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 La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Ven 15 Juil 2011 - 19:45

La Bête d'Olyssea
avec Altiom d'Ydril, Dandelo, Eldabarak, Elrick de Kahark, Fjama & Lucullus.


    Le soleil étendait ses doigts gourds sur la massive Olyssea, alors qu'un vent frais venait moucher quelque passant encore tout endormi. Il était tôt, et comme chacun savait ici, dans la baronnie, la ponctualité et le bonheur de se lever au rythme solaire étaient des réflexes acquis. On disait même souvent que bien des olysséens étaient touchés par cette affreuse maladie de l'homme qui ne dormait jamais, l'insomnie, une des fabulesques légendes que l'on aimait à raconter aux rôdeurs inexpérimentés et aux naïfs du coin. Mais ce n'était pas la plus appréciée.

    La légende, le mythe, voire même le conte d'horreur que l'on aimait le plus souvent à chuchoter à la bougie avec un air grave et une pluie diluvienne de circonstance, c'était l'histoire de la Bête de Wulfenvald. Tueur à l'identité obscure, il avait même pendant un temps fait frémir jusque dans les villages les plus reculés au sein de la contrée de la Louve.
    Après tout, il y avait de quoi frémir ... Une bête assoifée de sang qui avait longtemps tué et fait naître une crainte quasiment permanente dans le coeur des hommes d'Olyssea, ca ne s'oubliait pas comme ca. Certains bardes aimaient encore à chanter avec une mélancolie angoissante les dernières notes de cruauté de ce qui était finalement devenu, avec le temps, du passé.

    Mais voilà que depuis quelques temps, ce qui n'était qu'aux yeux présents de bien des gens une vaste blague antidatée ou un mensonge cousu de fils blancs semblait prendre une forme réellement terrifiante ; les trois meurtres qui avaient récemment eu lieu sortaient tout droit d'un livre d'histoires vraies qui n'étaient pas pour plaire à la population, et encore moins à la baronne, contrariée par le malheur qui s'abattait sur ses nouvelles propriétés. Une paysanne avait été retrouvée égorgée, le garde Feodo, lui, avait été violemment défiguré et mordu ... Quant au troisième malchanceux qui avait rencontré la mort, on ne savait qui il était. Sûrement un vagabond sans identité propre. Les corps avaient été mis à l'abri par la garde, en attente d'un repos qu'ils trouveraient dans des tombes d'honneur fortuitement offertes à la hâte pour consoler les familles endeuillées.

    La décision avait été rapidement mais sûrement décidée : il fallait le plus rapidement possible et sans faire trop de remous éliminer ce qui tentait de sévir en Olyssea. Ils n'avaient aucune indice, aucune preuve réelle ; et tout le monde ignorait l'infortunée petite rencontre qu'avait pu faire Clélia. Elle-même doutait fortement d'une sauvagerie pareille, alors qu'elle l'avait vue de ses propres yeux. Son esprit refusait avec une force digne de la mauvaise foi l'idée qu'un elfe soit capable de répandre un tel sang.

    L'annonce avait donc rapidement fait le tour de toutes les grandes villes olysséennes - et seulement ces dernières, mais l'on ne pouvait lutter contre le bouche-à-oreille - ; rendez-vous avait été pris pour tous les volontaires qui se sentaient prêts à en découdre et à éliminer le fléau Olysséen ; compagnie, assassin, courageux paysan ou fervent défenseur de la veuve et l'orphelin, qui que vous soyiez, joignez-vous et rendez-vous au domaine de Son Honneur Clélia d'Olyssea ! scandait l'affiche à qui voulait l'entendre, et surtout à celui qui aimait le gain "facile". La promesse de récompenses sonnantes et trébuchantes créa rapidement l'envie et fit naître un flamboyant courage dans le coeur de nouveaux aventuriers improvisés qui préparèrent leur baluchon et eurent vite fait de sauter dans la première cariole, direction Olyssea.

    Le garde, Eshperov, attendait là, partagé entre la passivité et la froideur habituelle qui déguisait son visage d'une moue peu amène. Gaillard d'une taille tout à fait banale mais doté d'une musculature qui le rendait à la fois trapu et massif, sa barbe grisonnante et ses sourcils perpétuellement arqués dans un mouvement contrarié lui assuraient un age certain, que la lueur vivace de son regard contrariait légèrement. Vêtu comme chaque garde qui composait la troupe chargée de la protection de la Louve, le garde attendait que les premiers fous furieux se présentent. Impétueux, ils le seraient sûrement, et c'était quelque chose qui agaçait suffisamment Eshperov, plus encore que l'ignorance.

    Et leurs silhouettes apparurent au fur et à mesure, sous les yeux du garde, partagé parfois entre le rire moqueur et l'appréhension que cet idiot là-bas semblait déjà terrifié rien qu'à sa vue. Jaugeant au vu de l'attroupement qui lui paraissait assez conséquent qu'il était l'heure de lancer le début d'une longue chasse, le garde grimpa sur l'imposant perron qui annonçait, bien plus loin, caché par d'épais feuillages et de hautes cimes, le large domaine de la Baronne ; il râcla sa gorge dans une toux grasse et imposa le silence dès les premières syllabes dans les rangs dissipés.

    « Bon ! J'imagine que vous êtes tous là pour la même chose et qu'vous savez surtout pourquoi ; trouver qui est l'ordure qui a commencé à tuer par-ci par-là la gueusaille en toute impunité ! Et si c'est pas l'cas, sachez qu'vous feriez mieux d'partir maint'nant, parce que vous avez plus rien à faire ici. »

    Une ou deux mouches volèrent, et quelqu'un renifla dans l'assistance.

    « Bien. Comme vous vous doutez sûr'ment tous, ca sert à rien d'se j'ter dans le tas et d'taper le premier v'nu. Faut d'jà savoir à qui on a affaire. Aussi, vot'première mission consistera à sonder la population. Y a forcément eu des témoins, aucun crime n'est parfait ! Cherchez, mais cherchez bien ! Et peu m'importe que vous soyez tout seul ou qu'vous vous mettiez en groupe ; c'qui compte, c'est l'résultat. Vous avez la journée pour vous démener et trouver des indices sur l'responsable. Au coucher du soleil, vous d'vrez tous m'avoir ram'né vos premières informations. C'est compris ? Des questions ? »

    Les explications avaient été brèves mais concrètes ; il allait falloir creuser dans le tas boueux des rumeurs et des murmures dans la grande ville olysséenne pour savoir ce qui se passait. Après tout, ils partaient de rien, alors tout était envisageable. Se renseigner près des familles des défunts ? Discuter avec les piliers de comptoir ? Ou oser s'aventurer dans les entrailles sordides d'Olyssea ? Toutes les pists leur étaient offertes ... A eux de savoir où ils voulaient aller.




[L'ordre de post sera établi en fonction de ce premier tour, dans lequel je vous incite à poser vos questions et à poster comme bon vous semble - tous une fois seulement évidemment -, le premier à poster étant évidemment le premier sur l'ordre de post prochain, et ainsi de suite Wink]


Dernière édition par Clélia d'Olyssea le Lun 26 Sep 2011 - 10:20, édité 1 fois
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Sam 16 Juil 2011 - 21:25

L'hiver était arrivé sur Miradelphia. Les premières neiges n'étaient plus très loin et la fraîcheur se faisait douloureusement ressentir en ce jour. Le bout du nez rosi, les doigts engourdis, Altiom avançait prestement dans les rues d'Olysséa, emmitouflé dans sa cape de toile et pour le moins impatient d'aller se réchauffer dans une auberge -en espérant éviter d'y mettre le feu, cette fois-ci. Et ce fut à une malheureuse encâblure de son graal que le destin choisit de frapper, sous la forme d'une affichette au ton péremptoire. L'affaire avait l'air importante, et l'encapuchonné se trouvait déjà sur place, pourquoi ne pas aller y faire un tour?
Arrivant devant un impressionnant bâtiment, lieu du rendez-vous, il se mêla à la foule déjà touffue, passant complètement inaperçu avec son épais manteau brun. L'attroupement était on ne peut plus hétéroclite, de l'apparent clochard désespéré au mercenaire professionnel en passant par de pédants hurluberlu engoncés dans leurs armures ronflantes et autres inquiétants personnages en robes sombres. Coincé entre deux montagnes de muscle sur pattes, le nobliau tendit l'oreille alors qu'un garde -manifestement gradé- montait quelques marches d'un large escalier. Et pour tout dire, il n'eut pas à se concentrer pour discerner ses paroles, le charivari ambiant cessant sitôt qu'il commença à beugler:
bon ! J'imagine que vous êtes tous là pour la même chose et qu'vous savez surtout pourquoi ; trouver qui est l'ordure qui a commencé à tuer par-ci par-là la gueusaille en toute impunité ! Et si c'est pas l'cas, sachez qu'vous feriez mieux d'partir maint'nant, parce que vous avez plus rien à faire ici. Sentant la goutte lui pendre au nez, Altiom renifla gracieusement au moment même où le bourru locuteur marquait une pause. Reprenant son laïus, l'homme fit clairement comprendre à l'assemblée qu'il risquait d'accorder diligemment son pied au fondement de quiconque reviendrait le voir sans renseignement sur le monstre qui rôdait dans la baronnie. Ou quelque chose du genre.
Ni une ni deux, des groupes commencèrent à se former pour partir à la chasse aux indices. Le vagabond n'avait fait qu'un bref passage en cette ville, quelques années auparavant, et était tout sauf familier avec ses artères, rues et ruelles. Il était donc plus que judicieux pour lui d'entamer les investigations accompagné. Scrutant la foule disparate, il crut reconnaître une certaine danseuse croisée à Diantra. Comme pour lui confirmer l'information, une vieille douleur le saisit en-dessous de la ceinture, souvenir difficilement périssable de l'entrevue passée. Il détourna vivement la tête, peu curieux de savoir comment l'almée aurait réagi à leurs émouvantes retrouvailles, et se dirigea à l'opposé, vers la première personne qui attira son regard. Et en l’occurrence, cette personne se trouvait être un... genre de clown? Bouffon peut-être, artiste assurément. Le personnage haut en couleur -auquel il ne manquait que quelques grelots, et encore- ne semblait même pas faire tâche dans la diversité ambiante. Non, quoique si finalement, faut pas charrier. Irrésistiblement attiré par le plus intriguant de ses éventuels camarades d'aventure, le noble déchu se présenta à l'arlequin masqué, tout en simplicité et souriant comme à l'accoutumée:
holà mon brave! Nous avons une ville à passer au peigne fin et des citoyens à interroger, que diriez-vous de joindre nos compétences pour mener à bien notre tâche commune? Vous ferreriez le badaud et je m'occuperais d'apprendre ce qu'il sait!
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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Lun 18 Juil 2011 - 3:54

« Aaaaaah ! »

Ainsi s’exclamait Dandelo au réveil, découvrant que la pluie avait traversé l’abri qu’il s’était habilement construit – son manteau tendu entre deux bâtons et un tronc – pour conquérir le nid dans lequel il s’était lové, entre deux épaisses racines d’un arbre sans feuille. Il avait passé une nuit pour le moins inconfortable, obligé de se tenir de profil pour éviter que le bois ne lui vrille le dos, tout recroquevillé dans l’espoir naïf que son corps ne dépasse pas de l’abri et évite les gouttes. Et voilà qu’au réveil, tout courbaturé par un sommeil crispé, il pataugeait dans une marre de boue froide et puante.

Il se releva péniblement, les membres gourds, et cracha pour tenter de faire disparaître le goût acre qui habitait sa bouche. Il s’étira un coup, frissonnant quand des traînées humides dégoulinèrent sous ses vêtements, sur des parcelles de peau que les intempéries avaient épargnées. Son dos se voûta légèrement tandis que ses épaules pliaient sous le poids du manque du sommeil. Sa barbe de trois jour le démangeait, il avait froid, faim et sommeil.

Tout ça à cause de ces fichus gardes qui ne l’avaient pas laissé entrer. Comme toute ville fortifiée qui se respecte, Olyssea avait dans ses lois, l’imposition d’un couvre-feu à partir duquel personne ne pouvait pénétrer dans la cité avant le lendemain. Bien entendu, le Saltimbanque était arrivé exactement dix-sept minutes après l’heure dite, et avait été refoulé par des gardes peu coopératifs. Après avoir tout tenté auprès de ces gens – sans succès évidemment – Dandelo s’en retourna errer sur les routes, se mettant en quête d’une auberge qui aurait tantôt échappé à son regard. Lorsqu’au bout d’une demi-heure il n’avait rien trouvé, il se résolu à dormir dehors. Bien sûr, comme à chaque fois qu’il passait la nuit dans la nature, il commençait par s’imaginer au milieu d’un bivouac confortable, observant les étoiles filantes près d’un feu chaleureux, pour finalement se réveiller dans une obscure bouillasse qui s’infiltre pernicieusement dans les vêtements.

Maintenant que l’aube pointait, il était temps de retourner vers la ville pour y trouver le réconfort d’une bière dans la chaleur d’une taverne, mais Dandelo aimait à soigner son éclat et sa vivacité et ne pouvait, par conséquent, débarquer couvert d’une croûte de crasse plus ou moins sèche devant les bonnes gens de la ville. Il lui fallait donc se laver. Malheureusement, la pluie battante de la nuit avait cédé la place au crachin et aux gouttes que les arbres larguent à chaque coup de vent. Rien de suffisant pour se rincer d’une telle saleté, il l’avait bien compris. C’est pourquoi il cherchait un point d’eau qui lui aurait permis de s’immerger.

Il trouva un fleuve dont le lit, remonté par les pluies diluviennes de la veille, était agité d’un courant puissant qui aurait pu engloutir une armée dans le tumulte de ses flots impétueux.
*Parfait ! Songea le Clown. Je n’aurais qu’à me tenir dans l’eau et le courant suffira à lui seul pour me débarrasser de toute cette merde !*
Aussitôt dit, aussitôt fait, l’intrépide et clownesque magicien sauta à l’eau en prenant bien soin de se tenir à une racine souple dépassant de la bute qui surplombait les flots afin d’éviter que le courant eut raison de lui. Il se laissa donc laver par les eaux agitées, grognant de temps à autre quand une branche de bois charriée par le courant venait à le heurter, et remonta sur la terre ferme. Il s’y prit, d’ailleurs, comme un manche puisqu’il s’étala de tout son long dans la boue, se condamnant à une nouvelle baignade musclée.

Une fois propre, sec, et bien lavé, Dandelo partit pour la route menant à Olyssea. Il la trouva peuplée, encombrée de voyageurs en tout genre. Il y avait là de menaçant mercenaires et de fiers aventuriers. Quelques nobliaux en quête de renom et de pauvres bougres en quête de piécettes. Il y avait même du cul-terreux, chevauchant la mule comme d’autres dirigent un destrier, la fourche au bras et la faucille à la ceinture. Il semblait complètement perdu au milieu de cette mascarade, au milieu de laquelle évoluaient conteurs et ménestrels cherchant quel individu suivre pour assister à la plus croustillante croisade, qu’ils pourraient retranscrire dans leurs prestations bourgeoises. Bref, était là tout ce que le peuple avait à fournir d’hommes pour traquer la sanglante créature que chacun appelait avec une gravité non-feinte : la Bête.

Car c’était bel et bien pour elle que tout le pays accourait, ces affichettes placardées aux quatre coins de la Baronnie avaient attiré des gens de toute la Péninsule, le bouche-à-oreille ayant accompli sa légendaire besogne. Et voilà que tout ce beau monde se retrouvait, après des voyages plus ou moins éprouvant, à fouler le pavé de la ville d’où la traque serait lancée. L’ambiance était alors aussi froide que l’hiver, la nuit n’ayant apparemment favorisé personne.
Les premières exclamations se firent entendre quand un fier spadassin de la Garde vînt à l’estrade faire son devoir de meneur d’hommes, en rassemblant toutes ces âmes égarées sous la bannière de son discours.
Les phrases s’enchaînèrent sans trop s’emmêler et aboutirent finalement sur la classique conclusion :

« Des questions ? »


Bien sûr tout le monde en avait des questions, mais le temps pressait, il fallait débuter l’investigation pour mener à bien son enquête et débusquer le monstre avant son voisin pour empocher la cagnotte. La magie des relations humaines s’opéra alors, créant de multiples alliances – plus ou moins sincères – au sein de la troupe hétéroclite, à l’image du gai luron qui aborda notre homme, aventurier de la plus pure espèce, alliant champs de bataille capillaire et verbe coloré. D’un naturel sociable Dandelo sourit au sémillant individu pour lui répondre :

« Cela dépend de vos idées messire, comment voyez-vous la chose, où voulez-vous diriger l’enquête ? »


Car si s’associer pouvait être enrichissant, rien de tel que deux opinions opposées pour ruiner leur quête. Et puis Dandelo ne comptait pas jouer les Gros-Bras pour cet inconnu. Il racontait les histoires aussi bien que les farces à ses clients, et savait quel rôle occupaient d’ordinaire ce genre d’homme de main : rien de très recommandable.
Et puis n’ayant pas d’idée précise de la direction que prendrait son enquête, s’il pouvait glaner quelques inspirations au passage, ce ne serait rien de trop.
Aussi attendit-il patiemment que son interlocuteur lui réponde, tout en sondant la foule du regard, sans vraiment savoir ce qu’il y cherchait.


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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Lun 18 Juil 2011 - 14:12

Une fois de plus, le peloton du lieutenant Lucullus appartenant au IIIé régiment d’infanterie légère naine s'était retrouvé à écumer les routes du royaume humaine, à la recherche désespérée du chemin qui les reconduirait vers leur mère-patrie. Cela faisait plus d'un an et demi qu'ils étaient partis à la suite du roi Gammin en campagne et bientôt un an qu'ils tentaient en vain de rentre chez eux. Voici donc, ces quarante-deux nains menés par Lucullus arrivant devant la ville d'Olyssea par la route de Diantra, la capitale. Ils avaient en effet accompagné deux personnes jusqu'à là-bas et s'étaient engagés ensuite vers Olyssea puis remonter vers Lante. C'était sous les premiers froids de la saisons que la compagnie entra dans la ville-dite. En entrant, un sentiment de crainte, comme ils l'avaient vu dans toute la région, se fit sentir, mais avec une étrange agitation en plus. Lucullus avait vaguement entendu parler d'une histoire de meurtres et de monstre, mais il n'en avait pas pris garde, pensant que ce n'étaient que des superstitions de paysans, mais voyant l'affolement général que cela créait, le nain se dit qu'au fond, il devait forcément se passer une chose anormale.
Il demanda à un passant la cause de ce mouvement de foule, cela à quoi l'olysséen répondit que la Baronnie avait organisé une chasse ouverte pour trouver la raison des récents meurtres et qu'il y avait une réponse à la clé, mas qu'il avait autre chose à faire que des répondre aux questions des étrangers -nains qui plus est- qui ne se souciaient pas de la belle ville d'Olyssea de toute façon.
Sorti grandi par cette réponse, il emmena le peloton à la suite de la foule quelque peu hétéroclite qui se dirigeait vers un point bien précis. Il parvint d'ailleurs à glaner quelques information çà et là et parvint à faire un tableau de la situation. Ce fut donc totalement informés qu'ils arrivèrent devant l'estrade. Là, un problème de taille -et c'est le cas de le dire- s'imposa, comment trouver un endroit pour voir... Les nains profitèrent donc de leur nombre et de leur allure, pour percer la foule et leur permettre d'assister à ce qu'un garde grisonnant s’apprêtait à dire.

« Bon ! J'imagine que vous êtes tous là pour la même chose et qu'vous savez surtout pourquoi ; trouver qui est l'ordure qui a commencé à tuer par-ci par-là la gueusaille en toute impunité ! Et si c'est pas l'cas, sachez qu'vous feriez mieux d'partir maint'nant, parce que vous avez plus rien à faire ici. »

Cette première partie de son auguste discours ne reçu ni commentaire, ni vivats, encouragements, cris ou autres, que l’entendait d'habitudes lors de ce genre de manifestations. L'agent de l'ordre continua:

« Bien. Comme vous vous doutez sûr'ment tous, ca sert à rien d'se j'ter dans le tas et d'taper le premier v'nu. Faut d'jà savoir à qui on a affaire. Aussi, vot'première mission consistera à sonder la population. Y a forcément eu des témoins, aucun crime n'est parfait ! Cherchez, mais cherchez bien ! Et peu m'importe que vous soyez tout seul ou qu'vous vous mettiez en groupe ; c'qui compte, c'est l'résultat. Vous avez la journée pour vous démener et trouver des indices sur l'responsable. Au coucher du soleil, vous d'vrez tous m'avoir ram'né vos premières informations. C'est compris ? Des questions ? »


Tous les nains présents savaient comment procéder, ce n'était pas comme ça que l'on entrait dans l'infanterie légère, l'entrainement qu'ils avaient subis ne les avaient pas seulement rendu endurcis au combat, mais les avait aussi mis dans des circonstances identiques. Même s'ils devaient reprendre la route, Lucullus se dit qu'une petite chasse à l'homme ferait du bien à ses nains, et puis la récompense leur permettrait de pouvoir aller plus souvent se désaltérer dans les tavernes des villages jusqu'à Lante - car la route était encore longue.
Le lieutenant se tourna donc vers ses hommes qui s'étaient regroupé un peu plus loin:

"Bon vous savez comment procéder, vous allez boire un coup ou deux dans une taverne et quand vous aurez trouvé quelque chose auprès des pochetrons vous revenez me voir. Vous allez former six groupes de sept. Le dernier viendra avec moi et j'en veux un autre qui reste avec nos affaires, faudrait pas que notre cuistot se fasse piquer ses casseroles hein? Venez me faire votre rapport une heure avant le coucher du soleil, d'ici là, vous aurez fait toutes les gargotes les plus pourries de la ville."

Le groupe de nains se scinda et Lucullus retourna devant l'estrade à réfléchir un instant...

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Elrick
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Lun 18 Juil 2011 - 22:37

Elrick avait quitté Diantra depuis quelques jours. Il y avait une relative accalmie sur la capitale et il pouvait se permettre de s'absenter un peu. Le responsable de Diantra connaissait son métier et savait où le contacter de toute façon.

Cela faisait déjà un certain temps que le chevalier n'avait pas remis les pieds en Olyssea. L'air du coin ne lui manquait pas particulièrement, pas plu que la beauté des paysages ou les populations qu'il avait pu côtoyer. Non en vérité la seule chose qui l'avait ramené était la curiosité, il voulait tout simplement voir comment la baronnie se remettait de la guerre civile.
Certes il pouvait le savoir très rapidement, il n'était pas chef des SSR pour rien non plus, mais il avait envie de voir la chose de ses propres yeux. Et, d'un autre côté, qu'il soit toujours ou pas un vassal du baron d'Olyssea n'était plus très clair, si l'occasion se présentait il en toucherait deux mots à la nouvelle baronne.

Mais pour l'instant ses pensées étaient tournées vers tout autre chose. Depuis son arrivée dans la région il avait entendus parler puis vus des affiches mentionnant cette fameuse chasse à la bête. Des rumeurs qu'il avait pus glaner en chemin, cette fameuse bête aurait fait quelques morts d'une sauvagerie inouïe dernièrement.
La perspective d'une chasse intéressante et originale intéressait Elrick au plus haut point, et cela lui donnerait peut-être un excellent prétexte pour débarquer à la cour d'Olyssea.

C'est donc dans cette perspective qu'il arriva à Olyssea, une belle journée d'hiver, au froid vivifiant. Enfin ça c'était l'avis d'Elrick, engoncé dans sa tenue de voyage chaude et confortable. Sa longue cape rouge le protégeait du vent et seul son visage était à la merci de la brise fraîche, le réveillant un peu plus à chaque minuscule morsure du froid sur sa peau.
Styx, son faucon, semblait apprécier tout autant, planant loin au dessus de son maître. Tout le long du voyage l'oiseau avait été perché sur l'épaule d'Elrick, mais s'était ici la fin du voyage et il pouvait donc relâcher l'oiseau sans trop de risques de le perdre.
Derrière lui il sentait son paquetage, dans lequel se trouvait son armure de chevalier, tandis que le bouclier était accroché aux flancs de sa monture. Il ne comptait pas expressément participer à un quelconque tournoi ou combat officiel, mais étant donné qu'il était venus ici autant en tant que chevalier qu'en tant que noble, il préférait l'avoir sur lui. Et vu ce à quoi il comptait participer, il n'en était pas mécontent.

Avant de se présenter à la chasse, il s'arrêta à une auberge de bonne qualité et demanda une chambre à louer pour la nuit à venir, il rallongerait si nécessaire. Il mena son cheval à l'écurie et transporta le paquetage dans sa chambre, sous l’œil intrigué de la tenancière toujours à l'affût de ragot.
Elrick aurait pu aller se présenter directement au château pour peut-être être logé le temps de son séjour, mais son image de noble effacé ne convenait pas à ce genre de comportement.
Il déposa donc son paquetage et son bouclier, réajusta sa tenue, entretint sa barbe et reprit une certaine allure après ce voyage, pas particulièrement éprouvant certes mais cela laissait toujours une apparence assez débraillée et peu appropriée. Il ne se la jouait pas noble grandiloquent, mais même le plus misérable des chevaliers se devait d'avoir une certaine prestance.

Il garda à peu de choses près la même tenue, une épaisse veste noire relevé de quelques discrets motifs en fil doré, un pantalon de la même couleur, une paire de bottes de voyage et une cape rouge. Bon, il n'irait finalement pas demander audience auprès de la baronne ainsi, s'il demandait effectivement une audience. Mais pour l'instant il devait se rendre à une chasse. Et on ne chassait pas dans un gilet de soie rouge vermeil, ça c'était bon pour les bals. Et encore.

Il vérifia également que ses protections de cuir étaient bien attachées sous ses vêtements et que la dague à l'arrière de sa botte droite était toujours présente.
Une fois rassuré, il sortit de sa chambre, la verrouilla puis quitta l'auberge avant de se mettre en route vers le château de la ville, là où les affichettes donnaient rendez-vous.
Toute une foule de brigands, chasseurs, malandrins, nobliau en quête de gloire et autres paysans désespérés s'était donné rendez-vous devant les quelques marches sur lesquelles était monté un garde merveilleusement fait pour son travail. Il imposa le calme en quelques mots.

La démarche semblait intéressante, il y avait fort à parier que les informations qu'ils récolteraient tous seraient mises en commun à la fin de la journée. Cela permettrait de limiter les coups bas entre mercenaires et d'augmenter l'efficacité globale. Ou alors c'était juste que les autorités désiraient se tenir au courant des différentes pistes.
Quoiqu'il en soit, Elrick observait la foule. Avant de connaître sa cible, il valait mieux connaître un minimum ses compagnons. Apparemment de nombreuses équipes se formaient, ce qui ne favoriserait guère le travail en solo comme il en avait l'habitude.
Styx revint à ce moment là, se percher sur l'épaule de son maître et lui mordilla l'oreille. Elrick pesta et caressa machinalement le crâne de l'oiseau.

En observant la foule, le regard d'Elrick fut captée par une jeune femme à la peau légèrement foncée et aux courbes appréciables malgré la distance. Mais ce n'était pas réellement ça qui arrêta le regard du chevalier, plutôt la surprise de voir une telle personne à cette assemblée.
Il ne prétendait pas qu'une femme n'y avait pas sa place, mais celle-ci était loin de correspondre aux caractéristiques habituels des mercenaires et autres chasseresses.
Piqué au vif par une telle présence, Elrick se dirigea vers elle et la salua poliment une fois arrivé à sa hauteur.

-Enchanté gente dame, Elrick de Kahark pour vous servir.

Il laissa planer un silence, lui laissant le temps de se présenter elle-même si toutefois elle le désirait, avant de reprendre.

-Pardonnez la brutalité de ces salutations, mais je n'ai pus m'empêcher de remarquer une si singulière présence parmi cet attroupement, et je me demandais, si toutefois cela ne vous paraît pas trop précipité, si vous accepteriez de faire équipe avec moi dans cette chasse au monstre ?
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Fjama
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Mar 19 Juil 2011 - 16:47

Fjama ne savait pas très bien ce qu’elle foutait aux milieux des chevaliers enarmurés, des aventuriers et autres chasseurs. Évidemment, elle était l’unique représentante du beau sexe. Fallait dire que dans les royaumes humains, la place de la femme était généralement à la cuisine ou au bordel, ce qui, bien que différent, revenait aux mêmes attributions : le plaisir des mâles. Indifférente aux quelques regards libidineux, méprisants ou l’exquis mélange des deux, elle n’écoutait pas très attentivement le garde déballer l’affaire.

Suite à son expédition dans la forêt d’Aduram, le plan pour passer un hiver au chaud et à l’abri du besoin consistait à retourner à Scylla, son doux climat et le confort de Bordefente. Ainsi qu’accessoirement profiter des bras avenants de son amant et de l’enseignement de son maître d’arme. Sur le chemin du retour, elle avait fait halte dans l’auguste cité en effervescence pour renflouer sa bourse en quelques tours de danses et était tombée sur ce charivari. Le mot magique avait été vite prononcé : Récompense.

La raison de sa présence retrouvée, la danseuse se concentra sur les paroles du garde. Autrement dit, ils n’avaient que dalle. Dubitative, elle observa un instant les groupes se former. Là un chevalier en armure avec un rustre, un petit noble – tiens, celui-ci lui disait vaguement quelque chose- se hâta vers une sorte de… clown. Se dirigeant vers le garde pour poser sa question, elle n’allait pas décemment aiguillonner les recherches des autres, un homme, un peu moins de la trentaine, interrompit sa marche. A dire vrai, il était plutôt séduisant aussi, une fois n’est pas coutume, elle lui adressa un sourire amène alors qu’il se présentait. Après une révérence un brin goguenarde, elle prit à son tour la parole.

- Je m’appelle Fjama, enchantée de vous connaître Sire de Kahark. Je peux vous appeler Elrick ? Cela facilitera la communication si on ne s’encombre pas de politesses superflues. Quant à faire équipe, pourquoi pas ! Récompense partagée moitié-moitié ?

A y regarder de plus près, sous le couvert de la mante sombre dans laquelle elle se réchauffait, la demoiselle, malgré une tenue peu adaptée au combat, portait une longue lame fine ouvragée, probablement de facture elfique, à la ceinture, ainsi qu’une dague courbe dans un fourreau métallique gravé de motifs complexes. Certes, elle ne portait pas d’armure et sa seule protection apparente était un fin gilet de cuir noir et souple qui ne devait pas protéger de grand-chose. Sa jupe fendue se laçait haut sur la cuisse, pratique pour se libérer de l’entrave de tissu en cas de besoin, bien qu’à la base cela lui servait surtout à pouvoir danser à son aise.

- Commençons par savoir ce que nous devons chercher, demandons à voir les corps. Peut-être pourrions-nous déceler quelques pistes vers lesquelles orienter nos recherches. Suivez-moi.


D’un geste de la main, elle l’invita à la suivre et se dirigea droit vers le soldat trapu ayant fait l’annonce. Machinalement avant d’aborder le garde, elle vérifia que son bandeau couvrait convenablement ses oreilles. Puis, elle le héla.

- Excusez Sire, nous aimerions voir les corps des victimes avant toute chose. Pourriez-vous m’indiquer où ils se trouvent ?
- Chez le fossoyeur, demandez à les voir de la part Eshperov. Le cimetière se trouve à la sortie de la cité, vous prenez la rue à gauche, vous tournez à droite après l’auberge du Cochon Frivole, puis c’est tout droit jusqu’au temple de Tyra.
- Merci Sire Eshperov !

En agitant la main pour un au revoir, elle prit congé et suivit les instructions. Enfin, elle attendait surtout qu’Elrick se rappelle les instructions pour les mener à bon port.
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Mar 19 Juil 2011 - 18:01

    La troupe d'aventuriers en tout genre commença à s'agiter d'une effervescence bienveillante ; du moins c'est ce qui semblait transparaître. Chacun y allait de ses petites spéculations personnelles, et certains déjà étaient partis, décidant de faire route seuls. D'autres, en revanche, cherchaient encore leur partenaire, ou tout simplement, se demandaient par quoi commencer. Il y en avait, des choix à faire !

    Alors qu'au loin, le seigneur Altiom d'Ydril s'était enquéri d'un air sûr et confiant de débaucher le saltimbanque au manteau bariolé du nom de Dandelo pour former un duo exclusivement masculin, leur stratégie restait au point mort, et aucun ne savait que faire. Un gringalet aux cheveux sales et au visage grêle s'approcha pourtant d'eux et marmonna, ses mots balbutiés d'une voix rêche dotée d'un fort accent, qui trahissant ses lacunes grammaticales.

    « Eh, les Messires ! C'est qu'vous êtes pâs d'ici. Chuis un gâmin du coin. Moi j'connais tout, et cette ville, c'pâs pour rin qu'on l'âppelle "l'labyrinthe". J'peux vous m'ner où vous v'lez ! J'connais tous les râccourcis ! On s'groupe ? »

    Il avait des braies et une tunique trop larges, l'air roublard et l'allure de ces jeunes voyous qu'on croise au détour d'une ruelle et qui généralement passent leur temps à courir, à fuir on ne sait quoi. Armé ? Il n'en avait pas l'air. Mais il fallait se méfier des apparences, qui dans cette situation précise, ne jouaient pas en faveur de notre inconnu. Le garçon leva un nez retroussé et attentif vers eux. Accepteraient-ils de devenir un trio ?

    Non loin d'eux, seul, le nain Lucullus avait envoyé ses directives à sa petite garde, qu'il s'était empressée d'utiliser à bon escient : il y avait de quoi le jalouser, ce petit être barbu. Le voilà qui allait être tranquille, à regarder sa bonne vingtaine de soldats courts sur patte faire leur grabuge en ville ! ... Une véritable invasion. Voilà qui promettait pour eux ; ils allaient peut-être avoir plus de mal que prévu à passer inaperçus. Avec intelligence, les six petits groupes se disséminèrent, chacun prenant une artère qu'ils entreprirent d'écumer, pénétrant dans plusieurs tavernes qui leur tendaient chaleureusement les bras, le tout sous le regard parfois surpris de certains badauds.

    Enfin, la séduisante et néanmoins courageuse danseuse Fjama, elle, s'était gentiment accompagnée d'Elrick de Kahark, seigneur de la région. Un bon atout pour la jeune autochtone, qui allait apprécier les connaissances de l'olysséen qui lui seraient sûrement utiles, c'était certain. Le choix était assez judicieux, qu'il fut volontaire ou non, et bien vite, ce fut ce couple là qui dans les premiers, prit la direction d'un endroit avisé. Après avoir questionné le garde pourpre, les deux s'élancèrent, Elrick en tête, pour les mener là où ils le voulaient : au cimetière de la ville.

    L'endroit respectait les règles qu'inspiraient le nom. La lumière matinale baignait la place mortuaire d'un halo quelque peu rassurant, bien que l'angoisse qu'évoquait Tyra et son domaine n'était jamais loin. Les allées de gravier fin traçant des sillons irréguliers étaient bien peu parcourues, les pierres tombales juchées ça et là en des rangées inégales formaient au loin l'horizon d'un lieu séculaire qui embaumait d'un silence à la fois apaisant et lourd de secrets. La bicoque du fossoyeur, une maison toute en simplicité annonçant l'entrée, avait ses rideaux tirés ; une lumière filtrait cependant. Nul doute que l'homme était là. Mais il était loin de se douter qu'à quelques venelles de sa paisible demeure, un tandem atypique viendrait le déranger.

    Nos deux compères reconnurent les symboles qui se dressaient sur chaque pilier de pierre encadrant l'accès au cimetière : ils leur confirmaient qu'ils n'avaient pas pris la mauvaise route. En s'approchant de la demeure du propriétaire de ces lieux, l'un des deux se décida, prit une inspiration, et toqua à la porte trois fois, annonçant qu'ils venaient pour voir les corps au nom d'Eshperov. Après un temps, la porte s'ouvrit, tout d'abord pour ne montrer qu'un oeil gris, puis laissant place à la silhouette entière d'un homme chétif d'une quarantaine d'années, vêtu simplement, à la mine terne mais au sourire aimable.

    « Ce bon vieil Eshperov. Que m'envoie t-il ? Deux jeunes gens. Entrez, je vous prie, entrez ! »

    S'écartant, il les laissa passer, ses yeux s'attardant avec une insistance toute particulière et néanmoins étrange sur Elrick, à qui il adressa un nouveau sourire.

    « Quelle est la raison de votre venue ? Les corps, j'imagine ? »

    Sa voix s'était légèrement aggravée, tandis qu'il refermait la porte, leur tournant le dos momentanément.




[L'ordre de post est donc : Altiom -> Dandelo -> Lucullus -> Elrick -> Fjama. Pour toute question éventuelle, ne pas hésiter à me MP, j'y répondrai dans la mesure du possible.]
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Mer 20 Juil 2011 - 16:37

Le pittoresque arlequin avait posé-là une question on ne peut plus à propos. A laquelle notre encapuchonné national réagit par un index interrogateur pointé vers le ciel, un plissement des yeux trahissant une intense concentation et une bouche qui s'ouvrit, prête à déblatérer l'un des plans farfelus dont il avait le secret, lorsqu'un jeune galopin vint apporter sa touche de finesse à ce qui aurait promis d'être un grand moment de cinéma, et ce malgré son élocution pas franchement raffinée: eh, les Messires ! C'est qu'vous êtes pâs d'ici. Chuis un gâmin du coin. Moi j'connais tout, et cette ville, c'pâs pour rin qu'on l'âppelle "l'labyrinthe". J'peux vous m'ner où vous v'lez ! J'connais tous les râccourcis ! On s'groupe ? Altiom lança un regard irrésolu à son tout nouvel acolyte coloré et haussa les épaules.
- Et bieeen... J'imagine que l'on pourrait utiliser ton expérience d'une toute autre façon. Il s'accroupit pour se mettre à sa taille: vous êtes nombreux dans cette ville, chenapans des rues, guides improvisés, voleurs des bas-fonds?
- Ça oui!
- Heureuse nouvelle. J'ai.... dans ma bourse cinq souverains qui n'attendent que toi et tes amis. Nous, nous aurions un petit service à te demander. Rien de difficile, il tendit sa main. Tu marches?
- Cinq souv'rains? On s'fait pas çâ en deux ans! Il frappa du plus fort qu'il le pouvait dans la paume de son mécène, un large sourire illuminant sa face crasseuse. Qu'est-ce v'voulez qu'on fasse?
- Dispersez-vous dans la ville, offrez vos services de guide à tous les autres mercenaires que vous rencontrerez... et arrangez-vous simplement pour les mener sur de fausses pistes, les perdre dans les ruelles, les lâcher dans des coupe-gorges. Tout ce qui vous passera par la tête, tant que ça les ralentit, il gratta dans sa bourse pour en sortir le prix convenu. Une autre pièce d'or t'attends à la clef si tu nous renseigne sur deux groupes qui m'ont l'air un tantinet trop... efficients. Un homme avec un faucon, accompagné d'une danseuse et une troupe de nains éparpillé de par les rues.
- Haha! On vous déç'vrâ pâs les bons sieurs! Pouvez êt' sûrs qu'y voudront pas r'mett' les pieds dans l'coin après çâ! Et on va v'les glâner ces infos! Sans autre forme de procès, le petit chenapan partit mettre tout le petit réseau de gosses des rues au parfum.
- Haaa, voilà qui va nous octroyer un précieux gain de temps. Le voyageur se tourna vers son compère: vous auriez peut-être une idée pour le dépenser intelligemment? Pour ma part je sèche. Et il fallut croire que le saltimbanque avait pris la remarque au pied de la lettre, ce dernier ayant en effet été d'avis d'aller se désaltérer dans l'un des nombreux lieux appropriés que comptait la ville. Tous deux croisèrent d'ailleurs d'autres chasseurs sur leur route, suivant fébrilement les garnements soudoyés, pour leur plus grand malheur.
Ainsi donc, alors qu'une multitude d'infortunés arpentaient les rues, suant à grosses gouttes pour pas un clou, le duo machiavélique s'offrait du bon temps dans une taverne, bien au chaud derrière les épais murs de chaume. Enfin, à vrai dire, l'arlequin avait surtout proposé cette idée pour révéler son ingénieux plan au nobliau, échafaudé en un temps record après avoir reçu le rapport des petits espions. Un plan terrifiant, subtil mélange de manipulation, de fourberie et de comédie. Et si certains aspects heurtaient les principes d'Altiom, il dut bien avouer que l'efficacité potentielle valait largement ce menu sacrifice. Il fallait donc commencer par la première étape, et pour cela, combiner les talents mutuels des deux conspirateurs: la parlotte et le spectacle. Seulement le camarade à l’accoutrement bigarré avait un autre tour dans son sac. Du moins dans son manteau, et lorsqu'il commença à le dévoiler, le nobliau crut d'abord découvrir un nouvel aspect de la psyché de son nouvel ami -à savoir l’exhibitionnisme- mais fut vite détrompé: il y avait maintenant une fée dans l'équipe!


Première phase du redoutable stratagème clownesque. Ainsi que lui avait expliqué son acolyte, le vagabond nanti devait user de son bagou pour monter la foule contre l'almée et son compère. L'angle d'attaque était des plus judicieux: les faire passer pour d'immondes profanateurs, appeler le peuple au soulèvement, les enjoindre à la défense de leurs chers défunts... et, selon le comploteur bariolé, bien insister sur les atouts naturels de l'almée pour titiller plus encore la volonté des mâles d'aller jeter une œillade au cimetière. Voilà d'ailleurs l'une des parties qui rebutait le plus le saint encapuchonné. Non, il ne pouvait se résoudre à telle bassesse, il mettrait le paquet sur ses sermons pour compenser.
Les deux grands zigotos, et la troisième plus petite, sortirent de l'établissement pour déboucher sur une petite place. Le froid de l'hiver raviva les sens d'Altiom qui enfila sa capuche par réflexe, plus que jamais prêt à entamer son discours. Il s'éclaircit gracieusement la voix dans un raclement de gorge des plus ragoûtants tandis que son collègue se préparait à mimer ses dires à l'aide de sa magie, donnant encore plus d'impact au discours.

- OYEZ!! OYEZ!! CHERS OLYSSÉENS!! CHÈRES OLYSSÉENNES!! FRÈRES ET SŒURS!! Un petit attroupement commença à se former autour de l'orateur, alors qu'une fumée opaque s'animait à ses côtés. Depuis quelques temps déjà, un fantôme du passé est revenu hanter votre paisible contrée. Une effroyable bête, dont l'histoire s'était changée en légende, s'est de nouveau manifestée. A nouveau, mon bon peuple, elle vous a frappé! A nouveau elle a déchirée des familles, à nouveau elle a déchaîné sa fureur! Et à nouveau votre patrie est en pleurs, finit-il en decrescendo, sur une note empathique. Il reprit, la rage se ressentant maintenant dans sa voix: N'EST-CE PAS LA UN MALHEUR SUFFISANT?! N'EST-CE PAS LA UNE PEINE TROP GRANDE DÉJÀ?! N'EST-CE PAS LA UN TRIBUT TROP LOURD A PAYER POUR QU'EN PLUS DES ÉTRANGERS VIENNENT Y RAJOUTER LEUR VICE, LEUR TARE, LEUR CRIME?! Une clameur interrogative s'éleva de la foule à laquelle de nouveaux badauds venaient sans cesse s'agglutiner, comme les insectes autour d'une lumière. Les fumerolles avaient pris une teinte légèrement rougeoyantes, comme rongées par un feu intérieur, lorsque le nobliau avait hurlé toute sa haine.
- Qu'è-qu'vous nous racontez-là? 'Sont là pour nous aider les mercos! lança l'un des hommes, plus courageux que ses compères.
- Alors vous ne savez pas... Vous ne savez pas qu'à l'heure où j'essaie de vous mettre en garde, un couple de dévergondés se rue sur les dépouilles mutilées de vos fils et filles!
- Quoa? Ah ceux-là? J'les ai entendu! 'Veulent examiner les corps! C'est pour trouver des indices qu'ils disent! Le harangueur lança un petit clin d’œil à son acolyte, suivi d'un regard entendu vers son manteau. Celui-ci, vif comme une flèche, comprit que l'aide de sa partenaire ailée était requise pour neutraliser le gêneur. Il lui souffla quelques mots et celle-ci, comme par enchantement, voleta sans que personne ne la remarque jusqu'à l'importun. Elle sembla agiter ses petites mains et revint aussi sec en son chaud abri. L'arlequin opina légèrement du chef et Altiom se retourna vers l'assistance.
- Mon brave, vous vous fourvoyez... Croyez-vous qu'ils auraient fait état tout haut de leurs sordides projets...? Et alors qu'une fois de plus le trouble-"fête" ouvrait la bouche pour répliquer, un indiscernable flot de sons et de gargouillis franchit le seuil de ses lèvres, tandis qu'il commençait à se gratter frénétiquement de toutes parts tel un singe.
- P-p-p-p-p-aaa-as d-d-uuu du t-touut... HUAAAAAAAAAAR! furent les uniques mots qu'il parvint à prononcer avant que les rires moqueurs de l'assemblée ne couvrent ses cris de folie. Le vagabond nanti adressa à ses deux collaborateurs un pouce tourné vers le haut et une moue impressionnée. Le maigre obstacle ayant été écarté -du moins étant écarté par trois âmes charitables qui luttaient vaillamment pour l'emmener à l'écart-, il pouvait reprendre son laïus.
- Eeet... je ne vous ai pas tout dit... Des chuchotements avides trahirent l'impatience de l'assistance. Après avoir attisé leur curiosité quelques secondes, il reprit sur un ton mêlant habilement mépris et dégoût, insistant de façon tranchante sur chaque consonne: non contents d'aller forniquer auprès de vos augustes aïeux et de vos récents disparus, ils envisagent de pousser LA DÉPRAVATION JUSQU’À COPULER AVEC VOS MACCHABÉES!! L'artiste-mage hésita un court instant avant de représenter la scène. Un très court instant. L'effet combiné de l'exhortation et de la reproduction si réaliste fut sans appel, un grondement de mécontentement emplit toutes les rues alentours, rameutant plus d'individus encore. Ces pendards doivent être DÛMENT PUNIS!! Ils vous détourneront du droit chemin, ils vous fustigeront, ils vous imploreront, ils ne reculerons devant aucun stratagème pour vous détromper, MAIS VOUS NE DEVEZ PAS DOUTER DE MES DIRES!!! SI VOUS AVEZ UN TANT SOIT PEU DE RESPECT POUR VOS MORTS, SI VOUS VALEZ MIEUX QUE CES VICELARDS, CES DÉBAUCHÉS, CES TORDUS, CES INNOMMABLES DÉGÉNÉRÉS, FACTEURS DES PLUS IGNOBLES OBSCÉNITÉS QUE CETTE TERRE AIT JAMAIS PORTÉES, JE VOUS CONJURE DE LES CHÂTIER DE LA FAÇON QUI VOUS SEMBLERA LA PLUS JUSTE!!! Finissant dans un véritable mugissement, repris par la foule complètement hors d'elle (l'effet de groupe aidant), Altiom regarda le mime coloré embraser sa création vaporeuse tel l'allégorie de la rage bouillonnante qui dirigeait maintenant la troupe exacerbée vers le cimetière. Très -hh-hh- impressionnant tes trucs -hhh-hh- fumée -hhh-hh- la fée -hh- tout ça -hh-hh, commenta-t-il pantelant en moulinant d'une main, comme pour englober toute la scène. Ils continua après s'être repris: bon, j'espère qu'ils s'en tireront quand même, je sais d'expérience qu'une foule aveuglée par la colère n'est pas très difficile à semer, pour peu qu'on réfléchisse deux secondes. Et puis quelque part, c'est un juste retour des choses... Bref! Quelle est la suite des opération cher camarade? questionna-t-il enfin, tout guilleret qu'il était, mis en bouche par sa harangue.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Ven 22 Juil 2011 - 12:32

Le gandin ouvrit la bouche pour donner son point de vue – riche d’argument à en juger son expression – mais, au moment même où son doigt pointant vers les astres, se repliait pour laisser les mots sortir et la salive couler, un garçonneau pour le moins crasseux se présenta au binôme, vendant ses services avec plus de conviction que les tous les margoulins de la ville.
Dandelo, qui connaissait ce genre de bande de chats de gouttière pour y avoir lui-même servi, connaissait la valeur d’un tel allié et s’apprêtait à l’embaucher derechef lorsque le compère articula finalement quelques paroles. Et il avait visé tout juste !
Le gamin, tout content de faire affaire, nous agrémenta d’un sourire, peuplé de carries d’une oreille à l’autre, puis fila en courant dans les ruelles au pavé résonnant.

Dandelo aussi souriait, d’un sourire blanc et chaleureux, il avait trouvé un compagnon de qualité à n’en point douté, si bien que lorsque ce dernier l’interrogea pour la suite des opérations, le Saltimbanque l’invita se rafraîchir autour d’une table, pour exposer quelques stratagèmes qui lui étaient venus en observant la foule.

« Grâce aux consignes que vous avez donné à ce gamin, tous ces gens devraient avoir quelques difficultés à s’y retrouver convenablement, commença-t-il à voix basse. Néanmoins, j’ai cru repérer dans la foule quelques fouinards plus habiles que les autres et je pense qu’il serait bon de les distraire si nous voulons investiguer en toute quiétude. »

Il coula son fond de verre avant de se lancer dans l’explication. Dandelo n’était pas un homme retors, mais bon, la fin justifie les moyens. En l’occurrence les économies qu’il avait tirées de son coffre à Diantra étaient presque épuisées et l’idée de pouvoir entrer dans les faveurs de la belle Baronne n’était pas pour déplaire à ce Don Juan.
On parla d’abord du nobliau au sourcil arqué qui s’était acoquiné à la jolie demoiselle et de leur destination. On parla discours et mise en scène, on parla de la foule et des familles. Puis ce fut au tour des nains de passer au crachoir, mais le clown coupa la conversation en souriant :

« Commençons par le couple, je saurais m’occuper de ces petits hommes après, faites-moi confiance, c’est dans mes cordes. Maintenant allons animer les passions et soulever les foules ! Murmura-t-il gaiement en se levant de son tabouret. Il avança vers la sortie, laissant quelques écus sur la table pour payer la boisson, et se retourna pour ajouter : Au fait, mes amis m’appellent Dandelo ! À vous de jouer monsieur, en scène ! » Puis il mit son masque et poussa la porte.

La lumière blanche et froide de l’hiver éblouit les deux lurons lorsqu’ils sortirent de la taverne. Il y avait encore foule de badauds et d’aventurier, mais tous semblaient ramollis par le froid et se pressaient autour de quelques braseros sortis sur la place publique à l’occasion de la quête. Faisant appel à ses talents, Dandelo intensifia brusquement l’ardeur des flammes de chacune des corbeilles à charbon – et ce avec une légère détonation – de manière à ce que tous s’éveille pour entendre les mots du compère. Ce dernier se tenait droit comme la justice, son allure déjà fringante embellie par la poussière scintillante dont Lucie l’avait saupoudré en voletant au-dessus de lui.

« OYEZ !! OYEZ !! CHERS OLYSSÉENS !! CHÈRES OLYSSÉENNES !! FRÈRES ET SŒURS !! »
Cria-t-il pour ameuter la foule, avant de poursuivre sa prestation avec une conviction des plus touchante. D’autant plus touchant que le Saltimbanque s’employait à quelques mimétismes utilisant la fumée qui s’échappait des braseros pour quelques modelages vaporeux qui illustraient le verbe de son voisin. La fée jouait elle aussi, marchant dans les airs comme une innocente paysanne qu’un monstre fumigène agressait alors.

Il y eut des cris et des clameurs tandis que toujours plus d’individus se pressaient les uns contre les autres pour suivre le spectacle.

« … un couple de dévergondés se rue sur les dépouilles mutilées de vos fils et filles ! »

L’effet aurait pu être immédiat si un freluquet n’avait pas interposé son propre propos. Lucie comprit ce qu’elle avait à faire et, usant de son pouvoir pour disparaître de l’attention environnante s’approcha du vilain pour le charger de mille malédictions. Si bien que lorsque ce dernier voulu reprendre la parole, aucun mot reconnaissable n’en sortit, remplacé par une diarrhée verbale des plus innommables. La foule rit de lui et on l’écarta sans tendresse, pour le laisser rentrer chez lui - ce qui lui prit une heure et de nombreux bleus dus à des chutes, des détours et un sens de l’orientation trompeur.
Pendant que l’impertinent souffrait des malheurs de Lucie, l’Ydrilote avait repris son discours avec verve, laissé la foule ponctuer son propos par ses cris.

« … JE VOUS CONJURE DE LES CHÂTIER DE LA FAÇON QUI VOUS SEMBLERA LA PLUS JUSTE !!! » Tonnait-il alors que les sculptures vaporeuses du Clown s’enflammaient en une spectaculaire explosion.

Les hurlements et les clameurs montèrent tandis que l’attroupement indigné prenait la direction du cimetière, prêts à lyncher les odieux personnages.
Souriant de satisfaction, le parleur essoufflé demanda à Dandelo comment il voulait procéder à présent que l’affaire du couple était traitée.

« Les nains sont mon affaire je vais m’en occuper. Mais prêtez moi votre cape je ne dois pas trop éveiller l’attention et mes vêtements sont trop voyant. Je m’emmitouflerais convenablement. »

La passation de cape se fit, et Dandelo reprit à voix basse :

« Pendant que je gère la chose, allez donc trouver un poste de garde et commencez l’investigation auprès de ces gens. Si les corps étaient anormaux, le fossoyeur les aura prévenus, et ils ont sûrement d’autres détails à nous confier. Il leva le doigt en s’interrompant, fit signe au jeune homme d’attendre et s’éclipsa dans la taverne pour en ressortir avec deux bouteilles une minute plus tard : Usez de cela pour délier leur langue, si les mots peinent à quitter leur gorge. »

Le nobliau acquiesça, s’empara des bouteilles, et fila par les ruelles. Dandelo, lui, se plaça à l’abri des regards pour se draper de la cape et cacher l’excentricité de son accoutrement habituel. Une fois convenablement déguisé, il se plaqua les cheveux sur le crâne, prit un air abattu, et entra dans la taverne. Cette dernière, comme prévu, était bondée de nains.
N’y allant pas par quatre chemins, il s’installa au comptoir à côté d’un des petits individus et brailla :

« Ah quel bordel dehors ! Et puis quel froid, on croirait que j’ai de la glace à la place des os ! Patron, une triple ! »

L’intéressé acquiesça tandis que le comédien se tournait vers son voisin :

« Alors z’êtes de l’aventure hein ? C’est bien sympa d’vot’ part de v’nir chasser la bête de nos contrées ! J’suis du coin alors c’est vous dire comme ça me touche ! Allez patron, file lui une triple de ma planche ! »

Les pièces trébuchèrent sur comptoir tandis que les bières étaient servies. Dandelo choqua la sienne contre celle du nain avant de boire cul-sec. Il cacha un haut le cœur derrière un rot bruyant se contenta de dire :

« C’est comme ça qu’c’est bon ! »


La discussion était engagée. Et elle était partie pour durer. Dandelo se plaignit du temps, et du verglas qui avait cassé une jambe à son frère. Puis il en vînt, après quelques chopes, à parler de la bête et de l’horrible histoire.

« C’est pas une bête animale que c’te chose mon brave monsieur, c’t’un truc qui pense ‘voyez, un truc démôniaque ! On dit que la cul-terreuse qui a été victimisée aurait été culbutée avant ! Ça m’étonn’rait pas qu’un démon sorte d’son cadavre, ça j’vous l’dit ! »


Il ponctua son propos en vidant son verre de rhum – oui ils étaient passés au rhum – et porta sa main sur le front comme un superstitieux. Il commençait à bien sentir les relents de l’alcool perturber ses sens et désespérait de ne pas apercevoir les mêmes vertiges fiévreux sur le visage barbu qui lui faisait face. Fichtre, ces nains étaient durs à saouler ! Plus durs que Dandelo en tout cas, qui écrasa le comptoir d’un coup de poing en criant :

« PATRON ?! LA P’TITE SŒUR ! »

Et la fillote fut servie, remplissant le verre des deux individus à ras-bord. La discussion se poursuivit alors quelques minutes, animée par la gestuelle délabrée du clown, gestuelle d’autant plus méprisable, qu’il avait son verre à la main et répandait du rhum un peu partout par terre et sur le comptoir. Lucie comprit que la situation pouvait déraper et décida de s’en mêler, alors que le clown continuait, ivre :

« Et vous savez c’qu’il m’dit l’garde ?! LA BAYTE EST REVENUE !! FARPAITEMENT ! »

Le nain voulu prendre son verre, posé sur le comptoir, mais par un hasard insensé, une maladresse stupéfiante – vous l’aurez compris la fée est intervenue avec ses petits pouvoirs handicapants – fit tomber l’une des bougies qui habitait le comptoir pour en troubler l’obscurité. La mèche allait sûrement s’éteindre en vol, si ce n’est que, dans un éclair de lucidité – ou de maladresse – Dandelo en raviva brusquement la flamme qui embrasa immédiatement tout le rhum qu’il avait renversé alentours.

« FEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !! Hurla-t-il à plein poumons en pointant un index droit comme la justice sur le nain, MALADROITE PETITE CHOSE ! TU VAS TOUS NOUS BRÛLER ! »

Il laissa échapper un nouveau rot sonore et évacua l’établissement en titubant, tandis que les flammes qui avaient transformée le comptoir en bûcher faisait moult déflagrations en rencontrant bouteilles et tonnelets, la taverne était en mauvaise posture. Il partit dans les rues en zigzagant tout en criant « FEUUUUUU ! ». Usant à nouveau de ses dons, Lucie le fit trébucher sur son propre pied pour le faire atterrir sur le bord d’un abreuvoir public, juste assez rempli pour que sa tête trempe dans l’eau glaciale.

L’effet fut immédiat, et sans avoir retrouvé l’intégralité de sa lucidité, Dandelo était plus avisé et consentit à suivre sa fée pour trouver l’ami Ydrilote tandis qu’un vaste bandeau de fumée noire envahissait le ciel là où la taverne brûlait.

HRP:
 
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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Sam 23 Juil 2011 - 13:44

Suite à la dispersion de ses troupes, Lucullus était resté devant l'estrade à réfléchir. En effet il craignait les répercussions de l'arrivée d'une quarantaine d'individus de moins d'un mètre cinquante. Outre la méfiance des locaux et peut être même des remarques à l'encontre de leurs races qu'ils risquaient d'entendre ici ou ailleurs, le lieutenant savait bien que les autres "chercheurs de bête" allaient essayer d'entraver leurs recherches. Malgré tout, cela ferait tout de même avancer l'enquête, donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Cependant, que quelque chose puisse arriver à ses hommes serait fâcheux. Déjà que son absence de toute caserne naine lui vaudrait une belle remontrance, mais la perte de certains membres de sa troupe dans une vulgaire enquête en province humaine ce serait trop pour ses supérieurs -s'il en existait toujours.
Laissant le soin aux autres groupes de trouver des indices pour l'enquête, son groupe à lui aurait comme mission de tenter de déjouer les plans de ceux qui essaieraient d'éliminer de la course ses autres nains. En définitive c'était une sorte de contre-espionnage. Tout d'abord, il lui fallait trouver les mercenaires les plus à même de leur jouer ce genre de tour et les éliminer de la course. Une fois repérés, tenter de limiter les dégâts qu'ils causeraient à leur encontre, puis contre-attaquer. Au final, cela ne se passait pas différemment sur le champs de bataille. Envoyer des éclaireurs repérer l'ennemi en mouvement, attendre qu'ils s'engagent, trouver leur point faible et contre-attaquer.

Tout en réfléchissant il avançait à travers les rues de la ville suivi de ses cinq compères. Pour les passants, c'était presque devenu banal à force, durant toute l'heure précédente ils avaient vu des petits bonhommes courir à travers les rues, passant d'une taverne à une autre. Un semblant d'irritation semblait avoir pris le pas sur la stupéfaction. Tout comme les nains, l'officier vit que des enfants des rues s'activaient à droite à gauche et certains semblaient même les épier. Étaient-ils eux aussi à la recherche d'indices sur la bête? Étaient-ils à la solde d'autrui pour chercher des informations sur cette bête? Ou bien étaient-ils bien achetés par une tierce personne et cherchaient-ils des informations sur les autres mercenaires? Ils étaient peut être tout simplement en train d'effectuer leurs rapinages de tous les jours avec beaucoup plus d'entrain. Mais si ses doutes étaient fondés, ils auraient pu jouer à merveille les agents doubles.
Lucullus décida d'en interpeller un.

"- Eh toi là!"

Le gamin s'enfuit au tournant. Il répéta son opération sur deux autres et il connut le même sort. Il choisit finalement d'en attraper un, au risque de paraître ridicule aux yeux de la foule. Finalement, au bout d'un long moment d'organisation en filet en coin de rue et d'attente, les six nains réussirent à en capturer un. Celui-ci demeura -au grand dam de Lucullus- muet pendant tout le long de l'interrogatoire. Il ne fit que regarder Lucullus dans les yeux. Au comble de l'exaspération, ce dernier secoua le marmot, comme un olivier lorsque les olives sont prêtes à tomber. Le petit -c'est à dire le plus jeune des deux- ouvrit la bouche comme pour lancer un cri de stupeur, mais là encore, aucun son ne parvint à sortir et les six compères comprirent donc qu'aucun son n'allait jamais sortir de la bouche de cet enfant et qu'ils avaient perdu leur temps. Le lieutenant eut un vide dans ses pensées... Tandis que l'apprenti brigand restait là choqué avant d'indiquer une vague direction d'où parvinrent des cris.
Laissant le captif s'échapper, ils se dirigèrent à toute allure vers ce point et virent de la fumée s'élever dans le ciel. Etant arrivés à destination, ils reconnurent six de leurs camarades nains suffocants à terre près d'une taverne en proie d'un incendie et au regard que leur lançaient les humains amassés autour, il comprit que c'était eux qui l'avaient déclenché.
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Mar 26 Juil 2011 - 20:42

Elrick acquiesça au partage de la prime sans faire attention, elle aurait très bien pus ne rien vouloir lui donner qu'il aurait accepter, l'argent était loin d'être son principal intérêt dans cette affaire. Ce qui l'intéressait c'était de potentiellement trouver une occasion de s'introduire auprès de la baronne sans trop débarquer à l'improviste. Les finesses de la politique.

A la détailler un peu plus, la jeune femme semblait convenablement armé. Niveau protections c'était une autre affaire par contre. Bah, il n'y avait pas de raison qu'ils aient à se battre pour l'instant, à moins bien sur que certains mercenaires ne décident de jouer vicieux.
Ce qui arrivait toujours, il était bien placé pour le savoir.

-Commençons par savoir ce que nous devons chercher, demandons à voir les corps. Peut-être pourrions-nous déceler quelques pistes vers lesquelles orienter nos recherches. Suivez-moi.

Eh bien, elle savait ce qu'elle voulait. Tant mieux, il était toujours plus agréable de faire équipe avec des gens un tant soit peu doué. Ce qui ne devait pas être le cas de l'ensemble de la foule alentours.
Elrick suivit donc la jeune femme sans rechigner. Elle alla demander au garde à voir les corps, celui-ci lui expliqua qu'ils se trouvaient au cimetière.

En écoutant les indications, Elrick essaya de les replacer sur ses souvenirs de la ville, du temps où il était page. Oui, il voyait à peu près où se situait le cimetière. Bon c'était pas de la grande précision, mais il n'avait pas passé les dix dernières années à apprendre le plan de la ville après tout. Et de toutes façons, les cimetières se remarquaient facilement.

Ils se dirigèrent donc vers le cimetière, Fjama semblait lui tête de la marche. Les rues étaient animées, les badauds allaient et venaient à leurs occupations sans se soucier des activités des mercenaires, du moins pour la plupart.
D'autres leur jetait par contre des regards méprisants, peu satisfaits de voir ce qu'ils devaient considérer comme des parasites. Elrick n'avait pour sa part que peu de problèmes avec les mercenaires. Ils n'obéissaient qu'à l'or, pour la plupart. Certains se prétendaient intègres, mais tout était question d'argent. Ils faisaient donc de parfaits mercenaires et étaient tout à fait prévisibles, le tout était d'être sur de pouvoir payer plus cher que son ennemi.

Ils arrivèrent finalement en vue du cimetière, lieu sinistre comme il se devait. Enfin sinistre... ce n'était somme toute que des pierres alignées, avec des noms et des dates marqués dessus pour la plupart. Pour quiconque connaissait les dessous des cours nobles, les châteaux étaient des lieux bien plus sinistres que les cimetières. Au moins un cimetière c'est franc et prévisible, des tombes et des cadavres dedans, tout le contraire du noble moyen.

La maison du fossoyeur était à l'entrée, maison simple et austère, qui ne jurait pas avec le décor. Arrivés devant la porte, Elrick toqua après une courte hésitation. Il n'était pas superstitieux, mais ce genre d'endroit donnait toujours un certain mal à l'aise qui vous prenait les tripes.

-Ouvrez je vous pries, nous venons voir les corps. C'est Eshperov qui nous envoie.

Après quelques instants d'attentes, la porte s'ouvrit pour révéler un œil gris dans un premier temps, puis plus largement toute une silhouette humaine chétive. Le fossoyeur sans aucun doute. Il devait avoir dans les quarante ans, son visage un peu usé par le temps mais un sourire rassurant sur les lèvres.

« Ce bon vieil Eshperov. Que m'envoie t-il ? Deux jeunes gens. Entrez, je vous prie, entrez ! »

Il s'écarta et Elrick, en gentilhomme, invita Fjama à entrer avant de la suivre à l'intérieur, notant le regard étrange du fossoyeur. L'intérieur de la maison était à l'image de l'extérieur, simple et fonctionnelle, arrangé avec un goût classique incroyablement banal.
Le fossoyeur reprit la parole.

« Quelle est la raison de votre venue ? Les corps, j'imagine ? »
-En effet, nous souhaiterions les voir pour enquêter sur le meurtrier.

Décidément un peu lent à la détente celui-là, Elrick avait déjà annoncé qu'ils étaient venus pour ça. Ceci dit ça ne servait à rien de le lui faire remarquer, mieux valait se montrer sympathique quand on désirait obtenir de l'aide. Simple question de bon sens.

Le fossoyeur prit une épaisse clé au mur et leur fit signe de le suivre. Les deux alliés momentanés ne se firent guère prier et passèrent dans une salle mitoyenne, dans laquelle se trouvait une grille en fer forgé donnant sur un tunnel.
A l'intérieur un escalier permettait de descendre, creusé à même la terre et aménagé de grosses pierres plates en guise de marches. Ils arrivèrent finalement dans une petite salle carré aux murs de terre nue. L'air était frais, légèrement humide et, chose étonnante ne sentait pas trop la moisissure.
Sans doute les trois cadavres qui étaient installé sur une table de pierre empestaient-ils assez pour couvrir les odeurs inhérentes à toute crypte de ce genre.

Le fossoyeur leur fit signe qu'ils pouvaient observer les corps tout leur soûl. Elrick ne se fit pas prier et se pencha pour les examiner de plus près. Les attaques de bêtes n'avait jamais été son fort, il était plus habitués à examiner des blessures par lame ou les effets de différents poisons, mais il essaya quand même de récupérer un maximum d'indices sur l'agresseur des trois victimes.
En tout cas, nul doute que celui-ci avait fait preuve d'une sauvagerie hors normes.

Une fois que Fjama et Elrick eurent finis d'examiner les corps ils remontèrent dans la pièce principale de la maison du fossoyeur. Juste à temps pour apercevoir par une fenêtre une foule en colère se diriger vers le cimetière.
Même si les fossoyeur, ou croque-mort, n'étaient pas toujours très apprécié ils étaient généralement considérés comme respectable et utile, et donc on évitait de les emmerder. Par contre les mercenaires, plus particulièrement solitaires, étaient généralement vus comme une espèce nuisible et monter les paysans contre eux était d'une facilité déconcertante, surtout lorsque les-dits mercenaires rendaient visite au fossoyeur pour des motifs possiblement cachés. La foule était si facile à manipuler.

-Dites-moi, vous possédez une porte donnant sur l'arrière ?

Elrick s'était tourné vers le fossoyeur et avait parlé d'un ton calme, presque froid. L'homme, contemplant la foule, avait alors indiquer une porte.
La danseuse et le chevalier l'ouvrir et sortir effectivement à l'arrière de la maison, hors de vue de la foule pour l'instant. Restait maintenant à la semer véritablement, ce qui ne serait sans doute pas très difficile.



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Fjama
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Mer 27 Juil 2011 - 16:01

Baigné dans la lumière blafarde de ce début d’hiver, le cimetière luisait déjà de quelques étoiles de givre. Après quelques pas dans le domaine réservé aux morts, Fjama s’emmitoufla plus étroitement dans sa mante en frissonnant. Dans l’inquiétant silence, les pas des deux partenaires claquaient lentement sur le pavé, malgré l’effort inconscient fourni pour ne pas briser la sérénité des lieux. Bien qu’assez peu craintive d’une colère soudaine de Tyra pour leurs présences déplacées, Fjama hâta tout de même la marche vers la maisonnette du fossoyeur.

Bientôt, ils furent introduits dans son antre et, après un échange de quelques civilités, menés aux trois corps. Le long de leur chemin jusqu’à la crypte souterraine, les pierres se gravaient des symboles rituels, des paysages présumés du domaine de la Déesse Souterraine. D’un doigt, la saltimbanque en éprouva les contours, comme si toucher permettait de les imprimer dans sa propre mémoire. Dans les prunelles de miel s’alluma un instant une étincelle de fascination. La mort, pour elle, constituait à la fois une réalité de chaque instant et une étrangère lointaine. Pour les saltimbanques, aucun cimetière, aucune pierre tombale, aucun long rituel pour guider leurs âmes. Tout au plus, un bûcher pour préserver les corps des animaux sauvages ou de la dépravation de quelques sombres dérangés, quelques mots prononcés pour demander à Tyra afin qu’Elle veille sur leur repos et les souvenirs. On ne pleurait que rarement lors de ce genre de cérémonie, on préférait se réjouir d’être encore en vie et d’avoir partager l’Ephémère avec le défunt. Avec force alcool, on déclamait alors les vers créés par l’artiste regretté, on dansait ses chorégraphies. On chantait sa vie. Puis, il survivait à travers ses créations devenues biens communs de la coterie. Alors, cette scénarisation du décès l’intriguait, la captivait par ses rituels complexes. Elle profitait de la marche à la lueur vacillante de la lanterne du gardien des morts pour enrichir ses connaissances sur le procédé des sédentaires humains.

Dans la grotte creusée, il régnait une atmosphère oppressante, comme si tout criait qu’ils étaient intrus. L’air trop frais couvrait la peau caramel de frisson et les narines se plissaient légèrement à cause des encens entêtants camouflant l’odeur des corps et, probablement, aidant à guider les âmes vers Tyra. A la manière d’Elrick, Fjama se pencha sur le corps de la jeune femme massacrée. Avec application, elle observa les différentes blessures. Etrangement méthodique, elle cherchait à reconnaître les blessures selon les schémas qu’elle avait pu observer sur les victimes de massacres drows ou de quelques assassins dans les rues de Thaar. Bien que sommaires, ce genre de petites connaissances lui permettrait d’orienter leurs recherches plus précisément. Car Fjama ne croyait pas à une bête en pleine cité. Cela lui semblait aussi probable qu’un drow fleur bleu. Cependant, elle devait bien admettre qu’une plaie présente sur chaque corps étayait la thèse d’un animal sauvage.

- Regardez ça,
héla-elle Elrick brusquement, c’est présent sur chaque corps. Plutôt bizarre, non ?

Prise d’un doute suite à cette découverte, elle ferma les yeux et appliqua ses mains à quelques centimètres de l’endroit suspect. Elle se concentra pendant une bonne minute à la recherche de toutes traces de magie. Un rituel impie ? Cela lui semblait bien plus dans l’esprit d’une cité que la fameuse « Bête ». Il fallait cependant avouer qu’en Ithri’Vaan, les blessures étranges étaient toutes attribuées à un sacrifice pour un dieu sombre ou un pratiquant d’une obscure magie. Malgré tout, elle ne décela rien de probant. Aussi, elle adressa un sourire à Elrick pour lui indiquer qu’elle avait terminé et ils regagnèrent la pièce principale de la demeure du fossoyeur.

Là, ils aperçurent une foule, apparemment peu aimable se dirigeant vers leur refuge. Doutant tout autant que son compagnon que la vindicte populaire se dirigeait à l’encontre du pauvre homme, Fjama acquiesça à l’idée de prendre ses jambes à son cou par une porte dérobée. En fait, la demoiselle s’imaginait déjà quelques envies de la placer au centre d’un bûcher pour ses ascendances ou une petite discussion avec son grand ami de toujours, Chanvre.

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Sam 30 Juil 2011 - 16:49

    La taverne brûlait au rythme des hurlements ivres du saltimbanque, et çà, c'était peu de le dire ! Alors que les flammes avaient commencé à dévorer avec une faim de loup le comptoir et s'avisait de menacer les murs de l'auberge, la chance voulût qu'un des mercenaires présents dans la salle sache y faire avec l'eau. Un mage, voilà qui sauvait là la bévue éthylique de notre ami le clown. La présence d'une fontaine à proximité permit au chasseur de bête aux talents aquatiques de rapidement maîtriser l'incendie sous l'oeil à la médusé et craintif des clients et de quelques badauds, sans pour autant sauver les meubles intérieurs ... Le patron maugréait, alors que le vrai responsable fuyait. Mais c'était aux nains qu'il s'en prenait.

    « Bon sang ! Z'avez intérêt à m'rembourser tout ça ! » Qu'il postillonait au visage de Lucullus. « N'êtes pas censés chasser la Bête plutôt qu'eud'tout crâmer ?! »

    La tirade dityrambique de colère du patron fut rapidement interrompue par la voix calme et grave du mage, qui toussota avec politesse pour s'introduire dans la conversation.

    « Mon brave, sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, j'étais là ... Et ces petits êtres » Il désigna les nains d'un geste un peu hautain « N'ont rien fait que de boire vos choppines. Me semble que le responsable était un jeune fou vêtu de manière très, hum ... » Soupir orgueilleux « ... Sauvage. Sûrement un soûlard ! »

    Bien que tout chez cet homme inspirait l'excès de confiance en soi, il avait semble t-il sauvé la mise du groupe de Lucullus, le tavernier serrant les dents alors qu'il fulminait, regardant en tout sens pour chercher le maudit pyromane en vain.

    « L'enfant d'salaud, si j'le choppe ... Ah, j'le savais bien qu'ces foutus étrangers allaient nous emmerder ! »

    L'incident avait vite été ébruité, et pour la sécurité des braves gens qui n'avaient franchement aucunement besoin de ce genre de petits scandales fumeux en des temps aussi troublés, quelques gardes avaient été rapidement dépéchés pour surveiller les rues. On n'était jamais trop prudents en pays olysséen ; autant tout faire pour éviter que ce qui s'apparentait à un simple et malheureux hasard ne se reproduise. Quoiqu'il en soit, Altiom et Dandelo avaient bien mené leur barque, les nains ayant du quitter à regret l'auberge pour une autre, où ils trouveraient sûrement davantage que des braises et des tabourets roussis. Le bonheur des uns faisait le malheur des autres.

    Cependant dans les ruelles, les gosses eux, qui avaient été si prompts et si efficaces à la tâche de semer le mercenaire lambda, avaient semé ce qu'ils considéraient comme une bonne partie des rivaux ; et à vrai dire, la présence de quelques soldats commençaient à sérieusement les refroidir. Et puis, vous savez comme sont les voyous : une fois payés, difficile de leur faire confiance pour mener à bien une mission déjà réglée. Cinq souverains pour lui, pas besoin d'un sixième, ni de rendre des comptes à ce pigeon tout propre sur lui et à son copain coloré ! Le jeune meneur aux dents aussi reluisantes que ses frusques souriait d'une malice narquoise. Sifflant discrètement ses quelques camarades, le garçonnet marmonna à l'adresse de ses comparses, à l'abri des regards méfiants ou indiscrets.

    « Ca sent l'roussi ; la garde rapplique. On s'câsse, pu d'son pu d'image ! »

    Sitôt dit, sitôt fait : ces garnements là n'allaient pas reparaître avant la tombée de la nuit, on pouvait en être assurés. Cependant, un malheureux fut bien vite capturé par d'autres nains de la compagnie insolite, sans résultat : le pauvre était muet, sa langue ayant sûrement été joyeusement séquestrée dans une rixe des plus incommodantes.

    Restait notre duo qui s'en sortait le mieux jusque là : au chaud et en sécurité chez le fossoyeur, Fjama et Elrick n'avaient rien à craindre pour l'instant. S'enfonçant dans les entrailles de la salle où étaient entreposés les trois corps, les deux jeunes gens purent observer l'ampleur des attaques.

    Morsures, griffes, coups, éviscération ; rien n'avait été épargné au garde pourpre, maculé de boue séchée, qui semblait pourtant être le cadavre le moins amoché. On distinguait nettement les traces de dents ayant sévi à la jugulaire de son cou, et pourtant, c'était bien une dentition humaine qui avait ainsi agi de la sorte. Le deuxième corps, celui de la paysanne, avait été sévèrement dépouillé et torturé : son ventre était ouvert, et l'on devinait le macabre gisement de chaires qui avait du être découvert ce jour-là. La profondeur des plaies laissait penser là encore à un animal, proche du loup sans l'être. Les visages tuméfiés faisaient peine à voir, celui de la feue jouvencelle avait bleui à certaines zones, des coups avaient été échangés. Ses ongles étaient rouges d'un sang sec qui s'était écaillé, pas le sien : il y avait eu de la lutte.

    Là où le spectacle demeurait le plus intense et le plus difficilement supportable, se trouvait le dernier cadavre. Un fouillis sans nom de sang, de viandes arrachées et mordues, de plaies et de morsures qui donnait au corps de n'être qu'un vague modelage humanoïde sans identité propre. Certains os avaient même l'air d'avoir été sévèrement broyés sous l'impact - de pierres ou du corps de l'agresseur qui lui aurait bondi dessus ? -. Aucune trace de magie dans l'air cependant ; seule une anomalie imperceptible et incompréhensible pouvait être effleurée par les dons de détection d'Elrick et Fjama.

    La -mal-chance voulut qu'à peine eurent-ils achevé d'observer en détail les corps, que la foule haranguée par l'Ydrilote et son compagnon s'annonçait au loin, faisant vibrer quelques pierres mal calées des parois. Arquant un sourcil, perplexe, le fossoyeur leur fit signe de remonter, mais il ne fallut pas plus d'une demi-seconde au noble pour comprendre le danger imminent. Arguant qu'ils devaient sortir par derrière avec urgence, l'homme de main du cimetière ne dit mot et leur ouvrit sans bruit l'accès qui débouchait sur le cimetière s'étendant derrière la maisonnée. Des tombes et des pierres gravées à perte de vue : un sacré labyrinthe idéal pour semer la piétaille, si elle osait s'y aventurer !

    A peine se furent-ils échappés de la maison qu'on tambourina à la porte. Le fossoyeur, débordé, s'épongea le front d'une manche et ouvrit. Mais ce ne fut pas le visage aimable et mou qu'on lui connaissait qui apparut à la foule en colère : plutôt une haine froide et antipathique. A vrai dire, le fossoyeur haïssait qu'on vienne le déranger en aussi grand nombre.

    « Eh bien quoi, qu'est-ce qui se passe, il y a encore un mort ? » Articula t-il avec un calme qui dérouta un peu l'assemblée furibonde, avant que l'un de leurs portes-paroles ne se laisse réemporter par l'adrénaline de leur venue.

    « LES MERCOS ! VEULENT VIOLER LES CORPS ! FAUT PAS LES LAISSER ENTRER, QU'ON DIT ! FAUT PAS ! PAS D'RESPECT ! QUE D'LA RACAILLE NECROPHILE ! V'LA C'QUE C'EST ! »

    Les paroles gueulées à l'air comme une libération furent approuvées par un grondement général. Consterné, le fossoyeur soupira et referma la porte de sa maison à double-tour, rangea sagement la clé dans une de ses poches, et s'avnça lentement jusqu'à faire face à la populace, son nez frôlant de peu celui aviné du meneur. Il répondit d'un ton condescendant, sa sérénité froide toujours pendue à l'austérité de son faciès.

    « Ecoutez-moi bien. Je suis fossoyeur depuis bientôt quarante cinq ans à Olyssea. Ca fait donc exactement quanrante cinq années que je m'occupe de maquiller, d'enterrer et de veiller à la sécurité des défunts de cette ville. Il m'est donc tout à fait insultant de clamer de la façon dont vous le faites que je suis incapable de veiller à la sérénité mortuaire de mes clients. Est-ce là ce que vous insinuez ? »

    De molles protestations fusèrent, mais l'homme poursuivit son discours sans ciller.

    « A l'heure actuelle, aucun de vos sombres idiots dont vous me parlez n'est venu violer ou souiller une seule de ces pauvres victimes. Non, les seuls qui sont venus jusqu'ici avec leurs gros sabots pour m'emmerder, c'est vous. Je vous serais donc amplement de reconnaissant de bien vouloir ficher le camp immédiatement. Est-ce clair, ou dois-je faire appeler la garde ? »

    Un silence de mort - qui à vrai dire s'apprêtait convenablement au lieu - venait de s'abattre sur la foule. Croire que des mercenaires pouvaient abuser des morts, ca c'était possible, mais que le fossoyeur, un homme si respectable et si bien reconnu dans le métier, puisse les couvrir, cela relevait de l'impossible. Dupée et amère face à la révélation implicite de la tromperie du fourbe chevalier de tout à l'heure, la foule finit par s'éloigner peu à peu sous le regard attentif du vieil homme, qui soupira de fatigue avant de retourner à ses affaires, prenant soin de tirer les rideaux et de verrouiller les accès. Il n'était plus question que qui que ce soit le dérange aujourd'hui, pas même un brave enquêteur olysséen. Il avait assez donné.

    Au loin, les silhouettes bientôt indistinctes de Fjama et Elrick allaient devoir retrouver leur chemin tous seuls, mais au moins étaient-ils sauvés de justesse.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Lun 8 Aoû 2011 - 12:16

Trouver un poste de garde... et pourquoi pas une bouteille de ce fameux alcool ambré plutôt? Il y avait toujours le vin gracieusement offert par Dandelo, mais rien ne valait la boisson maltée. Il faisait déjà plus que froid, mais la nuit s'approchait en plus à grand pas, faisant claquer ses lourds sabots, annoncée déjà par des nuages rosissant sous les derniers éclats de l'astre ensommeillé qui s'évanouissait derrière l'horizon. Tiré des vagabondages de ses pensées par une bourrasque soudaine, le sans-logis frissonna et se rappela à l'ordre: s'il commençait à élucubrer pareils simulacres de poésie, c'est qu'il avait définitivement besoin d'une boutanche!
Se levant d'un bond du banc, le trimard se mit au trot, sans trop d'entrain toutefois. Sa cape commençait à lui faire défaut, et il n'avait guère d'autre recours en attendant le salvateur nectar que le Flux -magie pour les intimes- et se concentra donc tout en avança plus ou moins au hasard des rues sur ses mains pour lancer son sort d’Exaltation. Chaleur... chaleur... il essayait tant bien que mal de sentir une quelconque chaleur en ses membres, comme pour l'invoquer, mais l'effet restait négligeable. Après avoir fermé les yeux, l'exercice se révéla être de loin plus aisé. La chute aussi, ainsi une dalle eut-elle l'illustre honneur de rencontrer son auguste panard -et il s'en fallut d'ailleurs de peu pour que son nez ne fasse lui-même connaissance avec le sol dur et glacé et humide et puant. Et crasseux. Mais malgré tout la soudaine poussée d'adrénaline que lui conféra sa palpitante péripétie (on fait avec ce qu'on a) permit au nobliau de réussir son sortilège. Une bouffée de chaleur embrasa le mage en herbe pardon, en mousse.
Ainsi donc, après ce véritable coup d'éclat, Altiom pressa le pas, tout fiérot qu'il était de son exploit silencieux. Quand soudainement, tout-à-coup, sans que personne n’eusse pu s'en douter, à la plus grande surprise de l'auditoire médusé, comme ça pouf, Lucie vint se poster juste devant la face du sans-logis nanti, qu'elle arrêta d'un index péremptoire sur le bout de son blair rougi.

- Heeey, Lulu? Tu t'es échappée de l'étreinte réchauffante de ce cher Dandelait? La mignonne agita son museau de droite à gauche. C'est... c'est ma cape n'est-ce pas? Je sais que l'odeur est tout sauf attirante mais j'n'ai pas souvent l'occasion de la nettoyer. Elle remua derechef son adorable petite truffe. Alors quoi? Il a des ennuis?! Les mains sur les hanches, elle prit cette fois-ci un air passablement agacé. Oh... Oh! Il me file juste un coup de main! Bien-sûr, autant pour moi. Tandis qu'elle baissait les épaule comme si elle venait de fournir un effort surhumain -ou au moins surféérique, déjà pas mal pour son gabarit- la libellule scintillante afficha la moue typique du "EEEEEH BAH QUAND MÊME!".

Le chemin de croix de l'Ydrilote n'eut plus à se poursuivre très longtemps: quatre gardes en faction se tenaient devant l'entrée d'une caserne, s'esclaffant à intervalles réguliers des blagounettes vaseuses de leurs camarades.
- Deux bouteilles... ça va être juste pour cinq. La fée lança un regard courroucé auquel Altiom répondit par un "Quoi?" transpirant l'innocence feinte. Pour six? Coquine, va! Je n'pense pas que Dandy serait d'accord. Les yeux de Lucie envoyaient maintenant de véritables éclairs. Ow tu voulais dire que tu préférerais que je... n'y touche pas. Pour quatre donc. Il se racla la gorge sous l'embarras. Bien-sûr, bien-sûr. Après tout je suis censé surveiller mes manières en présence d'une demoiselle. D'une petite demoiselle. Œillade contrariée. Ce qui n'enlève rien à ton charme bien évidemment! A l'approche du petit attroupement, le papillon virevoltant alla se faufiler sous le veston du nobliau. Hubert -mâle alpha du groupe et caporal de son état- regarda venir le pompeux hobereau d'un air affable. A vrai dire il était en train de se demander comment réagir? L'accoutrement du nouveau venu pouvait tenir tant du gentilhomme aventureux que du malfrat nanti. Oui, car plutôt que de juger et traiter à la tête du client, Hubert, en fin philosophe, s'était fait un principe de prendre uniquement en compte la classe sociale de ses interlocuteurs. Ce n'était en rien plus juste si on y réfléchissait bien, mais Hubert n'aimait pas réfléchir.
- Holà mes braves! Les rires porcins tant que leurs sources graveleuses cessèrent. Oh ne vous arrêtez pas pour moi, je n'ai rien contre une plaisanterie salace de temps à autre.
- Tu fais partie des mercos? lança directement Bébert. Avais-je oublié de préciser qu'il ne possédait pas un sens du tact très développé?
- Affirmatif, j'ai à cœur de retrouver la cause de tous vos maux et j'étais de passage en votre cité, rien ne m'empêchait de rester vous porter assistance.
- Ha! Et surtout pas la récompense hein? Il joua des coudes avec ses hommes qui s'esclaffèrent à retardement, sans vraiment comprendre où se situait la blague ni même s'ils devaient rire de toutes façons.
- Vous me prêtez des intentions qui ne sont pas miennes, même si je conçois parfaitement que vous ayez quelque grief envers ceux qui s'occupe de faire votre boulot à votre place, railla-t-il.
- Hoooolà holà holà... j'aime pas trop c'que vous insinuez, là! VITE PLAN B!
- Alors laissez-moi me faire pardonner, il sortit aussitôt deux bouteilles avec un large sourire, qu'il communiqua aux autres gardes. Le caporal se fit prier plus longtemps et il fallu attendre le troisième verre pour qu'il se déride et pardonne à Altiom sa pique. Il faut dire que Dandelo avait de bons goûts: un Châteaubœuf du Boulignot vieux de presque dix ans, un rouge âpre qui révélant sa finesse en fin de bouche sur une touche boisée, et un Montradieux - St Clotaire, un rosé généralement qualifié de picrate, mais l'arlequin avait pris soin de choisir un millésime.
Ainsi après deux trois camemberts, un saint-nectaire longuement affiné et d'épaisses tranches de lard salé, le nobliau jugea bon de passer à l'action:
vous savez, j'étais sincère tout-à-l'heure. Je compte bien arrêter cette créature ou quiconque a commis ces irréparables crimes, mais je ne le fais en aucun cas pour l'argent, croyez-moi. Il avait pris-là un ton sincère et authentique, faisant transparaître de temps à autre une pointe d'émotion dans son timbre. Et pour tout dire il était véritablement sincère, la petite touche "sortez les violons" n'étant là que pour ajouter une dimension tragique à son verbe.
- Bah... 'coutez, j'veux bien vous crouare mais v'voyez n'a eu vent des vôt' là qui s'taperaient des cadav'es, paraîtrait-il, qu'on m'aurait dit comme ça, là, mon bon m'sieur...
- Aaaah mais ne vous fourvoyez pas! Nous sommes loin d'être un groupe homogène. Du plus vil et torturé des rebuts que compte, avec honte, notre société au plus vertueux des philanthropes!
- D'genre euh... vous?
- C'est-là trop d'honneur Hubert, il s'approcha et prit un ton plus amical, je peux vous appeler Bébert?
- Faites mon brave! s’exclama chaleureusement son interlocuteur en étendant ses bras.
- Écoutez, j'ai vraiment besoin de toutes les informations que vous puissiez me donner. Vous êtes la source la plus fiable de toute la ville, et la plus éclairée.
- Euh... ah ouais?
- Bien-sûr, c'est vous qui allez au contact, vous connaissez les faits et le terrain, mais vous entendez aussi ce que disent les penseurs. Devant la mine interloquée du caporal, il ajouta: vos supérieurs.
- AAAH! Oui, oui c'bien vrai qu'y s'dit pas mal de choses sous l'manteau, v'voyez c'que j'veux dire héhé. L'genre de choses qu'on a pas l'droit de répéter aux étrangers quoi, comment qu'y disent déjà... euh "taupe-secret" il m'a sorti mon c'lonel l'aut' jour, v'là.
- Hooo... vous me considérez donc comme un simple étranger, fit Altiom en opinant du chef, la mine déconfite. Le vieux cœur du troupier, tant adoucit par le Châteaubœuf qu'abusé par le jeu d'acteur de son camarade, céda sans grande résistance. Et quand bien même, le nobliau avait toujours le regard de chien battu en réserve, botte ultime dont la parade restait jusqu'alors à découvrir.
- Non, non c'pas c'que j'voulais dire, je... bon ça va j'vais vous raconter c'que j'ai vu, v'm'avez l'air de vraiment vouloir aider. Pis c'qui s'dit dans les hautes sphère aussi, vous saurez c'qui faut que vous savez pour attraper c'te bayte! Sachiez, bon sang! Sa-chi-ez! Se retenant de lui donner une leçon sur le subjonctif, le voyageur enjoignit silencieusement son compatriote à poursuivre d'un geste de la main, un sourire en coin.
Parfait, il allait avoir vent des informations les plus secrètes -pour peu que son contact aviné ne s'endorme comme une souche avant- et n'avait même pas eu besoin de sortir Lulu de son repaire, dont la chaleur avait d'ailleurs fini par avoir raison de sa vigilance. Bah, après les efforts qu'elle avait déployé durant la harangue, elle méritait bien sa sieste.


HRP:
 


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Ven 26 Aoû 2011 - 23:57, édité 1 fois
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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Ven 12 Aoû 2011 - 13:07

Lucullus regardait à tour de rôle ses nains à terre suffoquant, la taverne en feu, les hommes qui essayaient de l'éteindre et le patron fulminant qui venait vers lui. Il ne savait quoi penser ni que faire face à cela. Finalement il ordonna à nains n'ayant pour l'instant aucun problème respiratoire d'aider les habitants à combattre le feu. Un personnage marqua les esprits dans la lutte contre les flammes, ce fut un mage qui grâce à la présence d'une fontaine parvint à maîtriser la catastrophe. Non content de sauver l'établissement, ce même mage sauva le groupe de la ruine et de l'opprobre quand le gérant vint rouge de colère vers le lieutenant.


« Bon sang ! Z'avez intérêt à m'rembourser tout ça ! » Qu'il postillonait au visage de Lucullus. « N'êtes pas censés chasser la Bête plutôt qu'eud'tout crâmer ?! »


Le marabout choisit ce moment là pour venir en aide au groupe et expliquer au tavernier qu'il n'en était rien de la responsabilité des petits êtres dans cette affaire et que le fautif avait pris la poudre d’escampette.


« L'enfant d'salaud, si j'le choppe ... Ah, j'le savais bien qu'ces foutus étrangers allaient nous emmerder ! »


L'orage avait changé de lieu et s’apprêtait à s’abattre sur un illustre inconnu. Lucullus demanda tout de même au mage s'il pouvait décrire le pyromane, mais il répondit par la négative, il s'était bien dissimulé le ruffian! Quant aux nains, à part sa voix, ils ne pouvaient se souvenir d'autre chose. Ne tardant pas sur place, l'officier envoya les rescapés des flammes vers une autre taverne, les intimant d'ouvrir l'oeuil et de ne plus se faire entourlouper, ce dernier épisode était une honte pour le IIIe Régiment d'infanterie légère naine! Pour laver l'affront, car même si leur culpabilité était levée, le doute persistait, trois choix se profilaient: quitter la ville de suite quitte à passer pour un pleutre, mais préserver sa troupe d'une autre maligne attaque telle qu'ils venaient de subir, trouver leurs agresseurs et faire justice, ou bien tout simplement réunir suffisamment d'informations pour résoudre cette enquête. Pour l'instant, seul le premier choix était réalisable, mais l'armée naine ne pouvait se décider à sonner la retraite, ainsi, les nains avaient l'obligation de se bouger l'arrière-train. Lui-même, décida de déposer une plainte auprès du prévôt de la ville. Cette décision pourrait être qualifiée de futile, mais cela permettrait de se justifier si jamais les choses tournaient mal. Il prit donc la direction du centre en demandant son chemin au divers passants qui lui répondaient avec la distance coutumière. Arrivé sur le seuil de la porte du bureau, il laissa ses "hommes" à l'entrée et s'y engagea. Il demanda à un larbin posté à l'entrée de voir le prévôt. L'homme lui répondit qu'il était trop occupé pour recevoir la présence d'un mercenaire, à quoi Lucullus rétorqua qu'il n'en était pas un et que s'il ne voulait pas salir les relations hommes-nains il avait intérêt à ramener le prévôt ou bien il faisait un malheur. Ayant entendu les bruits depuis son bureau à l'étage, l’intéressé ramena son auguste présence et demanda d'une voix de stentor, couvrant tous les bruits:

-"Qu'est-ce qu'il se passe ici?"

L'homme bien portant vêtu avec ostentation, à la mode des bourgeois de cette cité, arborant bagues et gourmettes ainsi qu'un fine moustache sur son visage joufflu. Ses cheveux aplatis montrent que l'homme devait être habitué à porter en guise de couvre-chef une toque en fourrure.

Le fonctionnaire s'empresse de répondre:

-" C'est ce... nain sieur prévôt."

-"Eh bien, je le vois bien ce nain, quoique avec difficulté, fit le notable avec beaucoup de sarcasme. mais que veut-il?"

-"Il réclame audience."

-"Trouvez-lui un rendez-vous, je ne vois pas où est le problème... Vous savez je travaille moi hein, d'ailleurs ce n'est pas ça qui manque avec ces histoires."


Le prévôt bedonnant agacé par le temps qu'avait perdu son illustre personne, s'en retourna vers l'escalier. A ce moment, Lucullus qui s'était abstenu de tout commentaire intervint.

- "Je me vois vraiment désolé de troubler votre emploi du temps mais ce que je vais vous dire est d'une grande importance... Comme vous le savez votre ville s'emplit de mercenaires avec une cupidité sans limite. La chasse à la bête n'est qu'un bouclier derrière lequel ils se cachent, leur véritable objectif est de piller et faire régner l'anomie dans cette ville! J'ai moi-même goûté à leur manigances, sachez que moi, honorable officier de l'armée naine ainsi que mes hommes avons été accusé d'avoir mis feu à une taverne! Fort heureusement, chose rare de nos jours, un honnête citoyen a plaider notre cause, le véritable coupable, était l'un de ces roublards. Ne vous étonnez pas si ces prochaines heures vous en voyez d'autres comme moi, si certaines langues de vipère soulèvent les foules, si divers crimes sont commis et j'en passe. C'est pourquoi, je vous en conjure, employez les grands moyens contre cette racaille! Ne vous montrez pas magnanime et laissez surtout l'enquête à ceux qui ont ce domaine dans leurs compétences."

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Elrick
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Ven 12 Aoû 2011 - 15:44

Elrick avait du mal à accréditer l'attaque d'une véritable bête sauvage. Le plus troublant était sans doute la marque de dent humaines...
Humaines, ou proches...
Olyssea était situé loin de la frontière nord, mais le Royaume était parcourus par un certain nombre d'elfes. Ceci dit il voyait mal un elfe faire ce genre de choses. Et un drow aussi loin était peu probable, voir quasiment impossible. Mais il avait appris à ne négliger aucune piste sans contre-preuves sérieuses et tangibles.

Quoiqu'il en soit, si c'était bien un humain, un elfe ou même un drow qui avait fait ça, il s'agissait d'un grand malade. Tout là-dedans tenait de la bête sauvage, et il n'était guère étonnant que tout le monde y croit. Même une partie de la chair avait été dévorée. Peu, du moins comparativement à ce que mangerait un loup ou un chien, mais assez pour maintenir l'illusion de la chasse.

Si Elrick était quasiment certain de trouver une créature pensante, il était tout aussi sûr de ne pas trouver l'assassin en ville. Une telle sauvagerie, il lui semblait inimaginable de pouvoir la contenir, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, pour pouvoir se déplacer dans un lieu civilisé.

Quoiqu'il en soit, Fjama et lui disposaient maintenant de quelques indices. Rien de décisif n'était ressortis de ces investigations, mais c'était déjà mieux que rien.
Le problème actuelle était cette foule menaçante. Enfin, pas directement elle mais celui qui était derrière. En effet il avait été fort simple pour les deux enquêteurs d'entendre le discours du fossoyeur, suite auquel les citadins étaient repartis sans demander leur reste.
Mais cette foule n'était pas venus toute seule, non, on l'avait amené ici intentionnellement. Et Elrick doutait que celui qui l'avait fait avait été présent en personne, le meneur s'était par trop montré fade face au fossoyeur pour être le véritable instigateur.

Ces gens là devaient avoir une langue habile et exercée pour exciter de cette manière leur auditoire. Elrick, bien qu'assez fin orateur, n'excellait pas dans ce domaine, plus habitué aux discours de façades et aux rumeurs de banquet des milieux nobles.
Mais, au cours de son service, il avait déjà vus quelques agents des SSR lever ou abaisser la colère d'une foule. Il était toujours particulièrement utile de posséder de tels talents lorsque l'on désirait agir loin des yeux et des oreilles du peuple. Utile et impressionnant.
Tout ça pour dire qu'Elrick ne doutait pas de trouver un tel agitateur. Sans doute un rival qui voulait nuire à de possible concurrent. Cela n'inquiétait pas outre mesure le chevalier, il savait se montrer discret lorsqu'il le fallait. Du moins cela ne l'inquiétait pas tant que les rumeurs de nécrophilie restaient cantonnés à ''un mercenaire inconnu ayant rendus visite au fossoyeur''. Par contre, cela pouvait s'avérer problématique si elles concernaient ''Elrick Östmar, chevalier de la cour de Diantra''.
Il convenait donc de vérifier qu'elles ne concernaient pas cette personne, assez rapidement.

Autant de préoccupation qu'il lui fallait reporter. Il était pour l'instant plus ou moins perdus dans un cimetière, en agréable compagnie certes. Et la nuit qui approchait, ainsi que le froid, n'arrangeait en rien la situation.
Le soleil qui se couchait allongeait les ombres des tombes alentours, tandis que les lourds nuages qui s'amoncelaient précipitaient l'obscurité naissante. Une ambiance qui, s'il l'appréciait pas particulièrement, le servait au mieux.

Fjama et Elrick avaient déjà commencés à s'éloigner de la maison du fossoyeur, se glissant entre les tombes, essayant de se guider grâce aux derniers rayons de soleil. Il était normalement assez aisé de sortir d'un cimetière, mais il ne donnait pas cher de leur peau si la foule de tout à l'heure tombait sur eux au détour d'une allée.
Ils avaient besoin de savoir où aller, et il connaissait le moyen de remédier à cela.

-Attendez un peu s'il-vous-plaît, la vue de ce carnage me fait encore tremblé comme une feuille, laissez-moi un peu de répit.

Il savait qu'elle n'en croyait pas un mot, durant l'autopsie il était resté froid et distant, inspectant méthodiquement les corps. Mais ce mensonge n'avait pas pour but de la tromper, juste de dissimuler la vérité. Elle comprendrait sans doute.
Elrick s'assit dans l'ombre d'une tombe et ferma les yeux. Puis il se concentra. Il lui fallait identifier son ombre, la détacher petit à petit de son corps tout en en gardant le plein contrôle, une opération rapide, mais qui était délicates.
Il y parvint assez rapidement et glissa sa nouvelle enveloppe -bien qu'il n'ait pas totalement abandonné l'autre- entre les rangées de tombes, rapide et silencieuse. Un œil très attentif aurait peut-être remarqué la disparition de l'ombre du haut du crâne d'Elrick sur le sol, à quelques mètres du chevalier immobile.

Libéré de nombreuses contraintes des enveloppes de chair et de sang, l'esprit d'Elrick fila entre les monuments funéraires, toujours caché du soleil, cherchant le chemin le plus aisé pour quitter le cimetière.
Dans ces moments il était facile de se laisser griser par la sensation de vitesse et de liberté, mais il fallait faire extrêmement attention à son énergie. La première fois qu'Elrick l'avait utilisé il était resté deux jours au lit pour récupérer ses forces.

Avec un tel éclaireur, il ne lui fallut guère plus de quelques minutes pour explorer l'essentiel de la zone les séparant de l'entrée du cimetière. La foule n'était plus là, et il avait repérer un chemin qui les tiendraient cachés des possibles yeux indiscrets.
Il regagna son corps, rattacha son ombre, autre moment délicat, et reprit finalement pleinement contrôle de son corps.

Les premières sensations étaient toujours désagréables. La faim, la soif et le sommeil lui retombaient dessus soudainement, la dureté de la tombe lui faisait mal au dos, le froid le pénétra instantanément et la sensation d'un poids énorme s'installa sur ses épaules.
Puis tout cela revint à la normale tandis qu'il reprenait ses habitudes d'être mortel de chair et de sang.
Il se releva, légèrement engourdis, face à une Fjama qui semblait énervée de l'attendre. Quelque chose de parfaitement compréhensible. Ils reprirent alors leur chemin, Elrick les guidant sur la piste qu'il avait repéré. Il n'était pas toujours évident de retrouver ses marques sous cette forme, mais il se débrouilla suffisamment bien pour les ramener à l'entrée sans problème. Fjama eut la courtoisie de ne pas l'interroger tout de suite sur cette soudaine connaissance du cimetière.

Ils se glissèrent hors du lieu, repassant discrètement la porte de fer forgé, puis rejoignant de nouveau les rues de la ville. Entre temps, la nuit était véritablement tombée, fraîche et sombre, et les rues finissaient de se vider.
Il se tourna vers la jeune femme.

-Nous ferions peut-être mieux de remettre la suite de notre enquête à demain, ne croyez-vous pas ? A moins que vous n'ayez quelques autres idées que nous pourrions tenter dans l'instant ?
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Fjama
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Ven 19 Aoû 2011 - 16:09

Nous retiendrons de la longue diatribe ordurière de Fjama qui suivit leur fuite en avant dans le cimetière par les quelques mots suivants : « Saleté de bétail » ainsi que « Putain d’hiver de merde ». Cela résumait fort judicieusement l’état entre le congelé et bouillonnant de colère de la fauve tournant en rond devant la tombe-refuge comme dans une cage. La démarche rageuse s’entrecoupait de frissons violents suivis d’une nouvelle série de « saloperie de froid » et autres joyeusetés du même acabit.

-Attendez un peu s'il-vous-plaît, la vue de ce carnage me fait encore tremblé comme une feuille, laissez-moi un peu de répit.

Elle y répondit d’un bref éclat de rire peu crédule, qui s’étouffa rapidement par une nouvelle série de grelottement. D’un geste, elle lui signifia qu’elle veillerait et se positionna tant bien que mal pour guetter l’entrée du cimetière. Dès lors qu’il utilisa la magie, elle détourna vivement les yeux sur lui et observa méticuleusement le phénomène. Constatant l’absence du propriétaire dans son enveloppe charnelle, elle se pencha vers lui pour vérifier que son cœur battait toujours, avant de le pincer plusieurs fois pour voir s’il réagirait. Finalement, elle se décida à lui faire une couette. Après tout, il fallait bien lui signaler qu’elle aurait pu lui faire du mal, voilà un excellent moyen d’établir un lien de confiance, non ?

Enervée, Fjama l’était toujours. Point vraiment à cause de l’attente, mais surtout qu’à force de se geler les fesses, la tension née de la plèbe soulevée contre eux se trouvait un peu amplifiée. Néanmoins avec un brin d’inquiétude, elle le mira reprendre ses esprits et lui tendit la main afin qu’il se relève. Acceptée ou non, l’aide se conjugua avec un « Vous allez bien ? » interrogatif. Sans poser plus de questions – ce n’était de toute évidence pas le moment – elle le suivit à travers le dédale de tombes jusqu’à la sortie du cimetière. Là, ils s’engagèrent à nouveau des les rues de la cité.

-Nous ferions peut-être mieux de remettre la suite de notre enquête à demain, ne croyez-vous pas ? A moins que vous n'ayez quelques autres idées que nous pourrions tenter dans l'instant ?

Après une hésitation – l’idée d’une auberge bien chaude la tentait énormément -, elle s’approcha un peu de lui pour lui murmurer :

- M’est avis que notre « créature » - le ton trahissait l’idée qu’elle ne croyait pas plus que lui à la thèse de la bête sauvage – Si elle doit frapper encore ou se déplacer, elle le fera de nuit. Nous devrions gagnés les lieux où les corps ont été trouvés, éventuellement les localiser sur une carte si vous en avez une pour… trouver sa tanière ? Vu la sauvagerie de meurtre, elle ne doit pas goûter la présence des foules. Aussi, si elle se terre en ville, c’est proche des lieux où se sont déroulés les événements.

Avec l’incident de la foule, Fjama se montrait à présent plus prudente. Il était possible que quelqu’un les espionnât encore. Peu ravie de partager ses idées avec le premier venu et surtout l’éventuelle récompense, elle parlait aussi bas que possible de manière à ce que seul Elrick puisse l’entendre.

- Ceci dit, nous avons le temps de prendre un repas et nous réchauffer dans une taverne. Il est plus probable qu’elle attende plus tard dans la soirée quand les rues seront vidées.

Plus haut à nouveau, elle reprit.

- Allons manger. Vous connaissez une auberge pas trop mal fréquentée que nous soyons tranquilles durant notre repos ?

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Elandril
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Mar 23 Aoû 2011 - 17:26



La nuit étalait doucement son manteau d’obscurité sur la baronnie d’Olyssea. Les ombres se confondaient avec les silhouettes solitaires des habitations en toit de chaume parsemées dans la périphérie de la capitale. À quelques pas, les lumières vacillantes de la ville commençaient peu à peu à éclairer les rues, créant un réseau de minuscules étoiles chatoyantes. L’homme regardait ce spectacle, plongé dans ses pensées. La ville était en émoi et il le savait. Dans la journée, il avait ouï dire qu’une chasse à la Bête avait été lancée. Les mercenaires, attirés par l’odeur du gain comme de véritables vautours en quête de charognes, s’étaient entichés à parcourir les allées afin de collecter des informations diverses et variées. On parlait de nécrophiles qui venaient souiller les tombes du cimetière ou encore de pyromanes qui s’extasiaient à brûler de modestes auberges. La baronne Clélia avait lancé une affaire qui s’avérait être hors de contrôle. Et cela devenait un véritable charivari sans nom.

Le paysan retourna dans sa ferme. Une humble bâtisse d’aspect agréable, héritée de père en fils depuis il ne savait combien de temps. Les murs de terre étaient ternis par le temps et grignotés par la mousse depuis quelques années. Malgré tout, le fermier était fier de la propreté de son domaine. La porte grinça lorsqu’il franchit le seuil de la maison. Sa femme l’attendait calmement, assise à une table massive en bois de chêne, éclairée par une faible bougie dont la flamme s’ébroua au contact d’air qui s’infiltra dans la maison. D’un geste calme, elle fit signe à son mari de se joindre à elle. Ce qu’il fît promptement. Une fois assis, la femme joua des mèches blondes de l’homme qu’elle aimait. Ce dernier resta muet, encore pensif.

Il ne croyait pas un instant à ses histoires rocambolesques créées par le pouvoir pour effrayer les citoyens. Voilà une raison de plus pour essayer de calmer le peuple pensa t-il. Quand il fit part de ses soupçons à sa femme, elle confirma ses propos :

Je pense pareil, même si toute cette affaire m’étonne un peu… D’après ce qu’on raconte, la baronne est un peu … folle. La femme baissa d’un ton de peur de se faire entendre d’oreilles indiscrètes. Berthe m’a dit la s’maine dernière que des rumeurs courent comme quoi la Dame se nourrirait de … bestioles bizarres. Parfois ses animaux de compagnie.

Sa femme, une experte en ragots de toutes sortes, était généralement au courant de tout. Avec sa bande d’amies, elles étaient friandes de commérages. Même si cette idée le révulsait, en bon citoyen naïf, il ne doutait pas que cette histoire fut possible. Cousine d’un baron félon, tout pouvait être possible. Ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’un souverain manipulait le peuple à bon ou mauvais escient. Dégoûté à l’idée que de telles personnes puissent user de leurs pouvoirs contre d’humbles gens, il se leva brusquement pour arpenter la pièce.

Un bêlement de terreur le tira de sa réflexion. La tête de la femme, qui s’était assoupie sur la table, se releva brusquement. Les moutons étaient sensés être rentrés, à l’abri.

T’as rentré les bêtes ce soir ?

La femme acquiesça d’un mouvement de tête.
Ce cri n’était pas normal. L’étable était située à quelques pas d’ici et on n’entendait pas les animaux à cette distance là. L’homme s’empara d’une lanterne accrochée au mur qu’il alluma grâce à la bougie. Un gros couteau à la main, il s’approcha de la porte d’entrée qui donnait sur la cour extérieure. Le battant s’ouvrit dans un grincement sinistre. Dehors, le noir était complet. Un filet de lumière s'immisça hors de la maison pour grignoter les ténèbres. Dans le sillon lumineux, une brebis était couchée sur le flan, les poils souillés de sang. Seul le cerveau lançait encore des décharges nerveuses à travers le corps qui faisaient bouger les pattes de la bête en spasmes ridicules. Sinon, l’animal était fraîchement mort. Ses congénères s’étaient enfuies de l’enclos et couraient dans tout les sens, complètement affolés. Naomie, la petite du fermier s’approcha de l’entrée, une poupée de chiffon dans les bras. Le cri l’avait tirée de son sommeil. Comme son père, elle scruta l’obscurité. Mais la petite vit un quelque chose qui échappa au paysan. Son visage innocent se transforma en une expression de terreur et ses yeux se tardèrent pas à se charger de larmes. Effrayée, elle s’enfuit dans les jupons de sa mère. Dans les ténèbres de la nuit, deux yeux luisaient. Telles deux boules lumineuses d’où se reflétaient les tremblotantes flammes de la lanterne, elles fixaient le couteau que tenait l’homme à la main. Quoi que ce soit, les yeux étaient trop gros pour être ceux d’un loup…

L’homme cria pour tenter de faire fuir la bête inconnue puis la menaça d’un geste du couteau. Ce fut le mouvement de trop. En l’espace de quelques instants, le monstre bondit sur lui. Dans un mélange de roux et de brun sale, il ne put esquisser le moindre geste. Sa lame battit l’air dérisoirement. Puis lorsqu’il bascula dans le vide, il sentit un liquide chaud se déverser sur tout son torse et imbiber sa chemise. Paralysé, sa tête heurta violemment la marche du seuil d’entrée. Des étoiles dansèrent autour de lui mais il garda conscience. Impuissant, il ne put que voir la … chose se ruer sur sa famille. Leurs hurlements ne servirent à rien. La créature roua sa femme de coups. Entreprit de ronger chaque parcelle de son corps, s’amusa à lui arracher les extrémités. Sa fille, pétrifiée de terreur n’osait pas bouger d’un pouce mais elle pleurait à chaudes larmes. Quand le fauve en eut fini avec la femme, il se tourna vers Naomie, alertée par ses cris. Il empoigna ses longs cheveux blonds et l’emporta avec lui, la faisant trainer négligemment sur le sol comme la petite tenait sa poupée de chiffon. Dans sa fuite, l’homme put apercevoir ses crocs ensanglantés qui riaient de sa proie et ses longs poils roux qui encadraient sa tête dans un désordre sans nom et qui dissimulait de fines oreilles pointues. Un destin bien funeste devait attendre la fillette.

La maison redevint d’un calme funèbre. La vie quittait le paysan peu à peu. Comme une vieille amie qui prenait son temps pour faire ses adieux. Les yeux figés au sol, il ne pouvait détourner son regard de la femme qui avait vécu à ses côté et qui à présent, déversait son sang et ses entrailles sur le parquet qu’il avait lui même refait. Perclus, il n’avait même plus de forces pour pleurer. En fait, il commençait à ne plus rien sentir du tout. Le corps engourdi, il ne sentait plus sa douleur. Il faisait frais et une petite brise soufflait sur son visage. Décidément, ce soir-là était rudement froid...
Combien de temps lui restait-il ? Des minutes ? Des heures peut-être ? Et s’il se mettait à compter ?

Un … Deux ...
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Ven 26 Aoû 2011 - 17:11

    Les ombres nocturnes lentement s’étalaient sur la ville, alors que les premières lueurs des chandeliers faisaient leur apparition dans la cité olysséenne.

    A la lumière des candélabres, le temps se faisait plus propice, et l’atmosphère plus encline aux confessions qu’on ne murmure qu’à demi-mot, comme si les prononcer de façon audible eut rendu les choses plus effrayantes qu’elles ne l’étaient. Usé par les ruses du malicieux et néanmoins intelligent Altiom, le garde Bébert, aussi connu pour son amour de la bonne chaire par ses camarades que par sa facilité à être piégeable, céda finalement aux caprices de la curiosité de l’ydrilote.

    Et il lui souffla alors tout ce qu’il savait, tournant le dos à ses quelques camarades pour entraîner un peu plus loin le nobliau, alors que son haleine aussi pimentée que difficilement supportable chatouillait les narines de son interlocuteur – Altiom avait peut-être exagéré sur le mélange vin et mets laitiers -.

    « Les collègues eum’croivent pas, pourtant moi, l’Feodo, j’le connaissais ! C’tait un bon gars, pas très bavard, mais l’était futé, ca oui ! L’bras comme ça, et maniait l’épée comme un sacré gaillard, Mogar vous l’jur’rait ! L’a été r’trouvé à l’entrée d’la ville, qu’y disent. Moi, ca m’surprend. Pas son genre au gamin d’se faire piéger comme un bênet. Mordu, qu’y disaient qu’il avait été. Paraîtrait même euq’des gens ont vu c’ui qu’a fait ça ! Mais ... »

    La tirade qui s’épaississait autant de mystère que possible en cet instant fut interrompue par une bruyante quinte de toux qui prit le brave Hubert, sa voix rauque souffrant de quelques grassetés dont il se débarrassa par un raclement de gorge et un glorieux crachat. Puis il reprit, toujours à voix plus basse, incitant ainsi Altiom à tendre l’oreille davantage.

    « ... C’qu’est sûr, c’est qu’c’est pas humain, ha çà non ! Et c’est pas la bête eud’Wurfen’, ‘savez ! Tout l’monde y pense qu’l’est r’venue pour chasser ceux qu’ont voulu sa peau, mais y en a qui savent bin qu’c’est pas vrai ! La Beste, elle est pas humaine, mais y en a qui disent ... »

    Les yeux de Bébert brillèrent d’une étincelle de terreur et d’excitation avinée à l’idée de confier ce qu’il savait. Comme un enfant brûlant d’envie de sortir une immonde grossièreté, le garde joua encore un peu du suspens qu’il maintenait avant d’accoucher de sa révélation.

    « ... Y ‘n’a qui disent qu’la baronne elle-même a vu eul’Bêste d’ses prop’yeux, et qu’c’est elle qu’la Bestiole veut. »

    Le silence se fit suite à la déclaration, Hubert semblant brièvement soulagé du poids d’un tel aveu auquel il ne semblait pas vouloir croire, sous peine d’être pris pour un fou.

    Soudainement, un cri alerta la troupe.

    « Une attaque ! Il y a eu une nouvelle attaque ! »

    ---

    Le prévôt écouta l’histoire de Lucullus sans vraiment y croire, pestant intérieurement contre une perte de temps et d’argent supplémentaire, jusqu’à ce qu’un détail notoire le fasse tiquer, changeant la donne où il était dit que le nain roux se voyait sévèrement remercié et renvoyé à ses petites affaires.

    « Qu’est-ce que cela ? Un incendie ? »

    L’homme fronça ses sourcils broussailleux, observant le nain d’un œil avisé. Il n’était pas homme à se laisser piéger par le premier mensonge inventé, pourtant, l’accusation portée était aussi sérieuse qu’avérée ; par chance pour Lucullus, le mercenaire qui se trouvait à l’instant un étage plus haut était venu pour se plaindre également de la velléité de certains autres mercenaires à « vouloir trouver des informations sur la Bête à n’importe quel prix, et même celui de la vie des autres ».

    D’une voix sombre et bourrue, l’homme croisa les bras, laissant sa pensée s’exprimer avec un certain agacement.

    « Son Honneur Olysséenne avait parlé d’engager quelque mercenaire de tout bord pour lutter face à l’animal, mais jamais, par les cinq, ne laisserait-elle des étrangers mal intentionnés profiter de la situation ! Cette situation doit cesser, il est hors de question que nous croulions sous les ennuis davantage. »

    Scandalisé, l’homme se poussa, laissant un passage suffisant, lui et son bedonnant ventre, pour que Lucullus puisse accéder au bureau du riche prévôt.

    « Mon brave, suivez-moi donc, nous allons prendre votre plainte en compte. Quant à vous, » L’homme jeta un coup d’œil exprimant clairement sa pensée « Prévenez-moi si un autre mercenaire se montre. Il va falloir être méfiant. »

    La porte se referma sur le petit groupuscule de soldats atypiques, qui patientèrent pour le retour de leur dirigeant, qui lui, s’affaira à décrire les faits et à mentionner tout ce qu’il avait pu voir, tandis que le prévôt prenait consciencieusement note.

    A peine sorti du bureau et ayant vu sa demande satisfaite, Lucullus eut la mauvaise surprise de voir que les quelques officiers de son escouade présents étaient plus alertes et rabougris que jamais, et qu’il en manquait même trois ou quatre. La rue, quant à elle, semblait avoir été partiellement désertée, comme si un mouvement de foule soudain avait eu lieu pour désemplir les tavernes environnantes. Un des plus hauts-gradés de la troupe naine s’avança pour se détacher du lot et prendre la parole.

    « Chef, il semble qu’il y ait eu une nouvelle agression, plusieurs paysans ont accouru pour crier la nouvelle ! Nous avons tenté de prévenir le reste des unités pour les envoyer sur les lieux ... »

    ---

    Sortis du cimetière et sauvés de la foule en délire, le duo, quant à lui, songea à prendre la direction d’une auberge convenable où prendre le souper pour pouvoir se recentrer et faire le point sur les informations collectées. Si leur entretien avec les trois mots avait été quelque peu raccourcis, leurs esprits avaient été suffisamment marqués par ce qu’ils avaient vu pour ne pas oublier l’essentiel et l’intrigant.

    Mais l’heure était à l’appétit, et ce fut l’odeur chaleureuse du ragoût olysséen typique qui attira nos deux aventuriers dans l’auberge confortable du Cochon Pendu – un nom un peu étrange mais qui, bizarrement, n’inspirait pas l’atmosphère angoissante propre aux coupe-gorge capables de porter un pareil patronyme -. A vrai dire, la taverne avait été autrefois un refuge de malfrats notoires et de trocs illégaux dans l’arrière boutique ; mais une suite d’arrestations et une rénovation plus tard, l’endroit était devenu, au fil des ans, un agréable lieu servant des repas locaux bons marchés, à la fréquentation plus saine et sympathique.

    Une serveuse aux joues rebondies leur servit quelque alcool de la région, alors qu’elle repartait en direction du comptoir. Ce fut lorsqu’on lui tendit une soupe brûlante qu’un cri déchirant rompit l’ambiance festive, tous les visages se tournant vers l’homme qui était arrivé en courant, pantelant et essouflé. Il se tenait au cadre de la porte comme s’il était prêt à vaciller, et son visage exprimait la vague sensation que finalement, nos deux compères ne pourraient pas tranquillement aller se reposer comme prévu.

    « A la sortie de la ville ... La Bête ... Il y a eu un mort ! »

    ---

    Fjama et Elrick, de par leur proximité aux portes de la ville, étaient arrivés les premiers sur les lieux du meurtre, à la sortie d’Olyssea-même, où déjà de nombreux badauds avaient été chassés – ce qui ne les empêchait pas de demeurer, à quelques mètres du périmètre de fortune instauré par une poignée de soldats, tendant le cou et cherchant un détail croustillant, un cadavre, une ombre de proie cachée dans l’ombre -. Le lieu avait été vivement investi par les gardes, notamment quelques membres de l’escouade baronniale personnelle. Les visages exprimaient tous cette même gravité et ces relents de dégoût, comme si ce qu’ils avaient vu de leurs yeux leur avaient soudainement révélé le danger qui les guettait si personne ne mettait fin à cette mauvaise farce.

    La chaumière était barricadée et étroitement surveillée. Les corps, chuchotait-on, avaient été retrouvés : ceux d’une femme, sévèrement violentée jusqu’à ce que la mort s’en suive d’elle-même, et d’un homme qu’on décrivait entre la vie et la mort. L’on ajoutait, avec une pointe d’excitation morbide et voyeuriste, qu’il aurait tout vu de la scène, et de l’agresseur.

    C’était là la première erreur de la Bête, mais aussi l’élément annonciateur d’un tournant notoire dans l’affaire olysséenne.

    Rapidement, l’attroupement de nains fit jaser par son arrivée – avait-on jamais vu si petits êtres poilus ! – et la populace commençait à s’agiter. Dissipant la révolution qui étouffait dans l’œuf, un garde s’avança et hurla d’une voix suffisamment grave et forte pour se faire clairement comprendre.

    « Ca suffit, déguerpissez tous, il n’y a plus rien à voir ! ALLEZ-VOUS EN, A MOINS QUE VOUS VOULIEZ PASSER LA NUIT AUX GEOLES ! LES MERCENAIRES, RESTEZ, MAIS INUTILE DE VOUS APPROCHER ! »

    Le garde jeta un coup d’œil mauvais à la foule, vérifiant que les consignes étaient suivies. A mi-regret, partagée entre la terreur de la nouvelle et le fourmillement d’impatience d’en savoir plus dès l’aube prochaine, la masse humaine s’éloigna progressivement, le bruit des murmures et des conversations se dissipant peu à peu pour ne laisser qu’un vague brouhaha diffus qui s’estompa et s’annihila finalement.

    Il s’agirait de redoubler de vigilance et de prudence, de nouvelles mesures seraient d’ailleurs sûrement prises afin d’assurer la sécurité des habitants. Plus question de perdre davantage de temps : les morts devaient cesser, et pour ces raisons, quelques prêtres de Néera avait été rapidement mandés pour pouvoir remettre en état aussi bien physiquement que psychologiquement le seul rescapé de ce massacre, où une femme avait été tuée, et une fillette enlevée. Au loin, le malheureux qui avait en une nuit quasiment tout perdu pleurait, secoué par le choc, bégayant toujours les mêmes mots, ses yeux creusés par la peur et la douleur.

    « Un ... un monstre ... humain ... je ... il avait ... grandes oreilles ... »

    Sous les attitudes perplexes et inquiètes du groupuscule d’étrangers – dont certains avaient peut-être entendu l’étrange témoignage bouleversé qui se faisait non loin - qu’on avait missionné le matin-même, le garde se racla la gorge afin d’attirer toute l’attention, et livra enfin ses explications, tandis que l’on s’occupait d’isoler le pauvre homme qui délirait – du moins le pensait-on -. D’un ton plat, le garde, après un silence pesant, finit par

    « Bon, comme vous l’avez sûrement compris, notre agresseur a fait une nouvelle victime. Mais cette fois-ci, il a également fait disparaître une enfant. Par chance, sur les trois membres de la famille, un n’a été que blessé ... Au vu des circonstances ... Vos informations nous seront d’un grand secours. Nous allons vous faire passer à tour de rôle pour récolter tout ce que vous avez pu obtenir. Vous feriez mieux de rejoindre les auberges les plus sûres par la suite ; inutile de préciser, enfin, qu’il serait absolument idiot de vouloir chasser la Bête à cette heure-ci. »

    Le garde fit signe aux premiers mercenaires de le suivre à l’intérieur afin de les interroger. Chacun passa et confia son lot d’informations et son butin trouvé. Une fois ce tour achevé, chaque équipée se décida à rejoindre le centre pour y passer la nuit.

    Les esprits seraient cependant beaucoup trop échauffés pour réussir à fermer l’œil avant un bon moment.




[HRP. Ceci est donc le dernier post de l'event pour ma part ! Vous pouvez réagir pour clôturer le rp si vous le souhaitez. Cependant, il ne s'agit pas ici pour l'heure de commencer une traque nocturne : la chasse en elle-même fera l'objet d'un prochain topic-event :).
Merci à tous de votre participation ! ]
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   Sam 27 Aoû 2011 - 14:38

A la révélation du garde Hubert succéda le meuglement d'un de ses acolytes. Encore indécis quant à la marche à suivre, à savoir prendre au sérieux ou non les confidences de l'Olysséen, Altiom fut au moins soulagé d'avoir là un prétexte pour détourner la tête -et de ce fait son nez- des effluves vomitives de son camarade.
- Une attaque ! Il y a eu une nouvelle attaque !
- Bébert, merci pour tout, je vous dois une fière chandelle, lança le voyageur en rejoignant déjà le troupier effaré.
- Bah ouais j'espère ben que j'vous ai pas balancé tout ça pour rien!
- N'ayez crainte, vous avez joué un grand rôle dans la capture du monstre aujourd'hui Hubert, j'en suis convaincu. Gardez les bouteilles, vous les méritez amplement! Un sourire éclaira la face rougie par le froid et la vinasse du bon vivant. Alors qu'il rentrait dans la casemate, il héla ses subalternes: les gars c'est ma tournée!

Après une bon quart d'heure, le nobliau déboula sur le lieu du crime, suivant les badauds qui s’agglutinaient autour d'un mas illuminé par maintes torches. Un garde aboya sur l'attroupement nerveux pour faire déguerpir les poids morts et sur ses ordres une queue se forma devant l'entrée de la bâtisse. Les hommes d'armes interrogèrent patiemment tous les mercenaires -du moins tous ceux qui avaient récolté quelque information que ce soit- et lorsqu'enfin tous y furent passés, le sans-logis se décida à entrer. Peut-être voulait-il garder le meilleur pour la fin. Après un bref salut du chef, il rentra dans le vif du sujet:
- J'imagine que cet interminable recueil de témoignage a élimé votre patience, aussi vais-je être bref. Un certain soulagement sembla se lire sur le visage de son interlocuteur. J'ai rassemblé des renseignements que je ne peux vous communiquer directement. Le garde haussa un sourcil et commença à tapoter impatiemment des doigts sur la table. A vrai dire je ne puis jurer de leur véracité. Et la seule et unique personne qui le pourrait se trouve être la baronne elle-même. Cette fois le soldat ouvrait de grands yeux ronds.
- Quoi, vous demandez une audience avec la baronne? Un gueux tel que vous? HAHA si c'est pas la meilleure ça!
- Vous ne savez rien de qui j'ai été, et si c'était le cas vous me témoigneriez un respect infiniment plus grand, mais je ne suis pas là pour vous prouvez ma valeur. Je veux vous aider à mettre un terme à ces meurtres et vous ne faites que m'entraver... imaginez ce que penserait Son Honneur si elle apprenait qu'un de ses gardes ralentit volontairement l'enquête... En ces temps sombres tout le monde souhaite un responsable, le peuple commence à comprendre que la "bête" pourrait ne pas être un simple animal, qu'elle aurait même des complices. Il serait facile de répandre d'effroyables rumeurs à votre sujet n'est-ce pas? Bien-sûr je ne vois pas pourquoi j'aurais besoin de recourir à de telles méthodes, car vous allez me laisser voir votre Dame, termina Altiom, sur un ton savamment équilibré entre ordre et question.
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MessageSujet: Re: La Bête d'Olyssea [Quête][TERMINEE]   

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