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 Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]

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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Jeu 1 Juin 2017 - 19:36

Huitième ennéade de Verimios
Hiver de l'an 9, XIème cycle


L’hiver était une saison désagréable. Le réveil des soldats étaient toujours à la même heure et, durant la froide saison, il survenait donc de nuit. L’entraînement commençait dans la pénombre et les hommes s’habillaient chaudement, tout du moins lorsqu’ils étaient à froid ou inactifs. En combat, ils se découvraient mais ne devaient pas rester trop longtemps en inaction pour ne pas risquer d’attraper la mort. Les Égides étaient tous des soldats expérimentés, aussi cela n’arrivait-il jamais, ou très rarement. Cependant, combien d’entre eux c’étaient déjà fait surprendre dans leurs premières années de service, ne ressentant pas le froid avant qu’il n’ait déjà mordu ?
Ce matin-là, Aurel suivait le programme habituel. Levé avant les aurores, déjeuner rapide puis entraînement dans la salle des gardes. Il était l’un des rares à ne jamais se plaindre. Dans le pire des cas, il soupirait à l’appel de son nom pour engager un combat avant de s’avancer, arme au poing. Mais il lui en fallait beaucoup pour ne pas apprécier la séance d’entraînement.
Dire que son père voulait en faire un politicien…

-De Lantenes !

L’un des duels qui se déroulaient au centre de la pièce s’arrêta instantanément, juste après que l’un d’eux soit tombé au sol. Aurel se tourna. Il avait déjà reconnu la voix de son Lieutenant mais il découvrit alors qu’il était accompagné par une silhouette bien connue. Richard était devenu au vieillard ces dernières années mais il semblait plus fatigué que d’habitude, se tenant fermement à la canne sans laquelle il ne semblerait pas capable de mettre un pied devant l’autre. Le noble changea son arme de main et aida son camarade à se relever avant de sortir du cercle de duel. En passant devant le râtelier, il posa son épée, prit sa veste et l’enfila pour ne pas prendre froid et enfin récupéra un chiffon pour essuyer ses mains rendues moites par la transpiration avant Aurel de s’avancer jusqu’au vieil homme.

-Père.

A la façon dont l’Egide avait de saluer son paternel, l’officier sembla soudain prendre conscience qu’il n’avait pas à assister à la discussion qui se préparait. Il entreprit donc de prendre congé.

-Je vais faire parvenir votre requête d’audience auprès du Seigneur de Saint-Aimé.

-Merci Lieutenant. Répondit Richard avec un sourire aimable et fatigué.

Aurel fronça les sourcils tandis que l’officier commençait à s’éloigner.

-Pourquoi voulez-vous vous entretenir avec Louis ?

-Je préfère ne rien divulguer pour le moment. Pas avant de l’avoir rencontré.

Richard avait un ton et une posture plutôt détâchée malgré la raideur de ses membres dont les articulations avaient commencé à rouiller mais son fils n’était pas dupe. Les traits de son visage se durcirent un peu plus, montrant qu’il était soupçonneux. Mais il n’eut pas le temps de l’interroger davantage car son père détourna bien vite la conversation.

-Ta sœur m’a demandé de te remettre ceci. Lui dit-il en lui tendant une lettre.

En posant les yeux sur le pli, l’expression d’Aurel se détendit légèrement. Sa soeur avait cette capacité à l’apaiser. Cela ne fonctionnait pas toujours mais l’amour qu’il lui portait avait souvent cet effet sur lui. Il prit le parchemin soigneusement plié et le rangea dans la poche intérieure de sa veste, préférant la lire plus tard et pas en plein milieu d’une séance d’entraînement.

-Je vais finir par croire qu’elle est plus proche de toi que de moi désormais, et ce malgré ta longue absence.

Richard adressa à son fils un sourire amical. Il n’avait nullement l’intention de le provoquer en disant cela. Au contraire, il se réjouissait de la tournure qu’avait pris leur relation. Au moins pourrait-elle toujours compter sur son aîné lorsqu’il ne serait plus là...

-Vous ne pouvez pas comparer un père et un frère. De plus, elle ne vous a pas connu du temps où notre mère était encore parmi nous sans quoi elle ne vous porterait probablement pas tant d’affection.

Il n’y avait que peu d’animosité dans la voix d’Aurel, comme s’il ne faisait qu'énoncer des faits. Lui-même n’avait jamais parlé à Sybille de l’état de la relation entre leurs parents. Certes, elle lui avait déjà demandé pourquoi leur père et lui ne s’entendait pas, ou plutôt pourquoi son frère lui vouait de tels ressentiments, mais il était toujours resté très évasif dans ses réponses. Elle n’avait pas besoin de savoir.

-Tu m’en tiendras à jamais rancune n’est-ce pas ?

-Vous avez au moins eu la délicatesse de ne pas faire endurer ça à une autre femme après sa mort et de vous contenter d’une gouvernante pour que Sybille grandisse avec un modèle féminin.

-Ce que tu peux être…

Mais Richard ne put finir sa phrase car il fut pris d’une sévère quinte de toux. Le visage d’Aurel se fit plus grave. Son père lui semblait déjà fatigué, et maintenant ça...

-Est-ce que ça va ?

Richard sourit à la réaction de son fils avant de se redresser.

-Tu me détestes et pourtant tu ne peux pas t’empêcher de t’inquiéter pour moi. Tu as vraiment l’âme d’un chevalier.

-Il fut un temps où j’avais de l’affection pour vous, aussi loin et révolu soit-il. Je ne dis pas que je vous pleurerais mais vous restez mon père.

-Ta déclaration me va droit au cœur. Plaisanta le vieil homme.

Son fils ne faisait jamais démonstration du moindre sentiment à son égard. C’était bien la première fois depuis des années qu’il montrait un quelconque intérêt pour sa personne. Cela pouvait paraître bien peu mais il savait accorder à cette attention toute la valeur qu’elle méritait, même si la forme qu’elle prenait était des plus inhabituelles. Il en regrettait presque d’avoir à faire ce pour quoi il était venu. Malheureusement, il n’avait pas le choix.

-Richard de Lantenes ? Appela le Lieutenant de retour. Le Seigneur de Saint-Aimé va vous recevoir.

-Oh, très bien. Répondit Richard avant de se tourner vers son fils. Je vais te laisser à ton entraînement. Profites-en bien. Nous reparlerons plus tard.

Aurel ne répondit rien et eut pour toute réaction un nouveau froncement de sourcils suspicieux tandis que son père s’éloignait lentement. Son attitude et ses répliques étranges avaient de quoi l’inquiéter. Il comprenait que la raison de sa visite à Sainte-Berthilde le concernait mais il ne parvenait pas à voir en quoi. Il fallait avouer qu’il vivait bien loin de la sphère politique et familiale depuis qu’il était à l’armée. Certes, il avait suivi tous les évènements qui étaient survenus mais il pensait en militaire et son en homme d’état.
Finalement, Aurel décida qu’il saurait bien assez tôt et que, pour l’heure, il ferait mieux de “profiter” de son entraînement. Il retourna donc auprès de ses camarades pour observer l’un des duels en cours.

Sainte-Berthilde n’était pas le plus grand des châteaux mais il l’était bien assez pour le vieillard. Il suivit à son rythme l’officier qui estimait avoir bien mieux à faire que de jouer les messagers et les laquets pour un noble sénile. Le temps de le conduire jusqu’au fils de Godfroy lui sembla interminable et il sentit son coeur bondir dans sa poitrine lorsqu’il aperçut enfin la porte tant convoitée ! Pour plaisanté, il aurait pu comparer cette émotion à l’arrivée d’un contingent de cavalerie sur le champ d’une bataille que l’on croyait perdue. Il accéléra le pas, semant légèrement Richard pour aller lui ouvrir la porte. Dès qu’il fut à l’intérieur, il referma et s’en alla prestement avant qu’on lui demande autre chose…

Le vieil homme eut toutefois le temps de remercier l’officier avant qu’il ne les laisse dans la confidentialité des murs de la pièce où il se trouvait désormais avec le jeune Louis. Il se tourna vers le Seigneur et lui sourit avant de s’incliner un peu plus bas qu’il ne l’était déjà.

-Mon Seigneur. Je vous remercie de me recevoir aussi rapidement. Mon grand âge ne me permet plus d’attendre très longtemps pour régler mes affaires en souffrance.

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Jeu 8 Juin 2017 - 2:06




On lui avait annoncé une journée fort bien fastidieuse et laborieuse, car au-delà des responsabilités qu’incombait sa position, il ne fallait pas oublier ni omettre les plus simplettes d’entre elles, celles du petit peuple : les doléances. Et des doléances, il y avait une pelletée! Oh, plus de la moitié auraient pu être résumée par : « On s’gèle les miches! » ou bien « On crève la dalle la race de ta mère ». À ces problèmes maintenant bien connus, Louis commençait à être dépassé par l’envergure qu’ils prenaient. C’est qu’il avait belle habitude de s’occuper d’eux, la roture, pour qu’ils soient bien et qu’ils aient à cœur de vivre à Cantharel, là où il fait bon vivre! Mais force était d’admettre que les ressources commençaient à s’avérer complexes à exploiter. Malgré cela, il reçut humblement toutes les doléances, trouvant les mots qu’il fallait pour apaiser le cœur des petites gens. Elles s’en retournèrent après de longues et interminables discussions, à braver la neige jusqu’à leur chez-soi, n’emportant avec eux qu’une promesse de leur régent, comme quoi il viendrait tôt à leur aide pour leur porter main forte. Et il le ferait, autant qu’il en était capable.

« Que peuvent les mortels face à l’acharnement des dieux? » Posa comme question le jeune régent, envers deux de ses chevaliers qui se trouvaient devant lui, au bas des marches de son trône, les deux mains sagement posées sur le pommeau de leur acier. « Je ne saurais vous répondre honnêtement, bon seigneur … » Ajouta l’un d’eux.« Prions pour un peu de répit, que nous puissions au moins reprendre le dessus sur ce fléau. À l’unisson, Sainte-Berthilde saura se montrer digne et capable, alors nous n’aurons plus à craindre de la neige. » Ajouta l’autre, sans détourner le regard, lui qui avait toujours cette habitude de jacter comme s’il récitait les tirades d’un récit chevaleresque.

Puis, le héraut du Saint-Aimé se racla la gorge en fermant son poing, tout en l’appuyant contre sa luette. Il capta aussitôt trois paires d’yeux, tandis qu’il éleva le ton pour annoncer le prochain invité, le premier d’une seconde série d’invité, cette fois-ci au sang bleu.« Richard de Lantenes! » Le vieil homme pénétra d’abord silencieusement, traînant le pas involontairement, le dos légèrement arrondi et le visage portant les stigmates de la sagesse : des ridules en quantité. Une fois arrivée devant le régent, alors qu’il lu témoigna le respect qu’il lui était dû en inclinant le chef avec diligence, il aborda l’échange avec politesse. « Mon Seigneur. Je vous remercie de me recevoir aussi rapidement. Mon grand âge ne me permet plus d’attendre très longtemps pour régler mes affaires en souffrance. » S’était-il exprimé, en retenant une quinte de toux en obstruant ses lèvres de sa main fripée. « Je vous en prie, c’est tout naturel. » Rajouta Louis, alors qu’il l’invitait à s’exprimer librement, d’un mouvement de la main, paume tendue vers le haut. « Je vous suis tout ouïe, monsieur de Lantenes. Que puis-je pour vous? »


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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Jeu 8 Juin 2017 - 11:47

Richard n'était pas sans connaître la grande bonté d'âme du Régent et il se doutait de l'attitude qu'attirerait son apparence (réelle) de vieil homme affaibli par l'âge et la maladie. Car oui, il était malade, bien qu'il essaie encore de le cacher. Son fils n'avait pas été dupe et en avait repéré quelques signes, connaissant suffisamment son père pour cela. Néanmoins, il n'apparaissait pas encore à l'article de la mort et pouvait conclure quelques arrangements afin de préparer l'héritage qu'il laisserait à sa descendance.
Suivant l'invitation de Louis, le Seigneur de Lantenes avança vers le centre de la pièce d'un pas lent et fatigué, s'appuyant toujours fermement sur sa canne. Tout en marchant, il commença à exposer la raison de sa visite.

-Pour moi ? Sourit-il avant de laisser échapper un rire sans joie accompagnée d'une légère toux. Non... Il n'y a plus rien à faire pour moi, hélas. A présente, je me soucie davantage de mes enfants. Vous connaissez sans doute mon fils, Aurel ?

Le vieillard n'avait pas de doute quant au fait que le jeune homme ait déjà entendu ce nom. S'il ne l'avait peut-être pas rencontré lui-même, il devait savoir qui il était, surtout après le conflit qui avait opposé Sainte-Berthilde et Olyssea. La présence de son fils dans les rangs du marquisat avait soulevé bon nombre de question avant d'être finalement saluée.
Arrivant à une bonne dizaine de pas de Louis, Richard s'arrêta, conservant ainsi une distance respectueuse entre le Seigneur et lui.

-Vous êtes trop jeune pour vous en souvenir mais vous savez peut-être que sa mère était Lesceline d'Olyssea, tante d'Arsinoé et de Clélia. Mon épouse nous a quitté en mettant au monde notre second enfant et elle aurait bien attristée de voir ses nièces s'entredéchirer comme elles l'ont fait, surtout en sachant notre fils entre ses cousines.

Une nouvelle toux interrompit le vieil homme dans ses divagations. Depuis quelques temps, il usait habilement de son âge, utilisant son apparente faiblesse pour se faire passer pour sénile. Auprès des personnes de bonne volonté et ceux qui cherchaient à le provoquer, cela fonctionnait plutôt bien. Il s'attirait les grâces des premières et laissait entendre aux secondes qu'il ne comprenait pas leur grief envers lui. Toutefois, il n'y avait aucune véritable manipulation dans sa démarche du jour. Ce n'était qu'une manière de rappeler à Louis les liens de sang de son fils. Descendant direct de la lignée des Barons, cousin d'une baronne d'Olyssea et d'une marquise de Sainte-Berthilde. Richard regrettait qu'Aurel ne mette jamais tout ceci en avant, cela pourrait lui ouvrir tant de portes...
Se raclant la gorge, il reprit.

-Pardonnez-moi, je m'égare. Ma présence ici a deux raisons. Vous l'aurez sans doute compris, la première concerne trône vacant de la baronnie. De part ses affiliations, Aurel me semble être tout à fait en droit d'en demander la suzeraineté et donc d'obtenir le titre de Baron.

Richard savait qu'il n'avait pas nécessairement besoin d'en dire plus que l'objet de sa demande. Toutefois, même s'il avait fait au mieux afin d'être le premier à soumettre cette requête, il ne savait pas si l'un de ses petits-cousins plus ou moins éloignés était passé avant lui. Ils étaient plus jeunes mais aussi plus près. Ils auraient pu faire la route dans les ennéades qui avaient suivi la destitution de Sigvald. Il préférait donc mettre toutes les chances de son côté afin d'obtenir le titre au bénéfice de son fils. Il ajouta donc quelques arguments pour appuyer sa candidature.

-Je pense qu'il a suffisamment su vous prouver sa loyauté envers Sainte-Berthilde et, même s'il est homme de guerre, il est plus enclin à prôner la paix. S'il devait être nommé, cela ne pourrait que vous rassurer quant aux relations futures avec votre vassal.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Jeu 8 Juin 2017 - 17:43





« Faites apporter à monsieur de Lantenes une assise, pardi. Personne n’est en mesure de voir que la vieillesse tenaille son pauvre dos? De grâce, aidez-le céans! » L’un des deux chevaliers désira obéir dare-dare, mais se retint aussitôt en voyant qu’un des obligés de la couronne accourait pour offrir une chaise au vieillard. Ce n’était certes pas le confort absolu, mais compte tenu de l’endroit où il se tenait et devant qui, s’asseoir pour formuler ses doléances avait quelque chose d’assez inhabituel! « Aurel ? Mordioux, évidemment que ce nom m’évoque quelque chose, feu mon père –que la Damedieu ait son âme- comparaît l’égide de Lantenes comme étant un modèle de fidélité et de bravoure à suivre. Lui autant que certains vétérans ont démontrés maintes fois leur loyauté envers Sainte-Berthilde, de même qu’il en fit envers ma famille, les Saint-Aimé. » Louis marqua une pause, sourcillant de curiosité. « Quelque chose lui serait arrivé ? » S’enquit le régent, un brin ennuyé par la possibilité que l’un de ses brillants soldat ait été molesté.

Richard s’en tint au silence, préférant quitter le confort de son assise pour s’approcher de son suzerain. À l’approche du vieux débris, les deux chevaliers s’écartèrent légèrement, sans pour autant écarte d’un revers de la main, la possibilité qu’il puisse être hostile. Méfiants, iceux resserraient par reflexe leur poigne contre leur large épée, celles-ci pointe posée contre le sol et garde à l’envers. Les révélations laissèrent le régent perplexe … Vraiment ? Comment en était-il venu à ne pas connaître cette branche cousine d’Arsinoé, lui qui avait si longuement étudié l’arbre généalogique de l’entièreté du Berthildois … Louis croisa les bras d’un air un rien agacé, point tant par les révélations, mais plutôt par son ignorance à ce sujet.
« Votre fils a tout du parfait candidat, vous dites bien vrai, monsieur de Lantenes. Seulement, il me faut vous poser une question. Lorsque je fis circuler l’annonce concernant votre baronnie, alors que votre baron manquait à l’appel depuis moult ennéades … Pourquoi alors, ne vous êtes point manifesté ? » Questionna le jeune régent, bougeant sa poupe dans son fauteuil, alors qu’il démontrait clairement tout l’intérêt qu’il avait à l’écoute de sa réponse.

« Aussi, il me faut être totalement honnêtre avec vous, car je ne peux m’entretenir autrement : même si votre fils se montrait le meilleur des candidats, la décision ne me revient pas seule. Je régente le pays du Berthildois au nom du Roi, de même que je le fais d’Olysséa. De ce fait, remettre dans les mains d’un autre homme les terres royales, demande d’avoir évidemment, l’aval du Roi. »

Même si pour cela il devait braver la mer pour rencontrer la personne qui, d’entre tous, devait le haïr plus que quiconque, Aurel en valait la peine, se disait-il … En effet, le bonhomme était un homme de paix, tout comme l’était Louis et sa fidélité n’était plus à prouver, en faire de lui le Baron d’Olysséa reviendrait à s’assurer que son vassal sache à qui doit-il obéissance et que ce dernier, n’irait pas à la moindre bourrasque, changer son épée d’épaule.




Dernière édition par Louis de Saint-Aimé le Sam 10 Juin 2017 - 23:18, édité 1 fois
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Jeu 8 Juin 2017 - 19:29

Richard n'avait pas accepté le siège qu'on lui proposait. Il était âgé, c'était vrai, mais il estimait pouvoir encore être capable de tenir debout durant un rapide entretien. Après tout, il serait vite fixé si la candidature de son fils lui conviendrait ou non. Il n'avait d'ailleurs pas de doutes là-dessus et le Régent ne tarda pas à le lui confirmer. C'était déjà une très bonne chose. La question qu'il posa ensuite le rassura sur un point : il n'y avait pas d'autres prétendants au trône... Sans quoi il ne prendrait pas la peine de l'interroger à ce sujet.

-Votre question est toute légitime, mon Seigneur. Mon fils n'a jamais recherché le pouvoir et c'est pourquoi il préfère la vie d’Égide à celle de Seigneur de Lantenes, que je suis disposé à lui céder depuis quelques années. Toutefois, mon âge avançant, je me sens soudainement pressé par le temps. Je me dois donc le rappeler à ses obligations. Il est mon unique fils et l'aîné de mes enfants, sa place est en Olyssea. Mais vous apprendrez bien assez tôt que l'on veut toujours ce qu'il y a de mieux pour ses enfants. Vous n'avez a priori aucun autre candidat pour prendre la tête de la baronnie et il n'est jamais bon de laisser une terre trop longtemps sans souverain. Aurel a le sang suffisamment bleu pour y prétendre et a toutes les qualités requises, c'est pourquoi je me suis décidé à faire le voyage jusqu'ici.

Un voyage qui lui coûtait bien cher mais peu importait. Les Lantenes étaient des personnes de devoir. Ils savaient voir ce qui devait être fait et pourquoi et ainsi prendre des décisions en conséquence. Son soldat de fils était de la même trempe de ses aïeuls mais jamais il n'aurait songé un seul instant à prendre demander le titre de Baron. Il aurait dû y en avoir bien d'autres pour le faire à sa place. Aurel n'aurait sans doute jamais présenté sa candidature lui-même mais son père avait un autre point de vue car il vivait en Olyssea. Pour lui, la situation paraissait bien plus urgente et il était temps que quelqu'un se présente. Si son fils ne le faisait pas lui-même, qu'à cela ne tienne. Il l'y forcerait.

Louis lui rappela qu'il ne pouvait hélas choisir seul le nouveau Baron. Il devait en appeler auparavant au Roi, ce qui ne surprit guère le vieil homme. Il ignorait les termes exacts qui permettait au jeune homme d'être Régent. S'il avait eu un faible espoir qu'il ait la possibilité de décider seul, il venait de fondre comme neige au soleil.

-J'entends bien, mon Seigneur, mais je me devais avait toute chose de soumettre son nom à votre personne et je suis heureux de constater que cette idée vous sied. Si je puis vous être utile en quoi que ce soit à la fin de vous fournir tous les arguments dont le Roi pourrait avoir besoin, je suis à votre service.

Il s'inclina de nouveau faiblement, joignant le geste à la parole. Même s'il n'avait fait que franchir une étape, Richard était satisfait de la tournure que prenait les choses pour l'instant. Louis semblait considérer son fils comme un excellent choix. Même si lui et le Souverain ne s'entendait guère, il fallait qu'il soit convaincu pour lui soumettre le nom d'Aurel sans quoi il avait bien moins de chances de réussir.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Sam 10 Juin 2017 - 19:38




À défaut de ne plus avoir des masses de cheveux, Louis dût reconnaître que le vieux loup de Lantenes ne manqua pas de toupet lorsqu’il enchaîna son argumentaire. Non pour l’ensemble de son plaidoyer mais pour ce point précis, Louis lui donna raison : qu’importe le parent, tous s’accordaient à vouloir ce qu’il y ait de mieux pour leur descendance. Et, lui autant qu’un autre, savait qu’en retour, lesdits enfants ne désiraient pas toujours suivre le sillage sagement tracés de leurs aïeux. De passage, un souvenir fit surface, où son paternel lui hurlait son désaccord, lorsque encore gavroche, il désirait partir toute l’après-midi durant à cheval, sans réel but précis autre que celui de fuir ses leçons, ou ses entraînements obligatoires. La suite de sa réponse détaillée ne lui fit pas le même effet, car il y vit non pas les conseils avisés d’un sage homme, mais plutôt des recommandations qui seraient tirés de l’incompétence à gérer de Louis.

« Je perçois de votre conseil, une subtile odeur d’arrogance, monsieur Richard … Croyez-vous qu’Olysséa est en ce moment laissée à elle-même ? Tout comme Sainte-Berthilde, c’est au nom du très pentien Roi, que je régente la baronnie des vaillants Olysséens. De souvenance, je n’ai pas entreprit le projet de la laisser dépérir par l’absence d’une tête locale qui saurait les diriger. Je dois tout de même vous donner le point : votre fils ferait belle figure à ce titre et, c’est sans fautes que j’en aviserai le Chancelier dans les plus brefs délais. Quant à votre offre d’aide ; je crois que nous saurons adéquatement décrire et étaler de long en large les raisons qui nous pousseront à recommander votre fils à la tête de la Baronnie. »

Il avait sourit légèrement à son invité, comme pour se montrer rassurant, tandis qu’il se redressait un brin en son assise. Il marqua une pause, en venant gratouiller son menton, puis ajoutait ensuite, en ultime question :

« Mais dites-moi, mon ami … Vous dites vouloir ce qu’il y a de mieux pour votre fils et, de même pour votre patrie. Cela est tout à votre honneur, je le reconnais, mais qu’en est-il d’Aurel ? Baron, est-ce une place à laquelle il aimerait se retrouver ? Je conçois que le pouvoir que procure cette position semble fort alléchante, mais les responsabilités qui en découlent n’en sont pas moins pesantes. Je sais d’icelui qu’il est un homme de champ, un batailleur qui sait lever les armes lorsque le besoin se manifeste, saura-t-il tenir le trône comme je le fais avec vous, lorsqu’il sera temps de traiter avec le petit peuple ? »


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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Dim 11 Juin 2017 - 13:44

Richard ne s'offusqua pas du reproche de Louis et afficha une expression neutre teintée cette fois d'humilité. Ce n'était qu'un simple malentendu qu'il allait s'empresser de corriger. Il commença par baisser la tête en signe d'allégeance afin de signifier qu'il n'y avait pas d'arrogance dans ses propos.

-Pardonnez mes paroles si vous y avez perçu une quelconque critique quand à votre régence, ce n'était nullement le sens que je voulais leur donner. Aussi compétent soyez vous, cela reste une régence. Tout peuple a besoin d'un meneur attitré et qui de mieux qu'un membre de cette même patrie pour cela. Je souhaite vous voir devenir Marquis de Sainte-Berthilde, vous en avez toutes les qualités, mais Olyssea attend que l'un des siens reprenne place en son palais.

Le vieil homme s'inclina en signe de respect lorsque Louis refusa son aide. Il ne voulait pas parler de l'argumentaire à servir au Chancelier mais plutôt de preuve de l'ascendance d'Aurel. Toutefois, s'il devait y en avoir besoin, on saurait bien où le trouver.
La question suivante le surpris davantage. Ce que son fils voulait ? Le Régent s'en souciait donc ? Etant donné son âge et son ancienneté à son poste, cela n'aurait pas dû étonner son interlocuteur cela dit. Il était également vrai que l’Égide ne semblait pas courir après les titres, contrairement à d'autres. Cela ne lui donnait que plus de valeur, tout du moins était-ce ainsi qu'il allait le vendre.

-Vous avez raison mon Seigneur. Aurel n'a jamais recherché le pouvoir et c'est pourquoi il a préféré continuer à faire carrière dans l'armée, même après que j'ai retrouvé sa trace il y a quatre ans. Cela le rend d'autant plus précieux car il en devient incorruptible. Comme vous semblez l'avoir deviné, je ne l'ai pas consulté avant de venir plaider sa cause auprès de vous mais c'est parce que je n'ai pas l'intention de lui donner le choix. Il doit de toute manière quitter l'armée et rentrer en Olyssea. Comme il vous l'a déjà prouvé, c'est un homme d'honneur et de devoir. Il n'aura aucun mal à accepter de reprendre mon titre et je me charge de le convaincre que son devoir est également de régner sur la baronnie. Quant à ses compétences, Aurel est un soldat et un meneur d'hommes, ce qui n'est pas une mauvaise chose lorsque l'on pense au nombre de guerres auxquelles Sainte-Berthilde et Olyssea ont dû faire face et à celle à venir. Mais cela ne l'empêche pas d'être un chef bienveillant et à l'écoute comme pourront certainement le confirmer ses subordonnés lorsqu'il était Lieutenant épéiste. Il est plus avisé qu'il n'y paraît. Il sait entendre, tendre la main ou dire non le cas échéant. Il n'a jamais aimé la politique mais je suis sûr qu'il saura s'entourer de bons conseillers pour l'aider dans cette tâche.

Richard avait habilement répondu à toutes les questions de son interlocuteur. Connaissant Louis et la bonté d'âme dont il faisait régulièrement preuve, le vieil homme voulait mettre en avant non seulement les qualités qu e son fils avait déjà acquis et qui ne pourraient que lui être utiles en tant que Baron mais aussi son esprit chevaleresque qu'on lui prêtait déjà depuis un certain temps au sein de l'armée. En tant qu'officier, il n'avait pas hésité à mettre la main à la patte, à veiller lui-même sur les nouvelles recrues, repérant celles qui n'avaient pas leur place parmi les épéistes mais plutôt dans un autre corps d'armée. Il avait su s'attirer leur respect sans même avoir besoin de le chercher, par le simple fait de ne pas avoir suivi la voie habituellement empruntée par les nobles. Il trouvait naturellement ce que d'autres passaient des années à chercher : l'équilibre entre sévérité et bienveillance.
Quant aux conseillers, Richard savait pertinemment qu'Aurel ne pourrait choisir n'importe qui. On ne pouvait faire confiance au premier venu dans ce monde perfide. Il y avait toutefois une catégorie de personne dont on avait rarement à se méfier...

-Pourquoi pas une épouse possédant certaines compétences dans le domaine. Ajouta-t-il comme une simple proposition de solution au problème de son fils.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Mer 5 Juil 2017 - 7:31





À l’entendre jacter aussi habillement, on venait à se demander si le vieillard faisait réellement preuve du respect qui était dû au régent, où était-il seulement l’un des plus adroits manipulateur. D’une manière ou d’une autre, il fallait avouer qu’il avait rattrapé le coup sans peine et, sachant rassurer le jeune faon, Louis acquiesça à son plaidoyer. « N’ayez crainte, sachez que tout comme vous, il me plairait de voir à la tête d’Olysséa l’une de ses gens à la tête ; c’est une baronnie qui mérite de retrouver un homme à sa tête qui à plein temps, pourra s’occuper de ses ouailles avec toute l’attention qu’ils méritent. »

Suite au décès inopiné de son paternel, Louis hérita d’un pesant bagage de tâches dont il devait aujourd’hui dextrement exécuter, sans évidemment qu’on lui demande préalablement son aval. C’était après tout son devoir, désormais, d’assurer non seulement la pérennité de sa famille mais aussi, de la prospérité de ses gens, du Berthildois qui depuis sa tendre enfance, avait une place toute chaudement réservée en son cœur. Ainsi, évidemment, de savoir si l’envie de s’élever toujours plus haut était l’un des buts de l’égide en question! Qu’adviendrait-il du sort d’Olysséa, si à sa tête résidait un homme dont l’aspiration était autre que de servir les intérêts du petit peuple ? Qu’il honnissait quotidiennement les besognes auxquelles il devait à reculer, s’affairer d’exécuter ? Cet homme en plus d’être fort malheureux, serait tôt pointé du doigt par ses gens et alors, en plus de la misère qu’il engendrait et de la colère de surcroît, plongerait la baronnie droite vers le précipice. Une présomption des plus sombres mais qui ne manquait pas de sens, lorsqu’on s’y penchait.

« En maintes occasions on me vanta la bienveillance, la bravoure et la fidélité de votre fils. Sans doutances je peux vous le dire, le trône de la baronnie d’Olysséa lui siérait … Mais je me refuse de pousser pour qu’icelui parvienne à une telle ascension si ce dernier n’y consent point. Il se peut que vous réussissez à le convaincre et à cela, je ne saurais être surpris, mais comprenez une chose ; Olysséa est votre patrie, de même que la sienne. Lorsque vous aurez à vous entretenir avec lui, n’oubliez jamais monsieur, qu’un homme dont le bras a été forcé ne saurait se montrer pleinement efficace et que, tôt ou tard, cette blessure laissée à la prise de décision, laissera des séquelles qui rattraperont votre patrie. Alors, monsieur, choisissez les mots justes et faites-lui comprendre qu’il a tout pour améliorer le sort des plus faibles, car il n’est plus juste et belle cause, que l’enrayement de la misère. »

La politique ne logeait pas en son cœur … Voilà au moins quelque chose sur laquelle Louis et Aurel avaient en commun. Son manque d’expérience n’était désormais plus un secret et le jeune Saint-Aimé le prenait désormais sur ses épaules ; qui pourrait l’en blâmer ? Il n’avait pas encore la vingtaine, pouvait-on alors espérer qu’il soit chef d’état irréprochable ? Pourtant, c’est ce qu’il avait tenté d’être, en s’entourant lui aussi de sages et brillants conseillers … Et voilà où cela l’avait mené aujourd’hui ; dans une possible guerre avec Étherna, alors que ce dernier n’avait souhaité qu’apaiser les mots Étherniens … « Des conseillers, tous peuvent en avoir. Encore faut-il qu’ils soient adroits et clairvoyants ; ce qui n’est pas pour tomber du ciel de sitôt. Une femme dites-vous ? » Louis se questionna momentanément, comme s’il cherchait où voulait-il en venir. Quel chef d’état s’était déjà targuer d’user de la sagesse de leur femme pour emprunter la bonne décision, lorsqu’un litige était aux portes ? Peu, voir même personne … Du moins, pas officiellement. « Monsieur, sur tout le respect que je leur porte, les femmes ne sont pas faites pour gouverner … N’allez pas chercher plus loin ; en aucun cas une femme siégea au conseil du gouvernement Berthildois hormis ma mère Judith, qui fait exception à la règle. Certes, quelques Nordiennes peuvent encore nous surprendre, mais voilà ; avant de trouver femme qui saura conseiller votre fils, trouvez-lui en une qui soit prête à vous faite des petits enfants. » Une règle que lui-même, n’avait encore aujourd’hui, pas respecté. Puceau à son âge, cela avait quelque chose à en faire s’esclaffer plus d’un!

« À moins que vous n’ayez autre chose à ajouter, monsieur, je crois que nous avons couvert la question de long en large. Dès que possible, j’entamerai les démarches nécessaires pour faire connaître votre fils comme étant l’homme qui mériterait d’obtenir les clefs de la Baronnie. Est-il quelque chose d’autre dont vous souhaitez évoquer, avant de retrouver vos pénates ? »


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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Lun 17 Juil 2017 - 11:51


Richard eut un sourire à la fois doux et amusé. Il avait l'impression d'entendre Aurel à travers les mots du Régent. Ils n'avaient pas le même âge et ne devaient pas s'être beaucoup côtoyés, pourtant ils semblaient avoir les mêmes préoccupations en ce bas monde. C'était tout à leur honneur et d'autant plus juste de les voir accéder à de telles fonctions en ayant ce genre de réflexion. Si ce titre avait plus d'un objectifs aux yeux de vieil homme, il savait qu'il n'y aurait pas que sa famille pour bénéficier des retombées bénéfiques qui l'accompagnaient.

-Votre Seigneurie aurait-elle passé du temps avec mon fils ? Demanda-t-il à la manière du vieil homme dont il avait l'air, plaisantant poliment. Je croirais l'entendre à travers vos paroles car, s'il montre peu d'émotions, le sort des faibles est le seul qui puisse provoquer chez lui une réaction qui ne souffre aucune équivoque. Vous voyez juste en supposant que, peut-être, il ne voudra pas de ce titre. Cependant, je saurais lui faire voir l'étendue de ce qu'il pourra apporter à son peuple et aux plus nécessiteux depuis le trône d'Olyssea.

C'était même la seule façon pour lui d'obtenir l'accord de l'Egide. S'il avait un tant soit peu un esprit politique, il aurait pu lui faire entendre raison sur le fait qu'il ne fallait jamais laisser un siège vide mais peu lui importait en définitive que ce soit lui ou un autre qui l'obtienne. D'autres se seraient fait un joie de sauter dessus, ne serait-ce que pour le pouvoir qu'il procurait mais Aurel n'avait que faire de tout ce qui préoccupait les autres hommes. L'argent, les terres, les titres, les femmes... Il connaissait ses besoins et se contentait de les sustenter. Et ses besoins étaient à ce sujet étaient très faibles...

-Les femmes siègent rarement au Conseil, il est vrai, mais cela ne fait pas moins d'elles de bonnes conseillères officieuses pour les plus habiles d'entre elles. Votre exemple est d'ailleurs très bien choisi Monseigneur car j'avais bien une idée en tête en évoquant la possibilité d'épousailles car, en accédant au titre de Baron, il deviendra un excellent parti pour bon nombre de jeunes femmes.

Le vieil homme savait que son allusion pouvait ne pas être comprise par le jeune Louis. Il fallait avouer qu'il ne cherchait pas activement à se marier ou à marier Eléonore. De ce que le vieux Lantenes savait, il se contentait plutôt d'attendre que les offres viennent à lui. Pas étonnant alors qu'il n'ait pas suivi le fond de sa pensée. Qu'à cela ne tienne, il se montrerait plus explicite.

-Je suis sûre qu'Eléonore pourrait jouer ce rôle auprès de lui. Oh, vous devez avoir de nombreux prétendants pour votre jeune sœur, sans doute de meilleurs partis qu'Aurel, mais j'ose néanmoins le proposer. Proposition qui ne saurait être valable sans son titre, j'en conviens. Mais je sais toute l'affection que vous portez à Eléonore et je connais les qualités de mon fils. Il n'est pas réputé pour accumuler les conquêtes, elles doivent se compter sur les doigts d'une main en plus de dix ans. Il a toujours témoigné un grand respect à la gente féminine et je crois savoir que sa vive réaction suite à un écart de conduite sur une femme lui a valu quelques ennuis.

Richard faisait clairement référence ici à un bref séjour au trou dont l'Egide avait écopé pour avoir remis un bourgeois à sa place tandis qu'il hurlait sur sa servante tremblante de peur au beau milieu du marché. L'homme, pensant n'avoir affaire qu'à un simple soldat sans titre, l'avait sommé de s'occuper de ses affaires avant de se retourner vers la jeune femme dans le but de la frapper. Aurel avait arrêté son geste et son poing avait fini sur le nez du malotru. Il s'en était suivi quelques heures en prison pour celui qui était alors Lieutenant et passage un savon sans rinçage passé par son Capitaine, le bourgeois ayant renoncer à demander un dédommagement pécuniaire en apprenant le nom de son agresseur. Si le jeune Régent n'en avait pas le souvenir, le vieil homme se fera une joie de lui narrer cette histoire brièvement.
Rappelé cette anecdote aurait pu desservir l'Egide qui avait perdu tous ses moyens mais Richard avait un message à faire passer. Aussi bon parti un homme pouvait-il être, comment traiterait-il la petite sœur du Régent après les noces ? Comme n'importe quel homme de leur époque et de ce pays, sans nul doute. Comme un être inférieur tout juste bon à faire passer son ennui et à se réchauffer durant les longues soirées nordiennes et assurer par la même sa descendance. Aurel n'était pas ainsi et il se devait de le rappeler. Du fait de son titre, la jeune femme ne pouvait espérer un mariage d'amour. Aussi, Richard savait qu'elle ne pourrait espérer meilleur époux dans de telles conditions. Et il comptait bien là-dessus pour faire pencher la balance de son côté.

-Et, bien évidemment, d'un point de vue purement politique, vous vous assureriez définitivement de la loyauté de votre vassal et vous garderiez de nouvelles guerres intestines. Acheva-t-il innocemment histoire de garder un côté strictement professionnel à cette offre d'alliance.

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]   Mar 25 Juil 2017 - 17:15




Certes il régentait Olysséa au même titre que Sainte-Berthilde et ce au nom du Roy, mais l’idée qu’un autre, au cœur aussi pure et bon que le sien, puisse un jour trôner sur la Baronnie d’Olysséa, semblait tout à fait alléchante. C’est que le Roy, du haut de son très jeune âge, ne pouvait assurer la gouvernance d’une telle terre et, Louis, de son côté, ne pouvait consacrer autant de temps qu’il l’eut désiré pour icelle ; négligeant obligatoirement ceux et celles qui y vivaient. Ainsi l’entrevue avait tout pour plaire au Saint-Aimé ; il irait négocier avec le Chancelier ou même le Régent du Royaume, qui sait, pour qu’Olysséa soit au minimum livrée à Aurel et, dans le meilleur, qu’on le couronne Baron. Et jusque-là, tout semblait aller pour le meilleur des mondes ; jusqu’à ce qu’il amène sur la table la question du mariage…

La simple énonciation de son doux et adorable prénom fit tiquer l’œil de Louis, appréhendant le pire. Il avait l’un de ces culots, pour se montrer devant lui non seulement en réclamant l’une des plus prospères Baronnie du Nord, mais aussi, l’un de ses plus grands joyaux! Éléonore, contrairement à quelques homologues tirés de même extraction, aurait été considérée comme simple marchandise, certes rare et forte onéreuse, qui saurait rapporter et qui pèserait lourd dans l’équation de la prospérité de la famille ; mais pour Louis c’était tout autre, elle était sa sœur adorée, chérie et protégée. Quiconque aspirait à obtenir sa main devait se lever tôt, car même s’il avait tantôt abordé la question avec icelle, ne saurait la livrer au premier paltoquet avec la giberne bien sonnante et trébuchante de moyens. Et le voilà qui tout de même, avait devant lui un homme qui désirait acheter sa main.

Louis s’était tout de même redressé de sur son siège, considérant la question comme forte sérieuse. Ses commentaires néanmoins, n’en restèrent qu’au silence, préférant le laisser exposer le fond de sa pensée de long en large avant de rajouter par-dessus. Aurel avait belle réputation, c’était indéniable. Saura-t-il tout de même faire son devoir d’époux, tout en respectant sa sœur comme elle se devait l’être ? Une alliance de la sorte impactaient nombres de conséquentes choses ; notamment l’idée qu’avait soulevé Aymeric, jadis, d’un mariage entre leur deux maisons. C’est qu’en effet il aurait été affriolant d’unir les deux Marquisats les plus puissants sous une même bannière, mais … Cela voulait aussi dire qu’elle s’en irait, loin de chez eux, pour se faire couver sous l’égide des Brochants, sans jamais savoir si elle y trouverait son bonheur. C’était égoïste et même pis encore, mais la chose ne l’avait jamais réellement enchanté, il n’avait d’ailleurs jamais donné suite à l’idée de son compagnon Serramirois, comme quoi la chose n’était pas tellement entamée.

Il est vrai que le Berthildois souffrait de la guerre depuis fort bien trop longtemps et que, voir Olysséa alliée à tout jamais à leur maison serait au moins un pas vers l’avant vers l’enrayement de la haine sur le territoire. Qui plus est, s’il advenait qu’après la guerre, la promesse qu’on lui fit quant à son titre de Marquis ne tienne pas, il aurait de son côté plus que son lot de soutient, afin de faire savoir le désaccord du Marquisat.

Après un moment de réflexion, portant un regard sévère et on ne peut plus sérieux vers le patriarche de la famille, Louis se fit concis et ajouta :
« Je présenterai d’abord les deux l’un à l’autre, qu’ils comprennent ce qui les attend. Et si ma sœur est rebutée au point d’en refuser l’accord … Je serai dans l’obligation de revoir notre arrangement. Je lui expliquerai l’importance de cette union et icelle ne tiendra qu’à condition que votre fils obtienne le titre auquel il aspire. Comme j’exerce une Régence au nom du Roi, lui apporter l’idée de confier l’une de ses terres est bien délicat, alors comprenez ceci : rien n’est moins certain qu’Aurel obtienne plus que la Régence et cela, s’il est chanceux. Croisez les doigts, priez, qu’en sais-je, mais l’avenir nous diras si notre entente tiendra. »

Louis pesa le regard du patriarche, puis acquiesça. « Nous en avons terminé. »


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Un vieux loup à Cantharel [Louis et le père d'Aurel]
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