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 La paix de l'âme [Irys]

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: La paix de l'âme [Irys]   Jeu 3 Nov 2016 - 0:21



8eme jour de la deuxième ennéade de Favriüs de l'an 9

Après avoir assisté à l’Élévation de la nouvelle Haute Prêtresse, Tibéria était restée pensive. Quitter Soltariel s’était avéré bénéfique en détournant momentanément son attention de tout le reste. Non seulement son attention était tournée vers l’Élévation, mais elle pensait aussi au mariage auquel elle avait été invitée. Toutefois, voir Diantra dans son état actuel l’avait attristé. La ville des rois n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été. Quelques âmes courageuses s’employaient à la nettoyer et à la reconstruire, mais le processus sera long et la ville gardera à jamais les stigmates de la guerre. Ce n’était pas une mauvaise chose. Les gens ne devaient pas oublier. Il ne restait plus qu’à espérer que l’histoire ne se répète plus jamais, mais Tibéria savait que c’était hautement improbable. La nature humaine étant ce qu’elle est, ce n’était qu’une question de temps avant qu’une autre guerre éclate. Plusieurs années pouvaient passer avant qu’elle n’arrive, mais elle allait arriver, aussi inéluctable que le changement des saisons.

Au milieu des vestiges laissés par la tempête, la cathédrale s’élevait tel un phare brillant dans une nuit sans lune. Sa présence était rassurante et porteuse d’espoir. Le doute continuait d’assaillir Tibéria qui était désespérément à la recherche d’une réponse claire. Elle commençait à croire qu’il n’y en avait aucune. Alors qu’elle assistait à l’Élévation, toutes ses pensées s’étaient tournées vers la DameDieu. Elle n’avait pas osé lui adresser une requête de peur d’être impertinente, mais elle avait cherché le réconfort dans la quiétude de la cathédrale. Elle l’imaginait observant d’un œil bienveillant la cérémonie qui avait lieu. Cette simple pensée l’apaisait, mais sans totalement enlever le poids qu’elle avait sur les épaules. Tibéria avait besoin de se confier à quelqu’un, une personne dont on ne pouvait pas remettre en doute la sagesse.

Le lendemain de l’Élévation, Tibéria se présenta à la cathédrale flanquée de Cassio qui refusait de la quitter ainsi que d’une petite escorte. Elle toléra leur présence jusqu’aux portes, disant que personne n’oserait verser le sang à l’intérieur de l’enceinte sacrée de la cathédrale. Elle avait besoin d’être seule et même si elle appréciait Cassio, elle ne voulait aucune oreille indiscrète. Dans un sens, c’était entre elle et la DameDieu.

Elle entra dans l’immense bâtisse, hésitante. À vrai dire, malgré toute la dévotion qu’elle avait envers la DameDieu, Tibéria ne savait pas quoi faire. Elle avait simplement besoin de dire les choses en sachant très bien que ses petits problèmes de mortels n’avaient peut-être aucune importance. Justement, elle avait besoin de relativiser la chose. Sa visite à Diantra lui avait montré à quel point il y avait des gens qui souffraient bien plus qu’elle ce qui augmentait les doutes qui l’assaillaient. Depuis qu’Arichis avait été forcé de quitter Soltariel, tous les faits et gestes de Tibéria étaient passés au crible. On la jugeait systématiquement sur tout ce qu’elle faisait. Résultat, Tibéria marchait sur des œufs. Elle l’avait vu avec les Vrai Soltari. Ils l’avaient dit eux-mêmes : un instant elle s’exprimait avec assurance et la seconde d’après comme un pantin manipulé par quelqu’un d’autre. Au-delà de vexation provoquée par ce genre de commentaire, elle devait admettre qu’ils disaient vrai. Elle devait se détacher des évènements qui avaient tout chamboulé pour aller de l’avant et assumer pleinement ses choix. L’hésitation n’allait rien donner de bon.

Tibéria s’avança le long de l’allée jusqu’à atteindre la grande statue de la Déesse Mère. Elle s’agenouilla, ses mains jointes en coupe les paumes vers le haut avant de réciter silencieusement la prière habituelle.

« Ô Grande Mère, Créatrice et Fondatrice, accorde-nous ta pitié et préserve-nous du malheur. Ô Divine Patronne, Vierge Vénérable, apaise nos cœurs et veille sur nos enfants. »

Elle inspira profondément. C’était si paisible à l’intérieur de la cathédrale. Difficile d’imaginer qu’il y a quelque temps à peine, le chaos s’abattait sur la ville.

« Ô Grande Mère, mon cœur est en émois mon esprit est dans la tourmente devant les choix que j’ai faits et aux conséquences qu’ils ont eues. Nul doute savez-vous, Ô Grande Mère, ce qui s’est passé… Il me fallait faire un choix. J’ai fait celui qui me semblait le meilleur en suivant les lois terrestres comme vous nous l’avez enseigné. Néanmoins, ma décision a engendré beaucoup de souffrances chez des gens innocents et une famille dont les liens étaient très serrés est maintenant éclatée. Tant de malheurs se sont abattus sur eux en si peu de temps. D’abord la mort d’Oschide puis celle de la belle Azénor… Bien entendu, je ne suis pas responsable de ce qui leur est arrivé, mais j’ai l’impression d’avoir contribué à rendre la situation plus difficile encore. Même pour moi ça ne fait pas de sens sans mon esprit. Évidemment, Arichis d’Anoszia a brisé la loi en prenant sous sa coupe l’enfant roi, mais… quelles étaient ses réelles intentions? Je ne le sais pas. Voulait-il réellement le protéger ou était-ce la première étape d’un plan voulant mettre fin à la vie du garçon? M’a-t-il épousé seulement pour le pouvoir que cela lui donnait ou est-ce qu’il y avait une chance, même infime, qu’il puisse éventuellement m’apprécier réellement? Je ne le détestais pas… Je voulais l’aimer, sincèrement. Je voulais porter ses enfants. Ô Grande Mère, mon plus grand désir dans cette vie est d’avoir des enfants. Je veux des fils et des filles qui deviendront des adultes aimants et soucieux des gens qui les entourent. Je veux les guider dans ce monde en leur montrant ce qu’il y a de plus beau à offrir tout en leur enseignant à ne jamais détourner le regard sur la misère… Mais ça n’arrivera pas avec Arichis et j’ai l’impression d’avoir bafoué cette union sacrée qu’est le mariage sans savoir réellement ce qu’il avait en tête. Il n’a rien dit. Il a agi sans mon consentement, car il n’en avait pas besoin. Un jugement a été rendu en prenant compte des faits, mais plus j’y pense, plus je vois cette grande zone d’ombre. L’incertitude me ronge, mais je dois aller de l’avant. Je ne peux pas faillir à la tâche qui me revient maintenant. Je me présente humblement à vous, Ô Grande Mère dans l’espoir que mes doutes soient apaisés. Je sais que je n’aurais jamais les réponses que je cherche, mais j’aimerais avoir la certitude d’avoir bien fait. On me l’a dit et même répété, mais certains ont avancé le contraire avec des arguments que je peux difficilement réfuter. Personne n’a totalement raison ni tort. Je suppose que c’est ça la vie… Le cadeau que nous avons… De pouvoir choisir… C’est un don merveilleux, mais avec une lourde responsabilité qu’il ne faut pas oublier. »

Cette prière qui s’éternisait faisait un bien énorme à Tibéria qui osait croire qu’on l’écoutait. Ce simple fait même sans avoir de réponses à ses interrogations lui faisait un bien énorme. La DameDieu veillait sur elle, sur eux.

« Je dois aller de l’avant et me servir de ce qui est arrivé pour veiller à ce que ça ne se reproduise jamais. Les gens ont trop souffert… M’adresser à vous, Ô Grande Mère, m’a été d’un grand réconfort. Votre sagesse est sans limites. »

Un sourire timide apparu sur son visage maintenant détendu. Elle inclina légèrement la tête, n’ayant pas changé de position depuis le début de sa prière. Elle avait mal aux genoux et tenir la position devenait de plus en plus difficile. Tibéria n’était définitivement pas faite pour les efforts physiques. Sa prière terminée, elle la conclue de la même façon qu’elle l’avait commencé.

« Ô Grande Mère, Créatrice et Fondatrice, accorde-nous ta pitié et préserve-nous du malheur. Ô Divine Patronne, Vierge Vénérable, apaise nos cœurs et veille sur nos enfants. »

Elle se redressa, salua une dernière fois l’effigie qui se dressait devant elle avant de quitter les lieux l’esprit moins accablé. À l’extérieur, Cassio et les autres l’attendaient toujours.

— Vous allez bien? Demanda l’ancien esclave. Tibéria voyait bien que Cassio était réellement inquiet. Une ride soucieuse s’était creusée sur son front alors qu’il attendait la réponse de sa maîtresse.

— Oui, ça ira. Rentrons, j’ai une lettre à écrire.

++++++++++++++++++++++++++

Un peu plus tard…

À Irys d'Arosque, Haute-Prêtresse de Néera.

Je vous écris en ce jour afin de formuler une requête très grave. En effet, c’est avec le plus grand regret que souhaite divorcer d’Arichis d’Anoszia. Peut-être savez-vous pour les évènements qui ont secoué Soltariel récemment ainsi que pour le procès de mon époux Arichis d’Anoszia et de son bannissement des terres du Soltaar. Bien qu’en apparence, j’aie été épargné par cette tempête, elle ne fut pas sans conséquence. À notre arrivée à Soltariel, un petit groupe de dissidents ont mis la ville sens dessus dessous. Ils se font appeler les Vrais Soltari. Ils exigeaient notre départ avec véhémence et utilisaient divers moyens de pression pour nous pousser à partir. Beaucoup ont souffert pendant cette brève période.

Quoi qu’il en soit, pendant cette période tumultueuse, Arichis en a profité pour renvoyer tout l’entourage du jeune roi pour la remplacer par ses propres hommes. À aucun moment je ne fus informé de ses motivations, mais je lui faisais confiance. Je suis probablement coupable de naïveté sur ce point. Peu après, des représentants de la cour royale se sont présentés à moi en exigeant que le roi leur soit rendu. J’ai tenté de le défendre mon époux en disant que cela avait été fait pour la protection du petit. Néanmoins, les choses sont rapidement devenues hors de contrôle et les torts d’Arichis devenaient de plus en plus évidents. C’est à ce moment qu’on m’a demandé de faire un choix : ou j’appuyais Arichis ou je désavouais ses gestes. Aux yeux de tous, je n’étais qu’un pantin entre ses mains, un outil qui lui ouvrait la voie au trône ducal de Soltariel. C’est par intérêt qu’il m’a épousé bien que ce soit une réalité pour pratiquement tous les mariages au sein de la noblesse. Je ne suis pas un pantin. Peut-être n’ai-je pas la voix la plus forte de la Péninsule, mais on m’a élevé en m’inculquant  des valeurs qui me sont très précieuses et que je ne pouvais pas trahir. J’ai choisi ma loyauté envers le roi plutôt que mon époux. Était-ce une erreur? Chaque jour qui passe, je me le demande. Toutefois, les investigations ont démontré qu’Arichis d’Anoszia avait une maîtresse. Je ne vais pas donner son nom, car il y a déjà eu trop de souffrance suite à cette histoire. Cette femme doit se reconnaître et c’est déjà plus que suffisant. Les liens d’Arichis avec cette femme laissaient supposer que le roi pouvait courir un grave danger. Ainsi, l’arrestation de l’Anoszia lui a certainement sauvé la vie.

J’aurais largement préféré que tout ceci n’arrive jamais et que l’on soit encore unis l’un à l’autre. Toutefois, ce n’est plus possible. Il a trahi le roi, il m’a trahi et combien d’autres personnes ont également souffert par ses gestes. Le doute m’assaille toujours, car une petite partie de moi ose croire qu’il n’était pas entièrement mauvais. Il est un homme fort charmant, mais peut-être est-ce cela qui le rend si redoutable.  Il y a beaucoup de choses que l’on ne saura jamais, mais je sais que je ne peux plus rester lier à cet homme. Son ombre plane encore sur moi et je dois aller de l’avant pour Soltariel, mais mon cœur de femme est désillusionné face à la notion de mariage.

Je crains m’être légèrement emporté dans l’écriture de cette lettre et j’espère ne pas vous avoir choqué par certains de mes propos. Il s’agit d’un sujet très sensible pour beaucoup de monde. Je vais être à Diantra pendant encore quelques jours pour assister au mariage du baron de Nelen Enrico di Montecale et de dame Cécilie de Laval. Si vous avez besoin de me voir, je suis à votre entière disposition.

Sincèrement,

Tibéria de Soltariel, duchesse de Soltariel
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Irys d'Arosque
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Sam 19 Nov 2016 - 19:52



De Diantra en sa Cathédrale,
Tariho de la Deuxième ennéade de Favriüs,
Neuvième année du Onzième Cycle.

A son Altesse Tibéria de Soltariel, duchesse de Soltariel

Il est des Choix que l’on ne peut défaire sans prendre le risque de tout perdre. Il est des Choix que l’on ne peut se résoudre à défaire, d’autres ou dénouer le nœud des décisions paraît inévitable. Pour tous, seule Néera peut juger de ce qui peut être défait de ce qui ne l’es pas.

Votre altesse, vous dites vouloir vous entretenir avec moi. Le Temple sera ravi d’accueillir vos prières, et nous pourrons y discuter sans craindre d’autres oreilles que celles de la DameDieu.

Irys, Haute-Prêtresse de Néera



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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Dim 20 Nov 2016 - 21:16

Kÿrianos de la troisième ennéade de Favriüs, neuvième année du onzième cycle.

Tibéria profitait d’un bref instant de détente plongée dans sa lecture lorsque Cassio vint la rejoindre, une missive à la main. Le jeune serviteur affichait un air soucieux.

— Qu’est-ce que c’est?

— Une lettre vient d’arriver. Elle porte le sceau de la Haute Prêtresse.

Tibéria tendit aussitôt la main pour la prendre. D’un geste nerveux, elle l’ouvrit. La missive ne comptait que quelques lignes. Elle la parcourut rapidement et les mots la laissèrent perplexe. Elle n’était pas certaine d’en comprendre le sens.

— Alors? demanda timidement Cassio, le mariage est annulé?

— Je crains que ça ne soit pas aussi facile. Je dois retourner au temple pour m’entretenir en privé avec la Haute Prêtresse. Nous avons quelques jours encore avant le mariage…
Elle soupira. Je vais y retourner demain. J’espère qu’elle pourra me recevoir.

Une ride soucieuse creusait son front. Elle ne voulait rien présumer, mais le ton de la lettre l’inquiétait un peu. Si le mariage ne pouvait pas être annulé, l’entente avec les Vrais Soltaris tombait à l’eau. Évidemment, personne n’allait remettre en doute la parole de la Haute Prêtresse, mais que feraient ses opposants s’ils se retrouvaient avec une duchesse qui ne pourrait plus se marier? Seul le décès d’Arichis pourrait alors la libérer de ses liens, mais cet homme, bien que nettement plus âgé que Tibéria, pouvait bien vivre quelques années encore. Elle préférait ne pas y penser. Après tout, ce n’était peut-être que de fausses idées qu’elle se faisait.

Julas de la troisième année de Favriüs, neuvième année du onzième cycle

Tibéria franchit une fois encore les grandes portes du temple. Depuis le matin, elle peinait à cacher sa nervosité, mais maintenant qu’elle était à l’intérieur du temple, l’ambiance paisible aida grandement à la calmer. La première chose qu’elle fit fut de rendre hommage à la DameDieu en allant s’agenouiller devant son avatar en récitant la prière habituelle. Ensuite elle alla s’annoncer.

— Bonjour, je suis la duchesse Tibéria de Soltariel. Je suis ici pour m’entretenir sa Bienveillance Irys d’Arosque.
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Irys d'Arosque
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Dim 27 Nov 2016 - 12:13

"Casser le fil d’un tapis, c’est prendre le risque qu’il soit détruit."
Proverbe péninsulaire

«– Ma Dam… Votre Bienveillance ? »

Le visage de la jeune adepte s’empourpra à son énième erreur. Ses doigts graciles torturaient le tissu de sa sur-robe blanche, signe de sa nervosité.

«– Votre Bienveillance ? » insista-t-elle.

La Haute-Prêtresse releva la tête vers la jeune femme. Elles se dévisageaient dans les yeux, admirant chacune le visage à contrario de sa propre image. Les rides marquaient le visage d’Irys alors que le faciès de Mathilda respirait la juvénilité. Ayant l’attention de la veuve, l’adepte sembla comprendre l’invitation à parler.

«– Il s’agit de… son Altesse duchesse de Soltariel. Tibéria. Elle s’est présentée et a réclamé vouloir voir votre Bienveillance Irys d’Arosque »

Ses joues roussirent un peu plus puis elle s’inclina et quitta la pièce sous le sourire taquin de la vieille dame. Elle se leva doucement de son fauteuil et passa sa main sur les écailles de Laarth, lui intimant mentalement de ne pas la suivre. Il en ferait à sa tête, comme à chaque fois : c’était un petit jeu auquel ils s’adonnaient depuis des années. Ses souliers glissant sur le marbre froid sans faire le moindre bruit, elle quitta ses confortables appartements pour regagner la cathédrale.




Silencieusement elle traversa la nef pour se retrouver devant l’imposant avatar de la Mère. Elle prenait bien garde à ce qu’on ne l’entende pas s’agenouiller et réciter sa prière, les mains jointes et les yeux clos. Relevant la tête, elle avisa la duchesse qui avait fait le choix de ne venir accompagnée de personne. Une audace mesurée qui lui valait un peu plus d’estime dans l’esprit d’Irys. Ses yeux aigus semblaient vouloir percer le moindre secret de la jeune femme avant même de l’aborder. Pendants quelques seconde elle resta interdite et immobile. Quand elle s’approcha de la duchesse, c’était avec une assurance qui se voulait sans faille.

«– Votre Altesse. » déclara-t-elle dans le dos de Tibéria pour s’annoncer.

Une génuflexion aurait-été de trop, aussi se contenta-t-elle d’un fléchissement de la tête.

Avant de recevoir la missive, on avait déjà informé Irys des évènements dans le Sud. Parmi les dizaines de mots qu’elles recevaient chaque jour, une bonne partie était destinée à la mettre au courant de ce que chaque temple avait à affronter. Elle avait donc pu suivre les actions des Vrais Soltarii, ce mouvement se réclamant du peuple du Soltaar et qui avait entre autre revendiqué l’abdication d’Arichis, par la suite jugé et condamné. Qu’ils aient proposé un mariage à la jeune et charmante Tibéria de Soltariel ne l’étonnait pas le moins du monde. L’aplomb dont ils faisaient preuve était impressionnant et nul doute que la jeune duchesse avait jusque là pensé facile le fait de se désunir de son mari condamné.

«– Votre missive laissait présager bien des choses. Je serai ravie de parler de votre avenir avec Arichis d’Anoszia, comme vous en avez fait la demande. »

Impassible, elle toisait la jeune femme des quelques pouces d’écart que l’âge ne lui avait pas encore avalé.

«– Nous serons mieux sur les balcons, n’est-ce-pas ? »

Irys engagea la marche et monta les escaliers avec une certaine difficulté qu’elle cachait par une démarche altière. Elle ne se retourna pas pour savoir si la jeune duchesse l’avait suivi mais n’en attendait pas moins d’elle. Arrivée dans les plus hauts gradins de la cathédrale, elle se pencha à la balustrade et reprit son souffle en observant les milles arabesques coloraient que dessinaient la lumière des vitraux sur la pierre.

«– Un tel joyau. Fruit de milliers de mains, sur plusieurs générations, portant toujours plus haut les pierres pour construire le joyau de la capitale de la Péninsule. Une merveille que nous envient les nains et leurs montages de pierre, les elfes et leurs arbres millénaires et les marchands de Thaar et leurs bâtiments voguant sur l’eau. Un joyau, qui chaque jour recueille les prières, les supplications et les Choix de tous les pèlerins du Royaume. Une cathédrale où les Saints peuvent lier des Souffles pour l’éternité et pour que jamais le lien ne soit dénoué.

Le Choix de chacun s’inscrit dans une grande toile recouvrant Miradelphia. Un courageux fermier faisant le choix de rester auprès de ses enfants plutôt que d’aller moissonner son champ prend le risque qu’en revenant, la pluie ait tout ravagé. Et son Choix impactera toute le village. Déchirer la toile à un endroit, c’est fragiliser toute la structure. Comprenez bien, ma chère Tibéria, que l’on ne peut défaire un serment fait devant la DameDieu impunément.
»

Elle regarda la duchesse dans les yeux et maintint le regard.
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Dim 27 Nov 2016 - 16:25

Tibéria savait très bien que ça ne serait pas facile, mais elle espérait que ça fonctionne quand même. Elle voulait aller de l’avant, faire les choses correctement. Toutefois, elle devrait traîner ce poids mort derrière elle et ça rendait le reste presque impossible. C’est pour cela qu’elle s’adressait aujourd’hui à la Haute Prêtresse. Les Vrai Soltari exigeaient qu’un divorce soit prononcé et bien que Tibéria y soit tout à fait disposée, les choses ne dépendaient pas uniquement d’elle. Après avoir reçu le message de la Haute Prêtresse, c’est dans la plus grande incertitude qu’elle se présentait au temple. Une petite voix dans sa tête lui disait que les choses risquaient de ne pas aller comme prévu. Que ferait-elle dans ce cas? Quelles seraient les possibilités qui s’offriraient à elle si le divorce n’était pas prononcé par Irys? La mort de l’un des époux brisait automatiquement le lien. Elle devra donc soit attendre le décès naturel d’Arichis soit provoquer sa fin. Cette dernière option la fit frissonner. Non, elle ne pouvait pas imaginer se rendre à une telle extrémité. Sa colère envers lui n’était pas au point de vouloir sa mort.

De près, la Haute Prêtresse était impressionnante. Le temps avait laissé ses marques sur son visage, mais elle était encore très belle. Dans son visage, on y voyait une douce sérénité, mais également une grande force qui se traduisait par un masque d’impassibilité et un regard analytique. Elle ne disait rien, mais Tibéria se sentait étudiée. La duchesse s’inclina à son tour.

— Votre Bienveillance.

À vrai dire, Tibéria était trop nerveuse pour parler maintenant et elle sentait trop d’oreille indiscrète encore. À l’image de pratiquement toute la population de la Péninsule, Irys la dépassait de quelques centimètres. Cette femme était réellement très impressionnante et de tous les gens avec qui elle s’était entretenue dans sa vie, elle était probablement l’une des personnalités les plus influentes à avoir croisé sa route.

— Oui, bien sûr.

Elle suivit Irys dans les escaliers. Tibéria était peut-être plus jeune qu’Irys, ça ne signifiait pas qu’elle soit tellement plus en forme que son aînée. Le souffle un peu court, elle atteignit le dernier palier avec soulagement. Vus d’aussi près, les vitraux étaient absolument magnifiques. Ils tintaient les rayons du soleil de couleurs chatoyantes qui donnaient vie à la pierre. Un spectacle ravissant, mais qui tranchait tristement avec le reste de la ville qui n’avait plus autant de panache qu’avant.

— Je le sais.Souffla Tibéria en regardant la femme dans les yeux. Elle du résister à l’envie de détourner honteusement le regard. Elle se sentait responsable de tout cela alors qu’elle ne l’était pas. Mais parfois, il faut aussi défaire un ouvrage et le recommencer afin qu’il soit mieux. Croyez-moi, j’aurais préféré éviter tout ceci, mais les choses ne vont pas toujours comme on le voudrait. Arichis d’Anoszia a brisé ses vœux et de plus d’une façon. Lors de la cérémonie, nous devons prêter ce serment : Et devant tous les dieux, je fais le serment de la protéger, de l’honorer, de lui rester fidèle, de faire de son malheur, mon malheur, et ses intérêts, mes intérêts. Ce sont des paroles graves et lourdes de responsabilités. Néanmoins… Elle pinça les lèvres comme si ce qu’elle s’apprêtait à dire la répugnait. Il avait une maîtresse… Est-ce que je peux prouver que quelque chose est arrivé pendant notre union? Non. Toutefois, la femme en question laissait clairement entendre dans sa lettre qu’elle savait qu’Arichis allait se marier. Certains diront qu’il a été veuf longtemps que ce n’est normal, mais cette femme est elle-même marié, ce qui démontre le peu d’importance accordée à la sacralité du mariage… Il a aussi clairement fait passer ses propres intérêts devant tout le reste. Il se moquait bien des conséquences. Il avait le pouvoir et si les gens devaient souffrir, c’était leur problème. Ce mariage a donc été consacré en son propre intérêt, une simple formalité avant quelque chose de plus grand. C’est malheureusement un point de vue partagé par beaucoup de gens de la noblesse. Évidemment, ces arguments doivent vous sembler bien faibles comparativement à la gravité de ce que je vous demande. Je suis bien loin de ce dont je rêvais enfant, mais peut-être est-ce encore possible. Arichis ne reviendra jamais. Il me tuera plutôt en me blâmant d’être la source de son malheur. Je crois aussi qu’aucun de nous ne connaîtra la paix de l’âme si on ne laisse pas l’autre partir...
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Irys d'Arosque
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Ven 2 Déc 2016 - 19:09

"Il n’est nul ouvrage que l’on peut effacer à souhait sans perdre l’essence qui le compose : les mots écrits à l’encre du Choix"

Le regard de la Haute-Prêtresse se perdit dans les iris grises cernées de brun de la duchesse. Elle dériva sur ses joues sculptées dans la pierre qui donnait à cette femme l’aspect dur qu’elle se prêtait si bien mais qui revêtait encore la douceur de la jeunesse. La jeune femme avait l’audace de venir jusqu’à elle, malgré les tensions subies ; c’était une chose dont on ne pouvait lui en attribuer lui attribuer que du mérite.

Elle pensa à son confrère du Sud de qui Tibéria s’était détournée. Ses attaches dans le duché Soltarii avait obligé Abelardo di Rebera à se retirer de la capitale peu après l’élévation. Le Haut-Prêtre était tout aussi bien habilité qu’elle à rendre de telles décisions. Et si la distance était parfois un frein à la cohésion interne, il n’était pas une ennéade où une missive était échangée entre les deux têtes du culte. Que la duchesse se tourne vers la proue féminine était pour le moins une question légitime.

Le silence retomba sur le balcon quand Tibéria eut fini de parler, laissant Irys pensive. Sans la moindre marque d’hésitation la Haute-Prêtresse fixait toujours la jeune femme, cherchant les mots justes. Des mots empreints d’une certaine candeur, quand le discours recelait d’une part de vérité. Le courage et l’ambition avait provoqué son ascension vers le trône ducal, trône sur lequel elle tenait difficilement, privée de son appui. Arichis s’était moquée d’elle de bien des façons et avait agit avec une certaine vilénie qu’on lui donnait bien. Tibéria se présentait en victime de cet homme charismatique qui avait réussi à la départir de sa lucidité pour lui voler une partie de sa légitimité.

«– Votre altesse, vos intentions sont claires, bien que leurs motivations soient troubles. Pourquoi ne vous êtes vous pas tournée vers mes confrères de votre région ? La peur du jugement de chez vous ne dois pas vous aveugler, au risque de vous faire perdre ce que vous réclamez si bien : vos serments violés par votre mari. Jadis, devant les dieux, vous avez juré comme Arichis les mots que vous venez de me réciter. Délier de tels mots vous attirera les foudres d’Ydril. Est-ce le prix que vous voulez payer pour la stabilité de Soltariel ? »

Un caprice de l’astre lumineux vint illuminer la joue d’Irys d’un rayon rouge sang, teintant son visage de gravité.

«– Vous le savez, Tibéria, ce n’est pas moi que vous devez convaincre. A la Damedieu je prête mes oreilles pour écouter vos discours, mes lèvres pour vous bénir. C’est à Elle que vous vous adressez, car elle seule à le pouvoir de délier les Choix. Elle seule peut défaire l’Ouvrage qu’Elle a aidé à bâtir sans que tout ne redevienne que poussière. »
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Lun 5 Déc 2016 - 1:50

Tibéria fronça les sourcils. On pouvait effectivement se demander pourquoi elle avait choisi de ne pas s’adresser au Haut Prêtre de Soltariel qui était pourtant plus près géographiquement parlant et également habileté à briser cette union. Justement, il était celui qui avait célébré le mariage et Tibéria se sentait honteuse à l’idée de se présenter devant lui. De plus, elle cherchait chez Irys la sensibilité féminine qui comprendrait peut-être plus facilement les sentiments de Tibéria.

— C’est vrai, mais il est aussi celui qui a célébré ce mariage. Je me sentais trop honteuse pour me présenter devant lui, comme si j’étais responsable des événements. Je suis désolée, peut-être que je n’aurais pas du…

Soudainement, Tibéria semblait beaucoup moins convaincue du bien-fondé de sa présence ici. Elle avait le sentiment qu’elle faisait perdre son temps à la Haute Prêtresse, chose qu’elle ne se permettrait jamais de faire.

— Je me suis attiré les foudres de bien des personnes. Peu importe les décisions que je prendrai à l’avenir, il y aura toujours des gens pour les saluer et d’autres pour les dénoncer. Je ne peux pas faire plaisir à tout le monde, c’est impossible. Je peux simplement faire en sorte que mes décisions soient les plus éclairées possible.

Elle acquiesça d’un signe de tête.

— Je le sais très bien et j’accepterai humblement la décision, peu importe ce qu’elle sera.

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Irys d'Arosque
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Dim 25 Déc 2016 - 20:16

"LE Choix n’est pas un simple Nœud que l’on fait et défait à volonté. Il est une toile complexe qu’un seul fils arraché peut détruire l’ouvrage."

Le silence était pensant et lourd de sous-entendus. Les paroles de la jeune duchesse résonnaient d’une candide sagesse : celle que la jeunesse philosophe. La main d’Irys se posa sous le menton de la femme et lui imposa de relever la tête, plantant ses iris bleues dans celles de Tibéria.

«– Prendre des décisions éclairées à la lumière de la Vérité et du Bien : voilà une intention louable. Trop de suzerains l’oublient. Vous ne serez pas de ceux-là, votre Altesse, j’ose l’espérer. Mais ne vous trompez pas. Faites vos choix selon ce qui vous semble le plus juste, et sachez considérer la part de ceux qui élèveront la voix contre vous. C’est là l’apanage des grands seigneurs. »

La prêtresse retomba dans le mutisme. Au travers d’un masque impassible sur le visage, elle était en proie au terrible débat que lui imposait la duchesse. « A la Damedieu je prête mes oreilles pour écouter vos discours, mes lèvres pour vous bénir. » avait-elle dit, avec raison. Quelle réponse donner à Tibéria, lorsque ne résonnait dans sa tête sa seule voix et celle de ses Choix ? Elle ferma les yeux, prêtant tous ses sens à Celle qu’elle servait humblement.

Les secondes s’égrenaient dans les sabliers alors que la conviction d’Irys prenait le pas sur toute autre : derrière son intuition elle pouvait trouver la parole de Néera. Depuis la prière de Tibéria agenouillée devant Sainte Deina sa décision était prise.

«– Savez-vous, Votre Altesse, pourquoi Néera donna au homme la Vie la plus courte des créatures auxquelles elle donna le Souffle ? En leur donnant une existence courte mais intense, elle leur permettait à tous de vivre pleinement leurs Choix, celui qu’Elle leur avait offert. Vous avez fait les vôtres, mais devant votre erreur vous vous êtes reprise. Vous voilà devant-Elle, à présent… »

Le silence dura un certain temps. Cherchant les mots les plus justes, Irys laissa finalement ses Choix éclairer ses mots. Elle se leva solennellement et déclara sur le ton le plus ferme et doux à la fois :

«– Tibéria du sang des De Soltariel, épouse légitime d’Arichis d’Anoszia, s’incline devant la DameDieu. Par ses Choix passés elle s’est fourvoyée. Devant Vous, Ô Néera, Divine Bienveillance et Mère des Hommes, Tibéria du sang des De Soltariel, demande la désunion du couple formé devant Vous. Ecoutez la supplique de votre fille, et que, dans Votre divine sagesse, Vous la guidiez vers des sentiers plus sûrs. »

Laissant la parole à la jeune duchesse, elle lui laissait le soin d’exprimer par ses propres mots sa demande.

«– Dans Votre Bienveillance, vous offrez à Votre fille une nouvelle voix, un nouveau choix. Que devant les Cinq Tibéria du sang des De Soltariel et Arichis du sang des d’Anoszia soient désunis. Puissent-ils emprunter les chemins les plus sages. »
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MessageSujet: Re: La paix de l'âme [Irys]   Dim 8 Jan 2017 - 12:38

Voilà l’une des plus grandes craintes de Tibéria : oublié qui elle était. Elle a vu tant de personnes être consumées par le pouvoir, surtout à Soltariel. Sa propre sœur a connu la déchéance et dans sa chute, elle a emporté toute sa famille. Tibéria n’était pas à l’abri de tels égarements. Le pouvoir change une personne, c’est inévitable. En bien ou en mal, Tibéria sera forgée par lui. On se souviendra d’elle par les décisions qu’elle a prises et qui feront d’elle quelqu’un de grand ou de petit. L’avenir faisait peur à la jeune femme, car il était rempli d’incertitudes, mais elle espérait ne jamais s’oublier.

Tibéria écouta la prêtresse en silence, craignant l’issu de ses réflexions. Entre ses paroles pleines de sagesse s’étiraient des silences parfois lourds. Elle n’a jamais aimé les silences; pas dans ce genre de conversation. Pourtant, elle en comprenait toute l’importance et elle les respectait bien que cela augmentait son angoisse. Les réflexions suivaient leur cours et un choix sera bientôt fait. Comme elle l’avait dit, peu importe ce qui sera décidé, elle le respectera. Elle ne pouvait toutefois pas s’empêcher d’avoir peur.

Finalement, elle se leva et Tibéria comprit que c’était le moment de s’agenouiller comme au moment de faire une prière. La prêtresse parla d’un ton solennel, mais elle ne s’adressait pas à la jeune femme. Non, c’est à la DameDieu qu’elle parlait.

— O Grande Mère, je me présente à vous humblement pour vous faire entendre ma requête. Que le lien qui m’unit à Arichis d’Anoszia soit brisé. Beaucoup de larmes ont été versées et j’espère que le temps nous apportera la paix.

Par les dernières paroles de la prêtresse, le mariage fut rompu. Tibéria se sentait soulagée, mais également très triste. Elle a toujours cette impression d’avoir échoué et elle verra certainement cette période de sa vie comme un échec cuisant jusqu’à la fin de ses jours.

— Je vous remercie d’avoir accepté de me recevoir, Votre Bienveillance. J’ai parfaitement conscience que ma requête était peu conventionnelle. On m’a dit que j’aurais pu emprunter d’autres chemins pour le faire, mais c’est celui que je voulais prendre. J’espère ne pas vous avoir dérangé.
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