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 Une halte pour deux miséreux [PV Rhys]

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Une halte pour deux miséreux [PV Rhys]   Mar 20 Mai 2014 - 14:12


PNJ Cicéro:
 


De Thaar, Cicéro était parti avec le fameux mercenaire qui devait l’aider à accomplir la mission pour laquelle une somme généreuse avait été versée. En réalité, il ne l’aiderait pas mais essaierait de lui fournir tout ce dont il aurait besoin. Cicéro avait beau être silencieux, débrouillard et habile au maniement des armes, il n’était pas un expert de l’infiltration et encore moins pour une entreprise pareille. Mais ses employeurs avaient beau faire confiance en ces mercenaires, lui les connaissait pour en être justement un et il ne se gênerait pas pour le surveiller assidument pendant toute l’entreprise.

Ils étaient tous deux partis sur un petit bateau de pêche ou ils avaient essayé de se mêler plus ou moins à l’équipage. Il avait fait passer leur montée à bord pour un simple retour vers la péninsule, ce qui était plus ou moins le cas. Bien sûr, les quelques armes qu’ils avaient sur eux avaient peut éveillés quelques soupçons, mais quel homme ne possédait pas au minimum un couteau pour sa survie s’était-il dit. Au moins, avec sa langue coupée, il ne dévoila absolument rien et cela même avec quelques rasades d’alcool lors de la traversée. Leur navire fit une halte à Langehack pour vendre les précieuses cargaisons estréventines, puis il reprit la mer pour Merval, le lieu où ils devaient tous deux s’arrêter.

Une fois dans le port, Cicéro attendit que la pénombre s’installe pour prendre une petite embarcation. Il rama avec à son bord le mercenaire resté aussi muet que lui depuis le début du voyage. Le brouillard était épais et il régnait un silence de mort sur la mer. Il leur était à présent impossible de voir les lumières du port, mais la barque arriva devant ce qui semblait être un autre navire de commerce au pavillon mervalois, cette fois-ci, plus important. On leur jeta un petit filet et ils montèrent ainsi sur le pont principal ou les attendaient des matelots. Cicéro découvrit des nouveaux visages et comprit à cet instant que les choses avaient été faites dans un secret tel qu’il ne pourrait même pas dénoncer de noms sous la torture s’il venait à être pris. Et autant dire qu’ici aussi un silence de mort régnait sans grande surprise. Il invita le mercenaire à le suivre dans une des cabines et une fois à l’intérieur, un homme caché par l’obscurité les attendait. Un autre homme d’un certain âge arborant une longue barbe grisonnante était assis dans un des coins et observait la scène. L’ambiance était morose et aucun doute que Cicéro eut préféré d'être encore à Thaar pour parler et faire tout un tas de chose avec la Yorine.

L’homme caché par la pénombre fit un geste de la main pour qu’il se rapproche et commença à parler.

-  La cité est endormie, vous agirez cette nuit, lança l’homme avec une voix rauque, nos premières sources nous ont rapportées que la tour des mestres était en plein cœur du donjon principal. Vous devrez vous infiltrer et trouver un moyen de ramener la cargaison. Nous resterons dans la baie jusqu’aux premières lueurs du jour.

Cicéro acquiesça, mais les derniers mots lui donnèrent un sacré mal de gorge. Tout était dit, s’ils échouaient ou mettaient trop de temps, ils n’auraient pas d’autres alternatives que la mort. Après tout, il avait bien connu pire et cette petite partie de chasse s’annonçait bien. Il ferait juste tout son possible pour ne pas trop gêner l’homme de la situation.

-Voici les relevés qui m'ont été transmis, vous y trouverez toutes les informations nécessaires en ce qui concerne les changements de garde, les nombres d’hommes et les différents moyens d’accès. Partez maintenant !

Cicéro adressa un bref regard au mercenaire et l’invita à faire le chemin inverse pour retourner sur la petite barque. L’obscurité avait ensevelie entièrement la baie, mais à force de se rapprocher, quelques lumières surgirent devant eux. Ils ne leur restaient plus qu’à agir.
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Rhys
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MessageSujet: Re: Une halte pour deux miséreux [PV Rhys]   Mar 27 Mai 2014 - 3:39


PNJ Venndorn


Thaar s’éloignait alors que l’aube chassait à peine les derniers vestiges de la nuit. De fort mauvaise humeur, Venn déposa ses affaires là où elles ne dérangeraient personne et s’assit, espérant pouvoir profiter d’encore un peu de repos. Ce fils de bâtard de Rhys était venu le chercher jusque dans les bras de Sorelle, ayant à peine la civilité d’attendre qu’ils aient fini, pour lui annoncer qu’il avait du travail et devait être prêt à quitter la ville à l’aube. Oh, bien sûr, il avait fait passer la chose en prenant la nuit à charge, et pour autant que Venn appréciât que son employeur finance de sa poche ses occupations nocturnes, il se serait passé des clins d’œil et des mots doux que celui-ci avait glissés à Sorelle devant sa gueule, comme l’aurait dit Olvar. Ainsi donc, les plans de Venn se trouvaient contrariés, et il n’avait pu profiter que d’une paire d’heures de sommeil avant de rejoindre l’homme sans langue qui l’attendait en face des Trois Sœurs, sans connaître le moindre détail de ce qui l’attendait ou de ce qui allait lui être demandé de faire.

Sur ce point, cependant, il faisait confiance à Rhys. S’il était venu le chercher lui plutôt que Ballard ou Ellandra, c’est que ce devait être quelque chose que seul lui pouvait accomplir parmi les Sans-Couleurs. Et connaissant la nature des contrats que l’autre le forçait généralement à accomplir, il s’agirait sans doute de s’introduire quelque part pour récupérer quelque chose sans attirer l’attention. Il était cependant à des lieues de se douter de ce que seraient le « quelque part » et le « quelque chose », et quel genre d’attention il devrait éviter. Et la surprise n’allait pas être très agréable.

Le voyage, en revanche, le fut. Autant que faire se peut, du moins. Il y avait de la boisson, des marins trop idiots pour remarquer lorsque l’on triche aux cartes et personne pour poser les questions qu’il ne fallait pas. L’homme qui l’accompagnait était de plus agréable compagnie que Venn ne l’aurait imaginé, malgré son incapacité à s’exprimer. Ils firent halte à Langehack avant d’arriver à leur destination : Merval. Il s’y était déjà rendu, notamment pour les Sans-Couleurs, aussi connaissait-il bien l’endroit. Il doutait, cependant, de pouvoir beaucoup profiter de la ville.

Ils mirent pied à terre une heure ou deux avant le coucher du soleil, presque une ennéade après avoir quitté Thaar. Loin de la chaleur de la cité estréventine, Merval grisaillait sous un ciel couvert et l’atmosphère y était humide et froide ; il y aurait très probablement du brouillard pendant la nuit. Après tout ce temps en mer, Venn aurait volontiers tringlé de la catin, et le muet sembla penser la même chose. Il le suivit donc dans bordel près des quais ou ils attendirent que la nuit s’installe. Il regretta que Sorelle n’y soit pas, mais se réconforta bien vite dans les bras d’une rousse voluptueuse.

La nuit arriva accompagnée d’un brouillard épais que d’aucuns auraient pu juger de mauvais augure, mais qui ravit Venn. S’il devait s’infiltrer, ce soir serait idéal. Ils quittèrent l’établissement à contrecœur, le mercenaire maudissant Rhys de l’avoir envoyé loin du soleil estréventin pour le mettre dans une situation pareil. Le muet le mena à travers le silence du port jusqu’à une petite barque et rama, le menant à un navire de commerce plus grand que celui qu’ils avaient pris jusqu’à Merval et battant pavillon local. On les fit monter à bord par un filet avant de les mener jusque dans une cabine. L’ambiance sur le bateau était morne, silencieuse, et Venn fut pris d’une soudaine envie de retourner se pelotonner contre les rondeurs moelleuses de sa rousse. Il tint bon, cependant, en se rappelant que Rhys lui avait promis l’entièreté de la prime.

Dans la cabine se trouvaient deux hommes : un vieillard barbu qui avait sans doute connu de meilleurs jours et un autre, que Venn ne put voir à cause de la pénombre régnant dans la pièce. Ce dernier prit la parole d’une voix rauque :

- La cité est endormie, vous agirez cette nuit. Nos premières sources nous ont rapportées que la tour des mestres pyromants était en plein cœur du donjon principal. Vous devrez vous infiltrer et trouver un moyen de ramener la cargaison. Nous resterons dans la baie jusqu’aux premières lueurs du jour.

Pyromants, donjon ? Cargaison ? Venn n’était pas sûr de comprendre. Ou plutôt : Rhys lui avait mis un sacré poisson entre les mains et il n’était pas sûr d’en apprécier l’odeur.

La voix rauque s’éleva à nouveau :

- Voici les relevés qui m'ont été transmis, vous y trouverez toutes les informations nécessaires en ce qui concerne les changements de garde, les nombres d’hommes et les différents moyens d’accès. Partez maintenant !

Quelque chose dans l’intonation interdit à Venn de poser la moindre question. On lui remit une épaisse enveloppe de cuir, puis il suivit l’homme muet jusqu’à leur barque.

Tout ceci sentait décidément la merde. Il n’avait toujours rien de formel, mais tout menait à croire qu’il allait devoir s’infiltrer dans le château - le putain de château ! – pour dérober quelque chose dans la tour des mestres pyromants, elle-même située dans le donjon principal, parce que, soyons sérieux, il ne faudrait pas rendre les choses trop faciles… Et il lui fallait agir cette nuit, presque dans la précipitation, en ayant peu voire pas de temps pour monter un plan solide. Quitte à ce qu’il agisse dès son arrivée, ses employeurs auraient pu lui transmettre toutes les données à son départ de Thaar, où il aurait alors bénéficié d’une énnéade entière pour monter un plan qui tienne la route. Ce n’est pas comme si sa brève entrevue avec l’homme à la voix rauque lui avait apporté la moindre information complémentaire, de toute façon… Mais il s’était engagé, alors mènerait la mission à bien. Mais c’est la dernière fois que je travaille pour ces types. Et cet enculeur de chèvres de Rhys va m’entendre.

- Ramène-nous à la taverne, fit-il. Il faut que je lise toute cette merde.

L’homme muet s’exécuta. Le contenu de l’enveloppe de cuir confirma les craintes de Venn, et même pire : il devait s’infiltrer dans le château de Merval, se rendre dans la tour des mestres pyromants et en sortir avec un mestre vivant. Un mestre. Vivant. Il allait devoir kidnapper un putain de mestre et quitter le château sans se faire repérer. UN. PUTAIN. DE MESTRE. Tentant de garder son calme, il consulta les autres documents pour chercher un plan passable et réalisable avant la fin de la nuit. Il explora l’ensemble des options, réfléchissant à toute vitesse, tout en discutant à voix basse avec le muet, qui acquiesçait ou niait de la tête. Ensemble, ils montèrent un plan qui sembla potable, traçant un itinéraire optimal sur les plans qui lui avaient été fournis. Venn s’attela alors à apprendre par cœur les rondes des gardes sur son chemin sur toute la durée de la nuit. Cela lui serait indispensable.

Le plan était simple : s’introduire par un chemin dérobé donnant à même la mer, creusé à flanc de falaise et menant jusqu’aux jardins, intercepter la relève de la garde de la tour des pyromants, se faire passer pour la relève, s’introduire dans la tour, trouver un mestre et l’extraire, le tout sans alerter quiconque… Plus simple à dire qu’à faire, d’autant qu’il n’allait pas être aisé de transporter quelqu’un à travers le château jusqu’au point de sortie, mais Venn en était capable. Il espérait cependant que les éléments imprévisibles ne seraient ni trop nombreux ni trop contraignants. Mais comme le disait Olvar, ce puits de sagesse : on ne vit qu’une fois.

Ils quittèrent la taverne une heure et demie environs plus tard. Venn était à l’image de la nuit, silencieux et glacial. Il profita du voyage pour se concentrer, se focalisant uniquement sur son objectif et les moyens de l’accomplir, laissant de côté la colère et la frustration qu’avait entraîné cette soirée. Il aurait le temps de les exprimer plus tard, pour l’instant il devait s’acquitter de sa tâche.

Le muet amarra leur barque à un épais clou de métal planté à même la roche, là où le chemin creusé dans la falaise rejoignait la mer. Invisible lorsque l’on se trouvait face à la falaise, et donc quasiment indétectable à moins de savoir ou regarder, les marches taillées dans la pierre montaient en serpentant jusqu’à un tunnel qui menait aux quartiers des serviteurs. Originellement prévu comme un moyen de quitter le château dans l’urgence si le besoin s’en présentait, il servait cependant principalement de voie d’entrée et de sortie pour du trafic de substances. Venndorn en avait entendu parler, mais les plans l’avaient confirmé.

Les marches étaient taillées en pente douce, aussi se permit il de les gravir rapidement, même s’il lui fallut quelques minutes pour parvenir jusqu’à l’entrée du tunnel. Première bonne surprise : elle n’était pas gardée. Une fois là, il se changea rapidement, adoptant une tenue plus adaptée à l’infiltration qu’il comptait effectuer : vêtements serrés, ne faisant quasiment aucun bruit, et bottines de laine, absolument inaudibles sur la pierre comme sur le bois. Elles lui donnaient un air ridicule, certes, mais étaient d’une efficacité indéniable. À sa taille, il passa une petite besace contenant ce dont il aurait besoin pour neutraliser le mestre le temps de le ramener jusqu’à la barque. Il ne portait pas d’armes, ne pouvant pas se permettre de prendre le risque d’émettre le moindre son et ne comptant de toute façon pas s’en servir. Enfin, il introduisit une capsule de poison dans sa bouche, au cas où il se ferait prendre, puis s’engagea dans le tunnel.

Le chemin jusqu’aux jardins se fit rapidement et sans encombres, le tunnel étant vide. Il émergea d’une trappe donnant sur un coin isolé des jardins collé aux remparts. Il n’y avait pas d’âme qui vive autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, à l’exception des gardes et de quelques serfs, minuit étant passée de presque deux heures. Il progressa prestement, évitant les gardes, se faufilant par-ci, escaladant par-là, jusqu’au point que lui et Muet avaient estimé être le meilleur pour intercepter la relève de la garde des mestres : suffisamment loin de l’unique sentinelle pour ne pas qu’elle l’entende, et suffisamment près pour être le seul point de passage possible pour s’y rendre depuis les quartiers des gardes. Il estima être en avance d’une demi-douzaine de minutes, aussi en profita-t-il pour reprendre son souffle, toujours aussi concentré, et attendit, tapi dans l’ombre, juste derrière la porte d’une bibliothèque donnant sur le couloir que devait emprunter le garde. Celui-ci eut d’ailleurs quelques minutes de retard selon les estimations de Venn, mais ne manqua pas ce rendez-vous qu’il n’avait pas conscience d’avoir.

Patiemment, le cambrioleur attendit qu’il passe puis qu’il tourne un peu plus loin avant d’ouvrir la porte avec une lenteur extrême, puis de se lancer à sa poursuite. L’homme était légèrement plus grand que lui, tenait une torche dans la main droite et son casque sous le bras gauche. S’approchant par l’arrière sans faire de bruit, Venn le rejoignit et, d’un même geste fluide et ininterrompu, contrôla la main tenant la torche de sa propre main droite, plaça sa main gauche à l’arrière du crâne du garde et le fit pivoter violemment à quatre-vingt-dix degrés sur sa droite pour l’envoyer face la première contre le mur. Il maintint l’homme debout le temps de rattraper le casque qui tombait avec le pied, puis accompagna le corps inerte jusqu’au sol. Le tout s’était passé en un éclair et sans un bruit ou presque.

Il plaça la torche sur une des appliques murales prévues à cet effet, puis ramena le garde inconscient jusqu’à la bibliothèque d’où il était sorti. Là, il passa l’armure par-dessus ses vêtements, abandonnant le garde inconscient bâillonné et fermement ligoté. L’armure était un peu trop grande pour lui et il n’avait pas l’habitude d’en porter, mais il s’en accommoda. Enfilant le casque, il quitta la pièce en prenant soin de bien en refermer la porte, puis reprit son itinéraire, récupérant au passage la torche qu’il avait posée quelques minutes auparavant.

La sentinelle devant la porte de la tour des mestres pyromants trépignait, manifestement pressée de se rendre aux latrines, et maudissait sa relève à voix basse pour le retard qu’elle avait pris lorsque Venn s’engagea dans le couloir. Remarquant sa présence au son claquant des bottes sur la pierre, l’autre se tourna vers lui et laissa libre cours à sa frustration.

- Eh bah p’tain, pas trop tôt, bordel ! Presqu’ une d’mi’heure de r’tard, espèce d’enculeur de mouettes, une p’tain de d’mi’heure ! J’te pèt’rais bien les dents pour t’apprendr’, vieux con puant, sac à merde, mais…
- Mais t’aurais trop peur de te pisser dessus en le faisant, c’est ça ?
, l’interrompit Venn.

Visiblement abasourdi d’avoir été interrompu, l’autre n’eut pas le temps d’enchaîner.

- Écoute, mon gars : je t’ai pas encore relevé, donc si tu préfères, je peux m’en retourner d’où je viens et te laisser là quatre heures de plus à ma place. Comme ça on verra si t’es debout dans ta propre pisse demain matin, qu’est-ce que t’en dis ?

Le garde considéra un instant Venn, et celui-ci vit passer dans son regard l’ombre d’un doute, comme s’il n’était pas sûr de connaître ce visage. Mais le casque, la lumière vacillante des torches et surtout son urgente envie d’uriner le poussèrent à oublier cela et à s’éloigner en grommelant, emportant une torche que le Sans-Couleur remplaça avec la sienne, signe que la relève était officiellement faite. Il se posta devant la porte, attendit cinq minutes de voir si l’autre revenait après avoir soulagé sa vessie pour finir de régler leur comptes, puis pénétra la tour des pyromants en constatant que non.

Une fois à l’intérieur, il trouva un coin non loin de l’entrée ou se délester de l’armure en toute quiétude, l’abandonnant là, puis se lança à la recherche des mestres. Ceux-ci devaient sans doute être assoupis, au vu de l’heure, aussi se rendit-il en priorité en direction des chambres. Il tomba néanmoins sur l’un d’eux lisant dans l’une des bibliothèques, assis à une table de travail face à une fenêtre, à peine éclairé par une chandelle. Un couche-tard, les cibles idéales… Profitant de l’obscurité de la pièce, Venn se faufila sans un bruit, s’approchant lentement du vieillard apparemment plongé dans sa lecture tout en extrayant une longue et fine barre de métal de l’intérieur de sa manche. Celle-ci ferait le même effet qu’un couteau une fois posé contre la gorge de sa victime, sans risque d’accident fâcheux et salissant. Une fois suffisamment près, le cambrioleur plaqua sa main sur les lèvres du pyromant et la barre de métal contre sa gorge d’un seul et même geste, et parla à voix basse :

- Pas un geste, pas un son, ou il va y avoir du rouge sur la fenêtre.

Surpris, choqué, il fallut quelque secondes au vieil homme pour acquiescer lentement de la tête.

- Bien, reprit Venn. Maintenant, et toujours dans le silence, vous et moi allons partir en ballade. Debout.

Le mestre s’exécuta. Il était maigre et sec, noueux aux articulations, comme les racines de ces arbres millénaires que l’on trouve en Anaëh. Le transporter n’allait peut être pas être aussi contraignant qu’il ne l’avait imaginé, après tout.

Il le guida à travers la tour jusqu’à l’entrée, traversant en silence les couloirs vides, puis, après avoir vérifié que personne ne se trouvait sur le chemin, l’emmena jusqu’à la bibliothèque où il avait laissé une partie de ses affaires. Une fois là, il assomma le vieux pyromant d’un coup sec à la nuque avant de lui attacher les mains et les pieds afin de rendre le transport plus aisé.

Le retour jusqu’à la trappe du jardin prit du temps, Venn ne pouvant se déplacer aussi lestement que s’il était seul, et ne souhaitant surtout pas céder à la précipitation. Il franchit les étapes de son itinéraire une à une, précautionneusement, évitant soigneusement les gardes, empruntant cette fois un chemin qui ne demandait aucune escalade. Ce fut laborieux et contraignant, et il parvint à la barque ou l’attendait le muet en nage et essoufflé alors que le jour allait se lever, mais en ayant mené la mission à bien.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Une halte pour deux miséreux [PV Rhys]   Lun 2 Juin 2014 - 7:21


Le boulot de Cicéro n’avait pas été ce qu’il y avait de plus compliqué, et ce, même s’il avait éprouvé de grandes difficultés à faire en sorte qu’il ne se fasse pas repérer avec sa barque. Avec tout le raffut qu’elle faisait, il n’aurait pas payé cher de sa peau pour que des gardes au loin l’aperçoivent ou que tout simplement, des poissons aient eu vent de sa présence. Qui savait si ces animaux aquatiques n’étaient pas de mèche avec les gardes ? En tout cas, face à la difficulté de sa tâche, Cicéro avait attendu patiemment. Lorsque le mercenaire arriva enfin avec le précieux colis, Cicéro ne put que sourire bêtement et il commença à ramer contre le courant. Là, c’était vraiment éprouvant pour lui. A chaque coup de rame, une vague manquait de les ramener pour se fracasser sur les rochers. Mais face à la difficulté de la situation, Cicéro parvint quand même à surmonter les éléments sans pour autant être un surhomme et réussit enfin à rejoindre une zone un peu plus calme. Mais une autre difficulté subsistait puisqu’il lui fallait retrouver le fameux navire qui les attendait, et ce, même si le jour commençait à se lever. Cela ne rendait la tâche qu’un peu plus difficile, assurément. Qui plus est, le navire devait être sur le point de quitter la zone et si c’était le cas, alors cela deviendrait nettement plus compliqué voire très compliqué ou bien périlleux pour eux trois. Leur colis humain n’avait pas bronché et s’était enfermé dans un silence religieux. Pieds et mains liées, il pouvait à peine bouger et une capuche lui avait été mise, ce qui l’empêchait de voir son visage. Le mercenaire à côté, celui qui avait accompli pleinement sa mission s'était aussi enfermé dans un mutisme glacial. Sa tête en disait long sur son envie d’en finir au plus vite. Quelques minutes plus tard, il repéra le fameux navire sur lequel ils étaient montés un peu plus tôt dans la nuit. En voyant le jour arriver, il s’était considérablement éloigné du port de Merval. Voilà pourquoi ça avait été vraiment très compliqué de le trouver, mais ils y arrivèrent et en s’approchant, le navire s’avança quelque peu vers eux. Ils montèrent donc à bord en prenant soin d’y déposer le colis, sauf que celui-ci ne mit aucune bonne volonté pour prendre le filet et cela ne fit que renforcer un peu plus la complexité de la mission puisque Cicéro tenta avec difficulté de le soulever, mais le bougre pesait un âne mort. Des marins lui donnèrent alors une corde qu’il mit autour de la taille du colis et celui-ci monta aussi vite qu’il était descendu dans la barque quelque temps auparavant. Une fois à bord, ils reprirent la direction de la cabine principale ou ils avaient eu leur entretien. Ils retrouvèrent les deux hommes assit aux mêmes endroits. Cicéro retira alors la cagoule du colis et put y découvrir un vieux bonhomme barbu qui semblait complétement tétanisé. C’était à ça que ressemblait un mestre pyromant capable de tuer des milliers de personnes en quelques temps seulement. L’autre vieux barbu qui avait attendu dans la cabine sembla être ravi du colis et se mit à parler.
-Et bien, je crois que nous avons beaucoup à nous dire. Et si vous ne le souhaitez pas, nous y parviendrons par d’autres moyens.
Le mestre préféra rester dans son mutisme plutôt que de parler. Forcément se dit Cicéro, cela aurait été vraiment trop facile. Mais il restait tout de même persuadé qu’il réussirait à lui faire cracher la recette puisque tel était le travail qu’il aimait faire. L’homme assis derrière le bureau glissa une bourse remplie d’écus et la donna au mercenaire qui reprit aussitôt le chemin inverse. Quelques marins l’attendaient sur la barque pour le ramener sur une autre embarcation en partance pour l’estrévent. Quant à Cicéro, il installa le vieux pyromant sur une chaise et débuta sa petite séance d’interrogatoire. Bien sûr, le vieux n’aurait jamais craché ce qu’ils voulaient aussi facilement. Une fois fait, le vieux savait éperdument qu’il serait trucidé aussitôt. Non, ils devaient négocier pour tenter de convaincre le vieux de travailler pour eux et s’il n’obtempérait pas, il devait comprendre qu’il souffrirait gravement. Sans avoir pu être dans la salle ou l’interrogatoire était mené, Cicéro avait attendu sur le pont principal. Comme pour vouloir les rendre invisible aux yeux de tous et surtout pour Merval qui depuis, avait dû être averti qu’un de ses précieux mestres avaient été enlevés. Mais le bateau se retrouva en haute mer, et plusieurs jours défilèrent sans qu’aucune des personnes ne quittent la cabine. Cicéro profita alors de ce moment pour tenter de se reposer. Lorsqu’il dormait, quelqu’un vint alors le chercher. Il se leva en sursaut et obtempéra aussitôt. Lorsqu’il arriva dans la pièce, le vieil homme semblait exténué, les négociations avaient donc du échouer. L’autre barbu était assis en face et arborait un large sourire en le voyant rentrer dans la salle, tandis que l’autre, attendait toujours tapis dans l’ombre. En réalité, Cicéro comprit que les négociations avaient plus dû être une torture psychologique qu’autre chose. Et voilà qu’il venait achever le travail en s’attaquant maintenant au physique. Cette fois, le vieux pyromant avait l’air d’être sorti de son silence et soupirait à cause de la fatigue qu’il devait avoir.
-Puisque vous ne voulez pas collaborer, nous allons maintenant procéder à des moyens beaucoup plus douloureux.
Le pyromant fit alors une grosse grimace en voyant Cicéro s’approcher avec une dague à la main. Le reître se mit donc à son niveau, découpa la robe du mestre pour que son torse tout ridé soit nu et débuta la torture par enlever quelques morceaux de peau. Cicéro jubilait en voyant le vieil homme souffrir, voilà qu’on lui laissait enfin l’occasion de pouvoir s’exprimer. Le regard quasi psychotique, il fit de ce brave homme, une œuvre qui lui était désormais propre Au bout d’une journée à se faire charcuter sur toutes les surfaces de sa peau et ce, même dans les parties les plus intimes, Cicéro parvint au bout du compte et des longs hurlements à lui faire enfin cracher quelques mots.
-Je parlerais, je vous en supplie, arrêtez !!
-Bien, je vois que nous sommes donc maintenant tous les deux disposer à parler, cela me réjouit d’avance. Répondit le barbu qui avait mené les négociations.
Cicéro fut donc satisfait du travail qu’il venait d’accomplir. Les secrets de la torture résidaient dans le fait que la victime devait toujours avoir la sensation de frôler la mort en permanence. Avec une bonne torture psychologique au préalable et ce, pendant un certain temps, aucun être humain ne pouvait donc résister. Parler était la meilleure chose à faire puisque cela les libérait. Le reître arbora un léger sourire en pensant à toutes futures victimes du feu grégeois qui allait bientôt s’abattre. Peut-être qu’on lui donnerait la chance de pouvoir le voir de ses propres yeux, il ne demandait que ça !


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