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 Des zéphyres, vents de Guerre

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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Des zéphyres, vents de Guerre   Ven 18 Aoû 2017 - 15:36

Karfias, Neuvième ennéade de l'an X du Cycle XI,
Appartements du Ditronw Da’re, Puy d’Elda

Il y a certains jours où l’on se dit qu’il aurait mieux valu se lever armé d’une lourde baliste et habillé pour la guerre. Ces jours où la perspective d’un massacre en bonne et due forme ne parvenait pas à retirer d’un esprit tourmenté l’âpreté d’une mauvaise nouvelle arrivée au pire des mauvais moments.
Le courrier était tombé comme une sentence aux aurores, tirant Khernal Kre’Nael d’un sommeil agité. Le messager eut droit à une flopée d’insulte qu’il accueillit sans même trembler, alors que les yeux du mage, embrumés par la violence du matin, parcouraient le vélin. A la lecture, il retrouva – presque avec enthousiasme – son masque froid qu’il peignit sur son visage.
«– Kl’eril I’nik Nesstren… » déclara-t-il, éclairant par là son avis sur ces hommes des landes poussiéreuses qui s’en étaient pris à Esion. Malgré la clarté du message qui discréditait cette théorie, Khernal avait peine à croire en l’innocence des Princes Marchands dans cette affaire. Tout compte fait, pourtant, cela semblait aller à l’encontre de leurs intérêts…

Mais le loisir de s’intéresser davantage à la diplomatie entre Puy d’Elda et Ithri’Vaan lui était refusé. Si le parchemin n’était pas écrit de la main de l’Olath Blada, il fallait le considérer tout comme. L’ordre était direct, sans préavis et n’admettait aucune contestation. Mille drows partiraient ce jour même pour Esion et le C’nros – le Ditronw Da’re à sa tête – serait de la partie.
Reprendre Esion pour que le commerce puisse reprendre dans des conditions normales était la priorité. L’extermination des fanatiques qui s’était arrogé le droit d’attaquer Elda serait également un passage obligé. Selon les faibles témoignages à leur disposition, les hérétiques s’accompagnaient d’une armée de Lève-Morts qui leur avait permit une victoire écrasante sur les rejetons d’Esion. La riposte devrait-être sans précédent, sans quoi les doebens affranchis douteraient de la supériorité des sombres habitants du volcan et se mettraient à contester leur autorité par les armes…
Personne ne regrettera les morts de la cité portuaire, au sang si pauvre que les dracennes Nisétiens en auraient ri. Mais l’honneur eldéen imposait la rigueur de Meingal pour ces impies.



Quelques heures plus tard, Abords du Puy d’Elda

Quelques heures à peine suffirent aux troupes drows pour se réunir sous la bannière puysarde. Les mages du C’nros, tous de noir vêtus, avançaient en queue de colonne, précédés par les Sargtlin, les archers de la Luth’Elghinn et quelques cavaliers Ur’tharlrss, le tout dirigé par un Streea Jabbuk. Celui-ci rejoignit Khernal, monté sur son Morgal, et se présenta comme un jeune soldat, désireux de faire ses preuves. A son sifflement, son ost se mit en marche et quitta le Puy d’Elda, sous l’œil de l’attentif de Valas, faisant résonner les tambours de guerre drow sur les Terres Stériles.

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MessageSujet: Re: Des zéphyres, vents de Guerre   Sam 2 Sep 2017 - 21:10


Première ennéade de l'an X du Cycle XI,
Sur la marche d’Esion.

La poussière des Landes Arides balayaient les sols avec parfois plus de violence qu’une gifle. Le vent soulevait des volutes interminables de sable. Même ici, l’hiver avait frappé, rendant le début du voyage laborieux. Si la chaleur revenait peu à peu, les zéphyrs s’étaient levés, annonciateurs de mauvaises nouvelles.
Les deux officiers, montés sur leur Morgal, se protégeaient le visage avec leur cape. Les animaux écumaient, non pas par la charge ou la course, mais bien par le sable et la poussière qui ravageaient tout depuis la côte de Sel aux marais Cretoks. Au loin l’astre d’Uriz déclinait rapidement et se cacha dans l’horizon lointain de leur destination. D’une œillade entendue, Khernal et le Da’ron sonnèrent la halte au crépuscule. Les toiles furent montées sur leurs supports et des feux brulaient, seuls remparts contre la fraicheur mortelle de la nuit.

Avant de voir apparaître les astres de l’obscurité, reflets glaciaux des lumières terrestre sur la Glace Primordiale d’où jaillirent les Dieux, un soldat vint interrompre le mage et le Streea Jabbuk, réunis autour de la seule carte, plus qu’approximative, d’Esion.

« – Mon maître, Da’ron. salua-t-il avec une démarche raide. Deux messages sont arrivés. L’un, intercepté, semble venir d’Esion. L’autre porte la marque d’un des éclaireurs du C’nros.
Que disent-elles ?
La même chose, mes Maîtres. Esion a été désertée par les hérétiques qui ont fui vers le Sud. Des eldéens ont été soumis par le fer.
Des nouvelles des doebens ?
Les parchemins n’en parlent pas. »

Formés par la même discipline, les deux officiers se regardèrent et acquiescèrent d’un même mouvement. Le Streea Jabbuk réagit le premier.

« – Prépare la cavalerie, met tout le monde sur le pied de guerre. Appelle les Veldruks. »

Les deux soldats s’échangèrent un salut militaire et ils se séparèrent. Khernal ceignit son épée machinalement, les pensées tournées vers leur cible.

« – Tout cela pour un maudit comptoir marchand… Combien avons-nous de montures ?
Cent soixante seize. Les nôtres comprises. »

Les soldats Ur’thalrss ne suffiraient pas à vaincre des mages entraînés rompus aux combats dans la brousse stérile. Monter mages et archers sur les chevaux restaient périlleux mais sans cela, la victoire n’étais pas assurée. Pas même à leur portée.

« – Nous pouvons les devancer. Sans se préoccuper de la discrétion et en ne ménageant aucune monture. Celle qui crève laisse son cavalier au sol. »

Les officiers convoqués se présentèrent à ce moment là. Khernal et son compagnon lancèrent des ordres à chacun.

« – Deux prendront un guerrier contre dix et marcheront sur la cité. Gardez-la coûte que coûte. Si les doebens arrivent, ne les faites pas entrer, sauf si la confrontation est inévitable.
Trente mages prennent une monture et se préparent au départ. Les autres marchent vers le Sud avec le reste de l’ost. Exécution. »


Dernière édition par Khernal Kre'Nael le Mar 23 Jan 2018 - 8:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des zéphyres, vents de Guerre   Mer 27 Déc 2017 - 10:36

Précédemment

Le maigre régiment de cavaliers se dirigeait à franc étrier parmi les vastes paysages dépeuplés du désert stéril. Les landes s'étendaient sous leurs yeux, alors que sous les pattes de leur monture la terre aride s'étirait inlassablement en une thébaïde infinie. Les steppes imposaient leur implacable loi depuis que les guerriers s'étaient lancés à la poursuite du peuple vivant ici. Depuis quatre jours déjà, trois montures s'étaient effondrées, emportant avec elles leur cavalier dans une solitude mortelle.

Laissant la Sold’Yah, l’étoile violacée à la couronne sur leur gauche, les Sombres filèrent vers le Sud-Ouest. Leur camp était à plusieurs dizaines de lieues à présent, mais leur cible était plus loin encore. Le Maître-Mage avait ordonné qu’on se dirige vers Nisétis, seul point de repaire dans l’étendue presque inconnue de ce désert. Khernal n’y était jamais allé, ses yeux ne brillant pas particulièrement pour l’éclat de ces ternes pierres, vestiges d’un temps révolu. Les ruines de l’empire dracenne n’étaient que l’un des innombrables témoins de la victoire du Puy d’Elda.
Vaincre était dans le sang des drows, leur première vertu, la seule qui les laissait vivre. Chaque drow avait en lui la rage de la victoire, la volonté d'écraser l'ennemi pour mieux s'élever. Dans une telle société, nul échec n'avait sa place ; le goût amer de la défaite était bien souvent le dernier que l'on pouvait ressentir. Sans cela, les rejetons de la Rampante et de la Pestilence n'auraient pas été vaincus, ni les adeptes de Zhak'Bar, dont il ne restait plus rien.




Ils arrivèrent en vue de la Vieille Cité dracenne au début du printemps. Le froid s'était peu à peu envolé pour laisser place à l'étouffante chaleur des steppes en laissant à leurs pieds un sol encore chatoyant le matin, comme un adieu pour les deux années à venir.

« – Halte ! ordonna le Ditronw Da're, et son ordre claqua comme un fouet. »

Le chef de la petite troupe toisa les drows tout d'acier vêtus d'un air suffisant. Avisant ses mages et quelques éclaireurs, il les envoya encercler les ruines, pour ne laisser aucun échappatoire aux Impurs du désert réfugiés ici. Il les regarda s'éloigner quand un à un, les silhouettes des mages se fondirent dans le paysage uniforme du désert. Khernal les regarda avec un sourire presque morbide, sachant les trésors de magie que cette manipulation éthérique requerrait.
Les soldats montèrent le camp jusqu'au crépuscule avant que les premiers rapport n'arrivent. Un sombre en robe noire souleva les pans de la tente du Ditronw Da're sans que quiconque ne l'ai vu entrer malgré les rondes incessantes.

« – Jabbuk qu'Elaeruk s'annonça-t-il avec une courbette révérencieuse. Nous n'avons vu aucun mouvement de la part des og'elend. Pas la trace de leur armée non plus. J'en conclus que l'avant-garde n'est pas revenue et que le restant de la troupe se terre en les attendant.
»

Le maître du C'nros dévoila un rictus et renvoya l'émissaire avec un claquement de langue.

« – Nous donnerons l'assaut demain, à l'aube. 'Morad. »
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MessageSujet: Re: Des zéphyres, vents de Guerre   Dim 21 Jan 2018 - 13:19

Les armures rutilantes des soldats et les robes sombres des mages du Puy d’Elda avaient abandonné le combat face à la poussière et au sable des steppes. Les rangées ordonnées en formation parfaite qui ne souffrait d’aucun manquement à la discipline n’en étaient pas moins impressionnantes. Chaque drow, guerriers au corps à corps, lanciers, archers et mages était aux côtés de sa monture. Tous avaient le regard résolument tourné vers les ruines de la cité dracenne, l’appréhendant avec une assurance tranquille de vétérans habitués à la guerre.
Un mot trancha le silence des drows et le hurlement du vent.

« – Kr'aaaaaathin ! »

Comme d’un seul homme, tous se mirent en selle avec une facilité déconcertante, façonnée dans la douleur de l’exercice. En tête de la colonne, le chef portait son épée à la ceinture, que ceignait trois autres lames plus courtes, elles aussi de bonnes factures. Mais si beaucoup des eldéens avaient dégainés leurs armes, diverses, lui n’en présentait aucune au poing.
Ses ordres n’en restaient pas moins écoutés et obéis de tous.

« – Eldéens ! En avant ! »

Le cri trouva son écho dans la réponse de la poignée de guerriers d’élites qui se trouvaient là. Un « – URIIIIIIIZ ! » déchira l’étendue désertique.
Les plus vieux des drows revoyaient ici leurs premières armes, lorsque le Champion du Destructeur les avaient menés jusqu’à l’exécution du peuple autrefois grand de Zhak'Bar. La cité dracenne n’était alors plus ce qu’elle avait pu être dans le passé, pendant l’âge d’or des rejetons du Dieu des Cataclysmes. Mais à présent, défigurée par le temps, oubliée par la faiblesse de son héritage, l’antique capitale du grand empire n’avait plus rien en commun avec le centre de Miradelphia qu’elle était alors. Ses habitants n’étaient plus des adeptes des dragons imbus de leur pouvoir, ni même les larves déshonorées qu’avait abattu Tebirahc. C’étaient des pillards, des voleurs avides de grignoter les miettes que le Puy rejetait. Elda les écraserai une nouvelle fois.

Au rythme d’un galop soutenu qui prit fin aux portes de la ville, les eldéens pénétrèrent la cache des blasphémateurs. Le plan avait été préparé bien à l’avance, sur des cartes à la netteté douteuse mais bien utile à l’état-major improvisé de la délégation. Aussi, les cavaliers, forts de la vitesse de leur bête, envahirent les ruines de Nisétis, ne laissa aucune chance aux de s’enfuir.




« – PARDON ?
Pas la moindre trace, Jabbuk qu'Elaeruk. Nous n’avons retrouvé que les caches d’hommes isolés et des braises éteintes depuis plusieurs jours. »

Nisétis retournée de fond-en-comble, il fallait bien se rendre à une évidence difficile à entendre. L’échec était cuisant. Conscient que laisser éclater sa colère sur ses guerriers ne ferait que le desservir, Khernal la laissa s’exprimer sur un mur aux pierres descellées qui éclata sous son poing ganté.

« – Nous repartons sur le Nord immédiatement. Ces impies se sont déjà suffisamment moqués de nous. Ce petit jeu prend fin. »

Il fit claquer sa langue contre son palais et lança son morgal dans la direction qu’il avait indiquée, laissant le soin à ses officiers de répandre l’ordre.
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MessageSujet: Re: Des zéphyres, vents de Guerre   Sam 3 Fév 2018 - 16:39

Aux rapports d'éclaireurs succédaient les compte-rendus des pisteurs, poussant peu à peu la patience des troupes jusqu'à leurs limites. Survivants de par leur Braise ardente de vaincre, les drows supportaient bien mal l'expectative lointaine d'une bataille que nul augure ne venait confirmer. Aucun officier eldéen n'ignorait ces états de fait et devait savoir composer avec pour ne pas perdre les rennes du commandement. Khernal, en sa qualité de Ditronw Da're, ne dérogeait nullement à cela. Et même si sa placidité était mise à l'épreuve au moins autant que ses cuisses l'étaient par les dernières ennéades passées en selle, le mage se devait de conserver son masque impassible.

Le raclement des pierres sur les épées et des brosses sur les armures poussiéreuses résonnaient parmi les ordres des veldruks qui veillaient à ce que la discipline eldéenne soit respectée et connue de tous, même du plus petit des grains de sable. D'autant que le désert, fort de ses intempéries repoussantes, rendait la vie dure au métal puysard, souillant jusqu'au plus fin interstice de sa poussière vicieuse. Alors les têtes de l'armées d'Uriz tenaient ce que les poils lustrent chaque pouce d'armure.
Khernal avait délégué son plastron à l'un des soldats, qui revint lui apporter en main propre comme si il lui confié sa propre vie. Malgré la certitude que la pièce eut été vérifiée par plus d'un chef, le maître-mage critiqua d'un oeil professionnel l'efficacité du nettoyage avant de la renfiler avec une adresse tout aussi spécialiste. Ce fut lors du serrage de la dernière sangle de cuir que les pans de la petite tente s'écartèrent.

«– Rapport, Jabbuk qu'Elaeruk. Nous avons repéré les traces que nous suivions depuis Nisétis. Les éclaireurs rapportent qu'elle mène à ce qui semblerait être le repère des blasphémateurs. »

La nuit, éclairée par les seules lunes, était propice à l'avancée des troupes. Aussi, on sonna de discrètes cornes dans la nuit et les montures furent sanglées avec le matériel de campement. De bataille rangée entre les murs ruinés de Nisétis, la stratégie avait évolué au gré des réunions d'état-major sur une tactique de guérilla connue des vétérans du Front d'Anaëh.

L’astre d’Uriz n’avait pas encore fait valoir ses premières lueurs que le Mausolée leur apparut. Perçant l’infinie thébaïde zurthanne, la colline où il était fiché était passée maintes fois au travers des yeux eldéens. Les bords abrupts du bâtiment n’était que difficilement visible lorsque l’on savait où poser le regard. Pourtant, devant l’armée, l’immense pic ne pouvait qu’être le repaire impie tant recherché.
Un poing se leva pour arrêter les montures mises au pas. Les veldruks prirent le relais dans les ordres. Vingt drows prirent les devants de l’obscurité pour se rapprocher de l’entrée. Nulle sentinelle dehors – nettoyées par les éclaireurs qui les avaient précédés. La colonne se sépara sans bruit vers le temple, prenant place parmi les ombres des plus gros rochers en attendant les sifflements qui donnerait le départ des rixes. Il fut enfin donné, lorsqu’un premier rayon de l’aube venait frapper la pierre à nue du mausolée.




Ils étaient à peine une cinquantaine à avoir reçu cet honneur post-mortem. Cinquante morts parmi les plus braves et les plus forts pour servir la gloire de Qhot, le Seul Vrai Dieu Noir de Miradelphia. Ces cinquante là protégeaient le dernier temple à posséder la vérité sur l’au-dessus de la Terre, le dernier refuge au Culte de Qhot. Le Maître disait que, pas à pas, ils reconquerraient la foi de tous les peuples, par delà les races et les régions. Mais en attendant, il exigeait de tous ses fidèles que le foyer du Dieu Noir soit sûr.
C’était un honneur d’invoquer les Gardiens. En relever la totalité était un exploit que seul le Maître, ou éventuellement ses lieutenants, aurait pu accomplir. Mais ce soir, ils étaient deux à se partager la charge de la protection du Mausolée. Thul était fier, car, d’entre tous, il avait été choisi pour cette nuit. S’il savait lutter contre la fatigue, c’était bien pour se montrer à la hauteur de l’égard que la Maître lui faisait.

Il y eu comme un éclair dans ses yeux et la douleur lui vrilla le crâne.

Maintenir à la vie vingt relevé était épuisant, même pour un nécromant de sa trempe ; aussi il ne s’en étonna que moyennement. D’un coup de volonté, il raviva sa magie dans les os d’un guerrier qui avait abaissé sa claymore.

Puis il y eut la voix.

La Maître l’avait averti des oracles de Nasmirah. Ils arrivaient parfois aux meilleurs d’entre ses fidèles lorsqu’ils se montraient dignes de Lui. Aussi, il n’eu pas peur.

La voix parlait dans son esprit. Les mots étaient confus, comme lointains. Thul se laissa entrainer dans les ténèbres abyssale qu’on lui susurrait à l’oreille.





On laissa les montures dehors, et l’on pénétra dans entre les blocs de sédiments cachés derrière une formation rocheuse.

Les lourdes claymores tombèrent au sol. La magie avait déserté des débris d’armures et d’os, privée de mage pour la catalyser. Dès le premier pas dans le mausolée, les eldéens furent repérés. Le tocsin résonna au travers des gorges, qu’on ne tarda pas à trancher – trop tard. Sans plus de soucis de discrétion, les membres du Troisième Ost entonnèrent leur Chant, qui faisait trembler tant de muscles au-dedans et au dehors d’Elda.

« – Nym'uer udossa, yah d'thalack,
Entends-nous, dieu de la guerre,
Nym'uer udossta lar.
Entend notre appel.
Kyorl udossta di'morad, kyorl l'udossta d'dosst elam'aph hosse.
Vois nos actes, vois les actes de ton armée dévouée.
Nindel wun udossta da'rex dos k'lar dosst z'ress.
Que dans nos bras tu places ta force.
Suldaim orn rei pholor udossta ogglinnar.
L'opprobre tombera sur nos ennemis.
KYORL UNS'AA :: »
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MessageSujet: Re: Des zéphyres, vents de Guerre   Dim 4 Fév 2018 - 11:17

« – Udos tlu'og udossta killianen ulu l'thalack.
Nous prêtons nos épées à la guerre.
Udos skrel udossta velven wun l'rarr,
Nous plongerons nos lames dans les coeurs,
Whol Uriz. Whol l'bel'la. Whol Elda.
Pour Uriz. Pour l'honneur. Pour Elda.
Ori'gato udossa vharelgg dosst kaas;
Laisse-nous Venger ton nom ;
Rapist d'Kerhel, rapist d'dosst kaas
Adorateurs de Kerhel, Blasphémateur de Ton nom
Jal orn flamgra a l'fashka d'udossta Reiken. »
Tous brûleront par la force de nos Braises.

Du grès à nu montait les obsécrations des eldéens au Père des Batailles, donnant aux couloirs du Mausolée les allures d’un Temple d’Uriz. Les lames sombres frappaient sans relâche le fer des zurthans qu’on leur opposait, mais finissait inlassablement par vaincre. Les mages déchainaient leur volonté contre les blasphémateurs, renversant leur précaire maîtrise des arts nécromants pour celle, parfaite, des rejetons d’Uriz. Les Non-Morts, relevés contre leurs maîtres, étaient d’une incroyable efficacité. Forts du regard d’Uriz, les drows avançaient sans faiblir, le bras infaillible au service de leur ferveur fanatique.

Un poignard impudent alla s’écraser sur l’armure du Ditronw Da’re, cachée sous une robe aux armes du C’nros. Sa main jaillit pour saisir l’impie à la gorge tandis que sa magie se fichait dans l’esprit de l’insolent. L’instant d’après, le zurthan plantait sa lame dans le ventre d’un de ses camarades avant de s’effondrer.
A ses côtés, un sorcier s’écroula sous les coups de deux lames traitresses, emportant avec lui les créatures qu’il avait relevé. Mais un autre prit sa place, une épée à la main et arracha les deux gorges d’un seul mouvement. On lisait sur ses traits l’ardeur belliqueuse du Puy d’Elda, qui faisait valoir sa domination sur les déserts de l’Est et prévaloir ses dieux sur tous les autres.

Ils progressaient salles après salle, remplissant les volées d’escaliers de cadavres qui alimentaient l’armée dévastatrice. Des dizaines de zurthans tombaient pour chaque Sombrelfe vaincu, ne laissant que peu de surprise au déroulé du combat. Pourtant, dans le dédale inconnu, les drows se retrouvaient de plus en plus séparés ; les profondeurs du Mausolée leur réservaient ses surprises.
Ils tombèrent sur ce qui s’apparentait à une immense bibliothèque. L’ordre trancha comme un couperet ;

« – Brûlez-tout. »

Ainsi le Feu purificateur ravagea les pages sacrilèges et profana le temple renégat.
Khernal avança dans les obscurités tu temple, attendant sans vraiment redouter le moment d’affronter le chef des païens. Tous les pauvres esprits qu’il avait sondés faisait état d’un mage exceptionnel, que l’on respectait et craignait. Peu l’avaient vu, moins encore l’avait côtoyé de près. Il s’était fait Grand-Prêtre du Dieu hérétique et tenait en haute estime tous ceux qui savaient arracher les morts des bras de Teiweon.

Le mage déboucha dans les plus profondes cavités de la construction. Au dessus d’eux, les combats faisaient rage. Bruits de fers et hurlements étaient ponctués par les grognements des morts que les sorciers des deux camps lançaient à l’assaut.
Il était là.
Le maître Qhot attendait, visiblement impatient, de voir celui qui avait défié sa communauté. Fort de son charisme tranquille, il ne décrocha pas un mot lorsque le Ditronw Da’re et ses quelques fantassins enjambèrent les cadavres pour l’approcher. A son halo tranquille, Khernal opposa son aura de mage eldéen. Il surplombait de plusieurs têtes ce mécréant et dépassait sans doute le triple de son âge. Il rengaina son épée, un rictus coincé aux commissures des lèvres.
L’humain eut un mot, un seul. Les cadavres à leurs pieds s’animèrent pour se jeter, la gueule ouverte, vers l’officier. Les trois premiers furent tranchés nets par les lames aiguisées des soldats, qui engagèrent un combat numériquement inégal. La première sombre rejoignit l’Elghinyrr, les dents d’un Non-Mort plantées en travers de sa carotique. Elle fut aussitôt relevée pour rejoindre la rixe. Les yeux du mage-soldat ne cillaient pas de ceux de son adversaire. Il prit conscience de sa formidable maîtrise des arcanes, que nombres puysards entraînés pouvait jalouser. Pourtant, une à une, ses résistances cédaient dans son esprit, permettant au maître-mage de pénétrer un peu plus son esprit.
Khernal fit un pas, puis un second. Sa lame se ficha dans la cuisse d’un rejeton de Teiweon qui s’effondra. A chaque pied parcouru, sa Volonté surpassait un peu plus celle du nécromant jusqu’à ce qu’ils ne soient plus séparés que par la longueur d’un bras. Khernal arracha les dernières barrières mentales de son adversaire avec rage et le regarda tomber au sol, se tortillant comme un vers.

« – Kyorl Un’saa, qu'ellaril. »

Les prunelles glaciales du renégat rencontrèrent celles, de feu, du Ditronw Da’re, qui retint sa lame à deux pouces de la tempe de son adversaire lorsqu’il prononça ces mots dans un eldéen parfait.

« – Je veux un combat égal. J’exige l’ordalie que demandent vos Dieux. cracha le nécromant.
Tu n’es ni mon égal, ni un fils d’Uriz. Je ne te dois rien, apostat. Ton combat, tu l’as déjà eu. »

Une torsion du poignet plus tard et sa vie fut prise pour Teiweon.
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