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 Les meilleures intentions du monde

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Niccolo Malevesta
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MessageSujet: Les meilleures intentions du monde   Dim 14 Déc 2014 - 23:47


Les premières lueurs de l'aube s'élevaient peu à peu sur la berge. Au bord de l'eau, le silence régnait, ponctué par les légers craquements des coques de bateaux, et on entendait souffler une brise fraîche. Tout était sombre et paisible aux premières heures.
Trois navires avaient jeté l'ancre au large d'une plage abandonnée, au milieu de nulle part. Il ne semblait pas y avoir âme qui vive.
Pourtant, d'ici une heure, la plage grouillerait de mercenaires estréventins.

Niccolo Malevesta plissa les yeux, fixant l'étendue de sable sous le soleil levant. Plus loin, un sentier longeait des champs séparés de haies, parsemés de jeunes pousses de légumes. Les arbres étaient fleuris comme au printemps.
L'eau lui arrivait jusqu'à la taille, inondant son pantalon d'eau de mer, tandis qu'il tenait au-dessus de sa tête son paquetage. Il tentait tant bien que mal de protéger sa cuirasse et son épée de la rouille, comme si elles n'étaient pas déjà dans un triste état. Derrière suivaient ses hommes. La fière Compagnie Sans Nom débarquait en toute simplicité, barbotant les pieds dans l'eau.
Ils avaient été refoulés dans chaque port. Il faut admettre que par ces temps troublés, il fallait être singulièrement con pour laisser débarquer trois cent étrangers armés jusqu'aux dents. Certains ne baragouinaient même pas le dialecte péninsulaire. Et même Niccolo, le natif sybrond, se sentait dans un pays étranger. Par les morts, cet endroit pue. Comme tout est différent des côtes estréventines ! Ici l'eau paraît grise, et même le sable brille moins. J'appréhende de voir leurs femmes. Il regrettait presque d'être venu, mais ce n'était pas le moment de rebrousser chemin. La grogne chez ses gars s'intensifiait, et s'il ne renflouait pas rapidement les caisses, il ferait son voyage de retour entre quatre planches.

- Où sommes-nous, capitaine ? maugréa Brennus qui le suivait de près, faisant de grands clapotis dans l'eau, éclaboussant de gouttelettes tout son entourage.

- Si mon légendaire sens de l'orientation ne nous trompe pas, mon ami, nous devrions nous trouver quelque part entre Merval et Scylla.

Le capitaine manquait de conviction, mais il n'était pas un foutu marin. Il avait cru faire cap vers le sud, mais il n'aurait pas été tellement surpris d'apprendre qu'ils foulaient en fait le rivage de Naelis. Il n'avait jamais su se repérer en mer. Il n'avait jamais aimé la mer.

- Hey, euh, capitaine...

Niccolo tourna la tête. Triste-Sire le toisait de son regard porcin.

- Vous comptez faire quoi exactement ? Parce que bon, euh... si j'étais un pêcheur ou un fermier à la con, et que je voyais trois cent hommes débarquer sur une plage déserte, je prendrais mes jambes à mon cou et je filerais en avertir qui de droit.

- Ta prudence est une arme, mon cher Triste-Sire. N'aie crainte, j'avais pensé à tout ça. Mais j'admets qu'il a pas tort, j'aurais dû y penser. Il y a heureusement un élément que tu n'as pas pris en compte : nous débarquons certes sur une plage armés jusqu'aux dents, mais il n'y a ni pêcheur ni fermier pour nous épier.

Pour toute réponse, Triste-Sire pointa le doigt vers le sentier. Au loin, un gamin déguerpissait à toute allure, l'air aussi pressé que Niccolo lorsqu'il fuyait un créancier.
Il haussa les épaules.

- Bah ! Cela aurait de l'importance si nous étions malintentionnés. Mais nous ne le sommes pas. Nous venons avec les meilleures intentions du monde, et lorsqu'ils le sauront, cela mettra un terme à la panique.

- En admettant qu'ils nous laissent nous expliquer...

- Allons, allons. Ces gens sont certes des décadents et des barbares comparé à nos princes estréventins, mais ils n'en sont pas pour autant des sauvages... fais confiance à la nature humaine. Les hommes parlent avant d'utiliser la violence, c'est bien connu.

Il donna l'ordre d'établir le campement sur la plage. Puisqu'ils étaient déjà repérés, il était inutile de s'avancer plus loin. On viendrait à eux bien assez tôt.

- Envoie quand même un ou deux gars fureter dans les parages, tu veux. Qu'on sache un peu ce qu'il y a dans le coin, par simple curiosité. Et aussi pour ne pas se taper la honte quand quelqu'un viendra. Pas question d'avouer que je n'ai aucune foutue idée d'où on peut bien avoir accosté. Ohé, Kaul ! Allume donc un feu, le temps que j'aille chier.

Après toutes ces journées passées en mer à couler des bronzes sur le pont, le cul par-dessus bord en se tenant au bastingage et ce sous le regard de tout l'équipage, c'était un véritable luxe de pouvoir enfin se soulager entre deux fourrés.
Je suis Niccolo Malevesta, mercenaire romantique.


Dernière édition par Niccolo Malevesta le Sam 20 Déc 2014 - 23:34, édité 1 fois
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Lun 15 Déc 2014 - 13:38


Du haut de ses dix ans, le petit willy était parti jeter des pierres dans la mer. Pourquoi ? pas vraiment d’idée mise à part le fait qu’il faisait de son mieux pour ne pas être obligé de faire des tourtes toute la journée. Et puis, jeter des pierres, c’était vachement mieux de toute façon. Au moment où il se retrouva à cours de munition, il recula dans les dunes afin de trouver la pierre parfaite qui ferait le meilleur plouf. Et Il la trouva bel et bien cette pierre, mais lorsqu’il revint vers la mer, il réalisa aussitôt que son jeu prendrait fin…

Trois navires s’apprêtaient à accoster sur la plage.  De toute sa courte existence, il n’avait pas vu un tel spectacle et se demanda pour quelle raison ces marins n’accostaient pas tout simplement dans un port comme le faisaient tous les autres. L’idée lui vint alors à l’esprit que ces navires pouvaient être dotés de mauvaises intentions. Ainsi, il s’allongea sur le sable en haut d’une dune et attendit que les hommes sortent des navires. Il fit de son mieux pour les compter, seulement il ne savait le faire que jusqu’à dix. Du coup, il s’arrêta vite de compter et prit ses jambes à son cou lorsque la plage commençait à devenir noire de monde, et surtout d’hommes en armes.

Il lui fallut quelques minutes pour atteindre son village. Il cira comme un damné que des envahisseurs venaient de mettre pied sur la plage, ce qui en toute logique, alerta le guet du village.

***************

Conrad de Brilly mangeait tranquillement avec les siens lorsque le capitaine du guet vint le trouver. En sueur et complétement paniqué, le capitaine à le bedaine généreuse manqua de donner jusqu’à son dernier souffle pour informer le seigneur de la venue d’hommes armés sur ses plages. Une invasion ? Impossible, pas ici se dit-il. C’était tout bonnement impossible. Conrad réunit alors ses fils et demanda à son épouse et ses filles de s’enfermer dans le manoir seigneurial. Il retrouva dans le village une vingtaine de paysans où d’artisans qui en temps de guerre formaient la milice locale. Cependant, des guerres, il n’y en avait pas eu depuis…Houla !

Posé sur son destrier tout comme ses fils derrière lui, ils avançaient d’une allure incertaine vers l’endroit que leur avait indiqué le petit Willy. Les hommes derrière lui n’étaient pas vraiment des combattants et finiraient certainement par se faire massacrer si les hommes d’en face venaient dans le désir de piller et de brûler les villages alentour dont le leur. Néanmoins, il avait pris soin d’envoyer un cavalier signaler la présence de ces hommes à la seigneurie d'Ausal, qui elle-même avertirait Langehack par la suite.

Bien avant d’arriver sur la plage, il vit au loin des hommes surement censés guetter l’arrivée de visiteurs tel que eux. Lorsqu’il jugea s’être suffisamment avancé, il fit halte et poursuivit sa route tout seul jusqu’à être à une dizaine de mètre de premier homme qui le regardait l’air de rien.

-Vous êtes ici sur les terres du duché de Langehack, déclinez votre identité et vos intentions sinon nous serons obligé d’en venir aux armes !

Son ton était sûr, mais pour ce qui était de la confiance, c’était une autre affaire. Derrière lui toujours, les hommes tentaient de s’organiser et le tout, dans un vacarme sans précédent. Pourquoi lui ? Pourquoi ici ? Au moins, ce qu'il fallait faire, c'était gagner du temps et permettre à la seigneurie d'Ausal d'envoyer un nombre d'hommes suffisant pour venir à bout de ces potentiels.... "envahisseurs".
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Niccolo Malevesta
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Mer 17 Déc 2014 - 20:42


PNJ : Brennus


Une pomme à la main pour toute menace, Brennus regardait avancer la trentaine d'hommes. Les arrivants tenaient plus d'une bande de paysans en armes que d'un régiment militaire organisé, et ne semblaient pas plus rassurés que des enfants devant le croquemitaine. Mais un coup de hache en pleine poire fait toujours un peu mal, quelle que soit la main qui la manie, se disait le mercenaire. Il restait pourtant calme, serein, en voyant approcher le cavalier en tête du groupe juché sur un bien bel animal. On lisait dans ses yeux toute la méfiance du monde, mais il avait manifestement l'intention de discuter plutôt que de sortir les lames. Un choix raisonnable.

Il ne se présenta même pas. Moi qui pensait qu'ils étaient à cheval sur la politesse, en péninsule... je me fourrais le doigt dans le nez, ou je-ne-sais plus quel orifice on dit. En fait, le ton de l'homme n'était pas franchement sympathique. Et si Brennus poussait plus loin, il l'aurait même trouvé menaçant. Eh, mais c'est qu'il n'est pas venu pique-niquer. Brennus gratta son crâne chauve, plissant le front, l'air de réfléchir. Ce qui ne lui allait guère. Il cherchait comment répondre sans offusquer son interlocuteur. Juché sur un destrier, l'air plus aisé et plus propre que le reste de sa troupe, Brennus se dit que l'homme avait de l'importance, sans en savoir plus. Un seigneur, un duc, un prince... ou un bouseux à cheval, il n'eut su faire la différence. Il ne connaissait pas grand-chose au protocole.

- Faut pas vous en faire, Votre... euh, Votre Excellentissime Seigneurie, dit-il en imaginant qu'un prince-marchand thaari aurait sans doute aimé se faire appeler ainsi. Mon chef voudrait simplement, euh, rencontrer le seigneur du coin, le...

Il a dit duché de Langehack. Eh, mais ça se trouve c'est peut-être bien lui, le duc. A quoi donc que ça peut bien ressembler un duc, j'en ai aucune foutue idée. Un trouduc, ça c'est facile à remarquer, mais un duc...

- Mon chef, Niccolo Malevesta, grand capitaine de la Compagnie Sans Nom, désire s'entretenir avec Sa Grande Noblesse le duc de Langehack. J'imagine que c'est vous ?

Conrad de Brilly allait probablement penser que Brennus se foutait de lui. La vérité était que le mercenaire n'avait jamais été aussi sérieux de toute sa vie. Il avait l'impression, pour la première fois, de se retrouver face à un homme d'importance, un grand de ce monde. Et pas au petit seigneur local régnant sur deux fermes, trois vaches et deux moutons.

- Et sinon, moi je m'appelle Brennus, poursuivit-il comme si cela pouvait intéresser quiconque. Et eux, ajouta-t-il en désignant les deux hommes qui l'accompagnaient, c'est juste, euh, deux connards sans importance, trop insignifiants pour que l'on puisse prendre la peine de les nommer.

Il regarda avec plus d'intérêt la suite qui accompagnait celui qu'il croyait être le duc de Langehack. Un nombre d'hommes limités, certes, et des gardes moins prestigieux qu'il aurait imaginés, mais ça signifiait que les gens en péninsule aimaient les choses simples. Ce n'étaient pas les êtres pompeux et suffisants qu'on lui avait toujours décrits.
L'air de rien, Brennus croqua dans sa pomme, en imaginant la vie qu'il aurait menée s'il avait lui-même été noble. J'aurais eu un beau cheval et des femmes dans mon lit, matin midi et soir. Manque de bol, mon père était charpentier.
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Jeu 18 Déc 2014 - 10:12


Conrad de Brilly
Planté à une dizaine de pieds du bandit qui foulait sa plage, Conrad avait la visière de son heaume relevé et écoutait attentivement le gus qui s’était fait le porte-parole du reste de la bande. Avant de partir, sa femme lui avait donné sa lance en l’injuriant de tous les noms. La guerre pour lui, c’était dans un autre temps et la perspective de devoir se battre en cette journée pluvieuse de merde ne l’enthousiasmait guère. S’il avait su, il se serait d’ailleurs enfilé d’autres cuisses de poulet en guise de dernier repas. Qu’est-ce qu’il ne devait pas faire pour son village....

Lorsque le gars l’appela « excellentissime seigneurie », le vieux de Brilly faillit avaler de travers et s’étouffer. L’air stupéfait voire ahuris, le gars pensait qu’il était le duc de Langehack. Pardi, non ! Ce n’était pas lui. C’était un foutu sudiste le duc, pas un vieux crouton comme lui qui n’aurait pas pu soulever une lance sur cent mètres. Néanmoins, il fut flatté d’être pris pour tel et son orgueil en prit un coup. De toute évidence, les gars qui lui faisaient face étaient ignorant du Langecins. Pour mettre un terme au suspens, Conrad planta sa lance dans la terre et desserra un peu les rênes de sa monture.

-Vous vous m’éprenez sieur Brennus, je ne suis pas le duc de Langehack et bien que vous soyez dans le Langecins, vous êtes ici sur la seigneurie d’Ausal. Beaucoup d’informations en une courte phrase, allait-il véritablement comprendre où il se trouvait, Conrad n’y croyait pas vraiment. Je suis quant à moi Ser Conrad de Brilly et vous vous trouvez sur mes terres, où ma plage en l’occurrence….

Un bruit retenti derrière lui et il s’aperçut que ses hommes s’étaient avancé, non pas dans l’optique de se battre, mais surtout pour entendre ce qui se disait. Imbéciles !

-Nous n’avons pas l’habitude de voir débarquer sur nos plages plusieurs centaines d’hommes, mais si vous ne venez pas dans le but de piller nos villages et violer nos femmes, alors je rencontrerais votre chef ici-même et je le mènerais au duc s’il respecte les conditions que je viens de citer.

Il se retourna sur sa selle.

-Philibert ! Bouge-toi et viens m’aider à descendre de ce foutu cheval !

Le Philibert en question, son fils, sortit du petit groupe au triple galop pour arriver jusqu’à lui et l’aider à descendre. Une fois qu’il serait les pieds sur terre, le chef qu’il rencontrerait ne serait pas offusqué par la différence de taille. Même si dans ce genre de situation tendue, ça se réglait toujours à celui qui aurait la plus grande.
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Niccolo Malevesta
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Sam 20 Déc 2014 - 20:47


Mauvaise idée, les orties, songeait Niccolo Malevesta en revenant, grimaçant pour son postérieur irrité. Mais, comme aimait à le répéter son mentor Vezzino Monatore, « les hommes utilisent les outils qu'ils ont à portée de main. » Certes, lorsque Monatore disait ça il faisait surtout allusion aux princes-marchands qui avaient recours aux compagnies de mercenaires afin de mener leurs guerres privées, mais la formule était pertinente avec à peu près tout.
Si tout était encore calme un quart d'heure plus tôt, il régnait maintenant sur la plage une grande agitation. L'endroit grouillait d'hommes, affairés à établir le campement, qui n'était rien de plus qu'un amas de tentes moisies plantées au hasard. On allumait des feux, pour faire cuire de quoi manger ou simplement se réchauffer un peu. La matinée était fraîche, mais la marée humaine qui foulait le sable langecin y apportait une chaleur nouvelle.

- Du poisson, capitaine ? lui proposa Kaul en lui adressant son sourire édenté.

- Merci, mais c'est non. J'ai mangé plus de poisson pendant cette traversée que pendant toute ma vie, et vu les ennuis gastriques que ce voyage a causés chez moi, je pense que le poisson et moi ne sommes pas les meilleurs amis du monde...

- Chef, vous devriez regarder là-bas...

Un groupe d'hommes faisait irruption sur la plage, un groupe qui n'appartenait sans doute pas à la Compagnie au vu de la vague de méfiance qui semblait se propager à leur approche. Des étrangers, aurait-on pu dire, sauf que les étrangers c'est nous. Dans la morne lueur grise du petit jour, on distinguait mal leurs visages, qui n'étaient que des formes pâles, fantomatiques. Niccolo marcha à leur rencontre, foulant le sable de ses bottes de cuir usées.

Celui qui semblait mener le groupe était un vieil homme affublé d'un heaume et tenant un destrier par la bride. Un genre de chevalier, pour autant que Niccolo puisse en juger. Autour de lui, sa bande d'hommes en armes s'efforçait de garder la tête froide, mais on ne les sentait guère rassurés. Rien d'étonnant à cela. Si j'étais un vilain seigneur de guerre venu ravager la côte, ils seraient les premiers à boire la tasse. Heureusement pour eux que je suis un gai luron. Ils n'étaient pas arrivés tous seuls jusqu'à lui : Brennus et deux ou trois péquenauds dont Niccolo avait oublié les noms les accompagnaient.

- Le bonjour à vous, lança Niccolo d'un ton enjoué. Je suis Niccolo Malevesta, capitaine de la célèbre Compagnie Sans Nom, et nous faisons une petite escale sur vos côtes sympathiques de... euh...

- De la seigneurie d'Ausal dans le langecin, précisa Brennus à mi-voix.

- Merci, Brennus, mais je le savais déjà. Puis, se tournant vers Conrad de Brilly : Quoiqu'il en soit, soyez les bienvenus et, hum, faites comme chez vous. Mangeons, buvons, et discutons. J'aurais volontiers ajouté "baisons" mais nous sommes présentement à court de femmes, et je vois que vous n'avez pas pensé à en apporter avec vous. Son sourire se figea légèrement. Vous n'avez rien amené, d'ailleurs, ni pitance ni boisson... seulement des armes. Une initiative inutile, nous sommes déjà bien équipés, mais comme on dit, c'est l'intention qui compte.

Il posa son cul dans le sable, auprès du feu et invita d'un geste le vieil homme à en faire de même. Sans même lui laisser le temps de répondre, il poursuivit :

- Puisque vous ne semblez pas être venus dans le seul but de prendre un petit déjeuner avec nous, discutons. Mon vieil et regretté ami Vezzino Monatore me disait souvent : « le ventre crie parfois famine, mais il n'est rien de plus pressé chez un homme que le besoin d'étancher sa soif de paroles. » Notez que je ne suis pas totalement d'accord, j'ai parfois tendance à considérer qu'il existe des besoins beaucoup plus pressants. En particulier quand on a la diarrhée. Mais je ne vous apprends rien, vu votre âge avancé j'imagine que vous connaissez mieux que moi les caprices intestinaux. Au fait, il me semble que vous ne vous êtes pas présenté.

L'infortuné ser de Brilly n'avait pas eu la moindre occasion de l'ouvrir jusqu'à maintenant, et voilà que Niccolo, après son interminable monologue, le fixait avec la plus grande attention, attendant une réponse.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Dim 28 Déc 2014 - 23:01

Brilly était bouche bée. Il n’avait aucun mot pour décrire l’homme qui lui faisait face et qui sans s’arrêter, parler encore et encore. L’air pensif, il tentait de voir où était le danger dans cet individus et il en conclut qu’il ne risquait peut être pas autant qu’il le pensait. Son épée presque rouillée par l’âge était restée dans son fourreau, et même si sa main était encore posée dessus, il desserrait le pommeau petit à petit jusqu’à ne plus montrer un seul signe d’hostilité.

-Nous avons pris les armes parce que vos navires remplis d’hommes ont accosté sur nos plages. Vous comprendrez qu’en ces temps troublés, nous soyons les plus prévoyants. Il s’avança vers le fameux capitaine de la compagnie sans nom. Ma demeure est à quelques lieux d’ici. Venez avec moi et nous parlerons de ce que vous voulez, mais assurez moi d’abord que vous ne ferez aucun mal à mes gens. Si j’ai votre parole, alors je vous donne la mienne et je m’engage à vous emmenez voir l’homme qui dirige le duché.

Finalement, le vieux Brilly n’avait pas perdu de sa prestance et pouvait encore se targuer d’être un fin négociateur.

-Le seigneur d’Ausal fait route vers nous en ce moment-même, il pourra nous accompagner jusqu’à la cité ducale.

Son fils vint l’interrompre à ce moment-là. L’air un peu hagard et rustre, bien qu’il ne manquait pas de noblesse dans sa chevelure, son intervention coupa net avec la tension qui était restée palpable.

-Mère vous apporte votre remède et dit que si vous ne le prenez pas, elle viendra elle-même vous le faire ingérer.

Ser Brilly sourcilla à la nouvelle.

-Comme quoi, la menace ne vient pas toujours de là où on le pense. Venez messieurs, mon épouse vous donnera le couvert et un toit. Mais pas pour tous, les autres restent sur la plage.
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Dim 28 Déc 2014 - 23:45

Le vieux Brilly se déridait un peu, et il semble que le capitaine venait de s'offrir un rencard avec le grand patron du coin. Le duc de Langehack, voyez-vous ça ! Avec en prime, l'escorte du seigneur d'Ausal, qui avait l'amabilité de se déplacer au moment-même où ils parlaient. A croire que trois cent hommes débarquant sur une plage suffisent à mettre toute une région en émoi. Hum, je savais que j'aurais dû écrire, c'eut été plus poli. Les péninsulaires sont fort à cheval sur la politesse.

Ils furent interrompus par ce qui devait être le fils du vieux chevalier, faisant office de messager du plus grand ennemi que le vieillard ait eu à affronter depuis une bonne vingtaine d'année : son épouse. Niccolo esquissa un rictus, amusé par la situation. Il aurait volontiers assisté à la scène, maman va nourrir papa. Allez, chéri, avale. Zut, t'es mort. Oh, mais avec un peu de chance il allait y assister : Brilly l'invitait à dîner sous son propre toit.

- C'est fort aimable à vous de m'inviter, chevalier. Il me tarde de découvrir votre coquet logis, et de rendre hommage à votre bonne femme. Elle doit être fière de vous avoir donné de si vigoureux enfants ! Ce garçon, là, dit-il en désignant le jeune homme qui les avait interrompus, ferait un excellent lieutenant pour ma compagnie. Regardez donc ses muscles ! Regardez-les ! Il s'amusa à tâter les biceps du garçon, puis s'arrêta devant le regard noir que lui adressait celui-ci.

Il suivit donc le chevalier jusqu'à sa demeure, ne manquant pas au passage de s'émerveiller sur la riche végétation langecine, et poser une multitude de questions peu pertinentes sur l'entretien des vaches laitières.

- Bonjour monsieur, dit-il poliment pour saluer le vieil homme qui montait la garde devant la maison, sans se rendre compte qu'il s'adressait en fait à la femme du chevalier de Brilly.

Le repas se passa très bien. Il y eut surtout un long monologue de Niccolo, lequel narrait avec entrain ses innombrables aventures aux quatre coins de l'Estrévent, le chevalier de Brilly et sa famille l'écoutant dans un silence gêné. A leur grand soulagement, le seigneur d'Ausal vint bientôt les délivrer de ce calvaire.

Niccolo donna l'ordre à Kaul et Brennus de tenir la compagnie en bon ordre sur le campement qui s'était établi de façon un peu abstraite sur la plage. Seul Triste-Sire l'accompagnerait à Langehack. Equipés de deux robustes montures, le capitaine et son lieutenant se joignirent aux langecins pour chevaucher vers la capitale.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Mar 30 Déc 2014 - 14:23

Lors d’une séance avec ses conseillers, on lui annonça la venue d’un capitaine d’une compagnie dont il avait déjà oublié le nom, mais qu’il ne tarderait pas à connaître. Cette arrivée faisait suite aux rapports qu’il avait reçu du gouverneur, ser Walter d’Ausal, et dans lequel avait été écrit la présence de plusieurs centaines d’hommes sur ses plages. Avec cette tension grandissante qui régnait à la frontière mervaloise, Oschide avait pensé dans un premier temps que le vassal rebelle avait voulu faire une percée, mais il n’en était rien.

Quelques jours après la missive de ser d’Ausal, une petite troupe arriva à Langehack. Comme il s’y attendait, d’Ausal faisait partie du groupe et il ramena avec lui deux des mercenaires fraîchement débarqué.
Lorsqu’ils arrivèrent dans la grande salle ducale, Ser d’Ausal et ses hommes s’inclinèrent devant lui. Figé sur son trône de duc, Oschide les salua à son tour et fit signe aux deux hommes de s’approcher après que son héraut l’ait présenté.

-Bienvenue sur mes terres qui je le crois, ne vous plus étrangères. Son ton marquait une petite pointe d’ironie. Comme vous le constaterez, votre présence soudaine sur nos plages m’est parvenue et en ces temps troublés, je ne savais quelle décision prendre sur votre sort. Mais l’on m’a assuré de votre bonne tenue, ce pourquoi j’accepte de vous accorder une audience.

Oschide jeta un œil sur les multiples nobles et autres courtisans qui avaient pris place dans la grande salle.

-Si c’est pour un emploi que vous vous présentez à moi, sachez d’ores et déjà que nous pourrons nous entendre. Je pense qu’ainsi, nous pourrons parvenir à un accord sans trop de soucis, à condition que vous respectiez nos lois le temps de votre présence.
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Sam 3 Jan 2015 - 19:04


Le palais ducal était plus cossu que le mercenaire ne l'aurait imaginé. Comparé à la bâtisse dans-laquelle le vieux Brilly leur avait servi son potage, il était clair que l'on montait d'un cran dans la hiérarchie. Mais on était encore loin du luxe tape-à-l'oeil des palais estréventins. Les constructions péninsulaires étaient de belles baraques, mais on continuait de privilégier le côté fonctionnel. Et là-dessus, il faut avouer qu'ils sont bons. Prendre d'assaut un palais thaari demanderait au mieux un bon après-midi. Alors qu'un château comme celui-là...

On introduisit les deux mercenaires dans la grande salle où le maître des lieux attendait ses visiteurs. Faisant preuve d'une grande perspicacité, Niccolo devinait que le duc de Langehack était l'homme qui avait le cul posé sur le trône. C'était un homme encore jeune, mais on le devinait robuste et de haute taille, même assis. Le duc le toisait de son regard droit, dégageant cette touche de dignité et d'autorité que se donnent les grands hommes, mais on lisait aussi dans ses yeux une certaine fierté. Ce type-là s'aime beaucoup. Il doit passer pas mal de temps devant son miroir lorsqu'il se lève au matin.

Le duc leur parla, et ne s'embarrassa guère de formalités. D'ordinaire les grands nobles aiment perdre leur temps en palabres, et ils trouvaient à qui parler auprès de Niccolo, lui-même fort bavard. Mais Oschide d'Anoszia était d'une autre trempe. Il était concis, ou tout simplement pressé. Cette seconde hypothèse expliquait probablement pourquoi il avait besoin d'hommes. J'ai visé juste, on dirait. Une autre guerre arrive. La perspective de pouvoir bientôt verser leurs gages à ses hommes avant qu'ils ne l'égorgent pour son retard ravit Niccolo.

- Bon sire, dit-il en ignorant quel prédicat était approprié, vous êtes fort perspicace. C'est effectivement pour un emploi que nous nous trouvons sur vos terres. Vous pardonnerez, je l'espère, cette façon peu cavalière de débarquer, mais aucun port ne nous a offert son quai et la mer, à grands renforts de bourrasques, nous a fait comprendre qu'elle se lassait de notre compagnie.

Il ignorait au juste ce qu'entendait le duc lorsqu'il parlait de respecter ses lois. A vrai dire, Niccolo n'était pas tellement au fait des lois de la péninsule. Bah, j'imagine que je dois limiter les pillages et les tueries effroyables tant que nous sommes dans le langecin.

- Mais permettez-moi de me présenter comme il se doit ! Je me nomme Niccolo Malevesta, mercenaire romantique, capitaine de la célèbre Compagnie Sans Nom, dont les exploits sont reconnus dans tout le vaste Estrévent... et le seront bientôt, je l'espère, dans la péninsule.

En espérant que cette notoriété future s'accompagnera d'une richesse future, cela va de soi.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Lun 5 Jan 2015 - 17:34

Les deux hommes qui lui faisaient face n’avaient rien à voir avec la capitaine mercenaire et ses officiers qui étaient venus lui demander un contrat. Non, ici, ces deux-là semblaient être d’une autre trempe. Peut-être étaient-ils du genre à respecter les contrats, où vice-versa. Oschide avait besoin de s’entourer d’hommes de confiance. Et pour cette raison, il devait s’en assurer et ce même si la parole d’un mercenaire ne valait la plupart du temps pas grand-chose. Voyant la familiarité du capitaine Malevesta, Oschide préféra garder ses distances. Il voulait bien être proche de ses hommes, mais il n’était plus qu’un simple capitaine. Ainsi devait-il se plier à quelques exigences protocolaires.

-Cela ne fait aucun doute que votre compagnie se sera bientôt faite un nom dans la péninsule. Si vous remplissez les termes du contrat que je m’apprête à vous proposer, vous vous enrichirez suffisamment pour ne plus avoir à vous soucier de la paye de vos hommes durant les dix prochaines années.

D’un ton sec, voire presque solennel, Oschide reprit.

-Mais avant, j’aimerais que vous me parliez de votre compagnie. Décrivez-la-moi et permettez-moi de juger dans quel emploi elle pourrait m’aider au mieux. Pourriez-vous également me narrer ses faits antérieurs, je suis friand d’histoires et surtout des derniers événements.

De cette façon, il en apprendrait sans doute un peu plus sur les derniers événements arrivés en estrévent. Avec toutes les guerres qui sévissaient sur la péninsule, il ne faisait aucun doute que la famine frapperait les grandes puissances, n’épargnant ainsi personne. L’Estrévent deviendrait alors une terre promise pour récupérer les précieuses denrées et il se devait de connaître les actualités géopolitiques.

L’usage de mercenaires était courant dans la partie sud de la péninsule, il avait souvent vu son père où son oncle en engager pour leurs petites tâches. Ainsi, il savait comment ces hommes fonctionnaient et savait donc pertinemment qu’ils pouvaient être encore plus dangereux que bénéfiques. Le risque étant toujours de constater une défection de dernière minute pour aller chez la concurrence où bien pire. Il devait s’assurer que cela n’arriverait pas et pour ça, le capitaine devrait lui faire bonne impression.


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Niccolo Malevesta
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Mer 7 Jan 2015 - 1:45

Niccolo émit un rire silencieux. S'enrichir assez pour ne plus avoir à me soucier de la paye de mes hommes pendant les dix prochaines années... on voit que lui et moi nous ne menons pas le même genre d'hommes. Un mercenaire n'économisait guère ; on préférait dépenser l'argent durement gagné dans la boisson et les jeux, plutôt que de regarder grossir son pécule jusqu'à le voir devenir intransportable. Un mercenaire, ça voyage constamment, et ça n'a pas vraiment les moyens de mettre de côté. Niccolo lui-même touchait dix fois plus que ses hommes sur chaque prime, et se ruinait tout aussi rapidement.
Non, la vérité était simple ; la seule façon de ne pas s'inquiéter de la paye pendant les dix prochaines années, c'était de trouver du travail pendant ces dix prochaines années. Aussi, espérons que le climat belliqueux péninsulaire puisse durer encore quelques décennies.

Et voilà maintenant que le duc se prétendait féru d'histoire. Il ne fallait pas lancer Niccolo sur le sujet ; il avait toujours adoré parler de lui-même, et puisqu'il voyait sa compagnie comme le prolongement de sa propre personne, parler d'elle revenait à parler de lui.

- Ah ! C'est une longue histoire, je ne sais par où commencer. La Compagnie Sans Nom est née dans les ruines de Mucia, des mains gantées de fer du terrible Abascante. Ah, brave duc Oschide, vous auriez aimé voir cette bataille ! C'était épique ! Grandiose ! Enfin, je dis ça mais je n'y étais pas non plus, je n'étais pas encore né. Toujours est-il que notre compagnie a une longue histoire derrière elle. Mon mentor le capitaine Vezzino Monatore s'est illustré pendant des décennies entières de batailles et de sièges mythiques à travers le vaste Ithri'Vaan, ou Estrévent comme vous dites ici. J'ai eu la fierté de reprendre le flambeau et de conduire moi-même de célèbres assauts. Le siège de Serez, par exemple. Fameux siège où, en réalité, la Compagnie s'était faite payer par les deux camps et avait mis les voiles deux jours avant le début des combats. Ou encore le jour où j'ai sauvé la citadelle de Maaz-Bamden. Pittoresque histoire que celle où les hommes de Niccolo, ayant refusé d'attaquer l'imprenable citadelle par pure couardise, l'avaient obligé, pour éviter la mutinerie, à trancher la gorge de son commanditaire - sauvant involontairement la citadelle, dont la population l'avait acclamé comme un héros. Et les Trente Glorieux Jours de marche dans les confins du grand désert oriental, où nous avons pourchassé une armée de mécréants en fuite pour leur porter le coup de grâce... En réalité, ce jour-là, c'était Niccolo et ses hommes qui étaient pourchassés, et il avait bien failli perdre toute sa compagnie dans cet horrible désert. La mort d'une bonne moitié de ses hommes lui avait au moins évité de s'acquitter de paiements de primes qu'il n'était pas en mesure d'accomplir.

Si horribles que fussent ces événements passés, Niccolo y repensait toujours avec un certain plaisir et une certaine nostalgie, comme s'il croyait lui-même aux mensonges qu'il proférait pour maquiller ces vieilles débâcles en exploits grandioses. Un sourire naïf habitait son visage, lui donnant une expression presque enfantine.

- Un jour, je vous raconterais tout cela, duc Oschide. Mais je crois que vous êtes un homme pressé. Je sais reconnaître un homme qui a une guerre à mener, je peux affirmer en avoir rencontré beaucoup au cours de ma brillante carrière.

Triste-Sire s'éclaircit la gorge. Niccolo parlait, parlait et parlait encore, comme d'habitude. Il fallait toujours l'arrêter à un moment où un autre. Le capitaine se tourna vers son acolyte.

- As-tu quelque chose à ajouter, mon cher Triste-Sire ?

- Euh, ouais... l'autre, là, le duc, dit-il en pointant Oschide du doigt, il voulait qu'on décrive notre compagnie, donc bon ça serait peut-être utile de lui dire qu'elle comprend trois cent hommes, dont soixante arbalétriers, trente, euh, cavaliers, et deux cent... deux cent hommes à pied. En arrondissant, bien sûr. Manière de ne pas dire que le registre n'était plus à jour, puisqu'ils avaient perdu quelques hommes en mer.

- J'allais le dire, répondit Niccolo en toute mauvaise foi, mais c'est une bonne initiative, mon ami. Se retournant vers Oschide, il poursuivit : ceci étant dit, avant de négocier les termes de notre accord, peut-être pourriez-vous nous en dire davantage sur la guerre que vous menez. Quel grand ennemi pousse un vertueux seigneur de votre trempe à recruter la Compagnie Sans Nom ?
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Lun 12 Jan 2015 - 15:00

Oschide n’aurait su dire si la familiarité de ces hommes lui plaisait ou non. Ils ne semblaient pas impressionnés par les lieux et semblaient également se foutre éperdument du protocole qui sied à la noblesse. Lorsque le capitaine Niccolo lui raconta les exploits de sa compagnie, le duc ne sut dire véritablement si ces dires étaient véridiques, mais après tout, est-ce que cela valait-il vraiment la peine de savoir. Non, jugea Oschide, ces hommes n’étaient pas réputés pour leurs diplomaties et leurs courtoisies, ces hommes faisaient la guerre et c’était dans cette optique-là qu’il les engagerait.

Ainsi, ils étaient trois cent à attendre sur les plages du seigneur d’Ausal en espérant que les villages de celui-ci soient encore épargnés par les mercenaires avides d’alcool et de femmes. Les dernières paroles du capitaine le laissèrent dubitatif. Devait-il réellement expliquer qui étaient les ennemis du duché ? Et qui étaient leurs alliés ? En avait-il vraiment des alliés déjà, c’était bien la question qu’il se posait le plus couramment dans la journée.

Tout en regardant le capitaine et ses officiers, Oschide prit un air un peu plus froid qu’à l’habitude.

-Nous souhaitons mettre un terme à cette guerre qui oppose le médian au reste de la péninsule. C’est dans cette optique que nous vous engagerons pour nous accompagner dans cette démarche. Vos hommes n’auront peut-être même pas besoin de se battre, et votre solde n’en diminuera pas pour autant. Dit-il avec une certaine perplexité. Je constate en tout cas que votre compagnie est renommée et qu’elle possède des effectifs plus que suffisant pour l’ampleur du contrat. Si ces informations vous suffisent, j’aimerais que votre compagnie se tienne prête à rejoindre mes rangs pour mon départ dans six jours.

La chose était enfin dite, même s’il avait pris soin de ne pas dévoiler la destination. Après tout, ce capitaine mercenaire n’avait pas encore réussi à gagner sa confiance et en ces temps de guerre, il lui en faudrait plus pour le convaincre, beaucoup plus.

-Si nous sommes d’accord, mon intendant verra avec vous pour les dernières formalités. Nous nous rejoindrons ainsi dans six jours et pas un de plus vous m’entendez ?

Il savait éperdument comment les mercenaires fonctionnaient et il n’aurait pas été étonné de les voir à la traîne. En les emmenant avec lui, il voulait à la fois s’assurer d’avoir avec lui des hommes capables des pires atrocités pour de l’argent, mais à la fois aussi montrer que le Langecins était riche et qu’en ces temps où la famine frapperait d’un jour à l’autre, lui pouvait encore engager des mercenaires pour agir où il souhaitait. Le seul hic aurait été de voir la compagnie lui faire faux bond, mais contre ça aussi, il avait sa petite idée désormais.
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Niccolo Malevesta
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Lun 12 Jan 2015 - 15:57

D'après ce grand, noble et beau gaillard, une guerre opposait le Médian à la péninsule. Niccolo ne releva pas, mais il était à vrai dire incapable de déterminer si son nouvel employeur était dudit Médian ou de ladite péninsule. Il était à peine capable de situer Langehack sur une carte, il était encore moins à même de déterminer ce qu'était le Médian. Parce que bon, s'il est seul contre tous, ça peut changer pas mal de choses.
Toujours est-il qu'on lui proposait une solde confortable et qui ne serait peut-être même pas méritée, puisqu'il y avait des chances qu'ils ne se battent pas. Enfin bon, ce couplet on me l'a servi souvent. Et puis, pour la plupart des conflits pendant-lesquels nous n'avons pas combattu, on nous avait dit exactement le contraire. Niccolo croyait tout de même en ses chances. Il n'était mercenaire au monde qui soit plus doué que lui pour éviter les champs de bataille. Néanmoins il avait changé de terrain de jeu ; les règles en péninsule seraient différentes de celles de l'Ithri'Vaan.

Quoiqu'il en soit, l'affaire semblait conclue, et un départ dans six jours était prévu. Six jours pour visiter le Langecin et faire des emplettes, reluquer quelques dames et fréquenter les bordels du cru. Hmm, il va me falloir de quoi tenir financièrement.

- Je suis ravi que nous puissions nous entendre, Votre Patronneté, dit-il avant que le duc n'ait le temps de les congédier. Toutefois, eu égard à l'immobilisation de ma compagnie pendant six jours où nous serons, bien malgré nous, inactifs, je demande à ce que mes hommes et moi soyons dédommagés.

Se faire dédommager pour l'inactivité forcée de ses hommes était une tradition chez les mercenaires estréventins. Les cités thaarii avaient favorisé l'apparition de toutes ces règles pratiques, les princes étant moins regardants sur la dépense, permettant aux hommes de s'en mettre plein les fouilles pour des prétextes bidons.

- Comprenez bien, Monsieur, qu'entretenir une telle compagnie occasionne des frais. Nous pourrions convenir de l'équivalent de six jours de solde à titre de prime d'engagement. Laquelle, bien sûr, doit nous être versée dès aujourd'hui.

Et serait certainement dépensée en moins de six jours ; mais cela profiterait au langecin, puisque tout irait dans les poches des commerçants, des taverniers et des putes. Finalement, c'était un peu comme si le duc participait à l'économie de sa propre ville. Tout le monde est gagnant.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Les meilleures intentions du monde   Jeu 22 Jan 2015 - 8:22

Les six jours ne s’étaient pas encore écoulés. Comme convenu, Oschide avait laissé au capitaine Niccolo de quoi subvenir à leurs besoins durant ce petit repos et il était désormais temps de faire marche. Afin d’avertir le capitaine, le duc de Langehack envoya un émissaire pour qu’il rejoigne le campement de la compagnie sans nom. Le plan initialement prévu avait changé et pour accomplir ce dont il avait besoin, il n’aurait besoin que d’une soixantaine d’hommes de la compagnie. Néanmoins, le reste serait utilisé à bon escient puisqu’il était sur le point de mener des opérations sur l’île de Nelen. Ainsi, l’émissaire se présenta au capitaine et lui déposa une courte lettre, mais concise.

A Niccolo Malevesta, capitaine de la compagnie sans nom.

Nous vous informons que votre compagnie doit faire route et réembarquer pour l’île de Nelen. Dans les prochaines heures suivant ce courrier, plusieurs de mes hommes vous guideront jusqu’au port d’Amderran. De là, vous partirez à la rencontre de l’amiral Rodrik Vellencour et du vice-amiral Henri de Montecale qui vous attendront sur l’île.

Nous souhaitons également que soixante de vos cavaliers rejoignent l’escorte du duc de Langehack qui partira dans trois jours. Vous trouverez d’une part à Amderran, un premier versement pour votre contrat et d’autre part, le lieutenant de votre cavalerie trouvera un deuxième versement qui leur sera destiné.

Que les dieux veillent sur vous.


Luther de Bône, intendant de leur Altesse Méliane de Lancrais et Oschide d’Anoszia.

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