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 Cours rhétoriques : Prendre son dû.

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Blanche d'Ancenis
Ancien
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Âge : 31 ans. Dans ces zones là.
Niveau Magique : Apprenti.
MessageSujet: Cours rhétoriques : Prendre son dû.   Mar 29 Nov 2016 - 13:54


8ième ennéade de Favrius de la 9ième année du XXIième cycle [Automne]


Les pieds foulaient à nouveau le sol du port de Berdes. Le soleil n’allait pas tarder à se coucher et Blanche jetait un œil furtif à son père qui aidait son épouse à descendre la planche sans tomber à l’eau.

« Père. J’ai besoin de vous pour ce que nous avions parlé. »
« Oh oui, autant étaler cela en place publique, ma fille. »

Les lippes s’entrouvraient pour tenter de rétorquer mais elle referma aussitôt la bouche avant de la rouvrir.

« C’était simplement pour vous prévenir et amorcer le sujet. »
« Soit. Soit. Mais laisse-moi arriver au château, fourrer mes pantoufles et me remplir la panse. »
« Toujours aussi élégant. »

Il haussa les sourcils puis les épaules avant qu’il ne se désintéressent ni plus ni moins de sa fille, conduisant Eugénie à son carrosse, sa progéniture sur les talons.

₪₪₪


Une fois la bedaine pleine et le corps reposé, Blanche observait les derniers dignitaires ancenois. Ils n’étaient pas nombreux. Parmi eux se trouvaient les vestiges des familles ayant un rapport avec la souche initiale de sa maison, de grands oncles ou de lointaines cousines qui avaient pour la plupart leur propre fief, leur propre château. Il y avait ces femmes et ces hommes qu’elle avait côtoyé dans sa jeunesse, avec qui elle avait passé du temps... et pour d’autres moins. Les billes volèrent jusqu’à l’une de ses tantes, sans doute était-ce là la sœur préférée de son père puisqu’ils étaient très complices. Cette dernière répondait au doux nom de Béatrix. Aemon III l’avait marié au seigneur d’Aspremont. Son cœur appartenait à Vielmot et il n’était pas rare de la retrouver souvent en Ancenis-la-Cité.
Blanche avait attendu patiemment que la salle soit déserte et que seules survivent son père et ses quelques amis en pleine partie de cartes. Cette dernière venait de se terminer et tous se levaient pour regagner leur couche. La baronne se leva et arrêta son père en cours de route. Pressant sa main sur son épaule.


« Tu viens souhaiter une bonne nuit à ton vieux père et lui faire un bisou pour qu’il fasse de beaux rêves ? »
« Père… »
« Oh ca va, si on peut plus plaisanter. Bref, marchons. Ca sera ma petite promenade digestive. »

Sans attendre, il prit soin de quitter la grande salle pour se diriger vers le potager. Un long silence s’installa que Blanche ne tarda pas à briser.

« J’ai besoin du soutien d’Ancenis… De ma maison. J’ai peur père. »
« La peur nous maintient en vie, quoiqu’on en dise. »
« Je t’ai rapporté toutes les conversations que j’ai eue… »
« Et donc qu’attends-tu de moi ? La politique, ce n’est pas franchement une affaire de bonne-femme. Entre toi et ta sœur… Qu’ai-je fait pour mériter deux empotées pareil ? Par le chibre d’Arcamenel ! »
« Madeleyne a marché contre moi ! »
« Oui, en effet… Il faut croire que vous rouez le cul de coups quand vous faisiez des bêtises n’était pas une punition suffisante. J’aurais peut-être dû viser la tête, peut-être que mes enseignements seraient mieux rentrés ! »
« Père, j’ai grandi. »
« Figure toi, ma fille… Que ta sœur croyait bien faire. Et surtout, elle avait les Berdevins à son arrière-train et elle les a toujours… En témoigne ce deuxième mariage caché… Je t’assure que je l’aurais bien embroché ce Gaston. Enfin, c’est un homme pragmatique. Heureusement que ma très chère mère Aemone est là pour veiller au grain car ta sœur ne serait peut-être pas encore de ce monde aujourd’hui ! M’enfin, je trouve quand même tout cela aberrant. … Phil… Phillouinte ? Phil… Machin truc, le frère de ce Gaston ne le relâche surtout. Alors certes cela arrange notre ami Gaston car en attendant Monsieur se pavane et est Marquis mais son frère demeure un invité de choix. Alors j’espère que tu ne le laisses pas moisir dans une cellule. Traite le bien. Il se sentira redevable. Use de sa rivalité avec son frère qui a pris sa place sur ce lopin de terre. D’ailleurs, il a l’air plus à cheval sur les traditions, celui-là. »
« Mais… »
« Ecoute, ma fille, Madeleyne est certes la mère de l’hériter de ce foutu lopin de terre pour autant, cela ne la protège pas d’une éventuelle éviction. Maintenant qu’elle a pondu. Elle est aussi une monnaie d’échange. Cependant son mariage est à double-tranchant. Autant cela lui apporte davantage de protection. Autant une fois qu’elle sera enceinte de ce Gaston. Son avenir reste incertain et je prie ma très chère mère de veiller sur elle et de la ramener… si cela sentait le roussi… J’espère d’ailleurs que Madeleyne aura l’intelligence de faire en sorte que ce Marquis soit fou amoureux d’elle. Cela sera un gage de plus pour sa vie. »
« Le seigneur Phillinte est bien logé et sous haute surveillance. »
« AHG ! Il faut croire que tout espoir n’est pas perdu. »
« Alors m’aideras-tu père ? »
« Blanche… Blanche… Blanche… Tu es perçue comme félonne… Enfin plutôt, si on en croit ce qui se dit… C’est davantage contre Nimmio que tous ces nobles ont des griefs… Je sais que lorsque tu t’es insurgée contre Arsinoé, ce n’était pas contre le roi que tu en avais. »

Il se figea et fit face à sa fille en glissant machinalement une main contre sa joue pour la caresser.

« Je le sais bien que tu as fait cela car tu ne voulais pas voir ta rivale de cœur gouverner. » Il posa son index contre ses lèvres avant qu’elle ne rétorque quoique ce soit.
« Tu n’as rien d’une félonne. Cette guerre était juste une querelle de bonnes femmes qui pouvaient tout simplement pas se piffrer et dans leur emportement ont entrainé avec elle des armées pour se faire la guerre ce que je ne cautionne pas. Vos histoires ont apporté la mort d’innocent. Je ne cautionne pas non plus le fait que ton mari en a profité pour mener sa propre guerre ! Et que tu l’as laissé faire. Maintenant tu es dans une position délicate. Mais bon, ce qui est fait est fait. Le passé appartient au passé. La meilleure chose pour toi serait de désavouer, Nimmio… Dans la théorie car bon nombres de nobles réclament sa tête. Cependant, la situation est telle que sa complexité demande réflexion. Si à l’heure actuelle, tu rejetterais ton époux, tu perdrais Velteroc … Oui parce que au grand jamais, on appelle une terre « Médian » … Entendons-nous bien « Le Duché du Médian » … Non mais sérieusement quel duché s’appellerait Median ? Ce nom est ridicule quoi… »
« Mais encore… »
« Euh… oui, oui, qu’est-ce que je disais… Donc Velteroc et les terres attenantes là, ces fichues baronnies nouvellement créées dont j’ai déjà oublié le nom. Il faudrait que tu te penches un peu plus sur le cas de Érac. Crénom d’Othar parce que oui… rappelle-toi que C’EST TOUT DE MEME CES GUIGNOLES D ERACIENS ceux de qui on dépend. Et puis personnellement rendre hommage à Erac ça pourrait les adoucir mais bon tu t’en carres un peu le cul parce que t’es Duchesse du Median et qu’au final c’est… Ah ouais mais non, ils sont indépendants maintenant non ? Ah franchement, vos traités là, ça me donne franchement des hémorroïdes… Aligner des mètres de parchemins avec lesquels on pourrait se torcher le cul pour juste pêter plus haut que son fion… Bref... Bref… Réfléchis-y et bien. »

Il se replaçait au côté de sa fille pour lui asséner une franche claque dans le dos avant de lui bousiller les épaules en la ramenant contre lui et reprendre sa marche. Blanche avait oublié ô combien son père n’avait pas sa langue dans sa poche quand on lui en donnait l’occasion. Elle était certaine que ce n’était non pas pour son sens politique qu’il attirait la sympathie de tous mais plutôt car en alignant un tel flot de paroles, il arrivait aisément à embrouiller ses interlocuteurs qui se perdaient dans son récit.

« Pour en revenir à ma demande initiale… Puis-je te compter parmi mes alliées ? »
« Je pense que je serais un bien mauvais père si j’envoyais ma fille à l’échafaud… Bon au pire, il m’en resterait deux autres et un fils ARGHARGHARGHARGARGH. »
« Ça ne me fait pas rire ! »
« Franchement détends toi, les rumeurs sur toi, parle d’une femme très légère et totalement dévergondée. La femme qui se tient devant moi en est bien loin. »
« Hm… »
« Bon est-ce que ma très aimée fille m’autorise à aller retrouver à ma chère épouse ? »
« Une dernière chose et là je parle d’égale à égale… C’est-à-dire de la baronne à l’un des conseillers de régence d’Ancenis. Je souhaite que Bathilde prête hommage au Duché du Médian. Je représenterais l’Entité même du Duché. Vous avez quelques jours pour me fournir votre réponse et je n’hésiterais pas à user de mon amitié avec ma cousine. »

Raymond fut secoué par la nouvelle si bien qu’il resta interdit pendant une longue minute. Les sourcils se froncèrent un instant alors que sa mâchoire se crispa. Il finit par se détendre et asséner une énième tape dans le dos à sa fille.

« La politique c’est vraiment pas fait pour les femmes. Heureusement que c’est moi qui soumettra cette requête au conseil. Bonne nuit, mon trésor. »

Déposant un baiser sur le front de son ainée, il la quitta pour rejoindre la couche parentale.
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