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 En route pour le nord ! [Nimmio]

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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 10 Avr 2013 - 15:31

Comment décrire la rade de Portflot en ce beau matin d’automne ? Les termes de « chaos » ou de « fouillis » me viendraient rapidement à l’idée, mais ils demeurent trop réducteur et ne peuvent prétendre égaler le fameux « c’est un foutu bordel » que le général Tactitus lâcha en observant un champ de bataille tellement boueux au point que les tabards des deux armées en devenaient méconnaissables. Toutefois, je m’abstiendrais de telles critiques, car embarquer plusieurs milliers d’hommes sur des navires génère fréquemment de légers embouteillages tels ceux que j’avais sous les yeux. Les sergents braillaient leurs ordres, les officiers tentaient de garder leur aplomb et les civils semblaient un peu perdus, leur absence de discipline rendant le chaos encore plus prononcé.

Amusant, hein ? lâcha Glamdring en extirpant un pou de sa barbe.

Je tannais fréquemment mon compagnon nain sur son hygiène un peu trop douteuse, ce à quoi il me répondait qu’un vrai guerrier n’est pas un de ces éphèbes parfumés qui hantent les palais décadents de Soltariel, et que l’odeur de la sueur se mêlait parfaitement à celle de son armure. Si nous étions en désaccord sur ce point, je ne pouvais qu’approuver son commentaire car la scène se révélait réellement amusante… de loin. Je n’aurais par contre guère aimé me retrouver à la manœuvre de cette organisation, mes réserves de patience se montrant notoirement insuffisantes pour mener à bien des tâches aussi minutieuses et épuisantes nerveusement. Donc, imitant Glamdring, je profitais de la scène avec un léger sourire aux lèvres.

Il ne me restait plus comme compagnon que Glamdring et un serviteur du nom de Malek, le reste de ma suite s’en étant déjà retourné vers Alonna avec les chevaux acquis à Erac. J’aurais pu les suivre, mais le désir de faire un détour par Nefir et de voir la mer me taraudait trop pour cela. Ces immenses étendues d’eau où allait chaque soir se jeter le soleil me fascinaient, et plus d’une fois je m’étais fais la réflexion qu’à défaut de baron je serais volontiers devenu marin. La sensation de liberté, la lutte contre les flots… oui, j’aurais sans doute aimé cela, mais je n’aurais alors jamais rencontré ma femme et cela seul m’empêchait d’avoir des regrets.


Certes, mais enfin ils vont malgré tout réussir à embarquer tout le monde. Je ne suis pas sur que si l’on tentait de mettre un millier de nains sur des navires le spectacle serait moins amusant.
Les nains ne vont pas sur les navires, nous venons et retournerons dans les entrailles de la terre.

On entendait bien là parler l’ancien garde royal de Kirgan, plus amateur des profondes cavernes que des grands espaces découverts. Quoi qu’il en soit, ce déploiement de forces ne manquait pas d’intérêt, et les rumeurs qui couraient en ville depuis mon arrivée parlaient d’une vaste expédition en partance pour une lointaine contrée du Nord. Le Nord ? Mis à part les Wandres sauvages, je ne voyais guère que Thanor comme destination, mais cela ne correspondait pas à mes observations. La cité naine de Thanor ne montrait pas de signe d’hostilité envers les humains, et même les forces rassemblées à Nefir me paraissaient insuffisantes pour aller victorieusement porter le glaive contre un objectif aussi lointain et aussi bien défendu. Alors de quoi s’agissait-il ?

Perdu dans mes pensées, je ne vis pas l’un des sergents me dévisager avec surprise, puis aller prévenir son officier. L’aurais-je vu que j’aurais reconnu un ancien soldat des légions noires qui avait bataillé sous mes ordres bien des années auparavant, et j’aurais pu comprendre que la présence de l’ancien baron d’Alonna allait rapidement être connue des organisateurs de l’expédition.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Jeu 11 Avr 2013 - 16:31

L'aube ne s'était pas encore levée quand, accompagné par ses écuyers équipés de torches, le seigneur de Velteroc s'était lancé dans la première phase d'embarquement de ses hommes en direction des Wandres. Ses bottes s'enfonçant jusqu'à la cheville dans la fange créée par tout ce remue-ménage, il avait arpenté, de longues heurs durant, tous les pontons, fait le trour du campement, veillé à ce qu'aucun équipement ni provision ne soit oublié entre les mains des manants qui rodaient déjà alentours, espérant récupérer tout ce dont l'expédition n'aurait besoin où ne pourrait embarquer avec elle.

Le jour s'était levé plus vite qu'il ne l'imaginait, mais il apportait avec lui de bonnes nouvelles, contrebalançant ainsi avec la fatigue naturelle que le Comte commençait à éprouver. Ainsi, les hommes embarquaient-t-ils plus vite que prévu et le temps, ainsi que la mer s'annonçaient plus cléments que de coutume en cette période. Si les marins disaient vrais, peut-être arriveraient-ils plus tôt que prévu à destination, ce qui leur ferrait gagner quelques jours sur leurs réserves de nourriture.

Effectuant un énième aller-retour jusqu'à la tente de commandement que l'on commençait déjà à démonter en vue du départ, il croisât Darius, occupé à chasser les manants qui s’étaient faits à l'idée de lui dérober son marteau de cérémonie... et de combat. Heureusement pour eux, le colosse musculeux, gêné par son poids, s'enfonçait dans la boue jusqu'aux tibias, tant et si bien que l'écart se creusait d'avantage à chaque foulée, entre lui et ses proies. Après quelques dizaines de mètres de course effrénée et relativement amusante à suivre, l'ogre finit par abandonner, non sans psalmodier quelques malédictions à l'encontre des racailles qui disparaissaient déjà dans la cohue de l'embarquement.

Ah les saligots... les saloperies de petits saligots. Tenter de me dérober mes affaires... ils ont de la chance que le terrain aille pour eux, sans quoi je leur aurait fait passer l'envie de recommencer.

Comme toujours, après s'être rependu en injures, toutes plus colorées les unes que les autres, il finit par se calmer, le coude posé sur le manche de son marteau dont la tête, posée au sol, lui donnait une remarquable stabilité. Nimmio ne pouvait s'empêcher, en le regardant, de s'imaginer la puissance colossale qu'il fallait pour manier une telle arme qu'il avait déjà vu pulvériser boucliers, armures et os en un seul coup magistral. S'approchant calmement, il vint prendre une pause bien méritée auprès de son compagnon.

Eh bien Darius, si je m'étais imaginé ce matin que, lorsque je vous demanderais de superviser l'embarquement de mes bagages, cela se résumerait à poursuivre quelques pique-assiettes, j'aurais refusé de le croire.

Votre grandeur est d’humeur taquine semblerait-il ?! Dois-je en déduire que de bonnes nouvelles vous sont parvenues de nos navigateurs ?

C'est alors que le Comte s’apprêtait à lui faire part des dernières informations dont il disposait qu'un officier de la Garde Velterienne intervint. Un de ses hommes venait de repérer le Baron Hanegard Kastelord , en personne, aux abords du camp. Cela faisait décidément beaucoup de rencontres et de retrouvailles en bien peu de jours. La veille lui avait donné l'occasion de revoir un vieil amis et voici qu'un glorieux représentant du passé refaisait surface. Cela ravivait quelques souvenirs au jeune compte. Beaucoup de mauvais, mais aussi quelques bons moments de camaraderie lorsqu'il accompagnait feu son père au combat.

Qu'on l'invite à me rejoindre s'il le souhaite. Je serais fort heureux de rencontrer le seigneur du nord qu'il est et de lui offrir mon hospitalité, aussi précaire soit-elle en ces lieux.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Ven 12 Avr 2013 - 9:01

L’embarquement continuait tant bien que mal, mais on commençait à sentir que l’organisateur reprenait en main la situation. Les ordres braillés par les sergents faisaient enfin effet et les civils qui accompagnaient l’expédition se voyaient un peu bousculés pour leur rappeler qu’ils devaient eux aussi suivre les directives des chefs militaires. L’espace d’un instant, je me demandais comment s’opérerait le débarquement : allait-on balancer tout ce beau monde à la baille et les laisser regagner le rivage à la nage ? La vision de tous ces navires déversant tous ensemble leur cargaison humaine, pour improbable qu’elle soit, n’en demeurait pas moins fort cocasse.

Bref, vous l’avez compris, j’étais plutôt de belle humeur. Depuis que le lourd fardeau causé par la gestion d’une baronnie ne pesait plus sur mes épaules, je me sentais revivre. Fini les séances interminables du conseil, fini les dizaines de missives quotidiennes à lire et les édits à parapher. Fini les séances de doléance à subir et les arbitrages permanents à rendre. Fini l’obligation de suivre chaque aléa de la guerre d’Oësgard qui opposait le baron Norman aux rebelles. La situation ne semblait d’ailleurs pas avoir bien tourné pour Norman que l’on le disait blessé ou disparut, bien que les rumeurs de ces lointains conflits n’arrivaient que fort déformées dans les terres du médian. Haussant mentalement les épaules, je jetais ces réflexions de côté. Après tout, les problèmes géopolitiques d’Oësgard ne me concernaient plus, il appartiendrait à d’autres d’y apporter une réponse.

Alors que nous nous apprêtions à quitter les quais et à reprendre notre chemin vers d’autres cieux, un officier nous aborda et nous indiqua poliment que son maître, le comte de Velteroc, désirait nous voir. Si un « désir » exprimé par un aussi haut-seigneur n’est certes qu’une invitation, il aurait été particulièrement grossier de refuser. En tout cas, cela éclairait en partie ce déploiement de force, car seul une baronnie ou un comté pouvait aligner autant de soldats. Nous connaissions désormais l’homme qui ordonnait cette expédition, encore restait-il à en comprendre le but et cette rencontre pourrait probablement nous le permettre. Après tout, une telle flotte ne se réunissait pas tous les jours dans les ports de l’Eris, et cela titillait ma curiosité.


Le comte de Velteroc est ici ? Très bien, nous vous suivons.

Alors que l’officier nous taillait le passage à travers la masse des troupes non encore embarquée et des dockers affairés, je tentais de me souvenir de ce que je savais du comte de Velteroc. En réalité peu de choses, je ne l’avais que rarement rencontré, ayant ces dernières années été accaparé par les problèmes dans le nord du royaume. Entre le Voile, les incursions drows et l’instabilité politique récurrente à la frontière, le médian n’avait guère fait partie de mes priorités quotidiennes. Peut être d’ailleurs s’agissait-il d’une erreur de ma part, car tisser des liens au-delà de ses voisins immédiats ne manquait jamais d’intérêt. En tout cas, une occasion s’offrait à moi de réparer cet oubli et de nouer un contact avec ce puissant seigneur.

Le comte n’était pas seul, à ses côtés se trouvait un… colosse. Littéralement, car aucun autre mot ne permettait de le décrire avec exactitude. Une masse de muscle que je n’aurais pas aimé devoir affronter au combat, le gaillard ressemblant plus à un de ces indestructibles golems qui défendaient les frontières de l’Anaëh qu’à un humain normal. La comparaison demeurait un peu caricaturale, mais s’il s’agissait d’un de ses chefs militaires, ses soldats devaient avoir plus peur de le mettre en colère que de l’ennemi. Un atout précieux dans le jeu du comte de Velteroc, à n’en pas douter.


Votre Grandeur, c’est un réel plaisir de vous rencontrer. Je n’étais que de passage en Erac lorsque j’ai appris qu’une expédition se rassemblait en ces lieux, mais je n’en imaginais pas l’ampleur ni que vous en fassiez partie.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 15 Avr 2013 - 7:30

Après quelques minutes d'attente, tandis que le sergent se frayait un passage dans la foule compacte afin d’amener ses convives au Comte, apparaissait enfin la silhouette massive du Baron Hanegard Kastelord. Les rapports du nord indiquait qu'il n'avait plus de Baron que le titre honorifique, ayant abdiqué après des années de bons et loyaux services. Néanmoins, sa stature, ses faits d'arme et son dévouement sans faille au roi Trystan « obligeraien »t le Seigneur de Velteroc à le dénommer ainsi.

Aussi improbable que cela puisse paraître, l'homme semblait accompagné par un Nain. D'un gabarie que Nimmio imaginait standard, n'ayant que peu eu l'occasion de croiser ces créatures nordistes dans sa vie, ce dernier paraissait aussi étrange que sale au premier abord. Mais si la crasse eut été un facteur repoussoir pour le Comte, eut-il été obligé de se passer d'une bonne partie de son contingent et de ses conseillers.

Comme à son habitude, Darius haussa les épaules à l'approche de ce qui s'avèrerait sans doute être un nouveau contre-temps dans la préparation de l'expédition. Aussi, comme à l'accoutumée, lâcha-t-il un léger grognement, tout en portant un regard noir à son Seigneur, soulignant ainsi son exaspération.

Encore quelque invité surprise qui va retarder nos projets ? Dois-je, une fois de plus, m'éclipser pour que votre grandeur puisse jouir pleinement de cet instant convivial ?

Le ton qu'il employait était, comme souvent en pareille situation, profondément ironique, si bien que pour un inhabitué, il aurait pu paraitre irrévérencieux envers le Seigneur à qui il s'adressait. Cependant, cela relevait d'avantage des défauts patents dans son éducation, couplés avec un caractère de cochon. Et puis, un haut prêtre de Mogar trônait en réalité dans une hiérarchie complètement extérieure à celle usuellement en usage au sein de la noblesse péninsulaire. Aussi, était-il auprès du Comte que de son plein gré et pouvait-il s'en aller à sa guise. Cependant, ses visions l'avaient conduites auprès du jeune homme et il s'était juré de l'accompagner et de l' « éduquer » selon les préceptes édictés par son dieu.

Non Darius, tu peux rester cette fois-ci. Hanegard Kastelord, tout grand homme qu'il est, ne fait pas partie de mes proches... Et l'épisode d'hier fait partie de ces instants improbables où l'on retrouve quelqu'un qui avait disparut sans laisser de traces... je sais que tu ne peux pas tellement en comprendre la logique, mais il me fallait cette intimité. Bref, tu fais ce que tu veux.

Les invités approchaient à grands pas et le Baron d'Alonna engagea la conversation. Ainsi, était-il en ces lieux par curiosité. Il était amusant de voir à quel point cette expédition semblait finalement attirer bien des regards, y compris de la part des personnes particulièrement éloignées et in-informés de son objet et de ses préparatifs.

Messire Baron, c'est une grande joie que de vous rencontrer enfin, y compris en ces lieux forts peu propices à l'hospitalité que je souhaiterais être en mesure de vous accorder. En effet, cette expédition est d'une ampleur plus que respectable, tout comme l'est son objectif. Ainsi, puis-je vous informer de mon désire de me rendre dans les Wandres afin d'y rétablir les routes commerciales qui existaient jadis, entre la Péninsule et la Nanie. Et ces hommes ne seront sans doute pas de trop lorsque l'on connait la dangerosité de la région et la férocité de ses habitants. Et vous Messire que me vaut l'honneur de votre présence ?
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 15 Avr 2013 - 10:06

Le voile se levait donc peu à peu sur les intentions du comte de Velteroc, et ces intentions se révélaient bien plus surprenantes encore que je ne l’imaginais. La cible de cette expédition ne consistait pas en la cité naine de Thanor, mais bien dans les terres qui séparaient la nanie du royaume humain. Des terres indomptées où les caravanes marchandes n’osaient guère s’aventurer à moins d’être puissamment escortées, des terres de mystère où jamais nulle autorité centralisé n’avait pu s’exercer. Des terres sur lesquelles la puissance des rois sous la montagne ne s’étendait pas, même du temps de Garmin Le Vengeur, lorsque le royaume nain se trouvait au pinacle de sa gloire. Des terres qu’aucun roi de Diantra, qu’aucun duc de Serramire n’avait jamais réussi à faire courber devant lui.

Les Wandres ?

Non, je ne pouvais pas cacher ma surprise ni le trouble que ce simple mot éveillait en moi. Je savais que je me trouvais sur un dock de Portflot, au sein du duché d’Erac, mais il m’aurait suffit de fermer les paupières pour me projeter à des centaines de kilomètres de là, au sein de ces terres où comptait s’établir Nimmio. Des forêts impénétrables dont seuls les natifs connaissent les rares sentiers, une végétation si dense qu’elle en devenait étouffante, le pesant sentiment sous ces frondaisons d’être observé en permanence par des milliers d’yeux invisibles. De temps à autres, quelques clairières, quelques torrents ou collines clairsemées pouvaient percer cette immensité, comme si un Dieu compatissant avait pris pitié de ceux qui se sentiraient prisonnier de cet enfer vert. Et c’était là que le comte de Velteroc désirait se rendre ?

Mais pour moi, les Wandres rappelaient bien d’autres souvenirs encore, des souvenirs plus intimes et plus douloureux. Dans mon village natal, j’avais connu l’amour d’une femme et la fierté de faire partie de la caste des guerriers. J’y avais aussi connu la trahison, la perte d’un être cher et le bannissement du clan… cauchemars qui m’avaient hanté pendant des années avant que Jena ne vienne apaiser les remords qui torturaient mon âme. Certes, je ne m’éveillais plus en sueur la nuit en repensant au corps sans vie de Liliana qui gisait au sol ou à la tête d’Orsk que mon épée avait tranché net, mais un homme peut-il totalement oublier son passé ?

Chassant ces sombres pensées, je revins au présent et au comte de Velteroc.


Pour en être natif, je peux vous affirmer que les Wandres sont un endroit dangereux. Ces terres et leurs habitants ne ressemblent en rien à ce que vous pouvez connaître au sein du royaume. Les clans ont beau être désunis et ne pas disposer de la discipline militaire de vos troupes, ils n’en demeurent pas moins hostiles à tout étranger et leurs qualités martiales n’ont rien à envier aux vôtres.

L’espace d’un instant, un fin sourire apparut sur le visage du colosse qui accompagnait le comte, comme si la seule idée de se trouver face à un adversaire capable de lui tenir tête l’amusait.

Oh, ne souriez pas. Je ne doute pas que sur un champ de bataille ouvert vous pourriez aisément en venir à bout, mais ils ne vont feront pas ce plaisir. Savez-vous comment les clans combattent ? Ils commenceront par de petites escarmouches afin de vous attirer au cœur des forêts, là où le terrain et les arbres empêcheront vos soldats de rester en formation. Peu à peu des espaces apparaitront entre les lignes, les officiers perdront de vue leurs hommes, et vous n’aurez plus la moindre idée d’où vous êtes ni d’où vous devez aller. Tout cela se déroulera dans un silence oppressant, vous n’entendrez que le bruit de vos pas et le bruissement du vent dans les feuilles.

De telles tactiques, j’en avais moi-même utilisé autrefois, et je me souvenais des ruses à suivre pour attirer l’ennemi sur le terrain où il serait désavantagé. Les hommes des Wandres savaient se fondre dans la nature et observer sans être vus. Pour qui n’est pas habitué au combat en forêt, le manque de visibilité et la nature anarchique du terrain sont de gros handicaps, or je savais les armées du royaume se trouvaient essentiellement entrainées à batailler sur de larges champs ouverts. Certes, la guerre d’embuscade existait, mais il s’agissait essentiellement de viser des convois de renforts et de ravitaillement, sans que cela ne constitue une stratégie prioritaire destinée à elle seule à remporter la victoire.

Pas un bruit humain ni animal, rien que la forêt à l’infini. Vos soldats sont courageux, je n’en doute pas, mais loin de chez eux et perdus dans un environnement aussi hostile, même le meilleur soldat finit par laisser la crainte s’ancrer dans son âme. Et lorsqu’ils estimeront que la peur a fait son œuvre, alors seulement les guerriers des clans jailliront de partout à la fois en rugissant leurs cris de guerre. C’est un spectacle terrifiant car on a l’impression que la forêt elle-même vomit ces hordes de guerriers. Ce ne sera pas une bataille comme vous avez l’habitude de les mener, ce ne seront que des multitudes de duels, un chaos général où la férocité des wandrais aura le dessus. Et même si vous réussissez à les repousser, ils se replieront, disparaitront dans la forêt et vous réattaquerons la nuit même ou le lendemain.

Porter un coup violent, se replier, puis frapper de nouveau alors que l’adversaire panse ses plaies et croit pouvoir jouir d’un instant de paix, voilà comment une petite troupe pouvait peu à peu saigner à mort un adversaire plus nombreux.

Je ne vous ai pas raconté cela pour vous effrayer ou vous dissuader de lancer cette expédition. Mais soyez bien conscient de ce que vous allez devoir affronter.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 17 Avr 2013 - 14:26

Ainsi le baron d'Alonna était-il originaire des Wandres. Cela paraissait étonnant, tant il était éloigné dans ses attitudes et ses manières de ce que l'on pouvait imaginer des wandriens. Il disposait certes d'une forte carrure, mais cette dernière rappelait tout aussi bien les rudes guerriers des monts Veltres que celle des guerriers nordiques. Le Comte écouta, en silence, la présentation des tactiques wandriennes de la bouche d'un homme qui les avait déjà vues à l'œuvre et sans doute pratiquées dans sa jeunesse. Néanmoins, tout cela n'apportait pas de grands bouleversements dans les propjets velterriens.

En effet, les rapports qu'il avait obtenu auprès des marchands seramirois, concernant les us et coutumes de ces peuples qui s'en venaient régulièrement piller le Marquisat, ainsi que la topographie du territoire wandrien ne laissait que peu de doute sur les tactiques employées par ces féroces guerriers. Ainsi, le seigneur médianais avait-il déjà prévu d'éviter tout combat avec ces peuplades tant qu'une tribut ne l'accompagnerait pas dans ce périple afin d'être ses yeux et ses oreilles en même temps que ses alliés.

Ne vous inquiétez pas pour mes projets messire Baron. Je ne prévoie pas de m'enfoncer dans la forêt afin d'y combattre un peuple qui ne connait que trop bien les lieux et les utiliserait fort aisément à mes dépends. Je ne prévoie pour ainsi dire aucunement de les combattre si l'impérieuse nécessité ne s'en fait pas sentir. En effet, la première phase de cette expédition se résumera à installer une garnison et un comptoir commercial sur la côte wandrienne, à nouer quelques liens diplomatiques et commerciaux avec les tribus encline à ce genre de relations et à retracer la route jadis existante, en direction de la nanie. Les hommes que vous voyez ici ont une vocation purement défensive et ne s'aventureront pas dans la forêt si cela peut être évité.

A l'écoute de cette explication, la mine de Darius sembla se déconfire quelque peu. Si les choses avaient toujours été présentées de cette manière, il se prenait régulièrement à espérer quelque combat épique tels que l'ancien temps en avait produit afin de satisfaire les désirs de son dieu. Et toujours, les plates explications du seigneur de Velteroc le ramenaient à la triste vérité.

Je prévoie d'ailleurs de déboiser largement le territoire attenant aux différentes « fortifications » que je pourrais construire afin de sécuriser la route et les environs du comptoir. Ainsi, si quelque tribut souhaite engager le combat, sera-t-elle obligé de sortir à terrain découvert, là où mes hommes auront l'avantage de leur équipement et des tactiques de guerre péninsulaires. Il ne me semble pas que la forêt ait une quelconque dimension sacrée chez les wandriens. Je me trompe ? Je peux donc déboiser à loisir sans risquer de courroucer leurs dieux ?

Tout en parlant, il venait de se rendre compte de tous les avantages que pouvaient procurer la présence d'un homme tel que le baron à ses côtés pour la suite. En effet, la difficulté première de l'expédition était de savoir par quel biais entrer en contact avec les tribus limitrophes du point de chute qu'ils s'étaient fixés et de trouver des personnes qui parleraient la langue locale. Sans préjuger des volontés de l'Alonnien, le jeune Comte se prenait à espérer qu'il eut envie de se joindre à l'expédition.

J'imagine que les Wandriens, tous peuples guerriers qu'ils sont, sont néanmoins capables de diplomatie et de nouer quelques relations commerciales n'est-ce pas ? Néanmoins l'intelligence que vous leur décrivez tend à les rapprocher foncièrement des hommes que nous sommes, nous autres péninsulaires. J'imagine que leurs vices et leurs vertus ne diffèrent que peu des nôtres.

La question lui brûlait désormais les lèvres. Il ne se demandait plus si ce Baron d'Alonna pouvait s'avérer être d'une quelconque aide à ses projets. Il lui fallait cet homme à ses côtés. Sa présence, aussi improbable qu'elle l'était, en ces lieux ne pouvait qu'être un signe envoyé par son dieu afin de lui permettre d'accomplir ses desseins. Aussi fut-il presque blasphématoire que de ne pas lui demander...

Mais je me demandais, messire Baron... Contre quel paiement accepteriez-vous de vous joindre à notre expédition en tant qu'Ambassadeur dans les relations Médiano-Wandriennes ?
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Jeu 18 Avr 2013 - 10:10

Fort heureusement, le comte de Velteroc ne faisait pas partie de ces va-t-en-guerres persuadés de leur génie militaire inimitable et qui n’imagine même pas qu’un quelconque ennemi puisse leur résister. J’avais vu au fil des ans trop de guerres perdues car l’un des camps sous-estimait les capacités de son adversaire et prenait des risques inutiles là où un peu plus de prudence aurait pu leur apporter la victoire. S’aventurer au cœur des forêts wandraises participait de ces risques inutiles, et j’étais soulagé de constater que cette force expéditionnaire n’irait pas se faire tailler en pièce sur ce dangereux terrain. La tactique militaire employée serait donc plutôt défensive et alliée à des tentatives de relations diplomatiques.

Lorsque le comte m’eut expliqué la manière dont il comptait installer son comptoir, je repris :


Les clans des Wandres n’ont pas de religion aussi structurée que les Cinq. S’ils peuvent parfois estimer qu’un arbre ou une source constitue un site sacré, ils n’ont pas de lien spirituel avec leur forêt comme les elfes l’ont avec l’Anaëh. Dès lors que vous éviterez de déboiser les endroits où vous trouverez des traces de rituels, je ne pense pas que vous aurez de problème religieux sur les bras.

Il arrivait assez souvent aux clans eux-mêmes de déboiser des zones autour de leurs villages afin de s’assurer qu’aucun ennemi ne pourrait s’approcher sous le couvert des arbres. Si une seule sentinelle peut aisément surveiller un vaste espace dégagé et donner l’alerte suffisamment rapidement pour que la défense s’organise, il devenait quasi-impossible de se sentir à l’abri sans cette zone de sécurité que l’adversaire devait traverser à découvert. De fait, les meilleurs endroits où installer un campement dans les Wandres constituaient en de petites collines dénudées où la position dominante s’alliait à cette bonne visibilité. Malheureusement, ces collines se trouvaient la plupart du temps déjà occupées… les wandrais n’étant pas plus bête que d’autres et avait parfaitement compris cela.

Nimmio disposait d’une vision assez juste des habitants des wandres, loin des préjugés classiques. Décidemment, le gaillard me plaisait !


Oh, les wandriens ne sont pas des barbares incultes. Leur structure clanique est très hiérarchisée et ils respectent des lois assez strictes destinées à assurer la survie du clan. Mes compatriotes sont solides en amitié comme en haine, mais si vous gagnez leur respect je pense que certaines tribus accepteront de nouer des relations avec vous.

Bien sur, si les wandrais voyaient en l’expédition du comte de Velteroc une simple arrivée d’envahisseurs voulant les chasser de leurs terres natales ou les asservir, la situation risquait de dégénérer assez vite. Un dosage savant de force et d’intelligence serait nécessaire, mais la proposition qui me fut alors faite alors chassa ces considérations de mes réflexions immédiates. Me demandait-on vraiment combien je voulais pour accompagner l’expédition dans les Wandres ?

Votre amitié, messire comte, serait déjà une récompense suffisante.

Belle réponse de courtisan, n’est-ce pas ? Et qui me donnait l’avantage de quelques secondes de réflexion supplémentaire.

Mais je suis sur que comme moi, vous ne croyez pas à la simple grandeur d’âme parmi la noblesse.

Tout se paye en ce monde, dit-on, surtout en ces temps troublés où le royaume se craquelait et se lézardait de partout. Si je ne mentais pas en disant que l’amitié d’un aussi puissant seigneur que le comte de Velteroc comptait beaucoup à mes yeux, je réfléchissais à toute allure au meilleur moyen de tirer également quelques avantages pécuniaires de toute cette histoire. Non pas que je sois un homme avare ou aux goûts dispendieux, mais il me fallait penser à ma seigneurie de Val-Néera et à l’éducation de mes enfants. Une belle dot pour ma fille, les meilleurs maîtres d’armes pour mon fils, voilà ce que j’espérais pour eux… et pour tout cela il fallait de l’argent. Soudain, une idée me vint.

Je ne vous demande aucun paiement pour vous accompagner. Mais si l’installation de votre comptoir est un succès, je ne doute pas que des marchands venus de tous horizons s’y rendront, et que vous les soumettrez à diverses taxes afin de rentabiliser les coûts de votre expédition. Accepteriez-vous d’offrir des… facilités… en terme d’installation et de taxes à ceux que je vous recommanderais personnellement ?

De fait, je demandais juste au comte de Velteroc la possibilité de faire disposer à certains marchands de mon choix des avantages qu’il accorderait lui-même à ses protégés. J’évitais ainsi de lui demander directement une quelconque récompense pécuniaire, ce qui aurait manqué d’élégance, mais j’ajoutais une carte intéressante dans mon jeu. Si le comptoir dans les Wandres fonctionnait, je comptais bien monnayer ces… facilités… auprès des différents consortiums marchands en faisant monter les enchères entre les uns et les autres. Je me doutais que Nimmio comprendrait mes intentions, mais j’espérais aussi que cette petite rouerie l’amuserait.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Dim 21 Avr 2013 - 17:52

Décidément, cet Hanegard de Kastelord s'avérait être un personnage tout en finesse. Et dire que certains seigneurs péninsulaires croyaient les Wandriens plus proche de l'animal que de l'homme. Le Seigneur d'Alonna s'avérait être tout à fait civilisé et même bien plus intelligent que bien des seigneurs péninsulaires d'origine que le Comte avait pu rencontrer au cours de sa vie dors et déjà bien remplie. Ainsi, sous son air de ne pas y toucher, avait-il rapidement compris où était tout l'intérêt de ce projet d'un point de vue purement financier.

Donner un tel pouvoir à ce nouveau venu grèverait quelque peu les finances du médianais, mais quel léger sacrifice cela représentait-il par rapport aux avantages qu'un tel contrat lui apportait ? En effet, une telle proposition représentait une aubaine du fait qu'associant le nouveau venu au sort du projet, celui-ci devenait responsable de ses propres revenus. Hanegard devenant ainsi un allier objectif de son projet, les craintes de trahisons futures s'éloignaient à grands pas.

Ainsi soit-il messire Baron. Votre offre me convient tant que la nombre des marchants bénéficiant de vos largesses ne dépassera pas le tiers de nos clients. Si cela vous convient, nous pouvons acter notre accord sur le papier. Darius ici présent se fera un plaisir que de nous rédiger celui-ci en bonne et due forme.

Tandis que le colosse laissa transparaître un grognement de mécontentement à l'idée de la paperasse qui l'attendait, le Comte s'avança en direction de son futur associé, repensant à ce qu'il avait annoncé avant de parler argent. Ainsi, les Wandriens disposaient-ils de hiérarchie, de normes, de valeurs et peut-être même de lois. Leur système sociétal étaient sans doute bien plus proche de celui du royaume que tout seigneur péninsulaire eut bien voulu l'accepter.

Je pense que votre connaissance de ces peuples nous sera d'une grande aide messire Baron. Les Wandriens seront sans doute difficiles à convaincre que nos intentions ne sont pas de les envahir, mais bien de commercer avec eux. J'ai néanmoins cru comprendre, d'après mes rapports, que la guerre soit omniprésente chez eux... Sans doute certains verront-ils en nous une aubaine, une force extérieure qu'ils pourront solliciter en vue de défaire des ennemis mortels et plus puissants qu'ils ne le sont. Il semblerait que la taille d'une tribus normalement constituée ne dépasse pas ni n'atteint le millier de combattant. Je pense ainsi prendre suffisamment de précautions en emportant mil-cinq-cent hommes afin d'assurer la survie du projet. Surtout si je peux déboiser à loisir afin d’ériger mes fortifications là où elles seront nécessaires. Qu'en pensez-vous ?

Profitant de la pause que lui offrait la réponse de son interlocuteur, le Comte fit un point rapide sur la situation. Il venait sans peine de recruter la seule chose qui lui manquait pour que son expédition ne se déroule sous les meilleurs hospices. Si Mogar le voulait, il implanterait durablement le médian dans les Wandres et y développerait des relations avec les tribus autochtones ainsi qu'avec les Nains et Seramire. Cette position de choix s’avérerait à terme une bonne affaire financière si ses prévisions étaient bonnes, tout en lui accordant de nombreuses opportunités.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 22 Avr 2013 - 9:29

Cela me convient parfaitement.

L’accord était conclu. En un sens, je devenais associé minoritaire pour le comptoir que le comte de Velteroc comptait installer dans les Wandres. Minoritaire car mes propres deniers ne seraient probablement jamais injectés dans cette installation et que mon rôle serait limité à celui d’un conseiller, non d’un dirigeant. Je n’en cherchais pas plus, car au fond ce n’était pas moi qui avais réuni une telle expédition, et j’aurais été bien présomptueux d’exiger trop. En un sens, notre accord serait gagnant pour les deux parties : si je comptais bien facturer aux consortiums mes bons offices auprès du comte de Velteroc, ce dernier verrait ainsi d’autres marchés s’ouvrir à son comptoir via ce biais et devenir pour lui sources de profits.

Tandis que Nimmio donnait ses ordres au colossal Darius pour coucher sur le papier cet accord, je fis signe à mes deux compagnons de me rejoindre.


Glamdring, Malek !

Le guerrier nain et le serviteur humain, qui étaient restés discrètement en retrait durant ma discussion avec le comte, s’avancèrent et s’inclinèrent avec déférence devant notre hôte.

Vous allez retourner à Sainte-Berthilde et prévenir ma femme que j’accompagne le comte de Velteroc dans son expédition. Je ne sais pas combien de temps cela nous prendra, mais j’essayerai de lui envoyer régulièrement des missives pour la tenir au courant.

Si Malek acquiesça du chef, Glamdring se refrogna, l’air mécontent. Notez que différencier l’air mécontent d’un nain de son air habituel n’est pas chose aisée, le visage du nain ayant apparemment été créé pour toujours paraître renfrogné. Mais à Alonna j’avais suffisamment côtoyé la communauté naine pour commencer à comprendre les subtilités d’expression de ce peuple et je devinais la désapprobation du guerrier à l’idée de partir pour Sainte-Berthilde.

Malek suffira amplement à cette tache. Dame Jena n’a pas besoin d’un garde de plus, Kaïn et ses hommes veillent déjà sur elle, sans même parler de votre déesse. Que votre femme apprenne que je vous ai laissé partir dans une telle aventure sans vous accompagner pour vous protéger, et elle m’arrachera tous les poils de la barbe un par un. Pas à négocier, je viens !

Essayez de vous faire obéir d’un garde-du-corps nain lorsqu’il estime que son absence vous mettra en danger, et vous comprendrez assez vite que faire bouger un rocher en granit est plus aisé. Levant les yeux au ciel, je poussais un soupir théâtral d’exaspération et fis signe que je renonçais à le persuader. De toute façon, Glamdring pourrait nous être utile dans les Wandres, cette région se situant à la frontière des anciennes terres naines qu’il avait défendues pendant des décennies.

Une fois de nouveau seul avec Nimmio et Darius, je répondis à la question du comte :


Bien des tributs n’atteignent même pas la centaine de combattants expérimentés, et ils ne videront jamais leurs villages de tous leurs guerriers en même temps. Alors en aligner un millier face à vous ? Non, aucun risque tant que les clans ne s’allieront pas entre eux.

Une horde d’un millier de guerrier des clans représentait une force considérable dont je n’avais nulle souvenance. Certes, si les plus puissants clans de la région où s’installerait le comptoir s’entendaient pour rejeter les nouveaux-venus à la mer, cela serait de l’ordre du possible, mais une telle entente ne naitrait pas rapidement au vu des dissensions qui déchiraient les Wandres. Il faudrait un chef charismatique et doté d’une forte poigne pour obliger des guerriers qui hier encore se battaient entre eux à s’unir contre les forces de Velteroc. Toutefois, une telle possibilité ne pouvait totalement s’exclure et je me notais mentalement de veiller à ce qu’elle ne se concrétise pas.

Nous fûmes à ce moment interrompus par un officier qui vint prévenir le comte de Velteroc que tout était prêt à bord du navire-amiral de la flotte pour le recevoir. L’embarquement des troupes et des civils qui constitueraient l’expédition touchait à sa fin, et nous allions pouvoir profiter de la marée pour gagner la haute-mer. Ensuite ? Cap au nord !
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 24 Avr 2013 - 7:26

Ainsi, l'accord fut il rapidement conclut sans autre forme de négociation. Les deux hommes s'étaient entendus fort rapidement, comme s'ils se furent connu de fort vieille date et connaissaient les bornes et les limites du raisonnable de l'autre. Associés ils étaient donc désormais pour ce projet qui se matérialisait progressivement devant eux.

Tandis que Darius rédigeait avec une certaine adresse - ce qui pouvait étonner à la vue de son allure massive – les différents points que contenait l'accord, l'Alonnien donna congé à son serviteur et due accepter que le nain qui l'accompagnait reste avec lui. Ces créatures que Nimmio n'avait que peu côtoyé au cours de son existence ne cessaient pas de le surprendre par leur caractère, leurs valeur et leur grande loyauté. On murmurait ici et là que les nains étaient en fidélité comme en rancune, fort tenace et que quiconque leur prouvait sa valeur se faisait un ami pour la vie. En revanche quiconque attisait leur courroux se faisait un ennemi mortel pour le restant de son existence. Cet Hanegard avait sans doute montré à ces petites créatures toute l'étendue de sa grandeur et la qualité de son amitié.

Le Baron répondit ensuite au Seigneur de Velteroc concernant les forces potentiellement déployables par les wandriens. Elles semblaient relativement légères hors cas fort hypothétique d'alliance de grande ampleur entre de nombreux clans. Ainsi, mil cinq cent hommes représentaient-ils une force colossale à leur échelle. C'était une bonne chose. Cela ne donnerait que plus de poids à son arrivée et laissait présager la possibilité, en cas d'entente rapide avec un certain nombre de tributs, de diminuer fortement les effectifs du contingent.

Eh bien messire Baron, il semblerait qu'avec ma force expéditionnaire, couplé avec une stratégie deffensive, nous n'ayons pas grand chose à craindre des guerriers Wandriens tant que nous n'essayons pas de les spolier de leurs terres. Je mise beaucoup dans l'établissement de ce comptoir vous savez. Je suis persuadé que le fait que personne n'ait jamais tenté ce genre d'aventures relève d'avantage du manque de vision que d'une réelle non-rentabilité de l'entreprise. Je reste au fond persuadé que les Wandres représentent une terre potentiellement ouvert au commerce et aux échanges de richesses et que les Wandriens, au delà de leurs différents réguliers avec les Péneinsulaires frontaliers, pourraient s'avérer des partenaires commerciaux de qualité.

C'est sur cet instant qu'un officier intervint afin d'annoncer aux deux seigneurs que tout était prêt pour qu'ils puissent appareiller dans les plus brefs délais. La discussion était tellement passionnante que le Comte ne s'était même pas aperçu que les vestiges de sa tente et des nombreuses affaires qui trainaient là quelques minutes plus tôt étaient transférées dans son vaisseau amiral. Le temps était donc venu pour les deux nobles de prendre la route du Nord.

Eh bien messire Baron, il semblerait que notre transport soit avancé ! Le nord et les Wandriens nous attendent... Les les laissons pas se languir d'avantage de notre bonne compagnie.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 24 Avr 2013 - 9:57

L'affaire si rondement menée par les deux hommes laissait à penser qu'une entreprise pareille relevait de la bagatelle, et à non pas douter, ils avaient jusque là fait montre d'habileté, ainsi que d'une certaine chance. Dans le petit village de Portflot, qui de mémoire d'homme n'avait jamais vu une armada mouiller dans sa crique, on était à la fois partagé entre l'admiration pour ces marins chevronnés, et l'envie de les envoyer par le fond. La sagesse vernaculaire avait toujours tenu les eraçons loin de la haute mer ; ils se contentaient de la pêche au bord des côtes, et il n'était pas rare qu'une barque se fracasse contre les récifs escarpés. Les vents violents de la région, ses écueils traitres et ses falaises immenses demeuraient un à priori un frein à toute entreprise maritime de grande envergure, auquel cas Portflot ne serait pas resté longtemps un simple village de pêcheurs.

En l'absence de rade, l'ensemble du chargement avait du se faire à la chaloupe ; cela n'avait manqué de faire rire la population autochtone, qui voyait en cette difficulté l'occasion rêvée pour qu'une tempête vienne mettre à bas l'expédition. Fort heureusement, rien ne s'était produit, et durant les préparatifs au départ, l'atmosphère avait été d'un calme plat plus qu'étonnant - attendu que l'automne était alors déjà bien consommé. Néanmoins, ce qui avait favorisé les aventuriers dans leurs démarches de chargement, le bloqua dès lors pour partir. L'absence d'un quelque alizé cloua la flotte sur place, droites sur leurs chaînes dans la petite crique de Portflot.

C'est dans la troisième nuit suivant la fin du chargement que le vent se fit sentir, et pas qu'un peu. Une forte bise poussait du Nord des nuages noirs, et quelques heures après que le premier souffle ne se fit sentir, les étoiles étaient entièrement voilée. La tempête, que les autochtones avaient tant pressenti, s'abattit sur la côte.

Au réveil, les dégâts avaient de quoi faire pâlir n'importe quel armateur chevronné. La majorité des navires avaient vu se décrocher leurs ancres sous la force de la houle, et avaient dérivé en quelques minutes jusqu'aux récifs. Ceux dont la coque ne faisaient pas voie d'eau demeuraient, si l'on peut appeler ça de la chance, ensablés jusqu'au cou. Si les pertes humaines avaient été minimes, quelques noyés tout au plus, la flotte échouée témoignait tristement de la difficulté d'une pareille entreprise en Eris, lors de l'automne.


Spoiler:
 

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Ombre fugace
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 24 Avr 2013 - 13:20

« C’est la merde, hein ? »

Par cette célèbre citation du Grand Khan Ogodaï lors de la bataille des cinq-armées (ou peut être celle d’Okinawa), je voulais rendre hommage au destin. Car le moins que l’on puisse dire, c’était que ce damné farceur ne semblait pas vouloir nous sourire. La saison des tempêtes avait apparemment décidé de s’inviter tôt cette année là sur la côte Eracienne, et la flotte réunit par le comte Nimmio venait d’en faire les frais. Sans doute aurions-nous du prêter plus d’attention aux dires des habitants du cru ou chercher une anse mieux abritée que Portflot, mais la tradition maritime des seigneurs de Velteroc restait assez embryonnaire... comme d’ailleurs celle de toutes les terres n’ayant pas d’ouverture océanique. Loin des côtes, les vents violents venus du large s’apaisaient, et l’on sous-estimait aisément la puissance des tempêtes qui l’hiver balayaient l’Eris.

Enfin bref, nous n’avions pas eu de chance !

A tout le moins avait-on évité les pertes humaines, mis-à-part quelques noyés. Le bois brisé se réparait plus aisément que la chair des hommes, et de cela il fallait remercier Néera. Je n’aurais pu en dire autant du moral des hommes, et alors que je m’en retournais vers la tente de commandement du comte, les visages maussades ou choqués se succédaient les uns aux autres. L’océan venait douloureusement de nous rappeler à tous ses humeurs, et aucun terrien ne pouvait rester insensible à cette sourde peur de finir noyé. Les marins de la flotte semblaient moins affectés et prenaient cela avec philosophie, plus habitués que nous à subir la rage des flots. Rabattant les pans de ma cape pour me protéger du vent glacial qui soufflait depuis l’aube, je hâtais le pas, perdu dans mes pensées.

Lorsque je pénétrais sous la tente, le comte de Velteroc se trouvait en pleine discussion avec Darius et les principaux officiers de l’expédition ainsi que quelques civils qui devaient être amenés à gérer les affaires courantes du comptoir. Les avis semblaient partagés entre ceux qui souhaitaient ajourner l’expédition, voir l’annuler, et ceux qui tenaient pour la poursuite des opérations malgré ce coup du sort, chacun tentant de faire prévaloir ses arguments dans l’esprit de leur seigneur. Jouant un peu des coudes pour arriver au bord de la table, je fis également valoir les miens :


Messire comte, chaque heure passée dans ce mouillage mal protégé nous met à la merci d’une nouvelle tempête. Quatre navires peuvent être désensablés rapidement et sont prêts à prendre le large. Embarquons et partons sans plus attendre ! Nous ne pourrons pas aligner autant de soldats que prévus, mais il faudra bien faire avec. Après tout, nous ne cherchons pas la confrontation avec les Wandrais, et une force plus limitée leur paraitra peut être moins hostile.

De cela je n’aurais pas juré, et le comte dut bien lire dans mon regard que je cherchais avant tout à restaurer la confiance et la foi de chacun dans le but final de l’expédition. Inutile de préciser que les réactions des Wandrais restaient bien incertaines et que mieux valait éviter de placer ses testicules sur le billot en pariant sur leur future attitude. Mais je ne pouvais faire autrement que prôner la solution la plus aventureuse, car il serait toujours plus simple au comte de Velteroc d’imposer ensuite à ses subordonnés une décision de prudence qu’un choix audacieux. Au final, lui seul trancherait, et pour avoir vécu de tels dilemmes dans le passé, je savais à quel point ils sont malaisés à régler. Soit Nimmio devrait lancer son expédition avec des forces diminuées, soit il lui faudrait parier sur l’attente et espérer une accalmie… soit s’en retourner chez lui et accepter la perte des frais déjà engagés.

Quand aux autres navires, eh bien les éclaireurs indiquent qu’il y a une anse mieux protégée à quelques lieux au nord d’ici. Elle ne se prête pas bien aux opérations d’embarquements et n’est guère aisée d’accès, mais elle sera aisément défendable et suffira pour réparer les dégâts causés par la tempête. Une fois ces réparations achevés, ils reviendront chercher le reste de l’armée à Portflot et nous rejoindrons dans les Wandres.

Les philosophes affirment que la meilleure solution n’est autre que la moins pire. Dans un monde idéal, j’aurais surement conseillé d’attendre les beaux jours du printemps pour relancer l’expédition dans de bonnes conditions, mais je me doutais que les frais qu’il faudrait engager pour supporter un tel délai deviendraient tels qu’au final le comptoir ne pourrait pas devenir rentable avant de longues années. Toutefois, il ne m’appartenait pas plus qu’aux autres d’aller au-delà de mon rôle de conseiller, et lorsque le silence se fit sous la tente, chacun se tourna vers le comte de Velteroc dans l’attente de sa décision.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mar 30 Avr 2013 - 6:52

Dire que le réveil fut pénible eut été un doux euphémisme. Quel cataclysme s'étalait désormais sous les yeux du Comte de Velteroc ! La Flotte qui avait monnayé durement avec Soltariel venait de connaître une nuit aussi agitée que destructrice. Si les plus gros vaisseaux s'étaient rapidement ensablés, les autres, moins chanceux avaient connu bien des périples. Certains s'étaient ainsi précipités sur les récifs et y avaient laissé quelques quelques bouts de leur ligne de flottaison, tandis que le plus infortuné d'entre eux s'étaient vu écrasé contre les falaises de la cote, y démâtant et laissant une partie de son équipage sur le carreau, emporté par les flots déferlants. Si le navire avait pu être récupéré au petit matin, les nombreuses avaries dont il était constellé le rendaient tout simplement inutilisable pour un bon bout de temps.

Tandis que le entreprenant se désensabler les vaisseaux amiraux de la flotte, le Comte faisait des allez et retours devant l'entrée de sa tente. Aux bons présages succédaient désormais les mauvais et cela l'interloquait. Ainsi, Tyra semblait-elle en désaccord avec les desseins de son frère et entendait-elle remettre en cause l'expédition. Elle n'obtiendrait pas gain de cause ! Le jeune seigneur, fulminant, à la manière d'un Darius qui aurait raté un combat, entreprit de s'approcher du port ou Hanegard l'attendait depuis quelques minutes. Plein de bon sens, comme il semblait en être pourvu, il proposait que la flotte endommagée aille se mettre à l’abri en attendant de rejoindre l'expédition.

Eh bien Messire Baron, il me semble que vous ayez raison, il nous faut hâter le départ. Néanmoins, je puis vous assurer que le nombre de navires restants sera amplement suffisant pour emmener l'intégrité de l'expédition. J'ai en effet besoin de mil-cinq-cent places de transports et en avait demandé deux-mil à Soltariel afin de m'assurer que malgré les déconvenues probables en cette saison, nous pourrions appareiller sans faute. Nous le ferrons donc dans la matinée, à présent que le temps nous le permet. Les navires légèrement endommagés seront réparés pendant la traversée. Ceux plus lourdement resteront dans la crique que vous m'indiquez et y seront réparés, en vie de les renvoyer à Soltariel. Il serrait trop risqué de les envoyer nous rejoindre plus tard, cette période de l'année étant la dernière avant que les tempêtes ne rendent l'Eris définitivement impraticable.

Interrompu par un sergent qui apportait un rapport, le seigneur de Velteroc lui fit signe de s’exprimer sans plus attendre. Il craignait ce que l'homme d'une quarantaine d'année allait lui annoncer. D'ici, les choses avaient l'aire fort terribles.

Votre Grandeur, les Soltariens sont plutôt optimistes. Ils estiment seulement à deux le nombre de navires définitivement inutilisables. Les autres devraient pouvoir êtres réparés sans trop de difficultés. Ils prétendent avoir de bons charpentiers et quelque chose me dit que nous pouvons avoir confiance. Les Soltariens ne sont pas connus pour faire prendre des risques importants à leurs navires... Quant au désensablage, il sera bientôt terminé. Les rameurs auront bien mérité leur prix et quelques jours de repos.

Bien ! Retourne a ton poste et veille à ce que tout le monde soit prêt. Nous partons aujourd'hui pour la crique jusqu'à laquelle nous tracterons les navires à y déposer. Nous mettrons ensuite cap sur les Wandres avec tout ce que nous pourrons emporter. Ce contre-temps n'annonce rien qui vaille, mais il ne sera pas dit qu'un Velteroc renonce à la première déconvenue.

Si l'épreuve n'avait pas ébranlée le jeune Comte, elle annonçait des perspectives difficiles. Néanmoins, il était de coutume en Velteroc que de dire « Prépare le pire, tout en espérant le meilleur, plutôt que le meilleur tout en craignant le pire ». Il avait appliqué ce précepte, une fois de plus et grâce à lui, il pouvait à présent faire route sur les Wandres, ce qui aurait été impossible sans une telle marge de sécurité.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mar 30 Avr 2013 - 15:27

Le comte de Velteroc s’était montré prévoyant vis-à-vis des capacités de transport des différents navires de la flotte fournie par Soltariel. Sagesse payante puisque cela lui permettrait finalement d’embarquer toutes ses troupes malgré les ravages de la tempête, et je ne pus retenir un petit hochement de tête approbateur face à quelqu’un qui avait su prévoir au-delà du prochain coup. Il lui en faudrait probablement bien plus avant de réussir l’établissement du comptoir, toutefois Nimmio me paraissait armé pour affronter les difficultés à venir. C’est donc avec l’esprit un peu plus léger que le conseil fut levé et que chacun s’en retourna à ses tâches. Le coup du sort qui venait de nous frapper n’en restait pas moins douloureux, mais nous retrouvions l’espoir de surmonter cette première épreuve.

Hisse-ho les gars ! Le reste de la journée fut fort occupé à désensabler les navires et à installer des amarres pour remorquer ceux dont l’état de la voilure ou de la coque ne permettrait pas d’avancer seuls. Tâches éprouvantes qui mobilisa la plupart des bras disponibles, et des gémissements d’épuisements se faisaient entendre en voyant la lenteur avec laquelle les mastodontes de bois et de toiles échappaient à la puissante étreinte du banc de sable. Les cordages grinçaient, les muscles se durcissaient, les rames fendaient l’eau, les halètements se faisaient plus profonds, et centimètre par centimètre le navire bougeait. En ces moments là, on se dit que malgré tout les progrès de la science, l’huile de coude reste le meilleur carburant. Ou a tout le moins le plus fiable.

Le soleil avait daigné faire une timide apparition ce jour là, comme pour se faire pardonner de n’avoir pu nous protéger de la tempête nocturne, et il se trouvait à son zénith lorsque le premier navire se trouva libéré. Une clameur de soulagement parcourut la plage à cet instant, et chacun se remit à la tâche avec d’autant plus d’ardeur que Darius ordonna de servir un petit verre de rhum pour les marins et les soldats qui peinaient à réparer les dégâts. Malgré cet encouragement, ce ne fut que tard dans l’après-midi que put commencer le remorquage visant à amener les navires endommagés en direction de la crique abritée où ils seraient réparés. L’emplacement n’était pas idéal dans la mesure où l’accès s’en révélait assez malaisé, mais à tout le moins ils ne seraient pas à la merci d’une nouvelle tempête, qui au vu de l’état lamentable de leurs coques aurait été fatale.

Inutile de préciser que lorsque la nuit tomba et que nous vîmes les feux de poupe des navires revenir jeter l’ancre dans la petite baie de Portflot, chacun poussa un soupir de soulagement et adressa une prière à Tyra avant de se coucher. Nous dormions tous quasiment debout, et même une simple selle de cheval comme oreiller alliée à une couverture nous paraissait le plus doux des lits pour les corps fatigués. En tant qu’invité du comte de Velteroc, j’eus droit à un lit de camp sous l’une des tentes, luxe digne d’un roi !

Bon, eh ben bonne nuit tout le monde.

Fort heureusement, la nuit se passa sans incident. Le lendemain matin, avec la première marée, la flotte diminuée de quelques unités leva enfin l’ancre et mis le cap au nord. J’aurais du me trouver à la proue du navire amiral, laissant le vent et les embruns fouetter mon rude visage aux traits de statut grec, mais je venais me rendre compte d’un léger problème…

…j’avais le mal de mer.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 6 Mai 2013 - 8:33

Le ballotage léger des vagues était rapidement passé d'une amusante distraction à la plus abominable des afflictions. Le Comte se cramponnait au bastingage avant du navire tandis que sa concentration était presque toute entière dévolue à l'anticipation des prochaines turbulences marines. Chaque erreur de jugement la rapprochait d'avantage de l'instant où il rendrait son petit déjeuner et il espérait laisser suffisamment de temps à son organisme pour lui laisser le temps d'assimiler autant de nutriments que possible.

Non loin de lui, l'Alonnien semblait changer de couleur au gré des ondulations tandis que ce brave Darius vomissait tripes et boyaux, comme une partie significative des Velteriens embarqués dans cette aventure. Les Soltariens, quant-à-eux semblaient à la fois amusés par la cocasserie de la situation et exaspérés par l'état piteux dans lequel ils récupèreraient leurs navires, une fois leur mission accomplie.

Mais revenons-en à notre Seigneur velterien et à ses pensées profondes. Abandonnant deux minutes sa concentration bassement matérielle, il se permit de réfléchir à la suite des opérations. Sur les neufs navires affrétés, deux étaient dors et déjà hors course et avaient été abandonnés dans une crique près de Portflot, tandis que les charpentiers travailleraient durement pour les réparer et les renvoyer à Soltariel. Parmi ceux qui restaient, les trois navires amiraux, beaucoup plus imposants que les autres, ensablés pendant la tempête, voguaient tranquillement, tractant dans leur sillage les plus avariés des vaisseaux de transports. La flottille voguait à présent en bon ordre et, si le temps se maintenait, atteindrait les Wandres dans quelques jours, bien avant que les réserves de nourriture ne s'épuisent.

A cette pensée positive, le Comte s'autorisa un léger sourie entre deux grimasses convulsives , agrippant fermement la bastingage à sa jonction de poupe, laissant le vent ébouriffer son abondante tignasse blanche. Ici, il était le « roi du monde (Wouhou !!!!) », mais quel triste sir que celui qui s'appétait à rendre son déjeuner.

Après une passade intense en émotions et vomissures de toutes sortes qui, explicités plus longuement purent largement recolorer un topic, le velterien se tourna vers son compagnon Alonnien, tout en cherchant du regard le nain qui l'accompagnait jusqu'ici et dont la situation devait être non moins cocasse que la leur.

Eh bien Messire Baron, je préfère ne pas imaginer notre état si la tempête venait à pointer le bout de son nez ! A l'évidence, nous ne sommes pas des hommes de mer... Et a moins que ce voyage ne s'avère plus formateur que prévu, je tâcherais de m'en souvenir pour mes prochaines expéditions.

Chancelant légèrement tandis qu'il parcourrait la distance qui les séparait, le médianais cherchait quelques points d'appuis possibles afin de ne pas s'écrouler comme bien de ses hommes l'avaient fait avant lui.

Puis-je me permettre de vous poser une question personnelle Messire Baron ? Pourquoi avez-vous abdiqué ? Il me semblait avoir entendu bien des éloges à votre égard et Alonna paraissait être un exemple de stabilité dans ce nord dépareillé et si prompt à l'empoignade guerrière.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 6 Mai 2013 - 10:32

Bleuargheuargh !

Je tiens à m’excuser pour la piètre qualité du doublage son, mais comprenez que les vomissements ne sont guère aisés à reproduire. Un simple « bleuargh » sonne juste comme un renvoi après un repas trop copieux, et une trop grande suite de « gheuarg » casserait l’intensité dramatique du moment que j’essaye vaillamment de reproduire avec un succès que je crains limité. Sans doute aurais-je pu commencer plus prosaïquement ces quelques lignes en expliquant tout simplement que je vomissais tripes et boyaux dans l’océan, mais admettez que tomber sur un borborygme dès le premier mot vous a mis la puce à l’oreille et vous a amené à continuer de lire pour essayer de comprendre ce qui peut bien passer dans la tête du narrateur.

Bref, notre petite expédition en direction des Wandres venait de prendre une tournure assez sale, car peu de monde à bord avait le pied marin, mis à part les natifs de Soltariel qui nous regardait d’un air narquois tout en nous conseillant d’éviter de rendre notre déjeuner face au vent. L’un d’entre eux avait même été jusqu’à me proposer gentiment un petit bol de graisse de mouton pour « apaiser mon estomac ». Le cuistre ! Entre deux renvois, je m’étais juré intérieurement de lui fourrer son fichu bol là où vous pouvez le deviner dès que je serai remis. Dans toute cette affaire, seuls les poissons devaient y trouver leur compte dans cette distribution gratuite de nourriture, et cela m’horrifiait à la seule idée que nous pouvions ensuite manger ces bestioles nourries au vomi. Les vaches au moins faisaient cela un peu plus dignement !

Par pure grandeur d’âme, je vous épargnerai la description de Glamdring durant cette partie de l’histoire, vous précisant juste qu’il se trouvait face à deux problèmes supplémentaires par rapport à nous : le bastingage se trouvait un peu haut pour lui et sa barbe se trouvait un atout fort ennuyeux dans la situation présente. Vous me comprenez, n’en demandez pas plus et bon appétit !

Lorsqu’enfin nos estomacs se calmèrent un peu, le comte de Velteroc s’approcha de moi d’un pas guère assuré. Si on dit qu’un teint pâle donne un aspect aristocratique, le comte faisait alors très aristocrate ! Pour un peu, on l’aurait situé à mi-chemin du mort-vivant tant sa peau pâle semblait livide. Nul doute que comme moi il devait regretter amèrement son douillet château et sa tendre épouse (non ?), mais il n’avait pas perdu son sens de l’humour noir lorsqu’il évoqua la possibilité d’une tempête. Néera, par pitié, non ! Si un simple coup de vent nous retournait déjà les boyaux comme une vulgaire chaussette, je n’osais trop imaginer notre état pour le cas où la mer deviendrait réellement démontée. Changeant de sujet, Nimmio m’interrogea sur un point qui semblait l’étonner ou à tout le moins l’intéresser : mon abdication.


Pourquoi ai-je abdiqué ? Sans doute parce que je n’ai jamais réellement été un baron, au fond de moi.

Les vagues s’étant un peu calmées, nous pouvions profiter de ce répit pour parler.

Je ne suis pas un noble, messire. Contrairement à vous et à mes anciens pairs, je ne descends pas de ces lignées prestigieuses qui ont forgé l’histoire du royaume au travers les siècles. Lorsqu’après mon exil des Wandres, je me suis mis au service du duc de Serramire, du temps de la guerre civile, je n’étais rien de plus qu’un chef mercenaire parmi tant d’autres. J’ai réussi à gagner la confiance du duc Merwyn et à me hisser à la tête des Légions Noires, avant que le roi Trystan, paix à son âme, ne me demande de relever Alonna qui n’était plus que l’ombre de sa grandeur passée.

Pourquoi racontais-je cela à Nimmio ? Je n’en avais aucune idée, mais j’avais ouvert la bonde et les mots sortaient sans que je puisse les retenir.

Lorsque je suis arrivé dans la baronnie, j’y ai trouvé un peuple en plein doute, une économie chancelante et un pouvoir central affaibli. Il m’a fallu dix années pour réussir à redresser la situation et refaire d’Alonna une pièce maitresse dans la géopolitique du Nord. J’ai lutté contre les corporatismes, abattu ceux qui profitaient du chaos ambiant et abaissé mes vassaux trop ambitieux. J’y ai réussi, mais pour m’être mêlé à la noblesse, je n’y ai en général trouvé qu’égoïsme et arrogance. Rares sont les seigneurs qui comme vous savent voir au-delà de leurs querelles intestines et de leurs égos surdimensionnés. Cela m’a dégouté peu à peu de la politique.

Ce dégout était profond et sincère. Peut être avais-je accompagné le comte de Velteroc dans son expédition justement car il ne présentait pas ces défauts.

Cela vous étonnera sans doute, messire comte, mais je ne recherche pas le pouvoir. Ma femme est le plus beau don que j’ai reçu, et mille baronnies ne pourraient jamais la valoir à mes yeux. J’ai failli la perdre lors de la naissance de notre fils, et je ne dois qu’à Néera de l’avoir retrouvée. Elle a rencontré la déesse et m’en est revenue changée. J’y ai vu un signe… un signe qui me disait que ma famille devait passer avant mes responsabilités de baron. J’ai gardé Alonna jusqu’à ce que la mission confiée par le roi Trystan soit accomplie, mais je n’ai pas ma place parmi les puissants. Ce n’est pas mon monde, et cela ne le sera jamais.

Les yeux perdus dans l’immensité des flots, je repensais à ce jour terrible où pendant quelques minutes le souffle de Jena s’était arrêté. Bien sur, elle m’avait ensuite longuement parlé de sa rencontre avec Néera, tentant de me l’expliquer au mieux, mais peut-on réellement décrire la rencontre avec une divinité ?

Aujourd’hui, je n’ai plus cet écrasant fardeau sur les épaules qu’est la gestion d’une baronnie. Ma seigneurie de Val-Néera suffit à mon bonheur. Ces terres sont riches et fertiles, elles me permettront de bien dôter ma fille lorsqu’elle se mariera et d’offrir à mon fils la meilleure éducation possible.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 13 Mai 2013 - 8:16

Le cœur chavirant du jeune Seigneur battait la chamade tandis que son estomac se convulsait sous les assauts méthodique de hauts le cœur de plus en plus violents. Cependant, il n'y avait plus rien à expulser et la bile mettrait quelques minutes avant de remplir suffisamment l'organe en vue d'une nouvelle régurgitation. Il faisait néanmoins son possible afin de rester concentré sur les élucubrations de son compère.

Ainsi, ce dernier ne s'était-il jamais réellement sentis Baron en sa baronnie, ni même noble dans la péninsule. Quelle drôle d'idée que celle-ci ! Il semblait en effet considérer que la noblesse était une question de classe, de naissance. Une sorte de caste hermétiquement fermée, dans laquelle aucune place ne pouvait être faite à quiconque n'avait pas eu la chance de bien naitre. Et pourtant... Il fallait bien qu'une lignée soit devenue noble un jour pour qu'aujourd'hui elle puisse encore prétendre à diriger.

Les deux hommes étaient ainsi diamétralement opposés. Entre le Wandrien anoblis et le représentant de la noblesse immémoriale de Velteroc, deux mondes se faisaient face. Et pourtant ! Etaient-ils réellement si différents que cela ? N'avaient-ils pas administrés leurs terres du mieux qu'ils l'avaient pu ? Non, en réalité, les hommes ne naissent pas tel qu'ils seront, mais le deviennent. Certes, leur extraction et leur' environnement joue-t-il un rôle important, mais l'histoire a montré que les anomalies systémiques font partie intégrantes du système et participent à sa nécessaire évolution.

Le parcours remarquable du Baron, de son exil des Wandres jusqu'à son accession au trône d'Alonna ressemblait aux épopées de son enfance. La ou se dressait un homme de valeur, se créait une légende. Un jours, ce Hanegard aurait la sienne, mais il semblait ne pas en avoir confiance.

Vous savez messire Baron, la recherche du pouvoir est une bien triste conseillère. Elle fait généralement couler beaucoup de sang et précipite invariablement son prétendant dans les abysses. Car celui qui ne vit que pour lui-même s'appelle tyran et ses ennemis sont alors légion qu'ils le combattent sur les champs de bataille où qu'ils gangrènent sa cours... Non, la noblesse n'est pas affaire de pouvoir en réalité, mais affaire de devoir. Les hommes représentent une race fébrile, confronté à un environnement et à des ennemis qui dépassent de loin ses simples capacités. Il revient à la noblesse de rassembler, de guider et de protéger ses semblables, afin d'éviter qu'ils ne soient rien de plus que les faibles victimes de ce monde sans pitié. Les cinq créent des hommes tels que vous dans ce but.

Je comprends néanmoins la lassitude et la fatigue qui s'est emparée de vous. La période que nous vivons est l'une des plus noires de notre histoire et sans doute le plus grand défis qu'il nous revient de relever. L'ennemi n'est plus le vil xénos extra-péneinsulaire, mais bel et bien notre frère qui complote pour sa seule jouissance, au point de déstabiliser le royaume tout entier. Ainsi, le pouvoir central s'enlise dans les querelles de légitimités, tandis que le nord se déchires dans des guerres civiles dont chaque rebondissement éloigne un peu plus l'espoir d'unité et de grandeur de notre royaume. En vérité, le glacis protecteur du nord n'est plus qu'un vulgaire lambeau qui offre désormais nos terres au plus hardi. Je prie les dieux que les sombres ne saisissent pas cette occasion pour nous porter le fer... Car je doute que nous ne soyons capable de les repousser.

A vrais dire, je crains que votre abdication ne puisse tomber plus mal. Alonna faisait figure de dernier rempart contre la barbarie à mes yeux... Odelian représentant une entité relativement indéterminée dont les objectifs peu claires laissent entrevoir de possibles troubles. Votre départ risque de renforcer certaines velléités et de déclencher de nouveaux conflits. Si j'osais, je vous demanderais de récupérer votre office, mais je ressens la lassitude qui vous oppresse. J'espère que le régent que vous avez nommé est un homme de confiance et qu'il ferra perdurer autant que possible les acquis que vous avez apporté à votre baronnie... J'ai cependant bien peur que Val-Néera ne devienne le dernier refuge pour les habitants de votre baronnie dans les mois à venir...


Cet échange, fort solennel malgré l'ambiance fort improbable qui régnait sur le pont, montrait clairement à l'Alonnien que le Comte de Velteroc s'avérait fort attaché à la sécurité et à la solidité du nord. Malgré un visage toujours inexpressif, la Baron pouvait déceler une profonde appréhension dans le regard de son jeune interlocuteur.

Les signes que nous envoient les dieux vont souvent dans le sens de la réalité. Si votre famille revêt cette importance, c'est qu'il ne fait aucun doute qu'elle est la clef d'une plus grande destinée encore... Néanmoins, les signes que je reçois pour ma part sont des plus inquiétants... Le nord connaitra les affres de la guerre totale, j'en suis certain... Et je crois qu'il me revient, en partie, d'essayer de l'empêcher... Cette expédition est d'ailleurs l'une des contremesures que j'essaye de mettre en place pour ce jour maudit que n'arrivera que trop vite.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mar 14 Mai 2013 - 9:22

Borée ne semblant guère partager les vues géopolitiques du plein-de-bonnes-intentions Nimmio, fit cesser les vents une fois la flotte au large. C'était une vilaine désillusion, qui frappait là l'esquif. On aurait pu légitimement espérer qu'après une si grande tourmente, les génies présidant aux vents marins ne se montrassent plus généreux. Les navires entreprirent dès lors d'inexorablement dériver, et à moins qu'une brise ne se présentasse derechef, on pouvait aisément supposer qu'ils se retrouveraient dans l'isthme soltarii d'ici quelques mois, à cette vitesse - à moins qu'ils ne s'échouent entre temps.

Impuissants devant la mollesse de leurs voiles, les marins sortirent rapidement les dés. À cette distance des côtes, il n'était nécessité aucune de jeter l'encre ; du reste, elle n'aurait atteint le fond marin. Devant l'incapacité à agir, il demeurait alors plus sage de tuer le temps, et si possible à une occupation aussi divertissante qu'un bon kjall. Les différentes provenances eurent tôt fait de monter un inéluctable débat quant aux règles justes, et il ne manqua de peu qu'on en vint au mains. Du reste, les loups de mer se trouvaient, en ces moments de répit absolu, un caractère presque doux - les mousses savaient cependant lire au travers de cette affabilité, bien trop conscient des duretés qu'elles précédaient.

Il advint qu'une singulière créature souhaitât aussi partager ce havre de paix et de bonhommie. Toutefois, comme elle ignorait les règles les plus élémentaires du kjall - et serait au demeurant trop incapable de lancer un dé - elle en avait acquis une réputation exécrable auprès des marins. Pour assurer sa maigre défense quant à son irascibilité et son absence totale de vivre-ensemble, la bête prétextait parfois un déterminisme tout relatif : être plus haute qu'un château fort, et une faim dévorante pour tout ce qui vivait sur et sous l'eau.

Si le norkan refusait catégoriquement les parties de cartes, il n'en était pas moins joueur. Dotée d'une intelligence sournoise, il avait appris de sa tendre mère comment, tel l'agile myynark secouant l'arbre pour en ramasser les fruits, il lui était possible de taquiner la carraque. Cette ludique activité avait dès lors remplacé la corvée digestive qui suivait l'engloutissement tout entier d'un frêle esquif. Ainsi, se présentant dans les eaux calmes où se trouvait la flotte, notre nouveau venu s'attela à frapper de son corps musculeux chacune des coques à sa portée. Après le coup de boutoir, il pleuvait ça et là le fruit tant convoité, qui, gesticulant de mauvais gré, finissait tout droit dans sa gorge large et fleurant bon l'iode. Le festin commençait.


_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mar 14 Mai 2013 - 12:26

Le vent était tombé, et la légère brise qui soufflait ne permettait pas à la flotte de se déplacer plus vite que des escargots asthmatiques. Si encore nous avions pu aller dans la bonne direction, mais même pas ! En vrais terriens que nous étions, le simple fait de ne pouvoir avancer vers notre objectif nous choquait, et nous maudissions les dieux de ne pas nous accorder une bonne brise venue du sud. Le seul avantage à cette situation venait de l’état de nos estomacs : l’océan s’étant calmé, le roulis aussi… et nous ne vomissions plus tripes et boyaux par-dessus bord. Voilà pourquoi le premier choc contre la coque me surpris et me fit tomber face contre terre. Ou face contre pont, plutôt.

Qu’est-ce que… ?

Un nouveau coup ébranla la caraque, faisant tomber ceux qui avaient réussi à garder leur équilibre après le premier choc et projetant plusieurs soldats à l’eau. Avions-nous heuré un récif ? Mais nous nous trouvions en pleine mer à une dizaine de milles de la côte la plus proche, et les cartes n’indiquaient pas de hauts-fonds dans les parages. La réponse vint lorsqu’un hurlement d’agonie se fit entendre le long du bord, hurlement coupé par un puissant bruit de mâchoire. « Un Norkan », cria avec terreur l’un des marins qui avait jeté un œil par-dessus le bastingage. Un Norkan… le plus redoutable prédateur marin qui existait en ce monde. Ces monstres de légende hantaient les abysses de Miradelphia, et celui là avait du être attiré à la surface par la faim. Non, pas de doute, la chance ne voulait pas nous sourire et nous accumulions les catastrophes à un rythme affolant.

A plat ventre, tous ! Agrippez-vous aux cordages !

Mon avertissement arriva trop tard pour deux arbalétriers qui armaient leurs carreaux dans l’espoir de mettre un coup dans le mille et qui basculèrent à leur tour. Quelques secondes plus tard, l’eau se teinta de rouge alors que les malheureux expérimentaient l’aller simple vers l’estomac du prédateur. Ayant rejoint Darius et Nimmio, je pus échanger rapidement quelques mots avec eux et décider comment réagir. Nous agrippant à tout ce que nous pouvions, nous tombâmes d’accord et tandis que mes deux compagnons foncèrent vers l’avant du navire, je m’approchais de l’officier en charge des pavillons.

Faites signe aux autres navires de se rapprocher de nous. Que les cogues essayent de garder leurs distances, ils ne font pas le poids.

Ces navires de moins de deux-cents tonneaux risquaient de ne pas tenir longtemps contre les assauts d’un Norkan, au contraire des lourdes caraques mieux armés pour résister à la colère des flots… ou d’un prédateur géant, bien que les charpentiers de marines de Soltariel n’y aient pas forcément pensé à l’origine. Répondant aux pavillons hissés le long des drisses, les deux autres navires-amiraux se rapprochèrent de nous, profitant d’une petite pause que nous accordait le monstre qui dévorait soldats et marins tombés à la baille. Combien en fallait-il pour le rassasier ? Beaucoup apparemment, car une fois son festin achevé, le Norkan se dirigea de nouveau vers le navire amiral du comte de Velteroc.

Les grappins jaillirent de chacun des navires, comme pour réaliser une manœuvre d’abordage. Se jetant au sol à chaque fois que le Norkan fonçait pour se révéler aussitôt après les chocs, les marins tirèrent sur les robustes câbles qui liaient entre eux les navires amiraux. Un des cogues se rapprocha également, son capitaine craignant sans doute de s’écarter de la protection des robustes murailles de bois qui dominaient son navire. Raidissant leurs muscles, les marins jetèrent de nouveaux grappins, transformant les quatre navires en une espèce d’énorme plate-forme flottante.

Pendant ce temps, à la proue, Nimmio et Darius s’activaient auprès de la chaine d’ancre, mettant la main à la seconde partie de notre riposte.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Jeu 23 Mai 2013 - 8:44

La coutume voulait que le calme se fasse avant la tempête. Pourtant, le sort semblait inverser le vieil adage et décidait à présent de laisser dériver la flottille sans lui apporter le moindre soutien. Les navigateurs étaient pourtant confiants, quelques jours plus tôt, lorsqu'ils préparaient appareillage. Une ennéade, deux si les événements se jouent de nous qu'ils disaient. Comment pouvait-on se tromper à ce point ? Étais-ce la aussi un signe ? La déesse des mer s'opposait-elle aux desseins de son frère ? Cela n'arrêterait pourtant pas le seigneur de Velteroc. Elle devait le savoir...

C'est dans un moment de calme plat qu'un phénomène oh combien rare se produisit. Une secousse, le bruit du bois que l'on martèle, suivi de celui des hommes qui tombent à l'eau. Des hurlement suivirent tandis que les remous et les projections d'eau s'intensifiaient autour du vaisseau amiral. Si le premier coups avait surpris en cet instant de calme, le second en fit de même par sa violence, projetant bon nombre d'homme par dessus le bastingage. Le Comte de Velteroc faillit d'ailleurs faire partie du lot, ne devant son salut qu'à un réflexe improbable de Darius qui l'agrippa de l'une de ses mains calleuses.

UN NORKAN !

Ce cri, venant du fond du cœur appartenait au vigie, toujours en poste malgré les secousses répétées. Il avait eu la bonne idée de s'attacher au mats après que la première secousse eut manqué de l'envoyer une dizaine de mètres plus bas, dans la gueule béante du monstre qu'il voyait à présent distinctement sous le navire.

A plat ventre, tous ! Agrippez-vous aux cordages !

Hanegard venait d'envoyer un ordre plein de bon sens. Les hommes au sol n'avait aucun risque de basculer par dessus le bastingage et de finir en enfer entre les dents de l'immonde créature que pensait pouvoir festoyer de leurs malheurs. Il fallait agir et vite s'il voulait limiter les pertes et chasser la créature avant qu'elle ne fasse plus ample connaissance avec la coque du vaisseau.

Préparez les grappins ! Que les espringales ciblent les navires les plus proches avec les grappins d'abordages. Nous devons les arrimer les uns aux autres afin d'offrir une plus grande résistance aux assauts de ce monstre !

Profitant d'une accalmie dégustatrice du monstre, les marins exécutèrent les ordre, armant l'espringale de poupe et envoyant le grappin d'abordage sur la caraque la plus proche. Fort heureusement pour la flottille, le faible vent et le calme de l'océan n'avait pas trop éparpillée la flotille et il était encore aisé de faire mouche avec ce type d'équipement. A chaque nouvel assaut de la créature, tout le monde se cramponnait à ce qu'il pouvait, reprenant la manœuvre une fois le calme revenu. Les navires voisins réagirent et leurs lourds grappins arrivèrent à leur tour sur le pont.

Les équipages tiraient à présent de toutes leur force sur les cordes, utilisant les poulies d'usage afin de démultiplier leur puissance. Au fur et à mesure que les navires se rapprochaient, d'autres grappins étaient envoyés afin d'accélérer toujours plus la manœuvre et de rendre le plus solide le bloc de vaisseaux ainsi formé.

Le tribu malheureusement consenti par cette manœuvre s'avérait élevé et nombre d'hommes de valeur avaient déjà rencontré leur destin tandis que les survivants serraient les derniers nœuds d'arrimage avec le peu de force qu'il leur restait. La créature, quant-à elle ne semblait pas vouloir désarmer et continuait à frapper de toutes ses forces, même si les effets en terme de chute de nourriture étaient désormais bien maigres.

Pendant ce temps, à la proue du navire, une seconde équipe, s'affairaient à une tâche non moins capitale. La riposte était nécessaire car la créature ne lâcherait pas prise aussi facilement. Le Comte de velteroc venait de faire monter de la cale une carcasse de bœuf, au sein de laquelle ils étaient en train de camoufler l'ancre du navire qu'ils venaient de ré-affutée pour l'occasion. La créature allait se trouver devant une sacré surprise lors de la dégustation de son prochain amuse bouche !

Afin de rajouter en solidité à ce curieux équipement, les ancres des deux autres caraques furent agrippées dans la chaine de la première, afin de diviser la force colossale du monstre sur les armatures de plusieurs navires et ainsi éviter qu'elle ne puisse briser les pièces de bois utilisées des mécanisme d'ancrage soltariens.

Une fois le mécanisme prêt, la carcasse fut basculée par dessus bord suite à une énième secousse afin que la créature s'imagine qu'une nouvelle proie lui était servie sur un plateau. Le sang qui se répandait dans l'eau eut tôt fait d'exciter l'animal, tout en masquant la forme exacte de sa cible et en camouflant d'avantage le piège mortel qui y était dissimulé.

Grand fut sa surprise et sa déconvenue, lorsque avalée, sa proie sembla se ficher dans sa longue gorge, entrainant une douleur atroce, qui eut terrassée les plus dangereuses créatures océaniques locales. Mais il en fallait plus pour éliminer un Norkan. Se déchainant sous l'effet de la douleur, la créature tenta de regagner les profondeur. En vain. Trois navires de la taille d'une Caraque, solidement arrimés ensemble étaient un attelage bien trop résistant pour qu'il puisse espérer l'entrainer dans les abimes.

Pendant ce temps là, sur le pont, les hommes s'affairaient pour sauver leur peau. La créature était gravement blessée, elle pouvait encore provoquer beaucoup de dégâts et tuer nombre d'hommes. De plus, déchainée par la douleur, elle semblait ruer sous les flots, entrainant son curieux attelage sur des centaines de mètres, tentant de le submerger par moment et de le frapper à d'autres. Mais rien n'y faisait, elle était coincée.

Le comprenant finalement, au bout de plusieurs dizaines de minutes d'un combat désespéré, le Norkan sembla s'immobiliser. Il savait que sa dernière chance de salut venait de la destruction totale de ce qui le retenait prisonnier... Le navire amiral où se tenait le Comte de Velteroc et ses hommes. Ce dernier scrutait d’ailleurs l'eau, en direction de cette masse sombre qui venait de s'immobiliser. Les adversaires se jaugeaient à présent. La force contre la ruse, l'instinct contre l'intelligence... la créature contre l'homme. Se tournant vers Darius, le jeune homme prit alors un air grave.

Il se sait acculé... Il va attaquer et frapper fort. Il va tenter sa dernière chance. Il est sans doute épuisé, mais il lui reste suffisamment de force pour espérer pulvériser nos embarcations. Il va falloir le stopper... Je peux compter sur toi ?

D'un hochement de tête, Darius répondit par l'affirmative. Tremblant à la fois d'excitation et d'appréhension, il se mit à psalmodier quelques prières à son dieu guerrier, tandis que le Comte de Velteroc se délestait de son armure, ne conservant que son épée en main, solidement harnachée à son poignet, une corde qui le raccordait au navire et une paire de grappins accrochés à son baudrier. Tandis que le Grand prêtre récitait, les muscles du jeune homme semblèrent se crisper au delà du raisonnable, alors que les vaisseaux sanguins de ses yeux éclataient les uns après les autres, ne laissant de son regard intangible qu'un étrange rictus sanguinaire.

C'est à cet instant que la créature choisit finalement de frapper, fonçant à vive allure en direction du navire en vue de le heurter de plein fouet. La détente soudaine de la chaine indiqua au jeune homme que la frappe approchait. Il s'élança alors, tandis que la forme noire grossissait à vue d'œil, sautant dans le vide au dernier moment, tandis que l'animal fracassait le château avant, projetant échardes et morceaux de bois en tout sens. Frappant de toutes ses forces et de tous son poids, le seigneur de Velteroc, entré dans une transe profonde, enfonça alors jusqu'à la garde son arme dans le cou de l'immense créature, peu en dessous de ses branchies. Dans un cri atroce, la créature se cabra , secouant son immense tête en tout sens, cherchant à se débarrasser de cette nouvelle douleur.

Le combat était lancé...


Dernière édition par Nimmio de Velteroc le Jeu 23 Mai 2013 - 13:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Jeu 23 Mai 2013 - 11:56

Je savais que jusqu’à la fin de mes jours je garderai intacte l’image du comte de Velteroc sautant sur un Norkan en pleine charge. Dans l’échelle des actions folles tel qu’édicté par les normes donjoniques de Morgoth et Sauron, nous atteignons une cotation de neuf sur dix. Je voudrais m’arrêter un instant sur ces normes qui recense la plupart des quêtes habituelles des rpg, car elles sont fort utiles à l’aventurier qui cherche à estimer la difficulté de la partie dans lequel le maître du jeu l’a jeté. Donc, à titre de comparaison avec notre situation actuelle, affronter un poulet échappé de la basse-cour est catégorisé à un, détruire un repaire de gobelin à trois, purifier une nécropole hantée à six et battre le boss final du jeu en mode nightmare à dix.

Et nous étions à… neuf. Ok, donc notre quête se situe approximativement entre la recherche de l’orbe maudite du dragon tricéphale dans les marécages de l’éternelle agonie et le sauvetage de Minas Tirith des hordes orques venues du Mordor. Pas de doute, si nous nous en sortons en vie, il y aura de l’XP à gogo et du level-up en série. Pour les survivants du moins…

La première partie du plan de Nimmio avait fonctionné, et le Norkan s’était jeté goulument sur la carcasse de vache, se plantant les ancres des caraques profondément dans le gosier. Ouille, ca doit faire mal, et les soubresauts du monstre indiquèrent clairement que cette dégustation ne lui plaisait guère. D’une certaine façon, nous faisions comme les pécheurs paresseusement installés sous un arbre le long d’une petite rivière, à la différence que nous n’avions pas une carpe au bout de l’hameçon mais un monstre de plusieurs tonnes. Subtile différence, je le reconnais, qui toutefois ne doit pas être négligée dans la suite du récit.

Le Norkan avait tout d’abord tenté de fuir dans les profondeurs cette proie décidemment devenue trop dangereuse. En vain, car les navires reliés entre eux formaient une bouée géante que même la force titanesque du prédateur des abysses ne pouvait suffire à couler. Pas de doute, en voilà un qui allait regretter d’avoir quitté le calme des fonds océaniques !

Comprenant sans doute que cela ne le menait à rien, le Norkan changea de stratégie et opta pour une méthode plus agressive. Je ne pus m’empêcher de me dire que nous aurions peut être à ce moment là dût couper les câbles et laisser notre ennemi s’enfuir, mais le comte de Velteroc ne semblait pas du genre à apprécier les demi-victoires. Cela ne manquait pas d’une certaine grandeur, mais lorsque le monstre nous fonça droit dessus, je sentis la peur me nouer les entrailles. C’est à ce moment précis que Nimmio fit cette action totalement folle. Tandis que Darius incantait un sortilège que j’aurais été bien en peine d’identifier, le jeune seigneur se délesta de son armure, et épée en main il…


Non mais il est fou ?

Telle la vengeance de Mogar, Nimmio sauta sur le Norkan. Oui, vous m’avez bien lu, j’ai bien écrit « sur le Norkan ». Alors que le violent choc causé par la collision entre le monstre et la caraque me jetait de nouveau contre le pont, je vis le comte planter son épée en dessous des branchies et fouailler de son acier la chair de la bête. Mes yeux me mentaient-ils ? Ce jeune homme distingué, ce puissant seigneur gardant toujours son sang-froid s’était-il réellement transformé en cet espèce de guerrier berserker avide de carnage et insouciant des risques encourus. Que lui avait donc fait Darius ?

Mettant ces questions métaphysiques de côté, je décidais de profiter de l’occasion que nous offrait le comte-berserker. Le Norkan s’était dressé pour essayer de jeter à bas son tourmenteur, offrant à nos tirs sa gorge et son ventre plus vulnérables. Immédiatement, des arbalétriers épaulèrent leurs armes et lâchèrent leurs carreaux qui allèrent se planter dans la chair tendre. Piqures d’insectes mais qui agaçaient le monstre. Avisant des marins qui regardaient le spectacle d’un œil horrifié, je leur hurlais :


Au cabestan, vite ! Hissez l’ancre !

Il fallait profiter de la distraction du Norkan pour ramener notre hameçon géant jusqu’à nous. Une fois bloqué contre la coque de la caraque, le titan des abysses ne pourrait plus utiliser la pleine mesure de sa force, et si nous arrivions à lui maintenir la tête hors de l’eau il finirait par s’étouffer. Mais cela supposait à la fois que le comte réussisse à maintenir son attention fixé sur lui, d’autre part que les câbles d’ancres tiennent le choc. Sinon… eh bien Velteroc risquait de se retrouver sans seigneur.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 29 Mai 2013 - 12:24

Flap, flap, flap , faisait le maigre seigneur de Velteroc, balancé de droite à gauche le long de l'immense cou du Norkan. Gravement blessée, la créature se démenait à présent pour tenter de se libérer de l'étreinte de la mort que se refermait lentement, mais surement sur elle. Une fois de plus, Hanegard avait eu le bon réflexe, demandant aux marins de remonter les ancres, il privait progressivement la créature de sa mobilité en vue de la river au pont du vaisseau amiral.

Mais l'animal n'avait pas dit son dernier mot et si le Comte était parvenu à la harponner, la mettre à mort serrait une autre paire de manche. La transe de Mogar, lancée par Darius faisait plus que jamais effet et permettait à Nimmio de ne pas lâcher prise , tout en agrippant de sa main libre, les grappins qu'il avait accrochés à son baudrier et dont les cordes étaient ratachées au mât du navire. Le plan était audacieux, pour ne pas dire complètement fous, mais s'il ne réussissait pas, grandes seraient les pertes pour la flottille avant que le monstre ne rende son dernier souffle.

Le velterien usa alors de ses forces pour s'élancer en direction des ouïes de l'animal. La force colossale que lui conférait son dieu lui permettant d'effectuer avec facilité des actions qui lui auraient étés impossibles en temps normal. Ainsi parvint-il, entre deux soubresauts de la créature, à lui ficher un grappin dans les branchies, provoquant une terrible douleur qui rendit folle son ôte.

Le Norkan se mit alors à se débattre furieusement. Sa gorge, son cou et maintenant ses organes respiratoires, le faisaient atrocement souffrir, d'autant plus que la douleur allait en s'accentuant tandis que les hommes de l'expédition s'affairaient à mettre à terre leur adversaire. Le Comte de Velteroc quant-à lui ressemblait à présent d'avantage à une poupée de chiffon que l'on secoue pour la dépoussiérer qu'à un être humain pourvu d'une quelconque solidité. Mais il lui restait un grappin à accrocher et une détermination fanatique pour l'aider à y parvenir.

Cependant, à la différence du précédent, celui-ci s'avèrerait plus difficile à accrocher. En effet, si la première ouïe se situait quelques dizaines de centimètres au dessus de son épée, la seconde se retrouvait de l'autre côté du cou de l'animal. Il faudrait pourtant l'atteindre pour que les hommes qu'il commandait puissent en finir avec le monstre des abysses qui les affligeait de sa présence.

Une nouvelle accalmie se fit alors... C'était sa chance ! S'élançant de toutes ses forces, le Velterien parcourut une distance impressionnante jusqu'à sa cible, grappin en avant. C'est alors que le monstre, brillant d'une surprenante lueur d'intelligence, se retourna pour tenter de saisir en plein vol celui qui tentait de lui asséner un coup fatal.

Le duel était à son paroxysme. L'homme face au monstre et toute la démesure que cela représentait dans les esprits sain. Mais Nimmio n'était plus réellement un homme, ni sain d'esprit tandis qu'un esprit saint semblait avoir pris possession de son être. Il était le bras armé de Mogar et par lui s'abattrait la volonté de dieu. N'hésitant pas une seconde, il frappa, alors que les mâchoires de son ennemi mortel se refermaient....

Boum... Tout était noir. Les ténèbres s'étaient abattus en plein jour. La lumière du soleil s'était tue, abandonnant un de ses fils à son sort. Posé à l'horizontal, et anesthésié par le sort dont il était l'objet, le Comte de Velteroc essayait de rassembler ses esprit. Tout s'était arrêté autour de lui... Plus un bruit, plus un cri, plus un mugissement... Rien. Les yeux du jeune seigneur fixaient à présent un ciel qu'ils ne voyaient plus tandis que froid s'emparait de lui. Étrangement, il se sentait apaisé... Et léger... Que s'était-il passé ?

Lentement, la lumière revenait et les sensations avec elle... C'est alors que ce qui s'avèrerait être une horrible douleur commença à se faire sentir. D'un léger picotement, elle monta rapidement jusqu'à l'insoutenable alors que le regard horrifié du Velterien se portait sur le peu qu'il restait de son bras droit... Amputé au niveau du coude par son colossal adversaire, ce dernier pendait mollement, tout en libérant un mince filet de sang qui venait alimenter une flaque déjà conséquente. Ne parvenant pas à se relever, Nimmio ne put alors que porter son regard su Darius, qui s'agenouillait déjà à ses côtés, prodiguant les soins nécessaires pour le maintenir en vie.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mer 29 Mai 2013 - 14:04

Non mais là, franchement, Indiana Jones et les autres aventuriers peuvent aller se rhabiller. Franchement, avouez que ca claque cette scène avec le norkan face au comte-berserker ? Nous avons réussi à extraire le suc, le nec plus ultra des meilleurs films d’actions, la moelle de l’os du réalisateur ! Un monstre titanesque, un équipage en péril, et le vaillant héros sans peur qui fait face courageusement. Certes, les standards du genre imposent normalement la présence d’une jolie fille en tenue légère qui regarde son héros d’un air enamouré, mais Blanche n’a pas voulu participer à la production. Ah ces acteurs, de vraies divas difficiles à diriger si l’on veut obtenir un film digne de la palme d’or !

Bref, tout ça pour dire que le comte venait de réussir à planter un grappin en plein dans les ouïes du norkan, déclenchant de nouveaux soubresauts de douleur qui menaçaient à chaque instant de rompre le réseau de cordages dans lequel nous le retenions. Si au début le titan des abysses s’était approché de la flottille dans l’espoir d’un bon repas, il combattait désormais pour sa vie. Percé de mutliples traits d’arbalètes, une ancre lui déchirant la gorge et un grappin planté dans ses ouïes, son sang se répandait dans la mer et chaque tour de cabestan l’attirait plus près contre la massive coque du navire amiral. Transcendé par le pouvoir divin que lui insufflait Darius, Nimmio s’apprêtait à plonger son grappin dans la seconde ouïe du norkan lorsque ce dernier se retourna brusquement, bien décidé à écraser son tourmenteur entre ses puissantes mâchoires. Fusse la chance ou un réflexe désespéré qui sauva le comte ? Se rejetant en arrière à la toute dernière seconde, il esquiva l’attaque…

…ou presque.

Malgré le fracas ambiant, j’aurais juré avoir distinctement entendu le bruit du bras broyé par les dents du monstre. Sans un cri, Nimmio tomba à l’eau, sa chute suivie moins de quelques secondes plus tard par celle de deux marins que Darius venait de flanquer par-dessus-bord en leur hurlant avec forces jurons de le repêcher. Mais ce dernier effort du norkan venait également de sonner sa perte, car oubliant quelques instants le navire afin de s’occuper du comte, il avait laissé le temps aux marins de remonter suffisamment le câble d’ancre pour restreindre sa liberté de mouvement. Désormais trop proche de la caraque et épuisé par le combat, le monstre ne pouvait plus prendre l’élan nécessaire pour espérer se dégager. Les arbalétriers continuaient de le transformer en pelote d’épingle, aidés en cela par d’autres soldats qui venaient de mettre la main sur des lances qu’ils projetaient avec enthousiasme, bien qu’avec des résultats mitigés.

Une grande clameur de victoire retentit sur chacun des navires lorsqu’enfin le norkan fut hissé hors de l’eau, sa tête collée contre la figure de proue, de sa gueule grande ouverte dépassant la chaine de l’ancre qui le retenait prisonnier. La majeure partie de son corps restait sous la surface, mais ses mouvements faiblissaient de secondes en secondes, devenant anarchiques et trahissant la panique du monstre. Gravement blessé, étouffant dans l’air libre, notre ennemi eut encore quelques soubresauts avant que ses lourdes paupières ne se referment lentement et qu’un dernier râle annonce la fin du combat.

Alors que le calme revenait, je regardais distraitement autour de moi, constant l’étendue des dégâts sans réussir à en prendre réellement conscience. Bastingages arrachés, poulies et câbles pendouillant lamentablement, voiles déchirées, notre navire avait lui aussi payé chèrement le prix. Depuis combien de temps durait le combat ? Je l’ignorais, ayant perdu toute notion du temps, et c’est d’un geste fatigué que je fis signe à un quartier-maître de s’approcher.


Descendez dans les fonds et inspectez la coque. Nous avons pris plusieurs coups, vérifiez qu’il n’y ait pas de voies d’eau importantes.

Bien que je ne commandais pas l’expédition, ni même le navire, les ordres furent suivis, chacun étant encore trop choqué pour réagir autrement que sans discuter. Alors que les marins commençaient à essayer de réparer un peu le chaos ambiant, j’avançais jusqu’à la proue du navire, jetant un regard dégouté à la gueule béante du norkan qui me faisait face, comme avide que je m’y jette pour assouvir l’appétit insatiable du tyran des océans. Même dans la mort, il demeurait terrifiant et je fis une rapide prière à Néera pour nous remercier d’avoir survécu à ce combat.

Mettez les canots à la mer et tranchez la tête. Nous sommes déjà surchargés, mais je pense que le comte voudra la garder comme… souvenir.

Aurions-nous été un navire baleinier que nous aurions pu envisager de découper le norkan en tranches, le saler et le fumer, mais nos propres réserves de sel n’auraient pas suffit à une telle tâche. Tandis que le bruit écœurant des haches tranchant les chairs du titan se faisait entendre, je retournais voir Darius près du château arrière. Je n’avais pas vu l’état du comte alors qu’on le hissait à bord, mais je craignais ce que j’allais y trouver.
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Lun 3 Juin 2013 - 8:02

Brisé... Quels parfait qualificatif pour le Comte e Velteroc en cet instant tragique ? Lui qui gisait là, à la limite de la conscience tandis que Darius prodiguait les bienfaits de sa magie pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être. Les sons semblaient étouffés, mais la clameur qu'il était certain d'entendre laissait présager de la réussite de sa folle initiative. Grâce à son sacrifice, ils avaient vaincus la créature des abysses.

Le temps lui semblait suspendus depuis fort longtemps quand Hanegad arriva enfin à ses côtés. Il trouva un seigneur meurtri, gravement atteint dans son intégrité physique, mais bizarrement serein. Les soins de Darius faisant effet et la plaie se cautérisait déjà et semblait se refermer par endroit, à une vitesse qui dépassait l'entendement des hommes peu accoutumés à la magie.

Messire Baron, il semblerait que notre périple s'annonce plus épique que nous ne l'ayons prévu. Néanmoins, ce contretemps ne doit pas nous détourner de notre objectif. Les Wandres doivent êtres atteintes le plus tôt possible, avant que l'hiver ne paralyse nos efforts.

Vous devriez cesser de parler, votre grandeur... Coupa sèchement Darius don les profondes rides d'expression laissaient entrevoir une concentration qui ne lui était pas si coutumière que cela. Sa magie était particulièrement puissante, mais nécessitait une attention de chaque instant. Le corps humain avait ses complexités et un seul détournement d'attention pouvait faire échouer la tentative de soin.

Je sais Darius, je n'en ais plus pour longtemps, rassures-toi. Se tournant vers le Baron d'Alonna. Je laisse la direction de l'expédition à Darius, le temps que je sois à nouveau en capacité de me tenir sur mes jambes. Dites aux hommes que je vais bien, que je me remet simplement des contre-coups de l'affrontement. Je veux qu'ils gardent de moi l'acte héroïque et pas les séquelles qu'il m'inflige. Ils ont besoin d'un héros, pas d'un estropié.

Il reporta son attention sur le Grand Prêtre, toujours affairé à sa tâche. La fatigue semblait gagner du terrain chez les deux hommes, à mesure que les soins avançaient. Les dernières brides de la frénésie Mogarite disparaissaient, amplifiant la douleur une nouvelle fois... bien au delà du supportable et le jeune seigneur finit par sombrer dans l'inconscience. Darius était à présent le seul maitre à bord.

Messire Baron, il semblerait que nous devions à présent nous passer des vues de sa Grandeur le Comte. Il est évident qu'il s'opposerait à ce que l'on rebrousse chemin à présent. Aussi sommes-nous contraints de poursuivre cette expédition fort mal emmanchée. Puis-je compter sur vous pour coordonner les hommes ? Je devrais veiller sur le Comte pendant une bonne partie du trajet, car je crains que la morsure d'une telle créature ne soit porteuse de bien des maux qu'il me faudra combattre. Nous ferrons des débriefing régulièrement afin que je puisse vous apporter de nouvelles recommandations au fur et à mesure des événements.

Son œil était à présent fixé dans ceux de l'Alonnien et toute la détermination du religieux pouvait se lire dans les ténèbres de son regard. Le moignons du Comte de Velteroc était à présent refermé, suturé et cicatrisé, comme si la blessure eut remonté à plusieurs semaines.

J'en ais fini avec les premiers soins, le plus dur reste à venir. En attendant, demandez à ce que l'on dépèce cette bestiole et que l'on cuise ce qui peut l'être. Le poisson ne se garde pas très longtemps, mais je pense que les hommes seront heureux de voir leurs rations drastiquement augmentées pendant une paire de jours. Il vous reviendra ensuite de faire détacher les navires et de reprendre notre périple. Je sens revenir le vent... Les augures s'améliorent à présent que nous avons vaincu l'avatar de Tyra.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: En route pour le nord ! [Nimmio]   Mar 4 Juin 2013 - 9:16

Si j’avais tout d’abord pris Darius pour un simple militaire aux ordres du comte de Velteroc, je commençais à comprendre que le colosse devait être bien plus que cela. Subtil raisonnement n’est-il pas ? Un gaillard capable de vous transformer le paisible Nimmio en une brute sanguinaire puis à cautériser le moignon d’un bras à une vitesse stupéfiante ne peut en aucun cas être taxé de « simple militaire ». Un prêtre, apparemment ? Probable, bien qu’il ne devait pas s’agir du culte de Néera, je ne ressentais pas en Darius le calme apaisé qui émanait des servants de la déesse-enfant. Dans tout les cas, le lieu ne convenait pas à une discussion théologique. En plus de ses autres qualités, Darius venait de se faire bombarder par Nimmio comme responsable de l’expédition jusqu’à ce que le comte soit en état de reprendre les rênes… si toutefois il survivait à ses blessures.

Darius ne pouvant s’éloigner du blessé, il me chargea de prendre en main la remise en état de la flotte, rudement éprouvée par le combat avec le Norkan. Tandis que l’on transportait le comte dans sa cabine, je rejoignis la passerelle arrière de la caraque afin de transmettre les ordres au capitaine. Vieux loup de mer expérimenté ayant passé maintes années au service de Soltariel, il ne se laissait pas déstabiliser par l’imprévu et saisissant son porte-voix appela rapidement son équipage à la manœuvre. Ainsi donc, et tandis que des marins découpaient ce que l’on pouvait du Norkan, d’autres grimpaient comme des singes dans la gréement afin d’y installer un nouveau jeu de toile, d’autres encore désencordaient les navires de la puissante étreinte que le titan des abysses lui-même n’avait pu rompre.

Inutile de dire que le reste de la journée fut particulièrement éprouvant. Lorsqu’enfin la flotte repris sa route vers le nord, le soleil se couchait déjà à l’horizon, et c’est avec une réelle satisfaction que j’allais m’allonger dans mon lit pour aussitôt sombrer dans un profond sommeil sans rêve. Les coques bombées des caraques avaient mieux tenues face aux coups de boutoir du Norkan que je ne le craignais, et seules des voies d’eau mineures avaient du être bouchées. La chair du monstre, préalablement grillée, constitua notre repas du soir, et si cela nous permis pendant plusieurs repas de ne pas entamer nos provisions, aucun d’entre nous n’apprécia franchement ces plats. Non, décidément, le viande de Norkan n’a pas sa place aux tables royales ni à celle des fins gourmets… on dirait vaguement de l’anguille.

Quelques jours plus tard, alors que j’arpentais le pont dans la brume matinale, le cri d’une vigie me fit porter mon regard vers tribord avant. « Terre ! Terre ! », cria le marin qui dans les hauts disposait d’une meilleure visibilité que nous. Il s’en fallut encore de plusieurs minutes avant qu’une bande sombre n’apparaisse à nos yeux.

Ma terre natale…

Les Wandres…




(fin de ce rp, la suite de l’aventure dans les Wandres !)
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