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 Révélation [Brohan][Terminé]

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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Révélation [Brohan][Terminé]   Sam 3 Nov - 11:38



Elenwënas, VIe ennéade de Favrius, An XI, Cycle XI
Palais Irohivrah, Thaar


«Princesse, pardonnez-moi de vous réveiller le médecin est ici. »



La princesse marchande ouvrit lentement les yeux et fit le visage bourru d’un de ses esclaves. Elle lui tendit la main, que ce dernier prit doucement pour l’aider à se relever.  Les symptômes qui l’affligeaient étaient devenus de plus en plus présents au cours des derniers jours, ce qui l’avait cloué au lit tentant de lutter contre l’extrême fatigue qui l’habitait. Ulric l’avait finalement convaincu d’appeler un médecin, lui disant que si elle avait toujours ce stupide sortilège, ce dernier pourrait au moins soulager ses symptômes pendant qu’elle trouvait une façon de briser le sort qui l’affligeait. Maralina s’assit difficilement sur le rebord de son lit en se tenant le ventre. Les nausées étaient omniprésentes récemment, lui laissant croire que peut-être que la mycose avait attaqué beaucoup plus que son épiderme. Elle se releva, aidée par son esclave, et marcha difficilement vers son salon privé. L’esclave la guida jusqu’au canapé et l’aida à s’y asseoir pendant que le médecin l’accueillait d’un ton jovial. « Bon Matin, Votre Altesse, je suis sincèrement désolé qu’un mal vous afflige. Mais ne vous inquiétez pas! Nous trouverons rapidement une solution à votre douleur. » Maralina lui fit signe de se taire, l’humeur massacrante de la princesse ne lui permettait pas d’endurer les déclarations trop enthousiastes de son médecin.

Ce dernier se mit à poser de nombreuses questions à elle et à son esclave, tentant de déterminer les symptômes ainsi que les différents malaises qui embêtent la princesse marchande. Il lui pose des questions sur le sort qu’on lui a jeté, sur les moyens que cette dernière a pris pour contrer les effets de la magie. Il lui pose des questions sur son poignet bleuté, et la coupure qui orne son dos.  Ensuite, le médecin demanda à son esclave de les laisser tranquilles, et se met à faire un examen approfondi de sa patiente. Il vérifie son pouls, et d’autres batteries de tests tous le plus étranges les unes que les autres. Pendant ce temps, la demie-elfe se laisse faire, tentant tant bien que mal de contrôler l’agacement qui éclaire son visage légèrement blafard. Le vieil homme tape finalement des mains, sourire aux lèvres avant de déclarer; «Ma foi Votre Altesse, je n’ai que de bonnes nouvelles à vous annoncer! » Maralina leva son regard bleuté vers le médecin, un léger sourire aux lèvres. Bien! Si ce dernier était aussi enthousiaste, cela ne devait être que du stress! Ou au pire un empoisonnement alimentaire. Avec un peu de chance, elle serait sur pied dans quelques jours tout au plus! Elle lui fit signe de continuer, et l’humain s’exécuta avec enthousiastes ; «Vous ne souffrez aucunement de la mycose, ou de quelconques empoisonnements! Le sort que l’on vous a jeté ne semble qu’avoir  abimé légèrement votre peau et cette ecchymose devrait partir rapidement. »Dit-il en désignant le poignet multicolore de la princesse marchande. Maralina haussa rapidement un de ses sourcils avant de se lever difficilement du canapé pour aller s’accoter contre une table qui décorait les lieux. «Je ne suis pas certaine de vous suivre, docteur. Quel est le mal qui m’afflige? Et comment pouvez-vous être aussi sûr de votre conclusion? » Il avait beau être le meilleur médecin de Thaar, il pouvait tout de même se tromper. Mais ce dernier semblait tellement confiant de ses propos… «Et bien Votre Altesse, parce que je vois ses symptômes presque tous les jours!» Dit-il avec un sourire aux lèvres. Maralina l’interrogea du regard et il continua; «Votre Altesse est enceinte.»


Et ce fut le silence.


On aurait pu entendre une mouche voler, le médecin regardait sa patiente pendant que la princesse était littéralement bouche bée. Non… C’était impossible. On lui avait toujours dit que les elfes étaient peu féconds et de ne pas s’inquiéter de ce problème, car les chances qu’un accident arrive étaient minimes. Elle mit ses mains à plat sur son ventre, comme pour essayer de sentir la vie qui grandissait, là, tout doucement en elle. «C’est impossible», murmura-t-elle. Le médecin eut un sourire aux lèvres et ne s’empêcha pas de répondre à la princesse, même si cela n’était pas définitivement une question; «Je vous comprends! Quelle surprise Votre Altesse! On ne s’attendait jamais à ce que cela arrive. Disons que votre enfant a déjà la détermination de sa mère!» La demie-elfe releva la tête vers le médecin avant de rétorquer;  «De combien de temps?» Son ton de voix, d’habitude si confiant l’avait laissé tomber, elle qui ne semblait jamais perdre le contrôle, avait laissé la panique  prendre le contrôle. Elle regarda le médecin avec un regard suppliant. Ce dernier se frotta la barbichette qui ornait son menton légèrement pointu. «Dur à dire! On ne voit aucunement que votre ventre gonfle, vos symptômes sont assez minimes, ce qui me laisse croire que vous n’êtes pas bien avancé. Je dirais que vos origines elfiques ont pris le dessus et si mes calculs sont bons, je dirais entre 6 et 9 ennéades.» Sa respiration devint plus saccadée alors que son regard bleuté était toujours encré dans celui du médecin. On aurait dit que le monde s’était arrêté de tourner autour d’elle, qu’un trou béant s’était ouvert juste devant ses pieds. « Vous allez bien, Votre Altesse?» Maralina ne répondit pas, elle serra les poings un peu plus sur la table, alors qu’elle réalisait l’ampleur de la nouvelle que le médecin venait de lui donner. Le médecin s’approcha un peu de la princesse marchande; « Vous avez besoin d’un verre d’eau, Votre Altesse? Je comprends que le choc de la nouvelle peut... » « Dehors! » Ce dernier fut légèrement surpris par le ton de la princesse, mais ne bougea pas tout de suite. Il fallut entendre «DEHORS» vibrant de colère pour que ce dernier se sauve en faisant de grandes enjambées de la colère de la princesse marchande.


Maralina se mit la tête entre les mains, cachant ainsi son visage. Entre cinq et huit ennéades? Il n’y avait que deux candidats potentiels. Griffon de Langehack ou Renaud d’Erac… Quel merdier. L’homme qui l’avait abandonné pour sa carrière ou le duc qu’elle tentait de manipuler. Elle se remémora la dernière rencontre qu’elle avait eue avec Renaud, là où elle avait – et tentait toujours d’ailleurs – de prendre le dessus sur lui. Elle avait besoin d’informations qu’il détenait et le manipuler était la seule solution qu’elle avait eue. Au profond d’elle-même, elle avait toujours su que c’était une idée pourrie. Mais le pauvre l’avait suivi dans le vice et leur étreinte passionnée lui avait semblé tout à fait naturelle. Elle le voulait… elle l’avait eu, tout simplement. Et il y avait eu Griffon… Elle se rappelait le moment qu’elle l’avait vu monter sur le navire. Elle sentait encore le coup qu’on lui avait porté au cœur cette journée-là. Comme si tout son monde s’était arrêté alors qu’elle le regardait partir. Elle se souvenait de son souffle court, de la seule et unique larme qu’elle avait versée. Trop fière pour admettre que quelqu’un lui avait fait du mal. Elle n’avait jamais rien compris à l’amour, et ne le comprenait toujours pas et voilà que se souvenir qu’elle tentait tant bien que mal de refouler au plus profond d’elle-même refaisait surface.


Elle mit la main sur son ventre encore une fois, baissant son regard sur ce dernier qui était toujours plat. La Vaanie se mit à trembler, elle avait l’impression de manquer d’air. Comme si ses poumons refusaient de la laisser respirer.  Tout cela n’avait aucun sens… C’était tout simplement impossible. La stupéfaction laissa tranquillement place à la colère. Une colère sourde, puissante. La princesse attrapa le vase de cristal qui ornait la table sur laquelle elle s’était accotée et le tira au bout de ses bras. Le vase vola jusque sur le mûr et éclata au moment de l’impact, laissant ainsi des milliers de petits morceaux tranchant sur le sol de l’appartement. La princesse poussa la table sur le sol, et cette dernière se renversa sur le marbre en dégagea un grondement sourd.


Et elle s’écroula sur le sol.


Elle était de nouveau seule, seule à encaisser la douleur, seule à affronter les erreurs. Pourquoi maintenant tout faisait plus mal? La Vaanie se sentait complètement perdue, c’était un coup qu’elle n’avait aucunement planifié. Elle qui généralement avait deux ou trois longueurs d’avance sur ses adversaires, cette fois-ci les dieux s’étaient bien amusée en lui lançant un obstacle imprévu. Ce n’était pas tant le fait d’être enceinte qui la dérangeait. Mais plutôt le fait de ne pas savoir qui était le père de son enfant à naître. Elle avait le choix entre un Duc ou un Seigneur Langecins… Et s’il elle se trompait, cela pourrait mettre la vie de son enfant en danger. C’était une décision qu’elle ne devait pas prendre légèrement.  La princesse marchande s’accota contre le mur de marbre avant de replier les genoux contre sa poitrine. Elle entoura ses jambes de ses bras et enfouies sa tête dans ses genoux. Une position qu’elle ne prenait jamais. La Vaanie se rendait bien compte qu’elle était seule à ce moment précis. Des larmes se mirent à couler discrètement sur ses joues pendant qu’elle étouffa un juron. Ces putains sautes d’humeur étaient loin d’aider la situation! La princesse entendit la grande porte de ses appartements s’ouvrir et ne put s’empêcher de lâcher : «DEHORS!» d’un ton sec, en tentant tant bien que mal de retenir un sanglot.


Dernière édition par Maralina Irohivrah le Mar 27 Nov - 19:07, édité 2 fois
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Révélation [Brohan][Terminé]   Lun 19 Nov - 13:56

Révélation
Avec Maralina Irohivrah.

An 11 du Cycle 11, Favriüs, elenwënasde la sixième ennéade
Thaar, palais Irohivrah

La chaleur de l'après-midi s'est adoucie, l'astre luisant du jour se cachant derrière de gris nuages depuis qu'il a quitté son zénith. Il ne pleut pourtant pas averse sur Thaar, non, c'est une pluie fine qui descend du ciel, par intermittence, et qui ne dure jamais guère plus d'une trentaine de minutes à chaque fois. Dans les jardins du palais, non loin des fenêtres des appartements princiers, un homme à la cape rouge se promène. A en voir son vêtement trempé l'on croirait qu'il apprécie cette promenade humide, et c'est probablement le cas. Son visage impassible n'en montre rien et pourtant cela fait des heures que l'homme se promène dans les jardins, seul sous les fines gouttes de pluie. Nul ne sait s'il s'agit de la fraîcheur qu'elle apporte ou la pluie elle-même que le nordien apprécie, lorsque la question fut posée à son chevalier l'homme au crâne rasé a simplement répondu "Sûrement que cela lui rappelle le Pays."

Le bruit soudain d'un fracas brisant le silence sort le pensif oësgardien de ses pensées et il tourne la tête vers ce qu'il croit en être l'origine. Le regard levé vers le haut le promeneur ne peut qu'entrevoir un balcon, de fines gouttes forçant ses yeux à se fermer. Un autre bruit survient, plus inquiétant encore, et soudain l'homme réalise que cela provient des appartements de la maîtresse des lieux. Le seigneur invité songe alors à un combat, n'ayant pas oublié les menaces qui pèsent en toute heure sur la dame. Serai-ce une négociation ratée, ou une autre de ces tentatives d'assassinat dont la thaari se targue de faire échouer ? Le moment n'est assurément pas à la réflexion, alors ni une ni deux le seigneur-chevalier se lance vers les portes. Assez au fait de la sécurité des lieux pour avoir déjà approché la princesse le nordien n'est pas rassuré par les bruits entendus, et craint notamment qu'il n'arrive quelque chose de malheureux à la Princesse-Marchande : ce serait un comble en effet que lui et ses congénères ne soient accusés pour un crime qu'ils n'auraient pas commis.

Le nordien traverse les couloirs du palais à toute allure, alertant sur son passage les miliciens qui pour une obscure raison ne semblent pas inquiets. L'alerte n'a donc pas été lancée, signe aux yeux du péninsulaires que l'attaque de leur princesse a bel et bien été discrète et rapide. Ou pire encore : les miliciens sont peut-être eux-mêmes de mèche. Sinon pourquoi les gardes du couloir menant aux appartements de la maîtresse de maison resteraient également aussi statiques, comme si tout allait bien ? Il ne peuvent décemment pas tous être si sourds qu'ils n'ont pas entendu les bruits suspects venants des appartements de leur employeur. Décidément, quelque chose cloche. L'oësgardien file ainsi de plus belle vers les appartements princiers, ignorant les gardes trop lents qui tentent de le retenir, ignorant le vieil homme louche à barbiche qu'il vient de bousculer. Le fier seigneur pousse brutalement les gardes de la porte, derniers remparts avant les appartements, et pousse violemment les deux battants tout en s'engouffrant par le passage libéré. La lame au clair, prêt à en découdre, le nordien parcoure alors rapidement la salle de son regard vif. Et là c'est l'incompréhension, furtive mais bien présente.

Aucun assassin ni aucun intrus ne se trouve dans la chambre, mis à part l'invité lui-même. Il n'y a là qu'une table renversée, des bris de cristal près d'un mur et, contre le mur d'en face, une femme recroquevillée. Assise à même le sol, les genoux ramenés contre sa poitrine et maintenus par ses propres bras, la thaari lève légèrement son regard vers l'importun avec un mélange de stupeur, de colère et de détresse sur le visage. Dans sa précipitation l'humain n'a pas prêté attention à l'injonction de la princesse, qui sans doute explique pourquoi ses miliciens n'osent pas traverser le pas de la porte, c'est à la deuxième qu'il se reprend.
"Dehors." Répète l'estrévantine, détournant son regard bleuté de son vis à vis.
Et constatant la femme hors de danger, le nordien se redresse pour regagner sa stature digne. Il rengaine son épée et se dirige vers les portes, avant de s'arrêter. Le visage figé de l'oësgardien se tourne un instant vers la thaari qui fuit toujours son regard. Le trouble dans la voix de son hôtesse ne lui a pas échappée, tout comme la position vulnérable qu'elle n'a pas quitté depuis qu'il est entré. La seule fois où l'oësgardien pu observer la thaar dans une situation similaire, quoi que moins prononcée, était après que le jeune Hartmod se soit fait attraper. Brohan se souvient encore des confidences qui ont suivi, et bien qu'il ne l'avouerait pas il sait que cela a changé son regard concernant Maralina.

Les portes se referment devant les visages à la fois abasourdis et confus des miliciens alors que le nordien n'a pas quitté la pièce, les gardes ne sachant plus trop ce qu'ils doivent faire. Qu'ils laissent le péninsulaire dans les appartements ou qu'ils y entrent malgré les ordres pour l'en sortir, dans les deux cas ils subiront par la suite les foudres de colère de la Princesse-Marchande. Sans doute préfèrent-ils ne pas en plus provoquer les nordiens, dont le caractère turbulent ne leur est plus inconnu, car personne n'ose ouvrir les portes.
"Maralina." Prononce l'oësgardien de son ton calme et sans émotion. "Nous avons entendu des fracas, et nous vous avons pensé en danger. Le danger semble écarté, toutefois... Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour vous aider ?"
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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Re: Révélation [Brohan][Terminé]   Mar 20 Nov - 18:17



Maralina leva légèrement le regard lorsque l’Oesgardien entra en faisant un vacarme épouvantable. L’image aurait plus l’amuser au plus haut point. Brohan, épée à la main, prêt à protéger la princesse marchande contre un de ses nombreux ennemis. Mais disons que le moment n’était pas prompt aux rires. «Maralina.» Prononce l'Oesgardien de son ton calme et sans émotion. «Nous avons entendu des fracas, et nous vous avons pensé en danger. Le danger semble écarté, toutefois... Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour vous aider ?»  Un danger? La princesse esquiva un faible sourire alors que son front reposait toujours contre ses genoux. Vraiment? Qu’est-ce que l’Oesgardien en avait à faire qu’elle vive ou ne meure... La Vaanie ne bougea pas, toujours la tête appuyée contre ses genoux. Même s’il le voulait si ses intentions étaient les meilleures au monde, jamais il ne pourrait l’aider. Elle leva doucement ses yeux embués de larmes vers lui et lui répondit; « Disons que c’est un danger différent de celui auquel vous êtes habitué de faire face.» Un léger silence sembla embaumer la pièce et face à ce qui semblait être l’incompréhension de l’Oesgardien, elle continua  «A moins que vous souhaitez adopter un enfant, non vous ne pouvez rien y faire. »  Elle avait dit ces dernières paroles avec sarcasme, jamais elle n’abandonnerait sa progéniture au Nordien. Après tout, leur relation n’était pas la meilleure. Certes il avait eu des hauts et des bas, mais la confiance ne régnait toujours pas entre les deux êtres. Quant à  Brohan, il ne sembla pas réaliser l’ampleur de ce qu’elle venait de lui annoncer; « Un enfant ? » Dit-il dans un souffle, prenant quelques secondes pour tenter de comprendre ce qui se passait;  «Et quel enfant ?»  La princesse leva doucement la tête, pour planter ses yeux dans les billes grisâtres de son interlocuteur avant d’annoncer le plus calmement possible;  «Le mien».  Son cœur battait a un rythme fou, et elle avait peine à calmer sa respiration saccadée. Maralina avait vraiment l’impression que la panique commençait à l’envahir et elle devait vraiment reprendre le dessus le plus rapidement possible. La princesse baissa rapidement les yeux en tremblant. Elle n’arriva toujours pas à croire que cela arrivait. Oui, elle avait toujours voulu avoir une descendance. Mais que ce petit être, qui semblait s’accrocher à la vie en elle, avait décidé de faire son apparition au moment le plus inopportun.


«Pourquoi voudriez-vous que nous adoptions votre enfant ? » La princesse soupira, il n’avait définitivement pas capté le sarcasme dont elle avait fait preuve. Brohan se rapprocha doucement d’elle et s’accroupit a un pas d’elle avant de continuer; « Le danger qui pèse sur lui est-il si grand que vous préférez le confier à un Nordien plutôt que de le garder près de vous ? » La princesse planta son regard furieux dans celui de Brohan avant de s’exclamer; «Vous n’avez aucune idée de ce qui se passe Brohan.» La Vaanie fixa soudainement le vide derrière Brohan, on aurait dit qu’elle avait le monde sur ses épaules et son visage inquiet ne laissait rien au hasard. Maralina savait pertinemment que son enfant deviendrait une cible instantanément, elle aurait voulu être mieux préparée pour affronter le monde horrible qui s’ouvrait devant elle. «Cet enfant n’est pas encore né qu’il a déjà un prix sur sa tête.» Mara pouvait sentir le regard du Nordien la fixer, détailler les millions d’émotions différentes qui défilaient dans son esprit. «Il en est toujours ainsi lorsque l'on naît de parents puissants. Nous n'en savons rien, Maralina, mais ne tient qu'à vous de palier à notre ignorance. Ne négligez pas l'aide que nous pourrions vous apporter.»  Il marque une pause avant de continuer;  «Pouvons-nous présumer que le père est ce mystérieux Langecin dont les choix ont été en votre défaveur ? »  C’était une belle façon d’illustrer les choses, s’il ne tenait que d’elle, la Vaanie aurait utilisé un langage légèrement plus cru. Elle soupira avant de remettre sa tête entre ses genoux pour camoufler une larme qui coulait doucement sur sa joue. Elle se sentait tellement idiote. Comment avait-elle pu faire une erreur aussi stupide?  «C'est une des possibilités. » Elle avait l’impression que le poids s’était alourdi sur ses épaules, Brohan la jugerait pour son comportement soi-disant libertin, mais elle n’en avait rien à faire de ce qu’il pouvait penser. Il voulait l’aider? Il aurait besoin de savoir les détails et si ce minuscule détail le choquait, mieux valait pour lui qu’il ne sache pas la suite.


«Parce que ce n'est pas la seule ? » Le soupir sonore qu’il laissa échapper ne laissait rien au hasard. La princesse se crispa légèrement, ravalant la colère qui menaçait de sortir plus brutalement qu’elle ne l’aurait voulu.  Mais ce dernier continua avant qu’elle ne puisse rétorquer quoi que ce soit; «Quoi qu'il en soit, Maralina, ce danger n'est pas nécessairement une mauvaise affaire. Nous ne pouvons adopter cet enfant, mais d'autres solutions pourraient être trouvées. Toutefois, si vous désirez notre aide, vous allez devoir nous faire confiance.» Elle ne put se contenir plus longtemps, elle releva la tête avant de lancer un regard meurtrier au Nordien;  « Je n'ai pas besoin de vos remarques ou de votre jugement sur les valeurs estréventines, Brohan. C'est cette partie qui me ronge. Devrais-je nommer celui qui m’a abandonné? Ou celui que j'ai séduit pour m'amuser?  La culpabilité me ronge depuis des ennéades... et ce même, si je suis Vaanie. Vous ne savez rien de moi, Brohan. Ou non, vous connaissez seulement ce que j'ai décidé de vous montrer, ni vous ni personnes ne connaisse la vraie Maralina.» Sa respiration s’accéléra légèrement alors qu’elle continua; « Alors si vous voulez continuer à juger mes moindres actions, la porte est derrière vous. Sinon, si vous désirez vraiment m’aider; dites-moi quel aide vous pourriez m’apporter? »  L’humain soutint son regard empli de colère avant de répondre;  «Il est vrai que nous ignorons beaucoup de l'Estrévant, et nous ne savons de vous que ce que nous avons appris ces dernières ennéades. Cependant nous connaissons la Péninsule, et nous pouvons librement y circuler sans attirer de méfiance outre que celle qui est attribuée à Oesgard.» Mais où voulait-il en venir? La princesse ne dit rien, ce qui incita ce dernier à continuer;  «Vous n'ignorez pas, Maralina, les tensions qu'il existe entre Oesgard et... L'Estrévant, pour ne parler que de ce qui nous concerne. Il n'y a qu'à voir les circonstances de notre rencontre et la méfiance que vous nous portez depuis. Avez-vous déjà tenté un contact avec le Nord ? Nous sommes certains que oui. Oesgard est la plus fermée des terres concernant l'Estrévant. Ne vous fiez pas aux quelques exceptions, tel le roi de Naelis, qui ne sont pas plus oesgardien qu'un médiannais. »  Il marque une pause, tentant désespérément de lire le regard hagard de la princesse. «La dernière chose à laquelle un Péninsulaire s'attendrait serait qu'Oesgard apporte son aide à une Princesse d'Estrévant. À juste titre, par ailleurs.» Mais où voulait-il en venir? Bon, d’accord peu importe ce qui se passait, personne ne suspecterait l’Oesgardien d’aider la Vaanie et son enfant. Outre l’avantage de la surprise, elle ne voyait vraiment pas ou il voulait en venir. « Et quel aide offrez-vous? Une protection? »



« Tout dépendra de vous, Maralina. De la confiance que vous nous accorderez, de l'ampleur du danger, de l'aide qui serait nécessaire... Et bien sûr, de ce que vous pourrez nous apporter en échange.»
 Un autre silence sembla emplir la pièce pendant que la princesse analysait ses options. Son esprit tournait, paniquait. Elle ne réussissait pas à remettre ses idées en place, il n’y avait aucune idée qui lui venait en tête. Jamais elle ne s’était sentie aussi seule face au monde qui l’entourait et elle était incapable de maîtriser sa peur. La demie-elfe sentit sa respiration accélérer alors qu’elle que ses yeux se remplir d’eau. Maralina leva les yeux vers Brohan et s’exclama d’une voix tremblante; « Il y a seulement deux possibilités quant au père. Renaud d'Erac, Duc d'Érac ou Griffon de Langehack, Seigneur de Sorault. » Elle n’arrivait pas à croire qu’elle venait de lui dire. De lui révéler ses deux amants, dont le nom de celui qui lui avait brisé le cœur. La princesse baissa une nouvelle fois les yeux, incapable de supporter les yeux grisâtres qui semblaient la juger.  Il ne la comprenait pas, elle pouvait le voir dans ses yeux, dans sa façon d’agir. Qui aurait pu le blâmer? Un Oesgardien. Les hommes du Nord n’étaient pas reconnus pour leurs élans de tendresse ou pour leurs valeurs libertines. La princesse accota sa tête contre le mur et fixa doucement le plafond en tentant de retenir ses larmes à nouveau.  Les paroles de l’Oesgardien la sortie finalement de ses pensées; «Un duc ou un ambitieux seigneur, tous deux de la Péninsule. De Langehack, une terre qui connaît quelques troubles. Vous êtes une femme étonnante, Maralina.» Brohan marqua une pause et posa délicatement sa main sur la joue de la princesse pour attirer son regard dans le sien;  «Si vous craignez pour la vie de votre enfant, nous pourrions vous aider à le protéger. Et si vous agissez intelligemment, il pourrait devenir plus une sécurité qu'un danger.» Maralina fronça les sourcils avant de s’exclamer; «Jamais l’un ou l’autre ne le reconnaîtront… Il aura l’étiquette de bâtard en péninsule. Vous et moi le savons. Qui plus est jamais le Nord ne laissera quiconque avec du sang elfique s’emparer d’un trône. » Le regard de Maralina s’assombrit tandis que Brohan esquisse un sourire entre la malice et l’amusement; « Vous avez sans doute raison. Néanmoins cela peut être tourné en avantage. »


Une étincelle sembla s’illuminer dans le regard de la princesse. Comme si ce dernier avait réveillé son esprit combatif et sa logique.  La princesse se releva rapidement, brisant ainsi le doux contact de la main de Brohan contre sa joue et marcha vers les fenêtres en observant la pluie qui tombait doucement sur Thaar. Elle se retourna vers son invité avant de dire; «Et si vous étiez à ma place, que feriez-vous? » Elle n’osait pas le dire, mais elle avait une idée en tête. Peut-être qu’avoir cet enfant ne serait pas une mauvaise chose au final…
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Brohan Wulfekiin
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MessageSujet: Re: Révélation [Brohan][Terminé]   Dim 25 Nov - 21:29


Alors qu'il la pensait en danger, le seigneur nordien ne trouve dans ces appartements qu'une estrévantine vulnérable et désemparée. La thaari ose à peine porter un regard à l'importun qui s'impose devant elle, gardant silencieusement son visage contre ses genoux. Et lorsqu'elle remonte finalement son regard vers l'oesgardien, c'est pour lui montrer des larmes qui embuent ses yeux azur.
"Disons que c’est un danger différent de celui auquel vous êtes habitué de faire face." Prononce la demi-elfe, la voix enrayée par l'émotion.
"A moins que vous souhaitez adopter un enfant, non vous ne pouvez rien y faire." Ajoute la thaari, après un silence pesant.
L'oesgardien a bel et bien noté le sarcasme dans le ton de la Princesse-Marchande, tout comme il a décelé la détresse que cachent les mots qu'elle a prononcé. Cependant, et même s'il en a appris plus qu'espéré au cours de ces dernières ennéades sur la princesse-marchande, le nordien n'en sait pas assez pour deviner les détails du danger auquel doit faire face la thaari.
"Un enfant ?" Souffle l'humain, se demandant de quel enfant peut bien parler sa vis-à-vis. "Quel enfant ?"
Une question d'autant plus légitime que, malgré toutes les informations recueillies, le péninsulaire ne se souvient pas avoir entendu que la Princesse-Marchande d'Uldal'Rhiz ait eu un enfant. Alors, serait-ce celui de sa prédécesseur qui la mette dans un tel état ? L'oesgardien évacue d'une pensée cette idée, cela ne ressemble pas à la Maralina qu'il a découvert. Il ne pense pas non plus que la Princesse-Marchande aurait caché l'existance d'un enfant existant, encore que cela aurait pu être possible. Et si la réponse n'est pas un enfant existant, alors une autre solution à ce mystère serait...
"Le mien." Avoue avec calme mais difficulté la demi-elfe, le regard plongé dans les yeux gris de son interlocuteur.
Et dans les yeux couleur d'eau de la thaari, dans son ton ébranlé, et dans son comportement paniqué, l'humain comprend. Il comprend mais il n'en montre rien, son visage neutre s'étant figé depuis le début.

"Pourquoi voudriez-vous que nous adoptions votre enfant ?" Demande neutralement l'oesgardien, sachant pertinemment que cette tirade n'a été que rhétorique.
D'un mouvement lent et apaisant, le nordien s'approche à un pas de la thaari avant de s'accroupir pour se retrouver à sa hauteur.
"Le danger qui pèse sur lui est-il si grand que vous préférez le confier à un Nordien plutôt que de le garder près de vous ?" Renchérit le nord-péninsulaire, de plus en plus intrigué par cette nouvelle.
"Vous n’avez aucune idée de ce qui se passe Brohan." S'exclame furieusement la thaari, le regard affrontant celui de l'étranger.
Puis, aussi subit qu'est apparue la fureur, le regard de la demi-elfe se perd. Les émotions qui se succèdent dans le regard et sur le visage de l'estrévantine, renforcés par l'émotion, sont aussi variées qu'elles sont furtives. L'impassible nordien n'en manque pourtant aucune, son regard perçant ne s'écartant pas de sa vis à vis.
"Cet enfant n’est pas encore né qu’il a déjà un prix sur sa tête." S'inquiète l'estrévantine, révélant ainsi sa peur à l'homme qui lui fait face.
Ce dernier ne dit rien dans l'instant, observant encore un peu la femme qui dans sa détresse se confie à lui. Tout cela, au fond, ne le concerne pas . Et pourtant le nordien y voit une opportunité qui généralement ne se produit jamais pour un péninsulaire, ou si peu : celle de gagner la confiance d'une Princesse-Marchande, non pas en terme d'affaires, mais en terme d'intimité.
"Il en est toujours ainsi lorsque l'on naît de parents puissants. Nous n'en savons rien, Maralina, mais il ne tient qu'à vous de palier à notre ignorance. Ne négligez pas l'aide que nous pourrions vous apporter." Déclare l'oesgardien avant de marquer une pause, le temps se décider à comment formuler les choses.

"Pouvons-nous présumer que le père est ce mystérieux Langecin dont les choix ont été en votre défaveur ?" Demande le nordien avec un semblant de tact, afin de confirmer l'un de ses doutes.
"C'est une des possibilités." Réponds la thaari, après avoir renfoncé sa tête entre ses genoux.
" Parce que ce n'est pas la seule ?" Songe volontairement à haute voix le péninsulaire, se caressant la courte barbe entre le pouce et l'index.
L'oesgardien n'a pu en apprendre plus sur ce fameux langecin, si ce n'est qu'il s'agit d'un homme ambitieux et qu'il n'était que seigneur lorsqu'il est venu à Thaar. Que cet obscur personnage ne soit pas la seule possibilité n'est pas étonnant aux yeux du nordien, néanmoins pour qu'il puisse apporter une aide quelconque à la tharri le seigneur oësgardien aurait besoin de plus de détails.
"Quoi qu'il en soit, Maralina, ce danger n'est pas nécessairement une mauvaise affaire. Nous ne pouvons adopter cet enfant, mais d'autres solutions pourraient être trouvées. Toutefois, si vous désirez notre aide, vous allez devoir nous faire confiance."
[coor=#ff3399]"Je n'ai pas besoin de vos remarques ou de votre jugement sur les valeurs estréventines, Brohan."[/color] S'insurge la thaari en lançant un regard assassin à son interlocuteur, ne s'arrêtant pas là. "C'est cette partie qui me ronge. Devrais-je nommer celui qui m’a abandonné ? Ou celui que j'ai séduit pour m'amuser ?  La culpabilité me ronge depuis des ennéades... Et ce même si je suis Vaanie. Vous ne savez rien de moi, Brohan. Ou non, vous connaissez seulement ce que j'ai décidé de vous montrer, ni vous ni personnes ne connaisse la vraie Maralina."
Le nordien ne répond rien, écoutant attentivement les paroles de l'estrévantine. Alors qu'elle n'a aucun scrupule à avouer manipuler un homme, voilà que la Princesse-Marchande s'est trouvé une conscience, et qu'elle se sent rongée de culpabilité. Ce petit être qui grandit en elle aurait-il révéler un coeur, que la survivante Irohivrah possèderait, contre toute attente ?

"Alors si vous voulez continuer à juger mes moindres actions, la porte est derrière vous. Sinon, si vous désirez vraiment m’aider; dites-moi quel aide vous pourriez m’apporter ?" Achève la demi-elfe, les yeux emplis de colère et encadrés de larmes.
Mais le nordien ne bronche pas, il reste là, à soutenir le regard de la mère en devenir. Les juger elle et sa culture dont il ignore encore la majeure partie, lui qui s'est intégré à un clan de wandrais ? La Princesse-Marchande ignore le ridicule de son accusation. Certes, l'oësgardien ne voit pas du plus bel oeil les pratiques de l'estrévant, toutefois il est bien placé pour savoir que l'on ne juge pas un guerrier à l'armure qu'il porte. Ni une femme aux bijoux qui la mettent en valeur. Cela n'a pour autant rien à voir avec la situation actuelle, et le nordien n'est pas homme à se laisser dévier de ses objectifs.
"Il est vrai que nous ignorons beaucoup de l'Estrévant, et nous ne savons de vous que ce que nous avons appris ces dernières ennéades. Cependant nous connaissons la Péninsule, et nous pouvons librement y circuler sans attirer de méfiance outre que celle qui est attribuée à Oesgard." Introduit le seigneur oësgardien, prenant soin de ne rien révéler qui ne puisse se retourner contre lui. "Vous n'ignorez pas, Maralina, les tensions qu'il existe entre Oesgard et... L'Estrévant, pour ne parler que de ce qui nous concerne." Inutile ici de mentionner les tentions internes au royaume, se dit le nordien. "Il n'y a qu'à voir les circonstances de notre rencontre et la méfiance que vous nous portez depuis. Avez-vous déjà tenté un contact avec le Nord ? Nous sommes certains que oui. Oesgard est la plus fermée des terres concernant l'Estrévant. Ne vous fiez pas aux quelques exceptions, tel le roi de Naelis, qui ne sont pas plus oesgardien qu'un médiannais."
A nouveau, et avant d'en venir à la conclusion de sa diatribe, le nordien observe le visage de la thaari. Cette dernière, passablement décontenancée, ne semble pas voir où veut en venir son interlocuteur.
"La dernière chose à laquelle un Péninsulaire s'attendrait serait qu'Oesgard apporte son aide à une Princesse d'Estrévant. À juste titre, par ailleurs." Lâche l'homme de pourpre vêtu, de son ton monotone, telle une évidence.
"Et quel aide offrez-vous ? Une protection ?" Questionne la thaari, visiblement encore incertaine.
"Tout dépendra de vous, Maralina. De la confiance que vous nous accorderez, de l'ampleur du danger, de l'aide qui serait nécessaire... Et bien sûr, de ce que vous pourrez nous apporter en échange." Répond le nordien sans attendre, comme si la réponse était déjà trouvée.

Et le silence se fait, à nouveau. L'impassible se tais, observant, détaillant, examinant. La balle est à présent dans le camp de la thaari, et la suite dépendra de son choix. L'oësgardien n'en dira pas plus sur ses intentions, pas sans s'être assuré de pouvoir accorder sa confiance à la demi-elfe.
"Il y a seulement deux possibilités quant au père. Renaud d'Erac, Duc d'Érac, ou Griffon de Langehack, Seigneur de Sorault." Révèle enfin Maralina, la voix tremblante et le regard larmoyant.
Le silence reprend sa place tandis que le nordien réfléchit. Des deux seigneurs le Péninsulaire n'en connaît que les noms, prononcés par son maître-chevalier ou évoqués lors d'une campagne ou au cours d'une de ces ennuyantes soirées mondaines du médian. L'ancien chevalier de la famille Heinster n'en a pourtant rencontré aucun en personne. Il devine cependant avec aisance le genre d'hommes que peuvent être ces deux prétendants : des hommes de pouvoir, des nobles, des détenteurs de titre pour qui la lignée du sang prévaut. En ces temps trouble un bâtard leur porterait en effet préjudice, qui plus est s'il est d'ascendance estrévantine. C'est donc une dans une situation délicate que se trouve la Princesse-Marchande, et pourtant pas inextricable.
"Un duc ou un ambitieux seigneur, tous deux de la Péninsule." Reprend l'impassible, brisant le silence. "De Langehack, une terre qui connaît quelques troubles. Vous êtes une femme étonnante, Maralina."
Remarquant la position de la demi-elfe, le regard au plafond, l'humain s'approche de la femme troublée. Posant doucement sa main sur la joue de la thaarie pour en capter l'attention le nordien guide son regard azur vers lui, afin d'y plonger le sien.
"Si vous craignez pour la vie de votre enfant, nous pourrions vous aider à le protéger." Promet le seigneur de Höginheim en gage de bonne foi. "Et si vous agissez intelligemment, il pourrait devenir plus une sécurité qu'un danger."
"Jamais l’un ou l’autre ne le reconnaîtront…" S'exclame la futru mère en fronçant les sourcils. "Il aura l’étiquette de bâtard en péninsule. Vous et moi le savons. Qui plus est jamais le Nord ne laissera quiconque avec du sang elfique s’emparer d’un trône."

L'espace d'un instant l'homme au visage figé laisse transparaître un sourire, mi amusé mi malicieux. Ce que dit la demi-elfe ne peut pas être à la fois aussi vrai et aussi faux. L'étiquette d'un bâtard, en péninsule... Le roi Trystan n'était-il pas lui-même un bâtard ? Et même aujourd'hui, la légitimité de l'enfant-roi que l'on prétend être Bohémond, si c'est bien lui, est-elle avérée ? Non, cet aspect de la naissance de cet enfant n'est dans ce cas qu'en semblant d'excuse. Là où les inquiétudes de la thaari sont légitimes réside ses ascendances estrévantines, et notamment elfiques. Et pourtant il suffirait à la Princesse-Marchande de ne rien révéler du véritable père de son enfant pour lui assurer une certaine sécurité, de le prétendre conçu avec un thaari, ce qui évidemment serait bien trop simple.
" Vous avez sans doute raison." Concède l'oësgardien. "Néanmoins cela peut être tourné en avantage."
Le nordien n'a toutefois pas le temps d'exposer plus avant son idée que celle-ci semble faire mouche. Une lueur d'espoir traverse le regard de la demi-elfe qui gagne un soudain regain d'énergie. L'humain se lève en même temps que la thaari, mais se contente de la suivre du regard tandis qu'elle se dirige vers els fenêtres.
"Et si vous étiez à ma place, que feriez-vous ?" Questionne Maralina, d'une voix bien plus confiante que précédemment.
"La question n'est pas ce que nous ferions, mais ce que vous ferez." Répond l'imperturbable. "Car la réponse dépend des objectifs qui vous ont mené à ces choix. Quels sont vos ambitions, Maralina, pour avoir ainsi posé le regard sur la Péninsule ?"
S'il peut profiter de ce changement d'humeur pour découvrir les motivations et les ambitions qui guident la Princess-Marchande thaari, qui demeure malgré tout une menace pour la Péninsule, le chevalier oësgardien ne s'en privera pas.
"Mes ambitions ?" Reprend la thaari tout en se rapprochant, le regard déterminé. "Je suis une Princesse Marchande, Brohan. Mon but ultime est de tout contrôler, et ce partout." L'ambitieuse estrévantine s'arrête proche de l'humble nordien. "La péninsule est un défi, personne n'a réussi à la saisir complètement, mais, moi je le ferais."

Brohan ne quitte pas le regard de la thaari des yeux, sondant avec intérêt ses moindres mimiques. Contrôler la Péninsule, et pas seulement s'y établir commercialement. Voilà une ambition bien grande, et assez audacieuse. Le nordien se demande bien comment la thaari compte s'y prendre, bien qu'il en ait une petite idée. Et vu les débuts pour le moins chaotiques de la demi-elfe, le seigneur oësgardien se dit que malgré son potentiel la thaari n'y parviendra pas sans de bons alliers, du moins pas de cette manière.
"Tout contrôler ? Et vous osez nous le dire en face, à nous, un nordien ? A nous qui, contrairement à ce qui se dit, comptons parmi les plus loyaux de la Péninsule ?" Demande en confirmation le nordien, pour confronter sa vis à vis.
Le sourire aux lèvres, la Princesse-Marchande s'avance pour ne plus être qu'à un pas de son ninvité.
"Si vous étiez aussi loyaux, jamais vous n'auriez mit les pieds à Thaar. Vous et moi savons ce que les Nordiens et le régent n'apprécient pas la principauté." Prétend l'estrévantine. "Vous avez beau être l'homme le plus inexpressif au monde Brohan, vous n'êtes pas dénué de logique."
Le nordien continue de soutenir le regard de la thaari. Remettre ainsi en cause sa loyauté aurait valu à la métisse un profond dédain, si le sujet et la situation avaient été autres.
"Notre présence ici n'est pas incompatible envers notre loyauté pour le Trône de Diantra, Maralina." Déclare le fier homme au regard gris, avant d'ajouter un peu après. "Et le régent n'est pas le Trône."
"Parce que vous considérez un bambin comme un roi ?" Questionne la thaari, ne comprenant naturellement pas ce que sous-entend le seigneur oësgardien.
La demi-elfe pose alors ses deux mains sur le torse de l'humain tout en levant ses yeux azur pour les plonger de ceux du nordien.
"Je ne vous connaît pas beaucoup Brohan, mais il y a une chose que je sais, c’est vous n’en n’avez que faire de la royauté."
"En effet, Maralina, vous ne nous connaissez pas beaucoup." Confirme le seigneur chevalier, songeant à sa propre définition de ce qu'est la royauté.
Puis l'homme pose délicatement sa main sur le ventre de la thaari.
"Un bambin ne le reste pas, il peut grandir et devenir un roi." Déclare le péninsulaire avant de retirer sa main du ventre de la femme. "Mais revenons à notre sujet. Si vous cherchez le contrôle alors cet enfant, qui pour tout seigneur de la Péninsule peut être une menace, est dans ce cas un atout. Quelque soit le père, s'il a un titre et des terres, un enfant d'Estrévant sera mal vu par ses pairs. Annoncez-leur leur erreur, à chacun, et sans que cela ne s'ébruite. Le secret finira certes par s'ébruiter un jour, mais jusque là il sera votre force."

"Alors, vous vous servirez de cela pour faire chanter les deux ?" S'assure la thaari.
"Pas nous." Répond le nordien, déviant volontairement de la réelle question afin de rassurer la Princesse-Marchande sur ses intentions. "Pas tant que cela n'est pas nécessaire. Car cette affaire, Maralina, ne nous concerne pas."
"Surprenant, car vous êtes maintenant dans cette histoire, que vous le vouliez ou non ." S'étonne vraisemblablement la demi-elfe.
Et pourtant le péninsulaire dit vrai ; Si d'aventure il devenait nécessaire de faire pression sur le Langehack ou sur Erac, le seigneur nordien a ses propres méthodes. Cela n'est cependant pas d'actualité car seul le sort d'Oësgard retient son intérêt.
"Nous ne sommes, pour l'heure, que votre conseiller. Ni le sort de Langehack ni celui d'Erac ne nous importent." Confirme ainsi le nordien, ne quittant pas le regard de la thaari.
"Non, mais le mien oui." Rétorque la princesse avant de retirer ses mains du torse du péninsulaire. "Que voulez vous en échange Brohan ?"
Vaste question à laquelle le nordien s'attendait bien plus tôt. Et si les réponses sont diverses, le seigneur oësgardien n'en retient que quelques unes : "Vos talents, Maralina. Et vos ressource."
Plongeant alors à nouveau son regard dans celui de la Princesse-Marchande pour attester de sa franchise, le nordien reprend : "Vous pouvez tenter de contrôler la Péninsule à votre manière si cela vous chante, peut nous chaud, tant que vous ne créez aucun conflit qui ne blesse Oësgard. Ce que nous vous proposons n'est pas un accord officiel, cependant n'oubliez pas que pour nous une parole a valeur de contrat. Vous aurez notre aide, si cela devient nécessaire, une aide officieuse. Pour cette affaire comme pour celles qui viendront. En retour nous vous demandons la vôtre."
"Un contrat est un contrat Brohan. Et je ne brise jamais mes engagements." Accepte Maralina, tout en tendant la main. "Vous pouvez compter sur mon aide lorsque cela sera nécessaire."
D'abord hésitant le nordien lit le regard de la thaari. Accepter un tel accord, sans même prendre le temps de réflexion ni aucune forme de négociation, lui paraît quelque peu trop facile. La faveur lui étant cependant accordée, le nordien saisit la main tendue pour la serrer avec vigueur ; Seul l'avenir lui dira si son choix a été judicieux ou non.
"Nous avons donc un accord. Que cette collaboration nous soit longue et favorable."
La poignée de main terminée, et la tension du début retombée, le nordien s'enquiers d'un autre sujet pour le moins délicat.
"Et pour cela, il est préférable que vous vous portiez bien. La blessure de votre dos guérit-elle correctement ?"
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Maralina Irohivrah
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MessageSujet: Re: Révélation [Brohan][Terminé]   Mar 27 Nov - 19:04



Et elle avait posé cette fameuse question. Qu’est-ce que le Nordien voudrait en échange… D'abord hésitant le Nordien tenta tant bien que mal de lire le regard de la Thaari avant d’énumérer ses demandes. Rien qu’il avait demandé ne la dérangeait beaucoup  et de toute façon l’humain lui devait encore une faveur… Si jamais il demandait quelque chose qui ne lui plaisait pas, elle pourrait aisément dire non. Maralina tendit la main et Brohan répondit rapidement pour serrer sa main avec  vigueur. Brohan conclut finalement le marché en disant; «Nous avons donc un accord. Que cette collaboration nous soit longue et favorable.» Soudainement le regard du Nordien changea. «Et pour cela, il est préférable que vous vous portiez bien. La blessure de votre dos guérit-elle correctement ?» Sa blessure?  Disons que la princesse ne s’attendait vraiment pas à ce que l’Oesgardien n’y pense encore, ni à voir cette faible lueur d’inquiétude qui brillait dans son regard.  Que lui valait ce regain d’empathie?  La princesse haussa des épaules et se retourna doucement en mettant ses cheveux sur son épaule. Elle descendit lentement la bretelle de sa robe afin de laisser Brohan juger de la marque qu’il avait faite. Ce dernier s’approcha et sembla prendre quelques secondes pour examiner minutieusement  puis passa doucement le doigt sur la blessure. Comme si ce dernier voulait sentir la cicatrisation. Maralina frissonna lorsque ce dernier pose le doigt sur elle.  Disons qu’elle ne s’attendait pas au doux contact de l’Oesgardien contre sa peau. Ce dernier finissa rapidement son examen médical et s’exclama;  «Elle guérit, c'est une bonne chose. Il n'y aura bientôt plus de trace.» Maralina eut un sourire amusé et décida de taquiner le Nordien;  « Dommage pour vous, vous n’aurez pas laissé votre trace sur une princesse Marchande »  Et là l’improbable se passa. Brohan déposa sa main sur son épaule avant de murmurer doucement à son oreille; « La trace que nous avons laissée dans votre esprit nous est plus importante que celle que nous aurions pu laisser sur votre corps.»


Maralina perdit instantanément son sourire, le souffle chaud du seigneur Nordien la fit de nouveau frissonner. Comment réussissait-il à faire cela? Tout semblait si calculer, alors qu’elle avait peine à conserver son esprit en place. Elle retourna légèrement la tête, tentant d’apercevoir le regard grisâtre de l’humain avant de lui répondre le plus sérieusement du monde; « Mais ne vous inquiétez pas Brohan, je ne vais guère l’oublier. Ce fut une affaire quelque peu distincte. » La réponse ne tarda pas; «Nous sommes ravis de l'entendre.» Puis il éloigna son visage au grand soulagement de la princesse. Elle n’aimait pas comment ce dernier sembler jouer avec ses émotions. Pourquoi désirait-elle autant ce rustre Chevalier, qui l’avait si aimablement repoussé? Elle aurait avoir n’importe lequel des hommes… Mais c’était toujours ceux qui la forcer à dépasser les limites qui l’intéressaient le plus. La princesse baissa  son regard en soupirant légèrement. Elle fit quelques pas devant elle pour essayer de mettre une certaine distance entre elle et l’Oesgardien. Elle se devait de reprendre le contrôle. Au bout de quelques longues secondes, elle se retourna finalement pour faire face à Brohan. La demie-elfe plongea son regard bleuté dans celui de l’Oesgardien en tentant de garder une certaine contenance. « Je dois vous demander de partir. » Dit-elle en prenant une légère pause. «J’ai peur que j’aie quelques préparations à faire. » Cette dernière lui fit un sourire légèrement triste, tandis que ce dernier sembla prendre quelques secondes pour la détailler, comme pour vérifier que  la demie-elfe se portait mieux. Cette dernière sourit et baissa les yeux, tentant de cacher les mille et une pensées qui traversaient son esprit. L’Oesgardien brisa finalement le silence en s’exclamant; « Nous vous souhaitons une douce nuit, Maralina.» Avant de tourner les talons pour refermer la portée derrière lui.

-FIN-
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