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 Joyeux anniversaire mon fils. [Solo]

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Aurel de Lantenes
Humain
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MessageSujet: Joyeux anniversaire mon fils. [Solo]   Mar 18 Juil 2017 - 19:56

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Fin de la huitième ennéade de Verimios
An 10 du XIème cycle


Trois coups brefs sur une surface de bois alertèrent le vieil homme d'une visite. Assis dans un fauteuil près du feu, une couverture sur les jambes, Richard releva le nez du parchemin qu'il parcourait pour se tourner vers la source du son. Un mot suffit à faire savoir à la personne qu'elle était la bienvenue. La porte s'ouvra donc et ce fut sans surprise que le doyen des Lantenes vit le visage d'Aurel apparaître dans l'entrebâillement.

-Vous vouliez me voir. Dit-il sur un ton des plus monocordes, attendant avant d'entrer définitivement dans la pièce.
-Oui. Ferme derrière-toi s'il te plaît.

S'il avait espéré n'avoir à rester qu'un bref instant, l'Egide venait de comprendre que ce n'était pas le cas. Il obéit néanmoins, restant sur ses gardes concernant la raison de cet entretien. Il ignorait encore pour quelle raison son père l'avait fait mander. Avec lui, il s'attendait un peu à tout. Etant donné son état de santé peu reluisant depuis son arrivée, il l'imaginait sans mal lui demander de retourner à Lantenes afin d'en prendre la Seigneurie. Il aurait été bien naïf de la part d'Aurel de se voir demeurer à Cantharel toute sa vie. Il avait toujours été conscient que ses obligations le rappelleraient un jour et se contenait d'espérer que cela survienne le plus tard possible. Mais Richard vieillissait de plus en plus rapidement chaque année. Il avait fait ce voyage en plus hiver pour venir jusqu'à Sainte-Berthilde et son grand âge avait eu raison de ses défenses naturelles contre la maladie.
L’Égide le voyait bien. Ses yeux fatigués et cernés, cette posture voûtée, ce visage creusé et ces perles de sueur sur son front alors qu'il semblait avoir froid... Il était malade mais avait-il seulement pris la peine de demander à recevoir des soins ? Un coup d’œil rapide sur la table de chevet de Richard lui apporta la réponse. Plusieurs fioles s'y trouvaient, entamées chacune de différentes façon. Ainsi, non seulement il avait un traitement mais il le suivait. Pourtant, le vieil homme lui semblait chaque fois plus fatigué.

-Sur le bureau. Indiqua Richard alors qu'il enroulait le parchemin qu'il lisait la seconde précédente.

Aurel tourna la tête dans la direction indiquée. Sur le meuble reposait un paquet emballé et décoré avec soin. L'homme eut un sourire attendri. Il savait pertinemment de qui venait l'attention et pour quelle occasion.

-Sybille m'a demandé de te souhaiter un joyeux anniversaire de sa part. Elle a grand hâte de te revoir.

Sans plus se préoccuper de son paternel, il s'avança vers le bureau et délaça les liens qui maintenaient la petite boîte fermée. Soulevant le couvercle, il découvrit un simple morceau de linge. Il le prit alors entre ses doigts pour l'examiner de plus près. Il s'agissait d'un mouchoir aux bords brodés avec discrétion afin que cela convienne à un homme. Dans un coin, les initiales AFL aux couleurs du blason des de Lantenes s'entremêlaient avec habileté. Il eut un nouveau sourire discret. C'était un cadeau des plus modestes mais il savait que Sybille l'avait confectionné elle-même. Et, plus que la valeur réelle de l'objet, c'était l'attention qui le touchait et la peine qu'elle s'était donnée pour lui.
Reposant la boîte vide sur le bureau, il plia le mouchoir avec soin avant de le glisser dans la poche intérieure de sa veste. Il releva en même temps la tête et observa la neige qui tombait une fois encore au dehors.

-Pourquoi ai-je la nette impression que votre venue va combler ses désirs ?

Achevant sa phrase, il se retourna vers Richard, toujours assis. Il joigna ses mains dans son dos, comme il en avait pris l'habitude.

-Je suis venu faire bien plus que cela. Répondit le vieillard juste avant qu'une quinte de toux ne l'empêche de poursuivre.

Voyant que les expectorations ne cessaient pas, Aurel traversa la pièce en quelques pas pour atteindre l'espace réservé aux boissons. Il servit un verre d'eau et vint se placer à la gauche du vieil homme, entre lui et le feu, pour le lui proposer. Ce dernier le prit presque aussitôt et l'avala en quelques gorgées. Lorsqu'il eut fini, il s'essuya la bouche d'un revers de main tandis que son fils reprenait le verre. Mais avant que le soldat ne s'éloigne, son père le retint en le saisissant par le poignet. Ayant capté son regard, il indiqua d'un signe de tête le siège qui lui faisait face, l'invitant à s'asseoir.
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Joyeux anniversaire mon fils. [Solo]   Mer 19 Juil 2017 - 10:00


Aurel regarda dans la direction indiquée et hésita une seconde avant de lâcher un soupire résigné. Il fit donc demi-tour et s'assit, posant le verre sur la petite table à côté de lui. Puis il s'installa à sa manière. Largement adossé, les coudes sur les bords du fauteuil, les doigts entremêlés et une cheville sur son genou. On lui avait fait mille fois la remarque selon laquelle cette posture n'était pas convenable mais il n'avait jamais daigné écouter. Richard ne tenterait pas d'y changer quoi que ce soit aujourd'hui. Le jeune homme avait près de trente ans, il était sans doute trop tard. Qui plus est, il avait des sujets autrement plus fâcheux à partager avec lui et il voulait obtenir toute sa bonne volonté. Le contrarier n'était pas dans son intérêt.

-Malgré tous tes ressentiments à mon égard, tu ne peux t'empêcher de te montrer bienveillant envers moi. Remarqua-t-il, un sourire mi-amusé au coin des lèvres.

Aurel observa le verre qu'il venait de poser avant de revenir sur son aïeul.

-Vous êtes mon père. Ou vous en faites office en tout cas.
-Non... Cela n'a rien avoir avec notre lien de parenté. Tu es ainsi par nature. Tu veilles et tu protèges. Et la cause des plus nécessiteux t'affecte tout particulièrement. Chez toi, la noblesse ne réside pas que dans ton titre. Tu as le cœur d'un chevalier.
-Que de beaux compliments en si peu de mots. Rétorqua-t-il avec sarcasme et ennui.

Richard savait pertinemment qu'Aurel n'était pas dupe et qu'il sentait quelque chose se préparait. Mais il ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Pas tant qu'il n'en aurait pas assez. Il voulait étaler tous ses arguments avant d'en arriver à sa conclusion.

-Je ne le dis pas pour te flatter. Je ne fais que te décrire, décrire qui tu es. C'est important. Tu es peut-être un soldat dans l'âme mais ce trait qui te caractérise fait que tu as les qualités requises pour commander avec sagesse et dans l'intérêt du plus grand nombre. Tu sais faire preuve d'abnégation, sans quoi tu ne serais pas Egide aujourd'hui. C'est un minimum pour un garde du corps.

Aurel haussa des sourcils approbateurs tout en hochant brièvement la tête sur le côté. Ce qu'il disait était plutôt évident. Qui pouvait être un bon protecteur s'il n'avait aucun intérêt pour celui ou celle qu'il protègeait ? C'était la seule raison pour laquelle il s'était intéressé à la famille Saint-Aimé lors de sa nomination. Il voulait en savoir plus concernant ceux sur qui il seraient en charge de veiller. Il appréciait particulièrement Louis, leur trouvant plusieurs points communs, à commencer par leur éthique et leurs valeurs.

-Pour cela, je me félicite de t'avoir car, avec toi, je sais que Lantenes sera entre de bonnes mains et que tu feras ton possible pour veiller sur nos gens, d'un point de vue politique comme militaire.
-Cessez de faire des détours pour en venir aux faits, je vous prie. Répondit Aurel avec un léger agacement dans la voix.

Tous ces longs et beaux discours pour finir par lui dire qu'il serait un bon Seigneur ? Non, cela cachait autre chose. Le sujet qui tourmentait le plus le vieillard depuis des années était d'obtenir une descendance légitime par son biais. Allait-il maintenant lui dire qu'il fallait qu'il s'assure que leurs terres seraient tout aussi bien gérées lorsqu'il viendrait à disparaître ? Ce qui sous-entendait mariage et enfants et cela ne l'aurait guère surpris.
Richard ne pouvait plus emprunter de voies détournées à présent, sans quoi il perdrait toute l'attention de son fils. Il serait donc un peu plus direct.

-Lantenes ne doit pas être la seule à jouir de ta gouvernance. Tu es le fils de Lesceline d'Olyssea et ton sang t'offre la possibilité d'accéder à de plus hautes charges.

Aurel eut un bref rire caustique. Voilà donc quel était le véritable but de tout ceci. Faire de lui le nouveau Baron.

-Il y a probablement d'autres candidats au trône qui soient bien plus proches de Sigvald que moi.
-Aucun ne s'est manifesté.

Richard se garderait bien de rappeler que Sigvald avait lui-même pris le trône alors qu'Aurel était plus proche de Clélia. Cela aurait pu passer que pour un juste retour des choses et évoquer que cela était possible mais le jeune homme aurait su qu'il y avait plus derrière cela. Après cette histoire, le vieil homme avait été en colère contre son fils qui ne s'en était pas soucié le moins du monde mais aussi contre son cousin qui en avait profité et il en avait gardé une certaine rancœur. Assentiment qui ne devait pas refaire surface aujourd'hui.

-Olyssea est sans Baron depuis déjà bien trop longtemps et ne peut plus attendre. Tu es un excellent prétendant au trône et...
-C'était donc ça votre entretien avec Louis l'autre jour... Le coupa Aurel qui n'en avait déjà cure des arguments de son père.
-En effet. Se contenta-t-il de répondre.

Il aurait pu lui répondre "entre autre" mais cela aurait rendu son fils suspicieux. Or, il avait encore besoin de son approbation. Le Saint-Aimé avait été clair : Il devait vouloir de ce titre. Pour ce qui était de la suite, il pourrait lui forcer la main mais il avait besoin de son aval concernant la baronnie.
Richard sa pencha en avant, appuyant ses coudes sur ses genoux. Il savait que le fait qu'il n'y ait apparemment personne d'autre faisait déjà réfléchir Aurel. Il connaissait son sens du devoir. Un siège laissé vide trop longtemps, même sous une excellente régence, n'était jamais bon. Olyssea avait besoin d'un Seigneur et, plus le temps s'écoulait, plus cela devenait urgent.

-Tu peux apporter beaucoup à Lantenes. Pense à ce que tu pourrais apporter au pays tout entier. A ta patrie. Cet hiver est un des plus rudes que nous ayons connu et c'était le pire moment pour perdre notre Baron. Tu peux nous aider à nous relever. Sans compter que, malgré ton goût pour les armes, tu es un homme de paix. Après les guerres que nous avons connu ces dernières années, c'est exactement ce dont nous avons besoin.

Aurel était attentif. Il entendait les arguments de son père. Ils étaient honnêtes et raisonnables pour une fois. Le moins que l'on pouvait dire, c'était qu'il vendait bien son affaire.

-Qu'en pense Louis ?
-Il est plus que favorable. Tu n'es pas seulement un Egide, tu es noble et olysséen de surcroît. En servant Sainte-Berthilde, tu as souvent fait parler de toi et il est ravi de la possibilité que tu deviennes Baron. Sans oublier qu'il sait pouvoir compter sur ta loyauté, à titre individuel.
-La décision ne lui revient pas néanmoins.
-Quelqu'un est déjà parti soumettre ta candidature au Roi.

Aurel eut de nouveau son rire bref et sarcastique. Il n'avait même pas attendu d'avoir son consentement. Il l'avait probablement voulu comme une dernière carte à jouer si jamais il n'arrivait pas à le convaincre. Il n'était plus possible d'arrêter ce qui était en marche et qui refuserait l'accord du Roi, d'autant plus quand le messager avait dû franchir des terres ennemies pour cela ? L'Egide savait parfaitement qui avait été envoyé pour accomplir (entre autre) cette mission. Il avait d'autant moins la possibilité de refuser.
Dans tous les cas, il avait déjà commencé à s'incliner devant cette volonté de son père et il était suffisamment raisonnable pour le reconnaître. Il se leva donc, calme et résigné.

-Bien. Puisque tout est déjà réglé, je rendrais mon insigne le moment venu.

Il commença à se diriger vers la porte lorsque la voix de son père l'interrompit dans son élan.

-Ce n'est pas tout.


Dernière édition par Aurel de Lantenes le Mer 19 Juil 2017 - 18:52, édité 1 fois
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Joyeux anniversaire mon fils. [Solo]   Mer 19 Juil 2017 - 18:51

Aurel s'arrêta net à tout juste trois pas du siège qu'il venait de quitter. Evidemment, il y avait plus... Comment avait-il pu espérer que Richard se contente de le faire passer de simple soldat à Baron sans chercher à aller plus loin ? La question du mariage allait-elle revenir sur le tapis comme il s'y était déjà attendu quelques minutes plus tôt ? Etant donné le ton qu'il avait pris, il n'avait pas beaucoup de doutes.

-Si le Roi t'accorde ce titre, la nécessité de prendre épouse sera incontournable.
-Pourq... Commença Aurel tout en se retournant.
-Il est hors de question que le trône se retrouve à nouveau sans successeur ! L'interrompit-il d'un ton sec.

L'Egide sonda le regard de son père. Celui-ci n'avait jamais plaisanté avec le sujet mais il avait l'impression qu'il était plus sérieux que jamais cette fois. Il avait le sentiment qu'il ne pourrait pas s'y soustraire aussi facilement que les autres fois. Mais il fallait bien donner une réponse.

-J'étudierai la question. Lança-t-il avant de faire de nouveau face à la porte.
-C'est tout étudié.

Aurel ferma les yeux dans un soupir.

-Ne me dites pas que vous avez encore fait votre petite sélection dans votre coin...
-Si, et je n'avais qu'un seul nom en tête. La chose est déjà entendue : si tu obtiens le titre de Baron, tu auras sa main.

L'Egide se tourna une fois de plus vers son père. Il ne semblait pas comprendre.

-Pourquoi est-ce que je... Il marqua une pause tandis que son esprit venait d'assimiler l'information.

C'était évident. La condition de devenir Baron pour une telle alliance ne pouvait signifier qu'une seule chose : Richard avait tapé bien plus haut dans la hiérarchie. Il avait cherché partout dans la petite et moyenne noblesse et même chez les bourgeois. Aurel avait refusé chaque potentielle épouse. Richard ne pouvait plus espérer un mariage qui rapporte un tant soit peu à sa famille, qu'il s'agisse de notoriété, de prestige, de terres, de titre ou bien d'argent. Ayant épuisé toutes ses possibilités, il avait espéré un temps que son fils finisse par trouver l'amour et se contenterait d'une candidate qui puisse porter un enfant. A présent, il ne pouvait plus attendre et cette ascension sociale était une aubaine qu'il n'avait pu que saisir au vol.
Aurel se retourna complètement pour faire totalement face à son père.

-Qui ? Demanda-t-il en fronçant les yeux.

Richard arbora un sourire satisfait, non pas pour la réaction de son fils qui ne voulait pas plus de ce mariage que des autres, mais tout simplement pour le nom de celle qu'il avait pu obtenir pour lui. Il leva le menton et articula avec soin.

-Eléonore de Saint-Aimé.

Aurel vit aussitôt rouge et s'emporta.

-QUOI ?!

Le vieil homme ne pouvait s'attendre à une autre réaction de sa part. Ce qui lui aurait le plus convenu aurait été un remariage, pas une jeune fille de dix ans sa cadette et à qui l'on forçait la main pour la première fois. Il ne voyait pas la chance qu'elle avait de tomber sur lui plutôt que sur n'importe qui d'autre...

-Pauvre fou ! Elle doit avoir l'âge de Sybille !
-Elle a deux ans de plus et je m'étonne qu'elle soit encore disponible. Répondit-il d'un ton sec. C'est une femme belle, brillante et charmante qui plus est. Quoi que j'espère qu'elle ait un peu de caractère pour être en mesure de tempérer le tien !
-Mais c'est une enfant !

Richard se leva, laissant sa couverture tomber au sol.

-Elle est en âge de concevoir et s'attendait probablement depuis longtemps à l'annonce de ses fiançailles. Elle peut s'estimer heureuse de t'avoir toi et ainsi d'échapper aux bras d'un rustre.

Aurel pouffa de colère devant un tel argument. Il ne pouvait sauver toutes les femmes de Péninsule. A la rigueur, il aurait pu le faire pour une envers qui il aurait une certaine tendresse et qui aurait été vouée à la pire de union mais ce n'était pas le cas ici. Richard savait pertinemment qu'il ne convaincrait pas son fils pour le mariage de la même manière qu'il ne l'avait fait pour la baronnie. En temps normal, il aurait pris du temps supplémentaire pour tout tenter mais hélas, du temps, il n'en avait plus.

-Je ne te laisse plus de choix cette fois, Aurel.

Celui-ci lui adressa un regard noir et arrogant avant de marcher droit en direction de la porte.

-Ce sera toi... ou Sybille !

Aurel se figea. La sortie n'était qu'à deux pas de lui en tendant le bras. Il aurait pu s'en aller. Mais il ne laissait à personne la possibilité de menacer sa sœur deux fois et Richard le savait.
Lentement, l'Egide se retourna. Son regard était noyé par une colère qu'il contrôlait en serrait les dents et les poings.

-Qu'avez-vous fait ?...
-La seule chose que je pouvais faire pour te contraindre enfin à prendre la bonne décision. J'ai promis ta sœur. Tu seras fiancé à la condition que tu deviennes Baron, chose que tu ne peux plus refuser à présent. Sybille quant à elle est déjà fiancée et ses noces ne seront annulées qu'à la condition que tu es épousé Eléonore. Dans le cas contraire, Sybille se mariera à son seizième anniversaire, soit avant l'été.

Tandis qu'il lui expliquait l'étendu de son plan et des clauses qu'il comportait, il s'était lentement avancé vers son fils avant de s'arrêter à un bon pas de lui.

-Et parmi tous les prétendants valables, vous avez choisi le pire, j'en sui sûr.
-Pour te convaincre, je n'avais pas d'autre choix. Je répugne moi aussi l'idée qu'elle se retrouve enchaînée à cet homme mais je suis sûr que tu feras le bon choix.

Aurel était fou de rage et se contenait avec peine. Il n'avait pas besoin de connaître le nom du fiancé, tous ceux qui lui venaient à l'esprit ne lui inspiraient que haine ou répulsion. Que cet inconnu soit violent, sadique ou tout simplement écœurant, il était impensable qu'il permette que l'un d'eux touche sa petite sœur.

-Si ce que vous avez fait vous dégoûte à ce point, pourquoi ne pas l'annuler ? Demanda-t-il dans un état de colère mesuré.
-Je ne reviendrai pas en arrière.
-Vous avez perdu l'esprit. Votre mal n'est pas que physique. De toute manière, de ce que je peux en juger, vous ne vivrez pas assez longtemps pour fêter l'anniversaire de Sybille. Je le ferais à votre place.
-Je n'y compterais pas à ta place. Conseilla Richard en levant la main qui tenait toujours le parchemin soigneusement enroulé. Ceci est une copie de mon testament. Tout ce que nous venons de partager fait partie de mes dernières volontés. Crois-moi, j'ai tout mis en œuvre pour que tu ne puisses pas aller contre.

Aurel était partagé entre la colère et la stupéfaction. Tout ce que son père avait fait, simplement pour le forcer enfin au mariage... Il n'en revenait pas et était hors de lui en même temps.

-Louis le pourrait peut-être. Il refuserait que sa sœur prenne époux avec un pareil chantage.
-Si tu lui dis quoi que ce soit avant que les noces soient conclues, Sybille se marie sur le champ. Et ce, quoi qu'il arrive.

Quand il disait avoir pensé à tout, il ne mentait pas... Cela se lisait dans ses yeux.

-J'ai désigné mon exécuteur testamentaire en une personne de confiance. Jusqu'à ton mariage -car je ne doute pas qu'il ait lieu- il sera chargé de faire appliquer tout ce qui s'y trouve. Je lui ai expliqué moi-même mes volontés et je suis sûr qu'il les suivra à la lettre.

Richard était confiant et serein alors que son fils le fusillait du regard. Il bouillait comme une marmite que l'on aurait laissé trop longtemps au dessus d'un feu que l'on n'aurait cessé d'alimenter. Son plan était parfait. Ignoble, sans le moindre doute, mais parfait. Il avait de la tendresse pour Sybille et aurait préféré ne pas la mêler à cette histoire mais elle était la faiblesse d'Aurel. Il avait répugné à s'en servir et avait hésité longtemps avant de finir par reconnaître l'évidence : c'était la seule solution. Eléonore était sa dernière chance de voir sa lignée perdurer et il devait mettre toutes les chances de son côté. Sa maladie ne lui avait pas permis de tenter d'y aller en douceur et l'avait contraint de sortir sa meilleure carte d'entrée de jeu.
A présent, Aurel était au pied du mur et ne pouvait plus reculer. Une fois la baronnie sienne, il serait fiancé, qu'il le veuille ou non.

-Comment êtes-vous parvenu à convaincre Louis ?

La question était loin d'être mauvaise. Des prétendants, elle en avait. Des personnes plus importantes et plus influentes qu'Aurel, même s'il était né couronné. Pourtant, il avait réussi à obtenir sa main.

-Mais grâce à toi, mon fils. Là où un séjour en prison nuirait à la réputation des autres, dans le cas présent, elle joue en ta faveur. S'il est de notoriété publique que tu te soucies des autres, et plus particulièrement des femmes, cet épisode n'était que la preuve qui me manquait pour le faire valoir. Ton futur titre fait de toi un parti honorable mais pas assez comparé à tes concurrents et notre Régent tient bien trop à sa petite sœur. Lui rappeler l'homme que tu es vraiment l'a convaincu en un rien de temps car il sait qu'il ne pourra trouver mieux que toi pour prendre soin d'elle.

Là-dessus, personne ne pouvait en douter. La plus part des hommes ne considérait leurs épouses que comme des êtres inférieurs et en faisaient ce qu'ils voulaient. Certains se contentaient de les négliger quand d'autres leur accordaient des attentions dont elles se seraient bien passées. Beaucoup leur parlaient mal, voire les humiliaient. Certains les frappaient, plus ou moins souvent. D'autres encore les violaient quand ils ne se contentaient pas de les tromper. Aurel ne ferait rien de tout ceci. Il avait des valeurs qui incluaient le fait de ne pas faire librement de mal à autrui. Et, même s'il ne les avaient pas eu, son sens de l'honneur lui aurait imposé de respecter les vœux prononcés pendant les noces. Richard le savait et n'avait pas manqué de le faire comprendre à Louis, à sa manière. Eléonore était très chanceuse de pouvoir faire un tel mariage.

-Vous êtes un salaud...
-Je suis d'accord avec toi concernant cette affaire. Mais rappelle-toi que c'est en partie ta faute.

Aurel l'avait poussé à bout. Il avait bien été obligé de trouver une solution pour arriver à le faire plier. L'Egide était bien obligé de le reconnaître et était en colère tant contre son père que contre lui-même car il ne s'était pas contenté de dire non. Il avait protesté avec vigueur à chaque proposition de mariage. S'il avait été moins véhément ou qu'il avait fini par montrer un peu de bonne volonté, ne serait-ce qu'en s'impliquant dans la recherche ou la sélection d'une épouse potentielle, il n'en serait certainement pas là aujourd'hui, obligé d'épouser une jeune fille qui ne ferait que lui rappeler son sœur de treize ans sa cadette.
Sans plus rien ajouter, le jeune homme sortit en claquant la porte derrière lui. Richard soupira. Il regarda sa main libre. Elle tremblait mais cela en valait la peine. Il avait réussi. Tout réussi. Aurel avait accepté de lui-même la baronnie et avait fini par se soumettre au mariage. Certes, certaines de ses méthodes avaient été assez peu reluisantes et il s'en voulait quelque part mais il était sûr des choix qu'il avait fait. Désormais, il pouvait mourir en sachant ce qu'il laissait à ses enfants. Certes, il restait Sybille mais son frère saurait prendre soin d'elle. Il ne la contraindrait pas au mariage, d'autant moins maintenant, mais peu importait. Il en était presque heureux pour elle. De toute manière, c'était une jeune fille charmante et elle ne manquerait pas de plaire. Peut-être même d'être aimée. Aurel se chargerait de veiller à ce que ces sentiments soient sincères avant de donner son aval...

Comme si les pensées de Richard l'avaient rattrapé, une quinte de toux revint le submerger. Il lâcha le parchemin qui frappa le sol dans un bruit sourd et se dirigea vers le plateau des boissons pour se remplir un nouveau verre. Appuyé sur le meuble, il en renversa la moitié à côté tandis qu'il versait l'eau et n'attendit pas que le gobelet soit plein pour le vider d'un trait. Sa toux ne venait plus de sa gorge et était lentement descendue sur ses bronches mais il n'avait pas d'autre solution pour se calmer. Les médicaments ne semblaient que ralentir la progression de la maladie. S'il ne se remettait pas vite, cela descendrait bientôt sur ses poumons. Et là, il n'y aurait plus grand chose à faire.
Au moins, il avait fini ce qu'il avait à faire.
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