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 C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 20 Juil 2015 - 11:20

    Je méditais longtemps les paroles d’Arthur alors que nous avancions toujours plus haut dans la montagne. Nous avions décidé d’éviter le village pour éviter de donner plus d’indication à nos « concurrents ». Il était maintenant évident que si nous venions à les recroiser nous aurions plus de mal à expliquer notre présence si haut dans les Monts Corbeaux.
    Cela faisait trois jours que nous avions croisé le groupe de chevalier et Monarth nous conduisait depuis le ciel vers un endroit qui semblait correspondre à notre demande. D’après ce qu’il avait indiqué à Arthur il avait repéré une sorte d’entrée dans la montage, le chemin pour l’atteindre était abrupt et il doutait que les chevaux puissent nous suivre. Nous avions demandé au dräke plus de détail et il avait montré à Arthur une sorte d’ouverture, comme une grotte mais les parois autour semblaient gravées de symbole.
    Depuis la veille nous progressions lentement, le chemin était un peu moins praticable, à plusieurs reprise nous fûmes obligés de mettre pied à terre et de guider les chevaux lentement. Nous avions établi notre campement à quelques mètres du départ du chemin menant à la grotte. Grâce à Monarth nous avions estimé qu’il nous faudrait probablement une journée de marche pour parvenir devant cette porte. Nous n’étions absolument pas sûr que c’était l’endroit où nous devions nous rendre, mais les montagnes étant tellement étendues… nous ne pouvions pas nous permettre d’ignorer le moindre signe.
    Le jour venait de se lever, nous étions tous prêts. J’avais retiré le bandeau autour de mes yeux, il ne servait à rien à part à me faire transpirer. Je le gardais néanmoins autour de mon cou au cas où –chose improbable – nous croiserions quelqu’un.

    « - Je suis prête, on peut y aller ! » dis-je sur un ton joyeux.

    Avec la journée de grimpe qui nous attendait je préférai commencer dans la joie et la bonne humeur. J’entendais Caïn s’affairer derrière moi mais bientôt il fut à mon côté. Sans un mot mais avec une infinie douceur il attrapa mon poignée et plaça dans ma main mon bâton de marche.

    « - J’ai attaché les chevaux à l’ombre là-bas, si nous revenons d’ici demain ça devrait aller. »

    Je n’aimais pas vraiment la sensation que j’éprouvais en l’entendant dire « Si nous revenons »… Comme un mauvais pressentiment. Je n’avais presque plus envie d’y aller...Non pas que j’étais ravie de me retrouver à crapahuter dans la montagne, mais jusque-là j’essaie de positiver. Or là j’avais l’impression qu’une force étrange appuyée sur mes épaules.

    Mais je n’avais guère le temps de réfléchir davantage, nous devions nous mettre ne route.
    Le début du sentir n’était pas très compliqué, mais les petits cailloux qui roulaient sous mes pieds ne m’aidaient pas à avancer sereinement, d’autant plus que ma cécité obligeait Caïn avancer à mon rythme.

    « - J’ai encore essayé de le contacter cette nuit… Je n’ai eu aucune réponse. Comme d’habitude. Et dire qu’il prétendait que je n’aurais qu’à l’appeler pour qu’il soit près de moi ! »

    Cela faisait trois jours que j’essayais de communiquer avec Le Blanc. Je ne voulais pas savoir pourquoi il avait envoyé des chevaliers me trouver, mais m’assurer que nous prenions la bonne route. Mais à aucun moment je n’avais eu une réponse. Pas même une rapide pensée. Je m’étais souvenue de ses paroles lorsqu’il m’était apparu la première fois. Il m’avait qu’il veillerait sur moi et que je n’avais qu’à l’appeler pour qu’il apparaisse à mes côtés…. Cela signifiait donc sûrement qu’il était bien loin de moi en cet instant.
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Arthur
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Sam 1 Aoû 2015 - 17:27

Trois jours encore à arpenter ces montagnes, mais bientôt Monarth lui rapporta ce qui pouvait s'assimiler à d'excellentes nouvelles… En supposant qu'il n'y ait pas là une fausse piste, mais il voulait croire qu'avec cette découverte, ils se rapprochaient de l'issue de cette quête, qu'il pourrait poursuivre sa voie, peut-être avec une chance et une réponse au sens qu'il devait désormais donner à ses pas, à cette existence qui relevait depuis trop longtemps davantage d'une survie contrainte.

Il en était venu, pour combler ces moments de voyage vide de discussion et absent de la présence de Monarth, à s'interroger sur la nature du lieu vers lequel ils se dirigeaient. C'était un exercice mental sans véritable but, mais il en était à se demander quand et à quel genre de culte ce lieu était dédié, pour être ainsi situé et si mal considéré par les locaux, encore aujourd'hui. De même qu'il demeurait des interrogations, dont il ne devait pas manquer de raviver le souvenir à Jena et Caïn, pour qu'ils restent sur leurs gardes. Une telle réputation pouvait avoir de nombreuses origines… Une simple superstition alimentée par des histoires et des fables depuis des générations, sans aucun fondement à présent, le dragon qui pouvait y avoir établi son territoire et son nid, ou bien une menace plus concrète et humaine, même si la supposée présence de l’œuf rendait la chose moins probable, le dragon pouvait avoir endoctriné des humains, comme ses congénères l'avaient fait à Nisétis.

Au matin du jour où ils s’apprêtaient à entamer leur crapahutage, ils attachèrent solidement les chevaux à l'ombre et suffisamment à l'abri d'un premier regard, bien qu'une fouille brève et surtout les sons révéleraient la présence des montures, et ils abordèrent la journée de marche estimée pour parvenir à leur destination.

Je compte sur toi pour ouvrir notre marche et nous prévenir de la moindre difficulté.

En parallèle, Jena venait de lui rapporter l'échec de sa dernière tentative de communiquer avec le dragon, sans grande surprise pour ce qu'elle lui rapportait, c'était moins son absence de réponse qu'autre chose qu'aurait voulu savoir Arthur… Avait-elle perçu, même de façon lointaine, ce dragon ? Ce qui aurait pu signifier qu'il était dans les parages… Sans quoi, il estimait avec une certaine sérénité leur avance sur les chevaliers… Un dragon n'était pas une créature omnisciente, pour ce qu'il en savait, aussi ne pourrait-il pas déterminer leur avancée. Restaient les embûches à venir.

« L'avez-vous perçu, d'une façon ou d'une autre à proximité, ou votre appel à retentit dans le vide ? »

C'était une question de ressentit, et il savait la chose ne pas forcément être un révélateur précis, après tout, même lié à Monarth, sa perception du dräke n'ignorait pas la distance qui les séparait, mais si ni Jena, ni Monarth, lors de ses vols de reconnaissance n'avaient perçu ou aperçu ce dragon, il fallait y voir un bon signe.

« Restez sur vos gardes malgré tout, surtout lorsque nous y serons, même si je vais envoyer Monarth prévenir la moindre menace… Il est toujours possible que ce dragon ait endoctriné des hommes pour le servir, comme ses ancêtres l'ont fait à Nisétis il y a plusieurs cycles, même si ça n'est peut-être pas le cas, il faut considérer cette possibilité. »

Constatant la difficulté de Jena en particuliers, qui ne pouvait estimer son chemin, il prit l'initiative de prendre une des cordes qu'ils avaient prévu, en noua une extrémité autour de sa taille et envoya le reste à Caïn.

« Nouez la solidement autour de vos tailles, au cas où… Et si une menace se présente, Caïn, pensez bien au plus vite à la trancher avant d'engager le moindre combat. »

Là-dessus, et une fois la chose faite, il ouvrit la marche, guidé par son compagnon.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 5 Aoû 2015 - 11:53

    « - Non je n’ai pas ressentie sa présence. En tout cas je ne l’ai pas perçu à proximité comme la première fois. Mais cela ne veut rien dire, il peut se déplacer rapidement... Espérons que nous aurons le temps de voir ce qui se trouve là-haut avant qu’il décide enfin de se manifester. »

    La première fois que je l’avais contacté et qu’il m’avait répondu, je ne l’avais pas vu mais j’avais pu deviner sa présence au-dessus de moi, caché dans les nuages. Cette fois je n’avais rien senti, rien. J’essayais de suivre le rythme des deux hommes, mais si ma cécité quelque peu spéciale me permettait de savoir parfaitement me déplacer, il fallait reconnaître que dans les chemins escarpés de cette Montagne c’était tout de suite plus compliqué. Je ne voulais pas prendre le risque de glisser aussi, inévitablement, je ralentissais le groupe.
    Arthur stoppa notre petit groupe et s’approcha de moi pour nouer une corde autour de ma taille. Sur le moment son geste me surprit, mais je ne fis aucun commentaire lorsque je compris l’intérêt de son intervention. Ce n’était pas le genre d’homme à commenter ses gestes, alors certes habituellement c’était inutile, mais Caïn avait pris cette habitude sachant pertinemment que pour une aveugle certaines choses étaient plus compliquées à analyser. Peut-être aurais-je du le lui faire remarquer… mais à quoi bon, nous avions de la route à perdre et là encore Arthur n’était pas le genre grand bavard, chose que je respectais totalement.

    « - Je vais passer devant vous pour anticiper le moindre obstacle et vous guider plus facilement »
    « - Merci Caïn »

    Nous avions plutôt bien estimé notre temps de marche. Après une demi-journée sans réelle pause, nous avions fait halte dans le seul endroit que nous avions trouvé sur le chemin pour pouvoir nous asseoir tous les trois. D’après Caïn le chemin se rétrécissait encore et il y avait de plus en plus de grosse roche et de moins en moins de zone boisée sur cette partie du chemin. D’après Monarth, une fois que nous aurions parcourus deux bonnes heures sur le sinueux chemin, nous finirions par rejoindre un versant plus accessible, plus large et moins pentu. Il nous fallait donc tenir encore un peu, même si la randonnée avait plus des airs d’escalade par moment.

    Il fut décidé après quelques minutes d’arrêt de reprendre la route et de nous reposer une fois arrivée à cette fameuse prairie montagneuse. De là nous n’aurions plus très long avant d’atteindre la grotte.
    J’étais épuisée, mes muscles me faisaient souffrir et je sentais mes jambes trembler dès que je les soulevais pour avancer, mais je refusais de me plaindre ou de demander une nouvelle pause. Il fallait qu’on avance et je ne voulais pas faire office de boulet, déjà que j’étais certaine qu’ils avaient ralenti le rythme pour moi.

    « - Donnez-moi votre main Jena, il faut grimper sur ce rocher pour rejoindre le chemin., c’est un peu haut, mais je vais vous aider à passer. »

    Comme toujours, je n’hésitais pas une seconde pour tendre ma main vers mon compagnon de route, il la saisit fermement et m’attrapa la taille pour me hisser sur le rocher. Alors que je me débrouillais comme je pouvais pour finir de grimper, je le senti passer près de moi et se redresser pour m’aider à me relever. J’allais tendre ma main vers lui quand mon pied glissa sur la paroi de la roche et je sentis le vide sous moi m’attirer.

    Surpris, Caïn n’eut pas le temps d’anticiper ma chute et il dégringola à son tour jusqu’’à l’étroit chemin que nous venions de quitter. Si ma route s’était arrêtée là, ce ne fut pas son cas et une fraction de seconde après il roulait sans parvenir à s’arrêter vers le rebord abrupt de la montagne. Je ne pouvais rien voir mais je sentis la corde autour de ma taille se serrer brutalement et me couper la respiration. Dans sa chute, Caïn m’entraînait, et j’eus beau planter mes doigts dans le sol, je me retrouvais pendue dans le vide à hurler de douleur et de terreur. La corde me brûlait le ventre, m’empêchait de respirer… Par Néera , tout ne pouvait pas se terminer ainsi…Je n'avais pas la force pour nous porter tous les deux. J'allais lâcher... et là, à cet instant je ne pensais qu'aux visages d'Hanegard et de mes enfants.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 11 Aoû 2015 - 7:50

Il est de tel instant où s'impose le devoir opposé à ce qui se prêterait à la volonté. Ils leur fallaient continuer, ça n'était ni l'endroit, ni le moment propice à un arrêt ou à faire marche arrière, ils devaient poursuivre leur ascension jusqu'à un terrain plus adapté, et pour cela… Il allait devoir forcer la jeune femme à le suivre.

Tout s'était passé bien vite, et il n'osait imaginer ce qui serait advenu si il n'avait pas suggéré plus tôt de s'attacher les uns les autres...Cela comportait évidemment un risque de chute commune, comme se faillit être le cas, mais sans cela… Lorsqu'ils basculèrent, il fut bien entendu entraîné à son tour mais parvint à s'arrêter avant de tomber et s'efforça dès qu'il put prendre une position plus stable de tenter de les remonter, mais c'est tout juste si il parvenait à les maintenir, et la corde pressée contre la pierre lui faisait craindre une rupture prochaine, et il entendait les hurlements de Jena qu'il savait en bien mauvaise position.

Aussi se mit-il à hurler

« Caïn ! Balancez-vous pour vous accrocher et coupez cette foutue corde ! »

Au mouvement de la corde dont il accusa l'écho, il savait avoir été entendu, et la manœuvre intensifia évidemment les cris de Jena, mais c'était là un mal nécessaire jusqu'à ce que la tension soit moindre et qu'il put enfin tirer et remonter cette dernière, se penchant pour tenter d'apercevoir Caïn, en vain, le relief et les retraits ne lui permettant semblait-il pas, et ce dernier ne répondit pas aux quelques sollicitations qu'il émit. L'inquiétude était présente, l'avait-il entendu ou avait-il prit de lui-même l'initiative de couper la corde pour sauver Jena ? Venant de l'homme, la chose n'aurait pas été surprenante, mais s'était-il d'abord sécurisé en contre-bas, cela, il l'ignorait.

Il détacha la corde autour de la taille d'une Jena en larmes, de la douleur assurément, et le choc, et probablement une crainte vis à vis du devenir de son homme de confiance, pourtant, ils devaient continuer, il le savait et décida de la prendre par la main et de la forcer à le suivre, indifférent au sentiment qu'il pourrait susciter par cette apparente absence d'égard pour Caïn… Tout du moins en apparence puisque son esprit, pour ce qui ne se concentrait pas sur le chemin s'égarait pour trouver le dräke pour l'heure trop éloigné, mais qu'il voulait envoyer trouver et prendre des nouvelles.

Ainsi s'écoulèrent les deux heures suivantes, Arthur traînant une Jena d'abord résistante, nourrissant le désir de faire demi-tour pour tenter de rejoindre et soigner les probables blessures de Caïn, ce à quoi il répondait qu'il serait impossible, encore plus pour elle, d'assurer suffisamment une descente à cet endroit, et d'ignorer les suppliques, quel qu’en soit le ton, puis molle, trébuchante par moment, le suivant sans véritable conviction, qu'il dut même porter sur son dos lorsque la pente l'exigeait. C'est dans une telle atmosphère qu'ils parvinrent au bout du sinueux chemin, et comme il avait été prévu initialement, c'est là qu'ils s'arrêtèrent.

Il la laissa d'abord à son silence, tandis que réapparaissait Monarth.

On a eu quelques soucis, et je vais encore devoir te confier une tâche particulière.

Vivement qu'on ait fini… C'était amusant au début, mais maintenant…

Je sais bien, je pense qu'on arrive au bout, un peu de patience, s'il te plait.


Et là-dessus, il lui confia la tâche de retrouver Caïn, en lui désignant approximativement le moment de la chute, et lui confia un petit paquet où se trouvait un petit rouleau de bandages et un baume en pot et une petite note pour le prévenir qu'ils étaient parvenus au bout du chemin, qu'il devait s'abriter en attendant leur retour… Ça ne serait pas une partie de plaisir de traîner un tel fardeau mais c'était possible et le reptile accepta. Ensuite, il pourrait revenir lui rapporter ce qu'il espérait être de bonnes nouvelles.

« Monarth va aller trouver Caïn et veiller un peu sur lui, ne vous inquiétez pas, votre homme est un rude gaillard, il ne se laissera pas abattre par si peu. »

Il tendit un autre flacon à Jena, en lui prenant la main pour lui « montrer » l'objet.

« Ça devrait adoucir les brûlures de la corde, reposez-vous, nous repartirons quand vous vous sentirez prête. »

Bon, peut-être pas… Il estimerait lui-même si c'était le physique ou le mental qui empêchait Jena de bouger, mais elle avait le droit de souffler, de se remettre de ces émotions, et il espérait pouvoir lui offrir des raisons de se rassurer, de se débarrasser de ses inquiétudes vis à vis de Caïn.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 11 Aoû 2015 - 8:59

    Tout se déroula comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar. Je continuais de crier à mesure que la corde me brûlait la peau à travers mes vêtements. J’entendais quelqu’un parler, sûrement Arthur mais je n’écoutais pas ses paroles, j’étais trop centrée sur ma douleur, sur ma peur… et puis tout d’un coup la tension dans la corde disparue. Cette sensation fut presque plus brutale dans mon esprit que le choc de ma chute. Je sentis les mains d’Arthur me tirait pour me ramener sur le petit chemin, mais presque aussitôt je me tournais vers ce vide que je ne pouvais voir. J’appelais Caïn, j’hurlais son nom mais aucune réponse ne venait. Je ne sais pas bien pour quelle raison Arthur me prit la main et me tira sur le chemin, me forçant à continuer. Les premiers temps je me débattais presque pour faire demi-tour. Il fallait redescendre, trouver Caïn. Je pouvais le soigner s’il était blessé, je pouvais l’aider comme il m’avait aidé toutes ses longues semaines… Mais Arthur était inflexible, il me forçait à avancer sans jamais se détourner de son objectif : rejoindre la prairie en amont.

    Je tentais d’ouvrir mon esprit pour localiser mon ami, mais je ne trouvais rien. Dans l’état où j’étais je ne pensais même pas être en mesure de savoir si je m’y prenais comme il fallait. Mais à chaque pas que je faisais je sentais cette certitude se refermer sur moi comme un étau, je le sentais, je le savais. Caïn n’avait pas survécu à sa chute et cette pensée me brisa. Je cessais de me débattre, cessais de tenter de convaincre Arthur de faire demi-tour, cessais même de lutter contre la peine que j’éprouvais. Des larmes silencieuses coulèrent sur mes joues tandis que je suivais docilement Arthur. Les derniers mètres furent les plus difficiles mais le chevalier eut la force de me porter sur son dos lorsqu’il le jugeait nécessaire, et enfin nous fûmes dans cette petite vallée balayée par les vents. Je ne voyais rien autour de moi, mais je savais que nous avions atteint cet endroit dégagée et presque plat en comparaison à la montée que nous venions d’affronter.
    Arthur me laissa m’asseoir et s’affaira de son côté. Je supposais qu’il cherchait à prendre contact avec Monarth mais à quoi bon… je savais déjà ce que le dräke allait trouver. Mais je restais silencieuse, le front posé sur mes genoux, je me laissais bercer par mes pleurs. Caïn avait été d’une aide tellement précieuse, il s’était toujours montré si prévenant, si amical avec moi. C’était l’un des plus vieux amis d’Hanegard… Et il était mort pour ne pas nous entraîner dans sa chute. Chute dont j’étais responsable.

    Arthur revint près de moi pour me dire qu’il avait envoyé Monarth veiller sur Caïn. Je restais silencieuse, n’osant pas prononcer les mots qui rendraient sa mort si réelle. Puis il me tendit un flacon qu’il plaça dans ma main comme l’aurait fait Caïn. Je fus surprise par son geste, moi qui l’avait traité d’horrible homme sans cœur durant les premiers pas qu’il m’avait forcé à faire.
    D’abord hésitante je finis par relever le bas de ma chemise. Le frottement du tissu sur mes brûlures me fit grimacer mais j’appliquais doucement le baume autour de ma taille. Je regrettais de ne pas pouvoir utiliser ma magie sur moi mais le baume me soulageais déjà en répandant une sensation de froid sur les marques rouges.

    Bientôt le dräke revint, j’attendis ses battements d’ailes alors qu’il voletait près d’Arthur. Il tenait toujours entre ses griffes le paquet que lui avait remis le chevalier, confirmant ainsi que Caïn n’avait plus besoin de soin. Je rabattis le bas de chemise sur mon ventre et me levais.

    « - Mon ami est entre les mains de Tyra... par ma faute...» murmurais-je en sentant les larmes affluer à nouveau au coin de mes yeux.

    J’aurais voulu avoir le temps de prier pour lui, pour son âme, pour que la Déesse prenne soin de lui, mais il fallait continuer. Sa mort était injuste mais je savais déjà ce que Néera m’aurait soufflé au creux de l’oreille… Elle m’aurait dit que son heure était venu, qu’il était mort comme il l’aurait souhaité et que grâce à lui j’étais toujours de ce monde.

    « - Il faut … continuer »

    Je tremblais des pieds à la tête, je savais que j’étais toujours en état de choc mais il ne fallait pas que l’on s’éternise ici. Malgré la situation, nous étions en terrain découvert et le dragon pouvait nous trouver plus facilement vu du ciel. Maintenant la grotte n’était plus qu’à quelques minutes de marche. Nous y serions avant la tombée de la nuit… Mais qu’allions-nous y trouver ?

    « - Néera, par pitié, que notre voyage se termine bientôt … Je n’aurais ni la force ni le courage de refaire une autre ascension comme celle-ci…et sans Caïn … »

    Je n’osais imaginer ce que serait la suite de notre voyage sans les attentions discrètes et l’aide de mon compagnon de voyage.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 27 Aoû 2015 - 17:27

Quelque part, il se doutait de ce que lui apprendrait Monarth, mais pas un seul instant il ne s'était permit d'espérer un autre résultat, à bien des égards, il avait apprécié le peu – et tant à la fois – qu'il avait partagé avec l'homme et le compagnon de voyage. Un dévouement et une attention rare, par sa présence autant que sa discrétion, dont bien des hommes auraient pu s'inspirer.
Mais ils étaient allés trop loin pour pleurer et s'arrêter maintenant, et c'était là toute la cruauté de cette quête dont il doutait encore de l'issue, et il jeta un regard inquiet en direction de Jena qui pleurait son fidèle compagnon. C'était à lui à présent qu'il revenait de faire toutes ces petites attentions dont s'occupait fort bien Caïn, et d'autant plus qu'un grotte, pour une aveugle, était un obstacle au moins aussi contraignant que le chemin qu'ils venaient de franchir… D'autant plus qu'en concevant un Dragon Blanc peu coopératif, ils auraient encore à faire le chemin retour.

Il prononça des mots qu'il considérait adéquat dans la situation, une formule au mort apprise auprès d'un clan vénérant les dragons dans un nisétien pour le moins maladroit et non-maîtrisé, et une prière silencieuse à Tyra, se promettant de ne pas laisser là, exposer à la charogne, le corps de leur compagnon… Il aurait droit à une sépulture décente, aux rites en vigueur et aux honneurs dus, c'était le moins qu'il pouvait faire pour lui.

« Allons-y, la grotte n'est plus très loin... »

Inutile d'essayer de jouer à faire semblant de ne pas être affecté, c'était à peine plus engagé que la jeune femme qu'il prit son bras et qu'il la guidait sans forcer, sans vraiment se hâter, vers le prochain obstacle, le dernier, espérait-il.

Je n'aime pas ça… Je m'épanouis dans le ciel moi, pas sous terre !

Un peu de courage, on ne sait pas où débouche cette grotte alors tu vas devoir venir avec nous.

Je sais, mais j'aime pas ça !


Lui non plus, outre la difficulté que représentait le fait de la parcourir, c'était l'inconnu, à l'intérieur autant qu'au delà. Sur le seuil, non sans avoir préparé une torche, s'apprêtant à l'allumer, il prit une grande inspiration et souffla doucement.

« N'hésitez pas à me le dire si vous avez le moindre souci. »

C'était la seule consigne qu'il pouvait donner, pour l'heure, mais il savait déjà que dans la mesure du possible, il maintiendrait le contact avec elle, par précaution, et alors qu'ils abordaient l'exploration, il put la surprendre en décrivant tout ce qu'il voyait, tout au moins pour ce qui était de leur chemin, afin qu'elle puisse anticiper et agir en fonction.
A commencer par une descente un peu raide qu'il parcourut doucement, de profil devant Jena, pour l'assurer à chaque pas. Au delà et longeant d'abord une sorte de petit lac souterrain serpentait un long chemin à la pente légèrement montante et fluctuante, dont le sol était de façon surprenante assez régulier. L'endroit avait servi autrefois, il y a des siècles, des millénaires peut-être, et semblait avoir été aménagé en fonction et pour ce besoin.
Les sons et les réverbérations offraient tout de même une nouvelle rassurante… De l'eau s'écoulait, peut-être le fameux cours d'eau qu'ils recherchaient pour repère, mais pour ce qu'il découvrait, ils n'y étaient pas, le dragon ne pouvait se mouvoir suffisamment ici pour qu'on puisse croire y trouver son œuf.

Le chemin devint très étroit, tant qu'ils le faudraient le parcourir de profil et peu praticable et Monarth avait depuis prit position sur l'épaule de l'humain, mais il dut consentir à poser les pattes au sol et marcher… Oui, marcher, ce qui était aussi indigne qu'insupportable pour lui, jamais plus on ne le reprendrait à aller sous terre, JAMAIS.

« Je passe devant pour repérer le chemin, allez-y doucement, prenez bien le temps de repérer les divers reliefs pour ne pas vous cogner, ne vous précipitez pas. »

Même avec une torche, sa visibilité se réduisait avec les virages que prenaient ce chemin, et Monarth, peu coopératif – mais il ne pouvait pas lui en vouloir – demeurait derrière lui, refusant d'ouvrir la voie, en protestation semblait-il.
Il n'y avait plus qu'à espérer que cet étroit corridor ne dure pas, et que rien n'arrive car il était dans ce cas impossible d'y manœuvrer.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 31 Aoû 2015 - 11:59

    Arthur me surprit une nouvelle fois en prenant ma main pour me guider jusqu’à la grotte. Je l’aurais pensé plus bourru et bien moins attentionné, pourtant il était évident que je me trompais. Sans que je le lui demande il se fit en sorte de m’aider comme l’aurait fait Caïn, il me décrivit même le peu de chose qu’il pouvait voir une fois dans la grotte. Malgré ma tristesse cette pensée me réchauffa le cœur car même sans Caïn je savais que je pouvais compter sur l’aide d’Arthur. J’avais toujours cru que seule cette quête nous liait, qu’il n’était là que pour trouver cet œuf et reprendre sa vie. J’avais même douté de lui en pensant qu’il serait capable de me fausser compagnie une fois la main mise sur la progéniture du Blanc. J’avais appris à lui faire confiance tout au long de notre périple mais le confort et la sécurité que me procurait Caïn m’avait permis de ne pas m’inquiéter plus au sujet de notre compagnon de route. A présent je savais que ce que j’avais lu en lui le premier soir de notre rencontre n’était pas un mensonge.

    Je murmurais un remerciement alors que nous continuions à avancer. Le sol était étrangement plat sous mes pieds. Je ne distinguais rien à part la silhouette d’Arthur auréolait de cette poussière grise qui devait correspondre à la lumière de sa torche. Je m’étais habituée à cette vision très étrange. Je voyais sans voir, je devinais certains contour même dans le noir, je pouvais même marcher seule dans les rues d’une ville et trouver mon chemin, mais ici c’était plus compliqué. Je laissais glisser ma main sur la paroi rocheuse et j’avançais lentement, pas après pas pour éviter de tomber ou de me cogner. J’entendais le goutte à goutte lointain et je sentais que nous étions proche d’une étendue d’eau. Par moment mes pieds buttaient dans des cailloux, il me fallait parfois contourner une roche plus volumineuse mais je tâchais de me concentrer sur les bruits de pas d’Arthur pour suivre sa direction.

    Je ne sais pas comment je le sentis, ni pourquoi je me rendis compte de sa présence si tardivement. Peut-être parce que j’étais trop focalisée sur l’avancée d’Arthur ou parce que mon esprit était encore sous le choc de la perte de Caïn, quoi qu’il en soit je me rendis compte que nous n’étions pas seuls. Il y avait quelqu’un d’autre dans cette grotte, mon esprit sentait le sien dans la Montagne. J’avais la vague impression de reconnaître les mêmes caractéristiques que celle du Blanc aussi tentais-je une nouvelle fois de le contacter.

    « - Foen Delth ? Vous êtes là ? »

    Personne ne me répondit… Seulement le silence et maintenant je ressentais cette impression désagréable que la présence que je ressentais ici n’avait pas forcément envie de nous voir débarquer.

    « - Arthur ? » appelais-je presque en murmurant « Nous ne sommes pas seul… Je sens la présence de quelque chose, ou de quelqu’un mais ça ne semble pas être le Blanc. »

    Je fis quelque pas de plus et le percutait presque. Il s’était arrêté devant je ne sais quoi, mais peut-être que le couloir se rétrécissait trop pour que nous puissions avancer comme il fallait. Monarth était près de nous sur le sol, je ne voulais pas m’adresser directement à lui d’esprit à esprit, il n’avait jamais fait la démarche de vouloir communiquer avec moi et je respectais le fait qu’il soit lié d’une quelconque manière à Arthur.

    « - Peut-être que Monarth pourrait tenter de communiquer avec ? Il n’a pas voulu répondre à mon appel mais peut-être qu’avec le Dräke il se montrera plus … ouvert. »

    Et puis après tout peut-être que Monarth avait déjà repéré sa présence, peut-être qu’il avait déjà averti Arthur et peut-être même qu’il avait déjà tenté de communiquer avec la créature qui se terrer dans cette grotte obscure.[/i]
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 31 Aoû 2015 - 17:19


Elles passaient ces créatures.

Ces étranges créatures

Deux pattes pour courir. Deux pendantes. S'enfonçant dans la roche. Entre la roche. Comme de petits lézards.
Il y avait même un petit lézard.

Il aimait les petits lézards.

Rapide mais doux sur la langue.





« PAR LES CINQ ! A MOI !»


Gilles ne vérifia même pas que ses compagnons éparpillés à la recherche de trace l'aient entendu. Ne voulant pas risquer que son cheval s'y rompe une jambe, il mit pied à terre et dégringola la courte pente à toute vitesse... Mais bien en vain.

Le malheureux qu'il avait aperçu en contre-bas était bien mort. Une chute fatale.

Le Chevalier soupira en réajustant sa botte avant de retourner le pauvre homme avec précaution... Pour se figer avec un froncement de sourcil. Pas de doute possible. Le visage tuméfié était celui de l'un des trois voyageurs qu'ils essayaient en vain de rattraper malgré une cadence aussi rapide que si Tyra elle-même avait lancé les forces de l'Autre Monde à leurs trousses.

Il se releva d'un bond et regarda alentours. Rien. Pas la moindre trace de pas ou de sang. Et devant lui le relief sûrement responsable de la mort du voyageur. Il leva les yeux... et les leva encore.. Pour finir par pousser un nouveau soupire à fendre les pierres.

Ils ne finiraient donc jamais de grimper ?

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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 1 Sep 2015 - 13:39

Encore des problèmes en perspective… Ça n'en finirait jamais ? Il n'offrit qu'un vague « d'accord » à la suggestion de Jena avant d'en revenir à son compagnon, qu'il ne semblait pas pouvoir laisser en paix un temps, quand bien même il désirait le faire tant il considérait l'avoir solliciter.
Pendant que le dräke était à la manœuvre, mentalement, Arthur le récupéra pour poursuivre son avancée au-delà du coude, soucieux de voir la façon dont les choses se présentaient au-delà.

Aucune idée de ce que c'est… Pas un dragon… Pas très causant et plutôt hostile.

Tu penses que ça pourrait nous attaquer ?

C'est possible.


Devant lui, la grotte s'ouvrait à nouveau, au cas où il devait y avoir combat, il pourrait alors manœuvrer, c'était également probablement là qu'ils trouveraient une issue, il revint légèrement en arrière pour dire une petite chose à Jena.

« Monarth ignore ce dont il s'agit, mais ça semble assez hostile, le couloir devient large un peu plus loin, mais je crois que c'est là que se trouve cette créature… On va avancer doucement, lorsqu'on sera là où ça s'élargit, on essaiera de savoir ce qu'il en est, restez dans ce passage étroit tant que je ne vous dirais pas d'en sortir, si ça s'agite, reculez, vous devriez y être à l'abri. »

Si il y avait une bête à affronter, il ne voulait pas avoir à se soucier en plus de protéger Jena, ce pouvait être une pensée qui lui coûterait cher. Ils ré-avancèrent comme il l'avait suggéré, jusqu'à peu avant que le goulot s'élargisse, là, il passa la tête la première, apercevant une forme massive, la lueur de la torche lui permettait de supposer des écailles… Pas un dragon mais un gros lézard, assurément. Pouvait-il vraiment espérer faire passer Jena et lui-même sous son nez sans qu'il réagisse ou les poursuive… Ou était-il préférable de faire face d'emblée ?
Le bout du tunnel était proche, il pouvait s'en apercevoir, une lueur un peu plus loin, le tunnel qui s'élargit, à priori un virage et au-delà, le jour… C'était probablement par là que cette créature quittait cette tanière pour chasser.

Il donna ces indications à Jena.

« Vous allez courir vers la sortie, vous ne vous arrêtez pas, vous ne vous retournez pas avant d'être dehors… Si il réagit, on le retiendra, autrement, on vous rejoindra, mais vous foncez sans hésiter. »

Bon, c'était pas gagné, mais il n'était pas seul. Il quitta l'étroit passage, tirant sa lame au claire le plus doucement et silencieusement possible, la torche toujours dans l'autre main, tandis que Monarth déployait complètement ses ailes, apprêté pour décoller à présent qu'il avait suffisamment d'espace. Il fixait la créature, écoutant d'une oreille Jena sortir à son tour.

Si il charge, fais ce que tu sais faire de mieux… Distrais ou perturbes, ensemble, on peut en venir à bout.

Cela faisait parti des instincts et des mécanismes de défenses des dräkes… Cette télépathie et cette capacité à projeter des images, à l'origine utile pour distraire ou faire renoncer un prédateur un peu trop gros et agressif… Monarth ne pouvait pas suffire, assurément, mais une ouverture et il pourrait blesser grièvement ou l'abattre.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 3 Sep 2015 - 11:28

    Hostile ? De mieux en mieux. Je commençais à regretter amèrement le confort de mon lit à Val Néera… où même celui de Renhanda bien que je n’y ai dormi que quelques semaines.
    Si Monarth lui-même ne pouvait pas définir clairement ce qui nous attendait de l’autre côté du mur cela devenait encore plus inquiétant. Dans la tanière de quelle créature nous étions nous glissés ?
    Arthur me donna une première série de consignes. J’avançais derrière lui lentement, ma main toujours contre la paroi pour me guider plus facilement. Lorsque le chevalier s’arrêta, sûrement pour glisser un coup depuis le passage, j’en fis autant. Il ne fallut pas plus d’une minute pour qu’il analyse rapidement la situation et se retourne vers moi.
    Il me faudrait donc courir vers ce qui semblait être une sortie, tout cela en passant devant cette créature, sans savoir de quoi il s’agissait, sans savoir si elle était suffisamment vive pour se jeter sur moi et me dévorer en un quart de seconde et en sachant tout de même qu’elle semblait hostile ! Aucun problème !
    Ah si, et pas des moindres : ma cécité.
    Un instant je crus qu’Arthur avait tout simplement oublié ce petit point de détail, mais finalement je me penchais par l’ouverture à mon tour. Nous n’avions pas besoin le choix et au moins il fallait reconnaître qu’on avait de la chance. La première montagne que nous avions décidé de gravir avait à son sommet une grotte habitée par une créature semblable au Blanc… Nous étions donc sur la bonne piste. Du moins l’espérais-je.

    Mes yeux voilés balayèrent la grotte devant moi. Je ne pouvais pas distinguer grand-chose à part une masse de fumée sombre et devant moi, plus loin, une sorte de porte. Le point était plus lumineux que le reste, je supposais que c’était dans cette direction qu’Arthur voulait me voir courir.

    « - Si j’arrive de l’autre côté et que cette créature s’est réveillée entre temps, ne cherchez pas à lui nuire, nous sommes chez elle, tentez seulement de passer sans la blesser…. Du moins si cela est possible... bien que j’en doute»

    Malgré cette aventure surprenant je restais une prêtresse de Néera et je respectais profondément la vie de chaque être vivant… Dans le cas présent, si on pouvait passer sans lui causer de dommages je m’en réjouirais, mais pas si cela devait coûter la vie à mon compagnon de route.
    Plus pour lui que pour moi je murmurais un rapide « J’y vais »

    Je quittais sans bruit le passage et m’avançais lentement. Lorsque je fus à peu près sûre de ma trajectoire je me m’y à courir, le plus vite que je pouvais sans risquer de m’étaler. Heureusement que je n’étais pas gênée par ma robe de prêtresse, je n’aurais pas eu autant de facilité à avancer. C’était encore l’une des petites attentions de Caïn qui me permettrait peut-être d’en sortir vivante.
    Cette pensée me déconcentra l’espace d’une seconde. Mon pied percuta un rocher et je basculais en avant, mais je parvins à garder l’équilibre. Seulement le bruit attira l’attention de la créature. Il y eut un grognement profond qui me fit hérisser les poils, mais je continuais de courir sans regarder en arrière. Je l’entendais bouger et je sentis quelque chose passer juste au-dessus de ma tête. J’étais décidée à ne plus faire la même bêtise aussi je continuais à fixer ce point blanc qui devait représenter la sortie.

    Il y avait certains moments où je supportais encore moins d’être aveugle… Celui-ci en faisait partie. J’entendais des bruits de pas, des grognements et j’avais l’impression que cette fichue sortie était toujours aussi loin.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Ven 4 Sep 2015 - 15:58

Quel sens devait-il donner à cette attitude ?
Quand bien même la créature était plus intelligente qu'une autre, il y avait dans le comportement qu'elle eut au moment de leur manœuvre quelque chose d'anormal. Jena s'était mise à courir, et comme prévu, la bête s'était mise en mouvement, dévoilant par ailleurs sa morphologie au chevalier : Une wyvern, pas bien grande, à peine quatre mètre de long, encore loin d'une taille d'adulte.
Cela pouvait être prit en compte plus tard, mais pour l'heure, il fallait agir, et Monarth n'hésita pas une seule seconde, bombardant avec violence l'esprit du reptile qui fut déboussolé un instant. Pour autant, elle ne réagit pas comme l'attendait Arthur… Elle fonçait autant que possible vers la sortie, lui tournant le dos, c'était une faute impardonnable, quand bien même c'était un jeune, il ne fallait pas hésiter et il frappa l'une des deux pattes, seuls appuies de la créature avant que celle-ci, dans une démarche maladroite ne dépasse Jena sans l'attaquer… Son objectif était la sortie ?

Elle est paniquée…

Alors il va falloir essayer de l'utiliser, elle est à présent paniquée et blessée, sa vie est menacée… On peut faire jouer l'instinct de survie, même si ça n'a pas l'air d'être sa préoccupation première.


Il rattrapa aussi vite que possible Jena, laissant la créature dans sa curieuse manœuvre, lui posant la main sur l'épaule pour l'arrêter.

« Un instant, elle vient de nous dépasser et nous attend dehors, je crois… Elle se comporte curieusement, et elle est à présent blessée, je vais repasser devant, et on va voir si on ne peut pas la convaincre. »

Par on, il entendait évidemment le seul capable d'être comprit par cette créature, et il allait falloir être attentif, il sentait que les choses pouvaient évoluer très vite, mais surtout, il y avait là un animal au comportement singulier, et donc imprévisible.
Il dépassa la coude, un instant ébloui par la lumière extérieure déclinante, et fit face à la créature, l'épée dans une main, sa torche dans l'autre, Monarth se reposant à nouveau sur son épaule. Et c'est le dräke qui s'imposa à la wyvern.

Si tu nous laisses passer, tu vivras, cette créature… cet humain, t'épargnera, et la femelle te soignera peut-être à notre retour. Si tu insistes, il te tuera, car il n'a aucune intention de faire demi-tour et tu n'es pas en état.

Ce message véhiculait également de nombreuses pensées terrifiantes, l'idée même de la mort afin d'essayer de réveiller les instincts primaires que cette créature semblait ignorer. A voir maintenant si elle retrouvait la « raison » ou insistait pour en découdre, dans les deux cas, ils étaient tout deux parés à frapper fort, dans sa chair ou dans son esprit.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 9 Sep 2015 - 13:07

L’animal blessé poussa un long cri avant que le dräke ne tenta de communiquer avec. Les ailes perpendiculaires avec le sol, le ventre posé sur la roche afin de reposer la patte blessé, la wyvern attendait, elle poussa finalement un deuxième grondement lorsqu’elle reçut les images terrifiantes de la petite créature et renvoya plusieurs autres images vers le petit dragon. Celles d’une grande créature blanche fine et élancée, reptilienne et majestueuse, avec un bec et deux cornes sur son front et un torrent d’éclairs sortant de sa gueule pétrifiante. Puis d’autres images défilèrent, celles d’un dragon noir poursuivant à travers plaines et collines un troupeau de béliers que des nains montaient, puis un navire en pleine mer se faisant déchiqueté par la gueule d’un Luin Delth.

La wyvern redressa la tête, une autre de ses congénères vint se poser sur un pic à une dizaine de mètres, elle était brune et plus grande, peut-être cinq ou six mètres. Mais un troisième des leurs, vint les rejoindre à la gauche du jeunot. Cette fois-ci, Monarth reçut l’image de Jena et du Foen Delth. Les trois reptiles n’attendaient que la réponse du dräke. Elles avaient toute un comportement inhabituel, aucune colonie de ces créatures n’avait jamais été repéré, elles se réunissaient que pour l’accouplement en début de printemps. Mais comme le petit dragon l’avait sans doute compris, elles étaient là pour quelque chose, et toutes à présent renvoyées l’image de Jena. Peut-être le sentira-t-il mais cette image n’était pas la leur, non pas le fruit de leur vision ou imagination mais plutôt celles d’un souvenir d’autrui. Comprendront-ils à qui faisaient-ils face ?


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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 9 Sep 2015 - 14:59

Toute cette histoire commençait à tourner aussi mal que curieusement… D'une unique de ces créatures, on venait de passer à trois, chacune d'elle ayant un comportement anormal, mais qui allait partiellement s'éclaircir par la suite, soulevant encore plus de question quant à la suite. Il revenait aux deux humains présents dans cette assemblée reptilienne d'attendre et ils remettaient plus ou moins la suite entre les mains du plus petit – mais pourtant l'un des plus grands par l'esprit – de toute cette scène, unique capable d'établir le dialogue d'une façon saine et constructive entre les différents acteurs.

En somme, et pour son plus grand plaisir, qu'il prenait soin de camoufler tout de même, toute cette histoire une fois de plus, et plus que jamais, reposait sur Monarth ! Prenez en de la graine, vous qui le toisez de haut !

Des images qu'il transmit, du sens qu'il y donna, il y avait là des révélations… Un dragon noir plus au nord, chez les nains, un dragon dans les mers, envoyant par le fond un navire. C'était intéressant, certes, ainsi que curieux… Il considérait les rapports entre les dragons qu'il avait connu comme le fruit des rapprochements humains, et toutes ces images, que ces créatures ne pouvaient détenir d'elle-même tant cela suggérait la couverture d'un grand domaine, supposait des rapports entre ces différents dragons, un lien entre eux.
Mais il ne devait pas se préoccuper de cela, pour l'heure, il y avait toujours trois lézards géants leur faisant obstacle. Il partagea l'ensemble des informations qu'il venait de récupérer, aussi bien que le permettait un outil aussi maladroit que le langage, d'autant qu'elle semblait au cœur de plusieurs de ces images, probablement transmise par le Blanc… Ce qui supposait qu'elles étaient rassemblées là à cause de lui… Par sa volonté ?

Et elles ne les attaquèrent pas, elles s'écartèrent même, non sans fixer attentivement Jena… Ces lézards pour verrou, Jena pour clé ? Mais par quel biais le dragon pouvait-il avoir à ce point autorité ? Cette pensée inquiéta Arthur qui tourna ses pensées vers un Monarth qui avait suivi son cheminement.

Ne t'en fais pas, il n'aura aucune autorité sur moi, il me dépasse peut-être par la taille, mais je ne suis pas aussi bête qu'elles, et je n'ai aucune raison de me soumettre, il n'y a aucune hiérarchie comme chez vous autres, humains.

Décrivant la scène qui se dévoilait sous ses yeux, il prit le bras de Jena doucement, son épée toujours dans l'autre main, et commença à progresser dans cette courte allée singulière, pour se retrouver face à une interception… Que Monarth anticipant la demande s'empressa d'inspecter, pour revenir bien vite… Un ravin d'un côté, c'était une impasse, il les mena donc sur la voie de gauche qui montait doucement.

Une pensée lui vint, comme une prière… Puissent-ils être proche du but, quel qu’en soit l'issue… Il voulait fermer cette parenthèse, reprendre sa vie véritablement en main, avec ou sans réponse.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 10 Sep 2015 - 13:27

    Les évènements qui se déroulaient étaient plus que surprenants… J’avais couru vers cette fameuse sortie en craignant que la créature ne m’attrape mais elle n’avait fait que courir à son tour vers l'ouverture pour…. Nous bloquer ? Arthur m’avait rattrapé et le silence était devenu pesant. Il ne semblait pas comprendre d’avantage que moi ce qui se passait dans cette grotte. Je sentis que le dräke communiquait avec le Wyvern mais je ne pouvais pas saisir ce qu’ils se disaient. J’étais en train de me demander à quel sauce nous allions être mangé quand Arthur me reporta rapidement ce que Monarth avait pu avoir comme information. 
    Des images de dragons coulant des navires, terrorisant des nains…. Et des images dans lesquelles je me trouvais… Cette créature avait dû « converser » avec le Blanc supposais-je, comment pouvait-elle transmettre des images de moi autrement ?
    Bien que je ne le montrais pas, j’étais complètement déboussolée par cette nouvelle information. A travers le voile noir qui masquait ma vue, je pouvais distinguer une silhouette, faite de fumée grise comme le reste mais étonnamment je pouvais voir ses yeux me scruter. Je sentais peser son regard sur moi et je fus convaincue qu’elle me laisserait passer si je continuais d’avancer vers l’ouverture. Mais je n'étais plus certaine de vouloir continuer.
    Monarth nous avait également mentionné qu’il y avait deux autres de ses créatures à l’extérieur, mais que pour l’heure elles ne semblaient pas agressives.

    « - Passe sans crainte et poursuit le chemin jusqu’au bout Gardienne »

    La petite voix fluette de Néera raisonna à mon oreille, plus fort que d’habitude. Sûrement à cause de ce silence de plomb qui nous enveloppait. Elle me redonna un peu de courage, parce que je savais qu'Elle n'était pas loin.
    Arthur reprit mon bras et me guida vers la sortie. Une fois dehors, je sentis les deux paires d’yeux des wyvern se braquer sur moi et suivre chacun de mes pas. Par Néera que se passait-il ? Dans quoi m’étais-je fourrée en acceptant cette quête ?
    Je ne fis pas attention au chemin qu’Arthur nous fit prendre, j’avais entièrement confiance en lui et en Monarth , je tâchais plutôt de me concentrer sur ce qui nous entourait, je faisais appel à ma magie pour sonder ce qui nous entourait. Mais rien ne semblait anormal et Néera elle-même m’avait dit de ne pas m’inquiéter…

    Le chemin finit par nous mener sur une espèce de haut plateau sur lequel se trouvait des pierres dressées, d’autres entassées. Je pouvais deviner la place de chacune et leur position, mais je ne parvenais toujours pas à comprendre le but de tout ceci. Où étions-nous ? Que faisais ces trois wyverns ici ? Et pourquoi le Blanc ne s’était-il toujours pas manifesté ?


Dernière édition par Jena Kastelord le Dim 13 Sep 2015 - 8:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 10 Sep 2015 - 15:08

Si il demeura silencieux pendant toute la durée de l'ascension qui les mena jusqu'au plateau, intérieurement, ses pensées s'agitaient, aux aguets quant à la suite autant que vis à vis de ce qui venait de se passer… Toute cette histoire était anormale, inimaginable, ce qui venait de se passer ne se concevait pas et il n'expliquait pas la supposée autorité du dragon sur ces créatures, ça ne lui paraissait pas dans l'ordre des choses.

Quand ils furent sur le plateau, il s'arrêta, et soupira, se séparant de Jena, tournant un peu en rond, sur lui-même, pour l'heure toujours silencieux, ce n'est qu'après un instant qu'il se mit à observer les lieux et le curieux agencement des pierres dressées, avant de se persuader qu'il était inutile d'y trouver un sens, c'était probablement lié à une ancienne pratique et croyance, mais c'était purement humain… Et cette seule pensée n'était qu'une distraction.

« Eh bien... »

Oui, juste ça, comment décrire ce qu'il venait de vivre et de voir… Jena n'en aurait qu'une perception différente, et les commentaires qu'il en avait fait, mais il avait vu trois créatures capable de le mettre en pièces, sans que rien n'arrive comme c'était supposé – une bonne chose, certes, mais il doutait qu'en de commune circonstance, ces trois bestiaux ne se retrouvent pour prendre le thé, comme se semblait être le cas – et si il avait pu afficher de l'assurance folle face à une, les trois avaient suscité en lui l'idée de la mort.

« Bon… Je crois que ces créatures ont été… recruté, je ne saurais dire comment, par le Blanc pour garder cet endroit… » Oui, c'est une bonne façon pour commencer l'analyse des événements. « Le bon point à tirer de tout ceci, c'est que nous sommes là où il faut, à priori, donc l’œuf, si il est bien là, et si cette histoire ne cache pas tout autre chose, ne doit plus être bien loin. » Mais une chose lui vint, avec les images que Monarth avait reçu, une inquiétude. « Néanmoins, je crois que nous ne sommes pas au bout de nos peines… Ces images, elles montraient des dragons agressifs, s'attaquant aux nains, s'attaquant à des navires probablement sur leurs territoires… Pourquoi en serait-il autrement de ce Blanc ? On ignore toujours la raison de sa manœuvre, le fait qu'il vous ait contacté, le fait qu'il ait, par ailleurs, « recruté » des chevaliers, la prudence que vous a suggéré Néera à son sujet… Il y a encore plusieurs sujets brumeux, et j'en viens à craindre un affrontement, davantage encore si il peut contrôler d'une façon ou d'une autre ces créatures. » Parce qu'un dragon seul était déjà un sacré adversaire, mais si il devait se joindre à la danse trois énormes reptiles… Quand bien même Néera pouvait défendre sa Gardienne, à supposer qu'elle le fasse, sa propre vie ne méritait peut-être pas qu'elle fasse cet effort supplémentaire. « Dans tout les cas, je crois qu'il faut continuer, on ne doit plus être très loin… Qu'en dites-vous ? »

Autant aller au bout des choses, il était allé trop loin pour hésiter ou reculer… Qu'importe ce qui se trouvait au-delà de ces pierres dressées, la mort ou une opportunité, ça lui était promit et il s'en saisirait.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Dim 13 Sep 2015 - 8:56

    Arthur me guida jusqu'au centre du plateau puis il me lâcha et entreprit de faire le tour. Je ne doutais pas une seconde que cet endroit devait être surprenant pour un voyant et qu'il y avait forcément une multitude de chose à regarder. Mais malgré ma cécité je ne restais pas en reste. Il émanait de ce lieu une magie, une force presque qui semblait plus ancienne que bien des choses en Péninsule. Je n'aurais pas su expliquer avec des mots ce que je ressentais à cet instant, mais c'était très étrange. Des vibrations particulières, comme des ondes me traversaient et je sentais une autre forme de magie caresser la mienne. Pour le moment rien ne me semblait hostile et c'est bien la seule chose qui me rassurait en cet instant, parce qu'après tout, comme l'avait fait remarqué Arthur, l'attitude des trois reptiles étaient plus totalement inhabituelle et rien ne nous garantissait qu'elle change radicalement de comportement d'une seconde à l'autre.

    Arthur ne chercha pas à m'expliquer d'avantage la topographie des lieux, et cela m'arrangeait je voyais difficilement comment j'aurais pu expliquer clairement que je « voyais » parfaitement à quoi ressemblait ce plateau. En revanche il essaya de faire le point, à haute voix et je l'écoutais en hochant la tête chaque fois que j'approuvais ses paroles.
    En effet ces wyverns semblaient avoir été enrôlées par le Blanc et c'était déjà un premier point bizarre. J'acquiesçai une fois de plus lorsqu'il déclara que les images transmises à Monarth signifiaient d'abord que nous étions au bon endroit et qu'on devait se méfier de l'attitude du dragon. Après un bref silence, je m'avançais vers l'une des pierres dressées, plus grande mais pas plus différente que les autres. Je posais ma main sur la roche et sentis une nouvelle fois cette vague, légère comme une brise sous ma paume.

    « - Effectivement je pense que nous sommes là où le Blanc a voulu nous guider. Cet endroit est.... balayé par une magie que je ne connais pas. Je ne sais pas à quoi a servir cet endroit, mais c'est un lieu.... chargé. »

    Difficile d'être plus claire. Après tout ce n'était qu'une sensation, une conviction personnelle même. Peut-être me trompais-je complètement.

    « - Je ne comprends pas le but de tout ceci, ces créatures qui nous attendaient, cet endroit.... et puis il n'y a aucun œuf ici... Pourtant, j'ose croire encore que le Blanc ne nous aurait pas mené jusqu'ici pour rien. S'il avait voulu s'en prendre à moi il aurait pu le faire lorsqu'il m'est apparu … »

    Cela me semblait complètement absurde qu'une créature de cette envergure se présente devant une simple humaine avec une demande particulière et qu'il disparaisse ensuite comme s'il n'était jamais venu.

    « - Il m'avait dit qu'il ne serait jamais loin et qu'il me suffirait de l'appeler … pourtant depuis notre arrivée dans les Monts Corbeaux il n'a plus répondu à aucun appel. Peut-être qu'il voulait éprouver notre ténacité et notre mérite, peut-être qu'il s'en fiche complètement et qu'il joue seulement avec nous comme un chat avec deux souris...Je devrais l'appeler maintenant qu'on en finisse enfin, peut-être qu'ici il nous répondra. »

    Mon regard voilé de cette étrange fumée noire se posa sur le visage d'Arthur. Je le fixais comme si j'avais pu le regarder droit dans les yeux. Peut-être pour chercher son approbation. Quoi qu'il en soit, une longue minute s'écoula avant que je prononce le nom du Blanc dans une énième tentative.

    « - Foen Delth »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 14 Sep 2015 - 7:39

Qu'on en finisse, en effet… Quel qu’en soit le résultat, cette quête lui avait ouvert les yeux sur certaines choses, et il lui tardait de reprendre sa vie en main, une fois qu'il aurait accompli de menues tâches pour tourner la page, et ce même si il lui fallait à nouveau côtoyer cette noblesse dont il était issue et qu'il s'évertuait à éviter autant qu'il lui était possible à présent.

Dès qu'elle prononça ce nom, il observa les alentours, guettant la moindre réaction, le moindre mouvement, espérant surprendre une éventuelle réaction du Blanc avant qu'il ait pu les atteindre, mais il n'en fut rien, pas le moindre dragon… Il ne comprenait pas le sens à donner à toute cette histoire. C'était peut-être pour les éprouver, mais qu'avaient-ils vraiment prouver au cours de ce voyage ? Une lueur attira son attention, émanant de derrière un large menhir, une lueur qui n'était pas là quelques instants plus tôt.

« Il y a une lueur par là-bas, je vais aller voir ce dont il s'agit. »

Et il se mit en marche, dépassant la pierre dressée pour tomber nez à nez d'abord à un petit ruisseau qui serpentait paisiblement. Le jeune wagÿl ? Cette pensée lui traversa l'esprit avec un sourire, et il poursuivit jusqu'à tomber sur une « muraille » de pierres, haute d'un mètre cinquante et sous lesquelles s'écoulait le ruisseau. Il devait continuer de suivre le cours d'eau, c'était lui qui veillait sur le sommeil de l’œuf, d'après l'indice qu'on leur avait laissé. Il regarda par dessus les pierres et l'aperçut finalement, l'objet de ce périple, l’œuf du Dragon Blanc.

Après avoir crié à l'attention de Jena sa découverte, il entreprit d'escalader prudemment l'amas de pierres qui le séparait encore de son objectif. Quelques pas encore le séparait, mais son attention n'était plus focalisé sur l’œuf mais sur le ciel alentours, il craignait qu'on lui tombe dessus au dernier moment, et c'était tout naturel… Il n'y avait plus qu'un pas à faire, mais rien ne venait, aussi le franchit-il pour finalement examiner sa trouvaille.

« Je te trouve enfin… Tu ne peux imaginer tout ce que tu représentes et tout ce que j'ai du traverser pour te rencontrer. »

Ca n'était pas seulement ce voyage, c'était un bien plus long… Un nouveau but, une nouvelle raison, une volonté renouvelée, c'était ce que représentait ce dragon, bien au-delà de la vie, si précieuse, que renfermait cet œuf. Il porta sa main sur sa coquille, la reculant d'abord immédiatement après avoir subi un choc, mais il y revint, la posant longuement, fermant les yeux, comme espérant capter quoique ce soit de l'être au-delà de cette barrière.
Ne pas traîner… Il pouvait encore y avoir des ennuis en attente, il ne serait vraiment en droit de s'égarer de la sorte qu'une fois garantie la sécurité de l'oeuf et de Jena, ainsi que la sienne, mais pas avant.

Vidant l'un de ses sacs, récupérant tout de même ce qui lui paraissait le plus important – et constituant une protection supplémentaire avec ses changes – il y glissa soigneusement l’œuf, et refit le trajet inverse en prenant soin, autant qu'il était possible, de ne pas trop secouer son nouveau passager et revint finalement vers Jena.

« Je l'ai. » Que dire de plus ? « Je ne comprends pas tout à ses manœuvres, mais on l'a, c'est l'essentiel... » Beaucoup de questions encore sans réponse, mais était-ce réellement important ? Ils avaient réussi, c'était la seule chose qui comptait vraiment, il fallait encore être sur ses gardes, mais il ne croyait pas le dragon capable d'attaquer ceux qui possédaient à présent son œuf. « Allons-nous en d'ici… Je veux quitter cet endroit avant qu'une surprise nous tombe dessus. »

Elle semblait d'accord avec cette idée, et il lui reprit le bras, la reconduisant sur le chemin qui les mènerait aux wyverns… Qui s'en étaient allées, à l'exception de la plus jeune qui s'était prit d'affection pour un ours… qu'elle dévorait à présent. Il avait passé un marché avec cette dernière, et il en glissa un mot à Jena.

« Tout à l'heure, Monarth a suggéré à cette créature que si elle nous laissait passer, vous pourriez peut-être la soulager de la blessure que je lui ai infligé. Voulez-vous qu'il le lui propose, ou vous préférez ne pas prendre de risque et qu'on passe notre chemin ? »

C'était à Jena de prendre la décision, cette créature s'en remettrait peut-être d'elle-même, mais il était partagé entre le fait de tenir parole et la vision de cette créature dévorant un ours. Les autres partis pouvaient signifier que la tâche confiée par le Blanc était terminée, l'instinct reprendrait-il le dessus ? C'est pourquoi il s'en remettrait à la décision de Jena, et s'assurerait que tout se passerait pour le mieux, quelque soit son choix.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 14 Sep 2015 - 11:26

    Sur le moment mes paroles ne provoquèrent aucune réaction. Je ne sentais ni la présence du Blanc, ni rien d’autre de différent autour de nous. Pourtant Arthur mentionna l’apparition d’une lueur étrange. Je ne pouvais pas la percevoir aussi le laissais-je s’avancer pour voir de quoi il s’agissait. Je laissais échapper un soupir de soulagement lorsqu’il m’apprit qu’il venait de trouver l’œuf. Toute cette route, toute cette souffrance pour enfin mettre la main dessus. Nous étions loin d’en avoir fini et l’absence du Blanc commençait à m’inquiéter, mais j’étais soulagée que cette partie-là de notre quête soit enfin terminée. Nous n’avions plus à le chercher, nous pouvions regagner les plaines et enfin prendre une décision quant à la suite de notre aventure.
    Je laissais à Arthur le temps de récupérer l’œuf et de l’envelopper correctement. Il revint bientôt vers moi avec l’envie pressante de quitter le plateau. Moi aussi je ne voulais pas m’attarder aussi je n’émis aucune protestation lorsqu’il prit mon bras pour me guider vers la grotte.

    Je sentis la présence du reptile lorsque nous fûmes à quelques pas d’elle. Arthur s’arrêta et me fit alors savoir que par l’intermédiaire de Monarth il avait fait une sorte de pacte quelques minutes plus tôt. Que je la soignerai si elle nous laissait passer.

    « - Dites à Monarth qu’il la prévienne de mon intention de la soigner. Elle nous a laissé passer, je lui dois bien ça. Mais ça risque de prendre un peu de temps. »

    Je préférais prévenir le chevalier afin qu’il ne s’attende pas à ce que nous soyons à nouveau sur le départ la minute suivante.
    Je laissais quelques secondes de silence, le temps que le dräke transmette mon message à la wyvern. Puis sans faire de geste brusque, je passais la sangle de mon sac par-dessus ma tête et le posait en douceur sur le sol près de moi. Je n’avais pas besoin d’être chargée pour ça. Je fis alors un premier pas vers la créature et me stoppais afin d’être bien certaine qu’elle acceptait mon intervention.
    Elle avait détourné son regard de la carcasse sanguinolente de l’ours et l’avait fixé droit sur moi. Dans le brouillard d’ombre qui représentait son corps, je voyais très distinctement ses yeux reptiliens. Je m’avançais une nouvelle fois jusqu’à me retrouver tout près d’elle. Je pouvais sentir son souffle chaud s’échapper de ses naseaux. Elle ne bougeait pas, immobile comme pouvait l’être un lézard au soleil, mais son regard ne me quittait pas.

    « - N’aie aucune crainte… Cela ne te fera pas mal. »

    Je levais mes mains vers elle et posais doucement mes doigts sur sa peau écailleuse. Je sentis son cœur battre un peu plus vite qu’il ne l’aurait dû… Peut-être qu’elle avait tout aussi peur de ce contact que moi. Parce que oui, je n’étais absolument pas rassurée du tout. D’un coup de mâchoire elle pouvait m’envoyer au royaume de Tyra, j’étais donc loin d’être à l’aise.
    Pourtant lorsque je ressentis sa souffrance animale, je me concentrais à nouveau sur ma tâche et je fis glisser mes mains jusqu’à rencontrer la plaie. Le sang chaud continuait de s’en écouler lentement.

    Je fermais mes paupières et ma magie se répandit dans tout mon corps, de la pointe de mes cheveux jusqu’au bout de mes orteils. Je la sentais me traverser, m’habiter. C’était comme de l’eau chaude et brillante. De l’extérieur on pouvait voir mes mains baignées d’une lumière dorée, douce et apaisante. Je savais par expérience qu’il suffisait de la regarder pour se sentir serein et calme. En général, lorsque j’utilisai mon don au sein des temples, cette lumière apaisait la mère angoissée par la maladie de son enfant, ou l’homme dont la jambe n’était plus que chair ouverte et os brisés.
    Je n’avais plus aucun rapport avec le temps, je me concentrais seulement sur la plaie, et minute après minute, le saignement s’arrêta et la plaie commença à cicatriser. Je retirais mes mains et me reculais légèrement vacillante. Soigner demandait beaucoup de force et de concentration… et après notre ascension, et le maigre repas que nous avions mangé, je n’étais pas dans les meilleures conditions pour ça. Mais j’avais réussi à guérir la blessure. On voyait toujours la cicatrice, mais à ce stade-là, aucune infection n’était possible et la wyvern ne ressentirait plus aucune douleur.

    Je reculais lentement pour revenir près d’Arthur. Maintenant il fallait être certains que je ne l’avais pas soigné pour qu’elle se jette sur nous.

    « - Allons-y… mais c'est trop dangereux de redescendre maintenant. Il va bientôt faire nuit et je ne suis plus en état de marcher si longtemps. Peut-être que nous pourrions trouver un endroit pour dormir près de la clairière. »
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 14 Sep 2015 - 12:21

L'imposant lézard, une fois approché par Monarth se montra des plus coopératif, ses intentions toutefois hautement surveillé par ce dernier, voulant anticiper la moindre réaction violente ou agressive à l'égard de la jeune femme. C'était un gros effort à lui demander, il en prenait conscience, surtout après une telle journée, et il lui faudrait encore en demander un peu, ne serait-ce que pour se mettre en sécurité pour la nuit. Il la laissa pratiquer sa magie sans la perturber, vigilant comme son compagnon vis à vis de l'attitude de la créature, jusqu'à ce que la jeune femme en ait fini.

« J'aimerais mettre l'étroit passage de la grotte entre cette créature et nous, par sécurité, nous dormirons à l'intérieur, Monarth et moi veillerons, nous n'y avions vu aucun signe d'une occupation par quelconque animal, ça devrait bien se passer. »

Il rassembla ses affaires, y ajoutant quelques petites choses pour alimenter un maigre feu une fois qu'ils auraient poser leur camp de fortune, et c'est ainsi qu'ils se retournèrent vers la grotte, laissant derrière eux le jeune mais imposant reptile et ce lieu à la sinistre réputation… dont ils venaient peut-être de rencontrer la raison, bien au-delà de ce que d'anciennes croyances ont pu inscrire dans l'histoire de ce lieu.

Ils retraversèrent l'étroit passage, Arthur faisant preuve d'un surplus d'attention, tant vis à vis d'une Jena éprouvée par cette journée que pour l’œuf qu'il transportait, indifférent pour l'heure à ce que son propre corps avait à lui signaler sur son état. Il avait encore fort à faire avant de pouvoir se reposer, en l'absence de Caïn qui n'aurait pas été de trop après ces événements… Celui lui rappela ce qui l'attendait encore demain si il voulait tenir sa promesse, mais cela attendrait.
De l'autre côté, ils choisirent un endroit aussi plat qu'il était permit et s'y établirent, une fois le couchage de Jena en place, il lui concocta un petit repas à base de viande séchée et de pain et d'une tisane à base de passiflore « Pour trouver un bon sommeil » avait-il ajouté en lui tendant la tasse, ça n'était pas grand-chose mais le gros de leurs affaires étaient avec leurs montures, plus bas. Demain soir, une fois redescendu le délicat chemin, ils pourraient prétendre à un repas convenable.

« Dormez autant qu'il vous est nécessaire, Jena, à présent, nous avons le temps. »

Jusqu'à présent, cette quête avait été une course… Une chasse qu'ils venaient de remporter, même si il restait encore là, quelque part dans ces montagnes, des chevaliers qui le recherchaient eux-aussi. Mais il avait à ses côtés la Gardienne, et il serait inutile de le cacher, peut-être même profitable de le dévoiler, si ils venaient à les recroiser… Tant qu'il surveillait étroitement l’œuf.

Il se posa contre une paroi de façon à être en position assise, posant la précieuse sacoche près de lui tandis que Monarth venait s'installer sur lui, se couvrant d'une de ses ailes.

On va pouvoir se reposer, Monarth… On l'aura bien mérité, n'est-ce pas ?

Il eut un vague sentiment d'approbation de son compagnon qui se laissait aller au sommeil… Il restait encore à descendre de ces montagnes, ensuite, le voyage n'en serait que plus paisible vers Beltrod, et de là, il pourrait se reposer un temps, jusqu'à l'éclosion de l'oeuf… Quant à la suite, il la déciderait le moment venu.
Il veilla un moment, luttant avec le sommeil jusqu'à ce que son compagnon lui indique qu'il allait prendre le relais, et celui-ci le prit au mot et glissa dans le royaume des songes, sous la garde du petit lézard attentif.
Demain… Oui, demain était le début d'un nouveau chapitre.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 16 Sep 2015 - 12:13

    Lorsque je me réveillais, il faisait encore nuit. Il était tôt, très tôt j’en étais persuadée pourtant je n’arrivais plus à dormir. La veille j’avais sombré rapidement dans un sommeil profond grâce à la tisane que m’avait préparé Arthur. Si mes cauchemars s’étaient tenus à l’écart les premières heures, ils m’avaient empêché de dormir jusqu’à l’aube… et cette fois j’avais vu des images que je n’aurais préféré jamais voir… Le visage de Caïn figé par l’horreur de la situation et puis sa détermination lorsqu’il avait sorti son couteau pour couper la corde. J’avais pleuré pendant mon sommeil et je pleurais encore maintenant, je sentais mes joues humides.
    Je me redressais sur mon couchage et m’enveloppais dans ma couverture. La température avait chuté, en partie parce que notre maigre feu s’était éteint depuis longtemps et parce que nous étions tout en haut d’une montagne. J’entendais la respiration lente et régulière d’Arthur à quelques mètres de moi. Je me levais, déplais la cape qui m’avait servi d’oreiller et je m’approchais de lui comme si j’avais pu voir en plein jour. Je m’arrêtais près de lui et le recouvrit de l’épais tissus, un instant je posais ma main sur sa joue que je trouvais un peu trop froide … mais cela ne semblait pas le déranger pour dormir. Il y avait peu de personne dont je n’évitais plus le contact, et Arthur en faisait partie, parce que je savais que je n’y lirais pas cette noirceur terrifiante que j’avais pu trouver chez certains.

    Je m’éloignais de lui pour le laisser dormir et je m’approchais lentement, ma main glissant sur la paroi de la sortie. Je m’agenouillais près de l’ouverture et commençait à réciter ses prières mille fois prononcer. J’implorai Néera de nous aider à trouver la force et le courage de quitter ces montagnes et de retourner à Beltrod sans embuches, je priais pour Caïn et je priais pour les hommes.
    Durant ma méditation, je tentais de me remémorer ses visions que j’avais reçu durant notre périple, de ces morts que je voyais jalonner les rues, de cette noirceur épaisse que je voyais avancer sur le royaume des Hommes. Nous étions coupés de tout depuis tellement longtemps, que se passait-il à travers la Péninsule, pourquoi Néera était-elle si contrariée à ce propos. Je ressentais ce déséquilibre jusqu’au plus profond de mon cœur.

    « - Leur vanité va à l’encontre de l’Equilibre. Ils ont choisis de ne pas écouter. Tu devras faire entendre ma voix. Mes préceptes ont trop de fois été bafoués, au sein même des temples. Un long travail t’attend. »

    Je n’étais donc pas encore prête à regagner mon foyer. Ce n’était pas la première fois que la Déesse me faisait part de l’importance de cette tâche. Si l’Equilibre était menacé au sein même du Culte, il me faudrait voir chaque haut représentant, il me faudrait leur parler, les toucher aussi et sonder leurs âmes. Je devrais leur rappeler les paroles de Néera pour que chaque Prêtre et chaque Prêtresse respecte les enseignements de la Déesse.

    Cela faisait plusieurs heures que je n’avais pas bougées, absorbée dans mes prières et ma méditation. Le soleil se levait et je sentais les rayons réchauffer mes joues glacées. Lorsque je me levais, mes genoux étaient douloureux mais je n’émis aucune protestation, j’étais habituée.
    Je retournais au fond de la grotte et je sentis aussitôt qu’Arthur ne dormait plus. Il ne m’avait pas dérangé et je l’appréciais davantage pour ça. La gentillesse et la douceur qu’il me témoignait depuis la veille était un vrai baume sur la blessure que m’infligeait la perte de Caïn.
    Je m’approchais de lui et poser ma main sur son bras pour attirer son attention alors qu’il s’affairait, j’essayais de ne pas braquer mon regard mort sur lui, par gêne il fallait bien l’avouer.

    « - Je voulais vous remercier pour tout ce que vous faites pour moi. J’ai bien conscience d’être un fardeau dans ces montagnes, j’ai voyagé seule des semaines, mais ici le brouillard me paraît plus épais.»

    Je pouvais me déplacer sans difficulté dans le royaume des hommes, mais ici… peut-être que nous étions dans le royaume d’autres créatures.

    « - Caïn était un fidèle ami à mon époux, je le connaissais depuis de nombreuses années et sa présence était réconfortante durant ce voyage… Il va beaucoup me manquer… Mais vous m’avez montré que je peux compter sur vous et ça me touche. Je voulais que vous le sachiez. »

    Ma voix n’était pas assurée lorsque je prononçais le prénom de Caïn, penser à mon ami faisait à nouveau monter les larmes à mes yeux. Mon statut de Gardienne faisait parfois oublier que j’étais tout le contraire d’une femme sûre d’elle. En cet instant j’étais plus fragile que je ne l’avais probablement jamais été. Loin des miens, dans un lieu dangereux, faisant le deuil d’un ami cher et baladant un objet pouvant attiser bien des convoitises…. Oui j’étais fragile, mais il me faudrait le cacher une fois sortie de cette grotte.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 17 Sep 2015 - 9:38

Encore une nuit où le sommeil lui aura paru artificiel, seulement facilité par les breuvages qu'il se préparait… Plus encore que les autres soirs, d'ailleurs, son esprit lui avait semblé troublé par les derniers événements. Il avait beau finalement avoir trouvé l'objet de cette quête, la sérénité lui était interdite, tout comme la possibilité de se reposer. Ils n'étaient pas encore tirés d'affaire, des obstacles qu'il pouvait concevoir, naturels ou humains, à ceux qui demeuraient dans le brouillard, il y avait matière à les ennuyer encore d'ici à la plaine.
Et au-delà, repensant aux images qu'il avait vu des autres dragons, il songea à l'avenir et à la coexistence avec les autres peuples… C'était de rares individus isolés, assurément, mais il le savait, l'amalgame vient aisément dans ce genre de situation. De cela, il lui faudrait préserver ou préparer celui qui sommeillait encore dans cet œuf.

Quand il s'éveilla, Jena était déjà réveillée… Il avait espéré que la tisane l'aiderait, sachant la journée qu'elle avait connu la veille, mais il semblait que les cauchemars qu'elle faisait fréquemment ne l'ait encore rattrapé. Il la laissa à ses prières et méditations, à défaut de la rejoindre dans un exercice qu'il ne pratiquait plus depuis longtemps, il respecterait le calme que cela exigeait, et s'affaira à ses propres affaires, décrivant ses visions de la veille dans son carnet, il ne fallait pas qu'il oublie, cela pourrait avoir son importance plus tard.

« Ne vous en faites pas pour cela, bien sûr, votre cécité rend les choses plus compliquées, mais votre absence les auraient rendu impossibles, alors, en fin de compte, c'est la meilleure et plus simple manière de réussir. »

C'était une façon de concevoir les choses, des mots prononcés avec une certaine légèreté, il espérait qu'elle adhère à sa manière de voir sa présence, une façon de relativiser, de voir le verre à moitié plein plutôt que vide. Elle concevait sa cécité comme un fardeau, et c'était en parti le cas, évidemment, mais hier, face à ces trois créatures, c'est sa présence semblait-il, qui permit de passer sans encombre et sans avoir à se battre… et mourir.
Puis revint Caïn, le sujet d'une partie des tourments de la jeune femme, et de quelques unes de ses pensées du jour… Il était inutile d'essayer de la réconforter avec des mots, mais c'était une occasion d'introduire son intention du jour.

« En parlant de Caïn, que vous ne soyez pas surprise, lorsque l'on abordera la descente, j'enverrais Monarth repérer un chemin praticable et sûr jusqu'à sa dépouille. Je ne la laisserais pas à la charogne, les hommes comme lui méritent davantage d'honneurs, les rites en vigueur et une sépulture… »

C'était la meilleure manière pour lui de rendre hommage à l'homme et apaiser la douleur de la jeune femme, du moins le pensait-il. Mais ils n'y étaient pas encore.

« Bon, je vais rassembler nos affaires, lorsque vous serez d'attaque, nous pourrons partir, le plus dur sera aujourd'hui, au-delà, et lorsque nous aurons récupéré nos montures, la descente devrait être plus paisible et sûr… et plus rapide qu'à l'aller, nous savons où nous allons. »

Mais d'abord, il fallait descendre ce chemin ardu devenu meurtrier… Ils pourraient véritablement soufflé ce dernier grand obstacle franchi.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mer 23 Sep 2015 - 12:53

    Arthur me rassura avec légèreté sur le fardeau que je représentais dans cette quête, j’hochais la tête mais ne fit aucun commentaire. On pouvait effectivement croire que ma présence avait été nécessaire… Mais je resterai la seule responsable de la mort de Caïn et cela me pèserait sur la conscience jusqu’à ma mort. Comme s’il lisait dans mes pensées, le chevalier me précisa que lorsque nous entamerions la descente il veillerait à ce que le corps de Caïn soit préservé des charognes et qu’il ferait en sorte qu’il reçoive une sépulture. Je ne fis aucun commentaire, mais j’étais émue qu’il s’attache à honorer mon ami. Il s’affaira ensuite à ressembler nos affaires. Alors que j’allais m’éloigner pour ne pas le gêner je me rappelais ce que contenait son sac.
    Je n’avais pas encore eu l’occasion de « toucher » l’œuf, je ne m’attendais à rien de particulier en le faisant, mais après tout il y avait eu temps d’épreuves et de souffrance pour le trouver que j’avais gagné le droit de le contempler à ma façon.

    « - Arthur, j’aimerai voir l’œuf s’il vous plait. »

    Ce n’était ni mon œuf, ni le sien, mais après tout je l’avais chargé de veiller sur lui. J’attendis quelques secondes avant qu’il me dépose entre les mains la sacoche qui contenait l’objet de ma demande.
    Je m’installais par terre et posais la sacoche sur mes genoux délicatement. Je posais ensuite mes doigts sur la coquille et je soulevais légèrement l’œuf. Il n’était pas aussi lourd que je l’avais imaginé, et sa coquille était rugueuse, bien plus dure que celle d’un œuf normal, comme de la pierre mais il n’était pas froid, légèrement tiède même. Je le manipulais avec précaution pour ne pas agiter l’être qui se trouvait à l’intérieur et pour éviter toute catastrophe.

    Je ne sais pour qu’elle raison je me décidais à utiliser ma magie pour sonder l’œuf et son occupant. Je voulais m’assurer qu’il allait bien, qu’il était en bonne santé et qu’on pouvait le transporter sans risque. La chaleur sous mes doigts s’intensifia légèrement comme pour répondre à ma question. Je pouvais sentir son cœur battre de façon régulière, je savais qu’il grandissait doucement. Aussi inattendue que cela pu l’être, j’entendis subitement dans ma tête la voix profonde du Blanc.

    « N’oublie pas Petite Humain, mon héritage doit être protégé. »

    Après quelques secondes durant lesquelles je tâchais de comprendre, je refermais la sacoche et la tendit à Arthur. J’étais certaine que le Blanc n’était pas là. Du moins il n’était pas dans les environs immédiats, c’était comme… Comme s’il m’avait parlé à travers l’œuf. C’était complètement insensé mais je ne voyais aucune autre explication.

    « - Il a l’air d’aller bien » dis-je simplement à l’attention d’Arthur.

    Il était grand temps de quitter cette grotte et de prendre le chemin du retour. Je ne sais pas combien de temps je pourrais rester à Beltrod cette fois, mais j’avais hâte de retrouver les miens.
    Je passais la bandoulière de mon sac sur mon épaule et me dirigeais vers la sortie. Le soleil brillait droit devant la sortie, je pouvais sentir ses rayons sur mon visage. Je savais que la descente serait sûrement plus compliquée à négocier que l’escalade de la veille, mais j’avais confiance en Arthur.

    « - Allons-y. Il me tarde que cette journée soit loin derrière nous. »

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Arthur
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Jeu 24 Sep 2015 - 9:45

Ça n'était pas la journée qu'il était impatient de laisser derrière lui, mais ces montagnes dont il pouvait deviner la présence d'éventuels obstacles sans y donner une forme concrète, il voulait souffler, se reposer mais ne le pouvait pas.

Il n'avait observé que du coin de l'oeil, tout en finissant les préparatifs au départ, la manipulation de l'oeuf par Jena… qui employa la magie sur ce dernier. Il lui fallait admettre avoir hésiter à intervenir, soucieux des possibles conséquences qu'un tel contact pouvait avoir sur la créature qui y sommeillait encore, mais il ne pouvait pas y faire grand-chose, et si c'était un mal, il était trop tard pour l'empêcher. Il récupéra simplement sans un mot la sacoche lorsqu'elle la lui rendit.

« Nous ferons ce qu'il faut pour que cela dure. »

Et lorsqu'elle fut prête, ils se mirent en route, un dernier regard sur la petite faille menant à la tanière de la créature et à cet étrange lieu dont il ignorait le sens autant que l'ancienneté. Dès lors, ils revinrent sur leurs pas, parcourant cette grotte qu'ils traversaient la veille pour finalement retrouver la lumière et l'air frais et le petit plateau qui les séparait de la difficulté du jour, rien en vue, ils continuèrent.

Vas me retrouver Caïn et un chemin sûr… Prends tout ton temps. 

Une façon de dire au dräke qu'il avait quartier libre, dès lors qu'il lui rapportait l'information, il n'y aurait plus lieu d'exiger quoique ce soit de son compagnon ensuite, lui aussi reprenait sa vie, c'était la dernière chose qu'il attendait de lui pour cette quête.

Et merci, sans toi, rien de tout ceci n'aurait été possible.

Il sourit à l'attitude fier et à la fanfaronnade du dräke avant qu'il ne décolle et disparaisse de sa vue. Il allait le laisser tranquille, assurément, jamais il n'avait tant demandé, et avec autant d'insistance, et il ne pouvait qu'être reconnaissant de la bonne volonté du reptile, admiratif de l’énergie qu'un si petit être avait su investir. Il n'était pas près de rembourser sa dette envers lui.

« J'aurais une suggestion à faire, si vous permettez. J'ignore précisément où nous sommes dans les Monts Corbeaux, mais il y a une chose dont je suis certain, en partant vers le sud, d'ici, nous rejoindrons assez vite Hautval, puis Erac, c'est probablement le chemin le plus simple et le plus court pour rejoindre Beltrod. »

C'était une idée qu'il avait eu en veillant, il ne voulait pas revenir complètement en arrière, ça n'avait pas d'intérêt, autant écourter au plus le voyage, d'autant que l'itinéraire suggéré était plus aisé que le long trajet qui les attendraient en repassant par l'Est.
Il lui laissait jusqu'au monture pour envisager cette option… Pour l'heure…

« Nous voila au début du sentier, il va falloir vous fier à moi, on va y aller aussi doucement et prudemment que nécessaire. »

Et tenant Jena, c'est ce qu'il fit, demeurant aussi souvent qu'il était permit par le terrain le plus éloigné du bord, soucieux de s'épargner, à lui et Jena, le même sort que leur compagnon. Cela leur prit assurément plus de temps qu'à l'aller, et se fut plus pénible et compliqué, mais c'était un prix qu'ils acceptaient de payer pour rester en vie, et finalement, ils parvinrent au bout du sentier, non sans avoir manqué plus d'une fois chutes et dégringolades. Ils allèrent récupérer leurs montures qui n'avaient pas bougé depuis la veille, et levant les yeux vers un arbre, Arthur retrouva son compagnon, paressant dans les branchages, il le sentait rassasié, l'impression que son ventre allait exploser.

L'autre humain n'était plus là, et il y avait un curieux tas de terre.

Il lui transmit l'image d'un endroit où la terre semblait fraîchement retourné.

Tu vas pouvoir te laisser tomber en douceur, mon vieux, ou dois-je monter pour te récupérer ?

Je crois surtout que je vais continuer à digérer et je vous rattraperais plus tard…

A ta guise, repose toi bien.


Ils avaient eu cet échange alors qu'il rassurait sa monture, accrochant ses propres affaires, à l'exception de son épée et de la sacoche contenant l'oeuf, puis il s'occupa des deux autres montures.

« Jena, il semble que quelqu'un ait trouvé Caïn et l'ait enterré non loin du lieu de sa chute… Nous ne sommes pas seuls dans les parages, et puisqu'il semble qu'on ait offert une sépulture à votre ami, je vous propose qu'on ne s'attarde pas plus. »

Il était tout aussi reconnaissant que méfiant à l'égard de celui ou celle qui avaient fait ce geste…


Dernière édition par Arthur le Lun 12 Oct 2015 - 18:31, édité 1 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Mar 6 Oct 2015 - 11:35


    La descente fut longue et éprouvante. Ne rien voir était un énorme handicap, je ne pouvais rien anticiper, je devais seulement me fier à Arthur. Si je lui avais déjà accordé ma confiance durant ce voyage, je dois reconnaître que ces heures cauchemardesques, accroché à lui, finirent de me convaincre que je pouvais lui confier ma vie sans problème. Il prenait soin de m’indiquer chaque changement de terrain, il n’allait pas trop vite, mais pas trop lentement non plus pour ne pas me faire encore plus culpabiliser. Lorsque nous fûmes enfin en bas j’étais épuisée, mais ravie. On allait pouvoir mettre des lieux et des lieux entre cette sombre montagne et nous.
    J’avais l’impression que tout avait été trop facile depuis ce matin, mais maintenant je priais pour que ce soit bien le cas et que rien ne nous empêche de filer vers Beltrod… vers ma famille.

    Arthur retrouva nos chevaux, je les entendis hennir de plaisir. Ils n’avaient pas dû apprécier d’être attaché aussi longtemps.

    « - Vous avez sans doute raison, partons vers le sud. J’espère que nos vivres suffirons jusqu’à la prochaine ville. »

    L’idée que nous avions maintenant la part de Caïn effleura mon esprit, cela me rendit presque malade de penser qu’il était quelque part dans ses montagnes, exposé au vent et aux charognes.
    Je m’étais assise pour reprendre mon souffle et je n’avais pas remarqué la présence de Monarth. Ce furent les paroles d’Arthur qui m’apprirent que le dräke était avec nous. Je fronçais les sourcils en entendant dire que le corps de Caïn avait été enterré. Qui avait bien pu faire une chose pareille ? Qui s’était aventuré dans ses montagnes et était tombé sur le corps de notre compagnon de voyage.

    « - Pensez-vous qu’il puisse s’agir des chevaliers que nous avons rencontré ? »

    Ce devait être eux… qui d’autre aurait erré dans cette partie de la montagne…Mais Arthur avait raison, il ne fallait pas s’attarder, la journée était bien entamée et il valait mieux mettre le plus de distance possible avec cette montagne et les créatures qui l’habitaient.
    Je montais en selle sans aide cette fois, et mon cheval suivit celui d’Arthur comme il avait eu l’habitude de le faire durant la première partie de notre voyage. Le silence pesait entre nous, peut-être conversait-il avec Monarth, quoi qu’il en soit je ne souhaitais pas le déranger dans ses réflexions, il avait déjà fait suffisamment pour moi depuis la veille, je ne pouvais pas lui en demander plus.

    Mais ce silence, les pas des chevaux, l’idée de rentrer enfin chez moi … tout cela me fit penser à mon ami mort et je ne pus retenir davantage mes larmes, silencieuses mais nombreuses. Qu’allais-je dire à Hanegard ? C’était l’un de ses plus vieux amis… et à Sargrill ? Je poussais un soupir et séchais mes joues du revers de ma manche. Il était mort pour me sauver la vie et j’espérais que Tyra en tiendrait compte dans son royaume.
    Cela faisait plusieurs heures que nous progressions sous le couvert des arbres, je n’avais pas vraiment d’idée sur l’heure qu’il pouvait être et malgré ma fatigue je me forçais à tenir bon en selle, néanmoins je poussais un léger soupir de soulagement lorsque l’on s’arrêta pour préparer notre petit feu de camp pour la nuit.

    Je n’avais pas été très utile la veille aussi fis-je en sorte de ne pas avoir besoin d’aide pour défaire mon paquetage, préparer mon couchage et même pour ramasser du bois ! Oui oui, maintenant que je me trouvais plus loin de cette grotte, j’avais retrouvé mes capacités à savoir des choses sur ce qui m’entourait que je n’aurais pas dû savoir à cause de ma cécité. Lorsque je me baissais, la main en avant, il y avait toujours une branche en dessous, ça ne m’étonnait presque plus… après tout j’avais vécu seule dans une grotte pendant presque deux mois…
    En ramassant de quoi alimenter le feu j’avais entendu le chant d’un ruisseau, j'avais donc fait un rapidement, mais nécessaire, brin de toilette, puis j’étais retournée près du feu.

    « - Maintenant que nous avons l’œuf » commençais-je pour rompre ce silence qui s’éternisait « Peut-être que nous pourrions parler de ce qu’il se passera après, lorsqu’il aura éclos. Où comptez-vous vous rendre ? »

    Nous n’avions jamais abordé ce thème puisque la première étape n’était pas franchie, mais maintenant que l’œuf était là, et que qu’on ne savait pas combien de temps cela prendrait avant que le dragon en sorte… Il était tant que je sache qu’elle serait ma route après notre séjour à Beltrod.
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MessageSujet: Re: C'est à l'ombre des Corbeaux que se poursuit la chasse [Jena]   Lun 12 Oct 2015 - 19:31

« C'est possible… Raison de plus pour filer aussi vite et aussi loin que possible avant la nuit… Si Monarth s'est remit et qu'il est d'accord… » Chose qui lui paru soudainement improbable, et il comprit que c'était une suggestion du dräke, et qui l'interrompit en pleine phrase… Pour la reprendre après un blanc. « mais il ne faut pas trop compter dessus… Donc hum… On s'éloigne le plus possible, vers le sud. »

Il semblait moins assuré qu'à l'accoutumée, plus maladroit, distrait. Monarth l'avait bousculé, bien qu'il comprenne parfaitement le dräke… Mais c'était désormais certain, il ne fallait plus compter sur le lézard, mission accomplie, il avait aidé à repérer les lieux, à trouver l’œuf, on ne pouvait en demander plus.
Quant à ces chevaliers… Il ne restait plus qu'à espérer qu'ils se soient égarés sur d'autres sentiers, bien qu'il leur était reconnaissant pour le geste, et qu'ils n'aient plus à les croiser. D'ici peu, il deviendrait parfaitement improbable qu'ils puissent les retrouver.

Et aucune rencontre n'eut lieu jusqu'à la nuit où ils cessèrent leur progression pour camper… Une fois les montagnes derrière eux, ils pourront se reposer, tarder davantage pour repartir, bien moins presser leurs montures… Bientôt, bientôt le repos.
En attendant, Jena initia une discussion à laquelle il réfléchissait depuis le soir où elle s'était engagée à lui confier sa protection, une fois qu'ils l'auraient trouvé… L'après-naissance du dragon.

« Lorsqu'il aura éclot... »

Il rassembla l'ensemble de ses idées sur le sujet, qu'il développait depuis un long moment déjà, mais plus encore depuis quelques ennéades et l'apparition publique du dragon.

« J'y ai un peu réfléchi ces derniers jours, davantage encore cette nuit… Je crois entrevoir ce qui suivra ces événements, si la tendance se poursuit… Lorsque est apparu le Blanc, en Alonnan, j'ai pu contempler de nombreuses réactions, des cris d'effrois autant que de poursuites aux armes tirées au clair sur l'instant, l'incrédulité et l'intérêt, peut-être même la convoitise après coup. »

« Et ces visions… Si celui qui a attaqué des navires se parera d'une couverture que lui confère d'autres géants marins, celui qui a combattu des nains ne laissera guère de place au mystère… Si les choses se confirmaient, dans les années, les décennies à venir, qu'elles se poursuivaient comme elles ont semble t-il commencé… Alors il y aura une guerre, une forme de conflit tout au moins... »


Une guerre, ou cela y ressemblerait, en tout cas… Il fallait s'y préparer, y préparer le dragon, bien qu'il aspirait, si de telles événements se produisaient, si il se liait véritablement à ce dragon à venir, à être un trait d'union, un intermédiaire dans les échanges à venir, pacifique ou hostile.

« Car aucun des peuples, je pense, ne sait plus cohabiter avec ces créatures, il faudra réapprendre à accepter la présence de l'autre… Et il y aura toujours des individus pour convoiter une telle force, ou pour la craindre au point de la chasser, ou pour considérer sa nuisance, tout autant qu'il y en aura, comme les nisétiens de jadis, pour en vénérer l'existence. »

Tout réapprendre, même lui ignorer grandement ce que c'était vraiment, de cohabiter avec un dragon, Leirn n'avait jamais eu un caractère envahissant et était consciente que le secret était une bénédiction, elle pouvait en jouir même si elle devait pour cela se restreindre… Quel attitude aurait celui qui était dans cet œuf ?

« Alors… Une fois qu'il aura éclot, et fonction de la saison à ce moment là, je quitterais la Péninsule pour l'Estrévent, je crois que lui autant que moi y serons plus en sécurité, il est plus aisé d'y disparaître, et j'y ai un refuge assuré au besoin, au moins jusqu'à ce qu'il ait atteint sa maturité et soit capable de se défendre ou d'échapper à ses menaces… Après cela, je ne peux rien prévoir, ça dépendra sans doute aussi bien de moi que de celui qui se trouve dans cet œuf, que de ce qui surviendra dans cette période. »

C'était une réponse complète et honnête, inutile de cacher quoique ce soit, après tout, même si il gardait encore quelques menus secrets – car il ne lui appartenait pas –, elle faisait parti de tout ceci… Mais une dernière idée lui vint, une chose qu'il craignait, mais pas pour lui-même.

« Mais vous n'aurez pas à m'accompagner là-bas, Jena, vous avez une famille, des enfants sur lesquels veiller, des hommes et des femmes qui comptent sur vous, ils sont plus importants qu'un seul dragon. »

Avec cette pensée lui vint la conviction qu'à ce moment là, il lui faudrait envisager la fuite discrète, disparaître même pour elle… Il ne pouvait accepter qu'elle abandonne tout, de ses plaisirs à ses responsabilités, pour cela, aussi, le moment venu, il lui faudrait peut-être la priver de la possibilité de choisir, Néera comprendra, si elle est la moitié de ce qu'on dit d'elle, l'intérêt de ses actes.
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