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 La Traque. (Quête)

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MessageSujet: La Traque. (Quête)   Dim 9 Oct 2011 - 12:23


La Traque
avec Altiom d'Ydril, Dandelo, Elrick de Kahark, Fjama, Lucullus & Arkos Minhem.





Les pattes de la Bête, sales et élancées, tambourinaient lourdement le sol dans un rythme effréné. Son corps dansait à la cadence de cette lugubre mélodie, animé d'un mouvement calme d'ondulation. L'échine arquée, elle n'était qu'un sifflement du vent dans la nuit sombre. Les cheveux de l'animal étaient collés sur sa gueule par le mélange de sang et de boue qui croupissait là depuis quelques jours. Son souffle rauque ponctuait cette parade de petits mugissements silencieux. Des restes de sa dernière victime entre les crocs, elle semblait chercher quelque chose. Ses yeux d'un jaune mordoré étaient vifs et s'attardaient sur chaque détail du paysage. À l'affut du moindre élément alarmant. Le bras de fillette qu'elle tenait encore dans sa gueule oscillait légèrement dans sa course. L'animal semblait s'amuser avec le membre inerte, mâchouillant continuellement la chair en lambeaux devenue écarlate. Le sang perlait du bout des doigts miraculeusement intacts et tâchait l'herbe et le sol de grandes tâches colorées.

La Bête était presque déçue. Trois proies, trois morts et seulement un seul festin. Le plus maigre qui plus est. La faim n'était pas rassasiée et son ventre la torturait toujours autant. Que se passait-il ? Digérait-elle mal la viande crue ? Non. Elle n'avait simplement pas assez mangé. Une boulimie incessante et assoiffée. Son chemin l'emmenait droit sur les routes Olysséennes. Bien qu'elle évitait les axes principaux, elle longeait les sentiers sans les perdre de vue. Son expérience dans ce monde là lui avait appris que c'était là que se réunissait les plus belles pâtures. Les êtres bien gras qui se déplaçaient en calèches débordantes de victuailles. Beaucoup plus occupés à se chamailler que de s'occuper de la sécurité de leurs grosses fesses. Mais bien que la route semblait l'emmener où bon lui semblait, la Bête avait un objectif précis. Les lumières de cet amas de refuges en pierre l'attirait comme un lapin parfaitement rôti à l'odeur irrésistible. Non seulement cette fourmilière regorgeait de nourriture mais pas de n'importe laquelle. Son odeur l'avait emmené jusqu'ici. Son odorat ne pouvait pas la tromper. La Bête savait qu'elle était là. Elle huma l'air pour vérifier qu'elle ne s'était pas égarée. L'humaine aux cheveux d'or qui s'était joué de la Bête connaîtrait bientôt toute la fureur d'un animal endiablé.

À cet instant, la dernière étincelle elfique d'Elandril venait de s'éteindre.





Des cris de terreur retentissaient encore dans les rues d'Olysséa. Le jour se levait sur une ambiance morne et terrifiante. Il y avait eu une annonce un peu plus tôt et à présent, les affiches étaient clouées un peu partout dans la ville. Une créature rôdait depuis quelques temps en Olyssea et elle se serait faufilée tout près de la capitale. Dame Clélia avait misé gros sur la tête du monstre et la prime avait attiré toute sorte de vagabonds. La baronne voulait récupérer la Bête vivante. Des rumeurs murmuraient qu'il s'agissait en réalité d'un elfe -sylvain ou sombre- sauvage. D'autres qu'un loup géant venu du Nord était arrivé en Olysséa, enragé. Les plus fous n'hésitaient pas à accuser la baronne d'un coup monté de toutes pièces. Chaque théorie semblait plus vraies les unes que les autres. Les autorités ne s'étaient pas étalés sur le sujet, conscients que l'idée même d'un tueur les terrifiait. Certains étaient persuadés que la légende de la Bête de Wulfenwäld n'était plus un conte pour enfants à présent. Et les phrases des détails morbides de la célèbre fable restaient figées sur les lèvres des olysséens.

Les mercenaires avaient été réunis sur la grande place afin de s'organiser. Le garde Eshperov s'approcha de la cohue amassée devant l'estrade. Un bref coup d'oeil l'informa que des civils s'étaient joints à la foule malgré l'heure, avides d'en savoir un peu plus sur la menace qui pesait sur leurs épaules. Contrarié, il se gratta la barbe. Personne ne pouvait empêcher ces bougres de fourrer leur nez partout ! Décidément, ils cherchaient vraiment à se faire peur… Le souvenir de son allocution de la veille lui donnait encore des sueurs froides. Cette affaire avait le don d'affoler tout le monde. Et la ville était en émoi, tout ça "grâce" à lui. Après s'être essuyé le front de ses gouttelettes de sueur avec sa manche, le garde énonça tout de même son discours :

« J'peux avoir vôt' attention ?! »

L'interruption eut vite fait de couper court à toutes les discussions. Les gens étaient impatients d'entendre les nouvelles fraîches...

« Bien... nous v'là de nouveau réunis comme prévu. Beaucoup sont au courant, 'y a eu une nouvelle attaque hier soir. Un paysan et sa femme ont étés sauvagement tués et leur fille disparue. Elle répond au nom d'Elya mais vu l'état des dernières victimes, ça m'tonnerait que la Bête l'ait épargnée. Mais vu qu'la Bête l'a emportée, ça s'ra peut-être une piste pour la traque… On sait donc maintenant que ce monstre rôde autour de la ville. Où ? On n'sait pas encore et il pourrait être plus près qu'on n'le pense ! Même s'il n'y a pas matière à se réjouir, la chasse devient quand même plus facile pour nous. La dernière fois qu'il a été vu, c'tait du côté d'la ferme de Skipow, juste à la porte est d'Olyssea. Quelqu'heures ont passé mais ce diable n'a pas pu filer loin ! C'est à vous d'le récupérer mais j'vous rappelle que Dame Clélia l'veut vivant ! Donc si vous z'êtes là pour du sang, déguerpissez de ma vue ! Pour les bougres idiots qui ont oublié leur matos de capture, on peut vous fournir si besoin. »

Le garde massif montra d'un geste nonchalant un tas d'équipement qui gisait pitoyablement à ses pieds.

« Pour c'qui est de l'organisation, c'toujours la même histoire. Vous faites des groupes ou vous bossez seul, c'pas mon problème. Tant qu'on me remmène ce monstre en laisse et à coups de fouets dans l'cul ! »

Eshperov marqua un silence, conscient que ce qu'il allait annoncer à présent allait soulever des clameurs.

« Vu l'état des faits, la Dame Clélia d'Olyssea a jugé bon d'venir en personne pour vous tirer quelques mots. J'vous demande le silence ! »

Eshperov jeta un regard noir à la foule pour appuyer son discours et les inciter à se taire. À l'annonce de l'arrivée de la Baronne, les chuchotements avaient redoublé d'intensité. La présence de la noble officialisait l'importance et la gravité de l'évènement. Les mercenaires était bien peu nombreux que la veille, beaucoup s'étaient enfuis lorsqu'ils avaient appris que la bête traquée s'avérait être un elfe fou. Les victimes qu'il avait laissées étaient tellement déformées qu'on ne pouvait imaginer ce que deux oreilles pointues pouvaient faire pour en arriver là. La foule semblait être constituée à plus des trois quarts d'habitants de la ville. Cependant, elle ne broncha pas quand le garde grassouillet s'écarta pour laisser place à une silhouette élancée et singulièrement familière.



[L'ordre de post sera établi en fonction de ce premier tour, dans lequel je vous incite à agir et à poster comme bon vous semble - tous une fois seulement évidemment -, le premier à poster étant évidemment le premier sur l'ordre de post prochain, et ainsi de suite.]

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 9 Oct 2011 - 12:31

    La jeune femme qui succéda à la carrure trapue et ratatinée d’Eshperov ne fut autre que celle de la régente d’Olyssea. Le souffle coupé par la surprise, l’appréhension ou l’excitation de l’urgence qu’inspirait cette intervention solennelle avait fait taire l’intégralité de l’assemblée, qui, massée face à l’embellie olysséenne, semblait alors brusquement suspendue à ses lèvres, attendant comme un geste, un mot, un soupir, un simple signe.

    D’apparence, elle semblait seule face à tous, lâchée devant une assemblée de mercenaires armés jusqu’aux dents. C’était presque imprudent, et n’importe quel opposant baronnial aurait pu profiter de l’instant. Mais dans l’ombre, terrés, plus ou moins à vue, les gardes pourpres étaient toujours là. Ils officiaient, certes de manière dangereuse, mais les ordres de la Louve étaient ce qu’ils étaient, et bien qu’ainsi arborée à l’étrange manière d’un appât, la douce créature n’était ni totalement inconsciente des risques, ni complètement sûre de ses propres directives. Hors de question pourtant que quoi que ce soit en elle ne trahisse le doute : port droit, regard clair, mine froide et résolue.

    Au bout d’un instant fractionnaire, qui apparut pourtant comme une éternité, la voix féminine brisa le faux-semblant de calme, donnant ainsi à chacun ce qu’il attendait depuis suffisamment de temps à présent.

    « Si je suis là devant vous en ce jour, c’est croyez-moi, par de bien regrettables circonstances que nous aurions tous, j’en suis intimement convaincue, préféré éviter plus que tout.

    Depuis le début de l’hiver, comme vous le savez déjà tous, la terreur et l’angoisse sont devenues le pain quotidien de toute une population de braves gens honnêtes et respectables. Un tueur semble avoir décidé de s’amuser de la vie d’autrui. Est-ce le retour de la sinistre Bête de Wurfenvald, ou un autre fou ayant décidé d’assurer sa macabre relève, nous ne pouvons le savoir réellement. Mais quoi qu’il en soit, tout ceci a assez duré. »


    Avec la rumeur, avait enflé celle, encore plus folle, que le Tueur qui sévissait sur les terres médianes en voulait à la nouvelle dirigeante. Peut-être même était-ce là l’ultime mort désirée de l’animal qu’on avait déjà depuis trop longtemps laissé s’enivrer de l’odeur de la chair et du sang des victimes.

    « Je veux que cette Bête soit amenée ici vivante. » Une vague de protestations naquit au creux des murmures ; laisser en vie cette monstruosité et la porter jusqu’au cœur de la vie olysséenne ? C’était pure folie ! D’un regard qui embrassa les visages les plus offusqués, la baronne poursuivit, intimant à un peu plus de discipline. « Car c’est ainsi qu’elle sera jugée et punie pour les actes intolérables et inhumains qu’elle a pu commettre. Plus vivante que jamais, plus capable de ses actes et plus consciente qu’elle ne l’a jamais été du sang qu’elle a sur ses mains. Il n’appartient à aucun d’entre vous de prendre le droit délibéré de tuer l’auteur de ces crimes. »

    Les mots étaient francs et durs, mais personne n’avait la réelle envie de relever ou même de défier ce conseil qui sonnait en réalité comme un impératif. Il allait même de soi que ramener la Beste morte et réclamer son pécule étaient deux choses parfaitement incompatibles.

    « Il en va de la vie de chaque homme et de chaque femme, il en va de votre propre vie à vous, et même de celle de vos proches, de trouver le responsable de ces crimes, pour y mettre fin une bonne fois pour toutes. Alors ne perdons pas plus de temps, et allez-y. »

    La chasse était bel et bien lancée.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 16 Oct 2011 - 15:43

Une couleuvre se glissait sournoisement au travers du dédale de ruelles humides de la cité. Alors, oui, c'était une couleuvre de taille humaine, mais restons dans la métaphore voulez-vous. Ainsi donc, au sortir d'une nuit mémorable se levait ce nouveau jour, placé sous de bien mauvaises augures, mais notre reptile n'avait que faire des auspices! Car en ce jour, la bête serait la proie, les Olysséens les prédateurs! Enfin c'était-là ce que tous croyaient, mais peu savaient. Notre anguille nationale pour sa part -oui je vais m'arrêter-là ça devient suspect- faisait partie des heureux élus et s'était vue gratifiée d'un honneur tout particulier... tellement particulier que pour commencer, il incombait qu'il quittât la baronne, sortît du castel, empruntât tout un réseau de rues sordides et se mêlât de nouveau à la foule de mercenaires en vue d'enfin revenir auprès de dame Clélia. Bref le genre de plans tarabiscotés dont Altiom aurait pu revendiquer la paternité.
Des rais blafards baignaient les bas-fonds de la ville d'une pâleur sans nom. Les nuages, les pierres, même l'herbe semblaient gris et fades. Mais tout cela ne parvenait pas à élimer l'enthousiasme des traqueurs: l'Ydrilote put entendre leurs clameurs à trois rues à la ronde et se guider seulement à l'oreille! Pressant le pas, il finit par arriver vers la fin du laïus alors que déjà les groupes d'habitués s'étaient acoquinés, armés, et pour certains beurrés histoire de se donner un peu de courage. Bon, première chose: retrouver le dandy masqué et du même coup sa cape qui lui faisait tant défaut. Jouant furieusement des coudes dans la mer de mercos qui se pressait fiévreusement sur la place, il déboula finalement devant le joyeux luron, le sourire jusqu'aux oreilles.

- Holà cher ami! J'ai une nouvelle des plus exaltantes! Il me faut à tout prix t'en parler, c'est à propos de quelque secret qui pourrait grandement nous avantager: allons donc à l'écart de tous ces badauds. Emmenant l'arlequin dans une venelle adjacente, il reprit à voix basse en laissant bien traîner ses mots pour attiser sa curiosité: son Honneur m'a accordé hier au soir un entretien privé, et de cela il est ressorti une information capitale... la bête n'est pas un animal, pas plus qu'elle et la baronne ne sont étrangères! Œillade circonspecte à droite puis à gauche. Pour tout te dire... ce n'est pas là une créature, mais un elfe! Fou à lier à ce qu'il semble, mais attends il y a mieux. Dame Clélia et moi avons conclu un accord, elle assistera elle-même à la traque, drapée dans l'anonymat le plus total tandis que je serai chargé de sa sécurité. Car il semblerait que le sylvestre ait un compte à régler avec elle. Le voyageur se redressa alors. Dandelo tu es un bon compagnon, je ne voulais pas te laisser sur le carreau, et je souhaiterais que tu nous accompagnes, la chasse n'en serait que plus truculente! Sa voix parodia alors un ton sévère: cependant il y a une condition à cela... Avant de se faire à nouveau joviale et légère: j'aurais grand besoin de mon manteau en cette froide matinée!
Le duo de choc n'eut plus qu'à attendre sur la place que se présente à eux son Honneur encapuchonné.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Dim 23 Oct 2011 - 13:45, édité 1 fois
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Arkos Minhem
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Sam 22 Oct 2011 - 12:33

Un beau matin se dresse aujourd'hui sur la capitale d'Olyssea. Un matin agréable pour arkos, un matin si doux, bordé de cris et de délicieux hurlements de terreur. Oui ce matin est beau, une belle matinée comme il les aimes. Les rues de la ville sont encore quasi-désertes à cette heure ci mais des annonces placardées de partout sur la ville annonce une belle surprise et explique toute cette merveilleuse impression de panique qui gagne la petite population. Un attroupement de mercenaires insignifiants dois se rassembler ce matin même sur la grand place pour discuter du détails des annonces placardées un peu partout sur la ville.

Une taverne à portée d'oreilles et de la place en terrasse, endroit vide et calmes en cette période hivernale, sera l'endroit que le géant masqué choisira pour écouter cette annonce et rassasier sa curiosités, car il n'est pas ici pour ça après tout mais pour retrouver sa proie qui a osé lui voler un de ses jouets, une de ses cibles récemment. Le rôdeur entre donc dans la taverne et prend commande auprès du tenancier visiblement intimidé, soit par son masque, soit par sa taille mais peu importe, Arkos n'est la que pour avoir un prétexte non-suspect de rester sur les lieux de la terrasse et voir la scène qui s'annonce sur la grand place dans ses détails. Ce fut ainsi que le Rôdeur se trouva de bon matin, écoutant faussement le capharnaüm trainant sur la place et une boisson cafeinée sur la table à attendre que les réjouissances commencent dans les doux bruits de terreurs des villageois.

Adossé au mur de la terrasse, regardant sa boisson dans une main, le rôdeur ôte délicatement son masque de porcelaine, son vrai visage, cachant son visage profondément dans sa capuche et buvant doucement son breuvage payé d'une piécette à un tenancier terrorisé. Il n'est pas la pour la boisson mais pour l'annonce et actuellement, il observe tout ce qui se passe, le déluge avant la tempête. Le silence paniqué qui règne en ces lieux.

Peu être vous demandez-vous quelle est la vrai raison de la présence du géant vagabond en ces lieux urbains si cette annonce n'en est pas le motif ? La raison est une bête visiblement puissante et assoiffée de sang. Cette bête, stupide créature soi dit en passant et celle qu'il chasse depuis un moment, depuis le passage de celle-ci dans sa foret, dans son terrain de jeu. Arkos chasse cette créature Gévaudienne depuis qu'elle lui a volé sa victime, son jouet, son plaisir égaré dans les bois qu'il allait s'offrir le cœur léger. Une jeune enfant, une fille d'un fermier qui errait trop souvent dans sa foret et donc le père a éveillé quelques pulsions sadiques et meurtrières chez le Rôdeur pour des raisons quelque peu... obscures.

Une troupe de mercenaires se rassemblent sur la place, et beaucoup, beaucoup de villageois curieux et inquiets leur emboitent le pas. Arkos les observe de loin, prêtant plus attention à sa boisson caféiné qu'as ces idiots mal-armés. Un garde massif mais tout aussi éveillé que son auditoire s'approche du haut de l'estrade et parle maladroitement à ses mercenaires, réclamant ainsi leur attention. Les yeux rivés sur sa boisson et l'oreille tendue sous sa capuche, le géant écoute ce qu'il avait à dire d’intéressant parmi son discours insipide. Finalement tout ou presque était inintéressante à l’exception de trois informations donc deux de tailles et une... gênante.

La première est que la cible que le Rôdeur recherche, son voleur de victimes, son voleur de jouets et la bête a chasser de cette annonce semblent être une seule et même personne. Le nom de la gamine si souvent criée par son fermier de père, ainsi que la date de la mise à mort sont exactement les mêmes, il n'y a pas de doutes possibles. Ainsi la proie du géant est doté d'une prime maintenant. Cette journée est de plus en plus agréable, voici qu'on propose une prime pour une vengeance, une prime pour une chasse intéressante, une prime pour un jouet plus solide que la gamine qu'il allait tuer. Aujourd'hui Arkos est payé pour assouvir son propre plaisir.

La seconde est que une noble vas elle même donner les indications et cela souligne l'importance de cette chasse. Cependant l'air décris une bête, une quelconque créature gévaudienne. Les rumeurs, quand à elles, parlent d'un elfe fou à lier. Ainsi une de ses créatures efféminées, impitoyables traqueuses, chasseuses et mangeuses de ... salade fraiche serait sa cible ? Apparemment celui-ci se serais découvert une passion pour la viande, et plus spécialement pour celle de personnes vivantes pouvant largement payer pour son exécution avec leurs titres de noblesse.

Soudainement ce fut l'avalanche dans les bonnes nouvelles, juste avant que la baronne ne prenne la parole le garde avait révélé qu'ils voulaient sa future victime....vivante. C'est une annonce intéressante mais la fin gâche tout et révèle à Arkos une seule chose : il doit retrouver sa cible en premier. La baronne, celle qui met cette prime en jeu prend la parole, le géant reste assis dans son coin mais montre soudainement plus d’intérêt au discours qu'as sa boisson, tournant la tête pour dévisager la noble un instant. Ainsi elle veux la bête vivante pour la faire exécuter elle même? Hum perdre un jouet n'est pas dans les habitudes du géant mais laisser quelqu'un d'autre jouer avec n'est pas du tout dans son envie actuelle. Si cette noble froide et hautaine veux ce jouet, elle devra donner quelque chose en contre-partie, quelque chose de plus intéressant que quelques piécettes pour qu'il lui laisse le meilleur de cette partie de chasse.

Arlos remet son masque de porcelaine, son visage effroyable aux larmes de sang. Il le remet presque religieusement et se lève doucement, quittant la place et allant vers la foule pour y chercher des indices, heurtant accidentellement de l'épaule un curieux personnage parlant d'un manteau et d'un elfe fou à traquer et dont la discutions lui à heurter l'oreille alors qu'il se dirigé de son endroit un peu à l'écart vers cette foule de villageois et de quelques mercenaires. Arkos s’éloigne discrètement, en direction de la foule, feintant ainsi de ne pas les avoir entendu et s'assurant de n'être vu ou localisé par aucuns des deux protagonistes en se fondant dans la foule de mercenaires et de villageois. Le Rôdeur quittât la foule par son autre extrémité et contournât la ruelle ou se trouvait les deux protagonistes pour les suivre à pas feutré, usant de ses compétences de trappeur, certes moins efficaces qu'en pleine forêt, pour espérer ne pas être vus tandis qu'il espionne de loin leur discutions. Avec un peu de chance ils ne le verront pas et avec beaucoup de chance ils sauront par ou commencer.
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mar 25 Oct 2011 - 11:44

Elrick attendait, silencieux, au milieu des autres mercenaires rassemblés sur la grande place. Le temps se rafraîchissait de jour en jour, et la traque qui s’annonçait permettrait peut-être de réchauffer le maître-espion royal.
Traque qui, il devait le reconnaître, le captivait de plus en plus.

Il avait passé la soirée précédente dans l'auberge où il résidait pour le moment, à discuter stratégie pour la chasse avec Fjama.
Lui qui avait initialement prévus de trouver un moyen quelconque de s'entretenir avec la baronne, Dame Clélia si ses souvenirs étaient bons, s'était finalement concentré sur la chasse, oubliant ses projets pour le moment.
Il fallait dire qu'en plus de l'attrait simple qu'il éprouvait pour tout type de chasse, celle-ci se révélait plus énigmatique d'événements en événements. Malgré bien des discussions, ni Fjama ni lui n'avaient été en mesure d'apporter une réponse claire à la nature de la bête, et ce malgré l'analyse poussée des corps qu'il avait faite chez le fossoyeur.
Et c'était cela qui poussait Elrick en avant, au détriment de sa logique première. Après tout, la chose serait sans doute finis dans la journée, il pouvait bien se permettre une journée de retard sur son planning, fort peu chargé en ce moment.

Le garde répéta plus ou moins le discours de la vieille, à quelques détails près notamment concernant la capture. Elrick n'avait aucun matériel pour cela, aussi ferait-il bien d'en prendre un peu avant de se lancer dans cette traque.
Après tout il n'avait pas que ça à faire de se balader avec un filet sur l'épaule.

Là où les événements prirent une tournure inattendue, se fut lorsque le garde annonça l'arrivée de la baronne en personne.
Elrick n'accorda qu'une attention minimale à l'apparition de la fragile silhouette, jetant bien plus attentivement quelques regards sur les côtés de la place, à la recherche des inévitables gardes personnels. Ses yeux experts en repèrent plusieurs, certains peu dissimuler pour dissuader toute velléité à l'encontre de la baronne, d'autre cachés pour surprendre d'éventuels agresseurs.
La dirigeante était jeune, mais elle n'était pas stupide, ou tout au moins possédaient des conseillers efficaces.

Le dirigeant des services secrets reporta alors son attention sur ce qui était justement censé la capturer, à savoir la baronne d'Olyssea. On ne lui avait pas mentis, malgré sa relative inexpérience, la jeune femme face à lui semblait taillé pour la politique, et Elrick aurait été bien incapable de dire ce qu'elle ressentait en ce moment même.
Il se fit la réflexion qu'il était décidément impossible d'échapper au jeu de la politique lorsqu'on y avait mis les pieds, même une simple chasse de mercenaires le conduisait à quelques secrets et conspirations. Bon, il exagérait sans doute un peu, mais l'idée était là.

Une chose était claire dans le discours de la baronne, la théorie de l'animal fou furieux pouvait être définitivement écarté. Car après tout, comment pouvait-on juger un loup, aussi sanguinaire fusse-t-il ? Non, Elrick était convaincus que Dame Clélia en savait bien plus qu'elle ne voulait bien l'admettre. Rien que le fait qu'elle s'adresse à ce qui n'était après tout qu'une troupe de gueux ayant choisis de s'appeler mercenaires -même si dans le tas figurait quelques personnes assez peu orthodoxes pour ce genre d'assemblée- semblait aller dans ce sens.

Elrick se pinça l'arête du nez. Après tout, il se faisait peut-être des idées sur de vagues suppositions. Mais quelques chose l'intriguait, et il avait la fâcheuse habitude de ne pas se contenter de ce qu'il savait.
Elle clôt le débat de quelques phrases bien senties, typiques des encouragements que donnait les supérieurs hiérarchiques à leur subordonnés avant de les envoyer au casse-pipe. Il ne le savait que trop bien, en ayant lui même reçus et donnés plus qu'il ne le souhaitait vraiment.

Bon, il était temps de se mettre en route pour la chasse. Après avoir récupéré un filet dans le matériel proposé par le garde -il n'aurait sans doute pas besoin de plus- il s'adressa à sa compagne de chasse.

-Bien, comme je l'ai proposé hier, la plupart des mercenaires vont sans doute restés groupés, surtout que nous avons une indication de lieu précise. Aussi, plutôt que de les suivre, je pense qu'il serait bon de s'en servir comme rabatteurs involontaires, la Bête ne se laissera pas avoir par une aussi grande concentration de guerriers, mais un duo en embuscade sur son chemin de repli aurait de bonnes chances de la surprendre je pense.
Mis il va falloir se dépêcher pour réussir à prendre une avance convenable. Qu'en dites-vous ?


Fjama consentit au plan du chevalier, et le duo se mit rapidement en route pour la porte est, Elrick laissant ses yeux quelques peu traîner sur les autres mercenaires, essayant de repérer les agissements de ceux qui lui sembleraient les plus familiers.
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Fjama
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mar 25 Oct 2011 - 16:35

Après la macabre découverte de la veille, Fjama avait observé un temps les manœuvres d’un jeune freluquet désirant s’entretenir avec la baronne. Le faciès du petit bourgeois encanaillé – ou du noble gredin, l’un comme l’autre fonctionnait – lui remémora un incendie d’une taverne à Diantra. Hasard et Coïncidence, fidèles alliés et empêcheurs de tourner en rond, aimaient à la taquiner. Malgré tout, elle accueillit les « retrouvailles » avec un haussement d’épaule. Certes, il l’avait déjà spoliée une fois de ses gains. Cependant la situation était fort différente ici. Elle n’avait pas à jouer la petite danseuse. Mercenaire, elle n’avait pas à retenir ses penchants pour un réglage des différents à la manière forte. Certaine que le faquin n’était pas ignifugé, elle se chargerait de son cas plus violemment s’il venait à nouveau à perturber ses plans.

Installée dans une coquette auberge avec Elrick, ils passèrent la soirée à bavarder de choses et d’autres, un bon repas dans l’estomac et un verre à la main. Evidemment quelques pistes et idées sur la bête furent échangées, mais ces paroles-là furent murmurées. Puis, chacun gagna, individuellement s’il vous plait, sa chambre. De sommeil, la métisse n’avait pas le même besoin qu’un humain normal. Aussi dans une longue méditation, elle se lança.

Dégageant de ses affaires, divers talismans, elle s’installa près de l’âtre de sa chambrette. Plaçant les objets en psalmodiant légèrement une sorte de mantra dans un dialecte zurthan, elle riva ensuite son regard sur le feu et sombra dans une transe complète après une dizaine de minutes. Pendant près de six heures, afin de s’ « éveiller » aux aurores, elle sillonna à travers les flux d’énergie, les cauchemars et sentiments liés à son utilisation du Feu et de la Magie en général. Comme à chaque fois, la méditation ne fut pas une sinécure. La douleur, la peine, la rage, la colère, chaque événement de sa vie liée à la magie refaisait surface avec un réalisme âpre.

Lorsqu’Elrick frappa à sa porte afin de se rendre au rassemblement, une Fjama aux yeux un peu rougis vint lui ouvrir, prête à partir. Sur place, pendant le discours, elle se contenta d’écouter, avec placidité. Elle hocha légèrement la tête au plan de son camarade et lui emboîta le pas. Dans la cohorte de second-couteaux, elle chercha un instant ce coquin d’Altiom du regard avant de se concentrer sur l’objectif. En retrait, le duo gagna la masure ayant abrité les derniers méfaits de la créature. Comme quelques autres aventuriers, ils remontèrent lentement la piste laissée par la bête en fuite.
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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 26 Oct 2011 - 17:18

La troupe s'était à nouveau réuni au grand complet dans un mélange d'odeurs comme la sueur, le houblon, le brûlé, le ragoût ou encore le sang. Ils étaient tous venu faire part à leur chef de leur échec à la découverte de ce mystère planant au dessus de la ville. Le seul réconfort restait celui du soutien que leur prodiguait le prévôt et le fait que les autres mercenaires n'interviendraient plus contre l'enquête des nains. Les diverses informations récoltées semblaient trop contradictoire pour en faire une synthèse et ce fut là pourquoi Lucullus préféra écouter le discours du garde, toujours le même, qui s'adressa encore à la foule, à croire qu'il était désormais devenu un vrai rhéteur. En résumé, il leur fallait attraper cette "bête" par tout moyen et la ville leur fournissait l'attirail si nécessaire. Et cela, en vitesse car la "chose" avait attaqué une autre famille alors que les mercenaires se tiraient dans leurs propres pattes et s'empêchaient d'avancer.
La première partie de cet oral n’impressionna personne, mais lorsque la Dame s'avança, le lieutenant court sur patte écouta avec attention les paroles de la jeune aristocrate, qui en raison de son rang doit être peu loquace en temps normal. Au reste, ce qui fut dit ne servit qu'à calmer les ardeurs de certains Olysséens qui chercheraient à occire cette créature au premier coups d'oeuil.

Pour leur part, eux les nains, avaient d'autres chats à fouetter que de penser à la vie en cette cité. Qui savait quel allait être leur châtiment pour ne plus avoir manifesté une quelconque présence pendant deux ans. Deux ans de vadrouille, comme le conte anciens qui narrait les péripéties d'un nain qui voulait être marin et qui fut éloigné de ses terres dix ans durant. Reprochant à son esprit de trop vagabonder, Lucullus se concentra à nouveau sur le problème de l'instant présent: la traque du monstre. Une traque, l'espérait-il, sans avoir droit à un dérangement absurde et mal intentionné de l'un de ses mercenaires crasseux. Cette fois-là, l'officier décida que le gros de la troupe reste groupé, les recherches en profondeur ne seraient effectuées que par des éclaireurs isolés -et il en disposait de quatre ayant cette formation- ayant pour mission de rabattre la bête sur le reste des nains. Le problème majeur restait le forêt environnant la ville, un élément qui ne rentrait pas dans les caractéristiques du paysage des nains et où ils seraient sans aucun doute désavantagé dans un premier temps.

Pour la capture, les choses se facilitaient, qu'importe la taille ou la force de ce monstre, il ne pouvait faire le poids face à des vétérans de l'armée naine. Une fois encerclé, son destin sera scellé. La façon pratique consisterait à l'entourer de guerriers munis d'armes d'hast -qu'ils disposaient en stock- et de resserrer l'étau au fur et à mesure en évitant tout contact entre la lame et le corps, puis lui faire perdre l'équilibre et enfin l'entraver soit par filet, soit par -et cette idée paraissait amusante et guère plausible, en faisant de sorte que tous les nains lui "sautent dessus" pour lui passer la laisse autour du coup.

Ce fut donc avec un sourire au lèvre que Lucullus exposa la situation et demanda l'avis de chacun.
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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Ven 4 Nov 2011 - 18:32

Dandelo courrait, décidé à creuser rapidement la distance qui le séparait de l’auberge dont il était parvenu à s’évader moyennant quelques petites coupures. Il courut si vite et si bien qu’il fut contraint de s’arrêter, ne sachant plus où il se trouvait. Il était bel et bien perdu. Il avait pourtant vécu à Diantra qui était une ville autrement plus grande que celle-ci et son sens de l’orientation ne l’avait que rarement abandonné. Mais là :

« Bon sang, toutes les baraques se ressemblent. » Lâcha-t-il en tournant sur lui-même.

Plaquant ses mains de chaque côté de sa bouche en entonnoir il lança un « Il y a quelqu’un ? » qui se perdit dans les ruelles désertes sans ramener de réponse. Le jeune homme ramena ses mains sur sa bouche, comme pour se bâillonner. Et si son cri avait rameuté les gardes qu’il s’était borné à semer ? Son esprit semblait embrumé. Etait-ce dû à la cuite qu’il avait prise avec le nain ou à la volupté qu’il avait vécu auprès de Kassandra ? Il se promit finalement d’y réfléchir à deux fois avant de retenter de faire boire un représentant du petit peuple et se remit en marche.

Il frappa à plusieurs porte pour demander son chemin mais la seule qui s’ouvrit se révéla être celle de l’habitation d’un vieillard gâteux qui frappa le saltimbanque à coups de canne jusqu’à ce que ce dernier prenne – à nouveau – la fuite. Une fois hors de portée du bâton, il entreprit d’escalader une maison pour tenter de se repérer depuis le toit. L’opération fut un succès et Dandelo descendit de son perchoir pour s’élancer dans le dédale des ruelles, au pas de course.

Quelques minutes plus tard, il se retrouva sur la Grand Place où s’était tenu le discours de tantôt. Dandelo venait apparemment de rater une nouvelle prise de parole, car l’estrade était peu à peu débarrassées l’armée de mercenaire qui avait envahi l’endroit se dispersait peu à peu chacun plongé dans une discussion animé avec ses compagnon, formant un brouhaha digne du marché de Diantra aux heures de pointe.
Arrêtant un type au passage, Dandelo demanda :

« Euh, j’ai raté le discours, tu peux me le faire en version courte ? »

L’homme le regarda, les sourcils froncés, avant que son visage ne s’éclaire et se fende d’un sourire :

« En gros elle a dit que les absents étaient disqualifiés, lâcha-t-il.
- Tu m’prends vraiment pour un…
- Ca veut dire démerde toi, bouffon. »

Il éclata d’un gros rire et s’éloigna en laissant Dandelo sur place. Ce dernier rumina un « connard » en imaginant ce que Lucie aurait fait subir au lourdaud si elle avait assisté à la scène. Ce fut son tour de sourire, et il alla jusqu’à user de sa magie pour allumer une petite flamme sur l’arrière train du comique avant de disparaître dans la foule. Il dû se retenir de rire quand les premiers cris retentirent. Il releva la tête juste à temps pour voir un merco se faire écarter sans vergogne, libérant le passage à un Altiom tout sourire.
Avant que le Clown n’ait eu le temps d’en placer une, Altiom lui attrapa le bras, et l’entraîna à l’écart et commença à lui déblatérer son histoire à grands renforts de « Son Honneur » et de « Dame Clélia ». Et bien il n’avait pas perdu son temps l’ami !
Dandelo lui rendit sa cape en riant et profita de la bavardise de son compagnon pour lui demander un bref résumé du discours qu’il semblait avoir raté. Toutes les informations en tête, il se pinça la base du nez entre le pouce et l’index, perdu dans ses réflexions.
* Un elfe, hein …
- À capturer vivant.
- Je ne m’attendais pas à ça.
- Ca va pas être de la tarte.*
Dandelo se redressa, et dévisagea le beau parleur :

« Mais tu ne m’as pas tout dit Altiom ! Tu m’as même caché l’essentiel ! »

Une lueur de malice brillait dans l’azur de ses yeux lorsqu’il reprit à voix basse :

« Cette Baronne, elle est comment ? Jolie ? »

Son sourire se figea lorsqu’il aperçut qu’une masse gigotait sous l’habit de son ami, et il éclata de rire lorsque Lucie arriva à s’échapper du vêtement, tournoyant furieusement autour de lui – qui se retrouva d’ailleurs couvert de poussière brillante – avant de s’arrêter, tournant la tête à l’opposé du Don Juan, la moue boudeuse.

« Tu sais bien que je rigolais Lucie, chuchota-t-il en approchant sa main de la petite silhouette. Allons viens, ne fait pas ta mauvaise tête, je suis content de te retrouver ! »

Incapable de résister au saltimbanque, elle retrouva vite sa place, au chaud dans son manteau bigarré, bercée par les battements de son cœur. Dandelo se tourna vers Altiom et le relança avec un clin d’œil :

« Alors, comment est… le châteaux ? A-t-il une belle façade, ou a-t-il déjà été usé par le temps ? »

C'est sous ces propos à peine voilés que la fine équipe repris le chemin de la Grand Place pour y attendre la Baronne, et commencer la Traque.


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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Ven 11 Nov 2011 - 14:29



Eshperov se gratta son cou gras et poilu tout en regardant la foule s'émietter devant lui. Il jeta un regard noir sur ce spectacle pitoyable. Tout n'était que cohue et désordre. Le bruit des conversations, mêlé au choc des armures et du cliquetis des cottes de mailles était assourdissant. Olyssea était en manque d'hommes et Dame Clélia n'avait pas eu d'autres choix que de faire appel à des mercenaires afin de s'occuper de ce maudit elfe. Chaque vie de chaque homme de sa garde était précieux et en ces temps de troubles, mieux valait les conserver à proximité, prêts à l'emploi. Bien mauvaise idée pensa le balourd de garde. Cependant il ne pouvait blâmer la baronne car il aurait sûrement fait pareil à sa place. Mais il n'aimait pas les mercenaires. Ces abrutis d'amateurs ne savaient pas faire le travail proprement et n'attiraient que des ennuis. La veille, on avait annoncé qu'ils avaient mis feu à une auberge, ruinant en à peine quelques heures, tout le commerce d'un bon citoyen. Eshperov passait souvent du temps à siroter des bières à la taverne de Maftel et il connaissait très bien le propriétaire… Hier encore, il avait fallu calmer une harde d'olysséens endiablés, comme possédés par une vengeance invisible. Du travail en plus pour la garde olysséenne. Et rien de plus.

Non, Eshperov n'aimait les mercenaires. C'est pourquoi quand le grand homme accompagné d'un bouffon s'approchèrent de l'estrade où il était situé, lui et Dame Olyssea, il bougea son gros derrière pour se placer en travers de leur chemin et tout en dégainant maladroitement son épée, les menaça de reculer. Ce qu'il redoutait le plus venait de se produire.

« Oh oh oh. Doucement vous deux là ! Reculez. »

Le garde dévisagea de ses yeux porcins les deux hommes qui se tenaient face à lui. Deux gringalets qui ne feraient pas le poids face à la puissance de ses coups. Mais il ne fallait pas toutefois en être moins prudent.

« Vous z'êtes sourds ou quoi ? Si vous z'avez pas entendu mon discours, j'vous z'ai dit de prendre l'matériel si b'soin puis déguerpissez. M'Dame la Baronne d'Olyssea n'accepte aucune entrevue. Ouste ! »

La pointe de son épée virevolta dans les airs pour illustrer ses propos.
Eshperov s'y était attendu, à ce que l'apparition de la baronne attirerait des mauvais regards. Et c'était là, la chose à éviter absolument. En ce mettant ainsi à la portée de tous, avec les rumeurs qui couraient et cet imbécile de tueur en liberté, sa vie était plus que jamais menacée. La garde personnelle était en émoi et ce n'était pas le moment de faillir à son devoir.

Le garde ajusta son équilibre sur ses pieds et se concentra, prêt à user si besoin de ses trente-huit années d'expérience au combat. Ses mains se resserrèrent sur la garde de son arme.





Il releva ses yeux lourds et chargés de larmes vers les gardes qui se tenaient devant la porte de la masure. S'il y a quelques jours, tout le savait que Tom dit "la Broussaille" était un vieil homme heureux et comblé, il n'avait suffit que de quelques heures pour souiller définitivement cette image. L'écho des souvenirs de la veille retentissaient encore au plus profond de son crâne, comme rappelant incessamment ce qu'il devrait à présent supporter jusqu'à la fin de ses jours. Un instant qu'il redoutait autrefois mais qu'à présent, attendait par dessus tout. Le destin s'était-il joué de lui ? Quelques heures seulement. Subissait-il une quelconque vengeance des Dieux ? Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Seul face à lui même, les questions l'assaillaient continuellement. Il aurait préféré ne plus entendre ses voix dans sa tête, ne plus penser. Ne plus voir. Ne plus supporter. Ne plus vivre, même. Lorsqu'il était rentré dans sa maison le soir même, maison de famille héritée de père en fils, la maison qui vivait toujours des souvenirs de ses ancêtres, il s'était retrouvé face à son propre cauchemar. Sa belle-fille, Midella, gisait inerte sur le sol, éventrée et les extrémités rongées. Son visage était méconnaissable tant on l'avait battue. Puis près de l'entrée, son fils unique vivait ses derniers instants. À la vue de la position bien étrange de son corps, sa chute avait dû être violente et le coup avait dû lui sectionner net la colonne vertébrale, lui paralysant tout le corps. Car lorsque Tom la Broussaille s'approcha de lui, faible et tremblant de peur, son fils semblait rêver, sans prendre conscience de ce qu'il se passait. Il avait vécu ses derniers instants, entendu ses derniers mots sans sens puis, vu la vie s'écouler lentement entre ses doigts, comme de l'eau qu'on ne pouvait retenir. Il était resté là des heures durant, pleurant ses enfants et sa petite fille disparue, ne sachant que faire. Le sol de la maison de ses ancêtres imbibé de sang de sa propre descendance.

Une nouvelle vague de larmes s'éprit de lui. S'il n'était pas homme à montrer sa sensibilité, ce coup était de trop. Qui pouvait en vouloir autant à sa famille ? Qu'avait-il fait pour mériter de perdre tout ce qu'il chérissait et le rendait si fier ? Il tenta de reprendre ses esprits mais cette simple idée lui suffit à s'effondrer davantage. Si ses proches venaient de mourir, le laissant seul, la maison n'avait jamais connu autant de passages. La vie côtoyait la mort. Les gardes se relayaient, traversaient la scène sans faire attention au vieil homme, discutaient bruyamment, buvaient et mangeaient. Même si Dame Clélia avait tout fait pour mettre Tom à l'abri, ce dernier se sentait plus seul que jamais.

L'homme qui montait la garde vint le chercher dans son fauteuil. Ses pas étaient doux et faisait bien attention à ne pas être trop brusque.

« M'sieur Tom... »

L'intéressé s'essuya le visage d'un revers de manche et releva péniblement la tête vers son interlocuteur. Ses rides avaient creusées de profondes cernes qui lui donnaient un aspect de mort. Ses cheveux semblaient même avoir blanchi un peu plus et sa joie de vivre, que tout le monde connaissait s'était envolée. Seuls restaient ses sourcils épais et buissonnants qui lui valaient son surnom si flatteur mais qui semblait à présent dater d'une époque bien lointaine…

« Ils arrivent m'sieur... »

Tom la Broussaille comprit. Il sut qu'il devrait faire face à la vérité la plus terrible. Que le cauchemar qu'il vivait allait prendre une tournure encore plus réelle, et qu'il devrait rassembler son sang-froid. Cette idée le tracassait depuis que la garde lui avait annoncé. Mais il ne pouvait rien y faire. Tout ce qu'il lui restait était sa citoyenneté. Aussi, il ferait son devoir afin que le tueur soit tué. Les victimes vengées. Ensuite … eh bien. Il pourrait s'éteindre paisiblement.

C'est lorsqu'on frappa au battant de la porte que Tom la Broussaille réussit à se lever à l'aide de sa canne pour la première fois depuis des heures, pour faire face à ses réalités.



[L'ordre de post est donc : Clélia d'Olyssea -> Altiom d'Ydril -> Arkos Minhem -> Elrick de Kahark -> Fjama -> Lucullus -> Dandelo.
Pour toute question éventuelle, ne pas hésiter à me MP -Elandril-, j'y répondrai le plus rapidement possible.]

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 17 Nov 2011 - 19:51

    Un à un, ils disparurent, chaque groupuscule se détachant avec plus ou moins de certitudes et d’ambition de la masse de mercenaires, qui bientôt ne devint plus qu’un souvenir récent. Désertée, la place se retrouvait bientôt à son tour abandonnée par les divers gardes assurant la protection de la baronne, qui avait déjà à son tour disparu pour d’autres histoires, et d’autres dangers.

    Un long silence s’empara de l’endroit, où maintenant ne se trouvaient plus que le saltimbanque et l’indécrottable ydrilote au culot prononcé. Cogitaient-ils à un plan ? Etaient-ils en proie au doute, ou pis, aux méfiances qu’inspiraient les espions et les oreilles malintentionnées qui auraient pu traîner, et ainsi trop en savoir sur leurs desseins ? Eshperov les ayant momentanément chassé de l’endroit où s’était tenue il y a peu la Louve d’Olyssea, les deux hommes s’étaient placés en retrait, suffisamment judicieusement pour que personne n’eut l’idée de les suivre. Le noble déchu semblait savoir ce qu’il faisait, au contraire de son compagnon, à la fois perplexe mais enjoué par l’inconnu.

    Leurs réflexions et leur étrange attente furent pourtant bien vite interrompues par l’apparition d’une silhouette encapée – le tissu était assez commun, un peu délavé, trahissant d’une certaine pauvreté -, d’allure des plus communes – c’était tout juste si on pouvait distinguer le menton ou les lèvres de l’étranger. L’amplitude du voile obscur masquait toute forme, toute courbe trahissant un indice. La silhouette, d’une petite tête la cadette de nos deux compères, s’approchait sans aucune hésitation apparente dans la démarche, des plus fluides pour un quelconque paysan défiguré – c’était la seule explication possible - ...

    « Je vous dérange, peut-être ? »

    La voix était aussi basse que possible, mais les deux seuls à pouvoir l’entendre –trois en comptant cette chère Lucie bien cachée – ne purent guère douter davantage alors que, soulevant d’une main le capuchon qui obstruait toute visibilité, dévoila le visage un brin énigmatique de Clélia d’Olyssea en personne.

    A vrai dire, la baronne n’avait pas décidé d’occuper son habituelle place. Une fois éclipsée de la scène, tout avait été rapidement et brillamment mis en œuvre pour grimer de manière la plus roturière possible la jeune femme, et la faire s’en aller par une des nombreuses ruelles si peu empruntées qu’elles en étaient oubliées de la ville. Car même si la Louve pouvait accorder une certaine confiance en la capacité d’une bonne poignée de mercenaires habiles ou suffisamment lourdauds pour pouvoir capturer un animal fou sur un périmètre plus ou moins discernable, la jeune femme n’avait pu s’empêcher de songer à l’entretien de la veille avec Altiom. Nombreuses avaient été les tentatives des gardes les plus hauts placés pour empêcher l’idée de se développer sous leurs yeux impuissants. User de la noble dame comme appât était tout aussi efficace que risqué ; et l’heure n’était définitivement pas au deuil baronnial.

    Faisant cependant fi des avis généraux, de manière certes un brin inconsciente, Clélia avait pourtant décidé d’orchestrer son échappée et d’aider à la saisie de la Bête une bonne fois pour toutes. Au fond, tout cela l’arrangeait bien : elle ne pouvait, ni ne voulait laisser le plaisir entier à qui que ce soit de savourer sa pleine domination du tueur qui avait cru bon de faire des territoires médians son terrain de jeu.

    Jetant un regard d’encre au saltimbanque qu’elle dévisagea prestement, la main féminine chassa dans l’air toute question ou envie de parloter naissante, ramenant les deux hommes sur la terre ferme de leurs soucis principaux.

    « Pas de temps à perdre avec les présentations. Mettons-nous en route, vous m’expliquerez le reste des détails sur le chemin. Et soyons discrets. »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Sam 26 Nov 2011 - 22:05

A la question de l'arlequin, le nobliau ne put répondre que par un étrange gargouillis venant à se muer en un drôle de rire forcé. Le spectacle de contorsions hystériques et d'éclats fiévreux trouva finalement son explication lorsque ressortit la petite chipie de sous les frusques du pitre Ydrilote. Et sous peu on en revint à la question: alors, comment est… le châteaux ? A-t-il une belle façade, ou a-t-il déjà été usé par le temps ?
- Ma foi la bâtisse en elle-même est relativement récente et les ouvriers ont magnifié le tout par un exemplaire travail de fresques fort colorées! Néanmoins l'accès aux cachots me fut-il refusé, je dus me contenter d'une agréable vu sur le balcon baronnial. Quoiqu'il s'agisse plus d'un modeste garde-corps, pas assez mis en valeur selon moi. Mais chacun ses goûts en matière d'architecture, tu auras bien assez tôt loisir de juger du talent des maçons Olysséens! déblatéra le bougre, plus enjoué que jamais.
Bref, la discussion amena la recherche d'un plan sur la table et nos deux compères devant l'estrade, d'où Clélia s'éloignait lentement.

- Oh oh oh. Doucement vous deux là ! Reculez. Pas de réaction. Avait-il seulement été écouté? Vous z'êtes sourds ou quoi ? Si vous z'avez pas entendu mon discours, j'vous z'ai dit de prendre l'matériel si b'soin puis déguerpissez. M'Dame la Baronne d'Olyssea n'accepte aucune entrevue. Ouste ! Enfin les deux zigues daignèrent lever leurs yeux vers Eshperov, dont l'épée s'agitait comme la queue d'un félin passablement agacé, prêt à bondir sur ses proies pour les étriper d'un coup de griffes après avoir longuement joué avec elles. Effectivement Eshperov n'avait pas grand chose du petit chaton insouciant, mais un peu d'imagination que diable! Quoi qu'il en soit, les deux acolytes tournèrent ensuite leur tête l'un vers l'autre dans un silence de mort et... éclatèrent de rire.
- Ah ça! Aucune entrevue! Pas... la... moindre! Le vieux garde esquissa un nouveau moulinet en avançant sa lèvre inférieure, les yeux exorbités, dans une moue d'indicible colère.

Voilà. Finalement tout le monde finit par se calmer et l'on s'éloigna bien gentiment (quoique toujours avec force bravades) de la sentinelle furibarde pour attendre la noble dame... qui ne tarda pas à se présenter.
- Je vous dérange, peut-être ? chuchota une voix claire depuis l'ombre d'un capuchon miteux.
- Vous? Jamais très chère, le voyageur se retourna vers son compère: Dandy, voici la sublime Clélia -ou, comme elle semble préférer qu'on l'appelle: "son Honneur Dame Clélia d'Olysséa". Puis il pivota derechef vers la nouvelle arrivante: bien que je ne voie pas où puisse être le mal dans ce genre de familiarité. Peut-être devrais-je même vous trouver un surnom... La main au menton, les sourcils froncés, il cessa enfin ses élucubrations sur l'injonction de la-dite dame.
- Pas de temps à perdre avec les présentations. Mettons-nous en route, vous m’expliquerez le reste des détails sur le chemin. Et soyons discrets.
- Trop de travail et pas de plaisir font d'Altiom un triste sire... murmura le nobliau avant de reprendre à voix haute: et bien pour tout vous dire... nous n'avons pas de réel plan! Et hop, un petit sourire gêné pour faire passer la pilule (oui "pilule" tant pis pour l'anachronisme). Bien-sûr nous pourrions courir au-devant du danger et vous exhiber comme un appât sans défense, mais votre sécurité est notre priorité et nous resterons auprès de vous coûte que coûte. Après un instant il finit par poser la question élémentaire à toute traque: Dandelo et moi sommes de bons bretteurs, et nous avons quelques autres talents, mais nous devons savoir de quoi cet elfe est capable avant de nous y frotter.
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 28 Nov 2011 - 21:36

Elrick et Fjama marchèrent à bonne allure en direction de la sortie de la ville. Bien sur ils n'étaient pas les seuls à être pressés, les autres mercenaires, tous attirés par l'argent et sans aucun doute rien d'autre, voulaient être les premiers à capturer la bête.
Elrick n'avait que faire de l'argent, mais il se doutait que ce n'était pas le cas de Fjama, aussi acceptait-il volontiers de se presser plus qu'il ne l'aurait fait seul.

Ils arrivèrent finalement à la ferme où avait eu lieu le massacre. L'endroit, relativement éloigné de la ville, était en effet isolé. Pas étonnant que la ''bête'' ait pus s'y complaire à loisir. De l'extérieur, l'endroit paraissait normal : une bergerie et une bâtisse telles qu'on en voit dans tous les coins de la région, accompagné de quelques plantations de légumes.
Ceci dit, il planait sur l'endroit une odeur de mort, renforcé par l'air lourd des gardes qui surveillaient à l'extérieur.

-C’est glauque...

Les soldats regardèrent l'arrivée de la danseuse et du chevalier, l'aspect insolite de l'équipée n'arrivant même pas à réveiller une étincelle de vie dans leurs yeux fatigués et moroses. L'un d'eux se releva et s'avança vers eux.

-Pas trop tôt, si vous cherchez Tom, il est à l'intérieur.
-Bien, merci.

Le garde semblait s'être légèrement réveillé, comme s'il émergeait, prêt à accueillir la troupe de mercenaire qui ne manquerait pas d'arriver dans peu de temps.
L'on pouvait d'ailleurs sentir dans son expression comme dans le ton qu'il employait qu'il n’appréciait guère l'idée que des mercenaires brutaux et sans cœur l'interroge sur ce qui c'était passé, chose qu'Elrick arrivait parfaitement à comprendre.

Le témoignage de quelqu'un arrivé après le meurtre n'avait que peu d'intérêt dans ce genre d'affaire. La ''bête'' tuait apparemment sans raisons particulières, et ses habitudes étaient déjà bien connues de la garde.
Non, le plus important était de savoir où elle était partis. Et ça, Tom pourrait peut-être l'y aider, même si Elrick en doutait quand même. Disons que, à la place du concerné, il ne se serait sans doute pas attardé sur d'éventuelles traces de pas en voyant ses proches, étendus morts sur le sol.

Elrick toqua à la porte, puis la poussa doucement, pénétrant avec respect dans la masure. Quelques autres gardes y attendaient, lui lançant un regard peu amène, l'air encore plus lourd que ceux à l'extérieur.
Un coup d’œil à la pièce appris à Elrick que c'était là que la ''bête'' avait agis. Traces de sang sur le parquet, nombreux objets et quelques meubles renversés ainsi que d'autres humeurs peu ragoûtantes ne laissaient aucun doute quant à ce qui c'était passé ici.
Il se demandait si cette pagaille pouvait cacher quelques choses intéressantes. Il glissa quelques mots à Fjama.

-Je vais interroger Tom, n'hésite pas à fouiller un peu pour trouver des indices.

Il se doutait que la belle avait déjà pus y penser, mais ce n'était guère fâcheux de dire quelques paroles inutiles.
Le chevalier reporta son attention sur l'homme qui, s'appuyant sur sa canne, semblait attendre l'inéluctable. Elrick comprit aussitôt le pourquoi de ce surnom, La Broussaille.
L'homme en face de lui n'avait rien de joyeux, et à peine de vivant. Elrick s'approcha de lui, compatissant partiellement à la douleur du vieil homme. Partiellement, car il avait appris à toujours garder la tête froide, indispensable à la réussite.

-Excusez-moi de vous importuner dans des circonstances aussi tragiques, sachez que je compatis à votre situation et que j'aurais aimé pouvoir empêcher tout cela.
Mais si je viens à vous, c’est pour éviter que ceci ne se reproduise, et épargner à d'autres personnes la douleur qui est la vôtre. Ne vous en faites pas, je n'aurais que peu de question.
Lorsque vous êtes revenus, hier, avez-vous remarqués quelques traces que ce soit, qui pourrait nous indiquer vers où a fuis le meurtrier de votre fils ? Je sais que c'est dur, mais c'est indispensable à l'enquête.


Le ton d'Elrick était compatissant, partageant vraiment la douleur du vieil homme. Il avait parlé sans brusquer son interlocuteur, laissant le temps au seul témoin de se remémorer quelques indices, quelques informations qui auraient pus mener jusqu'au monstre responsable de tant de douleur.
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Fjama
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 1 Déc 2011 - 1:11

Arrivés à la petite ferme, théâtre du dernier massacre de « la bête », les deux comparses se répartirent les tâches naturellement. Elrick hérita de la tâche d’interroger le survivant de la famille et Fjama de fouiller les alentours. Certes le fait de crapahuter dans le froid d’un hiver olysséen ne la mettait pas particulièrement en joie. Mais, la perspective de d’éviter le séjour parmi des gardes, même en tout bien tout honneur, compensait allégrement les effets sournois d’une bise glaciale. Transie jusqu’au os, la pyromancienne ne fit toutefois pas usage de la magie. Autant garder cette petite botte secrète le plus longtemps possible.

Aussi, pour éviter de geler tout à fait et trouver un quelconque indice, dès qu’Elrick entra dans la maisonnette, elle fit lentement le tour de la masure. Hélas, sur l’avant de la demeure, impossible de trouver quoique ce soit d’utile. Les myriades de traces de pas des curieux, des mercenaires, des gardes, du croque-mort, etc… empêchaient même d’appeler véritablement un « sol ». Le terme le plus adéquat venait à l’esprit de la donzelle était « tas de boue » tant le gel, le passage avaient créé un sentier cahoteux.

Longuement, elle passa en revue le moindre brin d’herbe, la barrière autour de ce qu’elle présuma être le potager. Puis, à l’arrière, près d’une seconde porte sur le reste du jardin, elle découvrit les premières traces de sang. Venant de l’entrée, elles parsemaient l’herbe écrasée comme si on avait tiré une charge ou un fardeau : sans doute la gamine. Jetant un coup d’œil alentour, afin d’être sûre d’être bien seule, du pied, elle ratissa le sol afin de camoufler le début de pistes. Pas question qu’un autre maraud ne suive les mêmes pistes qu’eux ! Qu’ils trouvent autre chose ! Eh oui, Fjama n’en avait pas grand-chose à foutre de la gamine ou du malheur des olysséens, une seule chose l’intéressait : les espèces sonnantes et trébuchantes dansant d’un bel éclat d’or sur la paume de ses mains ! La hargne s’instillait dans ses veines au fur et à mesure que sa température corporelle chutait.

Là-dessus et après un nouveau regard circulaire, l’almée reprit sa fouille et son avancée sur le sanglant sentier. Globalement, elle n’avait pas grand-chose de plus que cette piste. A part, une mèche de cheveux roux, pas les siens, et un bout de tissu, probablement un morceau de la robe de la gamine vu la couleur rosée – à moins que ça soit le sang-. Avant de perdre la maison de vue et s’enfoncer sous les futaies, elle revint sur ses pas en songeant qu’elle avait terriblement la dalle. De retour à la fermette, elle s’installa sur la barrière arrière, balançant une jambe tranquillement dans le vide. Attiré par le bruit, un garde surveillant la masure vint lui faire un brin de causette – à la base pour lui demander de décarrer vite fait -. Usant de ses charmes pour lui soutirer des maigres informations sur « l’comment qu’c’est à l’intérieur », elle papota avec l’homme d’âge mûr tout en guettant la sortie de son compagnon et « sa » piste afin de s’assurer que personne ne la suivrait avant eux. .
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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mar 13 Déc 2011 - 15:52

[Notre petit ami Lucullus peinant à poster, je passe devant.]

Si toute la Grand-Place vibrait sous les pas de mercenaires aux traits graves et solennels, tous prêts à risquer leur vie pour complaire à la Baronne, sauver Olyssea, et accessoirement empocher le petit trésor promis, Altiom et Dandelo, eux, n’étaient secoués que par des rires qui, faute d’être innocents, restaient insouciants. Que ce soit la description imagée de son ami, les restes d’alcool qui se noyaient encore dans son sang, ou le souvenir encore jeune des moments délectables qu’il avait passé plus tôt en exquise compagnie, le saltimbanque était d’humeur joyeuse, et ne le cachait pas. Le brave Eshperov ne fut pas le meilleur calmant, au contraire. Sa tirade au verbe maltraité et au contenu pour le moins doté d’une certaine – mais involontaire – ironie arracha de nouveaux accès de gaieté aux deux joyeux lurons qui se tordaient de rire, la larme à l’œil, en s’envoyant quelques amicales frappes dans le dos.
Cependant, bien qu’étant pour le moins cocasse, le garde n’était pas un rigolo. Les moulinets poussèrent bientôt le duo à battre en retraite, Altiom tirant à l’écart un Dandelo qui usait avec malice de quelques quolibets colorés tout en remuant les poings à la manière d’un boxeur prêt au combat.

Une fois à l’écart, le bigarré pris la parole et, ayant déjà écouté le récit de son compagnon, commença à compter ses aventures, depuis le moment où ils s’étaient quittés. Il décrivit en détail la scène de la Taverne, le nain qu’il avait essayé de rendre ivre, le coup de la bougie, chaque phrase ponctuée par les gloussements conjoints des deux compères :

« Mais, ce n’est pas fini ! Peinait-il à articuler alors qu’Altiom riait encore de sa sortie de l’auberge incendiée, figure-toi que dans ma fuite je suis passé devant une maison fantastique, qui sans être un château, avait tout ce qu’on peut espérer d’une habitation, davantage même que certains palais. Il fit un clin d’œil à l’Ydrilote avant de poursuivre : Je l’avais déjà aperçue il y a de cela un an, mais j’avais dû me contenter d’apprécier la façade pour imaginer l’intérieur. Mais cette fois-ci, j’ai pu pousser l’audace jusqu’à la visi…
- Je vous dérange, peut-être ? L’interrompit une voix féminine.
- Et bien pour être honnête ma pou… Oh ! Ma Dame ! »

Altiom prit le relais et présenta la noblionne, s’égarant dans quelques réflexions nominales qui faillirent relancer le fou rire du Clown. Ma la Dame calma vite le jeu, et les intima d’avancer en toute discrétion. Cela-dit, quelques mots résonnèrent dans l’esprit de Dandelo, notamment « expliquer » et « détails ». Non pas qu’il eut une idée précise à exposer en la matière, c’était tout le contraire. Aucun stratagème ne germait dans tête qui jugea bien vide d’un coup :
* Sympa ça.
- Faut être réaliste.
- Charogne.*
Un sourire éclaira son visage pendant que l’ami bavard assurait la tchatche auprès de sa blonde. Evoquant des talents que Dandelo s’ignorait et en passant d’autres qu’il possédait bien sous silence. Il s’apprêtait à compléter, en beau et mystérieux jeune homme, il se ravisa. Les morceaux du puzzle s’assemblèrent bien vite : la taverne, le nain, la magie et l’incendie. Tout ne s’étant pas passé comme prévu, le moindre indice le reliant à ces évènements pourrait le condamner à croupir quelques temps dans les geôles Olysséennes. D’autant qu’en quittant Kassandra, il n’avait pas non plus joué dans la discrétion pour échapper aux gardes. Bref, c’était assez risqué, et de toute manière, ce jour-là Dandelo préférait les rousses.

Sitôt ces divagations terminées, l’artiste tâcha de renouer avec la conversation, sans succès. Il ne savait pas grand-chose des elfes, hormis les racontars qui traînaient à leur propos. Il n’en avait même jamais rencontré, alors son jugement aurait sûrement paru des plus ridicules. Il leva donc un doigt pour suspendre toute envolée lyrique, et lâcha d’une voix peut être trop enjouée, le doigt pointé vers les bois :

« Et si on allait par-là ? »

Sans trop savoir si le clin d’œil suffirait à ce qu’on ne lui tienne pas rigueur de son intervention, il joignit donc le geste à la parole et pris la direction du couvert verdoyant, jouant la carte d’un silence plus ou moins attentif tandis que le couple le suivait tout en poursuivant leur discussion.

Il y avait dans cette forêt touffue un elfe féroce qui valait une petite fortune. Et cette fortune, Dandelo comptait bien y goûter, à moins que la beste ne soit trop grosse pour lui.

« Qui vivra verra. » Marmonna-t-il trop bas pour que les deux autres puissent l’entendre, tant ils étaient occupés à papoter.



Dernière édition par Dandelo le Sam 24 Déc 2011 - 14:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 15 Déc 2011 - 20:52


Elandril l'entendit grelotter. Ses oreilles pointues se dressèrent au cri aigu et ses yeux brillèrent d'une malice insoupçonnée. Un sourire se dessina sur son visage sali par les intempéries et ses divers vagabondages. Du sang encore au bord des lèvres, la bête avait du courir un bon moment avant de mettre de la distance entre la hutte de pierre et elle. Elle avait compris que les hurlements et l'odeur du sang attirerait d'autres hommes. Et si elle était capable de tuer une petite meute, elle ne pouvait se confronter aux tribus d'hommes d'acier. C'était ces derniers qui erraient tout autour de la grande ville. Montés sur de grands chevaux, leurs piques de fer se balançaient au rythme du trot de l'animal. Mais il n'en avait cure à présent. Ils ne pouvaient rien lui faire, là où ils étaient. Et sûrement pas l'empêcher de savourer sa prochaine proie.

La Bête changea de position. Elle aimait cette sensation de pouvoir qui émanait de son corps tout entier. Voir sa victime dégouliner de peur, ses yeux affolés cherchant en vain son prédateur, son corps traversé de spasmes. Cet état là ajoutait à l'euphorie qui l'habitait lors de ses chasses et pour rien au monde il se gâcherait ce plaisir là. Lorsqu'elle fut ivre d'excitation, la Bête s'avança doucement. Le bruissement discret des feuilles déchira le silence qui régnait dans le semblant de forêt où ils se situaient. Sa proie se retourna, en alerte. Leurs regards se croisèrent et il y eut un cri assourdissant qui se répercuta loin dans le décor.

Alors, la Bête jaillit de sa cachette et se lança derrière son gibier.





Tom la Brousaille ne put tenir plus longtemps, même cramponné à sa canne, et s'affala dans son fauteuil.

Faites que l'on en finisse… Vite.

Le vieil homme avait écouté le semblant de mercenaire débiter ses condoléances et ses mots qui se voulaient réconfortants. Mais Tom le savait, il était à peine sincère. Des paroles vides pour gagner de la confiance. Tu n'as pas besoin d'ça, mon gars pensa t-il. Il portait suffisamment de haine en son cœur pour raconter à qui voulait l'entendre ce qu'il s'était passé. La simple vue de la scène expliquait assez bien ce qu'il s'était passé. Les éléments étaient bizarrement semblables avec les rumeurs qui couraient les rues d'Olyssea. Au début, Tom n'y croyait guerre. Encore des histoires à dormir debout pour effrayer les enfants insupportable pensait-on. Puis les marchands avaient commencé à colporter d'étranges faits. Mais là encore, on ne pouvait leur faire confiance. Puis l'affaire avait pris une terrifiante tournure bel et bien réelle…

Le regard dans le vide, Tom se rappela qu'il n'était pas seul :

« Merci bien… J'vais tout vous dire. Quand j'suis arrivé, d'jà, j'vu une brebis à terre, égorgée. J'm'suis dit, c'pas normal… Pis c'est l'cri d'la tite qui m'a alerté. J'l'entendais d'derrière la maisonnée, c'pouvait'êtr' qu'elle, 'vec toutes l'fois où elle pleurait. Mais 'vec ma jamb' plus trop jeun', j'p'vais mêm' pas courir... L'pire, c'quand j'suis rentré. Z'êtes bien équipés ? Parc'qu'vous savez, mon fils était du genr' dur à cuire. 'Se laissait pas faire. M'ça pas l'empêché d'se faire terrasser par c't'espèce de bestiole dont tout l'monde parle… Même sa femme qu'il a pas laissé ! »

La Broussaille fit une pause afin de reprendre un peu son souffle. La tristesse lui tiraillait tant les entrailles qu'il en postillonnait un peu partout en parlant, ses yeux humidifiés.

« P'r la p'tite, j'rien pu faire. Vous imaginez mem'pas. C'te fichu sensation d'êtr'complèt'ment impuissant, bordel… C'pas faute d'avoir essayé. J'suis sorti, j'ai essayé d'courir mais ma vieil' carcasse suivait pas. J'en ai pleuré d'frustration, ça oui, qu'j'en ai pleuré… 'Lez voir par vous mêm', sont été allongés à côté s'vous voulez. Les... corps. Pardonnez-moi mais c'd'jà assez dur pour moi... V'lez savoir où elle a décampé c'te saleté ? J'dirais qu'si vous z'allez par là, vous'y tomb'rez plein d'sus. L'parti tout droit à 'couter l'cris... »

Sa main fatiguée désigna la porte située derrière lui. La ferme étant à l'ouest d'Olyssea, son doigt pointait vers le sud.

« V'erez, l'traces dehors y montr' bien. Et s'vous plaît, ram'nez moi ma 'tite fille. C'tout c'qui m'reste, tout c'que j'mande… Ma tite Elya. »

Ses yeux s'égarèrent dans le décor, faisant comprendre à Elrick qu'il était temps de quitter les lieux. Un garde revint dans la salle pour escorter l'homme jusqu'à la sortie. Juste avant qu'ils n'eurent franchi le seuil, un petit gémissement les fit pivoter. Tom la Brousaille essayait à nouveau de se remettre debout. Il s'appuya lourdement sur les accoudoirs du vieux siège qui grinça sous son poids. Lorsqu'il bascula, il ajusta vivement sa canne afin de s'empêcher de s'écrouler au sol. D'une démarche chaloupée, il s'approcha lentement d'Elrick. Puis, lui agrippant le bras, il releva un visage terrassé par la douleur, humide de larmes et fébrile :

« Un'dernièr' chose m'bon m'sieur… Juste avant de … Juste avant … J'ai ouï s'derniers mots. Il disais, ç'n'avait pas b'coup sens mais disait qu'c'te chose … poil roux … taille humaine. Quoi qu'ce soit, l'a d'grandes oreilles et l'peut fair' dégâts. Tuez-le… Fait' lui la peau… »

Le bruit de ses sanglots escortèrent Elrick jusqu'à la sortie où l'entendait patiemment Fjama. Lorsque son pied toucha la terre encore molle d'humidité, un cri retentit en écho de la forêt, faisant s'envoler une nuée de corbeaux noirs de jais. Cela venait du sud.





La petite troupe se rassembla bruyamment autour de leur chef afin de discuter de la marche à suivre pour la traque. Restés sur la Grande Place d'Olyssea, les nains s'étaient mis en cercle pour se concerter. Très vite, les premières stratégies furent exposées. Ils avaient tout, matériel de combat, de la corde et des chaines qui pouvaient attacher un géant. La rumeur des conversations s'arrêta lorsque, pantelant, Borin revint à grandes -du moins pour un nain- enjambées. Il prit quelques instants pour reprendre son souffle puis lança d'un ton bourru, le visage noir de suie restée de l'incendie :

« J'dû courir… On a chopé un aut' marmot, ç'y est ! »

Il prit appui sur ses genoux afin de mieux respirer et reposer ses membres endoloris…

« On l'a f'parlé c'lui-ci. Le feu… Volontaire à c'qu'il parait ! Ce s'rait un espèce de guignol de clown qu'aurait tout monté. Pis l'gamins ont été soudoyés. C'les autres mercos ça, des bâtons dans les roues... »

L'expression furieuse des autres nains confirmèrent le fait. L'information fit hocher la tête de Lucullus. Mais avant qu'il n'ouvre la bouche afin d'exposer son avis, Eshperov débarqua, sa bedaine dépassant légèrement de sa cotte de mailles. Il agitant ses bras vers le groupe de nains.

« Z'êtes encore là ? C'est pas à ce rythme qu'vous choperez l'animal ! »

« On était sur l'point. On y va, chef ?! »





La jeune femme déboula sur le chemin en hurlant.

Nos trois compagnons, occupés à rire et discuter d'une voix forte, sursautèrent à l'arrivée de cette furie. Ne s'attendant pas du tout à une telle éventualité, ils ne réagirent pas à temps : la femme s'approcha d'eux en courant, larmoyante et en sueur. Une fois arrivée à leur niveau, elle s'agrippa à Dandelo comme si le sol allait soudainement se transformer en sables mouvants. Enfonçant ses ongles sans la chair de son bras, elle continuait de crier, s'agiter dans tout les sens, comme possédée par une entité chaotique. Elle était vêtue d'une légère robe qui devait être blanche il y a un temps mais jaunie par la saleté, apparaissaient brune. Déchirée, elle laissait entrevoir un sein, sûrement passé par dessus bord lors de sa course. Son visage était tuméfié de petites blessures mais laissait visible ses traits légèrement grossiers, dévisagé par la terreur.

« Par pitié, messires, par les Cinq, aidez moi je vous prie ! Il me suit... » Sa voix était hystérique.

Elle ne cessait de jeter des regards frénétiques derrière elle, en direction du sous-bois obscur qui demeurait calme, pour l'instant.

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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Ven 16 Déc 2011 - 18:44

(Je vous prie de m'excuser de mon retard, j'ai eu quelques trucs IRL... J'espère que cela ne se reproduira plus. J'ai dû aussi remodifier mon message :D Je reprends ensuite après Fjama )


Il fut donc décidé que la troupe devait se mettre en marche vers l'extérieur de la cité et trouver la Chose à partir du dernier endroit où sa présence fut observée, entre deux côtes et lambeaux de chairs. La traque elle même devant durer quelque jours, la première phase du plan n'était autre que le vote des prochains repas qui seraient mangés par la compagnie. Bien que pendant des siècle les petits êtres barbus avaient vécus sous la domination d'un roi et de son conseil ainsi que du pouvoir féodal des grandes familles et clans, autant pour la question de la nourriture ils se devaient d'adopter une sorte de centralisme démocratique qui impliquait toujours un grand débat qui pouvait durer de longues heures, suivi d'un vote, du résultat, de l'action et enfin -souvent- un début de bagarre, mais qui était très vite interrompue par un tavernier bien avisé qui arrivait muni d'une douzaine de chopes de bière. Un grand nombre d'érudits humains -et quelques elfes- s'étaient déjà lancés dans des explications peu stables pour tenter de résoudre cette particularité sociologique du peuple sous la montagne, mais ceci sans grand succès. Cette même forme démocratique s'appliquait dans l'armée naine, du moins dans le peloton de Lucullus. Avant ce conseil au sommet, le maître-queue avait dressé l'inventaire de ce qu'il possédait déjà et de ce qu'ils pourraient trouver, garder et cuisiner durant l'expédition. Le vote eut lieu, les victuailles et les boissons apportées et chargées sur les mules de voyage. Avec un peu de chance cela attirerait le monstre la nuit tombée, se disaient-ils sans y croire. Suite à ces longues heures de préparatifs on vit à nouveau en ville, la petite présence parfois dérangeante des nains courant d'un point à un autre, bousculant tout sur leur passage, ne faisant aucune différence d'âge ou de catégorie sociale, attirant ainsi le mépris de certains ou les rires des autres.
Au retour de tout le monde, alors que vivres s'entassaient près de l'équipement adapté à la capture du monstre, et que la troupe se préparait à la traque, un des nains, Borin ayant été présent dans l'incendie de l'auberge revint avec ces mots:


« J'dû courir… On a chopé un aut' marmot, ç'y est ! On l'a f'parlé c'lui-ci. Le feu… Volontaire à c'qu'il parait ! Ce s'rait un espèce de guignol de clown qu'aurait tout monté. Pis l'gamins ont été soudoyés. C'les autres mercos ça, des bâtons dans les roues... »


Le suivait de près le dodu d'Eshperov qui leur fit remontrance de leur retard au départ. Pour ne point couvrir d'opprobre à nouveau son lieutenant Borin fit avec beaucoup de tact:

« On était sur l'point. On y va, chef ?! »


Ils étaient en retard sur les autres, en effet, et être en retard pour un nain est inadmissible! C'est pour quoi l'officier beugla:

"Allez, allez! On ne lambine pas et on se trouve cette pourriture! Chargez les mulets et vos dos on a plus le temps de discutailler! Et quant à vous, garde, ne m'importunez plus..."


Les nains se mirent très vite en marche sous le regard noir du soldat odysséen.

A force de campagnes sans avoir de moyen de locomotion rapide tel que le cheval, à sa disposition, l'armée naine avait développé la compétence de pouvoir parcourir de très longues distances en marche forcée et ensuite se jeter dans la bataille, et mettait en valeur très vite la compétence qu'est celle de l'endurance. C'était pourquoi en un rien de temps, les vétérans du IIIe régiment de l'infanterie légère eurent gagné la maison du dernier crime en un laps de temps très court pour ensuite glaner quelques informations auprès des autres groupes déjà présents.
En vue de la barrière, ils avaient vu une femme jeune en apparence mais peu banale, discutant avec un des très nombreux gardes venus jusque là. Ceux-ci et les autres mercenaires qui pullulaient également, avaient sans aucun doute effacé bon nombre d'indices au cours de leurs "enquêtes" respectives. D'ailleurs, ils se hâtaient tous, à l'image de ce chevalier brun entrant dans la masure d’interroger le pauvre fermier veuf et sans enfant désormais.

"Bon, essayons de trouver quelque chose d'intéressant ici... Même si je pense que ça ne mènera pas à grand chose. Cuistot, prépare aussi des repas pour quelque personnes en plus, un bon rata déliera la langue de quelque uns. Gardes et mercenaires compris. Allez vous autres, dispersez-vous!"
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Lun 19 Déc 2011 - 22:23

    Passant outre la petite tirade monologuée de l’ydrilote, la baronne esquissa un maigre sourire amusé en direction des deux jeunes hommes. Et dire qu’ils étaient censés la protéger vaille que vaille. La jeune femme acquiesça, prenant la tête de leur groupe, suivant la direction donnée par Dandelo.

    « Allons-y. »

    S’enfonçant dans les bois, l’étonnant trio se mura rapidement dans une conversation en chuchotis surtout partagée par Altiom et la baronne que par le saltimbanque, qui semblait bien plus aux aguets que ses deux comparses. Se tenant à l’écart, il les suivait, fermant leur marche dans un modèle de prudence qui ne s’apparentait pas à ce que son allure dégageait : il évoquait à l’esprit de la noble femme un gai-luron épicurien plutôt qu’un sage sur le qui-vive.

    Face aux interrogations et aux confessions d’Altiom, Clélia demeurait sereine sous couvert d’un léger agacement ; ils n’avaient pas l’air de bien réaliser l’atout qu’ils possédaient pour trouver cette bête, croyant certainement avec la naïveté d’un doux dingue que l’animal fou leur tomberait dans les bras comme une femme ivre. La mâchoire un brin crispée, la jeune fille susurra à l’adresse du vagabond.

    « Ce n’est pas difficile : sachez que cet elfe est d’une rapidité rare. Il est aussi vif qu’impulsif et très violent. Ne vous attendez pas à un pacifique être à longues oreilles. Imaginez le plutôt comme … comme un loup un peu affamé, prêt à vous broyer le cou. »

    Si le sang-froid du timbre tranchait radicalement avec la cruauté concise des mises en garde, il n’en minimisait pas pour autant le danger qui les guettait. Clélia se contentait de les informer de la plus véridique des manières, jugeant que ces deux-là n’étaient pas des enfants de chœur à bercer d’illusions. Autant qu’ils soient le mieux préparés à ce qui les attendait au détour d’un bosquet touffu.

    Un fourmillement saccadé se fit entendre au loin. Simples mercenaires effrayés ou bestiole en fuite, les sens du groupe s’alarmèrent d’eux-même et les firent s’arrêter, les deux hommes se tendant, aiguisant leurs déterminations à en découdre. Tout juste audible pour l’oreille de Dandelo à qui elle tournait le dos, la jeune noble murmura, hochant le menton brièvement vers des fourrés qui s’agitaient frénétiquement.

    « Là-bas, il y a du m… »

    La baronne fut brusquement interrompue, leur manque de réaction ne pouvant que leur en coûter. Alors qu’elle se reculait, la silhouette semi dénudée d’une paysanne émergea puissamment des dits buissons désignés précédemment – qui l’avaient au passage égratignée plus que de raison -, sautant au cou du Clown à la manière d’une sauvageonne, qui eut la première réaction naturelle de réceptionner la jeune femme esseulée, tandis qu’il ployait quelque peu sous l’impact imprévu. Reprenant rapidement une contenance, il offrit bien trop généreusement son manteau à la donzelle – dont le sein à découvert le laissa contemplatif un bref instant -, tandis que la jeune femme bégayait des incohérences qui ne disaient rien de bon à la baronne.

    La robe terreuse, le teint vif et rougi par quelques estafilades et ecchymoses, le souffle court, la panique dans le regard … Pendant une fraction de seconde, Clélia sentit ses propres ongles s’enfoncer dans sa chair. Il n’y avait pas de doute, il était là. Il fallait qu’ils l’attirent à eux encore plus, qu’ils l’appellent, qu’ils le provoquent délibérément.

    « Très bien, marmonna l’encapée à elle-même. Sur un ton plus audible elle reprit. Qui vous a fait ça ? Comment était-il ? »

    Impatiente, la jeune femme eut à peine le temps de répondre que la baronne ne l’écoutait pas, pivotant pour s’éloigner un peu du groupe et saisir un pan de tissu de sa robe, qu’elle frotta à quelques branches, puis à un tronc voisin, traçant le début de leur chemin de fuite. La Bête connaissait son parfum ; ce serait un indice tellement flagrant qu’il foncerait dans le piège sous le coup de la faim.

    « On a pas le temps de s’occuper d’elle. » Elle articula ces paroles du bout des lèvres à l’adresse d’Altiom. « Que votre ami se charge d’elle, ou qu’on l’emmène, s’il la poursuit, il nous suivra d’autant en plus en sentant mon odeur. »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 22 Déc 2011 - 0:32

A mesure que nos trois héros du jour s'arrachaient la peau sur les ronces en se prenant une branche sur deux avançaient au travers des déjections de toutes sortes d'animaux de la forêt, la tension se faisait plus palpable. Exception faite de notre Ydrilote, qui passait son temps à babiller insouciamment avec la Dame plutôt que de s'inquiéter du danger imminent qui les observait de ses vilains yeux globuleux injectés de sang. D'ailleurs à la description que notre chère baronne fit de la beste, il ne put s'empêcher de commenter d'un air songeur: oh je vois... il pourrait donc s'agir d'au moins quatre de mes anciennes partenaires... Désormais lancé, on ne l'arrêtait plus! Sautons donc les trois quarts des très intéressants -mais néanmoins dénués d'intérêt pour notre traque- bavardages du fin orateur.
- (...) oui, vous verriez ces plages de sable fin... ces étranges arbres où poussent foultitude de fruits aussi étranges à nos yeux qu'ils sont savoureux pour nos papilles... les rhums locaux, bien meilleurs que tout ce que l'on trouve à Meca! Et... les femmes Nelenites, leurs teints hâlés, leurs accents chantants, leur mœurs si lib- Alors à son grand dam -mais sûrement pas à celui de Clélia- surgit des fourrés de quoi lui couper la chic, et pourtant il en fallait: une jeune femme en détresse, hurlant à la mort, toute langue -et poitrine- dehors! Par réflexe le nobliau empoigna sa canne (chut avec vos idées tordues!), mais desserra bien vite son étreinte lorsque l'instinct laissa place à la pensée. La pauvrette n'ayant pas d'autre air que celui de la plus parfaite victime, l'Ydrilote se concentra sur les alentours. Il eut beau plisser les yeux à s'en froisser les muscles de la paupière, rien n'y fit: la végétation était trop dense, même pour les sons, qu'elle étouffait aisément.
La bête était parfaitement camouflée. Bête? C'est lui qui était bête oui! Voilà qu'il en avait même oublié son sort d'Empathie! S'agenouillant consciencieusement, il commença à se plonger progressivement dans cet état proche de la transe où le monde se fondait en un étrange océan que les mots ne pourraient espérer décrire (non ce n'est pas une excuse foireuse pour m'éviter cinq lignes supplémentaires). Imaginez un océan irisé, chatoyant, omnicolore! Un panache chromatique indéfinissable, une vague, un souffle, une onde qui ébranle tout votre être d'émotion, de chaleur, de puissance! Une lumière dont l'origine semble se perdre au-delà d'un voile nébuleux, tout autour, vous irradiant de rais éphémères. Et parmi ce maelström d'énergie pure, des flux, des variations, de la vaguelette aux véritables raz-de-marée. Des signes, comme les lettres d'un livre, que l'on déchiffrerait à tâtons pour arriver à former des mots, des visions. Pour finalement devenir, après d'éreintants efforts, des phrases entières, représentations animées de scènes surgissant du passé où de contrées lointaines. Mais bon, notre suderon n'était encore qu'un novice et pour lui cette mer de sensations contradictoires restait impénétrable. On ne peut lire une langue avant d'en apprendre ne serait-ce que les bases les plus élémentaires... mais on peut parfois saisir un sens général, une impression. Et ici l'impression était claire, quoique lointaine: de la rage, de la furie à l'état pur. Terrible, grandiose et immodérée. Altiom rouvrit les yeux.

- Par là-bas! Il est là-bas je l'ai senti! cracha-t-il en tendant un bras fébrile et presque tremblant devant lui. Le monde semblait bien plus serein de ce côté-ci du miroir, et il fallut qu'il y soit tout-à-fait revenu pour commencer à se calmer.
- On a pas le temps de s’occuper d’elle. Que votre ami se charge d’elle, ou qu’on l’emmène, s’il la poursuit, il nous suivra d’autant en plus en sentant mon odeur, lui glissa la Dame sans qu'il la voie venir, tressaillant d'ailleurs sous le coup de la surprise.
- Bien-sûr qu'on l'emmène! Pas question d'abandonner qui que soit à Ses griffes. Dandy! Ramène-toi on doit trouver un meilleur endroit où affronter la Beste! Et par meilleur endroit, le nobliau entendait clairière, là où l'elfe perdait son principal avantage. S'ensuivit une course effrénée qui les mena finalement à l'orée d'une éclaircie, petite mais c'était mieux que rien.
- Clélia, mademoiselle, restez entre nous... oui, même si j'imagine bien que vous n'allez pas Lui sauter dans les bras. Il dégaina son yari et chuchota à l'adresse du clown bigarré: Dandelo on va avoir besoin de toute l'aide possible, tu crois que Lulu pourra nous sauver la mise?
Eh bien ça y était. La troupe était parée et en place, figée dans l'attente et l'appréhension, dans l'écoute et l'observation...
- PIIIITIT PITIT PITIT!!!
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 22 Déc 2011 - 21:47

Elrick était resté parfaitement silencieux durant le récit de Tom la Broussaille. Il allait partir lorsque le vieil homme le retint pour lui révéler les derniers mots de son fils. Ce qui constituait sans doute les indices les plus utiles après la direction dans laquelle était partie la Bête tant recherchée.
Elrick hocha la tête, l'air grave, comme pour acquiescer à la demande du vieil homme. Dont il ne ferait rien, la baronne elle-même avait demandé la Bête vivante et ses ordres valaient mieux que n'importe quel demande d'un paysan, aussi effondré soit-il.

Elrick ressortit donc de la masure, remettant en place son manteau pour se protéger du froid, soudainement agressif au sortir de la maisonnée. Il repéra rapidement Fjama en train de discuter avec un des gardes. Celle-ci semblait l'attendre et il jugea aussi opportun d'attendre qu'elle mette d'elle-même fin à la discussion.
Ce qui ne tarda guère et ils firent rapidement le compte rendus de leurs découvertes respectives. Les indices trouvés par Fjama semblaient correspondre avec les souvenirs de Tom. Ce qui était plutôt une bonne chose, car l'un comme l'autre n'était pas d'une fiabilité à toute épreuve. Elrick mit également la jeune femme au courant des derniers indices délivrés par Tom, à savoir la taille humaine de la Bête et ses longues oreilles. Il put également confirmer que les poils roux lui appartenaient. Au vu de la description et des indices, le chevalier pensait avoir affaire à un elfe. Si l'hypothèse du drow avait été pendant un moment tentante – remettre tous les crimes sur le dos du peuple honnis était d'une facilité déconcertante – il ne savait pas possible pour un drow d'avoir les cheveux roux. Il faut dire qu'il ne s'était pas particulièrement renseigné, les drows c'étaient plutôt le problème de l'armée en général.

Bref, alors que les deux équipiers se concertaient dans le froid matinal, un cri résonna, à travers la forêt et l'air glacé de ce matin hivernale. Qui plus est, il semblait venir d'une direction similaire à celle qu'ils comptaient prendre.
Sans bien plus réfléchir, Elrick s'élança dans la direction, rapidement suivis de Fjama. Tous deux progressait à grande enjambé, veillant tout de même à ne pas s'épuiser, il ne servait à rien de rattraper son ennemi sans être capable de le battre.

Progresser à travers la forêt, surtout matinale, n'était pas une chose aisé. Même si le froid asséchait l'air, les feuilles recouvertes d'une rosé tout juste gelée n'en détrempaient pas moins les vêtements de ceux qui se prenaient à passer au travers et le sol, généralement dur et froid, se révélait parfois particulièrement boueux.
Il avait fier allure, le chevalier royale, les bottes couvertes de boue, la cape lourde de l'eau accumulée et sa température corporelle commençant à fraîchir plus qu'il n'était conseillé. Ce qui ne l'empêchait pas se sentir bien, peu lui importait ces multiples désagréments, ils touchaient tous deux au but et se seul fait le poussait en avant, il avait hâte de savoir ce qui se cachait réellement derrière la Bête et souhaitait ardemment prouvé une fois de plus ses talents de chasseurs.

Alors qu'ils se rapprochaient toujours plus leur allure ralentit petit à petit, il s'agissait de retrouver la Bête, non pas de la faire fuir. Ou pire, que ça soit elle qui les trouve. Veillant à ne pas se séparer, le duo continua à progresser dans les sous-bois, dans la direction que leur avait indiqué les cris. Elrick avait dégainé son épée et cherchait du regard toute trace de poils roux, signe de la Bête, ou du passage de n'importe quel autre être humain, ou assimilé, qui aurait pus les conduire à la source du cri.
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Lucullus
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mar 27 Déc 2011 - 14:19

Un cri... C'était ce qui provoqua tout un remue-ménage autour de la ferme. Déjà quelques uns s'élançaient vers la direction de la forêt, d'où il provenait. Le rata avait été servi à la plupart des personnes présentes sur place avant cela et les nains avaient ainsi comblé leur retard en matière d'informations sur la bête, sans pour autant avoir à effectuer la vile besogne qu'était celle d'interroger le veuf, ou bien retourner le fumier pour tenter de découvrir une trace quelconque du monstre. Mais ces informations, au final, ne furent pas d'une très grande utilité. Au moment du cri, donc, les petit campement organisé par les nains où se regroupaient mercenaires de tout horizon et gardes de la région, fut en proie d'un tumulte général qu'essayait en vain de calmer le cuistot, seigneur de ce lieu. Lucullus essaya lui aussi de rameuter du mieux qu'il pouvait ses troupes, mais avec la bousculades et leur petite taille les nains furent parmi les derniers à quitter la ferme, et encore, tout le peloton ne suivait pas. L'officier avait pris avec lui une vingtaine de ses hommes, envoyant trois éclaireurs dans une autre direction, et gardant sur place une autre dizaine. Le groupe s'élança à la suite des autres mercenaires tentant de garder le rythme. Une fois dans la forêt, l'épreuve commençait à devenir rude pour les petites jambes des guerriers nains, qui n'étaient pas le moindre du monde habitués à ce genre d’environnement et ils peinaient à avancer. Heureusement pour eux, d'autre avaient le même problème, et grâce à leur nombre et à leur solidarité mutuelle, ils purent se mouvoir un minimum. Malheureusement, la bête elle, devait être dans son état naturel et cette traque semblait quelque peu désespérée à présent. Tout les espoirs des nains étaient entre les mains des éclaireurs qui devaient jouer le rôle de rabatteurs, en espérant qu'ils avaient été formés pour la forêt auparavant.
Des hommes tombaient autour d'eux, mais personne ne s'en souciait, le but étant de se rapprocher du cri... Le cri semblait bien loin désormais, personne ne savait où aller et comment retrouver ce cri. Si bien que tous les mercenaires se séparèrent et convergèrent vers une direction différente, les nains firent de même, espérant que se serait la bonne. A des endroits, la forêt était plus clairsemée, ce qui leur permettait d'avancer en ligne, à d'autres, plus épaisse, ils étaient contraints à avancer de front. A un moment, ils ne virent plus aucun homme autour d'eux et n'entendirent plus un bruit, si ce n'est le leur, qui restait d'ailleurs considérable, et le lieutenant dut les arrêter.

" Camarades, je crois que nous sommes perdus..."

"Mais alors que faisons-nous mon lieutenant? fit un homme de troupe du nom de Korik."

"Je n'en sais rien, espérons que soit le monstre, soit nos éclaireurs, ou encore un de ces pouilleux nous tombe dessus, mais là je n'ai aucune solution. Trouvons une clairière, faisons une pause et restaurons-nous. Le destin se montrera peut être clément."

Une heure de marche plus tard, sous les rayons de ce matin d'hiver, le fragment de peloton trouva une clairière propice à la pause, et non-loin de là, un petit ruisseau frais. Ils purent se désaltérer, faire un petit feu, se reposer de ce milieu guère propice à l'aventure pour les petits êtres de moins d'un mètre cinquante. Physiquement ils étaient en bien piteux état ces vaillants nains... et leur chef pas mieux que le reste. Couverts de boue, d’égratignures, d'insectes et surtout, tout mouillés.
Suite à ce moment de détente, Lucullus réorganisa ses "troupes" et envoya la moitié du groupe effectuer des recherches autour de cette clairière, la gardant toujours au centre pour éviter qu'un nain se perde dans cet amas de feuilles mortes et d'épines. Les recherches se faisaient surtout au niveau du sol, trouver un indice, un petit quelque-chose, qui leur indiquerait que la bête était, un jour si ancien soit-il, fut dans les environs.


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Dandelo
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Mer 28 Déc 2011 - 20:12

Des arbres. Plein d’arbres. Tel était le paysage qui s’offrait à la vue du saltimbanque. Un œil plus sensible y aurait peut-être vu le fourmillement de la vie, la beauté de la nature, mais Dandelo n’y voyait qu’une vaste étendue de bois sombre, sale et humide. Heureusement qu’il y avait ce sentier, sinon le petit groupe se serait probablement perdu et les dangers de la faune locale se seraient alors ajoutés à l’overdose de verdure. Quoique d’un autre côté, c’était plus ou moins ces dangers qu’ils recherchaient dans ce vert labyrinthe.
Ses deux compagnons étaient toujours plongés dans diverses discussions auxquelles notre ami ne se sentait pas de se joindre et si il ne manquait pas de partager les plaisanteries du nobliau, il marchait toujours un peu à l’écart, un peu perdu dans ses pensées. Et si la récompense n’était pas pour eux ? Le jeune homme espérait pouvoir profiter de ces fonds pour financer ses pérégrinations sans avoir à s’arrêter à chaque bourgade pour faire son spectacle. Il aurait voulu aller dans le Sud pour goûter aux plaisirs raffinés des cités méridionales. Le Nord était moins attirant, mais il aurait été curieux de découvrir l’Estrévent. Quelle que soit le voyage qu’il choisirait, ce dernier réclamerait plus de quelques souverains pour être réellement plaisant, aussi lui fallait-il obtenir quelque pécule, et assez vite pour espérer entamer son voyage dès la fin de l’hiver.
*J'aurais quand même vu cette fille.*
Dandelo se sourit à lui-même. Ces instants volés avec sa belle étaient si proches et pourtant déjà si loin. Peut-être que le destin placerait sur sa route d’autres femmes aussi exquises que la délicieuse Kassandra. On disait les femmes du Sud très belles après tout.

Couvrant les murmures de la baronne, c’est le bruit brusque des feuilles que l’on bat et du bois craquant sous la course d’une femme qui interrompit le flot de ses pensées. Dandelo eut à peine le temps de relever la tête et d’ouvrir légèrement les bras qu’elle se jeta à son coup avec la force du désespoir. Il tituba légèrement sous le choc et son masque tomba à terre tandis que la sauvageonne enfouissait son visage sale dans le creux de son coup pour pleurer tout son saoul et continuer de crier.
Sa surprise passée, Dandelo la serra dans ses bras, sa bouche se frayant un chemin dans la chevelure emmêlée pour atteindre une oreille :

« Là, murmura-t-il, doucement, c’est fini. »

Sa peau était brûlante, elle tremblait de peur. Il continua de lui murmurer des paroles réconfortantes en lui caressant délicatement le dos. Sa respiration était encore saccadée, mais son étreinte semblait déjà moins crispée. Ca ne l’empêcha pas de gémir lorsque le clown essaya de s’en détacher légèrement. Les ongles agressèrent encore la peau du jeune homme, lui arrachant une légère grimace.

« Allons, reprit-il, je vais prendre soin de toi, tu n’as rien à craindre. »

Lentement il se délivra du crochet de ses bras, et s’écarta un peu pour lui faire face. Il saisit le bord de son décolleté et le remonta pour cacher le sein baladeur avant de constater que même ainsi, l’inconnue restait sacrément peu couverte avec sa robe déchirée. Il se baissa, ramassa son masque et le reposa sur sa tête avant de retirer son manteau pour en couvrir sa protégée. Il l’entoura, ferma le vêtement chaud et …
*Merde.
- J’allais le dire.
- Au moins elle m’a laissé un souvenir.*
C’est que quelques heures plus tôt, dans sa précipitation la rouquine avait déchiré le pantalon du jeune homme, et si la ceinture de fortune qu’il avait improvisée à partir d’un rideau tenait bien le vêtement, le rendu n’en était pas moins pittoresque à la vue. Il débraya sa chemise avant de l’ajuster discrètement dans l’espoir qu’elle cache son bricolage, puis il remonta ses manches jusqu’au coude, l’air de rien, en espérant que l’arrangement vestimentaire ne le trahirait pas en plein combat, si les hostilités se déclenchaient. Et à en croire Altiom, il y avait pas mal de risque.

Dandelo tourna la tête dans la direction que son compagnon avait indiquée mais il ne distinguait rien dans cet océan de verdure alors. Un endroit plus adapté hein ? C’est sûr que ce serait plus préférable. Ni une ni deux, le clown souleva la fuyarde – qui ne fut pas mécontente de trouver pareille proximité – et suivit les deux autres dans leur course.
Puisant dans sa magie, il allumait de petites flammes pas plus grandes qu’un pouce autour du groupe en progression. Les flammes en elles-mêmes n’étaient pas très dangereuses, mais il pouvait en faire naître des explosions autrement plus violentes si tant est que leur adversaire s’en approche.
Ils arrivèrent enfin dans une petite clairière. Dandelo reposa la jeune femme et regarda autour de lui. L’endroit n’était pas si spacieux et il se sentait presque plus vulnérable, comme à découvert entouré par ces troncs menaçants. Bien sûr il aurait pu élargir l’endroit à grand renfort de flammes, mais il ne tenait pas à s’essouffler, surtout si c’était pour risquer d’effrayer la bête. Altiom fit lui-même part de ses inquiétudes au Saltimbanque qui répondit d’une voix désolée :

« Je ne sais pas Altiom, elle est assez fatiguée et si l’on en croit la Dame, la bête sera très féroce. Je ne préfère pas lui faire prendre de risque. Toutefois si cela se révèle être une question de vie ou de mort, sois certain qu’elle saura intervenir. »

Il posa une main sur l’épaule du nobliau, le fixa un instant dans les yeux en un encouragement silencieux, puis il le lâcha et se tourna vers sa protégée.

« Reste près de Dame Clélia, derrière nous, et il ne t’arrivera rien. »

Il voulut lui adresser un sourire encourageant, mais la tension grandissante le transforma en un rictus maladroit. Se retournant vers la forêt dense, il éparpilla discrètement de nouvelles petites flammes, prêt à faire retentir quelques explosions si besoin était.
Maintenant, il fallait l’attendre.
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 29 Déc 2011 - 15:43



La jeune femme glapit lorsque les buissons frémirent. Elle sauta sur la jeune inconnue encapuchonnée afin de se protéger. Les deux femmes n'avaient pas eu le temps de fuir bien loin que le bruit s'était déjà rapproché. La tension monta d'un coup. Les flammes magiques vacillèrent, dansant d'un vent invisible. Le noble et le saltimbanque sortirent leurs armes respectives, prêts au combat. Dans le lointain, de grands corbeaux noirs s'envolèrent d'un des arbres innombrables.

Un lourd silence pesa sur la forêt puis…

« SAL' GARCE ! »

Un homme surgit de la lisière de la forêt en s'approchant du petit groupe. Petit et barbu, il tentait de remonter ses braies tandis que son pantalon lui entravait les jambes, les bijoux de famille à l'air bien lovés dans leur tapis de duvet sombre. Il trébucha et s'étala de tout son long dans le sol humide. Après s'être relevé en poussant quelques jurons très poétiques, il se débarrassa des plaques de boues qui lui crassaient le visage. L'homme était vêtu de vêtement pittoresques, décolorés par le temps et les intempéries. Sa bouche était ornée d'une couronne de dents jaunes et dépareillées qui se débattaient pour savoir laquelle d'entre-elles s'exhibait à tous, certaines d'un noir de charbon.

Lorsqu'il aperçut le petit groupe, il resta cloué sur place, pantalon à moitié relevé. Ses yeux porcins s'arrondirent extraordinairement.

« Qu'est-c'que… Je… mais... »

Sa face rosit et il finit d'enfiler son pantalon, trop perturbé pour s'apercevoir qu'il l'avait enfilé à l'envers. Perdu, il cherchait un bouton imaginaire sur le tissu brun. Il finit par abandonner sa quête et se contenta de resserrer la corde qui faisait office de ceinture. De sa poche, il tira un petit canif légèrement attaqué par la rouille. Son visage s'illumina d'une envie meurtrière.

« L'est à moi ceul'là, l'gars. D'ù qu'vous m'chippez l'bichette ? Eul'butin est à moué ! Quoi qu'vous m'matez 'vec ses têtes d'euch débile ? Person'ne r'gard' l'grand Alceste coum'ça ! »

Sa voix bourrue tue, le prétendu Alceste s'élança vers nos deux mercenaires complètement désorientés et abusés, le couteau en l'air. À la vue de son violeur, la jeune femme se précipita derrière son bouclier humain, en s'agrippant à l'étoffe légère de ses mains sales. Le tissu tendu pivota et la capuche bascula de la tête blonde dans la précipitation.





Le petit être cria lorsque la Bête lui bondit dessus. Le hurlement retentit longtemps dans la forêt et fit s'envoler une nuée de corbeaux d'un noir de jais qui observait calmement la scène depuis un certain temps.

Cela faisait un moment que Josuf, nain issu de l'armée de Lucullus parti en éclaireur, sentait une présence autour de lui mais jusque là, il n'avait su ce qu'elle était. À présent, il sentait les crocs de la présence entailler sa chair, déchirer ses muscles et lui lacérer les jambes. Il n'avait rien pu faire. Sa petite taille et son équipement surchargé l'avaient empêché de regarder au dessus de lui, là où elle était arrivée. Son casque de fer à visière ne l'aidant pas, il avait été une cible facile. À présent, tout mouvement lui était interdit. Il ne voyait que des éclairs roux et les éclaboussures de son sang. Ses jambes furent les premières à ne plus répondre à son appel. Puis lorsque la chose s'amusa à lui écraser les bras d'une grosse roche, ce fut leur tour. Sa tête se débattait, seule survivante du carnage. Ses yeux exorbités tournaient dans tout les sens comme de simples billes trop huilées.

Le ciel était d'un bleu incroyable pour un matin d'hiver. Il faisait froid depuis quelques heures, mais cela ne gênait plus Josuf à présent. Il pouvait voir les longues branches brandir leurs doigts fins et squelettiques vers les cieux. Au loin, la deuxième lune disparaissait peu à peu. Sur une branche, une pierre approchait. Un caillou géant comme une falaise, rouge comme un grenat scintillant. Rêche comme une falaise. Sec comme la mort.





C'était la première fois qu'Elandril goûtait la chair de nain. Ce n'était pas que cela le déplaisait mais il aurait tout donné pour avoir plutôt droit à une jeune femme ou une fille à la chair plus tendre. La viande de nain était sèche, pleine de nerfs et presque indigeste. Trop de muscles, trop de poils. Une fois éventré, il répandait ses tripes et ses boyaux sur le sol. Pour se nourrir, la Bête devait chercher à l'intérieur. Là où la chair comestible était protégée par des os solides, encore chaude de la couche de graisse qui les couvrait. Il commença à se nourrir, jusqu'en être écœuré. Il regrettait vraiment de la chair plus tendre à présent.

Un mouvement derrière lui interrompit le fil de sa pensée. Son menton ruisselant de sang gouttait à longs filets. Sans en demander plus, il s'enfuit dans la forêt, laissant derrière lui une trainée rougeoyante et aussi scintillante que de milliers de rubis.





À quelques pas de là, Elrick de Kahrak et Fjama approchaient silencieusement, tandis que la troupe de Lucullus s'était précipitée pour arriver les premiers à l'endroit du cri si étrange.


_________________
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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Jeu 29 Déc 2011 - 22:07

    Les dents serrées, la baronne se retint de repousser d'un violent frémissement la silhouette secouée par le choc de la paysanne, se contentant de garder pour elle ses pensées. Songeant un bref instant que le sein mis à nu de la donzelle avait du étourdir leurs défenses et leurs méfiances, la Louve se redressa lorsque les buissons s'agitèrent à nouveau. Pas de doute à présent. Campée sur ses positions, le quatuor était prêt à bondir à l'unisson - du moins pour trois d'entre eux - sur l'animal fou ...

    Mais l'on en avait apparemment décidé autrement.

    « SAL'GARCE ! »

    Tout ça pour ça.

    Ils avaient attendu, guetté, dans l'expectative, tendus par une appréhension presque maladive, les mains crispées sur la lame, les sens attentifs au moindre signal anormal, songeant que ce serait face à la Bête qu'ils seraient alors confrontés ... Et tout ce qui avait suivi n'était qu'une gigantesque farce du plus mauvais goût. Un pauvre soûlard tenté par la chaire fraîche de la sangsue cramponnée au dos gracile de Clélia, qui s'était vu sèchement refuser son dû ; voilà ce à quoi ils faisaient présentement face. Manque de chance pour la créature de fortune, son assaillant ne comptait pas en rester là et l'avait poursuivie ... la poussant sûrement à la chute et aux blessures superficielles. Ceci expliquait cela. Une agression des plus communes, dont la fréquence n'en ôtait pourtant pas le sentiment d'écoeurement et de froideur.

    Un profond soupir, partagé entre le mépris mal placé d'une telle perte de temps et le soulagement, plus ténu et discret, de ne pas se faire croquer de si tôt, traversa les lèvres de la Louve, qui n'était cependant pas sans remarquer avec un regard dégoûté - mais voilé - l'attirail assez peu commun du maraud. Edenté, aussi sale qu'un cochon fraîchement sorti du bain de bour, dégageant diverses effluves assez évocatrices et bavardes sur ses récentes activités, la baronne crût bien qu'en comparaison, un tel déluge olfactif pouvait bien les assomer plus aisément qu'un coup de massue.

    Pour autant, son dédain fut bien vite brusqué lorsque le grossier personnage se révéla soudain moins inoffensif, dégainant une courte lame qu'il pointa, entre maladresse et déterminisme impulsif, dans la direction des deux hommes. Geste qui arracha un gémissement d'angoisse à la catin blottie dans son dos - elle aussi lui arrachait un vague sentiment de condescendance, quoique teinté de commisération - ; le ton que prit la rencontre n'arrangeait pas leurs affaires, et rien ne semblerait apaiser l'homme.

    Manquant d'habileté, personne ne put prédire alors ce qui se produisit. Le ventripotent violeur attaqua, et, terrifiée, ne pensant sûrement pas à une telle inconscience, la petite proie se crispa d'autant plus sur le tissu de la cape, dénudant alors le visage jusque là sagement couvert d'une baronne qui avait reculé d'un bond en arrière. Entraînant la glissade de la paysanne derrière elle, Clélia songea avec horreur qu'il était trop tard : au vu du regard figé par le choc de l'apparition qui se tenait face à lui, cette maladresse dangereuse avait au moins estomaqué furtivement le bougre, ce qui profiterait à Altiom et Dandelo. Les laissant à leur combat, la baronne agrippa fermement le bras de la jeune fille, la relevant avec une force assez surprenante, approchant son visage du sien avec tant de vivacité que les iris d'encre se fichèrent avec violence dans les prunelles terrifiées de la pauvrette. Dans un murmure, la baronne lui asséna ses derniers mots.

    « Va t'en immédiatement, retourne en ville. Et ne parle à personne de ce qui vient de se passer, est-ce bien clair ? »

    Redressée, et terrorisée, la jeunette voulut bégayer quelque chose, mais muette de stupéfaction, elle ne s'écarta que de quelques pas, pantelante. Abandonnant cette dernière de son attention, la baronne réfléchit rapidement. Ils perdaient là l'occasion de coincer l'animal, à cause de ces deux pauvres péquenots qui ne valaient rien face au massacre qui avait atteint une population en état de panique. L'impatience croissant, la Louve devait trouver une solution. Ce combat tombait d'autant plus mal qu'il lui fallait deux hommes d'attaque et en pleine possession de leurs forces face à l'elfe. Jaugeant d'un coup d'oeil hâtif le porcin qui leur servait d'ennemi, la noble eut alors une brève idée. Peut-être que cela échouerait, mais au point où ils en étaient, un fiasco de plus n'aurait pas été moins ingrat.

    Poussant un cri strident, son visage se décomposa sous la terreur. Pointant une direction dans le dos du paysan, le teint presque livide, la baronne recula d'un pas chancelant, puis de deux, manquant de trébucher.

    « Oh mon dieu ! La VOILA ! La Bête ! »

    A peine les yeux du porcin se furent-ils détournés d'eux que la baronne jeta un regard des plus expressifs aux deux compagnons. Ses pupilles dilatées hurlaient : « Fuyons ! »
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Sam 31 Déc 2011 - 14:00

Ah ça elle avait fière allure la petite bande! De la comtesse grimée au pyromancien bariolé, en passant par le vagabond armé jusqu'aux dents et la pauvrette en haillons, ils se tenaient presque tous bravement là. Braves oui, mais pas seulement. Car ils étaient aussi fiers. Courageux! Un peu fous sans doute... N'ayons pas peur des mots: une belle brochette de téméraires, de boutes-en-train, transpirants de majesté, suintants d'une outrageuse détermination, d'une féroce et inébranlable résolution! Quelque chose de solennel dans leur posture de biais: une jambe avancée l'autre en retrait, toutes lames dehors ; dans leurs regards fixes. Durs. Froids.
Et résignés.

- SAL' GARCE ! Et voilà, toute une mise en scène dramatique foutue en l'air!! Ah c'était bien la peine tiens!
A l'instant même où le bougre apparut, notre petite équipée se retrouva figée dans un improbable mélange d'expectative et d'incrédulité. L'absence de la Beste avait bien quelque chose de soulageant, c'est vrai, mais c'était un simple sursis. Et ledit sursis témoignait d'une bien vilaine face! D'ignobles quenottes saillant chaotiquement d'une mâchoire tordue... comme le reste du personnage à vrai dire. Le verbe coloré et l'habillement distingué qu'il proposait à ses interlocuteurs eurent eux aussi tôt fait de les conforter dans leur interprétation de la scène: si ce n'était pas la Beste, il s'agissait déjà d'un sacré animal! Essayant tant bien que mal de se rabibocher, voilà qu'il vint à s'avancer gauchement vers nos valeureux protagonistes, en étreignant de toutes ses forces le seul moyen de pression qu'il croyait posséder: un vieux surin menaçant de tomber en miettes au moindre coup de vent.

- L'est à moi ceul'là, l'gars. D'ù qu'vous m'chippez l'bichette ? Eul'butin est à moué ! Quoi qu'vous m'matez 'vec ses têtes d'euch débile ? Person'ne r'gard' l'grand Alceste coum'ça ! grognassa-t-il.
- C't'une blague? Bon sang! Il avait bien senti la Beste, mais avait probablement mal évalué la distance. Ou sa direction. Quoiqu'il en soit la coquine leur avait échappé et ils avaient écopé d'un foutredieu de violeur! Maraud, retourne t'en à plus noble besogne avant que l'on ne t'étripaille! Ledit maraud ne daigna cependant pas obtempérer. Soit.
Nul besoin de magie, de stratagème, ni même de dégainer devant si piteux adversaire. Altiom rencapuchonna sa canne-épée et avança vers le misérable, affichant un petit sourire à son compagnon coloré. Le méconnu sourire de la "POUNITION!!", tradition barbaresque aux origines obscures. L'allonge conférée par son arme le mettait hors de danger d'un si petit couteau, et il en profita couardement le bélître! Un coup sur l'épaule, un estoc dans la bedaine, une mandale transversale, une châtaigne en plein marron et une torgnole aux roubignoles! Le malheureux en serait quitte pour une ribambelle de bleus. Mais tandis que clown et suderon s'en donnaient à cœur joie, la Belle tenta quelque tactique un tantinet capillotractée: oh mon dieu ! La VOILA ! La Bête !
- Qu- où donc? bredouilla le nobliau éperdu, renforçant sans le vouloir la ruse baronniale. Il lança une œillade confuse à la Dame pour plus d'indications mais celle-ci se préparait déjà à détaler. Comprenant -enfin- qu'il s'agissait là d'une entourloupette, il se concentra quelques secondes sur le Flux pour insuffler en sa jambe gauche une prodigieuse puissance. Ainsi aidé de la Plénitude, il décocha un formidable coup de bottes en pleines balloches de l'Olysséen effaré, espérant bien les lui faire remonter jusqu'au cou!
- Et qu'on ne t'y reprenne pas, ou ce seront des lames et non mon panard qui viendront te tâter l'entrecuisse pendard! Content de lui, il s'esbigna à la suite de Clélia sans demander son reste, avec un petit signe de tête complice au dandy masqué.
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Elrick
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MessageSujet: Re: La Traque. (Quête)   Dim 1 Jan 2012 - 17:20

Alors qu'Elrick et Fjama progressaient difficilement à travers les fourrés, un nouveau cris s'éleva, plus vers leur gauche, plus proche aussi, peut-être. Toutefois, il venait incontestablement d'une personne différente.
Hâtant le pas, il tailla leur chemin dans les branches basses, écartant ronce et broussailles de son épée, le regard alerte et près à réagir à toute menace. S'agissait de ne pas se faire surprendre par leur proie, la traque était moins agréable de l'autre côté du miroir.

Bientôt, ils débouchèrent sur une scène de carnage. Dans l'herbe était allongé un corps, que sa taille et les restes de son équipement identifiaient comme un nain. Le chevalier avait en effet entendus parler d'un groupe de ces petits êtres qui avait fait halte dans la cité d'Olyssea. Il ne s'attendait pas, par contre, à ce qu'ils prennent eux aussi en chasse la Bête.
En parlant d'elle, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'ils étaient sur sa piste. Rien d'autre aux alentours n'aurait pus ainsi massacré le corps du nain, dévorant les entrailles, brisant les os, écrasant bras et tête, sans doute à l'aide d'une roche, qu'il put voir à proximité, couverte du sang du petit être.
Le sol autour du petit être était malmené, le nain s'était sans doute débattus avant que n'arrive sa fin. Mais, Elrick ne voyait qu'une piste d'empreintes qui partait d'ici. Ce qui voulait dire que la Bête était repartis exactement où elle était arrivé, peu probable qu'elle se donne cette peine, ou bien qu'elle était arrivé sans toucher le sol.
Un coup d’œil aux branches d'arbres lui apprit qu'elles étaient suffisamment solide pour soutenir un humain pas trop lourd.

De toute évidence, leur proie s'était arrêté ici voilà peu de temps. Trouver sa piste ne fut pas bien difficile, le sang du nain parsemait les feuilles le sol et les branches comme des rubis incrusté dans la roche. Mais vraiment beaucoup de rubis.
La piste était donc balisé, ne restait plus qu'à la suivre. Et a en juger par les bruits environnants, ils n'étaient pas les seuls à avoir entendus le cri, Elrick pouvait percevoir plusieurs personnes qui se rapprochaient rapidement de leur position.

Un instant le chevalier hésita à attendre les renforts pour se lancer à la poursuite de la proie. Crainte superflue, que pouvait faire la Bête contre eux ? Non pas qu'il se croyait supérieur aux précédentes victimes de la Bête -même si dans la plupart des cas, martialement parlant, c'était le cas- mais surtout ils étaient deux, deux personnes aguerris et qui savaient ce qu'ils traquaient.
Même en les prenant par surprise, la Bête aurait du mal à se débarrasser d'eux, elle était seule, et ne disposait sans doute d'aucune arme qui pourrait changer la donne.

-On ferait mieux de ne pas traîner si on veut être les premiers. Et attention à ce qui se passe au-dessus de ta tête.

L'étrange équipée se remit en route alors que les autres mercenaires arrivaient sur la position. Suivant les traces de sang, ils progressaient plus vite que précédemment. La Bête fuyait, et il convenait de progresser rapidement s'ils comptaient avoir une chance de la rattraper et donc, d'empocher la récompense et les honneurs.
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