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 De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]

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Aurel de Lantenes
Humain
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MessageSujet: De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]   Ven 1 Sep 2017 - 20:24

8ème jour de la 7ème ennéade du mois de Karfias
An 10 du XIème cycle


Aurel se laissa retomber sur sa chaise et regarda à travers la fenêtre en face de lui. Le jour commençait déjà à décliner alors que l’après-midi s’achevait à peine et le paysage blanc se paraît des couleurs bleutés d'un soir d'hiver. Le froid reculait peu à peu même s'il traînait encore un peu dans cette région. Voilà pourquoi la neige n'avait pas encore fondue. On était toutefois parvenu à débloquer un peu le fleuve dont la couche de glace s'était suffisamment affinée pour permettre de reprendre les voyages en bateau. Quelques uns étaient d'ailleurs parti en direction du lac Balgure avec ce que Louis avait demandé mais, désormais, il en attendait un qui faisait le trajet en sens inverse et devait arriver d'un moment à l'autre.

Malgré la neige et le gel qui avait continué de paralyser le pays durant le mois de Karfias, le tout nouveau Général des armées d'Olyssea n'était pas resté cloîtré dans ses nouveaux quartiers au sein du château de la Capitale. Après l'enterrement de son père à Lantenes, il s'était rendu dans chaque contrée abritant une armée afin d'évaluer l'état des troupes d'un moins de vue matériel, physique et moral. Malgré l’hiver rude, la région était prête à la guerre, comme toujours. Toutefois, en attendant la fonte des neiges, on en avait profité pour inspecter les équipements de chaque soldat de métier et conseillé aux miliciens de faire de même. Toutes les armes devaient être affûtées, les cuirasses en état et les carquois bien pourvus. L'armement, ce n'était pas tellement le problème, la région étant pourvue depuis longtemps. Nourrir les hommes était une tâche bien plus compliquée... Ce fut pourquoi on décréta que chacun avait la charge de se procurer des vivres pour le début de la campagne. Ensuite, ce serait aux Seigneurs de pourvoir à leur besoin en la matière en plus du matériel plus général tel que des palissades mobiles ou les soins via des médecins ou des apothicaires. Aurel n'allait pas leur apprendre ce qu'ils avaient à faire, tous étaient formés depuis l'enfance. C'était pourquoi il s'était positionné en tant que simple observateur pour cette première intervention de sa part. Puis il avait donné quelques lignes directrices répondant aux exigences qui Louis lui avait formulées avant de réclamer à ce qu'un rapport lui soit régulièrement transmis pour une parfaite coordination. Certaines des ressources seraient envoyées à Sainte-Berthilde pour y être regroupées avant le départ.
Après Sharas, Krahak et quelques autres seigneuries, il avait achevé son tour d'inspection par Olyssea. Bien vite, il avait commencé à recevoir les premières missives faisant état de l'avancement de la préparation des différentes armées. Comme il s'y attendait, trouver de quoi alimenter les troupes s'avérait être une tâche difficile. Quoi de plus normal dans un pays déjà en difficulté malmené par un hiver des plus rudes qui creusait lentement les réserves. Néanmoins, l'ordre de Louis de cesser l'approvisionnement d'Etherna l'aida grandement à améliorer cette question. Il fit également renforcer la sécurité à cette frontière afin d'éviter les pillages et de prévenir toute attaque de représailles.
A présent, les hommes étaient correctement armés et achevaient de se préparer, non sans éprouver certaines peines. Il ne manquerait bientôt plus que l'ordre de partir. L'hiver s'adoucissait mais il était encore trop bien installé. Louis en avait profité pour se rendre à Serramire. Quoi qu'il arrive, ils ne partiraient pas demain. Il n'avait donc plus qu'à attendre l'arrivée de ce fameux bateau et de sa cargaison...

On frappa à la porte. Se retournant simplement vers la source du bruit, Aurel autorisa son visiteur à entrer. Il vit alors apparaître sur le pas de la porte un visage bien connu. Lambert, son ami d'enfance et confident. Il était autrefois simple écuyer et avait aujourd'hui obtenu le titre de Chevalier. En son absence, le jeune homme de quatre ans son cadet avait veillé sur Sybille tel un grand frère et avait toute la confiance d'Aurel. C'était un homme relativement grand, les cheveux noirs portés mi-long, la barbe courte, arborant une expression plutôt amicale. D'un point de vue comportemental, il était à l'opposé de son ami au point que l'on se demandait comment ils pouvaient si bien s'entendre...
Lambert n'entra pas totalement dans la pièce, gardant la main sur la poignée et le pan de bois dans l'autre. Il venait seulement le chercher.

-Le moment est venu. Tu es prêt ?
-Ta question est de mauvais goût.
-Que veux-tu. On se refait pas. Lui répondit-il sans même se soucier du reproche qu'il savait ne pas en être un. Allez, viens. Fais pas ton rabat-joie.

Aurel soupira tout en s'adossant de nouveau à sa chaise. Rien de tout ceci n'était son idée... Seulement, sa visiteuse devait passer par Olyssea avant d'aller à Thaar. Proposition avait donc été faite qu'elle reste quelques jours dans la cité. Allez savoir pourquoi... De toute manière, il n'avait pas vraiment le choix. Finalement, après un court moment, il prit appui sur les deux accoudoirs et se mit debout. Il attrapa sa veste sur le dossier de sa chaise et sa lourde cape sur la paterne à gauche de l'entrée avant de passer la porte que Lambert tenait pour lui laisser le passage. Le Chevalier ferma derrière lui et le suivit à un pas de distance. Ils traversèrent ensemble la caserne où l'officier avait son bureau, se dirigeant vers par les écuries où ils devaient récupérer leurs montures avant de quitter le bâtiment. Sur le chemin, on salua Aurel qui répondit d'un signe de tête, appelant parfois les personnes par leurs grades et mentionnant leurs noms s'il les connaissait. En quelques ennéades, il avait déjà assis en partie son autorité et, pour cela, il n'avait pas besoin d'une veste brodée d'or ou de galons sur ses épaules. Il se contentait d'aller au devant de ses hommes et se retrouvait assez peu à son bureau. Il assistait à bon nombre d'entraînements, y prenant parfois part lui-même. Il allait là où se trouvait la difficulté pour se rendre compte par lui-même. Il entretenait directement les hauts officiers plutôt que de leur faire passer un billet. Une attitude qui était appréciée et offrant la possibilité à chacun de se faire une idée du personnage qui leur était presque inconnu jusqu’alors.
Bien sûr, il ne pouvait passer autant de temps sur le terrain qu'il le souhaitait. Plus le grade était élevé, plus il y avait de paperasse et de ronds de jambes. Il passait donc beaucoup de temps à son bureau malgré tout mais aussi au Palais où il rencontrait Seigneurs, politiciens et intendants. Toute personne ayant un rôle à jouer dans la guerre à venir. Sa franchise et son sarcasme n'était pas très bien reçu mais on ne pouvait nier sa compétence et son expertise dans le domaine militaire, bien que l'on mette en doute certains de ses choix. En particulier, celui d'avoir pris Lambert comme homme de confiance officiel. Il passait pour un pitre à leurs yeux avec ses mauvaises blagues et ses erreurs flagrantes au code de bonne conduite. Sans parler de ses maladresses permanentes... Sa personnalité fantasque à côté de l'attitude presque austère d'Aurel amplifiait le phénomène qu'il représentait. Même si, dans le travail, il était sérieux et appliqué.

Chaudement vêtus, les deux hommes traversèrent la ville en direction des quais. Là-bas, ils furent accueilli par l'officier de port qui les salua avec respect tandis qu'ils mettaient pied à terre de leurs montures.

-Général. Un bateau aux couleurs de Sainte-Berthilde est en train d'accoster. Les lamaneurs sont déjà en place. On allait justement procéder à l'amarrage.
-Eh bien "procédez", Monsieur Moncourt.

L'homme marcha à leur côté jusque sur le quai. Aurel et Lambert restèrent en retrait tandis que l'officier avançait de quelques pas supplémentaires pour donner ses ordres. De là où ils étaient, le Général et son ami observèrent le déroulement des opérations. Le Chevalier pouvait voir la mine sévère de son camarade se durcir toujours un peu plus à mesure que le bateau avançait. Ses épaules étaient si contractées qu'elles devaient être dures comme du bois et des traits apparaissaient sur ses mâchoires tant elles étaient serrées. Lambert posa une main sur le trapèze de l’officier et s'avança comme pour lui dire quelque chose de confidentiel à l'oreille. Aurel se prit au jeu et tourna légèrement la tête dans sa direction pour lui prêter son attention. Personne ne put entendre mais, après une seconde de blanc, le Général lâcha un soupir amusé et son visage se détendit légèrement sans pour autant afficher de sourire. Il hocha quelques fois la tête de gauche à droite de façon presque imperceptible. Si on ne savait pas ce qu'il lui avait dit, une chose était sûre : ça n'avait rien de confidentiel !

Une fois le bâtiment correctement amarré, on commença à installer la rampe permettant d'accéder au pont supérieur. Les deux hommes s'avancèrent afin de se placer face à la descente du navire. Ils n'avaient plus qu'à attendre qu'apparaisse celle qu'ils étaient venus accompagner jusqu'au château. Un carrosse attendait déjà sur la route pavé un peu plus loin tandis que des serviteurs avaient été dépêchés pour porter les effets de la dame jusque dans ses appartements. Tout avait été prévu, et ce n'était évidemment pas du fait d'Aurel qui, officiellement, n'était là qu'en tant qu'officier directement nommé par Louis. Pour le grand public, c'était une simple marque de politesse et de respect, ses potentielles futures fiançailles n’étaient qu’à l’état de rumeurs pour le moment. Rumeurs lancées par quelques oreilles indiscrètes durant le bal du mois précédent donné à Sainte-Berthilde mais qui n’avait pas été confirmées depuis. Seuls Lambert et lui savaient ce qu’il en était vraiment.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]   Dim 24 Sep 2017 - 3:42





La livraison du plus précieux paquet Berthildois ne pouvait-il guère attendre ? Ils y étaient presque, la neige fondrait désormais plus tôt que tard, voilà belle certitude! Et bien malgré cette douloureuse vérité –car elle se faisait que trop souhaitée-, c’est sous les conditions hivernales ce jourd’hui bien connues de tous Berthildois qui se respecte, qu’ils se devaient de convoyer en direction de Thaar. Tempête pas tempête, ils iraient et s’assuraient que le joyau de leur Suzerain soit livré intacte et dans les conditions les plus propices. Conformément aux ordres explicites de leur preux hobereau, la compagnie entourant la ci-nommée Éléonore était ainsi formée : en tête de marche formait un bouclier de cavaliers lourdement harnachés, sur les flancs se retrouvaient un quatuor de bretteur montés, à l’arrière un duo de grands baraqués tout aussi généreusement équipés que ceux affrontant l’avant-garde et, la cerise sur le gâteau, le coloré mais non moindrement talentueux Rhedgar le fougueux qui n’avait pour mission de jamais s’éloigner de leur protégée. Ah, par tous les Dieux, ils ne passaient certes pas inaperçus! Mais cela avait peu d’importance, lorsqu’on considérait que le plus grand de leur voyage serait sur les mers, à l’abri des regards indiscrets et des embuscades. « Nous y sommes enfin, pardi! En peu de temps mademoiselle pourra trouver le confort de ses nouveaux appartements! Certes provisoirement, car la traversée ne saura durer, mais tout de même! Cela vous siéra sans doutances d’avantage que la bise hivernale à laquelle nous sommes tous exposés. D’ailleurs, je commence à être bien las des tendresses de l’hiver! Celles d’une affectueuse rombière me combleraient d’autant plus! » Lança-t-il inévitablement, incapable d’esquiver ce genre de propos déplacé, même en présence d’Éléonore. Avait-il sitôt oublié l’estampille sèchement claquée à sa joue, alors qu’il lui tint à peu près ce même discours, il y avait quelques ennéades? Un événement qui d’ailleurs lui avait depuis valu nombres de railleries en son égard, notamment du régent lui-même.

Un vent favorable inspirait les voiles à mieux performer, car le temps parut bien court avant que le petit navire n’atteigne les côtes d’Olysséa et enfin, les quais où semble-t-il, nombres patientèrent la venue dudit bateau. Sur ce radeau de luxe, une seule chambre n’était à disposition de l’équipage et personne ne se questionna, la belle Saint-Aimé en hérita. Sobre, piètrement emménagée et limite insalubre à en juger l’épaisseur de la poussière qui skiait contre le sol humide, c’est à la porte que toqua quelques coups, au même moment que criaient à gorge déployée les membres de sa garde à quelques individus au port, a priori.
« Éléo… Mademoiselle! Nous sommes arrivés. Vous êtes attendue sur le pont! » Expliqua Rhedgar, sans même tenter de faire grincer le penne de la porte.

Sur le pont, pratiquement comme s’ils assistaient à la venue du Roi, malgré le caractère coloré de son protecteur, icelui avait veillé à tout. Leurs harnois étaient nettoyés, armes à vue et pointe épousant le pont qui grinçait au rythme de la houle, tête haute et formant un allée jusqu’à la passerelle où Éléonore serait première à mettre pied à terre. Ils étaient tous et chacun les obligés de leur dame et c’est ainsi que sa garde personnelle montra l’exemple aux Olysséens. Lorsqu’elle fut prête à se présenter, à se montrer à ceux qui patientaient sa venue, fièrement et clairement, tonna son annonce :
« Mademoiselle Éléonore de Saint-Aimé! »

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Eléonore de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]   Lun 16 Oct 2017 - 20:27


L'eau, Eléonore n'aimait pas particulièrement. Elle ne détestait pas cela non plus, mais pour elle ce n'était ni plus ni moins qu'un sentier sur lequel il était nécessaire d'utiliser un bateau. Un sentier, voilà tout. Elle attendait dans sa cabine que le trajet se passe. La jeune femme savait que parfois, certains étaient malade sur l'eau. A cause des flots et de la coque qui tanguait plus que la terre ferme. Mais elle n'en avait cure. Ce n'était pas gênant, le temps de s'habituer, de trouver un équilibre et le tour était joué. Elle avait pris avec elle un ouvrage qu'elle pouvait se permettre de perdre, en ayant un second exemplaire à Sainte-Berthilde. Voire même un troisième, mais elle n'était pas certaine. Il traitait de la place du clergé d'Othar dans la région berthildoise. Quelque chose qui leur tenait particulièrement à coeur, ici, dans le nord. Elle savait que ce n'en était pas de même partout mais cette lecture lui serait malheureusement utile bien trop tôt. On y traitait aussi de ce qu'il était de circonstance de prier pour les valeureux guerriers, lorsqu'une guerre se dessinait. Elle prierait aussi sans aucun doute Tyra mais elle savait que par ici, il valait mieux se promener avec un livre qui traitait d'Othar. Enfin, sans doute ne la blâmerait-on pas tant qu'elle ne lisait pas sur Arcam.  Elle savait qu'en Estrévent, ce dernier était un peu plus présent. Voire même plus important que la Damedieu, chose qu'elle avait du mal à se représenter.

Comment la mère des hommes pouvait-elle avoir moins d'importance que la luxure, la paresse et la frivolité ? Ce n'était tout simplement pas concevable. L'Estrévent était quelque chose qu'elle attendait de voir avec impatience. Beaucoup de curiosité, peu de réponses. Elle avait même entendu une fois que là-bas, les femmes n'étaient pas obligée de se marier. Et c'était ça, la véritable liberté ! Non ? Elle ne pourrait jamais vivre loin de Louis, de toutes façons, mais quand elle serait vieille, ne voudrait-elle pas goûter un peu de repos, un peu de liberté et jouir des plaisir simples de la vie ? Sans que son statut de femme ne l'entrave, sans qu'elle ait à rendre des comptes systématiquement. Elle savait aussi que là-bas, il avait beaucoup de plus de femmes qui se maquillaient, qui usaient de peinture et de couleurs pour s'embellir. Et cela lui plaisait, au même titre que les bijoux qu'elle s'imaginait voir au cou de chacune, voire même aux poignets de chacun. Elle s'attendait à ce que ça brille et à ce que ce soit beau. Ils avaient tant de produit qu'ici il était si difficile d'obtenir. Mais elle n'eut pas le temps de s'égarer plus longtemps dans ces prédictions puisqu'ils s'arrêtèrent bientôt.

Rhedgar vint la prévenir et eut du mal à l'appeler correctement. Cela la fit grincer des dents mais elle répondit qu'elle arrivait dans un instant. Que dire à cet homme ? Il était plus malpoli et plus rude que tous les autres. Quelle idée avait eu Louis de le lui coller ? Sans doute était-il doué et il devait avoir confiance en lui. Mais ce n'était qu'un malotru et elle finirait sans aucun doute par le lui faire remarquer, acerbement qui plus était. Enfilant sa cape bleue, parfaite pour une mi-saison, elle sortie sur le pont en relevant légèrement ses jupons. Il était hors de question que le bas de sa robe se retrouve mouillée. Descendant du bateau, elle avait la tête haute, un léger sourire sur ses lèvres. Elle se voulait agréable, rien ne pouvait justifier une toute autre humeur. Sa garde se regroupait derrière elle à mesure qu'elle avançait et Rhedgar finit par se placer à sa droite. Quand elle vit Aurel, elle le salua en s'inclinant légèrement. Sans exagération. Elle savait que leurs fiançailles n'étaient encore que des rumeurs, qu'on ne l'avait pas annoncé officiellement et qu'à moins d'avoir assisté au bal il était peu probable qu'on y croit réellement.

 - Je vous remercie de votre accueil. Ravie d'être ici, j'espère que vous êtes tout aussi enchanté de m'accueillir pour un moment. Voudirez-vous me conduire au château ?

Elle referma un peu sa cape et se laissa guider jusqu'au carosse. Sa garde la suivrait. Rhedgar insisterait pour rester à ses côtés et elle ne dirait rien. Parce que c'était là son devoir et c'était là ce qu'on attendait de lui. Elle aurait tout son temps, une fois installée dans ses quartiers, de discuter avec Aurel de la suite des choses.
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]   Sam 21 Oct 2017 - 20:47

Son escorte en place, Eléonore apparut au sommet de la planche qui permettait de descendre à quai. Le voyage ne semblait pas l'avoir perturbée outre mesure et elle était fidèle à elle-même. Bien habillée, coiffée avec soin... Elle avait dû être indifférente à la légère houle de la rivière étant donné son expression plutôt sereine.
Avant qu'elle ne soit à portée d'oreille, Lambert glissa quelques mots à son ami.

-Tu te souviens ce que l'on a répété ? Demanda-t-il comme pour s'en assurer.

Aurel tourna la tête vers lui, les sourcils froncés. Il ne voyait visiblement pas de quoi il parlait.

-Ah oui, j'ai répété tout seul, c'est vrai. Fit subitement le chevalier comme s'il le réalisait seulement. Mais je suis sûr que tu écoutais. D'une oreille tout du moins...

Le Général esquissa un sourire amusé devant l'expression pleine de doutes de son ami. Il était décidément incorrigible... Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, Aurel avait bel et bien des amis. Tous étaient des hommes d'armes mais cela ne pouvait que renforcer leurs liens.
Il fit à nouveau face à la jeune femme qui achevait sa descente pour venir dans leur direction.

Bien... Puisque c'était lui qui accueillait...

-Soyez la bienvenue à Olyssea.

La demoiselle enchaîna presque aussitôt et il se contenta de répondre à son espoir par un simple signe de la tête. Il aurait eu du mal à affirmer qu'il était "ravi" de la revoir étant donné les circonstances. C'était avant tout une obligation, bien que leur bref échange épistolaire ait donné en point en faveur de la jeune femme. Heureusement, elle ne lui laissa pas l'opportunité de réponse davantage et réclama le château, ce à quoi il répondit par un geste de la main.

-Votre carrosse vous attend. Lambert et moi ouvrirons la marche.

Après une seconde de flottement, Aurel sembla comprendre qu'Eléonore attendait qu'on la mène jusqu'à sa voiture. Il lui proposa donc sa main, de la même manière qu'il l'avait invité à danser à sa demande. Resserrant presque imperceptiblement ses doigts sur ceux de la belle, il la conduisit sur quelques mètres, ouvrit la porte du carrosse et l'aida à monter. Il ferma ensuite derrière elle et tourna aussitôt les talons. Passant près du cocher, il lui fit signe afin de s'assurer qu'il les suivrait bien. Enfin, il retourna à sa monture aux côtés de Lambert.
Hors de portée de voix, le chevalier ne put s'empêcher...

-Pas mal du tout.
-De quoi tu parles ?
-De la future madame tusaisqui.

Aurel répondit par un simple regard en l'air en comprenant de qui il s'agissait. Sa manière détournée d'aborder le sujet n'était vraiment pas subtile. Sans plus se préoccuper de son ami, le Général se mit en selle.

-Allez ! Reconnais au moins qu'elle est très belle !
-Tu sais combien nous avons d'écart ? Rétorqua Aurel après avoir lâché un soupir.
-Elle est adulte. Répondit Lambert d'un air très sérieux pour une fois. Si tu ouvrais les yeux, tu le verrais aussi.

Mais il n'eut en retour qu'un visage fermé et un coup de rennes invitant la monture de l'officier à se diriger vers la route. Les commissures des lèvres du chevalier se pincèrent en une expression désabusée. Il allait avoir du mal à lui faire voir les choses autrement... Pourtant, s'il n'avait pas d'autre choix que d'épouser la seconde héritière des Saint-Aimé, il vaudrait mieux pour eux deux qu'ils s'entendent de manière à ce que leur mariage ne soit pas une corvée de chaque instant.
Il ne prit cependant pas davantage le temps d'y réfléchir et grimpa rapidement sur sa monture afin de rejoindre Aurel et le carrosse qui s'était déjà mis en marche. Ils progressèrent ainsi jusqu'au palais. Celui-ci était composé de plusieurs cours, la dernière étant à flanc de falaise et abritant les logements des maîtres des lieux. Les appartements d'Eléonore étaient situés dans l'avant dernière cour, là où se trouvaient la salle du trône, les salles de réception et les chambres des invités. Personne ne vivait plus dans le bâtiment dont on voyait poindre le toit au-dessus du dernier rempart... La porte en était même verrouillée.

Dès l'arrêt du carrosse, un valet accourut pour ouvrir la porte et aider Eléonore à descendre tandis que deux autres déchargeaient ses bagages. Un homme s'avança à son tour et leva les mains au ciel en souhaitant la bienvenue à la Demoiselle. Une fois à sa hauteur, le Chancelier se présenta et échangea les politesses d'usage avec la nouvelle venue.

-Pardonnez-moi de ne pas avoir pu vous accueillir sur les quais mais je vous savais en d'excellentes mains avec notre Général. Dit-il, un faux sourire aux lèvres, en se tournant vers l'intéressé qui arrivait justement.
-Sainte-Berthilde m'a accueillie pendant dix ans. C'est un juste -quoi que bien maigre- retour des choses. Répondit Aurel d'un ton partagé entre la neutralité, la lassitude et l'agacement. Ce que ces petits jeux de courbettes pouvait l'ennuyer...

Le Chancelier lui répondit d'un sourire forcé avant de se tourner à nouveau vers son invitée. Il l'invita bien vite à rentrer se réchauffer, lui proposant par la même occasion de lui montrer ses appartements. Il était temps pour Aurel de prendre congés et il profita que l'attention de l'homme soit prise par ailleurs pour ce faire.

-Quant à moi, je vous laisse. Vous avez probablement besoin de temps pour vous reposer et vous installer et, en ce qui me concerne, ma journée et loin d'être finie.

A peine avait-il prononcé ces mots qu'Eléonore voulut s'assurer qu'ils pourraient se revoir au cours de son séjour. Il n'en fut pas le moins du monde étonné et imaginait même aisément qu'elle voudrait s'entretenir avec lui en privé.

-Quand je vous ai demandé si vous aviez des questions, j'avoue que je ne pensais pas uniquement à celles que vous avez posées.

Immédiatement après l'annonce de leur promesse, il ne pouvait pas dire qu'il ne s'attendait pas à ce qu'elle le questionne sur le pourquoi du comment un "simple" Général avait pu obtenir sa main mais il s'attendait à ce qu'elle ne l'interroge pas seulement là-dessus. Même s'il n'était pas vraiment enthousiaste à cette idée, il imaginait bien que, maintenant qu'elle avait accusé le coup, sa future épouse voudrait en apprendre plus sur lui. Alors, oui, il ferait en sorte que cela arrive. Lambert avait peut-être même déjà tout prévu... Ce serait leur unique chance de discuter simplement avant longtemps. Peut-être même avant leur mariage, si la participation d'Olyssea à la guerre du Médian sous le commandement d'Aurel lui permettait de voir sa candidature acceptée...

-J'ai demandé à Sybille de ne pas venir vous déranger, au moins dans un premier temps. Elle a hâte de faire votre connaissance, elle voit en vous quelqu'un avec qui elle pourrait sympathiser.

Inclinant légèrement la tête sur le côté, Aurel posa un regard appuyé sur Eléonore afin de lui faire comprendre qu'il y avait un sens caché à ses paroles. Le Chancelier revenait et il ne pouvait se permettre qu'il l'entende évoquer leur éventuel mariage mais sa promise devait savoir que sa future belle famille n'était pas entièrement au courant... Avant qu'elle ne lâche l'information au détour d'une conversation.

-Toutefois, vous pourrez la faire mander si vous avez besoin de compagnie.
-Vous parlez de la jeune Sybille, je me trompe ? C'est une jeune fille charmante et toujours souriante, je vous la recommande.Proclama le Chancelier.

Quelques mots plus tard, Aurel s'inclinait brièvement avant de retourner à sa monture. Lambert et lui repartirent alors pour la caserne au petit trot.
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Eléonore de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]   Dim 12 Nov 2017 - 21:30

Le chancelier l'accueillit avec plus de vigueur et de courtoisie qu'Aurel. Après tout, lui était un homme politique. Lui savait comment se comporter convenablement face à elle. Même si elle savait son sourire forcé et sa joie bien moins grande que ce qu'il voulait laisser paraître, elle sourit pleinement à son tour. Le saluant convenablement, elle lui pardonna son absence sur les quais.

- Soyez sans crainte, nous sommes encore en hiver et la brise au bord de l'eau est plus fraîche qu'ailleurs. Je ne vous blâme pas d'avoir voulu rester auprès du feu. Effectivement, votre Général m'a acueillie correctement.

Aurel pris rapidement congé mais elle s'assura tout de même qu'ils se reverraient rapidement. Après tout, elle ne s'arrêtait pas ici pour le chancelier d'Olyssea. Elle n'avait pas grand intérêt pour ce dernier et elle ne l'appréciait pas particulièrement. Elle avait des rapports cordiaux avec lui mais cela s'arrêtait à de la politique. Alors elle fut ravie qu'il accepte de la revoir, même si ce n'était pas sous peu. Elle aurait au moins le temps de s'installer et de se familiariser avec l'endroit qui l'hébergeait. Après tout, ne disait-on pas que les lieux et l'entourage influençaient grandement le coeur des hommes ? Et elle avait besoin de connaître le coeur d'Aurel, parce que de ce dernier dépendrait son avenir. Eléonore ne pouvait se résoudre à donner son avenir au premier venu. Même si elle faisait confiance à Louis, elle avait besoin de s'assurer qu'on n'avait pas roulé ce dernier. Il n'était certes pas naïf mais il restait jeune. Et certaines personnes étaient si fourbes qu'elles piégeaient jusqu'au plus dégourdis.

- Si vous me recommandez spécialement la compagnie de la jeune Sybille, alors je me vois dans l'obligation de la rechercher sous peu. Je ne la connais pas mais je vous fais confiance !

Elle souriait toujours et à vrai dire elle n'avait pas à se forcer. Elle apprécierait certes de rencontrer la jeune soeur de son potentiel futur époux. Et s'ils en venaient à ne pas se marier, elle n'était jamais contre rencontrer de nouvelles personnes. A vrai dire, cela l'excitait même un peu. Elle avait toujours hête de jouer ce jeu qu'elle affectionnait tant. De danser ce qu'elle aimait à appeler la danse sociale. Faire un pas vers l'autre et voir dans quel sens il bougerait. Imposer un rythme et voir s'il alalit le suivre, ou au contraire imposer le sien. Le suivre un moment pour ensuite reprendre l'avantage. Eléonore était si à l'aise avec les autres qu'elle restait rarement seule. Alors quand elle dut se retirer dans ses appartements pour s'installer, elle ne resta pas longtemps la porte fermée. Elle avait, une fois Aurel parti, signifié au Chancelier qu'elle ne voyait aucun inconvénient à ce que la jeune Sybille la rejoigne pendant qu'elle prenait place dans ses quartiers.

- Je ne hais point la compagnie, lui avait-elle dit. Je ne sais à qui d'autre m'adresser et je ne voudrais pas vous imposer quoi que ce soit mais je serais ravie que la jeune Sybille me rejoigne avant le souper.

L'hypocrisie à peine dissimulée du chancelier ne la gênait pas outre mesure. Après tout, il était ainsi et elle n'avait que très rarement à faire à lui. L'important était de conserver de bonnes relations avec lui, du moins le temps qu'il resterait chancelier. Une fois qu'Aurel aurait eu Olyssea, elle pourrait le rayer de ses relations sociales. Elle était entrain de terminer de remplir ses placards quand elle entendit des pas dans le couloir. Elle laissa sur son lit la dernière pile de linges et elle se retourna vers la porte, tout sourire.

- Sybille, je présume ? Entrez, j'ai fait mander une infusion de menthe. J'espère que vous en buvez, il y en aura sans doute assez pour deux. Si ce n'est pas le cas ça ne fait rien, venez donc vous asseoir, je vous en prie. On m'a vanté votre compagnie. Et j'ai cru comprendre que vous aviez hâte de faire ma connaissance ?
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]   Sam 18 Nov 2017 - 22:06


Sybille était excitée comme une puce. Depuis l'aube en fait... Mais bien plus depuis qu'on lui avait fait savoir que la Demoiselle de Saint Aimé souhaitait passer un moment en sa compagnie. Certes, elle se contenait, gardant une attitude digne du nouveau titre de son frère, mais elle ne pouvait cacher son sourire exalté. Celui-ci ne surprit cependant personne car, depuis son arrivée, tout le monde n'avait jamais connue la jeune fille autrement que joyeuse. De noir vêtue, elle portait évidemment le deuil de son père, parti depuis seulement un mois. Pourtant, elle semblait s'en être relevée et, ceux qui l'avaient vue à Lantenes les ennéades passées, savaient que la proximité de son frère y était pour quelque chose.

Sybille laissa à la seconde héritière de Sainte Berthilde une bonne demie-heure pour prendre ses marques dans son nouveau logis avant d'aller frapper à sa porte. Son sourire se fit plus éclatant encore en découvrant la jeune femme. Elle était si belle et bien soignée.

-C'est bien moi. Répondit-elle avant de lui adressée une parfaite révérence, ravie de son accueil.

Elle entra à sa demande et parcourut la pièce d'un regard des plus succincts avant de se tourner à nouveau vers Eléonore afin de répondre à sa proposition.

-J'en prendrais volontiers. Merci.

Suivant l'invitation de son hôtesse, elle alla s'asseoir en compagnie de la nouvelle venue. Celle-ci lui posa alors une nouvelle question, plus détournée cette fois. Hâte de la rencontrer ? Oui... Et elle devait bien se demander pourquoi.

-Ce n'est pas mon sourire qui m'a trahit, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle sans avoir besoin de connaître la réponse. Elle sourit de plus belle, quoi qu'un peu gênée par la révélation que son frère avait faite à celle qui lui faisait désormais face. Je l'avoue. Mais ce n'est sans doute pas pour les raisons auxquelles vous pensez. Aurel et Lambert sont très occupés ici. De plus, je n'ai que rarement l'occasion de discuter avec une personne dont l'âge est aussi proche du mien. J'espère que vous ne trouverez pas mon enthousiasme mal placé.

Assise presque au bord de son siège, Sybille avait posé ses mains sur ses genoux. Elle se tenait droite, essayant de faire bonne impression. Elle avait reçu tout l'enseignement de la noblesse et savait comment se comporter. Physiquement, elle était parfaite. Pour le reste, elle était assez naturelle. Un peu trop aux yeux de ses précepteurs, bien que sa chaleur et son expression soit un point fort pour elle. Mais elle était trop sincère. Pas naïve comme on pourrait le craindre, ni abrupte comme son aîné, mais trop gentille et facile à décrypter.
Posant un regard sur les malles à demi défaites qu'elle apercevait derrière son hôtesse, Sybille les lui montra d'un geste de la main.

-Souhaitez-vous de l'aide pour vous installer en attendant que le thé arrive ? Plus vite ce sera fait, plus tôt vous pourrez vous reposer.
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De la visite. Chouette... [Eléonore / Aurel]
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