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 Trip Forestier | Eliwa

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MessageSujet: Trip Forestier | Eliwa   Sam 21 Avr 2012 - 20:08

« Ma foi, la forêt d'Aduram est assez plaisante, lorsqu'il n'y a rien qui essaye de vous tuer... »

C'est sur cette petite pensée qu'Azmurael se posa contre un tronc d'arbre, dans l forêt d'Aduram. Il aimait bien l'ambiance de la forêt, son calme inhumain, et les bruits étouffés que produisait quelques obscures bêtes sauvages. Ici, son esprit mesurait toute la misanthropie humaine, et il réfléchissait, au calme, n'ayant rien d'autre a faire que penser, et cela lui convenait parfaitement.

Il sortit une pipe de sa poche. Elle était faite d'un bois noir exotique, d'une contrée se situant fort loin de Miradelphia. Le fourneau de la pipe était en or, et d'étranges runes était gravées sur toute la surface de la pipe. Il prit un petit paquet dans son grand manteau noir, et l'ouvrit, révélant des herbes séchés et réduite en poudre, dont il préleva une généreuse portion, avant d 'en bourrer sa pipe. Avant de l'allumer, il prit un autre paquet dans son manteau, qui révéla une petite fiole, dont il versa une goûte dans sa pipe. C'était une essence d'une plante qu'il avait acheté a prix d'or au port d'Ydril. En plus d'avoir bon goût, elle facilitait l'allumage de sa pipe...

Il prit un amadou et sa pierre a feu, et créa une étincelle. Il tira alors sur sa pipe avec force, et parvint a faire prendre ses herbes. Il se releva, et tout en tirant sur sa pipe, reprit sa promenade. Il retira le capuchon qu'il portait sur la tête, révélant des cheveux assez court, d'une couleur grisâtre. Son visage sortit de l'ombre, et on put voir ses traits, sa mâchoire fine, et une cicatrice noirâtre sous son œil droit.

Il marchait, tout en fumant, et il devait avouer, que là, dans l'un des endroits les plus dangereux de Miradelphia, il se sentait bien, détendu... Cela faisait près d'une semaine qu'il parcourait la forêt, survivant grâce aux provisions contenues dans son sac, notamment un pain épais et de la viande séchée... Il ne serait pas mécontent de trouver de la viande fraîche...

La forêt commença peu à peu a disparaître. Une brume couvrit ses yeux, avant de disparaître subitement. Les arbres ondulait doucement, tandis que l'air s'épaississait, prenant une teinte rosâtre... L'air redevint soudainement transparent, tandis que les arbres se transformait en cendres, avant de renaître tel des phénix, poussant à une vitesse comique. Après avoir atteint leur taille normale, il continuèrent de grandir, avant de abattre sans un bruit tout autour de lui. Il disparurent, le laissant seul dans une clairière, dont l'herbe couleur cyan lui paraissait des plus étranges. Ah, et ces cerf ailés volant dans une mare de mélasse orangée aussi, après réflexion. Subitement, il sentit une sorte d’accélération, avant de se trouver devant une elfe, dont l'air surpris l’interrogea... Enfin, surpris, lui l'était tout autant, car la couleur violette de l'elfe le laissait songeur. Il s'approcha, et ayant l'impression de parler sous l'eau, déclama avec emphase :

« Je te salue créature des bois ! Ta couleur fort peu anodine me ferait presque croire que j'ai affaire à l'une de ses créatures dont parle les légendes d'un lointain pays... Mais je ne suis pas dupe ! Mais dit moi, que fais tu loin de tout dans cette vaste forêt que je considère comme ma contrée ? Ne vois tu pas que tu trouble mon calme serein ? Que, par ton intervention, tu viens de réveiller une misanthropie calmée par les assauts de la sérénité de ces bois ? Qui es tu, toi qui viens troubler un sommeil dont l'instigateur est un être ne recherchant que le repos, et qui croyant l'avoir enfin trouvé se fourvoie en t'adressant la parole, créature illusoire et violine ? Ne suppose tu pas que ta place n'est pas ici, et que troubler ainsi un simple être humain n'est pas digne d'être retenu ? Enfin, ne pense tu pas qu'il existe des plaisirs plus simple et se révélant bien plus gratifiant, que de heurter la sérénité d'une âme torturé comme l'est celle de mon être ? Pense tu ne mériter qu'une seule seconde d'attention d'un être qui ne trouve pas de repos parmi ses confrères socialement intelligents ? Peu tu me prouver que ton apparence n'est que futilité, et que seule compte, derrière le siège de ta pensée, une parcelle vierge de toute expérience, ne pouvant pas juger et n'exprimant rien d'autre que de la curiosité ? Si tu n'en es pas capable, alors sois tu n'es pas réelle, créature illusoire et étrange, soit tu ne mérite pas l'attention d'un homme qui ne recherche que la compagnie d'homme qui ne le jugent pas, mais qui cherchent simplement une communication profonde, et non pas un pouvoir illusoire, qui disparaîtra une fois le corps enveloppé d'un linceul. »

Il s’arrêta, le temps de reprendre sa respiration, et de tirer une bonne bouffée sur sa pipe, et tandis que la peau de l'elfe virait au vert sapin, il s’écria :

« Quel genre de sorcellerie est-ce là ? Te voilà verdâtre ; mais cela ne me réponds pas à mes multiples interrogations. Allons, ne sois pas timide, parle ! »
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Eliwa
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Lun 30 Avr 2012 - 16:42

Eliwa déambulait entre les arbres, foulant le sol d'un pas léger et gracieux, réfléchissant à ce qu'elle allait désormais faire. Repartir à l'aventure la tentait, comme toujours, mais l'idée de suivre un entrainement intensif la tentait encore plus. Et de ce fait, ses futures péripéties seraient d'autant plus palpitantes. Confortée dans cette, idée, elle prit le chemin d'Alëandir (enfin, pas tout à fait. Du lac d'Uraal, côté elfique pour être plus précise). Elle passa deux nuits à contempler les étoiles et à dormir par intermittences, avant de faire un quelconque rencontre.
Elle aimait Aduram, bien qu'elle abrite la Dross, c'était peut-être aussi pour ça qu'elle l'appréciait... L'elfe avait de bons souvenirs de cette forêt, bien qu'elle soit peu recommandable et qu'il s'y passait, en retour, des choses peu recommandables. Mais elle la trouvait belle, car elle savait que la beauté était partout pou rqui sait la voir. Et elle la voyait. Dans la voussure des arbres, le vent qui souffle ou la pénombre qui se répand. Dans un ruisseau, un battement d'ailes ou le galop d'une biche. Dans les bourgeons, les naissances et les sources.
Dans un certain sens, elle préférait Aduram à Anaëh. En Anaëh, tout était beau, tout était parfait, tout était lumineux. En Aduram, le côté sombre était plus important, faisant ressortir les part de lumière, le perfection n'existe pas et la beauté, il faut la chercher.
Donc, après que le soleil se fut couché deux fois, elle arriva dans une clairière où l'herbe douce poussait et où un rocher saillait sur le côté.
Un homme émergea devant elle d'elle ne savait où et réussit à la surprendre. Sa première émotion passé, elle put le remarqué tel qu'il était. D'une quarantaine d'années, il ne paraissait pas en bonne santé. Eliwa soupçonnait qu'il fut quelque peut plus âgé que ce qu'il laissait voire, mais pour les détails, elle verrait plus tard. Ce qui la choqua le plus, ce fut l'odeur de drogue qui s'échappait de son corps. Comme s'il en était imprégné jusqu'aux os, ce dont elle ne doutait pas. Elle sut qu'elle avait raison lorsqu'il commença à parler. Elle s'assit sur le rocher, les jambes écartées, les coudes sur les genoux et les mains jointes. Sa louve fit de même, tendis que son étalon broutait quelques pas plus loin. Eliwa l'écouta sans l'interrompre et parla à son tour lorsqu'il lui lança l'invitation.

- Et bien, mon sieur, sans vouloir vous vexer, ma couleur est des plus naturelles. Quand au pays lointain, je ne suis qu'originaire d'Anaëh, ce que je ne considère pas comme fort éloigné de cet endroits. D'autre part, je me demande comment tu peux considérer ce lieu de passage comme ta contrée. Vu le nombre de gens qui y passe, je suis étonnée que tu ne t'attende pas à rencontrer des gens de la pire espèce. Et je dirais que la Dross n'arrange rien. Et toi, qui es-tu pour penser que ce n'est pas toi qui trouble mon repos et qui me fourvoie en m'adressant la parole ? Au passage, je ne suis pas violine. Quand à ce qui est de ma place, parlons donc de la tienne ! Pourquoi suppose tu qu'ici est plus ta place que la mienne ? Quand à heurter la sérénité de ton âme, je ne compte pas ça dans mes plaisirs. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je réponds parce que, si ça se trouve, tu ne comprends même pas ce que je dis, vu l'état dans lequel tu...


Elle s'arrêta nette, reniflant doucement l'air ambiant. Elle n'avait pas rêvée. L'odeur était bien présente. Une odeur familière qu'elle pouvait reconnaitre entre toutes. Au premier abord, elle ne l'avait pas décelée, du fait de l'odeur de la drogue. Mais maintenant, elle était sûre qu'elle était là.
Elle se pencha un peu plus vers lui et, tout en changeant d'expression, elle dit doucement.

- Tu sens la magie. Que sais tu faire ? Est-ce que je peux apprendre quelque chose en peu de temps ?


L'elfe n'avait pas la prétention de devenir une mage surdouée en quelques jours mais elle voulait connaitre les rudiments de la magie. Elle avait lut un ouvrage dans sa jeunesse qui en traitait mais il avait brûlé avait la chaumière. Depuis, elle n'avait pas pensé à en acquérir d'autres, mais elle se dit que, tout comptes faits, ce ne serait pas si mal.
Sa curiosité maladive lui coûterait cher un jour, mais, en attendant, elle pouvait lui faire apprendre bien des choses. Et apprendre, c'était ce qu'elle voulait par-dessus tout.
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Mer 2 Mai 2012 - 20:12

Azmurael tournait autour de l'elfe, tandis qu'elle répondait avec un énervement croissant, mais mesuré à ses questionnements philosophiques. Il approcha son visage de l'elfe avec insistance, et lorsqu'elle eut fini de parler, il dit, avec malice :

« Les rayures ne te vont pas très bien, créature colorimorphe. Tu devrais penser a te fixer sur une couleur en particulier... Mais ma foi, tu me plais, étrangeté paradoxale. Tu dis être une elfe ! Foutaise, ceux-ci ont bien moins de grâce. Mais revenons sur tes paroles antérieures... Tu ne comprends pas comment je puis considérer cet endroit comme ma contrée. Mais, qui te dit que ma contée se limite a cet endroit ? Un sage, n'a t-il dit, un jour, « La liberté des uns commence là ou s’arrête celle des autres » ?  Aussi, ne puis-je considérer, que le rayon dans lequel je pense, sans doute à tort, que ma liberté se situe, puisse être ma contrée ? Oserais tu affirmer, que les frontières sont figés, et ne se déplace pas avec l'individu ? Lorsque la liberté d'un individu heurte celle d'un autre individu, n'y a t il pas débat ? Tu n’oserais affirmer le contraire, car c'est en fait ce qui se passe en ce moment même... Ta liberté empiète sur la mienne, comme la mienne heurte ta liberté. Ainsi nous discutons, remettant une partie de notre espace vital en jeu avant la séparation. Ne pusi-je alors considérer, que par ta simple présence, tu brise un équilibre ténu, faisant remonter à la surface les flots déchaînés de mes pensées misanthrope ? C'est ainsi que je conçois le monde, comme des ondé gravitant autour d'individus, qui lorsqu'elles se rencontrent, peuvent créer un séisme d'une ampleur terrifiante... »

Il s’arrêta, un instant, pensif, et tira une ou deux bouffées sur sa pipe. Il dévisagea l'elfe, et vit que son visage était maintenant orné de magnifique losange jaune pâle sur fond bleu cyan. Il cligna des yeux avec force, et se força à écouter la de mande de l'elfe... Ainsi elle pensait qu'il allait lui apprendre quelque chose... Il lui aurait presque ri au nez, mais il se retint. Foutue liberté...
Il commença a rassembler ses idées, tout en tirant sur sa pipe... Puis il se racla la gorge, et se lança dans un discours improvisé :

« Jeune amie d'un autre plan... Tu veux en savoir plus sur la magie ? C'est intéressant... Ma foi, les théories sont multiple. La première fois que j'ai rencontré un mage, voilà ce qu'il m'a dit... La magie, est un élément comme un autre. Il y en a dans chaque chose, comme l'eau, la terre, l'air et le feu. Mais la magie, est …. Particulière. Celle ci ne se laisse pas dompter par n'importe qui. Certaines personnes, ont des affinités avec la magie, et ne me demande pas pourquoi, car je n'en sais rien. Mais toujours est il que ces personnes peuvent utiliser cette élément pour faire des tours.En agissant sur cet élément, comme si tu agis sur la surface d'un lac, tu modifie l'équilibre, et tu crée une vague. Ici, c'est la même chose. En plongeant tes « doigts » dans la magie, tu réussis a modifier l'équilibre et tu crée quelque chose. La création rejoint souvent une branche de magie particulière, comme la magie élémentaire, ou la magie druidique. C'est ainsi que marche la magie, sans l'intervention des dieux. Ne me pose pas de question sur la magie religieuse, car je ne serais pas à même de te répondre. »

Il s’arrêta un instant, reprenant son souffle, et pris une bouffé sur sa pipe, avant de faire un rond de fumée. Puis il reprit :

« Mais éloignons nous un peu du sujet, voulez vous ? Regardons le temps. Le Temps... Le temps est matière a beaucoup d'étude. Connaissez vous le paradoxe temporel ? Ma foi, laissez moi vous montrer ma vision des choses. Illustrons. Imaginez vous devant un coffre. Votre coffre. Hélas, vous ne possédez pas la clé, car vous l'avez perdu, égarée, ma foi, peu importe. Maintenant une pensée vous vient. Et si votre double du futur arrive pour vous donner la clé. Vous pouvez alors ouvrir votre coffre à l'aide de la clé, puis repartir dans le passé avant de vous la donner à vous même. Intéressant, comme concept, n'est ce pas ? Mais alors, d'où vient la clé ? Existe t-elle réellement ? Mais si elle n'existe pas, comment avez vous pu ouvrir ce coffre ? Vous êtes alors enfermée dans une boucle, mais boucle nécessaire à l’établissement du paradoxe. Vous êtes coincée dans une boucle et forcée de revenir dans le passé et forçant vos « moi » du passé, existant dans des dimensions internes, a revenir dans leurs passés afin de donner la clé à leurs doubles provenant de leurs dimensions internes. Mise en abîme vertigineuse, n'est ce pas ? Alors, où est le piège ? Le piège, c'est cette clé. Si elle ne prends corps et âmes qu'au moment où vous vient l'idée de vous la donner à vous même, elle devient par la suite différente au fur et à mesure que vos doubles l'utilisent, s'usant petit à petit. Ainsi, si l'objet est diffèrent, la mise en abîme n'en est plus une, et la boucle est brisée. Mais seulement à votre niveau, vos doubles devant avoir l'idée d'une pareille réflexion, afin d'eux mêmes brisé la boucle. Et ceci est une seconde boucle. »

Il reprit son souffle, rassembla ses idées, et continua :

« Bien. Faisons un parallèle avec la magie, voulez vous ? Nous pouvons considérer la magie comme un paradoxe de la matière. Nul ne sait d'où vient la magie, n'est ce pas ? Et pourtant, elle existe. On ne peut pas la considérer comme faisant partie des éléments fondamentaux selon les anciens savants, qui sont la terre, l'eau, l'air et le feu. On ne peut ni la considérer comme faisant partie de la matière, car elle est également intiment lié au monde spirituel. Fort bien. Nous avons notre paradoxe. La magie n'existe pas, et pourtant, elle est là, c'est indéniable ! Ainsi, lorsque nous discutons de la magie nous devons briser la boucle. La boucle, c'est elle qui nous permet de faire usage de la magie, mais c'est également elle qui nous enferme ! Brisons les règles ! Trouvons la faille du paradoxe,et alors, nous saurons ce qu'est réellement la magie. Tu me demande ce qu'est la magie, et c'est ce que je te réponds. La magie n'existe pas. Mais l'on peut s'en servir. »

Sur ce, il partit d'un petit rire, et demanda, avec une lueur pétillante dans les yeux :

« Tu ne t'attendais sûrement pas à cela... Allons, tire donc une bouffée sur ma pipe, cela t'aidera a te sentir mieux. »
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Eliwa
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Dim 6 Mai 2012 - 18:27

Eliwa écoutai l'homme lui parler, heureuse qu'il réponde à ses interrogations sur la magie.

- De mon point de vue, la magie est changement. Lorsqu'une personne sait se servir d la magie, comme une autre saurait se servir de l'eau, elle l'utilise pour modifier une chose en une autre qui existe déjà, quelque part dans le monde. Un jour, quelqu'un m'a dit que la magie est au mage ce que le burin est au sculpteur. Grâce à elle, on peut façonner un matériau qui existe déjà en un autre. Quant à la liberté... tu y crois vraiment ? Parce que si la liberté existe, son contraire aussi. Et là, je ne suis pas d'accord. La liberté est une invention de l'homme pour conditionner et nommer une chose, un sentiment, qu'il ne connait pas. Qu'il ne maitrise pas. La liberté est quelque chose de tellement abstrait qu'une définition est aussi valable qu'une autre ! Imagine, un oiseau en cage. N'est-il pas aussi libre que l'oiseau qui frôle les nuages ? A partir du moment où l'oiseau considère sa cage comme son univers, n'est-il pas libre ? En vérité, nous sommes tous des oiseau en cage. Toute notre vie, nous nous appliquons à construire notre cage et à la préserver. Toute notre vie, nous la passons à l'embellir. Toute notre vie, nous la passons à regarder à travers les barreaux. Nous définissons tous un espace vital autour de nous et celui qui empiète sur cet espace est le malvenu. Il arrive souvent que deux cages fusionnent mais c'est toujours pour en former une plus grande. Les gens n'osent pas toucher leurs barreaux, ils ne veulent pas sortir de leur cage, car ils ont peur de l'inconnu.Rares sont les exceptions. Je ne sait pas si j'en suis vraiment une mais je sais que je fais de mon mieux pour repousser, ou mieux, franchir mes frontières. Je cherche à étendre mon savoir, ouvrir de plus en plus mon esprit au monde, aux gens. Ta liberté ne heurte pas la mienne. Parce que je n'ai pas de liberté. Je ne suis pas définit par quelque chose d'aussi simple, d'aussi éphémère. Je suis définit par quelque chose de bien plus complexe, quelque chose d'inexplicable et pourtant, cela me définit.
Si tu pense notre espace vital est maintenant remit en jeu, c'est parce que tu ne t'es pas rendu compte qu'il l'est tout le temps. Comme un oiseau auquel on déplace sa cage, il nous faut un temps d'adaptation, de reconnaissance des lieux. Et celui-ci parait d'autant plus long s'il y a plus de chose à assimiler. Comme un autre oiseau par exemple. A ce titre, je peux t'affirmer que l'équilibre ténu dont tu me parle n'existe pas. Car tu enferme tes pensées, tu les cloîtres derrière un mur, tu les noies dans le délire. Mais comment un équilibre peut exister, si ténu soit-il, tant que tu laisse seul le bon être présent ? Pour que l'équilibre dont tu parle soit présent, il faut que tu accepte l'ombre. Et la lumière n'en ressortira que meilleure.


Elle s'arrêta brièvement, réfléchissant à la suite des évènement et au tournant inattendu que prenait la conversation. Elle n'avait jamais eut l'occasion de discuter de telle façon avec un individu et n'avais donc jamais réalisé le bien fou que cela lui procurait. Cet échange allait au delà d'un échange physique. En quelque sorte, ils échangeaient leurs pensées. Et ce n'était pas rien.

- Permets-moi de te parler à mon tour du temps et du rapprochement que tu fais avec la magie. Le temps existe. La magie existe donc aussi. Laisse moi t'expliquer ma théorie. Le temps est quelque chose d'abstrait. D'où vient-il ? Qu'est-il en vérité ? Chacun a son propre temps comme chacun a son propre monde et chacun a ses propres limites. Lorsque je te parle, j'essaie de m'adapter le mieux possible à ton temps et tu fais de même. Ainsi, nous créons un troisième temps où nous ne sommes plus un mais deux. A bien y réfléchir, je crois que ce que tu appels ma liberté, je l'appel mon temps. Et sache que pour moi, ce sont deux choses différentes.
Ce qui est drôle, c'est que, bien que n'ayant pas la même conception du temps que toi, je te suis dans ton raisonnement sur la clef. Auquel je me permettrais d'ajouter un ou deux questionnements. Si, pour une raison ou une autre, je ne retourne pas dans le passé livrer la clef, est-ce que mon "moi" qui n'a pas donné la clef se voit subir des modifications ? Parce que, si je ne suis pas allée dans le passé, le coffre n'a put être ouvert et je ne peut posséder ce qui se trouve dans ce coffre. Dans ce cas, je suis obligé d'aller dans le passé pour garder ce que j'ai déjà dans le présent. Peut-on en conclure que si je modifie le passé, je modifie le présent et le futur ? Car mon "moi" à qui je n'ai pas donné la clef ne la donnera pas non-plus à son "moi" du passé quand il sera à la place où je suis maintenant.
Et la magie dans tout ça ? Elle existe, j'en suis convaincue. Car comment user de quelque chose qui n'existe pas ? Toi, tu pars du fait que si on ne connait ni l'origine d'une chose, ni ce qu'elle est, elle n'est pas, c'est bien ça ? Alors dis-moi, le monde existe-t-il ? Et les dieux ? Le vent ? D'où vient le vent ? Qu'est-ce que le vent ?


L'elfe stoppa son raisonnement et accepta de tirer une bouffée sur la pipe de son interlocuteur, et sourit à sa question.

- En effet, je ne m'attendais pas à un tel échange de pensées, à une telle remise en questions de certains points qui me semblait inébranlables, irréprochables et que je prenais pour acquis. Je t'avoue sans honte que cela me fait le plus grand bien et que je n'ai jamais parlé de telle façon à quelqu'un d'autre. Je m'aperçois que cela me permet de mettre des mots sur mes pensées et de les emboîter bout à bout pour faire une phrase. Enfin, je m'exprime, comme je ne me suis jamais exprimé. Et finalement, tu m'as permis de comprendre que je savais bien plus de choses que je ne croyais savoir. Maintenant, je me rends compte que, si j'étais réticente à te livrer mon nom au début de notre échange, je te le donne volontière. Car mon nom n'est que futilité à côté de ce qu je t'ai livré. On me nomme Eliwa Sar'Helle. Je doute que tu connaisse ce nom, mais on ne sait jamais.Avant de m'arrêter ici, je me rendais en Anaëh. Veux-tu marcher quelques temps avec moi, découvrir des lieux comme tu ne les a jamais vus, échanger encore nos manière de voire le monde et ce qui s'y trouve ? Où veux-tu rester ici en ma compagnie ? A moins que tu ne préfère passer ton chemin . Et dans ce cas, je ne te retiendrais pas. Alors dis-moi. Que vas-tu faire ? Vas-tu au moins me répondre ? lança-t-elle, une lueur de malice dans les yeux.

Elle s'était levée et le regardait, franchement, dans les yeux, en attendant une réponse. Elle se rendit compte que ce qu'elle voulait, maintenant, c'était rester avec lui encore. Echanger encore. Apprendre encore.
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Ven 18 Mai 2012 - 22:25

HRP Désolé pour l'attente... :(

Azmurael écouta l'elfe parler, avec attention. Il l'aimait vraiment bien, elle avait du raisonnement. Il était rare qu'il trouve quelqu'un muni d'une aussi grande soif de partage et de savoir... Mais ce qu'il partageait, elle le lui rendait. Elle apaisait sa misanthropie, lui faisant découvrir que les races intelligentes étaient finalement empreint de certains sentiments qu'ils ne fallait pas laisser de côté. Trouver enfin quelqu'un qui ne cherche pas à dominer, mais bien à converser, à partager. Ne pas imposer sa vision des choses à l'autre mais la partager. Parler le cœur ouvert, l'esprit libre, sans préjugés, comme trop souvent les gens l'oublient. Oublier un instant les barreaux de la misérable existence pour former une communion de l'esprit. Comme... Une certaine jouissance spirituelle. Et dieux, que le rappel de la réalité lui faisait du bien. Enfin trouver, quelqu'un de concret, qui suit ses rêves, qui ne dépend pas des autres mais qui cherche son libre arbitre, et qui cherche a se faire une opinion du monde par ses propres yeux, et non pas par les yeux des autres. Faire peser sa théorie, et entendre celle de son interlocuteur, pour les mélanger, trouver la faille, s'approcher de LA vérité... Non, des vérités. Il existe autant de vérités que d'individus... D'ailleurs, la vérité n'est elle pas indépendante des faits ?
Oui, il était reconnaissant, d'avoir enfin trouvé quelqu'un pour qui le besoin d'échanger était plus important que celui de dominer... Philosophie purement intellectuelle, guidé par les bas instincts des humanoïdes... Mais c'est une transition nécessaire, vers un désordre global, une terre libre, où les barreaux des cages des uns et des autres disparaissent, où, enfin, seul les esprits se rencontrent, formant une extelligence aussi puissante que sage... Douce utopie...

« Un burin pour tailler une pierre ? Pourquoi pas... Les théories sont multiples, et à vrai dire, je doute qu'elle ne soient toutes justes. Il est intéressant de penser que les interprétations mutuelles sont souvent emplies d'une sagesse et d'une intelligence, certes non communes, mais partageant une part des faits ; elle aide l'homme a forger sa vérité, a comprendre la partie du monde comme il veut la comprendre. Bien sûr, d'un point de vue pratique, il est peut être intéressant de posséder quelques théories communes, afin de maximiser la communication. Mais n'est il plus grand enrichissement que de confronter des théories, et de sonder, a travers l'espace et le temps, qu'elle ne comportent qu'une petite part des faits, et que pourtant elles sont justes toutes les deux ? 
Votre définition de la liberté me plaît. Des barreaux d'une cage, réduisant l'univers d'une personne a son environnement proche. Pour un animal moins conscient, cela est sûrement vrai. Mais vous ne pouvez douter qu'une espèce consciente du monde qui l'entoure considère son monde comme son univers ? Dans ce cas, les barreaux ne sont pas limitatifs. Ils sont eux mêmes fixés par les gens, effrayés par l'inconnu... Amputer soi même une part de sa liberté, intéressant, n'est ce pas ? Mais, apparemment, c'est le prix de la vie en société. A long terme, il y aura soit une spécialisation, soit une révolution. On ne peut forcer des gens, si épris de liberté, à s'organiser tels des fourmis dans une fourmilière. Ou alors, selon l'évolution, nos races auront changées...L'ordre tend vers le chaos, car le chaos est vivant, tandis que l'ordre est mort. La liberté, c'est la dernière part du Chaos qu'il nous reste. Toute ces idées, de patriotisme, de xénophobie ne semblent pas liés a ce concept, mais pourtant... Sans liberté, il n'y a pas de désir de la défendre contre de soi disant envahisseurs... La liberté s’aliène elle même de son propre concept. La sécurité. Voila le problème de la confrontation de liberté et de société. L'homme est un loup pour l'homme. L'homme est solitaire, et ne rassemble que de temps en temps. Voilà la vrai nature de l'homme, et là où se trouve sa liberté, se trouve aussi sa vrai nature. Est on prêt a faire un pas en arrière, afin de mieux sauter, vers l'étape ultime de communautarisme mondial ? Il est intéressant d'y penser... »


L'elfe l'intriguait. Elle était plus vielle que lui , à n'en pas douter, mais était doté d'une candeur, comme si les malheurs de la vie l'évitaient... Ou plutôt, comme si elle avait réussie a préserver une curiosité bienfaitrice, permettant de s’émerveiller de la réalité... Cela faisait longtemps qu'il avait abandonné cet espoir, et sa fuite en avant n'en était que plus révélatrice... Il reprit, après avoir tiré une bouffée :

« Le temps... Nous avons trop tendance à le percevoir comme le temps... Le temps existe en simultané. Sans le savoir, nos moi futurs influent sur nos actions présentes, comme nous influons sur nos moi passés, et réciproquement. Quant a ton concept de dire qu'il existe... C'est intéressant, car on peut aussi bien dire qu'il n'existe pas. Qu'il sert juste a interpréter un mouvement dans la durée mais qu'en aucun cas il n'influe sur ce mouvement. Je m'explique. Une flèche qui vole est en fait immobile. En effet, à chaque instant, elle est dans un espace égal à elle même. Elle est donc à chaque instant au repos. Si on décompose le mouvement en une suite d'instants, elle ne peut donc pas se mouvoir, puisqu'elle est constamment au repos. Vois tu, les interprétations du temps ont multiples et complexes... 
Qu'est ce que le vent ? En voilà une bonne question... Selon certains mages élementalistes, le vent n'est du qu'à un sorte de différence de niveau d’énergie entre deux zones, différences qui doit retrouver son état d'équilibre... Ainsi naît le vent... Ce ne sont que des théories, et je ne pense pas que nous aillons le savoir nécessaire pour appréhender une telle définition...
Mais la magie est tellement plus. Parce que nous nous en servons tous les jours, mais que nous sommes incapables d'exprimer clairement de quelle manière, et surtout comment elle agit... Le vent entraîne les pâles du moulins, qui entraîne une série de rouages permettant de faire tourner une meule, et celle ci broie le grain. Cette chaîne de causalité est explicable avec un peu de connaissances et de patience. Mais la magie. Imaginons que je crée une boule de feu, acte que je suis incapable de réaliser... Je suppose que je dois rassembler de l’énergie, puis agir sur elle pour lui donner une certain niveau d’énergie, permettant de l'enflammer, puis ensuite la faire mouvoir. Mais ceci est ma vison des choses. Deux mages peuvent réaliser la même action, mais en faisant deux choses totalement différentes pour un résultat parfaitement similaire... Et ceci, nous ne l'expliquons pas. Voilà pourquoi la magie est plus mystérieuse à mon sens que le vent... »


Azmurael était ravi de pouvoir discuter, enfin, de sujets aussi passionnant, et dans un cadre aussi enchanteur. Les arbres d'un vert tendres contrastait avec certains sapins d'un vert sombre, tandis que l'épais tapis de feuille mortes les entouraient d'un bruit feutré . Le bruissement des arbres le clapotis des rivières souterraines, tout cela, il le sentait, et cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien. Et tout ce qu'il souhaitait, c'était continuer...
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Eliwa
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Lun 28 Mai 2012 - 12:11

Les effets de la drogue semblaient s'estomper chez son interclocuteur. Dans le ciel, ou dans ce qu'elle pouvait en apercevoir, le soleil déclinait, annonçant la fin de la journée et ensuite laisser place à la nuit une fois qu'il aurait complètement disparu.
Cela devait faire longtemps que l'humain n'avait pas parlé à quelqu'un Peut-être autant de temps qu'elle. Certes, elle avait communiqué avec des êtres humains récemment mais, leur avait-elle vraiment parlé ? Leur avait-elle ouvert son coeur et son esprit ? Leur avait-elle confié ses pensées les plus profondes ? Avait-elle échangé avec eux ? Mais elle n'avait pas besoin de poser réellement ces questions. Elle en connaissait les réponses. Ou plutôt, La réponse. Et c'était non. Peut-être parce qu'elle savait que l'autre ne serait pas en mesure de lui rendre ce qu'elle donnerait alors. Peut-être parce qu'elle n'en avait jamais ressentit le besoin viscéral. Et sûrement parce que l'autre n'avait pas sut éveillé chez elle la nécessité de mettre des mots sur se pensées pour les formuler à voix haute et ainsi les communiquer.
Azmuraël avait réussit à suciter ce besoin en elle, faire grandir un sentiment nouveau dans son corps et dans son coeur. Sentiment qui la poussait à parler sans s'arrêter, à partager, à s'ouvrir. Tout en sachant que ce qu'elle offrait lui serait rendu. Mais elle ne donnait pas pour recevoir, elle donnait d'abord pour échanger. Pour partager des idées, des visions du monde ou combler des lacunes. Elle voulait étendre ses conaissances, dépasser ses limites pour les empêcher de s'élever en tant que frontière entre elle et son imagination, entre elle et la découverte de nouveaux mondes, tant réels qu'iréels.

- En quoi un animal serait moins conscient que nous du monde qui l'entoure ? Pourquoi penser que nous sommes la race la plus évoluée ? Pourquoi ne pas croire que les animaux le sont plus que nous ? Ils ont une conscience qui leur est propre mais une conscience tout de même ! Eux savent se débrouiller seul. L'Homme non. Bien qu'il soit intelligent, évolué et étant un être pensant. D'après certains. Mais seul, l'Homme mourrait. Sans des tiers pour lui fournir une alimentation à un rythme soutenu, il ne saurait pas survivre. Et je ne parle même pas de vivre. Sûr que l'Homme est une créature solitaire. Mais ça, c'était à la base. Avant, l'Homme savait subvenir à ses besoins, seul. Mais petit à petit, il a cherché la sécurité. Au détriment d'une chose qu'il ne croyait jamais pouvoir perdre car il pensait qu'elle faisait partie intégrante de lui. En l'occurence, ce que vous nommez "liberté". Je doute qu'il avait alors cette notion en tête car, pourquoi mettre un mot sur une chose que tout le monde possède, qui ne perd pas, ne s'achète pas et dont il ignorait l'existence ? Il a finit par trouver une certaine sécurité en formant un groupe. De cette façon, je ne sais pas si l'Homme a véritablement choisit de s'amputer une grande partie de sa "liberté" et s'il en a conscience. Mais ce qui est sûr, c'est que s'il s'en est rendu compte, il a délibérément choisit de ne pas la regagner. Il a choisit la sécurité à la "liberté". La facilité à la difficulté. La prison au vent. D'être aveugle au lieu de voir. Je suis d'accord lorsque vous avancez l'impossibilité de faire des gens épris de "liberté" des fourmis dans une fourmillière. Mais ils ne sont plus épris de "liberté". Car ils ont perdus le goût du risuqe, de la peur et de lasolitude. De la, on devinne facilement l'origine de la xénophobie et du patriotisme. Dans la peur de perdre leur sécurité, les gens se battent. Ils se battent pour leur confort. Et je crois que la sécurité n'est que le contraire de la "liberté". Cela est dangereux, voyez-vous. Parce qu'un homme est dangereux quand il a peur. Tel une bête acculée.
La peur est d'ailleurs une chose curieuse. Elle nous pousse à commettre les pires méfaits tout en nous soufflant que ce que nous faisons est bien et que nous avons raison. Sentiment sourd qui nous tord les boyaux et déforme nos pensées. Elle provient, selon moi, de notre inconscient, de notre instinct de survie. Les hommes ne l'aime pas car elle leur rappelle sans cesse leur inferorité, à eux qui se croient dominants.


L'elfe s'arrêta un temps et comtempla l'homme qui l'écoutait attentivement parler. Il était vraiment différant des autres hommes car il ne cherchait aucun contact physique mais un contact mental, psychique. Elle connaissait et execrais le regard gras et lourd que portaient sur son corps certains individus, emplit de sous-entendus, et qui se contrefichaient de ce qu'elle était ou de ce qu'elle pensait tant qu'elle pouvait se trouver dans leur lit. Mais ce n'était pas du tout ce regard qu'il portait sur elle. Le sien était doux, une fois passé son deséspoir, et la curiosité dévorante longtemps contenue y refaisait surface.

- J'aime le vent. Le vent dit tant de choses à qui sait l'écouter. L'as-tu déjà écouté ? Il connait des secrets tellement importants... Un homme qui en saurait autant serait torturé puis brûlé, même chez les elfes, peuple soi-disant pacifique. Mais le vent ne livre pas à n'importe qui. Et surtout pas n'importe quoi. Je n'ai pas encore eu la chance de goûter à la magie mais. En l'occurrence, je ne sais ce qui est le plus mystérieux. Mais je tenais juste à préciser que le vent n'est pas seulement un élément. Il est comme vivant. De ce que j'ai entendu dire sur la magie, elle est complexe et multitude. Je pense que c'es vrai, mais je n'en suis pas sûre. Voilà pourquoi je veux apprendrela magie. Pour expérimenter et conaitre par moi-même. Construire ma définition pour ensuite partager ce qui me semble juste et non des inepties que je tiens des autres. Ou quelque chose de vrai auquel je ne crois nullement. C'est la même chose me diraient certains. Propos auquel je réponds non. Dans un sens, c'est moi qui me trompe. Dans un autre, j'induis mon interlocuteur en erreur. Pour le moins qu'il me croie. Mais une personne sait être très perspicace lorsqu'elle croit au bien-fondé de la chose qu'elle défend, ne trouvez-vous pas ? Quand elle en persuadé et que le simple fait de remettre cela en question boulverse sa vie et son équilibre. Sa sécurité. On en revient toujours au même point. La sécurité est une notion qui est devenu plus importante que tout pour l'Homme d'aujourd'hui. A mon avis, c'est pourquoi les seigneurs construisent des châteaux toujours plus grands, toujours plus résistants. Rien de mieux que de promettre confort et sécurité pour gagner la confiance du peuple. Pour beaucoup de gens, la "liberté" est perdue depuis longtemps. Et ils ont fait leur choix. Je ne pense pas que quelqu'un puisse changer cela. Parce qu'un fois que l'Homme a fait un choix, il est sûr que c'est le bon.

Eliwa se tut et tendit l'oreille. Elle avait repéré un bruit dans les fourrées qulques secondes auparavent et espérait qu'il s'agissait de gibier. Elle écouta attentivement, attrapa son arc, encocha deux flèches qu'elle tira suite à suite. Le bruit cessa. Elle reposa son arc à terre et s'approcha des buissons. Les hampes de ses projectiles dépasaient du feuillage. L'elfe revint vers le rocher avec deux lapins en mains. Elle le dépeça, alluma un feu au centre de la clairière, passa une broche à travers la viande etla fit rôtir. Pour éviter de signaler à tout le monde qu'ils étaient là, elle construisit une sorte de toit en feuillage qui absorbait une partie de la fumée et dispersait l'autre vers le sol.

- J'espère que tu as faim. Si tu es végétarien, j'ai toujours des fruits frais que j'ai cueillit ce matin. A propos du temps, reprit-elle, je trouve que c'est une donnée bien étrange. Immuable et pourtant, vivant. Comment peut à la fois être mobile et immobile ? On ne peut être une chose et son contraire, certes, mais, en jouant avec le temps, en changeant sans cesse sa définition, je pense qu'on peut arriver à quelque chose. Tu dis qu'il peut être perçu de beaucoup de façon différante. Et je suis d'accod. Le temps n'est pas un, il est multiple.

Elle surveillait la cuisson, acroupie dans l'herbe. Lorsqu'elle jugea que la viande était cuite, elle étouffa le feu et lança :

- Ca devrait être bon, je pense. Vous voulez un morceau ?

Elle s'assit par terre, croquant dans le lapin, savourant cet instant. Elle n'avait pas été aussi bien depuis soixante-dix ans.
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Dim 10 Juin 2012 - 13:15

Azmurael l'écouta parler, avec passion, des sujets tellement important, mais finalement, si vain à évoquer dans une conversation normale. Pourquoi des individus chercherait à comprendre, alors que leur principal souci est de trouver de quoi se nourrir chaque jour ? Il la regarda, sans bouger, se lever, et encocher une flèche dans son arc, afin de faire partir deux traits, d'une manière si fluide, qu'il ne put s’empêcher de contempler sa grâce, propre à son peuple. Elle revient quelques secondes plus tard, deux lapin dans la main, qu'elle mit à cuire. Il observait, toujours en silence, sentant que ce moment n'était pas propice à une conversation. Puis, après quelques instants, elle s'adressa à lui, et, il l' écouta, recevant une part d''elle qu'elle voulait bien partager. Cela faisait bien longtemps qu'une personne ne s'était pas ouverte devant lui, et cela lui réchauffait le cœur, meurtri, par tant d'années d'errance, d'inaptitude a discuter, fuyant, toujours plus loin, retrouvant le côté le plus solitaire de l'être humain, délaissant la part de lui qui souhaitait rencontrer et partager. Les crocs étaient revenus, et il était souvent sur la défensive. Puis, au fur et à mesure, il ne pouvait plus supporter de contempler ce qu'il était devenu, et il avait commencé son éternelle fuite en avant, s'enfuyant de ce qui est réel, se perdant dans ses mondes psychédéliques. Puis, le retour brutal, était là, et il ne pouvait supporter le retour en arrière, et fuyait, toujours plus loin. Et là, alors qu'il discutait avec un autre être pensant, il se rendait compte que e monde n'était pas aussi ingrat, et que finalement, la perte de contrôle sur son être, avait entraîne la perte immuable de son attachement au monde. Et là, il trouvait une ancre. Au fur et à mesure que ces réflexions lui passaient en tête, un incroyable sentiment de détresse transpirait de son être. Il sortit sa pipe, la bourra avec acharnement, et une mal-habilitée non feinte. Il l'alluma, puis l’approcha de ses lèvre, inspirant fortement. Puis il se reprit, éteignit sa pipe, avec brusquerie, et secoua la tête nerveusement. Puis, après un long silence, il répondit :

« Je partagerais avec plaisir votre repas. »

Il sortit de ses innombrables poches, un coutelas, avec lequel il pique un morceau du lapin, avant de mordre dedans a pleine dents. Le jus lui dégoulina sur le menton. Il s'essuya rapidement, tandis que la saveur du lapin emplissait sa bouche. Il garda le silence, mangeant finalement assez peu, ressassant ses idées noires, tandis que silencieusement, des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Il murmura :

« Qui suis-je pour croire ainsi, que si je redécouvre la joie de vivre auprès d'une personne, celle ci ne disparaîtra pas soudainement ? Qui suis je, pour l'opposer à la misanthropie sociale de la société humaine ? Rejeté par tous, je fuie depuis toujours, mais je n'ai pas l'impression d'être assez loin... Je me suis pourtant enfoncée si profondément, que jamais je n’aurais cru ressortir de l'abîme... Et je suis là, comme une fleur, alors qu'en moi existent des plaies qui jamais ne se refermeront... »


Il enfouit la tête dans ses mains, et laissa ses longs cheveux pendre devant son visage. Il avait mal, mal à l'âme, et rien en ce moment, ne pouvait le soigner. La douleur... Si grande qu'il lui semblait brûler. Et cette odeur de cheveux brûlés, toujours incrusté dans ses narines... La haine envers les hommes, qu'il n'avait pas totalement refoulé... La violence qui l'habitait lorsqu'il songeait à son existence passée... Tout cela, lui vrillait l'âme, avec une telle violence, qu'il cru qu'il allait vomir.
Puis soudainement, il releva la tête, et débita, avec brusquerie :

« Si les gens ont perdu leur liberté, cela est bien dommage. Privilégier le confort au sentiment unique de savoir que rien ne nous attends, que rien n'est fixe, et que la vie, devant décrit une trajectoire multiple, et que le choix de l’embranchement nous revient à nous seul... Rien ne peut remplacer se sentiment. C'est une drogue, conduisant à un retour à la nature primaire, d'un être socialement élevée, revenant vers quelque chose de plus basique... Vertigineux, comme sentiment... »


Il s’arrêta, essuya son visage avec ses mains, et leva la tête, vers l'elfe, les yeux emplis de douleur :

« Me comprenez vous ? »
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Dim 17 Juin 2012 - 16:41

L'homme avait accepté de partager son repas avec elle. Elle en était heureuse mais quelque chose la gênait. En effet, son interlocuteur souffrait. Et pas qu'un peu. Tout ce qu'il avait pu retenir durant leur onversation était maintenant trop important pour passer inapperçu. Elle avait finit un morceau de viande et en reprenait un nouveau lorsque des larmes coulèrent sur les joues de l'humain. En attendant qu'il parle le premier, elle savoura le jus de viande qui emplissait sa bouche et rendait la nourriture plus savoureuse encore. "Les elfes sont paix et amour. Aussi ne tuent-ils pas et ne mangent donc pas de viande". Que de mensonges ! Les elfes sont sensé être un peuple pacifique mais possèdent une armée. Comment expliquer cela ? On ne peut pas. Ou en tout cas, elle n'avait pas envie d'y réfléchir pour le moment.

- Vous êtes un homme. Un homme qui a besoin d'espoir pour vivre, grandir et apprendre. Un homme qui cède toujours à la facilité lorsque son esprit est embrumé et qu'il est acculé, lorsqu'il laisse parler son instinct. Un homme qui a des principes, des croyances, des devoirs envers lui-même. Vous fuyez, toujours plus loin mais sans jamais avancer. Avez-vous seulement déjà eu la moindre volonté de faire face, d'affronter vos peur et de les réduire à néant ? Comprenez bien que je parle là de la véritable volonté qui vous tord les boyaux et qui s'encre en vous comme un besoin viscéral, et non de la douce idée, plaisante et tentante, mais qui ne pourra vous mener bien loin.
Ces plaies dont vous parlez, ne se refermeront jamais, certes, cependant, elles pourraient vous faire souffrir d'une moindre façon. Acceptez-les comme une partie de votre âme car, malgrès vous, elles vous définissent, sont votre passé et votre présent, elles sont vous. Pour être un homme, un tout, il faut accepter le mal. Nous ne pouvons défaire ce qui est fait. Autant ne pas le repousser.Je ne dis pas que c'est là une tache facile. Rien est facile car tout se passe dans notre tête, notre esprit, notre âme. Et rien n'est plus compliqué que la conscience d'un homme. Il s'y livre toujours un combat, entre le bien et le mal, ce qu est fait et ce qui aurait dut être fait, la vérité et le mensonge.


Quand elle eut fini son morceau de viande, elle se coucha sur le dos dans l'herbe, les mains croisées derrière sa tête et les genoux relevés. Elle observait le vent dans les feuilles et le soleil qui se couchait. Le feu commençait à s'éteindre, doucement, apaisé parla fraicheur de la brise.

- Je parle souvent seule. Je me parle, je parle à ma louve, à mon étalon, à la nuit, au vent, à la nature. Parler me donne l'impression d'exister, de faire partie intégrante d'un tout. Alors, je sens monter en moi un sentiment étrange. Je me rends compte de mon infériorité, de ma petitesse, de mon côté sombre. Mais en parallèle, je ressens combien je suis grande, puissante et lumineuse. J'aime ce sentiment.
Lorsque je regarde les étoiles, dans le ciel, je me demande ce qui se cache là-haut, quels mystères me sont inconnus. Au fond de moi, je sais que je n'aurais jamais la réponse, mais je me pose quand même la question.


Elle se releva, éteignit complètement le feu, démonta son paravent et dépeça les lapins. Elle coupa la viande en lamelles qu'elle sépara en deux tas égaux. Eliwa les disposa sur un linge, dans l'intention de les faire sécher un peu, ou tout du moins, de leur faire perdre le plus de graisse possible. Lorsque l'homme releva la tête vers elle, les larmes avaient tracé des sillons clairs sur la poussière de son visage.

- Ne bougez pas, je reviens de suite.

Elle alla jusqu'à son cheval, fouilla dans ses sacoches et revint, munit d'une gourde d'eau fraiche et d'un morceau de tissu propre. Arrivé devant lui, elle humidifia le linge et le passa doucement sur son visage, enlevant peu à peu la poussière. L'elfe veillait à ne pas faire goutter le chiffon sur ses vêtements et, quand elle eut fini, elle recula et lui sourit.

- Vous avez soif ? demanda-t-elle en lui tendant la gourde.
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Mar 19 Juin 2012 - 18:47

Les Larmes avaient creusés deux sillons dans son visage sali par la poussière. Quand l'elfe s'approcha avec son mouchoir, il lui écarta la main, et dit :

« Je n'ai pas besoin de votre compassion. Je la comprends, mais je n'en veut pas. Vous ne pouvez comprendre. Pensez vous réellement qu'il faut garder espoir ? Non, il faut être réaliste. La mort attend tout le monde au bout du chemin, et il faut profiter de la vie. Mais il ne faut pas espérer marquer cette terre de son passage. Cela témoignerait d'un formidable égoïsme. Néanmoins, accepter le fait que certains hommes, pour montrer leur gloire, brise la vie d'autres hommes, ceci est inacceptable. Mais que faire... »

Il resta silencieux un moment. La compassion de l'elfe l'avait pris au dépourvu, et il ne s'attendait pas à une telle réaction de sa part. Il ne se laisserait pas faire. Ses yeux exprimaient la colère brute, mais il tenta de rester calme, même lorsque l'elfe lui proposa de l'eau fraîche. Il arracha violemment la gourde, qu'il jeta plus loin. Il fouilla dans son manteau, et en sortit un masque, d'origine exotique. Il était de couleur pourpre, et sur ses lèvres inférieures pointaient deux canines. Le masque n'avait pas réellement d'expression, bien que certains, croyaient y lire la colère ou la détermination. Tandis qu'il ajustait le masque en bois à son visage à l'aide de sa main gauche, il chercha au sol une pierre, pas trop grosse. Il finit par en trouver une, et la serra dans son poing, jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Il déclara avec brusquerie :

« Revenons a notre sujet premier. Tu voulais apprendre sur la magie non ? Et bien regarde, et dit moi si tu vois quelque chose... » 

Un sourire mauvais éclaira son visage, bien que l'elfe ne puisse le voir. Il sortit son amadou, et raviva les quelques braises restantes. Le feu reprit, et il approcha sa main, droite au dessus de l'âtre. Sa main était si proche des flammes qu'il craignit de se brûler, et malgré la température presque insoutenable, il tint bon. Il serra encore plus fort la pierre dans sa main, et d'un geste extrêmement rapide, éteignit le feu. Sa main n'avait bougé que de quelques millimètres. Il regarda l 'elfe avec un sourire goguenard, encore caché par le masque, et dit, d'un ton doucereux :

« Eh bien , je t'écoute : qu'as tu vu ? »

Il repensa à l'acte qu'il venait d'accomplir. D'aucun aurait pu penser qu'il avait fait apparaître une brise, ou saturer l'air d'humidité, avant de faire disparaître la vapeur d'eau. Mais, non, il était incapable de réaliser ces actes. Il avait en fait brisé la pierre jusqu'à ce qu'elle soit réduite en sable, qu'il avait alors propulsé sur le feu, avant de reformer la pierre dans sa main. Cette méthode était assez économique en énergie, et pratiquement indétectable. Le seul indice était la pierre dans sa main...
Il la regarda droit dans les yeux, et il sentit un grand froid envahir son cœur. A présent il pouvait retirer son masque car son visage n'exprimait a présent aucune émotion, a part peut être celle qu'il daignerait montrer. Il rangea avec soin le masque pourpre, et jeta la pierre au loin, tandis qu'il se massait la main droite, crispée a force de serrer la pierre encore et encore.
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MessageSujet: Re: Trip Forestier | Eliwa   Sam 30 Juin 2012 - 13:20

Elle sut aussitôt qu'elle avait vexé son interlocuteur. Et pour cause ! Elle aussi aurait réagit de même. Mais son instinct lui avait dicté de le faire et elle l'avait écouté.

- Non. Non, je ne vous comprends pas. Et d'ailleurs, comment le pourrais-je ? Comment avez-vous put imaginer une seconde que je répondrais peut-être "oui" ? Je ne connais rien de vous, de celui que vous êtes et de votre passé. Je sais seulement votre point de vue concernant deux ou trois choses. Je ne peux vous comprendre. Il me manque des informations. Beaucoup trop d'informations. Je ne peux ma baser que sur la personne que j'ai devant moi aujourd'hui. Mais quant à savoir ce qui l'a rendu ainsi, je ne le sais pas. Certes, je n'ai pas demandé ces informations. Mais si vous aviez voulu que je vous comprenne, un temps soit peu, vous m'auriez donné vous-même ces informations. Peut-être l'avez-vous fait consciemment, peut-être pas. Toujours est-il que je n'ai pas ces données. Et vous me posez maintenant la question.Je trouve cela assez indécent de votre par. Je trouve même cela blessant, mon sieur, car vous saviez déjà qu'elle serait ma réponse. Si elle serait juste ou non.


Mais l'elfe ne pouvait croire qu'il avait posé cette question par méchanceté pure. La douleur qu'elle avait alors lut dans ses yeux était bien réelle. Seulement la gentillesse qu'elle avait eut à son égard, et non la compassion, avait modifié son comportement vis-à-vis d'elle. De sa voix ne s'échappait plus que de la colère et peut-être une douleur sourde. Sa sympathie l'avait blessé plus encore et il se réfugiait derrière un masque grimaçant et une aura de méchanceté.

- Je ne suis peut-être personne pour vous mais je tenais à vous dire que vous pouvez évoluer. Vous n'êtes pas tenu de préserver votre apparence et votre fond que vous avez aujourd'hui. Je ne sais si, lorsqu'on se séparera, vous vous souviendrez encore de moi et si oui, comment. Mais ce que je sais, c'est qu'actuellement, vous êtes plus sage que moi, vous possédez plus de connaissances. Je trouverais idiot que cela disparaisse en même temps que vous. Parce que je pense que lorsqu'une personne, un esprit, disparait, c'est un point de vue qui sombre en même temps et que l'on perd pour toujours. Quand quelqu'un nait, c'est une nouvelle vision qui se crée. Mais je crois que jamais deux personnes ne verront le monde de la même façon. Et cela contribue, selon moi, à la diversité et à la richesse de la nature. Je ne sais si ce que je vous apporte là, vous aurez envie de l'exploiter. Votre misanthropie est peut-être trop grande, votre passé, trop présent et votre âme trop meurtrie pour retrouver l'optimisme et la joie de vivre mais je sais qu'il y a toujours un espoir. Faites attention tout de même. On peut toujours aller plus haut mais on peut aussi toujours tomber plus bas. Je pense que tout est une question de volonté, d'esprit et d'espoir. Ainsi, tout le monde a sa chance. Je ne sais rien de votre passé, mais je sens qu'il est lourd. Ne le laissez pas vous écraser, regardez de l'avant. Votre chemin ne s'arrête pas de suite. Le brouillard vous cache la longue et heureuse partie qui vous attend encore, ou celle qui vous plongera en enfer. Vous devez continuer à avancer. Pleurer les morts ne les feront pas revenir à la vie car ce qui est fait ne peut être défait. J'ose espérer que vous vous relèverez un jour et que vous retrouverez la joie dans la simplicité de vivre. Car vous êtes ni bon, ni mauvais. Vous êtes vous. Et cela s'applique à tous. Parce qu'au fond, ne somme nous pas tous les même ? Ne venons nous pas tous du même endroit ?

Elle fit une courte pause, songeant à l'approche rapide de la nuit. Elle devait continuer son chemin, et ce, coûte que coûte.

- Je ne sais si vous avez fait là appel à la magie. Parce que je ne m'y connais aucunement et vous le savez. Quant à dire ce que j'ai vu... Le feu s'est éteint. Comment, pourquoi, je ne sais pas. Me le direz-vous ? Je voulais apprendre, j'ai appris. Pas assez à mon goût, certes, mais si vous ne voulez plus partager, je ne vous force aucunement. Il me faut désormais partir. Je dois continuer mon chemin comme vous devez continuer le votre. S'il s'avère que nos chemins restent à proximité encore un peu de temps, vous m'en verrez ravie. Sachez tout de même que j'ai aimé partager avec vous parce que cette expérience, je n'avais jamais eu l'occasion de la vivre. Et je vous suis reconnaissante de bien avoir voulu la vivre avec moi. J'espère qu'elle vous a apporté autant de chose qu'à moi, si ce n'est plus. Comme j'espère vous revoir un jour.


L'elfe se détourna de l'homme, ramassa sa gourde et un tas de viande, laissant l'autre à l'intention de son interlocuteur. Libre à lui de le prendre ou de le laisser. Elle rangea le tout dans une de ses sacoches et enfourcha son cheval. Elle siffla sa louve, claqua de la langue et serra ses jambes pour faire partir son cheval au pas. Elle ne se retourna pas, doutant fort qu'il la suive.
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