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 Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]

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Gorkim Hargrund
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MessageSujet: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Mar 15 Nov 2016 - 0:27


4e et 5e ennéade de Favrius

Gorkim marchait dans la forêt d’Unvan. Il faisait beau et les quelques rayons de Soleil qui traversaient les feuilles des arbres éclairaient le sol. Le nain avançait d’un pas rapide, puisqu’il n’avait pas de temps à perdre. Cela faisait quelques jours qu’il était parti du campement de son clan. Cependant, on ne pouvait plus vraiment appeler ça un campement, puisque depuis l’ennéade passée, les nains avaient déjà terminé de construire la palissade, le fumoir, l’entrepôt et même le bâtiment principal de ce qui prenait de plus en plus l’apparence d’un village. Somme toute, tout se passait pour le mieux dans les Monts Corbeaux, excepté les quelques confrontations avec les bêtes sauvages.
Mais ledit village n’était que le début de leur installation ; leur but final était de creuser une cité dans la falaise derrière leur campement. Pour se faire, ils avaient obligatoirement besoin de l’aide des humains, car autrement cela leur prendrait des mois et des mois à terminer. C’est pourquoi Gorkim se rendait à la cité de Kelbourg. Or il ne savait point à qui parler pour faire une telle demande. Il avait cependant entendu parler d’une guilde de tailleurs de pierre située dans cette ville, mais n’avait aucune idée de qui était son chef.

Pour une fois, Gorkim allait seul, car depuis l’arrivée de la compagnie de nains, il sortait toujours accompagnés d’un autre. Il portait sa cotte de maille, pour se protéger d’éventuels dangers, et sa veste de cuir par-dessus. Mais décidément, il ne s’était pas encore habitué au climat chaud de la Péninsule, alors il l’enleva et continua son périple.
En fin d’après-midi, au moment où il sortait de la forêt et débouchait sur une grande plaine, il commença à pleuvoir. Ainsi il continua pendant trois jours encore, sous la pluie, jusqu’à ce qu’il arrive devant les grands murs de l’imposante cité de Kelbourg.

Bien qu’il fut de race différente, on le laissa entrer, mais il n’échappa guère aux regards douteux voire même méprisants des hommes et des femmes de la place. Quant aux enfants, ils portaient seulement un regard curieux sur le nain. Celui-ci ne savait pas trop par où commencer. Il alla donc prendre un verre dans une taverne. Après avoir discuté avec quelques personnes, Gorkim leur demanda où il pourrait trouver le chef de la guilde des tailleurs de pierre. Il ne s’attendait pas à avoir la réponse du premier coup, mais il l’eut bel et bien et elle lui fut donnée par un homme qui lui rappela quelque peu un hurluberlu.

– Dhibaud?! dit-il d’une voix rauque. Il est bas izi, mais v’bouvez l’drouver à la drouée d'Enguerrand je grois.

Sois l’homme était très enrhumé, sois il avait trop bu, mais Gorkim ne prit pas de chance et recula d’un pas.

– Et où est cette trouée? demanda le nain.

– Vous zavez bas z’est guoi la drouée d'Enguerrand? Ezbèze d’ingulde! V…

Il sembla vouloir continuer mais son ami, qui avait l’air plus sobre, le fit taire et esquissa à Gorkim un petit sourire en coin en lui disant que la trouée d’Enguerrand se situait au sud-ouest d’ici. Ainsi le nain sut le nom du chef de la guilde, qui se révéla être également le seigneur des lieux, et son emplacement. Il sortit donc de la bâtisse, puis de la ville par la porte sud, et se dirigea vers l’endroit qu’on lui avait indiqué.


Dernière édition par Gorkim Hargrund le Mer 28 Déc 2016 - 3:57, édité 1 fois
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Mar 15 Nov 2016 - 12:57


La chasse à l'homme suivait son cours. Thibaud, infatigable, ne dépérissait pas à la besogne. Il s'en était finalement débarrassé de cette maudite vermine. Du moins, pour l'instant. Les groupes d'exilés commençaient à se faire bien moins nombreux au fil du temps. Plus les premières fraîcheurs s'installaient, moins il avait à se coltiner leurs sales tentatives. Si la chose lui parut distrayante dans un premier temps, il dut avouer que la répétition avait eu raison de sa hargne. Maintenant ne subsistait plus que quelques groupuscules ici et là. A défaut d'une guerre pour se défouler, ces chasses quotidiennes avaient au moins eu le mérite de faire passer le temps. C'était déjà ça.

Le soleil pointait à son zénith. L'heure de casser la croûte approchait à grand pas et bien que son estomac le titilla, ce n'est qu'à contre-coeur qu'il remit l'épée dans son fourreau pour revenir à Kelbourg. L'imposante cité seigneuriale s'offrit de nouveau à lui et ses hommes à la lisière d'un bois.  La cadence s'accéléra soudainement lorsque l'un d'entre eux évoqua la perspective d'un bon sanglier rôti par la grosse Huguette. Il en salivait d'avance. Pourtant, ce n'est non pas un sanglier qu'ils virent sur le chemin du retour, mais une autre chose bien plus étrange. Quelle était donc cette créature qui marchait dans leur direction ? De loin, l'on eut dit qu'il s'agissait d'un enfant obèse ayant enfilé une cotte de maille et une barbe grotesque. Ce n'est qu'en arrivant de plus près qu'il reconnut là la vilaine trogne d'un nain marchant sur ses terres.

D'un geste de la main, il fit ralentir ses preux compaings. En quelques secondes seulement le nain se retrouva encerclé et épié de la tête aux pieds. Autant dire que vue la taille, la tâche ne fut point longue. Bien curieux de savoir ce qu'une telle créature pouvait bien faire là, Thibaud fit avancer sa monture un peu plus près et esquissa un sourire radieux et non étonnamment faux à l'encontre du semi-homme.

-Vous êtes bien loin de vos montagnes maître nain. Je ne puis que vous conseiller de prendre le nord pour les retrouver. A moins que vous ne soyez égaré, dans quel cas, je puis vous indiquer moi-même la bonne direction. Il désigna le nord de la main. En marchant bien, vous y serez probablement dans quelques mois, alors ne tardez pas !    
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Gorkim Hargrund
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Jeu 15 Déc 2016 - 1:47

La route s’étendait en ligne droite jusqu’aux lointaines montagnes à l’horizon. Elle était plus ou moins achalandée à ce temps-ci de la journée. Gorkim s’y baladait depuis quelques minutes déjà mais, étant court sur pattes, il ne s’était pas rendu bien loin lorsqu’il vit un cheval monté par un soldat arriver de la direction opposée. Mais il n’avait pas vu derrière ce cheval, et il en arriva un, deux, trois, puis quinze autres. Tous surmontés de chevaliers ou de quelconques hommes de guerre. Ils s’approchaient si rapidement et ils furent rendus si près de lui qu’il n’eut pas le temps de faire un seul mouvement et se fit encercler.

Soudain, un homme, le premier de la file, débarqua de sa monture et s’approcha du nain. Avec les trois lignes verticales de boue sur son visage, Gorkim put reconnaître le seigneur même de Kelbourg. Et lorsque ce dernier lui adressa la parole sur un ton qui lui parut sarcastique, surtout avec la dernière phrase « En marchant bien, vous y serez probablement dans quelques mois, alors ne tardez pas ! », le forgeron se sentit bien attaqué et répliqua immédiatement tout en essayant de garder son calme :

« Seigneur Thibaud, avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas venu parce que je suis perdu, non, je suis venu pour… »

Et il s’arrêta net, observa les chevaux hennissant tout autour de lui et en eut peur. Il ne se laissa néanmoins pas impressionner, puis se dit qu’il ne serait pas si aisé de convaincre le seigneur de Kelbourg, surtout qu’avec la façon dont il avait parlé à Gorkim, ça n’aiderait pas plus.

« Pour vous demander une aide particulière, continua-t-il. Une grande aide, oserais-je même dire. Je fais partie d’un clan nain d’une quinzaine d’individus et nous nous sommes installés dans les Monts Corbeaux. Mais je vous rassure tout de suite, nous avons eu l’autorisation du marquis Godfroy de Saint-Aimé et de la marquise Judith d’Hardancour, vos suzerains. »

Il insista sur la dernière note et poursuivit, craignant d'en demander trop :

« En ce milieu du mois de favrius, au nom de tous mes compagnons, je requiers un service de votre guilde de tailleurs de pierre pour nous aider à creuser notre falaise. Pour deux mois, pour deux petits mois nous demandons vos services.
Bien-sûr, nous ne vous demandons pas de faire cela gratuitement, alors que seriez-vous prêt à nous demander en échange ? »
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Jeu 15 Déc 2016 - 10:13


Ce petit homme commença à titiller sa curiosité au moment où il entendit prononcer les noms de ses suzerains. La chose manqua presque de lui faire cracher un peu de salive sur le sol détrempé. Il se retint pourtant, préférant faire bonne figure devant cet invité inattendu et déjà presque gênant. C'est que le froid commençait à piquer dur et le vent à s'immiscer sous les laines. Dès lors, la suite du récit du petit homme devint tout d'un coup moins distrayante. Qui plus est, la fatigue provoquée par les longues chevauchées des dernières journées finirent par lui donner envie d'écourter cette conversation ayant lieu dans un endroit bien inapproprié. D'un geste de main, il manda le silence et put enfin en place une lorsque le semi ferma son clapet.

-Tout d'abord, maître nain, j'aimerais savoir ce qui vous a traversé l'esprit en prenant la route pour m'y trouver au petit bonheur la chance, s'enquit-il avec une once de sincérité. N'aurait-il pas été préférable que vous m'attendiez au castel pour m'y rencontrer ? Vous savez, c'est ce que font mes gens lorsqu'ils souhaitent me voir et me parler. Ils demandent audience et généralement lorsque l'envie me prend je les reçois. Mais soit, vous m'avez l'air d'un fin limier, ce pourquoi vous m'avez trouvé si facilement j'imagine. Je vous propose ainsi de regagner mon fief et de m'y mander. Il se peut que nous nous recroisions à la nuit tombée où dès l'aube, mais c'est que voyez-vous ; j'ai chevauché et suis crotté de la tête aux pieds alors laissez moi donc me requinquer et nous reparlerons de vos histoires de services et de je ne sais plus quoi.

Sans attendre, il planta les éperons dans les flancs de sa monture et s'en alla au galop en laissant le nain de nouveau seul. Sur le chemin du retour, il repensa à ce que le petit homme lui avait dit. Ainsi donc, Godfroy et Judith, ses suzerains avec leur générosité légendaire, avaient prit la liberté d'octroyer des terres à ses étrangers venus de nanie. Sans lui demander, ni le prévenir. Il avait fallu que cette créature dévale les routes comme un damné pour le lui apprendre. Il savait ses relations avec les marquis au plus mal, mais là, il n'y avait point à en douter, ils venaient de se foutre de sa gueule une énième fois.

A la nuit tombée, une fois qu'il fut lavé et revigoré, il fit entrer son prestigieux invité. Assis sur le siège en bois sur lequel tous les seigneurs de Kelbourg avaient déjà posé leur cul, il lui fit signe de venir se présenter à lui. Emmitouflé dans sa peau d'ours, il parla d'une voix calme et presque amicale.

-Merci pour votre patience et votre compréhension. Je ne connais que trop peu votre peuple, mais je le sais à présent docile et respectueux. Rien à voir avec l'image que les marchands où les étrangers nous font. Rien à voir non plus avec vos... cousins ? Voisins ? Qui sautillent et font des grossièretés dans les foires. Il se mit à rire. Quoique vous savez, certains d'entre eux arrivent presque à me faire jeter un écu. Je les vois avec leurs têtes difformes, leurs petits bras et leurs petites jambes, qui cavalent ici et là pour commettre des friponneries. Des sacrés boutes-en-train ceux-là, ne trouvez-vous pas ?

Voyant le caractère irrespectueux de sa question, il repensa aux propos que le nain lui avait tenu un peu plus tôt dans la journée et devint d'un coup bien plus sérieux.

-Je m'égare, pardonnez-moi. Il toussota avant de reprendre ; Voilà, voilà, alors comme ça vous avez pris vos quartiers dans les monts-corbeaux. C'est formidable ! Je connais très bien ces montagnes. Bien enneigées l'hiver, bien verdoyantes l'été. Mais vous devez sûrement être habitué aux climats rudes dans vos montagnes, n'est-ce pas ? Bref, c'est donc le Saint-Aimé qui vous a permis de vous y établir. Savez-vous que j'ai grande affection pour cet homme ? Il est pourvu d'une grande générosité. C'est également un homme très secret. Secret au point de m'avoir caché cette petite incursion naine dans cette partie des montagnes. Mais ce n'est pas grave, rassurez-vous. Je me félicite déjà de vous avoir comme voisins. Des voisins qui me demandent des services en plus de ça. Quel bonheur ! Nous sommes fait pour nous entendre ! J'aime faire des affaires et établir des partenariats. C'est signe que tout va bien dit-on, le saviez-vous ?

Il sourit nerveusement.

-Je suis néanmoins un homme très prudent et un investisseur difficile à convaincre, croyez-moi. Alors récapitulons : Vous êtes installés chez moi, et ce, sans que l'on m'en ait informé auparavant. Vous déboulez comme un damné jusqu'en mon fief pour venir me quérir au retour d'une chasse. Puis vous me demandez de vous aider pour...combien de temps déjà ? « Deux petits mois »...

Et bien mon saloupio, ça c'est ce que j'appelle avoir du culot 
!  
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Gorkim Hargrund
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Mar 20 Déc 2016 - 3:47

Le nain, bien qu’à pieds, eut le temps de pouvoir attendre devant la porte de la maison des Kelbourg. Soit le seigneur avait pris très longtemps à se préparer, soit Gorkim avait marché plus vite qu’il ne le croyait. On le fit enfin entrer et ils continuèrent leur discussion. Le forgeron écouta attentivement ce que Thibaud avait à dire.

Déjà, ce serait probablement un euphémisme de dire que Gorkim n’avait « pas vraiment » apprécié la façon dont le seigneur de Kelbourg avait parlé de ses confrères nains, mais il n’en fut pas offusqué non plus, car il se dit que c’étaient peut-être des ces nains qui furent à un moment de leur vie chassés de leurs terres et qui errent désormais sur Miradelphia. Ce genre de nains qui s’en donnent à cœur joie sur l’alcool et se permettent de faire des choses peu recommandables parce qu’à près tout, ils n’ont « plus rien à perdre ».

Thibaud continua : « Je me félicite déjà de vous avoir comme voisins. Des voisins qui me demandent des services en plus de ça. Quel bonheur ! Nous sommes fait pour nous entendre ! J'aime faire des affaires et établir des partenariats. C'est signe que tout va bien dit-on, le saviez-vous ? »

Gorkim n’en put plus. Jusque là, ça n’allait pas si mal, mais le seigneur de Kelbourg avait un peu dépassé les bornes selon le nain.

« Tu parles! Espèce d’hypocrite, pensa Gorkim. Et dire que quelques heures plus tôt il me renvoyait en Nanie. »

Mais il faut tout de même dire que c’était le nain qui avait approché le seigneur, et non le contraire. Donc Gorkim se devait de ne pas se plaindre et parler avec du bon sens. Et puis, quelle stupide idée Gorkim avait eu de venir sans Kral, voire même, pourquoi pas, toute sa troupe! Peut-être qu’à quinze, le seigneur se serait permis moins de choses?

Il était néanmoins déchiré entre le choix de faire remarquer à Thibaud son étroitesse d’esprit et celui de se rendre droit au but et de lui faire sa proposition. Après quelques secondes d’hésitation, qui parurent un peu trop dans la salle, le nain prit la voie de la diplomatie :

« Messire, bien que vous m’ayez donné l’impression que je fusse venu me « dénoncer », je ne ferai point mille retours sur vos dires. Je vous fais donc à l’instant ma proposition. Je vous l’accorde, ce n’est pas rien, deux mois. Mais j’accepte que vos hommes gardent tout ce qu’ils excaveront, ce qui n’est pas un petit volume de pierre, ô ça non! Leurs profits dépendront donc de leur productivité. Je vous corrige toutefois, pour ce que vous avez dit tantôt, nous ne sommes pas chez vous, nous sommes à côté de chez vous. De plus, nous avons aidé le marquisat dans ses préparatifs de la guerre contre le Langehack, preuve de notre respect, générosité et fiabilité. Sur ce, et je suis navré de devoir vous quitter sur cette note, mais il se fait tard. Nous pourrons, si vous le voulez bien – je le souhaite – reparler, encore, de cela demain. Au revoir. »

Il se retourna donc, se dirigea vers la porte, puis sortit. Gorkim, être de contradiction, venait de faire exactement ce que Thibaud avait fait quelques heures plutôt : couper net la discussion et l’inviter à continuer plus tard; ce qui l’avait agacé bien-sûr. Mais il était tellement fatigué et tanné qu’il n’en pouvait plus et devait aller dormir.

Le nain se trouva donc une auberge dans la cité, ce qui ne dura pas des lustres, se prit une chambre, se jeta sur le lit et s’endormit en quelques minutes. Lorsque le lendemain il se réveilla, Gorkim se dépêcha de s’habiller et de retourner voir le seigneur du lieu. Ainsi, après les salutations, ils reprirent comme ils avaient fini la veille :
« Alors, je vous proposais donc de vous donner tout ce que vos hommes auront creusé. Ce qui, je pense, va de soi. Nous vous paieront 200 souverains, et pendant – et suite – aux travaux vous pourrez nous demander librement n’importe quel service, ou presque. Enfin, vous comprenez, tant que ça reste raisonnable et honnête. »

Ça y est. Il avait trop parlé. Gorkim avait certainement trop parlé, mais il était trop tard; c’était dit. Bien que cette somme ne représente pas la majorité des économies du clan, le nain craignait maintenant le châtiment de son Thane pour être sortit seul, avoir négocié seul, et avoir offert cet argent.

Il attendit donc, dans le stress et la crainte, la réponse de Thibaud de Kelbourg.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Sam 24 Déc 2016 - 12:30


Ce petit homme commençait vraiment à attiser sa curiosité. Outre le fait qu'il lui coupa le caquet en partant du castel sans avoir attendu qu'on le congédie, il lui devint de plus en plus évident que ce nain n'était point fait du même bois que tous ceux qu'il côtoyait quotidiennement. Fichtre, il sentit l'excitation poindre lorsque le mineur revint le voir le lendemain, pensant visiblement que son entrevue était toute acquise et qu'il n'aurait plus qu'à attendre sa réponse. Pour un tel cirque, Thibaud l'aurait fait enfermé quelques jours dans le pire des cas et renvoyé chez lui à coup de pieds dans le derche dans le meilleur. Pourtant, il ne fit rien, se contentant de le revoir et pressé de l'entendre de nouveau. Finalement, cette excitation était peut-être due au fait que ce nain apportait un vent de fraîcheur... ou un brin d'exotisme.

Alors il l'écouta, attentif aux moindres mots, souriant comme un enfant ou un demeuré. Fasciné par l'allure robuste et la longue barbe du petit homme, il se laissa aller à quelques divagations. Il imagina ainsi une centaine de fiers nains en armures étincelante, marchant au pas contre un ennemi supérieur en nombre. Pas de doute, il subit de pleine face la nostalgie de son enfance où il se laissait distraire, des nuits durant, aux grands récits du vaste monde au delà des frontières du royaume des hommes. Il était finalement conquis.

-Me laisserez-vous de nouveau seul si je venais à vous demander votre nom ? Il ne me semble pas l'avoir entendu, s'enquit-il en donnant l'impression qu'il n'avait point écouté un traître mot de ce qui avait été dit juste avant. Figurez-vous que je vous apprécie. J'aime votre audace et votre caractère bien trempé. Vous me faites l'effet d'un juste et borné à qui l'on ne doit probablement pas chercher noise dans votre contrée. Il sourit. J'ai entendu votre proposition et j'ai étudié ces différents aspects. Néanmoins, il me faut vous prévenir d'une chose.

Il laissa reposer son menton sur sa main.

-Les guildes ne sont guère sous mon autorité. Certes, je connais quelques tailleurs, mais je ne peux en aucun cas leur donner l'ordre de venir vous aider. Il faudra donc les convaincre et je crains que la moitié d'entre eux soit autant voire plus difficile à apprivoiser que moi, surtout venant d'une race que l'on a peu l'habitude de rencontrer sans vouloir être odieux.

Il scruta de nouveau le nain de la tête aux pieds, comme pour tenter de percevoir le moindre signe d'hostilité.

-Je serai néanmoins curieux d'aller visiter votre chantier, maître nain, ainsi que les vôtres. En voyant de quoi il s'agit, je serai probablement plus disposé à vous aider dans votre quête.

Etait-ce de la gentillesse dont il faisait preuve ? Nenni, notre Thibaud avait une idée en tête et espérait avoir amadoué le nain. Il était désormais pressé de découvrir cette « nouvelle colonie » qui avait élu domicile juste à côté de chez lui.  




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Gorkim Hargrund
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Mar 27 Déc 2016 - 22:38


Dès que l’homme lui avait demandé son nom, Gorkim se sentit terriblement mal. Comment avait-il pu omettre de se présenter? Il s’excusa donc pauvrement : « Veuillez me pardonner cette oubli, messire. Je me nomme Gorkim Hargrund, ou plutôt Gorkim Kalanvarn, mon nouveau clan. Mon histoire est bien particulière et serait trop longue à raconter, mais appelez-moi seulement Gorkim. »

Après avoir su que Thibaud ne pouvait pas donner d’ordre aux hommes de la guilde des tailleurs de pierre, le nain désespéra de plus belle. « J’ai fait mon sale discours pour rien », pensa-t-il. Il ne savait plus vraiment quoi faire; il hésitait entre persister et persévérer pour un jour convaincre quelqu’un de venir aider ses confrères nains à creuser cette maudite falaise et tout abandonner et quitter la Péninsule pour revenir à Thanor.

Mais il ne pouvait pas se permettre le deuxième choix. Il lui fallait donc continuer et essayer de convaincre un quelconque groupe de mineurs pour être le plus avancé possible avant le début de l’hiver.

« Bien, j’irai leur parler dans ce cas, dit Gorkim d’un ton ferme mais tout de même avec un brin de déception. » Le nain était au marquisat de Sainte-Berthilde depuis environ deux mois et avait eu le temps d’apprendre les coutumes et la politique péninsulaires, mais peut-être pas assez pour savoir qu’un seigneur ne pouvait pas ordonner quelque chose à sa guilde. Pourtant, Gorkim croyait qu’il aurait pu puisqu’un seigneur a quasiment tous les pouvoirs sur ses terres… Pour lui, chaque habitant vivant sur une seigneurie semble être le vassal de son seigneur. Il continua : « Et notre chantier n’est pas encore commencé. Nos installations ressemblent encore à un vulgaire campement. Si vous tenez à venir voir, je vous inviterai donc au début de l’hiver, une fois que nous seront avancés dans l’excavation. Seulement, avant de partir, auriez-vous l’obligeance de m’indiquer où puis-je trouver ces maître-tailleurs s’il vous plaît? Sinon, j'irai voir du côté de Laraus. J'ai entendu dire que votre relation avec son seigneur n'est pas la meilleure. Préféreriez-vous que nous payions leurs gens plutôt que les vôtres?»

Gorkim devenait impatient, très impatient même. Il voulait juste partir d'ici, que sa question soit répondue par Thibaud ou non; il voulait seulement retourner aux Monts Corbeaux et était tanné de parler avec cet homme. Le nain commençait à se demander comment allaient ses compagnons et comment avançaient les travaux. Peut-être, en fait, qu'ils avaient débuté l'excavation et que de ce fait Gorkim aurait menti au seigneur de Kelbourg. Il attendit néanmoins, toujours debout, la réponse de ce-dernier.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Le calcaire ils creusèrent (ou pas) [Thibaud]   Mer 28 Déc 2016 - 0:29


La menace de passer commande chez son voisin de Laraus le fit frétiller. Le nain avait affiché une mine bien dépitée à l'annonce de son incapacité à donner des ordres à la guilde. S'il l'avait vraiment souhaité, il les aurait appelé à Kelbourg et leur aurait probablement vendu l'affaire comme une véritable mine d'or à ne point manquer. Alors peut-être qu'à ce moment-là les tailleurs de la région auraient jugés bon de s'en aller dans les monts-corbeaux. Est-ce que cela valait vraiment cette peine ? Lui qui avait voulu en découvrir plus, pensant fructifier une affaire en négociant et en apprenant un peu plus sur le compte du maudit bougre, voilà que celui-ci faisait ressurgir un caractère de cochon bien irritant qui ne méritait aucunement qu'on ne s'y attarde plus longuement.

-Vous les trouverez sur leurs chantiers, maître nain. Nos tailleurs travaillent toute l'année à la réparation de nos bâtiments. Certains se trouvent dans une carrière de calcaire non loin d'ici. Néanmoins, ils y sont déjà fort bien occupés, mais vous pourrez tenter votre chance.

Il repensa dès lors au chantage que lui avait le nain en voulant aller voir chez son voisin, qui selon lui, n'était point en bon terme avec sa maisonnée.

-Concernant le bâtard de Laraus, faites donc, ne vous en privez pas, Gorkim. Si votre campement se trouve sur ses terres, il sera sûrement aussi heureux que moi d'apprendre votre présence. J'imagine que lui non plus n'a point été prévenu par le marquis et son épouse.

Il le regarda de haut.

-Et sachez ceci, maître nain. J'ai guerroyé aux côtés de Vosker Akerthan durant toute la campagne de sgardie. Je n'irai pas jusqu'à dire que nous sommes amis, mais en aucun cas nos relations sont mauvaises. Ravisez-vous de dire de nouvelles sottises à l'avenir, je risquerais de m'en sentir offusqué. Je vous laisse néanmoins le bénéfice de l'ignorance, car après tout vous n'êtes point habitué à nos coutumes et nos traditions. Je vous conseille pourtant de vous y mettre à grande vitesse, sinon quoi vous risquerez de déjanter très vite en commettant de nouvelles erreurs.

Le Thibaud des mauvais jours refaisait surface.

-J'espère bien que vous aurez assez d'argent pour le payer. Si vous êtes sur ses terres, il vous demandera probablement de payer les taxes et impôts qui sont imposées à tous ses gens. Je doute fort que vous en soyez exonéré, après tout. Sire Vosker n'est point du genre à oublier ces choses-là. Il aime d'ailleurs parcourir ses terres avec sa troupe pour s'assurer du bon versement de ses rentes.

Il se releva d'un coup sec avant de prononcer ses dernières paroles au nain.

-A bientôt, Gorkim. J'espère que vous parviendrez à excaver vos montagnes.
Hrp:
 
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