le baron prit la direction de la salle du conseil. Sa femme se devait en effet désormais de disposer d’une garde-robe digne de son rang… Hanegard nota mentalement de faire prévenir les orfèvres de la ville pour qu’ils viennent présenter leurs bijoux. Encore un coup dans le budget déjà difficile à boucler, mais c’était pour la bonne cause.

Lorsqu’il entra dans la salle du conseil, tous les présents, vassaux, clercs, juristes, militaires et autres se levèrent comme un seul homme.

Votre Honneur
Votre Honneur
Messire le Baron
Votre Honneur
Félicitations Monseigneur
Votre Honneur
Ca va, ca va. Au boulot.

Bon sang, cela allait être comme ca tous les jours ? Décidément lorsque l’on disait que les nobles constituaient une espèce à part, peut être y’avait-il un fond de vérité dans ces paroles ? Tout en se concentrant sur les affaires de sa baronnie (ouais, la sienne maintenant), Hanegard se demanda comment Jena gérait de son côté sa nouvelle position. Entre leur fille, Merwan, la couturière, les orfèvres et le reste, elle risquait de se retrouver vite assez occupée.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 14 Avr 2011 - 15:20

    Une vraie fourmilière… Tout le monde s’agitait, tout le monde se pressait autour d’elle, tout le monde venait la féliciter… Mais de quoi ! Elle n’avait fait qu’épouser un homme qui, rappelons-le, n’avait jamais fait mention d’une hypothétique promotion de ce genre. Jamais elle n’avait eut l’ambition de devenir Baronne, jamais elle n’aurait souhaité supporter et endurer le quotidien de ces femmes qu’elle croisait lors des déplacements de Dame Camilia… que ce temps là semblait loin.
    Et cette matinée semblait interminable. La nourrice était allée prendre Liliana pour l’allaiter, une servante s’était occupée de trouver des vêtements pour Merwan, trois couturières avaient fait irruption dans sa chambre et ne lui avait guère laissé le temps de finir son petit déjeuner…. Maintenant on lui demandait de lever les bras comme un pantin, on la faisait tourner, pencher, marcher. Bref on l’analysait dans les moindres détails et cela commençait sérieusement à la mettre mal à l’aise.
    La délivrance vint quand sa fille se porta à son secours ! Comment ? Lorsqu’elle se mit à pleurer dans les bras de sa nourrice. Visiblement toute cette agitation ne lui plaisait pas davantage, l’une des couturières s’était approchée avec son ruban pour la mesurer et l’enfant c’était presque aussitôt mise à pleurer.
    Jena baissa ses bras en soupirant.


    - Je pense que vous avez terminé Mesdames, vous pouvez nous laisser maintenant.
    - Mais il nous reste encore quelques…
    - Non, vous avez terminé.

    Sa phrase ne souffrait aucune réponse. La couturière en chef s’inclina et sortit de la chambre suivit par ses collègues. Mais cela ne vida pas la chambre pour autant. Une dizaine de valets et servantes s’affairaient à nettoyer entièrement la chambre, comme si elle avait été d’une saleté incroyable.

    - S’il vous plait… pourriez vous revenir ….plus tard ?

    Sa question sembla en surprendre plus d’un et pendant une seconde de flottement on n’entendit rien d’autres que les pleurs de Liliana. Ce fut une nouvelle fois Clarys qui, pénétrant dans la chambre sur ces entre faits, s’occupa de faire sortir tout le monde. Bien loin de paraître choquée ou énervée par tout ce remue-ménage que provoquait la nouvelle nomination de sa maitresse, Clarys vint prendre Liliana des bras de la nourrice et lui fit signe de sortir à son tour.

    - Je viens de faire un tour dans la petite pièce qui pourrait servir de chambre à Merwan. J’ai demandé, tôt ce matin qu’on la fasse vider. Une domestique finit laver le sol et nous pourrons aller voir ce qu’on peut y faire. D’ailleurs où est Merwan ?

    Jena remarqua à peine à cet instant l’absence du petit garçon. Elle l’appela mais n’entendit que le silence en retour. D’un pas rapide elle traversa la chambre, ouvrit la porte et croisa le regard d’un soldat dans le couloir. Il parut surprit de la voir apparaître en robe de chambre.

    - Avez-vous vu Merwan ? Le petit garçon qui m’accompagnait hier soir ?
    - Oui il est partit avec une servante aux cuisines.
    - Aux cuisines ?

    Surprise, Jena se tourna vers Clarys. Celle-ci ne semblait pas comprendre plus qu’elle. Pourquoi avait-on entraînait Merwan aux cuisines ? La servante n’avait-elle pas vu qu’il déjeunait déjà dans la chambre de….de Madame la Baronne ! (Et ben c’est dur de si faire)

    - Je vais aller le chercher, pendant ce temps peut-être que tu pourrais finir de manger et tu pourras profiter de ta fille.

    Donc après une phrase si agréable à l’oreille de Jena, nous pourrions penser que la suite se serait passée exactement comme énoncée, mais ce fut sans compter sur l’obstination des couturières qui à peine eut-elle finit de manger, virent frapper à nouveau à sa porte en tirant avec elle des malles remplies d’une multitude de tissus. Jena ne trouva même pas le courage de renvoyer la large couturière en chef, dont le talent était reconnut jusqu’à Diantra !

    Elle se retrouva donc à nouveau à jouer les pantins, ensevelie sous un tas de tissus de toute couleur. Elle se rendit à peine compte du retour de Clarys et Merwan, ni même que le soleil continuait tranquillement sa course et qu’au milieu de l’après midi elle était toujours debout au milieu de la chambre à choisir avec couturières et orfèvres, fraichement arrivés, les tissus et parures les mieux adaptés et les moins chères possibles, afin de ne pas ruiner la baronnie dès le début de la lignée des Kastelord.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Sam 16 Avr 2011 - 14:27

Le Grand Conseil fut un peu plus long ce jour là, de nouveaux sujets dus à la toute nouvelle nomination de l’ancien régent au poste de baron ayant été à l’ordre du jour, et ce ne fut que tard dans l’après-midi qu’Hanegard put finalement signer les derniers ordres et donner congé à ses subordonnés. Littéralement épuisé, il se laissa glisser sur son fauteuil et poussa un soupir de satisfaction en pensant au travail abattu.

Un baron ne peut se conduire comme un régent, que cela soit sur le plan de la représentation ou sur le plan de la lignée. Hanegard comme Jena n’avaient guère été jusque là portés sur les apparitions publiques, préférant la tranquillité de la citadelle, surtout ces derniers temps. Méthodes qui ne pouvaient désormais plus perdurer au vu de la nouvelle situation.

Les Alonniens s’étaient retrouvés sans seigneur pendant de longs mois, puis avaient du faire avec un régent. Mais tout peuple aspire à la stabilité, et cela n’en est que d’autant plus vrai sur la frontière où la menace drow peut jaillir à tout instant. Depuis la fin de la lignée de Pearla, ils ne pouvaient que craindre le jour où leur nouveau seigneur et maître serait rappelé à Diantra. Jour qu’ils n’avaient plus à craindre désormais.

En accord avec ses conseillers, Hanegard avait décidé de célébrer cette nomination et l’installation d’une véritable lignée par un grand banquet et une journée de fête à travers toute la ville. Un peu comme on tourne une page d’incertitude pour accéder à la révélation finale de l’intrigue, cet événement montrerait à tous qu’Alonna se stabilisait enfin.

Autre moment important qui serait permis par cette fête serait la présentation de Liliana au peuple. Fille de régent, elle ne représentait rien pour les habitants de la baronnie, mais désormais elle se retrouvait en tête de la liste des héritiers à la mort de son père. Certes, certains vieux traditionnalistes n’approuveraient guère l’idée d’une femme baronne, mais bien des exemples dans le royaume allaient à l’encontre de cette idée. La duchesse de Soltariel ou la baronne de Merval géraient bien leurs terres, non ?

Une ancienne tradition voulait que les enfants du couple régnant soient présentés au peuple afin de montrer leur bonne santé et de permettre à chacun de se réjouir à l’idée de la continuité dynastique, et donc de la stabilité politique. Une tradition avec laquelle ils pourraient renouer. Quelques barriques de vins distribuées dans les rues afin d’égayer le tout et on pourrait espérer une belle journée.

S’étirant pour faire craquer ses os engourdis, le baron se leva et quitta la salle du conseil, remettant le cap vers ses appartements. Lorsqu’il y entra, il trouva…
Un champ de bataille.

Au milieu d’une armée de couturières, d’orfèvres et de domestiques, Jena tentait tant bien que mal de maintenir un semblant d’ordre. Des tissus de haute qualité, des parures et diadèmes parsemaient les meubles, le lit et le sol. Jena se trouvait confrontée aux dures réalités de la vie de baronne, qui impose d’être l’arbitre de l’élégance pour toute la baronnie.

Amusé, le baron vint glisser à l’oreille de sa femme :

Tu survis ?
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Mer 20 Avr 2011 - 11:42

    - Mais NON enfin! De la soie bleue c’est évident pourtant.
    - Je ne suis pas d’accord. La couleur de ce tissu lui va mieux au teint. Et puis on peut plus facilement broder celui-ci que votre soie…
    - Allons, la voilà pâle comme un linge, laissez moi faire vous n’y connaissez rien.
    - Et des bijoux dans les cheveux, cela lui irait à merveille non ?
    - Enfin quelqu’un qui a du goût ! Oui montrez-moi. Pourriez vous tenir ceci, là voilà, sur l’épaule, vous êtes parfaite votre honneur !
    - Tu survis ?

    Alors que le flot de parole lui passait haut au dessus de la tête, cette voix familière fit retomber instantanément la pression qui s’accumulait sur ses épaules. Elle tourna son visage vers son époux et lui adressa un grand sourire. C’était le meilleur moment de la journée, le revoir, entendre sa voix… Quel bonheur. L’espace d’une seconde elle oublia l’armée qui s’était déployée autour d’elle et qui s’agitait en jetant tissus et bijoux de valeur un peu partout dans la pièce. Le champ de bataille était impressionnant mais elle était toujours là, debout sur ses deux pieds…enfin…lorsqu’on ne lui en faisait pas lever un pour lui faire essayer une ballerine !
    Elle avait déployé des trésors de patience et de gentillesse pour ne pas renvoyer tout ce petit monde avec perte et fracas. Elle arrivait même à adresser des sourires lorsqu’on lui présentait une nouvelle couleur, de nouveaux motifs…


    - A part que je ne peux plus bouger de peur de m’écrouler sous cette montagne de tissus, ça va parfaitement merci ! Et toi comment ça c’est passé ?

    C’était étrange de converser ainsi avec son époux au milieu d’une foule grouillante qui lui faisait lever un bras, puis l’autre, qui la faisait tourné d’un quart sur la droite, puis de trois quart sur la gauche…. Et tout ça en conservant un calme olympien !
    Elle n’eut guère l’occasion d’entendre la réponse car Valkor pénétra dans la cham….euh….sur le champ de bataille, il enjamba une caisse débordante de tissus, faillit trébucher sur la couturière qui s’était penchée pour ramasser son dés à coudre, et tout cela en l’appelant désespérément
    .

    - Dame Jena… Dame Jena ! Je n’aurais pas le temps….pour ce soir c’est impossible… Je ne peux pas préparer une chose pareille pour ce soir, je vous en prie faite lui entendre raison.

    - Faire entendre raison à qui ? Et pourquoi quoi ?

    Calme et sérénité. Calme et sérénité. On respire, on se calme et on baisse le bras engourdi.

    - Le Seigneur Alberic a envahit la cuisine avec ses valets. Il a ordonné la préparation d’un repas digne d’un banquet royal en votre honneur…et à vous aussi Monseigneur. Il a envoyé ses domestiques préparer la grande salle, mais pour ce soir ce ne sera jamais près….Il a convié tous les nobles de la citadelle…

    Cela faisait du monde mais ce n’était pas non plus excessif. Il ne s’agissait pas d’un banquet « officiel » donc le protocole pouvait être souple. Mais ce serait tout de même leur première présentation devant la noblesse Alonnienne. Ce Sieur Alberic n’aurait-il pas pu attendre quelques jours avant d’ameuter toute la citadelle ?
    Jena soupira et tourna son regard vers Hanegard. Habituellement, c’était lui qui prenait ses décisions, mais maintenant qu’elle avait un titre officiel, c’était vers elle qu’avait accourut Valkor, comme tout intendant l’aurait fait dans une autre baronnie.


    - Essaye de freiner ses ambitions de grandeur pour cette réception, nous nous contenterons d’un repas comme vous en servez chaque soir. Avec ses serviteurs en plus, vous ne devriez pas avoir trop de problème pour tout préparer à temps, d’ailleurs si vous pouviez en récupérer quelqu’un d’ici…

    Valkor s’inclina profondément devant elle, ce qui la mit extrêmement mal à l’aise, en se redressant il croisa le regard suppliant de la baronne. Lorsqu'il fit demi tour, il fit signe à deux valets et une servante de le suivre. Enfin un peu d'air

    - Vous aurez une robe pour ce soir n’ayez crainte.

    Cela ne lui avait même pas traversé l’esprit, et elle n'aurait pas non plus pensé à s'en inquiéter. Mais encore une fois elle adressa un sourire plein de calme et de sérénité à la couturière. Se tournant à nouveau vers son époux, Jena tendit sa main pour qu’il rapproche un peu plus et qu’elle puisse le toucher. Elle en avait assez d’être séparé de lui. De toute la journée elle n’avait pu le voir, maintenant qu’il était là, elle ne comptait pas le lâcher tout de suite.

    - Juste un petit repas ce soir…Cela ne t’ennuie pas j’espère ? Il faut bien que nous nous entraînions un peu qu’en penses-tu ?

    Un petit sourire amusé étira ses lèvres.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Lun 25 Avr 2011 - 18:26

Hanegard déposa un baiser sur les cheveux de sa tendre épouse. Lui aussi avait repéré que Valkor se dirigeait désormais consciemment vers la jeune femme pour gérer les questions protocolaires, ce qui auparavant aurait constitué un grave manquement aux usages. Mais désormais, qu’une baronne prenne des décisions ne choquait personne. Quelques mois plus tôt Jena n’était que l’épouse d’un régent temporaire, désormais elle tenait fermement son titre et avait donné naissance à un premier enfant, solidifiant ainsi les racines d’une nouvelle lignée.

Ce genre de réception est la rançon d’un titre, ma chérie.

Alberic était un vieux chevalier ayant servi plusieurs barons d’Alonna successivement, traversant tempêtes et orages avec une aisance déconcertante… car il les ignorait tout simplement. Le dernier en date, c’est-à-dire le remplacement de Pearla par Hanegard avait semblé glisser sur lui somme l’eau sur les plumes d’un canard. Soit il s’agissait d’un intriguant particulièrement retord soit sa loyauté allait avant tout à la baronnie, la personne assise sur le trône n’étant de toute façon pas là ad vitae aeternam.

Sans doute le vieil homme désirait-il imposer au plus vite dans les esprits l’idée que la période de régence appartenait au passé, et qu’il faudrait dorénavant compter sur la stabilité de la lignée à la tête d’Alonna. Et de fait un certain nombre de courtisans hésitaient jusque là à se positionner trop en faveur du couple, guettant une possible défaveur qui aurait pu entrainer une mutation d’Hanegard. Nul doute que ces goupils de palais seraient les premiers ce soir là à venir jurer sur les grands dieux de leur indéfectible loyauté envers le nouveau baron.

Tout cela faisait caguer Hanegard, pour reprendre l’expression d’une charmante toulousaine. Car aussi sur qu’une chocolatine n’est pas un vulgaire pain au chocolat, Hanegard n’était pas un politique dans l’âme. La loyauté, le respect, l’honneur… ces termes signifiaient bien des choses pour lui et il les plaçait comme les qualités premières à posséder. Mais ces courtisans comprenaient-ils seulement ce qu’ils voulaient dire ? Pour un militaire, l’honneur n’est pas un mot dont on se pare pour plaire au pouvoir en place ; il s’agit d’un état d’esprit dans lequel on se place et qui doit se démontrer par ses actes. Un nouveau poutoux à sa Jena et il murmura :

Je te laisse finir de te préparer.

Le baron, lui, ne s’était pas encore rééquipé, ayant jusque là réussi avec forces ruses à éviter l’armée de tailleurs ayant envahi la citadelle. Peu adepte des tenues de cour, il comptait bien se contenter de ses tenues sombres à la coupe militaire qu’il portait jusque là. Tout du moins si les couturiers qui le fixaient avec la même avidité qu’un nain fixe une biquette n’y mettaient pas leur holà et ne tentaient pas de lui préparer en urgence un costume à sa mesure.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Mer 27 Avr 2011 - 11:24

    Une bonne heure passa avant que les couturières et les orfèvres daignent enfin la laisser. Enfin…il suffisait d’ouvrir la porte de la chambre pour voir que tout ce petit monde s’était installé dans le couloir pour finir la première robe que porterait Jena lors du repas de ce soir. De toute façon, l'idée même de quitter ses appartements ne lui effleura pas une seule seconde l'esprit. Elle n’en eut guère le temps à vrai dire. Car après l’armée de couturières, ce fut une armée de servantes armées de seau d’eau fumante, de brosse à cheveux, de fleurs, de maquillage qui pénétra dans sa chambre….bref rien qui n’annonçait calme et tranquillité.
    A vrai dire Jena eut tout juste le temps de prendre sa fille dans ses bras et de la bercer quelques minutes. Par miracle, la petite avait réussi à s’endormir malgré l’agitation et le bruit qui avait rythmé l’après midi dans les appartements du couple. Elle s’était éveillée en pleurant lorsque la porte s'était refermée sur les coffres remplis de tissus et la chef couturière qui hurlait toujours sur sa collègue.
    Merwan semblait lui aussi épuisé. Mais il arborait déjà une tenue à sa taille, découpé dans un tissu aussi vert que ses petits yeux brillants.
    La jeune femme ne put profiter de ce bref moment de tendresse et de calme qu’une poignée de minute. La nourrice vint nourrir Liliana, et Clarys prit la main de Merwan pour l’entrainer avec elle hors de la chambre. Et pendant ce temps là, la toute nouvelle Baronne passa entre les mains d’une série de servantes tirées aux quatre épingles. D’abord un bain court mais tout de même relaxant, ensuite une série de soin et de massage fort agréable, et enfin un fauteuil confortable pendant qu’une jeune demoiselle s’occupait de ses longs cheveux bruns et qu’une autre s’approchait de son visage avec une palette de maquillage.

    Là encore, Jena fit preuve d’une patience herculéenne, si vous me permettez l’expression. Elle n’avait pas l’habitude d’être ainsi au centre de toutes les attentions. Quand les deux servantes eurent terminées, elles se précipitèrent dans le couloir pour appeler la couturière. La grosse dame entra dans la chambre, les bras chargés. En une journée ses doigts avaient eut l’agilité et le talent de réaliser une robe magnifique. Jena ne voyait pas d’autres mots pour définir ce qu’elle avait sous les yeux. Le tissu, d’un orange chatoyant, accrochait les reflets de lumière, a chaque manche une cascade de dentelle blanche suivait la robe jusqu’au sol. Le décolleté était plus prononcé que les robes qu’elle avait l’habitude de porter mais était loin d’être choquant. La couturière avait utilisé l’un de ses corsets qu’elle avait simplement découpé et recouvert de tissu au reflet doré pour l’assortir à la robe. Le travail était parfait, il n’y avait rien à redire, tout était d’un goût exquis et divinement assorti.

    Jena fut presque surprise lorsqu’on l’invita à passer la robe, comme si elle n’en revenait toujours pas qu’une telle splendeur soit faite pour elle. L’orfèvre entra alors à son tour et passa un temps infini avec la couturière pour choisir quel bijou serait le plus seyant.
    Au final, une longue chaîne en or, une paire de boucle d’oreille ressemblant à deux gouttes d’eau brillantes, et un bracelet au bras droit fut tout ce qu’elle put accepter de porter comme parure.
    Jena commençait à se sentir ridicule, dans cette grande robe, avec son maquillage et sa coiffure, même les bijoux lui parurent de trop. Et l’entrée de Clarys n’arrangea rien à l’affaire, car elle s’arrêta bouche ouverte. Sa demoiselle de compagnie avait revêtue sa plus belle robe pour l’occasion mais son visage semblait choqué par ce qu'elle voyait.


    - Suis-je si ridicule que ça ? Ooh...ne me regarde pas ainsi, je n'ai rien d'une baronne à part le titre...Je ne peux pas aller manger là dedans…. Clarys je t'en prie fait quelque chose….,supplia-t-elle
    - Tu es parfaite ainsi et puis de toute façon tu n’as plus le temps, le repas est prêt. Tout le monde vous attend.

    Vous ? A oui, Hanegard ! Elle espérait qu’il avait eut droit au même traitement qu’elle ! Ca lui apprendrait à se moquer d’elle. Et puis il n’y avait pas de raison, elle n’allait pas parader dans cette robe à côté d’un homme mal habillé tout de même !

    Ce fut après quelques minutes supplémentaires de retouche et rajout (notamment quelques petites fleurs blanchse dans le chignon compliqué qu’elle avait sur la tête), que Jena put enfin quitter sa chambre, pour la première fois de la journée ! Elle retrouva son mari près des portes encore fermées de la grande salle, enfin c'est ce qu'elle devina car elle n'osa même pas le regarder tant elle se sentait mal à l'aise. Elle entendit alors le brouhaha des conversations, tout le monde était là à patienter, ce qui la fit trembler des pieds à la tête.


    - Je n’ai pas osé me regarder dans un miroir tellement je me sens ridicule là dedans, et si tu ris je te jure que je t’écrase les pieds tout le long des danses à venir, murmura-t-elle sérieusement à l’attention de son époux

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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 28 Avr 2011 - 12:09

Il rôdait dans les couloirs, semblable au loup traquant la biquette innocente. Son ombre se détachait à peine des murs, son pas se faisait léger. Ses yeux toujours aux aguets guettaient l’ennemi et ses mains se crispaient nerveusement à chaque bruissement de pas. Il savait qu’ils le guettaient, qu’ils tenteraient de l’avoir. Déjà à plusieurs reprises il avait du se jeter en arrière dans un angle pour les éviter. Sa longue expérience du combat rapproché lui servait mais serait-elle suffisante ? Enfin il vit son objectif. La porte des appartements, semblable à la porte de la bergerie pour le nain en rut. Elle l’attirait, l’appelait, car là il y serait en sécurité. Ouvrant la porte, il se faufila sur la pointe des pieds à l’intérieur, poussa un soupir de soulagement et se retourna.

Ah, nous vous attendions…
Il reste peu de temps mais…
Nous pensons que le choix de…
Ou plutôt…

Pâlissant, il regarda les prédateurs s’approcher, conscient qu’il ne pourrait plus s’échapper. Et comme un imbécile il avait oublié ses armes ! Même un poignard aurait pu lui permettre de se tailler un chemin dans la horde et de fuir à toutes jambes. Pas à pas, ils s’approchèrent… et nous allons quitter la pièce afin de ne pas choquer les âmes sensibles.

[Une bonne heure plus tard]

Hanegard Kastelord, baron d’Alonna et époux de la douce Jena, jeta un regard écœuré à son reflet dans le miroir. Il avait vraiment espéré leur échapper, mais les tailleurs et couturiers l’attendaient dans son cabinet de travail. Maintenant il comprenait ce que Jena avait du endurer, car lui-même venait d’y passer. Oublieux de la grossière erreur commise quelques semaines plus tôt lorsqu’il avait commandé un costume de cérémonie pour les parades militaires, le régent d’alors ne se souvenait plus que les couturiers possédaient donc ses mesures. Et ces vicieux animaux inhumains en avaient profité pour venir équipés de costumes à sa taille. Ah les fumiers !

Une veste bleu nuit sur laquelle se trouvait épinglé les ordres militaires d’Alonna laissait voir la chemise à jabots ivoire à laquelle le baron était peu habitué. Bon sang, comment pouvait-on se battre ainsi vêtu ? Et où se trouvaient les rangements pour les poignards de contact d’abord ? Moitié conscient, moitié en pilotage automatique, il rejoignit sa tendre épouse qui venait apparemment de subir les mêmes tourments. L’espace d’un instant, Hanegard se demanda si les nains leur accorderaient l’asile politique en cas de fuite.

Bon, par contre il fallait reconnaître une chose : si sur lui il trouvait ces vêtements de cours complètement ridicules, sur Jena ils étaient… sublimes. A croire qu’elle était faite pour porter les robes de grands couturiers. Ces robes constituaient des écrins à la mesure de la beauté de la baronne, dont tout le monde risquait ce soir là de tomber éperdument amoureux. Intérieurement, Hanegard se promit de casser méthodiquement la figure du premier qui oserait se montrer entreprenant avec sa femme, fusse du regard.

Jena par contre ne semblait pas de cet avis, et elle lui ordonna d’un ton sans réplique d’éviter de rire s’il tenait à ses pieds pendant les danses qui accompagneraient le banquet. Lui volant rapidement un baiser, encore que voler soit excessif comme terme, le baron murmura à l’oreille de sa charmante épouse :


Cette robe te va à ravir, tu es magnifique ma chérie.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Sam 30 Avr 2011 - 14:16

    A la phrase de son époux, Jena fronça les sourcils et tourna un regard furieux vers lui. Il en profita, de façon parfaitement déloyale, pour lui voler un baiser et, de ce fait, faire taire la moindre protestation. Derrière la porte, le chancelier commençait déjà à annoncer l’arrivée du couple, et quelques secondes avant que les portes s’ouvrent, Jena souleva légèrement sa robe et écrasa le pied d’Hanegard d’un léger coup de talon, accompagnait d’un petit sourire amusé.
    Devenir le couple le plus important de la Baronnie n’empêchait pas que Jena et Hanegard s’amusent un peu de temps en temps. Certes ils n’étaient pas du genre à aimer les mondanités, les repas protocolaires et tout ce qui concernait l’étiquette et le reste, mais il fallait reconnaitre que cela avait de grands avantages. Liliana ne serait jamais dans le besoin, ils auraient un toit sur la tête aussi longtemps qu’ils seraient dignes de diriger Alonna…Et puis, deux personnes issues du petit peuple nommées Baron et Baronne d’Alonna…cela ne pouvait-être que prometteur pour l’avenir puisqu’ils comprenaient parfaitement les revendications du simple fermier ou du petit commerçant.
    Et puis priver les nobliaux de quelques uns de leurs privilèges ne leur feraient pas le moindre mal. D’ailleurs en parlant de nobliaux, ils étaient tous là. Massés à quelques mètres de la grande porte.

    Le cœur de Jena s’emballa tandis que ses yeux parcouraient tous les visages qui lui faisaient face. Elle qui s’était attendue à voir une poignée d’invités, elle fut secouée par la centaine de personne rassemblait dans la grande salle. Un sourire crispé se dessina sur ses lèvres tandis que sa main cherchait celle d’Hanegard. Pas question qu’elle affronte ça toute seule. Elle allait rester collée à lui toute la soirée !


    - Je…..Mais il ne devait pas…. je pensais que c’était juste…..Oh… tu as vraiment l’air d’un baron… tu es très beau….

    Alors oui c’est un peu le bordel dans sa tête, mais en même temps se retrouvait planter devant une foule pareille, c’est comme un ballon de rugby en plein milieu d’une mêlée. D’ailleurs en parlant de rugby je vous rappelle d’oublier vos élans d’amour pour les anglais et leurs énormes mariages puisqu’aujourd’hui le stade toulousain se déplace pour un match de demi finale tout de même ! Alors restons Frenchies comme on dit ! Bref. Un moment elle est figée de peur par tous ces regards braqués sur elle, et la seconde d’après elle n’a d’yeux que pour son époux.
    Parce qu’il fallait bien avouer que cette chemise ivoire et la veste bleue qu’il porte, lui va merveilleusement bien. Elle n’avait plus l’impression de se tenir près d’un régent encore un peu trop militarisé, mais bien à côté de son Baron de mari !

    Rien n’avait été laissé au hasard. Sa tenue était superbe, ses cheveux et sa barbe avaient été taillé, ses mains habituellement tâchées d’encre, étaient propres et douces. Jena put s’en rendre compte par elle-même, car dans un geste instinctif pour se rapprocher de la seule personne dont elle n’avait pas peur dans la salle, elle lui attrapa la main et la serra légèrement pour se donner du courage.

    Une voix s’éleva alors, suivit de murmures inaudibles. Sortant de nulle part un serviteur apparut avec deux verres argentés sur un plateau. Jena en prit un et le garda devant elle sans bouger. La voix résonna à nouveau, mais là encore son cœur battait trop fort pour qu’elle entende quoi que ce soit. Puis les nobles rassemblaient devant eux levèrent leurs propres verres, crièrent quelques mots et burent une gorgée du vin servi.
    Jena fit pareil, autant pour se donner une contenance, que pour étancher sa soif.


    - Le dîner est servi.

    Cette fois elle reconnut Valkor, il était posté près de la porte de l’autre côté de la pièce. C’était par cette autre porte que l’on accédait à la grande salle à manger.
    C’est légèrement tremblante mais tout de même souriante, qu’elle traversa la pièce au bras d’Hanegard pour aller prendre place à table.


    - Regarde ! Dame Camelia est là ! Elle doit sûrement être en visite chez son cousin.

    Sa voix n’était qu’un murmure destiné à n’être entendu que de son époux, mais on pouvait tout de même y sentir l’amusement. Revoir son ancienne maîtresse aujourd’hui que son rang social était modifié était des plus agréables. Et étonnamment elle n’éprouvait aucune rancœur pour cette femme à la mine un peu trop pâle pour être réellement ravie d’être là.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Lun 2 Mai 2011 - 12:45

Hanegard se promit intérieurement de ne pas évoquer, ne fusse qu’indirectement et par de subtils sous-entendus, la défaite du stade toulousain face à une équipe dont même le nom ne doit pas être prononcé de peur de terribles représailles. Un écrasement de pied suffisait à son bonheur, il risquait de ne plus pouvoir danser si sa tendre épouse éplorée par la défaite de son équipe favorite lui massacrait les petons. En tout cas, il lui faudrait penser à procurer à Jena un câlin réconfortant après le banquet.

Bref, le couple baronnial entra fièrement dans la salle, écrasant leurs humbles vassaux de leur prestance et de leur supériorité… enfin bref, ils rentrèrent en essayant de rester stoïque, c’était déjà pas mal. Jena serrait convulsivement le bras de son époux et Hanegard se répétait en boucle que les nobles appartiennent à une race plus dangereuse que les drows eux-mêmes. Malgré les ordres donnés, les courtisans se pressaient en nombre anormalement élevé ce soir là, conscients que la nouvelle lignée s’installait et que mieux valait s’en faire bien voir le plus rapidement possible.

Même Dame Camilia se trouvait là, comme le lui fit remarquer Jena. Fallait-il que la vieille intrigante se sente obligée de venir faire sa cour pour qu’elle puisse supporter de voir son ancienne damoiselle de compagnie devenue depuis baronne d’Alonna. Faisant partie de ceux et celles qui comptaient sur une nouvelle transition du pouvoir, elle se retrouvait complètement coincée et allait devoir rétropédaler en urgence pour rattraper ses anciens choix.

S’installant en tête de la grande table, Jena à côté de lui, Hanegard se rendit compte que quasi-jamais il n’avait dut dîner en présence de tant de monde. Habitué des repas en amoureux avec sa femme ou des grignotages sur le coin de la table du conseil lorsque les séances duraient jusqu’à la nuit, il se retrouvait face aux cérémonies officielles qui désormais feraient partie du quotidien. Bon, il fallait admettre qu’il se sentait fier comme un paon de se retrouver à côté de la plus belle femme de l’assemblée (la sienne) et que les regards envieux des autres hommes l’amusaient énormément.

Trop de nobles se mariaient par nécessité politique, et de ce fait leurs mariages tournaient au désastre. Le baron d’Ysari, qui venait de répudier son épouse pour adultère et trahison, n’en était que le dernier exemple en date. Mais le baron d’Alonna et sa femme s’aimaient d’un amour profond dans lequel la politique n’avait pas son mot à dire. Sauf en un sens avant leur première nuit, lorsque Dame Camilia avait envoyé Jena dans son lit en espérant ainsi s’attirer les faveurs du nouveau régent. Douce ironie au final non ?

Les conversations à table tournaient autour de toutes sortes de sujets. Le baron fut assez rapidement accaparé par Joshua Endevar, maître de la guilde des mineurs, qui tint à lui expliquer en détail et avec forces chiffres à l’appui les résultats net d’exploitation et les marges attendues des mines de Lodiaker, ainsi que l’utilisation de nouveaux puits de forage à la verticale permettant d’atteindre des zones de survies au fond des galeries. Joshua savait que le baron s’intéressait de près à la sécurité des mines depuis l’accident qui lui aurait couté la vie sans le courage de son épouse.

Poussant un soupir épuisé, Hanegard tenta vaillamment de s’intéresser aux problématiques de sécurisation des convois de minerais ainsi qu’au ratio gardes/chariots à mettre en œuvre comparés à l’analyse fine de la mesure des risques, tout en se demandant comment Jena s’en sortait de son côté.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Mar 3 Mai 2011 - 13:06

    Par les dieux qu’il était pénible d’entendre parler en long, en large et en travers de la demeure d’été de Dame Elise, femme du Sieur Dryande, l’un des plus importants propriétaires terriens d’Alonna. La jeune femme, à peine moins âgée que Jena, était enceinte jusqu’au cou, il lui était visiblement difficile de rester assise sur sa chaise droite, mais elle ne broncha à aucun moment. Même pas lorsque Jena lui en laissa l’occasion en lui demandant si elle voulait un autre fauteuil.
    Ce fut sûrement la seule fois qu’elle put l’interrompre dans son flot de parole. Apparemment Dame Elise était des plus ravies d’être assise près de la Baronne et elle comptait bien se faire connaître. Jena se força à sourire et à écouter la petite blonde, bien que de temps à autres ses oreilles tentent de capter la conversation de son époux, histoire de savoir s’il s’ennuyait autant qu’elle avec ce genre de sujet dérisoire. On apporta un premier service, de qualité bien supérieure à ce qui ce faisait habituellement. On voyait à quel point la présentation avait été soignée, et les serviteurs qui s’occupaient du Baron et de la Baronne étaient d’une politesse exemplaire. Pas un mot plus haut que l’autre, pas un seul regard…bref des serviteurs zélés et doués.

    Tout était parfaitement orchestré. Mais il fallait bien reconnaître que parler de la demeure d’été d’une noble n’avait rien d’intéressant, et au bout d’une heure Jena ne fit qu’hocher la tête sans même essayer de cacher son inattention, elle savait tout des tapisseries du boudoir et de la chambre, elle connaissait chaque recoin du salon et chaque allée du jardin, elle savait même précisément ou se trouvait un passage secret dans le bureau du Sieur Dryande. Lorsque la jeune femme s’arrêta de parler…. pour se désaltérer seulement, Jena en profita pour tourner sa tête vers son époux. Il était en grande conversation, mais tant pis elle n’en pouvait plus, il fallait qu’elle bouge sans quoi elle allait la faire accoucher cette fichue Dame Elise.


    - Dansons.

    Le silence s’abattit après cette simple déclaration. La Baronne venait de se lever, un peu à la grande stupeur de tout le monde. Ce n’était pas franchement dans le protocole mais là encore elle s’en fichait. Baronne depuis une journée, elle ne connaissait pas par cœur les règles en matière convenance et protocole, et elle ne comptait pas non plus s’y conformer aveuglément. Se tournant vers Hanegard, Jena lui adressa un grand sourire et lui tendit la main.
    On aurait pu penser qu’elle venait de donner un ordre, car presque aussitôt les musiciens, bien planqués, se mirent à jouer un petit air léger mais entraînant. Etre baronne avait du bon ! On obéissait à ses moindres désirs ! Hum ! Non non et non, je te vois venir toi, tu n’en profiteras pas ! ….. NON…. J’ai dit NON ! C’est moi qui écrit je te signale ma cocotte et il est hors de question que tu deviennes l’une de ses femmes vénales et paresseuses. D’ailleurs demain, séance d’escrime à l’aube c’est clair ? ! Bon, après ce remontage de bretelles, continuons.


    - Chéri… m’accordes-tu cette danse ?

    Des petits rires gênés des Dames aux haussements de sourcils des vieilles peaux, Jena sentit son sourire amusé s’étirer un peu plus. A quoi bon cacher son amour pour son époux. Après tout elle était fière d’avoir épouser un homme comme Hanegard, d’ailleurs il suffisait de voir où il les avait amené ! Un homme parfait ! Enfin jusqu’à ce qu’il se trouve sur une piste de danse, là il risquait d’y avoir quelques accidents de parcours, mais Jena espérait réellement que son époux prenne goût à ce genre de divertissement, car elle adorait réellement danser.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Mer 4 Mai 2011 - 9:23

Ce fut notre adorable toulousaine qui sauva Hanegard des interminables discussions qu’il subissait depuis le début du repas en annonçant qu’elle voulait danser, brisant ainsi joyeusement le protocole mais que ne ferait-on pas pour la rendre heureuse, notre baronne adorée ? Tandis que les musiciens entamaient les premières notes, son époux se leva donc et lui baisa galamment la main, à la manière des cours royales.

Je suis à vos ordres, ma Dame.

Hmm, une minute… là notre héros vient de tomber de Charybde en Scylla. Car supporter des conversations inintéressantes est certes difficile et surtout très ennuyeux, mais danser est largement pire. Hanegard savait combattre, survivre seul en pleine nature, remettre en place une épaule déboîtée, diriger une armée, désormais une baronnie, équilibrer un budget, réparer les sanitaires et faire durer les préliminaires… mais il ne savait pas danser !

Par les Cinq Dieux, comment allait-il se sortir de ce mauvais pas ? Bien conscient qu’un jour ou l’autre il allait devoir passer sur la piste, il avait quelque temps plus tôt demandé (pardon, ordonné) au maître de danse de la citadelle de lui apprendre cet art si important dans la noblesse. Le tout très discrètement et avec interdiction d’en parler à quiconque sous peine de châtiment appliqué à grands coups de poings par sa seigneurie elle-même.

La réflexion finale du dandy avait été la suivante : « Monseigneur, vous retenez bien les rythmes et les enchainements mais vous donnez toujours l’impression de danser avec une armure sur le dos ». Un peu penaud, le régent d’alors n’avait pu qu’acquiescer. Retenir les différents mouvements demandés lui venait assez aisément, après tout le combat est lui aussi une sorte de danse, et en combat il pouvait en remontrer à plus d’un. Mais côté grâce et légèreté, là tout restait à bâtir.

Certes, Hanegard n’avait rien contre l’idée de danser, tout du moins s’il s’agissait de danser avec sa chère Jena. Mais se retrouver sous les regards de toute la cour dans un exercice qu’il maitrisait particulièrement mal le gênait un peu plus. Heureusement que d’autres couples se formaient sur la piste de danse, ainsi tous les regards ne seraient pas fixés sur eux, mais uniquement les trois-quarts. Restait à espérer que la grâce de Jena compenserait sa propre rigidité.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Mer 4 Mai 2011 - 11:22

    Jena ne doutait pas un seul instant que devant le sourire éclatant qu’elle lui adressait, son époux allait accepter son invitation à danser. Et puis imaginons qu’il lui eut refusé ce petit plaisir, il pouvait être sur de dormir dans un autre lit le soir même et surtout de ne pas la revoir avant quelques jours le temps de digérer l’humiliation. Mais non ce cas de figure dramatique ne se présenterait jamais puisque son Hanegard adoré se leva et lui baisa la main. Une petite inclinaison de la tête pour le remercier et ils quittèrent la table pour rejoindre la piste de danse. La plupart des invités étaient encore à se demander ce qu’ils pouvaient faire ou non, mais certains, plus courageux, s’étaient également levés pour peupler la piste de danse.
    La première musique n’était destinée à être dansée qu’en couple, sans changement de partenaire, cependant les pas n’en étaient pas simplifiés pour autant.
    Jena n’avait aucun problème avec ça. Elle avait côtoyé de nombreux bals lorsqu’elle voyageait avec Dame Camelia et celle-ci avait toujours refusée que sa première dame de compagnie ait l’air d’une empotée.
    Certes elle avait l’habitude de danser dans des robes plus fluides et plus pratiques mais il fallait reconnaître que le rendu était impeccable.
    A chaque pas, à chaque tour qu’elle faisait sur elle-même, le tissu chatoyant de sa robe accrochait la lumière. Quelques mèches de ses cheveux abandonnèrent son chignon un peu trop compliqué pour tenir toute la soirée, tandis qu’elle continuait de tourbillonner dans les bras de son mari.

    Son sourire se fit plus tendre lorsqu’elle vit qu’il connaissait les pas et qu’il dansait avec suffisamment d’aisance pour ne pas lui écraser les pieds. Il se tenait peut-être un peu trop raide, mais Jena s’en fichait, elle était aux anges. Les yeux rivés dans le regard turquoise qui lui faisait face elle n’avait qu’une envie, l’embrasser…mais il y avait à peine un peu trop monde autour d’eux pour qu’elle succombe à ce désir….cela attendrait un peu… quelques heures ! Elle en frissonnait déjà !
    La musique changea, se faisant un peu plus lente et moins compliqué, ils pouvaient ainsi reprendre leur souffle tout en continuant à se dévorer des yeux. Si quelqu’un tenta de s’approcher pour demander l’honneur de danser avec le Baron ou la Baronne, Jena ne l’entendit pas. De toute façon elle n’était pas prête à lâcher Hanegard. Pas tout de suite !

    Si, lors de la première danse Hanegard avait parut un peu trop raide, la seconde ne fit pas exception. Il la tenait un peu trop loin de lui, presque à bout de bras. Peut-être craignait de lui marcher sur les pieds, ou de déchirer sa robe. Riant légèrement, elle se rapprocha de lui, jusqu’à se trouvait presque collée à son torse.


    - Je ne suis pas en sucre, tu peux me tenir dans tes bras tu sais !

    Et puis cette musique convenait parfaitement à ce genre de danse serrée. Les couples autour d’eux se tenaient exactement pareils. D'ailleurs, Jena remarquait à peine qu’ils étaient vraiment peu sur la piste de danse, l’assemblée semblait épier leur moindre faits et gestes, ce qui était des plus agaçants.

    C’est à ce moment là que Jena s’arrêta brusquement en retenant sa respiration. Les yeux rivés vers la grande porte fenêtre près de laquelle se tenait une poignée d’invité, elle observait, cherchant à revoir ce qui l’avait fait s’arrêter. Plus aucun sourire, plus un pas de danse, elle s’agrippait au bras de son époux, tremblante, visiblement terrifiée. Il y eut un ralentissement dans la musique, comme si elle allait s’arrêter, mais Valkor qui assistait à la scène fit signe aux musiciens de continuer.


    - Chéri…je ….

    Mais il n’y avait plus rien, elle avait beau regarder elle ne la voyait plus… Pourtant, alors qu’elle tournoyait dans les bras d’Hanegard, elle l’avait vu…de l’autre côté de la fenêtre… son regard brillant, sa peau sombre, son sourire carnassier… elle l’avait vu…. A moins qu’elle ne l’ait imaginé….

    - J’ai cru…. Qu’elle était…. Revenue…murmura-t-elle.

    Jena baissa les yeux, consciente que tout le monde regardait dans leur direction. Elle se tourna pour ne plus voir tous ces visages et elle se blottit dans les bras d’Hanegard, toujours tremblante des pieds à la tête.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Jeu 5 Mai 2011 - 14:31

Hanegard et Jena voltaient et virevoltaient sur la piste de danse, tendrement enlacés dans les bras l’un de l’autre, la gêne initiale du baron de devoir danser au beau milieu d’une assistance qui n’avait d’yeux que pour eux deux disparaissant au fur et à mesure que passaient les minutes. Jena, elle, dansait avec une maestria et une virtuosité admirable qui ne pouvait s’acquérir qu’après des années de pratique. Sans aucun doute son ancienne maîtresse avait-elle veillé à lui faire donner des leçons de danses dès son arrivée à son service.

En tout cas, au fil des danses, le couple se montrait de plus en plus tendre dans ses gestes, de plus en plus complice. Hanegard commençait à comprendre pourquoi sa femme appréciait de danser ainsi, il lui semblait que le reste de la salle et des invités n’existait plus, qu’ils n’étaient plus que tous les deux, seuls avec la musique et leur amour pour seule compagnie. Sur les conseils de Jena, il tenta de ne pas la tenir trop à bout de bras comme une poupée de porcelaine qu’il aurait craint de briser, ce en quoi elle l’aida quelque peu en venant quasiment se plaquer contre son torse, un sourire amusé voir provocateur aux lèvres. Peut être devrait-il demander à ce qu’elle lui donne des leçons de danse après ses propres leçons d’escrime ?

Oui, le bonheur rayonnait du couple et ils faisaient plaisir à voir.

Tout se brisa en une fraction de seconde. Alors que l’instant d’avant Jena souriait, tout à sa joie de danser en compagnie de son époux, elle se figea d’un coup et fixa d’un regard horrifié un coin sombre de la salle. Se retournant comme un serpent, le baron porta son regard sur ce qui avait à ainsi pu terrifier la jeune femme, mais il ne vit rien d’autre que de lourdes tapisseries aux couleurs quelque peu délavées représentant des scènes de chasses. Personne ne se trouvait là bas, pas même un valet ou un garde, alors que se passait-il ?

Les paroles de Jena faillirent ne pas arriver jusqu’à ses oreilles tant elles venaient d’être à peine murmurées du bout des lèvres. Mais un seul mot suffit au baron pour comprendre pourquoi son épouse se tenait raidie et tremblante dans ses bras.

« Elle »

Une seule personne pouvait à ce point terroriser Jena, et cette personne n’était autre qu’Ilinsar, la drow sadique qui quelques semaines plus tôt avait capturé et torturé pendant plusieurs jours la régente d’alors, ne fuyant qu’à l’arrivée d’une troupe de soldats menée par Hanegard. Ces derniers temps Jena semblait avoir réussi à chasser ses cauchemars, et elle ne s’éveillait plus en sueur au cœur de la nuit, mais les démons qui la tourmentaient ne céderaient pas leur emprise sur son esprit aussi aisément.

Passant un bras protecteur autour des épaules de sa femme, Hanegard ordonna à Sargril qui s’était approché, conscient que quelque chose clochait.


Continuez le bal.

Peu lui importait ce qu’en penseraient ses vassaux. Ceux qui se trouvaient près d’eux avaient surement pu voir que la maîtresse des lieux se sentait mal, les autres allaient pouvoir s’en donner à cœur joie en termes de suppositions. Mais peu lui importait ! Quittant la salle de bal, le baron conduisit son épouse dans un petit salon attenant et referma la porte derrière eux. Les mots étaient inutiles, rien ne pouvait rassurer Jena lorsque ses souvenirs revenaient à la surface. Maudissant le souvenir d’Ilinsar, il aida Jena à s’asseoir et la tint tendrement enlacé dans ses bras, tandis qu’au loin s’entendait encore la musique venant de la fête.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Du changement dans l'air [scène1/7ème. Dégage on tourne...et....ACTION!]   Ven 6 Mai 2011 - 11:22

    Elle ne pouvait pas être là. D’ailleurs Elle n’était pas là. Pourquoi serait-Elle venue ? Se venger ? Oui probablement. Mais on l’aurait vu. Elle n’aurait pas pu s’approcher si près… Elle ne pouvait pas continuer ainsi, hanter par les souvenirs de la drow qui l’avait torturé deux jours durant. Rien ne parvenait à calmer les battements affolés de son cœur, et les regards étonnés de certains nobles rassemblés ne faisaient rien pour la faire se sentir mieux. Hanegard n’avait pas eut besoin d’en entendre plus, avec douceur il l’entraîna hors de la grande salle. Elle marchait près de lui, tête baissait, essayant de trouver une excuse pour justifier ce qui venait de se produire.
    Ils avaient quitté la réception donnée en leur honneur, devant toute la cour Alonnienne, juste parce qu’elle avait cru voir une drow près d’un pot de fleur. Cela pouvait paraître risible, mais pour Jena s’était dramatique. Elle s’était ridiculisée devant tout le monde, elle venait de passée pour une folle…et cela pouvait vite déteindre sur la réputation de son époux à force de ragots et de rumeurs.
    D’ailleurs il ne lui disait rien, pas un mot… était-il furieux ? Elle n’osait les yeux pour vérifier. Elle sentait juste ses bras autour de ses épaules. Mais ce silence….il devenait si pesant….si lourd…

    Alors elle se mit à penser qu’Hanegard ne voulait certainement pas parler de cela dans les couloirs, là où tout le monde pouvait les entendre. Aussi, lorsqu’ils pénétrèrent dans un petit salon, elle espérait qu’il allait enfin dire quelque chose. Mais toujours ce même silence. Et la semi obscurité de la pièce, à peine éclairée par une simple bougie, rendait l’atmosphère glaciale. Pourtant il l’aida à s’asseoir sur un fauteuil et il la tint serré contre lui. Peut-être qu’il ne lui en voulait pas… peut-être qu’elle se faisait des idées, comme avec Elle… Malgré le désir qu’elle avait d’oublier la drow, elle ne parvenait pas à la chasser de son esprit. Elle était constamment là…

    Ses derniers temps elle avait cessé de se réveiller en sueur et en hurlant. Seuls ses yeux s’ouvraient et elle restait allongée, silencieuse pour ne pas réveiller Hanegard. Elle savait reconnaître ses cauchemars et dormir ne la terrorisait plus… Mais une autre forme de cauchemar la hantait maintenant, bien plus réel que ceux de son sommeil. Elle voyait la drow…même lorsqu’elle était bien réveillée, il lui arrivait même de l’entendre lorsqu’elle se baladait dans les jardins et qu’une petite brise amené à ses oreilles les bruissements des feuilles dans les arbres.


    - Je suis désolée, murmura-t-elle enfin en quittant le fauteuil.

    Jena fit quelques pas dans la pièce les yeux tournés vers la fenêtre qu’elle évitait pourtant d’approcher. Elle avait soudain si froid, comme chaque fois qu’elle sentait les souvenirs d’Ilinsar peser sur elle. Elle avait réussit à faire mine de rien tout ce temps, mais ce soir, elle n’y était pas arrivée. Parce qu’elle était trop heureuse lorsqu’elle tourbillonnait dans les bras de son époux, parce qu’elle n’avait pas pensé un instant que ce démon là pouvait venir la torturer à pareil moment.


    - J’essaie de l’oublier…. Mais je n’y arrive pas. Je la vois partout…constamment …. Ses yeux brillants me fixer derrière une vitre, dans un couloir, dans les jardins…. Ses derniers temps….j’attends même sa voix…. Je me souviens de chaque mot ….

    Certes, elle aurait pu aller voir un psychiatre, mais pour quoi faire. Il lui aurait dit ce qu’elle savait déjà et puis rappelons que sur Miradelphia cette profession n’est que très faiblement représentée ! Par contre cela n’aurait pas du la retenir d’en parler avec Hanegard. Il aurait pu l’aider à surmonter ça, pourtant lorsqu’elle y pensait, c’était sûrement la personne avec qui elle avait le plus de mal à en parler. Parce qu’elle le tenait toujours pour responsable de ce qui lui était arrivé, parce qu’il ne pourrait rien faire pour elle, à part augmenter sa rancœur. Elle l’aimait trop pour chercher à détruire leur couple aussi bêtement. Seulement, il était évident que seule et elle n’arrivait à rien. Tant qu’Elle serait introuvable, Jena avait peu de change de retrouver la paix et la tranquillité.

    - J’ai peur…. Qu’Elle s’en prenne à Liliana…. Qu’Elle s’en prenne à toi…. J’ai peur qu’Elle réapparaisse….
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